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12 septembre 2007

Dans les coulisses financières du palais royal

Une fortune personnelle de 12 millions d'€

La fortune personnelle du roi Albert II s'élève à quelque 12,4 millions d'euros, a indiqué mercredi le palais royal en réaction à des chiffres "fantaisistes" parus dans la presse. Le montant diffusé en 2001 par le palais royal à ce sujet reste d'actualité. "On reste dans le même ordre de grandeur qu'à cette époque", a tenu à préciser le porte-parole du palais.
"Toutes les autres estimations de la fortune personnelle du roi sont fantaisistes. Elle reposent probablement sur des confusions entre la fortune du roi et la donation royale ou les bâtiments que l'Etat met à disposition du souverain (comme, par exemple, le château de Laeken ou le palais royal de Bruxelles)", a expliqué Pierre-Emmanuel De Bauw.
La fortune personnelle du Roi se compose essentiellement d'une propriété immobilière à Châteauneuf de Grasse (France), d'un yacht dénommé Alpa et d'un capital financier d'environ 12,4 millions d'euros.
Le palais royal souhaitait faire une mise au point sur la fortune du roi à quelques heures de la diffusion sur la RTBF de l'émission "Questions à la Une" consacrée au coût de la monarchie.

« Questions à la Une » Le mystère du coût de la monarchie belge

C’est un travail d’investigation comme un autre. » Marc Bouvier, responsable de Questions à la Une, l’assure. Pourtant, à la vision du double reportage de l’émission d’actualités de la RTBF, proposé ce mercredi soir sur la Une, on se rend compte qu’il n’en est rien. Car mener un véritable travail d’investigation journalistique, lorsqu’il s’agit de la monarchie belge, est tout sauf une entreprise médiatique comme une autre…
Or, pour sa rentrée, Questions à la Une a choisi deux sujets, certes d’actualité, mais délicats dans un pays toujours frileux lorsqu’il s’agit de monarchie. Avec deux questions impertinentes : « La famille royale touche-t-elle trop d’argent ? » et « L’entourage du prince Laurent, au-dessus de tout soupçon ? » Dans les deux cas, particulièrement dans le premier, grandit, au fur et à mesure du reportage, un énorme malaise. Malaise face au manque de transparence en ce qui concerne l’argent de la monarchie belge, fût-il versé par l’Etat.


Sylvie Duquenoy a tenté, trois mois durant, de percer le mystère financier de la famille royale. Qui, certes, touche une liste civile (dans le cas du Roi : 9,542 millions d’euros, dont 1,6 % en « frais de ménage »), ou une dotation (dans le cas des enfants du Roi et de Fabiola : 3 millions d’euros). Mais dont bien des dépenses sont prises en charge par d’autres organismes officiels. Et là, pour en connaître le détail, c’est la galère…
Une réception au Palais pour 300 invités ; une mission économique princière en Chine ; la fortune personnelle de la famille royale : pas moyen, ni dans un cas ni dans les autres, d’obtenir d’estimations officielles. Reste à la journaliste, pour la réception à l’occasion d’un concert au Palais en juin, à additionner le prix par personne du champagne, des boissons et petits fours ; puis de multiplier par 300 pour tenter d’approcher la vérité... Sans savoir, non plus, combien de réceptions sont organisées par an.
Faute de transparence, la fortune royale est d’ailleurs l’objet de bien des hypothèses : entre 12 millions et… 2 milliards d’euros.
Une opacité d’autant plus lourde que le reportage la compare à la limpidité néerlandaise ou britannique. Où toute dépense royale est comptabilisée, publiée. Aux Pays-Bas, le coût global de la monarchie est ainsi précisément calculé chaque année, depuis 1972.
Côté belge, rien de tout cela. Et le reportage le prouve : les dotations sont loin de couvrir tous les frais royaux ou princiers. Mais sur ces dépenses aussi, le brouillard règne. Et il fait d’autant plus frissonner que l’on apprend qu’aux Pays-Bas (où la dotation est deux fois moindre que chez nous), les dépenses supplémentaires, assumées par les différents départements, multiplient par… 15 le coût initial (6 millions de dotation, 90 millions de dépenses) ! S’il en était de même chez nous, que les différentes dotations étaient in fine multipliées par 15 (sachant cependant qu’aux Pays-Bas, seuls le Roi et son héritier ont une dotation), on atteindrait des sommes plutôt astronomiques. Mais impossible de le savoir, puisque ces budgets sont largement secrets…
Par contre, des dépenses royales ou princières sont effectivement prises en charge par divers ministères. Ainsi, Herman Matthijs (VUB) explique-t-il que, lors de voyages royaux officiels, une ligne budgétaire est prévue aux Affaires étrangères (la visite de Béatrix en Belgique a ainsi coûté 38.000 euros) ; que 240 personnes sont détachées de la police fédérale pour assurer la sécurité du Roi (600.000 euros rien qu’en salaires, sur le budget de la police) ; ou qu’un avion de la Défense est mis à la disposition du Roi (400.000 euros).
Ce spécialiste ne peut cependant pas, lui non plus, chiffrer le coût de notre monarchie. Et lorsque des parlementaires désirent en savoir plus, et interpeller sur le sujet, ils se font parfois gentiment rappeler à l’ordre par le Premier ministre. Ce qui arriva par exemple à Koen T’Sijen (Spirit).
Voilà qui risque de raviver un débat : faut-il supprimer la dotation des Princes ? Entre partis politiques, au nord mais aussi au sud, une idée a fait son chemin : au prochain changement de règne, seuls le Roi et son héritier devraient encore disposer d’une dotation. Les autres Princes pouvant recevoir des indemnités pour des missions précises (comme la présidence de la Croix-Rouge dans le chef d’Astrid).
Ce Questions à la Une devrait susciter des réactions. Elles sont attendues : sur le blog de l’émission, lancé depuis la mi-août (www.la1.be).

24 mars 2007

Le Roi, l'héritier et basta

La Région flamande diminue sa subsidiation de l'IRGT

Le subside de base de la Région flamande à l'IRGT, l'asbl présidée par le prince Laurent, va passer de 170.000 euros à 50.000 euros. Pour le gouvernement flamand, qui a pris cette décision vendredi, c'est suffisant pour assurer l'existence et le fonctionnement de base de l'asbl. La Région flamande estime qu'un subside de base pour l'IRGT (Institut royal pour la gestion durable des ressources naturelles et la promotion des technologies propres) est suffisant car il s'agit d'une asbl active dans plusieurs régions. L'IRGT peut cependant, comme toutes les associations, demander à la Région flamande d'autres subsides pour des projets. Ils devront suivre la procédure d'acceptation normale. Le gouvernement flamand se retirera du conseil d'administration de l'asbl. Il le motive par le fait qu'il n'est pas non plus représenté dans d'autres asbl qui introduisent des projets ou reçoivent seulement un subside de base. (belga)

12,542 millions d'euros seront alloués en 2007 aux dotations princières et à la liste civile du Roi

Un peu plus de 12 millions d'euros est donc attribué à la famille royale. La grosse majorité, 9,542 millions va à la liste civile du Roi, où deux tiers des dépenses (67 %) concernent les frais de personnel. La liste civile n'est pas contestée en général. En revanche, le monde politique, ministre des Finances en tête, verrait d'un bon oeil un contrôle des dotations. 1,444 million d'euros en 2007 pour la seule reine Fabiola : n'est-ce pas cher payé les services rendus à la nation et la quinzaine d'activités officielles encore prestées par année (16 en 2006) ?
"Personne ne met en cause une dotation au veuf ou à la veuve d'un souverain. Mais ici aussi, on devrait pouvoir préciser ce qui correspond à une pension de survie et la partie liée à la fonction ", analyse Didier Reynders. Même topo pour le prince héritier. Et à l'avenir, un consensus prévaut dans les cénacles politiques pour qu'il subsiste pour le règne suivant une liste civile, plus une dotation pour le prince héritier et une autre pour le veuf, ou la veuve d'un souverain, ou encore pour le roi abdicataire. Et les autres ? "Ils pourront travailler ", résume le ministre des Finances.
En attendant, il est difficile d'effectuer une marche arrière et de supprimer les acquis, mais le contrôle devra être instauré sur une grosse partie des montants alloués aux membres de la famille royale. Pour le reste, M. Reynders coupe les ailes à un canard : non, le Roi et son entourage ne disposent pas d'essence détaxée, mais il est correct que les achats effectués pour la liste civile du Roi sont exempts de TVA. "Si la TVA leur avait été imputée, on aurait sûrement revu la liste civile à la hausse en conséquence..."

La monarchie n'est pas un conte de fées
Béatrice Delvaux, rédactrice en chefdu jounal "Le Soir"
lundi 08 janvier 2007, 06:45

La monarchie est une institution centrale de la Belgique. Elle y joue un rôle clé, vu la complexité de notre pays. A ce stade de notre histoire, elle présente beaucoup plus d'avantages que d'inconvénients. Elle est donc incontournable. Mais si elle veut survivre, elle doit, comme toute institution, répondre à deux préceptes. Un : la bonne gouvernance. Deux : être au service des pouvoirs démocratiques dans la discrétion, voire l'effacement et l'oubli de soi. Pour certains, ces temps-ci, toute critique est une atteinte à la monarchie. Ou une manière de servir les intérêts nationalistes flamands qui veulent la fin du pays. Les mêmes types d'arguments ont suivi la révélation des scandales communaux récents, certains accusant la presse de nourrir l'extrême droite.
Nous ne pouvons suivre ces raisonnements. Il ne faut jamais taire ce qui dérive ou « dysfonctionne », quels que soient les fautifs. Le silence ne sauvera ni la démocratie ni la monarchie. Bien au contraire.

Lynchage médiatique : le mot a été prononcé ces derniers jours à propos de l'affaire Laurent. Pour certains, il y a confusion même dans l'utilisation de l'expression « affaire Laurent ». Il est clair que le Prince est présumé innocent dans le dossier « Marine belge » et qu'il est aujourd'hui - enfin ! - cité à titre de témoin de malversations, dont il aurait bénéficié mais dont il n'est absolument pas avéré qu'il en était averti.
Mais ce dossier naval a révélé, par ricochet, une situation personnelle du Prince sur laquelle il est fondamental de s'attarder. Il est crucial de faire toute la clarté sur ce statut du (et des) prince(s), pour le résoudre structurellement et éviter tout dérapage. C'est en cela que la publication du portrait de Laurent dans « Le Soir » ce week-end était indispensable. Des détails personnels ont été cités ? Pour les princes hélas, vie privée et publique sont désormais indissociables. La médiatisation croissante de la famille royale, par ceux qui ne voulaient livrer ou connaître que la version « Bibliothèque rose » du Palais, y a beaucoup concouru. Qu'on cesse donc de faire croire que le Roi et ses enfants sont des personnages de romans pour jeunes filles en fleur. Ils sont, par le rôle qui leur est dévolu constitutionnellement, des personnages politiques, recevant une dotation prélevée sur des fonds publics, au service de leur pays. C'est pourquoi le travail sans tabous de la presse d'information est crucial en ce qui les concerne comme pour tout personnage public redevable auprès du citoyen. C'est pourquoi les gouvernements doivent leur définir un statut, assorti de droits et de devoirs précis, soumis à un contrôle transparent. C'est pourquoi, il faut n'imposer ce destin royal qu'au plus petit nombre de personnes possible. Car ce destin privilégié mais tragique, - l'histoire de Laurent le démontre sans faille -, n'a rien d'un conte de fées. Le faire croire n'assurera pas la pérennité de la monarchie.


Reynders : ''amender la loi'' (08/01/2007)

Le ministre des Finances veut un meilleur contrôle des dotations princières
Rentrée parlementaire en fanfare ce lundi, avec le procès des officiers de la Marine, qui, indirectement ou non (la justice tranchera), affecte le prince Laurent. En charge depuis 1999 comme ministre des Finances des dotations princières et de la liste civile du Roi, mais aussi de la fiscalité applicable aux revenus privés de la famille royale, le vice-Premier Didier Reynders (MR) a son idée sur le dossier.
"Sur le volet judiciaire, il faut tout mettre en oeuvre pour que les magistrats aient l'entièreté des moyens à leur disposition pour enquêter. Pour le reste, avec ma collègue du Budget, je vais suivre de près le dossier pour m'assurer que la Défense récupère les fonds détournés, comme je récupère toujours aujourd'hui les sommes détournées dans le dossier Agusta-Dassault. Je ferai cela à l'égard de quelque condamné que ce soit..."
Sur le volet des dotations princières, d'aucuns évoquent une absence de contrôle. Qu'en pensez-vous ?
"On ne peut pas revenir en arrière et retirer les dotations accordées, mais on peut, par un simple amendement à la loi sur les dotations, clarifier les choses et définir un contrôle. Je vais le proposer au Parlement cette semaine. À mon sens, on devrait préciser en quoi consiste la dotation : une partie serait assimilée à un revenu, un salaire, sur lequel il n'y aurait pas de contrôle. En revanche, l'autre partie serait liée à la fonction et la représentation. Et sur cette dernière partie, on devrait instaurer un contrôle par la Cour des comptes. Le Premier président de la Cour pourrait jouer un rôle spécifique. Et le fait serait acquis pour tous ceux qui bénéficient d'une dotation, y compris le prince héritier. C'est le Parlement qui déterminerait la part privée (en pourcentage) et la part publique de la dotation accordée chaque année. Je pense que, dès que des moyens publics sont utilisés, ces montants doivent être vérifiés s'ils représentent plus qu'une simple rémunération."
Des élus proposent la création d'une commission d'enquête parlementaire pour vérifier l'attribution des subsides de l'IRGT, cet institut créé pour rémunérer le prince Laurent dans les années nonante...
"Je ne suis pas du tout convaincu par une commission, mais de nouveau rien n'empêche que la Cour des comptes fasse un rapport sur l'IRGT et les systèmes de rémunération mis en place pour le prince Laurent. Dans les années nonante, ce n'était pas d'une grande transparence, or, on a tout intérêt à la plus grande transparence. Et si le prince Laurent doit rembourser, nous avons des moyens de contrainte suffisants pour cela. On peut aussi envisager une récupération via la dotation qui lui est attribuée..."
Rejoignez-vous Armand De Decker (MR également) qui pense que le prince Laurent a été lynché médiatiquement ? "À part la mise en exergue de certains faits qui relèvent de sa vie privée, non. Le Palais a ouvert la porte vers plus de communication : on ne peut pas la refermer quand surviennent des événements malheureux."

