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12 septembre 2008

Enigme autour des preuves de paiement de Van Cau

Selon la RTBF et Le Vif L'Express, les preuves de paiement présentées jeudi par Jean-Philippe Mayence, l'avocat de l'homme d'affaires Robert Wagner, sont, actuellement, inconsistantes. Jean-Philippe Mayence, a montré, jeudi, des documents relatifs à des paiements effectués par lui-même et par son ami Jean-Claude Van Cauwenberghe concernant un voyage aux Iles Maldives. Des documents qui prouveraient que Wagner n'a pas offert de voyage à "Van Cau", Me Mayence insistant sur le fait qu'"on veut accréditer des corruptions et des complots qui n'existent pas du tout".
De leur côté, les médias font remarquer qu'il n'y a pas eu de conférence de presse. La RTBF a pu brièvement filmer des listings, sans les tenir en mains. Dans la matinée, ni Jean-Claude Van Cauwenberghe ni son avocat Pierre Chomé n'étaient manifestement au courant de la démarche. En fin de journée, ils ont fini par s'aligner. Les "preuves" en question seraient de simples mouvements de dépenses sur des comptes de la banque ING, effectués par la sprl Van Cauwenberghe-Lemal. N'y apparaîtraient ni destinataire, ni communication. Les extraits précis seront produits plus tard, a déclaré Me Chomé.
Toujours selon les médias, la vérité reconstituée par les avocats du duo Wagner/Van Cau évolue de jour en jour. Le vendredi 5 septembre, lors d'une conférence de presse, Jean-Claude Van Cauwenberghe avait admis qu'il s'agissait d'un voyage effectué, en mars 2003, avec le couple Wagner. Le voyage avait été réservé "à la fin de 2002 ou au début de 2003", disait-il.
Dans les journaux, le même jour, l'ancien chef du gouvernement wallon avait laissé entendre que la réservation avait effectivement eu lieu dans le courant du mois de décembre. Or, les dépenses ING, présentées jeudi comme des preuves formelles, datent d'août 2002 et janvier 2003. Ce fameux voyage aurait donc été payé quatre mois avant sa réservation.
Enfin il y a cette lettre trouvée au domicile de Van Cauwenberghe, lors de perquisitions menées en juin dernier, une lettre dactylographiée et signée par Robert Wagner qui réclamait à son ami Van Cau le remboursement d'un voyage aux Maldives pour un montant de 17.000 euros.
La lettre remonte à 2005, sur base des affirmations du substitut du procureur du Roi, formel quant à la date reprise dans le procès verbal. La lettre ferait en outre explicitement référence aux affaires politico-financières qui ont débuté en septembre 2005. "Si ce voyage a bien été payé en 2002-2003, quel est le sens de cette lettre de rappel datant de 2005? La justice carolo devrait prochainement clarifier cette énigme", conclut le magazine.

01 juillet 2008

Van Cauwenberghe se dit victime d'un stratagème

"Trop is te veel comme on dit en wallon de Charleroi", dit encore Jean-Claude Van Cauwenberghe.
L'ancien ministre-président de la Région Jean-Claude Van Cauwenberghe a réagi lundi par un communiqué à ce qui a motivé lundi son audition par la police judiciaire fédérale : "Ainsi que la chose n'est pas restée confidentielle, j'ai été entendu ce 30 juin dans le cadre d'une information ouverte par le parquet de Charleroi au sujet de la "disparition" du solde de 147.000 euros resté sur le compte de la caisse dite du Président de l'ex-IOS", dit-il.
"Un individu nommé Michel Thirifay, qui est actuellement poursuivi en correctionnelle pour détournement du solde de ce compte en 2003 ou 2004, a prétendu dans un 1er temps avoir été victime du vol de cette somme qu'il avait retirée du compte sur lequel il détenait la signature pour la mettre en sécurité à son domicile (sic)" , rappelle-t-il avant de poursuive : "la veille de l'audience qui allait statuer sur son cas (il était en effet poursuivi par le tribunal correctionnel pour détournement) ne voilà-t-il pas qu'il a donné une nouvelle version selon laquelle il aurait remis cette somme à mon intention à mon chauffeur décédé depuis près d'1 an".
"Il va de soi, dit Jean-Claude Van Cauwenberghe, que je conteste de la manière la plus véhémente ce stratagème scandaleux de M. Thirifay qui essaie de manière éhontée de m'accuser de ses propres turpitudes. Bien que je sois victime d'un fantasme permanent de culpabilité, j'espère, que la justice ne se laissera pas abuser par cette version aussi incroyable qu'invraisemblable".
Et le député wallon conclut : "Ne souhaitant pas laisser cette accusation abracadabrante sans lendemain, j'ai demandé à mon avocat Maître Pierre Chomé de se constituer partie civile contre M. Thirifay du chef de dénonciation calomnieuse auprès de l'autorité".
"Trop is te veel comme on dit en wallon de Charleroi", dit encore Jean-Claude Van Cauwenberghe.

Van Cauwenberghe n'est pas inculpé
Van Cauwenberghe entendu sur un vieux dossier

21 juin 2008

Vandezande et Biot devant la justice carolo

L’entrepreneur Michel Vandezande est entendu en ce moment par la justice à propos du dossier de la reconstruction du commissariat de Marcinelle. Dans ce même dossier, la chef de la zone de police de Charleroi, Francine Biot, interrogée et privée de liberté vendredi, devrait être amenée devant la juge d’instruction France Baeckeland dans le courant de l’après-midi.


