Affichage des articles dont le libellé est CO2. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est CO2. Afficher tous les articles

04 juin 2008

Lancement des éco-bonis en Wallonie

Le processus des « éco-boni » qui ont pour objectif de récompenser les automobilistes qui utilisent des véhicules propres a été concrétisé ce mercredi par le ministre wallon du Budget, Michel Daerden. En juin, 2.000 ménages wallons devraient obtenir leur prime.

Le principe a été défini en mars 2007 par les autorités wallonnes afin de contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique. Il est appliqué depuis le 1er janvier 2008 mais le processus a véritablement été enclenché ce mercredi par la remise d’un premier chèque.
Le système de l’« éco-bonus » récompense les personnes qui acquièrent un véhicule émettant moins de 145 grammes de CO2/km, qu’il soit neuf ou d’occasion, alimenté à l’essence ou au diesel. Le principe ne s’applique pas aux véhicules de société.
La fourchette de la prime varie de 100 à 1.000 euros, selon le taux d’émission. Les propriétaires des voitures qui émettent moins de 105g CO2/km (1000 euros) et entre 105 et 115 g CO2/km (800 euros) sont les plus récompensés. Ceux dont les véhicules émettent entre 116 et 125 g CO2/km recevront 200 euros ; ceux dont les automobiles émettent entre 126 et 135 g CO2/km auront une prime de 150 euros, et les autres de 100 euros.
Les familles nombreuses, qui comptent au moins 3 enfants à charge, bénéficient d’une réduction de 10 grammes sur l’émission.
Le bénéficiaire ne doit effectuer aucune formalité pour bénéficier de la prime. Celle-ci est attribuée automatiquement par l’administration, avertie par la DIV (Direction d’immatriculation des véhicules).
En juin, quelque 2.000 ménages wallons devraient obtenir leur prime.
Dans le courant de l’année 2008, la mesure devrait bénéficier à environ 100.000 personnes. Pour la Région, le coût de l’opération devrait être de 22 millions d’euros.
Les conducteurs les plus pollueurs sont pour leur part, depuis le 1er avril, sanctionnés par un « éco-malus », qui s’échelonne entre 100 et 1000 euros. Le système s’applique aux propriétaires de véhicules qui émettent plus de 195 g CO2/km.

03 mai 2008

La Terre pourrait déjà avoir dépassé le seuil dangereux de CO2

Comment évaluer la limite à ne pas dépasser ? Pour éviter une "interférence humaine dangereuse" avec le système climatique, le seuil limite de dioxyde de carbone (CO2) atmosphérique est généralement fixé à 550 parties par million (ppm). C'est par exemple l'objectif - déjà ambitieux - que s'est fixé l'Union européenne (UE). Pour James Hansen, un des chercheurs les plus influents de la communauté des climatologues, ce seuil a été estimé avec trop, beaucoup trop, d'optimisme.


Dans des travaux non encore publiés mais dont une version de travail a été mise en ligne, lundi 7 avril, sur le serveur ArXiv, le directeur du Goddard Institute for Space Studies (GISS) et ses coauteurs évaluent le seuil de danger à 350 ppm environ. Or ce niveau a été atteint en 1990. Il se situe aujourd'hui à 385 ppm. Et il augmente à raison d'une à deux unités chaque année.
Le dépassement du seuil de 350 ppm n'est, bien sûr, pas immédiatement dangereux. Selon les auteurs, il l'est sur le long terme. "Si le CO2 est maintenu pendant une longue période à un niveau supérieur à cette limite, il y a un risque de se placer sur une trajectoire menant à un dérèglement climatique dangereux et irréversible", décrypte la climatologue Valérie Masson-Delmotte (Commissariat à l'énergie atomique, CEA), coauteur de ces travaux. "Il est possible de revenir à un taux de 350 ppm, assure M. Hansen. Il faut un moratoire sur les centrales à charbon puis supprimer progressivement tous les usages de la houille d'ici à 2020-2030. Il faut aussi revoir nos pratiques agricoles et forestières de façon à séquestrer du carbone."
Pour parvenir à ces conclusions, les scientifiques ont analysé les séries de données retraçant les grandes évolutions climatiques de la planète sur plus de 50 millions d'années. Pour déterminer un seuil limite, "nous avons examiné la vitesse de déplacement des isothermes, le retrait des glaciers - qui sont très importants pour l'alimentation en eau -, la vitesse d'élévation du niveau des mers, la déstabilisation des calottes glaciaires et la réaction des récifs coralliens", précise Valérie Masson-Delmotte.
Les chercheurs ont également recalculé la "sensibilité du climat" au gaz carbonique. Celle-ci se traduit par le réchauffement moyen que provoquerait un doublement du CO2 par rapport à son niveau préindustriel (entre 270 et 280 ppm). Les modèles utilisés par le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) la situent autour de 3 °C. Mais ces calculs ne tiennent pas compte de ce que les climatologues appellent les "rétroactions lentes".
Comme, par exemple, la réduction progressive des calottes glaciaires. Lorsque l'effet de serre augmente, la température augmente : les calottes de glace se réduisent. La Terre perd donc progressivement une part de sa capacité à réfléchir le rayonnement solaire : elle absorbe plus d'énergie lumineuse. Les températures croissent donc plus vite, ce qui accélère la réduction des calottes glaciaires, etc.
"En tenant compte de ce type de rétroactions, la sensibilité climatique n'est plus de 3 °C, comme l'estiment les modèles utilisés par le GIEC : elle est de 6 °C, dit M. Hansen. Mais la question de savoir combien de temps ces rétroactions mettront pour entrer en action demeure ouverte." Pour voir ces "cercles vicieux" se mettre en place et emballer la machine climatique, faudra-t-il attendre la fin de ce siècle ? La fin du suivant ?
Les incertitudes des modèles sont importantes. Ainsi, de récentes analyses sédimentaires publiées par une équipe allemande ont montré qu'une calotte glaciaire antarctique importante (estimée à environ 60 % de la calotte actuelle) avait pu subsister, même brièvement, au cours du crétacé, une période très chaude où la température de l'océan tropical était de plus de 10 °C supérieure à la valeur actuelle.
James Hansen, 67 ans, est un habitué des controverses. Il est le premier scientifique à avoir attiré, en 1988, l'attention des médias et des politiques sur le climat. Très engagé, il a lancé en 2007 une campagne pour demander aux gouvernements allemand et britannique d'interrompre tout programme de construction de centrales à charbon.
Au-delà de ces questions, ses travaux ouvrent une question profonde sans rapport avec la science ou la politique : jusqu'où les hommes du XXIe siècle doivent-ils chercher à prévoir les conséquences de leurs actions ? Evoquer le futur de la planète bien après 2100, comme le font M. Hansen et ses coauteurs, c'est devoir imaginer ce que le climatologue Stephen Pacala appelle "les monstres derrière la porte".

07 avril 2008

L’éclosion difficile du printemps de Magnette

C’est le 15 avril que sera lancé officiellement le « Printemps de l’environnement » par le Premier ministre Yves Leterme. Qu’est-ce donc là ? Un colloque de plus sur le développement durable ? Que nenni. Inspiré du Grenelle de l’environnement soutenu par Nicolas Sarkozy en France, ce vaste débat participatif associera pendant deux mois pouvoirs publics, partenaires sociaux et société civile dans un schéma inédit en Belgique.
Réchauffement climatique, énergies renouvelables, ressources naturelles, environnement-santé, modes de production et de consommation et transports : ces six thèmes formeront l’ossature de débats initiés par le ministre de l’Environnement et de l’Energie, Paul Magnette (PS). Tout est cependant loin d’être réglé puisque ni le calendrier ni le contenu des débats ne sont arrêtés à ce stade. Et le ministre régional wallon de l’Environnement Benoît Lutgen (CDH) n’a jamais caché son irritation face à un processus jugé trop vague. Ce lundi, justement, Benoît Lutgen rencontrera Paul Magnette sur la question.
Questionné ce dimanche sur l’état d’avancement du dossier, le ministre Paul Magnette veut rassurer toutes les parties : « L’implication des Régions est fondamentale dans ces matières. Je crois en un fédéralisme constructif. Je soumettrai moi-même lors du Printemps une série de propositions de décisions en matière de biodiversité et de climat que j’aurais pu adopter seul. Ma volonté, c’est que ce processus politique soit le plus collégial possible et tire les débats vers le haut. »
Entre autres écueils, le ministre Paul Magnette devra encore convaincre certaines ONG comme Inter-Environnement de monter dans ce bateau. Les environnementalistes ne veulent en effet pas jouer un rôle de faire-valoir pour avaliser, en bout de course, la création de groupes de travail… « J’ai rencontré les ONG et je leur ai garanti que l’idée est bien d’arrêter pour chaque thème une série restreinte de mesures concrètes, précise Paul Magnette. Tous les partenaires ont reçu un éventail de mesures possibles. La liste élargie à débattre et le calendrier des ateliers seront finalisés cette semaine. »

L'environnement inquiète les francophones

La dégradation de la qualité de l'environnement inquiète une majorité de francophones, loin devant le communautaire. A peine 34 % parient sur une amélioration.
Un baromètre exclusif et six jours d'enquête dans Le Soir.
L'édito : "De l'hiver communautaire au printemps vert"

