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05 avril 2008

Charleroi : 13 prétendants pour BSCA

De grands groupes veulent racheter les 27,65 pc que la Région détient dans la société. Parmi eux figurent ABN Amro, le holding communal, Ackermans & van Haren, Abertis et Hainan Airlines. André Antoine espère faire son choix pour septembre.
Contrairement au pessimisme de certains membres de la majorité régionale, l'appel à candidature du gouvernement wallon en vue de trouver un partenaire privé pour l'aéroport de Charleroi est un succès. Selon nos informations, à la clôture de la première étape de la procédure le 25 mars, pas moins de treize candidats ont répondu à la quarantaine de lettres envoyées les 28 et 29 février derniers aux investisseurs potentiels.
Parmi eux figurent de grands groupes belges (Ackermans & van Haren, Belgian Sky Shops/CNP d'Albert Frère, Holding Communal, Inframan), franco-luxembourgeois (Cube/Natixis, Galaxy Management Services) et britanniques (ABN-Amro Infrastructure Capital Management, GE Capital Corporation). Le groupe chinois Hainan Airlines Airport a aussi marqué son intérêt, de même que l'Espagnol Abertis (via sa filiale TBI), l'Italien Save. "On ne peut que se réjouir de ces marques d'intérêt qui proviennent de grands groupes qu'on peut classer en trois catégories : financiers, fournisseurs de process et gestionnaires d'aéroport. C'est une belle reconnaissance sur le plan international de la politique aéroportuaire que nous menons depuis près de quatre ans", nous a confié le ministre wallon André Antoine (CDH), en charge notamment de la politique aéroportuaire.
Deux groupes recalés
Le groupe turc Celebi et l'Indien GVK (aéroport de Mumbaï) ont également concouru, mais leurs candidatures n'ont pas été retenues, car elles ont été déposées hors délai. Mais ils ne sont pas pour autant totalement écartés de la procédure, car rien n'exclut que les candidats retenus se rapprochent d'eux pour une éventuelle association pour la suite de la procédure. Pour rappel, c'est le 14 février que le gouvernement wallon a marqué son accord pour la cession des 27,65 pc que détient la Sogepa (son bras financier) dans BSCA, la société gestionnaire de l'aéroport de Charleroi.
Le gouvernement wallon devrait approuver ce jeudi 10 avril la liste des candidats retenus durant cette présélection. L'étape suivante concernera la signature d'un accord de confidentialité avec ces derniers et la remise d'un mémorandum. Le document leur fournira toutes les données chiffrées (recettes, personnel, etc.) ainsi que les projets de développement (allongement de la piste, etc.) et les opportunités d'investissements. Ils rentreront ensuite une offre non contraignante que le gouvernement wallon étudiera avec l'aide d'une banque d'affaires et arrêtera une "short list" avec dépôt d'offres liantes. La fin de cette deuxième phase est fixée à fin mai-début juin. Suivra ensuite une troisième phase à l'issue de laquelle l'heureux élu à entrer dans le capital de BSCA sera désigné. "J'espère annoncer le choix du partenaire privé pour BSCA en septembre. Notre objectif n'est pas purement financier, nous voulons trouver un partenaire solide capable d'assurer le développement industriel de la plateforme de Charleroi qui est aujourd'hui le deuxième aéroport national", souligne le vice-président wallon.
Neuf banques sollicitées
L'exécutif wallon a sollicité neuf banques d'affaires qui ont remis une offre concernant leurs services dont Fortis, ABN-Amro, BNP Paribas, Degroof, ING, Dexia et Petercam. Cette procédure a été clôturée hier et il semble que c'est Petercam qui a fait la meilleure proposition.

