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22 juin 2008

Moureaux mord, Reynders riposte

Le sénateur et vice-président du PS, Philippe Moureaux, n'a pas mâché ses mots dimanche, sur le plateau de RTL-TVi, à propos du président du MR et vice-premier ministre, Didier Reynders.

Dimanche, sur le plateau de RTL-TVi, M. Moureaux a qualifié de "dangereux" M. Reynders et l'a classé à l'extrême-droite sur le plan fiscal et sociétal, tout en précisant qu'il s'agissait d'un homme "très respectable"
Le sénateur et vice-président du PS, Philippe Moureaux, n’a pas mâché ses mots dimanche, sur le plateau de RTL-TVi, à propos du président du MR et vice-premier ministre, Didier Reynders. Il n’a pas hésité à le classer à l’extrême-droite sur le plan fiscal et sociétal.
« Intelligent, dangereux, extrême-droite sur le plan fiscal et sur le plan sociétal mais pourtant un homme très respectable », a-t-il lancé alors qu’il était invité à qualifier d’un adjectif M. Reynders.
La vice-première ministre et présidente du cdH, Joëlle Milquet, a elle aussi reçu son lot de remarques caustiques après ses critiques sur M. Moureaux et l’interview qu’il a accordée au Soir en début de semaine.
« Il y a des élections dans un an. C’est assez clair que Mme Milquet fait de l’électoralisme. En plus, elle a une petite tendance au mensonge : je n’ai jamais dit qu’il fallait scinder la sécurité sociale », a-t-il expliqué.
Le sénateur a d’ailleurs maintenu les propos qu’il a tenus. Il appelle chacune des communautés à ouvrir les yeux sur la réalité de l’autre, seul moyen pour faire évoluer la Belgique, selon lui.
« Je crois que la Belgique est une valeur ajoutée mais je pense que la Belgique ne peut pas survivre si l’on n’essaie pas de comprendre l’autre », a-t-il répété.
Ainsi, en matière de sécurité sociale, il est fermement opposé à toute scission. Selon lui, il importe de garantir un financement fédéral de celle-ci, et au besoin dans un article de la Constitution. Il n’est en revanche pas opposé à une « fenêtre de liberté » laissée aux Régions. La Flandre, confrontée à un vieillissement de la population plus important qu’en Wallonie, pourrait ainsi disposer d’une marge d’autonomie en matière d’allocations familiales.
Le socialiste attend toutefois de la Flandre, et singulièrement des partis flamands, qu’ils fassent eux aussi un effort pour entendre les francophones. Mais il se montre très réservé. « Je suis sceptique car cela demande une révolution de pensée du côté flamand », a-t-il dit.
Il affiche d’ailleurs ce scepticisme à propos de la date fatidique du 15 juillet. « J’espère qu’il y aura une esquisse d’accord, que ce pays continuera à être gouverné, que l’on ne rentrera pas dans une crise grave mais je ne prendrais pas les paris », a-t-il conclu.

Il faut savoir partir à temps, répond ReyndersLe MR n'a guère voulu s'étendre sur les propos qu'a tenus le sénateur et vice-président du PS, Philippe Moureaux, à l'égard de Didier Reynders. "Tout ce qui est excessif est insignifiant. En politique, il faut savoir partir à temps. C'est peut-être trop tard pour Philippe Moureaux", a déclaré la porte-parole de M. Reynders.

18 juin 2008

Moureaux : « Oser le confédéralisme »

Le Bruxellois Philippe Moureaux semble s'être fait une raison. Dans un entretien au Soir, le vice-président du PS déclare : « Essayons de négocier une nouvelle Belgique, sur une base confédérale. »
Et quand il s'attarde sur ce dernier mot, il enchaîne : « Il n'y a plus un seul domaine où les Flamands n'envisagent pas soit de régionaliser totalement, soit de le faire partiellement. Il faut donc leur dire que nous sommes prêts à faire des pas dans le sens d'une défédéralisation forte de certaines matières. Mais qu'eux doivent faire des pas vers nous et nos revendications. »
Moureaux y va d'une formule forte : « Seul le confédéralisme peut encore sauver la Belgique ! » Les francophones partageraient-ils tous ce point de vue alors que le climat de crise s'éternise ? « L'idée a fait son chemin », dit-on au Sud. « Il faudrait être fou pour ne pas envisager ce scénario, l'étudier. »
Avant de s'y résoudre ?
Entretien
Blocages Nord-Sud à tous les étages de la maison Belgique ? Philippe Moureaux, vice-président du PS et patron des socialistes bruxellois, secoue l'édifice un bon coup. Accrochez-vous.
L'imbroglio belgo-belge. Quid ?
Je sonne le tocsin pour les francophones. Car maintenant, la menace est multiforme. Je vois une radicalisation flamingante de l'appareil d'Etat : une Région flamande qui ne respecte pas réellement les facilités ; un Conseil d'Etat qui, dans ses chambres flamandes, depuis plusieurs années, ne décide plus en fonction de la loi mais des intérêts militants flamands lorsqu'il s'agit de contentieux linguistiques ; une cour d'appel de Bruxelles qui blanchit les personnes qui ont refusé de siéger comme assesseurs aux élections – on parle de magistrats assis de très haut niveau !
On voit donc se créer un Etat flamand à l'intérieur de l'Etat belge, s'appuyant, je l'ai dit, sur la Région-Communauté flamande, le Conseil d'Etat, les tribunaux…
Pourtant, il y a comme une valse-hésitation au Nord : Marianne Thyssen, présidente du CD&V, menace les francophones, puis se rétracte…
C'est la procession d'Echternach : on avance de trois pas, on recule de deux… Reste un pas. Vous citez le cas de Mme Thyssen, qui s'est lancée dans la menace, avant de remettre son maquillage et son rouge à lèvre pour dire que ce n'était pas méchant. Même chose pour la scission des soins de santé (Le Soir de mardi, NDLR) : le CD&V attaque, puis dément à moitié. Egalement : on apprend que CD&V et VLD préparent un programme de scission de la fiscalité… mais ce n'est pas grave, disent-ils. Overijse : la commune organise la dénonciation de ceux qui écrivent ou qui parlent français, le gouvernement flamand prend une position apaisante mais ne met pas en cause les politiques menées par ailleurs dans cette municipalité, comme dans d'autres dans les environs de Bruxelles, comme la vente de terrains à bâtir aux seuls Flamands.
Comment cohabiter dans ces conditions ?
Je ne sombre pas dans le pessimisme absolu. Je lance un appel à ce que chacun essaie de comprendre l'autre, malgré tout.
« Comprendre » ?
Essayons de négocier une nouvelle Belgique, sur une base confédérale.
« Confédérale ?»
Il n'y a plus un seul domaine où les Flamands n'envisagent pas soit de régionaliser totalement, soit de le faire partiellement. Il faut donc leur dire que nous sommes prêts à faire des pas dans le sens d'une défédéralisation forte de certaines matières. Mais qu'eux doivent faire des pas vers nous et nos revendications. A commencer par ceci : la Belgique ne nous intéresse plus si on supprime la solidarité interpersonnelle. Mais je reviens à mon ouverture : si on maintient cette solidarité, et que l'on garantit, sur les bases actuelles, le financement des matières sociales et de santé, ouvrons-nous alors à la discussion pour l'utilisation de ces moyens. Je peux imaginer des fenêtres d'autonomie dans ce domaine. Par exemple pour les allocations familiales, à condition que les sommes dévolues aux entités fédérées soient toujours calculées de la même manière qu'aujourd'hui. Même chose pour l'Emploi : on peut imaginer qu'en fonction des problèmes de chaque Région, il y ait aussi des fenêtres d'autonomie. Je pense à d'autres matières, dont la justice de paix.
Je brise un tabou, je sais. Mais je pense qu'il faut s'ouvrir aux revendications flamandes. Et qu'eux doivent s'ouvrir à nos exigences : tout transfert de matière doit s'accompagner de l'argent afférent à cette matière ; et la Belgique confédérale que nous bâtirions le serait au départ des trois Régions, dont la bruxelloise.
Globalement, la grande négociation communautaire débuterait sur ce large donnant-donnant. Cela signifie que les francophones doivent bouger de leur ligne.
Cette négociation est possible avant le 15 juillet ?
On peut avancer pour le 15 juillet, montrer qu'il y a une volonté de négocier. Même si c'est difficile : beaucoup d'acteurs sont constipés, ils pensent aux urnes. On peut tout renvoyer à 2009, mais je crains qu'alors il soit trop tard pour la Belgique, ou que ce sera beaucoup plus difficile de trouver une entente.
Seul le confédéralisme peut encore sauver la Belgique. Il faut un sursaut d'effort de chaque côté. D'où ce cadre possible pour une négociation, proposé ici.
Et BHV ?
Même principe… Les francophones doivent faire le pas, dire que l'on peut aboutir à une scission de l'arrondissement électoral si l'on obtient des garanties fondamentales pour la gestion de Bruxelles (revoir les lois linguistiques qui permettent à la minorité flamande de bloquer toute décision), un lien territorial entre la Wallonie et Bruxelles, et la préservation des majorités francophones de la périphérie.
Je ne pense pas qu'on puisse développer à long terme l'idée que nous allons protéger les francophones jusqu'à 50 km – je cite cette distance pour la compréhension des choses – de Bruxelles. C'est sympathique, mais ce n'est pas réel.
J'ajoute que si nous souhaitons vivement redessiner les frontières des Régions, il faut pouvoir rassurer les Flamands sur la « tache d'huile ». Cette crainte historique les mine. Il faut trouver un moyen de les rassurer à ce sujet. En leur disant : au-delà d'une limite fixée en négociation, nous demanderons aux francophones de s'adapter à la Région dans laquelle ils vivent.
Un lien territorial Wallonie-Bruxelles, est-ce réaliste ?
Il s'impose dans la mesure où l'on ne peut pas exclure le scénario de la fin de la Belgique : on n'est pas loin en Flandre d'une majorité de partis qui demandent la scission.
Un « couloir » ?
Pourquoi les Flamands veulent-ils conserver des communes qui ne représentent qu'une infime partie de leur territoire et qui ne leur créent que des problèmes ?
A côté d'Yves Leterme, les ministres des Réformes institutionnelles, Jo Vandeurzen et Didier Reynders, ont-ils un rôle à tenir ?
Il ne faudrait pas qu'ils soient les derniers à se mouiller.

