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24 mars 2008

Double casquette pour Demotte

Région wallonne et Communauté française auront un ministre-président commun.

« Cette nomination, c’est la reconnaissance du fait régional. »
Grande première dans l'histoire institutionnelle de la Belgique fédérale : Communauté française et Région wallonne ont un même patron : Rudy Demotte. C'est la vraie surprise de la journée, signée Elio Di Rupo. Un geste majeur sur l'échiquier politique. Pour plusieurs raisons.
1 Un signal clair dans le jeu francophone. Symboliquement, le président du PS tranche, d'une réponse concrète, un débat stérile qui agite l'espace francophone depuis plusieurs années. À l'origine, un constat : deux Régions et une Communauté, c'est beaucoup face à une Flandre homogène. Mais, par-delà les slogans – les uns prônant la fusion de la Région wallonne et de la Communauté française, les autres évoquant la mort de la Communauté, pour ne garder qu'une coupole entre Régions – personne n'a jamais produit le moindre scénario crédible. Et pour cause : fondre dans une communauté francophone une région unilingue et une bilingue ne va pas de soi. À moins d'oublier les Flamands de la capitale et leurs droits. En attendant que des constitutionnalistes, par exemple à la commission Wallonie-Bruxelles, produisent des scénarios praticables, la solution Demotte, fût-elle partielle, a le mérite d'être applicable immédiatement.
Concrètement, dès ce matin, Rudy Demotte préside donc les deux gouvernements. « Et j'organiserai, toutes les deux semaines, une rencontre avec les ministres bruxellois francophones », précise-t-il. Et c'est lui qui répondra aux deux parlements. « Un espace francophone est en train de se forger », note ce ministre wallon.
2 Un renforcement du fait régional. Les régionalistes apprécieront, pour le coup, que ce soit un ministre-président régional qui hérite, en prime, d'une casquette communautaire, et non l'inverse. Ils se réjouiront aussi des déclarations de l'intéressé, qui fait peu mystère de son credo régional. Et, surtout, les Bruxellois, qui ont toujours craint d'être embarqués dans un espace exclusivement francophone peu adapté à leur réalité bilingue, savoureront le discours de Di Rupo. Qui, pour la première fois, affirme haut et fort qu'il faut renoncer à la fusion. « Il y a une donnée nouvelle, c'est l'émergence, de plus en plus marquée, d'une identité régionale bruxelloise ». Une remarque appuyée par Rudy Demotte qui précise : la philosophie, aujourd'hui, est bien de créer un lien organique entre les Régions wallonne et bruxelloise pour les renforcer.
3 Objectif : renforcer la cohérence. Si le débat peut sembler institutionnel, il est aussi et surtout fonctionnel. Car, pour l'heure, les deux Régions travaillent chacune de leur côté. Les contacts sont rares, les coopérations presque aussi difficiles qu'avec un pays étranger. Faut-il rappeler que le plan Marshall a été élaboré sans consulter Bruxelles, qui a défini les priorités de son contrat pour l'économie et l'emploi dans sa tour d'ivoire ? Faut-il aussi préciser que l'un des défis des deux Régions, la réduction du chômage, passe par des actions en matière d'enseignement et de formation, qui sont pour l'heure gérées par la seule Communauté ? Voilà pourquoi des liens renforcés entre ministres semblent plus que nécessaires, et que la présence de Rudy Demotte dans les deux exécutifs est un bon début, qui en fait le garant de la cohérence.
4 Un bon point devant les Flamands. Kris Peeters n'aura désormais plus qu'un seul interlocuteur. Parfait bilingue, très bien perçu en Flandre, Demotte véhiculera un seul et même discours politique, sans discordance. En ce sens, politiquement, la double casquette de Demotte pèse lourd.
5 Des relents électoralistes. Reste que ce remaniement est aussi un coup de maître du stratège Di Rupo. L'arrivée de Demotte redonne des couleurs à un gouvernement « cliniquement mort depuis la douche de Marie, nous dit ce cacique socialiste. C'est une garantie de sérieux et de crédit. Avec lui, pas d'esbroufe mais du travail. » Demotte devient l'homme politique francophone le plus puissant. Excellent pour le PS dans la perspective des régionales de 2009 dans le Hainaut. C'est en effet là qu'au fédéral, le PS a perdu le plus de plumes, au profit du MR. « Demotte est manifestement chargé de jouer le M. Bons Offices pour redorer l'image du PS qui n'est pas au mieux dans les sondages », souligne l'un de ses ministres.
Rudy, héraut régionaliste
ANALYSE
Huit mois. C'est le temps qu'il aura fallu à Rudy Demotte pour être intronisé premier ministre-président à double casquette (Région wallonne – Communauté française) de l'histoire de la Belgique fédérale.
C'est aussi le temps qu'il aura mis, en bon ch'ti multilingue, pour maîtriser parfaitement l'accent régionaliste, en version contemporaine, s'entend. Fort différent dans l'expression de ceux de ses « ancêtres » mais néanmoins centré sur le développement des Régions bruxelloise et wallonne. Plus qu'un symbole, un signe bien tangible d'une nouvelle posture politique.
Faut-il voir dans votre double casquette un signe de ce que pourrait être l'évolution future des institutions francophones ?
Oui, je pense que c'est évident. Cette nomination, c'est la reconnaissance du fait régional. Une manière de dire aux Bruxellois francophones et aux Wallons qu'il faut qu'ils articulent mieux leurs programmes pour réussir. Pour moi, il s'agit bien d'une ministre-présidence unique. C'est le même chef d'orchestre qui va devoir apprendre à des musiciens à jouer une partition cohérente sur des thèmes majeurs comme le développement économique des bassins bruxellois et wallon mais aussi l'enseignement et la formation.
C'est un discours très régionaliste ça…
Le phénomène régional est un phénomène évident. Il reconnaît tant la Région bruxelloise que la Région wallonne.
On est très loin de l'idée de fusion et/ou de l'absorption entre Région et Communauté…
Comme Richard Miller l'a dit mercredi au parlement wallon, la fusion Communauté/Région n'est pas la voie la plus intelligente à suivre. Elle nie le fait régional. Ce qui est important, c'est que les francophones bruxellois et les Wallons aient un lieu de dialogue commun. Avec une ministre-présidence commune, on montre que l'on va dans cette direction. Pour l'avenir, il me paraît difficile pour les francophones de faire un autre choix que celui-là. Maintenant il faut voir les propositions qui vont sortir du groupe Wallonie-Bruxelles de Philippe Busquin et Antoinette Spaak.
Un seul ministre-président, n'est-ce pas aussi un message adressé à la Flandre ?
Il est évident que cette double casquette crée du sens par rapport aux contacts que la Wallonie et Bruxelles peuvent avoir avec la Flandre. Il y aura désormais un seul interlocuteur qui représentera tous les francophones. C'est dire aussi qu'on veut qu'il y ait une voix claire qui s'exprime, qu'il y ait plus d'unité. La simplification du message politique est un signal qui va dans le bon sens.
Vous êtes multilingue, arriverez-vous à parler d'une seule et même voix ?
Le multilinguisme permet souvent de structurer ses idées de manière plus claire. Je ne parlerai ni en bulgare, ni en anglais, ni en néerlandais. J'essayerai de parler la langue commune des francophones bruxellois et des Wallons.
Il vous reste très peu de temps pour travailler, quel va être
votre agenda ?
Je vais commencer par organiser de manière régulière des réunions communes des ministres francophones bruxellois et de la Communauté française. De la même manière je vais travailler sur des gouvernements thématiques Wallonie-Bruxelles pour permettre le développement des Régions.
Allez-vous enfin, comme le recommandent la plupart des économistes, étendre le très wallon plan Marshall à Bruxelles et à la Communauté française ?
C'est la priorité : voir comment le plan de développement économique de Bruxelles peut bénéficier de l'aide de la Communauté au maximum ; voir aussi comment le plan Marshall peut trouver les meilleurs appuis. La Communauté française se met à la disposition des Régions, c'est ça le message.
Ce nouveau jeu de chaises musicales n'est-il pas la preuve ultime que Communauté et Région jouent bien en seconde division ?
Je crois qu'on vient au contraire d'inviter les instances régionale et communautaire en division 1. Un seul ministre-président, c'est montrer que c'est un enjeu important en termes d'expression de la voix francophone.

Arena déplacée pour éviter la claque

Demotte coiffera donc désormais deux casquettes : celle de ministre-président de la Région wallonne (qu'il portait déjà) et celle de ministre-président de la Communauté française. L'idée : resserrer les liens entre les deux institutions.
On notera que, depuis 2004 (le dernier scrutin régional), quatre ministres de la Communauté (Arena, Simonet, Tarabella et Daerden) sont (… était, en ce qui concerne Arena) aussi membres de l'exécutif régional. Avec Demotte, le PS aura voulu un geste plus visible encore. Effet de ceci : débarquée de la ministre-présidence, Arena (qui avait aussi l'Education) ne pouvait redevenir simple ministre dans un exécutif qu'elle présidait – cela aurait relevé de l'humiliation. Elle file donc au fédéral pour être remplacée par Christian Dupont à l'école.

Un mot sur Dupont : ministre fédéral depuis 2004, il s'était fait les dents à la Communauté. Ministre de la Fonction publique de 2003 à 2004, il géra les dossiers statut du directeur et l'accord salarial des profs – deux occasions de révéler un homme rigoureux et très au fait de ses dossiers. Les syndicats ont adoré cet homme-là. Un mot sur Arena : fût-il rendu obligatoire par l'arrivée de Demotte, son retour au fédéral (elle y a été ministre de 2003 à 2004) sonne comme un échec.
En dépit d'un gros boulot à l'enseignement (le contrat pour l'école, ce n'est pas mince !), elle est allée de gaffe (la rénovation du cabinet) en polémiques (latin, décret inscription). On lui reconnaîtra une certaine audace et une belle détermination, notamment à lutter contre l'hétérogénéité du parc scolaire. Avec prudent-Dupont à l'enseignement, le PS se promet à des relations plus détendues avec le monde scolaire.

19 septembre 2007

"La Wallonie ne veut ni un retour en arrière, ni une fuite en avant"

MAJ 20/09/07

Arena lance le débat intrafrancophone

La ministre-Présidente lance une Commission mixte "Wallonie-Bruxelles 2009".
Objectif : réunir politiques et société civile en vue de définir un projet francophone.


Mettons-nous tous autour de la table pour débattre du projet francophone." Tel est le message que délivrera la ministre-Présidente du gouvernement de la Communauté française, à l'occasion de la rentrée parlementaire, ce jeudi matin. Un discours qu'elle veut "en rupture" par rapport au passé.
A l'heure où les francophones se doivent d'être "vigilants face à la radicalisation du nord du pays", Marie Arena (PS) veut réunir tous les francophones dans une Commission mixte "Wallonie-Bruxelles 2009".
Y seraient conviés des représentants des quatre partis démocratiques, certes, mais également des membres de la société civile : acteurs socio-économiques (patronat et syndicat), académiques (représentants des pôles universitaires), culturels (écrivains, cinéastes...) et des médias.

Loin de limiter le débat à l'institutionnel, Marie Arena entend le faire porter sur cinq questions essentielles.
1° Quel projet pour les francophones dans l'Etat fédéral actuel ?
2° Comment concilier l'identité régionale et le lien, la solidarité entre les francophones de Bruxelles, de Wallonie et des communes périphériques à la frontière linguistique ?
3° Quelles synergies concrètes dans quelles politiques ? Comment dépasser certaines concurrences, notamment en matière économique ? Quels liens avec les Communautés flamande et germanophone ?
4° Quelle place pour les francophones au sein de la Belgique, de l'Europe et du monde ?
5° "Et si demain, on devait se séparer ?"

A un rythme mensuel, la trentaine de membres de cette commission, composée paritairement de Bruxellois et de Wallons d'une part, de politiques et de représentants de la société civile d'autre part, se réunira pour débattre de ces questions, dans le but ultime, non pas de voter des décrets, mais de faire des propositions concrètes pour la fin 2008, y compris, pourquoi pas ?, en matière institutionnelle. Le tout serait agrémenté de contributions de citoyens via des forums, notamment sur le web, et bénéficierait du soutien d'un secrétariat.
Pour Marie Arena, personne ne détient la vérité. Il ne s'agit donc pas de diviser, mais de rassembler les francophones autour "d'un destin commun". La ministre-Présidente estime que c'est ce travail de définition qui est la priorité et que ce qu'elle appelle "la tuyauterie institutionnelle" doit venir, si nécessaire, ensuite.
Reste à voir quelle sera la réaction des autres partis, particulièrement le MR, au Parlement.

"Wallonie -Bruxelles 2009" : le oui mais des députés

C'était la rentrée au Parlement de la Communauté française ce jeudi. Les députés n'ont pas manqué de réagir à l'idée lancée le matin même par la ministre-présidente de la Communauté. Marie Arena propose la mise sur pied d'une commission chargée de plancher sur l'avenir des institutions francophones. Une commission qui serait composée d'élus mais aussi de représentants de la société civile ….

20 sep 2007 14:22
VIDEO• La Communauté française et la Région wallonne • Les réactions politiques
ARTICLES• Communauté-Région : Marie Arena provoque le débat
Au CDH, le partenaire du PS à la Communauté Française, on se dit favorable à cette idée de Commission mais pour Anne-Marie Corbisier, le plus important aujourd'hui, n'est sans doute pas là : "Je pense qu'il faut continuer jusqu'au bout la déclaration de politique de la Communauté Française parce qu'enfin, les gens attendent que nous avancions dans la qualité de l'enseignement, dans l'accueil de l'enfance, donc il ne faut pas que l'un cache l'autre.

Ecolo ne dit pas non à l'idée de Marie Arena, au contraire, mais Marcel Cheron pose déjà les conditions : Ecolo dit oui s'il s'agit de parler ouvertement de l'efficacité des politiques, par exemple, le lien qu'il faut faire entre la formation des jeunes et le chômage des jeunes dans nos régions. Mais s'il s'agit de faire de la tuyauterie et s'il s'agit d'arbitrer dans un duel d'égo entre le MR et le PS sur le leadership côté francophone, alors là, ça ne sera pas sérieux.

Enfin de son côté le MR est très demandeur sur le sujet regrettant notamment que la proposition de Marie Arena de mettre sur pied une Commission, arrive seulement maintenant vu les souhaits répétés du MR : Je vais d'abord rétablir la vérité parce que Marie Arena invente quand elle dit que Didier Reynders veut une fusion Communauté Française - Région Wallonne. Didier Reynders propose quelque chose de beaucoup plus récent pour les Francophones puisqu'il a toujours proposé d'associer aussi les Francophones bruxellois, d'associer au sein du Gouvernement de la Communauté Française, tous les Ministres wallons et tous les Ministres francophones bruxellois, donc je vais d'abord rétablir la vérité.

Finalement, tout le monde est prêt à discuter mais sans vraiment vouloir tout chambouler….




MAJ 19/09/07

Happart relance son invitation institutionnelle

L'accueil de cette invitation par les différents groupes politiques a été mitigé : le PS et le MR ne voient pas d'un mauvais œil qu'une Commission ou une sous-Commission parlementaire se saisisse du problème. Le CDH et Écolo sont beaucoup plus réservés.
« Je souhaite que très rapidement, chacun d'entre vous s'inscrive dans la réflexion sur l'avenir de notre Région dans l'État Belgique en évolution. Nous devons savoir ce que nous voulons pour nous-mêmes, tant d'un point de vue social ou éthique qu'économique. Mais nous ne devons jamais oublier que dans notre pays, rien ne peut se faire en dehors d'un cadre institutionnel à revisiter régulièrement », a déclaré José Happart.