22 mars 2008

Le plan avions de Schouppe favoriserait le nord

Le CD&V aurait un plan d'encadrement du bruit des avions de l'aéroport à Zaventem qui n'augure pas de lendemains calmes pour les riverains de l'Oostrand, écrit samedi La Libre Belgique citant un document dont elle a eu connaissance. Le plan prévoirait cinq nuits sans avions au Noordrand (Neder-over-Hembeek, Grimbergen, Diegem) et rien pour l'Oostrand (Crainhem, Wezembeek-Oppem, Woluwe-Saint-Pierre).Le plan a été élaboré par des habitants de Grimbergen (au nord de Bruxelles) affiliés au CD&V et serait soutenu par Etienne Schouppe. Il aurait été présenté en décembre aux parlementaires du Brabant flamand mais il est très loin du plan qui a failli déboucher sur un accord la semaine dernière. Contacté par le journal, le secrétaire d'Etat à la Mobilité Etienne Schouppe se défend face aux critiques de riverains de Brussels Airport: "Ce sont des idées préconçues et leur sortie n'est pas une bonne stratégie. Maintenant que j'ai la responsabilité politique du dossier, je vais actualiser toutes les propositions sur la table". Par ailleurs, indique le journal, un couple de riverains a été inculpé pour avoir envoyé un courriel en janvier 2006 qui reproche à l'ex-ministre Anciaux "et sa bande" d'user "des méthodes fascistes".
Lire aussi:Bruxelles soutient le plan avions de Leterme

04 janvier 2008

Yves Leterme doit (aussi) résoudre le dossier Zaventem

La dispersion n’est plus obligatoire, dit la Cassation

Plus rien n’impose désormais la dispersion des vols autour de l’aéroport de Zaventem… C’est la principale conséquence de l’arrêt rendu ce jeudi par la Cour de cassation.

archives
Enième épisode de la longue saga des nuisances sonores, cette décision a aussitôt été saluée par les autorités bruxelloises ainsi que les associations de riverains du sud et de l’est de la capitale.
C’est que la Cour de cassation vient de casser un arrêt du 21 mars 2006 par lequel la cour d’appel de Bruxelles, à la demande de 3.200 riverains du nord de Bruxelles, avait imposé une « répartition équitable des vols ». Une décision de justice sur laquelle le précédent ministre de la Mobilité, Renaat Landuyt (SP.A), se fondait pour forcer une utilisation égale des différentes pistes de Bruxelles-National. Au passage, la cour d’appel avait estimé que les normes de bruit imposées par la Région bruxelloise étaient inconstitutionnelles.
« Ce jeudi, la Cour de cassation a estimé que la cour d’appel de Bruxelles avait empiété sur les compétences du pouvoir exécutif, détaille Damien Vandermeersch, avocat général et porte-parole à la Cour de cassation. La politique de répartition des vols, c’est une responsabilité du pouvoir exécutif. Le pouvoir judiciaire n’a, en la matière, qu’un contrôle marginal. La cour d’appel a donc excédé ses compétences. »
Pas de solution avant le 23 mars
En termes judiciaires, retour, donc, à la case départ : la plainte introduite par les 3.200 riverains du nord de Bruxelles, qui exigeaient une répartition égale des vols, sera traitée, sur le fond, par la cour d’appel de Gand. Qui ne pourra pas statuer de manière identique à son homologue bruxelloise ? Si. Mais, d’ici là, peut-être le dossier aura-t-il évolué ? C’est en tout cas le souhait le plus cher des autorités bruxelloises. « J’espère en tout cas que le nouveau ministre de la Mobilité, Yves Leterme, le traitera en priorité », insiste la ministre bruxelloise de l’Environnement, Evelyne Huytebroeck (Ecolo). Qui ironise : « Il connaît en tout cas bien le dossier, pour l’avoir longuement négocié avec nous, sous sa casquette de ministre-président flamand. J’espère qu’il sera un vrai ministre fédéral de la Mobilité de tous les Belges. »
Chez l’intéressé, on ne se répand pas en commentaires… Tout au plus précise-t-on que « la gestion des nuisances sonores de Zaventem est un dossier juridiquement et techniquement très complexe, qui impose une approche bien réfléchie ». Rien d’immédiat à attendre, donc… Mais au cabinet CD&V, on promet quand même que « dans les semaines à venir », le ministre se penchera sur la question. Et rencontrera, pour ce faire, « les associations de riverains et autres parties prenantes au dossier ». En ce compris les gouvernements régionaux flamand et bruxellois ? Ce ne seront en tout cas pas les premiers à être conviés, mais ils le seront. Au fait, Yves Leterme espère-t-il résoudre cet épineux dossier avant le 23 mars, date prévue de son intronisation au 16, rue de la Loi ? « Non… Rien ne l’impose, d’ailleurs », réplique son porte-parole.

