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17 juin 2008

L'administration wallonne recrute

Environ 400 emplois sont vacants ou seront vacants à court terme dans l'administration wallonne, a annoncé le ministre wallon de la Fonction publique, Philippe Courard, au cours d'une conférence de presse.
Dans les prochaines semaines, 19 concours de recrutement vont être lancés. Les postes concernent quelque 200 postes universitaires dont des ingénieurs (agronomes, civils et industriels), des architectes, des juristes, des médecins et des économistes.
Une centaine de contrôleurs de travaux (construction et électricité) ainsi que des bacheliers diplômés en comptabilité, construction, secrétariat de direction, agronomie, etc. sont également recherchés.
L’administration wallonne (MET et Ministère de la Région wallonne, qui ne formeront prochainement plus qu’une entité) compte actuellement quelque 9.000 fonctionnaires. Mais compte tenu du vieillissement de la population, on prévoit quelque 3.000 départs à la retraite au cours des 10 prochaines années. « Il est donc temps d’attirer de nouveaux talents, qui sont des spécialistes pour des fonctions précises », a souligné Philippe Courard.
Une campagne de sensibilisation, sur le thème « Laissez vous tenter » va être lancée dans les écoles, mais aussi vers le grand public via des clips vidéos, qui présentent des fonctionnaires exerçant les fonctions recherchées.
L’appel à candidatures pour les 9 premiers concours (ingénieur, économiste, architecte, juriste et assistant Nature et Forêts) sera lancé le 21 juin sur le site du SELOR (www.selor.be). Les premiers résultats seront connus avant la fin de l’année. Les 10 concours suivants seront lancés à l’automne. Les conditions d’accès à ces épreuves figurent sur le portail de la Région wallonne (www.wallonie.be).
« L’administration wallonne a trop souvent l’image d’une institution lourde, dans laquelle on ne travaille pas beaucoup. Il n’en est rien ! La fonction publique s’est modernisée et il est possible d’y effectuer un job intéressant, valorisant, utile collectivement, dans un environnement de travail agréable, avec des outils et des technologies évolués », a conclu le ministre.

01 octobre 2007

Le chef du Met bientôt réintégré

L'auditeur du conseil d'Etat, estime que la décision de l'exécutif wallon le mutant ailleurs est illégale.Elle viole les droits de la défense et lui cause un grave préjudice difficile à réparer.M. Piraux n'aurait pas été suffisamment entendu.
BELGA
Le commandant du Met à l'aéroport de Charleroi (BSCA), Michel Piraux (57 ans), sera-t-il bientôt réintégré dans ses fonctions sur le tarmac carolo ? En effet, dans la foulée de sa volte-face renonçant au poste de conseiller que le ministre André Antoine (CDH) lui proposait à la Sowaer (Société wallonne des aéroports), il a introduit un recours en extrême urgence au conseil d'Etat contre la décision du ministre Philippe Courard (PS) le mettant la disposition de l'administration (direction du développement technologique du Met) à Namur. Il demande la suspension de la décision et de celle nommant son adjoint (Eric Anselme) pour assurer l'intérim sur le tarmac carolo.
Selon nos informations, le dossier a été plaidé vendredi devant la haute juridiction administrative et l'avis de l'auditeur est favorable à Michel Piraux.
Sans pour autant se prononcer sur les griefs retenus à l'encontre du commandant (déloyauté vis-à-vis de la Région, etc.), l'auditeur estime que les autorités wallonnes n'ont pas respecté les procédures en vigueur, elles auraient violé les droits de la défense. D'après lui, la décision du ministre Courard n'est pas suffisamment motivée. Il estime aussi que le commandant Piraux n'a pas été (assez ?) entendu. Par conséquent, l'arrêté ministériel l'envoyant sous d'autres cieux porte atteinte à sa réputation et lui cause un préjudice grave difficilement réparable.
Michel Piraux et son avocat, Cédric Molitor (cabinet Bourtembourg à Bruxelles) se refusent à tout commentaire et attendent l'arrêt définitif du conseil d'Etat, qui devrait tomber cette semaine. Comme la haute juridiction administrative suit généralement l'avis de son auditeur, le retour du patron du Met à Charleroi semble être acquis. Mais sa réintégration pourrait n'être que de quelques jours. Car au cabinet du ministre Antoine, on assure qu'on reprendra la procédure en respectant cette fois les formes et en expliquant mieux au commandant les griefs à son encontre. Un accord de règlement du dossier à l'amiable n'est pas exclu, mais toujours avec M. Piraux ailleurs que sur le tarmac carolo.

