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13 juin 2008

Une alliance nationale pour le climat?

Fin des consultations publiques
Après six semaines, le « Printemps de l'environnement » a clôturé jeudi des discussions marathons entre partenaires sociaux, organisations non gouvernementales et administrations régionales et fédérales. Vers une « alliance » nationale pour le climat ? Au politique de faire germer un patchwork salué et critiqué.

Rideau. Après six semaines de palabres, le « Printemps de l'environnement » a clôturé jeudi des discussions marathons entre partenaires sociaux, organisations non gouvernementales et administrations régionales et fédérales autour des mesures à adopter pour engager le pays sur une voie plus écologique. À charge des responsables politiques fédéraux et régionaux d'arbitrer d'ici le 2 juillet les dizaines de propositions assorties d'un « feu vert » dans les 29 rapports d'ateliers remis au ministre fédéral de l'Environnement, Paul Magnette (PS).
« Loi du silence » oblige, chacun y va de son commentaire sous le manteau : « Il n'y aura rien de révolutionnaire au terme d'un processus brouillon, commente cet environnementaliste. Les points d'accord sont mineurs par rapport à la hauteur des enjeux qui nécessitent une révision fiscale ou des mesures fortes pour limiter l'emprise automobile. »
Ce scepticisme n'est pas partagé par l'ensemble des acteurs, à commencer par les syndicats, qui discernent l'éclosion d'un renouveau du dialogue social : « Les ONG sont impatientes, note ce responsable syndical. Elles ne sont pas habituées à des processus de négociation parfois longs. Des portes sont ouvertes. Il y a unanimité pour dire que les gouvernements doivent mettre le paquet pour isoler les bâtiments du pays via des mécanismes novateurs et des prêts gratuits susceptibles de bénéficier aux revenus modestes. »
Cette volonté de voir naître une « alliance nationale pour le climat et l'emploi », à l'instar du modèle allemand, a été soutenue ce jeudi au terme de l'atelier énergie-climat : « On a fait un boulot titanesque, concède ce « moteur » des discussions. Bien sûr, il n'y aura pas d'accord sur le nucléaire ou sur les voitures de société au terme du Printemps. Mais il y a des dizaines de recommandations pour limiter les émissions de gaz à effet de serre comme la demande d'extension des parcs éoliens offshore. »
Même son de cloche chez ce haut responsable fédéral : « C'est la stratégie des dominos. On avance et chacun se sent lié. Le mérite du Printemps est d'avoir mis des gens qui ne se parlent jamais autour de la même table. On voit mal comment les gouvernements vont pouvoir tourner le dos à certaines mesures… »
Fidèle à la ligne imprimée à ce processus participatif… très opaque, Magnette veut dissiper les nuages qui bouchent encore l'horizon printanier : « La discrétion était importante pour permettre aux parties de s'exprimer librement sans pression des médias. Il ne faut pas placer les attentes là où elles n'étaient pas. Il n'a jamais été question de révolution, mais de mieux faire travailler les institutions en dégageant des mesures ambitieuses qui n'auraient jamais pu l'être sans ce processus. » Lesquelles ? Motus !
Le citoyen : acteur
Le vendredi 20 juin à 17 h 30, se tiendra aux Cours de justice de Mons, une conférence consacrée au développement durable et à la convention d'Aarhus. Principe de la convention : chacun a un intérêt personnel à la sauvegarde de l'environnement. Son pilier, la démocratie participative, pose trois droits fondamentaux envers le citoyen et surtout les associations : droit à l'information, droit de participer à la décision, droit d'accès à la justice. Réservations ce 13 juin : fax, 065/379.310. (Gi. M.)

16 avril 2008

Michel : "Magnette joue cavalier seul"

Le ministre de la Coopération déplore le manque de collégialité autour du "Printemps" de Magnette.Le libéral appelle le Premier ministre Leterme à réagir.
Edito: Le coup du canari


Charles Michel déplore " le manque de coordination et de collégialité" au sein du gouvernement dans le lancement du "Printemps de l'Environnement" par Paul Magnette.
Le ministre de la Coopération au développement (MR) demande au Premier Yves Leterme d'inscrire ce point à l'ordre du jour du prochain Conseil des ministres.
Que reprochez-vous au "Printemps de l'Environnement" du socialiste Paul Magnette ?
Je le dis très sobrement car je ne veux pas m'embarquer dans une polémique stérile, et je dis cela après avoir fait part de mes griefs au ministre Magnette, mais la réponse aux questions environnementales et au changement climatique est éminemment internationale...
Vous êtes donc surpris de ne pas avoir été convié au lancement de cette initiative ?
D'une part, sur la forme, je suis déçu et surpris que Magnette ait joué cavalier seul. D'autre part, les démarches lancées semblent n'être qu'une répétition des démarches préalables en la matière. Ces dernières années, une dizaine de rapports ont touché les questions environnementales et du changement climatique : j'espère que le "Printemps" de Magnette ne sera pas la répétition de constats objectifs autour desquels tout le monde est d'accord. Les pays développés polluent le plus et les pays plus pauvres vont payer un lourd tribut aux changements climatiques que ce soit en Bolivie, au Niger ou encore au Mali. Le budget de la Coopération au développement est de 1,1 milliard d'euros et tous les projets passent un test préalable "climat". Les budgets coopération sont étroitement liés à la question de l'impact climatique. Je soutiens des projets liés au développement durable chaque semaine, simplement, je ne fais pas de conférence de presse pour le dire.
Il aurait fallu intégrer la dimension internationale au "Printemps de l'Environnement" ?
La matière environnementale est, par nature, transversale. Donc, le devoir de celui qui est en charge, c'est de coordonner et de consulter. Or, ici, il n'y a qu'un seul élément qui est absolument certain : c'est qu'il y a eu une conférence de presse au musée des Sciences naturelles. Moi, j'ai demandé, il y a quelques mois, au professeur Jean-Pascal Van Ypersele (également présent au lancement du "Printemps" de Paul Magnette, NdlR) de préparer une série de recommandations, il les remettra avant la fin de l'été. Mais j'associe l'administration de Paul Magnette, j'essaye de travailler main dans la main avec eux. Alors, j'en appelle à une plus grande collégialité dans ces dossiers-là, il y va de l'intérêt de tous de faire preuve de cohérence.
Concrètement, qu'allez-vous faire ?
J'ai appris par la presse les dates de réunion, je ne me vexe pas, mais je trouve cela très dommage. Concrètement, je compte demander au Premier ministre d'évoquer ce point au gouvernement cette semaine.
Et est-ce que vous appelez Magnette à revoir le programme de son projet ?
Quand je découvre dans la presse le programme qu'il envisage, c'est comme si la question du climat était une question strictement nationale belge, alors que des décisions internationales lient la Belgique sur cette matière. Il y a une absence de dimension internationale dans son approche et, plus largement, une absence de concertation. Ça risque de faire rire à l'étranger : on s'imagine que ce sont les Belges, seuls, qui vont régler la question du climat avec trois réunions sur la Mobilité, ou je ne sais quels autres thèmes. C'est illogique.
Donc, vous l'enterrez le "Printemps de l'Environnement" ?
Non : j'ai le sentiment que Magnette peut encore rectifier le tir. Mais pour un des points aussi importants que cela - inscrit comme tel dans la déclaration gouvernementale - il n'y a même pas eu une réunion intercabinets... Je suis très surpris. Ma démarche se veut positive : on peut encore faire en sorte que ce "Printemps" soit un succès, mais ça ne sera pas un succès si on n'est pas dans la collégialité...

02 avril 2008

Biocarburant ou nourriture : la nouvelle bataille des champs

Les biocarburants pourraient devenir l'or vert de certains grands pays agricoles. Au point de concurrencer les cultures alimentaires. Mauvaise nouvelle pour l'environnement ?
Ici, en Malaisie, on brûle les forêts et l'on chasse les derniers orangs-outans pour planter des palmiers, dont l'huile sert à produire, notamment, du biodiesel. Là, au Brésil, de grands propriétaires, soucieux de développer leurs exploitations de canne à sucre destinée à la fabrication d'éthanol, ont mordu sur les cultures de haricots rouges, l'un des piliers de la nourriture brésilienne. Ailleurs, aux Etats-Unis, les surfaces consacrées au maïs pour approvisionner les usines d'éthanol ont augmenté de 15 % en un an, au très net détriment des champs de coton et de soja.
Les biocarburants - bien à l'abri derrière leur image d'énergie propre et écolo - commencent à dessiner les contours d'un nouveau monde agricole. La bataille entre deux agricultures, l'une purement alimentaire et l'autre centrée sur la satisfaction des besoins énergétiques, sera l'un des enjeux majeurs des vingt prochaines années. « Le mélange nourriture et pétrole est toujours explosif », note Jean Ziegler, rapporteur spécial de l'ONU pour le droit à l'alimentation et auteur de L'Empire de la honte (Fayard, 2005).
Curieusement, ce débat de fond n'a émergé que très récemment. Ainsi, We Feed the World. Le marché de la faim, le film coup de poing sur la production alimentaire industrielle, ne comporte qu'une maigre allusion aux biocarburants. De fait, quand Erwin Wagenhofer l'a réalisé, il y a deux ans, l'Union européenne n'avait pas encore forcé les feux en décidant de porter à 10 % le volume de carburants verts qui devront être utilisés dans les transports en 2020. Et le président Bush venait à peine, dans le cadre d'un nouveau Clean Air Act, de fixer un objectif de 5 %, en 2012, pour la part de l'essence agricole dans la consommation routière américaine.
Ce qui s'est passé, depuis, aux Etats-Unis est exemplaire. La course à l'éthanol, soutenue par des subventions de l'ordre de 6 milliards de dollars par an, s'est traduite par une augmentation massive des surfaces de maïs et le détournement des exportations vers les usines de production. Conséquence sur le marché international : les cours ont bondi de 74 % en un an. La première victime de cette situation - qui a fait, fait et fera le bonheur des agriculteurs américains et des grandes compagnies de négoce - a été le Mexique, gros importateur de maïs américain. Les Mexicains ont ainsi vu flamber le prix de la farine indispensable à la fabrication des tortillas, l'aliment de base des plus pauvres d'entre eux.
« La hausse des prix est la conséquence la plus visible du développement des biocarburants », commente, à Washington, Antoine Bouët, chercheur associé à l'Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (Ifpri). Alors que les cours des produits agricoles n'avaient pas cessé de baisser, en valeur, depuis 1960, leur contenu énergétique les a directement branchés sur les évolutions du baril de brut. L'OCDE a ainsi clairement identifié des évolutions parallèles entre le pétrole et le sucre, qui a repris de la vigueur après sa grande déprime du début des années 2000. Les céréales, elles, ont augmenté de 34 % en un an, même si le boom du prix du baril n'explique pas toute leur progression.
Manger ou conduire ?
Bien sûr, les optimistes expliquent que cette hausse bénéficiera aux paysans des régions les plus pauvres. A condition qu'elle soit pérenne. Rien n'est moins sûr. Au contraire, tous les experts prédisent une très grande volatilité des tarifs, au gré des arbitrages, selon que la meilleure valorisation sera alimentaire ou énergétique. Les grands perdants seront les plus démunis, obligés, eux, d'importer des céréales, comme le Kenya, l'Ethiopie, le Soudan, les Philippines ou le Pérou.
Alors, manger ou conduire ? A la fin de mars, Fidel Castro en a fait son thème de convalescence. Se défendant d'avoir voulu attaquer son ami Lula, le président du Brésil, qui, le 9 mars, a conclu avec George W. Bush un partenariat pour développer l'éthanol, le Lider maximo affirmait que la conversion d'aliments en combustibles menaçait de « provoquer des famines en réduisant les terres cultivables ». Au-delà des postures politiques, la concurrence entre cultures alimentaires et énergétiques pourrait se révéler dramatique. Selon la banque d'affaires américaine Goldman Sachs, les niveaux de production espérés pour 2015 nécessiteraient l'affectation de 110 millions d'hectares. « A terme, il y aura, vraisemblablement, des problèmes de surfaces », souligne un spécialiste. Le monde est confronté à un immense défi : nourrir 3 milliards d'hommes de plus en 2050. Or les seules réserves de terres arables vraiment exploitables se trouvent en Amérique latine et en Afrique. A condition de raser l'Amazonie et les forêts du Congo !
En Belgique
En Belgique, et particulièrement dans le sud du pays, la production de biocarburants risque de remodeler les campagnes. Celle de biodiesel, essentiellement à partir du colza, est actuellement marginale. Mais le groupe allemand Südzucker, qui contrôle la Raffinerie tirlemontoise, fait construire une usine géante, à Wanze, appelée à produire près de 300 000 mètres cubes de bioéthanol par an à partir de betteraves et de céréales.
Un autre projet industriel est en cours à Gand, en Flandre. Selon les pétroliers, les importations sont inévitables. A l'affût, l'insatiable Lula a déjà demandé à Bruxelles de lui ouvrir son marché. Georges Dupuy

03 mars 2008

Le « Printemps de l’environnement » de Magnette

Le ministre de l’Énergie et du Développement Paul Magnette a présenté le « Printemps de l’environnement », un processus participatif au sujet du climat, de l’environnement et du développement durable. Le but est de créer un débat qui implique le public autour du thème de l’environnement mais aussi de coordonner les différents niveaux de pouvoir concernés par la politique environnementale, le climat et le développement durable. Le Printemps de l’Environnement se tiendra du mois d’avril jusqu’au début du mois de juillet. Quelque 200 personnes seront invitées à y participer.

