Affichage des articles dont le libellé est Gennaro. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Gennaro. Afficher tous les articles

10 janvier 2007

"Immo Congo : petits arrangements entre amis ?"

MAJ 10/01/2007

La résolution Immo Congo adoptée sans débat

mardi 09 janvier 2007
Le parlement de la Communauté française a adopté sans guère de débat, majorité contre opposition, la résolution de la majorité PS-cdH rédigée à la suite des travaux de la Commission spéciale conjointe parlement wallon-parlement de la Communauté, dite "Immo Congo".
Déjà approuvée par le parlement wallon avant les congés de fin d'annnée, la résolution demande notamment au gouvernement de veiller à une meilleure transmission d'informations tant entre ses membres, avec ses administrations fonctionnelles.
Elle juge indispensable de poursuivre l'accentuation des synergies entre les entités fédérées francophones et recommande au gouvernement de finaliser la fusion entre le Commissariat Général aux Relations Internationales (Communauté) et la Direction des Relations Internationales (Région wallonne).

Le texte prévoit encore qu'afin d'éviter l'urgence susceptible de mettre le gouvernement ou l'adminisration dans des situations difficiles, les administrations concernées établiront un plan d'occupation immobilière.
Les chefs de groupe avaient convenu de ne pas refaire mardi en séance publique à Bruxelles le débat déjà mené à Namur sur cette résolution. Ils se sont donc contentés de commenter brièvement le déroulement des travaux de la Commission.
Anne-Marie Corbisier (cdH)a souhaité qu'à présent, la justice continue le travail jusqu'au bout. Françoise Bertieaux (MR) a averti qu'elle interrogerait la ministre des Relations internationales Marie-Dominique Simonet sur les zones d'ombre et les questions laissées sans réponses. Léon Walry (PS) s'est félicité de l'impartialité et du sérieux manifestés par le président de la Commission, Maurice Bayenet, après les suspicions que certains avaient exprimées à son égard.
(d'après Belga)

La résolution ImmoCongo approuvée

Le parlement wallon a approuvé en séance plénière les recommandations de la Commission ImmoCongo. Parallèlement, il adresse 13 recommandations au gouvernement, visant à corriger les "carences constatées".

Le PS et le CDH ont voté en faveur du texte. Le MR et Ecolo ont voté contre. Le Front National ainsi que le député Jean-Claude Van Cauwenberghe (PS) se sont abstenus. L'ancien ministre-président wallon fut au centre de la tourmente médiatique qui a entouré ce dossier. Il a pris la parole à l'issue des débats pour justifier son abstention.
Il n'est pas en désaccord avec la proposition votée mais il a voulu dire ce qu'il avait sur le coeur après les travaux de la Commission. Il a dénoncé en particulier l'exploitation politique de cette affaire. Cela m'a permis, en moins d'un mois, de passer du statut d'accusé principal à un rôle plus simple et plus réel d'acteur d'une décision collégiale prise par un gouvernement. Je me félicite que l'on n'ait pas recherché de responsabilité individuelle sur le plan politique. Au plan humain, cela restera comme un de mes plus mauvais souvenirs marqué par un manque de confraternité ministérielle et la volonté d'exploitation politique éhontée de certains, a-t-il dit.
Avant lui, les différents représentants des groupes politiques se sont succédé à la tribune pour livrer leur vision du dossier à l'issue des auditions. Les sensibilités ont varié. Du côté du MR, Véronique Cornet a plus spécifiquement ciblé l'actuelle ministre des Relations internationales, Marie-Dominique Simonet (CDH). Elle n'était pas en fonction au moment des faits incriminés mais c'est elle qui a transmis le dossier au parquet de Charleroi en juin 2006.
Le CDH, par la voix de Michel Lebrun, a en revanche pointé du doigt le rôle de l'ancien ministre-président de la Communauté française, Hervé Hasquin (MR), en charge de relations internationales. Quant au PS, il n'a égratigné personne. Il s'est juste interrogé sur cette transmission du dossier au parquet. "Etait-elle légitime? C'est difficile d'y répondre.
L'histoire nous l'apprendra. Qui peut dire aujourd'hui l'issue de la procédure judiciaire? , a souligné Christophe Collignon. Chaque groupe a reconnu qu'il restait des questions ouvertes à l'issue des travaux de cette Commission. Il a notamment été question de la décision prise le 29 avril par le gouvernement wallon et, apparemment, jamais notifiée, de l'importance exacte du CGRI dans le dossier, etc.
Le commissaire Ecolo, Bernard Wesphael, a voulu se démarquer de la conclusion des travaux et des recommandations adressées au gouvernement. J'ai le sentiment que tout un travail sérieux a tourné en eau de boudin. Les zones d'ombre ont disparu du texte alors que nous n'avons parlé que de ça pendant 15 jours. Nous avons maintenant un texte de recommandations béni oui-oui, a-t-il regretté.
Le travail fourni par ce genre de Commission parlementaire a également été évoqué, de même que le rôle des médias. Le président, Maurice Bayenet (PS), a mis en garde contre une institution parlementaire qui se muait, d'après lui, trop facilement en juge d'instruction.
Il est trop facile de se transformer en juge d'instruction voire pour certains en procureur, ajoutant à leur charge une excitation médiatique accompagnée d'une délectation réelle, a-t-il dénoncé avant de proposer de créer au sein du parlement, comme en France, des "missions déléguées" qui se pencheraient sur des problèmes ponctuels.
Certains ont néanmoins rappelé, au MR et au cdH, l'importance du contrôle par le parlement de l'action du gouvernement. L'une des missions fondamentales d'un parlement dans une démocratie est le contrôle du gouvernement. A cet égard, cette Commission a rempli son rôle, a fait remarquer Michel Lebrun.

Treize recommandationsLe parlement wallon a clos vendredi les travaux de la Commission ImmoCongo en adressant 13 recommandations au gouvernement, visant à corriger les "carences constatées". Le parlement de la Communauté française en fera de même au mois de janvier. La résolution demande ainsi au gouvernement de veiller à une meilleure transmission des informations entre ses membres ainsi qu'avec l'administration.Elle insiste aussi sur la nécessité de poursuivre "l'accentuation des synergies" entre les entités fédérées francophones, notamment en tenant une réunion conjointe des exécutifs quand des dossiers communs sont abordés. Elle demande par ailleurs au gouvernement d'établir un document qui compare les budgets des représentations à l'étranger, de finaliser la fusion du Commissariat Général aux Relations Internationales (CGRI) de la Communauté française et de la Division des Relations Internationales (DRI) de la Région wallonne. Elle rappelle encore que la réglementation sur les marchés publics doit être strictement respectée. Elle ajoute que "les principes d'appel et de mise en concurrence, de transparence et de non discrimination restent d'application en toutes circonstances dans les choix de tout opérateur". Elle propose en outre que le ministre du Budget motive toute décision qui serait prise sans l'accord de l'Inspection des Finances.(D'après Belga)

Le rapport sur ImmoCongo approuvé
mardi 19.12.2006, 11:50La Commission ImmoCongo a approuvé le rapport de ses travaux par dix voix pour et une abstention. Les différents groupes devront transmettre leurs propositions de recommandations pour demain. Elles seront ensuite débattues jeudi en Commission. L'objectif des commissaires est de parvenir à une résolution commune, dans la mesure du possible.

"La commission Immo-Congo était une mauvaise idée"



C'est la conclusion d'André Antoine, ministre CDH du gouvernement Wallon. Un constat partagé par le chef de l'opposition MR à la Région wallonne, Serge Kubla. Invités dimanche midi de l’émission "Mise au point" tous les deux estiment qu'il aurait mieux valu que la justice fasse son travail….
Pour André Antoine"les parlementaires souvent veulent s'aventurer sur un terrain qui n'est pas le leur, pour lequel ils ne sont pas préparés et il y a la séparation des pouvoirs. Si il y a une affaire Immo-Congo, et bien la Justice est là pour l'instruire. Monsieur Van Cauwenberghe répondra, et s'il est innocent, qu'on le dise rapidement. Nous ne sommes pas des juges d'Instruction" et le ministre wallon d’ajouter que ce dont il se méfie le plus c’est de voir "les parlementaires s'aventurer sur un terrain qui est mitoyen entre la Justice et le contrôle politique".

Quant à la question de savoir si les parlementaires ne se sont pas trompés de cible en cuisinant pendant 5 heures celle qui avait alerté la justice plutôt que Jean-Claude Van Cauwenberghe jusque là la cible des critique, pour le MR Serge Kubla, "ce sont les commissaires qui ont agit de la sorte, ils n'ont pas reçu d'instructions, les partis n'ont pas réglementés les travaux, c'est venu spontanément". Et lui aussi d’ajouter que cette commission n’aurait pas du exister puisque la justice était saisie "On avait dit clairement, il y a une enquête, il y aura le cas échéant des perquisitions. Mais on attendait peut-être trop de cette commission Immo-Congo. Elle a été médiatisée à l'extrême, et on a cru qu'elle allait elle faire la vérité. Ce n'est pas son rôle".

VIDEO• Les affaires en Wallonie dans le débat de Mise au Point

Daerden justifie le contrat, financièrement

Tout compte fait, ce ne serait pas une si mauvaise affaire, cette location-achat ?

Après la journée invraisemblable de jeudi, qui aura vécu assez de connivences MR et PS pour voir sur le grill Marie-Dominique Simonet (CDH) et sur du velours Jean-Claude Van Cauwenberghe (PS), les échanges de vendredi en commission ImmoCongo ont perdu en relief. On ne parle pas ici du style très personnel de Michel Daerden, une fin d'après-midi.
Le ministre (PS) du Budget à la Région et à la Communauté a pourtant apporté un éclairage financier très cru. D'abord, que l'on cesse de dire que Région et Communauté n'auraient pas pu elles-mêmes acheter le site et les bâtiments de Kinshasa, à cause des normes de financement : "Deux fois 1,5 million, c'est l'espace d'une respiration". Ensuite, que l'on cesse de s'interroger sur les garanties obtenues par les privés : "Quand t'as un franc à mettre au Congo, t'y vas pas si t'es pas couvert". Tertio, le CGRI aurait-il pu acheter ? "Oui, il y avait de l'argent" : 3 millions fin 2002, accrus par la suite. Mais hormis la possibilité politique ("le pouvoir régional n'accepterait pas une suprématie du pouvoir communautaire"), il faut se demander s'il était avantageux d'utiliser ces réserves pour l'achat : le coût final de la location-achat atteindra 6,8 millions pour les pouvoirs publics; des réserves placées d'un même montant rapporteraient 8,4 millions... Enfin, les avis successifs de l'Inspection des Finances. C'est le premier, du 8 mars, sur les deux offres privées, qui fut très négatif, résume le ministre, qui mit donc son veto; les deux suivants, d'avril et mai, furent plus coulants. Donc, lui aussi.
Cachotteries
Pour le reste, les auditions de ministres régionaux d'alors ont à nouveau buté sur le 29 avril 2004, lorsque Van Cau fit avaliser en gouvernement wallon un premier choix communautaire qu'il voulait et savait compromis. Et ce, sans rien en dire aux autres : Serge Kubla (MR), José Daras (Ecolo, qui s'en plaint) et Michel Daerden concordent. Cachotteries après coup aussi, puisque la notification de la décision wallonne n'aurait pas été portée à la connaissance du ministre-Président francophone Hasquin, ni du CGRI, ni donc de Robert Marlier - le soumissionnaire alors retenu. Or, l'auraient-ils été, le marché n'aurait peut-être pas été ouvert... M. Daras, lui, prévint son collègue Ecolo Nollet. M. Kubla n'en fit pas de même avec son coreligionnaire Hasquin. De son propre aveu, ils ne s'entendent pas assez bien pour ça !


Daras pas au courant de tout

Le vice-président Ecolo de l'ancien gouvernement wallon, José Daras, estime n'avoir pas été au courant de tout dans le dossier qui a mené à la désignation d'ImmoCongo afin de mener à bien la location-achat d'un nouveau bâtiment pour la Délégation Wallonie-Bruxelles à Kinshasa.
Je n'ai pas été au courant de tout, a expliqué M. Daras devant la Commission parlementaire chargée de faire la lumière dans ce dossier.
L'ancien ministre écologiste a précisé qu'il n'était pas concerné au premier chef par cette opération. Elle avait été examinée au gouvernement de la Communauté française et au gouvernement wallon, le ministre-président Jean-Claude Van Cauwenberghe en était le responsable.

