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27 juin 2008

Le pétrole dépasse pour la première fois 140 $

Ce nouveau record historique atteint à New York et à Londres ce jeudi résulte de l’effritement du dollar, qui rend moins cher le brut et de craintes au sujet des approvisionnements. En un an, les cours du brut ont plus que doublé.
Lire aussi : Un baril entre 150 et 170 dollars cet été, selon l'Opep


A New york, le baril de « light sweet crude » pour livraison en août est monté à 140,39 dollars, tandis qu’à Londres, où s’échange une qualité de pétrole plus lourde, le baril de pétrole Brent a atteint les 140,38 dollars. Le prix du baril à New York a terminé la séance à 139,64 dollars, un record de clôture.
Après avoir dépassé pour la première fois de son histoire les 140 dollars, les prix du baril de pétrole Brent se sont repliés en clôture jeudi à Londres, finissant la séance à 139,83 dollars, un record de clôture. Le baril de Brent pour livraison en août coté à Londres est monté en séance à 140,56 dollars, un niveau jamais vu.
Sur la seule séance de jeudi, les prix ont bondi de 5,50 dollars à la suite de l’effondrement du dollar, monnaie dans laquelle est vendu le brut. La monnaie américaine est tombée à plus de 1,57 dollar pour un euro jeudi. Ce qui représente une opportunité pour les investisseurs hors zone dollar, cherchant à se protéger de l’inflation.
« Un cap psychologique a été franchi », commentait Ben Tscocanos, analyste de Standard & Poor’s. « Les marchés semblent désormais à l’aise avec le pétrole cher car les investisseurs se saisissent maintenant de tout élément pouvant justifier des achats pour entrer sur le marché. Aujourd’hui c’est le dollar, demain ce serait une grève sur un site pétrolier au Nigeria par exemple », poursuivait-il.
Signe que la flambée n’est pas terminée : le président de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) Chakib Khelil, a dit ce jeudi que les prix du baril du pétrole pourraient atteindre 150 à 170 dollars « durant cet été », dans un entretien à la chaîne de télévision française France 24. Les marchés pétroliers craignent que l’offre de brut ne soit pas suffisante pour satisfaire une demande, sans cesse croissante, notamment dans les pays émergents.
Les cours du pétrole ont ainsi plus que doublé des deux côtés de l’Atlantique en un an.

27 mai 2008

Les 250 millions qui fâchent

PAUL MAGNETTE affirme que les électriciens ont accepté le versement des 250 millions. Electrabel tempère.

Electrabel devrait payer la plus grosse partie des 250 millions d’euros qui seront verser au budget fédéral.
Le principe du versement d’une contribution de 250 millions d’euros au budget de l’État par les producteurs d’énergie nucléaire est acquis, a annoncé lundi Paul Magnette, ministre de l’Energie. Le versement interviendra avant le contrôle budgétaire. Il avait déclaré que si le secteur refusait de verser ce montant de façon volontaire, il utiliserait la voie de la taxation. Il avait aussi expliqué qu’il n’y aurait aucune contrepartie. Ce qui, affirme-t-il, a été effectivement le cas.
Du côté d’Electrabel, le son de cloche est différent. Dans un communiqué de presse, l’électricien refuse de parler d’accord. Il évoque tout au plus des « principes » qui ont été « élaborés, visant à une contribution globale de 250 millions d’euros au budget de l’État ». « Ces principes doivent être précisés, souligne l’électricien. Leur confirmation et leur mise en œuvre pourraient intervenir prochainement, dans le cadre de la mise en œuvre de la politique gouvernementale concertée en matière d’énergie ». On peut en conclure que les 250 millions d’euros ne sont, pour Electrabel, qu’une partie de l’accord beaucoup plus global qui en cours de négociation et qui doit redéfinir le paysage énergétique belge (cession imminente de Distrigaz, évolution de l’actionnariat de Fluxys…). Pour Electrabel, il n’y aura visiblement d’accord sur rien tant qu’il n’y aura pas d’accord sur tout.
Pour le ministre Magnette, ce prélèvement de 250 millions est un juste retour pour l’amortissement accéléré des centrales nucléaires payé par le consommateur belge. Dans la notification budgétaire, ce lien avec le nucléaire n’apparaît pourtant nulle part, certains partenaires gouvernementaux s’y étant opposé. Il apparaît par contre implicitement puisque seuls les électriciens qui ont du nucléaire dans leur parc belge sont concernés par le versement de ces 250 millions, soit Electrabel et SPE – Luminus. La contribution devrait être répartie au pro rata du pourcentage de production (240 millions d’euros pour Electrabel et 10 millions pour SPE-Luminus).
Cette contribution qualifiée de « volontaire » sera-t-elle récurrente ? Et si oui, la somme restera-t-elle fixe chaque année ? Cela n’apparaît pas non plus clairement dans le texte de la notification budgétaire, où l’on se contente de dire que « le montant est fixé à 250 millions pour 2008 ». « Cette formulation indique que la contribution ne se limitera pas à 2008 mais que la somme pourra varier », estime Paul Magnette. Version à nouveau infirmée par Electrabel qui « précise qu’aucune disposition n’a été examinée pour les exercices budgétaires ultérieurs ».
Enfin, l’affectation des 250 millions n’a pas encore été décidée. Paul Magnette voudrait que cette somme finance des initiatives visant à réduire la consommation d’énergie et/ou à encourager les énergies renouvelables.

