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16 novembre 2007

Les francophones demandent des engagements

159 jours sans gouvernement. Afin de restaurer la confiance entre les communautés, les présidents des 4 partis francophones demandent aux partis flamands de s'engager à trouver des solution négociées dans le dossier de Bruxelles-Hal-Vilvorde et à éviter toute prise de décision d'une communauté qui en exclut une autre, ont-ils fait savoir vendredi à l'issue de leur réunion.

Reynders se veut rassurant sur l’économie du pays
vendredi 16.11.2007, 19:12Le ministre sortant des Finances Didier Reynders s’est voulu rassurant sur la santé de l’économie belge, malgré la crise que vit le pays. « Nous pensons nous situer autour de l’équilibre budgétaire », a expliqué Didier Reynders lors d’une conférence de presse, afin de « rassurer les voisins qui pourraient être inquiets ». Le ministre libéral des Finances sortant, qui gère les « affaires courantes » en l’absence de nouveau gouvernement et qui souhaite rempiler pour quatre ans, a précisé qu’il misait sur un petit déficit de « 0,2 % » du Produit Intérieur Brut (PIB) en 2007. En l’absence de projet de budget complet pour l’année 2008, que seul le futur gouvernement pourra établir, l’équipe sortante a pris des « mesures très restrictives » pour limiter le niveau des dépenses à celui de 2007, a-t-il ajouté.

Milquet ira à la manif de dimanche, Reynders pas
La présidente du CDH Joëlle Milquet et une délégation de son parti participeront dimanche à la marche organisée pour l’unité nationale de la Belgique, a fait savoir la présidente vendredi dans un communiqué. Pour sa part, le président du MR a indiqué qu’il n’y participerait pas. Didier Reynders estime inopportun d’aller manifester pour s’envoyer un message à soi-même et pense que les hommes politiques qui manifestent pour s’envoyer des messages troublent la relation entre la population et le monde politique.

Les 4 présidents ont également réaffirmé leur solidarité à l'égard des bourgmestres de la périphérie et une solution à leur cas devra faire partie de toute décision relative à la périphérie bruxelloise, ont-ils ajouté.
Les partis francophones vont par ailleurs poursuivre leur concertation pour préparer la définition de positions communes relatives aux débats communautaires.
La finalité de ce dialogue, aux yeux de M. Reynders, est de tenter de faire fonctionner et évoluer la Belgique fédérale. Il s’agit de la meilleure façon de ne pas entrer dans un scénario confédéral, a-t-il laissé entendre.
« Je l’ai déjà rappelé du côté francophone : si on veut une Belgique fédérale, il faut accepter que cette Belgique évolue mais dans un dialogue où chacun se respecte », a-t-il souligné.
M. Reynders relève à cet égard que les attitudes prises et les actes posés en Flandre depuis un peu plus d’une semaine n’ont guère contribué à l’apaisement nécessaire pour reprendre le dialogue.
« Les décisions et attitudes prises il y a un peu plus d’une semaine ne vont pas dans le sens que nous attendions. Nous espérons qu’à travers la rencontre des Francophones, on pourra reprendre la voie du dialogue mais il doit aussi y avoir la volonté de la part des partis flamands d’aller dans la même direction », a-t-il expliqué.
Pour entrer dans une négociation institutionnelle, le FDF -l’une des composantes du MR- a posé comme condition la résolution du problème qui se pose avec les trois bourgmestres dont la nomination a été refusée. M.
Reynders se montre quant à lui plus prudent : « nous souhaitons un dialogue ouvert avec tous ces points sur la table », a-t-il dit.
Le président du MR se montre également peu bavard sur le formateur Yves Leterme. Il constate qu’il bénéficie du soutien de la famille composée du CD&V/N-VA et du cdH et que le roi l’a désigné pour occuper cette fonction et l’y a maintenu.
« Je constate qu’il y a une famille politique qui souhaite qu’il soit en charge de cette responsabilité et que le roi l’y a nommé et maintenu. Je ne regrette jamais les choix du roi, en tout cas pas devant vous », a-t-il déclaré aux journalistes.
Quant à savoir s’il croit toujours à la réussite de l’orange bleue, le président du MR ne s’est pas montré plus loquace. « Ce n’est pas mon style de croire ou pas. J’essaie de mettre sur pied un gouvernement », a-t-il commenté.
La réunion des partis francophones aura lieu au parlement de la Communauté française. Si M. Reynders a attendu vendredi pour l’organiser, c’est en raison des tensions qui agitaient, d’après lui, la scène politique au sud du pays.

Coup de gueule de Milquet
La présidente du CDH, Joëlle Milquet, n’avait pas l’air d’excellente humeur quand elle est arrivée ce vendredi après-midi à la réunion des présidents de partis francophones. Elle ne l’a pas nommé mais elle n’a guère apprécié les propos tenus par le président du MR, Didier Reynders, à propos du CDH.
« Quand on lance une invitation, que l’on s’assure de jouer la cohésion et pas la division. Ce n’est pas vraiment ce que j’ai vu ce matin », a-t-elle déclaré.
Dans un entretien accordé à la presse, M. Reynders s’en est pris au soutien qu’apporte, selon lui le CDH, au formateur Yves Leterme, rendant de ce fait impossible la désignation d’un premier ministre francophone.
Mme Milquet n’a pas bien pris non plus la demande formulée par le FDF à la bourgmestre de Rhode-Saint-Genèse, Myriam Delacroix (CDH), de ne pas accepter sa nomination par le ministre flamand des Affaires intérieures, Marino Keulen.

« La solidarité des Francophones doit s’exercer à l’égard du ministre flamand, libéral, et non contre leur collègue francophone. On ne peut pas parler de déni de démocratie d’un côté et, de l’autre côté, demander un déni de démocratie », a-t-elle expliqué.
(d’après Belga)

14 novembre 2007

Le duo de présidents prolongé




Le Roi demande des propositions à Van Rompuy et de Decker

156 jours sans gouvernement. Le Roi attend les idées de Van Rompuy-De Decker pour un dialogue Nord-Sud. Mais tout le monde attend Leterme.