Une courte majorité de francophones est favorable à l’idée de systématiser une fois par semaine la journée sans voitures.
De ce lundi jusqu'au samedi 12 avril, Le Soir livrera les principaux résultats de ce baromètre environnemental réalisé, en partenariat avec la RTBF, par Dedicated Research. Il a été conduit sur un échantillon de 1.205 personnes (502 Bruxellois et 703 Wallons) entre le 20 et le 31 mars. Ce sondage sera répété chaque année afin d'évaluer l'évolution des attentes et des comportements en matière d'environnement.
SIX JOURS D'ENQUÊTE
A l'approche du « Printemps de l'environnement » lancé par le gouvernement fédéral, six thèmes jalonneront cette semaine. Chaque jour, Le Soir passera en outre au scanner l'impact d'un objet du quotidien sur la planète.
Mardi, l'énergie. Les francophones souhaitent-ils prolonger le nucléaire ?
Mercredi, l'argent. Les Belges placent-ils leurs avoirs dans des fonds verts ?
Jeudi, la mobilité. Jusqu'à quelle limite êtes-vous prêt à rouler en voiture ?
Vendredi, la santé. Quel impact l'environnement exerce-t-il sur notre santé ?
Samedi, l'empreinte écologique. Quels gestes êtes-vous prêts à accomplir ?
Loin, très loin devant l'acuité des débats communautaires, la qualité de vie et la perception de sa dégradation sont au cœur des préoccupations de la population francophone. C'est un des enseignements majeurs que nous livre le nouveau baromètre annuel, commandé par Le Soir et la RTBF, sur les opinions des Bruxellois et des Wallons en matière environnementale. Réalisée entre le 20 et le 31 mars, cette étude conduite par Dedicated Research a bénéficié d'un taux de réponse de 68 % : « Un chiffre impressionnant qui témoigne s'il en est de l'intérêt de la population pour ce thème, précise Marc Dumoulin, directeur de l'institut de sondage. Et, fait frappant par rapport à d'autres thématiques, on retrouve désormais une grande homogénéité entre les catégories sociales quant à la sensibilité aux problèmes environnementaux. La seule différence demeure sans doute la plus grande préoccupation des femmes sur ces sujets. »
1 Une préoccupation majeure des francophones. Les sujets de préoccupation de la population vont majoritairement à des thèmes liés à la qualité de la vie. La question de la santé (72 %) précède de peu celle de la pollution (69 %). Et sur quatorze thèmes évoqués, cinq priorités liées à des politiques de bien-être et d'environnement figurent parmi les six premiers classés. Il convient à cet égard de noter que les Wallons manifestent de manière générale une plus grande préoccupation (de 5 à 20 %) sur tous ces thèmes que les Bruxellois.
2 Une mauvaise qualité de l'environnement. Fait édifiant, le baromètre laisse apparaître une très mauvaise perception par la population de la qualité de l'environnement (air, eau et sols). Pas un Wallon n'estime vivre actuellement dans un environnement de « très bonne qualité » et à peine 13 % jugent bonne la qualité de l'air, des sols ou de l'eau. Si cette perception est légèrement meilleure à Bruxelles, la qualité de l'environnement y est néanmoins perçue à 44 % comme « mauvaise ou très mauvaise » ! A peine 1 % des citoyens estiment vivre dans un environnement de « très bonne qualité ». L'avenir ? Il n'est pas très vert, si l'on en juge par les craintes formulées dans les deux tableaux publiés ci-contre. Quelque 44 % de la population pensent que la qualité de l'environnement va se dégrader dans les vingt ans. Et à peine 5 % considèrent que celle-ci sera fortement améliorée. « La notion de dangerosité, notamment en matière de pics de pollution, est acquise, précise Marc Dumoulin. D'ordinaire, le Belge a tendance à considérer que les choses vont s'arranger. Ici, le doute profond semble installé durablement. »
3 Une perception mitigée du réchauffement. « Il n'y a plus de saisons, madame ! » L'adage est connu mais il figure ici comme la première perception (35 %) spontanée des manifestations du réchauffement climatique. Globalement, les conséquences des changements climatiques (fonte de la calotte glacière, hausse du niveau de la mer, canicules) sont bien identifiées par la population. Bémol : les risques liés aux impacts humains du réchauffement (nouvelles maladies, migrations environnementales dans les pays pauvres voire extinction massive des espèces) n'ont pas encore franchi la rampe dans l'opinion. Du côté des causes, les connaissances demeurent mitigées. A côté de l'industrie, les transports routiers sont désormais pointés en deuxième place par les francophones. Mais la population minimise toujours l'impact des activités domestiques (chauffage, alimentation…), agricoles, voire de la déforestation sur le réchauffement.
4 Une attente vis-à-vis des pouvoirs publics. Pour 70 % de la population, le réchauffement est un « vrai problème qui risque de s'aggraver et dont il faut se préoccuper ». Comment ? Une majorité des francophones (72 %) considèrent que les pouvoirs publics doivent mener des actions autant au niveau des entreprises, de l'industrie, des pouvoirs publics eux-mêmes que des citoyens. Bref, chaque acteur doit être impliqué dans la bataille même si la population estime en faire encore trop peu à ce niveau. « Le Belge veut bien agir, mais pas tout seul, concède Marc Dumoulin. L'effort doit être collectif pour accepter des mesures au-delà des petits gestes qui atteignent leur limite en termes d'impact. »
5 Une incarnation faible du combat écologique. Aucune personnalité ne se dégage vraiment, côté francophone, pour incarner le combat environnemental sur la place publique. Lorsqu'elle évoque spontanément les personnalités associées à la cause écologique, la population pointe prioritairement une majorité d'élus écologistes. Mais ceux-ci ne dépassent guère 10 % du taux de réponses et la première personnalité de la société civile, Alain Hubert, est citée par à peine 9 % de personnes. Est-ce à dire qu'une place est à prendre, à l'instar de la France, où Nicolas Hulot personnifie ce combat ? Commentaire de Marc Dumoulin : « La personnalisation n'aide pas forcément à l'adhésion des valeurs. »

Les francophones disent « oui » au nucléaire
La question posée pour Le Soir aux Wallons et aux Bruxellois à l'occasion de la Semaine verte était claire : « Pensez-vous que l'énergie produite par les centrales nucléaires est une alternative acceptable pour lutter contre le réchauffement climatique ? » Surprise : à 61 %, les personnes interrogées répondent par l'affirmative.
Soixante et un pour cent. Coïncidence frappante, proportion identique, résultat opposé… Alors que, dans un sondage européen (Eurobaromètre de la Commission européenne) publié en mars, 61 % des citoyens du Vieux Continent « estiment que la part du nucléaire dans l'approvisionnement en énergie devrait être réduite en raison des problèmes liés aux déchets nucléaires et des risques d'accident », la consultation réalisée par Le Soir et la RTBF livre une issue inverse : 61 % des personnes interrogées en Wallonie et à Bruxelles répondent positivement à la question « Pensez-vous que l'énergie produite par les centrales nucléaires est une alternative acceptable pour lutter contre le réchauffement climatique ? ». Entre l'exercice continental et le sondage de la francophonie belge, les formulations diffèrent. Mais tendances et directions indiquées par les citoyens transparaissent clairement. Et s'opposent. La mise en exergue des déchets et des risques d'accident dans le premier, la dimension environnementale (la production d'électricité par fission atomique n'émet pas de CO2) ont-elles orienté les réponses ? Possible.
Ce sondage marque néanmoins une rupture par rapport aux nombreux exercices du genre : traditionnellement, le nucléaire est plutôt majoritairement décrié. Bémol : la plupart des consultations embrassaient l'ensemble du royaume.
L'absence des citoyens flamands explique-t-elle ce revirement ? Pas exclu – théoriquement, les déchets nucléaires seront stockés en Flandre…
Ces précautions n'enlèvent rien au résultat : les Bruxellois et les Wallons consultés se prononcent clairement en faveur d'une solution nucléaire à la problématique climatique. Un « plébiscite » qui pèsera dans l'orientation de la politique énergétique du royaume ?
Le débat est actuellement plus qu'ouvert. Si, en janvier 2003, le Parlement a voté une loi qui prévoit l'extinction progressive (entre 2015 et 2025) des sept réacteurs atomiques belges (trois à Tihange, quatre à Doel) qui représentent environ 60 % de la production électrique nationale, ce texte n'a cessé d'être contesté, remis en question, voire présenté comme inapplicable par de nombreux acteurs politiques ou économiques. Aussi, le gouvernement actuel a-t-il également décidé de commander la énième étude sur la question.
Ni les sociaux-chrétiens ni les libéraux (des deux côtés de la frontière linguistique) ne cachent leurs velléités de prolonger la durée de vie des deux centrales nucléaires belges. Un coup double : primo, cela soulagerait l'épineux problème d'approvisionnement qui se profile en cas de fermeture, secundo, ça permettrait de doper le budget (la prolongation serait monnayée).
Côté socialiste, la porte s'est entrouverte récemment au sud, mais reste fermée au nord.
Chez les écologistes, c'est « niet ». Au nord et au sud.
Reste que le gouvernement est une « orange bleue sanguine » (francophone). Autrement dit, plutôt nucléariste. Le résultat actuel apportera de l'eau à son moulin.

Climat : « il est urgent d'agir »
« Il est urgent d'agir », a déclaré ce lundi le ministre du Climat et de l'Energie, Paul Magnette, lors d'un colloque sur les effets des changements climatiques sur la santé, organisé à Bruxelles à l'occasion de la Journée mondiale de la santé.

Pour les différents intervenants issus du monde scientifique, il est indéniable que le dérèglement climatique a des conséquences sur la santé. Selon eux, il n'est pas trop tard pour réagir. Même si l'on ne peut encore identifier et prévoir toutes les incidences des changements climatiques sur la santé, les vagues de chaleur, les catastrophes naturelles et la pollution atmosphérique sont autant d'éléments qui menacent le bien-être de l'homme.
Selon M. Magnette, la problématique est déjà prise en compte en Belgique, au sein des différents plans fédéraux. Ainsi, le plan d'action national Environnement/Santé 2008-2013 devra inclure un projet « Climat et Santé » en 2009 et 2010, a précisé le ministre. Ce plan d'action comprend notamment la création d'un monitoring afin de mesurer les effets des changements climatiques sur la santé des Belges, tout en intégrant les facteurs sociaux.
« Par ailleurs, les causes structurelles de la pollution de l'air seront traitées dans le cadre du plan air fédéral 2008-2011 », que M. Magnette compte soumettre au gouvernement cette année. Ces différents sujets seront en outre abordés lors des ateliers du Printemps de l'Environnement, un vaste processus de concertation qui démarre la semaine prochaine.
Le ministre a également plaidé pour une politique drastique, structurelle et à long terme, de réduction des gaz à effet de serre. Mais peu de mesures efficaces peuvent selon lui être prises dans un cadre national, plébiscitant dès lors une action coordonnée avec les pays voisins et l'Europe.
Pour le Dr Philippe Marbaix, de l'UCL, « arrêter de détruire les forêts pourrait contribuer à faire diminuer les émissions ». Si l'on veut empêcher le phénomène de s'amplifier, il est nécessaire de diminuer les émissions de moitié au niveau mondial, au plus tard en 2050, a-t-il dit. Sous nos latitudes et sur le pourtour méditerranéen, les conséquences de ce réchauffement climatique sont doubles : une hausse des précipitations en hiver et une sécheresse en été, a-t-il expliqué.
Les maladies infectieuses, qui sont notamment transmises par des insectes dont l'existence dépend de l'environnement, peuvent par ailleurs s'étendre dans des parties du globe qui sont encore pour le moment épargnées. D'après les projections réalisées à l'heure actuelle, il s'agit toutefois d'une redistribution des zones affectées : on ne comptera donc pas plus de malades globalement, a indiqué le Prof Eric Lambin, du département de géographie de l'UCL.
Le Prof Herman Van Oyen, de l'Institut scientifique de Santé publique, a rappelé pour sa part que la canicule de 2003 avait fait de 1.250 à 1.300 tués en Belgique, principalement des jeunes enfants et des personnes âgées. En France, le nombre de décès dus à la vague de chaleur s'est élevé à 15.000. Depuis 2005, notre pays dispose d'un système de suivi et de surveillance permettant de prévoir ce type d'événement en vue de prévenir les populations à risque.
Le colloque, mis sur pied par le SPF Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement, en collaboration avec la Politique scientifique fédérale, avait pour but de mettre en lumière les effets possibles du changement climatique sur la santé, thème central de l'année du 60e anniversaire de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Plusieurs associations environnementales, comme Inter-Environnement Wallonie (IEW) pour le sud du pays et 11.11.11, active en Flandre, y étaient associées. « Il est important d'agir maintenant », a réaffirmé la représentante d'IEW. « Il n'est pas trop tard », a-t-elle ajouté en indiquant qu'on pouvait peut-être encore limiter cette hausse des températures.
Certaines mesures prises aujourd'hui en faveur de l'environnement ont des effets directs sur la santé, comme l'isolation des bâtiments offrant une meilleure qualité de l'air intérieur ou la limitation de l'usage de la voiture, qui peut apporter une solution à l'obésité en favorisant les déplacements à pied ou à vélo, a-t-elle conclu.

02 avril 2008

Des voitures de société plus vertes

Depuis ce mardi, une nouvelle législation est en vigueur pour rendre les flottes de voitures de société plus vertes. La déductibilité fiscale des frais ne sera plus forfaitaire mais variera en fonction des émissions CO2 du véhicule.