Le MR a accueilli favorablement l'invitation. La semaine passée, le président du MR, Didier Reynders, a d'ailleurs lancé un appel aux autres partis francophones pour aboutir à un accord sur une rationalisation des institutions francophones.
« Que l'on aborde ces problèmes, comme la Flandre et le parlement flamand l'ont fait. Je n'ai pas peur que l'on évoque de nouvelles compétences que l'on pourrait avoir, dès lors qu'elles reçoivent le financement adéquat. Parlons-en, on a parfois l'impression que c'est tabou », a souligné le chef de groupe, Serge Kubla.
Le chef de groupe PS, Maurice Bayenet, est lui aussi partisan d'une telle initiative. Elle avait connu un début de concrétisation lorsque la proposition de Constitution wallonne, dont il est cosignataire, a été évoquée en Commission du parlement, a-t-il rappelé, mais les autres groupes n'ont pas suivi. « Je suppose que les mentalités ont évolué », a-t-il ajouté.
Au CDH, en revanche, l'accueil est différent. « Nous sommes attachés à notre État fédéral. Que la Commission des Affaires générales du parlement wallon suive l'évolution des négociations institutionnelles et en fasse l'évaluation, d'accord. Mais on ne veut pas aller plus loin », a expliqué le député Dimitri Fourny.
Du côté d'Écolo, on se dit prêt à répondre à une invitation mais l'on rappelle qu'en deux ans, c'est déjà la quatrième fois que le sujet est évoqué. Sur le fond, les Verts estiment toutefois que la priorité du moment n'est pas là et qu'il ne faut pas confondre les niveaux de pouvoir fédéral et régional.
« On peut parler de tout partout mais le premier endroit où il faut faire un gouvernement fédéral, c'est au fédéral. Que les Régions travaillent dans le cadre de leurs compétences : il y a d'autres urgences à rencontrer que la tuyauterie institutionnelle. Puisque les francophones ne sont pas demandeurs de réforme institutionnelle, qu'ils fassent d'abord bien ce qu'ils ont à faire », a fait remarquer le député Marcel Cheron.
(d'après Belga)

Happart veut que l'on pense à l'avenir de la Région wallonne

Le président du parlement wallon, José Happart (PS), a invité mercredi les députés à réfléchir à l'avenir institutionnel de la Région wallonne dans une Belgique en pleine évolution. L'accueil par les différents groupes politiques a été mitigé: le PS et le MR ne voient pas d'un mauvais oeil qu'une Commission ou une sous-Commission parlementaire se saisisse du problème. Le cdH et Ecolo sont beaucoup plus réservés.Cadre institutionnel"Je souhaite que très rapidement, chacun d'entre vous s'inscrive dans la réflexion sur l'avenir de notre Région dans l'Etat Belgique en évolution. Nous devons savoir ce que nous voulons pour nous-mêmes, tant d'un point de vue social ou éthique qu'économique. Mais nous ne devons jamais oublier que dans notre pays, rien ne peut se faire en dehors d'un cadre institutionnel à revisiter régulièrement", a-t-il déclaré.

Tabou
Le MR a accueilli favorablement l'invitation. La semaine passée, le président du MR, Didier Reynders, a d'ailleurs lancé un appel aux autres partis francophones pour aboutir à un accord sur une rationalisation des institutions francophones. "Que l'on aborde ces problèmes, comme la Flandre et le parlement flamand l'ont fait. Je n'ai pas peur que l'on évoque de nouvelles compétences que l'on pourrait avoir, dès lors qu'elles reçoivent le financement adéquat. Parlons-en, on a parfois l'impression que c'est tabou", a souligné le chef de groupe, Serge Kubla.

Le cdH réticent
Le chef de groupe PS, Maurice Bayenet, est lui aussi partisan d'une telle initiative. Elle avait connu un début de concrétisation lorsque la proposition de Constitution wallonne, dont il est co-signataire, a été évoquée en Commission du parlement, a-t-il rappelé, mais les autres groupes n'ont pas suivi. "Je suppose que les mentalités ont évolué", a-t-il ajouté. Au cdH, en revanche, l'accueil est différent. "Nous sommes attachés à notre Etat fédéral. Que la Commission des Affaires générales du parlement wallon suive l'évolution des négociations institutionnelles et en fasse l'évaluation, d'accord. Mais on ne veut pas aller plus loin", a expliqué le député Dimitri Fourny.D'autres prioritésDu côté d'Ecolo, on se dit prêt à répondre à une invitation mais l'on rappelle qu'en deux ans, c'est déjà la quatrième fois que le sujet est évoqué. Sur le fond, les Verts estiment toutefois que la priorité du moment n'est pas là et qu'il ne faut pas confondre les niveaux de pouvoir fédéral et régional. "On peut parler de tout partout mais le premier endroit où il faut faire un gouvernement fédéral, c'est au fédéral. Que les Régions travaillent dans le cadre de leurs compétences: il y a d'autres urgences à rencontrer que la tuyauterie institutionnelle. Puisque les francophones ne sont pas demandeurs de réforme institutionnelle, qu'ils fassent d'abord bien ce qu'ils ont à faire", a fait remarquer le député Marcel Cheron. (belga)
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Plusieurs réactions positives au discours de Demotte


Reynders
Le président du MR, Didier Reynders, a vu dans le discours prononcé par le ministre président wallon, Rudy Demotte, une note très volontariste mais il attend maintenant qu'elle soit suivie d'actes. "Il s'agit d'un discours très volontariste qui constate qu'il y a urgence mais j'espère qu'il sera maintenant suivi d'actes et de mesures concrètes", a-t-il expliqué.Javaux et PicquéLe secrétaire fédéral d'Ecolo, Jean-Michel Javaux, s'est dit satisfait de voir intégrées dans le discours de M. Demotte des préoccupations comme celle du développement durable. A l'instar de M. Reynders, il attend maintenant les actes.

Le ministre-président bruxellois, Charles Picqué (PS), s'est quant à lui réjoui de l'affirmation des liens entre la Wallonie et Bruxelles."M. Demotte a affirmé plusieurs fois son désir d'une relation privilégiée avec Bruxelles. Il confirme le bon sens dont il a toujours fait preuve. Pourquoi les Flamands auraient-ils un tel appétit que les Wallons n'auraient pas? Je crois qu'une évolution s'est produite depuis quelques années: les Wallons ont du mal à concevoir leur avenir sans Bruxelles".
Quant aux menaces lancées par le président du parlement wallon, José Happart, à l'égard des Flamands à propos des facilités linguistiques et de Bruxelles, M. Picqué dit ne pas vouloir entrer dans une guerre intrabruxelloise. Mais il s'en est plutôt pris aux partis flamands."La Région bruxelloise doit montrer plus de hauteur que la Région flamande. Elle accepte l'existence d'une minorité flamande et je ne suis pas favorable à une guerre intrabruxelloise entre Francophones et Flamands.
Mais le raisonnement de M. Happart est basé sur un principe de démocratie: toute majorité doit avoir du respect à l'égard de sa minorité. Les Bruxellois l'on fait. Je ne vois pas pourquoi la Flandre ne ferait pas de même", a-t-il expliqué.PeetersLe ministre-président flamand, Kris Peeters (CD&V), a salué le ton positif du discours de M. Demotte. "Où nous pouvons coopérer, nous le ferons certainement", a-t-il ajouté. Il n'a en revanche pas voulu se prononcer sur les aspects communautaires, qu'il s'agisse de l'allocution de M. Demotte ou de M. Happart. (belga)


La Wallonie ne veut, en matière institutionnelle, ni retour en arrière, ni fuite en avant, a rappelé samedi le ministre-président wallon, Rudy Demotte, à l'occasion des Fêtes de Wallonie. Elle entend prendre son destin en main, puiser dans ses propres ressources mais ne veut pas sortir du cadre actuel et préfère miser sur des partenariats avec les autres entités et le pouvoir fédéral. "Très pragmatiquement, nous continuons à croire en la valeur ajoutée de la Fédération belge", a lancé M. Demotte

Pas de séparatisme
Comme le président du parti socialiste en 2004, le ministre-président a toutefois mis en garde contre toute vélléité séparatiste. "Ce sont les Régions qui pourraient s'affirmer comme les piliers d'un Etat fédéral Wallonie-Bruxelles si, par malheur, d'aucuns choisissaient l'aventure séparatiste. Mais nous n'en sommes heureusement pas là et c'est bien dans le cadre fédéral actuel, équilibrant autonomie et solidarité, que nous souhaitons construire notre avenir", a-t-il souligné.

Bruxelles
Le ministre-président wallon a aussi évoqué Bruxelles et répondu de la sorte à l'appel lancé par le président du MR, Didier Reynders, à propos d'une rationalisation des institutions francophones, et aux partis flamands. Il a insisté sur la solidarité entre la Wallonie et Bruxelles - lançant au passage au ministre-président bruxellois Charles Picqué: "tu nous a appelés ce matin à l'envie l'un de l'autre, je te réponds par le désir" - mais il n'entend pas que l'autonomie régionale de l'un ou de l'autre soit remise en cause.


Pas subir mais agirM. Demotte s'est également adressé au gouvernement fédéral: la volonté de la Région wallonne est de trouver rapidement un interlocuteur solide. Il a d'ailleurs rappelé l'ouverture de la Région à l'élaboration de plans fédéraux sur le logement, l'emploi ou le développement durable. Le discours prononcé samedi a aussi été l'occasion pour le ministre-président de lancer un "message d'urgence": le rédéploiement est en marche mais les Wallons attendent des résultats. Il a cependant exhorté ces derniers à se saisir de leur destin. "La Wallonie, les Wallonnes et les Wallons ne doivent pas subir mais agir", a-t-il fait remarquer.

Bilinguisme à Bxl
Le président du parlement wallon, José Happart, à quant à lui répété son credo régionaliste et sa conception d'une Belgique composée de trois Régions. Il a évoqué une "marche vers la souveraineté de la Wallonie", qui a commencé au début du siècle passé avec Jules Destrée, tout en disant s'inscrire dans le "cadre fédéral actuel et évolutif". M. Happart a mis par ailleurs la Flandre en garde si elle touchait aux facilités linguistiques en vigueur dans certaines communes. La Région bruxelloise pourrait alors mettre fin au bilinguisme dans la capitale, a-t-il averti. (belga)

28 juillet 2007

Simons placardé au Botanique

Ayant engrangé un score électoral (sur la liste PS pour le Sénat) aussi mauvais que ses scores communaux sur les listes Ecolo, Henri Simons serait récompensé de sa trahison politique par une nomination au poste de président de la salle du Botanique.
Si la chose tente Elio, c’est que recaser l’homme couterait moins cher, en termes de voix, que de devoir encore le remettre sur une liste ! Seul petit problème, la ministre de la Culture, la PS Fadila Lanaan (surnommée dans les milieux autorisé et culturel sous le nom de Francine Lalanne) souhaite offrir le poste à un vrai socialiste et veut donc organiser un large appel à candidature.

Arena recrute
La Communauté française recherche des talents rares pour des fonctions de très grande responsabilité : Administrateur général des personnels de l’enseignement, Administrateur général de l’Aide à la jeunesse, Boss de l’ONE etc… Alors, ne voulant souffrir aucun risque politique, Maria Arena a décidé de confier la tâche de recrutement au Selor, pendant la période des vacances.
Si l’on peut constater via les sites http://www.mandats.cfwb.be/ et http://www.selor.be/ que les fonctions demandent un niveau universitaire, il n’est dit nulle part que la répartition des postes sera in fine réalisée dans l’équilibre politique souhaité du moment, c’est-à-dire deux PS pour un cdH ! On ne change pas une bonne vieille méthode (de politisation) qui gagne…

10 mars 2007

Appel à un plan langue pour Bruxelles

Accès à l'enseignement néerlandophone: le MR blâme Arena

Les projets des ministres flamand et bruxellois de l'Enseignement Frank Vandenbroucke et Guy Vanhengel sur l'accès à l'enseignement néerlandophone à Bruxelles ne hérissent pas outre mesure le MR, qui s'est étonné en revanche de la position de la ministre de l'Enseignement obligatoire en Communauté française Marie Arena.Le groupe MR au Parlement de la Communauté française rappelle avoir mené une réflexion similaire avec son projet de "parcours citoyens" qui permettrait aux primo-arrivants de suivre des cours de français pour mieux s'intégrer et mieux suivre la scolarité de leurs enfants. "Néanmoins, le MR ne peut cautionner le fait que cela conditionne expressément l'inscription ou pas de l'enfant dans une école", relève Françoise Bertieaux, chef de groupe MR. Mais encourager et aider les parents à fournir cet effort, de façon non contraignante, "peut être envisagé".Libre choix des parentsPar contre, elle s'étonne d'entendre Marie Arena (PS) et la présidente du cdH Joëlle Milquet brandir l'article 24 de la Constitution sur le libre choix des parents, "que la ministre a pourtant bafoué dans son décret Inscription", estime Françoise Bertieaux. "Il faudrait peut-être avant tout balayer devant sa porte avant de donner des leçons aux ministres flamands", dit-elle dans un communiqué. (belga)

Frank Vandenbroucke veut relever avec les francophones, le défi social et linguistique.
Obligera-t-il les parents d'élèves à apprendre le néerlandais ? Peut-être.

Trois jours après avoir lancé un pavé dans la mare en annonçant qu'il envisageait d'obliger les parents d'élèves des écoles flamandes à apprendre le néerlandais, le ministre flamand de l'Enseignement et de l'Emploi s'explique sur ses intentions.
De son bureau au 7 e étage au boulevard Albert II, Frank Vandenbroucke (SP.A) s'étonne des réactions outrées de l'autre côté de la frontière linguistique car, dit-il, "francophones et Flamands doivent relever un défi social et éducatif commun. Il y a à Bruxelles un chômage massif des jeunes, de 37 pc, lié à la non-qualification. Il y a un problème sérieux de pauvreté et de langue dans des familles où l'on ne parle ni français, ni néerlandais. Francophones et Flamands avons un message à donner ensemble. Un enfant qui entre dans une école francophone doit comprendre et parler le français. Idem pour le néerlandais. Le grand danger, qui est déjà en partie une réalité, c'est de créer le zérolinguisme au lieu du multilinguisme."
En demandant aux parents de s'engager à apprendre le néerlandais au moment de l'inscription, ne prenez-vous pas les enfants en otage ?
Je n'ai pas dit qu'il fallait obliger les parents à apprendre le néerlandais (NdlR : M. Vanhengel, ministre bruxellois pour l'enseignement flamand, lui, l'a dit). J'ai lancé un chantier, ouvert un débat. Il faut mettre l'accent sur l'apprentissage de la langue, en commençant le plus tôt possible, d'où notre idée d'obliger l'élève qui s'inscrit en primaire dans une école flamande de suivre au moins un an de maternelle en néerlandais. C'est logique. Je crois que l'on peut aussi obliger les parents à avoir des contacts réguliers avec l'école. Leur participation active est une condition sine qua non pour réussir. Enfin, je pense que l'on peut inviter, voire obliger - je ne l'exclus pas - les parents à apprendre la langue, grâce à des cours gratuits. Mais il faut surtout un appel positif et non pas un système hyperrépressif.
Dans les faits, contraindre à une année de maternelle en flamand, cela revient à abaisser l'âge de l'obligation scolaire de 6 à 5 ans. Or, c'est une compétence fédérale, non ?
La Constitution dit que l'âge de l'obligation scolaire est une question fédérale, mais ce sont les communautés qui l'organisent pratiquement. Par exemple, l'obligation scolaire à temps partiel pour les 16-18 ans est organisée par les communautés. Juridiquement, il nous revient de donner la condition d'inscription. En théorie, si un enfant de 6 ans arrive à l'école sans avoir suivi un an de maternelle en flamand, on le mettra en maternelle. En pratique, le signal donné est : "Venez à 5 ans". Et si j'étais côté francophone, je ferais la même chose, même si je n'ai pas de leçon à donner à Marie Arena. J'irais même plus loin. J'invite les francophones à élaborer un modèle coopératif de l'enseignement à Bruxelles. Il y a déjà des initiatives avec Marie Arena sur le contrôle de l'obligation scolaire. Pourquoi ne pas donner aux parents bruxellois un signal commun qu'ils doivent apprendre une des deux langues ? C'est un défi commun. Il y a des interactions constantes entre les réseaux scolaires francophones et flamands.
Pour certains, l'idéal serait de dispenser un enseignement bilingue français - néerlandais à Bruxelles. Qu'en pensez-vous ?
Ce serait imaginable s'il n'y avait que des francophones et des néerlandophones, mais nous avons une panoplie de langues (turc, marocain,...). Il est naïf de croire que l'on pourrait avoir un enseignement de qualité en deux langues. Le but ultime de l'enseignement est le multilinguisme mais il faut bien faire un choix. C'est pour cela que je suis réticent par rapport à l'enseignement en immersion. C'est rentable pour des élèves favorisés mais je crains que ce soit néfaste pour les autres. En Flandre, à partir de 2008-2009, nous allons tout de même tenter l'expérience de l'immersion dans 10 écoles. Mais ce sera en secondaire, donc à un âge où l'on maîtrise déjà une langue. © La Libre Belgique 2007

09 mars 2007

Exclus du système par dizaines

MAJ 09/03/07

Les jeunes non qualifiés seront accompagnés

Le gouvernement wallon a chargé le Forem de proposer immédiatement un accompagnement individualisé à tout jeune de moins de 25 ans qui quitte l'enseignement secondaire sans avoir obtenu un diplôme. La Wallonie compte quelque 50.000 demandeurs d'emploi âgés de moins de 25 ans, dont 60% n'ont pas terminé leurs études secondaires. Presque systématiquement, ces jeunes peu qualifiés se retrouvent au chômage et risquent d'y rester longtemps avant de trouver un premier emploi, a expliqué le ministre wallon de l'Emploi, Jean-Claude Marcourt. Pour enrayer cette spirale, le gouvernement a supprimé le délai de 6 mois entre l'inscription de ces jeunes au Forem et leur première convocation par celui-ci. Dès qu'ils s'inscriront, ils se verront proposer un "contrat crédit insertion".


