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27 mai 2008

Reynders souhaite la publication des mandats

Mandats et salaire des députés wallons mieux contrôlés
La Commission des Affaires intérieures du parlement wallon a ratifié à l’unanimité l’arrêté du gouvernement qui soumet les élus locaux à une déclaration de mandats ainsi qu’à une limite de rémunération.

L’arrêté s’inscrit dans le cadre d’un décret pris en 2005 alors que les affaires politico-judiciaires battaient leur plein. Il habilitait le gouvernement à prendre une série de dispositions visant à régler l’exercice de mandats dérivés, c’est-à-dire un mandat exercé en vertu d’un mandat originaire, par exemple dans une intercommunale.
Pour être d’application, ces arrêtés devaient être ratifiés par le parlement. Cette ratification a créé la polémique il y a deux semaines lorsqu’il est apparu que le bureau du parlement wallon avait commandé une étude juridique sur le point de savoir si les parlementaires qui exercent un mandat local devaient également être soumis à cette législation.

DIDIER REYNDERS, président du MR, veut que le décret Courard soit voté. Et même que son champ d'application soit étendu. La publication des mandats wallons sera débattue ce mardi au Parlement.

Reporter le vote sur la publication des mandats ? Jouer la montre ? « Pas question », répond Didier Reynders.
C'est le sujet qui fâche. L'examen, ce mardi en commission des Affaires intérieures, du décret Courard sur la publication, par les élus locaux, de leurs mandats (bourgmestre, échevin, président de CPAS…), mandats dérivés (administrateur d'intercommunales…) et autres avantages en nature, provoque toujours d'aussi fortes crampes d'estomac. Au sein de la majorité PS-CDH, bien sûr – rappelons qu'un amendement était à l'étude pour que le texte ne s'applique pas aux députés wallons –, mais également au MR.
Manifestement, l'ambiguïté affichée par certains barons réformateurs, n'a pas plu à tout le monde. La preuve ? Didier Reynders sort du bois et donne clairement la position que défendront « ses » députés en commission.
Quelle sera la position du MR, en commission, sur la question de la publication des mandats ?
Je demande à la majorité d'assumer et de voter des règles strictes en matière de publication des mandats et des rémunérations. S'il y a des corrections à apporter, on le fera plus tard.
La position qu'avait défendue la semaine dernière Serge Kubla, votre chef de groupe au parlement wallon, était nettement plus ambiguë…
Je le répète, notre position est très claire : on doit avancer maintenant, même si je comprends bien qu'il y ait eu des débats. Il faut que le parlement vote.
Les « opposants » au texte Courard font remarquer qu'en cas de vote, il introduira des parlementaires à deux vitesses : les Wallons, contrôlés et sanctionnés, et les autres…
Je comprendrais très bien que l'on propose de lancer une concertation avec les différents niveaux de pouvoirs pour aller vers les mêmes règles. La seule chose que je demande, c'est que ça n'empêche pas d'avancer en Wallonie. Je souhaiterais également que le débat ait lieu à Bruxelles. Mais pour l'instant, la majorité (PS-CDH-Ecolo, NDLR) n'a pas l'air de s'en soucier beaucoup. Enfin, je ferai remarquer, en tant que Wallon, que ces dernières années, la Wallonie a fortement défrayé la chronique. Il n'est donc pas anormal que les mesures les plus fortes se prennent là où les problèmes les plus importants sont apparus.
À vous entendre, le gouvernement wallon aurait pu aller encore plus loin…
Nous pensions, à la lecture du texte initial, que la majorité PS-CDH exigerait la publication des montants des rémunérations des mandats publics. Le problème c'est que dans les arrêtés, le gouvernement a fait marche arrière. Au MR, on est demandeur pour que l'on publie clairement les montants.
Une autre chose me surprend : les sociétés de logement de service public sont en dehors du champ d'application du texte. C'est aberrant. En Wallonie, s'il y a un secteur qui a défrayé la chronique ces dernières années, c'est bien celui-là. Pourquoi les mettre en dehors du système ? On aimerait corriger cela.
Enfin, j'estime que le contrôle des mandats ne doit pas dépendre de manière exclusive du gouvernement. C'est un ministre qui vous le dit, je n'ai jamais vu un gouvernement contrôler les élus. C'est le monde à l'envers… Surtout, je vous l'avoue, que nous n'avons aucune confiance dans la manière dont ce contrôle peut s'exercer chez M. Courard. Il suffit de voir la façon dont la tutelle wallonne traite les dossiers et se comporte. Dès qu'un responsable socialiste est en cause, il y a une sorte de règle qui empêche le ministre de tutelle d'aller plus loin.
Quelle sera votre attitude si l'amendement visant à ce que
le décret ne s'applique pas aux députés wallons est voté ?
Si la majorité veut à nouveau se déjuger, je demanderai aux parlementaires MR de déposer tout de suite une proposition de décret qui vise les députés wallons. Je vous rappelle que si on en est là, c'est parce que la majorité PS-CDH nous avait annoncé une tornade blanche et éthique. On est dans l'improvisation totale. Or, on ne s'improvise pas spécialiste en matière éthique, il faut un peu d'expérience…
Le texte de Philippe Courard exonère les ministres de tout contrôle, trouvez-vous ça normal ?
Les ministres sont frappés par une autre règle : l'incompatibilité. Ils ne peuvent être ni bourgmestre, ni échevin. Par contre, j'aurais trouvé normal qu'en Région wallonne, on interdise à un ministre, comme c'est le cas au fédéral, d'être administrateur d'une structure publique. Je constate que ce n'est pas le cas.
Dans un autre registre Elio Di Rupo estime « honteuses » les attaques dont le PS est l'objet à propos du recrutement des hauts fonctionnaires wallons par le Selor, une réaction ?
Qu'il en parle avec le CDH, son partenaire à la Région. Je constate que le CDH a déposé une proposition de commission d'enquête au fédéral sur le fonctionnement du Selor. C'est une position assez hypocrite car il est évident que si on arrive à mettre cette commission en place, elle va évidemment examiner la situation à la Région wallonne où la majorité, donc le CDH, nous refuse une commission d'enquête. Ce serait, plus transparent et moins hypocrite de la part des centristes d'accepter un débat complet.