Mardi, les caméras étaient tournées vers le Palais royal, mais les regards orange-bleu vers Yves Leterme…
Les caméras tournées vers le Palais ? Le Roi clôturait, hier soir, les audiences accordées à huit présidents de parti démocratique depuis lundi. Dans la foulée, il recevait Herman Van Rompuy et Armand De Decker, présidents de la Chambre et du Sénat, pour les confirmer dans la mission qu’il leur confiait jeudi. À savoir : la mise en place d’un dialogue Nord-Sud, en vue d’une réforme de l’État visant à accroître la cohésion nationale.
Pour le Palais, « même s’il y a de nettes différences sur la méthode à suivre, il y a aussi une volonté largement partagée d’organiser un dialogue sur la poursuite de l’élaboration équilibrée de nos institutions et un renforcement de la cohésion entre communautés ». Autrement dit : même si les partis d’opposition lui ont fait savoir, lundi, qu’ils ne désirent pas « dépanner l’Orange bleue », le Roi estime que ce dialogue Nord-Sud est largement souhaité. Ceux qui refusent l’invitation au départ pouvant, c’est acquis, monter dans l’aventure plus tard…
Le duo de réconciliateurs Van Rompuy-De Decker est dès lors invité à faire « des propositions au Roi, au plus tard dans le courant de la semaine prochaine, pour concrétiser dans l’avenir le dialogue sur ces deux objectifs » (réforme de l’État et cohésion renforcée). En clair : le comité de (super) sages est lancé avec la bénédiction royale…
Ce faisant, le Roi a fait ce que l’on attend de lui dans pareil moment de crise belgo-belge. Il se retire donc à nouveau de l’avant-scène et ne devrait plus tenir d’audiences dans les prochains jours.
Les regards tournés vers Yves Leterme ? Si, durant les prochains jours, le devant de la scène politique sera occupé par le duo de réconciliateurs présidentiels, en coulisses, le formateur en chômage technique jouera les travailleurs au noir. Car, pour la énième fois sous l’improbable Orange bleue, les partenaires attendent Yves Leterme…
C’est au formateur, et à personne d’autre, de résoudre la nouvelle quadrature du cercle issue du vote historique Nord contre Sud en commission de la Chambre sur BHV, le 7 novembre : le MR a demandé un signal de confiance aux Flamands ; le cartel CD&V/N-VA, des garanties aux francophones quant à la réalisation de la réforme de l’État. Les deux camps refusant, dans le même temps, la demande de l’autre… Or, pour reprendre les négociations, « arrêtées » depuis le 7 novembre, il faut résoudre cette quadrature du cercle.
Dans le seul unisson Orange-bleu du moment, MR, CDH, Open VLD, voire CD&V, jugent que seul le formateur peut poser les gestes d’apaisement attendus. Car (eh oui, c’est possible…), le climat entre partenaires s’est détérioré depuis Val Duchesse cet été, et depuis la mission d’exploration de Van Rompuy (déjà lui) en septembre. On en est donc toujours à tenter de restaurer la confiance entre partenaires.
Plus que discrètement, l’homme fort du CD&V travaille dès lors, lui aussi nous dit-on, à la reconstruction de la confiance. « Il a des contacts et travaille à une solution. » Parallèlement au duo des présidents réconciliateurs. Main dans la main avec ce duo…
Mais Yves Leterme ne sortira du bois que lorsqu’il sera sûr que sa proposition (le geste fort tant attendu) sera acceptée par tous les partis de l’Orange bleue – chacun ayant répété, hier, que cette formule gouvernementale est toujours privilégiée, aux dépens de la tripartite (lire ci-dessous).
Pour cela, il lui faudra, avant tout, faire accepter par son cartel l’idée d’une garantie minimale quant à la réforme de l’État : comment faire autrement, puisque sa future coalition dispose d’une majorité simple, pas des deux tiers nécessaires pour réformer l’État ? En clair : une telle garantie n’existe pas. « Il faudra en inventer une parce que l’on sait, à l’avance, qu’il n’y en a pas ! », résume un négociateur flamand.
Il pourrait dès lors s’agir de la promesse, actée dans l’accord gouvernemental, de réviser la Constitution en ce sens. Reste à savoir si cela suffira au cartel, à la N-VA surtout, que le CD&V ne serait toujours pas prêt à lâcher. Tant pis, le cas échéant, pour Leterme… Lequel devra, aussi, imaginer un « signal » de confiance acceptable par les francophones, afin de balayer leur crainte de revoir un vote N contre F.
Chacun travaillant en toute discrétion, les rencontres officielles et médiatisées devraient frôler, sauf nouveau rebondissement, le zéro absolu jusqu’à la fin de la semaine.

12 novembre 2007

Qui maîtrise la situation ?

Encéphalogramme plat pour les négociations

155 jours sans gouvernement. La recette Van Rompuy/De Decker ? Un grand forum institutionnel. Les deux présidents d'assemblée ont leur plan pour tenter de rapprocher les communautés, mais la table de réunion risque de comporter des places vides.