M. Daras a toutefois énuméré quelques unes des questions qu'il se posait depuis quelques semaines, quand l'affaire a éclaté. Ainsi, jamais M. Van Cauwenberghe n'a fait état de sa volonté d'impliquer une société wallonne, même le 29 avril quand le gouvernement wallon statue une première fois et retient, comme l'exécutif de la Communauté, Intelligence et Communication.
Et il s'étonne aussi de la mention de la société Capamar, détenue par Daniel Lebrun, qui figure le 12 mai dans la notification du gouvernement de la Communauté et disparaît le 13 mai dans la notification du gouvernement wallon. Comme son collègue Serge Kubla, entendu avant lui, il a ajouté que les deux réunions du gouvernement avaient eu lieu en fin de législature et comportaient de très nombreux points à leur ordre du jour.
L'ancien vice-président MR et ministre de l'Economie a quant à lui justifié le refus d'Immocita, filiale de la Société Régionale d'Investissement de Wallonie (SRIW), à participer à l'opération. Il n'y voit pas de manoeuvre politique. La SRIW est autonome et elle ne voulait pas investir au Congo, pays trop peu sûr à ses yeux.
Je n'ai jamais été sollicité pour intervenir. L'aurais-je été que je ne l'aurais pas fait. Je me serais fait éconduire de toute manière, a-t-il ajouté.
Michel Daerden, ministre du Budget des deux gouvernements, a justifié la location-achat du bâtiment à Kinshsa par l'intermédiaire d'un partenaire privé plutôt que l'utilisation des réserves du CGRI pour l'acheter.
A l'issue de l'opération, le coût pour les pouvoirs publics s'élèvera à quelque 6,8 millions d'euros, pour un bâtiment d'une valeur de 3 millions d'euros, tandis que, placées, des réserves d'un même montant rapporteront 8,4 millions d'euros.
Il a aussi justifié l'octroi de la garantie publique à ImmoCongo. Qui va mettre un franc à lui au Congo? Personne! T'y vas pas si t'es pas couvert!, a-t-il lancé.
Le début de la séance a été consacré à la suite des travaux de la Commission. Une certaine lassitude était perceptible dans les rangs PS et MR. Ce dernier a d'ailleurs réclamé une pause d'une semaine pour réfléchir et s'est demandé si la Commission pourrait faire toute la lumière dans ce dossier.
Du côté Ecolo et CDH, dont la ministre Marie-Dominique Simonet a été particulièrement malmenée jeudi lors de son audition, on a par contre insisté sur la volonté de continuer les travaux et d'aller jusqu'au bout.
(D'après Belga)

Immo Congo : "inattaquable juridiquement"


La commission Immo-Congo, entendait jeudi après-midi Jean-Claude Van Cauwenberghe. L’ex président de la Région wallonne a expliqué les raisons pour lesquelles, selon lui, le contrat Immo-Congo est inattaquable juridiquement

8 déc 2006
VIDEO• Les auditions de Van Cau à la Commission mixte sur l'affaire Immo-Congo
ARTICLES• Marie-Dominique Simonet s’explique


Jean-Claude Van Cauwenberghe, a commencé son audition en s'étonnant des proportions démesurées qu'avait à son sens pris ce dossier. « Ce contrat Immo Congo » dit-il, « est juridiquement inattaquable ». Il a ensuite fait un long exposé en 7 points qui à son sens, doivent être éclaircis pour lever tout ambiguïté. Parmi ceux-ci, le prix : il a été le négocié par l'administration, le CGRI, avec conscience professionnelle dit-il. L'appel à des investisseurs privés, il a été rendu indispensable, après que la société publique Immocita, ait renoncé à acheter le bâtiment à Kinshasa, et ce dira Jean-Claude Van Cauwenberghe, malgré l'insistance jusqu'au bout de la Communauté française et de la Région Wallonne.

L'offre de l'homme d'affaires carolo Daniel Lebrun, probablement la meilleure dit Jean-Claude Van Cauwenberghe, qui s'étonne encore, qu'elle n'aille pas été privilégié dès le départ. L'encrage wallon, seul élément où il se dit personnellement impliqué, et bien oui il l'a voulu. Mais Robert Marlier, le premier investisseur qui avait finalement accepté de s'allier au carolo Daniel Lebrun. "J'ai bien senti que je devais accepter", avait dit Robert Marlier lors de son audition. "Il pouvait parfaitement refuser" a rétorqué Jean-Claude Van Cauwenberghe.

En aucun cas, l'ancien ministre président estime qu'il y a irrégularité dans le dossier. S'il devait y avoir un souci au niveau du montage financier, la responsabilité serait collégiale des fonctionnaires et des gouvernements qui ont tout approuvé, bref c’est un ex-ministre président qui s’est présenté jeudi après-midi à Namur sûr de son bon droit, il conclura d’ailleurs « il est vain de vouloir accréditer la thèse du copinage malsain, il n’y a pas de manipulation. "Ce dossier n'est devenu une affaire Van Cau que parce que certains ont choisi de la construire comme telle" et Jean-Claude Van Cauwenberghe de conseiller aux commissaires de relire le livre sur la rumeur de Jean-Noël Kapferer….

L’audition tant attendue de l'ex ministre président n'aura duré en tout et pour tout que 3 heures, avant lui les parlementaires avaient interrogé la ministre Marie-Dominique Simonet durant cinq heures, sans grand résultat. En charge du dossier aujourd’hui elle n'était pas en poste en 2004…

Marie-Dominique Simonet s’explique


La commission Immo Congo a repris ses auditions. Ce jeudi matin, c'est la ministre Marie-Dominique Simonet qui est venue s'expliquer devant les parlementaires. C'est elle qui avait transmis le dossier à la justice au début de cette année, deux ans après son entrée en fonction.

Une question est au centre des débats ce jeudi matin: à quel moment précis la ministre fait-elle la connaissance du dossier Immo Congo? Réponse de l'intéressée: en juillet 2004, dès son entrée en fonction. Elle rencontre Hervé Hasquin qui lui parle d'un dossier pour lequel il a un doute. Il évoque une zone d'ombre et cite le nom de Jean-Claude Van Cauwenberghe. La ministre, interloquée, ne comprend pas mais la discussion en reste là.

"Pourquoi n'avez-vous pas questionné Hervé Hasquin à ce moment-là", demande un député libéral? "Parce que j'ignorais la teneur du dossier, c'était à lui de s'expliquer" répond Marie-Dominique Simonet. Ce n'est qu'en janvier 2006, soit dix-huit mois plus tard, que la ministre demande à un avocat d'analyser le contrat de location du bâtiment à Kinshasa.

Les conclusions de l'expert interpellent la ministre: les pouvoirs publics ont pris tous les risques, dira-t-elle ce jeudi matin, la société Immo Congo a été constituée la veille de la signature et l'indexation du contrat n'était pas normale. Tout cela était préoccupant, conclura-t-elle en ajoutant que c'est ce même avocat qui lui a conseillé de transmettre le dossier à la Justice. Jeudi après-midi c'est Jean-Claude Van Cauwenberghe qui devra répondre aux questions des députés.


M.Van Cauwenberghe s'explique
Les explications de M. Van Cauwenberghe

Le 7/12/06, après la ministre Marie-Dominique Simonet, c'était au tour de Jean-Claude Van Cauwenberghe de s'exprimer devant la commission parlementaire chargée de faire la lumière sur le dossier Immo Congo. Le dossier n'est devenu l'affaire Jean-Claude Van Cauwenberghe que parce que certains ont préféré la construire comme telle, a résumé l'intéressé devant les parlementaires.
L'ancien ministre-président wallon a livré sa version des faits. Il n'a jamais fait pression sur Robert Marlier, patron d'Intelligence et Communication, pour qu'il s'associe avec Daniel Lebrun, a-t-il affirmé. Il a voulu donner un ancrage wallon à ce dossier. Congo Wallon Invest, société de Daniel Lebrun qui avait soumissionné pour obtenir le marché, avait des projets de développement économique au Congo impliquant des entreprises wallonnes, a-t-il rappelé. M. Van Cauwenberghe a également insisté sur l'absence d'illégalité dans ce dossier. Et d'ajouter: "Que Daniel Lebrun et Sabine Gaucquier (épouse de M. Lebrun et administratrice d'Immo Congo, ndlr) soient de mes amis ne change rien à la régularité de l'opération et à sa transparence".
L'ancien ministre-président a également chargé son ancienne collègue Marie-Dominique Simonet (cdH), ministre des Relations internationales de la Région wallonne et de la Communauté française. En transmettant le dossier à la justice, sans jamais lui poser la moindre question durant les 15 mois qu'ils ont passés ensemble dans le même gouvernement, elle a manqué, selon lui, à la déontologie et à la confraternité ministérielles.
La décision par laquelle le gouvernement wallon a décidé le 29 octobre, après l'exécutif de la Communauté, de retenir l'offre d'IC, est revenue dans les débats. La semaine passée, M. Marlier a affirmé que s'il avait appris l'existence de cette décision, il ne se serait jamais associé avec M. Lebrun. Mardi, Hervé Hasquin a tenu des propos allant dans le même sens. Pourtant, selon M. Van Cauwenberghe, elle a dû être notifiée à l'administration dans les règles.Quant à la défection de la Société Régionale d'Investissement de Wallonie (SRIW), et de sa filiale Immocita, M. Van Cauwenberghe a dit la regretter. Il a pourtant insisté auprès d'elle pour qu'elle participe au montage. Et, c'est face à ses réticences qu'il a choisi de prendre contact avec Daniel Lebrun et CWI dont il appréciait le dynamisme.
Je pense avoir fait devant vous un exercice honnête de responsabilité. C'est vrai que j'ai fait un lobby important mais dans la légalité et la transparence", a-t-il conclu avant de recommander aux Commissaires la lecture d'un ouvrage sur la rumeur.
L'audition de M. Van Cauwenberghe a duré près de trois heures et s'est déroulée dans climat serein. L'audition de Mme Simonet a, elle, occupé la Commission pendant plus de 5 heures, dans une ambiance beaucoup plus agitée. La Commission poursuivra ses travaux cet après-midi avec l'audition de MM. Kubla, Daras et Daerden.


La promenade de Van Cau ! (08/12/2006)


Son audition dans le cadre d'Immo Congo a été plus que courtoise. Une zone d'ombre : que s'est-il passé vraiment le 29 avril ?

"Ce dossier n'est devenu une affaire Van Cau que parce que certains ont choisi
de la construire comme telle." C'est dit. L'audition de Jean-Claude Van
Cauwenberghe, PS, peut commencer. "Je pense avoir fait un exercice honnête de
responsabilité. C'est vrai qu'il y a une forme d'imprévoyance collective."

Avez-vous fait pression ? "Non. Je n'ai jamais fait pression sur Marlier, patron d'IC, pour qu'il s'associe avec Daniel Lebrun. Je m'étonne de ses propos sur la notification du 29 avril. Le gouvernement wallon a décidé, ce jour-là, de retenir l'offre d'IC." Marlier a affirmé que s'il avait appris cette décision, il ne se serait jamais associé avec Lebrun. Hasquin dit la même chose. "Elle a dû être notifiée à l'administration ."
Qui a raison ? Marlier mentirait-il ? "Je ne sais pas ce qui s'est passé dans sa tête. Il ne devait pas s'associer, même si je gardais l'espoir."
L'homme de Charleroi a défendu "l'a ncrage wallon de ce dossier. Par ailleurs, il n'y a aucune illégalité dans ce dossier. Que Lebrun et Gaucquier soient de mes amis ne change rien à la régularité de l'opération".
Van Cau ne voulait-il pas de l'argent de la Communauté ? "C'est faux. Pour une fois, en dix ans de carrière, la Communauté aurait payé quelque chose à la place de la Région."
Et vos relations avec M. Suinen, patron du CGRI ? "Le CGRI est depuis le début comme le bras armé des 2 gouvernements. Suinen n'a pas fait grand-chose." À noter que Van Cau a renvoyé les députés vers le ministre Daerden pour toutes les questions budgétaires. À lui de répondre !
Pourquoi ne pas avoir forcé Immocita à agir ?" J'ai insisté souvent pour qu'elle participe au montage."
Et Michel Hocquet ? "Je ne savais pas que Hocquet était actionnaire de Capamar. Je lui garde toute ma confiance. Il a été malencontreusement impliqué dans l'affaire de l'ARC."
La ministre Simonet ? "'Elle a manqué à la déontologie et à la confraternité ministérielles."
Des mots qui résonnaient, en fin de soirée... Une députée MR reprochait au CDH d'avoir voulu exploiter le dossier et les difficultés de Van Cau. Où est Immo Congo ? Faut-il que la commission se poursuive ?
V. Li.
© La Dernière Heure 2006

Les commissaires s'acharnent !
La ministre Simonet entendue plus de 5 h... Certains députés ne s'intéressaient plus à Immo Congo : "Ne se trompe-t-on pas de cible ", dit-elle après 4 h de débat
NAMUR "Je n'avais pas de raison de dire à Van Cau, tu sais Hasquin m'a dit cela sur Immo Congo. " Cette "non-communication" et le fait qu'elle ait transmis le dossier au parquet sont sans doute 2 des raisons pour lesquelles la CDH, Simonet, ministre des Relations internationales de la Communauté et de la Région, a passé 5 h devant les députés ! Soit presque 2 fois plus que Van Cau. Après 4 h de débat, elle s'étonne. "Ne se trompe-t-on pas de cible ? Est-ce moi qui ai signé le contrat ? Je ne suis pas la femme qui a vu l'homme qui a vu l'ours."
À noter que c'est la première fois depuis l'ouverture du débat que l'on évoquait les perquisitions. Les députés semblaient jusque-là avoir oublié cet aspect du dossier. "J'étais dans l'obligation de transmettre le dossier Immo Congo au parquet de Charleroi. Ce n'est pas une décision agréable à prendre mais c'était nécessaire."
Elle disposait à la fin du mois de mai 2006 du rapport d'un avocat consulté par elle : coût de l'opération très élevé, constitution d'Immo Congo un jour avant que le contrat ne soit attribué... "Elle aurait commis une faute en ne le transmettant pas" , note le député CDH Lebrun.
Quid en juillet 2004 lors de la passation des pouvoirs avec Hasquin ? Pourquoi ne pas avoir agi tout de suite ? "L'entretien a duré 1/4 d'heure et il m'a fait part d'une zone d'ombre et cite le nom de Van Cauwenberghe. J'ai eu plutôt l'impression d'un homme amer qui a perdu ses fonctions."
La ministre Simonet n'évoque jamais ce dossier avec Van Cau ? "C'est vrai. Mais j'en informe Di Rupo avant la transmission à la justice. Il y a eu des contacts avec lui."
Et ses relations avec Suinen, patron du CGRI ? "Aucun problème. J'ai exigé à plusieurs reprises qu'il libère des fonds au CGRI et il l'a fait. Je suis étonné que M. Hasquin avec toute sa virilité n'y soit pas arrivé."
Enfin, elle reconnaît qu'"aujourd'hui, il serait risqué de renégocier le contrat ou de racheter le bâtiment. Ce n'est pas le moment" . Aujourd'hui, dès 14 h, la commission auditionne Kubla, Daras et Daerden.

