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09 septembre 2008

L'éclatement du pays coûterait 7,2 milliards

C'est la Wallonie qui, en cas d'autonomie - sans Bruxelles - serait la victime la plus lourde de l'éclatement de la Belgique.
La facture annuelle pour la partition de l'Etat s'élèverait à 7,2 milliards d'euros (-2,3% du PNB). La Wallonie perdrait ainsi 4,89 milliards d'euros (-6%), écrit mardi Le Soir, citant des calculs de Rudy Aernoudt, ex-secrétaire général de l'administration flamande.
La Flandre perdrait de son côté 1,25 milliard d'euros par an dans l'aventure contre 1,06 milliard d'euros pour Bruxelles.La baisse pour la Wallonie s'expliquerait surtout par le démantèlement des transferts de la Flandre vers le Sud dans la foulée de la fin du pays.

Chaque wallon perdrait 1.200 euros par an
Si l'on calcule en fonction de la population, chaque wallon perdrait 1.200 euros par an contre 200 euros pour un Flamand. A politique inchangée, le nombre de Wallons passant sous le seuil de pauvreté passerait de 17% à 27%.
Rudy Aernoudt a également établi un second scénario: celui de la reconstitution d'un Etat fédéral performant, mettant en place des collaborations interrégionales efficaces. Dans un tel cas, 100.000 des chômeurs wallons accepteraient d'occuper les 150.000 emplois vacants en Flandre.
Dans un tel scénario, des économies de 14 milliards d'euros seraient réalisées, dont 7 milliards pour la Flandre, 4 milliards pour la Wallonie et 3 milliards pour Bruxelles.

18 juin 2008

Moureaux : « Oser le confédéralisme »