La semaine s'était achevée par un froid glaciaire. Le week-end n'a rien réglé. Le contact reste rompu entre les partis de l'Orange bleue. Le formateur Yves Leterme est au chômage technique depuis que CDH et MR ont décidé de suspendre la négociation. Et comme le laissait entendre Didier Reynders, hier, cela pourrait durer « quelques jours ou quelques semaines ».
Encéphalogramme plat.
MR et CDH continuent à demander que l'on engage un gouvernement socio-économique. Le cartel CD&V/N-VA, lui, réclame aux francophones un geste indiquant qu'ils sont prêts à engager une réforme de l'État.
Samedi, devant son parti, Bart De Wever, président de la N-VA, a lancé ce message aux MR et CDH : « Si ce pays doit continuer à exister, ceux qui appellent le plus fortement de leurs vœux la persistance de l'État belge doivent prendre leurs responsabilités pour une réforme de l'État. »
Traduction : le plus sûr moyen de faire éclater le pays, c'est d'empêcher la Flandre d'accroître son autonomie.
Voilà pour la température.
Si on ne perçoit aucun réchauffement, on sait au moins d'où il pourra venir. Chargés par le Roi de rétablir le dialogue, les présidents de la Chambre et du Sénat se sont mis au travail samedi. Herman Van Rompuy (CD&V) et Armand De Decker (MR) ont reçu les présidents des partis libéraux, centristes, socialistes et verts. Dimanche, ils ont livré un premier rapport au Roi.
Que préparent-ils ? Que proposent-ils ? Les deux pacificateurs travaillent à partir du « quasi-accord » institutionnel auquel était parvenu Van Rompuy au terme de sa mission d'explorateur. Que disait cet accord ? En gros : 1. on forme le gouvernement ; 2. on règle BHV dans les trois mois qui suivent ; 3. le débat institutionnel, piloté par les présidents de la Chambre et du Sénat, doit produire des résultats dans l'année.
Acceptée par MR, CDH et CD&V, ce préaccord calait sur l'exigence de la N-VA, résolue à notamment obtenir des régionalisations dans le domaine fiscal.
Van Rompuy et De Decker seraient en train de réaménager ce « quasi-accord », singulièrement dans son point 3.
Ils suggèrent ainsi d'organiser un grand forum en vue de clarifier une bonne fois pour toutes l'avenir institutionnel du pays.
Rassemblant tous les partis, et « délié » de l'Orange bleue, ce forum serait présidé alternativement par quelqu'un de la majorité et quelqu'un de l'opposition.
Capital – si l'on veut apaiser les Flamands : ce forum serait lancé très vite, avant même la mise sur pied du gouvernement.
Ses portes ne seraient pas verrouillées : ceux qui refusent d'y assister (ce sera sans doute le cas du PS et du SP.A) pourraient le rejoindre en cours de route, s'ils changent d'avis.
Cette proposition passera-t-elle la rampe ? À voir cette semaine. Les deux pacificateurs comptent revoir les présidents de parti dès mardi soir ou mercredi.
Autre étage du débat de l'heure : après cette semaine de crise, l'Orange bleue reste-t-elle l'option ? Ce week-end a offert aux uns et aux autres de rappeler les préférences/exclusives exprimées depuis le 10 juin… et d'en émettre de nouvelles.
Alors : une tripartite traditionnelle (libéraux/centristes/socialistes) ? La vigueur de la crise a réveillé cette hypothèse… aussitôt tuée par Reynders. « Pourquoi ramener à la table des partis désavoués par l'électeur ? », a-t-il dit dimanche, en visant PS et SP.A.
Un Olivier (rouges/verts/oranges) ? Le CD&V ne veut pas des socialistes et puis, bonne chance pour mettre le MR sur la touche.
Une Jamaïquaine (Orange bleue + verts) ? Douteux. Écolo et Groen posent des conditions élevées, sur le fond (pas de réforme fiscale, par exemple) comme sur le casting. Écolo refuse tout compagnonnage avec la N-VA et voilà que Groen, samedi, a jeté une exclusive du même type à l'égard du FDF. La Jamaïquaine imposerait donc d'exploser le cartel flamand et de démembrer la fédération libérale ? Difficile…
L'Orange bleue, donc ? Oui. Par choix ou par défaut. Envers et contre tout. Mais confirmer cette option, c'est (re)poser la question de l'appui à la réforme de l'État – l'Orange bleue n'a pas les 2/3 au Parlement. Étant dit que le CDH exclut que l'Orange bleue cherche de l'appui du côté de l'opposition flamande uniquement. Cela ramène la balle dans les pieds d'Écolo et du PS, peu enclins a priori à épauler l'Orange bleue dans son labeur institutionnel. Cela posé, l'on se dit que l'ampleur de la crise pourrait éventuellement « attendrir » ces deux partis sur lesquels le Palais (lundi ou mardi) devrait, dit-on, mettre la pression…


Reçus par le Roi, les deux réconciliateurs tentent de lancer un dialogue entre le Nord et le Sud du pays.Mais les présidents continuent à se déchirer.Les francophones tentent de s'unir, mais les rivalités MR-PS paralysent le dialogue.