IC était dans une mauvaise posture

La société qui a d'abord remporté le marché de Kinshasa était en état potentiel de dissolution !S'il n'est pas déterminant, cet élément est piquant...

Curieux : sauf erreur, ce qui suit n'avait pas encore été épinglé dans l'affaire Immo Congo. L'élément figure pourtant dans la note adressée par le cabinet d'avocats Philippe & Partners à Marie-Dominique Simonet le 31 mai - cette note qui a conseillé à la ministre (CDH) de transmettre le dossier à la justice.
On y lit que l'entreprise qui a d'abord, en avril 2004, décroché le contrat de location-achat des nouveaux bâtiments Wallonie-Bruxelles de Kinshasa, à savoir Intelligence et Communication (IC) de Robert Marlier, était alors en mauvaise posture : ses pertes étaient supérieures à son capital. Précisément, "elle a un capital social souscrit et libéré de 111 552 euros. Les pertes reportées s'élevant à 200 389 euros, la société a des capitaux propres négatifs de 77 682 euros". Par conséquent, poursuivent les avocats, sur foi de la société de renseignements consultée, "la société a perdu la totalité de son capital et, en vertu de l'article 634 du Code des socié tés, tout intéressé pourrait en deman der la dissolution. Le total des dettes dépasse les 4,1 millions d'euros, ce qui est un montant extrêmement important comparé au montant du capital". Et ce, même si la société est propriétaire de terrains et constructions évalués à 3,4 millions.
Cette considération n'explique pas forcément toute la suite, dont l'élargissement du contrat à un autre opérateur privé qui sera, sous un autre nom, le concurrent d'abord évincé. N'empêche, on ne peut exclure que ses finances défaillantes aient incité IC, indépendamment des pressions politiques suspectées, à trouver un partenaire pour amortir le poids d'un marché qu'elle n'était peut-être plus en mesure d'assumer seule. Surtout, imaginons que l'histoire en serait restée au premier épisode. Seul contractant avec la Région et la Communauté, IC risquait la dissolution. Y serait-elle passée, les pouvoirs publics auraient dû rembourser la banque pour l'emprunt contracté par IC pour l'achat des bâtiments, sans pourtant que ceux-ci puissent leur revenir ! En clair : rétrospectivement, la solution Immo Congo serait plus sûre...
Nul doute que si la situation avait été connue, la commission spéciale aurait interrogé M. Marlier. De même que Hervé Hasquin, dont les services ne se seraient pas soucié de la santé financière de la société gagnante.
On a choisi la solution la plus coûteuse

La solution retenue en mai 2004 pour abriter la Délégation Wallonie-Bruxelles à Kinshasa dans un nouveau bâtiment paraît bien être la plus coûteuse. Tel est le constat qui est ressorti des auditions auxquelles a procédé mardi la Commission parlementaire ImmoCongo.
C'est un peu cher, a reconnu, très prudent, un consultant financier de la Région, Daniel Wautelet. Le montage financier me paraît inopportun, a commenté l'inspectrice générale de l'Inspection des Finances, Marianne Zeegers, qui a rendu deux avis négatifs dans ce dossier.
La solution la moins chère aurait été celle d'un emprunt contracté directement par la Région wallonne et la Communauté française mais elle aurait eu un impact négatif sur la capacité d'endettement des deux entités. Le recours à Immocita, filiale de la Société Régionale d'Investissement de Wallonie (SRIW), aurait constitué une solution intermédiaire, pour éviter la marge bénéficiaire qu'auraient prise des partenaires privés dans la location-achat.

Immocita a toutefois refusé malgré les pressions politiques, en particulier celles du cabinet du ministre-président de la Communauté française, Hervé Hasquin, et l'insistance du CGRI. Mme Zeegers a, à cet égard, qualifié l'attitude de la société publique de curieuse: elle paraissait hésiter et n'indiquait pas clairement les raisons de ses réticences.
C'est finalement la solution d'un recours à des sociétés privées, celles de Robert Marlier et de Daniel Lebrun, qui s'est imposée pour un loyer de 270.000 euros par an. A en croire M. Wautelet, le recours à un emprunt de la Communauté et de la Région aurait pu déboucher, selon son évaluation, sur un loyer de 205.000 euros.
Certains commissaires se sont interrogés sur l'impact, assez limité, d'un emprunt, ou tout simplement d'une acquisition directe, par la Région et la Communauté sur leur périmètre d'endettement. Un million et demi ou trois millions d'euros ne change pas grand chose à l'endettement. Mais si vous passez avec ça, je ne sais pas avec combien de milliards vous allez vous retrouver. Il risquait d'y avoir d'autres demandes, a répondu Mme Zeegers.
Le "trou de mémoire" d'Hasquin étonne les commissaires
La décision prise le 29 avril par le gouvernement wallon dans le dossier ImmoCongo figurait dans la note du 12 mai approuvée par le gouvernement de la Communauté française, a indiqué mardi le vice-président Ecolo de l'exécutif communautaire de l'époque, Jean-Marc Nollet, devant la Commission parlementaire ImmoCongo.
Mardi, auditionné avant M. Nollet, le ministre-président Hervé Hasquin a affirmé qu'il n'avait pas eu connaissance de cette décision du 29 avril. Il avait ajouté que s'il l'avait connue, son attitude n'aurait pas été la même le 12 mai.
Le 21 avril, le gouvernement de la Communauté française a retenu l'offre d'Intelligence et Communication, dirigée par Robert Marlier, pour l'achat-location du nouveau bâtiment du Centre Wallonie-Bruxelles à Kinshasa. Le 29 avril, le gouvernement wallon a pris la même décision.
Les 12 et 13 mai, les deux gouvernements ont changé leur décision pour attribuer le marché à ImmoCongo, à la suite de l'entente intervenue entre M. Marlier et Daniel Lebrun, un proche du ministre-président wallon Jean-Claude Van Cauwenberghe que ce dernier voulait réintroduire dans le dossier.
"Ca m'étonne: dans la note au gouvernement de la Communauté du 12 mai, il est fait référence à la décision du gouvernement wallon du 29 avril", a commenté M. Nollet, avant d'ajouter qu'il avait en outre appris la décision wallonne du 29 avril de manière informelle par le ministre wallon Ecolo José Daras.
A la lumière des déclarations de M. Nollet, le trou de mémoire de M. Hasquin a étonné certains commissaires.
(avec Belga)

La solution retenue en mai 2004 pour abriter la Délégation Wallonie-Bruxelles à Kinshasa dans un nouveau bâtiment paraît bien être la plus coûteuse par rapport à d'autres formules. Tel est le constat qui est ressorti des auditions auxquelles a procédé mardi la Commission parlementaire ImmoCongo.
"C'est un peu cher", a reconnu, très prudent, un consultant financier de la Région, Daniel Wautelet. "Le montage financier me paraît inopportun", a commenté l'inspectrice générale de l'Inspection des Finances, Marianne Zeegers, qui a rendu deux avis négatifs dans ce dossier.
La solution la moins chère aurait été celle d'un emprunt contracté directement par la Région wallonne et la Communauté française mais elle aurait eu un impact négatif sur la capacité d'endettement des deux entités. Le recours à Immocita, filiale de la Société Régionale d'Investissement de Wallonie (SRIW), aurait constitué une solution intermédiaire, pour éviter la marge bénéficiaire qu'auraient prise des partenaires privés dans la location-achat.
Immocita a toutefois refusé malgré les pressions politiques, en particulier celles du cabinet du ministre-président de la Communauté française, Hervé Hasquin, et l'insistance du CGRI. Mme Zeegers a, à cet égard, qualifié l'attitude de la société publique de "curieuse": elle paraissait hésiter et n'indiquait pas clairement les raisons de ses réticences.
C'est finalement la solution d'un recours à des sociétés privées, celles de Robert Marlier et de Daniel Lebrun, qui s'est imposée pour un loyer de 270.000 euros par an. A en croire M. Wautelet, le recours à un emprunt de la Communauté et de la Région aurait pu déboucher, selon son évaluation, sur un loyer de 205.000 euros.
Certains commissaires se sont interrogés sur l'impact, assez limité, d'un emprunt, ou tout simplement d'une acquisition directe, par la Région et la Communauté sur leur périmètre d'endettement.
"Un million et demi ou trois millions d'euros ne change pas grand chose à l'endettement. Mais si vous passez avec ça, je ne sais pas avec combien de milliards vous allez vous retrouver.
Il risquait d'y avoir d'autres demandes", a répondu Mme Zeegers.


Immo Congo : 5 jours forts ! (28/11/2006)
La commission demande de nouveaux documents pas encore mis à sa disposition






"Nous constatons que certains documents pourraient nous être communiqués pour
éclairer le dossier. Il nous en manque"
Les premiers mots du président de la Commission Immo Congo (une présidence contestée par le MR et Ecolo), Maurice Bayenet lance officiellement les travaux.
Ces documents manquants, dont il parle, sont le bail de l'ancien bâtiment, l'option d'achat, l'offre concrète et les courriers d'Immocita, des PV provenant d'intercabinet tant à la Région qu'à la Communauté, des échanges de fax entre Immocita et l'inspection des finances, l'avis des experts dépêchés à Kinshasa...
Pour le reste, après quelques joutes verbales, il est bien apparu que Véronique Cornet, MR, serait vice-présidente et que Christian Brotcorne, CDH, serait désigné secrétaire-rapporteur. Ensuite les débats "sérieux " ont tourné sur la tenue "hebdomadairement alternative " des débats à Namur et à Bruxelles.
Hasquin le mardi 5 décembre et Van Cau le jeudi 7 décembre
Les députés wallons et de la Communauté française vont donc pouvoir auditionner pendant 5 jours :
Mercredi 29 novembre à Bruxelles, à 10 h : Philippe Suinen commissaire général aux Relations internationales de la Communauté Wallonie-Bruxelles (CGRI), à 14 h Jacques De Wit et Nicolas Dervaux, deux fonctionnaires au CGRI, à 16 h Chantal Dassonville, architecte directrice au ministère de la Communauté et son collègue Guy Melviez
Jeudi 30 novembre, à Bruxelles, à 14 h les représentants d'Immocita, filiale de la SRIW et à 16 h, Robert Marlier (Intelligence et Communication), Sabine Gauquier, présidente d'ImmoCongo, et son époux Daniel Lebrun, patron de la société CongoWallonInvest (CWI)
Mardi 5 décembre à Namur : à 10 h, Marianne Zeegers; 14 h, Hervé Hasquin, MR, ministre-président de la Communauté française à l'époque, 15 h 30 Christian Dupont, PS, ministre de la Communauté française à l'époque, 17 h Nollet, Ecolo, ministre de la Communauté française à l'époque
Jeudi 7 décembre : à 10 h, Marie-Dominique Simonet, CDH, actuelle ministre de la Communauté française et de la Région wallonne, qui a transmis le dossier à la justice; à 14 h Van Cauwenberghe, PS, ministre-président de la Région wallonne à l'époque; 15 h 30 José Darras, Ecolo, ministre wallon à l'époque; 17 h Kubla, MR, ministre wallon à l'époque; 18 h 30 Michel Daerden, PS, ministre wallon à l'époque
Les députés se sont réservés le vendredi 8 décembre pour de nouvelles auditions. "Nous n'excluons pas ce jour-là de demander l'audition d'autres experts notamment de personnes d'ING mais aussi des membres des cabinets Van Cau ou Hasquin. Il n'est pas impossible non plus que l'on entende à nouveau une personne qui serait déjà venue devant la commission" expliquait Bernard Wesphael à à la sortie.
Le contexte est donc dressé ! Au fait pourquoi commencer par le CGRI ? "Il semble à l'évidence que le pilote était le CGRI. On veut comprendre la méthode qui était la sienne dans ce dossier " ajoute une autre députée.
V.Li.
© La Dernière Heure 2006


Début aujourd'hui de la Commission ImmoCongo

C'est aujourd'hui à 14h30 au parlement de la Communauté française que débutent les travaux de la commission mixte concernant le dossier ImmoCongo.
Pour rappel, ImmoCongo est cette société immobilière qui a acheté et mis en location un bâtiment abritant la représentation de la Communauté Wallonie-Bruxelles à Kinshasa. Ce dossier fait aujourd'hui l'objet d'une instruction judiciaire.
Le parlement wallon et le parlement de la Communauté française ont décidé de mettre sur pied une commission spéciale mixte pour tenter de faire toute la lumière sur ce dossier Elle sera présidée par le chef de groupe PS au parlement wallon, Maurice Bayenet. Le MR qui réclamait ce poste devrait obtenir finalement la vice-présidence pour Véronique Cornet. Christian Brotcorne (cdH) sera rapporteur.

