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26 octobre 2008

Le nom 'Fortis' va disparaître...

Redonner confiance, c’est le mot d’ordre des banques. Et pour restaurer cette confiance actuellement en berne, la communication est vitale.

La banque Fortis va, à terme, opter pour un nouveau nom. Le jour où ce changement sera communiqué n'est pas encore connu, selon le patron de Fortis Banque Belgique, Peter Van de Kerckhove, qui a livré l'information à l'occasion de la journée des actionnaires du quotidien De Tijd. C'est la banque Fortis qui a été reprise en Belgique et au Luxembourg par BNP Paribas qui est concernée par ce changement et pas le holding inscrit à l'Euronext.
Si la reprise de Fortis Banque par le Français BNP Paribas est un fait, il est temps d'opter pour un nouveau nom qui puisse donner un nouvel élan sur le marché. Il n'a toutefois pas encore communiqué la nouvelle appellation et, selon la VRT, celle-ci ne serait pas encore décidée.
Les dirigeants des quatre plus grandes banques du pays étaient réunis ce samedi à Bruxelles pour un grand débat public axé sur la crise. Tous, bien que concurrent ont développé les même arguments.
Ces banques ont laissé quelques plumes dans la crise financière : Fortis a été démantelée, ING recapitalisée par les Pays Bas, Dexia est à présent nationalisée, enfin KBC doit faire face à quelques rumeurs. Les managers de ces institutions bancaires, n’ont pas droit à l’erreur. Il faut convaincre le client et rétablir une relation fortement abîmée.
Selon eux, l’orage est passé, il faut à présent se retrousser les manches pour offrir les meilleurs services aux clients. Les problèmes de liquidité sont résolus, la solidité de leurs enseignes rétablies, et les produits proposés triés. De quoi repartir sur de bonnes bases donc. Entreprises ou particuliers, tous le monde est le bien venu.

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KBC sollicite l'Etat pour 3,5 milliards d'euros

Le groupe flamand KBC veut apaiser les marchés. Il sollicite de l'Etat un soutien via une recapitalisation de 3,5 à 3,6 milliards d'euros. Il entend boucler l'opération ce week-end. Elle ne conduirait pas à une dilution des parts des actionnaires actuels. Un groupe d'experts du gouvernement fédéral se réunit samedi soir avec les avocats de la banque pour affiner l'opération.
Bruxelles (L'Echo) - Le bancassureur flamand KBC, dont l'action a chuté jusqu'à 28% vendredi en séance, veut envoyer un message clair aux marchés avant leur ouverture ce lundi. Pour ce faire, il solliciterait de l'Etat belge un soutien par une recapitalisation de 3,5 milliards d'euros. Selon une source proche du dossier, l'opération pourrait se monter jusqu'à 3,6 milliards d'euros et ne conduirait pas à une dilution des parts des actionnaires.
KBC entend boucler l'opération ce week-end. Il dit n'être pas confronté à un problème de solvabilité ou de liquidités, mais doit réagir pour enrayer la spirale négative dont il est victime. Un groupe d'experts du gouvernement fédéral se réunit sur ce dossier sensible samedi soir avec les avocats de la banque.
Selon nos informations, l'opération aurait lieu par le biais d'un renforcement du Tier One, le noyau dur des fonds propres. Elle n'entraînerait pas de dilution des parts de actionnaires. L'émission d'une obligation subordonnée est une des solutions envisagées. Les détails techniques sont en cours d'élaboration, les modalités précises n'ayant pas encore été déterminées. Les discussions se déroulent bien, semble-t-il. L'objectif est de réaliser une percée dès lundi matin, à l'ouverture des marchés européens.
Modèle néerlandais
KBC suggère de se baser sur le modèle hollandais (opération ING). Le week-end dernier, ING a pu compter sur le gouvernement néerlandais pour renforcer ses fonds propres. La Haye a participé jusqu'à 10 milliards d'euros. Toutefois, l'État belge souhaite d'abord vérifier qu'il y a des raisons objectives de traiter KBC différemment de Fortis, Dexia et Ethias. Dans ces trois cas, l'État a pris des participations et, par là, une implication dans la gestion de la banque. Si une autre solution devait se dégager pour KBC, l'État souhaiterait toutefois disposer, si pas un droit de véto, au moins un droit de regard sur quelques décisions. Les cabinets ministériels devraient se réunir dimanche, pour préparer le conseil des ministres qui devra entériner la décision avant lundi.
Il n'est pas encore clair si l'opération sur la KBC ne concerne que le gouvernement ou également des actionnaires privés de la banque. Certaines sources considèrent comme probable la participation de ces derniers. La majorité du capital de KBC est entre les mains d'actionnaires stables (cliquez ici pour voir le profil de la banque) : KBC Ancora (23%), Cera (7%), le Boerendbond (12%) et un groupe de familles flamandes (12%). KBC est propriétaire de 4% de ses capitaux propres. Le reste des actions sont cotées en bourse.
KBC est la seule grande banque du royaume qui n'a pas eu recours, jusqu'à présent, au soutien de l'Etat belge ou d'établissements étrangers pour affronter la crise.
Vendredi, le groupe avait pourtant tenté de rassurer dans un communiqué en affirmant disposer d'une "solide base de capital et de dépôts". Mais il avait également indiqué qu'il "pourrait envisager de recourir éventuellement" au système de garantie d'Etat pour renforcer sa compétitivité.
Pour Ivan Lathouder, analyste à la Banque Degroof, KBC a assez de place pour renforcer ses fonds propres sans nouvelles actions. "KBC n'a pas de problème de solvabilité, mais il faudra augmenter son ratio parce que ses concurrents l'ont déjà fait," indique-t-il. Selon lui, KBC doit trouver 2 milliards d'euros de fonds propres pour relever son capital de base de plus de 8%.
L'agence de notation Fitch Ratings a placé vendredi le rating à long terme de KBC sous surveillance négative (AA-). L'agence de notation a également rétrogradé le rating individuel de l'activité bancaire à 'B/C contre 'B', précédemment. Cette décision reflète les inquiétudes de Fitch par rapport au portefeuille de CDO's de l'établissement financier. De plus Fitch estime que les difficultés croissantes rencontrées en Europe centrale pourraient conduire à un taux de défaut des remboursements de crédits plus élevés, ce qui pèserait sur les résultats et le capital de KBC.
Vendredi, l'action KBC chutait de 7,08% à 26,70 euros à la clôture des marchés.