Analyse
Morte et enterrée, l'orange bleue ? Pas encore. Agonisante ? Ça oui, même si on a connu des guérisons miraculeuses. Mais le problème, aujourd'hui, est sans doute plus fondamental que la survie ou la prolongation des négociations pour la formation du prochain gouvernement. En ce lendemain d'armistice, ce n'est pas la paix qui est en vue, c'est la guerre qui couve. Pas une guerre qui tue, qui fait couler du sang. Mais une guerre des tranchées, quand même, qui pourrait bien anéantir ce que les "poilus" d'il y a 90 ans ont préservé, à savoir l'unité du pays. Dès lors, les quelques hommes et femmes d'Etat qui restent se mobilisent pour tenter de sauver l'essentiel.
1 Comment comprendre ce qui se passe ? La difficulté, pour comprendre l'évolution de cette crise fondamentale de la Belgique, provient du fait que les principaux acteurs livrent une véritable partie de poker. Personne ne dévoile vraiment ses cartes ou son jeu. Le but recherché n'est pas celui qui est annoncé par son auteur. Les déclarations servent plus à sauver la mise, face à son opinion publique, à essayer de sortir la tête haute d'un échec annoncé, qu'à chercher réellement une solution à la crise. Il faut donc tant se méfier des ukases, des ultimatums, des coups de gueules que des sourires et des accolades. Autrement dit : l'orange bleue n'est peut-être pas encore au bord de l'implosion et le front des francophones n'est peut-être pas aussi uni qu'on pourrait l'espérer.
2 Qui a la main, pour l'instant ? Personne ! Avec le vote antifrancophone (la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde votée par les seuls députés flamands, extrême droite comprise) de mercredi dernier, on a atteint un paroxysme dans les tensions entre francophones et Flamands. Mais les partis du Nord ne s'attendaient pas à une réaction aussi musclée des francophones même si celle-ci, il faut l'admettre, a eu des ratés au début, les partenaires de l'orange bleu donnant le sentiment qu'ils poursuivraient sans encombre la mise sur pied du futur gouvernement sous l'autorité - c'est un bien grand mot - d'Yves Leterme. Donc les francophones ont demandé des gages de respect et de confiance et les Flamands continuent de réclamer les garanties d'une grande réforme de l'Etat, avant tout accord gouvernemental. Ce faisant, ils contredisent non seulement le Roi, qui leur a demandé de dissocier les deux discussions mais aussi Yves Leterme et peut-être Jo Vandeurzen (deux hommes que l'on dit K.-O. debout) lesquels avaient explicitement marqué leur accord pour une telle formule. Mais c'était sans compter la N-VA et son président Bart De Wever qui avait besoin de mâles promesses institutionnelles à la veille du bureau de son parti, samedi. Voilà, c'est fait. Mais qui va gérer la suite, au sein du cartel flamand ?
3 Et ce dialogue entre les communautés ? Ce week-end, les présidents de la Chambre et du Sénat, Herman Van Rompuy et Armand De Decker, ont reçu les huit présidents de partis démocratiques pour évaluer leur appétence à participer à un dialogue de communauté à communauté. Il ne s'agit pas, insiste Armand De Decker (voir ci-contre), de sauver l'orange bleue, mais bien de tenter, après l'agression politique dont ont été victimes les francophones, une grande réconciliation nationale, dans le respect des aspirations de chacun et de chaque communauté. Pour relever ce défi, il importe de mobiliser toutes les forces politiques afin de définir les conditions d'un nouveau vivre ensemble, d'un nouveau pacte entre tous les Belges.
4 Pourquoi les socialistes refusent-ils ? Mais curieusement, les partis socialistes, le SP.A et le PS ont - même si ce n'est pas encore très clair - décliné l'offre de service au motif qu'ils n'entendent pas jouer les sauveteurs de l'orange bleue. Est-ce pour tenter de les convaincre et d'insister sur le côté impartial du dialogue de communauté à communauté, que le Roi recevra ce lundi, à son tour, les présidents des huit partis démocratiques ?
Peut-être les socialistes quitteront-ils ainsi une position difficile à gérer sur le long terme. Comment, en effet, refuser de participer à une grande convention dont le but est d'empêcher (ou de retarder ?) l'implosion du pays ? En posant comme préalable à sa participation au dialogue la mort de l'orange bleue (c'est à cela que revient sa position), Elio Di Rupo se place dans un jeu politicien qui risque de se retourner contre lui. Car le PS aurait peut-être tout intérêt à y participer plutôt que d'en être exclu comme le seront les partis d'extrême droite, quitte à exiger que le rythme des travaux soit totalement indépendant de ceux de la majorité gouvernementale. Exiger pour "laver l'affront francophone" que les Flamands, dans la même commission de l'Intérieur, revotent un texte allant à l'encontre de ce qu'ils ont décidé en scindant BHV relève de la plus pure utopie. Il faudra, c'est certain, c'est indispensable, un "geste fort" démontrant que la confiance et le respect sont rétablis, empêchant même que ce genre de vote linguistique ne puisse se reproduire. Mais c'est bien à l'intérieur que ce dialogue entre les communautés, le nouveau dispositif institutionnel empêchant de nouvelles agressions, devra être conçu.
5 Dispersés les francophones ? Mais, avant cela, les francophones ne feront pas l'économie d'un grand débat sur leur espace politique. On peut d'ailleurs se demander pourquoi les travaux du groupe Wallonie-Bruxelles n'ont pas encore commencé. Il y a là, plus qu'une urgence, une nécessité absolue qui doit permettre aux francophones de venir unis à ce dialogue, unis et forts. Peut-être alors sera-ce plus aisé pour les francophones d'entrer dans une dynamique de réforme de l'Etat, pourvu qu'elle soit équilibrée et stabilisante.
6 Et Yves Leterme ? L'orange bleue, on l'a dit, n'est pas encore complètement condamnée même si ses négociateurs ressemblent de plus en plus à de pauvres bougres s'agrippant aux parois glissantes d'un chaudron en ébullition. Lorsque les francophones se seront concertés, lorsque le dialogue sera lancé (hypothèse optimiste, on l'admet), Yves Leterme pourrait reprendre ses négociations. Yves qui ? Ah oui, le formateur, on allait presque l'oublier, ce Tindemans avant l'heure, porté aux nues par 800000 électeurs le 10 juin dernier et voué aux gémonies, le week-end dernier, par les éditorialistes flamands qui le jugent à présent incapable de réussir à former un gouvernement. C'est bien la première fois que la presse flamande et Olivier Maingain se rejoignent... Reste à persuader les cadres du CD & V et de la N-VA qu'il y a dans ce parti d'autres personnes qui feraient mieux le travail que lui.

De Decker : "Dans l' intérêt du pays"
Le président du Sénat estime indispensable de fuir les attitudes partisanes.L'initiative, insiste-t-il, n'est en rien une tentative de sauvetage de l'orange bleue.
Les présidents du Sénat, Armand De Decker (MR) et de la Chambre, Herman Van Rompuy, (CD & V) ont été reçus, dimanche après-midi, pendant deux heures et quinze minutes par le roi Albert II. Ils lui ont présenté un état des lieux très complet de la situation, un aperçu détaillé de la position des présidents des huit partis démocratiques que le chef de l'Etat recevra, à son tour.
Nous avons interrogé Armand De Decker à sa sortie du Palais.
Comment rétablir la confiance entre le Nord et le Sud ?
Il est grand temps d'agir dans le seul intérêt supérieur du pays. Le dialogue entre les communautés est de la responsabilité de chacun. Et le moment est venu de ne plus réagir en termes électoraux ou postélectoraux. Cinq mois après les élections, l'enjeu doit supplanter les réflexes politiciens. Il est urgent de chercher des réponses aux grandes questions qui se posent, c'est-à-dire à la manière de rétablir la confiance entre les communautés et bien entendu la constitution par ailleurs, je dis bien par ailleurs, d'un gouvernement.
Votre initiative n'est donc pas un sauvetage de l'orange bleue ?
Pas du tout. Qui dit, d'ailleurs, que ce sera l'orange bleue ? Ce sera peut-être autre chose. Notre exercice va durer un certain temps. Quand on réfléchit à tout ce à quoi il faut penser... Ce qui doit voir le jour, c'est une forme de dialogue qui doit renforcer la confiance mutuelle et permettre une réflexion approfondie sur l'avenir de notre pays, la Belgique.
Condition de la réussite : que tous les partis démocratiques y participent. Or les socialistes semblent réticents...
Je ne vois pas très bien comment un parti démocratique pourrait refuser un dialogue politique. Cet exercice est, je le répète, totalement indépendant de la formation du gouvernement.
Quelle forme prendra finalement ce dialogue ?
C'est trop tôt pour vous le dire.
Certains avaient émis l'hypothèse d'associer des personnalités non-politiques, des représentants de la société civile...
Pas de réponse à formuler à cette question.
Peut-on vous appeler les "réconciliateurs" ?
(Rires)... Je trouve cela flatteur mais je ne pense pas la situation soit à ce point tragique qu'on doive parler de réconciliation. Il y a eu un moment terriblement blessant et regrettable, le vote unilatéral en commission de l'Intérieur de la Chambre, qui s'est retourné contre leurs auteurs, de manière très forte. Ils en sont punis.
Pensez-vous que les Belges veulent-ils encore vivre ensemble ?
Je crois que les Belges ont, depuis 177 ans, démontré qu'ils pouvaient fort bien vivre ensemble et je pense qu'ils sont totalement déterminés à le faire. Il est vrai que nous vivons un moment important de notre histoire, pour le pays et pour les 10 millions d'habitants. La Belgique connaît des problèmes communautaires. Tous les 20 ans, elle traverse des moments difficiles. Mais chaque fois, le dialogue permet de trouver des solutions. Il faut trouver la meilleure manière de lancer un dialogue, un vrai dialogue. C'est dans cet état d'esprit que nous allons travailler et dans l'espoir de moderniser la Belgique dans le respect de chacun et de chaque communauté.