Relation Bayenet-Van Cau

Le président de la commission Immo-Congo ne renie pas son amitié, ni le fait que sa femme travaille à l'Élysette






"Pour moi, l'amitié, cela compte ! Et beaucoup même. Je suis comme cela. J'ai
des amis au CDH, au MR. Jean-Claude Van Cauwenberghe est un ami comme le sont M. Dupont et M. Mahoux."
Sans détour, Maurice Bayenet, futur président de la commission, veut être clair avec les rumeurs sur son amitié avec l'homme fort de Charleroi. "Lorsque je serai à la tête de la commission, je ferai le travail de président sans concession."
L'homme ne comprend pas cette subite remise en cause : "Ce n'est quand même pas la première commission que je préside. Je n'ai jamais fait l'objet d'une remise en cause. Je suis parlementaire depuis 1987. Nous allons prendre connaissance de tous les faits et nous écouterons toutes les personnes qu'il faut écouter. Tous les documents seront analysés à la lumière des discussions. Je ne vois vraiment pas le problème."
Un président d'expérience
La présidence semble donc dans de bonnes mains : "Je serai un président d'expérience".
Certains doutent également de son impartialité parce que son épouse a travaillé, et travaille encore, à la ministre-présidence du gouvernement wallon. Elle était donc là, sous Van Cau. "Ma femme a le droit de travailler. Certains ont la mémoire courte. Lorsqu'elle a commencé à travailler, le ministre-président était Elio Di Rupo. Celui-ci est ensuite parti et Van Cau l'a remplacé. À présent, c'est à nouveau Di Rupo."
Son épouse avait auparavant un bon travail à La Poste : "En fait, elle a été détachée de La Poste à la Région wallonne. Je reconnais que j'ai commis une erreur à cette époque. En effet, à présent, elle ne peut plus retourner à La Poste, sans devoir aller travailler à Wavre ou à Bruxelles, puisque le statut de mise à disposition n'existe plus. En plus, à La Poste, elle pourrait bénéficier de la prépension et s'occuper encore plus de nos petits-enfants."
Que pense-t-il de tout cela ? "Je vais me reposer et je serai en forme ce lundi pour la commission ."
V. Li.
© La Dernière Heure 2006



Immo Congo : une mascarade ! (23/11/2006)


PS et CDH se déchirent sur la coprésidence de la commission. Tristes perspectives...
NAMUR Il faut croire dans la qualité du travail qui sera mené par la future commission parlementaire Immo Congo. Il le faut... même si elle a commencé de la pire des manières. Di Rupo allant même jusqu'à dire pour qualifier les discussions : "je ne peux pas être de tous les festivals d'esprit".
Pourtant, les hautes sphères bruxelloises du PS et du CDH qui avaient imaginé le scénario de la co-présidence de la commission Immo Congo ont échoué !
Certains députés wallons n'étaient pas très chauds pour cela. "Je ne suis pas une marionnette", notait ce député PS, membre influent de la future commission.
La conférence des présidents commune au Parlement wallon et de la Communauté française a été fatale aux aspirations du CDH qui a souffert lors de cette heure de table... où seuls nageaient quelques scampis dans l'assiette... bien moins garnie que la semaine passée !
En fait, tout le problème s'est situé au niveau du texte : il ne prévoyait pas de coprésidents mais un président et un vice-président. Lorsque les députés se sont rendu compte de la chose... ce fut la confusion totale aux portes vitrées du Parlement : le ministre Antoine, Bayenet, Di Rupo, Ficheroulle, Walry, Lebrun, de Lamotte... s'engluaient en palabres énervés.
En fin de journée, une solution est toutefois apparue : la présidence PS sera assurée par Maurice Bayenet. La vice-présidence reviendra à la MR Véronique Cornet. Le rapporteur sera CDH, à savoir Christian Brotcorne.
Et le nom des différents commissaires ? Pour le PS : Bayenet, Walry, Furlan, Janssens, Barvais, Gennen, Collignon et Jamoulle.
Pour le MR : Bertieaux, Cornet, Crucke, Jeholet et Miller. Pour le CDH : Brotcorne, Lebrun et Fourny.
Pour Écolo, il s'agira du député Wesphael. À noter que la commission se tiendra sans Anne-Marie Corbisier que d'aucuns au CDH espéraient placer à la coprésidence.
Voilà le scénario de ce mercredi. Il n'est pas exclu que, d'ici à lundi, une nouvelle volte-face arrive : "Nous avons entendu que l'on nous proposait la vice-présidence. Nous sommes d'accord, mais nous ne l'avons pas encore officiellement accepté e", souligne un député MR.
Un MR qui, après midi, s'était fendu un peu vite d'un communiqué dénonçant la mainmise PS-CDH. En fin de journée, il maintenait la protestation quant à la présidence qu'ils revendiquaient. Début lundi... pour 3 mois ?
V. Li.
© La Dernière Heure 2006

Le parlement vote pour une Commission spéciale

Le parlement wallon a approuvé la proposition de résolution qui crée une Commission spéciale et mixte Région-Communauté appelée à se pencher sur le dossier ImmoCongo.
Le texte a recueilli 61 voix en sa faveur et 3 abstentions venant du Front National qui a dénoncé son éviction de la Commission. Celle-ci sera en effet composée à la proportionnelle de 8 PS, 5 MR, 3 CDH et un Ecolo.
Le FN n'a pas été retenu parce qu'il ne constitue pas un groupe au parlement de la Communauté française. Lors de la prise en considération de la proposition, le MR ainsi qu'Ecolo ont appelé la majorité à faire preuve d'ouverture. Les Réformateurs souhaitent obtenir la présidence de la Commission.


La solution qui continue toutefois à prévaloir est celle d'une présidence PS-cdH. Dans cette hypothèse, le MR obtiendrait le poste de rapporteur.
Dans les couloirs du parlement, une certaine animosité entre le PS et le CDH était perceptible. Les socialistes regrettent l'attitude de leur partenaire qui a transmis le dossier à la justice.
Je garde beaucoup d'amertume mais, bon, en politique, on doit pouvoir mettre ce genre de sentiment de côté, a souligné le chef de groupe PS, Maurice Bayenet. Il s'est montré particulièrement attristé par la présidente du cdH, Joëlle Milquet, lorsqu'elle a indiqué qu'en décembre 2005, elle avait fait part de ses interrogations à propos du Centre Wallonie-Bruxelles à Kinshasa à la ministre des Relations internationales, Marie-Dominique Simonet (cdH).
De la manière dont elle l'exprime, c'est presqu'un bulletin de victoire, a-t-il regretté. L'un des principaux intéressés, l'ex-ministre-président wallon Jean-Claude Van Cauwenberghe ne comprend pas quant à lui l'attitude de Marie-Dominique Simonet.
Je vois cela en termes de déontologie ministérielle. J'ai siégé pendant deux ans à côté de quelqu'un qui a exécuté le contrat sans jamais me poser de question. Et on a attendu que j'ai eu le dos tourné, dans les circonstances que l'on sait, pour lancer le dossier, a-t-il expliqué.
(D'après Belga)






La commission Immo Congo a été votée mercredi 22.11.2006, 13:05Le parlement
wallon a approuvé la proposition de résolution qui crée une commission spéciale
et mixte Région-Communauté appelée à se pencher sur le dossier Immo Congo.
Le texte a recueilli 61 voix en sa faveur et 3 abstentions venant du Front National qui a dénoncé son éviction de la commission. Celle-ci sera en effet composée à la proportionnelle de 8 PS, 5 MR, 3 CDH et un Ecolo.
Le FN n'a pas été retenu parce qu'il ne constitue pas un groupe au parlement de la Communauté française.

Résolution votée, déception du PS à l'égard du cdh

La solution qui continue à prévaloir est celle d'une présidence PS-cdH. Dans cette hypothèse, le MR obtiendrait le poste de rapporteur.
D.R.
Le parlement wallon a approuvé mercredi la proposition de résolution qui crée une Commission spéciale et mixte Région-Communauté appelée à se pencher sur le dossier ImmoCongo. Le texte a recueilli 61 voix en sa faveur et 3 abstentions venant du Front National qui a dénoncé son éviction de la Commission. Celle-ci sera en effet composée à la proportionnelle de 8 PS, 5 MR, 3 cdH et un Ecolo. Le FN n'a pas été retenu parce qu'il ne constitue pas un groupe au parlement de la Communauté française.
Lors de la prise en considération de la proposition, le MR ainsi qu'Ecolo ont appelé la majorité à faire preuve d'ouverture. Les Réformateurs souhaitent obtenir la présidence de la Commission. La solution qui continue toutefois à prévaloir est celle d'une présidence PS-cdH. Dans cette hypothèse, le MR obtiendrait le poste de rapporteur.
Dans les couloirs du parlement, une certaine animosité entre le PS et le cdH était perceptible. Les socialistes regrettent l'attitude de leur partenaire qui a transmis le dossier à la justice.
"Je garde beaucoup d'amertume mais, bon, en politique, on doit pouvoir mettre ce genre de sentiment de côté", a souligné le chef de groupe PS, Maurice Bayenet.
Il s'est montré particulièrement attristé par la présidente du cdH, Joëlle Milquet, lorsqu'elle a indiqué qu'en décembre 2005, elle avait fait part de ses interrogations à propos du Centre Wallonie-Bruxelles à Kinshasa à la ministre des Relations internationales, Marie-Dominique Simonet (cdH).
"De la manière dont elle l'exprime, c'est presqu'un bulletin de victoire", a-t-il regretté. L'un des principaux intéressés, l'ex-ministre-président wallon Jean-Claude Van Cauwenberghe ne comprend pas quant à lui l'attitude de Marie-Dominique Simonet.
"Je vois cela en termes de déontologie ministérielle. J'ai siégé pendant deux ans à côté de quelqu'un qui a exécuté le contrat sans jamais me poser de question. Et on a attendu que j'ai eu le dos tourné, dans les circonstances que l'on sait, pour lancer le dossier", a-t-il expliqué.

La majorité cornaque la commissionPaul

PS et CDH veulent se réserver la coprésidencede la future commission spéciale et conjointe. De mauvais augure pour la suite des opérations ?
BELGA
Dix-sept élus vont constituer la commission spéciale sur Immo Congo. Dix-sept, c'est pile assez pour qu'il y ait un élu Ecolo... et pas d'élu FN, sur base de la représentation au Parlement de la Communauté française (sur celle du Parlement wallon, c'eût été l'inverse). Soit, à la proportionnelle : 8 PS, 5 MR, 3 CDH, 1 Ecolo. En feront partie : les MR Bertieaux, Cornet, Crucke, Jeholet, Miller; les CDH Brotcorne, Corbisier, Fourny; l'Ecolo Wesphael. Pour le PS, on attendra.
La proposition quadripartite (rédigée en fait par Ecolo) prévoit président et vice-président. Or, on devrait avoir une coprésidence. Dévolue à deux chefs de groupe : Anne-Marie Corbisier pour le CDH et l'assemblée communautaire; Maurice Bayenet pour le PS et l'assemblée régionale. La première, sous réserve : l'intéressée n'est guère preneuse, se disant assez accaparée par ses prochaines fonctions scabinales (à Montigny-le-Tilleul dont, comme ça se trouve, sa collègue Cornet est bourgmestre).
Pourquoi, un siège présidentiel au PS ? Parce que, répond-on, il est de loin le premier parti. Pourquoi, un siège présidentiel au CDH ? Parce que, répond-on, lui seul n'est pas concerné par les décisions gouvernementales en cause de 2003-2004. Pourquoi, les deux sièges présidentiels à la majorité ? Euh, là, on ne répond rien. On doit donc interpréter que sur un sujet qui - quoiqu'ils s'en défendent - crispe les coalisés entre eux, ils trouveront par là à davantage se neutraliser.
Mais l'opposition ne l'entend pas de cette oreille; et le MR, candidat officiel à une présidence, entend en faire aujourd'hui un incident. Les réformateurs (qui auraient bien, ou auraient eu, quelque souci à devoir départager Véronique Cornet et Richard Miller) ne manquent pas d'arguments. Quant à l'importance du groupe, il est le deuxième. Quant à l'implication éventuelle de leur ministre-Président de l'époque (Hervé Hasquin, à la Communauté), que dire du PS avec Jean-Claude Van Cauwenberghe (à la Région). Et puis, on a régulièrement confié des commissions d'enquête (ce que celle-ci est presque, dans son objet) à des élus alors dans l'opposition (le PS Collignon sur le Heysel, le VLD Verwilghen sur Dutroux, le CDH Langendries sur la Sabena...). Et puis, on devrait respecter une certaine tournante au Parlement wallon (le PS Avril y a déjà dirigé les travaux spéciaux sur le logement social, et le CDH Etienne ceux sur Francorchamps). Et puis, il serait d'autant plus facile de réserver une place à l'opposition que la présidence est double.
Bon, quand on se sera calmé là-dessus, il faudra s'entendre sur les procédures, l'échéancier, les auditions. Avant de songer au fond. "Aux faits plutôt qu'à leur interprétation", ajouterait Van Cau qui se disait hier empressé de voir la commission "combattre l'amnésie ministérielle"...
© La Libre Belgique 2006

DEBAT sur le RTBF, le dimanche 19 novembre 2006 à 11h45 ... RTL aussi

"Immo Congo : petits arrangements entre amis ?"

Une nouvelle affaire à la Une, cette semaine. La Justice s'intéresse à l'opération immobilière concernant la représentation Wallonie-Bruxelles à Kinshasa. Une opération de location-achat très coûteuse qui recèle bien des zones d'ombres(?). L'argent public a-t-il été dépensé avec légèreté ? Pourquoi la Communauté française et la Région wallonne n'ont-elles pas acheté elles-mêmes le bâtiment ? Jean-Claude Van Cauwenberghe est-il intervenu pour favoriser la société de l'un de ses amis ? Les autres ministres de l'époque ont-ils été abusés ou ont-ils fermé les yeux ? Une commission parlementaire va être mise sur pied. Parviendra-t-elle à faire toute la lumière ? Faut-il renforcer la législation et les contrôles en matière de marchés publics ?
En décembre 2005, Milquet s'était inquiétée du dossier ImmoCongoLa présidente du cdH, Joëlle Milquet, s'est également inquiétée en décembre 2005 des frais de loyer importants auxquels était confronté le Centre Wallonie-Bruxelles à Kinshasa, a-t-elle indiqué dimanche sur le plateau de Controverse (RTL-TVi).En décembre 2005, Mme Milquet s'est rendue au Congo dans le cadre d'une mission parlementaire. Le coût du bail ainsi que la localisation de la société bailleuse à Charleroi ont attiré son attention. A son retour, elle s'en est ouverte à la ministre des Relations internationales de la Communauté française et de la Région wallonne, Marie-Dominique Simonet (cdH).Cette dernière essayait elle aussi de démêler les fils de ce dossier depuis le mois de janvier, d'abord sur le plan immobilier et puis sur le plan financier. Elle avait déjà convoqué une série de réunions avec l'administration et l'Inspection des Finances. Dans le courant de cette année, elle avait ensuite demandé à un expert de réaliser une mission d'inventaire sur les postes de la Communauté à l'étranger avant de consulter un avocat et de finalement transmettre le dossier au parquet de Charleroi au mois de juin.
Hervé Hasquin s'interroge aussi sur l'immeuble de Paris. Il se demande pourquoi le gouvernement wallon de Jean-Claude Van Cauwenberghe a préféré un bâtiment avec travaux, traditionnellement plus cher, à un bâtiment sans. Les travaux ont été dirigés par des architectes de Charleroi sans pression, paraît-il, contrairement à Immo Congo.