14 mai 2008

Des députés wallons pas très éthiques

Ils consultent… pour échapper aux déclarations de mandats

LE DÉCRET COURARD doit être voté d’ici au 20 juin. Pour l’éviter, les députés wallons font lanterner le ministre.
Retournons, une fois de plus, le couteau dans la plaie. Septembre 2005. Le scandale de la Carolo éclate, qui met en lumière les comportements inacceptables d’une série de mandataires socialistes. Au PS, Elio Di Rupo parle de « parvenus ». Au CDH, Joëlle Milquet annonce une « tornade éthique. » Sur les bancs du parlement wallon, majorité et opposition se drapent dans la même indignation. Les députés accordent à Philippe Courard (PS), ministre en charge des Pouvoirs locaux, des « pouvoirs spéciaux » pour rédiger sa proposition de décret. Objet ? Le contrôle des mandats locaux, des mandats dérivés (administrateur d’intercommunales, de sociétés de logement, d’ASBL…) et des avantages en nature (voiture de fonction, GSM). C’est l’euphorie.
Trois ans plus tard, on déchante. Au sein du bureau du parlement (où siègent PS, CDH et MR), soit dans la discrétion la plus absolue (Ecolo n’y est pas représenté), ces mêmes députés remuent désormais ciel et terre… pour éviter que les arrêtés d’application du décret Courard soient votés avant le 20 juin, date à laquelle prennent fin ces « pouvoirs spéciaux » qui ont été conférés au ministre. Le Soir a en effet pris connaissance d’une très éclairante lettre envoyée par Jean Bourtembourg, éminent juriste, à José Happart (PS), président du parlement wallon. Dans cette lettre, datée du 28 avril, que tous les chefs de groupe (y compris Ecolo, donc) ont reçue, on découvre que le bureau du parlement souhaite « pouvoir disposer d’une étude juridique relative aux éventuelles implications des dispositions de ces deux arrêtés sur le statut des députés wallons. » La réponse du juriste est limpide : « Le mandat de député wallon correspond. » Puis plus loin encore, on lit ceci : « Vous m’indiquez que les membres du bureau souhaiteraient plus particulièrement savoir si l’habilitation donnée au gouvernement (…) l’autorise à prendre des dispositions qui pourraient avoir des conséquences sur le statut des parlementaires déjà réglé par la loi spéciale du 8 août 1980.
»
On peut difficilement être plus clair sur les intentions juridiques et politiques des députés wallons. D’autant qu’ils ont demandé à Bourtembourg de poursuivre son analyse. Etonnant, voire schizophrénique, car après avoir véritablement bousculé Courard en lui réclamant son texte, voici que les cols blancs du parlement souhaitent éviter qu’il leur soit applicable. Et ce, sous prétexte que « cette question est déjà réglée par la loi spéciale du 8 août 1980. » On croit rêver !
Comment expliquer ce grand écart politique ?
D’une part, parce que pour les parlementaires régionaux, comme fédéraux (ils sont, eux aussi, souvent député ou bourgmestre et donc concernés), ce texte débouchera sur l’impossibilité de cumuler les mandats, et donc sur une diminution nette de leur influence politique. D’autre part, parce qu’ils risquent d’importantes pertes financières. Rappelons que le montant total des revenus d’un mandataire local ne peut dépasser une fois et demie l’indemnité d’un parlementaire (soit 6.400 euros brut par mois).
Plus fondamentalement encore, cette fronde parlementaire s’explique par le fait, on l’a dit, que les mandataires devront désormais déclarer non seulement leurs mandats publics et privés mais aussi, et c’est là un élément neuf par rapport à la loi fédérale, le montant de leur rémunération. Ils devront aussi, autre élément neuf, déclarer leurs avantages en nature. Enfin, et c’est peut-être là, la raison principale de leur courroux, ils seront contrôlés par la future Cour des comptes wallonne. Et plus par le bureau du parlement où l’on réglait, finalement, les choses entre soi.
Sans oublier qu’en cas de dépassement ou de fausse déclaration, des sanctions sont prévues, qui vont du remboursement des montants indûment perçus à l’inéligibilité pour une période de six ans, en passant par la déchéance de tous les mandats,
Qu’en disent les principaux intéressés ? Guère plus qu’un voleur qui se fait piquer la main dans le sac : « Il n’est pas logique que les députés wallons soient doublement contrôlés », nous dit cet élu de la majorité. « Le décret wallon de Courard impose des définitions (mandats privés, mandats dérivés…) qui élargissent le champ d’application de la loi fédérale », nous dit cet autre, qui s’enfermera ensuite dans le mutisme le plus complet.
Philippe Courard, lui, reste très prudent. Au cabinet du ministre, on se contente de dire que « le gouvernement a entendu la demande pressante des citoyens wallons d’organiser un système fiable et totalement transparent du contrôle des mandats politiques. Un texte a été remis qui va dans ce sens. Il se trouve sur la table du parlement wallon, qui est appelé à se prononcer. »
Vous avez dit « grand malaise éthique » ?