Maingain : "Pour un pacte de dignité"

Le président du FDF appelle les francophones à rester unis et à définir une stratégie de défense de leurs intérêts.Il faut éviter la répétition de la gifle imposée par la Flandre.
Entretien
Meilleur défenseur des francophones ou boutefeu ingérable, il est, en tout cas, la bête noire des hommes politiques flamands. Rencontre avec le président du FDF, Olivier Maingain.
Vous demandez un geste de respect et de confiance des hommes politiques flamands. Concrètement, qu'attendez-vous ?
Il y a d'abord le respect strict de la mission qu'a donnée le Roi. Le Roi a clairement distingué ce qui relevait de la formation du gouvernement fédéral, qui sont des priorités socio-économiques, et ce qui relève de la mission confiée aux deux présidents des assemblées fédérales, qui tient en la définition d'un lieu de dialogue de communauté à communauté. Les deux missions sont totalement dissociées. Il ne peut être concevable que la formation du gouvernement fédéral soit conditionnée par le débat de communauté à communauté. Ce sont des temps opératoires distincts, des acteurs et des objectifs différents. Ceux qui veulent exercer un chantage à la formation du gouvernement fédéral méconnaissent la mission confiée par le Roi au formateur. Le formateur doit faire comprendre aux siens qu'il n'est plus chargé de mener quelque débat institutionnel que ce soit.
Après le vote de mercredi, comment "laver l'affront" ?
Nous ne pouvons pas vivre sous la menace de votes à majorités simples sur les dossiers institutionnels. Si les partis flamands retentent une opération comme l'on vient de vivre, mais centrée cette fois sur les aspects judiciaires de BHV, il n'y a plus de formation gouvernementale possible. Il doit y avoir un engagement explicite de renoncer à tout vote sur un sujet qui met en péril les intérêts de l'autre communauté. Il faut imposer une digue qui empêche la répétition. Si à chaque fois que les partis flamands souhaitent aller de l'avant sur un sujet institutionnel à majorité simple, ils nous disent qu'à défaut de les suivre, ils imposeront leur loi, c'est invivable.
S'il y a vote, on stoppe les négociations... vous le disiez déjà mercredi dernier avant le vote. Après...
Je n'ai pas été le seul à dire que ce vote signifierait la fin de la mission d'Yves Leterme. Je me souviens des déclarations de Charles Michel ou de Melchior Wathelet. Et je continue à penser qu'Yves Leterme n'a pas l'autorité d'un formateur ni la capacité d'un rassembleur. Le Roi a pris la décision de le maintenir dans une mission limitée aux priorités socio-économiques. J'en ai pris acte et je respecte la décision du chef de l'Etat. Tout le monde doit la respecter.
Avez-vous été poussé à nuancer vos propos, mercredi après le vote, ou pensiez-vous vraiment que le vote allait entraîner la fin des négociations...
... la fin de la capacité d'Yves Leterme à conduire un débat institutionnel. Je le confirme. La preuve est qu'il en est déchargé.
Estimez-vous qu'il faut poursuivre l'expérience orange bleue mais avec un autre formateur ?
Pour le moment, c'est Yves Leterme qui est chargé d'une telle mission. Il est contesté dans ses propres rangs par ceux qui veulent redonner une priorité institutionnelle à la formation du gouvernement. C'est à Yves Leterme de dire ce qu'il peut maîtriser dans son parti. On en est toujours au même stade. S'il en est incapable, il devra en tirer les conclusions. Nous n'en sommes pas là. Et avant de reprendre les négociations, il y a un préalable : que les Flamands posent un geste d'apaisement significatif.
Didier Reynders plaide pour la fin du cartel CD & V/N-VA...
Cela pourrait déjà changer le climat mais je ne sous-estime évidemment pas ce qu'est la tendance la plus nationaliste et en pointe du CD & V. La rupture du cartel entraînerait peut-être une minorisation de ceux qui se sont fait les alliés de la N-VA. Cela ne serait pas pire que ce que nous subissons aujourd'hui comme menace sur l'existence-même du pays. M. De Wever travaille à miner ce pays.
C'est le noeud. Les Flamands refusent de poser un geste d'apaisement. Et les francophones refusent de donner la garantie qu'il y aura bien une réforme de l'Etat substantielle...
M. Leterme doit dire s'il assume les conditions posées par le Roi à la poursuite de sa mission. S'il ne maîtrise pas ses amis politiques, prêts à saborder sa mission, qu'il le fasse savoir...
Ce sont vos déclarations qui ont mis le feu aux poudres...
Quand je lis la presse flamande de ce week-end, elle est encore bien plus sévère que moi à l'égard d'Yves Leterme. Un journaliste flamand m'a dit : "Vous insultez M. Leterme", tout cela parce que j'avais déclaré que M. Verhofstadt avait plus de talent que M. Leterme, ce que je continue à penser. Dire du bien d'un autre homme politique flamand, c'est insulter M. Leterme ?
Mais pour vous, les négociations gouvernementales ne pourront donc plus porter sur les questions institutionnelles ?
C'est la portée même de la mission qui a été donnée à Yves Leterme. Il faut accepter le rôle et l'autorité du chef de l'Etat. Il y a eu un affront envers les francophones, je n'ose imaginer qu'il y en ait un, à présent, à l'encontre de la personne du Roi. Certains hommes politiques flamands, je dis bien certains, refusent d'accepter le jeu des institutions.
Les négociations sont donc arrêtées. Le pays peut-il se permettre un vide total pendant quelques jours voire plusieurs semaines ?
Il est urgent de relancer la concertation entre les partis francophones. Je voudrais que le débat partisan s'efface devant la recherche d'un consensus indispensable. Les circonstances sont trop graves pour que les francophones étalent leurs divisions partisanes. Ce qui s'est passé au parlement de la Communauté française à l'initiative du chef du groupe socialiste, Léon Walry, était indigne. Il est temps de se ressaisir.
Sur quoi doit déboucher cette concertation ?
Il faut que l'on réfléchisse à deux choses. Qu'est-ce que les partis francophones considèrent comme étant leurs intérêts, ce sur quoi nous ne pouvons céder sous peine de menacer gravement notre avenir collectif ? La deuxième chose est de définir notre conception de l'Etat fédéral, le socle de base en termes de pouvoirs, de compétences et d'organisation.
Comme l'ont fait les partis flamands en 1999 ?
Il faut reconnaître que les francophones sont en retard par rapport à ce qu'ont fait les partis flamands en 1999. Je ne propose pas de voter des résolutions comme l'ont fait les Flamands. Mais les circonstances nous obligent à mener un débat en interne. Je ne parle pas d'un front mais plutôt de convergences, d'un discours commun de sorte que les partis flamands cessent de croire que si l'on change de partenaire francophone, ils pourront toujours faire avancer le débat institutionnel à leur guise et dans la direction qu'ils souhaitent. Ce travail doit être fait de commun accord. Les francophones doivent établir ensemble un pacte de dignité. Le débat sur BHV, on le retrouvera dans quelques mois. Il faut que nous préparions une réponse forte et unanime.
Ce dossier n'est-il pas le révélateur du malaise belge ?
Il révèle le sentiment qu'ont les partis flamands que les partis francophones ne peuvent plus s'opposer à l'évolution institutionnelle du pays. Le chantage qui est de dire que le pays n'existera qu'aux conditions fixées par les Flamands, est évidemment, comme l'a dit Didier Reynders, le début du confédéralisme.
Les socialistes semblent vouloir refuser de participer au dialogue entre communautés par crainte de participer à une entreprise de sauvetage de l'orange bleue ?
Ce serait une erreur que d'analyser, de manière partisane, la mission donnée par le Roi aux présidents des assemblées fédérales, surtout si cela est précédé par un travail entre francophones. Il ne s'agit pas d'un simulacre et d'un faux-semblant. Fuir les lieux de débat n'est pas la bonne manière de préparer l'avenir.