La Belgique est connue pour son régime fiscal plutôt accommodant pour les voitures de société. C’est cependant de moins en moins vrai pour les véhicules polluants. Depuis ce mardi, une nouvelle législation est entrée en vigueur visant à rendre les flottes plus vertes. La déductibilité fiscale des frais ne sera plus forfaitaire (75 %) mais variera en fonction des émissions CO2 du véhicule. Cette déductibilité pourra grimper jusqu’à 90 % pour les véhicules les moins polluants et tomber à 60 % dans le cas inverse.
La mesure ne fait pas sourire les entreprises car elle signifie une augmentation de leurs coûts. On estime que 73 % des véhicules de sociétés vont glisser dans un régime fiscal plus défavorable. Les autres connaîtront un statu quo tandis qu’une infime partie (1 à 2 %) des véhicules bénéficiera d’un régime plus avantageux.
Faut-il s’attendre dans les semaines à venir à un bouleversement dans la composition des flottes de véhicules ? Non. Tout d’abord parce que les entreprises n’ont pas les mains libres. Elles ont signé des contrats avec les sociétés de leasing (pour 3 – 4 ans) et les résilier coûte de l’argent. Elles devront attendre le terme des contrats pour porter leur choix sur des modèles moins polluants. A noter qu’une société de leasing, ING Car Lease, a proposé à ses clients de résilier anticipativement gratuitement ses contrats pour des voitures tombant dans la catégorie de déductibilité 60 ou 70 %.
Ensuite, les entreprises ont eu largement le temps d’anticiper cette mesure. « Les sociétés ont depuis quelques années déjà des bonnes raisons de faire attention aux coûts liés aux émissions CO2, explique Stéphane Verwilghen, patron de Arval. Il y a bien sûr en tant que tel le coût du carburant qui n’a cessé d’augmenter mais aussi la taxe CO2 entrée en vigueur il y a trois ans. L’impact de la nouvelle mesure fiscale n’est pas très important par rapport à ce qui existait déjà. »
Un problème d’offre
Selon Werner Franck, directeur marketing de KBC Autolease, les nouvelles règles de déductibilité feront augmenter le coût d’une flotte moyenne de 1 à 4 %. Les entreprises s’adaptent. Il confirme que depuis plusieurs mois, elles sont à la recherche de véhicules qui leur coûteront moins cher en termes de fiscalité. « Il y a une tendance au “downsizing”. Les entreprises optent pour des motorisations plus petites et compensent en offrant aux employés plus d’options. Mais le downsizing concerne uniquement les motorisations, pas les modèles ». Toucher au modèle, c’est trop sensible vis-à-vis de l’employé.
Autre tendance : porter son choix sur des voitures bénéficiant des dernières technologies vertes. « Mais à ce niveau, il y a un gros problème d’offre, continue Werner Frank. Actuellement, moins d’un pour cent des modèles disponibles sur le marché peuvent bénéficier de la déductibilité à 90 %. Les constructeurs automobiles font des efforts mais cela prendra des mois et des mois avant qu’il n’y ait une offre suffisamment importante de véhicules moins polluants. »

06 novembre 2007

La problématique des quotas de CO2 sur la table du fédéral

Le ministre wallon de l'Economie Jean-Claude Marcourt a expliqué ce mardi en commission de l'Economie du parlement wallon que le Gouvernement wallon avait répondu positivement à la proposition du ministre Didier Reynders de porter la problématique des quotas en CO2 liés à la poursuite de l'activité du "chaud" d'ArcelorMittal à Liège, au niveau du gouvernement fédéral en formation, "compte tenu de l'importance des enjeux en termes d'activité économique et d'emplois".

Interrogé sur cette problématique, Jean-Claude Marcourt a confirmé qu'il est actuellement très difficile de trouver au niveau de l'Europe des formules qui permettent d'assurer à ArcelorMittal de disposer de quotas pour la phase à chaud de Liège pour la période 2010-2012. Un certain nombre de pistes évoquées avec la Commission, telle la constitution d'une réserve communautaire de quotas à titre expérimental dès 2010, implique un changement de la directive européenne, ce qui à l'échelle de l'Europe, prend beaucoup de temps, a souligné le ministre wallon.
Selon lui, les pistes à privilégier sont "l'utilisation massive de mécanismes flexibles par le groupe ArcelorMittal qui lui permettrait d'obtenir des quotas à moindre coût, le transfert de quotas de secteurs moins concurrentiels ou pouvant répercuter le coût des quotas dans ses prix, au profit du secteur de l'acier et enfin, d'examiner, avec ArcelorMittal dans quelle mesure le groupe ne dispose pas d'un surplus de quotas qu'il pourrait transférer sur le site de Liège".

Jean-Claude Marcourt a précisé que des contacts avec la Direction de l'Environnement allaient être organisés afin d'examiner plus avant ces pistes d'un point de vue technique. "Il est cependant évident que les marges de manoeuvre sont étroites à ce niveau, et ne permettront pas à elles seules de trouver une solution totale à la résolution de cette problématique", a souligné le ministre Marcourt, précisant que le dossier serait porté au niveau fédéral.Jean-Claude Marcourt a rappelé que la réouverture du HF6 générera 150 emplois directs et 2 à 3 fois plus d'emplois indirects, soit quelque 500 emplois pour une durée de 2 ans. Quant à l'ensemble de la phase à chaud à Liège, elle représente 2.700 emplois directs et, en tenant compte des emplois indirects, 9 à 10.000 emplois. (belga)

22 octobre 2007

La Wallonie timide à l'égard des automobiles polluantes, selon Ecolo

ENVIRONNEMENT ven 19 oct
Ecolo émet des réserves à l'égard des mesures prises par le gouvernement wallon pour favoriser l'acquisition de véhicules propres. "Le gouvernement wallon, s'il adopte là une première attitude en apparence volontariste, n'en reste pas moins en retrait par rapport à la réalité actuelle des enjeux dans le secteur et en décalage total par rapport à des décisions prises ailleurs", ont souligné les Verts dans un communiqué.

Les voitures pénalisées ou récompensées suivant le CO2 Pour favoriser l'achat de véhicules peu polluants, le gouvernement wallon a adopté ce jeudi le principe d'éco-bonus et d'éco-malus qui s'appliquera lors de l'acquisition d'un véhicule. Selon ce mécanisme, une prime allant de 100 à 1.000 euros, selon la tranche d'émission de CO2, sera octroyée lorsque le véhicule rejette moins de 146 grammes de CO2 par kilomètre. Si l'émission de CO2 dépasse 196 grammes de CO2/km, un malus variant entre 100 et 1000 euros sera appliqué, en fonction d'une série de tranches. Si l'émission de CO2 se situe entre 146 et 196 grammes de CO2/km, il n'y aura ni bonus ni malus. Les familles nombreuses bénéficieront d'un traitement particulierEn cas de changement de véhicule, l'émission de CO2 de l'ancienne voiture sera comparée avec celle de la nouvelle. Le bonus sera octroyé si le véhicule de remplacement obtient un gain d'une tranche d'émission de grammes de CO2/km par rapport au véhicule remplacé. Si l'émission de CO2 est supérieure, le malus sera appliqué. Les familles nombreuses bénéficieront d'un traitement particulier.

18 octobre 2007

Nouveau plan stratégique pour Arcelor-Mittal à Liège

MAJ 18/10/07

La Wallonie respectera ses engagements pour le CO2


Arcelor-Mittal a annoncé qu'il voulait relancer la phase à chaud de Cockerill pour répondre à la demande mondiale d'acier en pleine explosion.

La Région wallonne respectera ses engagements en matière de réduction d'émissions de CO2, voire les dépassera, a répété mercredi le ministre wallon de l'Environnement, Benoît Lutgen, en réponse à des interpellations à propos de la relance du Haut fourneau n°6 à Liège.
Arcelor-Mittal a annoncé qu'il voulait relancer la phase à chaud de Cockerill pour répondre à la demande mondiale d'acier en pleine explosion. Techniquement, la phase à chaud peut produire jusqu'en 2015 mais le sidérurgiste est confronté à une difficulté de taille: les quotas de CO2. Ils sont suffisants jusqu'en 2009, année au cours de laquelle le deuxième Haut fourneau liégeois (HFB) devait être fermé. Au-delà, le plan wallon d'émissions de CO2 n'intègre pas cette relance et risque d'être insuffisant.
L'une des solutions réside dans l'octroi de quotas d'émission de CO2 supplémentaires mais, pour être mise en oeuvre, elle requiert l'aval de la Commission européenne et son accord paraît très compromis. Le Commissaire européen à l'Environnement, Stavros Dimas, a répété lundi, par la voix de son porte-parole, qu'il n'augmenterait pas le nombre de quotas de CO2 alloués à la Belgique.
Une autre solution résiderait dans le plan wallon lui-même, qui prévoit une réserve pour permettre aux industries de procéder à des nouveaux investissements. Or, cette réserve a été constituée après une consultation des entreprises sur leurs projets qui ont ensuite été quantifiés en quotas de CO2. Le maintien de la phase à chaud liégeoise, très grosse émettrice de CO2, risquerait de manger l'essentiel des réserves au détriment des autres entreprises.

M. Lutgen a expliqué mercredi qu'il n'entendait pas les pénaliser. "J'ai autant d'attention pour les entreprises de Liège que pour les entreprises d'ailleurs. Il y a lieu d'être rigoureux et loyal, et de ne pas créer de distorsion de concurrence. Il n'est pas question de faire demain des choix intra-wallons au détriment de certaines entreprises", a-t-il averti.
Dans les rangs du cdH, l'on a clairement incité à la prudence face à la relance du haut fourneau n°6 à Liège. "Ne donnons pas de faux espoirs", a lancé le chef de groupe Michel de Lamotte. Le député Louis Smal, ancien leader syndical des métallos liégeois de la CSC, a incité le gouvernement à se montrer combattif face à l'Europe. "Ca va être très dur de convaincre les ministres européens", a-t-il ajouté.

Une interrogation s'est également fait jour au cours du débat: des promesses inconsidérées d'obtenir des quotas de CO2 supplémentaires n'auraient elles pas été faites à Arcelor Mittal par des responsables politiques wallons? Si le sidérurgiste a annoncé qu'il rouvrirait le haut fourneau, "c'est parce que des ministres lui ont fait comprendre que des quotas pouvaient être obtenus", a fait remarquer M. Smal. "Il aurait peut-être été préférable de ne rien promettre avant les élections", a dit Caroline Cassart (MR).
Dans les rangs écologistes, le député Bernard Wesphael a dénoncé l'aveuglement du gouvernement qui n'aurait pas vu à temps les possibilité de développement de filières permettant d'économiser le CO2.
Le ministre wallon de l'Economie, Jean-Claude Marcourt, n'était pas présent pour répondre à l'interpellation. Plusieurs députés ont déploré cette absence.



CO2 : l'Europe ne fera pas d'exception pour Arcelor-Mittal

Le ministre wallon de l'Economie a rencontré lundi, le commissaire européen en charge de l'Industrie. Jean-Claude Marcourt venait plaider une exception au plan Kyoto de la Wallonie en faveur d'Arcelor-Mittal. Le sidérurgiste désire prolonger la vie de sa phase à chaud liégeoise et même rouvrir le haut fourneau de Seraing fermé en 2003, mais la Wallonie ferait alors exploser les quotas d'émission de CO2.…

1
La Commission a mis les points sur les "i" lundi midi. Certes le commissaire en charge de l'Industrie a confirmé à Jean Claude Marcourt qu'il souhaite voir les industries à haute intensité énergétiques demeurer en Europe vu leur rôle important dans l'économie, mais il l'a aussi encouragé à renforcer ses contacts avec le commissaire en charge du dossier, c'est à dire le commissaire à l'Environnement Stavros Dimas. Stavros Dimas, lui, est tout disposé à rencontrer la Région wallonne, sa porte-parole l'a répété lundi midi, mais uniquement pour lui expliquer les alternatives qui s'offrent à elle.