14 février 2008

Une idée "choquante" et "risible"

"Compenser" les déplacements des ministres ? L'idée n'est pas neuve. Celle de lier la Coopération à ces mécanismes suscite d'importantes réserves.
La sortie du ministre de la Coopération au développement, Charles Michel (MR), dans "La Libre" ce mardi n'a pas manqué de susciter certains commentaires. Pour rappel, celui-ci y exposait deux idées. Tout d'abord, celle de proposer au Conseil des ministres de vendredi un mécanisme visant à compenser systématiquement les émissions de CO2 générées par les déplacements officiels à l'étranger des ministres, des membres de leurs cabinets ou des administrations. Ensuite, celle que certains projets soutenus par la Coopération au développement belge puissent en quelque sorte être assimilés aux "mécanismes de développement propre" (MDP) prévus par le Protocole de Kyoto. Et de suggérer que l'on pourrait en outre permettre également à des entreprises privées de compenser leurs déplacements aériens via ces projets "durables" issus de la Coopération.
Sur le premier point, même si l'impact d'une telle mesure demeure très limité, aucun problème. L'idée avait d'ailleurs déjà été émise sous la précédente législature par Bruno Tobback. Sans succès. Là où les dents commencent à grincer, c'est sur le second volet de la proposition du ministre Michel. "C'est choquant", commente ainsi un expert du dossier "climatique". "Les MDP sont définis par un cadre légal très strict. L'une des conditions essentielles est notamment qu'il y ait une "additionnalité". En clair, pour que ces projets soient reconnus, il faut qu'il y ait un effort supplémentaire qui soit accompli et que cela ne soit pas un détournement de l'aide au développement classique. Or cette proposition va à l'encontre de cette philosophie. Elle démontre une méconnaissance totale du principe des mécanismes de flexibilité. A l'Onu, ils vont rire."
Une lecture que semble partager le ministre du Climat, Paul Magnette (PS), même si le ton est ici beaucoup plus diplomate. Si le sujet a été abordé mardi lors d'une réunion intercabinets, il entend également en discuter avec Charles Michel qui était à New-York ce mardi.
"Canada Dry"
L'idée de "compenser" les déplacements des ministres, rappelle tout d'abord M.Magnette, a été réactivée par son cabinet et inscrite à l'agenda du Conseil des ministres il y a une dizaine de jours. "Je suis ravi de voir que Charles Michel se rallie à celle-ci, et c'est tant mieux si on peut la faire passer en bonne intelligence. Plus il y a de ministres qui la soutiendront, plus il sera facile d'obtenir un accord". "Celle-ci, souligne-t-il, s'inscrit dans une série d'actions qu'il a proposées et sur lesquelles le gouvernement se doit de montrer l'exemple".
"Par contre, enchaîne-t-il, il faut que les compensations passent par les mécanismes codifiés et reconnus, sans quoi on risque de les déconstruire et de les fragiliser". "Il faut que ces compensations soient effectives. Dire que ce que l'on fait déjà en Coopération, on va continuer à le faire mais en considérant que c'est de la compensation, cela se réduit à un habillage comptable. C'est un peu de la compensation 'canada dry'. Je sais que le développement durable est un sujet à la mode, mais je ne veux pas que l'on fasse des effets d'annonce avec des politiques qui sont importantes à mes yeux."

Accepter des actions qui nous coûtent

Pour le climatologue Edouard Bard, les pays industrialisés doivent lancer une dynamique vertueuse. Une responsabilité collective.
entretien
Professeur au Collège de France et climatologue de réputation internationale, Edouard Bard était de passage à Bruxelles ce mercredi pour y donner une conférence à l'invitation de l'ULB.
L'année 2007 semble avoir marqué un tournant dans la prise de conscience de la réalité du réchauffement. Avez-vous le sentiment que les pouvoirs publics ont pris la pleine mesure des changements qu'ils doivent induire ?
Oui et non. Je pense qu'il n'y a pas à l'heure actuelle un décideur d'un grand pays qui n'ait pas conscience du fait qu'il y a effectivement un problème et qu'il faut s'en occuper. Mais il y a des résistances très fortes, parce que l'on doit à présent faire bouger nos sociétés au niveau des industries, et aussi de nos activités quotidiennes. Et pas avec des mesures cosmétiques. Dès que l'on touche à des gigatonnes de carbone, cela concerne tous nos comportements, nos modes de vie et surtout l'économie de façon très profonde. A cela s'ajoutent des problèmes diplomatiques liés à des pays émergents qui consomment de plus en plus. Il est très difficile de les convaincre d'être vertueux. Pour cela, il faut que nos pays industrialisés se mettent à accepter des mesures qui nous coûtent dans tous les sens du terme. Mais encore une fois, si l'on intègre tous les coûts liés à la pollution résultant de toutes nos activités, on se rend compte que finalement, ce n'est que justice. On ne doit pas fermer les yeux et laisser assumer aux générations futures un problème qui pourrait être monumental.
Mais même les objectifs chiffrés que veut se fixer l'Europe pour montrer l'exemple restent en dessous ce que préconise le Giec...
Oui, mais il faut aussi se montrer pragmatique et ménager nos économies. Réduire nos émissions de 20 pc d'ici 2020 est déjà un effort conséquent. Si l'UE arrive à démontrer qu'elle atteint cet objectif, cela enclenchera encore une fois un système vertueux et cela pourrait permettre de convaincre des pays qui, en termes d'émissions globales, sont la clef. C'est le premier pas qui est très difficile à faire. Et même si c'est encore insuffisant au niveau des flux globaux de carbone, je ne vois pas d'autres solutions que de faire des pas complémentaires les uns des autres pour arriver à des changements véritablement importants dont on ne verra les résultats que dans la seconde moitié de ce siècle. Il faut que tous les politiques soient conscients que c'est un problème qui doit faire l'objet d'un plan pluriannuel qui ne soit pas remis en cause à chaque échéance électorale.
Pourra-t-on toujours éviter le débat sur une réduction de la consommation tout court, ce qui revient à toucher au dogme de la croissance économique ?
Il faut avant tout arriver à "décarboner" rapidement nos économies. Après, il est effectif qu'il faudra opérer des réductions massives de consommation, mais cela remet en cause nos modes de vie. Il est clair que ce message n'est pas populaire et qu'il est électoralement dévastateur, mais si l'on veut aller vers les réductions de 20 pc en 2020 et davantage au-delà, on sera bien obligé de l'envisager. On n'y coupera pas.
Quand on voit les résultats d'études récentes sur la fonte des glaces notamment, le Giec ne se montre-t-il pas encore trop prudent ?
Paradoxalement, on l'accuse souvent d'être catastrophiste. Or je pense que ce n'est effectivement pas le cas. Sur de nombreux points, il est plutôt prudent et n'a pas inclus des tendances qui sont encore incertaines. Au niveau de la hausse du niveau de la mer, par exemple, il est très clair que la contribution en particulier de la fonte de la calotte du Groenland qui semble apparemment s'accélérer, n'a volontairement pas été prise en compte dans le bilan final du Giec.
Parmi les facteurs d'emballement redoutés, quels sont ceux qui sont le plus inquiétants ?
L'inquiétude la plus concrète est à mon avis une amplification liée à la biosphère. Celle-ci absorbe et rejette naturellement du dioxyde de carbone. A l'heure actuelle, il y a un consensus dans la communauté scientifique pour dire que l'un dans l'autre, la biosphère va recracher du gaz carbonique supplémentaire à cause du réchauffement, ce qui contribuera à empirer le mal. C'est tout à fait acquis, mais l'amplitude du phénomène fait encore débat. L'autre vient du fait que l'océan va de moins en moins pomper de CO2 parce qu'il devient de plus en plus acide et que certains changements de la circulation océanique font que le transfert de gaz carbonique de la surface vers la profondeur va se faire de moins en moins bien. En ce qui concerne les hydrates de méthane, ils sont encore sujets à certaines controverses.
Des solutions que l'on présentait il y a encore quelques années comme "ultimes" sont aujourd'hui de plus en plus souvent évoquées. C'est le cas du stockage géologique du CO2 ou de certains projets de géoingénierie. Sont-elles crédibles ?
Il faut d'abord avoir en tête que l'homme fait déjà en quelque sorte de la géoingénierie globale en émettant du dioxyde de carbone par le biais de ses activités industrielles. Il faut aussi savoir que le réchauffement pourrait être pire. Les effets du CO2 émis sont en effet partiellement compensés par des aérosols sulfatés qui sont liés eux aussi à des processus de combustion. Et ceux-ci ont à l'inverse des effets de refroidissement. Quant à faire effectivement de la géoingénierie de manière volontaire et pensée, c'est autre chose. Le stockage de gaz carbonique, même il y a des obstacles, c'est quelque chose qui est recommandé. On ne peut en effet pas arrêter du jour au lendemain toutes les centrales qui fonctionnent au charbon et au pétrole, et il est donc tout à fait fondamental que la prochaine génération de ces centrales se fasse avec un stockage du carbone à la source. Cela ne suffit bien évidemment pas mais, encore une fois, il faut vraiment agir sur tous les leviers.
Enfin, d'autres types de géoingénierie sont envisagés à l'échelle mondiale. L'une consiste à copier le mécanisme des éruptions volcaniques en injectant du soufre qui va se transformer en sulfate dans la stratosphère, ce qui contribue à un refroidissement généralisé à l'échelle mondiale. L'autre consiste à fertiliser les océans avec du fer pour doper l'absorption de CO 2 par le phytoplancton. Tout montre qu'il vaut mieux éviter d'arriver à ces solutions, mais par contre il est important d'en parler pour démontrer que ce n'est pas la panacée et faire croire que c'est une roue de secours qui va nous permettre d'échapper aux efforts de réduction. Il faut donc étudier ces alternatives pour montrer que les effets pervers sont conséquents et pratiquement impossibles à gérer.
Dans la première hypothèse, on observe que l'on peut déboucher sur un phénomène de réchauffement hivernal à l'échelle de certaines régions, en particulier en Europe. Dans la seconde, les observations montrent que si l'on va trop loin dans la fertilisation de l'océan, des zones de masse d'eau anoxiques, c'est-à-dire sans oxygène, peuvent apparaître. Avec d'autres conséquences, notamment celle d'entraîner d'autres réactions chimiques qui vont aboutir à la formation de protoxyde d'azote, un gaz à effet de serre beaucoup plus puissant que le dioxyde de carbone.
Tous les sceptiques n'ont pas encore rendu les armes. Pourtant la plupart de leurs arguments sont pris en compte dans les travaux du Giec. Y a-t-il véritablement une volonté de désinformation ?
La planète sceptique est très variée. Il y a effectivement une classe de gens bien connus qui ont un agenda dicté par des lobbies industriels puissants. Notamment les pétroliers aux Etats-Unis qui ont recruté toute une frange de scientifiques à la marge pour perturber les débats en masquant certaines choses ou en les caricaturant. On peut aussi observer que des mouvements créationnistes américains font partie des lobbies des sceptiques. On a l'impression que cela relève véritablement d'une crise contre la science d'une certaine frange de la population. D'autres aussi, sont sceptiques par ignorance, cela arrive souvent.