Un conseiller du Forem fera avec eux un bilan personnel et professionnel pour leur construire un programme qui leur est propre. Idéalement, vu les difficultés qui ont été les leurs à l'école, il s'agirait d'alterner entre un emploi et des formations. Si le jeune concerné refuse de s'inscrire dans un tel programme, il risque d'être sanctionné en vertu de la convention qui lie l'Onem et le Forem pour l'accompagnement des chômeurs.

L'OCDE, vient de publier un rapport très critique sur le chômage des jeunes.

La Belgique ne ferait pas assez d'efforts pour aider les jeunes à trouver un emploi. En conséquence, l'OCDE propose quelques recettes spectaculaires Le taux de chômage des 15-24 ans tourne autour de 20% dans notre pays. Sans surprise il s'agit surtout de jeunes peu voire pas qualifiés. Ou alors de jeunes dont les qualifications ne correspondent pas aux besoins des entreprises. Pour l'OCDE, L'organisation de coopération et de développement économique, il faut améliorer les performances de l'enseignement et l'offre de formations. Mais il faudrait également aller plus loin, rendre le marché du travail encore plus flexible. L’OCDE suggère que la Belgique change radicalement le système des allocations d'attente. En pratique, cela reviendrait à les supprimer. Pour le ministre de l'emploi Peter Vanvelthoven, c'est non. Autre constat de l'OCDE, les jeunes restent trop souvent bloqués dans des contrats précaires. Alors pour faciliter la transition vers des contrats à durée indéterminée, l'OCDE propose une sorte de contrat intermédiaire. Plus de protection que dans les contrats précaires, mais moins de protection que dans les contrats à durée indéterminée. Mais là encore, pour les autorités belges, c'est non.

Les élèves issus de l'immigration plus faibles

Les performances scolaires des élèves issus de l'immigration sont toujours plus faibles que celles des Belges de souche, même si on isole le facteur socio-économique, la langue parlée à la maison et le type d'enseignement suivi.
Voilà ce qui ressort-il d'une étude de l'ULB rendue publique jeudi à Bruxelles par la Fondation Roi Baudouin. Ces résultats approfondissent, pour la Belgique, les résultats d'une enquête internationale PISA de l'OCDE, sortie en mai dernier.
Lorsqu'on examine les scores moyens en mathématiques dans les deux Communautés, on constate dans les deux cas des écarts importants entre élèves autochtones et élèves issus de l'immigration. Il existe également des différences entre élèves de la deuxième génération et les nouveaux arrivants.


En Communauté française, 17% des élèves autochtones ont un niveau très faible en maths. Ils sont 36% chez les élèves de la deuxième génération. Quant aux nouveaux arrivants, la moitié d'entre eux rencontrent de sérieux problèmes en mathématiques.
En Flandre, les pourcentages sont respectivement de 7%, 42% et 29%. En outre, les immigrés arrivés en Belgique avant l'âge de 6 ans obtiennent un meilleur niveau que ceux arrivés plus âgés. Les facteurs d'explication de ces chiffres sont multiples. Les élèves qui parlent le français ou le néerlandais à la maison ont de meilleurs résultats que ceux qui y parlent une autre langue.
Pourtant, même quand les immigrés parlent la même langue que les autochtones à la maison, ils ont toujours des scores plus faibles que les seconds. Par ailleurs, les écarts entre autochtones et immigrés persistent dans toutes les filières d'enseignement (général, technique et professionnel).
Enfin, plus l'élève est issu d'une famille avec un statut socioéconomique élevé, plus il aura des scores élevés en maths. Ainsi, les enfants d'employés, avec ou sans lien avec l'histoire migratoire, ont des scores plus élevés en maths que les enfants d'ouvriers. L'étude conclut dès lors que la langue et la position socioéconomique des parents n'expliquent qu'une partie des différences entre autochtones et immigrés.
Il existe bel et bien une "problématique spécifique" en ce qui concerne les élèves issus de l'immigration. Les établissements scolaires jouent un rôle. La réussite des élèves dépend aussi de l'école, a souligné Andrea Rea, chargé de cours à l'ULB. La Fondation pointe du doigt, par exemple, le manque d'interaction entre parents d'immigrés et professeurs. Elle prône notamment une meilleure connaissance du système scolaire pour les parents par, entre autres, la lecture du journal de classe et des contacts avec les professeurs.
La Belgique a encore beaucoup d'efforts à faire en ce qui concerne la démocratisation de son enseignement qui ne sert actuellement plus suffisamment d'ascenseur social, conclut l'étude. Les auteurs invitent les décideurs politiques et les acteurs de l'éducation à une mobilisation et à une réflexion urgente sans tabous. Il faut développer des stratégies visant à améliorer le niveau des maths à l'école et visant à allier le principe de l'égalité et celui de la liberté de choisir son établissement, estime M. Rea.
La Fondation Roi Baudouin lancera fin mars un appel à projets axé sur le tutorat d'étudiants. Il s'agit d'initiatives au travers desquelles des étudiants de l'enseignement supérieur aident d'autres jeunes (notamment des jeunes issus de l'immigration) de l'enseignement secondaire à réussir leurs études.
L'étude "Performances des élèves issus de l'immigration en Belgique selon l'étude PISA", est consultable sur l'internet (http://www.kbs-frb.be/). L'échantillon était composé de 5.000 élèves en Communauté flamande et 3.000 en Communauté française, âgés de 15 ans et issus de 277 écoles belges.
(D'après Belga)

MAJ 28/02/07

Adopté à l'aube, majorité contre opposition

C'est à 7h30 mercredi matin, après plus de 18 heures de débat, que le parlement de la Communauté française a adopté majorité contre opposition -49 PS et cdH pour, 22 MR et Ecolo contre- le projet de décret visant à réguler les inscriptions et les changements d'écoles dans l'enseignement obligatoire.
Avant les votes, les députés MR ont encore volontairement prolongé la séance à l'occasion de la discussion des articles du projet. Willy Borsus, Jean-Paul Wahl et Jean-Luc Crucke ont ainsi tenté sans succès, pendant plus de deux heures, de persuader leurs collègues de la majorité de la pertinence de leurs près de 80 amendements, souvent répétitifs ou d'ordre sémantique.
Tous les amendements du MR ont été rejetés en bloc par la majorité et le parlement a aussi repoussé les deux propositions de résolution d'Ecolo et du MR déposées en début de séance mardi matin, demandant de suspendre le vote du décret. En raison de l'heure tardive de la fin de la réunion, les réunions de Commissions des Finances, de l'Enseignement supérieur, de la Santé, de la Coopération avec les Régions et de l'Education, prévues mercredi, ont été reportées. Seule celle de la Commission de l'Audiovisuel est maintenue, à 14 heures 30.
Jusqu'au bout de la nuit
Ce n'est que peu après trois heures du matin mercredi que la ministre de l'Enseignement obligatoire Marie Arena a pu répondre aux 24 intervenants, à l'issue d'un débat de plus de 12 heures sur le projet de décret "inscriptions". Elle a longuement détaillé les dispositions de son texte, fréquemment interrompue par l'opposition. Le brouhaha s'est quelque peu calmé après quelques rappels à l'ordre du président Jean-François Istasse.
Répondant aux préoccupations de Francis Delperée à propos des places de secondaire "réservées" pour les élèves ayant suivi les primaires dans le même établissement, elle a indiqué que sur 50.000 parents, 1.500 seulement font le choix sur la longue durée de 12 ans, la grande majorité choisissant 6 ans.
Elle a également précisé que pour les études concernées par le décret, le taux de mobilité (pourcentage d'élèves qui changent d'école) tourne autour de 7%.
A ceux qui lui faisaient reproche d'agir par idéologie ou dogmatisme, elle a rétorqué que "si c'est une idéologie qui permet à chacun de nos jeunes d'avoir accès aux compétences, il s'agit alors d'une nécessité, d'un impératif".
Tout au long de la soirée et de la nuit, presque tous les membres du groupe MR étaient montés longuement à la tribune pour reprendre des critiques déjà exprimées auparavant et dénoncer les motivations idéologiques du PS.
Les propos ont souvent pris un tour polémique, provoquant de vives réactions sur les bancs de la majorité PS-cdH. Ces longues interventions sont aussi parfois sorties du cadre strict du décret en discussion, pour évoquer une série de dossiers touchant à l'enseignement. Elles ont même débouché à l'une ou l'autre occasion sur des débats moins tendus, relatifs à l'âge de l'obligation et de l'inscription scolaires par exemple.
Le ton est particulièrement monté et le débat est devenu vraiment houleux quand Richard Miller (MR) s'en est pris à Francis Delperée (cdH), lui reprochant d'utiliser un savoir que les autres députés n'ont pas pour faire la leçon à tout le monde. Mais il a aussi accusé le PS de "grignoter petit à petit les libertés citoyennes" et le cdH de sacrifier ses valeurs pour préserver sa présence dans la majorité.
Après une nouvelle interruption de séance après la réponse de Mme Arena, les groupes ont entamé les répliques à partir de 4 heures 20. Les parlementaires vont ensuite débattre de la septantaine d'amendements finalement déposés par le MR.



L'école est très inégalitaire

Il reste encore pas mal de pain sur la planche, en Communauté française

L'enseignement obligatoire, source de remise à égalité entre toutes les couches sociales de la population, vous voulez rire ?
C'est le triste constat que pose, en filigrane, le recueil de statistiques officielles dévoilé lundi par Marie Arena (PS). Des chiffres qui existaient, en fait, déjà, mais de façon souvent très dispersée. Le grand mérite, ici, est de les regrouper en un seul fascicule.
La ministre francophone de l'Éducation le reconnaît : il reste "un travail colossal à réaliser " en matière d'égalisation sociale. Elle espère l'avoir déjà solidement entamé avec les mesures de son contrat pour l'école, qui commence à déboucher sur des réformes.
En attendant, plusieurs des données interpellent, dans ce premier document essentiellement basé sur l'année scolaire 2004-2005. Même si d'autres, à l'inverse, ont plutôt tendance à rassurer, notamment en terme de pénurie des profs.
Mixité sociale. Plus on monte dans le degré d'enseignement, plus on rencontre des jeunes de familles favorisées. Les autres, à l'inverse, stagnent dans le bas de l'échelle, et la plupart ne s'en sortent jamais. Les écoles ghettos et les filières professionnelles réservées aux plus démunis restent donc un problème criant. C'est le gros point noir des statistiques dévoilées.
Redoublement. C'est en première et deuxième primaire que l'hécatombe est le plus conséquent (6,3 % et 6,4 % d'échecs). En secondaire, c'est la troisième année la plus difficile, avec 19 % de redoublants, devant la cinquième et ses 16,7 %, soit deux années de choix d'orientation. Mais ici, de fortes différences apparaissent selon les années de référence. Et les récentes normes de non-redoublement ne facilitent guère les comparaisons pertinentes.
De plus en plus de femmes
Âge. 98 % des élèves sont inscrits en maternelle dès l'âge de 3 ans.
Accès au supérieur. Plus d'un jeune sur deux (54 %) poursuit un parcours au-delà du secondaire : 21 % vont à l'université, 6 % dans le supérieur non-universitaire de type long et 27 % dans le type court.
Diplômes. Un Belge sur deux dispose d'un diplôme de fin d'études secondaires, un sur cinq du supérieur.
Enseignants. Les filières de formation semblent retrouver la cote. Mais le principal constat des tableaux demeure de très fortes baisses successives (28 % en 4 ans !) dans la seconde moitié des années 90, soit au moment des grandes grèves et de la dévalorisation de l'image des profs.
Féminisation. La féminisation du corps enseignant demeure galopante : les femmes sont plus que jamais majoritaires, tant dans le fondamental (85 %) que dans le secondaire ordinaire (59,5 %) ou spécialisé (65,1 %). Et ces hausses sont constantes, avec un gain d'environ 5 % en treize ans dans chaque catégorie.
Avenir. L'étude statistique sera envoyée aux écoles cette semaine. Elle sera également mise en ligne (www.enseignement.be). Et on la mettra à jour chaque année avec, l'an prochain, une analyse plus fouillée sur les parcours scolaires des jeunes.