26 mai 2008

ENI s’offre Distrigaz, EDF obtient SPE-Luminus

Suez et Gaz de France ont choisi. Le premier devrait céder son gazier, Distrigaz, à l’italien ENI, tandis que le second vendrait sa participation (25,5 %) dans le capital du deuxième électricien belge SPE, plus connu sous la marque commerciale Luminus, au géant français EDF.

Ces deux transactions s’inscrivent dans la perspective de la fusion de Suez et de Gaz de France. La Commission européenne a en effet subordonné le mariage de la maison mère d’Electrabel et du gazier public français à ces deux cessions.
Dans des communiqués publiés en fin de journée ce samedi, Suez et Gaz de France ont dévoilé leurs choix concernant la cession, exigée par la Commission européenne, de leurs actifs belges. Côté Suez, trois candidats restaient en lice pour Distrigaz : l’allemand E.on, le français EDF et l’italien ENI. Ce dernier l’a emporté. « Un processus de cession a été engagé en novembre 2007 et a conduit, après plusieurs étapes, à des négociations avec trois candidats industriels qui ont remis pour le 23 mai leurs meilleures offres fermes. Au terme de ce processus concurrentiel et ouvert, Suez a décidé d’entrer en négociation exclusive avec l’ENI, candidat ayant offert le prix le plus élevé pour Distrigaz. Cette période d’exclusivité, conférée jusqu’au 29 mai 2008, doit permettre de procéder à des vérifications ultimes de la part de l’ENI. SUEZ et l’ENI se sont fixé pour objectif de parvenir à la signature d’un accord définitif de vente au plus tard le 29 mai 2008, dont la réalisation sera sous condition suspensive de la fusion entre SUEZ et Gaz de France, du non-exercice du droit de préemption de Publigaz (holding public belge qui détient 31,25 % dans Distrigaz, NDLR) et de l’agrément de l’acquéreur par la Commission européenne.Par ailleurs, et conformément aux objectifs annoncés, SUEZ est entré en négociation avec l’ENI en vue de l’acquisition d’un ensemble d’actifs
énergétiques. »
Côté Gaz de France, deux candidats restaient en lice pour le rachat de la part (25,5 %) dans SPE-Luminus. « Au terme d’un processus concurrentiel, Gaz de France est entré en négociation exclusive avec EDF pour la cession de sa participation dans Segebel. Segebel, dont les actionnaires sont Gaz de France et Centrica à parts égales, détient 51 % du capital de SPE. SPE est la deuxième entreprise d’électricité en Belgique avec un parc de production de 1 650 MW représentant environ 10 % de la totalité de la production d’électricité en Belgique. SPE dessert environ 1,1 million de clients en électricité et en gaz », indique Gaz de France.