22 décembre 2007

Bus gratuits et circulation limitée à Charleroi

La circulation ne sera pas interdite à Charleroi en raison des pics de pollution enregistrés ces deux derniers jours, mais la vitesse des véhicules sera fortement limitée, selon les termes de l'arrêté pris vendredi par le bourgmestre de la ville Jean-Jacques Viseur. Cette mesure est effective depuis vendredi 17h00 et sera d'application jusque dimanche minuit. Des bus seront également mis gratuitement à disposition des usagers dès samedi matin. Le TEC (Transport en Commun) de Charleroi a décidé de la gratuité de tous ses bus et métros afin de persuader l'usager de ne pas utiliser son véhicule personnel. Il n'a toutefois pas été possible d'augmenter le nombre de véhicules prévus sur les lignes pendant le week-end. Cette mesure de gratuité débute samedi, dès le premier départ, jusqu'à dimanche, dernier trajet.Des mesures ont également été prises au niveau communal. Une circulaire a été émise, demandant aux responsables de bâtiments communaux de réduire le chauffage dans tous les bâtiments publics. Une réduction d'un degré doit réduire la pollution de 7 à 8 pc, a indiqué l'échevin responsable des bâtiments Paul Ficheroulle. Parallèlement, des contacts avaient été pris dès jeudi par l'échevin de l'Environnement, Philippe Sonnet, avec les industries considérées comme particulièrement polluantes en leur demandant de réduire leur production. Carsid a réduit de 40 pc, Industeel de 50 pc, TMM a arrêté sa production. Ces réductions et arrêts doivent se poursuivre jusqu'à ce que soit inversé le processus atmosphérique qui engendre les pics de pollution à Charleroi. En présentant ces différentes mesures vendredi, le bourgmestre ne souhaitait pas affoler la population, mais plutôt la conscientiser de la gravité du problème de pollution rencontré. Cette situation a amené M. Viseur à prendre un arrêté relatif à la circulation des véhicules. "Il n'était matériellement pas possible de l'interdire purement et simplement, même par zones", a expliqué Jean-Jacques Viseur, précisant que cela était également impossible sur la route de Mons, proche des principales industries polluantes.Il a donc été décidé, par arrêté, de réduire la vitesse à 90 kms/heure sur le grand ring R3, l'A54 et l'embranchement entre le petit et le grand ring, l'A 503. Le petit ring, lui est désormais sous le coup d'une limitation de vitesse généralisée de 50 km/heure. Des radars de dissuasion indiquant la vitesse de roulage aux automobilistes seront installés sur la route de Mons. Ces différentes dispositions sont entrées en vigueur dès ce vendredi à 17h00 et jusqu'à dimanche minuit avec possibilité de prolongation si la situation de la pollution l'imposait. Des conseils sont également donnés aux automobilistes: éviter autant que possible le centre-ville, si cela ne leur est pas nécessaire; emprunter les itinéraires de déviation, qu'ils viennent du R3 ou de l'A54 et contourner le centre de Charleroi. En fin de matinée, un groupe de travail avait réuni le ministre wallon de l'Environnement Benoît Lutgen, sa collègue de la Santé Catherine Fonck, et les échevins de l'Environnement Philippe Sonnet et de la Santé Bernard Dallons, afin d'étudier les mesures à prendre. Benoît Lutgen y a notamment rappelé les mesures prises par les entreprises sidérurgiques pour limiter la pollution due aux émissions de gaz à effet de serre.De son côté, Catherine Fonck a souligné l'importance, pour les personnes plus fragiles, de rester autant que possible à l'intérieur de leurs habitations dans les zones touchées, et d'éviter les efforts physiques. Le numéro 105 de la Croix-Rouge a été activé, afin d'informer le public. L'échevin de l'Environnement Philippe Sonnet a également indiqué, à l'issue de cette réunion, que la Ville n'avait pas attendu ces pics de pollution pour découvrir l'importance du problème posé à Charleroi, et particulièrement dans certaines zones. Il a rappelé que Charleroi, qui souffre de problèmes d'inversion thermique, les conjugue actuellement avec des additions d'autres phénomènes polluants, comme les entreprises et la pollution due au trafic. Il a souhaité qu'à l'avenir, des équipements soient mis en place, permettant de mieux prévoir ces pics, afin de réagir en temps opportun. Enfin, l'échevin de la Santé Bernard Dallons a signalé qu'il allait coordonner les actions relatives à la Santé découlant de ces problèmes de pollution, qu'il s'agisse d'avertir la population par le biais de toutes-boîtes ou par des haut-parleur, mais sans affoler inutilement, a-t-il précisé. (belga/7sur7)
Lire aussi: Des experts de l'environnement envoyés sur place
Lire aussi: Pics de pollution records à Charleroi jeudi

29 octobre 2007

22 octobre 2007

La Wallonie timide à l'égard des automobiles polluantes, selon Ecolo

ENVIRONNEMENT ven 19 oct
Ecolo émet des réserves à l'égard des mesures prises par le gouvernement wallon pour favoriser l'acquisition de véhicules propres. "Le gouvernement wallon, s'il adopte là une première attitude en apparence volontariste, n'en reste pas moins en retrait par rapport à la réalité actuelle des enjeux dans le secteur et en décalage total par rapport à des décisions prises ailleurs", ont souligné les Verts dans un communiqué.

Les voitures pénalisées ou récompensées suivant le CO2 Pour favoriser l'achat de véhicules peu polluants, le gouvernement wallon a adopté ce jeudi le principe d'éco-bonus et d'éco-malus qui s'appliquera lors de l'acquisition d'un véhicule. Selon ce mécanisme, une prime allant de 100 à 1.000 euros, selon la tranche d'émission de CO2, sera octroyée lorsque le véhicule rejette moins de 146 grammes de CO2 par kilomètre. Si l'émission de CO2 dépasse 196 grammes de CO2/km, un malus variant entre 100 et 1000 euros sera appliqué, en fonction d'une série de tranches. Si l'émission de CO2 se situe entre 146 et 196 grammes de CO2/km, il n'y aura ni bonus ni malus. Les familles nombreuses bénéficieront d'un traitement particulierEn cas de changement de véhicule, l'émission de CO2 de l'ancienne voiture sera comparée avec celle de la nouvelle. Le bonus sera octroyé si le véhicule de remplacement obtient un gain d'une tranche d'émission de grammes de CO2/km par rapport au véhicule remplacé. Si l'émission de CO2 est supérieure, le malus sera appliqué. Les familles nombreuses bénéficieront d'un traitement particulier.

12 octobre 2007

La Flandre renforce son contrôle sur Laurent

Le gouvernement flamand ne voit pas l'utilité d'encore investiguer sur l'IRGT.

Quand les "ultras" flamands se mettent à chercher leur inspiration dans la presse francophone... Jeudi à la commission de l'environnement du Parlement flamand, le Vlaams Belang et la Nieuw-Vlaamse Alliantie ont interpellé dans un frappant mimétisme la ministre Hilde Crevits (CD & V) sur ses intentions et celles du gouvernement flamand après plusieurs révélations parues dans la presse magazine francophone sur d'éventuelles confusions d'intérêt prêtées au prince Laurent.
Pour rappel, cet été, plusieurs organes de presse avaient laissé entendre que le fils cadet du Roi utilisait surtout l'Institut royal pour la gestion durable des ressources naturelles et la promotion des technologies propres pour s'ouvrir des portes dans le monde environnemental en faveur de la Fondation GRECT dont il assume aussi la présidence.
Entretemps, il y a eu la démission surprise du directeur de l'IRGT, Jacques Wirtgen et les partis flamands les plus pointus entendaient sonder le gouvernement nordiste sur tous ces éléments récents.
Ainsi, Jan Peumans (N-VA) est aussi allé jusqu'à se demander s'il ne fallait pas saborder purement et simplement l'Institut et pas seulement se contenter de limiter les moyens de l'Institut. Pour rappel, le gouvernement flamand s'est retiré du conseil d'administration de l'Institut et a drastiquement réduit les subsides de fonctionnement de 178 000 à 60 000 euros par an.
La ministre Hilde Crevits a cependant tenu à rassurer ses interpellateurs : "S'il est exact que le gouvernement flamand honorera ses engagements pour cette année et pour l'an prochain, les subsides annoncés ne seront octroyés que si l'IRGT introduit des dossiers complets en bonne et due forme."
Comme pour n'importe quelle autre association de type environnementale qui fait appel aux fonds flamands...
Qui plus est, Hilde Crevits a confirmé que le gouvernement négociait précisément à cet effet avec l'Institut en question.
A propos des accusations de confusion d'intérêts, la ministre s'est montrée prudentissime. D'abord "parce que rien ne permet de montrer que le Prince se livrerait à des activités qui auraient un impact négatif sur l'IRGT". Ensuite "parce que cela relève encore et toujours de rumeurs".
"Retour à la Belgique"...
Mais si la ministre peut admettre que le Prince puisse se livrer à un certain lobbying, à la mise en place de réseaux, elle trouverait "inadmissible que cela conduise à des détournements des objectifs sociétaux de l'ASBL"...
Cela n'a pas empêché le coreligionnaire de Bart De Wever de renchérir en se demandant si "l'IRGT a encore vraiment une valeur ajoutée", ayant lui plutôt l'impression que "l'Institut n'est qu'un outil pour le retour à la Belgique et une certaine thérapie pour aider le prince Laurent"... Et de rappeler qu'une des actions de l'Institut avait été de traduire en néerlandais un DVD sur les chauves-souris...
Bref, la N-VA n'est plus très chaude pour une coopération interrégionale belge mais verrait bien des accords avec les... Pays-Bas...

10 octobre 2007

La chasse aux déchets nucléaires étrangers

Des matières faiblement radioactives seraient importées à Dessel


Belgique, terre d'accueil des déchets radioactifs ? La question, qui a été posée la semaine dernière suite à l'importation de combustible nucléaire irradié au Centre d'étude de l'énergie nucléaire (Cen) de Mol, est plus que jamais d'actualité.
Selon deux procès-verbaux confidentiels du conseil d'administration de l'Organisme national de gestion des déchets radioactifs (Ondraf) dont Le Soir a pu prendre connaissance, il apparaît en effet que d'intenses prospections ont été menées, ces derniers mois, à l'étranger.
Une précision importante s'impose d'emblée : à la différence des quelques kilos de matière hautement radioactive espagnole, il s'agit ici de déchets dits « faiblement » radioactifs, qui proviennent pour la plupart d'installations nucléaires (vêtements, matériel exposé à l'irradiation...) voire médicales.

Levier industriel de l'Ondraf, la société Belgoprocess souhaite « valoriser » son incinérateur de déchets de faible activité, à Dessel, en Limbourg. Or, cet outil tourne à peine à 25 % de ses capacités. « Un taux intenablement bas », selon l'Ondraf, justifié par la fin des programmes liés à l'assainissement du passif nucléaire belge.

Déjà formulée en 2003 par l'Ondraf, la demande de pouvoir importer pareils déchets avait été refusée par l'ancien secrétaire d'Etat à l'Energie Olivier Deleuze (Ecolo), soucieux de ne pas alimenter ce marché, voire de ne pas banaliser ce type de déchets via d'incessants va-et-vient sur la route. Le gouvernement sortant a tourné le dos à la position écologiste. Discrètement, le ministre de l'Energie Marc Verwilghen (VLD) a marqué son accord de principe à ces importations, en juin 2006, ouvrant le champ à la prospection étrangère.
Bémol : toute demande d'importation devra être soumise à une nouvelle approbation ministérielle. Selon nos informations, aucun dossier n'est abouti pour le moment : « Belgoprocess est absent du marché depuis des années, confirme Rik Vanbrabant, responsable commercial chez Belgoprocess, à Dessel. Nous devons reprendre notre position face à d'autres opérateurs en Europe. Cela va prendre du temps, c'est un marché très dur »
Selon les documents en notre possession, six pays ont été contactés par Belgoprocess en 2007. Il s'agit de l'Allemagne, la France, l'Italie, les Pays-Bas, la Roumanie et la Slovénie. Différentes institutions publiques et privées sont à chaque fois concernées par des marchés pour lesquels la Belgique avait parfois été sollicitée en son temps.
Où aboutiraient ces déchets en fin de course ? D'après les rapports de l'Ondraf, le retour à l'expéditeur des cendres, après incinération, est garanti sur facture : « Chaque dossier de demande de traitement de déchets étrangers doit contenir les garanties nécessaires que les produits finis ( ) retourneront dans leur pays d'origine, précise un procès-verbal. À cet effet, des modalités de renvoi sont à définir et à fixer contractuellement entre les parties »
Dans un marché libéralisé en Europe, il n'y a pas de raison de ne pas valoriser l'expertise belge, note par ailleurs cet administrateur de Belgoprocess. « L'ancien secrétaire d'Etat Deleuze avait aussi refusé, en son temps, de pouvoir faire transformer le plutonium américain en Mox (NDLR : combustible retraité). Cela a conduit à la perte d'un marché qui a précipité l'arrêt des activités de fabrication du Mox en Belgique. Or, ces marchés ont été réalisés en France »
Faut-il suspecter l'importation de déchets moyennement, voire hautement radioactifs, dans le sillage des marchés prospectés actuellement ? Sollicité à deux reprises par Le Soir, le directeur général de l'Ondraf n'a pas souhaité s'exprimer à ce propos. Si l'on se tient à la teneur des rapports de l'Ondraf, la réponse paraît négative : « Afin de s'assurer que les déchets étrangers à traiter ne seront pas utilisés pour la production de combustible Mox, l'Ondraf vérifiera pour chaque dossier de demande si les déchets contiennent des concentrations permettant de les utiliser éventuellement comme matière première »

18 juillet 2007

Laurent utilise-t-il son ASBL à son profit ?