L'édito de Béatrice Delvaux: "L'heure n'est plus au romantisme"

23 avril 2008

Les élus socialistes bruxellois en plein désaccord

La députée fédérale socialiste Karine Lalieux a pris ses distances, dans un texte sur son site internet, avec le vice-président du parti socialiste Philippe Moureaux pour ses attaques "ad hominem" formulées notamment à l'encontre de Frédéric Laloux et ses "méthodes", relate mercredi La Libre Belgique.

"C'est parce que je ne veux plus que les militants, les sympathisants, les 'simples lecteurs' pensent que la seule expression du PS bruxellois vient de son président, Philippe Moureaux. Que tous les mandataires et membres socialistes bruxellois adhèrent à ses propos, ses méthodes, à son discours. Celui qui a eu et qui a toujours une carrure d'homme d'Etat ne doit pas tomber dans les attaques ad hominem et garder sa verve pour défendre les valeurs progressistes", écrit-t-elle, ajoutant être "très loin d'être une proche du vice-président".

Karine Lalieux, par ailleurs échevine à la Ville de Bruxelles, se range dès lors clairement derrière Elio Di Rupo et Charles Picqué, ministre-président de la Région bruxelloise. Elle coupe également court à la rumeur qui la prétendait "déçue" de ne pas avoir été choisie en lieu et place de Frédéric Laloux.

"Je ne nie pas que nous vivons des moments difficiles au sein du parti. Je ne dis pas que tous les choix sont unanimement partagés, mais aujourd'hui, c'est de projets dont nous avons besoin", souligne-t-elle sur son site.

21 avril 2008

Laloux retourne dans sa tanière

Un Namurois succède à un autre Namurois…
Frédéric Laloux a démissionné, Jean-Marc Delizée lui succède comme secrétaire d'Etat à la Lutte contre la pauvreté. Elio Di Rupo assume ses choix. Et se porte candidat à sa succession. Je refuse de participer à la Star Academy de la politique. » Le communiqué – dont la mise en page, jusqu'à la police de caractère, est en tous points identique à celle du boulevard de l'Empereur – tombe samedi, à 15 h 17. Frédéric Laloux n'en peut plus, dit-il, de la pression, il rend son tablier, moins d'un mois après l'avoir enfilé.
Vers midi, le Premier ministre a été averti. Yves Leterme s'entretient avec le Namurois par téléphone. Puis les communiqués tombent. La décision a-t-elle vraiment été prise vendredi soir, par le seul intéressé ? « Oui », jurent, en chœur, Frédéric Laloux et Elio Di Rupo. « La pression devenait insupportable pour lui, souligne le président du PS. Elle l'était déjà le week-end d'avant et ça n'a fait que s'amplifier. Vendredi soir, il a consulté des amis et les responsables namurois. Mais il a agi seul. »
« La décision avait été prise plus tôt, corrige ce ténor socialiste. Il était prévu qu'il démissionne au début de la semaine dernière. Mais la sortie de Moureaux dans Le Soir, mardi, a chamboulé la stratégie : le faire démissionner à ce moment-là, cela devenait impossible. » « Faux », dénonce la porte-parole du PS. Il semble pourtant que l'hypothèse d'une démission avait été étudiée au PS. Pendant les vacances de Pâques, lorsque Laloux faisait déjà la une des médias. « Cela aurait été injuste : rien, dans le dossier, ne le justifiait. »
Puis, la critique s'intensifie : Moureaux sort, la presse entière qui souligne sa piètre prestation à la Chambre, lorsqu'il présente sa note de politique générale et les acteurs de terrain disent avoir perdu toute confiance en lui.
La succession a été vite réglée, Elio Di Rupo ayant choisi de puiser dans le vivier parlementaire, celui-là même qui avait critiqué la désignation de Laloux. Sur ce point, la désignation de Jean-Marc Delizée, qui a prêté serment dimanche à Ciergnon, devrait calmer les esprits.