05 mai 2008

Seuls sept pays devancent la Belgique

Avec un prix de 1,4 euro le litre, la Belgique se place derrière l'Erythrée, la Norvège, l'Angleterre, les Pays-Bas, Monaco et l'Islande.
La Belgique est le septième pays où le prix de l'essence est le plus élevé, écrit lundi Het Laatste Nieuws sur base d'une enquête mondiale de la chaîne télévisée d'information CNN. C'est en Bosnie-Herzégovine que l'essence est la plus chère, le prix atteignant 1,8 euro le litre.
Avec un prix de 1,4 euro le litre, la Belgique se place derrière l'Erythrée, la Norvège, l'Angleterre, les Pays-Bas, Monaco et l'Islande. Les Etats-Unis se positionnent à la 11ème place au niveau mondial. Le pays le moins cher est le Venezuela où l'on peut faire le plein pour seulement 1 euro, le litre d'essence n'y coûtant que 2 eurocentimes.

31 mars 2008

Il faut taxer le gaz et l'électricité à 6 %

La TVA est l'impôt le plus injuste qui soit puisqu'il pèse plus pour les gens aux petits revenus. La réduction de TVA sur le gaz et l'électricité est donc une question de justice sociale.
Une opinion de Raoul HEDEBOUW, Porte-parole du Parti du travail de Belgique.