Bien qu'apparemment clean, l'IRGT fera l'objet d'une double évaluation

A l'instar de son collègue flamand, le ministre wallon de l'Environnement Benoît Lutgen a lui aussi demandé une évaluation du financement régional de l'Institut royal pour la gestion des durables des ressources naturelles et la promotion des technologies propres (IRGT), présidé par le Prince Laurent. Selon lui, aucun problème ne semble toutefois se poser et les subventions correspondent à des actions réellement menées. L'évaluation portera sur le subventionnement régional de l'IRGT depuis sa création même si celle-ci a lieu chaque année, a précisé le ministre qui voit dans cette initiative une "mesure de précaution"."Il ne s'agit pas de subventions de circonstance. Elles correspondent à des projets précis: sites internet, actions de sensibilisation, publication de CD-Rom, etc. Le travail fourni est de grande qualité. Honnêtement dit, ils font du bon boulot et le prince ne ménage pas ses efforts pour être présent sur le terrain", a souligné M. Lutgen.Le montant de la subvention accordée cette année par la Région wallonne est de 160.000 euros.

Lire aussi
Laurent pourrait être entendu ce mardi (lundi 08.01.2007)
Les deux principaux suspects au procès des détournements de fonds à la Marine, le colonel Vaessen et Marc Luypaerts, ont livré, devant le tribunal correctionnel de Hasselt, des versions contradictoires. Mardi, le prince Laurent pourrait être entendu.
La police fédérale pourrait entendre Laurent
L'audience suspendue
A Hasselt, un procès et l'ombre du prince
Fraudes à la Marine : le grand déballage !
Les principaux prévenus se contredisent

L'argent du Prince

D epuis le 1 er juillet 2001, le prince Laurent bénéficie d'une dotation annuelle, indexée et nette d'impôts. Elle se monte à 300.000 euros et découle d'une loi votée par le Parlement. A cette date, le Prince a renoncé aux traitements qu'il percevait de sa Fondation et de l'IGRT (le palais confirme que « le chiffre d'un million (francs belges par mois) est correct »).
Officiellement, le prince ne bénéficie plus d'aucun autre revenu désormais que sa dotation.
Mais Laurent est logé avec sa famille à la villa Clémentine, à Tervuren, qui est la propriété de la Donation royale, c'est-à-dire de l'Etat. Il s'y retrouve dans la situation classique du locataire vis-à-vis de son propriétaire. « Tous les gros travaux, explique Michel Malherbe, porte-parole du Palais, sont à charge de la Donation et l'entretien courant est supporté par le prince. »

Les Ferrari, les montres suisses, évoquées dans la presse flamande ? « Ces achats éventuels pourraient avoir été financés par de l'argent provenant de traitements perçus par le prince avant 2001 », répond le Palais.
Les séances de photo soi-disant monnayées et organisées pour la presse people ? « Le service de presse du Palais organise des séances photos en pool, pour tous les médias. Nous n'avons pas d'autre commentaire », répond Michel Malherbe.
D'autres membres de la famille royale bénéficient d'une dotation, selon le même principe. La reine Fabiola reçoit 1.388.000 euros, le prince Philippe 888.000 euros et la princesse Astrid 312.000 euros (base 2005). Le Roi, lui, est doté d'une liste civile, inscrite dans la Constitution et fixée par la loi pour la durée du règne. Cette liste (8.195.000 euros en 2005) reprend la totalité des moyens que la Nation met à sa disposition comme chef de l'Etat pour lui permettre d'exercer sa fonction royale « en toute indépendance morale et matérielle ».
Parmi ces moyens, une dotation couvre ses dépenses de personnel (67 %), ses frais d'entretien des domaines (12 %), ses frais de ménage (1,7 %), son parc automobile (4,4 %), etc. Le Roi habite, aux frais de l'Etat, le palais de Bruxelles et le château de Laeken, où sont exposés les objets d'art de la Collection royale.
Le Belvédère, le Stuyvenberg, les châteaux de Ciergnon et de Fenffe sont mis à disposition par la Donation royale. Les biens personnels du Roi, dont la résidence Les Romarins, dans le Sud de la France, et son yacht, sont gérés comme il l'entend - et imposés.
En 2003, des sénateurs CDH ont déposé une proposition de loi posant un cadre légal à l'attribution de dotations à l'héritier présomptif au trône et à son premier successible, âgés de 18 ans minimum. Pour leur conférer « dignité et neutralité ».
A l'inverse, des députés et sénateurs du Vlaams Belang ont déposé d'autres propositions de loi abrogeant la loi de 1993, fixant la liste civile et les dotations de toute la famille royale. Motif ? Le Roi disposerait, à l'étranger, d'une « considérable » fortune personnelle, acquise « de manière scandaleuse » durant l'époque coloniale au Congo.

12 février 2007

L'islam n'impose pas le voile aux femmes


L'islam n'impose pas le voile aux femmes d'après Rania de Jordanie

La reine Rania de Jordanie estime qu'"imposer un voile à une femme est contraire aux principes de l'islam" et elle appelle "tous les modérés à faire entendre leur voix"."L'islam n'impose ni d'être pratiquant, ni de s'habiller d'une manière ou d'une autre. Imposer le voile à une femme est donc contraire aux principes de l'islam", a-t-elle déclaré dans une interview publiée vendredi par le quotidien italien Corriere della Sera.

La reine se trouve à Rome pour parrainer le lancement d'un programme pour le développement de vaccins contre les maladies endémiques dans les pays pauvres. "Malheureusement, après tous les soupçons pesant sur l'islam, de nombreuses personnes ont commencé à considérer le voile comme un problème politique mais ce n'est pas le cas. Le port du voile est un libre choix personnel", a-t-elle insisté.La reine a une nouvelle fois appelé "tous les modérés à se soulever et faire entendre leur voix". "Dans le monde arabe beaucoup de personnes sont frustrées. Nombreux sont ceux qui s'abandonnent à la colère parce qu'ils sont accusés de violence. Il faut en revanche se dresser, expliquer qui nous sommes, en quoi nous croyons", a poursuivi Rania de Jordanie.

09 février 2007

Le prince Philippe supporte mal la critique


Le rédacteur en chef du Morgen et le rédacteur en chef politique chez VTM ont été interpellés par le prince Philippe au sujet des comptes-rendus négatifs sur sa mission économique en Afrique du Sud. Le prince aurait menacé de les considérer comme personna non grata au Palais.
Yves Desmet, rédacteur en chef du Morgen, a essuyé des critiques sur la couverture de la mission du prince en Afrique du Sud. "Je n'ai rien écrit personnellement à ce sujet, mais le prince trouve qu'il est inopportun d'écrire des comptes-rendus négatifs sur un prince royal. Je lui ai dis gentiment mais résolument que notre devoir est d'avoir un avis critique", explique Yves Desmet.
"Le prince m'a alors encore une fois répété: 'Vos articles négatifs ne m'empêcheront pas de mener à bien ma mission'. Je crains donc que nous ayons affaire à un missionnaire", a ajouté le rédacteur en chef du Morgen.

Après ce fut le tour de Pol Van Den Driessche, rédacteur en chef politique chez VTM: "Le prince m'a dit que j'avais raconté toutes sortes de choses à son propos et qu'il exigeait du respect envers les institutions. Je lui ai répondu que j'étais très critique à l'égard de toutes les institutions, y compris la monarchie. Et quand je commets des fautes, je rectifie. Je l'ai toujours fait. Le prince est alors revenu sur la mission en Afrique du Sud. J'avais dit dans mon commentaire dans Royalties que le prince avait donné une mauvaise image. 'Comment savez-vous cela? vous y étiez même pas', a-t-il dit. 'Et vous croyez à ce point ce que vos journalistes racontent?' En 25 ans de carrière, je n'avais jamais vu cela", a expliqué M. Van Den Driessche.
Une réaction déplacée
Lors de son entretien avec des rédacteurs en chef, le Prince Philippe a voulu dire que les comptes-rendus sur ses activités par certains médias ne se font pas toujours de manière objective, alors que le Palais n'est pas en mesure de se défendre.
C'est ce qu'a précisé le porte-parole du Palais royal en réaction aux informations parues dans certains journaux. Le porte-parole a admis qu'"il est possible que le ton ait été désagréable".
Interrogé sur le fait de savoir s'il est possible que le Palais cesse d'inviter un rédacteur en chef, le porte-parole a précisé que "le Palais n'invite pas des personnes mais des fonctions". Le porte-parole a encore confirmé que les services du Premier ministre ont contacté le Palais. Il n'a pas fait de commentaires sur le contenu du message transmis par ces services.
De son côté, le Premier ministre Guy Verhofstadt a qualifié de "déplacée" la réaction du prince Philippe à l'encontre de deux rédacteurs en chef. "Le premier ministre a transmis ses griefs au Palais et a exprimé son inquiétude face au comportement du prince à l'égard de la presse", a confirmé son porte-parole.
Le président du VLD, Bart Somers, estime pour sa part que le comportement du prince Philippe envers la presse doit encore être amélioré. Il y a encore du pain sur la planche pour son entourage, assure-t-il ce jeudi, tout en se raliant à la position du premier ministre, Guy Verhosfstadt. Il est clair qu'il a encore beaucoup à apprendre dans le cadre des ses relations avec la presse, ajoute le président des libéraux flamands, insistant toutefois sur le fait que le débat sur le rôle de la monarchie doit se dérouler dans la sérénité et non pas sur base d'un incident.
Le président de la N-VA, Bart De Wever, estime par contre que cette nouvelle sortie du prince Philippe prouve qu'il est temps d'ouvrir la discussion sur le pouvoir de la monarchie. Il demande ainsi que tous les articles de la Constitution traitant du pouvoir du Roi soit intégrés dans les articles à réviser et a d'ailleurs introduit une proposition en ce sens. Le comportement du prince est inacceptable. Sa conduite trahit une réel mépris pour la liberté de la presse et donc pour la démocratie, explique-t-il.
Pour Pol Deltour, secrétaire national de l'AGJPB, si le prince Philippe veut faire des commentaires ou apporter des critiques sur les médias, c'est son bon droit. Mais le Palais ne peut pas décider lui-même qui peut être invité à des événements et qui ne peut pas entrer au Palais, estime .
Comme tout citoyen, le prince Philippe peut critiquer les médias, a ajouté M. Deltour. "Nous pouvons cependant nous poser la question de savoir ce qui est raisonnable de faire dans une réception. Et aussi de quelle manière nous pouvons poser des questions", a-t-il précisé. Le coaching "media" du prince reste un problème difficile, selon M. Paul Deltour.
"Nous pouvons nous interroger sur le moment choisi pour poser des questions. Je constate encore que le prince communique difficilement". La Belgique dispose d'une solide liberté dans le domaine de la presse, selon Deltour.
Le fait que la Palais pourrait interdire l'accès à des journalistes professionnels, ce serait aller trop loin. "Ou alors, on ne trouve plus qu'une presse loyale et fidèle au pouvoir et on assiste au musellement de la presse indépendante", ajoute M. Deltour.
(D'après Belga)

Le système actuel se veut le plus contraignant possible. Mais entre la théorie et la pratique, il y a de la marge.
Éclairage
Retour obligé, donc, sur l'article 195 (ex-131) de la Constitution, celui qui fixe la procédure même de la révision de la charte juridique fondamentale. A cet article, on n'a jamais touché depuis 1831, quoiqu'il ait été déclaré révisable deux fois, en 1919... et en 2003.
1 Que dit l'article 195 ? Deux choses. D'abord, ce casse-vitesse : la révision se fait en 3 temps. 1° Le pouvoir législatif peut déclarer des articles révisables. 2° La déclaration dissout automatiquement Chambre et Sénat. 3° Les Chambres suivantes peuvent réformer. Ainsi, tout article ne peut être révisé que s'il a été déclaré révisable, mais tout article déclaré révisable ne doit pas être révisé pour autant.
Ensuite, ce garde-fou : si la déclaration peut être adoptée à la majorité simple, toute révision impose une majorité des deux tiers. Curiosité : les lois de réformes institutionnelles imposent en plus une majorité simple de chaque groupe linguistique, ce qui revient à les rendre (encore) plus rigides que la Constitution, voire à leur conférer une légitimité supérieure.
2 Pourquoi, toutes ces contraintes ? On invoque classiquement trois raisons : il faut rendre le texte fondateur le plus stable possible, surtout en notre heureux pays ; la césure entre deux législatures calme le jeu politique et attire l'attention sur l'importance de la démarche; le scrutin requis entre déclaration et révision permet à l'électeur de se prononcer.
On convient généralement que les deux dernières raisons ne tiennent plus la route. L'électeur ne vote certes pas en fonction d'une liste d'articles, et l'histoire des réformes institutionnelles démontre assez qu'il n'a jamais eu guère à dire à leur égard. Quant au parlementaire qui vote la déclaration, comment l'interpeller par des décisions que d'autres que lui (peut-être) prendront plus tard (éventuellement) dans un sens qu'il doit ignorer (quoique les juristes divergent sur l'autorité que le déclarant peut avoir sur le constituant) ?
Le souci de stabilité reste autrement pertinent. Mais le système actuel est-il le mieux à même de le rencontrer ? Pas forcément, à considérer que : 1° des réformes avérées fondées et urgentes n'ont pu être accomplies parce que les articles qui portent leur sujet n'étaient pas révisables ; 2° des réformes plus controversées ont à l'inverse été opérées alors même que la déclaration ne paraissait pas les autoriser ; 3° on peut détricoter des pans entiers de l'Etat sans devoir toucher à la Constitution.
3 Comment réformer , le cas échéant ? Les modalités de précaution sont légion. Outre les quorums spéciaux, toute révision pourrait nécessiter deux adoptions (sans déclaration ni dissolution), à étaler sur deux législatures ou (plus probablement) sur une seule. On pourrait accélérer dans certains cas (ainsi, les traités internationaux), freiner dans d'autres, voire décider que certains articles ne sont pas révisables (on pense à l'article 1 : "La Belgique est un Etat fédéral"), etc.
Un Roi sans pouvoir politique ?