Le commentaire de Véronique Lamquin

Un coup et un quadruple gâchis

Il est des coups de poker qui s’avèrent de vrais coups de génie. Celui qu’avait cru réussir Elio Di Rupo, le 20 mars, en sortant de son chapeau présidentiel deux surprises du chef, a tourné au gâchis.
Gâchis, d’abord et avant tout, pour le principal intéressé. Propulsé du conseil communal de Namur au conseil des ministres, Frédéric Laloux aura sans doute bien du mal à se relever de pareil échec. En moins d’un mois, le Namurois aura réussi à prêter le flanc à la critique tant sur le fond (avec une note de politique générale pour le moins indigente) que sur la forme (sa communication ambiguë quant à son bureau) et sur les principes (ayant dénoncé l’usage de cartes essence chez un adversaire politique, sans être lui-même totalement transparent sur la question). Le voilà renvoyé sur ses terres avec le sentiment humiliant d’être la risée du Royaume.
Gâchis, aussi, pour la politique en général. Un secrétaire d’Etat acculé à la démission quatre semaines à peine après avoir prêté serment, voilà qui ne fait pas sérieux, surtout pour un gouvernement qu’on soupçonne provisoire et que l’on a attendu neuf mois !
Gâchis, encore, mais là on arrive dans la cuisine interne, pour le Parti socialiste. Qui tente de se relever de son échec électoral de 2007 et d’effacer les affaires, pour faire mentir les sondages… Pas sûr que c’est en occupant la scène médiatique par des erreurs aussi flagrantes de casting, dénoncées depuis l’intérieur du parti, que l’on redresse la barre.
Gâchis toujours, mais cela ne regarde que lui, pour Elio Di Rupo lui-même. Qui a usé et abusé de cette prérogative de président, celle de faire et défaire les ministres. Aujourd’hui, cette technique montre ses limites. Et, n’en déplaise au président du PS, c’est à lui seul qu’incombe l’échec.
Ce quadruple gâchis n’est pas la preuve qu’il est dur d’être « petites gens » en politique. C’est la preuve que la politique est un métier comme les autres. Qui s’apprend pas à pas. Surtout quand on n’a pas un talent incontestable.

Di Rupo tacle Moureaux

Le Montois dénonce l'attitude du Bruxellois : "incompréhensible "
Il y pensait depuis plusieurs jours déjà. Trop de pression. Crainte des conséquences sur ses enfants en bas âge. Sentiment de plomber l'image du gouvernement. Si pas celle de son parti. Et certitude, au fond de lui-même, que, quoi qu'il fasse désormais, il traînerait l'affaire de ses 300 litres d'essence comme d'autres trimbalent l'image de leur douche. Lourde. Et collante. Il s'en explique dans la page suivante.
Samedi midi donc, Frédéric Laloux (PS) a averti Elio Di Rupo de sa décision de remettre son mandat. Il l'avait déjà eu en ligne sur le même sujet quelques jours plus tôt. Le Montois lui avait réaffirmé sa confiance, l'invitant à bien réfléchir avant de prendre une quelconque décision. Elle est tombée quarante-huit heures plus tard.
Les choses, ensuite, n'ont pas traîné. À 11 h 25, ce dimanche, juste avant d'entamer son marathon télévisé, Elio Di Rupo faisait savoir le nom de son successeur par un communiqué du Palais. Plus de recherche d'effet surprise cette fois : il s'agit d'un autre Namurois, Jean-Marc Delizée. Mais surtout d'un parlementaire, à la différence de Frédéric Laloux, ce qui lui avait valu de lourds reproches en interne.
Mais c'est un Namurois, donc. Et pas un Bruxellois, comme l'aurait sans doute espéré le vice-président du PS, Philippe Moureaux, auteur d'une sortie assassine contre Laloux en début de semaine dernière. Une sortie qui visait à forcer la montée au fédéral d'un de ses protégés, Karine Lalieux ou Yvan Mayeur, ce dernier trouvant le secrétariat d'État à la Pauvreté à sa taille. Raté.
Dans l'entretien qu'il nous accorde ce dimanche, Elio Di Rupo justifie son choix. Mais surtout, il riposte sèchement à Philippe Moureaux, dont il juge l'attitude "incompréhensible" .
"Un équilibre à préserverau sein du parti"
"Nous nous en sommes expliqué tous les deux ", complète le Montois. Qui annonce : "Je serai candidat à ma propre succession à la tête du parti en 2011 ", comme pour mieux faire taire ceux qui, déjà, parient sur le départ de la présidence du PS de celui qui vient à peine d'y être réélu en juillet dernier, avec 90 % des voix.
De surcroît, Di Rupo tacle le Bruxellois et ses disciples. "Un parti, c'est un travail d'équipe. J'attends des autres qu'ils clarifient ce qu'ils font au bénéfice des gens qui les ont élus. N'inversons pas les rôles. Ce n'est pas à moi à rendre des comptes. C'est moi qui, aujourd'hui, en demande ..."
Quant au choix d'un Namurois au lieu d'un Bruxellois : "C'était incontournable. Sur nos vingt ministres, il y en a déjà sept qui sont de la capitale fédérale, depuis l'arrivée de Marie Arena. Je ne pouvais pas faire du huit/douze. J'ai donc voulu conserver un équilibre, important au sein du Parti socialiste... "

Elio Di Rupo : « Des gens se sont acharnés sur lui »

Non, il ne regrette rien. En tout cas pas d’avoir nommé Laloux. « Il faut que des petites gens, qui se sont faits tout seuls, puissent accéder aux plus hautes fonctions politiques. » Elio Di Rupo tente de faire oublier un mauvais casting et le malaise qui plane dans ses rangs en reprenant l’offensive. « Je serai candidat, en 2011, à la présidence du PS. »
2011 c’est loin… Mais quand même, un peu de renouvellement ne serait-il pas bienvenu ?
Si c’est pour un mieux, bien sûr ! Mais vous savez, Emile Vandervelde a présidé le parti fort longtemps. Et puis, j’ai été élu par 90 % des militants, c’est ça qui compte. Au PS, ce ne sont plus les barons qui font les présidents !
Digéré, l’échec de 2007, où l’on vous sentait désabusé ?
Pas désabusé, jamais… Tout simplement triste. Mais j’ai assumé.
Les difficultés, les critiques, les mauvais sondages, ça ne vous donne pas envie de raccrocher ?
Au contraire, ça me stimule. Je suis plus décidé que jamais ! Du reste, les sondages… En 2007, ils étaient bons ! Alors peut-être que cette fois, ce sera le contraire. En tout cas, cela montre qu’on doit se serrer les coudes, entre socialistes, et œuvrer en faveur des citoyens.
Vous êtes au gouvernement fédéral… Vous avez une marge de manœuvre suffisante pour imprimer votre marque ?
Nous sommes le seul parti progressiste au pouvoir… Nous assumons nos responsabilités. Nous sommes là pour préserver les allocations familiales, les pensions, les revenus des travailleurs…
Des priorités répétées inlassablement… Pourtant, en interne, on vous reproche de ne pas imprimer une ligne claire au parti.
C’est tout le contraire. Après les élections, nous avons tiré les leçons de l’échec. Nous avons rédigé une note de stratégie. A charge pour chaque fédération de revenir vers nous avec des actions concrètes, de voir comment on peut mettre en exergue des gens de qualité, quelle attitude adopter par rapport à certaines catégories de la population…
L’échec vient de ce que vous vous êtes coupés de certains groupes d’électeurs ?
Nous avons évoqué tout ça longuement en interne. Je ne suis pas là pour le dire publiquement.
Philippe Moureaux a lavé du linge sale dans nos colonnes…
Son attitude est incompréhensible. Il s’en est expliqué. Mais, sur Laloux, ce n’est pas lui qui a créé le climat d’acharnement…
Qui alors ?
Des gens se sont acharnés sur lui.
En ce compris dans vos propres rangs : des parlementaires fédéraux PS ont grincé des dents.
C’est fort possible que certains n’étaient pas heureux. La plupart étaient satisfaits ou neutres.
Les critiques émises à l’égard de Laloux étaient excessives ?
Oui ! Certains devraient faire leur examen de conscience. Que lui reproche-t-on ? Ses litres d’essence ? Le dépassement est minime. Le fait qu’il ne communique pas ? Que dire, alors, d’un Premier ministre quand il confond Marseillaise et Brabançonne ?
Un Namurois succède à un Namurois… Une évidence ?
Ce n’était pas indispensable. Ma stratégie, en mars, a été de donner un poste à Namur… Je suis cohérent avec moi-même. Et puis, dans l’équilibre Wallonie-Bruxelles, je ne pouvais pas nommer un Bruxellois. Le PS a 20 ministres, secrétaires d’Etat et présidents d’assemblée, dont 7 Bruxellois.

