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09 septembre 2008

« Discrimination déguisée » en Flandre ?

La Commission européenne soupçonne les communes flamandes de Vilvorde, Londerzeel et Grammont de « discrimination déguisée » envers les personnes parlant une autre langue que le néerlandais.

Elle a demandé des explications au gouvernement flamand et a décidé d’envoyer une délégation de la Commission contre le racisme et l’intolérance en Flandre, écrit ce mardi Het Laatste Nieuws.
Ce n’est pas la première fois que des communes flamandes de la périphérie bruxelloise sont dans le collimateur de la Commission. Elle avait déjà pointé du doigt Zaventem pour sa politique en matière de vente de terrains communaux.
Elle s’intéresse maintenant à Vilvorde qui veut vendre 50 habitations sociales tout en les réservant pour des Flamands, à Londerzeel qui suit l’exemple de Zaventem et à Grammont qui octroie des allocations aux seules personnes qui apprennent le néerlandais.
Dans sa réponse, le ministre flamand des Affaires intérieures, Marino Keulen, renvoie aux communes. « Je peux vous assurer que le gouvernement exerce correctement sa tutelle administrative », écrit le ministre. Il souligne qu’il a cassé une décision de Liedekerke qui voulait refuser les enfants ne parlant pas néerlandais dans ses plaines de jeux.

24 mai 2008

A.V. logements, non-néerlandophones s'abstenir

Les exigences de Vilvorde vont bien au-delà de celles du déjà contesté wooncode.
Pas plus tard que cette semaine, le ministre-Président flamand Kris Peeters (CD & V) s'est irrité des dégâts infligés à l'image de la Flandre à l'étranger par les recours francophones contre la politique de flamandisation de la périphérie. Mais manifestement, les dommages en question n'empêchent pas d'autres CD & V de dormir. Par exemple, Marc Van Asch, bourgmestre de Vilvorde et successeur de l'ex-Premier ministre Jean-Luc Dehaene depuis le 1er août.
Sa commune vient de décider de mettre en vente 15 habitations avec des critères "de revenu, de propriété et de langue". Il s'agit de logements modestes, 14 d'entre eux étant mis en vente à moins de 100000 euros. Les candidats acheteurs doivent gagner moins de 35750 euros (davantage s'il ne s'agit pas de personnes isolées), ne pas être propriétaires ni usufruitiers d'un terrain ou d'un logement et... maîtriser le néerlandais.
Comme dans le cas du wooncode, il faut soit disposer d'un diplôme d'une institution d'enseignement néerlandophone, soit passer un test de langues auprès d'une "Maison du néerlandais". Mais ici, en cas d'échec au test, le candidat acheteur se verra refuser le droit d'acquérir le logement (alors que le wooncode ne prévoit que l'obligation de s'engager à suivre un cours de néerlandais) et ce critère linguistique vaut ici également pour le conjoint ou le cohabitant légal. Autrement dit, le Flamand de souche qui a craqué pour une belle Italienne fraîchement débarquée en Belgique est prié d'aller habiter ailleurs.
Vous êtes francophone parfait bilingue, marié à une Flamande et vous voulez vous installer à Vilvorde ? Ce n'est pas encore gagné, car le premier critère d'attribution des logements, c'est la durée de séjour dans la ville. Pour les moins de 36 ans, la durée de séjour des parents est également prise en compte.
Avis aux amateurs : les candidatures peuvent être introduites jusqu'au 12 septembre...

22 mai 2008

11.000 m2 à bâtir, soumis aux obligations linguistiques

Le conseil de communal de Vilvorde a adopté au début de la semaine un nouveau réglement communal portant sur la mise en vente d'une parcelle de terrain communal de 11.000 m2 à des promoteurs immobiliers, soumis à une autorisation de bâtir et qui auront l'obligation dans les deux ans d'y construire des immeubles à appartements.
Selon le FDF, qui l'a déploré jeudi, la vente sera conditionnée par l'obligation de connaissance du néerlandais de l'acheteur potentiel. Il s'agit du même processus que celui déjà en vigueur pour les habitations sociales à Vilvorde sous le contrôle et l'accord préalable du Collège des bourgmestre et échevins de Vilvorde, a estimé le Front Démocratique des Francophones.
Le promoteur ne pourra retenir que des acheteurs "capables de mener une vie communautaire en néerlandais dans une ville flamande", ce qui ouvre la porte "à toutes les discriminations possibles et imaginables", a encore commenté la section locale du FDF, parlant de " déni de démocratie et de racisme". Ce nouveau règlement a été approuvé à l'unanimité de tous les conseillers communaux flamands de Vilvorde.