MAJ 18 juillet 2007

Le prince Laurent au cœur d'un troublant conflit d'intérêts ?

Le Prince, président de l'IRGT, est aussi à la tête d'une fondation privée, actionnaire principale d'une société immobilière. Mélange des genres ? Les dotations de l'IRGT ont été réduites de deux tiers : une tuile qui s'ajoute à un malaise sur le double rôle du Prince.
L es temps sont rudes pour l'Institut royal pour la gestion des ressources naturelles et la promotion des technologies propres (IRGT).
Mardi, lors d'une réunion avec les représentants des trois Régions, ses responsables ont acté que, dans la foulée de la Région flamande qui a réduit sa dotation de deux tiers en mai dernier (de 178.000 à 60.000 euros annuels) les deux autres Régions s'apprêtaient à lui appliquer la même cure d'amaigrissement : à partir de 2008, comme la Flandre, Bruxelles et la Wallonie suggéreront désormais à l'IRGT de leur proposer des projets précis qu'ils financeront s'ils le jugent utile.


C'est une douche froide pour l'Institut royal : la clef de répartition reste inchangée (46 % à charge de la Flandre, 35,2 % pour la Wallonie, 18,8 % pour Bruxelles), mais la dotation annuelle de 400.000 euros sera, dès l'an prochain, divisée par 2,8.
La Région flamande avait utilisé le prétexte du procès des fraudes présumées à la Marine et du procès d'Hasselt, où le prince Laurent fut cité comme témoin, pour sabrer dans la dotation de l'IRGT. Ironie de l'histoire : c'est ce même prince Laurent qui, depuis quelques jours, est au centre d'une polémique et d'un malaise croissants au sein de l'IRGT et à l'intérieur de son conseil d'administration.
Le fils cadet du roi Albert II est président du conseil d'administration de l'IRGT, cette ASBL financée par les trois Régions du Royaume. Jusqu'en 1999, Laurent percevait d'ailleurs pour cette fonction, chaque mois, un million d'anciens francs brut.
Depuis cette date et pour mettre un terme à ce qui apparaissait à l'époque comme un mécanisme de financement peu transparent, le Premier ministre sortant, Guy Verhofstadt, a modifié les règles du jeu : le Prince reçoit désormais une dotation publique annuelle de 295.000 euros.
Laurent occupe par ailleurs la même fonction de président du conseil d'administration au sein d'un autre organisme : il s'agit de sa propre fondation privée Grect (pour Global Renewable Energy & Conservation Trust), dont le siège est établi rue d'Arlon, à Bruxelles.
Au sein du conseil d'administration de l'IRGT, on s'inquiète. On fait remarquer que l'objet social de Grect est extrêmement proche de celui de l'IRGT, notamment en termes de promotion internationale de la gestion de l'environnement.
Un procès-verbal d'un récent conseil d'administration – tenu le 15 juin dernier – atteste du malaise ambiant. En voici un extrait : un des membres expose à ses homologues du conseil qu'« il a été informé de l'existence d'une fondation Grect dont le président du conseil de l'IRGT serait l'un des fondateurs ainsi que le président. Les objets sociaux et buts de cette fondation et de l'IRGT étant fort proches, ( ) s'inquiète, au vu du climat de méfiance existant à l'égard de l'IRGT, des apparences de conflits que pourraient causer cette proximité ainsi que la recherche, par les deux institutions, de financements externes auprès des mêmes sources. »
Lors de ce même conseil, le Prince se veut rassurant, indiquant notamment qu'« il n'existe aucun risque de conflit entre la fondation privée et l'IRGT et ( ) qu'il sera particulièrement attentif à éviter tout risque ou toute apparence de conflit d'intérêts dans son chef ».
Au sein de l'IRGT, les questions restent néanmoins ouvertes.
On y stigmatise les amalgames et les confusions risquant de surgir au détriment de l'IRGT et on continue à s'interroger : la fondation privée du Prince ne profite-t-elle pas de l'aura de l'IRGT pour réaliser des opérations commerciales au travers de la société dont elle est la principale actionnaire ?
Il faut souligner en effet qu'en décembre 2006 la fondation privée de Laurent a déposé la marque communautaire Grect, une procédure d'enregistrement qui lui accorde le droit exclusif d'utiliser ce nom dans les 27 États membres de l'Union européenne. Cette marque a été valorisée à 150.000 euros par un réviseur d'entreprise. « Le rapport d'évaluation que m'a fourni le conseil d'administration de Grect était justifié et établi sans la moindre réserve », souligne ce réviseur, Stéphane de Lovinfosse.
Les droits d'utilisation de cette marque ont été, en février 2007, cédés à une société anonyme immobilière, Rec-Arlon 67. En échange, la fondation du Prince Laurent a reçu un nombre d'actions qui lui permet aujourd'hui d'être l'actionnaire principal (à 90 %), dans la société anonyme Rec-Arlon 67, qui a notamment pour objet la réalisation d'opérations immobilières et commerciales.
Le vicomte Etienne Davignon, l'un des trois administrateurs de la Fondation Grect, souligne d'emblée : « C'est le Prince qui m'a demandé de siéger au conseil d'administration pour que tout soit parfaitement orthodoxe. Je ne vois pas où il y aurait, dans ce dossier, une confusion d'intérêts. J'y veillerais d'ailleurs personnellement, comme sur la prunelle de mes yeux. Je ne vois d'ailleurs pas où se situerait le conflit d'intérêts entre l'IRGT, qui fait œuvre utile en matière de conservation de la nature et de technologies propres, d'une part, et la fondation du Prince qui fait la promotion de technologies nouvelles dans le secteur de l'immobilier, de l'autre. Non, il n'y a vraiment pas là de quoi fouetter un chat. »
Au sein des collaborateurs de l'Institut royal pour les ressources naturelles et la promotion des technologies propres, on demeure toutefois très sceptique.
On rappelle tout de même que la fondation privée Grect du prince Laurent est bel et bien actionnaire majoritaire d'une société commerciale, Rec-Arlon 67, réalisant des opérations immobilières. Et que, lors de ses déplacements effectués à l'étranger pour le compte de l'IRGT, le Prince n'hésite pas à promouvoir les actions de sa fondation sur le terrain des équipements en énergies renouvelables pour le secteur immobilier.
Une situation qui, à des années-lumière de toute escroquerie ou de toute manœuvre illégale, prête en tout cas, pour le moins, à une troublante confusion des genres.

08 mai 2007

Le budget consacré au nettoyage des routes passe de 5 à 16 millions

Plus de moyens pour la propreté en Wallonie (08/05/2007)

Le dispositif propreté déployé hier matin par le MET, sous le pont de l'autoroute A501 et sur les bretelles d'accès à l'E42, à La Louvière, était impressionnant. Trop pour ne pas être -sérieusement- lié à la campagne électorale. Devant les caméras, Elio Di Rupo et Michel Daerden ont sorti les mains de leurs poches (au propre et au figuré) pour dévoiler les nouveaux moyens humains, matériels et financiers que la Région consacrera à la propreté en 2007. Des mesures prises le 1er mars dernier.

Ainsi, deux cents nouveaux agents PTP ont été engagés. 168 d'entre-eux seront affectés au nettoyage des 7.600 kilomètres de routes et autoroutes wallonnes, ainsi qu'à l'entretien des parkings. Le reste sera affecté aux voies hydrauliques. Finies donc les interventions ponctuelles. Ces hommes seront exclusivement affectés à la propreté du réseau.

Par ailleurs, le MET a fait l'acquisition de trois nouvelles balayeuses SK 6000 capables de balayer, aspirer, désherber, karchériser les bermes centrales. Elles seront mises en service en septembre. L'une d'elle, était en démonstration lundi à La Louvière. Son coût : 200.000 euros.

"Si avec ça, on n'y arrive pas, on va en pleurer", ironise Michel Daerden. Il faut écrire qu'en 2007, ce ne seront pas moins de 16,478 millions d'euros que le gouvernement wallon consacrera à la propreté de l'ensemble du réseau. Soit un peu plus de trois fois plus qu'en 2006 (5.107.000 euros).

Dans le même temps, l'action de la police domaniale devrait être renforcée. Une dizaine d'agents ont été engagés qui auront exclusivement pour mission la répression des infractions liées au jet/dépôt de détritus sur la voie publique.

Un projet de réforme sera présenté fin mai pour renforcer leur pouvoir d'intervention. Ils pourront exiger la carte d'identité des fraudeurs, fouiller le coffre d'un véhicule, ou recourir à la police en cas de refus d'obtempération.

Ces mesures seront accompagnées d'une campagne de sensibilisation à l'attention des usagers. Baptisées le nettoyage des routes, ça coûte un pont, elles viseront à doper l'attractivité touristique de la région. Et à la rendre plus propre...





F. Sch.

© La Dernière Heure 2007

23 avril 2007

Une prime pour passer au passif

Quand le système de chauffage conventionnel devient superflu...


Imaginez votre facture de gaz et d'électricité réduite à peau de chagrin, le tout sans grelotter sous une couverture ni briser la glace pour votre toilette quotidienne.
Faire du bien à l'environnement tout en économisant votre portefeuille, tel est le credo de la maison passive. « Né en Allemagne dans les années 90, ce concept entraîne une consommation quatre fois inférieure à celle d'une habitation standard récente et dix fois inférieure à celle d'une maison ancienne », indique Evelyne Huytebroeck (Écolo), ministre bruxelloise de l'Énergie et de l'Environnement. « Il préserve aussi une ambiance intérieure confortable toute au long de l'année. »

La recette : une enveloppe sans faille. « Le principe, explique Bernard Deprez de la plateforme Maison passive, est d'utiliser l'énergie ambiante sans faire tourner de moteur ou brûler du combustible ». Un objectif qui passe par la chasse aux déperditions de chaleur. Ventilation à double flux (l'air entrant est préchauffé par l'air sortant), étanchéité et isolation sont au menu. « On récupère également la chaleur interne, explique la ministre, celle produite par les équipements : télé, ordinateurs... Ou par l'humain, nous sommes alors nos propres radiateurs ! »
Première belge, la Région bruxelloise offre désormais une prime de 100 euros/m 2 pour tout logement neuf atteignant le standard passif. « Une prime qui couvre la quasi-totalité du surcoût par rapport à une construction classique », se réjouit Evelyne Huytebroeck.
Pour la rénovation aussi
Largement urbanisée, Bruxelles ne croule plus vraiment sous les espaces à bâtir. La Région n'a donc pas oublié les propriétaires de maisons et appartements déjà construits. Ceux-ci bénéficient d'une prime à la rénovation. D'un montant équivalent à celle du neuf, elle vise toutefois un autre standard : celui de basse énergie, une structure existante ne permettant pas ou très difficilement d'atteindre les normes du passif.
Le niveau de performance à atteindre est alors de 60kwh/m2/an (15 pour le passif). Pour vous aider dans vos démarches administratives, un expert sera mis à la disposition par la Région bruxelloise.
Infos : 02-775.78.02. ou www.bruxellesenvironnement.be

04 avril 2007

Apple n'est pas assez vert

La pomme n'est pas assez verte au goût de Greenpeace. Apple arrive en dernière position du classement des fabricants d'électronique réalisé par l'organisation écologiste.
Greenpeace a classé 14 compagnies de téléphones mobiles et d'ordinateurs en fonction de leurs efforts pour limiter l'utilisation de produits chimiques dangereux et pour recycler les appareils cassés ou obsolètes.
En tête de cette liste verte, le manufacturier chinois Lenovo détrône la firme finlandaise Nokia, reléguée à la deuxième place.