Michel Vandezande a été amené ce samedi en fin de matinée au Palais de Justice de Charleroi. L’entrepreneur carolorégien, administrateur-délégué de la SA Vandezande, est entendu en ce moment par la justice carolo à propos du dossier de la reconstruction du commissariat de Marcinelle. Ce commissariat avait été incendié en 2004 et la SA Vandezande avait obtenu le marché de la reconstruction.
Dans ce même dossier, la chef de la zone de police, Francine Biot, a été interrogée vendredi et privée de liberté à son domicile. Elle devrait être amenée à la juge d’instruction France Baeckeland dans le courant de l’après-midi. Les enquêteurs soupçonnent des irrégularités dans l’attribution de ce marché public.
Le nom de Michel Vandezande, entrepreneuir proche de Jean-Claude Van Cauwenberghe, a été cité dans plusieurs dossiers carolos, dont la rénovation du hall multisports de Jumet et, voici dix jours, dans celui de la construction du complexe sportif de Beaumont. Cette enquête avait notamment entraîné des perquisitions au domicile et au bureau parlementaire de Jean-Claude Van Cauwenberghe.
Le collège attend une décision judiciaire
« Pas de décision administrative, dans l’attente d’une décision judiciaire » : c’est la position qu’a prise samedi matin le collège communal de Charleroi, après les perquisitions et la privation de liberté qui ont visé vendredi la chef de zone de la police locale Francine Biot.
Le bourgmestre Jean-Jacques Viseur (CDH), entouré des échevins Paul Ficheroulle (PS) et Philippe Sonnet (MR), après avoir rappelé l’indépendance des pouvoirs judiciaire et communal, a estimé « qu’on ne se trouve pas actuellement dans une situation où on doit intervenir ». Pour le bourgmestre, aucune décision ne doit être prise sur le plan administratif, aussi longtemps qu’aucune décision n’est intervenue sur le plan judiciaire : « Nous verrons comment réagir aussitôt qu’une décision sera intervenue sur ce plan-là », a-t-il indiqué. Le bourgmestre Viseur a encore expliqué que le dossier juridique relatif à la commissaire en chef Biot avait été examiné, et que le pouvoir communal était prêt à réagir, dès qu’une évolution sera intervenue sur le plan judiciaire, quelle qu’elle soit. Mme Biot doit être entendue dans la journée de samedi par la juge d’instruction Baekeland.
De son côté, et sans faire de rapprochement entre la situation de Mme Biot, le premier échevin Ficheroulle a rappelé que le dossier relatif aux travaux de reconstruction du commissariat de police de Marcinelle avait été transmis depuis plus d’un an à la juge d’instruction France Baekeland : « Certains éléments ont amené le service juridique de la ville à considérer que le marché relatif à cette reconstruction ne s’était pas passé régulièrement », a ajouté l’échevin PS.
Le bureau de la chef de zone de la police locale de Charleroi avait été perquisitionné, tout comme son domicile privé, vendredi, et elle avait été privée de liberté dans l’après-midi. Ces devoirs judiciaires ont été menés dans le cadre du dossier à l’instruction à propos de la reconstruction du commissariat de police de Marcinelle.
Incendié volontairement en 2004, il a fait l’objet en 2005 et donc sous l’ancienne majorité communale socialiste monocolore de Charleroi, d’un dossier de reconstruction. Ces travaux ont alors été attribués, sans appel d’offres semble-t-il, à la société Vandezande, de Gilly, une entreprise considérée depuis plusieurs années comme proche du pouvoir socialiste à Charleroi.
De plus, des irrégularités auraient été commises dans la facturation de ces travaux de reconstruction, telle qu’elle a été fournie à la compagnie d’assurance Ethias. On y aurait mentionné des travaux de « techniques spéciales » non effectués, ce qui aurait permis de surfacturer d’autres postes, les « techniques spéciales » devant ensuite être effectuées par les services communaux. Enfin, la construction s’est faite pour partie sur un terrain n’appartenant pas à la ville, mais bien à la société de logements sociaux le « Foyer marcinellois », ce qui nécessite un échange de terrains toujours en négociations actuellement.
Quant aux travaux de reconstruction, ils ne sont toujours pas terminés : le bâtiment a bien été fermé, le gros œuvre étant terminé, mais les parachèvements n’ont pas été menés à bien, la Ville ayant décidé de suspendre les travaux en raison des irrégularités constatées par ses services juridiques. En attendant, c’est dans des containers provisoires que la police de Marcinelle a été réinstallée.

Francine Biot, première femme policière en 1969
Francine Biot, commissaire en chef de la zone de police de Charleroi, qui regroupe la seule ville de Charleroi, est une des cinq femmes chefs de corps de police du pays. Aujourd’hui âgée de 59 ans, elle a débuté dans la police en 1969, en tant qu’agent dans la commune de Dampremy, qui fait aujourd’hui partie de l’entité de Charleroi. Elle était alors la première femme policière de Wallonie.Après avoir épousé le bourgmestre de Dampremy, Willy Seron (PS), elle a mis pendant plusieurs années sa carrière professionnelle entre parenthèses pour se consacrer l’éducation de ses enfants. Elle a repris des études universitaires à 38 ans, lorsqu’elle avait déjà décroché le grade d’officier de police. Par la suite, Mme Biot a été nommée commissaire adjoint. Elle est ensuite passée par plusieurs Cabinets ministériels, avant de revenir à Charleroi, où elle a succédé à la tête de la zone de police locale au commissaire en chef Amour Brousmiche.Depuis son arrivée, elle n’a cessé de se battre aux côtés du pouvoir politique, pour obtenir un renforcement du cadre de police accordé à Charleroi.

12 juin 2008

Van Cau directement visé

Dix-sept enquêteurs chez lui, à son cabinet d'avocats et aux Mutualités socialistes. En cause, les conditions de subvention du hall des sports de Beaumont. Les archives de la défunte Communauté urbaine emportées.
Neuf heures de perquisitions, mercredi : pour la première fois depuis le début des "affaires", c'est l'ex-homme fort du PS, de Charleroi et de la Région qui a été personnellement ciblé. Chez lui, tout d'abord dans la maison de maître du boulevard Joseph II, puis à deux pas de là, à son cabinet d'avocats.
Mais c'est surtout le siège des Mutualités socialistes qui a occupé l'essentiel des dix-sept enquêteurs, qu'accompagnaient la juge d'instruction Jacqueline De Mol et le Premier substitut Daniel Marlière.Un hall trois fois plus cher
Au centre de l'affaire, le hall des sports de Beaumont. Un complexe bâti "clés sur porte", et dont l'entrepreneur est la firme Vandezande, de Gilly. Sa gestion pose aujourd'hui question, mais il suscite aussi des interrogations quant à sa construction. A l'arrivée, il aura finalement coûté trois millions d'euros, soit trois fois plus que le coût estimé au départ. Une différence qui a amené à ouvrir une instruction, et à faire entendre longuement, la semaine dernière, le bourgmestre de Beaumont, Charles Dupuis, et son secrétaire communal Bruno Lambert.
Ils en étaient ressortis libres, mais sans avoir apporté aux enquêteurs de la police fédérale tous leurs apaisements. D'où la suite de l'enquête, hier matin.
Pourquoi viser Jean-Claude Van Cauwenberghe ? Il a présidé la Communauté urbaine de Charleroi-Val de Sambre, aujourd'hui défunte. Beaumont en faisait partie et avait demandé l'appui de cette Communauté pour élaborer le dossier du hall des sports qu'elle espérait voir subventionné.
Ce qui s'est fait, par le biais de la Commission des sports de ladite Communauté, commission présidée par l'échevin des Sports carolo, un certain... Claude Despiegeleer.
Et comme promis, explique aujourd'hui le bourgmestre Charles Dupuis, Jean-Claude Van Cauwenberghe, reprenant son rôle de ministre-président d'alors, a soutenu le projet, subsidié à hauteur de 1400000 euros. Là où il y a doute - mais rien n'est venu le confirmer jusqu'ici - c'est à propos des conditions mises à cette subvention : la Région aurait imposé que l'entrepreneur Vandezande effectue le travail. Ce que Charles Dupuis nie formellement, parlant d'un marché public dont le seul adjudicataire a été la firme Vandezande. Cette même firme dont Van Cau reconnaît que le responsable est de ses amis depuis longtemps.

