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12 juin 2008

L'examen linguistique du SELOR est ...trop difficile !

L'examen linguistique du SELOR, auquel sont soumis les fonctionnaires des 19 communes de la capitale est plus difficile que ne l'imposent les lois linguistiques et n'est pas adapté à la fonction des agents. C'est l'avis que l'auditeur du Conseil d'Etat a rendu dans le cadre d'un recours introduit par la commune de Schaerbeek, rejointe par celle d'Auderghem.
Les deux communes, dirigées par des bourgmestres MR-FDF, avaient attaqué en 2001 l'arrêté royal fixant les conditions de réalisation de l'examen linguistique par le SELOR. Elles avaient estimé que l'arrêté violait les dispositions légales en matière d'examen linguistique sur la connaissance "élémentaire" de la seconde langue requise par la loi linguistique pour tous les fonctionnaires en contact avec le public, ainsi que sur l'obligation d'une connaissance "adaptée à la fonction".
L'auditeur près le Conseil d'Etat leur donne raison en ce que l'examen linguistique impose aux universitaires un examen plus strict, dépassant un niveau de connaissance élémentaire, et tient compte du niveau de la fonction et du grade occupé par le fonctionnaire plutôt que du profil de la fonction.

19 mai 2008

Les permis parlementaires sont illégaux

Le Conseil d'Etat étrille dans son avis le projet de décret des ministres wallons cdH André Antoine (Territoire) et Benoît Lutgen (Environnement) sur les autorisations régionales. Il estime que ce projet est "anticonstitutionnel", écrit lundi La Libre Belgique.Ce décret vise à permettre au Parlement même d'octroyer de grands permis d'urbanisme, d'environnement ou uniques (mixtes). L'avis du Conseil d'Etat insiste toutefois sur "l'un des principes sur lesquels repose le système constitutionnel belge"", à savoir la séparation des pouvoirs.La séparation des pouvoirs revient notamment, rappelle le Conseil d'Etat, "à empêcher que le Parlement ne cumule directement l'exercice des fonctions législatives et exécutive". Or "force est de constater" que tel est le cas ici. "En érigeant ainsi un tel cumul en véritable système, l'avant-projet de décret porte atteinte à la substance même de la séparation des pouvoirs. Il se heurte de ce fait à une critique fondamentale de constitutionnalité", poursuit l'avis.En outre, le projet "heurterait de front" le principe de la hiérarchie des normes et introduirait indûment un nouveau moyen de contrôle de l'activité gouvernementale par le Parlement. Il est également critiqué parce que "l'intérêt régional" ouvrant à des tels permis "est une notion aux contours particulièrement flous, laissant un très large pouvoir d'appréciation discrétionnaire".

02 mai 2008

Le premier paquet de la réforme de l'Etat recalé par le Conseil d'Etat

Il y a deux mois, le groupe des sages s'accordait sur une réforme de l'Etat. Dans ce premier paquet on retrouvait notamment la régionalisation de la sécurité routière. Le Conseil d'Etat vient de se prononcer sur ce texte. Nous nous le sommes procuré en exclusivité et vous allez le voir, le groupe des sages est renvoyé à sa copie. Une nouvelle épine dans le pied d'Yves Leterme…

Source:exclusivité RTBF info JT - 1 mai 2008
VIDEO• La réforme de l'Etat a été recalée au Conseil d'Etat • En direct sur le plateau : J. Montay nous parle de la réforme d'Etat recalée

Une soixantaine de pages qui risquent de peser lourd sur les épaules du gouvernement d'Yves Leterme. Le premier paquet de réforme de l'Etat y est examiné à la loupe et le bulletin est pour le moins mauvais.
La régionalisation de la sécurité routière passe mal. Pour rappel, la réforme permettrait aux régions de fixer leurs propres limites de vitesse mais la répression, elle, serait partagée entre le fédéral et les régions. Compliqué me direz-vous !
C'est exactement l'avis du Conseil d'Etat qui dit ceci :
« Certaines des attributions nouvelles de compétences aux régions et aux communautés conduiront à un éparpillement de ces compétences ».
Un éparpillement qui conduit parfois à l'impasse. Exemple relevé par le Conseil d'Etat: les écoles de conduite à Bruxelles. Après réforme, elles dépendraient d'une législation communautaire. Problème dans la capitale. Impossible de déterminer si une école conduite est flamande ou francophone. Résultat : elles dépendront du fédéral. Bref, de l'ancien régime! Retour à la case départ.
Le serpent communautaire se mord la queue ! Ce qui fait donc dire au Conseil d'Etat « Pareilles répartitions ne contribuent pas à rencontrer l'objectif d'homogénéisation et de cohérence ».
Cohérence et homogénéité: deux valeurs clefs défendues par les partis flamands, deux objectifs qui, selon le Conseil d'Etat, ne sont pas rencontrés. Autre critique: les très nombreuses imprécisions du texte de loi.
« La compétence attribuée à l'autorité fédérale en matière de permis de conduire est formulée en des termes très généraux et imprécis."
Une imprécision, un flou que le Conseil d'Etat dénonce à plusieurs reprises dans son avis.
Vous l'aurez compris: le premier paquet de réformes institutionnelles passe mal alors que le deuxième est à peine négocié. Bref, l'apéritif, comme disaient certains, se montre indigeste alors qu'Yves Leterme pourrait ne plus avoir que six jours pour faire passer le plat de résistance.