La révision de l'article 195 de la Constitution pourrait permettre la modification de la fonction royale.Sous la pression des partis flamands, les francophones pourraient s'y résoudre.On protégerait la Sécu et l'emploi. Simple hypothèse ?
BELGA
Réduira-t-on les pouvoirs du Roi des Belges lors de la prochaine législature ? A intervalles réguliers, les partis flamands remettent l'idée sur le métier. Ces dernières semaines encore, ils ont utilisé les remous autour de l'aménagement de la villa du prince Laurent et la discussion musclée du prince Philippe avec deux rédacteurs en chef flamands pour réclamer un toilettage de la Constitution qui enlèverait au chef de l'Etat ses prérogatives "politiques". Le rôle de la monarchie serait limité à la représentation. Dans les partis de l'actuelle majorité fédérale, il semble que ce soit la voie choisie.
Tabou
Il y a peu, la réduction des pouvoirs politiques du Roi était encore un sujet tabou. Sous l'influence des partis extrémistes flamands, l'idée a fait son chemin en Flandre et elle a rejoint les convictions de ceux qui, parmi les francophones, "républicains de coeur mais monarchistes de raison", souhaitent soit mettre la Constitution en conformité avec les usages actuels soit aller plus loin encore et limiter son rôle à de la simple figuration.
Comment s'y prendre ? Pour changer les pouvoirs du Roi, il faut modifier les articles de la Constitution qui précisent son rôle. Et pour procéder à une telle révision, il faut, avant les élections, déclarer révisables les articles en question. C'est le vote de cette liste (le 27 avril prochain) qui entraîne automatiquement la dissolution des Chambres.
Les partisans du maintien du système monarchique actuel avaient toutes les raisons d'être apaisés car des contacts entre partis, il apparaissait qu'il n'y aurait pas de consensus pour inscrire, dans la liste des articles à réviser, tous ceux qui règlent le "métier" de Roi.
Toutefois, ces changements pourraient avoir lieu en deux temps. Le scénario le plus vraisemblable est que le gouvernement propose au Parlement de reprendre la même liste d'articles à réviser que celle de 2003. Dans celle-ci, les articles concernant la fonction royale ne figurent pas. Mais, interrogé par "La Libre" en début de semaine sur le fait de savoir si les dispositions constitutionnelles concernant la fonction royale seraient soumises à révision, le Premier ministre, Guy Verhofstadt (VLD), avait eu cette réponse elliptique : "La liste de 2003 nous permet de mener à bien toutes les réformes".
Sans délai
Qu'est-ce que cela signifie ? La liste de 2003 comporte tout simplement l'article 195 de la Constitution, lequel régit... la manière de modifier la Constitution. A l'exception notable des élus CDH, nombreux sont ceux qui sont favorables à un allégement du processus de révision de la Constitution (lire ci-dessous), qui permettrait de modifier la charte fondamentale au cours d'une même législature (actuellement il en faut deux). Ainsi, la simplification du processus de révision de la Constitution permettrait à la prochaine majorité de changer, sans délai, le fonctionnement de la Monarchie.
Oseront-ils le faire ? Evidemment, tous les partis francophones jurent que telle n'est pas leur priorité et qu'il y a bien d'autres urgences. Mais plusieurs sources francophones le confirment : s'il faut accorder des concessions aux partis flamands, la modification des pouvoirs du Roi sera l'une d'elles. Autrement dit : mieux vaut, pour les francophones, protéger le caractère fédéral de la Sécurité sociale et de l'Emploi, plutôt que de maintenir un fonctionnement monarchique qui, de toute façon, ne correspondrait plus à la réalité.
Exemples : le rôle politique le plus visible que le Roi remplit encore, outre son rôle d'influence, s'exerce lorsqu'il désigne un formateur ou un informateur après les élections fédérales. Or, même ce pouvoir, le Souverain l'a quasiment perdu : en 1999, on a prêté (simple rumeur ?) à Albert II l'intention de nommer Annemie Neyts et François-Xavier de Donnea comme co-informateurs. Sous la pression des partis, c'est Louis Michel qui s'est finalement chargé de la tâche. En 2003, le Palais voulait directement nommer Guy Verhofstadt formateur. Elio Di Rupo s'est imposé informateur avant de céder le flambeau à Guy Verhofstadt.
Ce rôle (d'ailleurs non inscrit dans la Constitution) lui serait ôté. Certains vont jusqu'à imaginer de retirer dans la Constitution toutes les mentions attribuant au Roi un rôle politique (la sanction des lois, notamment) et de le remplacer, chaque fois, par l'expression "pouvoir exécutif". Il ne s'agirait pas, ce faisant, de s'en prendre à la personne du Roi actuel, Albert II, dont on loue unanimement le rôle exemplaire. Mais bien de prémunir le système belge contre les excès éventuels de tout successeur.
Bien sûr, ces changements auront des adversaires, au CDH, au MR et au PS. Mais la voix du changement semble à présent dessinée.

25 janvier 2007

Réforme de l'Etat



Le grand cafouillage francophone

Le discours surprise de Verhofstadt au Palais royal les divise un peu plus. Le MR se singularise. Où va le « front » ?


L 'effet centrifuge du 10 juin est trop puissant, le « front » francophone y résiste mal. PS, MR, CDH, Ecolo : ça cafouille. Comme mardi, après le discours surprise de Guy Verhofstadt au Palais royal, de campagne, qui a mis en porte à faux ses partenaires de coalition - les socialistes, en tout cas... Alors, chacun pour soi ? Les présidents de partis francophones s'étaient rencontrés fin décembre. Ils devraient se revoir en février. Mais les rapports se sont dégradés. En trois étapes.
Le 20 décembre déjà, lors de leur première réunion au « sommet », au parlement de la Communauté française à Bruxelles, tout n'avait pas tourné rond entre Elio Di Rupo, Didier Reynders, Joëlle Milquet et Jean-Michel Javaux. Nous avions titré : « Les francophones en service minimum ». Car, à l'issue de deux heures de discussions (« On a mangé des pralines », dira plus tard Joëlle Milquet...), les quatre signent un communiqué lapidaire. Certes, on met sur pied des « groupes de travail », mais point de vrai message politique à se mettre sous la dent ; rien à l'adresse des partis flamands. Un an auparavant, anticipant les négociations sur le sort de Bruxelles-Hal-Vilvorde, les mêmes avaient signifié sans détours que si les Flamands exigeaient de scinder l'arrondissement électoral, eux, réclameraient d'étendre la Région bruxelloise aux communes à facilités, de modifier la frontière linguistique, et on en passe. Une panoplie de contre-mesures.
Cette fois, le ton du communiqué commun est économe, policé, attentiste. Il masque mal la désunion. En coulisse, ses collègues incriminent Didier Reynders. Joëlle Milquet, Jean-Michel Javaux abondent : le président du MR freine, il ne veut pas heurter le VLD.
Second temps dans la dégradation des relations : samedi dernier dans le Soir, Joëlle Milquet invite ses compères francophones à ne pas souscrire à quelque déclaration de révision de la Constitution. Cela ne bloquerait pas toute réforme institutionnelle, car dans des domaines tels que l'emploi ou les soins de santé, on peut opérer par « lois spéciales », mais réfuter toute déclaration de révision serait un acte symbolique fort ; et une provocation pour les partis flamands. A la guerre comme à la guerre ? Il n'en sera rien. PS et MR, partenaires au fédéral, déplorent une « manoeuvre typique d'opposition », refusent de faire exploser Verhofstadt II, et d'aller au clash avec le nord.
Troisième étape, on l'a dit : dans son discours devant les « corps constitués » mardi, Guy Verhofstadt prétend qu'une réforme de l'Etat est indispensable, relance son idée d'une « troisième voie » entre « séparatisme » et « immobilisme », ainsi que son concept de « Fédération belge ». Un discours devant les plus hautes autorités du pays, dont le Roi, mais « personnel », comme il le prétend... Du jamais vu.
En kern mardi soir, Laurette Onkelinx proteste. Peut-être aussi parce que - et c'est le plus incroyable -, tous les vice-Premiers n'avaient pas été mis au courant... Mais bien Didier Reynders, pour les libéraux francophones. Lequel réagit positivement aux propos du Premier VLD, tandis que Laurette Onkelinx et Elio Di Rupo condamnent les propos du chef du gouvernement. Bref : les uns au courant les autres pas ; les uns pour, les autres contre... Le sud se divise.
Deux raisons à cela.
D'abord, chacun sait qu'il faudra négocier avec les partis flamands, même si on ne peut présumer de l'intensité du face-à-face, ce qui nécessite de dépasser le stade du « on n'est demandeurs de rien »... Oui, mais, dans ce cas : on est demandeurs de quoi ?
La seconde : les stratégies électorales des partis sont divergentes. Reynders et Verhofstadt ont comme un agenda commun. Ils ont reconstitué un ersatz de « famille » libérale MR-VLD, pour tenter de sauver leur place au fédéral. Ils veulent s'extraire du face-à-face pur et dur entre Leterme, d'un côté, et Di Rupo de l'autre, qui les relègue au second plan. D'où leurs initiatives : Verhofstadt et sa « troisième voie » ; Reynders et son ouverture au dialogue avec les Flamands, et pourquoi pas sur l'emploi, dans une interview au Standaard récemment.
De surcroît, le leader du MR rechigne à s'impliquer dans un front francophone dont Elio Di Rupo assure le leadership au nom de la première formation francophone. Gênant pour le libéral. D'où sa part de stratégie parallèle. Jusqu'où ira-t-il ?
En attendant, au moment où les partis flamands semblent doucement reconverger vers quelques grands objectifs fondamentaux, les francophones, eux, se dispersent. A près de cinq mois des élections, il y a tout le temps pour que le cafouillage dégénère en affrontement intrafrancophone ; ou alors tourne au rabibochage. Les « sherpas » des partis oeuvrent au rapprochement, nous assure-t-on. Ah oui


« Indispensable réforme de l'Etat »


« Élargir l'autonomie, intensifier la collaboration. » Le nouvel équilibre fédéral, selon le Premier ministre Guy Verhofstadt.
On attendait le discours du Roi. On a eu la surprise Verhofstadt. Volant la vedette à Albert II, le Premier ministre a profité de la réception de Nouvel An pour lancer sa campagne. Pas celle du VLD. La sienne. Celle du duel avec Yves Leterme, dont la perspective lui donne déjà un moral de champion.
Déboulant sur le terrain communautaire avant tous ses concurrents, le Numero Uno annonce tout de go : « Une nouvelle réforme de l'État est souhaitable. Selon moi, elle est même indispensable. »

Verhofstadt parle en son nom. A l'inverse du discours d'automne sur l'« état de l'Union », celui du Nouvel An n'exige pas la consultation de ses partenaires. Or ce discours est tout sauf neutre.
Comme il l'a dit, le 9 janvier, au « Soir », il renvoie dos à dos les deux vieux démons belges, le séparatisme et l'immobilisme : « Ces deux forces qui s'affrontent se renforcent. » La troisième voie de Verhofstadt exige « un dialogue en toute sérénité. »
Pourquoi faut-il réformer ? Le Premier ministre cite trois raisons.
Un : « L'éparpillement des compétences, qui interdit souvent une politique cohérente, une décision rapide ». Deux : « Les tensions dans la périphérie bruxelloise ». Trois : « Chaque entité fédérée doit assumer la pleine responsabilité financière de ses actes ». Le FMI dit d'ailleurs que c'est le seul moyen de réduire la dette. Selon Verhofstadt, les réformes de l'État ont permis à la Belgique d'assainir ses finances. La « politique du gaufrier » l'avait plongée dans le gouffre financier. Le fédéralisme, dit-il, l'a propulsée en tête du classement européen des finances publiques.
Le chef du gouvernement explique sa méthode. Pas de plan concret : « Ce n'est ni le moment ni l'endroit ». Mais les valeurs sur lesquelles on va construire cette « fédération de Belgique ».
Il cite la subsidiarité : exercer la compétence là où elle est la plus efficace pour les citoyens. Il veut de la cohérence pour éviter l'éparpillement et les conflits. Il aspire à l'égalité de traitement des citoyens, du nord au sud.
Selon la philosophie de Verhofstadt, la régionalisation s'impose là où les citoyens ne sont pas traités de la même manière, où les disparités n'ont pas de raisons objectives. Et la volonté de scission s'évapore là où l'égalité l'emporte, où les coûts sont justifiés.
Les soins de santé ont perdu la mauvaise réputation qu'ils traînaient en Flandre. La gestion rigoureuse de Rudy Demotte garantit qu'une opération coûte le même prix partout.

En revanche, au VLD, on s'agace de constater que l'impôt des sociétés est vingt fois mieux contrôlé au Limbourg qu'à Bruxelles, que la fraude à la TVA n'est pas traquée partout avec la même énergie, que les chômeurs flamands sont davantage sanctionnés que les wallons. Pourtant, le plein-emploi au nord, la pénurie d'emplois au sud sont bien des données objectives...
Le Premier ministre plaide un nouvel équilibre : élargir l'indépendance des entités fédérées exige, dit-il, de renforcer les instruments qui fédèrent. Il songe ici à un Sénat des Communautés et des Régions, voire à une circonscription fédérale.
Sourires ou grincements de dents : cette ode à la réforme de l'État ne plaît pas à tout le monde. Elio Di Rupo dit : « Je ne suis absolument pas d'accord. On présente la régionalisation comme indispensable, mais on ne dit pas ce qu'elle apportera au quotidien des gens. » Joëlle Milquet déplore une banalisation. Laurette Onkelinx regrette que le Premier n'ait pas exprimé l'opinion de son gouvernement. Didier Reynders qui, lui, avait été consulté, exprime un accord enthousiaste. Les deux ténors libéraux en campagne présenteront le 5 février, le manifeste de Verhofstadt.
Yves Leterme se déclare ravi. Mais il attend des actes.