La Communauté urbaine
Après le domicile et le cabinet d'avocat de Van Cau, en présence du Bâtonnier de l'ordre, les policiers se sont rendus chez Eric Van Sevenant, directeur général de l'intercommunale aujourd'hui fusionnée Aquasambre, au siège de laquelle les archives de la Communauté urbaine s'étaient trouvées.
Elles avaient été transférées au siège des Mutualités socialistes, avenue des Alliés, parce que Jean-Claude Van Cauwenberghe en est le président. Il y a assisté à la fouille et au départ des caisses d'archives. De manière scrupuleuse, dit-on, sans jamais oublier qu'il est avocat et qu'il n'ignore rien de la procédure. Ainsi a-t-il fait acter que la perquisition de son bureau parlementaire, à Namur, s'était effectuée hors la présence d'un représentant du Parlement.
Parallèlement, une perquisition a été conduite dans les locaux de la Direction générale des Pouvoirs Locaux, à Namur. Cinq heures durant, alors que la presse restait de faction au pied du bâtiment et qu'on acheminait des sandwiches pour soutenir les enquêteurs, l'ancien bourgmestre a surveillé le bon déroulement des opérations.
Il en est ressorti peu avant 17 heures. Le temps de faire savoir qu'il avait bien exercé tous ses droits, et qu'il aimerait être entendu par les enquêteurs. Avant de repartir pour le parlement wallon, où il a pris part aux votes de l'assemblée.
Comme si de rien n'était, vraiment ?

Edito: Van Cau, tourner la page, vite!

S'il est vrai qu'on ne prête qu'aux riches, alors il est multimillionnaire, pour le moins. Jean-Claude Van Cauwenberghe l'ex [?]- homme fort de Charleroi fait à nouveau parler de lui et, par la même occasion, refait la Une de l'actualité.
Ancien bourgmestre de Charleroi, ancien Ministre-président du gouvernement de la Région wallonne, Van Cau est au coeur de la tourmente qui a gravement déstabilisé le parti socialiste au cours des deux dernières années. Une tourmente que le PS a payée cash en termes électoraux : perte du mayorat à Charleroi, sanction aux élections fédérales au point de se faire piquer la première au hit-parade des paris francophones par un MR emmené par un Didier Reynders triomphant.La faute à qui ? A Jean-Claude Van Cauwenberghe. A tort ou à raison l'homme passe pour être le "parrain", quasiment au sens mafieux du terme, de sa ville. Un potentat par qui tout passe, un tyran à la main d'acier dans un gant de fer qui fait et défait les carrières comme les fortunes. Une image de Roi soleil sauce Pays noir.
Ses amis - ses affidés devrait-on dire - politiques démissionnent, se retrouvent en prison, sont inculpés. Lui passe entre les gouttes. Car, s'il est toujours cité, il n'est jamais inquiété.
Curieusement, cet homme vilipendé par les médias, ses adversaires politiques, jusque dans son propre parti, n'a jusqu'à présent jamais été entendu par la justice, dans aucune des affaires où son nom a été cité. Elio Di Rupo, président du PS, vivra là une des périodes les plus noires de sa présidence. Il veut changer l'image de son parti, changer les pratiques clientélistes, imposer de nouveaux visages - les rénovateurs - qui doivent être le signal d'une nouvelle culture politique socialiste. Mais comment écarter un Van Cauwenberghe qui, laissé tranquille par la justice, n'entend pas faire un pas de côté ? Comment faire, sans mettre en cause la présomption d'innocence, pour que Van Cau se fasse oublier ? Beaucoup reprocheront à Di Rupo de n'avoir pas tranché dans le vif. D'autres ne lui pardonneront pas d'avoir "tué" l'Obélix carolorégien.
Pour la première fois, Van Cauwenberghe est directement mis en cause. Le dossier, pour ce qu'on en sait, paraît léger. Mais il tombe à l'écart d'une période électorale. Van Cau n'est plus un enjeu. Il faut espérer que la justice fasse vite. La Wallonie doit tourner cette page-là. Au plus vite !

Perquisitions chez Van Cauwenberghe

Plusieurs perquisitions ont eu lieu ce matin, dont certaines toujours en cours, dans le cadre de l'enquête sur le hall omnisports de Beaumont. Elles ne visent pas seulement Jean-Claude Van Cauwenberghe, ancien ministre-président wallon, mais également Eric Van Sevenant, secrétaire de la Communauté urbaine de Charleroi-Val de Sambre.

Les perquisitions opérées ce mercredi matin dans l’enquête sur le hall omnisports de Beaumont, ne visent pas seulement Jean-Claude Van Cauwenberghe. Les enquêteurs se sont rendus au domicile du député régional (en présence du bâtonnier du barreau de Charleroi), ainsi qu’aux sièges des Mutualités socialistes de Charleroi, institution présidée par le député wallon socialiste (où ils sont toujours), à Aquasambre. Cette dernière perquisition viserait Eric Van Sevenant, directeur général de l’intercommunale et secrétaire de la Communauté urbaine de Charleroi-Val de Sambre, institution dont le siège se situe dans les bâtiments d’Aquasambre.
Par ailleurs, des perquisitions ont eu lieu à la DGPL (direction générale des Pouvoirs locaux), à Namur, et plus spécifiquement dans le bureau de sa directrice, Annie Van Boterdael.
Le Parlement wallon a-t-il reçu une demande de levée d’immunité parlementaire pour Jean-Claude Van Cauwenberghe ? « Non », répond José Happart (PS), président. « J’ai seulement été informé, comme le prévoit la loi, qu’une perquisition allait avoir lieu chez un parlementaire. Mais on ne m’a donné aucun détail sur son identité. »
Ces perquisitions sont effectuées dans le cadre de l’instruction sur la construction du hall omnisports de Beaumont. Mais quel peut être le lien entre Van Cau et ce dossier ?
Jeudi dernier, le bourgmestre de Beaumont, Charles Dupuis, et son secrétaire communal Bruno Lambert, avaient été entendus dans les bureaux de la police fédérale de Charleroi. Dans le même temps, des perquisitions étaient effectuées au domicile privé de l’entrepreneur Vandezande de Gilly et chez un architecte. La juge d’instruction Jacqueline Demol s’intéresse aux modalités de la passation du marché public relatif à la construction du hall des sports de Beaumont. C’est en 1998 que la Ville inscrit pour la première fois ce hall au budget communal à hauteur d’un million d’euros. Un architecte est désigné mais le projet reste dans les cartons. Ce dernier touche néanmoins des honoraires évalués, dit-on, à 5 millions de francs belges. Et pourtant, la Ville de Beaumont change subitement son fusil d’épaule, faisant table rase de cette première offre, pour désigner le promoteur Vandezande qui propose un complexe « clé sur porte » pourtant trois fois plus cher que le projet initial. En 2004, le hall sportif de Beaumont voit le jour. De nombreuses questions subsistent, dont celle-ci : pourquoi un tel revirement au profit de la firme Vandezande, déjà dans le collimateur de la Justice pour la construction du hall sportif de Jumet ? Et ce, pour un montant trois fois plus élevé que celui proposé par le premier architecte ! Selon nos sources, la gestion du hall des sports, dont
la régie communale dirigée par Bruno Lambert, intriguerait également les enquêteurs de la section financière. En deux ans, la trésorerie a en effet enregistré un déficit de 226.000 euros.
« Van Cau nous a soutenus »
Charles Dupuis, bourgmestre de Beaumont, explique avoir rencontré Jean-Claude Van Cauwenberghe sur ce dossier à la fin des années 90, sa commune manquant de moyens pour financer seule la construction du hall omnisports. Le Carolo était à l’époque président de la Communauté urbaine de Charleroi-Val de Sambre. Van Cau l’avait mis en contact avec Claude Despiegeleer, échevin carolo des Sports et président de la commission sportive de la Communauté urbaine. Celui-ci avait alors fait visiter des halls polyvalent à Marcinelle et à Jumet. « C’est alors que j’ai rencontré M. Vandezande », confie Charles Dupuis.
Selon le mayeur beaumontois, tant Despi que Van Cau ont alors jouer de leur influence politique pour obtenir un subside régional dans ce dossier. Ils sont parvenus à leurs fins en décembre 2002 quand le gouvernement wallon a octroyé une subvention de 1,433 million d’euros à Beaumont, le solde étant financé par la commune grâce à la revente de ses poteaux électriques à basse tension à l’intercommunale AISH (pour 900.000 euros) et via un emprunt (833.000 euros sur trente ans). Ces chiffres nous sont fournis par Charles Dupuis. « Je ne vois pas dans ce dossier où M. Van Cau aurait pu chipoter. Au contraire, il a travaillé pour sa région », poursuit le bourgmestre de Beaumont.
Les enquêteurs, eux, soupçonnent pourtant un marché truqué et une surfacturation. Pour rappel, l’entreprise Vandezande figurait parmi la quarantaine de fournisseurs (cités dans l’audit de la Région wallonne) travaillant régulièrement avec la Ville de Charleroi sous l’ancienne majorité socialiste. En 2004, 2205 et 2006, cela avait généré pour elle un chiffre d’affaires de 530.000, 560.000 et 324.000 euros, selon le rapport réalisé sous la direction de Gérard Delvaux.