© La Dernière Heure 2007

La Commission pour le droit à la scolarité se penche sur les exclusions pour troubles du comportement. Elle nous livre ses premiers constats.
Le sujet est plus que délicat et personne n'a manifestement envie qu'il soit mis au jour. Une Commission pour le droit à la scolarisation des enfants et adolescents a néanmoins vu le jour en novembre 2005 dans la plus grande discrétion. Une initiative du délégué général aux droits de l'enfant dont il nous a semblé intéressant de dresser un premier bilan.
"Pour le droit à la scolarisation" ? L'intitulé interloque. La scolarité est effectivement bien plus qu'un droit dont, compte tenu de l'obligation scolaire, on peut s'étonner qu'il soit question de le violer...
Alors de quoi parle-t-on ? D'enfants déclarés non scolarisables et/ou refusés ou exclus, sous des prétextes vraiment pas clairs. Et, malheureusement, le phénomène n'est pas rare. Le seul chiffre qui circule est 1 400. Il correspond à peine aux dossiers d'exclusion déclarés pour le seul niveau secondaire du réseau "Communauté française" qui représente une minorité d'élèves. Les autres réseaux (les écoles libres et communales) ne publient pas ce genre de données. Peu importe, serait-on d'ailleurs tenté de dire. Car, selon nos informations, de nombreuses exclusions ne sont pas traitées dans les formes. Elles font soit l'objet d'un courrier aux parents pour leur signaler que leur enfant n'est plus le bienvenu. Soit l'objet d'un simple coup de téléphone.
Les dossiers de jeunes exclus s'accumulent en ce moment sur les bureaux des membres de la jeune Commission, seuls témoins possibles, en l'absence de relevé systématique, de l'ampleur du problème. Vu l'immensité du chantier, la Commission a d'ailleurs décidé de restreindre son champ de travail à l'analyse des causes d'exclusion en rapport avec les troubles du comportement, tant dans l'enseignement ordinaire que dans l'enseignement spécialisé.
"Comme il n'existe aucune statistique valable, notre premier but est de dresser un état des lieux", explique la présidente de la Commission, Anne de Kerkhove, qui insiste pour continuer à travailler dans la plus grande discrétion mais accepte néanmoins de nous communiquer ses premiers constats.
La notion de troubles du comportement est variable. Elle change en fonction du seuil de tolérance de l'adulte qui peut, lui aussi, varier en fonction des circonstances au fil de l'année. Ce côté subjectif doit être corrigé. Une des idées est donc d'établir des critères scientifiques qui permettraient de savoir plus clairement de quoi on parle.
Les exclusions pour troubles du comportement affectent en particulier les élèves de l'enseignement spécialisé. Le problème existe aussi dans l'enseignement ordinaire mais, dans le spécialisé, les conséquences sont plus vite lourdes en raison du manque de places disponibles.
Un seul exemple : il n'existe, à Bruxelles, qu'une seule école "de type 3" (troubles du comportement et caractériels). Quand un jeune en est exclu, il est forcément orienté vers la Wallonie. D'où de lourds problèmes de transport. Dans ce cas, il atterrit le plus souvent en institut résidentiel. Pour ne pas quitter Bruxelles, la seule orientation possible est le secteur psychiatrique. Une orientation suivie par certains.
Ces exclusions concernent toujours des familles démunies. Il faut insister sur la fragilité du public concerné.
Les motifs d'exclusion ne sont pas toujours clairs. La Commission ne fait que commencer son relevé. Elle épingle plusieurs causes concrètes d'exclusion. Celles-ci vont de la violence verbale ou physique à l'absentéisme en passant par des cas d'énurésie ou de poux à répétition. Mais le trouble du comportement est plus flou. Or, le droit à la scolarité représente le droit de pouvoir "rester dans le train". Les causes d'exclusion doivent donc explicitement être mentionnées. Ce qui n'arrive que trop rarement.
Le temps pour réaffecter un élève exclu est trop long. Quand les écoles procèdent "dans les règles" (dossier complété envoyé à l'Administration puis transféré à la commission zonale de réaffectation), il faut minimum deux mois pour qu'un élève exclu retrouve une école qui l'accepte.
Mais, nous précise-t-on, ce délai de deux mois ne concerne qu'une minorité des cas. Pour les autres, il faut bien plus. L'on comprend dès lors que, souvent, exclusion rime avec redoublement, l'élève étant incapable de combler un retard de plusieurs mois.
Affronter le problème des "non-scolarisés". Toute une catégorie d'enfants est exclue formellement de l'école, sans que ce ne soit contesté par personne. A une époque, ils étaient déclarés "non éducables". On est passé à "non scolarisables" puis, aujourd'hui, à "non scolarisés".
Derrière une étiquette de plus en plus lisse, se cache un gros problème de procédure. Rien ne définit, en effet, les éléments qui doivent être réunis pour qu'un enfant soit mis dans cette catégorie. Ce qui laisse la porte ouverte à tous les abus...
Et celui des exclus... sans être renvoyés. Comment avoir une prise sur ce genre de situation ? Il s'agit d'enfants dont leurs écoles ne veulent plus mais qui ne prennent pas la peine de les renvoyer officiellement. Ils ne peuvent donc plus aller en classe. Mais ne peuvent pas non plus se réinscrire ailleurs !
Identifier et dévoiler les situations positives. Car il y en a. Certaines écoles, certains acteurs, certaines familles mettent tout en oeuvre pour épauler un jeune en difficulté. Leur démarche doit être partagée.
Développer un axe de prévention. Qui passera certainement par un important volet de formation des enseignants.
Formuler des recommandations. Quand les critères d'exclusion auront été relevés et que les ressources disponibles auront été inventoriées, la Commission formulera une série de recommandations au délégué général aux droits de l'enfant, Claude Lelièvre, qui les transmettra au politique.
© La Libre Belgique 2006


Ecartés, ils se retrouvent... à la maison !

Depuis la création de la commission, les témoignages s'accumulent sur les bureaux de ses membres. De nombreux cas ne sont pas traités dans les formes !
Cédric a treize ans. Handicapé mental moyen, il bénéficie de capacités d'apprentissage certaines. Il suit sa scolarité dans la seule école de Bruxelles accessible à son "type" de pathologie quand, du jour au lendemain, celle-ci avertit sa maman qui l'élève seule qu'il n'est plus souhaitable que Cédric revienne en classe. Problème : aucun autre établissement ne propose ce type de prise en charge. Cédric est donc orienté vers le Brabant wallon. Vu l'éloignement, il faut opter pour un internat. Or, l'enfant supporte mal d'être éloigné de sa maman. Malheureux, il se fait encore plus remarquer. A tel point que cette école-là aussi, refuse désormais de l'accueillir. Résultat : Cédric n'est plus scolarisé depuis deux mois. Depuis un mois il est même tous les jours... à la maison. Dans aucun des deux cas, la procédure d'exclusion n'a été respectée. Il n'y a donc pas eu d'intervention de la commission zonale en principe chargée de trouver un établissement aux élèves exclus.
Mathias a... 3 ans. Il est en 1re maternelle lorsque son école avertit ses parents qu'elle ne désire plus s'occuper de lui. Ses troubles du comportement ont fait l'objet d'une pétition signée par les parents des autres élèves. L'école a suivi. Une rapide enquête sur les causes précises du renvoi de Mathias fait apparaître qu'il... renversait de l'eau dans son potage. Heureusement, il a fallu moins de deux mois pour "recaser" le petit. Qui a commencé sa nouvelle scolarité avec un passif déjà bien plus lourd que lui... Mathias est toujours dans l'enseignement ordinaire. Mais il l'a échappé belle. Il faut effectivement savoir que des écoles spécialisées de type 3 (troubles du comportement et caractériels) accueillent des enfants de maternelles depuis 20 ans.
Luc a 15 ans. Scolarisé dans le type 8 (troubles instrumentaux : dyslexie, aphasie...) en primaire, il a été "balancé" en type 3 (troubles du comportement et caractériels) dans le secondaire, car le type 8 n'existe simplement plus à ce niveau. L'occasion de rappeler que l'idée était de faire de ce type 8 primaire un accueil spécialisé provisoire pour réintégrer les enfants dans l'ordinaire, ce qui n'arrive pratiquement jamais. Comme on peut l'imaginer, Luc ne s'est pas intégré du tout. Il a été exclu. Ses parents cherchent une éventuelle institution Awiph pour le prendre en charge. Faute de quoi ils le feront admettre en psychiatrie. Jusqu'à ce que ces services-là dont telle n'est pas vraiment la mission le renvoient à leur tour...
Pablo a 13 ans. Sa famille traverse de graves problèmes. Le milieu familial étant défaillant, il est pris en charge par un service de protection judiciaire mais va à l'école avec des copains de son âge et s'en tire plutôt bien. Jusqu'au jour où son père met fin à ses jours. Peu après, Pablo "pète un plomb" dans sa classe. Il est décidé de le confier à un hôpital psychiatrique, le temps qu'il se remette. Trois mois plus tard, il pense revenir dans sa classe, mais on lui ferme la porte. Le prétexte ? Il a fait de l'hôpital psychiatrique. Seulement rien n'est stipulé officiellement. Pablo est toujours inscrit dans l'école. Dans le contexte familial qui est le sien, la seule option possible est une structure Awiph résidentielle. Pablo sera donc déscolarisé.
Tous ces cas sont malheureusement réels. Les noms ont néanmoins été modifiés. Merci à Carine Verstraeten des services du Délégué général aux droits de l'enfant de nous avoir ouvert quelques-uns de ses dossiers.
© La Libre Belgique 2006

Un urgent besoin de transparence !

Anne De Kerkhove dirige la jeune Commission. Qui fait face à une tâche immense...
Exclusions pour troubles du comportement : on assiste d'après ce que vous dites à une épidémie. Mais que recouvre l'expression "troubles du comportement" ?
C'est précisément ce que nous voulons définir, car ce n'est pas précis à ce stade-ci. Les critères d'exclusion pour troubles du comportement sont individuels, mais il faut absolument arriver à les objectiver.
Une série de problèmes sont également liés aux refus d'inscription. Comptez-vous les aborder ?
Oui. Il faut savoir que les services de l'Obligation scolaire de la Communauté française ne s'occupent pas de vérifier si tous les mineurs sont effectivement inscrits dans une école. Ils travaillent beaucoup, mais manquent de moyens et de personnel. Il faudrait pourtant pouvoir dépister les non-inscrits le plus tôt possible. Que fera-t-on quand on se retrouvera face à des situations d'enfants de dix ou douze ans qui ne sont jamais allés à l'école ?
Pour revenir à l'exclusion, avez-vous l'impression que le nombre de cas réels est beaucoup plus important que le nombre d'exclusions déclarées ?
En marge des exclusions pures et dures, nous rencontrons, en effet, également des situations d'enfants qui ne peuvent plus aller à l'école et ne sont pourtant pas exclus formellement. Et puis, il y a tous ceux qui pourraient être tous les jours dans leur classe mais qui, pourtant, n'y vont pas. C'est la question de l'absentéisme scolaire. Et l'on retombe sur les problèmes de manque de contrôle. A ce propos, il ne faut pas négliger les cas de "phobies scolaires" qui sont en augmentation. En aucun cas, ces enfants ne nécessitent un passage vers l'enseignement spécialisé, mais ils pourraient espérer une meilleure exploitation des ressources du terrain.
La tâche semble énorme. Comment comptez-vous avancer ?
Nous sommes occupés à contacter tout le monde : la direction générale de l'enseignement, les centres psycho-médico-sociaux, les associations de parents, les services Droit des jeunes, les services du Médiateur de la Communauté française, les directions d'écoles, les juges de la jeunesse, les services de contrôle scolaire, les commissions zonales d'inscription, l'Awiph... Nous avons besoin d'écouter tout le monde. Nous remercions d'ailleurs tous les intervenants pour leur précieuse collaboration. Il faut arriver à ce qu'une école considère qu'elle a quelque chose à gagner (dans tous les sens du terme) en gardant un enfant à problème. Et cela, on en est très loin !
Pourquoi est-ce tellement important ?
Nous savons tous que la prévention de la délinquance des jeunes passe, d'abord, par la lutte contre l'inadaptation scolaire et, ensuite, par le droit à la scolarisation des jeunes qui présentent des troubles du comportement.
© La Libre Belgique 2006

10 janvier 2007

"Immo Congo : petits arrangements entre amis ?"

MAJ 10/01/2007

La résolution Immo Congo adoptée sans débat

mardi 09 janvier 2007
Le parlement de la Communauté française a adopté sans guère de débat, majorité contre opposition, la résolution de la majorité PS-cdH rédigée à la suite des travaux de la Commission spéciale conjointe parlement wallon-parlement de la Communauté, dite "Immo Congo".
Déjà approuvée par le parlement wallon avant les congés de fin d'annnée, la résolution demande notamment au gouvernement de veiller à une meilleure transmission d'informations tant entre ses membres, avec ses administrations fonctionnelles.
Elle juge indispensable de poursuivre l'accentuation des synergies entre les entités fédérées francophones et recommande au gouvernement de finaliser la fusion entre le Commissariat Général aux Relations Internationales (Communauté) et la Direction des Relations Internationales (Région wallonne).

Le texte prévoit encore qu'afin d'éviter l'urgence susceptible de mettre le gouvernement ou l'adminisration dans des situations difficiles, les administrations concernées établiront un plan d'occupation immobilière.
Les chefs de groupe avaient convenu de ne pas refaire mardi en séance publique à Bruxelles le débat déjà mené à Namur sur cette résolution. Ils se sont donc contentés de commenter brièvement le déroulement des travaux de la Commission.
Anne-Marie Corbisier (cdH)a souhaité qu'à présent, la justice continue le travail jusqu'au bout. Françoise Bertieaux (MR) a averti qu'elle interrogerait la ministre des Relations internationales Marie-Dominique Simonet sur les zones d'ombre et les questions laissées sans réponses. Léon Walry (PS) s'est félicité de l'impartialité et du sérieux manifestés par le président de la Commission, Maurice Bayenet, après les suspicions que certains avaient exprimées à son égard.
(d'après Belga)

La résolution ImmoCongo approuvée

Le parlement wallon a approuvé en séance plénière les recommandations de la Commission ImmoCongo. Parallèlement, il adresse 13 recommandations au gouvernement, visant à corriger les "carences constatées".

Le PS et le CDH ont voté en faveur du texte. Le MR et Ecolo ont voté contre. Le Front National ainsi que le député Jean-Claude Van Cauwenberghe (PS) se sont abstenus. L'ancien ministre-président wallon fut au centre de la tourmente médiatique qui a entouré ce dossier. Il a pris la parole à l'issue des débats pour justifier son abstention.
Il n'est pas en désaccord avec la proposition votée mais il a voulu dire ce qu'il avait sur le coeur après les travaux de la Commission. Il a dénoncé en particulier l'exploitation politique de cette affaire. Cela m'a permis, en moins d'un mois, de passer du statut d'accusé principal à un rôle plus simple et plus réel d'acteur d'une décision collégiale prise par un gouvernement. Je me félicite que l'on n'ait pas recherché de responsabilité individuelle sur le plan politique. Au plan humain, cela restera comme un de mes plus mauvais souvenirs marqué par un manque de confraternité ministérielle et la volonté d'exploitation politique éhontée de certains, a-t-il dit.
Avant lui, les différents représentants des groupes politiques se sont succédé à la tribune pour livrer leur vision du dossier à l'issue des auditions. Les sensibilités ont varié. Du côté du MR, Véronique Cornet a plus spécifiquement ciblé l'actuelle ministre des Relations internationales, Marie-Dominique Simonet (CDH). Elle n'était pas en fonction au moment des faits incriminés mais c'est elle qui a transmis le dossier au parquet de Charleroi en juin 2006.
Le CDH, par la voix de Michel Lebrun, a en revanche pointé du doigt le rôle de l'ancien ministre-président de la Communauté française, Hervé Hasquin (MR), en charge de relations internationales. Quant au PS, il n'a égratigné personne. Il s'est juste interrogé sur cette transmission du dossier au parquet. "Etait-elle légitime? C'est difficile d'y répondre.
L'histoire nous l'apprendra. Qui peut dire aujourd'hui l'issue de la procédure judiciaire? , a souligné Christophe Collignon. Chaque groupe a reconnu qu'il restait des questions ouvertes à l'issue des travaux de cette Commission. Il a notamment été question de la décision prise le 29 avril par le gouvernement wallon et, apparemment, jamais notifiée, de l'importance exacte du CGRI dans le dossier, etc.
Le commissaire Ecolo, Bernard Wesphael, a voulu se démarquer de la conclusion des travaux et des recommandations adressées au gouvernement. J'ai le sentiment que tout un travail sérieux a tourné en eau de boudin. Les zones d'ombre ont disparu du texte alors que nous n'avons parlé que de ça pendant 15 jours. Nous avons maintenant un texte de recommandations béni oui-oui, a-t-il regretté.
Le travail fourni par ce genre de Commission parlementaire a également été évoqué, de même que le rôle des médias. Le président, Maurice Bayenet (PS), a mis en garde contre une institution parlementaire qui se muait, d'après lui, trop facilement en juge d'instruction.
Il est trop facile de se transformer en juge d'instruction voire pour certains en procureur, ajoutant à leur charge une excitation médiatique accompagnée d'une délectation réelle, a-t-il dénoncé avant de proposer de créer au sein du parlement, comme en France, des "missions déléguées" qui se pencheraient sur des problèmes ponctuels.
Certains ont néanmoins rappelé, au MR et au cdH, l'importance du contrôle par le parlement de l'action du gouvernement. L'une des missions fondamentales d'un parlement dans une démocratie est le contrôle du gouvernement. A cet égard, cette Commission a rempli son rôle, a fait remarquer Michel Lebrun.