L'heure des décomptes finaux annuels en facture énergétique est arrivée pour beaucoup de nos concitoyens. Et il faut le constater : rares sont les bonnes nouvelles que nous recevons dans nos boîtes aux lettres. De plus en plus de ménages, et pas seulement les plus démunis, ont du mal à payer l'augmentation du coût de la vie en général, de nos produits énergétiques en particulier.
Petit à petit, pour y remédier, une idée fait son chemin : appliquer au gaz et à l'électricité la TVA des produits de première nécessité, une TVA de 6 pc. Cette revendication a déjà reçu le soutien de près de 40 000 signatures (1), des deux principales organisations syndicales et même, plus récemment encore, du parti socialiste. Il y a quelques semaines, M. Defeyt (Ecolo) s'exprimait dans la presse pour indiquer que cette mesure serait injuste et coûteuse (2). Celle-ci ne profiterait, en fin de compte, qu'à la tranche la plus nantie de la population. Nous voudrions apporter quelques éléments au débat.
Tout d'abord, rappelons qu'en Belgique, il existe un taux de TVA de 6 pc qui est appliqué aux besoins de première nécessité comme l'eau et les denrées alimentaires. Ce taux n'est pas appliqué pour le gaz et l'électricité sur lesquels nous payons 21 pc de TVA.
Le gaz et l'électricité ne seraient-ils donc pas des produits de première nécessité ? Oui et non, répond M. Defeyt. Tout dépend de l'utilisation qui est faite de cette énergie. Mais ce raisonnement vaudrait dès lors également pour les produits reconnus aujourd'hui comme de première nécessité. L'eau par exemple est un produit de première nécessité lorsqu'on la boit ou que l'on se lave, mais ne l'est plus lorsqu'on lave sa voiture. Faudrait-il dès lors augmenter la TVA sur l'eau à 21 pc ?
Un autre argument avancé est que cette réduction profiterait surtout aux couches les plus riches de la population parce qu'elles consomment le plus de produits énergétiques. M. Defeyt démontre notamment que la partie de la population faisant partie du premier décile (les 10 pc les plus pauvres) ne profiterait que d'une réduction annuelle de 70 euros contre 130 euros pour le décile le plus riche, calcul effectué pour une diminution de TVA sur l'électricité uniquement.
S'il est vrai que la réduction est doublement plus grande pour les plus riches en termes absolus, c'est ne pas tenir compte que la part des dépenses énergétiques dans les budgets des ménages est de 8 pc pour le décile le plus pauvre contre 2 pc pour le plus riche. Une réduction de TVA profitera proportionnellement donc quatre fois plus aux ménages aux revenus les plus faibles. En d'autres termes, une réduction de 15 euros par mois pèsera beaucoup plus pour une personne qui a un salaire de 1000 euros par mois qu'une réduction de 40 euros pour celle qui a 3000 euros de rentrées mensuelles.
Reste encore la question de savoir si les remises de "chèques énergies" ne sont pas plus adéquates. Mesure qui a d'ailleurs finalement été adoptée par le gouvernement et ce, malgré la participation des socialistes pourtant défenseurs de la diminution de la TVA. Le problème de ces mesures est qu'elles ne touchent que les couches les plus précarisées de la population justement. Les "chèques" divers sont d'ailleurs basés sur une forme de charité étatique, charité à laquelle il faut démontrer "avoir droit" à coup de fiche salariale et de documents multiples. Or les couches moyennes, elles aussi, ont de plus en plus de mal à payer leur facture. Deux petits salaires à la maison et vous ne faites déjà plus partie des "charitables". La réduction de TVA est quant à elle automatique pour tout le monde.
Cette réduction de TVA ne pousserait-elle pas les consommateurs au gaspillage ? En Angleterre et au Portugal, la TVA sur le gaz et l'électricité est respectivement de 5 et 6 pc. On n'y assiste pourtant à aucune surconsommation par rapport aux pays voisins. Vouloir lutter contre le gaspillage énergétique par l'augmentation des prix nous semble d'ailleurs socialement douteux, cette méthode donnant des plus gros permis de polluer aux gens qui en ont les moyens qu'aux gens qui n'en ont pas.
D'une manière générale, la TVA est l'impôt le plus injuste qu'il soit puisqu'il pèse plus pour les gens aux petits revenus. Contrairement à l'impôt sur les revenus qui augmente en fonction de ces derniers, la TVA n'a aucune fonction redistributive de richesse. M. Defeyt a bien raison sur un point, la fonction de la TVA est de vouloir assurer l'équilibre des finances publiques. Et il estime à juste titre le coût de cette réduction de TVA pour l'état à 800 millions d'euros. Mais pourquoi vouloir atteindre cet équilibre en maintenant une taxe de 21 pc sur ces produits de première nécessité ? Ne vaudrait-il pas mieux réintroduire les plafonds de 52,5 et 55 pc d'imposition sur les revenus, plafonds supprimés par le ministre Reynders il y a un an à peine ? Sans même parler du prélèvement d'une taxe exceptionnelle sur les bénéfices d'Electrabel qui se sont élevés à 2 milliards d'euros l'année passée. Ironie de l'histoire, d'ailleurs, la TVA supplémentaire que nous payons suite à la hausse des prix de l'énergie a servi à payer une partie des intérêts notionnels. Cette déductibilité fiscale a permis à Electrabel de payer 30 millions d'euros en moins au fisc l'année passée. Cette baisse d'impôt des sociétés a dû être compensée par une hausse des autres taxes. Or, quelles taxes ont particulièrement augmenté ces derniers temps ?... La TVA sur l'énergie.

26 mars 2008

Paul Magnette doute de la sortie du nucléaire

Paul Magnette avait toujours maintenu que lui et son parti, une fois au gouvernement, soutiendraient la fermeture des centrales nucléaires comme cela avait été prévu.
S'il s'avérait que notre pays ne disposait pas de suffisamment d'alternatives énergétiques, l'ouverture des centrales nucléaires pourrait être prolongée de quelques années, estime mercredi le ministre du Climat Paul Magnette (PS), dans les colonnes du Morgen.
Paul Magnette avait toujours maintenu que lui et son parti, une fois au gouvernement, soutiendraient la fermeture des centrales nucléaires comme cela avait été prévu.
Les partenaires de la coalition orange-bleue avaient insisté auprès de Paul Magnette pour accorder un délai à la sortie du nucléaire. Le parti socialiste lui-même semble désormais prêt à une telle hypothèse.
Groen et le sp.a ne veulent pas discuter de cette nouvelle option. Pour les deux partis flamands de l'opposition, ce doute incessant constitue un coup fatal porté aux investissements en matière d'alternatives énergétiques.