Les députés wallons, des parvenus qui s’ignorent
S’ils avaient décidé de tendre le bâton pour se faire battre, ils ne s’y seraient pas pris pas autrement : comme des manches. Ou comme ces « parvenus » de sinistre mémoire, dont s’était gaussé Elio Di Rupo, le chasseur de têtes de 2005, transformé, depuis, en chasseur déprimé.
Les embûches rencontrées par le décret Courard sur les mandats sont l’épicentre du fonctionnement de la mécanique parlementaire wallonne, bien sûr, mais aussi de la Communauté française et plus largement de la Chambre et du Sénat. Car les petits et grands privilèges accordés aux députés wallons se retrouvent à Bruxelles. Pas réservés aux mêmes têtes, évidemment, mais pour d’autres bons petits soldats. Trop heureux d’être aux ordres pour tenter le moindre geste de rébellion. Trop heureux d’avoir été « élus » pour risquer de tout perdre.
La manœuvre est limpide. Au bout, tous ces parlementaires forment une longue chaîne d’obligés contrôlant socialement l’ensemble du modèle.
Redoutable, diabolique, presque, parce dans cette armée des ombres, tout le monde tient tout le monde.
C’est cette incroyable force centripète qui transforme le plus grand défenseur de l’éthique politique en outre-mangeur, de pouvoir et de fric. Avec son lot d’avantages, en nature ou non. Et d’influence, réelle ou feinte.
Depuis les voyages du Bureau en Inde, au Vietnam ou au Brésil, jusqu’aux missions parlementaires au Congo ou en Suède. Justifiés ou non. Depuis les présidences de commission, jusqu’à la conférence des présidents. Depuis le titre envié d’administrateur chez Dexia ou chez Voo, jusqu’à celui d’Ethias ou de Tecteo.
C’est tout ce système que le décret Courard tente de mettre sur écoute, souhaite contrôler pour éviter qu’il ne continue de se nourrir (pourrir ?) de l’intérieur.
Les déclarations d’intention parlementaires ? Oubliées. Jetées aux lions. Transformées en « acte de résistance » contre un texte dont ils ont prononcé l’arrêt de mort. Ce qui prouve ceci : entre l’intérêt général et l’intérêt particulier, les députés wallons ont choisi. Ne cherchant même plus à masquer leur incohérence et leur schizophrénie. Ce qui, finalement, est peut-être le plus inquiétant. Freud aurait adoré.

22 mars 2007

Une nouvelle gestion des déchets wallons

Le Parlement wallon a approuvé, majorité contre opposition, les décrets mettant en oeuvre la stratégie wallonne de gestion des déchets pour les vingt années à venir. Objectif: la réduction par 4 du volume des déchets mis en décharge. Quelque 400 millions seront investis dans ce plan.
Ces décrets s'articulent autour de plusieurs axes, a rappelé le ministre Lutgen: priorité à l'environnement avec la limitation du "tout au trou" et l'objectif de réduire par 4 le volume des déchets mis en décharge, à l'emploi avec la création de 375 emplois via le plan d'investissements, et à l'équité entre les citoyens.
Le plan prévoit des investissements à hauteur de plus de 400 millions d'euros centrés notamment sur la biométhanisation, le compostage, les centres de tri, les plates-formes multimodales ou la création de 28 parcs à conteneurs et la modernisation de 83 autres.