Suivent Sony Ericsson, Dell, Samsung, Motorola, Fujitsu-Siemens, Hewlett Packard, Acer, Toshiba, Sony, LG.Electronics, Panasonic et -lanterne rouge- Apple.
Lenovo est le premier géant de l'électronique à donner la possibilité à tous ses clients de rendre leur ordinateur hors d'usage pour qu'il soit recyclé, a justifié Greenpeace.
Apple, en revanche, continue à utiliser des éléments chimiques nocifs pour l'environnement, selon l'organisation écologiste. "Nous ne sommes pas d'accord avec le classement de Greenpeace et avec les critères retenus", a déclaré Sheryl Seitz, porte-parole d'Apple.
Selon elle, la firme à la pomme a contribué à "restreindre et interdire des substances toxiques comme le mercure, le cadmium et le chrome hexavalent, ainsi que de nombreux ignifugeants bromés".
(d'après AP)

22 mars 2007

Une nouvelle gestion des déchets wallons

Le Parlement wallon a approuvé, majorité contre opposition, les décrets mettant en oeuvre la stratégie wallonne de gestion des déchets pour les vingt années à venir. Objectif: la réduction par 4 du volume des déchets mis en décharge. Quelque 400 millions seront investis dans ce plan.
Ces décrets s'articulent autour de plusieurs axes, a rappelé le ministre Lutgen: priorité à l'environnement avec la limitation du "tout au trou" et l'objectif de réduire par 4 le volume des déchets mis en décharge, à l'emploi avec la création de 375 emplois via le plan d'investissements, et à l'équité entre les citoyens.
Le plan prévoit des investissements à hauteur de plus de 400 millions d'euros centrés notamment sur la biométhanisation, le compostage, les centres de tri, les plates-formes multimodales ou la création de 28 parcs à conteneurs et la modernisation de 83 autres.


Le décret prévoit aussi l'application du coût-vérité. "Les citoyens qui adoptent des comportements responsables et qui produisent moins de déchets paieront moins qu'à l'heure actuelle", a remarqué le ministre Lutgen.
Le MR et les Ecolos ont voté contre les décrets. Ils estiment que ceux-ci, qui prévoient la taxe sur la mise en décharge, vont pénaliser le citoyen.
Le MR a comparé les situations dans différentes intercommunales. Ainsi, à Namur, où la production moyenne de déchets par habitant est de 163 kilos, mais où les déchets sont mis en décharge, la facture supplémentaire sera de 1,480 million d'euros en 2008. Dans la région de Charleroi, où les déchets sont incinérés, la facture sera de 255.000 euros malgré une production moyenne par habitant de 206 kilos de déchets.
(D'après Belga)

19 février 2007

Coupure générale pour soulager la Terre

La Belgique aurait la capacité de fermer ses réacteurs nucléaires

La Belgique dispose d'une capacité de remplacement suffisante pour fermer les plus anciens de ses réacteurs nucléaires, a affirmé ce lundi l'association Greenpeace, qui a dressé un inventaire des projets liés à la production d'électricité. Selon Greenpeace, 156 projets ont été lancés entre 2003 et 2006, pour une production totale de 10.387 GWh d'électricité par an."A titre de comparaison, les trois plus anciens réacteurs de Belgique contribuent à la production annuelle d'environ 14.000 GWh", note Wendel Trio de Greenpeace. En outre, le lancement de 96 projets est prévu dans les quatre prochaines années, pour une production annuelle estimée à 26.602 GWh. "Malgré les incertitudes, la capacité de remplacement est disponible. Si la loi sur la sortie du nucléaire est confirmée, la Belgique pourra bel et bien fermer ses trois plus anciens réacteurs et se débarrasser des plus polluantes de ses centrales au charbon et ce, avant 2015 au plus tard", insiste l'organisation de défense de l'environnement. (belga)


Ce soir, entre 19h55 et 20 heures, éteignez tout. C'est pour faire souffler la planète et sen-si-bi-li-ser.
Utiliser des ampoules à basse consommation, mettre un couvercle sur sa casserole, éteindre les lumières lorsque l'on sort d'une pièce, ne pas laisser les appareils en veilleuse... Voilà quelques gestes simples pour économiser de l'énergie. Simples et courants.

Il est vous est demandé un geste tout aussi simple, mais exceptionnel : éteindre toutes les lumières et tous les appareils électriques entre 19 h 55 et 20 heures. Soit cinq minutes, au cours desquelles une bonne partie de la Belgique se retrouverait dans le noir. L'événement, baptisé « Cinq minutes de répit pour la planète », est coordonné en Belgique par Inter-Environnement Wallonie (IEW), fédération d'associations de protection de l'environnement.

Selon Pierre Titeux, son attaché de presse, ces 300 secondes « symbolisent un geste simple pour remédier au réchauffement climatique. » L'appel, citoyen, est parti de France et en particulier de l'Association des Amis de la Terre. Chez nous, « on a assisté à une véritable web-mobilisation. L'IEW ne fait qu'encadrer cette démarche », insiste Pierre Titeux.
La date du 1 er février n'a pas été choisie au hasard : c'est en pleine Semaine européenne de l'énergie durable, et c'est pile le jour où le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) doit rendre, à Paris, son rapport sur le réchauffement climatique.

« Les Belges ne sont pas assez sensibilisés aux questions d'économie d'énergie.
Il y a de plus en plus de campagnes de sensibilisation, mais ce n'est pas assez, ajoute le représentant de l'IEW. Le but de ces cinq minutes est de prendre le public à bras-le-corps : cinq minutes, ce n'est qu'un geste parmi tant d'autres. Les politiques doivent faire preuve de courage face à un problème qui concerne le long terme. Cinq minutes de répit pour la planète est un appel de phares lancé vers les hommes politiques », sourit-il. Certains politiques se sont d'ailleurs déjà engagés à soutenir l'opération, comme Benoît Lutgen, ministre wallon de l'Environnement, tout comme Evelyne Huytebroeck, son alter ego en Région bruxelloise (lire dessous). « Les villes de Namur et d'Anvers invitent également leurs habitants à éteindre leurs lumières pendant cinq minutes jeudi soir », assure IEW.
La fédération s'annonce prête à soutenir d'éventuels nouveaux mouvements de lutte contre le gaspillage d'énergies. Objectif : « Faire de ces questions un véritable enjeu des élections fédérales de juin prochain », un peu sur le modèle de l'impact que pourra avoir le « pacte écologique » de Nicolas Hulot sur les présidentielles françaises.
Un sommet de l'ONU ?
Le directeur du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), Achim Steiner, a demandé hier au secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, de réunir en urgence (cette année) un sommet mondial sur le changement climatique. Le patron de l'ONU s'y serait montré favorable, selon des sources diplomatiques. (ap)

03 février 2007

Un superministre du Climat dans le prochain gouvernement?

Il est moins deux pour la Terre

"Nous sommes tous responsables". Les conclusions du nouveau rapport du GIEC, le groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat affirme sont limpides : le réchauffement du climat est dû aux activités humaines. C'est désormais une certitude à 90%, contre 66% il y a 5 ans. Ce véritable cri d’alarme a suscité de nombreuses réactions….


Les réactions vont toutes dans le même sens. Il faut agir ! L'Agence internationale de l'énergie souligne l'urgence d'une action globale pour lutter contre le réchauffement climatique. Si rien n'est fait, dit-elle, les émissions globales de gaz à effet de serre vont augmenter de 50% d'ici 2030 et plus que doubler d'ici 2050. Et d'insister sur la nécessité de diversifier les sources d'énergie.

Les organisations de défense de l'environnement interpellent les gouvernements. Les sirènes d'alerte ont retenti, disent les Amis de la terre. Le verdict du GIEC impose une réponse politique efficace et rapide , ajoute le réseau Action climat qui regroupe une dizaine d'ONG internationales, dont le WWF et Greenpeace. Le WWF demande notamment que l'Union européenne s'engage unilatéralement à réduire ses émissions de ses émissions de 30% d'ici 2020. 10% de plus que ce prévoit la Commission. Le commissaire européen à l'environnement juge pour sa part urgent de négocier un nouvel accord international pour succéder au protocole de Kyoto.

Seule note discordante, celle d'un groupe de réflexion américain financé par le géant pétrolier Exxonmobil. Ce groupe a offert près de 8.000 euros à des scientifiques et des économistes pour contester le rapport du GIEC. Un rapport qui tirer des conclusions sommaires qui résistent mal à une travail analytique affirme ce groupe. Réponse de Nicolas Stern, l'économiste britannique qui a évalué dernièrement à plus de 5.500 milliards d'euros le coût du réchauffement climatique.

Un Kyoto Plus :

Le Premier ministre Guy Verhofstadt propose de mettre sur pied un plan "Kyoto-Plus", en concertation avec les Régions, afin de réduire les émissions de CO2. Les entreprises et les ménages sont visés. Guy Verhofstadt propose de changer la méthode d'imposition, selon la pollution et les émissions de CO2.

La cause c’est les hommes !

Pour ces climatologues venus du monde entier, la terre devrait se réchauffer de 1 degré 8 à 4 degrés d'ici la fin du siècle. Ces valeurs sont des moyennes, le résultat d'un consensus, les experts n'excluent pas un emballement jusqu'à 6 degrés 4, voire deux fois plus aux pôles. A titre de comparaison, entre la dernière glaciation il y a 20.000 ans et la période industrielle, la température n'a augmenté que de 4 degrés 5.

Ce réchauffement entraînera une série de conséquences sur l'habitabilité de la planète. La fonte des glaces provoquera une montée du niveau des océans de 19 à 58 cm, 20 millions de personnes seraient obligées de quitter leur lieu d'habitation. Les sécheresses et les vagues de chaleur vont se multiplier. Des pénuries d'eau et des pénuries alimentaires pourraient frapper des centaines de millions d'être humains.

Enfin, et ce n'est pas le moins important, le réchauffement du climat est dû aux activités humaines. C'est désormais une certitude à 90%, contre 66% il y a cinq ans. Sont ainsi directement mis en cause les gaz à effet de serre, surtout le CO2, envoyés dans l'atmosphère par les sociétés énergivores en pétrole, gaz et charbon depuis le début de l'ère industrielle.

"Il ne faut pas se laver les mains en se disant qu'il est de toute façon trop tard"

L'avenir de la planète, il en était aussi question vendredi à Louvain-la-Neuve. L'UCL a en effet remis le titre de Docteur Honoris Causa à plusieurs personnalités, choisies pour leur engagement en faveur de la planète. L'économiste anglo-indien Partha Dasgupta, la navigatrice française Isabelle Autissier , l'académicien Erik Orsenna mais aussi l'américain Stephen Schneider. Ce chercheur s'est penché sur les enjeux climatologiques de notre planète. Pour lui, il est plus que temps d'agir. " Il faut nous adapter aux dommages que nous avons causés" dit-il , "et les maintenir à niveau aussi bas que possible. Parce qu'au plus ils prendront de l'ampleur, plus de nombreux systèmes seront touchés, et plus graves seront les conséquences. Donc, il reste suffisamment de temps pour éviter que des choses ne dégénèrent, mais il ne faut pas se laver les mains, en se disant : qu'il est de toute façon trop tard ".

Pour ma part, j'ignorais qu'il y avait déjà un ministre fédéral de l'environnement ...

Le ministre fédéral de l'Environnement Bruno Tobback estime que dans le nouvel accord gouvernemental, le chapitre "climat" devient essentiel.

On conclu donc, que le chapitre "climat" n'était pas essentiel ...

Pour lui, un superministre du Climat aurait tout à fait sa place au sein du prochain gouvernement, indique-t-il ce samedi au travers d'entretiens accordés à plusieurs journaux flamands."Nous atteindrons les objectifs de Kyoto vers 2012", promet M. Tobback.

Mais de nouvelles mesures doivent aller plus loin.

"C'est la mission prioritaire du prochain gouvernement: dresser un vaste plan
pour atteindre les objectifs climatiques à long terme".


A la question de savoir si le nouveau gouvernement devra compter un superministre du Climat, M. Tobback ne répond pas par la négative. Il ne verrait pas d'inconvénient à assumer ce rôle.Mais le plus important, selon le ministre de l'Environnement, c'est un accord de gouvernement solide avec des volets environnement et énergie élargis qui doit aller plus loin que le débat sur le nucléaire. Sans cela, un superministre sera impuissant, souligne M. Tobback.

L'écologie, poumon de l'économie …

Le parti Ecolo était réuni en congrès, samedi à Bruxelles . Un congrès ouvert au public. Il s'agissait de débattre d'écologie mais aussi et surtout d'économie.