Départ du chef commercial
Selon nos informations, le conseil d'administration de BSCA (société gestionnaire de l'aéroport de Charleroi) a avalisé la semaine dernière le licenciement du directeur commercial, Philippe Liévin. Cela fait près de dix ans qu'il travaille au sein de la société dont il a plusieurs fois assuré l'intérim du poste d'administrateur délégué. Les deux parties (qui se refusent à tout commentaire) se seraient séparées d'un commun accord, mais il semble que c'est l'absence de résultats dans le chef de Philippe Liévin qui est la cause de son licenciement par l'actuel administrateur délégué de BSCA, Marcel Buelens. Il souhaiterait professionnaliser davantage la gestion du site avec à la clé des objectifs de résultats.

Unicité de gestion : les Liégeois en tête

Plus d'agents du Met à Liège-Airport qu'à Charleroi se sont prononcés pour rejoindre la filiale qui assurera bientôt les tâches de sûreté.
Le projet de filialisation des services de sûreté sur les aéroports de Liège et de Charleroi suit aujourd'hui son cours normal. Après la grève qu'il a déclenchée le 15 juin et la concertation sociale (plus la séance d'information du 30 août sur les deux sites), les agents du Met en poste sur les deux plates-formes régionales ont reçu un courrier les invitant à opérer un premier choix. Ils doivent dire s'ils veulent rejoindre la filiale (une société sur chaque aéroport) qui assurera prochainement les tâches de sûreté ou retourner dans l'administration. L'administration aurait reçu plus de réponses des agents liégeois qu'à Charleroi. De plus, ces derniers sont davantage tentés par un poste au sein de la filiale, alors que les Carolos préféreraient retourner dans l'administration. Sur les 63 agents du Met en poste à Liège (78 à Charleroi), une quarantaine seraient concernés (50 à 60 à Charleroi), une quinzaine auraient déjà donné leur réponse et une dizaine s'apprêteraient à faire de même. "Peu ou pas de réponse des agents Charleroi" , nous dit-on.
Le décret instaurant l'unicité de gestion et créant les deux filiales (Charleroi, Liège-Airport) sera présenté en deuxième lecture au gouvernement wallon ce jeudi par le ministre Antoine (CDH). Il sera ensuite envoyé au conseil d'Etat pour avis avant un débat en commission au parlement wallon. L'objectif est qu'il entre en application dès le 1er janvier 2008. En attendant, le commandant-adjoint du Met à Liège-Airport, Frédéric Gaillard, vient de se voir confier une mission spéciale auprès de BSCA à Charleroi. Sa tâche sera de préparer la mise en place de la filiale de sûreté dont il deviendra le directeur-général. Il travaille actuellement à l'intégration des normes européennes de sûreté à Liège-Airport et devrait démarrer sa mission à Charleroi dès le 15 octobre.

12 septembre 2007

Le Conseil d'État suspend le permis du Trilogiport

Nouvelle victoire pour Electrabel contre la plateforme multimodale. Le projet aurait dû être soumis à une étude d'incidences sur l'environnement.
Le coup de tonnerre, car c'en est un, a mis un certain temps à être entendu. Le 7 août dernier, le Conseil d'État rendait un arrêt suspendant l'exécution du permis d'urbanisme accordé, le 9 octobre 2006, au Ministère de l'Équipement et des Transports (MET) pour la construction du Trilogiport, la plateforme multimodale d'Hermalle-sous-Argenteau.
C'est la société Electrabel qui avait introduit une demande en suspension et en annulation du permis, en décembre 2006. Motif principal, suivi par le conseil d'État malgré l'avis contraire de l'auditeur : en tant que plateforme ferroviaire et intermodale de plus de 2 hectares, le projet aurait dû être soumis à une étude d'incidences sur l'environnement (EIE) réalisée par un bureau d'études indépendant. Electrabel a toujours soutenu cette hypothèse, notamment lors des enquêtes publiques.