Treize recommandationsLe parlement wallon a clos vendredi les travaux de la Commission ImmoCongo en adressant 13 recommandations au gouvernement, visant à corriger les "carences constatées". Le parlement de la Communauté française en fera de même au mois de janvier. La résolution demande ainsi au gouvernement de veiller à une meilleure transmission des informations entre ses membres ainsi qu'avec l'administration.Elle insiste aussi sur la nécessité de poursuivre "l'accentuation des synergies" entre les entités fédérées francophones, notamment en tenant une réunion conjointe des exécutifs quand des dossiers communs sont abordés. Elle demande par ailleurs au gouvernement d'établir un document qui compare les budgets des représentations à l'étranger, de finaliser la fusion du Commissariat Général aux Relations Internationales (CGRI) de la Communauté française et de la Division des Relations Internationales (DRI) de la Région wallonne. Elle rappelle encore que la réglementation sur les marchés publics doit être strictement respectée. Elle ajoute que "les principes d'appel et de mise en concurrence, de transparence et de non discrimination restent d'application en toutes circonstances dans les choix de tout opérateur". Elle propose en outre que le ministre du Budget motive toute décision qui serait prise sans l'accord de l'Inspection des Finances.(D'après Belga)

Le rapport sur ImmoCongo approuvé
mardi 19.12.2006, 11:50La Commission ImmoCongo a approuvé le rapport de ses travaux par dix voix pour et une abstention. Les différents groupes devront transmettre leurs propositions de recommandations pour demain. Elles seront ensuite débattues jeudi en Commission. L'objectif des commissaires est de parvenir à une résolution commune, dans la mesure du possible.

"La commission Immo-Congo était une mauvaise idée"



C'est la conclusion d'André Antoine, ministre CDH du gouvernement Wallon. Un constat partagé par le chef de l'opposition MR à la Région wallonne, Serge Kubla. Invités dimanche midi de l’émission "Mise au point" tous les deux estiment qu'il aurait mieux valu que la justice fasse son travail….
Pour André Antoine"les parlementaires souvent veulent s'aventurer sur un terrain qui n'est pas le leur, pour lequel ils ne sont pas préparés et il y a la séparation des pouvoirs. Si il y a une affaire Immo-Congo, et bien la Justice est là pour l'instruire. Monsieur Van Cauwenberghe répondra, et s'il est innocent, qu'on le dise rapidement. Nous ne sommes pas des juges d'Instruction" et le ministre wallon d’ajouter que ce dont il se méfie le plus c’est de voir "les parlementaires s'aventurer sur un terrain qui est mitoyen entre la Justice et le contrôle politique".

Quant à la question de savoir si les parlementaires ne se sont pas trompés de cible en cuisinant pendant 5 heures celle qui avait alerté la justice plutôt que Jean-Claude Van Cauwenberghe jusque là la cible des critique, pour le MR Serge Kubla, "ce sont les commissaires qui ont agit de la sorte, ils n'ont pas reçu d'instructions, les partis n'ont pas réglementés les travaux, c'est venu spontanément". Et lui aussi d’ajouter que cette commission n’aurait pas du exister puisque la justice était saisie "On avait dit clairement, il y a une enquête, il y aura le cas échéant des perquisitions. Mais on attendait peut-être trop de cette commission Immo-Congo. Elle a été médiatisée à l'extrême, et on a cru qu'elle allait elle faire la vérité. Ce n'est pas son rôle".

VIDEO• Les affaires en Wallonie dans le débat de Mise au Point

Daerden justifie le contrat, financièrement

Tout compte fait, ce ne serait pas une si mauvaise affaire, cette location-achat ?

Après la journée invraisemblable de jeudi, qui aura vécu assez de connivences MR et PS pour voir sur le grill Marie-Dominique Simonet (CDH) et sur du velours Jean-Claude Van Cauwenberghe (PS), les échanges de vendredi en commission ImmoCongo ont perdu en relief. On ne parle pas ici du style très personnel de Michel Daerden, une fin d'après-midi.
Le ministre (PS) du Budget à la Région et à la Communauté a pourtant apporté un éclairage financier très cru. D'abord, que l'on cesse de dire que Région et Communauté n'auraient pas pu elles-mêmes acheter le site et les bâtiments de Kinshasa, à cause des normes de financement : "Deux fois 1,5 million, c'est l'espace d'une respiration". Ensuite, que l'on cesse de s'interroger sur les garanties obtenues par les privés : "Quand t'as un franc à mettre au Congo, t'y vas pas si t'es pas couvert". Tertio, le CGRI aurait-il pu acheter ? "Oui, il y avait de l'argent" : 3 millions fin 2002, accrus par la suite. Mais hormis la possibilité politique ("le pouvoir régional n'accepterait pas une suprématie du pouvoir communautaire"), il faut se demander s'il était avantageux d'utiliser ces réserves pour l'achat : le coût final de la location-achat atteindra 6,8 millions pour les pouvoirs publics; des réserves placées d'un même montant rapporteraient 8,4 millions... Enfin, les avis successifs de l'Inspection des Finances. C'est le premier, du 8 mars, sur les deux offres privées, qui fut très négatif, résume le ministre, qui mit donc son veto; les deux suivants, d'avril et mai, furent plus coulants. Donc, lui aussi.
Cachotteries
Pour le reste, les auditions de ministres régionaux d'alors ont à nouveau buté sur le 29 avril 2004, lorsque Van Cau fit avaliser en gouvernement wallon un premier choix communautaire qu'il voulait et savait compromis. Et ce, sans rien en dire aux autres : Serge Kubla (MR), José Daras (Ecolo, qui s'en plaint) et Michel Daerden concordent. Cachotteries après coup aussi, puisque la notification de la décision wallonne n'aurait pas été portée à la connaissance du ministre-Président francophone Hasquin, ni du CGRI, ni donc de Robert Marlier - le soumissionnaire alors retenu. Or, l'auraient-ils été, le marché n'aurait peut-être pas été ouvert... M. Daras, lui, prévint son collègue Ecolo Nollet. M. Kubla n'en fit pas de même avec son coreligionnaire Hasquin. De son propre aveu, ils ne s'entendent pas assez bien pour ça !


Daras pas au courant de tout

Le vice-président Ecolo de l'ancien gouvernement wallon, José Daras, estime n'avoir pas été au courant de tout dans le dossier qui a mené à la désignation d'ImmoCongo afin de mener à bien la location-achat d'un nouveau bâtiment pour la Délégation Wallonie-Bruxelles à Kinshasa.
Je n'ai pas été au courant de tout, a expliqué M. Daras devant la Commission parlementaire chargée de faire la lumière dans ce dossier.
L'ancien ministre écologiste a précisé qu'il n'était pas concerné au premier chef par cette opération. Elle avait été examinée au gouvernement de la Communauté française et au gouvernement wallon, le ministre-président Jean-Claude Van Cauwenberghe en était le responsable.

M. Daras a toutefois énuméré quelques unes des questions qu'il se posait depuis quelques semaines, quand l'affaire a éclaté. Ainsi, jamais M. Van Cauwenberghe n'a fait état de sa volonté d'impliquer une société wallonne, même le 29 avril quand le gouvernement wallon statue une première fois et retient, comme l'exécutif de la Communauté, Intelligence et Communication.
Et il s'étonne aussi de la mention de la société Capamar, détenue par Daniel Lebrun, qui figure le 12 mai dans la notification du gouvernement de la Communauté et disparaît le 13 mai dans la notification du gouvernement wallon. Comme son collègue Serge Kubla, entendu avant lui, il a ajouté que les deux réunions du gouvernement avaient eu lieu en fin de législature et comportaient de très nombreux points à leur ordre du jour.
L'ancien vice-président MR et ministre de l'Economie a quant à lui justifié le refus d'Immocita, filiale de la Société Régionale d'Investissement de Wallonie (SRIW), à participer à l'opération. Il n'y voit pas de manoeuvre politique. La SRIW est autonome et elle ne voulait pas investir au Congo, pays trop peu sûr à ses yeux.
Je n'ai jamais été sollicité pour intervenir. L'aurais-je été que je ne l'aurais pas fait. Je me serais fait éconduire de toute manière, a-t-il ajouté.
Michel Daerden, ministre du Budget des deux gouvernements, a justifié la location-achat du bâtiment à Kinshsa par l'intermédiaire d'un partenaire privé plutôt que l'utilisation des réserves du CGRI pour l'acheter.
A l'issue de l'opération, le coût pour les pouvoirs publics s'élèvera à quelque 6,8 millions d'euros, pour un bâtiment d'une valeur de 3 millions d'euros, tandis que, placées, des réserves d'un même montant rapporteront 8,4 millions d'euros.
Il a aussi justifié l'octroi de la garantie publique à ImmoCongo. Qui va mettre un franc à lui au Congo? Personne! T'y vas pas si t'es pas couvert!, a-t-il lancé.
Le début de la séance a été consacré à la suite des travaux de la Commission. Une certaine lassitude était perceptible dans les rangs PS et MR. Ce dernier a d'ailleurs réclamé une pause d'une semaine pour réfléchir et s'est demandé si la Commission pourrait faire toute la lumière dans ce dossier.
Du côté Ecolo et CDH, dont la ministre Marie-Dominique Simonet a été particulièrement malmenée jeudi lors de son audition, on a par contre insisté sur la volonté de continuer les travaux et d'aller jusqu'au bout.
(D'après Belga)

Immo Congo : "inattaquable juridiquement"


La commission Immo-Congo, entendait jeudi après-midi Jean-Claude Van Cauwenberghe. L’ex président de la Région wallonne a expliqué les raisons pour lesquelles, selon lui, le contrat Immo-Congo est inattaquable juridiquement

8 déc 2006
VIDEO• Les auditions de Van Cau à la Commission mixte sur l'affaire Immo-Congo
ARTICLES• Marie-Dominique Simonet s’explique


Jean-Claude Van Cauwenberghe, a commencé son audition en s'étonnant des proportions démesurées qu'avait à son sens pris ce dossier. « Ce contrat Immo Congo » dit-il, « est juridiquement inattaquable ». Il a ensuite fait un long exposé en 7 points qui à son sens, doivent être éclaircis pour lever tout ambiguïté. Parmi ceux-ci, le prix : il a été le négocié par l'administration, le CGRI, avec conscience professionnelle dit-il. L'appel à des investisseurs privés, il a été rendu indispensable, après que la société publique Immocita, ait renoncé à acheter le bâtiment à Kinshasa, et ce dira Jean-Claude Van Cauwenberghe, malgré l'insistance jusqu'au bout de la Communauté française et de la Région Wallonne.

L'offre de l'homme d'affaires carolo Daniel Lebrun, probablement la meilleure dit Jean-Claude Van Cauwenberghe, qui s'étonne encore, qu'elle n'aille pas été privilégié dès le départ. L'encrage wallon, seul élément où il se dit personnellement impliqué, et bien oui il l'a voulu. Mais Robert Marlier, le premier investisseur qui avait finalement accepté de s'allier au carolo Daniel Lebrun. "J'ai bien senti que je devais accepter", avait dit Robert Marlier lors de son audition. "Il pouvait parfaitement refuser" a rétorqué Jean-Claude Van Cauwenberghe.

En aucun cas, l'ancien ministre président estime qu'il y a irrégularité dans le dossier. S'il devait y avoir un souci au niveau du montage financier, la responsabilité serait collégiale des fonctionnaires et des gouvernements qui ont tout approuvé, bref c’est un ex-ministre président qui s’est présenté jeudi après-midi à Namur sûr de son bon droit, il conclura d’ailleurs « il est vain de vouloir accréditer la thèse du copinage malsain, il n’y a pas de manipulation. "Ce dossier n'est devenu une affaire Van Cau que parce que certains ont choisi de la construire comme telle" et Jean-Claude Van Cauwenberghe de conseiller aux commissaires de relire le livre sur la rumeur de Jean-Noël Kapferer….

L’audition tant attendue de l'ex ministre président n'aura duré en tout et pour tout que 3 heures, avant lui les parlementaires avaient interrogé la ministre Marie-Dominique Simonet durant cinq heures, sans grand résultat. En charge du dossier aujourd’hui elle n'était pas en poste en 2004…

Marie-Dominique Simonet s’explique


La commission Immo Congo a repris ses auditions. Ce jeudi matin, c'est la ministre Marie-Dominique Simonet qui est venue s'expliquer devant les parlementaires. C'est elle qui avait transmis le dossier à la justice au début de cette année, deux ans après son entrée en fonction.

Une question est au centre des débats ce jeudi matin: à quel moment précis la ministre fait-elle la connaissance du dossier Immo Congo? Réponse de l'intéressée: en juillet 2004, dès son entrée en fonction. Elle rencontre Hervé Hasquin qui lui parle d'un dossier pour lequel il a un doute. Il évoque une zone d'ombre et cite le nom de Jean-Claude Van Cauwenberghe. La ministre, interloquée, ne comprend pas mais la discussion en reste là.

"Pourquoi n'avez-vous pas questionné Hervé Hasquin à ce moment-là", demande un député libéral? "Parce que j'ignorais la teneur du dossier, c'était à lui de s'expliquer" répond Marie-Dominique Simonet. Ce n'est qu'en janvier 2006, soit dix-huit mois plus tard, que la ministre demande à un avocat d'analyser le contrat de location du bâtiment à Kinshasa.

Les conclusions de l'expert interpellent la ministre: les pouvoirs publics ont pris tous les risques, dira-t-elle ce jeudi matin, la société Immo Congo a été constituée la veille de la signature et l'indexation du contrat n'était pas normale. Tout cela était préoccupant, conclura-t-elle en ajoutant que c'est ce même avocat qui lui a conseillé de transmettre le dossier à la Justice. Jeudi après-midi c'est Jean-Claude Van Cauwenberghe qui devra répondre aux questions des députés.