Ecolo se lance dans la campagne électorale sur le thème de l'économie. Au centre des débats, comment orienter l'économie vers le développement durable. Quels sont les leviers à faire jouer ? Ecolo dresse des pistes concrètes. Parmi lesquelles, l’Etat disent les Verts, doit jouer un rôle régulateur. Par exemple un système de tiers investisseur, pour l'isolation des habitations privées, et faire ainsi diminuer la facture énergétique. Ou encore obliger les pouvoirs publics à respecter des clauses sociales et environnementales. Pour Ecolo les commandes publiques représentent 14% du montant intérieur brut soit 45 milliards d’euros dépensés chaque année. Il faut donc disent les Verts, que ces montants dépensés par l’Etat, le Régions, les Provinces, les Communes, soient mieux investis en clair qu’ils respectent systématiquement des clauses sociales et environnementales. Pour Jean-Marc Nollet, chef de groupe écolo à la Chambre "réconcilier l'économie et l'écologie, c'est penser à la fois en terme d'emploi pour demain, et à la fois en terme de développement durable réellement soutenable pour la planète".

Et puis il y a Kyoto et le réchauffement climatique. Le gouvernement reçoit un zéro pointe. On devrait atteindre 7,5 % de réduction des émissions de CO2 en 2010, Or 90% des efforts sont encore à faire. Pour Ecolo, la Belgique ne produit que 2% d’électricité d’origine renouvelable, quand la Finlande en produit 20 et la France 6. Il y a donc encore beaucoup à faire. Pour Ecolo, le gouvernement à beau tenir des discours soucieux de l’environnement, dans la pratique on est bien loin du compte. Et Ecolo de conclure que "Le gouvernement violet a fait perdre 4 précieuses années à la Belgique. Ce gouvernement n'était pas seulement 'contre-nature', il était surtout contre la nature".

Une ONU de l'environnement

C'est en substance le message lancé samedi depuis Paris, par les représentants d'une quarantaine de pays réunis autour du président français. Cet "Appel de Paris" préconise la création d'une Organisation des Nations unies pour l'environnement et prône l'adoption d'une Déclaration universelle des droits et des devoirs environnementaux.


Dès la publication, vendredi, du nouveau rapport de l'Onu sur le réchauffement de la planète Jacques Chirac avait exprimé son souhait de voir naître une organisation onusienne de l’environnement. Il vient de transformer ce souhait en appel dans son discours de clôture prononcé en fin de matinée samedi dans la foulée des conclusions des experts.

Dans son appel de Paris, Jacques Chirac demande que soit transformé le programme des Nations Unies pour l’environnement en une véritable organisation internationale à composante universelle à l’image de l’Organisation de la santé. Elle devra avoir une voix forte et être reconnue dans le monde dit-il , elle sera aussi un instrument d’évaluations des dommages écologiques pour ensuite y remédier. L’organisation devra promouvoir les technologies propres et apporter des moyens pour soutenir les décisions environnementales à travers la planète. Enfin, Jacques Chirac a prôné l’adoption d’une déclaration universelle des droits et des devoirs environnementaux.

Un groupe pionnier de plus de quarante pays, dont la Belgique a été constitué pour promouvoir les projet de cette organisation des Nations Unies pour l’environnement mais ce groupe est déjà contesté par les Etats-Unis et les grands pays émergeants, comme l'Inde, la Chine ou encore le Brésil.
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29 janvier 2007

Environnement


Sans surprise, celui-ci devrait largement confirmer des constats souvent entendus. Et des scénarios qui ne prêtent guère à l'optimisme.

Réunis du 29 janvier au 2 février à Paris, les experts du Giec vont mettre la dernière main au volet climatologique du quatrième rapport de l'organisation sur lequel ils planchent depuis plus de trois ans. Objectif : synthétiser l'état des connaissances scientifiques actuelles en matière de changements climatiques afin d'inspirer l'action des "décideurs" de la planète.
Si ce document qui doit refléter un très large consensus au sein de la communauté scientifique demeure encore confidentiel, certains éléments ont néanmoins déjà filtré dans la presse ces dernières semaines, qui ne font grosso modo que confirmer et préciser les conclusions du rapport précédent publié en 2001. Pour ceux qui en doutaient encore, le lien entre l'origine du phénomène de réchauffement climatique et les activités humaines est à présent qualifié de "très probable". Traduisez : avéré à 90 pc. L'augmentation de CO2 dans l'atmosphère liée à l'exploitation des énergies fossiles (pétrole, charbon...) n'a "très probablement" jamais été aussi élevée depuis 650 000 ans.
Selon les scénarios pris en compte, la fourchette d'augmentation des températures d'ici 2100 fluctuerait entre 1 et 6,3 degrés alors que le texte datant de 2001 l'évaluait entre 1,4 et 5,8 degrés. L'augmentation de la température moyenne depuis un siècle flirte pour sa part avec les 0,8 °C
"Attention, avertit néanmoins le climatologue Jean-Pascal van Ypersele (dont on lira l'interview en page 10), ce document doit encore faire l'objet de débats et connaîtra des modifications. La fourchette de 2 à 4,5 degrés annoncée par certains médias, par exemple, n'est pas du tout la fourchette de températures annoncée. C'est un point sur lequel le texte devra être réécrit."
Montée des eauxConséquence de ce réchauffement global, la température des océans est elle aussi à la hausse, avec pour corollaire une dilatation des eaux qui se traduit par une augmentation du niveau des mers. Entre 1993 et 2003, celui-ci a progressé de 3,1 millimètres par an. A terme, la calotte glaciaire du Groenland pourrait avoir complètement disparu d'ici 1 000 ans, ce qui entraînerait une hausse du niveau des mers de 7 mètres. Si cette hypothèse venait à se matérialiser, plus d'un dixième du territoire belge pourrait être sous eau. La banquise arctique et antarctique est également menacée.
Enfin, les événements météorologiques extrêmes risquent très probablement de se multiplier : hivers doux et pluvieux ainsi que des étés torrides en perspective. Si la fréquence des cyclones devrait diminuer, leur intensité par contre devrait aller crescendo.
Autant de modifications qui auront des répercussions sur les écosystèmes et la biodiversité, les infrastructures mises en place par l'homme ou encore les capacités de production agricole. Autant de bonnes raisons de commencer à (ré) agir sérieusement dans la mesure où ce sont une fois encore les populations les plus pauvres et les plus vulnérables qui seront les premières exposées aux conséquences de ces dérèglements.


Monsanto mis à l'amende pour son Roundup

Pesticides. Le tribunal de Lyon vient de condamner le géant de l'agrochimie pour «publicité mensongère».

C'est la victoire de David contre Goliath. Monsanto, le mastodonte de l'agrochimie, dont le siège français se trouve à Bron, dans la banlieue lyonnaise, était poursuivi pour publicité mensongère autour du Roundup, le désherbant le plus vendu au monde, par l'association Eaux et rivières de Bretagne (ERB). Vendredi à Lyon, Monsanto Agriculture France a été condamné à payer une amende de 15 000 euros. Le distributeur du Roundup, la société Scotts France, poursuivie pour les mêmes faits, a aussi été condamnée à une amende de 15 000 euros. Le tribunal correctionnel a également ordonné la publication du jugement dans le quotidien le Monde et dans Maison & Jardin Revue.
ERB avait déposé sa plainte en 2001, scandalisée par la campagne publicitaire déployée par Monsanto. Leader en France de la vente de pesticides aux particuliers, l'agrochimiste a bâti le succès de sa gamme phare sur une image «écolo». Qualifié dans les publicités de «biodégradable», le Roundup (une dénomination générique pour une gamme de produits) était aussi censé «respecter l'environnement», «laisser le sol propre».
Glyphosate. «En 2000, Monsanto s'est payé une grosse campagne de pub à la télé pour le Roundup. Nous, on venait d'obtenir les résultats d'études qui montraient la présence massive de glyphosate, la matière active du Roundup, dans les rivières bretonnes», se souvient Gilles Huet, délégué de l'association (1). Or le glyphosate est un produit dangereux pour l'environnement et la santé, dont la présence dans l'eau et les aliments est réglementée par de multiples textes français et européens. En 2001, il est classé par la Commission européenne comme «toxique pour les organismes aquatiques» et pouvant «entraîner des effets néfastes à long terme pour l'environnement».
«Avec ses pubs mensongères, Monsanto a favorisé la banalisation de l'usage de ce pesticide, le plus vendu aux jardiniers amateurs», déplore ERB. Une banalisation qui se traduit, selon l'association, par le fort taux de pollution des eaux françaises : les deux molécules chimiques issues du Roundup sont détectées respectivement dans 55 % et 35 % des eaux superficielles (2).
Aux Etats-Unis, à la suite d'une procédure judiciaire menée dans l'Etat de New York, Monsanto avait dû cesser, dès 1996, ce type de publicité sur le territoire américain. Mais en France, ce n'est que depuis 2003 que les produits Roundup ne sont plus porteurs de ces qualifications fallacieuses.
Depuis 2001, la toxicité du Roundup pour l'environnement et la santé a été confirmée par de nouvelles études scientifiques. «L'équipe du Pr Robert Bellé, du CNRS de Roscoff, a mis en évidence le caractère potentiellement cancérigène de l'herbicide (1), précise Jean-Paul Guyomarc'h, responsable du dossier pour ERB. Celle de Gilles-Eric Seralini, professeur de biologie moléculaire à l'université de Caen, montre que le Roundup est aussi un perturbateur endocrinien.»
Le procès avait été reporté deux fois. Mais vendredi, dans son jugement, le tribunal correctionnel de Lyon a estimé que «l'utilisation combinée sur les étiquettes et emballages des termes et expressions "biodégradable", "laisse le sol propre", etc., [...] pouvait laisser faussement croire au consommateur à l'innocuité totale et immédiate desdits produits par suite d'une dégradation biologique rapide après usage [...] alors qu'ils peuvent au contraire demeurer durablement dans le sol, sous la forme de glyphosate et de son adjuvant, voire se répandre dans les eaux souterraines».
«Confiance». Plus gênant encore pour Monsanto, la justice a considéré que l'industriel savait parfaitement, et «préalablement à la diffusion des messages publicitaires litigieux, que les produits visés présentaient un caractère écotoxique». Pour le porte-parole de Monsanto France, Yann Fichet, ce jugement «ne remet pas en cause l'utilité des produits de la gamme Roundup». «Il existe une relation de confiance entre nos produits et ses utilisateurs, et nous pensons que les consommateurs continueront à utiliser le Roundup», ajoutait-il vendredi. Monsanto étudie la possibilité de faire appel.
Au contraire, pour Eaux et rivières de Bretagne, à qui Monsanto doit verser 5 000 euros de dommages et intérêts, «cette condamnation met fin au mensonge de la firme, remet les pendules à l'heure» et «constitue une excellente nouvelle pour la protection de l'eau». D'ailleurs, rappelle ERB, l'article 36 de la loi sur l'eau adoptée le 30 décembre dernier prohibe «les publicités pouvant donner une image exagérément sécurisante ou de nature à banaliser l'utilisation des pesticides».
(1) Libération des 29 octobre et 5 novembre 2004.
(2) Dernier rapport de l'Institut français de l'environnement.

La Chine à la traîne en matière d'écologie

La Chine reste un des pays les moins développés au monde en matière de protection de l'environnement, selon étude gouvernementale. Le "Rapport sur le modernisation", édition 2007, classe la Chine au centième rang sur 118 nations développées ou en développement en matière de "modernisation écologique". Ce classement n'a pas bougé depuis 2004. Il est basé sur une trentaine d'indicateurs, dont les émissions de gaz à effet de serre, la qualité de l'eau potable, le taux d'eaux usées...
L'étude résume des recherches et opinions d'experts et d'universitaires de différentes institutions ainsi que du ministère des Siences et de la Technologie. "Comparée à sa modernisation sociale et économique, la modernisation écologique de la Chine reste à la traîne", écrit He Chuanqi, directeur du groupe de recherche de l'étude.
Le gouvernement chinois est régulièrement accusé de sacrifier son environnement sur l'autel d'une croissance économique fulgurante qui a encore dépassé les 10% l'an dernier.

Le prince Charles plaide pour l'environnement aux Etats-Unis

Le prince Charles et son épouse Camilla ont entamé hier à Philadelphie une visite de deux jours aux Etats-Unis, placée sous le signe de l'environnement.
Après avoir visité le lieu où a été signée la Déclaration d'Indépendance de 1776, le couple s'est rendu dans la banlieue de la ville pour constater les efforts de rénovation urbaine. Dans la soirée, le couple princier devait assister à un concert du rocker britannique Rod Stewart à l'Académie de musique de Philadelphie.
L'héritier de la couronne d'Angleterre et Camilla devaient se rendre à bord d'un train privé aujourd'hui à New York où le prix de citoyen de l'année en matière de protection de l'environnement doit lui être remis à l'Université de Harvard par le Centre de Santé et d'Environnement de l'Ecole de médecine. Ce prix doit lui être conféré par l'ancien vice-président américain Al Gore. Le prince Charles, connu pour son engagement pour la protection de l'environnement, doit prononcer un discours à New York sur le réchauffement climatique et d'autres problèmes écologiques.