Un front francophone lézardé

A crise exceptionnelle, mesures exceptionnelles ! Le Palais lui-même innove. Il nous avait déjà donné un explorateur. Voilà qu'il nous propose deux réconciliateurs. Mission : "Entamer un dialogue sur la poursuite de l'élaboration équilibrée de nos institutions et un renforcement de la cohésion entre les communautés."
Leterme, pendant ce temps-là, poursuit sa mission sur tout le reste. A ceci près que la négociation est à l'arrêt. On ne se parle plus au sein de l'orange bleue. Non seulement le formateur est en chômage technique, en quelque sorte, mais, en plus, au Nord comme au Sud, tout le monde le trouve nul.
Quand à la mission des réconciliateurs elle s'assimile à un exercice de voltigeur de haut vol. C'est que la mission qui leur a été confiée par le Roi fait l'objet d'interprétations radicalement différentes selon que l'on est flamand ou francophone.
Pour le MR et le CDH, c'est clair, Yves Leterme ne peut plus se mêler de questions communautaires. Mieux, si les partis flamands de l'orange bleue s'engagent sans arrière-pensées dans ce processus, ils pourraient estimer qu'il s'agit-là du geste d'apaisement qu'ils attendent après la claque reçue lors du vote sur BHV.
Le CD & V/NV.A et l'Open VLD font une lecture fort différente du processus engagé. Non seulement ils exigent que Leterme poursuive sa mission, y compris sur le volet communautaire. Mais ils attendent des francophones qu'ils s'engagent sans retenue dans la voie d'une réforme institutionnelle de première grandeur. Et si les francophones traînent par trop des pieds, ils menacent de renouveler les passages en force comme ils l'ont fait pour BHV.
Devant une telle cacophonie, le Roi a décidé de reprendre la main et de voir, ce qu'il n'avait pas fait la semaine dernière, l'ensemble des partis démocratiques. Histoire que tout le monde comprenne la même chose. On verra alors si la mission des réconciliateurs a une petite chance d'aboutir.
En attendant, les francophones ont encore réussi à faire étalage de leurs divergences. Au parlement de la Communauté française d'abord : ils ont échangé des noms d'oiseaux et, sur les plateaux de télévision, ce dimanche, chacun a pu les voir s'étriper à qui mieux mieux. Il serait temps que les leaders francophones fassent passer leurs ambitions personnelles derrière l'intérêt commun.