Le décret prévoit aussi l'application du coût-vérité. "Les citoyens qui adoptent des comportements responsables et qui produisent moins de déchets paieront moins qu'à l'heure actuelle", a remarqué le ministre Lutgen.
Le MR et les Ecolos ont voté contre les décrets. Ils estiment que ceux-ci, qui prévoient la taxe sur la mise en décharge, vont pénaliser le citoyen.
Le MR a comparé les situations dans différentes intercommunales. Ainsi, à Namur, où la production moyenne de déchets par habitant est de 163 kilos, mais où les déchets sont mis en décharge, la facture supplémentaire sera de 1,480 million d'euros en 2008. Dans la région de Charleroi, où les déchets sont incinérés, la facture sera de 255.000 euros malgré une production moyenne par habitant de 206 kilos de déchets.
(D'après Belga)

26 janvier 2007

Démissions en bloc à la tête de l'Awiph



Edouard Descampe nouveau président de l'AWIPH

Edouard Descampe, ancien secrétaire-général des Mutualités chrétiennes, sera le nouveau président de l'AWIPH.Le gouvernement wallon a procédé ce jeudi au remplacement des membres démissionnaires du comité de gestion de l'Agence Wallonne pour l'Intégration des Personnes Handicapées (AWIPH).L'ancien secrétaire-général des Mutualités chrétiennes, Edouard Descampe, en sera le nouveau président. Les deux vice présidents seront Pierre Annet, directeur opérationnel aux Mutualités socialistes de Liège, et Jean Marie Jusniaux, déjà membre du comité de gestion et directeur à la province du Hainaut. M. Annet sera par ailleurs le "manager spécial" de l'institution pour une durée de 6 mois renouvelable. Il devra aiderl'administrateur-général faisant fonction à réorganiser les services centraux de l'Agence, veiller au bon déroulement de la concertation relative à l'élaboration du nouveau contrat de gestion, proposer des améliorations aux procédure internes, etc.Tourner la page"Il est important de tourner la page et de connaître des moments meilleurs qu'hier. Je suis très désireux de sortir l'AWIPH du champ des difficultés et de la remettre dans son champ d'action qui est le travail en faveur des personnes handicapées", a souligné le ministre-président Elio Di Rupo.Ministre Vienne absenteM. Di Rupo a annoncé les décisions à la presse en l'absence de la ministre des Affaires sociales, Christiane Vienne. Il ne faut pas, d'après lui, pas y voir une signification politique. "C'est important mais il ne faut pas beaucoup de temps pour annoncer la nomination de ces gens de grande qualité", a-t-il précisé.Travaux parlementairesDe son côté, le parlement wallon clôturera jeudi prochain ses travaux sur l'AWIPH par un débat en séance plénière. L'opposition a réclamé mercredi la présence du ministre-président mais l'intéressé n'en voit pas la raison étant donné que la ministre des Affaires sociales y participera déjà.

"La question de la confiance en Christiane Vienne ne se pose pas"
Le question de la confiance en la ministre wallonne des Affaires sociales, Christiane Vienne, bousculée au parlement wallon pour sa gestion de l'AWIPH, ne se pose pas, a expliqué le ministre-président Elio Di Rupo.Pas remise en cause"Cette question ne s'est pas posée et donc n'existe pas", a souligné mardi M. Di Rupo, interrogé dans le couloirs du parlement wallon. M. Di Rupo n'a pas non plus remis en cause la gestion du dossier par Mme Vienne. "Chaque ministre gère ses dossiers avec la connaissance qu'il en a et selon ses sensibilités", a-t-il dit, rappelant que ce n'était pas la ministre qui avait créé les difficultés survenues à l'Agence wallonne pour l'intégration de la personne handicapée (AWIPH).FinalitésLe ministre-président a par ailleurs montré une certaine incompréhension à l'égard des travaux actuels du parlement dans les dossiers ImmoCongo et de l'AWIPH. "Il y a des débats au sein du parlement mais, manifestement, on ne sait pas toujours ce que l'on cherche et où l'on veut aboutir. J'ai constaté que tantôt c'était Mme Simonet (ministre des Relations internationales, ndlr) qui était très longuement auditionnée, comme si on voulait la mettre en porte-à-faux dans ce dossier, que tantôt, c'était Mme Vienne comme si c'était elle qui était la cause des difficultés", a-t-il expliqué.Image wallonne écornéeS'il y a des fautes, elles doivent être sanctionnées, reconnaît le ministre-président, mais il regrette l'image écornée que l'on donne de la Wallonie et il appelle le parlement à se pencher sur des projets qui concernent l'avenir des Wallons. Quant à l'AWIPH proprement dite, la question qui se pose d'après lui est celle de son fonctionnement sans l'ancien administrateur-général Georges Rovillard à sa tête.MalaiseVendredi, lors de son audition devant la Commission des Affaires sociales, Mme Vienne a été sérieusement bousculée, notamment après l'intervention de l'un des vice-présidents du comité de gestion de l'AWIPH, Daniel Vanderzeypen, qu'elle a révoqué le 6 décembre sans même l'avoir entendu. Le malaise dans la majorité était perceptible et des rumeurs de démission ont même circulé, rapidement démenties toutefois au siège du PS.DémissionHier, la question a également été évoquée au cours d'une réunion du gouvernement wallon et certains ministres ont fait part de leur lassitude face aux errements de leur collègue dans ce dossier. Certains auraient même réclamé un geste.