Le Bruxellois Philippe Moureaux semble s'être fait une raison. Dans un entretien au Soir, le vice-président du PS déclare : « Essayons de négocier une nouvelle Belgique, sur une base confédérale. »
Et quand il s'attarde sur ce dernier mot, il enchaîne : « Il n'y a plus un seul domaine où les Flamands n'envisagent pas soit de régionaliser totalement, soit de le faire partiellement. Il faut donc leur dire que nous sommes prêts à faire des pas dans le sens d'une défédéralisation forte de certaines matières. Mais qu'eux doivent faire des pas vers nous et nos revendications. »
Moureaux y va d'une formule forte : « Seul le confédéralisme peut encore sauver la Belgique ! » Les francophones partageraient-ils tous ce point de vue alors que le climat de crise s'éternise ? « L'idée a fait son chemin », dit-on au Sud. « Il faudrait être fou pour ne pas envisager ce scénario, l'étudier. »
Avant de s'y résoudre ?
Entretien
Blocages Nord-Sud à tous les étages de la maison Belgique ? Philippe Moureaux, vice-président du PS et patron des socialistes bruxellois, secoue l'édifice un bon coup. Accrochez-vous.
L'imbroglio belgo-belge. Quid ?
Je sonne le tocsin pour les francophones. Car maintenant, la menace est multiforme. Je vois une radicalisation flamingante de l'appareil d'Etat : une Région flamande qui ne respecte pas réellement les facilités ; un Conseil d'Etat qui, dans ses chambres flamandes, depuis plusieurs années, ne décide plus en fonction de la loi mais des intérêts militants flamands lorsqu'il s'agit de contentieux linguistiques ; une cour d'appel de Bruxelles qui blanchit les personnes qui ont refusé de siéger comme assesseurs aux élections – on parle de magistrats assis de très haut niveau !
On voit donc se créer un Etat flamand à l'intérieur de l'Etat belge, s'appuyant, je l'ai dit, sur la Région-Communauté flamande, le Conseil d'Etat, les tribunaux…
Pourtant, il y a comme une valse-hésitation au Nord : Marianne Thyssen, présidente du CD&V, menace les francophones, puis se rétracte…
C'est la procession d'Echternach : on avance de trois pas, on recule de deux… Reste un pas. Vous citez le cas de Mme Thyssen, qui s'est lancée dans la menace, avant de remettre son maquillage et son rouge à lèvre pour dire que ce n'était pas méchant. Même chose pour la scission des soins de santé (Le Soir de mardi, NDLR) : le CD&V attaque, puis dément à moitié. Egalement : on apprend que CD&V et VLD préparent un programme de scission de la fiscalité… mais ce n'est pas grave, disent-ils. Overijse : la commune organise la dénonciation de ceux qui écrivent ou qui parlent français, le gouvernement flamand prend une position apaisante mais ne met pas en cause les politiques menées par ailleurs dans cette municipalité, comme dans d'autres dans les environs de Bruxelles, comme la vente de terrains à bâtir aux seuls Flamands.
Comment cohabiter dans ces conditions ?
Je ne sombre pas dans le pessimisme absolu. Je lance un appel à ce que chacun essaie de comprendre l'autre, malgré tout.
« Comprendre » ?
Essayons de négocier une nouvelle Belgique, sur une base confédérale.
« Confédérale ?»
Il n'y a plus un seul domaine où les Flamands n'envisagent pas soit de régionaliser totalement, soit de le faire partiellement. Il faut donc leur dire que nous sommes prêts à faire des pas dans le sens d'une défédéralisation forte de certaines matières. Mais qu'eux doivent faire des pas vers nous et nos revendications. A commencer par ceci : la Belgique ne nous intéresse plus si on supprime la solidarité interpersonnelle. Mais je reviens à mon ouverture : si on maintient cette solidarité, et que l'on garantit, sur les bases actuelles, le financement des matières sociales et de santé, ouvrons-nous alors à la discussion pour l'utilisation de ces moyens. Je peux imaginer des fenêtres d'autonomie dans ce domaine. Par exemple pour les allocations familiales, à condition que les sommes dévolues aux entités fédérées soient toujours calculées de la même manière qu'aujourd'hui. Même chose pour l'Emploi : on peut imaginer qu'en fonction des problèmes de chaque Région, il y ait aussi des fenêtres d'autonomie. Je pense à d'autres matières, dont la justice de paix.
Je brise un tabou, je sais. Mais je pense qu'il faut s'ouvrir aux revendications flamandes. Et qu'eux doivent s'ouvrir à nos exigences : tout transfert de matière doit s'accompagner de l'argent afférent à cette matière ; et la Belgique confédérale que nous bâtirions le serait au départ des trois Régions, dont la bruxelloise.
Globalement, la grande négociation communautaire débuterait sur ce large donnant-donnant. Cela signifie que les francophones doivent bouger de leur ligne.
Cette négociation est possible avant le 15 juillet ?
On peut avancer pour le 15 juillet, montrer qu'il y a une volonté de négocier. Même si c'est difficile : beaucoup d'acteurs sont constipés, ils pensent aux urnes. On peut tout renvoyer à 2009, mais je crains qu'alors il soit trop tard pour la Belgique, ou que ce sera beaucoup plus difficile de trouver une entente.
Seul le confédéralisme peut encore sauver la Belgique. Il faut un sursaut d'effort de chaque côté. D'où ce cadre possible pour une négociation, proposé ici.
Et BHV ?
Même principe… Les francophones doivent faire le pas, dire que l'on peut aboutir à une scission de l'arrondissement électoral si l'on obtient des garanties fondamentales pour la gestion de Bruxelles (revoir les lois linguistiques qui permettent à la minorité flamande de bloquer toute décision), un lien territorial entre la Wallonie et Bruxelles, et la préservation des majorités francophones de la périphérie.
Je ne pense pas qu'on puisse développer à long terme l'idée que nous allons protéger les francophones jusqu'à 50 km – je cite cette distance pour la compréhension des choses – de Bruxelles. C'est sympathique, mais ce n'est pas réel.
J'ajoute que si nous souhaitons vivement redessiner les frontières des Régions, il faut pouvoir rassurer les Flamands sur la « tache d'huile ». Cette crainte historique les mine. Il faut trouver un moyen de les rassurer à ce sujet. En leur disant : au-delà d'une limite fixée en négociation, nous demanderons aux francophones de s'adapter à la Région dans laquelle ils vivent.
Un lien territorial Wallonie-Bruxelles, est-ce réaliste ?
Il s'impose dans la mesure où l'on ne peut pas exclure le scénario de la fin de la Belgique : on n'est pas loin en Flandre d'une majorité de partis qui demandent la scission.
Un « couloir » ?
Pourquoi les Flamands veulent-ils conserver des communes qui ne représentent qu'une infime partie de leur territoire et qui ne leur créent que des problèmes ?
A côté d'Yves Leterme, les ministres des Réformes institutionnelles, Jo Vandeurzen et Didier Reynders, ont-ils un rôle à tenir ?
Il ne faudrait pas qu'ils soient les derniers à se mouiller.

L'édito de Béatrice Delvaux: "L'heure n'est plus au romantisme"

11 novembre 2007

Reynders - Di Rupo - Confédéralisme

Reynders évoque une Belgique confédérale

"L'enjeu est d'apprendre à faire vivre ensemble des gens qui se meuvent déjà dans des univers différents".
Le quotidien français "Le Monde" publiera demain une interview du président du MR dans laquelle il évoque la perspective du confédéralisme en Belgique.
"La logique à l'oeuvre en Belgique est celle d'une confédération. L'enjeu est donc d'apprendre à faire vivre ensemble des gens qui se meuvent déjà dans des univers différents. Et c'est cela qui me semble encore possible", indique Didier Reynders dans l'édition du Monde de dimanche sortie samedi après-midi.
Interrogé par des journalistes à l'issue de son entretien samedi avec les présidents de la Chambre et du Sénat Armand De Decker, Didier Reynders s'est refusé à commenté cette interview.