Laloux out, Di Rupo riposte
"Peut-être, pour certains, est-ce plus important d'avoir le bon look pour pouvoir être "un bon secrétaire d'Etat". Ce n'est pas ma vision, et ce ne le sera." Frédéric Laloux est amer au moment de justifier sa démission rendue publique samedi midi.
"Des critiques injustes..."
Un arroseur tant arrosé qu'il s'est noyé

Frédéric Laloux : « Je ne suis pas un clown »
Frédéric Laloux aura été secrétaire d’Etat à la Pauvreté pendant un mois . « Un mois qui va compter dans ma vie et sur lequel je pourrais écrire un livre », nous confie celui qui va retrouver son siège de conseiller communal namurois. En attendant, il revient sur les causes de son départ.
Pourquoi avez-vous décidé de démissionner ?
Je ne suis pas parfait mais je suis honnête. Je n’aime pas le terme de démission. J’ai remis mon mandat. Et je l’ai fait parce que ce que l’on m’a fait subir nuisait à tous ceux que je devais représenter.
Votre président parle d’acharnement à votre égard…
Mais il n’y a pas d’autres termes ! Un journal m’a attaqué en affirmant que je détenais une série de mandats que j’avais pourtant expressément abandonnés. Un autre organe de presse a lancé une opération « Sauvez Laloux » avec rendez-vous sur la place d’Armes de Namur. Je ne suis pas un clown. J’ai eu une réunion vendredi soir avec les instances locales. La personne importe peu. Mais je ne peux accepter n’importe quoi. On me demandait quand tout cela allait s’arrêter. En me visant, on s’attaquait aux gens dont je suis le porte-parole. Cet acharnement à mon égard discréditait, en bout de course, tous ceux que je devais représenter.
On vous reproche de ne pas avoir brillé, lors de la présentation de votre plan, en commission des Affaires sociales…
J’ai été le seul secrétaire d’Etat à avoir bénéficié d’une telle couverture médiatique : la presse ne s’est déplacée en commission des Affaires sociales que pour me mettre à mort. Pourtant, je suis le seul à avoir fourni l’effort de présenter le rapport moitié en néerlandais, moitié en français. Mais on n’est pas venu pour cela.
Une chaîne de télévision vient encore de commettre un amalgame en annonçant que j’avais prêté ma carte d’essence à ma femme. On ne m’a pas contacté, les chiffres livrés étaient erronés, l’information n’a pas été recoupée. Si tout cela, ce n’est pas de l’acharnement… Mais il y a plus.
Au-delà des attaques personnelles, ce climat devenait intenable pour ma famille : mes gosses étaient pris à partie, vilipendés par leurs condisciples, voire par certains professeurs. Ils étaient traqués par des journalistes dont certains les prenaient en photo.
On vous a reproché de ne pas être issu du rang des parlementaires, d’avoir été parachuté.
Voilà dix-sept ans que je fais de la politique. On me connaît à Namur et on fait appel à moi pour figurer en queue de liste à la dernière suppléance, à la place de combat. Cela ne me fait pas peur. Je ne me suis jamais mis sous les feux de la rampe. Quand le PS, qui n’était pas demandeur, a obtenu deux postes de secrétaires d’Etat, il a privilégié deux personnalités de terrain confrontées aux réalités des petites gens. Mais on a voulu me salir. Cela a commencé avec Groen ! qui a réclamé ma démission.
Cette démission risque de mettre un terme à votre carrière politique…
Je n’ai jamais eu de plan de carrière. Ma volonté de travailler est même décuplée par ces événements. A Namur, on va m’accueillir à bras ouverts. Les gens qui me connaissent savent combien le combat que je mène sur le terrain est important pour moi. C’est une vraie vocation.

Jean-Marc Delizée remplace Laloux

Jean-Marc Delizée (PS) a été nommé comme nouveau secrétaire d’Etat à la Lutte contre la pauvreté en remplacement de Frédéric Laloux (PS), a indiqué ce dimanche le Palais dans un communiqué. Le Palais a accepté la démission de M. Laloux.
M. Delizée prêtera serment dimanche entre les mains du roi au château de Ciergnon, en présence du premier ministre. De nombreuses critiques avaient émaillé la désignation comme secrétaire d’Etat de M. Laloux, artisan pâtissier, personnalité peu connue du sérail politique. Ancien échevin de Namur, il a également été rattrapé par une affaire de prétendue utilisation abusive de cartes essence. A l’intérieur du parti socialiste, il a été reproché au président Elio Di Rupo d’avoir quelque peu oublié, dans le choix de certains de ses représentants au gouvernement, de valoriser des parlementaires à l’expérience établie. Ces critiques ont été relayées par le vice-président du parti, Philippe Moureaux, qui a évoqué une erreur de casting. Enfin, le secrétaire d’Etat n’a pas été épargné non plus lors de l’annonce de ses engagements politiques, jugés trop faibles jusqu’au sein de sa propre formation.
Face au flot d’attaques, Frédéric Laloux a annoncé samedi qu’il démissionnerait « pour rester fidèle à ses valeurs et à son engagement politique ». Dans un communiqué, il disait aussi refuser de participer à la « Star academy » de la politique.
« La page est tournée », a indiqué dimanche sur la RTBF le président du PS, Elio Di Rupo, annonçant dans la foulée du Palais le choix de Jean-Marc Delizée pour succéder à Frédéric Laloux. Disant assumer les choix qui ont prêté le flanc à la critique, M. Di Rupo a dit vouloir aller de l’avant pour relever le pouvoir d’achat des gens et pour la stabilisation du pays à laquelle le PS a jusqu’ici contribué.
Le président du PS a cependant condamné « l’acharnement » voire « la chasse à l’homme » qui a visé Frédéric Laloux, quelqu’un « qui s’est fait tout seul ». Il s’est dit étonné du « deux poids deux mesures » consistant à condamner politiquement un homme de terrain de la trempe de M. Laloux bien plus que certains bourgmestres inculpés. « Les petites gens ont droit aussi à se trouver dans un gouvernement », a-t-il dit, relevant notamment que les notes de politique générale d’autres secrétaires d’Etat ne faisant que quelques lignes n’ont pas suscité de commentaire.
Le président Di Rupo a rejeté toute erreur de casting, niant par ailleurs qu’il prenait ses décisions seul. « Je consulte largement. Parmi ces personnes, M. Moureaux fait certainement partie de ceux qui sont consultés le plus souvent », a-t-il dit en substance.
Le PS a proposé dimanche Jean-Marc Delizée comme successeur à Frédéric Laloux. M. Delizée prêtera serment dimanche entre les mains du Roi.
Agé de 48 ans, Jean-Marc Delizée est député de la province de Namur à la Chambre des représentants depuis 1993. Il était un des plus jeunes députés à l’époque. Il est président de la Commission des affaires sociales. Bilingue, il a d’abord acquis un régendat en langues germaniques avant de décrocher un diplôme de licencié en sciences politiques et relations internationales. Il est signataire de plusieurs propositions de loi concernant, entre autres, l’augmentation des pensions, la lutte contre les pièges à l’emploi ou encore la mise en place d’une Stratégie nationale pour l’emploi.
Ancien bourgmestre de Viroinval, il y était jusqu’à ce jour échevin notamment en charge de l’emploi, la formation, les affaires économiques et agricoles, l’enseignement, la culture, l’Etat civil et la population.
Le président du parti socialiste a indiqué ne pas être déstabilisé par les événements des dernières semaines. Il s’est même dit candidat à sa succession en 2011.