26 mai 2008

Robert Wagner renvoyé en correctionnelle

La chambre des mises en accusation de la cour d'appel de Mons a décidé jeudi de renvoyer Robert Wagner en correctionnelle, confirmant ainsi une décision prise par la chambre du conseil de Charleroi le 5 octobre 2007, a-t-on appris à bonne source.Cet ancien transporteur reconverti dans l'immobilier, proche deJean-Claude Van Cauwenberghe, est soupçonné d'avoir détourné 855.000 euros de subsides, octroyés en 1997 à l'une de ses sociétés, "Charleroi Découpe".En 2001, l'administration avait réclamé le remboursement de la somme, la société de M.Wagner ne répondant plus à certains critères en matière d'emploi et d'investissements. Le dossier a ensuite été gelé durant cinq ans.Robert Wagner est inculpé de fraude aux subventions, d'escroquerie,faux et usage de faux ainsi que de corruption. Un haut fonctionnaire est également poursuivi pour corruption dans le cadre de ce dossier.

10 mai 2008

Câble wallon: le statut d'expert de Van Cau dénoncé

La télédistribution est un enjeu important de pouvoir en Wallonie. Le Carolo Jean-Claude Van Cauwenberghe, dépourvu de mandat officiel après les communales de 2006, y règne encore au titre d’expert rémunéré pour Brutélé et le groupement d’intérêt économique (GIE), qui joue un rôle majeur dans la réorganisation de la télédistribution dans le sud du pays. Une tâche qu’il facture à hauteur d’environ 31.000 euros en 2007 au GIE, selon le journal Le Soir.


Même s’il a dû renoncer à ses mandats d’administrateur, dans les faits, son empreinte est donc toujours palpable. Une situation pointée du doigt. Le collège communal de Charleroi dénonce "une affaire de pouvoir et de gros sous" existant entre l'ancien ministre-président de la Région wallonne et l'association liégeoise d'électricité (ALE) dans le cadre de la fusion toujours en cours d'ALE-Télédis et de Brutélé qui a donné naissance, après la reprise des autres intercommunales de télédistribution wallonnes, à Voo, selon Vivacité.
Les actionnaires bruxellois et carolos de Brutélé se sentiraient menacés par une alliance jugée étonnante entre Jean-Claude Van Cauwenberghe et les actionnaires liégeois d'ALE.
Jean-Claude Van Cauwenberghe, qui dispose donc d'un rôle d'expert destiné à réaliser au mieux l'intégration d'ALE et de Brutélé, se serait fait nommer expert "par simple intérêt financier personnel" et négocierait la fusion "à sa manière, en conservant ainsi pour lui, son fils et ses amis de beaux revenus".
Les responsables bruxellois de Brutélé auraient rencontré le collège communal de Charleroi pour exiger qu'un cabinet d'avocats indépendants "étudie les meilleures pistes pour une saine fusion".
De son côté, le Carolo fait mine de ne pas comprendre les tensions existantes dans le paysage des "câblos": "On me fait une guerre personnelle à laquelle je dois résister depuis plus d'un an", explique-t-il au Soir.