L'Awiph (Agence wallonne pour l'intégration des personnes handicapées) n'en finit plus de faire parler d'elle. L'agence wallonne est décapitée. Tous les fusible sont sauté. Reste la ministre Christiane Vienne.
Vendredi matin, alors que la commission des Affaires sociales venait à peine (à 2 heures du matin) de voter (majorité contre opposition) les recommandations adressées au gouvernement wallon, on apprenait la démission collective de cinq acteurs centraux du dossier. Soit celles du président (Jean-Marc Poullain, CDH) et des deux vice-présidents (Daniel Vanderzeypen et Marius Hanon, PS) du comité de gestion mais aussi celles des deux commissaires du gouvernement (Dominique Delhauteur, chef de cabinet de Christiane Vienne, et Hervé Briet, délégué du ministre du Budget).
Ce geste enlève une sacrée épine du pied du gouvernement. Depuis le 6 décembre dernier, l'équipe Di Rupo était en effet empêtrée dans le dossier de la révocation des trois membres du comité de gestion. Juridiquement bancale, cette décision, prise dans la foulée des déclarations de Christiane Vienne (PS) dénonçant des dysfonctionnements graves à la tête de l'Agence, empoisonnait la vie du PS et de son partenaire CDH, qui, lassé, avait fini par réclamer un geste.
Une situation pour le moins étonnante dont avaient évidemment profité MR et Ecolo pour lancer, en commission, une série de missiles sol/air à destination de la majorité.
Vienne n'a plus de fusible
Vendredi, du côté de la ministre-présidence, on ne faisait guère de commentaires sur la motivation de ces démissions : « C'est dans l'intérêt de l'Agence et pour la sérénité des débats. » Jeudi prochain, le gouvernement se penchera sur la question du remplacement de tout ce petit monde et sur la nomination, attendue depuis plus d'un mois (oui, on sait, l'exécutif wallon attendait la fin des travaux de la commission), du manager spécial qui sera chargé de remettre un peu d'ordre dans la maison Awiph.
Voilà donc des démissions qui tombent à point nommé pour Christiane Vienne, dont la situation s'était singulièrement compliquée ces dernières semaines. Et ce, malgré le soutien indéfectible de Di Rupo. Il n'empêche, en « sacrifiant » cette série de seconds couteaux, le gouvernement isole un peu plus encore la ministre, qui se retrouve désormais sans fusible.
Un isolement à très haut risque dans la mesure où de gros dossiers (on pense notamment à la négociation du nouveau contrat de gestion de l'Agence) doivent encore être débattus.
Et puis, il y a l'opposition, plus revendicative que jamais : « Si je me réjouis que la majorité, sous la pression parlementaire, ait enfin ouvert le dossier des responsabilités, il n'y a pas de raison de se limiter aux boucs émissaires, note Willy Borsus (MR). Nous réclamons très clairement la démission de M me Vienne. C'est la responsable principale du dossier. » Voilà qui promet de nouvelles et sérieuses empoignades dès la semaine prochaine.

22 décembre 2006

Reynders et Kubla écrivent aux Wallons


Daerden : nouveaux efforts fiscaux ! (22/12/2006)


Le ministre veut diminuer la redevance radio-TV et la portabilité des droits d'enregistrement
NAMUR "En matière de fiscalité, la Région wallonne peut encore faire mieux. Il y a des efforts à faire à notre niveau pour que les Wallons puissent notamment avoir une meilleure mobilité professionnelle. Il faut évidemment analyser sérieusement les éléments budgétaires. Mais je m'engage résolument pour une diminution des droits de donation et de succession sur un immeuble d'habitation notamment. Je pense aussi que nous devrons diminuer, voir peut-être supprimer un jour la redevance radio-TV. Enfin, un dossier est important pour moi la portabilité des droits d'enregistrement à l'achat d'un logement. La Wallonie doit devenir une terre encore plus attractive fiscalement " explique Michel Daerden.
Sur son banc de l'opposition, Serge Kubla, MR, a failli s'étrangler définitivement lorsque le ministre du budget a fait cette annonce au Parlement wallon. Il faut dire que l'ex ministre de l'économie avait souvent plaidé pour une diminution de certains de ces aspects. "Récemment rappelées dans une lettre adressée à tous les Wallons, ces propositions, destinées à faire bénéficier chacun d'une partie des recettes exceptionnelles de 2007, feront en effet l'objet d'" une réflexion positive" a déclaré Michel Daerden. C'est une bonne mesure parce qu'elle favorise la mobilité " a souligné Kubla.
Le ministre du budget a souligné que cette réflexion... il l'a menait depuis longtemps et qu'il n'avait pas attendu la parution de la lettre.
Le Chef de file des Réformateurs wallons a dit toute sa satisfaction de voir le ministre socialiste répondre ainsi aux attentes des Libéraux. "Ces améliorations constituent un changement radical dans l'arsenal des mesures fiscales destinées à soutenir la consommation en Wallonie. Nous les soutiendrons donc par notre vote, " a souligné Serge Kubla.
V.Li.
© La Dernière Heure 2006


Un front francophone mais dans le désordre

Didier Reynders veut élargir l'ordre du jour de la réunion à la gestion de la Wallonie. Di Rupo réplique, Milquet menace.