L'Union dans la diversité

Le roi Albert II a placé son discours de Nouvel an aux autorités du pays sous le signe de l'Europe. Tout en exhortant la Belgique à rendre ses efforts européens "crédibles" et en réalisant "l'union dans la diversité" à l'intérieur du pays, comme le souhaite la majorité des Belges.
Pour Albert II, Bruxelles, "la capitale politique de l'Europe", et "tout notre pays" doivent jouer "pleinement leur rôle d'accueil de cette Europe en mutation".
"La Belgique multiculturelle possède à ce point de vue des atouts uniques", a-t-il estimé. "Rendons aussi nos efforts européens crédibles en montrant qu'à l'intérieur de notre pays nous pouvons également réaliser l'union dans la diversité, comme le souhaitent la majorité de nos concitoyens", a-t-il exhorté.

Outre la paix, une économie de marché corrigée socialement et un tissu associatif très riche, une des valeurs de l'Europe actuelle des Vingt-sept réside en effet dans son "caractère multiculturel", a souligné le roi.
"Les différentes cultures européennes plus celles de l'immigration doivent s'enrichir mutuellement dans le respect des valeurs de base de notre société. Cela ne va pas toujours sans difficultés, ni tensions. Mais nous devons les surmonter dans la solidarité et la justice", a-t-il déclaré. Et bien que l'Europe "garde une conscience de ses responsabilités vis-à-vis du tiers-monde", les efforts consentis sont encore "insuffisants pour remédier à la pauvreté d'une partie importante de l'humanité et faire cesser cette injustice criante", a-t-il poursuivi.
Exposant ses réflexions sur les perspectives d'avenir de l'Europe, après avoir rappelé les grandes étapes de sa création, le Roi a estimé qu'il était "nécessaire que les Etats membres renforcent leur stratégie de Lisbonne, par laquelle l'Union européenne veut devenir, d'ici 2010, l'économie de la connaissance la plus dynamique du monde".
Cela suppose un investissement dans la recherche atteignant 3% du Produit intérieur brut (PIB) et un "effort considérable" pour encourager l'innovation, a-t-il souligné.
Sur le plan institutionnel, il faut supprimer la règle de l'unanimité, "sous peine de paralysie", a-t-il assuré.
Par ailleurs, le cinquantième anniversaire de la signature, à Rome, le 25 mars 1957, des traités instituant la Communauté économique européenne (CEE) sera fêté le 24 mars au Palais royal, à la veille de la célébration officielle à Berlin, dans le cadre de la Présidence allemande de l'Union européenne, a indiqué Albert II.
Et d'insister sur "l'impulsion que la Belgique a donnée jadis, et continue encore à donner à la construction européenne".
(D'après Belga)

08 janvier 2007

Princier !

Le parquet revient sur le mécanisme de fraude utilisé

Le procureur du roi Erwin Steyls a rappelé ce mercredi le mécanisme de la fraude qui aurait permis de détourner quelque 2,2 millions d'euros au préjudice de la Marine, au cours d'un réquisitoire qui n'aura duré qu'une demi-heure, devant le tribunal correctionnel de Hasselt.

Les préventions sont celles de faux en écriture, usage de faux, détournement de fonds publics et appartenance à une organisation criminelle. "L'enquête a été lancée le 6 janvier 2000, après que Reginal Braet (le chef du service comptabilité de la Marine) a constaté des irrégularités. A la mi-1999, un grand nombre de factures émanant des sociétés LKT et LFE avaient été payées par la Marine, alors que les livraisons ou les prestations n'avaient que partiellement ou pas du tout été effectuées", a rappelé le procureur. "M. Braet a alors ordonné l'ouverture d'une enquête administrative, après quoi le dossier a été envoyé à l'auditorat de l'armée. Comme de nombreux entrepreneurs limbourgeois étaient impliqués, l'enquête a été confiée au parquet de Hasselt, qui a désigné un juge d'instruction", a-t-il poursuivi.

Depuis 1997, il existait, au sein de la Marine, un système consistant à mettre à l'abri des fonds, mis à disposition par l'Etat, pour éviter qu'il ne faille les rembourser. Il s'agissait de budgets de travail, qui devaient revenir à l'Etat s'ils n'avaient pas été dépensés. "En 1998 par exemple, des commandes ont été passées, mais les travaux n'ont été réalisés que l'année suivante. Vers la fin de l'année, des avances été accordées aux prestataires. Les factures étaient introduites auprès de la Marine et payées par celle-ci. Les budgets de travail étaient ainsi dilapidés de manière fictive.

Personne, au sein de la Marine, n'avait de contrôle sur la manière dont le contenu de la tirelire était utilisé", a expliqué le représentant du ministère public. "Une partie de l'argent à servi à des achats pour la Marine, mais le reste a été utilisé à des fins personnelles et a été versé à un certain nombre de sociétés. Noël Vaessen, Johan Claeys et An Vanden Abeele ont signé et tamponné des factures "bon à payer", pour lesquelles seule une partie des prestations avait été réalisée, ou même pas du tout", a-t-il indiqué. Ces trois personnes "ont reçu des dons en nature de Marc Luypaerts (le fondateur des sociétés LKT et LFE, ndlr) pour maintenir le système en place. Au total, un montant d'environ 2,6 millions d'euros (105 millions de francs belges) a été facturé. 500.000 euros (20 millions de francs) ont effectivement servis à la Marine, mais environ 2,2 millions d'euros (85 millions de francs) lui ont été soustraits", a-t-il ajouté. Pour le ministère public, "il n'est plus nécessaire de reconstituer de ce qui a ou non été livré. Les factures étaient libellées de manière très vague. Les fonds ont été détournés au moyen de factures ne dépassant pas 5.000 euros (HTVA), que les prévenus Vaessen, Claeys et Vanden Abeele ont pu signer. Ces libellés vagues étaient un moyen pour empêcher tout contrôle de l'authenticité des documents. Ce moyen a été utilisé délibérément pour commettre une fraude". (belga)

Laurent a livré son témoignage


mardi 09 janvier 2007
Le prince Laurent ne connaissait pas l'origine frauduleuse des fonds qui ont servi à l'aménagement de sa villa, est-il ressorti de son audition par le tribunal correctionnel de Hasselt dans le cadre du procès sur les fraudes à la Marine.


Le témoignage, en personne, d'un prince royal devant un tribunal correctionnel dans une affaire de droit commun est une première dans l'histoire judiciaire belge.
L'audition, faite à la demande de la défense de son ancien conseiller, le colonel Noël Vaessen, a duré une quinzaine de minutes. Le prince a fait le serment de dire la vérité, rien que la vérité et a donné sa déposition en néerlandais. Il a autorisé la présidente, Christine Coopmans, à l'appeler "Monsieur" comme les autres témoins. Selon son ex-conseiller, le prince Laurent était au courant de l'origine frauduleuse des fonds qui ont servi à aménager sa villa Clémentine, à Tervuren, et à équiper sa Fondation pour le bien-être animal.

Le colonel Vaessen a vu lui-même qu'il y avait un problème avec l'ameublement, a répondu le fils cadet du roi à la présidente qui l'interrogeait. A la question de savoir s'il connaissait l'origine frauduleuse de l'argent, il a répondu: Je ne regarde pas dans la comptabilité de la Marine ou d'autres institutions. Je le croyais compétent. Il faisait ce qu'il voulait faire, a-t-il déclaré au sujet du colonel Vaessen.

C'était une relation de confiance, a-t-il ajouté à propos de sa relation avec son conseiller. Il ne m'a jamais dit explicitement que les frais étaient supportés par la Marine. Je ne peux pas dire beaucoup de choses à ce propos, a-t-il encore dit.
La présidente a posé plusieurs questions au prince, sur base des listes de questions qui lui avaient été transmises par écrit par les parties. Elle lui avait auparavant rappelé qu'il n'était pas obligé de témoigner contre lui-même ou de faire des déclarations qui pourraient l'exposer à des poursuites.
Le prince a confirmé que M. Vaessen avait sponsorisé son dispensaire pour animaux, à Bruxelles, par des livraisons en nature. Mais selon le prince Laurent, l'ex-colonel ne lui serait plus venu en aide après 1999, lorsque sa mission auprès de lui a pris fin. En outre, aucuns travaux n'ont été exécutés chez lui à partir de cette date, a-t-il assuré. Je confirme mes déclarations (recueillies lundi par la police fédérale de Hasselt; NDLR). Toutes les réponses à vos questions s'y trouvent. Je ne peux pas ajouter grand chose de plus, a fait remarquer le prince à la présidente, renvoyant régulièrement au contenu de sa déposition écrite en guise de réponse.
Avant de libérer le prince, la présidente l'a remercié pour son témoignage serein. Le tribunal apprécie que vous soyez venu, lui a dit Mme Coopmans. Geen probleem ("Pas de problème"), a répondu le prince Laurent. Il a quitté le Palais de Justice de Hasselt entouré d'une foule de journalistes et de curieux. L'audience a ensuite été suspendue, à 14h08. Elle devait reprendre vers 15 heures.
La défense de Noël Vaessen, l'ancien conseiller du prince Laurent, est très satisfaite du témoignage du prince à l'audience de mardi, au tribunal correctionnel de Hasselt où se tient le procès de fraude présumée à la Marine.
Le prince a indiqué à la présidente Christine Coopmans qu'il avait répondu à toutes les questions dans ses déclarations à la police. Le prince a maintenant affirmé clairement que Noël Vaessen, à partir de début 1999, n'était plus son conseiller et qu'il n'avait donc plus eu de contact avec lui. Nous allons intégrer son témoignage dans notre défense, a expliqué l'avocat de Noël Vaessen, Me Tom Van Maldergem.
Le tribunal s'enquiert du système de facturation
Trois témoins qui ont comparu à la suite du prince Laurent, lundi après-midi au procès des fraudes à la Marine, ont été invités à éclairer le tribunal correctionnel de Hasselt sur le fonctionnement du système de facturation au sein de la Marine. Il s'agit de l'amiral Michel Hellemans (55 ans), du commandant Reginald Braet (59 ans) et de Jean-Pierre Coucke (56 ans).
A l'époque des faits, l'amiral Hellemans dirigeait le service comptabilité de la Marine. Le commandant retraité Braet était le chef de ce service et le sous-directeur de M. Hellemans. M. Coucke se trouvait à la tête de la division Administration et Contrôle budgétaire.
La présidente du tribunal, Christine Coopmans, a interrogé les trois hommes sur les procédures en vigueur au sein de l'armée, et plus particulièrement de la Marine, en matière de paiement de factures. Elle a cherché à savoir aussi qui était habilité à signer les factures et quels étaient les liens entre le service comptabilité et la centrale d'achats de l'armée, où a été affecté le colonel Noël Vaessen à partir de 1999.
Le commandant Braet a expliqué qu'il était habituel, à l'armée, de payer en décembre des factures se rapportant à des livraisons qui ne seraient effectuées que plus tard. En décembre, les livreurs ont tellement de travail qu'il ne peuvent pas suivre, a-t-il déclaré.C'est lui qui, pour la première fois, en janvier 2000, a constaté des irrégularités dans certaines factures qui avaient été signées par M. Vaessen, alors que ce dernier n'exerçait aucune compétence au sein du service comptabilité. En janvier, j'ai commencé à faire des recherches. J'ai trouvé des factures que je n'avais jamais vues auparavant, et qui avaient toutes été émises par la même société, a raconté l'officier à la retraite. Quand j'ai demandé à M. Vaessen de s'expliquer, il m'a fourni une explication philosophique et m'a dit que des travaux devaient être réalisés chez le prince Laurent, a-t-il ajouté.
Jean-Pierre Coucke, qui exerçait alors un contrôle sur les dossiers de dépenses, a indiqué que toutes les factures signées par Noël Vaessen pour le service qui l'employait atterrissaient ensuite immanquablement au service comptabilité. En principe, il est donc possible que ce service ait traité des factures signées par M. Vaessen, selon le témoin. Au sein de la centrale des achats, le colonel Vaessen était responsable des achats de grands matériels, comme les bateaux.
De son côté, M. Coucke a dit ignorer l'existence d'un système par lequel les factures auraient été payées à l'avance. Il revenait au service qui avait passé une commande de contrôler si la livraison avait effectivement été effectuée, a-t-il indiqué.
Quel était alors le problème avec les factures qui ont fait l'objet de l'enquête? , a interrogé la présidente. Une même société avait adressé des factures pour plusieurs millions de francs belges, a répondu M. Coucke. Chacune de ces factures ne dépassait pas 200.000 francs, somme au-delà de laquelle un appel d'offres public doit être organisé. La loi sur les marchés publics aurait donc été contournée par le saucissonnage des factures. En outre, les factures ne se rapportaient pas à des livraisons ou des prestations réelles, a encore dit le témoin.
A Hasselt, il semble bien que l'annonce de la venue du Prince Laurent au procès ait attiré la foule. Quelque 200 personnes, des curieux comme des cameramans et des photographes, se sont rassemblées sur la Lombaardstraat. La police a d'ailleurs fermé la rue au trafic. Une classe d'enfants s'est même postée devant l'entrée du tribunal, certains d'entre eux munis de petits drapeaux belges.
Quelques royalistes ont cherché à s'introduire avec des photographes de presse pour pouvoir prendre des photos du Prince Laurent. Une fois celui-ci à l'intérieur, la presse a reçu cinq minutes pour prendre les photos avant que les caméras de télévision ne se voient accorder le même délai.
(Avec Frédéric Delepierre et Martine Dubuisson, envoyés spéciaux à Hasselt, Belga et AFP)

Zoom sur les 11 suspects

Procès "fraudes à la Marine": pour comprendre qui est qui dans cette affaire.