Le gouvernement va examiner les me…
Réunion d'un groupe d'experts

02 octobre 2008

Fortis: Di Rupo pointe du doigt Didier Reynders

Le président du PS, Elio Di Rupo, est d'avis que la situation à Fortis nécessitait une intervention du gouvernement au profit des gens. M. Di Rupo pointe cependant du doigt une série d'autorités qui devront rendre des comptes, au rang desquels le ministre des Finances, Didier Reynders.
Le PS entend se mettre aux côté des gens, des épargnants, ceux qui ont un compte courant ou qui sont liés à des fonds de pension, mais aussi aux côtés des petits actionnaires, a indiqué, lundi à l'issue du Bureau de parti, Elio Di Rupo, justifiant la nécessité dans le chef du gouvernement d'intervenir auprès de Fortis. Ne pas intervenir eut, en outre, été catastrophique pour l'économie belge, a précisé M. Di Rupo.
Fixant ses priorités dans le cadre de la gestion de la crise financière, le président du PS a par ailleurs indiqué lundi que certains devront rendre des comptes. "La manière dont les choses se sont produites est scandaleuse, il doit y avoir une enquête", a indiqué M. Di Rupo, s'interrogeant notamment sur le rôle de la Commission bancaire et financière (CBFA) dans le dossier Fortis. Selon lui, la CBFA a fait preuve d'errements en matière de contrôle et d'alerte, un rôle qui lui revient. Contrairement à d'autres pays, chez nous, c'est la CBFA qui contrôle et pas la banque centrale, a-t-il rappelé.
"Si ça avait été la Banque nationale, on aurait déjà entendu les demandes de démission", a indiqué M. Di Rupo (le gouverneur Guy Quaden est étiqueté socialiste, Ndlr). Outre la CBFA, M. Di Rupo a pointé du doigt la responsabilité du "ministère des Finances" mais aussi du "ministre des Finances". Elio Di Rupo a tenu à démonter le discours du vice-premier ministre et ministre des Finances Didier Reynders, président du MR, qui fustige la gestion de la Région wallonne et la politique du PS, qualifiées d'archaïques et dignes de l'Union soviétique. Le président du PS, a invité lundi les observateurs à s'intéresser à la politique menée par le ministre des Finances qui, vendredi encore, tenait un discours rassurant sur Fortis, répétant notamment que la banque était solvable.
"Permettez au président du parti socialiste de trouver indécent qu'on puisse être attaqué, ces dernières semaines encore, avec des termes inappropriés, alors qu'il apparaît aujourd'hui que certains ont des responsabilités dans le monde des finances", a-t-il dit, évoquant le dossier Fortis. "C'est trop facile de critiquer les autres et de ne pas assumer ses propres responsabilités", a-t-il précisé. "J'y reviendrai". Le président du PS voit dans la crise actuelle "la faillite du système libéral", de "l'auto-régulation", de la "corporate governance". Il demande une véritable régulation "en amont" de l'économie de marché, et pas "comme je l'ai entendu à la radio ce matin (Didier Reynders était l'invité de La Première lundi, Ndlr) une régulation quand ça va mal".
Pour Elio Di Rupo, le temps est venu de lancer un "Kyoto de la finance" qui doit la ramener à sa mission de base, loin de la "sophistication" actuelle qui propose des "produits dont plus personne ne mesure les effets réels". Le gouvernement belge interviendra à hauteur de 4,7 milliards d'euros auprès de Fortis. Il doit par ailleurs trouver plus de 5 milliards d'euros pour ficeler le budget, sachant que les revendications sur le plan social sont nombreuses.
A cet égard, le président du PS se dit d'autant plus déterminé à obtenir de l'ensemble du gouvernement qu'il fasse des efforts pour tous. "La situation dans laquelle on nous met est inacceptable. Il faut sauver les épargnants mais il y a tous les autres, qui souffrent de la crise", a-t-il rappelé.