Van Cau s’accroche au câble wallon
Quel est le rôle exact joué par Jean-Claude Van Cauwenberghe dans la gestion du câble wallon ? Officiellement, aucun. Faute de mandat, après les communales de 2006, il a dû démissionner du conseil de Brutélé, ainsi que de la vice-présidence du GIE. Ce groupement d’intérêt économique a été créé il y a trois ans pour piloter la fusion par absorption de Brutélé par Tecteo, l’intercommunale liégeoise spécialisée dans l’énergie, les télécoms et les finances. L’accord du GIE prévoit que dans l’entité fusionnée, Brutélé pèsera environ 15 % des parts du groupe.
Même s’il a dû renoncer à ses mandats d’administrateur, dans les faits, l’empreinte de Van Cau est encore très sensible. Au conseil bruxellois de Brutélé, sa présence comme observateur avait été refusée par les nouveaux administrateurs nommés après les élections.
Mais en revanche, il ne manque aucune réunion du conseil wallon de Brutélé, qui couvre la région de Charleroi. Selon plusieurs sources, il participerait même activement à ces réunions.
À quel titre ? Depuis janvier 2007, Jean-Claude Van Cauwenberghe a été désigné comme expert pour le GIE. Pour l’année passée, il a d’ailleurs adressé au groupement d’intérêt économique quatre factures, pour un montant de plus de 31.000 euros. Elles concernent des présences aux réunions, des contacts avec les milieux politiques, la presse ou encore des responsables de chaînes de télévision.
Mais il y a plus étonnant encore : les administrateurs bruxellois de Brutélé ont fait appel au cabinet d’avocats Clifford Chance pour les conseiller lors de la procédure de fusion avec Tecteo. Or, après avoir refusé de s’associer à cette initiative, le conseil wallon de Brutélé a finalement choisi de s’y ranger, en confiant le rôle d’interlocuteur avec Clifford Chance à… Van Cau.
Une situation qui irrite plusieurs responsables bruxellois de Brutélé. Ils ont adressé des demandes d’explications au président du GIE, André Gilles, qui préside aussi l’intercommunale liégeoise Tecteo. « Nous avons demandé à plusieurs reprises à André Gilles de nous fournir la copie du contrat passé avec Jean-Claude Van Cauwenberghe, de même que ses rapports d’activités, note-t-on dans l’entourage de Brutélé. À ce jour, nous n’avons pas reçu le moindre élément de réponse. Ce manque de transparence ne peut qu’inutilement créer un climat de suspicion ». Des déclarations contestées par le président du GIE. « Toutes ces questions ont été évoquées à de multiples reprises lors des réunions du GIE », rétorque André Gilles. Un vrai dialogue de sourds au moment où les langues se délient dans l’entourage des câblos. Il se murmure que le soutien appuyé de Tecteo à Jean-Claude Van Cauwenberghe s’explique par des accords tacites remontant à la création du GIE, en 2005, dont l’ex-ministre président carolo était vice-président. D’aucuns rappellent que le poids politique de Van Cau a été déterminant pour convaincre Brutélé de se laisser absorber par son puissant voisin liégeois et que celui-ci paie aujourd’hui sa dette à son partenaire carolo.
« On me fait une guerre personnelle à laquelle je dois résister depuis plus d’un an, réplique Jean-Claude Van Cauwenberghe. J’ai mené cette longue négociation qui a conduit au projet de fusion entre Brutélé et Tecteo. Comme je n’ai plus de mandat local, le GIE a décidé de me nommer expert. À chaque réunion, je fais rapport aux administrateurs sur mes activités, comme l’analyse des décisions du conseil de la concurrence. Et l’on semble très satisfait d’un travail qui justifie largement ce que je facture ».
Une analyse que ne partagent pas tous les actionnaires de Brutélé. « Que Jean-Claude Van Cauwenberghe dispose d’une expertise sur le câble, soit, note Jean-Jacques Viseur (CDH) le bourgmestre de Charleroi, actionnaire le plus important de Brutélé. Mais ce poste ne pouvait en aucun cas venir en compensation de ce qu’il n’est plus administrateur ».

