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28 novembre 2006

La surpêche

La fin des poissons (28/11/2006)
Le thon va disparaître de la Méditerranée. Et 30 % des espèces sont déjà menacées sur le globe


Les organisations écologistes Greenpeace et WWF dénoncent cette semaine l'accord international sur la pêche au thon estimant qu'il signe "l'arrêt de mort" de ce poisson en Méditerranée.
Les autorités de la pêche ont accepté un quota de captures de thons rouges de 29.500 tonnes en 2007, soit le double de ce qu'avait recommandé un comité scientifique. Pour Greenpeace, cet accord signe" l'arrêt de mort du thon rouge de Méditerranée". L'organisation écologiste avait mené une campagne musclée sur ce thème, notamment en emmenant son Rainbow Warrior dans le port de Marseille.
Le plan de pêche prévoit bien une réduction graduelle des possibilités de capture de 32.000 tonnes par an actuellement à 25.500 tonnes en 2010. Il prévoit aussi une extension importante des périodes de fermeture de la pêche au thon. Mais ces mesures sont insuffisantes, rétorquent les écologistes. Au Japon, l'accord est aussi critiqué, car il va entraîner une hausse du prix des sushis et autres sashimis...
Plus largement, si rien n'est fait, la pollution et la surpêche pourraient faire disparaître la quasi-totalité des espèces de poissons et crustacés des océans d'ici 2048, selon une étude publiée récemment dans la revue américaine Science. Pour réaliser cette étude, les chercheurs ont fait la synthèse de données couvrant 1.000 ans d'histoire marine, 32 expériences scientifiques, des études effectuées dans 48 domaines marins protégés et des statistiques des Nations unies sur la pêche de 1950 à 2003. "À ce stade, 29 % des espèces de poissons et crustacés se sont effondrées, c'est-à-dire que les prises de pêche les concernant ont diminué de 90 %. C'est une tendance très claire et elle accélère", estime l'un des chercheurs, dont les conclusions sont sans appel :" Si la tendance se poursuit à long terme, toutes les espèces de poissons et crustacés, selon les projections, auront disparu d'ici 2048".
Solutions ? La création de nouvelles réserves marines, une meilleure gestion des pêches et des contrôles accrus en matière de pollution.
B. F.
© La Dernière Heure 2006

21 novembre 2006

La pêche qui tue la mer

Ce qui reste derrière les filets lestés qui raclent les fonds marins se résume en un mot : rien! Organisations écologiques et scientifiques sont atterrés par ces nouvelles techniques de pêche qui menacent d'extinction les espèces en eaux profondes. La question est à l'ordre du jour de la Commission européenne ce lundi.


Les négociations entre les 25 et la Commission européenne sur la pêche de poissons d'eaux profondes ont progressé lundi à Bruxelles, avec la présentation d'un premier compromis par la présidence finlandaise de l'Union européenne.
Les ministres européens de la Pêche doivent fixer les niveaux de captures autorisés pour 2007 et 2008, sous une forte pression des organisations écologistes et des scientifiques qui considèrent que les espèces d'eaux profondes sont menacées d'extinction. Les poissons des grands fonds vivent au-delà de 400 mètres de profondeur et jusqu'à plus de 2.000 mètres, dans des conditions extrêmes: quasi-absence de lumière et forte pression, qui créent des écosystèmes très vulnérables aux perturbations, selon les scientifiques.

Les Etats membres ont dans l'ensemble salué des progrès, mais le compromis reste insuffisant, a indiqué une source diplomatique, à l'issue d'un premier tour de négociations lundi matin. Il y a une volonté de trouver une solution, a estimé un source proche de la Commission.

La France, qui est le principal pays pêcheur d'espèces d'eaux profondes dans l'UE, n'a pas souhaité réagir. Mais une source diplomatique française a relativisé lundi matin les avis scientifiques alarmants. Les espèces d'eaux profondes sont mal connues et les avis scientifiques sont sujets à caution, a estimé cette source. Il faut avoir à l'esprit les questions environnementales mais aussi les questions socio-économiques, a-t-elle ajouté, en référence aux quelque 3.000 emplois générés par ces pêches en France.
L'Espagne a de son côté estimé que les discussions allaient dans la bonne direction, selon une source diplomatique.

Le compromis présenté par la présidence finlandaise modère les propositions radicales de la Commission, formulées fin septembre, qui demandait une diminution d'un tiers des pêches l'an prochain et d'autant en 2008.
La présidence a proposé une reconduction des niveaux de capture autorisés, dans certaines zones et pour certaines espèces de poisson, comme la daurade rose, la mostelle de fonds et le grenadier de roche.

D'une manière générale, les grands pays pêcheurs pourraient accepter une réduction de 15% des captures, voire un peu plus, mais s'opposent à une coupe drastique de 33%. Ils demandent aussi que les réductions des niveaux de capture soient calculées par rapport aux précédents quotas et non par rapport aux captures réelles de poissons, qui sont inférieures, comme le veut la Commission.
Les négociations devaient reprendre dans l'après-midi par des discussions dites bilatérales, c'est-à-dire une série de rencontres entre la Commission, la présidence et chacun des 13 Etats membres qui en ont fait la demande. Un éventuel accord n'est pas attendu avant mardi.
(D'après AFP)