3 questions à Elio Di Rupo

Le Roi confirme Yves Leterme dans sa fonction de formateur et lui demande de mettre rapidement en place un gouvernement. Vous en pensez quoi ?
Je respecte la décision du Roi. Je suis comme lui : je voudrais qu'un gouvernement sérieux puisse rapidement se mettre en place. Mais je ne crois absolument pas en la capacité des libéraux et des sociaux-chrétiens à gouverner sérieusement notre pays. Ce qui s'est passé depuis 150 jours est un désastre, un gâchis monstrueux. Ce qui s'est passé hier est un affront qui doit être lavé.
Certains disent que le vote en commission pourrait être une mise en scène. Avez-vous été instrumentalisé ?
Si cela devait être un coup monté par le MR et le CD & V, ce serait un scandale à l'état pur. Ceux qui l'auraient imaginé devraient alors tirer sur-le-champ les leçons qui s'imposent. Moi, je plaide depuis plusieurs jours pour l'instauration d'une grande discussion communautaire entre les partis du nord et du sud du pays. Une grande discussion qui n'aurait de sens que si elle était préliminaire à la formation du prochain gouvernement. Il ne faut pas que ce soit un groupe pour amuser la galerie pendant que d'autres mettent sur pied un gouvernement à vocation soi-disant socio-économique. Le CD & V et le VLD ont rappelé hier soir qu'ils voulaient régionaliser la SNCB, l'emploi, les soins de santé. Il est donc pour moi impensable de laisser croire qu'on peut négocier sur le socio-économique sans avoir résolu au préalable les questions de l'équilibre de notre pays. Dans l'intervalle, le Parlement, qui est normalement constitué, et le gouvernement en affaires courantes peuvent prendre les décisions qui s'imposent.

Pour vous, Didier Reynders (MR) et Joëlle Milquet (CDH) devraient arrêter de négocier ?
La situation dans laquelle ils nous ont mis appartient à leur conscience. Je ferai cependant une distinction entre le MR, qui se comporte en moteur de l'orange bleue, et Madame Milquet qui a fait un effort appréciable. (V.R.)

Le PS vote la motion en conflit d'intérêt

Le parlement de la Communauté française a adopté vendredi en fin après-midi à l'unanimité des 82 voix des partis démocratiques - moins 3 abstentions FN - la proposition de motion relative à un conflit d'intérêts touchant à la proposition de scission de l'arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde votée mardi en Commission de la Chambre par les seuls représentants des partis flamands.

Les socialistes voteront la motion en conflit d'intérêt et montreront l'unanimité des francophones devant le coup de force flamand, a annoncé le chef de groupe PS Léon Walry au cours d'une conférence de presse improvisée en marge des débats houleux puis suspendus du parlement de la Communauté française. Mais pour lui, la question de savoir si les événements ayant mené au vote en Commission de la Chambre n'étaient pas "arrangés" méritait d'être posée après les soupçons parus jeudi matin dans la presse.
"C'était une question, je n'ai pas accusé le MR", a affirmé M. Walry. Il n'est donc pas question de rupture du front francophone: tout résulte de la différence entre les informations reçues hier et ce matin, a-t-il dit. De son côté, le MR a dénoncé les propos tenus en séance publique par le chef de groupe PS. "On a insulté notre sentiment de responsabilité", a lancé Richard Miller, au cours d'une autre conférence de presse improvisée.
Les réformateurs ont pris eux aussi le vote de la Chambre comme une gifle dans la figure et le président du MR Didier Reynders a déclaré que les négociations étaient arrêtées, a-t-il ajouté pour témoigner de la sincérité du MR. La réaction a été vive en séance publique parce qu'"on ne pouvait pas entendre n'importe quoi à propos de l'orange bleue", a-t-il dit.
Caroline Persoons (FDF) a jugé triste qu'après celle des Flamands, un parti francophone "donne une seconde gifle en divisant les francophones". Elle a accusé Léon Walry d'avoir démontré que la division des francophones fait leur faiblesse. Après une bonne heure de suspension et une supposée réunion des chefs de groupe, les débats ont repris en séance plénière en présence des médias, notamment flamands, présents en nombre au parlement.

Le gouvernement flamand répète l'importance d'une réforme de l'Etat
Le ministre-président flamand Kris Peeters a répété vendredi qu'une réforme de l'Etat était et restait d'un "intérêt essentiel" aux yeux du gouvernement flamand.M. Peeters (CD&V) a fait cette déclaration à l'occasion de la réunion du gouvernement flamand, et avant la déclaration commune des présidents du CD&V et de la N-VA.