Un pan de l'Antarctique a commencé à se désintégrer
Au cours des cinquante dernières années, la partie occidentale de la péninsule antarctique a enregistré la plus forte augmentation de température sur le globe.
Un pan de la banquise antarctique équivalent à près de quatre fois la superficie de la ville de Paris a commencé à se désintégrer sous l'effet de la rapidité du réchauffement climatique, a indiqué mardi le Centre national de la neige et de la glace de l'Université du Colorado (NSIDC). Selon des images satellite, cette désintégration porte déjà sur un pan de glace de 414 km2 faisant partie du plateau Wilkins et a commencé le 28 février par le soudain décrochage d'un iceberg de 25,5 km de long sur 2,4 km de large sur le flanc sud-ouest.
Ce mouvement a déclenché la désintégration d'un bloc de 569 km2 du plateau Wilkins, dont 414 km2 ont déjà disparu. Ce plateau, dont la superficie est de 12.950 km2 est actuellement soutenu par une bande étroite de glace de 5,6 km entre deux îles, a expliqué dans un communiqué Ted Scambos, responsable scientifique du NSIDC (National Snow and Ice Data Center).
Il s'agit de la plus grande banquise dans l'Antarctique. "Si les glaces continuent à reculer, cette bande de glace pourrait se désintégrer et nous perdrions alors probablement la moitié de la banquise de cette région au cours des prochaines années", a-t-il déclaré. Au cours des cinquante dernières années, la partie occidentale de la péninsule antarctique a enregistré la plus forte augmentation de température sur le globe avec une hausse de 0,5 degré Celsius tous les dix ans.
"Nous pensons que le plateau Wilkins existe depuis quelques centaines d'années mais l'air chaud et les vagues de l'océan provoquent sa dislocation", a expliqué Ted Scambos, qui a constaté pour la première fois cette désintégration en mars. L'été touchant à sa fin dans l'Antarctique, les scientifiques ne prévoient pas davantage de désintégration du plateau Wilkins dans les prochains mois. "Le spectacle est terminé pour cette saison, mais en janvier prochain nous allons observer attentivement pour voir si le Wilkins va continuer à se disloquer", a ajouté ce scientifique. Ces dernières années, la banquise bordant la péninsule antarctique a connu une dislocation rapide.
En 1995, le plateau Larsen A, long de 75 km et large de 37 km, s'est décroché puis fragmenté en icebergs dans la mer de Weddel. Le 19 mars 2002, un satellite de la Nasa observait l’effondrement de Larsen B, d’une surface de 3850 km2 et 200 mètres de haut qui contenait 720 milliards de tonnes de glace.
La fonte accélérée des glaces de l'Antarctique - plus 13.000 km2 de banquise ont disparu en cinquante ans - pourrait contribuer de façon importante à la montée du niveau des océans. Selon certaines projections au rythme actuel (+3 mm par an de 1996 à 2006), les océans pourraient avoir gagné 1,40 mètre d'ici la fin du siècle.