31 mars 2008

L’Etat belge condamné pour délai anormalement long

Le tribunal de première instance de Bruxelles a condamné l'Etat belge à quatre reprises ces dernières semaines pour l'arriéré du Conseil d'Etat. Dans l'une des quatre affaires, un justiciable a attendu 13 ans avant que le Conseil d'Etat se prononce sur son recours.

Source:Info radio - 29 mar 2008 15:04
Selon la Convention européenne des Droits de l'homme, toute personne a le droit d'être jugée dans un délai raisonnable. Ce n'est pas toujours le cas en Belgique. Régulièrement, tant la Cour européenne des Droits de l'homme que les tribunaux belges condamnent l'Etat pour dépassement du délai raisonnable. C'est encore le cas dans quatre affaires soumises récemment au Tribunal de Première Instance de Bruxelles au sujet du Conseil d'Etat.

Dans celle portée à notre connaissance, un justiciable a attendu 13 ans et 3 mois avant que son recours soit tranché. Pour le Tribunal, ce délai est anormalement long. Et la responsabilité de l'Etat belge est clairement engagée. En accroissant le champ de compétences du Conseil d'Etat sans veiller à augmenter ses effectifs, l'Etat a commis une faute.

La situation d'engorgement de la juridiction administrative était inéluctable. Dans le cas d'espèce, le Tribunal considère comme légitime une procédure de 6 ans, compte tenu de la complexité de l'affaire et de questions posées à la Cour Constitutionnelle. Mais les sept années restantes représentent un préjudice indéniable pour le requérant. Préjudice fixé à 6.500 euros par le Tribunal. L'Etat dispose encore de la possibilité de faire appel.

12 septembre 2007

Le Conseil d'État suspend le permis du Trilogiport

Nouvelle victoire pour Electrabel contre la plateforme multimodale. Le projet aurait dû être soumis à une étude d'incidences sur l'environnement.
Le coup de tonnerre, car c'en est un, a mis un certain temps à être entendu. Le 7 août dernier, le Conseil d'État rendait un arrêt suspendant l'exécution du permis d'urbanisme accordé, le 9 octobre 2006, au Ministère de l'Équipement et des Transports (MET) pour la construction du Trilogiport, la plateforme multimodale d'Hermalle-sous-Argenteau.
C'est la société Electrabel qui avait introduit une demande en suspension et en annulation du permis, en décembre 2006. Motif principal, suivi par le conseil d'État malgré l'avis contraire de l'auditeur : en tant que plateforme ferroviaire et intermodale de plus de 2 hectares, le projet aurait dû être soumis à une étude d'incidences sur l'environnement (EIE) réalisée par un bureau d'études indépendant. Electrabel a toujours soutenu cette hypothèse, notamment lors des enquêtes publiques.

La réponse du MET et de la Région wallonne, qui a accordé le permis, c'est que la demande n'envisageait pas le raccordement au réseau ferroviaire. Pour la bonne et simple raison qu'il faut pour cela passer par les terrains privés du site Arcelor de Chertal, et qu'on n'a jamais trouvé d'accord avec Arcelor à ce sujet. Il est vrai que dans le projet Trilogiport, le rail occupe une place anecdotique. Avec voie d'eau et route, la plateforme fonctionnerait à suffisance. Le rail, c'était une « potentialité » du site, qui serait envisagée par après.
« Cette défense de la Région wallonne ne résiste pas à l'analyse, affirme Tangui Vandenput, avocat d'Electrabel dans l'affaire. Comme nous, le Conseil d'État constate que dans tous les documents présentant le Trilogiport, on parle de sa trimodalité, et du rail en particulier. Ça ressemble donc à un saucissonnage volontaire du projet pour faire l'économie de l'étude d'incidences. »
Le permis est donc suspendu. Il n'est pas (encore ?) annulé, mais ne peut être exécuté. Ça ne change pas grand-chose sur le terrain : depuis près d'un an, le dossier est bloqué par un autre jugement, qui avait déclaré illégale l'expropriation d'Electrabel de ses 67 ha de terrains (sur les 110 du projet). Les négociations serrées menées entre la Région et Electrabel sur l'indemnité à verser à la société pour se rendre propriétaire de ses terrains n'ont toujours pas abouti. Voilà qui explique la discrétion autour de cet arrêt du Conseil d'État, qui vient à coup sûr renforcer un peu plus encore la position d'Electrabel autour de la table des négociations. « Tout ce que nous voulons, c'est obtenir pour nos terrains une indemnité conforme à leur valeur, rappelle le porte-parole d'Electrabel. Si c'est le cas, les actions en justice seront abandonnées. »
« Les négociations sont très difficiles, et notamment parce qu'il ne s'agit pas d'une discussion de particulier à particulier : c'est d'argent public que nous parlons, souligne Dirk Desmet, chef de cabinet du ministre Daerden. Nous devons donc les mener en concertation avec le comité d'acquisition, et dans le respect de toutes les règles. Mais je n'ai pas le sentiment que c'est plus compliqué depuis l'arrêt. »
Ce qui est plus embêtant par contre avec cet arrêt, c'est qu'à supposer même qu'Electrabel trouve un accord avec la Région, éteigne son action et que le permis retrouve tous ses effets, d'autres plaignants pourraient se prévaloir de l'arrêt du Conseil d 'Etat pour attaquer le permis devant d'autres juridictions. « En tout état de cause, nous allons réagir au Conseil d'Etat, et aller nous-mêmes en recours contre cette décision », confirme D. Desmet.
Reste qu'en attendant le Trilogiport ne cesse d'accumuler du retard, alors qu'on piaffe d'impatience pour s'y installer. Et le projet n'a jamais semblé si proche de l'abîme.