Pour en parler, Olivier Maroy a invité :

Marie-Dominique Simonet, CDH, Ministre des relations internationales - Région wallonne et Communauté française

Serge Kubla, MR, Chef de groupe au Parlement wallon

José Happart, PS, Président du Parlement wallon

Jean-Marc Nollet, Ecolo, Député fédéral

Philippe Suinen, Directeur général du CGRI

Michel Bouffioulx, Journaliste indépendant

André Delvaux, Avocat spécialisé dans les marchés publics

Bruno Fally, Spécialiste de l'immobilier

Le débat sera-t-il plus intéressant que la semaine dernière ?
Nous avions assité à un des plus mauvais débat depuis des lustres à propos du vote des allochtones: débat confus, avec un animateur faisant les questions-réponses en permanence, laisant les éléphants de la politique plomber le sujet, avec comme grand spécialiste de la méthode: "Môssieur Philippe".






Il y avait pourtant de nouvelles têtes intéressantes qui pouvaient développer le sujet et qui le maîtrisaient, dont Mehmet Koksal ( qui possède un excellent site consacré aux allochtones (en politique))

Immo-Congo : un dossier pipé depuis le début


Le dossier Immo-Congo, au centre de l'émission "Mise au Point" dimanche midi, sur la Une télé. Les différents protagonistes sont revenus sur les principales zones d'ombres qui entourent ce dossier. Parmi celles-ci, les pressions exercées par Jean Claude Van Cauwenberghe sur le CGRI, le Commissariat général aux relations internationales, pour attribuer le marché à une société gérée par l'un de ses proches…..

Philippe Suinen, le patron du CGRI, a précisé que ces pressions ont commencés avant même que la Communauté française ne prenne la première décision, le 29 avril 2004. Une décision qui écartait l'offre du proche de Van Cauwenberghe. L'attribution du marché aurait donc été tronquée très tôt. Je vous confirme, a ainsi déclaré Philippe Suinen sur le plateau de Mise au Point, "que les deux cabinets ministériels de l'époque, donc le Ministre président de la Communauté (Hervé Hasquin) et le Ministre président de la Région wallonne (Jean-Claude Van Cauwenberghe), ont demandé au CGRI de participer à une réunion où il a été dit qu’il y avait un problème du côté wallon parce qu'il n'y avait pas suffisamment de dimensions wallonnes dans l’offre (…)C’était avant le 29 avril , à ce moment-là, on demande alors au CGRI de convoquer deux réunions inter-cabinet, où les deux protagonistes, Robert Marlier pour la société Intelligence et Communication et Daniel Lebrun Congo Wallon Invest seront confrontés pour voir s'il n'y a pas une possibilité de régler ce blocage"...

Réponse immédiate de Marie Dominique Simonet, la ministre chargée des relations internationales à la Communauté française et à la Région wallonne qui a hérité du dossier Immo-Congo: C’est énorme, s’est elle exclamée, "parce que quand on parle d'ancrage wallon, nous ne trompons pas, nous sommes tous favorables à l'emploi wallon. Mes collègues au Gouvernement se battent pour l'emploi wallon, mais ici, il est où l'emploi wallon ? C'est une personne "….

Lebrun donne sa version :

C'est le Commissariat Général aux Relations Internationales (CGRI) de la Communauté française qui a rappelé la société de Daniel Lebrun, CWI, pour lui demander de se réunir avec la société qui avait emporté le marché de la nouvelle implantation du Centre Wallonie-Bruxelles à Kinshasa, Intelligence et Communication (IC), de Robert Marlier, a indiqué dimanche, Daniel Lebrun sur le plateau de Controverse.

Selon lui, ce sont des motivations économiques qui ont guidé cette démarche. "Je suppose que l'on a jugé de mon utilité", a-t-il ajouté, expliquant qu'il avait pu obtenir un financement très intéressant. Quant à d'éventuelles pressions qui auraient été exercées sur son concurrent pour l'intégrer dans l'opération et constituer avec lui Immo-Congo, M. Lebrun dit ne pas pouvoir répondre. "Je ne peux pas répondre à cette question. Moi, le CGRI est venu me rechercher. Il est évident que Jean-Claude Van Cauwenberghe a certainement eu des conversations avec Hervé Hasquin mais c'est entre politiques", a-t-il affirmé, précisant qu'il n'y avait rien d'anormal, ni d'illégal à ce qu'un concurrent évincé collabore ensuite avec le candidat retenu . "Il n'y avait eu aucune corruption ou trafic d'influences" a-il encore ajouté.

Via RTL:

Lebrun: "C'est le CGRI qui est venu me chercher"

C'est le Commissariat Général aux Relations Internationales (CGRI) de la Communauté française qui a rappelé la société de Daniel Lebrun, CWI, pour lui demander de se réunir avec la société qui avait emporté le marché de la nouvelle implantation du Centre Wallonie-Bruxelles à Kinshasa, Intelligence et Communication (IC), de Robert Marlier, a indiqué dimanche M. Lebrun sur le plateau de Controverse (RTL-TVi).
Selon lui, ce sont des motivations économiques qui ont guidé cette démarche. "Je suppose que l'on a jugé de mon utilité", a-t-il ajouté, expliquant qu'il avait pu obtenir un financement très intéressant.
Quant à d'éventuelles pressions qui auraient été exercées sur son concurrent pour l'intégrer dans l'opération et constituer avec lui ImmoCongo, M. Lebrun dit ne pas pouvoir répondre. "Je ne peux pas répondre à cette question. Moi, le CGRI est venu me rechercher.
Il est évident que M. Van Cauwenberghe a certainement eu des conversations avec M. Hasquin mais c'est entre politiques", a-t-il affirmé, précisant qu'il n'y avait rien d'anormal, ni d'illégal à ce qu'un concurrent évincé collabore ensuite avec le candidat retenu.
L'homme, ancien réviseur d'entreprises, est un proche de l'ex-ministre-président wallon, Jean-Claude Van Cauwenberghe. Il se défend pourtant d'être son "financier". "Je ne m'occupe absolument pas des finances de M. Van Cauwenberghe mais quand il veut faire une opération sur Charleroi ou autre, il aime bien que je sois à ses côtés", a-t-il dit.
Et de conclure que dans son chef en tout cas, il n'y avait eu aucune corruption ou trafic d'influences.


La commission mixte naîtra mercredi

Foire d'empoignes à la conférence des présidents du parlement wallon (Elio Di Rupo, à Cannes, était le grand absent du jour) qui se penchait sur la proposition de résolution déposée par Ecolo. Résolution demandant l'installation d'une commission parlementaire mixte (17 membres) chargée de faire la lumière sur le dossier Immo Congo.
Fidèle à lui-même, José Happart a dit tout le mal qu'il en pensait, prétextant notamment, que la proposition n'était signée que par Ecolo. Aussitôt dit, aussitôt fait : Bernard Wesphael fait circuler son texte, que PS-CDH et MR s'empressent de signer.

Ces jolis paraphes n'ont guère détendu l'atmosphère. PS et CDH ont profité de l'occasion pour régler quelques comptes sur fond de loyauté politique. Les socialistes reprochant aux humanistes d'avoir, par l'intermédiaire de Marie-Dominique Simonet, transmis le dossier à la Justice.
Les échanges de noms d'oiseaux terminés, les honorables membres ont déterminé la procédure. Le parlement wallon votera mercredi à midi en séance plénière la proposition de résolution (identique à celle votée à la Communauté française). A l'issue du vote, les conférences des présidents des deux assemblées se réuniront pour établir les modalités pratiques. Seule certitude, Véronique Cornet (MR) en sera. La députée-bourgmestre de Montigny-le-Tilleul a en effet posé sa candidature à la présidence, ce que le CDH n'aurait guère apprécié...
Les débats ne s'annoncent pas vraiment sereins.

Région et Communauté ont fait le plus mauvais choix

Février 2004. A peine rentré de Kinshasa où il accompagnait en mission officielle Jean-Claude Van Cauwenberghe, mission au cours de laquelle il a pu visiter le bâtiment sur lequel Région et Communauté ont jeté leur dévolu, Daniel Lebrun, ou plus exactement sa société CongoWallonInvest (CWI), remet une offre de location-achat.
Robert Marlier fait de même le 31 mars au nom d'Intelligence et Communication (IC).
Si l'offre de CWI est plus avantageuse (240.000 euros de loyer annuel indexé), elle présente par contre un gros désavantage : elle demande que Région et Communauté se portent « caution solidaire et indivisible » du prêt, de trois millions d'euros. Un élément qui n'échappe pas à la sagacité de l'Inspection des finances dans son avis rendu le 8 mars.
De plus, CWI exige une superficie de 150 m 2 à l'intérieur du bâtiment pour y installer ses bureaux kinois. A l'inverse, l'offre d'IC est sans doute plus onéreuse (270.000 euros), mais elle n'exige pas de caution bancaire. On sait ce qu'il adviendra de ces deux offres. Trois mois plus tard (le 11 mai), Marlier et Lebrun signent leur contrat de mariage à travers la création d'Immo Congo, vu le blocage de la Région refusant d'attribuer le marché à la seule « Intelligence et Communication ». Avec des conséquences plus onéreuses encore pour les finances publiques : dans le contrat finalement signé, on découvre que c'est bien le bail d'IC qui est retenu (270.000 euros sur 20 ans au lieu de 240.000, soit 600.000 de plus). On y découvre également la demande de cautionnement de CongoWallonInvest (évincée par la porte, elle rentre par la fenêtre sous un autre nom). Bref, Immo Congo peut se frotter les mains : elle a remporté haut la main les négociations... Région et Communauté peuvent, elles, commencer à banquer.

Le cabinet Hasquin a bien contacté Robert Marlier

T élévisions, radios, journaux. Interrogé depuis plusieurs jours sur ses relations avec Robert Marlier, patron d'Intelligence et Communication, à qui « son » gouvernement confie le marché de location-achat du bâtiment de Kinshasa le 21 avril 2004, Hervé Hasquin (MR), jure ses grands dieux qu'il ne le connaissait pas. Soit, mais Marlier habite Silly comme lui... « Vous savez, Silly compte sept villages », répond-il aussi invariablement qu'imperturbablement.
En clair, pour l'ancien ministre-président, le rapprochement Hasquin-Marlier est un raccourci intellectuel. Un raccourci qui n'aurait absolument rien à voir avec les relations d'amitié, bien réelles celles-là, qu'entretiennent Van Cau et Daniel Lebrun, patron de CongoWallonInvest, le candidat évincé puis « miraculeusement » repêché dans Immo Congo.

Un élément pour le moins troublant vient pourtant ébranler l'argumentaire d'Hervé Hasquin. Il s'agit d'un courrier envoyé le 25 octobre dernier par un ancien collaborateur du ministre-président de la Communauté française à Didier Reynders, président du MR. Pas n'importe quel collaborateur, celui qui, en compagnie du chef de cabinet adjoint de Hasquin, a géré le dossier.
Dans ce courrier, il détaille, point par point, les chapitres clés et le déroulé des événements. On y découvre ainsi que, dès le choix du bâtiment opéré, un investisseur doit être trouvé.
Et c'est là où les choses deviennent intéressantes : « Un de mes collègues à la cellule relations internationales évoque alors la possibilité de prendre des contacts avec un investisseur qu'il connaît et qui pourrait être intéressé par l'opération, M. Robert Marlier. » Quelques lignes plus loin, il précise encore que « des contacts sont pris avec Robert Marlier et celui-ci confirme assez rapidement son intérêt (...). Il semble l'homme de la situation. »
En clair, si Hervé Hasquin ne connaissait pas directement le patron d'Intelligence et Communication (cette lettre ne dit pas le contraire), c'est bel et bien son cabinet qui a pris langue avec l'homme d'affaires. Et il est difficile d'imaginer que dans un dossier que Van Cau et Hasquin s'égosillent à définir comme « très urgent » et impliquant un investissement de pas loin de trois millions d'euros, il n'ait pas été, au minimum, mis au courant.
Enfin, un autre élément retient l'attention. L'auteur indique qu'une fois le marché obtenu par Intelligence et Communication « il est demandé à Marlier de solliciter une modification lui-même afin que cette modification n'apparaisse pas comme voulue par la Région wallonne ». C'est la fameuse lettre du 10 mai, dont Van Cau se prévaut pour sa défense. Une zone d'ombre de plus qui retiendra, à l'évidence, l'attention de la commission parlementaire spéciale.