La Wallonie a le choix. Soit Arcelor-Mittal achète des quotas de CO2 supplémentaires. Soit en échange du surcroît de pollution, elle finance des projets de technologie propre dans le tiers monde des solutions coûteuses dont Arcelor-Mittal ne veut pas. Soit, la Région wallonne redistribue les quotas autorisés. Autrement dit, elle en enlève à d'autres entreprises pour les redistribuer à Arcelor-Mittal. Une alternative évidemment difficile à faire passer.

Bref, pour la Commission, le dossier est clos : à la Région wallonne de rechercher la meilleure formule avec Arcelor-Mittal et dans les limites du plan Kyoto qu'elle a déposé.


Pour Arcelor-Mittal, les décisions de 2003, qui touchaient notamment la fermeture de la phase à chaud, ne sont plus d'actualité aujourd'hui. La demande mondiale en acier est en effet supérieure de 161 millions de tonnes aux prévisions de l'époque.
(belga) - Arcelor-Mittal a présenté ce mardi son nouveau plan industriel pour le bassin liégeois. Le groupe a notamment confirmé la relance de la phase à chaud, si un accord intervient quant à la disponibilité des quotas en CO2, et le recentrage des activités du froid vers les activités performantes. Une réduction de production sera ainsi réalisée à la branche "fer blanc", moins performante, mais celle-ci ne sera pas supprimée.
Pour Arcelor-Mittal, les décisions de 2003, qui touchaient notamment la fermeture de la phase à chaud, ne sont plus d'actualité aujourd'hui. La demande mondiale en acier est en effet supérieure de 161 millions de tonnes aux prévisions de l'époque.
Le haut-fourneau 6 de Seraing devrait redémarrer avant la fin de l'année. Il devrait au moins être opérationnel jusqu'en 2015. Le HFB d'Ougrée pourrait quant à lui fonctionner sans investissement majeur jusqu'en 2012. "Des actions seront menées afin d'amener les coûts de production au même niveau que les autres usines européennes du groupe", a expliquer Michel Wurth, le numéro 2 du groupe.
Arcelor-Mittal a annoncé son intention d'accroître sa production à Liège, pour atteindre 3,1 millions de tonnes en 2010. Pour accompagner cette relance, l'entreprise a besoin de nouveaux quotas d'émission de CO2. Les ministres Lutgen et Marcourt ont demandé à l'Europe de revoir les normes. La direction du groupe a fait savoir qu'elle n'achèterait pas ses quotas. "Nous n'allons pas réduire les coûts d'un côté pour dépenser l'argent de l'autre", a commenté Michel Wurth. Un appel va de nouveau être lancé vers l'Europe. "Nous sommes conscients de l'importance du respect environnemental. Mais il faut trouver un système généralisé pour l'ensemble des producteurs. Il faut une solution spécifique au secteur. On ne peut en tout cas pas imaginer qu'on n'aboutisse pas à une solution", a souligné M. Wurth.
Concernant le "froid", le nouveau plan industriel d'Arcelor-Mittal à Liège consiste à se concentrer sur les activités à haute rentabilité et à haute technicité, comme notamment la ligne prototype de développement du procédé de plasma sous vide. Par contre, les activités moins rentables, comme le packaging, seront réduites. Ainsi, la branche "fer blanc" verra sa production réduite de 100.000 tonnes dans le budget 2008.
Enfin, au niveau de l'emploi, il n'est pas exclu que des "transferts" soient effectués entre les activités du "froid" à la baisse et la relance du chaud. Le plan de prépensions qui avait été défini avec les syndicats en 2004 à la suite de l'annonce de la fermeture de la phase à chaud va en effet être remis sur la table. Le dossier sera évoqué dans le courant du mois avec les syndicats, a annoncé la direction.
18:41 - 09/10/2007 Copyright © L'Echo

CO2 : l'exécutif wallon appelle l'Europe au secours


Il a écrit à des commissaires pour avoir une réunion d'urgence. Il plaide la cause d'ArcelorMittal pour des quotas en plus.
Situation embarrassante pour la Région. Il y a quelques mois, devant l'euphorie de la relance du HF6, le ministre-Président de l'époque, Elio Di Rupo, et le ministre de l'Economie, Jean-Claude Marcourt, avaient promis à Lakshmi Mittal, patron d'ArcelorMittal, de lui trouver les quotas de CO 2 dont il a besoin pour relancer l'outil. Aujourd'hui, c'est le casse-tête chinois. Les réserves wallonnes prévues pour les nouveaux projets ou entrants ne suffiront même pas à satisfaire le groupe. Il rechignerait à ouvrir son portefeuille. La Région vient d'adresser une lettre aux commissaires européens Günter Verheugen (Entreprises/Industrie) et Stavros Dimas (Environnement) en demandant une réunion et en évoquant l'urgence. "ArcelorMittal envisage d'accroître sa production d'acier à Liège pour passer de 1 529 000 tonnes en 2005 à 3 170 000 tonnes en 2010, ce qui nécessite non seulement de maintenir l'exploitation du HFB durant 2008-2012, mais aussi de relancer celle du HF6. Cette décision nécessiterait une allocation supplémentaire de quotas pour la période 2008-2012 de 20 103 464 tonnes, soit 4 020 693 tonnes par an" , écrivent les ministres wallons Benoît Lutgen (Environnement) et Marcourt dans une lettre dont "La Libre" a eu connaissance. D'après eux, sans quotas supplémentaires, la Région serait forcée d'imposer une réduction de 30 pc des quotas alloués aux autres entreprises, "ce qui nuirait fortement à la compétitivité et au développement économique" des sociétés wallonnes. Sans compter la distorsion de concurrence qui les pénalisera au profit d'autres sociétés européennes. Contactés par nos soins, MM.Lutgen et Marcourt disent interpeller la Commission face à un problème lié à la façon dont elle veut appliquer les efforts relatifs aux objectifs de Kyoto. Ils rappellent que notre pays n'est pas le seul confronté au problème. Or, l'Europe a déjà indiqué à la Belgique de réduire son plan d'allocation initial de 7,61 pc.

Chaud devant !

14 septembre 2007

Le lifting raté de Francorchamps

MAJ 14/09/07


Francorchamps : le bouillon financier au tribunal
Le Grand prix de F1, c'est dimanche. Après maintes hésitations, les pouvoirs publics ont décidé d'organiser eux-mêmes l'édition 2007. Le spectre de réaliser de lourdes pertes financières n'est pas totalement écarté. Hasard de calendrier, le bouillon financier des éditions de 2004 et 2005 ont fait l'objet d'un bref examen ce jeudi matin devant la Cour d'appel de Liège….

13 sep 2007
Pas facile d'équilibrer les comptes d'un grand prix de formule 1 à Francorchamps. En 2004, le déficit de la société DDF1, la société de Didier Defourny, l'ex-organisateur du Grand Prix de F1 à Spa-Francorchamps, était de 4,5 millions d'euros et il est monté à 6,2 millions en 2005.

La faillite a été prononcée en octobre 2005, quelques semaines après le second Grand Prix, mais pour le tribunal de commerce de Liège, la société DDF1 était déjà virtuellement en faillite après le Grand prix de 2004. Tous les paiements faits par DDF1 à partir d'avril 2005 à divers fournisseurs doivent donc être rétrocédés à la curatelle.

Cette décision du Tribunal de commerce est contestée par les avocats de Didier Defourny. Et la Cour d'appel de Liège vient d'inscrire l'affaire à son ordre du jour. Si la Cour confirme le jugement du tribunal, la curatelle récupérera un million d'euros supplémentaires pour payer une partie des dettes laissées par DDF1. Le passif des deux Grand Prix litigieux s'élève à 21 millions d'euros. Le principal créancier, c'est la Région wallonne elle-même, qui en tant que garant a finalement dû payer à Bernie Ecclestone le prix du plateau pour le Grand Prix 2005 : 14 millions d'euros.

Morale provisoire de l'histoire : pour suivre le Grand Prix de Francorchamps désormais, il vaut mieux savoir compter...

Francorchamps: 8.500 tonnes de CO2
jeudi 13.09.2007, 19:02Le Grand Prix de Francorchamps rejettera 8.500 tonnes de CO2 dans l’atmosphère selon une étude de l’ULg, qui prend en compte la course mais surtout les déplacements des spectateurs, peut-on apprendre dans l’édition de vendredi du Vif-L’Express. A titre de comparaison, cette pollution est équivalente aux émissions liées au chauffage et à l’électricité de 1.750 ménages wallons durant un an. Selon l’analyse détaillée réalisée par Pierre Ozer, chercheur au département des sciences et gestion de l’environnement de l’ULg, ce sont les véhicules des spectateurs du Grand Prix qui rejetteront le plus de CO2 : 6.975 tonnes. La presse et ses 500 journalistes relâcheront 629,4 tonnes de CO2 et les équipes techniques 501 tonnes. La course de F1 proprement dite ne rejettera « que » 54,5 tonnes. Au total, 8.500 tonnes de CO2 seront relâchées dans l’atmosphère dimanche prochain.


Francorchamps : un retour en grâce

Le Grand Prix de Belgique, ce week-end, marque la fin d'une longue saga. Et jusqu'ici, tout va bien, semble-t-il.

Le contrat, signé le 11 octobre 2006 par Jean-Claude Marcourt, ministre wallon de l'Economie, et Bernie Ecclestone, patron de la FOM (Formula One Management) stipule que le GP sera organisé par Spa GP, société capitalisée par la Région wallonne à hauteur de 6 millions d'euros. Il impose aussi l'allongement de la ligne droite de départ (pour placer les 22 bolides au départ dans l'axe de la piste), un nouveau dessin pour la chicane, l'élargissement de zones de dégagement, la modernisation des stands et de la tribune qui leur fait face. Les travaux de piste sont dictés par la Fédération internationale d'automobilisme et ceux dits « d'infrastructures » (pour un meilleur accueil des VIP) par la FOM. Si les conditions ne sont pas remplies, il n'y aura plus de GP à Francorchamps, ou alors il sera organisé par Ecclestone. Dans les deux cas, la Région lui paie un dédit de 18 millions d'euros.