Pour un « front », ça part mal. Les quatre présidents de partis vont sans doute sacrifier aujourd'hui (ils ont rendez-vous à 10 heures au parlement de la Communauté française) à la photo de groupe, mais l'humeur n'y est pas.
En campagne électorale, la compétition prime. Comment faire abstraction des rivalités, des polémiques, des divergences de vue, qui traversent le paysage politique francophone traditionnellement et, surtout, qui le déchirent depuis la déferlante des « affaires » en Wallonie ?
La façon dont Didier Reynders a communiqué ces derniers jours est édifiante. Aussitôt son parti et le PS se sont-ils divisés à propos du document-fiction de la RTBF (le MR stigmatisant le canular et réclamant des sanctions ; Di Rupo estimant, lui, après l'avoir critiquée, que l'émission avait stimulé positivement l'opinion publique), aussitôt, donc, les deux se sont-ils divisés que Reynders a passé ses nerfs sur la rencontre prévue entre les francophones... Fâché que, dans Le Soir, Elio Di Rupo ait tiré la couverture à lui en y annonçant la tenue du « sommet », le libéral-réformateur a bondi, et noirci l'ordre du jour de la réunion de ce mercredi : non seulement peaufiner une stratégie commune en vue des négociations institutionnelles de 2007, mais encore discuter de la gouvernance publique au sud du pays, de la gestion des sociétés de logements sociaux, de l'agence wallonne pour les personnes handicapées... Didier Reynders a précisé sa pensée dans la « Lettre aux Wallonnes et aux Wallons » diffusée hier dans la presse, où il décrivait une Wallonie « à la traîne » qu'il faudrait « débarrasser de ses vieux démons »... Une attaque en règle.
A Namur, au parlement wallon, Di Rupo a répliqué : « Un parti comme le MR est-il inspiré en accablant de cette façon les Wallons ? Il donne surtout des armes aux détracteurs des francophones et de la Wallonie. Donner des leçons lorsqu'on connaît les problèmes au fédéral, et surtout aux Finances, c'est un peu curieux (...) L'heure est plutôt au rassemblement des francophones face aux revendications flamandes qu'aux débats internes »... Dans le même temps, Jean-Claude Marcourt (PS), ministre wallon de l'Economie, rédigeait une « Lettre aux libéraux wallons », pour lesquels « la réclame cède trop à la désinformation » (lire ci-dessous)...
Le président des libéraux-réformateurs redoute que le « sommet » des quatre tourne surtout à l'avantage de l'un d'eux, d'Elio Di Rupo, puissance invitante au nom du premier parti francophone, et qui pourrait saisir l'occasion pour redorer le blason socialiste.
D'où la volonté de Didier Reynders de déplacer sensiblement le point de gravité de la réunion, non plus exclusivement vouée, selon lui, à se préparer à l'affrontement avec la Flandre mais aussi à restaurer l'image publique des francophones, abîmée, insiste-t-il, depuis la Carolo, l'ICDI, l'Awiph, et tutti quanti...
Une provocation pour le camp d'en face.
Entre les deux, Joëlle Milquet, présidente du CDH, avertit et menace : « Si certains veulent utiliser notre réunion comme une tribune politicienne pour faire de l'opposition, alors, moi, je sortirai ! », nous confiait-elle hier. « Il n'y a qu'un seul ordre du jour, institutionnel, c'est travailler ensemble dans l'intérêt des francophones. »
Retour à notre case départ : les partis francophones ont beau devoir faire l'« union », ils n'échappent pas à la force centrifuge de la compétition électorale. Ils devront pourtant trouver la parade pour faire front commun quand même (ou en avoir l'air), puisque de l'avis de tous (experts universitaires, institutionnalistes, et téléspectateurs, depuis mercredi dernier), l'avenir de l'Etat fédéral pourrait se jouer en 2007.
A charge donc pour Elio Di Rupo, Didier Reynders, Joëlle Milquet et Jean-Michel Javaux de se faufiler habilement aujourd'hui entre les impératifs de l'union des francophones, d'une part, et les impondérables de la compétition électorale de l'autre. Un tour de force et de magie. Abracadabra...

Le président du MR et le chef de groupe au parlement wallon signent une "Lettre aux Wallonnes et aux Wallons" publiée aujourd'hui par la plupart des journaux diffusés au sud du pays. Le propos est de campagne.
Les deux libéraux-réformateurs se réjouissent des politiques mises en oeuvre sur le plan fédéral (où le MR est aux affaires), qui ont permis de doper la croissance économique et de soutenir le pouvoir d'achat. Au contraire, la Wallonie "reste à la traîne". Didier Reynders et Serge Kubla implorent : "Il est temps d'arrêter une spirale négative que les plans successifs (dont Marshall, NDLR, sans le citer) n'arrivent pas à contrer dans le climat désastreux des scandales à répétition qui frappent les institutions wallonnes chargées de venir en aide aux plus démunis, aux plus fragiles de notre société : les locataires sociaux, les handicapés..."
Pour le MR, "une autre politique est possible". Concrètement : puisque la Région wallonne dispose en 2007 de moyens budgétaires plus importants qu'auparavant, "grâce à l'intervention fédérale de solidarité et aux rendements de certains impôts", le MR veut que cette embellie "profite à chacun", par exemple via la suppression de la redevance radio-TV, la diminution des droits de succession et des droits d'enregistrement à l'achat d'un logement.