05 avril 2008

Charleroi: la vérité sur les affaires

Qui va être condamné ? A quand les procès ? La justice carolo poursuit un double objectif. Mettre hors d'état de nuire quiconque voudrait saboter la ville. Et pincer Jean-Claude Van Cauwenberghe, l'ami d'affairistes pris la main dans le sac. Une course contre la montre.
A propos de Jean-Claude Van Cauwenberghe , ancien patron du PS carolo, deux questions restent en suspens. Un : pourquoi a-t-il laissé faire Olivier Chastel, en septembre 2005 ? Le député libéral s'apprêtait à dévoiler le scandale de La Carolorégienne, cette société de logements sociaux exploitée par des échevins socialistes sans envergure. Chastel en a averti l'un d'eux, Claude Despiegeleer, franc-maçon comme lui, trois jours avant la sortie de son pétard médiatique. Le clan Van Cau n'a pas bronché.
Deux : pourquoi Van Cauwenberghe a-t-il démissionné de son poste de ministre-président de la Région wallonne, le 30 septembre 2005 ? « Un geste disproportionné et, donc, inexplicable », souffle-t-on aujourd'hui dans les milieux judiciaires. Van Cau pensait-il que Despiegeleer, son élève, arrêté le même jour, allait tout « balancer » ? Imaginait-il que la justice était plus avancée dans ses investigations ?
Ces questions et d'autres incitent les enquêteurs à poursuivre leur travail de sape. Des petites frappes (comme Despiegeleer) sont tombées. Un bourgmestre (Jacques Van Gompel) a fait un séjour derrière les barreaux. Des délinquants financiers sont passés aux aveux. Le fonctionnement politique d'une ville corrompue à tous les étages a été disséqué sur la place publique. Près de 50 acteurs de cette mauvaise pièce ont été inculpés. Un total de 80 dossiers sont ouverts. Mais la principale énigme reste entière : le « patron » s'est-il également enrichi ?
A lui seul, le cas des fonds de pension de la ville et de l'intercommunale qui gère tous les hôpitaux de la région (l'ISPPC) illustre les doutes actuels. Des sommes colossales d'argent public ont été jouées en Bourse, en 2000. Ce choix politique discutable s'est opéré sans la transparence requise, à l'époque où Van Cau exerçait un contrôle direct sur les opérations. Recommandée et contactée par le chef de cabinet de Van Cau à la Région wallonne, une petite société de conseil en placements - l'IFCA - s'est greffée de manière surprenante aux montages financiers.
Cet IFCA s'est fait payer doublement pour une mission très limitée : des rémunérations classiques prévues par contrat et des commissions occultes empochées dans des paradis fiscaux, par l'intermédiaire d'une société-écran enregistrée aux Bahamas et nommée « Grand Mandarin ». Au total, les deux associés de l'IFCA se sont joliment sucrés.
Quelque 3 millions d'euros de commissions secrètes ont déjà été exhumés par les enquêteurs de Charleroi. C'est beaucoup pour deux hommes ! Ceux-là ont sévi ailleurs qu'à Charleroi. En Région wallonne, en Communauté française et dans divers parastataux, telle la Société wallonne du logement, où ils avaient leurs entrées. Ils ont été inculpés pour corruption, en février dernier. Mais jusqu'où pousser l'enquête ? Deux hommes dotés d'appuis politiques ont-ils roulé tout le monde dans la farine ? Au contraire, servaient-ils de couverture ?
La ville a été spoliée par des seconds couteaux
Au pied des terrils, pendant plus de dix ans, de tels affairistes ont cohabité avec des gagne-petit . Ces derniers jouaient dans la catégorie inférieure. Il est probable qu'ils n'ont pas saisi tout ce qui se tramait dans les hautes sphères. L'ex-échevin Claude Despiegeleer incarne le mieux ces seconds couteaux, qui se sont servis de temps en temps sur la bête. La plupart sont poursuivis pour des abus de biens sociaux. « Une bande d'incultes pour qui le champagne et le homard constituent le sommet de la gastronomie », lâche un connaisseur.
Des profils assez simples : partis de rien, ces gens se sont élevés grâce à la politique, au clientélisme, à Van Cau. Pas vraiment des lampistes, toutefois, qui auraient gonflé quelques notes de restaurant. Additionnés, les « cadeaux » que les échevins socialistes s'octroyaient à La Carolo, sur le dos des petites gens, atteignent une centaine de milliers d'euros.
Plus grave, ces élus du peuple ont contribué à leur échelle à miner le fonctionnement démocratique de la première ville de Wallonie. Ces soudards ont goûté au pouvoir et en ont redemandé. Le dossier « ville » ouvert par la juge d'instruction France Baeckeland illustre à lui seul toute la folie de quelques hommes. Faux en écriture, marchés publics truqués, estompement généralisé de la norme : Charleroi a été littéralement spoliée. Et l'ancien maïeur Jacques Van Gompel a fermé les yeux. Pis ! L'homme du renouveau, tombé de son piédestal en octobre 2006, quelques jours après les élections communales, a voulu effacer certains agissements de Despiegeleer... après l'arrestation de ce dernier.
A travers lui, c'est le procès de la ville qui se tiendra prochainement. « L'état sinistré de Charleroi découle de ces déviances du pouvoir absolu, de choix politiques catastrophiques, d'un désinvestissement chronique dans l'enseignement, par exemple », commente un magistrat, stigmatisant la manière dont l'argent a été détourné du budget éducation vers celui du sport de haut niveau. Sans que la Région wallonne s'en émeuve réellement : pourquoi, donc, le pouvoir de tutelle n'a-t-il jamais décrété un audit complet de la ville ? Auditer puis aider, investir : voilà qui atténuerait l'impression d'abandon qu'on perçoit sur les bords de la Sambre.
Il est difficile de savoir quand tout a commencé. A coup sûr avant Jacques Van Gompel, qui, en 1995, a succédé à Jean-Claude Van Cauwenberghe, son ancien mentor. L'enquête judiciaire révèle des comportements pervers remontant à l'ère Van Cau, l'homme qui a installé ses soldats à tous les postes de commandement, qui a quadrillé la ville et tissé ses réseaux. Tout porte à croire que la justice ne creusera pas aussi profond, craignant la prescription et l'enlisement. En revanche, elle met les bouchées doubles sur la période contemporaine. L'objectif ? Limiter les sabotages, empêcher quiconque de nuire aux dirigeants actuels. L'an dernier, les patrons de l'administration, une kyrielle de hauts fonctionnaires et tous les échevins de l'ancienne majorité absolue socialiste ont été inculpés. Ce n'est pas fini.
Au sommet de la pyramide : une caste d'affairistes bien informés
Dans les rangs des véritables affairistes , on recense moins de victimes. On en convient au parquet de Charleroi : certains favoris du pouvoir, entrepreneurs privilégiés, cerveaux financiers et rouages intermédiaires courent encore les rues. « C'était prévisible, dit-on. Nous sommes confrontés, ici, à des champions de la dissimulation. Rien à voir avec les seconds couteaux. » Des enquêteurs sont allés à Paris, à Monaco, en Suisse ou sur la verte île de Man, un paradis fiscal perdu dans les brumes de la mer d'Irlande. Sur la trace de gros poissons, suspectés de blanchiment, d'escroquerie ou de corruption.
Les coups de sonde effectués dans ces milieux affairistes confirment la thèse initiale : ces gens-là ont profité de leur pouvoir et des informations qu'ils détenaient à des postes clés afin de réaliser des affaires entre eux, brasser des sommes énormes et décourager toute forme de concurrence loyale. Des proches de Jean-Claude Van Cauwenberghe, à chaque fois. Les associés de l'IFCA ont été invités sur les terrains de chasse de Charleroi grâce aux relations nouées, avant ça, avec l'homme-orchestre carolo, à l'époque ministre wallon du Budget.
L'ancien géant du transport Robert Wagner, également inculpé pour corruption, s'est reconverti dans le secteur immobilier grâce aux nombreux coups de pouce de Van Cau, qui reconnaît avoir « bousculé l'administration » pour soulager son ami. Ce Wagner qu'il fallait aider « pour le bien de Charleroi » se serait ensuite enrichi en détournant des fonds à son propre bénéfice, via un ou plusieurs faux en écriture établis par le fisc et la justice. Quant à l'ex-réviseur d'entreprises Daniel Lebrun, conseiller financier de Van Cauwenberghe pour plusieurs dossiers délicats réglés à Charleroi, il se serait imposé dans le contrat Immo Congo (investissement public à Kinshasa) grâce à ses appuis politiques. De manière légale ?
A intervalles réguliers, on annonce de nouveaux rebondissements dans cette affaire un peu vite pliée au parlement wallon. Enfin, l'entrepreneur Michel Vandezande vient d'être perquisitionné dans le cadre d'une autre affaire immobilière, à Jumet. Lui aussi bénéficie de la présomption d'innocence. Au même titre que Wagner, Vandezande fait partie de ces opérateurs toujours prompts sur la balle, sous l'ère Van Cau, avant même qu'un projet ne se dessine...
Des enquêteurs parlent d'un système d'occupation du pouvoir aux multiples ramifications. D'autres évoquent une toile d'araignée tissée avec une patience étonnante. Il a aussi été question d'une organisation criminelle, difficile à établir. Mais comment tracer l'argent découvert sur des comptes à l'étranger ? Comment défaire pareil écheveau ? Les grandes affaires politico-financières démarrent en général sur un détail, une distraction, une maladresse. Ici, la justice procède à l'envers. Elle tire sur tous les fils d'une énorme pelote en espérant, un jour, toucher au but. Elle cherche tous azimuts après que la cible (Van Cau) a été aisément remarquée. Le temps d'effacer toute preuve ?
Dans les milieux judiciaires, on avoue que, plus les mois passent, plus il faudra bétonner son argumentation avant de coincer Van Cau. Après le politique, ébranlé par la cascade d'affaires, c'est la justice qui se discréditerait en cas d'approximation.

03 avril 2008

Si tu veux être ministre, ne sois pas parlementaire !

Leçon de Van Cau et morale de l'histoire
Jean-Claude Van Cauwenberghe s'émeut de la désignation surprise de Julie Fernandez Fernandez et Frédéric Laloux dans le gouvernement Leterme Ier. Et dénonce la nomination de non-parlementaires dans les exécutifs.