2. Toutes les conditions sont-elles remplies ?

Côté piste, les modifications ont reçu l'aval des pilotes lors des tests de juillet. Seul hic, l'entrée de la pitlane (la voie devant les stands) jugée trop étroite ; mais Charlie Whiting, responsable de la Fédération internationale de l'automobile (FIA), ayant homologué ce dessin, tout est resté en l'état. L'évacuation d'eau devant les stands en cas de fortes pluies – comme on en a vu lors des 24 Heures – a été revue via un système de drainage. Le « paquebot » répond aux diktats d'Ecclestone, malgré quelques soucis de finition (cuisines mal aérées, portes étroites, obstacles pour les chariots ). En voici le détail. Au rez-de-chaussée, 42 stands de 135 m2, accès par l'arrière pour les semi-remorques devant se parquer (après quelques manœuvres) dans le nouveau paddock, sanitaires pour les teams. Au 1er, bureaux, salles de réunion, salle de presse (sans vue directe sur la piste !), cabines TV et « hospitality unit ». Au 2e, pour la F1, restaurant (terrasse par beau temps), et le Paddock Club – espace réservé aux VIP et aux sociétés.
3. Combien ont coûté les travaux, et qui paie ?
Entre 20 et 25 millions d'euros », soutien Michel Daerden, ministre wallon du Budget.
Mais la globalité du retour de la Formule 1 à Francorchamps aurait coûté à la Région 40 millions d'euros, entre inscription de l'épreuve au calendrier du championnat du monde et réaménagement du circuit. La Région intervient pour un montant de 4,5 millions d'euros dans le capital de Spa Grand Prix, société dont Libert Froidmont est l'administrateur délégué, Etienne Davignon le président et André Maes le directeur. Les 4,5 millions ont été libérés par la Société de gestion et de participation (Sogepa), bras armé financier de la Région. L'intercommunale du circuit de Spa-Francorchamps (ISF) étant en grosses difficultés financières, la Région wallonne lui a prêté 25 millions d'euros, pour couvrir les travaux. Enfin, les années durant lesquelles serait organisé le GP, les communes de Malmedy et de Stavelot, obtiendront, ensemble, dans le cadre d'un bail emphytéotique, la somme de 200.000 euros, pour la mise à disposition de leurs terrains situés en bordure de circuit. Si les taxes (sur le spectacle) que perçoivent ces deux communes dépassent 400.000 euros, elles verseront le surplus à l'ISF.
4. Le Grand Prix 2007 sera-t-il rentable ?
A partir de quel moment peut-on considérer que le Grand Prix aura été rentable ? Les organisateurs estimaient qu'avec 60.000 tickets d'entrée vendus, il s'agirait d'un bon cru. Alléluia ! « Quelque 60.000 billets ont été vendus », justement. Un chiffre qui fera sourire les plus circonspects, ceux qui connaissent les « vrais chiffres » des dernières éditions, nettement moins favorables. En attendant, 60.000 billets, ce sera de toute façon trop court par rapport au seuil de rentabilité un moment énoncé : 68.000. Une provision de 4 millions d'euros aurait été prévue afin de compenser cette « perte attendue ». Cela dit, il ne faudrait pas que les ardoises s'accumulent par la suite. Comme celle de 1,8 million réclamée par le bureau d'architecture liégeois Audex qui dit s'être « fait voler un projet de création du nouveau bâtiment avant de se faire éjecter du dossier. »
Pour info, les billets les moins chers donnant accès au circuit pour le vendredi (essais libres), le samedi (essais officiels) et le dimanche (course) coûtent 120 euros. Les plus chers : 500 euros pour le week-end. Le billet le moins cher juste pour le dimanche revient, lui, à 100 euros.
5. Quelles sont les retombées économiques ?
Hôtels, restos, chambres d'hôtes et autres logements sont tous complets ce week-end dans la région spadoise et bien au-delà. En 2006, une très généreuse étude du Ciriec (ULg) attribuait aux activités du circuit 78 millions d'euros de retombées économiques par an, dont 19 millions pour la seule F1. Et un millier d'emplois. Une évaluation aussi difficilement contestable que vérifiable. Plus certain, par contre : la société d'Ecclestone sera désormais la principale bénéficiaire desdites retombées : la consommation est « captée » à l'intérieur du circuit. Côté emplois, malgré l'incertitude qui pèse sur le GP depuis plusieurs années, malgré l'annulation en 2006 et malgré des travaux qui ont monopolisé la piste de longs mois, on n'a pas enregistré de diminution d'emploi significative dans la région ces derniers temps.
6. De quelle oreille l'entendent les riverains ?
Les remarques que nous avions émises sont restées lettre morte, et les recommandations de l'étude de l'ULg n'ont pas été prises en compte. » Sourdine, association de 150 familles de riverains, ne s'oppose pas à l'existence d'un circuit – qu'ils connaissent, pour la plupart, depuis leur plus tendre enfance.
Mais ils contestent devant le Conseil d'État la latitude laissée par le ministre Antoine aux organisateurs de journées « incentive » d'utiliser des bolides dépassant les 83 décibels auxquels ils étaient autrefois limités. Or, aujourd'hui, le circuit, fermé à la circulation, permet de « tourner » plus de 210 fois par an
Les riverains s'étonnent encore qu'« on accorde d'abord le permis, on évalue les nuisances ensuite », puisque ces dernières seront établies sur la base de mesures prises durant les trois premières années d'exploitation.
7. Quid des prochaines éditions du GP de Belgique ?
A en croire Bernie Ecclestone lui-même, on ne doit plus se faire de mouron pour l'avenir du GP de Belgique même si l'homme d'affaires britannique a confirmé qu'une discussion entre les différentes parties concernées devrait encore avoir lieu dans la foulée de cette édition, probablement avant la fin septembre.
Trois scénarios ont d'ores et déjà été établis. 1. Spa Grand Prix poursuit sur sa lancée et organise les prochains GP de Belgique. Probablement avec André Maes aux manettes. A priori, et même sans connaître le résultat 2007, il s'agit du scénario le plus vraisemblable. 2. Bernie Ecclestone reprend l'affaire en main. Cela ne veut pas dire pour autant qu'il n'y aura plus aucun Belge pour l'organiser, mais c'est le Britannique qui dirigera les opérations. A priori, « Mister E » ne semble pas très excité par cette perspective. 3. Le GP de Belgique est rayé de la carte. Pour longtemps. « Mais, cette perspective-là au moins, je crois pouvoir déjà l'écarter avec certitude, » affirme Libert Froidmont.

MAJ11/09/2007
150 places pour Francorchamps

Le gouvernement wallon a prévu de recevoir des hôtes de marque et politiques

L'organisateur du GP de Belgique de F1 à Spa-Francorchamps a décidé de mettre en vente des billets spécifiques pour les essais. Le prix de ces billets en zone bronze sera de 40€ pour le vendredi et 60€ pour le samedi. D'autre part, il sera possible de suivre ces essais de la tribune Gold 1 située en face des stands de F1 : 100 € pour le vendredi et 150€ pour le samedi.

Du côté du gouvernement wallon, des places ont été prévues depuis longtemps. En effet, 100 places avaient été négociées dans un premier temps auxquels 50 sont venus s'ajouter devant le nombre d'invités potentiels. Ce sont donc 150 personnes des forces vives de Wallonie, Belgique et d'ailleurs... qui verront le GP. Le chiffre de 200 places a été évoqué. "Cela ne correspond pas à a réalité. Nous avons 150 places que nous avons voulu utiliser au mieux pour la Région wallonne. Nul ne peut ignorer que c'est le moment le plus médiatisé pour la Wallonie. Ce n'est pas une manifestation du seul gouvernement. Nous attendons des responsables de nombreuses grandes entreprises et des hommes politiques de tous les partis", note Jean-Claude Marcourt, ministre wallon de l'Économie.

Des entreprises japonaises
Le coût de ces places pourrait poser question. "Vu le nombre, nous avons pu avoir des prix très raisonnables." Quatre à cinq fois moins chers que le marché, nous dit-on. Pour des places, sans réductions, qui peuvent facilement arriver à plus de 1.400€.
Le gouvernement n'est pas le seul acteur wallon à Spa. L'AWEX, agence à l'exportation, a invité 32 entreprises : 36 places réparties à des sociétés actives dans le domaine de l'automobile et qui espèrent conclure des contrats avec des contacts étrangers. Des Japonais, des Anglais et des Russes ont prévu de venir.

MAJ/10/09/07

F1 : Francorchamps nouveau ne rassure qu'à moitié

Les organisateurs sont optimistes, mais l'ouvrage souffre de malfaçons. Des surcoûts sont prévisibles. L'Horeca et les commerçants, eux, se réjouissent du retour du GP de F1.