La réponse du MET et de la Région wallonne, qui a accordé le permis, c'est que la demande n'envisageait pas le raccordement au réseau ferroviaire. Pour la bonne et simple raison qu'il faut pour cela passer par les terrains privés du site Arcelor de Chertal, et qu'on n'a jamais trouvé d'accord avec Arcelor à ce sujet. Il est vrai que dans le projet Trilogiport, le rail occupe une place anecdotique. Avec voie d'eau et route, la plateforme fonctionnerait à suffisance. Le rail, c'était une « potentialité » du site, qui serait envisagée par après.
« Cette défense de la Région wallonne ne résiste pas à l'analyse, affirme Tangui Vandenput, avocat d'Electrabel dans l'affaire. Comme nous, le Conseil d'État constate que dans tous les documents présentant le Trilogiport, on parle de sa trimodalité, et du rail en particulier. Ça ressemble donc à un saucissonnage volontaire du projet pour faire l'économie de l'étude d'incidences. »
Le permis est donc suspendu. Il n'est pas (encore ?) annulé, mais ne peut être exécuté. Ça ne change pas grand-chose sur le terrain : depuis près d'un an, le dossier est bloqué par un autre jugement, qui avait déclaré illégale l'expropriation d'Electrabel de ses 67 ha de terrains (sur les 110 du projet). Les négociations serrées menées entre la Région et Electrabel sur l'indemnité à verser à la société pour se rendre propriétaire de ses terrains n'ont toujours pas abouti. Voilà qui explique la discrétion autour de cet arrêt du Conseil d'État, qui vient à coup sûr renforcer un peu plus encore la position d'Electrabel autour de la table des négociations. « Tout ce que nous voulons, c'est obtenir pour nos terrains une indemnité conforme à leur valeur, rappelle le porte-parole d'Electrabel. Si c'est le cas, les actions en justice seront abandonnées. »
« Les négociations sont très difficiles, et notamment parce qu'il ne s'agit pas d'une discussion de particulier à particulier : c'est d'argent public que nous parlons, souligne Dirk Desmet, chef de cabinet du ministre Daerden. Nous devons donc les mener en concertation avec le comité d'acquisition, et dans le respect de toutes les règles. Mais je n'ai pas le sentiment que c'est plus compliqué depuis l'arrêt. »
Ce qui est plus embêtant par contre avec cet arrêt, c'est qu'à supposer même qu'Electrabel trouve un accord avec la Région, éteigne son action et que le permis retrouve tous ses effets, d'autres plaignants pourraient se prévaloir de l'arrêt du Conseil d 'Etat pour attaquer le permis devant d'autres juridictions. « En tout état de cause, nous allons réagir au Conseil d'Etat, et aller nous-mêmes en recours contre cette décision », confirme D. Desmet.
Reste qu'en attendant le Trilogiport ne cesse d'accumuler du retard, alors qu'on piaffe d'impatience pour s'y installer. Et le projet n'a jamais semblé si proche de l'abîme.

29 août 2007

Kris Peeters veut modifier les heures du transport routier

Le transport routier de marchandises devrait s'effectuer plus tard dans la matinée et aux alentours de l'heure du midi, selon une étude commandée par la Région flamande. Le ministre-président flamand également en charge des ports, Kris Peeters (CD&V) va lancer, en collaboration avec le secteur de la logistique, une série de projets pilotes visant une meilleure répartition du transport par la route, a annoncé mardi le cabinet de M. Peeters. L'Université d'Anvers a mené une enquête pour déterminer si une optimalisation et/ou une extension des temps de chargement et de déchargement des différents acteurs de la chaîne logistique peuvent contribuer à une meilleure répartition du transport de biens par la route. Il ressort de l'étude qu'une extension des temps de chargement et de déchargement ne serait pas indiquée. Par contre, un déplacement des flux de transport des heures de pointe matinales à un moment plus tardif dans la matinée ou à la pause de midi semble une solution plus adaptée. Il y a déjà des accords avec Bekaert et Volvo Logistics pour les projets pilotes qui devraient débuter cet automne. (belga)