Frédéric Laloux démissionne

Le secrétaire d'État à la Lutte contre la pauvreté Frédéric Laloux a décidé de remettre son mandat, « pour rester fidèle à ses valeurs et à son engagement ». Le Premier ministre Yves Leterme a accepté cette démission. Le président du parti socialiste la comprend mais la regrette. « Je refuse de participer à une sorte de Star Academy de la politique . J'ai une autre opinion de la fonction politique que celle qui consiste à critiquer pour le plaisir et sans fondements et attaquer les personnes plutôt que les actions. », explique le secrétaire d'Etat sur son site internet. « C'est pour rester fidèle à mes valeurs et à mon engagement que j'ai décidé de remettre mon poste de secrétaire d'Etat. Car dans les conditions d'animation médiatique et d'exigence de « casting », je ne pense pas sereinement pouvoir assumer une mission que j'estime pourtant essentielle : travailler à réduire les inégalités dans notre pays et lutter contre la pauvreté. », poursuit Frédéric Laloux.
Réagissant à cette démission, le Premier ministre Yves Leterme dit avoir pris acte de cette démission lors d'un entretien avec M. Laloux.
« Le Premier ministre éprouve du respect pour cette décision. Les décisions sont prises pour la succession du secrétaire d'Etat démissionnaire », conclut le bref communiqué d'Yves Leterme.
Elio Di Rupo regrette
Le président du parti socialiste Elio Di Rupo regrette la démission de Frédéric Laloux, mais comprend et respecte ses raisons. Il proposera dans les plus brefs délais le nom du candidat qui pourrait le remplacer, précise-t-il dans un communiqué.
M. Di Rupo juge que « son retrait l'honore » et souhaite que chacun puisse poursuivre son travail, « dans un climat serein et constructif en faveur de nos concitoyens ».

Des réactions sans surprise
Après celles du Premier ministre Yves Leterme et du président du PS Elio Di Rupo, la démission du secrétaire d’État Frédéric Laloux a provoqué quelques réactions dans le monde politique.
Sur les antennes de RTL-TVI, la présidente du CDH Joëlle Milquet a convenu que c’était à M.
Laloux à estimer la nécessité de cette démission et souligné que les circonstances médiatiques étaient devenues difficilement supportables pour lui. Le président du MR Didier Reynders a jugé que la position de M. Laloux devenait intenable, devant des accusations assez graves et Jean-Marc Nollet (Écolo) a dit espérer que le prochain choix sera plus judicieux.
Du côté des partis flamands, la présidente du sp.a Caroline Gennez a estimé que M. Laloux avait pris la seule décision qui s’imposait, un Secrétaire d’État, surtout s’il s’occupe de la lutte contre la pauvreté, devant se trouver au-dessus de tout soupçon.
Quant aux écologistes de Groen !, ils estiment que la démission est l’occasion de mener une politique renforcée de lutte contre la pauvreté.
Les Verts flamands avaient déjà réclamé la démission de M. Laloux lors de l’affaire de la localisation de son cabinet et s’étaient montrés très critiques envers sa déclaration de politique qui manquait, à leurs yeux, de perspectives et d’ambition.

La polémique s’est installée dès le début

Frédéric Laloux a été nommé secrétaire d’État fédéral le 20 mars, alors qu’il était conseiller communal, chef du groupe socialiste à la ville de Namur et attaché au cabinet du ministre wallon Michel Daerden. Rapidement, il a fait l’objet d’attaques concernant l’utilisation d’une carte d’essence de la ville et des mandats publics qu’il aurait continué à détenir irrégulièrement.

C’était le 20 mars 2008. Philippe Laloux prêtait serment devant le Roi. Un mois plus tard, il remet son mandat. Belga
Des critiques se sont aussi élevées dans les rangs du PS, où certains ne voyaient pas d’un bon œil la désignation par le président Elio Di Rupo d’un nouvel « inconnu » à un poste ministériel.
Affilié au parti socialiste depuis 1991, sa carrière politique a démarré en 1995, lorsqu’il devient conseiller communal à Namur. De 2001 à 2006, il a été échevin des Sports, de la Logistique et du Centre de secours. Originaire de Jambes où il vit toujours, Frédéric Laloux a une formation d’agent immobilier.
L’attention de la presse est attirée sur M. Laloux dès la déclaration gouvernementale, lorsque les journalistes constatent qu’il est le seul membre du gouvernement absent au moment où M. Leterme entame la lecture de son texte. Une première polémique éclate dès le 29 mars, lorsque le nouveau secrétaire d’État déclare qu’il n’a pas de cabinet et doit travailler dans sa voiture. Il reconnaît ensuite que des locaux lui ont bien été attribués.
Ce sont ensuite des informations de presse faisant état de pleins de carburant abusifs pour sa voiture officielle. Pour ces faits, un dossier le concernant, ainsi que l’échevin Écolo de Namur Arnaud Gavroy, est envoyé au procureur général de Liège et une information judiciaire est ouverte à propos du Secrétaire d’Etat.
Après un appel du président des socialistes bruxellois Philippe Moureaux à renvoyer M. Laloux à Namur, de nouvelles accusations le visent, concernant cette fois une incompatibilité entre ses fonctions ministérielles et des mandats publics.
Frédéric Laloux a rejeté toutes les accusations qui étaient portées contre lui. Mais il a fini par démissionner samedi, dénonçant « mensonges, critiques et amalgames » à son égard, voulant rester fidèle à son engagement et disant ne pas vouloir participer à la « Star Academy » de la politique.

16 avril 2008

Un vent de contestation souffle au PS

Fait rare : le vice-président du PS, Philippe Moureaux, critique ouvertement la ligne du président Elio Di Rupo. L'affaire Laloux ravive de vieilles frustrations à l'intérieur du parti socialiste. Le président du PS se mure : pas de commentaire... .