Enquête
A moins de deux semaines du Grand Prix de F1 à Francorchamps qui aura lieu le week-end du 14-16 septembre, les travaux de mise en conformité du site sont loin d'être finis. Ceux-ci auraient dû être achevés au moins deux semaines à l'avance avant la compétition qui effectue son retour sur le circuit wallon après une interruption en 2006. Le gros oeuvre est terminé, mais, selon nos informations, l'organisateur de l'événement (la société Spa Grand Prix) qui aurait dû réceptionner le nouvel ouvrage le 2 septembre n'a toujours pas encore pris totalement possession des lieux jeudi 6 septembre. Conséquences : l'installation des télévisions à écran plat, des tribunes et d'autres choses encore a pris du retard. Mardi, dans les bureaux de la société, installés sur le site, il y a comme une atmosphère de colère mélangée à une sorte d'inquiétude dans les rangs. "Nous ferons tout pour respecter les promesses faites, mais ce n'est pas facile. Heureusement, j'ai des amis à Londres qui vont m'aider à réussir le Grand Prix 2007" , nous a expliqué André Maes, directeur général de la société Spa Grand Prix, organisatrice de l'édition 2007.
Mais outre les problèmes liés au retard, un mal plus profond risque de handicaper l'avenir des nouvelles infrastructures. Car les travaux n'auraient pas bénéficié de tous les soins nécessaires. Le nouveau bâtiment VIP, érigé au milieu du circuit, juste au niveau de la grille de départ et d'arrivée, serait même baptisé Titanic en raison des imperfections. "A l'intérieur du bâtiment, c'est la catastrophe. Dans les cuisines, il n'y a pas de hotte, ni d'aération, même pas de frigo. Les entrepreneurs n'ont même pas prévu de monte-charge, résultat : lors des 1000 km de Spa (16-19 août) sur le circuit, l'intendance a dû utiliser les ascenseurs, qui surchargés, tombent en panne. Il y a des infiltrations partout et il pleut au niveau -2", nous a confié un observateur, proche des organisateurs. La grande baie vitrée offrant une belle vue sur la chicane aurait déjà explosé, "parce que le bâtiment bouge". Au niveau des sanitaires dans le stand Formule 1 réservé aux pilotes et autres privilégiés de la grande compétition du sport automobile, si les toilettes sont raccordées, les douches ne l'étaient pas.
Surcoût
D'autres malfaçons sont également à déplorer sur le bâtiment autour duquel s'activaient encore des ouvriers mardi, alors que les travaux auraient dû être terminés depuis deux semaines au minimum. "Lors des 1000 km de Spa, les organisateurs se sont rendus compte que l'air conditionné ne marchait pas. Ils ont essayé de contacter la société qui a réalisé les travaux, mais en vain. Finalement, ils ont été informés que la société était tombée en faillite. Ils ont donc été obligés de se rabattre sur l'entreprise qui est arrivée en deuxième position dans le classement des sociétés ayant participé à l'appel d'offres pour réparer les dégâts", nous dit encore une autre source qui, tout comme la première, a souhaité garder l'anonymat.
D'après un autre observateur, toutes ces malfaçons risquent d'entraîner des surcoûts qui viendront alourdir une ardoise déjà salée (soit 46 millions d'euros notamment pour les travaux et la subvention accordée à la société de promotion/SPCSF). "Ce n'est pas comique, c'est lamentable. Ça fait trois mois que l'atelier mécanique s'active sur des travaux (ferronnerie, etc.) qui auraient dû être faits par les entrepreneurs. Le Grand Prix 2007 aura bien lieu, mais les gestionnaires du site auront bien du mal à le rentabiliser dans l'avenir, en raison notamment des surcoûts qui vont les obliger à fixer des prix de location élevés et des malfaçons", déplore un autre observateur.
Etienne Davignon, président de la société organisatrice de l'édition 2007 du GP de F1, se veut optimiste et tente d'expliquer les complications qui entourent la finition du chantier. "Il y a plusieurs équipes qui travaillent sur le chantier et souvent dans ces cas, on rencontre ce genre de situations. Elles ont aussi tendance à se renvoyer la balle et à dire que c'est la faute de l'autre. Certaines essaient même d'ouvrir le parapluie pour se protéger avant même que la pluie ne tombe. Mais les travaux seront finis à temps, on a jusqu'au vendredi en 8 pour être prêt", dit-il.
Malgré les malfaçons, les organisateurs se veulent rassurants et entendent réussir l'organisation du GP de F1 à Francorchamps. Du côté des acteurs économiques de la région (Stavelot, Malmedy, Spa), le retour de l'événement phare du sport automobile sur les terres wallonnes redonne du sourire. Et on retrouve de belles perspectives. "C'est un atout indiscutable pour la région, mais aussi pour toute la Belgique. Les travaux de rénovation étaient nécessaires pour permettre au circuit de retrouver une renommée internationale. Il est plus beau aujourd'hui qu'avant et cela rend la région plus attractive", dit Cathy Vander Eecken, directrice générale du Radisson SAS Palace hôtel sur la place royale à Spa. Les 120 chambres de l'établissement sont déjà réservées pour cinq nuits. "Le Balmoral aussi est plein et le Park Inn à Liège-Bierset aussi. Nous avons même envoyé des clients au Radisson à Hasselt. Nous avons déjà des réservations pour l'édition 2008 du GP", sourit-elle. Son témoignage confirme que les retombées de le l'événement débordent sur d'autres contrées. C'est également la joie retrouvée pour les restaurateurs de la Ville d'eau. "Le retour de la F1 entraînera une augmentation sensible de notre chiffre d'affaires", dit l'un d'entre eux. "Nous avons aussi des clients lors des autres manifestations sur le circuit (incentives, courses diverses, etc.), mais ce n'est pas la même chose, ni pour le même prix avec la F1", renchérit un autre patron d'hôtel.
Dans la localité même de Francorchamps, on est plus qu'heureux. "Sans le Grand Prix de F1, le circuit ne vaudra pas grand-chose. C'est grâce à lui que l'infrastructure est occupée par d'autres manifestations pendant le reste de l'année", dit Jacques Landuyt, patron de l'hôtel-restaurant-taverne "le Relais de Pommard". Son établissement n'est pas loin de l'entrée principal du circuit et il affiche déjà complet durant les trois jours de l'édition 2007 et pour 2008.
En ce mardi du 4 septembre, il s'active déjà à l'installation de la terrasse qui prolonge le restaurant. Mais une ombre au tableau vient temporiser son enthousiasme. "Le projet de construction d'un hôtel de 200 chambres sur le circuit n'augure rien de bon pour les établissements de la région. Les gens vont se précipiter pour aller là et nous n'aurons que des miettes", craint-il.
Véronique et son mari Didier, un couple de vignerons indépendants de Bordeaux, viennent d'ouvrir un bar à vins à l'ombre du circuit. "Cela fait seulement deux mois qu'on a ouvert, mais on voit déjà que le circuit attire du monde, des Allemands, des Hollandais, etc. C'est pour cette raison qu'on a voulu se placer à côté du circuit", explique-t-elle, avec un verbe teinté de chaleur et d'accent du sud.
Le syndicat d'initiative de Francorchamps salue également le retour de l'événement. Car "beaucoup de commerçants réalisent une grande partie de leur chiffre d'affaires lors du Grand Prix. Certains en profitent pour augmenter le prix à ce moment-là", dit Guy Parmentier, le président. Il déplore la pléthore d'institutions qui gèrent le circuit et regrette un manque de communication entre celles-ci et les organisations locales.
Des observateurs estiment que les prix des places sont trop élevés (entre 90 et plus de 500 €) et qu'il faudrait améliorer certaines choses au niveau de l'accueil du public.
Porte-parole du collectif de sauvegarde du circuit, une association qui regroupe des indépendants, des acteurs de l'Horeca et des associations concernées par les retombées du circuit, Régis Coeckelbergs veut tourner le dos à la polémique et s'en tenir aux bienfaits du circuit. "D'abord, les travaux ont enchanté les autres pilotes qui partagent le circuit avec ceux de la F1 et la rénovation ne peut qu'être bénéfique pour la région. Le rayonnement de la F1 attire un nouveau public (Egypte, Estonie, Pologne, Russie, USA, etc.) et ça se voit dans les réservations. Tout le monde s'accorde à dire que, grâce au GP, le chiffre d'affaires du secteur Horeca va croître de 15 à 25 pc", fait-il remarquer. Propriétaire et gérant de l'hôtel "Relais du Crouly" , il vient d'ailleurs d'investir 300000 € dans l'extension de l'établissement (nouvelles chambres, etc.), "preuve qu'on a retrouvé le GP de F1 pour plusieurs années".

Francorchamps a déjà des ratés

Le chantier est non seulement en retard, mais il est entaché des malfaçons. Un constat d'huissier a même été dressé et la Région wallonne est prévenue. Mais les organisateurs sont optimistes et disent avoir déjà vendu près de 58 000 tickets.

Une semaine avant le Grand Prix de F1 à Spa-Francorchamps, c'est pratiquement la panique dans les rangs des organisateurs de l'événement qui opère son retour cette année après l'interruption de 2006. Et ce malgré l'apparente assurance donnée par certains et autres cris de victoire que d'autres semblent pousser. La colère se mêle à la tension. Les entrepreneurs n'auraient pas rempli leur part d'obligations. "Le chantier accuse un retard incommensurable et plusieurs malfaçons sont à déplorer. Un constat d'huissier a même été dressé et les autorités sont prévenues. On a fait sonner l'artillerie pour qu'ils finissent bien les travaux, même s'ils doivent travailler de nuit", nous a confié une source proche du dossier. S'il n'y avait pas eu le Grand Prix de Monza, les bolides et les écuries auraient débarqué ce week-end des 8-9 septembre à Francorchamps, toujours en travaux. Le constat d'huissier préfigure des pénalités à charge des entrepreneurs.

Le ministre wallon du Budget, Michel Daerden (PS), grand défenseur de l'ouvrage et des investissements consentis par les autorités régionales, serait mis au courant de la situation. D'après sa porte-parole, citant le chef de cabinet du ministre Daerden, "à part quelques travaux de parachèvement, il n'y a rien qui peut empêcher l'organisation du GP". "On se demande ce que fait l'ISF, l'intercommunale patrimoniale du circuit présidée par Jean-Marie Happart", fustige pourtant un observateur.

Vingt étudiants engagés

En ce qui concerne les malfaçons, on déplore des infiltrations et les cuisines sont dépourvues notamment de hottes et de conduits d'aération (lire notre dossier dans "La Libre Entreprise").

Sur le chantier, se côtoient diverses nationalités (Allemands, Suisses, ouvriers slovaques ou lituaniens). Dans les bureaux de la société Spa Grand Prix, organisatrice de l'édition 2007, la tension règne. Depuis juillet, elle a engagé une vingtaine d'étudiants pour s'occuper de diverses tâches (vente de tickets, accueil téléphonique, etc.). D'après André Maes, le directeur général de Spa Grand Prix, entre 55 000 et 58 000 tickets sont déjà vendus à ce jour. Mais "il me manque entre 5 000 et 8 000 places pour atteindre l'équilibre. A une semaine de l'événement, nous ne pouvons plus vendre les billets sur Internet, mais un guichet est installé sur le site pour ceux qui désirent encore acheter le précieux sésame", précise-t-il.

Ecclestone n'est pas preneur

Mais il se veut confiant, car des contrats de promotion sont signés tous azimuts et des concours sont organisés pour écouler le maximum de tickets. "Le fait que le championnat ne soit pas définitivement joué plaide en notre faveur", dit Etienne Davignon, le président de Spa Grand Prix. Tous les hôtels de la région sont pleins et les réservations débordent sur Liège et Hasselt.

Après l'édition 2007, la Région wallonne devrait statuer sur la poursuite de l'aventure : soit elle reprend l'organisation à son compte, soit elle laisse Spa Grand Prix poursuivre ou Bernie Ecclestone pourrait s'installer au volant. "M. Ecclestone ne souhaite pas reprendre l'organisation, il préfère se consacrer à la promotion de la F1 au niveau mondial. Il ne dispose plus des moyens comme avant pour ce métier", nous dit un de ses proches collaborateurs en Belgique.



A une semaine du retour de la Formule 1 dans les Ardennes belges, les travaux ne sont pas tout à fait terminés. Une semaine avant le Grand Prix de F1, les travaux de rénovation du circuit F1 de Francorchamps sont loin d'être totalement finis et outre le retard, on dénombre des malfaçons, indique samedi La Libre Belgique qui précise qu'un constat d'huissier aurait été dressé.

"Le chantier accuse un retard incommensurable et plusieurs malfaçons sont à déplorer. Un constat d'huissier a même été dressé et les autorités sont prévenues", a confié au quotidien une source proche du dossier. Le constat d'huissier préfigue des pénalités à charge des entrepreneurs. Des malfaçons, comme des infiltrations et des cuisines dépourvues de hottes et de conduits d'aération, ont aussi été constatées sur le chantier.

Du côté du ministre wallon du Budget, Michel Daerden, on affirme, selon La Libre, qu'"à part quelques travaux de parachèvement, il n'y a rien qui peut empêcher l'organisation du GP". "On se demande ce que fait ISF, l'intercommunale patrimoniale du circuit présidée par Jean-Marie Happart", fustige pourtant un observateur, rapporte encore le quotidien. (belga)

17 mars 2007

Flahaut va au cinéma en hélico

Mea culpa d'André Flahaut

André Flahaut admet qu'avoir utilisé un hélicoptère pour se rendre à la projection du film Al Gore était "une erreur"." J'ai opté pour un souci d'efficacité", explique le ministre de la Défense. Par ailleurs, le ministre estime qu'il était "prématuré" de vouloir décerner à Joseph Kabila le titre de docteur honoris causa. "On en a discuté avec Guy Verhofstadt et on savait que ça allait susciter une exploitation stérile de l'opposition", a commenté le ministre. M. Flafaut trouvait "que le chemin parcouru par le Congo depuis 2003 méritait une reconnaissance". Une information à retrouver dans es colonnes de La Libre Belgique.

André Flahaut provoque un scandale en se rendant au cinéma...en hélicoptère!

Selon la presse, le ministre de la Défense André Flahaut aurait effectué un déplacement en hélicoptère d'Evere à Hasselt pour une projection du film d'Al Gore. Beaucoup de CO2 pour aller voir un documentaire dont le sujet est... le réchauffement climatique. Scandaleux", a déclaré vendredi Els Keytsman, la spécialiste du climat du parti écologiste flamand Groen! "Prendre un hélicoptère pour aller au cinéma, c'est tout simplement scandaleux", a ajouté Mme Keytsman. "Le fait qu'il avance pour sa défense que le vol n'a rien coûté de plus à la Défense et que l'armée n'est responsable que d'1 % des émissions de CO2 est incroyable".Selon Groen!, le fait d'utiliser un hélicoptère pour aller voir un film sur le réchauffement climatique est "doublement grave". "Il pouvait prendre le train jusqu'à Hasselt et ensuite prendre un bus gratuit. Ou alors prendre une voiture avec chauffeur qui pollue vingt fois moins qu'un hélicoptère", ajoute la spécialiste.