Bien loin de l'Armistice

Chaque camp reste sur ses positions. La sortie de crise se fait attendre

L'édito de Christian Carpentier

Les francophones méritent mieux

Il y a un temps pour chaque chose. Et l'intelligence, en politique, est de savoir le choisir. On a donc de quoi être profondément inquiet, suite aux agressions à répétition survenues depuis vendredi, entre partis francophones. À l'heure où la crise n'a jamais semblé aussi profonde ni le pays autant exposé à la menace d'éclatement, on serait en droit d'attendre de leaders politiques dignes de leur mandat qu'ils dépassent leurs divergences cyniques et intéressées pour faire bloc. C'est d'autant plus indispensable à l'heure où la Flandre vient, pour la première fois, de montrer jusqu'où elle était prête à aller pour imposer ses vues.
Le piètre spectacle - parce que, hélas, c'en est un - offert depuis vendredi est pourtant d'une tout autre nature. Il était légitime, pour le PS, de s'interroger sur les coulisses du fait majeur survenu mercredi en commission. Mais le faire en pleine séance de vote de la riposte à l'agression flamande relevait plus que de la faute de goût. Le tir nourri de ce dimanche entre MM. Di Rupo et Reynders, entre lesquels le divorce est définitivement consommé et qui préparent déjà, tous deux, le retour aux urnes de 2009, n'a guère été mieux placé.
La colère du PS, à l'évidence, se trompe de cible et fait preuve d'une bien mauvaise mémoire. Car si un vote est survenu à propos du dossier BHV, c'est aussi parce que le gouvernement sortant n'a jamais réussi à le solutionner, malgré une longue tentative en 2005. Et dans ce gouvernement sortant, libéraux et socialistes étaient représentés à parts égales.
En attendant, la Flandre doit bien rigoler de voir ces francophones décidément infichus de trouver le consensus minimal en leur sein pour faire bloc. Et elle a déjà compris que si, même dans un contexte aussi dramatique que l'actuel, ses pairs ne sont pas capables de s'unir autour d'une riposte, ses vues indépendantistes ont encore de beaux jours devant elles. Il lui suffira de jouer PS contre MR pour obtenir, demain, satisfaction sur ses revendications.
Les francophones méritent mieux que ces petits jeux. Mais ils sont surtout en droit d'attendre de leurs leaders qu'ils leur donnent d'autres perspectives que celle d'un pays dans lequel plus aucun dialogue, gage indispensable d'un avenir, ne semble possible. © La Dernière Heure 2007


Le duBus du jour

La sortie de crise n'est pas pour demain. Et le Palais, ce dimanche, a compris qu'il devait de nouveau entrer en piste. Il l'a annoncé au terme de l'entrevue d'Albert II avec les présidents de la Chambre et du Sénat, Herman Van Rompuy (CD & V/NV-A) et Armand De Decker (MR).
Jeudi, après avoir reçu un sixième rapport d'Yves Leterme (CD & V/NV-A), Albert II avait annoncé sa décision de les recevoir durant le week-end pour les charger de déminer le brûlot institutionnel. Pourquoi pas dès vendredi ? En coulisses, on l'explique par une indisponibilité du Roi, invité à une activité privée.
Bref, les deux hommes, face à l'urgence, n'auront pas attendu l'audience pour se mettre à la tâche. Dès samedi, les présidents des partis démocratiques ont défilé dans les salons feutrés du Sénat. Avec pour fait majeur le refus socialiste de voler au secours de l'Orange bleue.
Elio Di Rupo (PS) l'a confirmé ce dimanche, en plaçant la barre très haut. Il met désormais comme exigence à la Flandre de "retirer l'affront " de mercredi sur BHV par un autre vote en sens inverse.
Inutile de dire que c'est aux antipodes de la position du CD & V/NV-A qui, lui, exige la certitude d'une réforme de l'État avant de s'engager dans tout accord de gouvernement. Or, sans passer par les voix des extrémistes, cette réforme est impossible à réaliser sans l'apport socialiste, du moins pour les sujets à voter aux 2/3 que le CDH, de surcroît, persiste de toute façon également à rejeter.
Bref, c'est calé de chez calé. Et le Roi revient en piste pour sonder (et apaiser ?) à son tour les âmes, ce que certains lui reprochaient de ne pas avoir fait dès le vote de mercredi.
Albert II consacrera donc ses journées de ces lundi et mardi à recevoir les présidents des partis démocratiques. Avec eux, il jaugera la marge de manoeuvre, très mince.
Seule voie possible
Consistera-t-elle à s'éloigner de l'Orange bleue ? On avait cru le comprendre des propos tenus ce dimanche en télévision par Didier Reynders (MR), rappelant, en parlant de la NV-A, que "personne n'est incontournable " (lire par ailleurs).
Sa porte-parole sera forcée de corriger le tir en fin de journée : il ne s'agissait nullement de fixer pour ultimatum au CD & V de se séparer de son partenaire. De fait, tout indique que le cartel survivra à la crise, à 20 mois des élections régionales.
Alors, quel sera l'apport des entrevues du Roi ? Et si c'était tout simplement de démontrer, une fois de plus, qu'aucune réforme de l'État n'est possible et que la seule voie de salut est la formation rapide d'un gouvernement Orange bleue axé sur le socio-économique ?...