29 juillet 2007

L'éolien, une énergie propre mais chère

Des projets fortement subsidiés.
Ceux qui, il y a quelques années encore, crachaient sur l'éolien comme source de production d'électricité, se tiennent aujourd'hui à carreau. L'engouement pour les énergies renouvelables est tel que leurs critiques ont de moins en moins d'écho. Au point d'occulter parfois la réalité des chiffres qui est, elle, nettement moins flatteuse.
Prenons le problème par le début. La Belgique est loin d'être pionnière en matière d'énergie renouvelable. En 2004, le renouvelable (dont en grande partie la biomasse) représentait 2,3 pc du total de la production d'électricité. Ces chiffres - les derniers disponibles - se retrouvent dans le rapport de la Commission Énergie 2030 qui avait été chargée de tracer les besoins énergétiques du pays à l'horizon 2030.
La part d'énergie verte est toutefois appelée à croître. On s'attend à ce qu'elle augmente à 6 pc d'ici 2010 en Flandre et à 8 pc en Wallonie.
Tant au nord qu'au sud du pays, il y a eu une forte croissance de la production d'électricité provenant de l'éolien au cours de ces dernières années. Les éoliennes ont poussé comme des champignons. Et les recours introduits par riverains n'ont rien pu y faire. "Le Conseil d'Etat n'est en général pas très réceptif aux critiques des riverains", constate Tim Vermeir, avocat spécialisé dans les questions énergétiques au sein du cabinet d'avocats Loyens.
On compte aujourd'hui environ 270 éoliennes, dont l'essentiel en Flandre (environ 200).
La puissance installée totale a quasi doublé en deux ans pour atteindre 193 mégawatts fin 2006 (contre 30 000 MW en Europe, essentiellement en Allemagne et au Danemark). La croissance a été non négligeable en Belgique même si cela reste une goutte d'eau : en termes de production, l'éolien représente à peine 0,4 pc du total. N'oublions pas qu'une éolienne (dont la puissance se limite à maximum 2 à 3 MW) a un taux de fonctionnement nettement moins élevé qu'une centrale classique. Ce qui réduit d'autant sa production.
Mais l'énergie du vent a encore un bel avenir devant elle en Belgique en raison essentiellement des éoliennes qui vont être placées en pleine Mer du Nord. Des projets que certains experts de l'énergie considèrent comme insensés d'un point de vue économique.
L'histoire de ces éoliennes off-shore a connu beaucoup de remous. On avait d'abord pensé les construire à 10 km de la côte. Mais il y eut des recours en justice avec un argument très simple : il ne fallait pas gâcher la vue à partir de la digue. Finalement, il a été décidé de les construire à minimum 20 km. Tant pis si cela décuple le coût final...
À l'heure actuelle, trois concessions domaniales ont été accordées par le ministre fédéral de l'Énergie, Marc Verwilghen (Open VLD). La puissance installée totale devrait dépasser les 800 MW à l'horizon 2011.
Il y a d'abord le projet C-Power dans lequel on retrouve notamment la société publique Socofe (Société d'investissement des administrations publiques de la Région wallonne) et une filiale en énergie renouvelable d'EDF. C-Power va commencer par construire 6 éoliennes de 5 MW mais a l'autorisation d'en "planter" jusqu'à 60. Les premières pales commenceront à tourner en 2008, soit trois ans plus tard que prévu. Et encore, ce n'est pas tout à fait sûr. Car il s'agit d'un travail de titan.
On s'est rendu compte qu'il était impossible d'enfoncer les pieux dans le banc de sable prévu (Thortonbank) situé à 27 km au large de la côte. D'où un changement dans la technique utilisée. De plus, il s'agit d'un nouveau prototype d'éolienne qui n'a pas encore été testé en mer.
Le deuxième projet est porté par Eldepasco dans lequel on retrouve notamment des intercommunales flamandes et le groupe de distribution Colruyt. Il se situe à 39 km de la côte et doit, lui, démarrer en 2010.