La vignette pour Leterme
(29/08/2007)
Impôts, routes, sport, budget, communautaires, le ministre Daerden dresse ses priorités. Il craint le prochain accord fédéral

Michel Daerden est revenu de vacances pour inaugurer la nouvelle aire autoroutière de Lichtenbusch, sur la E40 à la frontière allemande. "Nous avons beaucoup travaillé. " Même sur le dossier de la vignette ? "Je vais la remettre sur le métier. J'ai trouvé un système qui va séduire Leterme."
L'homme fort du budget francophone ne cache pas non plus qu'il analyse ses finances : "On réfléchit sur les impôts. Je présenterai également un ajustement budgétaire au Parlement wallon dès la rentrée. Je n'ai aucun problème de budget actuellement. Toutefois, je crains le contenu du prochain accord du fédéral. Que contiendra-t-il ?"
Vraiment inquiet ? "Quelles seront les futures modalités financières pour les Régions et les Communautés. Cela pourrait avoir un impact important. À cela, il faut ajouter la hausse des taux d'intérêt. Ce n'est pas négligeable."
Le ministre ajoute que "le fait qu'il n'y ait pas de gouvernement fédéral n'a toutefois pas d'impact sur le fonctionnement de la Région."
Il craint aussi le vieillissement de la population : "C'est un vrai défi. On n'en tient pas assez compte."
Il veut aussi investir dans le sport de haut niveau : "Des moyens seront dégagés et des synergies seront poussées. Nous avons d'excellentes infrastructures et en nombre. Il faut mieux les utiliser au travers de l'axe Mons-Liège."

Hier, Michel Daerden, a annoncé que l'une de ses priorités était la sécurité et la propreté du réseau routier wallon. "J'ai dégagé 20 millions d'euros pour permettre le ramassage des déchets, via notamment l'engagement de 168 personnes dans le cadre du PTP. Je veux que notre réseau soit l'un des plus beaux d'Europe".

Le ministre Daerden a rappelé la volonté du gouvernement wallon de labelliser les aires autoroutières. Une idée lancée par le ministre Lutgen voici peu. Hier, sur l'aire de Lichtenbusch, il a inauguré le premier hôtel wallon situé sur une aire autoroutière. "Cette aire de Lichtenbusch est une des 18 aires autoroutières wallonnes qui vont être rénovées. La prochaine aire à présenter un nouveau visage sera celle de Spy, sur la E42".
Enfin, un projet pilote d'installation du wifi sur une aire autoroutière sera lancé par la Sofico en 2008.

M. Daerden veut faire du réseau routier wallon le plus beau d'Europe

L'inauguration de la nouvelle aire autoroutière de Lichtenbusch, sur la E40 à la frontière allemande, a été l'occasion pour le ministre wallon de l'Equipement, Michel Daerden, d'annoncer qu'une des priorités était la sécurité et la propreté du réseau routier wallon. Son ambition est d'en faire "un des plus beaux d'Europe".

Le point fera prochainement l'objet d'une réunion au MET mais le ministre a déjà pointé ses priorités. Le nettoyage des abords des routes et autoroutes, des aires autoroutières et des bretelles de sortie, sera amélioré.
Les ouvrages d'art, les glissières, les ponts et les bermes seront également nettoyés et réparés. Le ministre a rappelé qu'une somme de 20 millions d'euros avait été débloquée pour permettre le ramassage des déchets, via notamment l'engagement de 168 personnes dans le cadre du PTP (programme de transition professionnelle).La nouvelle aire autoroutière de Lichtenbusch fait partie de cette modernisation du réseau. Le ministre Daerden a en effet rappelé la volonté du gouvernement wallon de labelliser les aires autoroutières. L'aire de Lichtenbusch dispose désormais d'une station-service avec un shop, d'un restoroute et d'un hôtel. Un investissement de 13 millions d'euros a été consenti sur le site. L'aire se singularise par une passerelle qui relie les deux sens de l'autoroute, mais également par le premier hôtel wallon situé sur une aire autoroutière. Il s'agit d'un hôtel "Etap" de 86 chambres, qui sera terminé à la mi-septembre. L'aire de Lichtenbusch est une des 18 aires autoroutières wallonnes qui vont être "reliftées". La prochaine aire à présenter un nouveau visage sera celle de Spy, sur la E42. (belga)