De mémoire de camarades, on n'avait jamais vu cela... C'est la toute première fois que le vice-Président du PS, Philippe Moureaux, décoche des flèches empoisonnées à l'endroit de son président, Elio Di Rupo. Car sous couvert d'une critique à l'égard de Frédéric Laloux, l'ex-échevin de Namur bombardé secrétaire d'Etat à la Pauvreté par la grâce d'Elio Di Rupo, c'est bien le président du PS qui est la principale cible de Philippe Moureaux. En cause : le casting du gouvernement (principalement les secrétaires d'Etats Laloux et Fernandez) et par-delà, le laxisme à l'égard des "déviants". C'est au "Soir" que Moureaux a confié toute son amertume. Décodage.
1 D'où vient ce casting bizarre ? Elio Di Rupo a toujours adoré surprendre la galerie en proposant à la nomination des ministres et secrétaires d'Etat inattendus : Marie Arena, Christiane Vienne, Fadila Laanan, Marc Tarabella, Paul Magnette. Et tout dernièrement, Julie Fernandez Fernandez, échevine à Liège et, bien sûr, Frédéric Laloux, ex-membre du collège échevinal de Namur. Ces deux derniers étaient totalement inconnus au bataillon des "ministrables". C'est précisément pour cela qu'ils ont été choisis, explique-t-on au PS : Elio Di Rupo a voulu démontrer que le PS ne manque pas de talents.
2 Pourquoi Laloux ? Mais ces choix ne passent pas. Et au fil des jours, les choses, plutôt que de s'arranger, s'enveniment. Car si le PS ne manque pas talents, ces deux-là ne sont peut-être pas les mieux lotis. Et s'il fallait vraiment trouver un Namurois capable d'exercer cette fonction, Jean-Charles Luperto, Eliane Tillieux ou Valérie Deom étaient mieux placés. Mais Di Rupo n'a consulté personne à Namur. Bien sûr, Luperto a quelques ennuis depuis qu'au terme d'un collège euphorique, il s'est livré à une mauvaise blague téléphonique aux dépens du bourgmestre de Jemeppe. Mais bon. Entre cette stupidité de collégien et les problèmes de Laloux (surutilisation de sa carte essence) il y avait une hiérarchie des handicaps que le président du PS a niée.
3 Qui s'oppose à Di Rupo ? La liste des gens que le président a frustrés est longue au PS. Et petit à petit, les langues se délient. Anonymement bien sûr. Courageux, mais pas téméraires. N'est pas Moureaux qui veut. Aux commentaires, on devine que l'ère Di Rupo est doucement en train de s'achever. D'ailleurs, à intervalles réguliers, on sent bien que le principal intéressé n'est plus au top de sa forme et de son influence. Depuis 1999, date de son accession à la présidence du PS, il a accumulé les victoires. Sauf en 2007, évidemment, où la success story s'est brutalement achevée. Et Philippe Moureaux a raison de rappeler que l'échec est dû aux affaires plutôt... qu'à la loi sur les armes comme le prétendent les ennemis de la rénovation du PS, ceux qui vivent encore du souvenir des acquis du passé, rêvant des avantages politiques que leur procurait un PS à 44 pc.
Elio Di Rupo apparaît un peu blasé, comme si la popote interne de son parti ne l'amusait plus. Le syndrome "Louis Michel" en quelque sorte. D'ailleurs, il est bien plus aisé d'interroger Di Rupo sur la situation en Chine ou au Chili que sur ses équipes ministérielles. Certains disent qu'il rêve d'un job international. Mais ils ne sont pas légion.
4 Que cherche Philippe Moureaux ? Si, au PS, on pensait que l'ouragan né de la nomination de Frédéric Laloux était passé, Yves Leterme l'ayant accepté dans son équipe après l'avoir auditionné, la sortie de Philippe Moureaux relance le débat interne au PS.
Dès lors, les exégètes de la pensée de Moureaux tentent de comprendre. Pourquoi cette sortie publique, vivement contestée, dans sa forme, par Rudy Demotte, le Premier wallon ? D'abord, parce que, dûment informé du malaise interne, Elio Di Rupo aurait fait la sourde oreille. Plusieurs parlementaires (Mayeur, Eerdekens,...) avaient dit clairement leur dépit. D'autres se demandent si, au crépuscule de sa carrière politique, Philippe Moureaux, piqué au vif par un sondage reléguant le PS à la 3e position, derrière le MR et le CDH, ne cherche pas, en écorchant l'image d'Elio Di Rupo, à lancer l'idée d'un changement de président. Au profit de... sa protégée de toujours, Laurette Onkelinx. Evidemment, les Liégeois, en guerre interne permanente, ne verraient peut-être pas d'un bon oeil l'arrivée de cette Néobruxelloise. Un président bruxellois ? Pas sûr que les Wallons accepteraient cela.
5 Dans quel état est le PS ? Jusqu'ici, la rénovation n'avait pas trop mal progressé, malgré de retentissants ratés. Car dans beaucoup d'endroits, elle demeure superficielle. Et malgré l'optimisme affiché par le boulevard de l'Empereur, il demeure plus d'un hiatus entre le parti et sa base. Dès lors, de multiples zones de contestation apparaissent. Ne parlons pas de ceux qui, à l'approche des élections, espérant négocier une place en vue, ruent dans les brancards : les régionalistes qui menacent toujours de créer un parti dissident ou de rejoindre les rattachistes.
Si la lenteur d'Elio Di Rupo a condamner les agissements déviants est condamnée par Philippe Moureaux et ses amis, certains reprochent aussi au président de ne pas avoir eu le courage de profiter de l'échec électoral cuisant de juin 2007 pour se refaire une santé dans l'opposition, comme André Cools et Guy Spitaels en 1970 et 1980. " On est venu nous chercher" a coutume de dire Elio Di Rupo . "Il fallait refuser ", expliquent ceux qui étaient attirés par une vivifiante opposition.
6 Comment sortir de ce guêpier ? " Elio ne se déjugera pas , juge un baron. La meilleure chose qui puisse arriver, c'est que Laloux se retire. Mais je ne suis pas sûr qu'il en ait les c... "

15 avril 2008

Moureaux à Di Rupo : « Virez Laloux ! »

Le numéro deux du PS veut le départ du secrétaire d'Etat Frédéric Laloux. Et presse Elio Di Rupo de prendre position radicalement sur les agissements déviants.