Quant au troisième projet défendu par Belwind (filiale du groupe néerlandais Econcern), il prévoit de construire les éoliennes à 46 km. On est loin, très loin, quasiment aux limites territoriales belges. De quoi susciter des critiques. "C'est de la folie, le raccordement électrique va coûter trop cher", commente un expert en énergie. Le subside de 25 millions accordé (via Elia, le gestionnaire de réseau haute tension) pour le raccordement à chacun des parcs de production paraît dérisoire. Mais Belwind y croit.
Les éoliennes en mer suscitent d'autant plus de questions que les subsides accordés via les certificats verts ne sont pas négligeables : 107 € par MWh (pour une puissance installée de maximum 216 MW) et 90 € au-delà du niveau de 216 MW. Très pratiquement, l'électricité de la Mer du Nord sera obligatoirement acquise par Elia pour un montant de 107 €/MWh. C'est beaucoup plus que pour les éoliennes on-shore, la valeur d'un certificat vert oscillant entre 65 et 100 € selon qu'on est en Flandre ou en Wallonie.
Selon les calculs d'un expert, tout mis dans tout, le coût total des subsides pour les éoliennes off-shore sera de 300 millions d'euros par an après 2010.
Qui va payer ces 300 millions supplémentaires ? Ils seront, comme on l'a dit, imputés à Elia qui les répercutera dans ses tarifs. Le payeur final sera donc bel et bien le consommateur. Même si cela ne fera pas une énorme différence puisque le coût du transport ne représente que quelques pour-cent de la facture totale d'électricité. Mais cela risque quand même de faire grincer des dents. "Il y aura un effet boomerang le jour où le citoyen commencera à payer", prédit un expert.
La Commission 2030 a poussé la simulation encore plus loin et arrive à des chiffres qui ont de quoi faire réfléchir. Elle part du postulat que le potentiel supplémentaire est d'ici 2030 de maximum 2000 MW pour l'éolien on-shore et de 3000 MW pour l'off-shore. Se basant sur les subsides actuels, elle évalue le coût supplémentaire total à... 28 milliards d'euros sur 20 ans.
Elle a aussi calculé la facture totale des énergies renouvelables en additionnant tous les subsides pour ces 20 années à venir, y compris la biomasse et le solaire (dont le subside est de 450 €/MWh pour la Flandre). Elle arrive au chiffre de 51 milliards d'euros. "Cela représente un cinquième du produit intérieur brut réalisé en 2000", précise-t-elle. Histoire de mieux frapper les esprits.
"Il est important de reconnaître que les engagements en termes de certificats verts peuvent être aberrants", soulignent les auteurs du rapport. Les chiffres sont, certes, sans doute orientés. Les auteurs de ce rapport avaient pour la plupart d'entre eux un profil pro-nucléaire; ils se sont bien gardés d'évaluer les éventuels subsides à l'atome notamment via les contributions publiques à l'assurance des centrales nucléaires.
Il n'en reste pas moins que ces chiffres interpellent. Ils le sont d'autant plus que, comme le souligne Tim Vermeir, "le législateur a prévu de manière peu orthodoxe la possibilité de revoir à la hausse les certificats verts si les opérateurs ne s'en sortent pas avec les 107 € prévus". En clair, le législateur accepte (aveuglément ?) le principe de l'apport de subsides sans lequel les éoliennes ne sortiraient jamais de terre ou de mer. Pour beaucoup d'experts, il y a donc une part d'"irrationnel" dans ce type financement. Et, précise Tim Vermeir, c'est encore plus vrai pour le solaire où la valeur du certificat atteint 450 MWh dans un pays où les heures de soleil sont rares comme on a pu le constater en ce mois de juillet pluvieux...
Faut-il dès lors en déduire que le développement de l'éolien, en particulier en mer, va un jour se heurter à l'énorme facture qu'il engendre ? "Le jour où la puissance installée en mer du Nord dépassera 900 MW, il faudra d'énormes investissements d'Elia", répond un expert. Cela pourrait aller jusqu'à 700 millions, estime la Commission Énergie 2030.
Ces chiffres font dire à un observateur
que le meilleur "mégawatt est le négawatt", et donc l'électricité qu'on ne consomme pas. De plus en plus de partis politiques brandissent aussi ce slogan...