Outre la présence éventuelle du prince Laurent comme témoin à la barre prévue pour ce mardi si la présidente Christine Coopmans le juge nécessaire, retour sur les 11 suspects dans cette affaire de fraudes à la Marine. Affaire dont le procès débute ce lundi devant la 18e chambre du tribunal correctionnel d'Hasselt.
Les 11 officiers de la Marine et entrepreneurs sont poursuivis pour faux en écriture, association de malfaiteurs, détournement de fonds, corruption et escroquerie. Pas moins de 2 millions d'euros ont ainsi été détournés en fausses factures adressées à la Marine.
À commencer par Marc Luypaerts. L'ancien officier de la Marine et à la tête de l'entreprise spécialisée en électronique, LKT, est poursuivi pour avoir adressé des factures à la Marine pour un montant total de 1,9 million d'euros. 500.000 euros ont effectivement servi à la Marine. À 51 ans, le militaire et ex-entrepreneur est actuellement en congé maladie. Il vit aux Pays-Bas.
Noël Vaessen. L'ancien conseiller du prince Laurent était responsable du service d'achat de matériel à la Marine. C'est lui également qui signait les fausses factures. Il est aussi poursuivi pour avoir facturé 180.000 euros à la Marine. Montant qui a servi à restaurer sa ferme. À 55 ans, il est actuellement en congé maladie et réside à Ixelles.
Johan Claeys. Le capitaine est lui aussi poursuivi pour avoir signé de fausses factures. À 46 ans, il réside actuellement à Meise.
Lutgard Kleutghen. Elle n'est autre que l'épouse de Marc Luypaerts. La cuisinière est poursuivie pour avoir notamment été complice de l'entrepreneur. Elle gérait avec lui l'entreprise LKT.
Frank Alders. Commerçant indépendant, il est poursuivi pour avoir adressé une série de fausses factures à la Marine.
Rudi Theunis. À 46 ans, l'informaticien de Hasselt a lui aussi adressé de fausses factures à la Marine.
Anne Vanden Abeele. Secrétaire au sein de la Marine et originaire de Gand, elle est poursuivie pour avoir mis des cachets et ainsi approuvé les fausses factures.
Joseph Cuyvers. Indépendant, il a établi toute une série de fausses factures qu'il a envoyées à la Marine.
Hendrik Hendrickx, entrepreneur dans le domaine du jardinage et originaire de Lommel; Samuel Laga, 43 ans, architecte d'intérieur résidant aux Pays-Bas, et Jakobus Lukkesen, 69 ans, dans le secteur de la grande distribution, sont tous les trois également poursuivis pour avoir établi de fausses factures.


Le carrousel de la Marine

Ce lundi s'ouvre à Hasselt le procès des fraudes à la Marine. Une "affaire Luypaerts et Vaessen" dont d'aucuns ont fait "l'affaire Laurent".L'on saura ce lundi si le Prince sera appelé à témoigner dès demain.
BauweraertsC'est le 6 janvier 2000 que le pot aux roses était découvert à l'occasion d'une enquête interne au sein du service de facturations de la Marine : de très fortes présomptions de fraude émergèrent très vite d'un paquet de factures de dernière minute.
Le montage sautait aux yeux : plutôt que de rendre aux caisses de l'Etat des budgets annuels non encore imputés comme la loi recommande de le faire, des membres liés à ce service les avaient répartis en biens et services, de manière très "créative", à destination non pas de la plus petite composante de l'armée, mais plutôt de certains membres ou ex-membres de la "maison" et, selon ces bénéficiaires, aussi du prince Laurent de Belgique.
En soi, la pratique des dépenses de "queues de budget" ne serait pas exceptionnelle à l'armée - a fortiori dans la Force Navale - comme elle ne le serait pas davantage dans d'autres institutions publiques, même si l'on ne dispose pas de données étayées à cet effet : aucun établissement public n'aime voir son budget amputé l'année suivante et l'on ne dépense donc pas nécessairement à bon escient les fonds encore en caisse en effectuant moult commandes. Pour en revenir aux pratiques frauduleuses constatées à la Marine, il faut rappeler dès ce stade comment le prince Laurent s'est retrouvé dans ce dossier. Il se fait qu'un des responsables du service d'achat n'était autre que le colonel Noël Vaessen, qui fut son conseiller de 1993 à fin 1998 et qui vécut de près son installation à la Villa Clémentine à Tervuren - propriété qui avait été proposée par la Donation royale comme lieu de résidence princière.
Aux côtés de Vaessen, le capitaine Johan Claeys - présenté comme un compagnon d'études du Prince, ce qui ne signifie évidemment pas encore qu'ils étaient des amis, ni même des intimes... - et une secrétaire An(drea) Vanden Abeele.
Sur une période de 4 ans
Face à eux ou plutôt à leurs côtés, un couple (aujourd'hui séparé) d'entrepreneurs d'Eksel (Limbourg) - dont l'époux était aussi à la Marine - et une série de petites entreprises ou commerçants impliqués dans un carrousel qui ne datait pas de la seule année précédente. En effet, l'on trouva des factures qui remontaient aux trois années précédentes.
Les enquêteurs en ont dénombré quelque 418 pour un montant exact de 2 232 021,13 €. Une bonne moitié de cette somme a pu être identifiée, avec notamment des travaux et la fourniture de biens chez les militaires ou ex-militaires ou encore dans la villa du Prince voire au siège social de la Fondation Prince Laurent ainsi que dans ses dispensaires de Bruxelles (la place du Jeu de Balle) ou de Liège.
Selon le colonel Vaessen, non seulement le Prince mais aussi la hiérarchie de la Marine étaient au courant mais cette dernière l'a toujours contesté alors que Laurent de Belgique s'est tu dans toutes les langues nationales. Normal : le parquet a considéré qu'il n'était pas concerné et c'est aussi la raison pour laquelle il n'a jamais été entendu.
Un des enjeux du procès, pour les inculpés, est de savoir si le Prince connaissait ou non l'origine frauduleuse des fonds mais ce n'est là qu'un volet du dossier : via les officiers précités et un ex-sous-officier de Marine, Marc Luypaerts, des factures furent encore établies sans jamais donner lieu à des prestations pour la Marine.
Deux firmes s'y sont taillé la part du lion, appartenant à Marc Luypaerts et à Lutgarde Kleutghen qui était alors son épouse : LKT Light Solutions, spécialisée dans l'installation d'éclairages y apparaît à 150 reprises pour une somme de 817 500 €; la société LFE Tapijten faisait mieux encore avec 169 factures pour un montant global de 900 000 €.
Selon le dossier, l'ex-sous-officier a également fait tourner dans la combine une poignée d'entreprises limbourgeoises aux raisons sociales et aux objectifs bien éclectiques. On y trouve un autre entrepreneur général mais aussi une société spécialisée dans la vente d'ordinateurs, une petite entreprise vendeuse de hi-fi et de matériel électro, une quincaillerie et même une firme spécialisée dans la réparation d'accessoires automobiles. A des degrés divers, leurs responsables sont inculpés de détournements de fonds, de faux et usage de faux, d'escroquerie, de corruption, d'association de malfaiteurs. Ces derniers ont également permis à Marc Luypaerts d'empocher en passant des commissions allant jusqu'à 30 pc.
Loin de l'administration
Un constat : pratiquement toutes les factures étaient en dessous de 5 000 euros, TVA incluse. Logique : au service d'achats de l'armée, Noël Vaessen et Johan Claeys avaient toute latitude pour signer des factures dont le montant maximum y était légèrement inférieur. Pas besoin de passer par les filtres de l'administration... Si ce lundi, les débats de la 18e chambre correctionnelle d'Hasselt concernent 12 inculpés, il ressort de l'instruction que ce sont surtout le colonel Vaessen et Marc Luypaerts qui se seraient enrichis au détriment de l'Etat. Pour le premier, à travers la rénovation d'une ferme à Sourbrodt; pour le second via les fausses factures qui ont permis de transférer 322 000 € pour un hôtel qu'il avait acquis en Tchéquie. Ce n'est pas un hasard si lesdits inculpés sont sortis de l'ombre à quelques semaines et quelques jours du procès de Hasselt.
Un constat : l'affaire entre au prétoire pratiquement sept ans après avoir été dévoilée. Un long, un très long délai qui s'explique, sans doute, par le fait que l'affaire impliquait directement des militaires et indirectement le fils cadet du Roi. Le chef d'état-major général de l'époque, Willy Herteleer, avait déposé plainte auprès de l'auditorat militaire et une commission d'enquête avait débroussaillé le terrain. Mais lorsque celle-ci s'aperçut en cours de route que le dossier concernait majoritairement des civils, il fut envisagé de le faire traiter par la justice civile. Lorsqu'il était apparu que plusieurs entrepreneurs limbourgeois étaient directement concernés, l'auditorat militaire décida de transférer le dossier au parquet de Hasselt. Ce dernier l'instruisit jusqu'à son terme en étroite coopération avec la police fédérale et le Service central pour la lutte contre la corruption, le successeur de feu le Comité supérieur de contrôle.
Un dossier de longue haleine qui va enfin connaître son dénouement. De manière très médiatique pour les raisons que l'on sait...

Laurent entendu : comment et jusqu'où ?

Il doit parler mais ne risque pas grand-chose. A moins qu'une autre procédure...
entretien
Laurent de Belgique, appelé à la barre et témoin "ordinaire" ? Nous avons demandé au pénaliste bruxellois Pierre Chomé de baliser la piste.
Pourquoi Laurent n'a-t-il pas été entendu au préalable ?
C'est le juge d'instruction qui choisit qui il entend. Mais son choix peut être sanctionné par les parties au procès. Le parquet peut, au terme de l'instruction, dire au juge : "Vous avez oublié d'entendre un témoin clé". De plus, la loi Franchimont donne des leviers à ces parties, qui peuvent dire : "Je veux être confronté à Untel, je veux qu'il soit entendu..." Elles peuvent déposer une requête et aller en appel, en cas de refus. La chambre du conseil elle-même peut toujours déclarer qu'elle ne saurait statuer sur les renvois en correctionnelle sans un témoignage important. En retournant le dossier au parquet...
Mais je trouve un peu facile que des parties tirent tous azimuts à l'approche du procès, alors qu'elles avaient des moyens de tout corriger bien avant et que rien n'a été fait. De surcroît, dire, comme cela fut fait, que le juge d'instruction aurait fait taire une de ces parties surprend. Si cela avait été vrai, quelle belle opportunité pour cette partie de faire aussitôt remarquer que ses droits de défense étaient violés, récusation à la clé. Or ces armes n'ont jamais été utilisées et je pense que c'est parce qu'il n'y avait simplement pas nécessité.
Pourquoi a-t-il finalement été appelé à la barre ?
C'est le droit de toutes les parties de citer un témoin. Mais il faut toujours se demander pourquoi, en stratégie. Et là, pour vous dire mon sentiment, c'est un classique dans la bête délinquance : on veut charger un tiers pour estomper sa propre responsabilité.
Ce témoignage peut-il susciter une remise du procès ?
Qu'un témoin soit cité n'est pas une raison particulière de remettre un procès. Le juge statuera simplement sur la nécessité de son audition. Même si je le regrette, la jurisprudence admet en effet que le juge estime qu'il n'est pas utile à la manifestation de la vérité d'entendre un témoin dûment cité.
Peut-il se taire ?
Non. Il doit venir, si le juge le décide. Le refus de témoignage est passible de poursuites. Et le témoin sous serment doit dire la vérité, toute la vérité. Problème connu : il peut le faire au risque de s'incriminer lui-même et de vicier ainsi toute poursuite ultérieure contre lui. Car, précisément, nul ne peut être forcé à s'incriminer lui-même - c'est un problème récurrent des commissions d'enquête parlementaires. Néanmoins, un compromis est possible : entendre le témoin hors serment, à titre de renseignement. Ce qui suppose l'accord des parties, qui ne peuvent ensuite revenir là-dessus.
De toute façon et comme toute personne dans sa situation, Laurent aura plutôt intérêt à dissiper un maximum des reproches qu'on formulerait contre lui.
Risque-t-il une condamnation ? De la prison ?
Non. La cour juge seulement ce qu'on lui donne à juger, soit les faits et les prévenus, ce que le Prince n'est pas. Si des éléments apparaissaient faisant penser à sa mise en cause, le procureur du Roi, qui conserve l'opportunité des poursuites, pourrait initier de nouvelles actions. Mais elles seraient tout à fait séparées, avec une levée préalable d'immunité au Sénat. Le cas échéant, à supposer même qu'il soit un jour dit coupable, on parlerait au pire à mon sens non de prison, mais de peine avec sursis. Il n'a pas de casier... Mais pour en arriver là, il faudrait encore que soient démontrés des actes de corréité dans son chef, en incitant, en participant, en aidant à falsifier une facture ou un bon de commande. Ce dont il ne semble pas être question.
La donation royale, propriétaire de la "Villa Clémentine", peut-elle être inquiétée ?
Pas en procédure pénale. La responsabilité pénale, pour la personnalité juridique des sociétés, est limitée au domaine privé. Tout ce qui est public ne peut être poursuivi. C'est prévu pour éviter les paralysies. Il faut une permanence des structures publiques.

Trop seul sur une mer souvent agitée

Savait, savait pas ? La balle est désormais dans le camp du Prince.
Retour sur 15 ans qui ont propulsé Laurent de Belgique sur l'avant-scène médiatique.