En répondant aux questions du Soir, Philippe Moureaux espère « provoquer un sursaut » du côté du Boulevard de l'Empereur. Sur un ton ferme et peu diplomatique, le vice-président du PS s'adresse à Elio Di Rupo, son président : « Je l'engage à donner une ligne claire (NDLR : au parti). Qui va nous coûter dans l'immédiat, mais qui nous portera plus loin. Plutôt que de faire des choix frileux qui vont nous couper de toute perspective d'avenir. »
Le Bruxellois estime que « le dernier casting gouvernemental du PS est un échec ». Il demande à son auteur, Elio Di Rupo, de « réparer ses erreurs dans ses choix ». En clair : renvoyer à Namur Frédéric Laloux, le secrétaire d'Etat à la lutte contre la pauvreté empêtré dans une affaire de pleins d'essence.
Philippe Moureaux veut que son président se montre plus sévère avec « les dérives et les pratiques qui sont les nôtres ». C'est le moment, dit-il, d'« indiquer clairement à l'opinion que le parti n'accepte plus ce genre de choses ». Et sans vains regrets : « Que ceux qui ne sont pas d'accord fassent un pas de côté ou aillent voir ailleurs. »

ENTRETIEN
On ne l'a guère entendu ces derniers mois. Celui qui représentait le PS au comité des sages sur la réforme de l'Etat observait une certaine réserve par rapport à l'évolution de la situation politique générale, et celle de son propre parti…
… Ce silence, vous le rompez…
Il me semble que, pour quelqu'un comme moi qui n'a plus aucune ambition personnelle sinon celle de réussir sa retraite, il est nécessaire maintenant, avec prudence, sans casser la porcelaine, d'exprimer ses inquiétudes, ses réserves, parfois ses critiques.
A propos…
Du dernier casting gouvernemental du PS. Un échec. Et c'est triste, car il intervient au moment où l'on aurait besoin de ce genre d'opportunité pour faire avancer le parti. Choisir des extra-parlementaires pour un gouvernement, cela peut se justifier – et ce serait difficile d'ailleurs pour moi de dire le contraire puisque j'étais moi-même un non-élu en 1980 lorsque je suis devenu ministre. Prenez récemment la désignation de Paul Magnette : elle ne me paraît poser aucun problème vu sa situation (son intervention pour faire cesser la querelle carolo en 2006, NDLR) et l'ampleur de la personnalité. Par sa connaissance des dossiers, son expertise, ou sa situation particulière, un extra-parlementaire peut donc apporter quelque chose de fondamental. Mais il n'est pas bon de négliger les parlementaires pour des personnes qui, certes ne sont pas inintéressantes, mais qui ne sont pas du même niveau qu'eux à ce stade. Je n'épiloguerai pas sur le choix de quelqu'un qui souffre d'ailleurs d'avoir été mis en première ligne.
Vous visez Frédéric Laloux…
Peut-être n'aurait-il pas connu certains avatars si on ne l'avait pas imprudemment soumis au feu médiatique et judiciaire.
La présomption d'innocence ?
Mais je ne le condamne pas. Je crois d'ailleurs que si on ne l'avait pas désigné, on aurait beaucoup moins parlé, voire pas du tout, du problème pelliculaire pour lequel il est inquiété, l'utilisation de quelques litres d'essences complémentaires. Mais à partir du moment où on est placé en première ligne, ce genre de choses prend une tout autre tournure.
Conclusion ?
Des erreurs, tout le monde en commet, mais après, il est souhaitable de les réparer. Je parle des choix du président, du casting.
Le secrétaire d'Etat doit donc, selon vous, être remplacé ?
J'ai été assez clair.
Et le casting gouvernemental ?
En le modifiant légèrement, il peut retrouver une pertinence incontestable. Laurette Onkelinx, Marie Arena, Paul Magnette, nos ministres fédéraux, sont des gens de toute première qualité. La jeune secrétaire d'Etat liégeoise ne pose pas de problème majeur. Mais ce qui est terrible, c'est qu'on ne parle pas d'eux mais de la désignation d'un garçon auquel je n'ai aucun reproche particulier à faire, mais qui devient l'image dominante pour l'opinion, alors qu'il y a derrière une belle équipe. C'est injuste. On peut y remédier. C'est la politique. Ce garçon, on l'a exposé. On lui rendrait un service en corrigeant le tir. Cela dit, derrière, je vois un problème plus global…
Vous voulez dire ?
Le choc des dernières élections a été dû essentiellement, pour moi, à ce que l'on a appelé les « affaires », des événements que l'on a d'ailleurs résumés imprudemment et injustement à ceux de Charleroi. Or, je vois qu'au PS, on a tendance à dire aujourd'hui : « Au fond, il ne s'est rien passé de spécial. Circulez y'a rien à voir ». Certains prétendant même que le grand problème pour le PS, ce fut la loi sur les armes !, qui nous aurait fait perdre des dizaines de milliers de voix. Donc : le parti aurait tout bien fait, sauf Laurette Onkelinx, à l'origine de cette loi sous la législature précédente, comme ministre de la Justice. Cette idée est totalement fausse et insupportable. C'est refuser de voir les difficultés en face. Cette loi sur les armes, je ne l'ai jamais trouvée très bien rédigée, j'ai des critiques, mais elle a été approuvée par tous les groupes politiques, dans un sursaut après les événements à Anvers (la fusillade Van Themsche, Ndlr), et considérer qu'une mesure restrictive en matière de port des armes est négative, c'est déjà étonnant en soi ! M. Bush est le grand défenseur du port d'armes aux Etats-Unis… Mais ce qui m'inquiète le plus, c'est la tentative de transférer les responsabilités de la défaite de 2007.
De la part de qui ?
Je constate simplement qu'au Boulevard de l'Empereur, au siège du parti, on a organisé des rencontres dans les fédérations, en cours, à propos de cette loi sur les armes. Une manière de nous exempter de ce qui pour moi est le problème fondamental, celui des comportements d'élus. Si le PS veut s'inscrire dans l'avenir, il doit prendre position radicalement. Il ne faut pas masquer ces réalités, par exemple avec la loi sur les armes. Ce sera dur. On encaissera peut-être des défections en vue de 2009. Mais il faut montrer à l'opinion publique qu'une page est tournée.
Elio Di Rupo appréciera…
J'appelle Elio Di Rupo, qui a fait un travail extraordinaire à la présidence par ailleurs, et qui a une capacité de travail exceptionnelle, je l'engage publiquement à faire ce choix, à donner une ligne claire. Qui va nous coûter dans l'immédiat, mais qui nous portera plus loin. Plutôt que de faire des choix frileux qui vont nous coûter et nous couper de toute perspective d'avenir.
Qui visez-vous ?
Je n'ai aucune animosité contre X, Y ou Z. Franchement, je ne mets en cause personne. Je pense aux dérives et aux pratiques, et aux règles éthiques qui sont les nôtres. Un bourgmestre qui méprise l'opposition (même si ce n'est pas illégal), un élu local qui pratique toujours un clientélisme de bas étage… Il faut indiquer clairement à l'opinion que le parti n'accepte plus ce genre de choses. Et exécuter ce qui a été décidé au PS ces derniers temps : plutôt que de faire le tour des fédérations à propos de la loi sur les armes, le faire pour expliquer et faire passer les éléments éthiques inscrits dans nos statuts et notre programme. Et que ceux qui ne sont pas d'accord fassent un pas de côté ou aillent voir ailleurs !
Ces « pratiques », quelle est leur ampleur au PS ?
Elles ne sont pas du tout majoritaires, mais elles le sont pour les médias, dans l'image qu'ils donnent. Notre mission politique reste entière. Les idées de gauche ont toute leur pertinence, et l'illusion du libéralisme qui allait régler tous les problèmes de la planète est en train de s'estomper. Mais il faut retrouver toute notre pertinence sur les comportements.
Une attaque à Elio Di Rupo ?
Non. J'ai toujours soutenu Elio, je continue à croire qu'il est un homme d'exception, mais après une période de dialogue un peu éteint, je souhaite publiquement lui dire mon inquiétude, et le presser de bien regarder vers l'avenir.
Vous servez vos adversaires en accréditant la thèse que le problème du PS, c'est les affaires…
Mais le problème du PS… c'est les affaires ! Faux en partie, et très exagéré, je l'ai dit, c'est bien de ce problème, pourtant, qu'il faut sortir aujourd'hui. A un an et demi des élections, j'espère provoquer le sursaut qui permettra de dire : le PS ce n'est pas les affaires, c'est le message social et l'action.