'Un incident de plus' pour le CD&V
Selon le chef de file CD&V à la Chambre Pieter De Crem, on ne compte plus les incidents auxquels est mêlé le ministre de la Défense André Flahaut. "Il empile incident sur incident", a-t-il déclaré en réaction à l'information selon laquelle le ministre avait utilisé un hélicoptère pour se rendre d'Evere (Bruxelles) à Hasselt pour voir le film d'Al Gore sur les changements climatiques. Non sans ironie, M. De Crem affirme que cet incident n'est pas le plus grave de la liste et qu'il ne fait que charger une barque déjà bien pleine.

09 mars 2007

20% de réduction d'émissions de CO2 d'ici 2020

Les dirigeants des 27 ont adopté ce midi un objectif contraignant de développement des énergies renouvelables pour qu'elles couvrent 20% de la consommation énergétique de l'UE d'ici 2020, afin de limiter le réchauffement climatique, selon des sources européennes.

Les Etats membres, réunis en sommet à Bruxelles, peinaient encore jeudi soir à trouver un compromis sur ce point, le plus controversé du premier "plan énergétique" d'envergure de l'UE, qui se fixe pour objectif contraignant global de réduire ses émissions de gaz à effet de serre d'au moins 20% d'ici 2020 et d'accroître l'indépendance énergétique des 27.

Mais la présidence allemande a présenté vendredi un nouveau projet de texte qui a permis de rallier tous les dirigeants des 27. "Répartition juste et adéquate"Pour lever les réserves de certains Etats, le nouveau texte souligne que les objectifs nationaux qui seront définis pour respecter cet objectif moyen de 20% "seront élaborés avec la pleine implication des Etats membres, en prenant soin de procéder à une répartition juste et adéquate", en tenant compte de leur recours actuel aux renouvelables, de leur "palette énergétique" et de leur potentiel respectif, a indiqué l'une des sources.

Pour lever les réserves françaises, le texte souligne aussi que les 27 prennent acte de l'évaluation de la Commission sur "la contribution de l'énergie nucléaire dans le cadre de préoccupations grandissantes sur la sécurité des approvisionnements d'énergie et de la réduction des émissions de CO2". Energie nucléaireUne première version mentionnait de manière plus laconique "la contribution de l'énergie nucléaire". Le texte rappelle par ailleurs "qu'il appartient à chacun des Etats membres de décider s'il aura ou non recours à l'énergie nucléaire", une précision fondamentale pour des pays comme l'Autriche et l'Irlande qui refusent cette source d'énergie. Avant que l'accord soit trouvé, la chancelière allemande Angela Merkel avait estimé que l'UE aurait en l'approuvant "une position d'avant-garde mondiale en matière de politique énergétique".

7SUR7 TV: Environnement: l'UE fait preuve de volonté politique
EN SAVOIR PLUS: Les 27 peinent à s'accorder sur les énergies renouvelables

05 mars 2007

Comment les Belges épuisent la planète

Actions concrètes du MR en faveur du développement durable

Comme les autres partis, le MR a consacré aujourd'hui son bureau au développement durable et aux actions concrètes menées au niveau communal.
Outre la mise en évidence de certaines initiatives prises dans des communes où le MR est au pouvoir, le parti veut aussi que ses mandataires s'engagent en signant une charte qui prévoit notamment l'obligation pour les communes de tenir une "comptabilité énergétique" et de mettre en place un guichet unique où les citoyens redevront toutes les informations sur diverses possibilités et les avantages dont ils peuvent bénéficier lors de certains travaux.
"A la différence des autres formations, nous ne nous contentons pas de lancer des idées, mais nous nous basons sur des actions menées par des communes où le MR est au pouvoir", a commenté le président Didier Reynders. Le MR met en évidence certaines initiatives qui ont été prises comme à Sprimont où le bourgmestre MR a lancé un programme de valorisation énergétique du lisier pour chauffer les bâtiments publics ou celle de Rochefort où un autre bourgmestre MR a opté pour l'installation de panneaux solaires lors de la construction d'une nouvelle maison de repos.


Une ordonnance qui touche la construction et la rénovation
Le bâti au régime énergétique


Dès 2008, un conseiller en performance énergétique suivra l'évolution des chantiers, de la conception à l'élaboration.

T ransformer Bruxelles en une ville efficiente sur le plan énergétique prendra plusieurs décennies, indique la ministre Evelyne Huytebroeck (Ecolo). Nous avons le devoir de commencer dès à présent. Trop de temps a déjà été perdu. Le temps des discours est révolu ! Il faut des actes individuels et collectifs. »

Petit rappel : à Bruxelles, 70 % des émissions de gaz à effet de serre (CO2) sont dues à la consommation énergétique des bâtiments (tertiaire et résidentiel). La Belgique et sa capitale végètent en fin de peloton européen des bâtiments les plus mal isolés. Ainsi, sur les quelque 478.000 logements, le double vitrage est inexistant dans 40 % des cas, même topo et même pire pour l'isolation des toitures (absente dans 69 % des cas), des conduites isolées (74 %) et des murs (85 %).
Un constat peu flatteur que le gouvernement bruxellois souhaite aujourd'hui améliorer. Tel est en tout cas l'objet de l'ordonnance sur la performance énergétique des bâtiments qui vient de passer en troisième lecture au gouvernement et devrait entrer en vigueur début 2008.
« Avec cet outil, se réjouit la ministre bruxelloise de l'Energie, la boucle est bouclée. Après la sensibilisation (défi énergie...), les incitants (primes) et les services (facilitateur...), il nous restait l'aspect réglementaire et obligatoire. »
Le texte de l'ordonnance s'inscrit dans le cadre d'une directive européenne et concerne tant les dossiers de construction que de rénovation soumis à permis d'urbanisme.
Concrètement, il prévoit notamment la nomination d'un conseiller en performance énergétique. « Et ce dès la conception du projet afin d'obliger les architectes et les investisseurs à se montrer attentifs à la problématique. » Le conseiller sera chargé de suivre l'exécution du chantier mais aussi, en bout de course, de déterminer si les exigences ont été atteintes.
A Bruxelles, l'ordonnance devrait concerner 440 bâtiments (à bâtir) et un peu plus de 1.200 rénovations par an. Soit entre 600.000 et 650.000 m 2 .
Consommation
réduite de 30 %
Une attention particulière portée à la performance énergétique qui ne serait pas synonyme de surcoût... Bien au contraire. « Une étude que nous avons commandée (KUL-3E) démontre qu'il est tout à fait possible, en modifiant les pratiques actuelles de conception d'un bâtiment, de réduire la consommation énergétique d'un bâtiment de 30 %, quasiment sans surcoût, assure Evelyne Huytebroeck. Il existe en effet aujourd'hui toute une batterie de techniques qui ont fait leurs preuves. »
Une ministre qui rappelle enfin que chacun peut également décider de franchir un pas supplémentaire en optant pour une maison passive, sept fois moins énergivore que sa consoeur « traditionnelle ». Et pour laquelle une prime de 100 euros/m 2 a été introduite en janvier dernier.


Deux textes « durables » pour une Constitution

Voici les deux projets de texte visant à introduire le développement durable dans la Constitution (art. 7 bis). Ils seront débattus à la Chambre mardi prochain. Le 1 er texte a fait l'objet d'une majorité au Sénat en juillet dernier.


1. Projet Cornil. « Dans l'exercice de leurs compétences respectives, l'Etat fédéral, les Communautés et les Régions poursuivent les objectifs d'un développement durable, dans ses dimensions économique et environnementale, en tenant compte de la solidarité entre les générations. »
2. Projet Ecolo : « Par l'exercice de leurs compétences, les pouvoirs publics mènent, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des frontières nationales, une politique fondée sur le développement durable, à savoir un développement qui répond aux besoins du présent dans ses dimensions sociales, économique et environnementale, sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs.
A cette fin, les pouvoirs publics doivent, par l'exercice de leurs compétences, tendre vers l'équilibre entre la consommation de ressources sur une période (...) et le remplacement de ces ressources sur la même période.
L'Etat fédéral, les Communautés et les Régions mettent en place, chacun en ce qui les concerne, (...), les dispositifs requis afin d'assurer la conformité de la politique publique avec le développement durable (...). »
La dette écologique de notre pays ne cesse de croître. Nous dévorons 300 fois ce que le pays produit.


L es hommes pillent leur planète. A ce sinistre jeu, les Belges sont des « champions » : la dette écologique de chaque habitant du pays équivaut à neuf terrains de foot. Employons une autre image : si tous les humains pompaient les ressources de la planète comme nous le faisons, trois Terres seraient nécessaires pour nous permettre de mener ce train de vie.
L'impression d'insupportable gaspillage est encore accrue par les nouveaux éléments que Le Soir fournit aujourd'hui.
A la demande d'Ecolo, le Réseau mondial pour l'empreinte écologique a calculé l'évolution sur une quarantaine d'années des « recettes écologiques » et des « dépenses écologiques » pour la Belgique et le Grand-Duché.
Les premières ont diminué de 24 %. Pendant ce temps, les secondes sont passées de 3,4 à 5,6 hectares par habitant en raison essentiellement de la consommation d'énergie. Confirmation : les Belges sont gourmands : ils « dévorent » 300 fois la taille de leur pays.

Les « recettes et dépenses » environnementales des Belges sont chiffrées
Les Belges dévorent 300 fois ce que la Belgique produit

Les chiffres de notre dette écologique : augmentation de près de 50 % en quarante ans.


N euf terrains de foot ! Il ne faut pas être fan du ballon pour se figurer la taille de la « dette écologique » de chaque Belge. En revanche, il est sans doute moins aisé de se familiariser avec cette notion de passif environnemental, chiffrée aujourd'hui par le Réseau mondial pour l'empreinte écologique (GFN, pour Global Footprint Network), à la demande d'Ecolo.
Ce n'est plus un mystère : si chaque être humain consommait les ressources comme un Belge, trois Terres seraient nécessaires pour assurer ce train de vie. En d'autres termes, l'Occident ne vit plus grâce aux intérêts de la nature, mais en rognant son capital. Et chez nous ? Jusqu'à présent, les perspectives mondiales établies par le GFN pour le compte du WWF, le World Wide Fund for Nature (Fonds mondial pour la Nature), n'avaient pas détaillé, secteur par secteur, l'évolution des « recettes » (biocapacité) et des « dépenses » (empreinte écologique). C'est chose faite pour la Belgique et le Grand-Duché de Luxembourg, considérés comme une seule entité statistique par le GFN (1).
Comme le détaille l'infographie ci-dessous, notre capacité biologique s'est réduite de 24 % en quarante ans, passant de 1,6 à 1,2 hectare par habitant. « Davantage de routes, de bâtiments, d'infrastructures ont réduit d'autant le territoire et une partie du patrimoine environnemental, concède Geoffroy De Schutter, chef de projet au WWF.