Un voeu pour finir : "Puisse 2007 apporter le meilleur à une Wallonie débarrassée de ses vieux démons." On ne vise personne.

La lettre

Lettre aux Wallonnes et aux WallonsRédaction en ligne
mardi 19 décembre 2006, 10:19
Voici "La Lettre aux Wallonnes et aux Wallons" publiée ce jour par le président du MR et le chef de groupe au parlement wallon.
Mesdames, Messieurs,
La Belgique affiche, selon la Banque Nationale une croissance économique de 3% pour 2006. Cette croissance, plus élevée que la moyenne de la zone euro, beaucoup plus forte qu'en 2005, résulte notamment des mesures prises par le Gouvernement fédéral pour soutenir le pouvoir d'achat des citoyens (réforme fiscale, augmentation des pensions et d'autres allocations sociales) et l'activité économique (baisse de l'impôt des sociétés).


Pourtant, la Wallonie reste à la traîne.
Alors que plus de 40.000 nouveaux emplois sont créés chaque année dans notre pays, les demandeurs d'emplois wallons sont toujours plus nombreux : près de 284.000 aujourd'hui. Il est temps d'arrêter cette spirale négative que les plans successifs n'arrivent pas à contrer dans le climat désastreux des scandales à répétition qui frappent les institutions wallonnes chargées de venir en aide aux plus démunis, aux plus fragiles de notre société : locataires sociaux, handicapés
Nous pensons qu'une autre politique est possible.
La Région wallonne dispose de moyens budgétaires plus importants pour 2007, grâce à l'intervention fédérale de solidarité et aux rendements accrus de certains impôts. Comme nous l'avons toujours expliqué, diminuer l'impôt n'entraîne pas automatiquement une réduction des recettes, au contraire. C'est ce qui s'est passé avec les droits de donations. Soutenir l'activité et encourager celles et ceux qui prennent des risques, créent leur entreprise et de l'emploi renforcera l'assise économique de la Wallonie.
Nous voulons que l'embellie budgétaire profite à chacun.
Nous réclamons la suppression de la redevance radio-TV. Nous proposons la diminution des droits de successions ainsi que des droits d'enregistrement à l'achat d'un logement.
Nous plaidons depuis longtemps pour une meilleure organisation des francophones, une plus grande solidarité entre la Wallonie et Bruxelles.
Le Gouvernement de la Communauté française devrait être composé de tous les Ministres du Gouvernement wallon et de tous les Ministres francophones du Gouvernement bruxellois. Cela permettrait d'augmenter les synergies entre les Régions tout en diminuant les coûts de fonctionnement.
Les Wallonnes et les Wallons sont créatifs, prêts à prendre des risques, à s'investir et à investir. Il est temps de se tourner vers eux, de les écouter, de leur rendre confiance, de leur donner les moyens et le cadre de leurs ambitions.
Puisse 2007 apporter le meilleur à une Wallonie débarrassée de ses vieux démons.
Nous vous souhaitons, ainsi qu'à vos proches, d'excellentes fêtes de fin d'année.
Didier REYNDERS
Président du MR
Serge KUBLA
Chef du Groupe MR au Parlement wallon

04 décembre 2006

Commission d'enquête, audits ?

Kubla demande un audit généralisé en Wallonie

Le chef de groupe MR au Parlement wallon et ancien ministre wallon de l'économie, Serge Kubla, préconise "un audit généralisé des OIP, organismes d'intérêts public comme le Forem, l'Awiph, l'Awex... sans oublier les autres pararégionaux".
"Pour sauver la Wallonie", M. Kubla estime qu'"on n'a pas le choix" et prépare un texte en ce sens pour le parlement wallon. "De toute façon, il faut se retrousser les manches et il faut y aller une fois pour toutes. On traverse une période dont on ne finit pas. On peut chercher dans toutes les directions et on trouvera toujours des petites malversations ou dépenses illégales ou pas (frais de voyage, GSM, frais de représentation, ouvrier employé à titre privé...). Il faut tout remettre à plat", déclare M. Kubla.
Pour l'ancien ministre wallon, il faut également "des sanctions rapides pour secouer le cocotier".