Pour comprendre : Jean-Claude Van Cauwenberghe ne rate pas une occasion pour quereller Elio Di Rupo, jugé responsable de son départ précipité de l'Elysette à la fin 2005, dans la tourmente carolo. Le récent remaniement ministériel dans les rangs socialistes pour la formation de Leterme Ier, opéré par son président de parti, lui a ouvert une opportunité. La désignation surprise aux secrétariats d'Etat à la personne handicapée et à la lutte contre la pauvreté de deux trentenaires « inconnus », Julie Fernandez Fernandez et Frédéric Laloux (échevine à Liège, et ex-échevin à Namur, tout de même, donc élus dans leur ville) a provoqué quelques grognements dans le groupe parlementaire fédéral (« Quelle expérience politique ont-ils ? Et nous dans tout ça ? »), et les débuts chahutés du second (séquence télévisée sur la vraie-fausse attribution d'un cabinet à son nom, polémiques sur l'utilisation de sa carte de carburant de la Ville) ont achevé de faire des gorges chaudes.
Tradition
Voilà pour le contexte dans lequel Van Cau a signé, avec le député liégeois Charles Janssens, jeudi dans Le Soir, une carte blanche mi-doctrine mi-vitriol qui dénonce ce qu'il désigne comme une tendance lourde à hisser dans les exécutifs des non-parlementaires, parfois des non-élus, sans légitimité électorale, et intitulée : « Si tu veux être ministre, camarade, ne sois pas parlementaire ! ».
Ecorchant son président de parti et sa bête noire désormais, Paul Magnette, le très remarqué politologue de l'ULB propulsé l'an dernier au gouvernement wallon, puis au fédéral, après avoir éteint le feu carolo comme envoyé express du Boulevard de l'Empereur, l'ex-grand patron de la métropole wallonne s'interroge sur le sort de nos démocraties représentatives.
Vincent de Coorebyter (directeur du Crisp) recadre le débat : « N'oublions pas qu'un gouvernement n'est pas un parlement. J'attire l'attention sur la distinction en démocratie entre l'exécutif et le législatif, qui lui seul est composé d'élus, et dont l'objet est notamment de contrôler l'exécutif, ouvert à tous. Cela étant, il est vrai que la tradition chez nous veut que des parlementaires deviennent ministres, et Van Cau a raison de noter qu'elle a été égratignée ces dernières année. » Quoique très relativement, à ce stade. Côté non élus, Paul Magnette et, en 2001, Marie Arena, ont surgi au PS ; Jean-Claude Marcourt aussi (il était chef de cabinet). La nomination à Namur de Philippe Courard avait fait sensation en 2004, mais lui était mayeur, à Hotton. Bref, le phénomène est limité. La grande majorité des ministres sont issus d'assemblées parlementaires, les exceptions émanant, évidemment, de tous les partis. On pense, entre autres, à Marie-Dominique Simonet, Catherine Fonck, Benoît Lutgen, Josly Piette (CDH), Sabine Laruelle (MR), Kris Peeters (CD&V), Inge Vervotte (VLD)…
« Attention, en France, ils ont promu des Kouchner, Laporte, Tapie, Amara… On est donc allé chercher des non-élus parfois pour leur expertise, certes, mais encore pour leur côté symbolique, pour frapper l'opinion. Ce n'est pas le cas en Belgique. On prend des « vedettes » sur les listes électorales, pas dans les exécutifs, où les compétences importent en priorité ». Ou, parfois, la jeunesse. La nouveauté. Pour de mauvaises ou de bonnes raisons : créer l'événement médiatiquement, court-circuiter les structures internes, provoquer épisodiquement un renouvellement des cadres et des élites.
Fondé partiellement seulement, fleurant fort la polémique interne, l'appel de Van Cau à une reparlementarisation de la fonction ministérielle a donc surtout le mérite de bien signaler ceci, à propos de notre démocratie représentative : quelque chose ne tourne pas rond.

Gravir les échelons du parti ? Le contre-exemple carolo

Il fut un temps où le cursus normal d’un homme ou d’une femme politique impliquait un solide enracinement dans le terreau militant et un passage par l’école de la démocratie locale », écrivaient jeudi dans nos colonnes Charles Janssens et Jean-Claude Van Cauwenberghe. Le tandem socialiste voyait dans ce modèle l’incarnation de « l’éthique socialiste du mérite », à des années-lumière des pratiques de leur président Pygmalion.
On serait tenté d’applaudir, s’il n’y avait… l’exemple carolo. À Charleroi, le fonctionnement de l’USC sous Jean-Claude Van Cauwenberghe n’est pas étranger aux « affaires » qui ont secoué la Ville, depuis 2005. Le PS comptait presque autant de sections (16) qu’il y avait d’anciennes communes (15) et de postes au sein du collège (11 et la présidence du CPAS). En majorité absolue, celui qui voulait briguer un échevinat – l’échevin sortant ou le « leader de section » (nom donné au principal conseiller communal socialiste d’une section ne disposant pas d’un échevinat) – se devait de maîtriser troupes et débats au sein de sa section. Un découpage géographique inspiré par une volonté de proximité mais qui a vite tourné à la féodalité : aucun dossier ne pouvait se concrétiser sans l’aval de l’homme fort du coin. De même, le patron d’une section se devait d’écarter les trublions susceptibles de contester son autorité. On imagine volontiers le sort réservé à un Magnette ou à une Arena s’ils avaient dû effectuer ce cursus honorum du parti avant d’émerger…
Cette logique de pouvoir, appliquée à l’échelon supérieur (contrôler une majorité de section pour contrôler l’USC) a conduit le PS carolo, sous l’ère Van Cau, à privilégier la fidélité à la compétence, chacun bâtissant sa popularité électorale au départ de sa visibilité politique et sociale. Certains camarades ont ainsi pu accéder à des fonctions parce que, maître dans leur fief et dévoué à leur leader, ils s’étaient rendus incontournables. Au point de se croire tout permis.