M.Van Cauwenberghe s'explique
Les explications de M. Van Cauwenberghe

Le 7/12/06, après la ministre Marie-Dominique Simonet, c'était au tour de Jean-Claude Van Cauwenberghe de s'exprimer devant la commission parlementaire chargée de faire la lumière sur le dossier Immo Congo. Le dossier n'est devenu l'affaire Jean-Claude Van Cauwenberghe que parce que certains ont préféré la construire comme telle, a résumé l'intéressé devant les parlementaires.
L'ancien ministre-président wallon a livré sa version des faits. Il n'a jamais fait pression sur Robert Marlier, patron d'Intelligence et Communication, pour qu'il s'associe avec Daniel Lebrun, a-t-il affirmé. Il a voulu donner un ancrage wallon à ce dossier. Congo Wallon Invest, société de Daniel Lebrun qui avait soumissionné pour obtenir le marché, avait des projets de développement économique au Congo impliquant des entreprises wallonnes, a-t-il rappelé. M. Van Cauwenberghe a également insisté sur l'absence d'illégalité dans ce dossier. Et d'ajouter: "Que Daniel Lebrun et Sabine Gaucquier (épouse de M. Lebrun et administratrice d'Immo Congo, ndlr) soient de mes amis ne change rien à la régularité de l'opération et à sa transparence".
L'ancien ministre-président a également chargé son ancienne collègue Marie-Dominique Simonet (cdH), ministre des Relations internationales de la Région wallonne et de la Communauté française. En transmettant le dossier à la justice, sans jamais lui poser la moindre question durant les 15 mois qu'ils ont passés ensemble dans le même gouvernement, elle a manqué, selon lui, à la déontologie et à la confraternité ministérielles.
La décision par laquelle le gouvernement wallon a décidé le 29 octobre, après l'exécutif de la Communauté, de retenir l'offre d'IC, est revenue dans les débats. La semaine passée, M. Marlier a affirmé que s'il avait appris l'existence de cette décision, il ne se serait jamais associé avec M. Lebrun. Mardi, Hervé Hasquin a tenu des propos allant dans le même sens. Pourtant, selon M. Van Cauwenberghe, elle a dû être notifiée à l'administration dans les règles.Quant à la défection de la Société Régionale d'Investissement de Wallonie (SRIW), et de sa filiale Immocita, M. Van Cauwenberghe a dit la regretter. Il a pourtant insisté auprès d'elle pour qu'elle participe au montage. Et, c'est face à ses réticences qu'il a choisi de prendre contact avec Daniel Lebrun et CWI dont il appréciait le dynamisme.
Je pense avoir fait devant vous un exercice honnête de responsabilité. C'est vrai que j'ai fait un lobby important mais dans la légalité et la transparence", a-t-il conclu avant de recommander aux Commissaires la lecture d'un ouvrage sur la rumeur.
L'audition de M. Van Cauwenberghe a duré près de trois heures et s'est déroulée dans climat serein. L'audition de Mme Simonet a, elle, occupé la Commission pendant plus de 5 heures, dans une ambiance beaucoup plus agitée. La Commission poursuivra ses travaux cet après-midi avec l'audition de MM. Kubla, Daras et Daerden.


La promenade de Van Cau ! (08/12/2006)


Son audition dans le cadre d'Immo Congo a été plus que courtoise. Une zone d'ombre : que s'est-il passé vraiment le 29 avril ?

"Ce dossier n'est devenu une affaire Van Cau que parce que certains ont choisi
de la construire comme telle." C'est dit. L'audition de Jean-Claude Van
Cauwenberghe, PS, peut commencer. "Je pense avoir fait un exercice honnête de
responsabilité. C'est vrai qu'il y a une forme d'imprévoyance collective."

Avez-vous fait pression ? "Non. Je n'ai jamais fait pression sur Marlier, patron d'IC, pour qu'il s'associe avec Daniel Lebrun. Je m'étonne de ses propos sur la notification du 29 avril. Le gouvernement wallon a décidé, ce jour-là, de retenir l'offre d'IC." Marlier a affirmé que s'il avait appris cette décision, il ne se serait jamais associé avec Lebrun. Hasquin dit la même chose. "Elle a dû être notifiée à l'administration ."
Qui a raison ? Marlier mentirait-il ? "Je ne sais pas ce qui s'est passé dans sa tête. Il ne devait pas s'associer, même si je gardais l'espoir."
L'homme de Charleroi a défendu "l'a ncrage wallon de ce dossier. Par ailleurs, il n'y a aucune illégalité dans ce dossier. Que Lebrun et Gaucquier soient de mes amis ne change rien à la régularité de l'opération".
Van Cau ne voulait-il pas de l'argent de la Communauté ? "C'est faux. Pour une fois, en dix ans de carrière, la Communauté aurait payé quelque chose à la place de la Région."
Et vos relations avec M. Suinen, patron du CGRI ? "Le CGRI est depuis le début comme le bras armé des 2 gouvernements. Suinen n'a pas fait grand-chose." À noter que Van Cau a renvoyé les députés vers le ministre Daerden pour toutes les questions budgétaires. À lui de répondre !
Pourquoi ne pas avoir forcé Immocita à agir ?" J'ai insisté souvent pour qu'elle participe au montage."
Et Michel Hocquet ? "Je ne savais pas que Hocquet était actionnaire de Capamar. Je lui garde toute ma confiance. Il a été malencontreusement impliqué dans l'affaire de l'ARC."
La ministre Simonet ? "'Elle a manqué à la déontologie et à la confraternité ministérielles."
Des mots qui résonnaient, en fin de soirée... Une députée MR reprochait au CDH d'avoir voulu exploiter le dossier et les difficultés de Van Cau. Où est Immo Congo ? Faut-il que la commission se poursuive ?
V. Li.
© La Dernière Heure 2006

Les commissaires s'acharnent !
La ministre Simonet entendue plus de 5 h... Certains députés ne s'intéressaient plus à Immo Congo : "Ne se trompe-t-on pas de cible ", dit-elle après 4 h de débat
NAMUR "Je n'avais pas de raison de dire à Van Cau, tu sais Hasquin m'a dit cela sur Immo Congo. " Cette "non-communication" et le fait qu'elle ait transmis le dossier au parquet sont sans doute 2 des raisons pour lesquelles la CDH, Simonet, ministre des Relations internationales de la Communauté et de la Région, a passé 5 h devant les députés ! Soit presque 2 fois plus que Van Cau. Après 4 h de débat, elle s'étonne. "Ne se trompe-t-on pas de cible ? Est-ce moi qui ai signé le contrat ? Je ne suis pas la femme qui a vu l'homme qui a vu l'ours."
À noter que c'est la première fois depuis l'ouverture du débat que l'on évoquait les perquisitions. Les députés semblaient jusque-là avoir oublié cet aspect du dossier. "J'étais dans l'obligation de transmettre le dossier Immo Congo au parquet de Charleroi. Ce n'est pas une décision agréable à prendre mais c'était nécessaire."
Elle disposait à la fin du mois de mai 2006 du rapport d'un avocat consulté par elle : coût de l'opération très élevé, constitution d'Immo Congo un jour avant que le contrat ne soit attribué... "Elle aurait commis une faute en ne le transmettant pas" , note le député CDH Lebrun.
Quid en juillet 2004 lors de la passation des pouvoirs avec Hasquin ? Pourquoi ne pas avoir agi tout de suite ? "L'entretien a duré 1/4 d'heure et il m'a fait part d'une zone d'ombre et cite le nom de Van Cauwenberghe. J'ai eu plutôt l'impression d'un homme amer qui a perdu ses fonctions."
La ministre Simonet n'évoque jamais ce dossier avec Van Cau ? "C'est vrai. Mais j'en informe Di Rupo avant la transmission à la justice. Il y a eu des contacts avec lui."
Et ses relations avec Suinen, patron du CGRI ? "Aucun problème. J'ai exigé à plusieurs reprises qu'il libère des fonds au CGRI et il l'a fait. Je suis étonné que M. Hasquin avec toute sa virilité n'y soit pas arrivé."
Enfin, elle reconnaît qu'"aujourd'hui, il serait risqué de renégocier le contrat ou de racheter le bâtiment. Ce n'est pas le moment" . Aujourd'hui, dès 14 h, la commission auditionne Kubla, Daras et Daerden.

IC était dans une mauvaise posture

La société qui a d'abord remporté le marché de Kinshasa était en état potentiel de dissolution !S'il n'est pas déterminant, cet élément est piquant...

Curieux : sauf erreur, ce qui suit n'avait pas encore été épinglé dans l'affaire Immo Congo. L'élément figure pourtant dans la note adressée par le cabinet d'avocats Philippe & Partners à Marie-Dominique Simonet le 31 mai - cette note qui a conseillé à la ministre (CDH) de transmettre le dossier à la justice.
On y lit que l'entreprise qui a d'abord, en avril 2004, décroché le contrat de location-achat des nouveaux bâtiments Wallonie-Bruxelles de Kinshasa, à savoir Intelligence et Communication (IC) de Robert Marlier, était alors en mauvaise posture : ses pertes étaient supérieures à son capital. Précisément, "elle a un capital social souscrit et libéré de 111 552 euros. Les pertes reportées s'élevant à 200 389 euros, la société a des capitaux propres négatifs de 77 682 euros". Par conséquent, poursuivent les avocats, sur foi de la société de renseignements consultée, "la société a perdu la totalité de son capital et, en vertu de l'article 634 du Code des socié tés, tout intéressé pourrait en deman der la dissolution. Le total des dettes dépasse les 4,1 millions d'euros, ce qui est un montant extrêmement important comparé au montant du capital". Et ce, même si la société est propriétaire de terrains et constructions évalués à 3,4 millions.
Cette considération n'explique pas forcément toute la suite, dont l'élargissement du contrat à un autre opérateur privé qui sera, sous un autre nom, le concurrent d'abord évincé. N'empêche, on ne peut exclure que ses finances défaillantes aient incité IC, indépendamment des pressions politiques suspectées, à trouver un partenaire pour amortir le poids d'un marché qu'elle n'était peut-être plus en mesure d'assumer seule. Surtout, imaginons que l'histoire en serait restée au premier épisode. Seul contractant avec la Région et la Communauté, IC risquait la dissolution. Y serait-elle passée, les pouvoirs publics auraient dû rembourser la banque pour l'emprunt contracté par IC pour l'achat des bâtiments, sans pourtant que ceux-ci puissent leur revenir ! En clair : rétrospectivement, la solution Immo Congo serait plus sûre...
Nul doute que si la situation avait été connue, la commission spéciale aurait interrogé M. Marlier. De même que Hervé Hasquin, dont les services ne se seraient pas soucié de la santé financière de la société gagnante.
On a choisi la solution la plus coûteuse

La solution retenue en mai 2004 pour abriter la Délégation Wallonie-Bruxelles à Kinshasa dans un nouveau bâtiment paraît bien être la plus coûteuse. Tel est le constat qui est ressorti des auditions auxquelles a procédé mardi la Commission parlementaire ImmoCongo.
C'est un peu cher, a reconnu, très prudent, un consultant financier de la Région, Daniel Wautelet. Le montage financier me paraît inopportun, a commenté l'inspectrice générale de l'Inspection des Finances, Marianne Zeegers, qui a rendu deux avis négatifs dans ce dossier.
La solution la moins chère aurait été celle d'un emprunt contracté directement par la Région wallonne et la Communauté française mais elle aurait eu un impact négatif sur la capacité d'endettement des deux entités. Le recours à Immocita, filiale de la Société Régionale d'Investissement de Wallonie (SRIW), aurait constitué une solution intermédiaire, pour éviter la marge bénéficiaire qu'auraient prise des partenaires privés dans la location-achat.

Immocita a toutefois refusé malgré les pressions politiques, en particulier celles du cabinet du ministre-président de la Communauté française, Hervé Hasquin, et l'insistance du CGRI. Mme Zeegers a, à cet égard, qualifié l'attitude de la société publique de curieuse: elle paraissait hésiter et n'indiquait pas clairement les raisons de ses réticences.
C'est finalement la solution d'un recours à des sociétés privées, celles de Robert Marlier et de Daniel Lebrun, qui s'est imposée pour un loyer de 270.000 euros par an. A en croire M. Wautelet, le recours à un emprunt de la Communauté et de la Région aurait pu déboucher, selon son évaluation, sur un loyer de 205.000 euros.
Certains commissaires se sont interrogés sur l'impact, assez limité, d'un emprunt, ou tout simplement d'une acquisition directe, par la Région et la Communauté sur leur périmètre d'endettement. Un million et demi ou trois millions d'euros ne change pas grand chose à l'endettement. Mais si vous passez avec ça, je ne sais pas avec combien de milliards vous allez vous retrouver. Il risquait d'y avoir d'autres demandes, a répondu Mme Zeegers.
Le "trou de mémoire" d'Hasquin étonne les commissaires
La décision prise le 29 avril par le gouvernement wallon dans le dossier ImmoCongo figurait dans la note du 12 mai approuvée par le gouvernement de la Communauté française, a indiqué mardi le vice-président Ecolo de l'exécutif communautaire de l'époque, Jean-Marc Nollet, devant la Commission parlementaire ImmoCongo.
Mardi, auditionné avant M. Nollet, le ministre-président Hervé Hasquin a affirmé qu'il n'avait pas eu connaissance de cette décision du 29 avril. Il avait ajouté que s'il l'avait connue, son attitude n'aurait pas été la même le 12 mai.
Le 21 avril, le gouvernement de la Communauté française a retenu l'offre d'Intelligence et Communication, dirigée par Robert Marlier, pour l'achat-location du nouveau bâtiment du Centre Wallonie-Bruxelles à Kinshasa. Le 29 avril, le gouvernement wallon a pris la même décision.
Les 12 et 13 mai, les deux gouvernements ont changé leur décision pour attribuer le marché à ImmoCongo, à la suite de l'entente intervenue entre M. Marlier et Daniel Lebrun, un proche du ministre-président wallon Jean-Claude Van Cauwenberghe que ce dernier voulait réintroduire dans le dossier.
"Ca m'étonne: dans la note au gouvernement de la Communauté du 12 mai, il est fait référence à la décision du gouvernement wallon du 29 avril", a commenté M. Nollet, avant d'ajouter qu'il avait en outre appris la décision wallonne du 29 avril de manière informelle par le ministre wallon Ecolo José Daras.
A la lumière des déclarations de M. Nollet, le trou de mémoire de M. Hasquin a étonné certains commissaires.
(avec Belga)

La solution retenue en mai 2004 pour abriter la Délégation Wallonie-Bruxelles à Kinshasa dans un nouveau bâtiment paraît bien être la plus coûteuse par rapport à d'autres formules. Tel est le constat qui est ressorti des auditions auxquelles a procédé mardi la Commission parlementaire ImmoCongo.
"C'est un peu cher", a reconnu, très prudent, un consultant financier de la Région, Daniel Wautelet. "Le montage financier me paraît inopportun", a commenté l'inspectrice générale de l'Inspection des Finances, Marianne Zeegers, qui a rendu deux avis négatifs dans ce dossier.
La solution la moins chère aurait été celle d'un emprunt contracté directement par la Région wallonne et la Communauté française mais elle aurait eu un impact négatif sur la capacité d'endettement des deux entités. Le recours à Immocita, filiale de la Société Régionale d'Investissement de Wallonie (SRIW), aurait constitué une solution intermédiaire, pour éviter la marge bénéficiaire qu'auraient prise des partenaires privés dans la location-achat.
Immocita a toutefois refusé malgré les pressions politiques, en particulier celles du cabinet du ministre-président de la Communauté française, Hervé Hasquin, et l'insistance du CGRI. Mme Zeegers a, à cet égard, qualifié l'attitude de la société publique de "curieuse": elle paraissait hésiter et n'indiquait pas clairement les raisons de ses réticences.
C'est finalement la solution d'un recours à des sociétés privées, celles de Robert Marlier et de Daniel Lebrun, qui s'est imposée pour un loyer de 270.000 euros par an. A en croire M. Wautelet, le recours à un emprunt de la Communauté et de la Région aurait pu déboucher, selon son évaluation, sur un loyer de 205.000 euros.
Certains commissaires se sont interrogés sur l'impact, assez limité, d'un emprunt, ou tout simplement d'une acquisition directe, par la Région et la Communauté sur leur périmètre d'endettement.
"Un million et demi ou trois millions d'euros ne change pas grand chose à l'endettement. Mais si vous passez avec ça, je ne sais pas avec combien de milliards vous allez vous retrouver.
Il risquait d'y avoir d'autres demandes", a répondu Mme Zeegers.