Il ne faut pas s'arrêter sur le détail des chiffres, mais considérer l'écart qui se creuse entre notre biocapacité et la consommation des ressources. Même si ces données datent de 2003, rien ne permet de penser qu'il y a aujourd'hui une diminution de notre dette écologique. »
En termes de tendance, l'empreinte écologique de la Belgique a enflé dans des proportions dignes du déficit cumulé de nos finances publiques. Alors qu'elle était de 3,4 hectares par habitant en 1960, notre « trace » se chiffre aujourd'hui à 5,6 hectares. C'est net : la consommation vorace des énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz), incriminée dans le réchauffement climatique, représente la progression la plus importante. Transports, consommation de produits manufacturés à l'étranger, chauffage... les Belges et les Luxembourgeois caracolent au top du classement des émissions de CO2 produites par habitant en Europe.
Au bout du compte, l'écart entre nos recettes et nos dépenses environnementales n'a cessé de se creuser. « Il y a 40 ans, le déficit était de 2,2 hectares par habitant, note le rapport. Aujourd'hui, il est de 4,3 hectares par habitant. » Soit plus de 300 fois la taille de notre pays.

Fatalisme ? L'Allemagne est parvenue tour à tour à réduire son empreinte écologique et à améliorer sa biocapacité propre ces dernières années.
« Il faut demeurer prudent avec l'interprétation de ces chiffres, nuance Walter Hecq, professeur en économie de l'environnement, à l'ULB. Dans les calculs, des erreurs méthodologiques peuvent apparaître. De même, les paramètres retenus par le GFN sont parfois réducteurs. On prend en compte la population et le nombre d'hectares pour assurer la satisfaction de besoins de base, c'est-à-dire la capacité écologiquement productive. Mais il n'y a pas que l'homme là-dedans. On ne tient pas compte de l'impact sur les écosystèmes et leur altération parfois irréversible... »
Bref, le modèle serait... trop conservateur. Et pour cause, les données utilisées par le GFN, issues des Nations unies, sont parfois incomplètes. On s'étonnera par exemple de voir le couvert forestier légèrement diminuer alors que les tendances générales observées dans les pays du Nord sont à l'augmentation.
« Ce travail plus fin sur les chiffres doit se faire au départ de chaque pays, relève Geoffroy De Schutter. La Suisse a par exemple décidé d'aller plus loin à ce niveau en s'inspirant du modèle de l'empreinte écologique... »
Et chez nous ? Hormis l'évolution des émissions de CO2, il n'existe pas de baromètre public lié à notre impact global sur la biosphère. A ce sujet, on constatera benoîtement que c'est une Organisation non-gouvernementale basée en Californie qui nous éclaire sur la situation de notre pays. Rien d'étonnant à cela si l'on sait qu'une seule personne est affectée aux thématiques environnementales dans la division statistique du ministère de l'Economie. Un progrès, si l'on ose dire. Ces six derniers mois, plus aucun statisticien ne s'occupait de ce problème. Un problème, vraiment ?
(1) http://www.footprintnetwork.org/

La Suisse en exemple, pas en modèle

D ans sa Constitution fédérale, la Suisse affirme, depuis 2000 que « la Confédération favorise la prospérité commune, le développement durable, la cohésion interne et la diversité culturelle du pays. Elle s'engage en faveur de la conservation durable des ressources naturelles et en faveur d'un ordre international juste et pacifique ». Et « la Confédération et les cantons oeuvrent à l'établissement d'un équilibre durable entre la nature, en particulier sa capacité de renouvellement, et son utilisation par l'être humain ».

D'autres articles postulent que toute décision politique doit favoriser le développement durable, qu'il s'agisse d'aménagement du territoire, d'environnement, d'eau, des forêts, de protection de la nature et du patrimoine, de pêche et de chasse, de politique énergétique, de politique agricole, de planification du budget, de sécurité... La Suisse rappelle ainsi la définition même de développement durable : « Un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la possibilité, pour les générations à venir, de pouvoir répondre à leurs propres besoins. »
En 2002, le Conseil fédéral a ainsi élaboré une « Stratégie pour le développement durable », qui devra être renouvelée fin 2007.

Le Comité interdépartemental pour le développement durable lui a présenté un rapport sur l'état de la stratégie, le 17 janvier dernier. Il constate que « les effets des mesures d'économie d'énergie et d'une meilleure efficacité écologique sont compensés par une augmentation de la consommation, de sorte que la consommation des ressources et les atteintes à l'environnement n'ont pas diminué ». Mais que « compte tenu des enjeux nationaux et internationaux, il est recommandé de renouveler la stratégie comme prévu ». En surmontant les obstacles actuels : « Manque de volonté politique, conflits d'objectifs et caractère non contraignant des mesures. »

« Un vrai gendarme écologique »

L e développement durable prépare sa joyeuse entrée dans la Constitution. Mardi prochain, la Chambre se penchera sur le projet de Jean Cornil (PS) adopté au Sénat en juillet dernier. Révolutionnaire ? Pour le député Ecolo Jean-Marc Nollet, on demeure dans le « slogan ».


Vous lancez un appel aux partis démocratiques afin d'amender ce projet. Pourquoi ?
La philosophie du « texte Cornil » est de travailler le développement durable en complément des autres politiques. Notre projet est d'amener le développement durable au coeur de la conception de toute politique. Alors que le texte adopté au Sénat est symbolique, notre objectif est concret. En précisant qu'il convient de « tendre vers l'équilibre » entre la consommation des ressources et leur remplacement sur une même période, on introduit une notion juridique. Il y aurait un devoir de résultat pour les pouvoirs publics et une possibilité de recours en justice pour les associations.
Pourquoi la majorité accepterait-elle subitement de modifier ce qui fait consensus ?
Le contexte a changé. Le rapport Stern sur le coût du réchauffement, l'origine humaine établie de façon indiscutable par le Giec, le film d'Al Gore ou le pacte écologique de Nicolas Hulot... Beaucoup de choses se sont passées entre l'adoption du texte en juillet et aujourd'hui. Et ces événements justifient que la Belgique ne soit pas en retrait. L'Argentine, le Portugal, la Suisse ou l'Afrique du Sud ont inscrit de manière plus volontariste le développement durable dans leur Constitution. La proposition actuelle est au mieux une déclaration d'intention et au pire un alibi de façade.
Pourquoi s'accrocher à ce point ? La Constitution ne réglera jamais cette question...
Elle rendra les choses possibles. La Cour des comptes a établi en 2006 que la plupart des mesures prévues afin d'assurer la mise en oeuvre du développement durable sont demeurées au stade des intentions. C'est pourquoi il est capital que le prochain gouvernement crée une inspection du développement durable (IDD).
Le gouvernement fédéral vient d'adopter une grille d'évaluation de ses politiques à ce niveau...
Le gouvernement ne doit pas rendre des comptes de cette manière alors que l'IDD serait au développement durable ce que l'Inspection des finances est au budget. Soit, un vrai gendarme écologique. Aucune décision publique ne pourrait plus être prise sans avoir étudié son impact sur la biosphère. On s'est attaqué à la fin des années quatre-vingt à la dette budgétaire, à la fin des années nonante à la dette sociale. Il est urgent de s'attaquer à la dette environnementale. C'est une question de solidarité entre les générations et entre le Nord et le Sud.
Elio Di Rupo, patron du PS, dit qu'il y a trois formes d'écologie : fiscale, idéologique et humaine... Vous êtes de quel côté ?
Pour moi, il y a deux formes d'écologie. Celle des plateaux de télévision et celle de l'action. Il faut sortir des slogans. Guy Verhofstadt a annoncé un Kyoto plus et dans les faits, c'est Kyoto moins puisqu'il tente de négocier avec l'Europe l'augmentation des quotas d'émission de l'industrie.

15 janvier 2007

Les quotas de CO2 toujours attendus

dimanche 14.01.2007

Le ministre flamand de l'Environnement, Kris Peeters, a réfuté l'information donnée par "De Morgen" et selon laquelle la Commission européenne aurait renvoyé à la Belgique son plan d'allocation de quotas de CO2. Selon le journal flamand, qui cite une note confidentielle, la Commission demanderait à la Belgique de diminuer de 7% ses prévisions d'émissions de CO2. Le ministre flamand avance qu'il s'agit en fait d'une correction correspondant à la moyenne demandée à plusieurs pays. La décision définitive de la Commission n'est elle pas encore connue.

10 décembre 2006

Les quotas CO2 belges à revoir ?

La Commission demande des justifications pour le plan national 2008-2012.

Associée à la "bourse européenne du CO2", la Belgique sera-t-elle appelée à revoir à la baisse les quotas d'émissions de dioxyde de carbone qu'elle comptait allouer à ses industries lourdes durant la période 2008-2012 ? C'est en tout cas ce que laisse supposer un courrier récemment adressé par la Commission européenne aux autorités belges et dont a pris connaissance l'agence Belga.

Pour rappel, désirant anticiper les efforts à fournir dans le cadre du protocole de Kyoto, l'UE a lancé le 1er janvier 2005 son propre système d'échanges de droit d'émission de gaz carbonique. En pratique, ce mécanisme s'est traduit par l'attribution de droits d'émission de CO2 aux installations industrielles les plus polluantes des 25 États membres (entreprises sidérurgiques, raffineries, cimenteries, etc.).

Chaque État membre a ainsi l'obligation d'élaborer un plan national d'allocations de quotas (PNAQ) dans lequel est fixée l'enveloppe de CO2 attribuée à chaque site industriel pour une période donnée. Objectif de la manoeuvre : inciter ces entreprises à investir dans des technologies "propres". Une entreprise réduisant ses émissions par rapport au seuil qui lui a été alloué peut ainsi revendre son surplus, tandis que celle qui se trouve en situation de dépassement doit pour sa part équilibrer la balance en achetant au besoin les "droits de polluer" manquants.
Krach
Le hic, c'est que lors du "tour de chauffe" qu'a constitué la période 2005-2007, cette "bourse du CO2" s'est effondrée, la plupart des gouvernements s'étant, semble-t-il, montrés trop généreux en délivrant à leurs industries des quotas excédentaires. Soucieuse de rectifier le tir pour la période 2008-2012, la Commission paraît décidée à augmenter la pression. Après avoir déjà averti une dizaine d'États membres que leurs PNAQ élaborés pour cette seconde phase étaient surévalués, elle vient donc également d'adresser un message dans ce sens à la Belgique, émettant une série de questions et de remarques sur les plans déposés par les trois Régions du pays, compétentes en matière d'environnement. D'après Belga, la Commission jugerait le nombre de quotas que la Belgique entend allouer pour la période 2008-2012 excédentaire de 4,5 pc. Selon nos informations, ceux-ci s'élèveraient à 22,6 millions de tonnes de CO2 pour la Wallonie; 35,4 millions de tonnes pour la Flandre et 261 200 tonnes pour la Région bruxelloise.
Du côté du ministre fédéral de l'Environnement, Bruno Tobback, c'est le silence radio. Néanmoins, aux dires d'un expert, il s'agit là d'une "phase d'évaluation transitoire". La lettre de la Commission "contient de nombreuses questions techniques, mais ne constitue pas un jugement définitif" sur le projet belge.
Du côté de la Région wallonne, on explique cette réaction de la Commission par le fait que cette dernière prendrait comme seuil de référence les émissions vérifiées des entreprises concernées en 2005 (soit 21,7 millions de tonnes), alors que le projet wallon s'était, pour sa part, basé sur le premier PNAQ 2005-2007 (25,6millions de tonnes). D'où cette demande de justifications.
Le sujet sera évoqué lors d'un comité de concertation réunissant ce lundi les représentants du Fédéral et des Régions, qui devront fournir des réponses - convaincantes ! - à l'Europe avant Noël.