ECLAIRAGE
Le prince Laurent, c'est un gars de la Marine... Le "chouchou", la mascotte royale dans la "grande muette". Pour ceux qui en doutent, il fallait voir comment le fils cadet du Roi se sentait "chez lui", il y a quelques semaines lors de l'inauguration officielle de l'exposition sur les 175 ans de la Marine (qui se poursuivra jusqu'à la fin mai) au musée royal de l'Armée, au Cinquantenaire.
Loin de se lasser de serrer des mains à des gradés d'hier ou d'aujourd'hui, le Prince a longuement écouté ses interlocuteurs après avoir souligné déjà combien il appréciait la mise en perspective de l'expo.
Normal : c'est "son" arme... Le Prince y a suivi son instruction militaire et est capitaine de vaisseau depuis le 26 juin 2004. Et il a toujours marqué un vif intérêt pour la plus petite composante de nos forces armées.
C'est donc tout naturellement qu'à l'inverse, la Force Navale a suivi sa progression sur la scène publique. Rien d'étonnant non plus que le Palais ait nommé des marins pour l'épauler dans ses activités publiques.
Après avoir eu dans son sillage le colonel Vaessen qui se retrouve dans le collimateur, le Prince peut se reposer aujourd'hui sur le colonel Georges Vanlerberghe qui le suit toujours à distance avec un regard très paternel. A distance ? Le Prince est très attaché à sa relative liberté d'action. Au sens propre : il n'aime guère être suivi par la sécurité du Palais. Il estime aussi pouvoir user d'une certaine liberté d'expression, ce qui lui a parfois joué des tours.
Cet individualisme a-t-il permis à d'aucuns de "l'instrumentaliser" à son insu dans le cadre du dossier de Hasselt ? Toujours est-il qu'il a toujours apprécié d'être soutenu par la Marine et qu'il lui voue une admiration qui aurait pu se muer en abus de confiance. Sans nous relier ici au procès, on ne peut comprendre le contexte sans se rappeler que Laurent de Belgique n'est sorti de la discrétion qui l'entourait - trop à ses yeux... - qu'après l'accession au trône de son père. Et surtout qu'il s'est affirmé à travers des activités plus "visibles" que celles octroyées sous le règne de Baudouin. Il avait trouvé une oreille favorable notamment auprès de Fons Verplaetse, alors gouverneur de la Banque nationale qui fut l'un des initiateurs de l'Institut pour la gestion durable des ressources naturelles.
A l'époque, le gouvernement rouge-romain dirigé par Jean-Luc Dehaene mit sur les rails, dans une étonnante discrétion, cet outil à gérer par les trois Régions. Le Prince en devint le président et fit montre d'un réel intérêt pour la protection de l'environnement. Normal, arguent ses adversaires : il entendait surtout recevoir lui aussi des fonds publics. Le raisonnement ne tenait pourtant pas la route à l'époque : des enfants royaux, seul le prince Philippe, héritier du trône en avait une et sa soeur Astrid n'obtint la sienne qu'en 1999. C'est alors qu'il apparut que le prince Laurent n'était pas traité sur le même pied.
Avec le recul, c'est dès août 1993 qu'on aurait dû y songer. L'on aurait évité bien des frustrations et des incidents. Reste à dire que le Prince a souvent dû naviguer à vue dans une mer où des requins peu scrupuleux guettaient les occasions, moins de le servir, que de se servir. Avec un entourage mieux choisi dans la société civile et prêt à l'encadrer, ses initiatives eussent été peut-être mieux reconnues.

Laurent, bouclier pour la Justice?

dimanche 07/01/07
Le prince peut être entendu comme témoin à Hasselt, mais rien ne l'oblige à venir témoigner. Par ailleurs, le colonel Vaessen accuse la Justice d'avoir utilisé Laurent comme bouclier pour masquer le fonds de l'affaire qui toucherait des personnalités à un autre niveau de pouvoir.


Tout s'est emballé : vendredi, Laurette Onkelinx, ministre de la Justice, prenait un arrêté royal rendant cette audition possible. Peu de temps après, le Roi, Albert II, père de Laurent, signait l'arrêté, permettant ainsi à la juge Christine Coopmans, présidente du tribunal correctionnel de Hasselt, de citer comme témoin le prince, durant le procès qui s'ouvre ce lundi 8 janvier.
A dire vrai, Laurette Onkelinx réagissait (aussi) à la requête de la défense du colonel Noël Vaessen, le principal prévenu du procès et l'ancien conseiller de Laurent. C'est lui qui demande que le prince soit entendu. Vaessen prétend mordicus que le fils cadet du Roi était au courant de l'utilisation d'une partie des sommes détournées à la marine : l'aménagement de sa résidence, la villa Clémentine.

Par son arrêté royal, ce vendredi, Laurette Onkelinx a éliminé les derniers doutes sur « une protection politique » du prince. D'autant que le Premier ministre, Guy Verhofstadt, demande, lui, que toutes les dotations royales soient désormais contrôlées par la Cour des comptes. Et que son propre parti, le VLD, réclame une Commission d'enquête parlementaire sur les revenus financiers du prince Laurent avant 2001 - et l'instauration d'une dotation royale à son bénéfice.
Albert II a sans doute signé, vendredi, en fin de matinée, l'arrêté royal le plus émotionnel depuis son accession au trône. Il autorise, au terme des articles 510 et suivants du Code d'instruction criminelle, la comparution éventuelle de son fils cadet, Laurent, comme témoin devant la 18 e chambre du tribunal correctionnel de Hasselt qui entamera, ce lundi 8 janvier, l'examen d'une vaste affaire de détournements de fonds (2,2 millions d'euros) commis au sein de la marine. Ces malversations auraient notamment servi à aménager la villa « Clémentine » du prince Laurent et à équiper les dispensaires de sa Fondation pour le bien-être animal, le tout pour un total de 175.000 euros.
Après avoir envisagé la comparution du prince comme témoin devant le tribunal correctionnel de Hasselt, la défense du capitaine de vaisseau (colonel) Noël Vaessen, conseiller de Laurent de 1993 à 1999 et principal suspect dans ce dossier de fraudes, avait indiqué avoir renoncé à cette requête, ainsi que nous l'avait indiqué son avocat principal M e Tom Van Malderghem. Elle s'est finalement ravisée ce jeudi 4 janvier. Les avocats de l'ex-officier de marine ont en effet déposé auprès de la ministre de la Justice, Laurette Onkelinx, une demande fondée sur l'article 510 du Code d'instruction criminelle visant à permettre la citation comme témoin au procès du prince Laurent. La ministre, qui a précisé vendredi n'avoir « pas à connaître du fond de l'affaire, ni à se prononcer sur le caractère opportun de pareille audition », a soumis (après en avoir conféré avec le Premier ministre, Guy Verhofstadt), comme le veut cette procédure rare, un projet d'arrêté royal « spécial » (qui ne sera pas publié au Moniteur, en ce qu'il ne serait pas « d'intérêt public ») que le « Roi a signé immédiatement », a précisé le cabinet Onkelinx. A quelques jours de son discours de Nouvel An dans lequel il exprimait que « personne n'est au-dessus des lois », le Roi a mis en adéquation ses actes et ses propos, largement approuvés par le gouvernement qui avait déjà fait montre de sa détermination à identifier tous les bénéficiaires d'une fraude au détriment des caisses de l'Etat.
Dès vendredi après-midi, un huissier de justice a signifié au prince sa signification à comparaître lundi à Hasselt. Mais il n'en résulte aucune obligation contraignante. Laurent pourrait tout aussi bien attendre (ce qui est probable) une convocation en bonne et due forme du tribunal, si celui-ci estime que sa déposition orale est « utile à la manifestation de la vérité ». La présidente décidera, mais la défense des inculpés n'a jamais fait valoir en cinq années d'instruction, pas plus que le parquet ou le juge d'instruction, l'impérieuse nécessité de faire témoigner le prince.
Un coup de bluff de dernière minute de Vaessen (soupçonné d'avoir détourné à son profit 185.000 euros) et sa défense ? A trois jours de l'ouverture du procès, la manoeuvre semble en tout cas procéder d'une distraction procédurière. Selon des sources proches du tribunal, cette demande tardive et la ratification de l'arrêté royal risquent en tout cas de provoquer dès lundi le report du procès, le tribunal devant statuer sur l'utilité de cette demande. Le parquet d'Hasselt s'y opposera. Surtout, la jurisprudence relative à l'application de l'article 510 du Code d'instruction criminelle relatif à l'audition des « personnes de sang royal » est quasiment vierge, ce qui devrait commander au tribunal la plus extrême prudence pour ne pas donner à la défense des instruments de nullité des poursuites.
L'article 510 trouve son origine dans le Code de 1808 (antérieur à la création de la Belgique et qui concernait donc la famille impériale). Modifié en 1967, il prévoit que « les princes ou princesses du sang royal ne pourront jamais être cités comme témoins, même pour les débats qui ont lieu en présence du jury, si ce n'est dans le cas où le Roi, sur la demande d'une partie et le rapport du ministre de la Justice, aurait, par un arrêté spécial, autorisé cette comparution ».
L'article 511 prévoit en outre une déposition écrite des enfants du Roi à recevoir entre les mains d'un premier président de cour d'appel, la comparution personnelle n'étant éventuellement autorisée par un arrêté que devant la cour d'assises où la procédure est orale. Un vrai casse-tête pour les juges de Hasselt.

"Le Prince a été utilisé"L'ancien conseiller du prince Laurent, le colonel Noël Vaessen, accuse la Justice, dans un entretien diffusé samedi midi par le JT d'RTL-TVI, d'avoir utilisé le prince Laurent comme bouclier pour masquer le fonds de l'affaire de fraudes à la Marine qui toucherait des personnalités à un autre niveau de pouvoir. Le procureur du Roi a utilisé un membre de la famille royale pour couvrir des opérations frauduleuses qui ont eu lieu à des niveaux supérieurs de l'Etat, a notamment déclaré Noël Vaessen. Selon RTL-TVI, l'ancien conseiller du prince Laurent estime que le procureur du Roi avait élaboré un plan destiné à protéger le Prince, l'armée, le cabinet du ministre de la défense et un membre du comité P.(D'après Belga)

Un inculpé dans la fraude au budget de la Marine est un ami de Laurent

Johan Claeys (45 ans), de Meise, qui comparaît dès le lundi 8 janvier à Hasselt dans l'affaire de fraude au budget de la Marine, a été un condisciple du Prince Laurent, révèle l'hebdomadaire Le Soir Magazine. AmisL'hebdo publie des copies de pièces du procès-verbal de synthèse du dossier d'instruction, dans lequel il apparaît noir sur blanc que le capitaine Claeys travaillait au service facturation de la Marine et qu'il était un condisciple du prince Laurent.
Le dossier concerne le détournement de 2,2 millions d'euros au moyen de fausses factures en 1998 et 1999. Une partie de l'argent (147.313 euros) a été utilisée pour des travaux d'embellissement de la Villa Clémentine à Tervuren, la maison du prince. L'un des prévenus principaux est Noël Vaessen (55 ans), un capitaine de la Marine à la retraite et ancien conseiller personnel du prince. Selon le magazine, Claeys et Vaessen sont responsables de l'investissement dans la Villa Clémentine.

Marine
Le duo assure que les deux patrons de la Marine, les amiraux Herteleer et Verhulst, étaient au courant, mais ceux-ci nient. Au même service facturation, on retrouve également l'employée An Vanden Abeele, 52 ans, de Deinze.Marc Luypaerts, 50 ans, originaire de Hoensbroek en Limbourg néerlandais, est un militaire à la retraite et un ami de Johan Claeys. Il était sous-officier à la Marine et a créé les deux entreprises LFE Tapis et LKT Light Solutions, au nom de sa compagne de l'époque Lutgardis Kleutghen (50 ans), de Peer.

Factures
Ces sociétés délivraient des biens et services. Des centaines de factures pour un montant total de 1,8 millions d'euros ont été envoyées à la force navale, où Johan Claeys les déclarait alors comme "prêtes à payer". Marc Luypaerts prélevait également 30% de commission sur les factures d'une demi-douzaine de ses sous-traitants. Des factures qui étaient elles aussi envoyées à la Marine.
La Fondation prince Laurent et deux cliniques pour animaux à Bruxelles et Liège ont reçu via les entreprises de Luypaerts et de ses sous-traitants 37.286 euros sous forme de sponsoring, de matériel informatique, de tables d'opération pour animaux et de matériel de bureau.

26 décembre 2006

Le Prince Laurent aurait été aidé frauduleusement par l'armée

Laurent invité à rembourser
METDEPENNINGEN,MARC
mardi 26 décembre 2006


En trois phrases, le Roi tance son cadet, bénéficiaire, même involontaire, des fonds détournés à la Marine. Lire le discours du roi
A l'entame de son discours de Noël et Nouvel An, le roi Albert II s'est brièvement, mais fermement, attardé sur les soupçons de fraude au détriment de la Marine qui auraient bénéficié au prince Laurent lors de l'aménagement de sa villa de Tervuren. Sans citer nommément son fils cadet, le Roi, le visage grave, a d'abord fait sienne les déclarations récentes du gouvernement : « Personne n'est au-dessus de la loi » et « la Justice doit faire son travail en toute indépendance ». Avant de lancer ce pavé dans la mare : « Lorsque la justice établit des détournements, il me semble équitable que la réparation concerne tous ceux qui en ont tiré avantage ».
En clair : Laurent devra rembourser ce qu'il a indûment reçu grâce à l'intervention de son ex-conseiller, le capitaine de vaisseau (colonel) Noël Vaessen. Cet officier, qui sera jugé le 8 janvier à Hasselt aux côtés d'autres gradés de la Marine et d'entrepreneurs limbourgeois complices de détournements (2,2 millions), affirme que 175.000 euros ont été reçus en fournitures (décoration, matériel électroménager, etc.) par le prince Laurent et sa Fondation pour le bien-être animal.

Le « brouillon » de Verhofstadt
Jusqu'à présent, le Palais s'était réfugié derrière « l'enquête judiciaire en cours », se refusant à tout commentaire. Sans attendre le procès, le Roi est spectaculairement sorti de cette réserve.
Pour trois raisons.
1. Les accusations du colonel Vaessen, qui fut le conseiller de Laurent de 1993 à 1999, sont loin d'être vides de contenu. Un expert judiciaire, mandaté par le juge d'instruction de Hasselt, a dressé l'inventaire à la villa Clémentine des prestations dont a bénéficié le prince. Des inculpés estiment que les sommes concernées s'élèveraient non pas à 175.000 mais bien à 400.000 euros.
2. La constitution de partie civile de la Défense, annoncée par le ministre André Flahaut et sa volonté de mener une nouvelle enquête, voire de poursuivre au civil ceux qui auraient bénéficié des fonds détournés à la Marine, risquaient d'éclabousser encore plus le prince Laurent. Le Premier ministre, lui-même, avait indiqué le 12 décembre dernier que l'Etat entendait récupérer « les éventuels préjudices auprès de tous les bénéficiaires de la fraude ». Y compris donc Laurent, même s'il n'est pas poursuivi au pénal à Hasselt. Guy Verhofstadt avait ainsi « écrit le brouillon » du discours royal.
3. Selon l'adage, « mieux vaut un bon accord qu'un mauvais procès ». En invitant implicitement son fils à rembourser l'indûment perçu (qu'il ait ou non été au courant des détournements), le Roi contraint le risque d'un éventuel et humiliant procès civil, source de nouveaux déballages.