Toutes les banques ont saisi l'intérêt de proposer à leur clientèle des produits liés à la prise de conscience du changement intervenant dans le monde de la production d'énergie. Il y a en effet là un marché juteux dont certains paramètres permettent de mieux valoriser les valeurs cotées. Il y a évidemment le potentiel de croissance, important - on vient de nulle part. Mais il y a surtout une motivation fiscale, puisque partout dans le monde, et en Belgique aussi bien entendu, les autorités prennent des mesures d'encouragement à l'installation d'unités de production d'énergie propre. En Belgique, on l'a vu tout récemment avec l'introduction en Bourse de Bruxelles de la petite société Air Energy, qui a placé ses titres sans aucune difficulté auprès des particuliers comme auprès des institutionnels. Avec, après trois mois de cotation, près de 27 pc de progression de l'action, en dépit de tout élément particulier permettant d'établir ce niveau de valorisation... C'est que chez nous aussi, l'énergie verte est assistée par des initiatives gouvernementales.
Un gestionnaire de fonds nous explique toutefois que ce type d'entreprise reste fragile sur le long terme. "Pour forger la base d'un fonds de placement, il faut la diversité et le volume. Or, si la diversité des entreprises ne pose pas réellement problème, le volume en capital n'est pas évident à atteindre. Nous devons donc acheter des fonds comprenant quelques poids lourds comme Vestas, que tout le monde connaît, mais aussi une masse de petites entreprises inconnues. Dans celles-ci, il y a évidemment quelques perles, mais il y a aussi une série d'entreprises qui ne connaîtront pas le succès. En outre, ces entreprises sont souvent des start-up dont la rentabilité est encore à établir".
Autant savoir dès lors que le potentiel, comme c'est souvent le cas dans les placements boursiers, est aussi important que le risque...
Pour diminuer l'effet de risque lié à la taille réduite des positions et au manque d'offre du marché, une bonne stratégie consiste à acheter les producteurs d'énergie verte par le biais de fonds de fonds. Malheureusement, ils sont encore très rares. Quant à acheter en direct les titres des entreprises spécifiques... Les moins risquées sont aussi les plus chères.
En Belgique comme ailleurs, l'installation d'éoliennes ne manque pas de soulever des débats passionnés. Au point parfois d'en perdre toute rationalité... Les arguments avancés par les opposants à ces projets sont devenus un catalogue "standard" repris par tous les comités de riverains. Au coeur des préoccupations, figure bien souvent l'impact paysager des éoliennes et la dépréciation de l'immobilier local. Le coût élevé de l'éolien qui bénéficie d'importantes aides publiques est également jugé disproportionné par rapport au bénéfice obtenu en termes de réduction des émissions de CO2. Viennent ensuite, les critiques sur les nuisances sonores et visuelles supposées néfastes à la santé. Enfin, les impacts négatifs sur la faune, en particulier les oiseaux.
Du côté de l'Association pour la promotion des énergies renouvelables, on répond à ces critiques en expliquant tout d'abord que des études reconnues démontrent qu'une éolienne rembourse sa "dette énergétique" (soit le CO2 qui a été émis pendant sa phase de conception et d'installation) en quatre mois. Au total, le potentiel éolien de la Wallonie permettrait d'économiser 319000 T de CO2 par an.
En ce qui concerne les effets stroboscopiques sur la santé (les cycles ombre/lumière générés par le passage des pales devant le soleil), des normes strictes sont imposées aux projets et aucune plainte n'a été enregistrée en Belgique sur ce point.
Pour ce qui est des nuisances sonores, "la seule réponse à donner est de se rendre au pied d'une éolienne pour se rendre compte", suggère notre interlocuteur en ajoutant qu'une étude française sur la production d'infrasons par les éoliennes, souvent citée par les opposants, conclut en fait que celle-ci est "très modérée et sans danger pour l'homme". Enfin les impacts éventuels sur les oiseaux sont également intégrés aux études d'incidences (éviter les routes migratoires, être à bonne distance des sites de reproduction...), sous l'encadrement des ornithologues d'Aves. Quant à l'impact paysager, s'il est difficile à objectiver, il est lui aussi strictement balisé par les pouvoirs publics qui fixent notamment des normes d'homogénéité et de taille des éoliennes ou encore un principe de regroupement (min. 3 et max.12) afin d'éviter la dispersion ou au contraire une surcharge excessive des éoliennes dans le paysage wallon.