Immo Congo : 5 jours forts ! (28/11/2006)
La commission demande de nouveaux documents pas encore mis à sa disposition






"Nous constatons que certains documents pourraient nous être communiqués pour
éclairer le dossier. Il nous en manque"
Les premiers mots du président de la Commission Immo Congo (une présidence contestée par le MR et Ecolo), Maurice Bayenet lance officiellement les travaux.
Ces documents manquants, dont il parle, sont le bail de l'ancien bâtiment, l'option d'achat, l'offre concrète et les courriers d'Immocita, des PV provenant d'intercabinet tant à la Région qu'à la Communauté, des échanges de fax entre Immocita et l'inspection des finances, l'avis des experts dépêchés à Kinshasa...
Pour le reste, après quelques joutes verbales, il est bien apparu que Véronique Cornet, MR, serait vice-présidente et que Christian Brotcorne, CDH, serait désigné secrétaire-rapporteur. Ensuite les débats "sérieux " ont tourné sur la tenue "hebdomadairement alternative " des débats à Namur et à Bruxelles.
Hasquin le mardi 5 décembre et Van Cau le jeudi 7 décembre
Les députés wallons et de la Communauté française vont donc pouvoir auditionner pendant 5 jours :
Mercredi 29 novembre à Bruxelles, à 10 h : Philippe Suinen commissaire général aux Relations internationales de la Communauté Wallonie-Bruxelles (CGRI), à 14 h Jacques De Wit et Nicolas Dervaux, deux fonctionnaires au CGRI, à 16 h Chantal Dassonville, architecte directrice au ministère de la Communauté et son collègue Guy Melviez
Jeudi 30 novembre, à Bruxelles, à 14 h les représentants d'Immocita, filiale de la SRIW et à 16 h, Robert Marlier (Intelligence et Communication), Sabine Gauquier, présidente d'ImmoCongo, et son époux Daniel Lebrun, patron de la société CongoWallonInvest (CWI)
Mardi 5 décembre à Namur : à 10 h, Marianne Zeegers; 14 h, Hervé Hasquin, MR, ministre-président de la Communauté française à l'époque, 15 h 30 Christian Dupont, PS, ministre de la Communauté française à l'époque, 17 h Nollet, Ecolo, ministre de la Communauté française à l'époque
Jeudi 7 décembre : à 10 h, Marie-Dominique Simonet, CDH, actuelle ministre de la Communauté française et de la Région wallonne, qui a transmis le dossier à la justice; à 14 h Van Cauwenberghe, PS, ministre-président de la Région wallonne à l'époque; 15 h 30 José Darras, Ecolo, ministre wallon à l'époque; 17 h Kubla, MR, ministre wallon à l'époque; 18 h 30 Michel Daerden, PS, ministre wallon à l'époque
Les députés se sont réservés le vendredi 8 décembre pour de nouvelles auditions. "Nous n'excluons pas ce jour-là de demander l'audition d'autres experts notamment de personnes d'ING mais aussi des membres des cabinets Van Cau ou Hasquin. Il n'est pas impossible non plus que l'on entende à nouveau une personne qui serait déjà venue devant la commission" expliquait Bernard Wesphael à à la sortie.
Le contexte est donc dressé ! Au fait pourquoi commencer par le CGRI ? "Il semble à l'évidence que le pilote était le CGRI. On veut comprendre la méthode qui était la sienne dans ce dossier " ajoute une autre députée.
V.Li.
© La Dernière Heure 2006


Début aujourd'hui de la Commission ImmoCongo

C'est aujourd'hui à 14h30 au parlement de la Communauté française que débutent les travaux de la commission mixte concernant le dossier ImmoCongo.
Pour rappel, ImmoCongo est cette société immobilière qui a acheté et mis en location un bâtiment abritant la représentation de la Communauté Wallonie-Bruxelles à Kinshasa. Ce dossier fait aujourd'hui l'objet d'une instruction judiciaire.
Le parlement wallon et le parlement de la Communauté française ont décidé de mettre sur pied une commission spéciale mixte pour tenter de faire toute la lumière sur ce dossier Elle sera présidée par le chef de groupe PS au parlement wallon, Maurice Bayenet. Le MR qui réclamait ce poste devrait obtenir finalement la vice-présidence pour Véronique Cornet. Christian Brotcorne (cdH) sera rapporteur.

Relation Bayenet-Van Cau

Le président de la commission Immo-Congo ne renie pas son amitié, ni le fait que sa femme travaille à l'Élysette






"Pour moi, l'amitié, cela compte ! Et beaucoup même. Je suis comme cela. J'ai
des amis au CDH, au MR. Jean-Claude Van Cauwenberghe est un ami comme le sont M. Dupont et M. Mahoux."
Sans détour, Maurice Bayenet, futur président de la commission, veut être clair avec les rumeurs sur son amitié avec l'homme fort de Charleroi. "Lorsque je serai à la tête de la commission, je ferai le travail de président sans concession."
L'homme ne comprend pas cette subite remise en cause : "Ce n'est quand même pas la première commission que je préside. Je n'ai jamais fait l'objet d'une remise en cause. Je suis parlementaire depuis 1987. Nous allons prendre connaissance de tous les faits et nous écouterons toutes les personnes qu'il faut écouter. Tous les documents seront analysés à la lumière des discussions. Je ne vois vraiment pas le problème."
Un président d'expérience
La présidence semble donc dans de bonnes mains : "Je serai un président d'expérience".
Certains doutent également de son impartialité parce que son épouse a travaillé, et travaille encore, à la ministre-présidence du gouvernement wallon. Elle était donc là, sous Van Cau. "Ma femme a le droit de travailler. Certains ont la mémoire courte. Lorsqu'elle a commencé à travailler, le ministre-président était Elio Di Rupo. Celui-ci est ensuite parti et Van Cau l'a remplacé. À présent, c'est à nouveau Di Rupo."
Son épouse avait auparavant un bon travail à La Poste : "En fait, elle a été détachée de La Poste à la Région wallonne. Je reconnais que j'ai commis une erreur à cette époque. En effet, à présent, elle ne peut plus retourner à La Poste, sans devoir aller travailler à Wavre ou à Bruxelles, puisque le statut de mise à disposition n'existe plus. En plus, à La Poste, elle pourrait bénéficier de la prépension et s'occuper encore plus de nos petits-enfants."
Que pense-t-il de tout cela ? "Je vais me reposer et je serai en forme ce lundi pour la commission ."
V. Li.
© La Dernière Heure 2006



Immo Congo : une mascarade ! (23/11/2006)


PS et CDH se déchirent sur la coprésidence de la commission. Tristes perspectives...
NAMUR Il faut croire dans la qualité du travail qui sera mené par la future commission parlementaire Immo Congo. Il le faut... même si elle a commencé de la pire des manières. Di Rupo allant même jusqu'à dire pour qualifier les discussions : "je ne peux pas être de tous les festivals d'esprit".
Pourtant, les hautes sphères bruxelloises du PS et du CDH qui avaient imaginé le scénario de la co-présidence de la commission Immo Congo ont échoué !
Certains députés wallons n'étaient pas très chauds pour cela. "Je ne suis pas une marionnette", notait ce député PS, membre influent de la future commission.
La conférence des présidents commune au Parlement wallon et de la Communauté française a été fatale aux aspirations du CDH qui a souffert lors de cette heure de table... où seuls nageaient quelques scampis dans l'assiette... bien moins garnie que la semaine passée !
En fait, tout le problème s'est situé au niveau du texte : il ne prévoyait pas de coprésidents mais un président et un vice-président. Lorsque les députés se sont rendu compte de la chose... ce fut la confusion totale aux portes vitrées du Parlement : le ministre Antoine, Bayenet, Di Rupo, Ficheroulle, Walry, Lebrun, de Lamotte... s'engluaient en palabres énervés.
En fin de journée, une solution est toutefois apparue : la présidence PS sera assurée par Maurice Bayenet. La vice-présidence reviendra à la MR Véronique Cornet. Le rapporteur sera CDH, à savoir Christian Brotcorne.
Et le nom des différents commissaires ? Pour le PS : Bayenet, Walry, Furlan, Janssens, Barvais, Gennen, Collignon et Jamoulle.
Pour le MR : Bertieaux, Cornet, Crucke, Jeholet et Miller. Pour le CDH : Brotcorne, Lebrun et Fourny.
Pour Écolo, il s'agira du député Wesphael. À noter que la commission se tiendra sans Anne-Marie Corbisier que d'aucuns au CDH espéraient placer à la coprésidence.
Voilà le scénario de ce mercredi. Il n'est pas exclu que, d'ici à lundi, une nouvelle volte-face arrive : "Nous avons entendu que l'on nous proposait la vice-présidence. Nous sommes d'accord, mais nous ne l'avons pas encore officiellement accepté e", souligne un député MR.
Un MR qui, après midi, s'était fendu un peu vite d'un communiqué dénonçant la mainmise PS-CDH. En fin de journée, il maintenait la protestation quant à la présidence qu'ils revendiquaient. Début lundi... pour 3 mois ?
V. Li.
© La Dernière Heure 2006

Le parlement vote pour une Commission spéciale

Le parlement wallon a approuvé la proposition de résolution qui crée une Commission spéciale et mixte Région-Communauté appelée à se pencher sur le dossier ImmoCongo.
Le texte a recueilli 61 voix en sa faveur et 3 abstentions venant du Front National qui a dénoncé son éviction de la Commission. Celle-ci sera en effet composée à la proportionnelle de 8 PS, 5 MR, 3 CDH et un Ecolo.
Le FN n'a pas été retenu parce qu'il ne constitue pas un groupe au parlement de la Communauté française. Lors de la prise en considération de la proposition, le MR ainsi qu'Ecolo ont appelé la majorité à faire preuve d'ouverture. Les Réformateurs souhaitent obtenir la présidence de la Commission.


La solution qui continue toutefois à prévaloir est celle d'une présidence PS-cdH. Dans cette hypothèse, le MR obtiendrait le poste de rapporteur.
Dans les couloirs du parlement, une certaine animosité entre le PS et le CDH était perceptible. Les socialistes regrettent l'attitude de leur partenaire qui a transmis le dossier à la justice.
Je garde beaucoup d'amertume mais, bon, en politique, on doit pouvoir mettre ce genre de sentiment de côté, a souligné le chef de groupe PS, Maurice Bayenet. Il s'est montré particulièrement attristé par la présidente du cdH, Joëlle Milquet, lorsqu'elle a indiqué qu'en décembre 2005, elle avait fait part de ses interrogations à propos du Centre Wallonie-Bruxelles à Kinshasa à la ministre des Relations internationales, Marie-Dominique Simonet (cdH).
De la manière dont elle l'exprime, c'est presqu'un bulletin de victoire, a-t-il regretté. L'un des principaux intéressés, l'ex-ministre-président wallon Jean-Claude Van Cauwenberghe ne comprend pas quant à lui l'attitude de Marie-Dominique Simonet.
Je vois cela en termes de déontologie ministérielle. J'ai siégé pendant deux ans à côté de quelqu'un qui a exécuté le contrat sans jamais me poser de question. Et on a attendu que j'ai eu le dos tourné, dans les circonstances que l'on sait, pour lancer le dossier, a-t-il expliqué.
(D'après Belga)






La commission Immo Congo a été votée mercredi 22.11.2006, 13:05Le parlement
wallon a approuvé la proposition de résolution qui crée une commission spéciale
et mixte Région-Communauté appelée à se pencher sur le dossier Immo Congo.
Le texte a recueilli 61 voix en sa faveur et 3 abstentions venant du Front National qui a dénoncé son éviction de la commission. Celle-ci sera en effet composée à la proportionnelle de 8 PS, 5 MR, 3 CDH et un Ecolo.
Le FN n'a pas été retenu parce qu'il ne constitue pas un groupe au parlement de la Communauté française.

Résolution votée, déception du PS à l'égard du cdh

La solution qui continue à prévaloir est celle d'une présidence PS-cdH. Dans cette hypothèse, le MR obtiendrait le poste de rapporteur.
D.R.
Le parlement wallon a approuvé mercredi la proposition de résolution qui crée une Commission spéciale et mixte Région-Communauté appelée à se pencher sur le dossier ImmoCongo. Le texte a recueilli 61 voix en sa faveur et 3 abstentions venant du Front National qui a dénoncé son éviction de la Commission. Celle-ci sera en effet composée à la proportionnelle de 8 PS, 5 MR, 3 cdH et un Ecolo. Le FN n'a pas été retenu parce qu'il ne constitue pas un groupe au parlement de la Communauté française.
Lors de la prise en considération de la proposition, le MR ainsi qu'Ecolo ont appelé la majorité à faire preuve d'ouverture. Les Réformateurs souhaitent obtenir la présidence de la Commission. La solution qui continue toutefois à prévaloir est celle d'une présidence PS-cdH. Dans cette hypothèse, le MR obtiendrait le poste de rapporteur.
Dans les couloirs du parlement, une certaine animosité entre le PS et le cdH était perceptible. Les socialistes regrettent l'attitude de leur partenaire qui a transmis le dossier à la justice.
"Je garde beaucoup d'amertume mais, bon, en politique, on doit pouvoir mettre ce genre de sentiment de côté", a souligné le chef de groupe PS, Maurice Bayenet.
Il s'est montré particulièrement attristé par la présidente du cdH, Joëlle Milquet, lorsqu'elle a indiqué qu'en décembre 2005, elle avait fait part de ses interrogations à propos du Centre Wallonie-Bruxelles à Kinshasa à la ministre des Relations internationales, Marie-Dominique Simonet (cdH).
"De la manière dont elle l'exprime, c'est presqu'un bulletin de victoire", a-t-il regretté. L'un des principaux intéressés, l'ex-ministre-président wallon Jean-Claude Van Cauwenberghe ne comprend pas quant à lui l'attitude de Marie-Dominique Simonet.
"Je vois cela en termes de déontologie ministérielle. J'ai siégé pendant deux ans à côté de quelqu'un qui a exécuté le contrat sans jamais me poser de question. Et on a attendu que j'ai eu le dos tourné, dans les circonstances que l'on sait, pour lancer le dossier", a-t-il expliqué.

La majorité cornaque la commissionPaul

PS et CDH veulent se réserver la coprésidencede la future commission spéciale et conjointe. De mauvais augure pour la suite des opérations ?
BELGA
Dix-sept élus vont constituer la commission spéciale sur Immo Congo. Dix-sept, c'est pile assez pour qu'il y ait un élu Ecolo... et pas d'élu FN, sur base de la représentation au Parlement de la Communauté française (sur celle du Parlement wallon, c'eût été l'inverse). Soit, à la proportionnelle : 8 PS, 5 MR, 3 CDH, 1 Ecolo. En feront partie : les MR Bertieaux, Cornet, Crucke, Jeholet, Miller; les CDH Brotcorne, Corbisier, Fourny; l'Ecolo Wesphael. Pour le PS, on attendra.
La proposition quadripartite (rédigée en fait par Ecolo) prévoit président et vice-président. Or, on devrait avoir une coprésidence. Dévolue à deux chefs de groupe : Anne-Marie Corbisier pour le CDH et l'assemblée communautaire; Maurice Bayenet pour le PS et l'assemblée régionale. La première, sous réserve : l'intéressée n'est guère preneuse, se disant assez accaparée par ses prochaines fonctions scabinales (à Montigny-le-Tilleul dont, comme ça se trouve, sa collègue Cornet est bourgmestre).
Pourquoi, un siège présidentiel au PS ? Parce que, répond-on, il est de loin le premier parti. Pourquoi, un siège présidentiel au CDH ? Parce que, répond-on, lui seul n'est pas concerné par les décisions gouvernementales en cause de 2003-2004. Pourquoi, les deux sièges présidentiels à la majorité ? Euh, là, on ne répond rien. On doit donc interpréter que sur un sujet qui - quoiqu'ils s'en défendent - crispe les coalisés entre eux, ils trouveront par là à davantage se neutraliser.
Mais l'opposition ne l'entend pas de cette oreille; et le MR, candidat officiel à une présidence, entend en faire aujourd'hui un incident. Les réformateurs (qui auraient bien, ou auraient eu, quelque souci à devoir départager Véronique Cornet et Richard Miller) ne manquent pas d'arguments. Quant à l'importance du groupe, il est le deuxième. Quant à l'implication éventuelle de leur ministre-Président de l'époque (Hervé Hasquin, à la Communauté), que dire du PS avec Jean-Claude Van Cauwenberghe (à la Région). Et puis, on a régulièrement confié des commissions d'enquête (ce que celle-ci est presque, dans son objet) à des élus alors dans l'opposition (le PS Collignon sur le Heysel, le VLD Verwilghen sur Dutroux, le CDH Langendries sur la Sabena...). Et puis, on devrait respecter une certaine tournante au Parlement wallon (le PS Avril y a déjà dirigé les travaux spéciaux sur le logement social, et le CDH Etienne ceux sur Francorchamps). Et puis, il serait d'autant plus facile de réserver une place à l'opposition que la présidence est double.
Bon, quand on se sera calmé là-dessus, il faudra s'entendre sur les procédures, l'échéancier, les auditions. Avant de songer au fond. "Aux faits plutôt qu'à leur interprétation", ajouterait Van Cau qui se disait hier empressé de voir la commission "combattre l'amnésie ministérielle"...
© La Libre Belgique 2006

DEBAT sur le RTBF, le dimanche 19 novembre 2006 à 11h45 ... RTL aussi

"Immo Congo : petits arrangements entre amis ?"