Interrogations au sujet de la présence de la Région Wallonne à Cuba


La restauration d'un palais cubain à La Havane auquel la Région wallonne a contribué, alors qu'une délégation de l'Agence wallonne à l'exportation est déjà présente sur place, aurait attiré l'attention de Marie-Dominique Simonet (cdH) et de Philippe Fontaine, député MR, indique Le Soir dans son édition de Ce matin.
Le palais concerné a fait l'objet en 2002 d'un accord de coopération conclu entre l'ancien ministre-président wallon, accompagné de Michel Daerden, et les autorités cubaines. Cet accord s'inscrit dans le programme général de "sauvetage de la vieille Havane", soutenu par l'Unesco. La Région wallonne a mis 600.000 euros sur la table via son budget patrimoine. En échange, le rez-de-chaussée a été mis à la disposition de la région pour lui permettre d'installer une vitrine promotionnelle, dont le budget s'élève à 125.000 euros de mobilier et d'équipement, explique Le Soir.
Philippe Fontaine s'interroge sur l'intérêt de cette vitrine, alors que la Région wallonne est déjà présente sur place via une délégation de l'Agence wallonne à l'exportation (AWEX). Pour le cabinet Simonet, il s'agit d'une dépense "un peu absurde, en tout cas discutable au vu des capacités budgétaires de la région". Dès 2004, la ministre Marie-Dominique Simonet aurait enjoint à l'administration de comprimer les coûts de cette vitrine.

Reynders tire au canon sur le PS


Le président du MR accuse Philippe Courard de "pratiques d'extrême droite". Di Rupo exige des excuses.
S i ces deux-là préparent des retrouvailles au gouvernement fédéral, pour 2007, la noce risque d'être glaciale.
Hier, sur RTL-TVI, Didier Reynders, président du MR, a accusé Philippe Courard, ministre wallon (et PS) des Affaires intérieures, de pratiques dignes de l'extrême droite. Il jette l'opprobre sur les conseillers de l'opposition pour mettre un peu de brouillard sur ce qu'ont fait ses propres amis.

Sur la RTBF, Courard avait clamé que l'opposition (dont le MR) à Charleroi a failli à son devoir dans la mise en évidence des dérives. Elio Di Rupo, président du PS, réclame des excuses de Reynders, qui a perdu son sang-froid, et méprisé le nécessaire respect dont les démocrates doivent faire preuve entre eux. Futurs partenaires ?


Elio Di Rupo réclame des excuses

Les échanges ont été très vifs hier sur le plateau de Controverse entre Olivier Chastel et Philippe Courard. L'émission était consacrée aux divers dossiers de Charleroi. Le président du MR Didier Reynders qui était l'Invité du Journal, a ensuite réagi aux propos du ministre des Affaires intérieures Philippe Courard pour qui l'opposition a failli à son devoir dans la mise en évidence de certaines dérives. Pour M. Reynders, les propos de M. Courard sont dignes de pratiques de l'extrême droite. "M. Courard pratique l'amalgame. Ce sont des pratiques dignes de l'extrême droite. Il jette l'opprobre sur les Conseillers de l'opposition pour mettre un peu de brouillard sur ce qu'ont fait ses propres amis", a commenté M. Reynders. Le président du PS Elio Di Rupo dit avoir appris avec consternation ces propos. Il estime qu'il s'agit d'un dérapage verbal et souhaite que M. Reynders présente ses excuses au ministre. En qualifiant de "dangereux" le rôle de Philippe Courard, en l'accusant "d'amalgames" mais surtout en estimant que le travail du ministre s'apparente "à des pratiques d'extrême droite", M. Reynders a manifestement dérapé, explique le président du parti socialiste dans un communiqué. « Ces propos sont indignes. En agissant de la sorte, Monsieur Reynders a non seulement perdu son sang froid mais surtout méprisé le nécessaire respect dont les démocrates doivent faire preuve entre eux, estime Elio Di Rupo. Depuis son entrée en fonction, le ministre Courard a toujours agi pour que tout acte ou comportement délictueux soit sanctionné. Il est "grotesque" de faire croire que Philippe Courard protègerait qui que ce soit, poursuit-il.

La ministre Vienne est en grande difficulté dans ce dossier où l'opposition la considère comme dépassée par les faits

Lorsqu'on assiste à la commission Immo Congo, on a des difficultés à imaginer qu'il pourrait ne pas y avoir de commission Awiph, tant cette dernière paraît vraiment se justifier davantage.
Du côté de l'opposition, le MR, Philippe Fontaine, est effaré : "Que fait la ministre ? Cela fait deux ans et demi qu'elle laisse faire. Qu'elle laisse fonctionner l'Awiph à la papa."
Le député va plus loin : "Que les membres du comité de gestion (non-membres du bureau) dans son ensemble, qui se réunit moins d'une fois par mois, n'aient rien vu, on pourrait encore le concevoir, mais qu'en est-il du bureau ? On peut se poser la même question pour ces représentants du gouvernement, le commissaire du gouvernement et le délégué du ministre du Budget, qui vont poursuivre leur travail afin d'identifier les fautifs. Ne sont-ils pas également fautifs ?"
Dans les faits, le Parlement wallon se penchera mercredi sur le fonctionnement de l'Agence wallonne pour l'intégration des personnes handicapées (Awiph). La commission de l'action sociale devrait se muer en commission spéciale. En attendant, la situation de la ministre Vienne est vraiment difficile... selon l'avis de plusieurs députés.
On note aussi qu'un remboursement d'un prêt de voiture pour 900 € par mois a été effectué pendant 9 mois... même si le prêt a été arrêté et l'argent remboursé par la personne concernée à l'Awiph. Cela pose question à certains députés.
V. Li.
© La Dernière Heure 2006