Jean-Claude Van Cauwenberghe attaque Di Rupo : une nouvelle règle s’impose au PS pour devenir ministre : n’être ni député fédéral ou régional, ni sénateur.
De renouvellement de gouvernement en renouvellement de gouvernement, au niveau fédéral comme au niveau des entités fédérées, une nouvelle règle s’impose au PS pour devenir ministre : n’être ni député fédéral ou régional, ni sénateur.
Il fut un temps où le cursus normal d’un homme ou d’une femme politique impliquait un solide enracinement dans le terreau militant et un passage par l’école de la démocratie locale. Fort de combats électoraux remportés et d’une expérience de gestionnaire communal ou provincial, il se présentait alors aux élections régionales ou fédérales. S’il était élu député ou sénateur et confirmait cette légitimité populaire par des capacités politiques, il devenait alors naturellement ministrable.
Quoi de plus logique et rationnel que de confier les responsabilités exécutives du niveau supérieur à des élus du peuple que leur travail, leurs compétences, leur popularité avaient distingué aux yeux du président du parti. C’est en effet à ce dernier que la tradition confie la charge de constituer « ses » équipes ministérielles sur la base d’équilibres subtils entre fédérations, sexe et expérience.
Ne soyons pas hypocrites, ce type de désignation « discrétionnaire » a toujours entraîné son lot de désillusions, de frustrations voire de rancœurs chez les parlementaires oubliés par « le fait du Prince », mais cela sans pour autant pousser à remettre en cause la légitimité de telles désignations.
Il pouvait même y avoir exceptionnellement – ce que la loi permet – la désignation d’un extraparlementaire, « oiseau rare » que des compétences particulières et une expérience reconnue pouvaient appeler à une responsabilité ministérielle « spécialisée ». Là aussi, derrière les déceptions humainement compréhensibles, personne n’y a jamais trouvé à redire.
Aujourd’hui, ce qui était l’exception tend à devenir la règle. Au point qu’il ne fait pas bon être parlementaire si l’on nourrit la légitime ambition de devenir un jour ministre.
Croire que cette pratique présidentielle est appréciée par les militants serait se bercer d’illusions. Ne parlons même pas du petit monde des parlementaires qui n’a pas de mots assez durs pour critiquer, publiquement parfois, en sourdine souvent, cette dérive qui néglige ces « harkis » qui assument les combats électoraux.
Questionné sur ce phénomène nouveau qui fait adouber un futur ministre par le seul président du parti sans passer par la légitimation préalable de l’électeur, Paul Magnette, spécialiste de cette question en sa double qualité de politologue et de bénéficiaire du système, déclarait que « cela donnait un peu d’air… et apportait un regard nouveau à la fonction ministérielle ». Les parlementaires apprécieront, qui sentent le renfermé des couloirs d’assemblée et dont le regard est fermé par les coups reçus sur le ring des combats électoraux qu’ils ont dû assumer pour leurs idées et leur parti.
Cela étant, il convient encore d’établir une distinction ténue entre un mandataire local désigné ministre et celui qui n’a jamais vu un électeur ni de près ni de loin. Sur l’échelle de Richter de « l’illégitimité », la fracture politique n’est pas de même amplitude.
Pourquoi cette mode nouvelle et critiquable est-elle devenue la règle, s’interrogent nombre de militants et de mandataires socialistes, ne faisant en cela qu’amplifier une interrogation citoyenne ? Quelles en sont les motivations ? Plusieurs explications peuvent être avancées séparément ou cumulativement.
D’abord, probablement la volonté d’un président d’apparaître comme celui qui décide seul, sans contrainte, c’est-à-dire sans devoir s’embarrasser des succès électoraux des candidats ministrables.
Sans doute aussi cette obsession médiatique permanente qui conduit à vouloir toujours étonner et à réserver systématiquement aux médias ce que la presse qualifie de « surprise du chef ».
Certainement aussi cette arrière-pensée selon laquelle, pour bien tenir ses troupes parlementaires en main, il n’est pas inutile de leur démontrer par l’absurde que ce ne sont pas eux qui peuvent s’imposer au président, mais bien l’inverse. Sans parler du lien de dépendance qui se crée immanquablement entre le ministre privilégié et « son » président-créateur !
L’effet pervers immédiat de ce « système » est que les ministres non parlementaires n’auront plus de repos tant qu’ils ne le seront pas devenus. Ils n’auront plus qu’une obsession, compréhensible, celle de conquérir la légitimité électorale qui leur fait défaut.
Très bien… si ce n’est qu’ils le feront sur un pied d’inégalité médiatique avec leurs collègues/concurrents parlementaires restés dans le rang de leur fédération et dont – c’est le comble – on raillera la propension à serrer des mains et à fréquenter assidûment les manifestations « boudin-compote ».
Sans porter de jugement de valeur sur les personnes concernées, la question que l’on peut légitimement se poser est de savoir si cette option correspond bien à l’éthique socialiste du mérite, à la nécessaire transparence, au concept du travail politique récompensé ou, plus fondamentalement, aux exigences citoyennes de notre temps. Qu’on ne vienne surtout pas répondre par une dialectique fallacieuse que les sondages cautionnent ce type de méthode… Ce serait un peu vite oublier que, parfois, les électeurs ne se privent pas de la rejeter avec fracas… !
Au-delà de ces péripéties, la surenchère partisane étant ce qu’elle est, lorsque des règles communes ne sont pas imposées à tous, ne faut-il pas, aujourd’hui, s’interroger sur la nécessité de légiférer en la matière ?
En effet, dans le cadre actuel poussé à son paroxysme, on pourrait imaginer un gouvernement sans parlementaire, ce qui confirmerait, dans le meilleur des cas, une approche purement médiatico-technocratique et, dans le pire, une sélection exclusivement basée sur le « copinage ».
Face à ce qu’il faut bien appeler une dérive, on entend de plus en plus évoquer l’idée selon laquelle la Constitution, la loi ou le décret devrait exiger qu’on soit parlementaire pour devenir ministre ou, de façon moins radicale, que soit limitée la proportion d’extraparlementaires dans les gouvernements. On évoque également la nécessité d’imposer à un candidat à une élection parlementaire de siéger obligatoirement dans l’assemblée pour laquelle il a sollicité et reçu la confiance de l’électeur. Dans la foulée, on pourrait lui imposer de ne pouvoir siéger qu’au gouvernement issu de ce niveau de pouvoir. Plus besoin alors de disserter à l’envi sur les mérites respectifs du couplage et du découplage des élections fédérales et régionales : si chacun de ces deux niveaux essentiels dispose de son personnel politique « spécialisé », les « jeux de chaises musicales » ne sont plus à craindre, sans pour autant sacrifier l’intérêt de scrutins distincts, centrés sur les différentes problématiques.
Faire confiance à un homme ou une femme politique et lui conférer un « mandat » pour qu’il nous représente dans telle assemblée ne doit pas exposer l’électeur à découvrir, après coup, les résultats parfois étonnants de sa transhumance politique.
Plus les règles et les pratiques d’une démocratie représentative seront saines, logiques, compréhensibles et transparentes, plus le citoyen pourra adhérer sans retenue ni réserve aux institutions politiques, qu’elles soient fédérales et régionales. Moins elles le seront et plus le fossé entre l’opinion publique et la classe politique continuera à se creuser.
Un retour à des principes sains et normaux quant au choix des ministres est inscrit dans les astres. Inéluctable car allant dans le sens de l’objectivité et de la rationalité qui sont désormais réclamées du politique et qui sont de ces nouvelles exigences citoyennes marquées souvent au coin du bon sens.

20 mars 2008

« La Wallonie ne craint pas l’autonomie »

« Nous n’avons pas peur de l’autonomie. Il faut faire taire toute ironie qui dit que les Wallons ont peur de se prendre en main », a déclaré le ministre-président wallon, Rudy Demotte, ce mercredi devant le parlement wallon, lors du débat initié par son prédécesseur Jean-Claude Van Cauwenberghe sur la position de la Wallonie dans le débat institutionnel.

Les instances régionales sont partagées sur la question de savoir si la question doit être débattue uniquement dans le groupe de travail Wallonie-Bruxelles, ou si elle doit faire l’objet de discussions au parlement wallon. « La légitimité démocratique réside dans un parlement et non pas dans un groupe de travail », a remarqué M. Van Cauwenberghe, s’opposant ainsi à Michel de Lamotte (cdH), mais rejoint dans ses propos par Serge Kubla (MR).
Le ministre-président a pour sa part souligné que la réflexion ne devait pas se tenir dans un lieu unique. Il a précisé qu’il s’était forgé une opinion, entre la réforme défendue par Marc Uyttendaele et le Manifeste pour des Etats-généraux de Wallonie. « La Wallonie a son administration, son parlement, son gouvernement, son budget et sa capacité à se prendre en main », a-t-il souligné, invitant les partis démocratiques à prendre contact entre eux pour établir une position commune sur le sujet.

M. Van Cauwenberghe s’est finalement félicité d’avoir mis le débat sur le tapis au parlement. « Et je vois que M. Demotte devient plus régionaliste que moi… C’est un bonheur de faire des émules et de voir que le corpus de la pensée wallonne de M. Demotte s’enrichit », a-t-il conclu, rappelant que sa volonté n’était pas un « repli wallon » mais bien une « volonté de s’entendre avec Bruxelles, dans le respect des compétences des uns et des autres ».