Une nouvelle affaire à la Une, cette semaine. La Justice s'intéresse à l'opération immobilière concernant la représentation Wallonie-Bruxelles à Kinshasa. Une opération de location-achat très coûteuse qui recèle bien des zones d'ombres(?). L'argent public a-t-il été dépensé avec légèreté ? Pourquoi la Communauté française et la Région wallonne n'ont-elles pas acheté elles-mêmes le bâtiment ? Jean-Claude Van Cauwenberghe est-il intervenu pour favoriser la société de l'un de ses amis ? Les autres ministres de l'époque ont-ils été abusés ou ont-ils fermé les yeux ? Une commission parlementaire va être mise sur pied. Parviendra-t-elle à faire toute la lumière ? Faut-il renforcer la législation et les contrôles en matière de marchés publics ?
En décembre 2005, Milquet s'était inquiétée du dossier ImmoCongoLa présidente du cdH, Joëlle Milquet, s'est également inquiétée en décembre 2005 des frais de loyer importants auxquels était confronté le Centre Wallonie-Bruxelles à Kinshasa, a-t-elle indiqué dimanche sur le plateau de Controverse (RTL-TVi).En décembre 2005, Mme Milquet s'est rendue au Congo dans le cadre d'une mission parlementaire. Le coût du bail ainsi que la localisation de la société bailleuse à Charleroi ont attiré son attention. A son retour, elle s'en est ouverte à la ministre des Relations internationales de la Communauté française et de la Région wallonne, Marie-Dominique Simonet (cdH).Cette dernière essayait elle aussi de démêler les fils de ce dossier depuis le mois de janvier, d'abord sur le plan immobilier et puis sur le plan financier. Elle avait déjà convoqué une série de réunions avec l'administration et l'Inspection des Finances. Dans le courant de cette année, elle avait ensuite demandé à un expert de réaliser une mission d'inventaire sur les postes de la Communauté à l'étranger avant de consulter un avocat et de finalement transmettre le dossier au parquet de Charleroi au mois de juin.
Hervé Hasquin s'interroge aussi sur l'immeuble de Paris. Il se demande pourquoi le gouvernement wallon de Jean-Claude Van Cauwenberghe a préféré un bâtiment avec travaux, traditionnellement plus cher, à un bâtiment sans. Les travaux ont été dirigés par des architectes de Charleroi sans pression, paraît-il, contrairement à Immo Congo.

Pour en parler, Olivier Maroy a invité :

Marie-Dominique Simonet, CDH, Ministre des relations internationales - Région wallonne et Communauté française

Serge Kubla, MR, Chef de groupe au Parlement wallon

José Happart, PS, Président du Parlement wallon

Jean-Marc Nollet, Ecolo, Député fédéral

Philippe Suinen, Directeur général du CGRI

Michel Bouffioulx, Journaliste indépendant

André Delvaux, Avocat spécialisé dans les marchés publics

Bruno Fally, Spécialiste de l'immobilier

Le débat sera-t-il plus intéressant que la semaine dernière ?
Nous avions assité à un des plus mauvais débat depuis des lustres à propos du vote des allochtones: débat confus, avec un animateur faisant les questions-réponses en permanence, laisant les éléphants de la politique plomber le sujet, avec comme grand spécialiste de la méthode: "Môssieur Philippe".






Il y avait pourtant de nouvelles têtes intéressantes qui pouvaient développer le sujet et qui le maîtrisaient, dont Mehmet Koksal ( qui possède un excellent site consacré aux allochtones (en politique))

Immo-Congo : un dossier pipé depuis le début


Le dossier Immo-Congo, au centre de l'émission "Mise au Point" dimanche midi, sur la Une télé. Les différents protagonistes sont revenus sur les principales zones d'ombres qui entourent ce dossier. Parmi celles-ci, les pressions exercées par Jean Claude Van Cauwenberghe sur le CGRI, le Commissariat général aux relations internationales, pour attribuer le marché à une société gérée par l'un de ses proches…..

Philippe Suinen, le patron du CGRI, a précisé que ces pressions ont commencés avant même que la Communauté française ne prenne la première décision, le 29 avril 2004. Une décision qui écartait l'offre du proche de Van Cauwenberghe. L'attribution du marché aurait donc été tronquée très tôt. Je vous confirme, a ainsi déclaré Philippe Suinen sur le plateau de Mise au Point, "que les deux cabinets ministériels de l'époque, donc le Ministre président de la Communauté (Hervé Hasquin) et le Ministre président de la Région wallonne (Jean-Claude Van Cauwenberghe), ont demandé au CGRI de participer à une réunion où il a été dit qu’il y avait un problème du côté wallon parce qu'il n'y avait pas suffisamment de dimensions wallonnes dans l’offre (…)C’était avant le 29 avril , à ce moment-là, on demande alors au CGRI de convoquer deux réunions inter-cabinet, où les deux protagonistes, Robert Marlier pour la société Intelligence et Communication et Daniel Lebrun Congo Wallon Invest seront confrontés pour voir s'il n'y a pas une possibilité de régler ce blocage"...

Réponse immédiate de Marie Dominique Simonet, la ministre chargée des relations internationales à la Communauté française et à la Région wallonne qui a hérité du dossier Immo-Congo: C’est énorme, s’est elle exclamée, "parce que quand on parle d'ancrage wallon, nous ne trompons pas, nous sommes tous favorables à l'emploi wallon. Mes collègues au Gouvernement se battent pour l'emploi wallon, mais ici, il est où l'emploi wallon ? C'est une personne "….

Lebrun donne sa version :

C'est le Commissariat Général aux Relations Internationales (CGRI) de la Communauté française qui a rappelé la société de Daniel Lebrun, CWI, pour lui demander de se réunir avec la société qui avait emporté le marché de la nouvelle implantation du Centre Wallonie-Bruxelles à Kinshasa, Intelligence et Communication (IC), de Robert Marlier, a indiqué dimanche, Daniel Lebrun sur le plateau de Controverse.

Selon lui, ce sont des motivations économiques qui ont guidé cette démarche. "Je suppose que l'on a jugé de mon utilité", a-t-il ajouté, expliquant qu'il avait pu obtenir un financement très intéressant. Quant à d'éventuelles pressions qui auraient été exercées sur son concurrent pour l'intégrer dans l'opération et constituer avec lui Immo-Congo, M. Lebrun dit ne pas pouvoir répondre. "Je ne peux pas répondre à cette question. Moi, le CGRI est venu me rechercher. Il est évident que Jean-Claude Van Cauwenberghe a certainement eu des conversations avec Hervé Hasquin mais c'est entre politiques", a-t-il affirmé, précisant qu'il n'y avait rien d'anormal, ni d'illégal à ce qu'un concurrent évincé collabore ensuite avec le candidat retenu . "Il n'y avait eu aucune corruption ou trafic d'influences" a-il encore ajouté.

Via RTL:

Lebrun: "C'est le CGRI qui est venu me chercher"

C'est le Commissariat Général aux Relations Internationales (CGRI) de la Communauté française qui a rappelé la société de Daniel Lebrun, CWI, pour lui demander de se réunir avec la société qui avait emporté le marché de la nouvelle implantation du Centre Wallonie-Bruxelles à Kinshasa, Intelligence et Communication (IC), de Robert Marlier, a indiqué dimanche M. Lebrun sur le plateau de Controverse (RTL-TVi).
Selon lui, ce sont des motivations économiques qui ont guidé cette démarche. "Je suppose que l'on a jugé de mon utilité", a-t-il ajouté, expliquant qu'il avait pu obtenir un financement très intéressant.
Quant à d'éventuelles pressions qui auraient été exercées sur son concurrent pour l'intégrer dans l'opération et constituer avec lui ImmoCongo, M. Lebrun dit ne pas pouvoir répondre. "Je ne peux pas répondre à cette question. Moi, le CGRI est venu me rechercher.
Il est évident que M. Van Cauwenberghe a certainement eu des conversations avec M. Hasquin mais c'est entre politiques", a-t-il affirmé, précisant qu'il n'y avait rien d'anormal, ni d'illégal à ce qu'un concurrent évincé collabore ensuite avec le candidat retenu.
L'homme, ancien réviseur d'entreprises, est un proche de l'ex-ministre-président wallon, Jean-Claude Van Cauwenberghe. Il se défend pourtant d'être son "financier". "Je ne m'occupe absolument pas des finances de M. Van Cauwenberghe mais quand il veut faire une opération sur Charleroi ou autre, il aime bien que je sois à ses côtés", a-t-il dit.
Et de conclure que dans son chef en tout cas, il n'y avait eu aucune corruption ou trafic d'influences.


La commission mixte naîtra mercredi

Foire d'empoignes à la conférence des présidents du parlement wallon (Elio Di Rupo, à Cannes, était le grand absent du jour) qui se penchait sur la proposition de résolution déposée par Ecolo. Résolution demandant l'installation d'une commission parlementaire mixte (17 membres) chargée de faire la lumière sur le dossier Immo Congo.
Fidèle à lui-même, José Happart a dit tout le mal qu'il en pensait, prétextant notamment, que la proposition n'était signée que par Ecolo. Aussitôt dit, aussitôt fait : Bernard Wesphael fait circuler son texte, que PS-CDH et MR s'empressent de signer.

Ces jolis paraphes n'ont guère détendu l'atmosphère. PS et CDH ont profité de l'occasion pour régler quelques comptes sur fond de loyauté politique. Les socialistes reprochant aux humanistes d'avoir, par l'intermédiaire de Marie-Dominique Simonet, transmis le dossier à la Justice.
Les échanges de noms d'oiseaux terminés, les honorables membres ont déterminé la procédure. Le parlement wallon votera mercredi à midi en séance plénière la proposition de résolution (identique à celle votée à la Communauté française). A l'issue du vote, les conférences des présidents des deux assemblées se réuniront pour établir les modalités pratiques. Seule certitude, Véronique Cornet (MR) en sera. La députée-bourgmestre de Montigny-le-Tilleul a en effet posé sa candidature à la présidence, ce que le CDH n'aurait guère apprécié...
Les débats ne s'annoncent pas vraiment sereins.

Région et Communauté ont fait le plus mauvais choix

Février 2004. A peine rentré de Kinshasa où il accompagnait en mission officielle Jean-Claude Van Cauwenberghe, mission au cours de laquelle il a pu visiter le bâtiment sur lequel Région et Communauté ont jeté leur dévolu, Daniel Lebrun, ou plus exactement sa société CongoWallonInvest (CWI), remet une offre de location-achat.
Robert Marlier fait de même le 31 mars au nom d'Intelligence et Communication (IC).
Si l'offre de CWI est plus avantageuse (240.000 euros de loyer annuel indexé), elle présente par contre un gros désavantage : elle demande que Région et Communauté se portent « caution solidaire et indivisible » du prêt, de trois millions d'euros. Un élément qui n'échappe pas à la sagacité de l'Inspection des finances dans son avis rendu le 8 mars.
De plus, CWI exige une superficie de 150 m 2 à l'intérieur du bâtiment pour y installer ses bureaux kinois. A l'inverse, l'offre d'IC est sans doute plus onéreuse (270.000 euros), mais elle n'exige pas de caution bancaire. On sait ce qu'il adviendra de ces deux offres. Trois mois plus tard (le 11 mai), Marlier et Lebrun signent leur contrat de mariage à travers la création d'Immo Congo, vu le blocage de la Région refusant d'attribuer le marché à la seule « Intelligence et Communication ». Avec des conséquences plus onéreuses encore pour les finances publiques : dans le contrat finalement signé, on découvre que c'est bien le bail d'IC qui est retenu (270.000 euros sur 20 ans au lieu de 240.000, soit 600.000 de plus). On y découvre également la demande de cautionnement de CongoWallonInvest (évincée par la porte, elle rentre par la fenêtre sous un autre nom). Bref, Immo Congo peut se frotter les mains : elle a remporté haut la main les négociations... Région et Communauté peuvent, elles, commencer à banquer.

Le cabinet Hasquin a bien contacté Robert Marlier

T élévisions, radios, journaux. Interrogé depuis plusieurs jours sur ses relations avec Robert Marlier, patron d'Intelligence et Communication, à qui « son » gouvernement confie le marché de location-achat du bâtiment de Kinshasa le 21 avril 2004, Hervé Hasquin (MR), jure ses grands dieux qu'il ne le connaissait pas. Soit, mais Marlier habite Silly comme lui... « Vous savez, Silly compte sept villages », répond-il aussi invariablement qu'imperturbablement.
En clair, pour l'ancien ministre-président, le rapprochement Hasquin-Marlier est un raccourci intellectuel. Un raccourci qui n'aurait absolument rien à voir avec les relations d'amitié, bien réelles celles-là, qu'entretiennent Van Cau et Daniel Lebrun, patron de CongoWallonInvest, le candidat évincé puis « miraculeusement » repêché dans Immo Congo.

Un élément pour le moins troublant vient pourtant ébranler l'argumentaire d'Hervé Hasquin. Il s'agit d'un courrier envoyé le 25 octobre dernier par un ancien collaborateur du ministre-président de la Communauté française à Didier Reynders, président du MR. Pas n'importe quel collaborateur, celui qui, en compagnie du chef de cabinet adjoint de Hasquin, a géré le dossier.
Dans ce courrier, il détaille, point par point, les chapitres clés et le déroulé des événements. On y découvre ainsi que, dès le choix du bâtiment opéré, un investisseur doit être trouvé.
Et c'est là où les choses deviennent intéressantes : « Un de mes collègues à la cellule relations internationales évoque alors la possibilité de prendre des contacts avec un investisseur qu'il connaît et qui pourrait être intéressé par l'opération, M. Robert Marlier. » Quelques lignes plus loin, il précise encore que « des contacts sont pris avec Robert Marlier et celui-ci confirme assez rapidement son intérêt (...). Il semble l'homme de la situation. »
En clair, si Hervé Hasquin ne connaissait pas directement le patron d'Intelligence et Communication (cette lettre ne dit pas le contraire), c'est bel et bien son cabinet qui a pris langue avec l'homme d'affaires. Et il est difficile d'imaginer que dans un dossier que Van Cau et Hasquin s'égosillent à définir comme « très urgent » et impliquant un investissement de pas loin de trois millions d'euros, il n'ait pas été, au minimum, mis au courant.
Enfin, un autre élément retient l'attention. L'auteur indique qu'une fois le marché obtenu par Intelligence et Communication « il est demandé à Marlier de solliciter une modification lui-même afin que cette modification n'apparaisse pas comme voulue par la Région wallonne ». C'est la fameuse lettre du 10 mai, dont Van Cau se prévaut pour sa défense. Une zone d'ombre de plus qui retiendra, à l'évidence, l'attention de la commission parlementaire spéciale.

DANZE,HUGUES vendredi 17 novembre 2006