Le roi évoque les ''soucis'' de Laurent dans son discours (24/12/2006)

Le prince a été mis en cause par les allégations dans la presse de son ancien conseiller

Le roi Albert II a évoqué dimanche dans son discours de Noël et de Nouvel An, mais sans le citer, le dossier judiciaire qui touche indirectement son fils, le prince Laurent. Répétant ce qu'avait déjà indiqué le gouvernement, le souverain a affirmé qu'il lui semblait équitable, lorsque la justice établit des détournements, que la réparation concerne "tous ceux qui en ont tiré avantage". "Il est souvent question ces temps-ci d'abus de biens sociaux et de ressources publiques", affirme le roi au début de son discours, dans une allusion non dissimulée aux affaires politico-judiciaires qui agitent la Wallonie ces derniers mois, mais également au dossier judiciaire qui touche indirectement son fils cadet, le prince Laurent. "Aucune personne n'est au-dessus de la loi et la Justice doit pouvoir faire son travail en toute indépendance", a souligné le roi, paraphrasant ce qu'avait déjà affirmé le gouvernement au sujet de cette affaire princière. Albert II a ajouté que "lorsque la justice établit des détournements, il me semble équitable que la réparation concerne tous ceux qui en ont tiré avantage". Le prince Laurent a été mis en cause ces dernières semaines par les allégations dans la presse de son ancien conseiller, le capitaine de vaisseau (colonel) en retraite Noël Vaessen, inculpé dans un dossier de fraude concernant de l'argent de la Marine. Noël Vaessen accuse notamment le prince d'avoir utilisé de l'argent qu'il savait détourné pour des travaux d'embellissement de la Villa Clémentine à Tervuren. Ces allégations ont relancé le débat en Belgique sur la monarchie et la dotation royale. Le procès sur le détournement de 2,1 millions d'euros au détriment de la Marine doit débuter la deuxième semaine de janvier à Hasselt. Le prince Laurent n'y est pas inculpé. Le parquet d'Hasselt a dénoncé dernièrement une stratégie de défense dans le chef de Noël Vaessen afin de dissimuler sa propre escroquerie. Par ailleurs, dans son discours de Noël, le roi partage avec les travailleurs de Volkswagen Forest et ceux des firmes sous-traitantes leur profonde déception à la suite de la restructuration de l'usine bruxelloise. "Je sais que les autorités font tout pour trouver des solutions", dit-il. L'essentiel du discours du souverain est consacré à l'action internationale de la Belgique en faveur de la paix. Le roi insiste sur le travail créatif de la diplomatie belge, sur la présidence finissante de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) et sur l'accession du royaume, ces deux prochaines années, au Conseil de sécurité des Nations Unies en tant que membre non-permanent. "C'est un beau défi pour nous", a souligné le roi. Les opérations militaires belges dans les Balkans, au Liban, en République démocratique du Congo (RDC) et en Afghanistan, ainsi que la coopération belge au développement figurent également au centre du discours royal.

Le Prince Laurent aurait bel et bien une immunité

Dans la foulée du déchainement de révélations, il est question que le Prince Laurent soit embarqué dans le procès pour escroquerie où est inculpé son ancien conseiller. Peut-être comme témoin. Pour le reste, contrairement à ce qu'a annoncé le premier ministre par communiqué hier, le Prince Laurent, sénateur de droit, disposerait bel et bien d'une immunité.
Effectivement, à partir du moment où le prince prête serment au Sénat, il est considéré comme n'importe quel autre parlementaires. Selon les juristes du Sénat, le prince dispose d'une immunité qui fonctionne jusqu'à ce qu'un dossier éventuel se retrouve envoyé devant un tribunal par la Chambre du conseil. Tout cela ne l'empêche pas de témoigner. A cette occasion-là, s'il dévoilait des éléments contribuant à sa propre incrimination, il ne pourrait, de toutes façons, pas être poursuivi sur base de ces révélations-là, suivant le principe que nul ne peut contribuer à sa propre incrimination. Le prince Laurent pourrait même être inculpé sans que son immunité ne soit levée.
Malgré les déballages dans la presse, son ancien conseiller, le colonel Vaessen, ne compte pas actuellement le faire témoigner à Hasselt en janvier. S'il est finalement appeler comme témoin, le Prince Laurent sera obligé de se présenter au tribunal.


Vaessen, la balance

Noël Vaessen a 54 ans. Membre de la très catholique Commission de la sauvegarde de la Création, ancien conseiller personnel de Laurent entre 1993 et 1999, il est, selon l'ancien chef d'état-major, l'amiral à la retraite Willy Herteleer qui pendant de longues années a été son chef, « un officier très capable et loyal qui travaillait à la Marine ».
Au cabinet du ministre de la Défense, on prétend ne pas en savoir plus sur la carrière de cet officier supérieur. Même réponse au service « alumni » (anciens élèves) de l'Ecole royale militaire...
A croire que le capitaine de vaisseau Noël Vaessen n'a jamais existé. Pourtant, même s'il n'a, à la connaissance des plus anciens à la Marine, jamais navigué, ni eu la moindre fonction à la base de Zeebruges, Vaessen a bien été officier de la Marine. Et maître d'enseignement à l'Université libre de Bruxelles, à la faculté des sciences sociales, politiques et économiques. De 1989 à 2004, il y donnait des cours sur les principes de gestion des projets télématiques.
Inculpé aujourd'hui par le juge d'instruction de Hasselt de faux en écriture, détournement de fonds publics, association de malfaiteurs, escroquerie et corruption, Vaessen était, depuis fin 1998, patron du service d'achats de la Défense, section Marine, le SDAZ. Le conseiller du Prince y gérait l'ensemble de l'important budget des gros achats (navires, missiles...) et l'octroi des contrats pour la Marine.
Ce serait par le truchement du service SDAZ que Laurent aurait, à son insu ou non, profité de certaines largesses (chiffrées à 175.00 euros) de la Marine : le SDAZ avait carte blanche sur l'emploi des budgets toujours disponibles fin novembre de chaque année, et qui normalement devaient retourner à la caisse d'Etat en cas de non-utilisation. Secret de Polichinelle : des programmes de substitution étaient inventés pour employer ces fonds. Comme dans tous les ministères.


Le prince Laurent taxé de tous les maux
L'accusateur se lâche. Mais ses affirmations semblent fragiles.
Restent les fausses factures de la Marine.

L e capitaine de vaisseau (lieutenant-colonel) Noël Vaessen se positionne à l'offensive, un mois avant l'ouverture, le 8 janvier, devant le tribunal correctionnel de Hasselt du procès à charge de 14 entrepreneurs limbourgeois et officiers de la Marine (dont lui-même) accusés d'avoir détourné des caisses de la Défense deux millions d'euros, dont 175.000 alloués au prince Laurent et à sa Fondation.
Vaessen (Le Soir des 4-5 décembre) soutient que le Prince était au courant de ces pratiques illégales ; qu'il les a encouragées pour se faire livrer des meubles, du matériel électroménager et informatique à la villa Clémentine, propriété de la Donation royale qu'il occupe à Tervuren. Il dit avoir agi pour le « bien de la Belgique et de la Royauté », niant tout enrichissement personnel même si l'enquête a révélé que de fausses factures payées par la Marine auraient servi à dissimuler des travaux exécutés dans sa seconde résidence, en Ardenne.

Dans un entretien accordé hier au Laatste Nieuws (seul média auquel il se confie), Noël Vaessen, conseiller de Laurent de 1993 à 1999, réitère ses proclamations d'innocence. Il regrette que la Justice n'ait pas voulu aller au bout du dossier en s'interdisant d'interroger le fils cadet du Roi et, a fortiori, de l'attraire devant le tribunal, ce que la seule immunité réservée au Roi aurait permis, en théorie, d'envisager.
Vaessen se livre surtout à une philippique acérée contre son ancien protégé, le qualifiant « d'obsédé par l'argent », décrivant une incommensurable âpreté au gain et lui prêtant l'ambition de se trouver un jour à la tête d'une fortune de deux milliards de dollars ainsi qu'il l'aurait confié lors d'un dîner chez les Solvay, magnats de l'industrie chimique.
Ces « propos rapportés » sont, par nature invérifiables. Et le Prince, ainsi que l'a confirmé le Palais, se refuse à répliquer ou à commenter les déclarations de son ancien mentor. Vaessen livre toutefois des informations factuelles. Que nous avons vérifiées.
1 Trois Ferrari en un jour ? Noël Vaessen prétend qu'en 1999, Laurent entre en possession de 15 millions de francs, solde du salaire d'un million de francs brut mensuel (comme l'a confirmé le Palais) que lui accordait l'Institut royal pour la gestion durable des ressources naturelles et la promotion des technologies propres (IGRT, qu'il préside) dont le versement était retardé par des incertitudes fiscales. Ce salaire a été annulé en 2001 lorsqu'il bénéficia d'une dotation publique. Vaessen prétend qu'à la réception de cette somme, Laurent s'est précipité dans un garage Ferrari, y achetant d'un seul coup « trois voitures, dont une décapotable ». A cette époque, Laurent a bel et bien acheté au garage « Francorchamps », sis à Woluwe, une Ferrari 355. Mais dix jours plus tard, il décide de l'échanger contre un modèle 512, ce que le garage accepte. Aucune trace donc, chez Ferrari, d'un achat de trois véhicules au cours d'une même journée.
2 Les turbines russes ? Vaessen prétend que Laurent, apprenant qu'un de ses anciens professeurs de l'Ecole royale militaire a mis au point une turbine à gaz à faible consommation, a tenté de mettre sur pied une société commerciale vouée à la vente de cette invention en Russie, où 300 centrales recourent à ce type de turbine. Il aurait réuni au château de Fenffe (Ciergnon) des investisseurs potentiels, s'engageant lui-même à investir 15 millions de francs. L'inventeur de cette turbine « écologique », le professeur Boris Kalitventzeff (ULg et ERM), dément que le Prince ait été associé à quelque commercialisation de son invention. « Le Prince voulait que je lui donne des cours de chimie. Je lui ai donné quelques leçons sur les sujets qui l'intéressaient ». Une société, impliquant Electrabel, fut montée autour de l'invention du scientifique. Elle ne dura pas. « Un prototype fut monté à Verviers. Un jour, le Prince vint en voir le fonctionnement, assure Boris Kalitventzeff. C'était pour voir comment ça marche. » Vaessen prétend aussi que Laurent a voulu placer l'une de ces turbines sur des navires de la Marine. « Aucune trace, nous assure-t-on à bonnes sources, ne figure
dans nos dossiers d'achat ou d'étude ».
De même, les allégations de Vaessen quant à l'octroi d'un subside de la Région wallonne de 70 millions de francs à ces projets princiers n'ont laissé aucune trace à Namur, ni dans les demandes de subsides ni dans leur octroi. Sous le sceau de l'anonymat, un observateur wallon nous déclare cependant : « Je me souviens avoir assisté à une réunion, il y a une dizaine d'années, où le Prince tentait de convaincre un ministre wallon du bien-fondé d'un projet similaire. La réponse a été non sur toute la ligne, vu le veto opposé par l'inspection des Finances et l'administration. La Région wallonne n'a pas injecté un franc dans ce projet. »
Noël Vaessen décrit encore un prince en quête permanente d'argent et lâché par sa famille. Il prétend que le gouvernement serait intervenu pour l'aménagement de la villa Clémentine, ce qui est étonnant, la villa ayant été construite sur fonds propre par la Donation royale qui l'a également équipée de quelques meubles.

Son Institut royal, c'est la niche de Laurent

L'Institut royal pour la gestion durable des ressources naturelles et la promotion des technologies propres (IRGT), que préside le prince Laurent, est une ASBL qui existe depuis 1994.
Jusqu'à l'octroi d'une dotation publique au prince Laurent en 2001 (environ 300.000 euros), celui-ci bénéficiait d'un salaire « d'expert » d'un million de francs par mois, ainsi que l'a confimé le Palais. Depuis lors, le prince Laurent, qui ne peut plus excercer « d'activités commerciales », bénéficie d'un remboursement des frais engagés dans le cadre de ses prestations pour compte de l'IGRT. « Ce ne sont pas des frais forfaitaires, mais bien le remboursement de frais réels, nous précise l'administrateur-délégué de l'IRGT, M. Jacques Wiertgen. Le prince effectue 60 à 70 visites par an, il travaille beaucoup. »

Le rôle de l'Institut, selon M. Wiertgen, est d'être une « plate-forme transrégionale » vouée à l'environnement et au développement durable. Son budget annuel est de 737.000 euros, apportés par le sponsoring privé (BNB et Dexia notamment), mais surtout (411.000 euros) par les trois Régions : 178.000 euros par la Flandre, 160.000 par la Wallonie et 73.000 par la Région bruxelloise. L'IRGT fait exécuter des études et mène des campagnes de sensibilisation.
« Je n'ai jamais rien suspecté quant à de possibles malversations liées à l'usage des fonds, explique cet ancien membre du conseil d'administration. Les ordres du jour étaient peu encombrés, et les projets soumis au conseil d'administration étaient formulés par un conseil scientifique compétent. » A propos du fonctionnement actuel de l'IRGT : « Ses conseils d'administration sont très austères. C'est sandwichs mous et limonade, concède ce membre du conseil d'administration délégué par un pouvoir politique régional. Une fois par an, on a droit à un restaurant italien, parce que le prince Laurent ne mange que des spaghettis bolognaise abreuvés de coca ! »

L'électron libre, le Palais et le gros dos

F ace à une couverture médiatique d'un genre nouveau - il est exceptionnel, en Belgique, qu'un journal donne libre cours aux propos à charge d'un ancien conseiller royal ou princier, si l'on excepte le précédent d'Herman Liebaers, ex-grand maréchal de la Cour, qui avait contesté en interview la capacité à régner de Philippe - le Palais fait le gros dos. Ni démenti, ni commentaire, ni consultation d'avocat.
« Pas de commentaire avant le procès », relaie le porte-parole Michel Malherbe. Mot d'ordre : « N'interférer en aucune manière avec la justice. » Pas de réaction, donc, au « témoignage par voie de presse d'une personne mise en cause par la justice ».