17 juin 2007

Une nouvelle fonction publique W

MAJ 16/06/2007


Un seul ministère wallon va voir le jour. Certains fonctionnaires restent à convaincre

"Il n'y aura pas de perte d'emploi, pas de licenciement et pas de délocalisation à des dizaines de kilomètres." Hier, Philippe Courard, ministre wallon de la Fonction publique devait faire face à tous ses fonctionnaires pour leur expliquer les grands changements dans l'administration wallonne.
Ils sont nombreux les fonctionnaires qui sont inquiets de voir cette réforme se mettre en place : "Je comprends qu'il y ait certaines craintes et je suis là pour dialoguer avec les fonctionnaires qui le souhaitent."
Concrètement, la modernisation de la fonction publique prévoit le regroupement du MET (Ministère de l'Équipement et des Transports) et du MRW (Ministère de la Région wallonne). "L'administration aujourd'hui, c'est une succession de Directions, plus ou moins étanches, qui ne se parlent pas assez, qui ne collaborent pas assez, qui n'échangent pas assez. Je veux au contraire réfléchir à une administration qui ne forme qu'un, une administration homogène."
Des groupes de travail ont été mis en place. Ils devront notamment établir le cadastre des effectifs existants. Un premier rapport sera rendu en septembre. Les groupes de travail établiront un inventaire final des missions transversales, un inventaire des bâtiments... La phase d'exécution débutera dès janvier 2008.
Le projet est de faire dépendre l'administration du seul ministère de la Fonction publique en 3 niveaux :
le secrétariat général;
SAT : les ressources humaines, l'informatique, le budget, la logistique,... réunis au sein des Services Administratifs Transversaux. Soit les services qui permettent aux divisions de travailler, de fonctionner;
les SAO : les Services Administratifs Opérationnels sont ceux qui rendent des services aux citoyens, aux entreprises, aux communes,...

24 avril 2007

Sotegec : le Met et Daerden dans la danse ?

Un témoin a rapporté des éléments précis faisant état d'éventuelles bizarreries dans des marchés publics. Le parquet de Namur a ouvert une information. Il a averti le parquet général au cas où le ministre Daerden serait visé.

L'affaire émerge en 2006. Un témoin entend un trio de fonctionnaires discuter de l'affaire Sotegec, où fut principalement mis en cause Bernard Anselme, le ténor socialiste de Namur (lire ci-contre). Au cours de cette discussion, que des sources proches de l'enquête nous ont dit contenir des éléments précis et identifiables, des marchés publics passés entre le ministère wallon de l'Equipement et des Transports (Met) et le bureau d'études Sotegec étaient évoqués. Des marchés à la passation peu limpides, selon la mémoire du témoin.

Et de préciser qu'il s'agissait somme toute, pour le département de Michel Daerden (PS), de faire plaisir à M. Anselme en favorisant sa compagne, patronne de la Sotegec, Rita Maillard. Ce témoin s'est ensuite ouvert des propos entendus à la justice de Namur.

À l'information depuis 2006

Soyons nets : on n'accuse pas M. Daerden d'être coupable de quoi que ce soit, le dossier n'étant pas assez avancé pour permettre une affirmation positive ou négative; de quelle importance seraient les marchés éventuellement en cause et savoir si la justice a pu les identifier, c'est ignoré; nous parlons donc d'un témoignage et rien que de cela.