29 septembre 2008

Fortis et Dexia dans la tourmente

Fortis a replongé ce matin (-8,88 %) après un rebond à l’ouverture d’Euronext Bruxelles. Dexia chute de plus de 20 %. L’Etat belge est prêt à soutenir la banque franco-belge Dexia, comme il l’a fait avec Fortis, en cas de difficultés, a indiqué le ministre des Finances Didier Reynders. Mais Dexia dément tout problème de liquidités.
Le cours de Fortis /
L'édito de Béatrice Delvaux: "Et l'Etat sauva les capitalistes" / Les Bourses minute par minute /


L’action du bancassureur belgo-néerlandais Fortis perd ce lundi en milieu de matinée 8,88 % à la Bourse d’Amsterdam alors qu’elle avait ouvert en forte hausse après l’annonce de sa nationalisation partielle par les Etats du Benelux dimanche.
L’indice des principales valeurs AEX perdait plus de 4,5 %.
La banque Dexia dément tout problème de liquidités
La banque franco-belge Dexia a réfuté lundi tout problème de trésorerie, alors que son cours boursier était en très forte baisse, affirmant que la situation de ses liquidités était « très bonne ».
« C’est un groupe très solide au niveau du capital », a expliqué la porte-parole du groupe, « mais la situation est tellement exceptionnelle (sur les marchés) qu’il faut suivre l’évolution à tout moment ». Elle a refusé de confirmer des informations du quotidien français Le Figaro selon lesquelles une augmentation de capital de Dexia pourrait être annoncée très rapidement pour reconstituer ses fonds propres et rassurer les marchés.
L’action de la banque chutait de plus de 20 % lundi matin en Bourse en raison de craintes sur l’état de santé de l’établissement, spécialisé dans le financement des collectivités publiques.
L’Etat belge est prêt à soutenir également la banque franco-belge Dexia, comme elle l’a fait avec Fortis, en cas de difficultés, a indiqué lundi le ministre belge des Finances Didier Reynders.
Dexia a réuni dimanche un conseil d’administration par téléphone afin d’évaluer la situation dans le cadre de la tourmente vécue par le bancassureur belgo-néerlandais Fortis, a confirmé lundi Ulrike Pommée, porte-parole de Dexia.
A 10H06, l’action de la banque Dexia chutait de 23,02 % à 7,75 euros, en queue des valeurs vedettes, dans un marché parisien en fort repli de 3,17 %. Lundi matin, vers 9H30, l’action de Dexia chutait de 24,73 % (7,62 euros) sur Euronext Bruxelles. Depuis le début de l’année 2008, elle a perdu 55,77 % de sa valeur.
Fortis : « Pas d’incidence pour le contribuable »
L’investissement de 4,7 milliards d’euros de la Belgique dans Fortis Banque se fera par le biais d’un emprunt avec garantie d’Etat, a précisé le ministre des Finances Didier Reynders, lundi matin au micro de la RTBF. Le gouvernement a donné l’ordre à la Société Fédérale de Participation. Dans le même temps il a accepté d’ouvrir une capacité d’emprunt de 5 milliards d’euros. Il ne devrait pas y avoir de conséquence pour le budget et le contribuable selon le ministre. « Il n’y aura aucun effet sur le budget et sur le contribuable, même s’il y a toujours un risque », a-t-il précisé avant d’évoquer aussi la possibilité que cet investissement puisse se révéler rentable. Didier Reynders s’est déclaré convaincu que l’argent mis sur la table représente, dans tous les cas, beaucoup moins que le coût d’une éventuelle faillite de Fortis (indemnisation des clients, conséquences sociales…).
La nationalisation partielle par le Benelux du bancassureur belgo-néerlandais Fortis est une solution provisoire, les gouvernements n’ayant pas vocation à rester pour toujours au capital, a indiqué lundi le ministre belge des Finances, Didier Reynders. « Notre ambition n’est évidemment pas de rester présents dans le capital », a-t-il dit sur l’antenne de la radio publique RTBF.
Fortis est capitalisée à environ 30 milliards d’euros après sa renationalisation partielle par les trois pays du Benelux, Belgique, Pays-Bas et Luxembourg, qui vont investir 11,2 milliards d’euros dans le banco-assureur néerlandais, a annoncé lundi le groupe dans un communiqué. « Les mesures annoncées (par les autorités) conduisent à une capitalisation de Fortis d’environ 30 milliards d’euros, soit 9,5 milliards au-dessus de l’objetif », indique le texte.
Fortis annonce par ailleurs que des « ajustements » d’environ 5 milliards d’euros sont prévus au troisième trimestre pour faire notamment face « aux changements de stratégie » et « à la dégradation du climat économique ».
Le banco-assureur belgo-néerlandais estime également que son exposition restante à la titrisation (CDO, collaterized debt obligations) s’élève à 1,1 milliard d’euros.