DANZE,HUGUES vendredi 17 novembre 2006

17 novembre 2006

Van Cau peut être entendu

Immo Congo Une loi de 1999 limite l'immunité des députés (MAJ 17/11/2006)

La juge Baekeland peut entendre et inculper Van Cau si elle l'estime nécessaire. Mais elle ne peut pas l'arrêter.
U n député wallon ou fédéral peut très bien être entendu et inculpé par un juge d'instruction alors qu'il bénéficie d'une immunité parlementaire. »

Depuis plusieurs semaines, les observateurs s'interrogent : « Quand va-t-on demander la levée d'immunité de Jean-Claude Van Cauwenberghe afin qu'il puisse être entendu par la justice sur les affaires carolos ? »

La réponse du procureur du Roi de Charleroi, Christian De Valkeneer, fuse :


« Une telle procédure est inutile. Une loi existe depuis 1999 pour de tels cas. La justice peut entendre et même inculper une personne bénéficiant d'une immunité. »
« Seules trois choses ne peuvent pas être faites, poursuit le magistrat : placer le député sous mandat d'arrêt, le renvoyer devant un tribunal ou le perquisitionner, à moins de bénéficier d'une ordonnance du
premier président de la cour d'appel. »

Bref, depuis le début des différentes enquêtes politico-financières carolos, la juge Baekeland aurait pu entendre Jean-Claude Van Cauwenberghe si elle l'avait jugé utile pour l'instruction.
L'affaire Immo Congo va-t-elle changer la donne ? Secret de l'instruction oblige, le procureur ne s'avancera pas. Tout juste peut-il dire qu'


« Immo Congo est un épiphénomène dans toutes les affaires à l'instruction.
C'est un dossier carré comprenant un bâtiment, un contrat et quelques intervenants. L'enquête ne devrait pas être longue et pourrait permettre de comprendre certaines pratiques. »
Reste à répondre à la question rituelle : à qui profite le crime ?


« Il faudra d'abord que nous déterminions la valeur réelle du bâtiment à Kinshasa. Etablir si le prix payé est exagéré, commente le procureur. Si oui, il faudra que nous voyions si des personnes ont profité de retombées directes dans les accords établis entre intervenants. Ce n'est pas certain. »

Si tel devait être le cas, Jean-Claude Van Cauwenberghe pourrait donc être entendu dans les prochaines semaines. Si elle l'estimait nécessaire, la juge pourrait même ouvrir une instruction à son encontre, sans devoir attendre une quelconque levée d'immunité. Mais aucune initiative en ce sens n'a encore été prise.

Mis en cause dans l'affaire Immo-Congo, Jean-Claude Van Cauwenberghe, alors ministre-président de la Région wallonne, prépare sa réplique depuis Moscou.V an Cau à Moscou :





« Je suis ici pour faire un exposé sur l'évolution du régionalisme en Europe. »
Le Comité des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l'Europe, dont il est
membre, a été invité par la Fédération de Russie à tenir ses assises dans sa
capitale... Alors, « Immo-Congo », vous savez...
Van Cau est tenu au courant mais est avare de commentaires :





« Je réserve mes explications à la commission parlementaire. »
Quand même : celui qui est mis en cause au premier chef dans la transaction de 2004 relative à la location-achat de l'immeuble abritant la délégation de la Communauté Wallonie-Bruxelles à Kinshasa nous livre les grands axes de sa plaidoirie.





« Mais, par correction, je réserve mes explications approfondies aux députés. »

Van Cau développera alors deux lignes de défense.

La première aura trait au contrat de location-achat du bâtiment Gennaro.





« Tous les points de ce contrat, comme le montant du loyer, ont été délibérés au
sein des gouvernements wallon, sous ma présidence, et de la Communauté
française, dirigé par Hervé Hasquin, qui a piloté l'opération. Le document de
base contenant les informations était connu de tous les ministres. Jean-Marc
Nollet aussi, ministre à la Communauté alors, et qui nous attaque tant
aujourd'hui. »


Deuxième axe : lui, prétend-il, n'est pour rien dans le revirement de Robert Marlier, administrateur délégué de la société Intelligence et Communication. Rappel : c'est à elle qu'avait été attribué le marché les 21 et 29 avril 2004, successivement par le gouvernement de la Communauté française et le gouvernement wallon, avant que les mêmes exécutifs, les 12 et 13 mai, ne changent d'avis et ne cèdent le contrat à Immo-Congo, regroupant Intelligence et Communication du bruxellois Robert Marlier, et la société d'un candidat débouté auparavant, Daniel Lebrun, proche de Van Cau.


« J'assume le fait d'avoir voulu qu'un Wallon soit parmi les acquéreurs. Mais
j'aurais imposé Lebrun ? Et fait pression sur Marlier ? Ça, non. Jamais.

Je n'ai pas rencontré Marlier. Il avait accepté le nouveau partenariat
avec enthousiasme à l'époque. Du reste, les 21 et 29 avril, les gouvernements
avaient dit oui à l'offre de sa société, Intelligence et Communication. Si
Marlier n'avait pas bougé, c'était cuit. Il n'y aurait pas eu de problème. »

Pour Van Cau, l'installation d'un centre commercial à Farciennes (avec la société de Marlier) n'a jamais été dans la balance, les deux dossiers auraient été traités sans lien. Une flèche au passage à Marie-Dominique Simonet, en charge des Relations internationales, qui a livré le dossier à la Justice : « Elle ne m'avait jamais fait part d'aucun problème quand nous étions ensemble au gouvernement wallon. »

Conclusion :



« On peut toujours réécrire l'histoire, mais il y a des actes, des documents, je
m'expliquerai devant les parlementaires. »
Quand ? Après celui de la Communauté française mardi, le parlement wallon devrait voter en faveur de la création de cette commission spéciale mercredi prochain. Ce sera une commission « mixte » Communauté-Wallonie. Une première, constitutionnellement parlant. Jean-François Istasse, président du parlement francophone, a demandé les conseils de Pierre Scholsem, professeur de droit à l'université de Liège. Cette commission sera informelle, sans pouvoir de contrainte, et rendra ses conclusions dans plusieurs mois. L'enquête, elle, est le fait du juge d'instruction.
Immo Congo « recommandée » ?

Interrogée mercredi par nos confrères de la RTBF, Sabine Gauquier, responsable d'Immo Congo, a reconnu avoir été sinon « favorisée », du moins « recommandée » par Jean-Claude Van Cauwenberghe.




« N'est-ce pas normal, que le ministre-président wallon insiste pour une plus grande ouvertre wallonne ? »
a souligné celle qui est par ailleurs l'épouse de Daniel Lebrun. jeudi 16 novembre,COPPI,DAVID(V.La.)

Une commission qui sera tout de même... spéciale

C'est avec des semelles de plomb que José Happart présidera ce jeudi au Parlement wallon la traditionnelle "conférence des présidents" dédiée à l'organisation des travaux de l'assemblée. Elle doit poursuivre l'implantation de la commission spéciale sur le dossier Immo Congo, conjointement avec le Parlement de la Communauté française. Celui-ci ayant déjà donné son feu vert, on ne doute pas que le Parlement wallon fera de même à huitaine.
Tout n'est pourtant pas dit.

José Happart, donc, n'a ni l'intention ni les pouvoirs de refuser la commission. Mais le président du Parlement veut, nous dit-il, "avoir tous ses apaisements, judiciaires et institutionnels" .
Rayon judiciaire, n'a-t-on pas décidé de créer une commission "spéciale", pas "d'enquête", pour éviter d'empiéter sur l'instruction ? "N'empêche, il faut prendre nos précautions", répond José Happart. Et rayon institutionnel, n'est-il pas le régionaliste de stricte observance qui exclut d'office toute mixité ? "J'ai requis l'avis de juristes. Nos territoires, parlements, gouvernements sont distincts. Est-il si sûr qu'une commission peut valoir pour les deux entités ? Avec quels pouvoirs ?"

Le président voudrait-il par-là freiner une procédure qui risque de coincer son vieux pote Van Cau ? Il s'en défend : "Mes affinités n'ont rien à voir avec mes fonctions. Je dois être soucieux de l'intérêt général et du respect des procédures." Puis, tout de même, il se livre, très dans son style : "Je perçois bien la volonté politique d'incriminer un homme, alors que deux gouvernements sont concernés . On donne au dossier une importance et une urgence qu'il n'a pas, d'autant que la Justice s'en occupe. Il n'y a pas eu crime ni viol ! Si être la connaissance d'un politique devient une faute, ou si un politique ne peut plus avoir de connaissances, il faudra me l'écrire. Je ne veux pas tomber dans l'exaltation émotionnelle. Il n'y a pas le feu au lac."
"Dans le brouillard"

Tout faux, Happart ? Tout doux... On doit tout de même convenir que cette commission spéciale est originale à double titre.
D'abord, dans son objet. "Elle a tous les objectifs d'une commission d'enquête (constater les dysfonctionnements, établir les responsabilités, etc.) sans en avoir les moyens, commente le professeur Marc Verdussen (UCL). Serait-ce parce qu'une instruction est en cours ? Mais le problème s'est très souvent posé par le passé, et on a légiféré pour éviter les interférences. Je me demande si on ne remet pas ici en cause le principe même des enquêtes parlementaires."
Ensuite, cette commission sera donc mixte Région/Communauté. Rien ne paraît l'interdire. "Une commission d'enquête, c'eût été un problème parce que les règles ne sont pas les mêmes. Mais à une commission spéciale, je ne vois pas d'obstacle juridique", explique le professeur Jean-Claude Scholsem (ULg). D'ailleurs, la loi spéciale de réformes institutionnelles (Art. 52) autorise explicitement les deux Parlements à "tenir des assemblées communes" . Reste qu'ici, "on fonctionne dans le brouillard", ajoute Marc Verdussen : toutes les réglementations ayant été conçues pour une seule assemblée, comment va-t-on organiser la commission ? "Si on n'anticipe pas sur la manière, on risque la précipitation, donc on risque l'improvisation."
Pas de précipitation ? C'est aussi ce que dit Happart...

© La Libre Belgique 2006


Le rôle de Lebrun a été camouflé ! (16/11/2006)


La présence de sa société dans Immo Congo a été effacée d'une note au gouvernement déposée par le cabinet Van Cau

Cela fonctionne toujours ainsi. Lorsque deux gouvernements ont à prendre une décision en commun - comme c'est le cas dans l'affaire du bâtiment de Kinshasa -, ils le font lors de deux séances rapprochées. Mais, surtout, sur base d'un même document à valider.
Pas par paresse. Pour des raisons politiques et juridiques. Cela évite que, ultérieurement, des conflits d'interprétation des deux décisions puissent surgir. On veille donc le plus souvent à ce que les mêmes termes soient utilisés des deux côtés. Une sorte de copier-coller , quoi.
Ce fut le cas en mai 2004, lorsqu'il s'est agi de transférer le marché kinois à la société Immo Congo. Le 12 mai, le gouvernement de la Communauté française ouvre le bal. Le 13, le gouvernement wallon l'imite.
Les documents l'attestent : la note de trois pages validée le 13 par le team Van Cau est bien le copier-coller attendu de celle adoptée la veille par le team Hasquin.
Enfin... Pas tout à fait. Car quelques mots y manquent. Et à la lumière de ce que l'on sait désormais, ils sont fondamentaux.
L'oubli a privé les ministres wallons de toute chance de découvrir le rôle que jouera Daniel Lebrun, qui avait précédemment perdu le marché, au sein d'Immo Congo !
La comparaison des documents parle d'elle-même.
Le 12 mai donc, au bas de la première page d'une note de la Communauté française qui en compte trois, on lit que "La S.A. Intelligence et Communication propose de concrétiser cette association en se substituant, aux fins de cette opération, une nouvelle société constituée, à parts égales, entre une société wallonne (la SA Capamar) et elle-même, dénommée
Le 13 mai, la même note de trois pages est soumise aux membres du gouvernement Van Cau. Elle est en tout point identique. Sauf que le passage précité est devenu : "La SA Intelligence et Communication propose de concrétiser cette opération en se substituant, aux fins de cette opération, une nouvelle société dénommée
En plein milieu d'une phrase
Compris ? Allez, relisez. Alors ? Exact : les mots "constituée, à parts égales, entre une société wallonne (la SA Capamar) et elle-même " ont disparu ! Effacés ! En plein milieu d'une phrase ! Or, ils sont fondamentaux : la SA Capamar en question n'est autre que la société patrimoniale de M. Lebrun grâce à laquelle, par la bande, il récupère la moitié du contrat perdu !
Quelqu'un, au cabinet Van Cau qui signe cette note, a-t-il effacé ce passage ? Et surtout pourquoi ? De peur qu'un ministre pointilleux fasse des recherches sur Capamar et découvre le nom des époux Lebrun, déjà présents dans la société évincée ? Mais pourquoi diable cette précaution alors que Van Cau reconnaît être intervenu pour qu'on récupère une société wallonne et que c'est pur hasard s'il s'agit de celle de son ami, le réviseur Lebrun ? À l'évidence, c'est un élément troublant. Très. Un de plus. Mais qui concerne cette fois directement le cabinet Van Cau, à un moment crucial du dossier.

Christian Carpentier
© La Dernière Heure 2006


''Ça ne vient pas de chez nous '' (17/11/2006)


C'est bien au cabinet Van Cau que la note capitale a été modifiée

Qui a bien pu faire en sorte que la référence à la société de M. Lebrun, Capamar, au sein d'Immo Congo, se retrouve dans la note au gouvernement de la Communauté française du 12 mai, mais pas dans celle au gouvernement wallon du lendemain qui, pour le reste, en est pourtant la copie conforme ?

La question a turlupiné plus d'un acteur du dossier, hier, après les révélations de la DH à ce propos.
Se pourrait-il que cela provienne du CGRI, chargé de négocier le dossier ? Le porte-parole de M. Suinen, son patron, est formel : "Non ". Et il argumente : "Le dernier projet de note que nous ayons préparé pour les deux gouvernements date du 14 avril et il a servi de base à la toute première décision, celle du 21 avril ".


"Par la suite, il n'y a plus rien eu de rédigé chez nous, même pas suite à
l'accord de la SA Intelligence et Communication, le 10 mai, pour créer Immo
Congo avec Capamar"
, la société de M. Lebrun.
"D'ailleurs, même la proposition de délibération aux gouvernements des 12 et 13
mai n'a pas été rédigée chez nous, ce qui est une anomalie. "

La fameuse note au passage expurgé a donc forcément été rédigée dans un des deux cabinets concernés.