06 octobre 2007

Le fédéral rappelle Antoine à l'ordre

Le texte sur l'unicité de gestion des aéroports régionaux ne serait pas conforme aux législations européenne et nationale. C'est l'avis de la DGTA.
BELGA
Mauvais bulletin pour l'avant-projet de décret élaboré par le ministre wallon André Antoine (CDH) relatif à l'unicité de gestion sur les aéroports régionaux (Liège Airport, Brussels South Charleroi Airport). Pour rappel, le texte organise le transfert et la gestion des missions de sécurité et de sûreté par les sociétés de gestion des deux plates-formes régionales (Liège Airport à Liège, BSCA à Charleroi). Il vise à créer deux filiales (l'une à Charleroi, l'autre à Liège), détenues chacune à 51 pc par la Région wallonne et à 49 pc par chacune des deux sociétés de gestion. Ainsi, les missions de sécurité et de sûreté seront pilotées par ces dernières via les filiales. Liège Airport a annoncé la création future de sa filiale Liège Airport security ("LLB" du 3/10).
Remarques - interrogations
Mais pour la Direction générale du transport aérien (DGTA, organisme fédéral), l'avant-projet empiète sur les compétences fédérales ou organise un transfert incomplet des tâches de sûreté et de sécurité au secteur privé. Par ailleurs, le texte n'est pas, d'après le patron de la DGTA, conforme à diverses législations. "L'examen de cet avant-projet, en combinaison avec les avenants aux conventions de concession conclues entre la Région wallonne et les sociétés de gestion des aéroports de Liège et de Charleroi a soulevé de nombreuses remarques et interrogations, entre autres en ce qui concerne la conformité du projet avec la réglementation nationale (loi spéciale de réformes institutionnelles), européenne (règlement européen qui reconnaît la DGTA comme seule autorité compétente en matière de sûreté) et internationale (convention de Chicago) en vigueur. En conséquence, il m'est impossible d'être d'accord avec le contenu de votre projet", a écrit Jules Kneepkens, directeur général de la DGTA au ministre Antoine, dans une lettre du 26 septembre et dont "La Libre" a eu connaissance. Il rappelle au vice-président wallon que la Région n'a qu'un rôle de contrôle interne via le Met et ce "sans préjudice du contrôle de qualité externe" de son administration. Par ailleurs, dit-il, "la DGTA reste la seule autorité compétente et elle dispose d'un contact direct avec le personnel en charge journalière de l'exécution des tâches de sûreté." Or, les projets du ministre Antoine ne précisent plus la nature du contrôle qu'exercera à l'avenir le reste des équipes du Met. Et à l'analyse, la description des nouvelles tâches (encadrement des équipes de sécurité, mise en oeuvre des plans d'urgence, contrôle des badges, etc.) apparaît comme "un contrôle externe doublé d'un pouvoir d'injonction du Met" sur les filiales. La nouvelle organisation des missions (contrôle externe doublé d'un pouvoir d'injonction) que va instaurer le futur décret empiète donc sur les compétences de la DGTA. Elle est aussi "de nature à fractionner les responsabilités entre les différents intervenants".
Le texte est déjà adapté
La lettre du patron de la DGTA risque d'apporter de l'eau au moulin des syndicats, opposés au projet d'unicité de gestion. Mais pas pour les mêmes raisons, car les agents du Met préfèrent rester des fonctionnaires avec notamment la garantie d'emploi que cela suppose.
Au cabinet d'André Antoine, on indique que le ministre des Transports a déjà adapté le texte et donné des apaisements à la DGTA. "On ne peut pas aller plus loin comme le demande la DGTA. Mais on a mis en place un (SMS) piloté par un safety manager tant à Liège qu'à Charleroi. Par ailleurs, la DGTA disposera toujours de son pouvoir d'injonction et aura un interlocuteur bien identifié", nous a confié l'expert du cabinet Antoine.
© La Libre Belgique 2007