Le ministre des Finances Didier Reynders a indiqué dimanche que l’accord intervenu entre les trois gouvernements des pays du Benelux visait à prendre le contrôle de Fortis en acquérant 49 % des parts du bancassureur. Il a souligné que les gouvernements ont fait en sorte que personne ne soit laissé sur le carreau. Le premier ministre Yves Leterme a dit voir dans cet accord un bel exemple de collaboration entre les trois pays, dans l’intérêt de leur population.
Le ministre néerlandais des Finances Wouter Bos a estimé de son côté qu’il était du devoir de son gouvernement d’intervenir afin de restaurer la confiance et la sérénité dans les trois pays après les temps difficiles qu’a connus l’entreprise. Fortis peut à nouveau affronter sereinement l’avenir après un tel accord, a-t-il précisé.
On apprenait donc dimanche tard dans la soirée que l’Etat belge va injecter 4,7 milliards d’euros dans le capital du bancassureur Fortis Bank (Belgium), dont il détiendra 49 % des parts. L’Etat néerlandais investira pour sa part 4 milliards d’euros dans le holding Fortis Bank Nederland dont il détiendra lui aussi 49 % du capital. Enfin, le gouvernement du grand-duché de Luxembourg investira 2,5 milliards dans Fortis Banque Luxembourg et prendra également 49 % des parts.
ABN-Amro vendue
Dans le même temps, le bancassureur belgo-néerlandais, qui emploie 85.000 personnes et fait partie des 20 plus grandes banques européennes, va se séparer des actifs qu’elle avait achetés l’an dernier dans son concurrent néerlandais ABN Amro. Selon certaines informations de presse le groupe néerlandais ING serait sur les rangs. Un prix de 10 milliards d’euros a été évoqué, très loin des 24 milliards d’euros que Fortis avait dû débourser pour s’emparer d’une partie d’ABN Amro, lors d’une OPA sur le groupe menée de concert avec les banques espagnole Banco Santander et britannique Royal Bank of Scotland.
Par ailleurs, le retrait de Maurice Lippens, actuel président du conseil d’administration de Fortis, a également été confirmé. « Maurice Lippens a décidé de quitter la présidence du Conseil d’administration de Fortis », indique un communiqué. Il sera remplacé par une personnalité extérieure à l’entreprise et le gouvernement belge sera consulté. Les conseils d’administration des banques belge, néerlandaise et luxembourgeoise de Fortis seront renouvelés en tenant compte des candidats qu’avancera chaque gouvernement.
Dierckx : « La question de la solvabilité ne se pose plus »
L’injection de capital décidée par les gouvernements belge, néerlandais et luxembourgeois répond aux incertitudes qui planent sur la solvabilité de Fortis, a déclaré dans la nuit de dimanche à lundi Filip Dierckx, le nouvel administrateur-délégué du bancassureur. « Le problème se situe au niveau de nos activités bancaires. La reprise d’ABN Amro a suscité des interrogations quant à notre solvabilité. Mais grâce aux 11,2 milliards qui vont être injectés, cette question est résolue », a déclaré Filip Dierckx, qui a succédé vendredi soir à Herman Verwilst. « L’objectif principal était de restaurer la confiance. Les épargnants peuvent d’ailleurs être rassurés : nous sommes désormais la banque qui dispose de la meilleure assise capitalistique », a-t-il ajouté en affirmant par ailleurs que rien n’allait changer pour la branche « assurances » du groupe.
Filip Dierckx est également revenu sur la cession des parts que le bancassureur détient dans ABN Amro. « Nous estimons que poursuivre l’intégration était allé trop loin dans les circonstances de marché actuelles. Mais à l’époque, c’était une bonne décision », s’est-il défendu.
L’option d’une nationalisation partielle s’est imposée après l’échec de négociations menées tout au long du week-end visant à trouver un éventuel repreneur privé pour Fortis. Le groupe bancaire français BNP-Paribas a fait une offre mais qui a été jugée insuffisante, tant par Fortis que les gouvernements, selon des sources proches du dossier.
Les pouvoirs publics de Belgique, Pays-Bas et Luxembourg se sont mobilisés pendant deux jours pour tenter de trouver une issue et éviter un dépôt de bilan à Fortis, confronté à des difficultés de trésorerie. Son cours en Bourse s’est effondré de 30 % environ la semaine dernière. Fortis a perdu plus de 2 milliards d’euros dans la crise des prêts immobiliers à risque aux Etats-Unis et est fragilisé par l’achat d’ABN Amro au prix fort.
Une faillite aurait constitué une catastrophe économique sans précédent, en Belgique notamment, où l’établissement est très implanté et joue un rôle de premier plan dans le financement des entreprises et des ménages.