À la Communauté française ? Hervé Hasquin (MR) est clair : "J'ai interrogé mon ancien collaborateur en charge des dossiers relations internationales à l'époque" , dit-il. "Il est formel : jamais il n'a mis à l'ordre du jour de mon gouvernement des notes en provenance du gouvernement wallon. Tout venait du CGRI ou de mon cabinet. "
Tout aurait donc été rédigé dans le cabinet Hasquin. Mais alors, est-ce celui de M. Van Cauwenberghe qui aurait expurgé le fameux passage ?

Il ne nous a pas été possible d'interroger l'intéressé à ce propos, hier. Il est en déplacement à l'étranger et, si son GSM sonne, il ne l'a pas décroché, malgré plusieurs tentatives.
Impossible, donc, d'avoir sa confirmation. Mais elle n'est pas forcément nécessaire. Car la réponse se trouve tout bonnement dans la note déposée le 13 mai par Van Cau. Elle précise notamment :
"Le 10 mai 2004, au cours d'une réunion au CGRI en présence d'un représentant
du ministre-président du gouvernement wallon et d'un représentant de mon
cabinet..." .
De "mon cabinet " ? Ben oui : c'est donc forcément bien celui d'Hasquin qui a rédigé la note, que celui de Van Cau a oublié de modifier. Du moins sur ce point-là...
Mais avec toujours la même question : pourquoi ?...

Christian Carpentier
© La Dernière Heure 2006



Kinshasa pour la Citadelle (15/11/2006)


Robert Marlier s'est-il associé à Daniel Lebrun pour avancer un autre projet ?


Le projet de complexe commercial Citadelle à Farciennes : voilà un élément qui a peut-être permis de convaincre Robert Marlier de s'entendre dans une association avec Daniel Lebrun dans le dossier d'achat du bâtiment de Kinshasa.

Les mêmes intervenants du dossier Immo Congo se retrouvent. Les périodes se croisent... Troublant lorsqu'on connaît "l'intérêt viscéral de Jean-Claude Van Cauwenberghe à défendre Charleroi et sa région".

De fait, les noms de Robert Marlier, Daniel Lebrun et Jean-Claude Van Cauwenberghe interviennent dans le projet farciennois Citadelle. En 2004, Robert Marlier devient administrateur-délégué de la S.A. Citadelle. Dans son rôle de président de la Communauté urbaine du pays de Charleroi, Jean-Claude Van Cauwenberghe connaît ce projet. Apporté par Van Cau vers Immo Congo, Daniel Lebrun ne devait pas ignorer l'intérêt de Robert Marlier dans Citadelle... d'autant moins que Daniel Lebrun était, à tout le moins, pressenti comme réviseur des comptes de la commune de Farciennes. Lancé dès 2003 par un promoteur italien, Citadelle est un dossier que la commune de Farciennes, l'une des plus pauvres de Belgique, voit arriver comme une possibilité de relance économique. Seulement, la région de Charleroi possède déjà d'autres centres commerciaux fort proches. Dès lors, le dossier initial s'embourbe dans l'entrecroisement des zones de chalandise.

Mais un revirement de situation intervient : le promoteur italien accepte de changer ses plans en n'envisageant plus un centre commercial classique mais en se tournant vers un secteur d'activité bien précis, l'habitat. Nous sommes alors dans le courant du mois de juin 2004, le conseil socio-économique lève ses inquiétudes concernant la coexistence de Citadelle avec les centres existants et ceux arrivés. Juin 2004 : soit peu de temps après la fameuse tractation autour du marché qui a vu la création d'Immo Congo par Daniel Lebrun et Robert Marlier.

V. D.
© La Dernière Heure 2006


Paris : Hasquin voulait moins cher

NAMUR Les dossiers immobiliers français et congolais sont très différents. Toutefois, sur une "certaine forme", on constate aussi que les Wallons auraient donné un avis quelque peu motivé pour la demeure située au 274, boulevard Saint-Germain (délégation de la Communauté et de la Région) plutôt que pour une autre demeure située près de la Concorde. "Je reconnais que le site de Saint-Germain est un très beau bâtiment", l'ancien ministre-président de la Communauté française, Hervé Hasquin. "Dès le départ, j'étais favorable à l'achat d'un bâtiment où l'on pouvait entrer sans faire trop de travaux. Je sais, par expérience, que lorsqu'on fait des travaux, qui plus est à l'étranger, la facture peut prendre des proportions inquiétantes."

L'homme du MR se souvient de cet autre bâtiment de la Concorde : "Il s'agissait d'une superbe bâtisse située près de la Concorde. On aurait pu y entrer sans que cela ne coûte un euro de travaux. Il s'agissait de la demeure d'un homme d'affaires. Le prix était un peu plus cher à l'achat que pour la demeure du boulevard Saint-Germain, mais on se récupérait largement sur le prix des travaux."
Pourquoi n'avoir pas pris cette maison au prix moins élevé ? "Du côté wallon, on préférait l'autre et on n'était pas contre le fait de faire travailler les entreprises wallonnes sur le dossier de la rénovation."

Van Cau et Lebrun à Kinshasa

En soirée, RTL-TVi a annoncé que, le 8 février 2004, Van Cau et Lebrun visitaient ensemble le fameux bâtiment à Kinshasa. Une visite qui intervient 20 jours avant la proposition de la société de M. Lebrun pour ce bâtiment. M. Lebrun a reconnu avoir voyagé à titre privé pour évaluer le projet.
De son côté, la RTBF a interrogé Sabine Gauquier, administratrice d'Immo Congo, qui propose "aux gouvernements de racheter les bâtiments et qui souligne que le bénéfice n'est que de 12.000 € à répartir entre deux actionnaires."
© La Dernière Heure 2006

Du vinaigre dans la cuisine parlementaire

Avant même d'être créée,la future commission spéciale procure des coups de chaleur.
Pourtant, José Happart sait recevoir. Homard et faisan garnissaient la table du jeudi midi, arrosés d'un vin de... Thuin que l'on assure moins raide qu'un Beaujolais nouveau. À ce que l'on sait (dommage, ses travaux sont à huis clos), la conférence des présidents du Parlement wallon n'en a pas moins tourné à l'aigre. En l'absence remarquée du ministre-Président (Elio Di Rupo avait envoyé Philippe Courard, son habituel délégué aux turbulences possibles). Et en l'absence de Jean-Claude Van Cauwenberghe, membre du bureau (toujours à Moscou). On parle de lui parce que la réunion organisant les travaux de la semaine prochaine a été dominée par l'installation de la commission spéciale et régionalo-communautaire sur Immo Congo.
Pas d'emblée. On a dit les réticences du président Happart, qui aurait bien éludé. Mais des interpellations étant pendantes, à l'adresse de la ministre (CDH) Marie-Dominique Simonet à qui on doit la transmission du dossier à la Justice, José Happart s'est résigné. En s'en prenant, sur un ton dont l'alacrité varie selon les sources, sur ce CDH qui mettrait le coalisé PS en difficulté.

D'autres socialistes présents ont aussi montré les dents - Bayenet, Luperto, voire Courard. Et là, ça devient piquant, à se souvenir de l'empressement manifesté lundi par le PS à se rallier au même empressement de la concurrence pour mettre sur pied une commission d'enquête qui ne dit pas son nom... C'est à un point tel que des participants à la conférence d'hier se demandaient si, mercredi prochain, à 12 h, le feu vert du Parlement wallon à la commission sera aussi franc que celui octroyé mardi par l'assemblée de la Communauté. Le cas échéant, ce serait du plus haut comique, puisque cette dernière, pour rappel, est constituée à 80 pc par les mêmes élus wallons !

On votera à 12 h, pour permettre aux deux conférences des présidents des deux assemblées de se réunir ensuite conjointement. Elles fixeront l'échéancier de la commission, sa composition (17 membres, pour pouvoir l'ouvrir à Ecolo ?), sa présidence...

Ah, la présidence ! À qui ? Seul le MR s'en dit officiellement preneur (pour Véronique Cornet ?); d'autres rétorquent qu'Hervé Hasquin pourrait être aussi impliqué que Van Cau. Au CDH alors, puisqu'il était seul dans l'opposition à l'époque ? Mais si on lui reproche d'avoir "cafté" à la Justice... Et puis, 1 ou 2 présidents ? On a déjà songé aux présidents des deux commissions des Affaires générales, mais ils sont tous deux PS (Guy Milcamps à la Région, Pierre Wacquier à la Communauté). Pas simple, allez.

© La Libre Belgique 2006

15 novembre 2006

Le feuilleton (chaud) de l'hiver: Immo-Congo (Xième partie)


Pour revenir sur les épisodes précédants, il faut utiliser les "tags" - "Immo Congo", par exemple.
Les quatre partis démocratiques des parlements wallon et de la Communauté française ont décidé, hier, de créer une commission parlementaire spéciale conjointe aux deux assemblées pour enquêter sur le dossier « Immo Congo ». La proposition initiée par Marcel Cheron (Ecolo) a été votée en séance plénière, à l'unanimité des partis démocratiques.
Le parlement wallon devrait à son tour approuver le texte la semaine prochaine. Toutefois, son président, José Happart, a déclaré qu'il ne voyait pas la nécessité de créer une telle commission.
On cède à l'« émotionnel », « laissons d'abord faire la Justice ».

Avant le vote en séance plénière, Marcel Cheron, soutenu par Anne-Marie Corbisier (CDH), a salué le caractère conjoint d'une commission dont il espère qu'elle augure d'autres coopérations entre les parlements de la Communauté et wallon.

La commission devra procéder à l'examen complet de la gestion du dossier par les acteurs concernés, ainsi que du rôle et de l'action des dispositifs d'avis et de contrôle existants. Elle devra aussi établir la liste de tous les mécanismes et niveaux de pouvoir et autres lieux publics d'avis, de contrôle et de prise de décision concernés, intervenant ou étant intervenus (in)directement dans les faits.

La commission spéciale conjointe devra identifier et entendre tous les acteurs, intervenants et témoins susceptibles de l'éclairer. Elle est chargée de faire toutes les propositions « utiles », de constater les éventuels dysfonctionnements et/ou interférences entre les différents acteurs publics et d'établir les éventuelles responsabilités politiques et/ou administratives.
Pour ce faire, la commission auditionnera les personnes qu'elle jugera nécessaire d'entendre et se fera communiquer toutes les pièces dont elle jugera utile d'avoir connaissance. On ne connaît pas encore la date à laquelle la commission entamera ses travaux.

Le bail, qui coûte 270.000 euros par an aux pouvoirs publics, est dans le collimateur de la ministre et de l'administration. Comment renégocier ?
Comment adoucir la note pour les finances publiques ? La ministre Marie-Dominique Simonet et Philippe Suinen, le patron du CGRI, veulent renégocier le contrat. Dans ce journal, les pistes qu'ils comptent suivre.
Comment adoucir la note pour les finances publiques ? La ministre Marie-Dominique Simonet et Philippe Suinen, le patron du CGRI, veulent renégocier le contrat.

O n l'a assez dit et répété. Le montage financier du dossier de location-achat du bâtiment devant servir à la délégation Wallonie-Bruxelles à Kinshasa est juteux pour la société Immo Congo et ses actionnaires.
Autrement dit pour Daniel Lebrun, ami proche de Van Cau et pour Robert Marlier. D'autant plus juteux que les risques pris par les deux investisseurs sont relativement limités.

Bien sûr, Immo Congo achète le bâtiment pour un montant global (rénovation et frais divers compris) de trois millions d'euros dans un pays où la situation politique n'est guère stable.
Mais dans le même temps, les gouvernements de la Communauté française et de la Région wallonne ont signé un acte de cautionnement solidaire et indivisible en faveur de la société
« pour le paiement et le remboursement de toutes les sommes en principal,
intérêts, commissions et accessoires dont le débiteur principal est ou serait
redevable à ING Belgique. »
L'accord est donc béton. Avec un loyer
énorme : 270.000 euros sur 20 ans (soit 5,4 millions d'euros au total). Indexé,
qui plus est, ce qui alourdira la facture finale des pouvoirs publics. Sans
compter, enfin, que ce loyer doit être réglé, précise le contrat de bail, de
manière « irrévocable, inconditionnelle et abstraite (...) nonobstant tout
événement quelconque en ce compris la force majeure. »

On peut même dire que le béton est armé : Région et Communauté doivent supporter les frais d'entretien et de réparation des lieux « y compris les grosses réparations résultant de la vétusté et des cas de force majeure ». Bref, en 2024, la facture finale pourrait s'élever, si l'option d'achat est levée, à près de sept millions d'euros. Une somme à laquelle il faudra ajouter la facture de la construction de la salle de spectacle dont on ne connaît toujours pas, à ce jour, le coût exact. Dans le même temps, Immo Congo n'aura remboursé qu'un peu moins de 5 millions à ING pour un emprunt de 3 millions, soit plus de 2 millions d'euros de bénéfices escomptés. De l'or massif.
E n mai 2003, une mission du CGRI rencontre le nouveau propriétaire (un diamantaire libanais) du bâtiment abritant la délégation Wallonie-Bruxelles. Au terme de cette mission, on apprend que ce dernier souhaite tripler le loyer.Il faut héberger la délégation Wallonie-Bruxelles à Kinshasa, installée dans un immeuble délabré. Le bail s'achève en décembre. Le propriétaire du bâtiment veut augmenter le loyer, jusqu'à 225.000 euros par an. Il faudrait supporter d'importants travaux de rénovation. Trop pour le CGRI, le Commissariat général aux relations internationales, qui opère au nom de la Communauté française et de la Région wallonne.