Mais il a été pris assez au sérieux pour justifier l'ouverture d'une information judiciaire, a appris "La Libre". Vendredi, le procureur du Roi de Namur, Bernard Claude, n'a pas souhaité nous livrer le moindre commentaire à ce sujet, se bornant à nous indiquer que, de toute façon, l'affaire n'était pas de sa compétence.

De fait, le procureur général de Liège, Cédric Visart de Bocarmé, nous expliquait le même jour qu'"il est clair que si le ministre est concerné, c'est chez nous que ça doit venir". Dans un premier temps, pourtant, le haut magistrat n'avait pas souvenir que ce soit arrivé : "Je n'ai absolument rien entendu. Le procureur du Roi ne m'a envoyé aucun rapport à ce sujet-là, et c'est la première fois que j'entends parler de M. Daerden dans le dossier Sotegec". Il se disait certain de la chose. Y aurait-il eu maldonne entre le procureur du Roi de Namur et le "PG" de Liège ?

Malgré tout, le week-end nous apportait une nouvelle confirmation qu'un dossier Sotegec/Met existe bien.

Lundi, le procureur Bernard Claude, que nous questionnions pour vider le dilemme, nous répondait, sans passion mais en refusant d'aborder le fond du dossier, qu'"une information judiciaire a été ouverte sur les relations Sotegec/Met au parquet de Namur et que, dans le contexte, j'ai considéré qu'il était de mon devoir de prévenir le procureur général, ce que j'ai fait par une lettre du 29 novembre 2006". En effet, si un ministre pouvait être concerné, disait lui-même le "PG"...

Pour l'anecdote, on relève que M. Claude avait donc bien fait son travail, ce que M. Visart nous confirmait lundi aussi, après avoir "réinterrogé le magistrat qui suit le dossier chez nous". Résultat : il y a une "information [...] et des vérifications ont été faites, mais qui n'ont donné lieu à aucune dénonciation infractionnelle, pour le moment en tout cas".

Pour le reste, les interprétations ne se superposent pas parfaitement. Côté parquet, c'est le contexte "ministériel" qui était donc à l'origine de la transmission du dossier au parquet général, alors que M. Visart y voit désormais aussi l'exercice d'un contrôle sur le dossier Sotegec.

D'autre part, le "PG" trouve la fiabilité de la source incertaine et la dit anonyme. Il a peut-être raison pour le premier adjectif, mais le nom du témoin figure dans les PV.

Toujours est-il que voilà un pseudopode inattendu à l'affaire Sotegec. Avec quelles suites ? C'est une autre histoire...

Anselme réentendu
Hasard de calendrier : on a appris lundi que, en marge du dossier Daerden, l'affaire Sotegec venait de conduire, le matin même et à nouveau, l'ancien bourgmestre namurois et ancien ministre-Président de la Région wallonne puis de la Communauté française et ex-ministre fédéral des Affaires sociales, Bernard Anselme (PS), chez le juge d'instruction Philippe Olivier.
On se souvient que le soupçon pèse que le bureau d'études Sotegec, dirigé par la compagne de M. Anselme, Rita Maillard, ait été outrageusement favorisé par la Ville de Namur - en version Anselme - pour l'obtention de marchés publics, du fait de leur relation. Il en va de même pour le CPAS namurois et pour la société de logements sociaux "La joie du foyer". En pratique, la justice soupçonne que des marchés aient été attribués soit grâce à de faux prix bas (les contrats étaient ensuite grevés par de lourds avenants), soit en soustrayant des documents de l'examen au conseil communal, soit en omettant simplement la moindre mise en concurrence.
Bernard Anselme avait d'ailleurs été inculpé en octobre 2006, avec l'échevin du Patrimoine Jean-Louis Close (PS) et le secrétaire communal Jean-Marie Van Bol (par ailleurs professeur en matière de marchés publics), pour entrave à la liberté d'enchère, pour prise d'intérêts ainsi que, enfin, pour faux et usage de faux.
Bref, questionné par l'agence Belga, le procureur du Roi de Namur, Bernard Claude, a indiqué que la nouvelle audition de lundi était destinée à faire des recoupements avec des informations reçues par le juge d'instruction lors des auditions des membres du personnel communal .