07 avril 2008

Les pouvoirs publics doivent intervenir face à la crise économique

Le directeur général du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn a estimé que, face à l'aggravation de la crise économique, "le besoin d'une intervention des pouvoirs publics devenait plus évident", dans un entretien publié lundi par le Financial Times.
Les pouvoirs publics constituent "la troisième ligne de défense" pour empêcher l'économie mondiale de tomber dans la récession, après la politique monétaire et budgétaire, a argumenté M. Strauss-Kahn. "Un effort doit être fait sur la restructuration des prêts" à problème."En ce qui concerne les banques, si leur matelas de fonds propres ne peut être restauré suffisamment rapidement par le secteur privé, l'usage d'argent public peut être envisagé", a indiqué M. Strauss-Kahn. Il s'est déjà dit favorable à la mise en place de structures de defaisance pour les actifs à problèmes des banques, comme celle qui avait permis au Crédit Lyonnais de tourner une page sombre de son histoire.L'ancien ministre socialiste français, qui a aussi déjà appelé à plusieurs reprises les gouvernements à préparer des plans de relance "au cas où", a souligné que la crise n'était plus limitée aux seuls Etats-Unis. "La crise est mondiale. La prétendue théorie du découplage (le dynamisme des économies émergentes permettant de compenser en partie la crise américaine) est totalement fallacieuse.Des pays en développement comme la Chine et l'Inde pourraient être affectés", a fait valoir le responsable du FMI. L'institution multilatérale tient ses réunions de printemps le week-end prochain à Washington.