En Belgique, l'impact direct du réchauffement devrait être limité. Mais pas nul. Il pleuvra moins en été et plus en hiver, mais il fera plus chaud tout au long de l'année. Certains secteurs devraient pouvoir même en bénéficier, comme l'agriculture et le tourisme.
Il y a changement climatique et changement climatique. Et c'est là que réside toute la difficulté, pour les climatologues, de prévoir les impacts du réchauffement global, dans la mesure où ceux-ci s'annoncent différents, parfois radicalement, dans chaque région ou sous-régions. Un rapport, élaboré conjointement par Greenpeace et l'Université catholique de Louvain, a toutefois tenté l'exercice pour la Belgique. Grandes tendances.

Moins d'hiver, plus de nuages. La température s'élèvera l'hiver mais plus encore en été (de 2,4° à 6,6°C d'ici 2100 selon les modèles). Quant aux pluies, elles pourraient, selon le scénario le plus pessimiste, se réduire de moitié en été et augmenter d'un quart en hiver. Ce qui signifie des hivers moins froids, plus gris et des étés caniculaires. L'été 2003 pourrait devenir la norme de la fin du siècle. Aucun modèle ne permet en revanche de conclure à une plus grande fréquence des tempêtes.
L'abondance des précipitations augure un risque croissant d'inondations dans tous les bassins hydrographiques, ce qui aurait d'importantes conséquences socio-économiques, même si personne n'a, à ce stade, entrepris de les chiffrer. En été, les pénuries d'eau seront plus fréquentes. Le niveau des rivières étant plus bas, la qualité des eaux sera moindre.
Le littoral fragilisé. En Belgique, les experts estiment que la hausse d'un mètre du niveau des océans mettra 63 000 ha de terre sous le niveau de la mer. Une hausse de 8 m (envisageable dans 1 000 ans) exposerait un dixième de la surface du Royaume. Les changements climatiques rendront la côte particulièrement vulnérable aux tempêtes et à la salinisation des sols.
Les espèces dites de zones froides pourraient à terme disparaître de nos contrées, comme l'ablette ou le gardon. Le chêne, le hêtre et le charme, exposés à l'arrivée de nouveaux parasites et maladies, ne devraient plus trouver chez nous de climat favorable à leur développement. D'autres dérèglements de chaînes alimentaires sont également à attendre. Une douceur trop précoce pourrait amener certaines chenilles à éclore alors que les feuilles dont elles se nourrissent ne sont pas encore formées, mettant ensuite en péril la population des mésanges. Les tourbières des Fagnes sont elles aussi appelées à disparaître.
En Belgique, le réchauffement climatique devrait avoir un impact limité, voire positif tant que la hausse des températures moyennes ne dépasse pas 3°C. L'accroissement du CO2 dans l'air fertilise en effet les plantes. La chaleur estivale et l'humidité en hiver devraient également favoriser la croissance des cultures, particulièrement les céréales.

En été, la plus grande fréquence des vagues de chaleur et de la pollution à l'ozone qui les accompagne, augmentera sensiblement les décès qui y sont liés. En hiver en revanche, la baisse du nombre de jours très froids réduira la mortalité cardio-vasculaire. Les spécialistes s'attendent également à un essor de la maladie de Lyme, propagée par les tiques.
Le tourisme ti re son épingle du jeu. Un accroissement des températures conjugué à un temps sec en été devrait renforcer l'attractivité touristique de la Belgique, d'autant que les pays méditerranéens, écrasés de chaleur, perdraient quant à eux une partie de leur attrait. Il faudra toutefois compter, relativisent les experts, avec l'érosion des plages et le faible débit des cours d'eau en été. Les Belges devront en revanche faire une croix sur le ski en Ardennes.
La conclusion pourrait être cynique : notre pays, qui dispose en plus des moyens pour s'adapter, s'en tire bien en regard des catastrophes annoncées dans les zones plus tropicales. Ce serait toutefois faire bien peu de cas des conséquences planétaires du phénomène. Notre vie quotidienne est loin de dépendre de notre seul territoire. Les Belges n'échapperont pas aux conséquences globales. Le prix de notre alimentation dépend de la santé de l'ensemble du système agricole, les virus traversent les continents, et les flux migratoires se focaliseront toujours un peu plus sur les plus favorisés...
© La Libre Belgique 2007

16 janvier 2007

Lancement de la campagne électorale

Di Rupo accepterait la scission de BHV pour une Rhode-St-Genèse bruxelloise

Le président du PS et ministre-président wallon Elio Di Rupo n'exclut pas que l'après-élection débouche sur une grave crise du système belge, indique-t-il dans une interview au magazine flamand Dag Allemaal à paraître demain-mardi.Dans cet entretien, Elio Di Rupo indique notamment que la frontière linguistique établie en 1963 ne revêt aucun caractère légitime historique. Si les Flamands veulent la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde, alors les Francophones exigeront le rattachement de Rhode St-Genèse à la Région bruxelloise, rappelle-t-il.Selon Elio Di Rupo, la frontière linguistique n'est que la conséquence d'un compromis politique. Annoncer la scission de B-H-V, précise-t-il, "signifierait la volonté au nord de toucher à cette frontière linguistique et donc, pour nous, la commune de Rhode-St-Genèse à la périphérie, devrait être intégrée à la Région bruxelloise. Ainsi, le problème serait immédiatement résolu: BHV est scindé et enfin, il y aurait un lien entre les 90% de Francophones de Bruxelles et les Wallons via Rhode-St-Genèse. Et la minorité flamande de Bruxelles continuerait à bénéficier des mêmes garanties dont elle bénéficie aujourd'hui".Interrogé sur l'improbabilité de voir ce scénario accepté par un parti flamand, Elio Di Rupo rétorque: "Pourquoi pas? On entend toujours dire que nous répondons inlassablement "non" à tout. Mais dès que nous proposons une solution intelligente à un problème historique, alors les partis flamands disent "Non, jamais!"". (belga)

Di Rupo n'exclut pas une crise profonde du système belge

Le président du PS et ministre-président wallon Elio Di Rupo n'exclut pas que l'après-élection débouche sur une grave crise du système belge, indique-t-il dans une interview au magazine flamand Dag Allemaal à paraître mardi. Dans cette interview, Elio Di Rupo indique notamment que la frontière linguistique établie en 1963 ne revêt aucun caractère légitime historique.

"Frontière linguistique n'est qu'un compromis"
Si les Flamands veulent la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde, alors les Francophones exigeront le rattachement de Rhode-St-Genèse à la Région bruxelloise, rappelle-t-il. Selon Elio Di Rupo, la frontière linguistique n'est que la conséquence d'un compromis politique. Annoncer la scission de B-H-V "signifierait la volonté au nord de toucher à cette frontière linguistique et donc, pour nous, la commune de Rhode-St-Genèse à la périphérie, devrait être intégrée à la Région bruxelloise.




Ainsi, le problème serait immédiatement résolu: BHV est scindé et enfin, il y aurait un lien entre les 90% de Francophones de Bruxelles et les Wallons via Rhode-St-Genèse. Et la minorité flamande de Bruxelles continuerait à bénéficier des mêmes garanties dont elle bénéficie aujourd'hui". Interrogé sur l'improbabilité de voir ce scénario accepté par un parti flamand, Elio Di Rupo rétorque: "Pourquoi pas? On entend toujours dire que nous répondons inlassablement 'non' à tout. Mais dès que nous proposons une solution intelligente à un problème historique, alors les partis flamands disent 'Non, jamais!'". (belga)
EN SAVOIR PLUS: Leterme souhaite une grande réforme de l'Etat pour 20 ans

Ceci n’est pas une fiction

Dans le plus grand des secrets, nos décideurs trament depuis de longs mois un grand remaniement de l’échiquier politique du pays. Pan a pu s’en procurer le détail. Surprises en vue.

Histoire de prendre de court tous ceux qui croient naïvement que le big bang interviendra après les proches élections législatives, les éminences grises du pays ont concocté un plan d’attributions plutôt surprenant. Détails.
Et le Premier ministre est…
L’incertitude en devenait insupportable, mais c’est désormais chose faite : le plan de restructuration du 16, et le remplacement de Guy Verhofstadt sont résolus. Le vieux croûton ne sera pas remplacé, comme il a souvent été pronostiqué, par Yves Leterme, Johan Vande Lanotte, Elio Di Rupo, Reynders, Demotte, ou encore par Verhofstadt lui-même ; mais bien par… Jean-Marie Dedecker. Les auteurs du plan espérant par là appliquer la recette que lui-même veut appliquer au Vlaams belang : se mouiller au pouvoir, pour mieux en faire apparaître les carences. En contrepartie, les francophones obtiennent la régionalisation des 5 km de la Chaussée de Waterloo, reliant Bruxelles et la Wallonie, et situés en territoire flamand. Mais les panneaux, les trottoirs et tout ce qui entoure la chaussée restent sous tutelle du gouvernement flamand.
A l’Intérieur, rupture en vue : c’est la star intersidérale Michel Daerden qui devrait succéder à Patrick Dewael. Le Liégeois a annoncé sa première priorité : rehausser le niveau toléré d’alcoolémie de 0,8 à 9 grammes par litre – un beau chiffre de progression, 9 –, et ce, grâce à de « beaux grands accords » avec les Flamands, qui obtiennent en échange la régionalisation des panneaux indicateurs des water-closed en territoire occupé de Bruxelles. En prime, le sigle « WC » sera supprimé, les Bekende vlamingen (BV) ayant estimé qu’il s’agissait de publicité abusive pour les « Wallons connus ».
Enfin, pour terminer avec les glissements de postes cruciaux, on retiendra les nominations de Didier Reynders à l’Altermondialisme, de José Happart au Transports aériens, et d’Olivier Chastel à la présidence de l’Association des Pyromanes Reconvertis. André Flahaut se voit rétrograder à l’Urbanisme de la région, en tant qu’analyste en glissement de terrain.
Exit Di Rupo ?
Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Malgré une nomination à vie à la présidence de l’OMC et de ses diverses succursales (dont l’Office international des privatisations), outre ses mandats chez Dexia, VW, Inbev, Suez, Mittal Steel et on en passe et des meilleures, Elio Di Rupo a enfin pu quitter son poste de Ministre-président. Ce dernier est confié à une vieille routarde de la politique qui a pu démontrer à l’envi ses compétences ministérielles : Christiane Vienne. Dans la foulée, elle viserait actuellement la présidence du PS, le mayorat de Mons et la vice-présidence de l’Internationale socialiste. Mais François Martou s’y verrait bien aussi. A suivre.
André Antoine obtient le portefeuille des Vieux tracteurs et la tutelle des Eoliennes, dont on inaugurera prochainement la 348ème en sol perwézien.
Pour son expérience en la matière, Georges Rovillard accède au poste de ministre du Tourisme, avec priorité à la mise sur pied de collaborations internationales, notamment avec le Cap Vert.
Joëlle Milquet obtient (enfin) le ministère de la Famille, de l’Humain, de la Société, de l’Homme et de la Femme et, last but not least, de l’Elévation du débat politique.
De son côté, Laurette Onkelinx, jamais avare d’un déménagement, maraude l’Intérieur wallon à son coreligionnaire Philippe Courard (celui-ci valsant leader de l’opposition à Charleroi), et a déjà prévu de remanier le code électoral en vue des prochaines communales, lors desquelles elle se présentera à… Namur !
Et la surprise du chef nous provient du… Palais royal. Le plan de survie de la Belgique prévoit de remplacer Albert II par son fils… Laurent ! Celui-ci s’est d’ores et déjà engagé à réduire sa liste civile à peau de chagrin. « J’ai d’autres sources de financement », a-t-il assuré à la presse. On lui fait confiance.
Et belle année fictionnelle !



Le PS lance ses "chantiers de demain"
Lancement de la campagne électorale du Parti Socialiste ce dimanche à Gembloux. Les socialistes ont profité de cette occasion pour lancer "les chantiers de demain"….


Après les ateliers du progrès, à quelques mois des législatives, le PS a lancé dimanche les chantiers de demain", une série d'ateliers au cours desquels les citoyens pourront exprimer leur avis sur les grands sujets de société.