13 octobre 2007

Philippe Moureaux réélu à la tête du PS bruxellois

Willy Demeyer candidat à la vice-présidence du PS

Willy Demeyer, bourgmestre de Liège réélu samedi président de la fédération liégeoise du PS, pourrait aussi être candidat à la vice-présidence nationale du PS, rapporte lundi La Meuse. Le 12 novembre prochain, on connaîtra les noms des vice-présidents nationaux du PS, chargés d'assister Elio Di Rupo, président national. L'un des vice-présidents sera bruxellois, l'autre wallon. Michel Daerden, Jean-Claude Marcourt et Alain Mathot s'associent pour soutenir la candidature de Willy Demeyer au poste de vice-président wallon. "Si on me le demande, je le ferai", a déclaré le bourgmestre de Liège, réélu samedi président de la fédération liégeoise du Parti socialiste. (belga)

Willy Demeyer rempile à la tête du PS liégeois

Le bourgmestre de Liège Willy Demeyer a été réélu samedi au poste de président de la fédération liégeoise du Parti socialiste, avec un score de 91,4%

Philippe Moureaux a été réelu avec 83,5% des voix.

Philippe Moureaux a été reconduit dans sa fonction de président de la Fédération bruxelloise du PS par les délégués de section réunis en congrès jeudi soir, mais il a indiqué qu'il quitterait cette fonction avant l'échéance du mandat de 4 ans qui lui a été accordé. Agé de 68 ans, le patron de la Fédération bruxelloise a été réélu par 83,5% des votants. Il a précisé aux 300 à 400 participants au congrès qu'il se présentait à sa propre succession pour assurer une transition dans la vie de la Fédération. Le congrès a également procédé à plusieurs autres élections internes.

C'est le chef du groupe socialiste au parlement bruxellois, le bourgmestre d'Evere Rudy Vervoort, qui a été élu à la vice-présidence. Laurette Onkelinx, ministre de la Justice sortante, a été élue à l'unanimité au poste de déléguée à la présidence, chargée de plancher sur la modernisation des structure. Corinne Désir sera déléguée en charge des relations avec les élus locaux.
Le député Rashid Madrane a été désigné pour gérer la politique de communication de la Fédération. Le congrès a également élu ses représentants au bureau du parti. Il s'agit d'Alain Hutchinson, Jamal Ikazban, Yvan Mayeur, Anne Mouzon, Laurette Onkelinx et Eric Tomas. (belga)

Flahaut élu à la présidence PS du Brabant wallon

Le ministre de la Défense, André Flahaut, a été élu samedi à la présidence de la fédération socialiste du Brabant wallon avec 84,5 % des voix, indique la fédération dans un communiqué diffusé samedi soir. Sa candidature a été présentée par la section de Nivelles, dont il fait partie, mais aussi par cinq autres sections locales. M. Flahaut était le seul candidat et sa candidature avait été présentée par la section de Nivelles, dont il fait partie, mais aussi par cinq autres sections locales. (belga)

Didier Donfut rempile à la tête du PS montois

Le ministre des Affaires sociales et de la Santé publique Didier Donfut a été réélu samedi à la présidence de la fédération socialiste de Mons-Borinage avec 80,9% des voix, a indiqué le secrétariat de la fédération. Le Framerisois était seul candidat à sa succession. La sénatrice de communauté Joëlle Kapompole, également seule candidate, a emporté la vice-présidence avec 75,5% des voix. Les représentants de la fédération au bureau du PS, outre Didier Donfut, seront Éric Thiébaut, député fédéral et bourgmestre d'Hensies, et Camille Dieu, députée fédérale. A côté de ces élections au niveau fédéral, l'Union socialiste communale de Mons a aussi élu samedi son nouveau président, l'ex-conseiller communal Luc Allart, mais plusieurs recours en annulation sont prévus, précise la fédération. (belga)


"La section d'Elio Di Rupo bafoue les statuts du PS"

L'Union socialiste communale (USC) de Mons, celle-là même où est inscrit le président du parti Elio Di Rupo, ne respecterait pas les statuts du PS, a affirmé mercredi l'ancien bourgmestre montois Maurice Lafosse qui se base sur une décision de la commission de vigilance de la fédération socialiste de Mons-Borinage. Le 30 octobre, cette commission a donné raison à son recours contre une modification des statuts de l'USC de Mons, votée en assemblée générale le 20 septembre. Cette assemblée générale n'avait réuni que 60 à 65 membres sur 3.400, fulmine Maurice Lafosse.L'une des modifications mises en cause imposait que les candidats à la présidence de l'USC se présentent en ticket avec deux vice-présidents. Or, les statuts fédéraux du PS ne prévoient aucune autre restriction, pour cette élection, que deux ans d'affiliation au parti, commente l'ancien bourgmestre.. Maurice Lafosse affirme encore que plusieurs personnes qu'il a contactées pour figurer sur sa liste ont fini par se désister, par crainte de représailles. L'élection du président de l'USC doit avoir lieu samedi, de même que celle du nouveau président de la Fédération de Mons-Borinage. (belga)

Un rapport contre Di Rupo au Parlement wallon
Même s'il a mis fin à sa croisade contre Elio Di Rupo, redevenu bourgmestre en titre, Luc Leens vient de remettre un rapport au Parlement wallon sur les irrégularités qu'il aurait constatées durant l'empêchement du bourgmestre. Ce "citoyen montois", comme il se présente, accusait depuis un an l'ex-ministre-président wallon d'exercice illégal de la fonction de bourgmestre pendant sa présidence.Cas exemplaireLe 2 octobre, la commission des affaires intérieures du Parlement wallon entreprendra d'évaluer le Code de la démocratie locale. "Avant de clôturer définitivement mon combat, il me paraît utile d'éclairer les députés sur le cas exemplaire de l'application de cette loi à Mons durant l'empêchement de M. Di Rupo", explique Luc Leens.Mesures à prendreLe rapport, qui compte 35 pages et de nombreuses annexes, est structuré en trois grands thèmes: la répartition des compétences entre les bourgmestres de Mons, l'action de la tutelle régionale et, en guise de conclusion, "les mesures à prendre pour éviter la répétition de ces irrégularités".Wallonie maladeBien qu'il n'ait pas obtenu satisfaction de la tutelle régionale, auprès de laquelle il avait introduit plusieurs recours, Luc Leens se félicite d'avoir atteint trois objectifs "non négligeables": démontrer que "c'est M. Di Rupo qui exerçait toutes les fonctions mayorales malgré son empêchement." Mais aussi, "montrer que, malgré tous les beaux discours sur la rénovation, la Wallonie est toujours gravement atteinte par le mal wallon, fait de cumul de fonctions, conflit d'intérêts, estompement de la norme, politisation des services publics, etc." Et enfin, "que le citoyen peut lui aussi jouer un rôle dans l'amélioration de la gouvernance en Wallonie, même avec des moyens modestes", conclut Luc Leens. (belga)