Le 30 juillet 2003, soit un mois à peine après cette mission, l'acte de constitution de la société CongoWallonInvest est passé devant le notaire Hubert Michel à Charleroi. On retrouve dans la liste des administrateurs, Sabine Gauquier, femme de Daniel Lebrun, ami personnel de Van Cau et Luc Vuylsteke, ancien chef de cabinet de Kubla devenu patron de la Société wallonne des aéroports. En févier 2004, rapide sur la balle, elle remet offre pour l'achat-location du nouveau bâtiment à Kinshasa. Recalée, elle reviendra dans le circuit via Capamar, holding de Lebrun.

Des architectes dépêchés à Kinshasa jettent leur dévolu sur un immeuble situé dans le quartier des ambassades, sécurisé, en bon état. Il est la propriété de Mme Gennaro, une Italienne résidant à Monaco, qui appartient à la belle famille de l'avocate attitrée de l'ambassade de Belgique... La Communauté a des provisions pour acheter l'immeuble. Pas la Région wallonne. Or, pour Van Cau, à l'Elysette, il est impensable que le coq wallon ne figure pas sur les murs de la représentation Wallonie-Bruxelles. On opte pour une location.

Les représentants du CGRI négocient avec Mme Gennaro le rachat du bâtiment, pour 3 millions d'euros, tous frais compris. Une société immobilière se portera acquéreuse, et c'est elle qui relouera le bien aux pouvoirs publics. Il y a 3 candidates : Immocita, filiale de la SRIW ; Intelligence et Communication, sise à Bruxelles, dont l'administrateur est Robert Marlier ; enfin CWI, Congo Wallon Investment, de Daniel Lebrun, homme d'affaires carolo. Intelligence et communication emporte le marché, achète le bâtiment, propose au CGRI une location de 270.000 euros par an, avec option d'achat au bout de 20 ans, de 200.000 euros.

L'offre est avalisée le 21 avril 2004 au gouvernement de la Communauté française, le 29 au gouvernement wallon. Mais des négociations ont lieu en coulisse à l'instigation de Van Cau, qui veut ramener dans le projet un investisseur wallon. Les gouvernements communautaire et wallon des 12 et 13 mai approuvent l'octroi du marché à une société recomposée, Immo Congo, regroupant Intelligence et Communication et Capamar, détenant chacune 50 % des actions. Capamar comprend la société CWI de Daniel Lebrun, recalée quelques mois plus tôt.
Cela n'apparaît pas dans la notification aux gouvernements, les derniers avant les élections régionales. Il est précisé qu'Immo Congo bénéficiera d'une garantie supplémentaire de la Communauté française et de la Région wallonne, couvrant tous les risques afférents au bâtiment. On en est là.
Le 11 mai 2004, soit deux jours avant le gouvernement de la Communauté française qui lui attribuera le marché, la société Immo Congo est constituée auprès du notaire carolo Hubert Michel. Elle est installée à la même adresse que CongoWallonInvest à Gosselies dans des bâtiments appartenant à Espace Services Entreprises, une société dont l'administratrice déléguée est Sabine Gauquier et un des administrateurs est Alain Tirou. Deux personnes que l'on retrouve ensuite dans Immo Congo (aux titres de présidente, pour l'une et d'administrateur, pour l'autre). Robert Marlier est, lui, désigné administrateur délégué.
Il ne le restera pas longtemps. Le conseil d'administration du 6 mars 2006 actera en effet « à l'unanimité », précise le procès-verbal, sa démission. La raison ? Inconnue, jusqu'ici.
Les gens ont perdu toute notion de la valeur de l'argent, et nos amis de la Méditerranée - lisez les Libanais - construisent à grands frais avec des fonds dont on ignore la provenance... » Marcel Lafleur, au Congo depuis 52 ans, y a construit plus de mille maisons, en a rénové et loué des centaines et reconnaît qu'à l'heure actuelle, « c'est aussi corrompu qu'autrefois : vous construisez un projet avec cent maisons, vous en donnez vingt pour obtenir les autorisations... En outre, l'arrivée de la Mission des Nations unies (Monuc) a fait exploser les prix... »
Autrement dit, le prix exorbitant payé pour la location du Centre Wallonie-Bruxelles n'étonne guère le vétéran :
« Avant, le bâtiment que l'on appelait la maison Gennaro du nom du dernier
propriétaire italien, et qui était connu des vieux Belges comme le cercle Rubens
où les expatriés allaient jouer au billard et boire une bière, est resté
longtemps en vente. Personne ne voulait payer les 50 millions de FB demandés
pour cet immeuble en mauvais état. Finalement, la parcelle a été achetée,
rénovée par Safricas, qui a mis des châssis en aluminium et refait les toits.
Par la suite, les prix ont grimpé dans cette rue située à côté de la Monuc, de
l'ambassade des Etats-Unis et de la Chine, où la sécurité est garantie à toute
heure... »

Dans tout le quartier de la Gombe, ce centre-ville traversé par le Boulevard du 30 Juin, où les expatriés sont aisément joignables en cas d'évacuation forcée, les prix des maisons dépassent l'entendement : les sociétés immobilières qui louent à 4.000 ou 5.000 euros par mois des maisons unifamiliales récupèrent leur mise en un an ou deux !
C'est pour cela que Freddy Jacquet, directeur du Centre Wallonie-Bruxelles à Kinshasa, ne s'étonne pas du prix élevé payé pour ses locaux inaugurés voici un an :
« Hervé Hasquin et Jean-Claude Van Cauwenberghe (les deux
ministres-présidents dont les noms sont associés sur la plaque apposée sur la
façade du Centre) ont dû décider dans l'urgence, car le loyer des locaux que
nous occupions jusqu'alors avait été triplé, et le propriétaire refusait de
vendre à moins d'un million d'euros, auxquels se seraient ajoutés deux ou trois
millions pour les travaux de rénovation... » Et de soupirer : « Voici
cinq-six ans, nous avions eu l'occasion d'acheter, à raison de 500.000 euros,
des bâtiments qui nous auraient parfaitement convenu, mais personne n'a voulu se
décider. »

Installée depuis un an, la délégation Wallonie-Bruxelles à Kinshasa vit-elle dans l'opulence, dans des locaux surdimensionnés ? Au vu des trois bâtiments qui entourent une cour couverte de cailloux et fermée par une lourde grille, non : murs blancs et lampes accrochées à de simples soquets, dalles au rez-de-chaussée, parquet à l'étage, toits couverts de tôle ondulée, quelques meubles en bois, fabriqués sur place. Seul luxe : les toiles de peintres locaux, achetées à titre personnel, illuminant les murs.

Au rez-de-chaussée, la bibliothèque de 15.000 livres, qui accueille une centaine de visiteurs par jour, est l'un des lieux les plus prisés de Kinshasa. Les assoiffés de lecture y trouvent un havre de paix en semaine, des séances littéraires le samedi et des connexions Internet. C'est d'ici aussi que partent les « malles de lecture » envoyées dans les quartiers populaires.

Dans un autre bâtiment, de petits bureaux accueillent les activités de l'Apefe, la coopération dans le domaine de la santé, de la formation de la jeunesse, de l'appui à la presse. Cet été, après la mise à sac des locaux de la Haute Autorité des médias, le Centre avait même accueilli les Congolais menacés ! D'un accès facile au centre de la ville, il est cher au coeur des Congolais : tous les intellectuels, les artistes, les journalistes de Kin en connaissent le chemin. Et à beaucoup, dans les temps difficiles, il a offert un moment de respiration.

Simonet et Suinen lancent l'offensive. Dans la ligne de mire : le bail, bien sûr, mais aussi Daniel Lebrun, l'ami de Van Cau.
U n montage financier « trop onéreux » et qui, juridiquement, « fait prendre tous les risques à la Communauté française et à la Région wallonne ». Marie-Dominique Simonet (CDH), ministre des Relations internationales, a largement fait savoir, depuis des mois, tout le mal qu'elle pensait du contrat de location-achat passé avec Immo Congo.

Depuis mai dernier, elle a demandé, via une note envoyée au Commissariat général aux relations internationales (CGRI),
« d'examiner toutes possibilités de renégocier le contrat ».
Une négociation difficile, dans la mesure où Immo Congo, société privée, peut s'appuyer sur deux décisions très officielles prises les 12 et 13 mai 2004 par les gouvernements de la Communauté française et de la Région wallonne.


Il n'empêche, dans une lettre adressée le 10 juillet dernier à Sabine Gauquier, administratrice déléguée d'Immo Congo, Philippe Suinen, patron du CGRI, sort la grosse artillerie.
En préambule, il rappelle le coût élevé du loyer et le fait que Région et Communauté se soient portées cautions solidaires et indivisibles.
Il lance ensuite une première flèche, sous forme d'avertissement juridique :
« Après analyse par nos conseils, les conditions financières nous
semblent tomber sous le coup des articles 1907 ter du Code civil (le prêteur
s'est fait promettre, pour lui-même ou pour autrui, un intérêt ou d'autres
avantages excédant manifestement l'intérêt normal et la couverture des risques
du prêt) et 494 du Code pénal (il y est aussi question d'intérêt ou d'autres
avantages excédant l'intérêt légal) et sont donc sujettes à réduction. La
théorie de la lésion qualifiée trouverait sans doute application. »

La suite est moins offensive. Suinen prend en effet une plume plus légère pour en relancer la négociation. Afin de permettre la diminution du loyer, il propose d'agir « sur trois leviers ».

1. La suppression de l'indexation, le bien se situant au Congo et l'opération étant davantage une opération financière qu'un bail.

2. La diminution du taux d'intérêt pratiqué par ING : Suinen propose de passer de 4,63 % à 4,30 % « plus conforme aux cours actuels. »

3. La réduction de la marge pratiquée par Immo Congo qui serait, d'après les calculs de l'administration, de 36.766 euros par an sur la base du loyer actuellement payé (270.000 euros hors indexation) et du taux appliqué par ING.

« Une combinaison de ces trois éléments permettra d'arriver, j'en suis
sûr, poursuit le patron du CGRI, à un accord. »

Avant de conclure, Suinen saisit une nouvelle flèche dans son carquois et l'adresse, cette fois, à Daniel Lebrun, mari de Sabine Gauquier et parton du holding Capamar, à l'origine de l'association avec Intelligence et Communication, la société de Robert Marlier qui a débouché sur la création d'Immo Congo.

« Je souhaiterais, écrit-il, également obtenir quelques informations sur
une éventuelle incompatibilité - au moment de la signature du contrat - dans le
chef de M. Lebrun, qui était un des intervenants clés dans la négociation, entre
son mandat d'administrateur dans une société commerciale et sa profession de
réviseur. » Avant de conclure, par cette petite phrase lourde de sens :
« Pareil cumul me semble en effet contraire aux règles déontologiques des
réviseurs d'entreprises. »

Quatre mois après cette reprise de contact, où en est-on ? Du côté du cabinet de Marie-Dominique Simonet on indique de manière sibylline que les négociations sont toujours en cours. À l'évidence, elles promettent d'être longues.


C 'est la question à mille francs : « Alors, il va tomber, Van Cau ? » Un an que ça dure, que la rumeur enfle. Mais au fait, tomber d'où ? Qu'est-il encore, en politique, l'ancien ministre-président wallon ?

À Namur : parlementaire régional.
À Charleroi : conseiller communal (jusqu'au 4 décembre et le renouvellement des assemblées sur la base des élections du 8 octobre) ; président de l'USC (Union socialiste communale) de Charleroi ; président des Mutualités socialistes ; président de la fédération des élus socialistes carolos ; et président de la Communauté urbaine du pays de Charleroi (une entité consultative) - à ce titre, il dispose d'un bureau à l'Hôtel de ville.
À l'Europe enfin : membre du comité des Régions.
Alors, en fait de « chute », il y a deux possibilités.

La « hard » : Van Cau est inculpé par le juge dans l'« affaire » Immo Congo (par exemple). On lui reproche des faits pénaux. Dans ces conditions, il pourrait être la cible d'une demande de levée de son immunité à Namur, et entrevoir la fin de sa carrière parlementaire. Une inculpation entraînerait aussi une réaction du Boulevard de l'Empereur : le PS exigerait de Van Cau qu'il se retire des instances politiques carolorégiennes. L'homme est rattrapé par la Justice, sanctionné, il part défait.

La « soft » : Van Cau fait le fameux « pas de côté » réclamé par de nombreux socialistes et attendu par Elio Di Rupo. Autrement dit : il met un terme à toutes ses activités politiques à Charleroi. Car c'est le coeur du problème : Van Cau ne détient plus de mandats forts dans la métropole hennuyère (la présidence de l'USC carolo lui permet quand même de contrôler 50 % de la fédération du grand Charleroi), mais son pouvoir reste intact ; et ses réseaux d'influence, fournis. C'est lui qui a mené les négociations postélectorales, à l'issue du scrutin communal : il a été l'artisan de la nouvelle coalition PS-MR-CDH qui dirigera la ville pour six ans !

Annoncer son retrait de Charleroi serait donc interprété comme le « pas de côté » attendu.
Un élu socialiste carolo nous confie cette analyse, dominante au PS : « Qu'il le veuille ou non, et que cela soit juste ou pas, Van Cau a cristallisé sur sa personne tout ce qui ne va pas au sein du parti, et, au fond, c'est son pouvoir à Charleroi qui est désigné comme la source du mal, du problème. Ainsi, en renonçant à toute activité politique à Charleroi, il poserait un geste symbolique aux effets plus larges. Disons-le : il aiderait le parti, mal en point, tout le monde le voit. Mais le veut-il ? » Une invite, presque.

Dans ce scénario - « soft », excluant l'hypothèse d'une intervention judiciaire -, Van Cau se replierait sur son mandat de parlementaire wallon, cultiverait son engagement régionaliste, voire se mêlerait aux négociations institutionnelles nord-sud de 2007. C'est la sortie « honorable ». Oserait-on dire : « par le haut ». Parti comme c'est parti, une telle sortie tiendrait, il faut le dire, d'une issue presque miraculeuse pour lui.
Mais Van Cau, dur comme fer, croit-il aux miracles ?