Pour le PS, qui vient de vivre une année difficile vu le contexte des affaires, c’est sans doute aussi une manière de se ressourcer, de tourner ou en tout cas d’essayer de tourner cette page. Question enjeux et c’est significatif du moment, dimanche, le PS a énormément insisté sur la défense de l’environnement. De son côté Elio Di Rupo est de nouveau revenu sur sa nouvelle distinction entre progressistes et "régressistes". Ces régressistes qui pour le président du PS "ont une vision du monde assez simple, chacun pour soi et surtout la loi du plus fort.
Dans le travail qui est idéologique, c’est la destruction du modèle de protection sociale , la fin de notre système des soins de santé et surtout, la marchandisation de tous les services" et Elio Di Rupo de prendre notamment comme exemple, le VLD.

Enfin, en tout début de discours, Elio Di Rupo a annoncé qu’il serait candidat à sa succession à la présidence du PS en octobre prochain. Pas question donc pour lui à l’heure actuelle de céder les rênes de son parti.

Di Rupo pour un Premier francophone

dans cet article sur le site du Soir, des extraits sonores:
Un Premier ministre francophone
La monarchie
Michel Daerden
Charleroi


Le ministre-président wallon est le deuxième invité du Soir à l'aube des élections législatives. Il a plaidé pour un Premier francophone lors de sa visite dans notre rédaction. Vous pouvez lire son interview dans Le Soir de ce samedi. Voici quelques extraits sonores de l'entretien ainsi que la vidéo d'Elio Di Rupo.

Détendu et arborant son habituel nœud papillon, Elio Di Rupo a abordé différents thèmes de l'actualité. Le Montois a préféré relancer le débat sur la légitimité d'un Premier francophone plutôt que de répondre à la question de sa propre candidature comme Premier. Il n'y a aucune raison de limiter le débat du Premier ministre aux seuls partis flamands, dit Elio Di Rupo. Mais il ne s'agit pas de ma priorité, tempère-t-il.
Le président du PS entend défendre les intérêts francophones mais en prônant le dialogue avec les partenaires flamands. Je ne suis pas demandeur de réformes institutionnelles, je ne suis demandeur de rien, a répété Elio Di Rupo.

Une réforme de la monarchie a également été évoquée. Mais le ministre-président wallon ne veut pas de débat à chaud. La rencontre s'est terminée sur une joyeuse évocation de son ami Michel Daerden. Tout le monde lui reconnaît des qualités, a sereinement conclu Di Rupo.
Retrouvez l'intégralité de l'intervention d'Elio Di Rupo dans l'édition du Soir de ce samedi et dimanche 12 et 13 janvier.
Vous pouvez voir quelques extraits de l'interview en vidéo.
Reportage son et article: Claude de Decker
Reportage vidéo: Réalisation et images de Thomas Keukens, montage de Sébastien Chaveriat, journaliste Claude de Decker.


«Le statu quo ne signifie pas l’immobilisme»

Dans son discours, le président Elio Di Rupo a commencé par faire le bilan de la législature qui s’achève. Malgré les compromis qu’il a fallu faire avec le partenaire libéral, il a qualifié le bilan de remarquable, donnant «une grande dis’» aux ministres socialistes. Di Rupo a épinglé quatre des dix chantiers qui feront l’objet des ateliers qui lui semblent essentiels: l’avenir du pays, la santé de la planète, la sécurité d’existence et les services d’intérêt général. A propos de l’avenir de la Belgique, il s’est dit opposé à la «régionalisation idéologique» prônée par certains. «On parle de régionaliser ceci ou cela mais sans se demander ce que cela va rapporter aux gens, Flamands, Wallons et Bruxellois. Il n’est pas question pour nous de parler de quelque chose qui améliorera seulement le sort d’une partie de nos concitoyens», a indiqué Di Rupo. On parle maintenant de régionaliser la politique de l’emploi. «Si nous avons pu trouver une solution dans le cadre fédéral pour un sujet aussi important que les soins de santé, pourquoi ne serait-ce pas possible pour l’emploi? Nous sommes convaincus qu’on peut répondre au constat qu’il existe des différences dans le cadre fédéral», a-t-il dit ajoutant que le «statu quo institutionnel ne signifie pas l’immobilisme». En ce qui concerne le réchauffement du climat, Elio Di Rupo a souligné qu’il faut absolument travailler en synergie et trouver des groupes de solutions. Le PS mettra aussi sur la table des négociations pour la formation d’un futur gouvernement une action liant emploi et environnement à l’image de ce que fait l’Allemagne.

En rénovant 300.000 logements pour les rendre moins énergivores, ce pays ambitionne de créer 200.000 emplois, a souligné le ministre-Président wallon.
Le PS veut aussi poursuivre dans la voie empruntée par l’actuel gouvernement pour augmenter les revenus des citoyens pour assurer leur sécurité d’existence. A ce propos, le PS veut relancer le débat sur une liaison entre les diminutions de charges et la création effective d’emplois. En conclusion, Elio Di Rupo a insisté sur le fait que les francophones, y compris ceux de la périphérie, doivent continuer à se prendre en mains. «Nous sommes 4,3 millions et nous n’avons pas à rougir de ce que nous sommes. Je suis fier d’être Belge francophone. Il n’y a pas de raison pour que nous ne nous fassions pas entendre.»

Le PS lance "les chantiers de demain"

M. Di Rupo a épinglé quatre des dix chantiers qui feront l'objet des ateliers qui lui semble essentiels: l'avenir du pays, la santé de la planète, la sécurité d'existence et les services d'intérêt général.
BELGA
Elio Di Rupo sera candidat à sa succession à la présidence du PS en octobre prochain. Il l'a dit dimanche en commençant son discours de clôture du congrès que le PS a tenu à Gembloux pour lancer "les chantiers de demain", une série d'ateliers au cours desquels les citoyens pourront exprimer leur avis sur le grands sujets de société et ainsi influencer le programme du parti pour les prochaines élections législatives.
Dans son discours, le président Elio Di Rupo a réaffirmé la volonté de PS d'être le parti du 21ème siècle le plus proche des citoyens et ½uvrant pour le bien de tous.
"La ligne de conduite du PS est claire: c'est le respect de chacun et le progrès pour tous". En ce sens, le PS fait partie des progressistes, par opposition aux régressistes, a-t-il expliqué. M. Di Rupo a épinglé quatre des dix chantiers qui feront l'objet des ateliers qui lui semble essentiels: l'avenir du pays, la santé de la planète, la sécurité d'existence et les services d'intérêt général.
A propos de l'avenir de la Belgique, il est d'avis qu'on n'a pas exploité suffisamment le modèle fédéral belge.
Il a cité le cas des soins de santé que les partis flamands voulaient régionaliser à cause des transferts. Après quatre années de bonne gestion socialiste, la polémique est sans objet et les hommes flamands le reconnaissent eux-mêmes, a-t-il souligné.
On parle maintenant de régionaliser la politique de l'emploi. Pour Elio Di Rupo, il faut aborder ce problème de la même façon. "Nous sommes convaincus qu'on peut répondre aux constats qu'il existe des différences dans le cadre fédéral", a-t-il dit ajoutant que le "statu quo institutionnel ne signifie pas l'immobilisme".

«Nous signons le pacte de N.Hulot»
Quels sont les défis du CDH pour l’année qui vient?

«Le défi environnemental est capital. On voit bien que le réchauffement
climatique est en marche. Aujourd’hui, nous sommes fiers d’annoncer que nous
signons le pacte écologique de Nicolas Hulot. Bien entendu, il est Français.
C’est pourquoi le CDH a décidé de l’adapter à la réalité belge. Par ce pacte
«belgicisé», nous proposons notamment l’instauration d’une taxe carbone.
Celle-ci viserait les produits qui émettent du CO2. L’argent ainsi récolté
servirait à financer le soutien aux énergies renouvelables. Nous allons proposer
cette version adaptée aux autres partis, tant flamands que francophones.
Fédérons-nous derrière de vrais problèmes!»Un autre défi, c’est l’emploi. «Au
lieu de régionaliser l’emploi, ce qui est une mauvaise réponse à un vrai
problème, il est préférable de fédérer et de coordonner les différentes
politiques de notre pays. Le fédéral et les régions doivent travailler en
commun. Nous comptons changer en profondeur le statut du demandeur d’emploi.
Celui-ci aura un véritable contrat d’activité reconnu. Ceci lui donnerait des
droits et des devoirs. Le demandeur d’emploi serait payé, recevrait une aide
personnalisée, mais aurait une obligation de formation et de recherche active
d’emploi. C’est une vision beaucoup plus dynamique. C’est aussi un moyen de
démontrer au nord du pays qu’il y a une volonté de progresser et d’intégrer un
modèle scandinave. Nous ne voulons pas d’un assistanat pécuniaire mais bien d’un
politique active de remise à l’emploi, et ce au niveau fédéral.»
Comment jugez-vous l’action du gouvernement fédéral en place?«Juste avant les élections, je veux être constructive. Notre objectif est de venir avec un plan alternatif et de parler de l’avenir. Ceci dit, autant le gouvernement Verhofstadt 1 avait apporté un certain souffle, autant celui-ci est un échec. Il n’y a pas eu de vrais projets. Oui, on a parlé de logement, d’emploi, de compétitivité. Mais les grandes réformes annoncées n’ont pas eu l’ampleur escomptée. Oui, ils ont créé le pacte des générations, mais il n’était pas assez ambitieux. Ce gouvernement a surtout géré les affaires courantes. Il s’est par exemple contenté de vendre des bâtiments publics pour retrouver des liquidités. Le fédéral n’a rien fait en terme de nouvelle gouvernance publique alors que nous l’avons fait dans les régions, où nous sommes dans les majorités. C’est aussi une déception.» L’institutionnel viendra immanquablement sur la table. Quelle sera votre attitude?«Nous n’avons pas besoin d’institutionnel. Nous avons plutôt besoin de projets fédérateurs. Il faut que l’on se parle, que l’on travaille ensemble et il faut surtout intégrer le fédéral intelligemment. Nous n’avons pas besoin de grandes avancées en la matière. Peut-être l’un ou l’autre aménagement, certes, mais pas plus. Ceux qui le disent se trompent. Je pense que les citoyens n’ont pas envie de ce débat. Si le gouvernement fédéral avait osé, s’il avait bien fait son travail, je suis certaine que l’on parlerait moins des réformes institutionnelles. Il faut surtout de vrais projets collectifs. Je me place dans une stratégie francophone, non pas à l’encontre des flamands, mais avec une volonté de travailler en commun. Tous les partis tant au nord qu’au sud du pays adhèrent au projet européen. Serions-nous incapables de travailler aussi ensemble dans notre pays? Un peu de cohérence...»Vos relations avec le CD&V?«C’est une question que l’on me pose souvent. Posez-là aussi à Elio Di Rupo à propos du SP.A et à Didier Reynders à propos du VLD! Pour tous les partis francophones, la famille politique au niveau institutionnel, ce sont les francophones. Chacun de nos partis «apparentés» au nord du pays dit le contraire de ce que nous pensons. Sur ce point, ma famille politique, ce sont les francophones et personne d’autre, même si sur certains sujets, le CD&V nous rejoint. Certaines revendications flamandes sont partagées par tous les partis du nord. Il ne faut pas l’oublier.»Comment voyez-vous l’avenir de Bruxelles?«C’est une capitale fantastique et multiculturelle. Croyons en cette capitale fédérale! Ce ne doit pas être une région qui n’appartient à personne. Il va falloir passer par l’acceptation d’un financement collectif de Bruxelles. Les travailleurs viennent de Flandre et de Wallonie, les manifestations aussi. La sécurité à la Gare centrale par exemple, c’est l’affaire de tous.»Le futur Premier ministre, à quoi ressemblera-t-il?«Ce doit être un véritable homme ou une véritable femme d’état. C’est à dire quelqu’un qui a de vrais projets, qui implique les régions dans son travail et qui s’oublie lui-même. Il ne doit pas penser à son appartenance politique ni linguistique.»Pourrait-il être francophone?«Pourquoi pas? Après autant d’années, il serait temps! Nous avons des personnes tout à fait compétentes! Il n’y a pas de fatalité. De bons candidats, on en trouve dans les deux communautés.» Un mot sur l’affaire qui a secoué la monarchie?«Laissez-les tranquille! Quand une affaire éclate, la justice doit bien entendu faire son travail. Mais ce n’est pas pour cela que tout doit être dévoilé sur la place publique. A propos du débat sur la dotation royale, je n’ai pas de tabou. Ce peut être intéressant de réfléchir à n’accorder qu’une dotation au Roi et aux premiers successibles... Mais franchement, ce n’est pas l’urgence.»