01 octobre 2007

Le chef du Met bientôt réintégré

L'auditeur du conseil d'Etat, estime que la décision de l'exécutif wallon le mutant ailleurs est illégale.Elle viole les droits de la défense et lui cause un grave préjudice difficile à réparer.M. Piraux n'aurait pas été suffisamment entendu.
BELGA
Le commandant du Met à l'aéroport de Charleroi (BSCA), Michel Piraux (57 ans), sera-t-il bientôt réintégré dans ses fonctions sur le tarmac carolo ? En effet, dans la foulée de sa volte-face renonçant au poste de conseiller que le ministre André Antoine (CDH) lui proposait à la Sowaer (Société wallonne des aéroports), il a introduit un recours en extrême urgence au conseil d'Etat contre la décision du ministre Philippe Courard (PS) le mettant la disposition de l'administration (direction du développement technologique du Met) à Namur. Il demande la suspension de la décision et de celle nommant son adjoint (Eric Anselme) pour assurer l'intérim sur le tarmac carolo.
Selon nos informations, le dossier a été plaidé vendredi devant la haute juridiction administrative et l'avis de l'auditeur est favorable à Michel Piraux.
Sans pour autant se prononcer sur les griefs retenus à l'encontre du commandant (déloyauté vis-à-vis de la Région, etc.), l'auditeur estime que les autorités wallonnes n'ont pas respecté les procédures en vigueur, elles auraient violé les droits de la défense. D'après lui, la décision du ministre Courard n'est pas suffisamment motivée. Il estime aussi que le commandant Piraux n'a pas été (assez ?) entendu. Par conséquent, l'arrêté ministériel l'envoyant sous d'autres cieux porte atteinte à sa réputation et lui cause un préjudice grave difficilement réparable.
Michel Piraux et son avocat, Cédric Molitor (cabinet Bourtembourg à Bruxelles) se refusent à tout commentaire et attendent l'arrêt définitif du conseil d'Etat, qui devrait tomber cette semaine. Comme la haute juridiction administrative suit généralement l'avis de son auditeur, le retour du patron du Met à Charleroi semble être acquis. Mais sa réintégration pourrait n'être que de quelques jours. Car au cabinet du ministre Antoine, on assure qu'on reprendra la procédure en respectant cette fois les formes et en expliquant mieux au commandant les griefs à son encontre. Un accord de règlement du dossier à l'amiable n'est pas exclu, mais toujours avec M. Piraux ailleurs que sur le tarmac carolo.

Départ du chef commercial
Selon nos informations, le conseil d'administration de BSCA (société gestionnaire de l'aéroport de Charleroi) a avalisé la semaine dernière le licenciement du directeur commercial, Philippe Liévin. Cela fait près de dix ans qu'il travaille au sein de la société dont il a plusieurs fois assuré l'intérim du poste d'administrateur délégué. Les deux parties (qui se refusent à tout commentaire) se seraient séparées d'un commun accord, mais il semble que c'est l'absence de résultats dans le chef de Philippe Liévin qui est la cause de son licenciement par l'actuel administrateur délégué de BSCA, Marcel Buelens. Il souhaiterait professionnaliser davantage la gestion du site avec à la clé des objectifs de résultats.

Unicité de gestion : les Liégeois en tête

Plus d'agents du Met à Liège-Airport qu'à Charleroi se sont prononcés pour rejoindre la filiale qui assurera bientôt les tâches de sûreté.
Le projet de filialisation des services de sûreté sur les aéroports de Liège et de Charleroi suit aujourd'hui son cours normal. Après la grève qu'il a déclenchée le 15 juin et la concertation sociale (plus la séance d'information du 30 août sur les deux sites), les agents du Met en poste sur les deux plates-formes régionales ont reçu un courrier les invitant à opérer un premier choix. Ils doivent dire s'ils veulent rejoindre la filiale (une société sur chaque aéroport) qui assurera prochainement les tâches de sûreté ou retourner dans l'administration. L'administration aurait reçu plus de réponses des agents liégeois qu'à Charleroi. De plus, ces derniers sont davantage tentés par un poste au sein de la filiale, alors que les Carolos préféreraient retourner dans l'administration. Sur les 63 agents du Met en poste à Liège (78 à Charleroi), une quarantaine seraient concernés (50 à 60 à Charleroi), une quinzaine auraient déjà donné leur réponse et une dizaine s'apprêteraient à faire de même. "Peu ou pas de réponse des agents Charleroi" , nous dit-on.
Le décret instaurant l'unicité de gestion et créant les deux filiales (Charleroi, Liège-Airport) sera présenté en deuxième lecture au gouvernement wallon ce jeudi par le ministre Antoine (CDH). Il sera ensuite envoyé au conseil d'Etat pour avis avant un débat en commission au parlement wallon. L'objectif est qu'il entre en application dès le 1er janvier 2008. En attendant, le commandant-adjoint du Met à Liège-Airport, Frédéric Gaillard, vient de se voir confier une mission spéciale auprès de BSCA à Charleroi. Sa tâche sera de préparer la mise en place de la filiale de sûreté dont il deviendra le directeur-général. Il travaille actuellement à l'intégration des normes européennes de sûreté à Liège-Airport et devrait démarrer sa mission à Charleroi dès le 15 octobre.