Un principe, par contre, que tout prince ou roi est censé respecter : le statut de membre de la famille royale ne peut être utilisé pour amasser des gains privés. Ce n'est pas une règle juridique formelle, mais une coutume à laquelle chacun est censé veiller, gouvernement compris, pour éviter tout conflit d'intérêt.
Laurent, l'électron libre du Palais, a-t-il trahi cette coutume ? La justice le dira. Pour l'heure, une chose est sûre : le Palais ne contrôle pas Laurent - peut-être même y a-t-il renoncé. Ainsi, le Prince ne fait-il guère appel au service de presse du Palais, sauf pour la convocation des médias lors de la naissance de ses enfants. Sinon, il organise lui-même sa communication, que ce soit quand il est mis en cause pour le choix d'un parrain ou pour la publication de photos de ses jumeaux. Au Palais, l'entourage du Prince se limite d'ailleurs à deux personnes : son conseiller Georges Vanlherbergen (successeur de Vaessen) et un secrétaire.
Se plaignant depuis des années de gêne financière, Laurent ne manque pas de choquer une partie du public. La reconnaissance par le Palais qu'il percevait bien, durant les années 90, un million de francs par mois n'améliorera pas les choses.
Surtout si l'on ajoute que, outre sa dotation, ses dépenses relevant de la liste civile (frais de chauffage, électricité, gaz, eau, téléphone, essence, voitures...) sont exonérées d'impôts et de taxes (essentiellement la TVA). Ce qui rend leur consommation ou usage largement plus abordable que pour le commun des mortels...

L'argent du Prince

Depuis le 1 er juillet 2001, le prince Laurent bénéficie d'une dotation annuelle, indexée et nette d'impôts. Elle se monte à 300.000 euros et découle d'une loi votée par le Parlement. A cette date, le Prince a renoncé aux traitements qu'il percevait de sa Fondation et de l'IGRT (le palais confirme que « le chiffre d'un million (francs belges par mois) est correct »). Officiellement, le prince ne bénéficie plus d'aucun autre revenu désormais que sa dotation.
Mais Laurent est logé avec sa famille à la villa Clémentine, à Tervuren, qui est la propriété de la Donation royale, c'est-à-dire de l'Etat. Il s'y retrouve dans la situation classique du locataire vis-à-vis de son propriétaire. « Tous les gros travaux, explique Michel Malherbe, porte-parole du Palais, sont à charge de la Donation et l'entretien courant est supporté par le prince. »


Les Ferrari, les montres suisses, évoquées dans la presse flamande ? « Ces achats éventuels pourraient avoir été financés par de l'argent provenant de traitements perçus par le prince avant 2001 », répond le Palais.
Les séances de photo soi-disant monnayées et organisées pour la presse people ? « Le service de presse du Palais organise des séances photos en pool, pour tous les médias. Nous n'avons pas d'autre commentaire », répond Michel Malherbe.
D'autres membres de la famille royale bénéficient d'une dotation, selon le même principe. La reine Fabiola reçoit 1.388.000 euros, le prince Philippe 888.000 euros et la princesse Astrid 312.000 euros (base 2005). Le Roi, lui, est doté d'une liste civile, inscrite dans la Constitution et fixée par la loi pour la durée du règne. Cette liste (8.195.000 euros en 2005) reprend la totalité des moyens que la Nation met à sa disposition comme chef de l'Etat pour lui permettre d'exercer sa fonction royale « en toute indépendance morale et matérielle ».
Parmi ces moyens, une dotation couvre ses dépenses de personnel (67 %), ses frais d'entretien des domaines (12 %), ses frais de ménage (1,7 %), son parc automobile (4,4 %), etc. Le Roi habite, aux frais de l'Etat, le palais de Bruxelles et le château de Laeken, où sont exposés les objets d'art de la Collection royale.
Le Belvédère, le Stuyvenberg, les châteaux de Ciergnon et de Fenffe sont mis à disposition par la Donation royale. Les biens personnels du Roi, dont la résidence Les Romarins, dans le Sud de la France, et son yacht, sont gérés comme il l'entend - et imposés.
En 2003, des sénateurs CDH ont déposé une proposition de loi posant un cadre légal à l'attribution de dotations à l'héritier présomptif au trône et à son premier successible, âgés de 18 ans minimum. Pour leur conférer « dignité et neutralité ».
A l'inverse, des députés et sénateurs du Vlaams Belang ont déposé d'autres propositions de loi abrogeant la loi de 1993, fixant la liste civile et les dotations de toute la famille royale. Motif ? Le Roi disposerait, à l'étranger, d'une « considérable » fortune personnelle, acquise « de manière scandaleuse » durant l'époque coloniale au Congo.

L'armée escroquée, le gouvernement réagit

Le gouvernement belge s'est constitué partie civile par le biais du ministre de la Défense et a introduit une action en vue de récupérer les éventuels préjudices que l'Etat a subis vis-à-vis de tous les bénéficiaires de la fraude.

e dossier concerne des militaires et des entrepreneurs qui auraient escroqué l'armée. Le prince Laurent n'est pas cité à comparaître mais il aurait profité du montage frauduleux mis en place pour la réalisation de travaux dans sa villa.
Ce mardi, le quotidien "Het Laatste Nieuws" a commencé la publication d'articles tirés d'un entretien que lui a accordé un ancien conseiller du prince, le colonel Noël Vassen. Selon l'officier de marine, le prince a participé à la fraude.
L'officier Vassen est l'un des suspects dans cette affaire de fraude dans laquelle des militaires et des hommes d'affaires sont cités. Ils auraient agi au préjudice de l'armée. Le prince Laurent aurait été l'un des bénéficiaires.
"Le prince a participé à la fraude. Il le savait vraiment. La justice ne veut pas contrôler cela en profondeur. Je veux témoigner ouvertement car je crains que tout cela soit étouffé", affirme le militaire.
Le colonel Vassen s'exprimera durant trois jours dans les colonnes du journal flamand sur un livre concernant les "années folles" du fils cadet du roi Albert II
Dans son communiqué, le premier ministre a précisé une nouvelle fois que le prince ne bénéficiait d'aucune immunité. Elle ne s'applique qu'au roi et non aux membres de la famille royale.
(D'après Belga)

Il appartient à la justice de déterminer si des fautes ont été commises, a souligné mardi le président du sp.a Johan Vande Lanotte à propos du procès qui s'ouvrira le 8 janvier à Hasselt. Si tel était le cas, celles-ci devront être corrigées et il faudra indemniser, a-t-il ajouté, interrogé au cours de l'émission Ter Zake (Canvas).
Aux yeux du président des socialistes flamands, ce serait encore plus grave s'il apparaissait que l'on avait voulu étouffer certaines affaires. Tout le monde, même le prince, doit être placé devant ses responsabilités si des fautes ont été commises, a-t-il encore dit. Pour le reste, M. Vande Lanotte a souscrit au communiqué diffusé en fin d'après-midi par le premier ministre.

Un colonel mouille le prince Laurent

La marine s'est montrée très généreuse avec son lieutenant-colonel. Jusqu'à l'abus ? Un procès en janvier.

L e Prince était demandeur. Il savait que nous arrangions les choses. » L'homme qui s'exprime ainsi s'appelle Noël Vaessen. Colonel à la Marine, il fut le conseiller du prince Laurent. Il est impliqué, avec une quinzaine d'autres officiers et d'entrepreneurs limbourgeois, dans une affaire de fausses factures. Dans ses explications, relayées par son avocat, il mouille le fils cadet du Roi : « Il n'a jamais reçu d'argent. Mais en tant qu'officier supérieur de la Marine, il ne touchait aucun salaire et trouvait normal que nous lui trouvions une rémunération alternative. »

Un procès s'ouvrira en janvier à Hasselt. Il y sera question de faux, de détournements et de corruption. Les inculpés utilisaient des excédents budgétaires de la Marine pour offrir des « cadeaux » au Prince : travaux, mobilier, électroménager... Il y en aurait pour 175.000 euros.
Le colonel Vaessen figure en bonne place parmi les inculpés. Laurent, lui, n'a pas été inquiété. Et pourtant, selon son ex-conseiller, il était parfaitement au courant de l'origine des fonds dont il bénéficiait. L'avocat de l'officier ne compte donc pas en rester là : « Nous envisageons de faire citer le Prince comme témoin lors du procès », affirme-t-il.


Laurent "instrumentalisé" malgré lui ?



Une affaire de détournements de fonds publics concerne aussi des marchandises et des services pour la villa du prince Laurent. Le Palais est muet pour ne pas influencer le procès. Et le Prince en a même perdu son sourire.




Participant vendredi matin au Sénat - voir ci-dessous - à une séance solennelle à l'occasion des 20 ans de la loi sur la protection animale, Laurent de Belgique n'avait guère le coeur à la fête. C'est que le Prince se retrouve malgré lui dans une affaire de détournements de fonds dans lesquels il est question de marchandises et de services offerts pour aménager dans les années 90 la Villa Clémentine à Tervuren où il s'est installé à cette époque.
C'est le "Laatste Nieuws" qui a révélé qu'un procès concernant ce dossier s'ouvrira le 8 janvier 2007 devant le tribunal correctionnel d'Hasselt. Erwin Steyls, porte-parole du parquet de la capitale du Limbourg a confirmé l'information. De fait, quinze suspects dont des entrepreneurs limbourgeois mais aussi des officiers de marine doivent répondre de faux en écriture, détournement de fonds publics, association de malfaiteurs, escroquerie et corruption. Que vient faire la Villa Clémentine dans cette affaire ? Des entreprises toutes limbourgeoises ont livré des marchandises et des services pour des travaux d'aménagement à la résidence du fils cadet du Roi et de la Reine. Selon le parquet d'Hasselt, il faut préciser que rien n'indique dans le dossier que l'occupant des lieux aurait été au courant de ces actes illégaux. Ce n'est cependant pas l'avis de l'ancien conseiller du Prince, le colonel Noël Vaessen, partie prenante dans le dossier. A nos confrères du "Laatste Nieuws", celui qui encadrait le Prince après l'accession au trône d'Albert II a en effet affirmé que si la Donation royale avait bien offert et construit une résidence pour Laurent, celle-ci était loin de bénéficier du confort attendu.
Même pas de casseroles !
Non seulement, il y avait des problèmes d'infiltration d'eau dans les caves mais elle n'était nullement aménagée, manquant même de tables, de chaises voire d'un lit ! En fait, selon le colonel, le Prince n'était guère aidé financièrement par ses parents, ce qui l'aurait amené à s'en ouvrir à ses amis de la Marine ! Ces derniers auraient donc donné un coup de pouce à celui qu'ils considéraient des leurs, sorte de mascotte moderne en lui offrant une machine à laver, un four à micro-ondes, des tapis et même une batterie de cuisine... Dans la foulée, la Marine aurait également aidé la Fondation du Prince pour le bien-être animal en participant à la création de dispensaires pour soigner les animaux des plus démunis.
175 000 euros
Des membres du service logistique de la Marine auraient notamment utilisé en fin d'exercice les budgets qui lui étaient destinés afin de ne pas devoir les rendre à l'Etat et surtout pour ne pas voir les budgets se restreindre aux exercices suivants. Globalement il est question de 175 000 euros qui auraient été écoulés via un système de fausses factures et cela de toute évidence au détriment de l'Etat.
Le colonel Vaessen est lui-même accusé d'avoir détourné une partie de ces fonds. Ce qui ne l'a cependant pas empêché de préciser dans le "Laatste Nieuws" qu'il ne s'est certainement pas enrichi personnellement et qu'il n'avait pas vu malice à ce que l'on aide de la sorte le prince Laurent. Et de parler d'"une manière créative" d'aider celui-ci...
Le Prince à la barre ?
On comprend que ces détails embarrassent fort le Palais royal et l'armée qui se taisaient vendredi dans toutes les langues nationales. Un "no comment" néanmoins justifié par le fait que toute intervention dans un sens ou dans un autre pourrait influencer le procès.
Le prince Laurent n'est pas, rappelons-le, encore une fois, mis en cause mais cela n'empêcherait pas le tribunal de l'appeler à la barre comme témoin. En effet, selon l'article 88 de la Constitution, seul le Roi bénéficie de l'immunité de juridiction. C'est ce qui fait qu'il n'était pas intervenu dans le procès contre Jean Nicolas, dans la foulée de l'affaire Dutroux. Par contre, les autres membres de la famille royale peuvent très bien être cités mais on n'en est, évidemment, pas encore là ! D'autant plus qu'au tribunal d'Hasselt, on nous a bien précisé que le colonel Vaessen est impliqué dans le dossier et qu'il ne faut pas l'oublier lorsque l'on entend sa version des faits...
© La Libre Belgique 2006





Le Prince Laurent aurait été aidé frauduleusement par l'armée


Le Prince Laurent a bénéficié à la fin des années nonante d'une aide financière de la Marine belge via des pratiques suspectées frauduleuses. C'est ce qui ressort d'une action introduite récemment devant le tribunal correctionnel de Hasselt.
Plusieurs entreprises limbourgeoises ont livré des marchandises et des services à la Villa Clémentine à Tervuren, où le prince habite, et à la Fondation Prince Laurent, qui dispose de dispensaires à Bruxelles et à Liège. Ces sociétés ont fait payer par la Marine des prestations pour quelque 7 millions de francs, soit environ 175.000 euros, probablement via un système de fausses factures, au détriment de l'Etat, selon le parquet.
Quinze suspects, dont des officiers de la marine et des chefs d'entreprise doivent à présent répondre de faux en écriture, détournement de fonds publics, association de malfaiteurs, escroquerie et corruption. Le Prince Laurent lui-même n'est pas mis en cause. "Le sommet de l'armée belge était au courant d'un 'système' visant à soutenir le Prince Laurent via la marine. Le prince lui-même était demandeur pour obtenir de l'aide lors de l'installation et de l'entretien de sa villa et l'aménagement de cliniques pour animaux. Il n'avait pas assez d'argent pour tout payer lui-même", affirme son ancien conseiller, le colonne Noël Vaessen. L'affaire sera examinée les 8 et 12 janvier par le tribunal correctionnel de Hasselt.
Une information du journal “Het Laatste Nieuws”.