Un débat qui tourne au vinaigre entre Reynders et Di Rupo

L'unité francophone s'effrite. Alors que la crise politique semble sans issue entre le Nord et le Sud du pays, les deux grands partis francophones apparaissent plus que jamais dos à dos. Sur le plateau de télévision de l'émission Controverse sur RTL-TVI ce dimanche midi, le débat a tourné à l'aigre entre Didier Reynders et Elio Di Rupo.
Les présidents des quatre partis francophones que sont le MR, le cdH, le PS et Ecolo étaient invités ce dimanche par RTL-TVI. Ils sont tous revenus sur "l'agression" des partis flamands mercredi sur la scission BHV qui à leur sens est inacceptable et répété qu'ils attendaient un geste d'apaisement.
Pour le PS, l'orange bleue est un échec
Il y a notamment été question des types de coalition possibles. Pour le président du MR, l'orange bleue est la coalition qui s'impose. Didier Reynders continue à rejeter l'idée d'une tripartite. "Pourquoi ramener à table des partis désavoués par l'électeur?", s'est-il demandé. La présidente du cdH, Joëlle Milquet a indiqué que le problème communautaire se poserait à tout type de coalition et que le cartel CD&V/N-VA était incontournable.
Pour le président du PS, Elio Di Rupo, "l'orange bleue est un échec". Les négociateurs doivent en tirer les conclusions. Or, "je n'ai jamais entendu dire que M. Leterme devait aller rendre son tablier", a précisé M. Di Rupo selon qui "l'heure est venue d'avoir d'autres cas de figure, que ce soit avec les Ecolos, un gouvernement d'union nationale", par exemple. Ce dernier a également indiqué qu'il n'était pas demandeur d'une tripartite.
Pour le président d'Ecolo, Jean-Michel Javaux, le moment est peut-être venu pour le Roi de voir les représentants de tous les partis. M. Javaux a ajouté que l'on se dirigeait peut-être vers une association de tous les partis, à titre transitoire, pour régler une série de problèmes urgents. Selon M. Javaux par ailleurs, une tripartite traditionnelle ne ferait que confirmer le blocage. Il a aussi rappelé les conditions d'Ecolo - dont le veto contre la N-VA - pour rejoindre l'orange bleue.
Retour sur l’hypothèse d’un scénario ficelé d’avance pour BHV
Lors des débats télévisés, les présidents de partis ont également été invités à revenir sur l'hypothèse d'un scénario, entre certains partis de l'orange bleue, qui a conduit au vote de la scission de BHV. Imaginer une telle chose "est injurieux", a estimé Didier Reynders qui a répété avoir tenté de trouver avec le président de l'Open Vld Bart Somers la voie de la négociation.
L'hypothèse du scénario a notamment été soulevée vendredi par le PS au Parlement de la Communauté française. Pour Didier Reynders, le PS a rompu un moment la solidarité francophone et semble faire le choix d'une "logique" d'opposition. Pour Elio Di Rupo, le PS n'a fait que se poser des questions légitimes alors que la presse a évoqué l'existence d'une mise en scène. Il a estimé que M. Reynders tentait de renverser le problème en voulant masquer l'échec de l'orange bleue. "Pour la défense des Francophones, c'est vous seul qui avez dégradé la situation", a dit Elio Di Rupo qui n'a pas tenu le même langage à l'égard de Joëlle Milquet dont le parti est partenaire du PS dans les Régions. "A votre égard, madame, j'ai plus que de l'estime. Vous avez accompli un travail remarqué par chacun", a-t-il dit.
Querelle entre PS et MR regrettée
Joëlle Milquet, qui a regretté la querelle "politicienne" entre PS et MR en ces moments graves, a souligné que les négociations étaient à l'arrêt "total" et qu'elles ne reprendraient, le cas échéant, que le jour ou se confirmerait la volonté de relancer le dialogue. "Le gros problème qu'il y a eu, ce n'est pas un complot, c'est une absence de gestion", a-t-elle précisé. "Il n'y aura aucune discussion dans les prochains jours voire les prochaines semaines si les présidents des deux assemblées législatives ne parviennent pas à arrêter un cadre permettant la reprise du dialogue", a indiqué Didier Reynders.
Pour le PS, le geste flamand qui permettrait de participer à un dialogue serait de "retirer ce qui a été fait (sur la scission de BHV) avec un vote", a dit Elio Di Rupo.
Jean-Michel Javaux a tenu, lui, à rester prudent par rapport à la tentative des présidents d'assemblée de relancer le dialogue, une initiative qu'il a jugée créative. Il a également regretté le débat du "plus francophonissime" entre PS et MR.
Quant à la négociation, si elle reprend, Joëlle Milquet a répété qu'à son sens il reste "bien clair" qu'il y a dissociation du communautaire et du socio-économique. "Cela fait quatre mois qu'on résiste, ce n’est pas pour revenir comme si on était début juillet", a-t-elle dit.
Entre l'orange bleue et la N-VA, le CD&V devra choisir
Pour Didier Reynders, le CD&V devra faire un choix entre l'orange bleue ou la N-VA. Le président du MR a lancé cet appel sur le plateau de Controverse.
"Quand on dit 'le cartel est incontournable', peut-être que le CD&V doit d'une manière ou d'une autre se trouver autour de la table mais vous savez, personne n'est incontournable en Belgique (...) La N-VA ne l'est certainement pas avec cinq sièges. Ça c'est un choix qui appartient à une série de démocrates au sein du monde social-chrétien en Flandre", a indiqué M. Reynders sur RTL-TVI.
En soulignant que la N-VA n'était pas incontournable, le président du MR a indiqué que "le CD&V devait peut-être faire comprendre à la N-VA qu'on ne peut tout avoir dans une négociation" et qu'il faut à un moment donné "arrêter d'avoir des prétentions aussi importantes", a précisé ce dimanche sa porte-parole.
Le propos de M. Reynders ne doit pas être interprété comme un ultimatum, a-t-elle ajouté. Selon la porte-parole du MR, Didier Reynders n'invite pas le CD&V à faire un choix entre l'orange bleue et la N-VA mais lui suggère de faire un "choix politique" sur ce qu'il est prêt à accepter dans le cadre d'une éventuelle concertation.
Jean-Michel Javaux a rappelé le veto d'Ecolo contre la N-VA. "L'idée semble faire son chemin", a-t-il précisé.
51% de chances de réussite pour l'orange bleue
Interrogé sur la probabilité de voir une coalition orange bleue émerger, le président du MR a répété qu'à son sens, il y a 51% de chances qu'un tel gouvernement soit mis sur pied mais "le cartel CD&V/N-VA va devoir faire des choix", a-t-il dit.
Pour Joëlle Milquet, les chances de voir un gouvernement orange bleu se constituer se situent autour des 49-50-51%.

05 novembre 2007

Orange bleue, Cap 148 : historique !

La Belgique égale ce lundi le record de la plus longue crise politique de son histoire.

Le précédent record remonte à la formation du gouvernement Martens VIII, pour lequel les négociations s'étaient étalées de décembre 1987 à mai 1988, précisément sur 148 jours.

L'Orange bleue entame ce lundi une semaine décisive puisque reviennent sur la table les dossiers Budget et Communautaire……

Où va l'orange bleue, où va la Belgique ?


Formation: le record de durée sera battu le 6 novembre

Si on ne voit pas encore clair dans la façon dont les choses vont se dérouler cette semaine sur le front de la négociation orange bleue, une chose est certaine: le record de 145 jours nécessaires à la formation d'un gouvernement, établi en 1987 sera battu.
Il n'y aura pas de nouveau gouvernement le 6 novembre. La plus longue crise de l'histoire politique belge remonte à la formation du gouvernement Martens VIII en 1987-88.

Les élections avaient alors eu lieu le 13 décembre 1987.
Pour former le gouvernement -une coalition réunissant les sociaux-chrétiens, les socialistes et la Volksunie- il aura en effet fallu 145 jours de négociations pour conclure un accord de gouvernement qui est intervenu le 6 mai.
Les nouveaux ministres ont prêté serment 148 jours après les élections, le 9 mai 1988. Les élections ont cette fois eu lieu le 10 juin 2007. Ce lundi, nous en sommes au 148e jour de crise et mardi 6 novembre le record sera battu.


Semaine cruciale pour l'Orange bleue

Le formateur Yves Leterme entamera plus que probablement la semaine qualifiée de cruciale sur le plan politique par un nouveau rapport au Roi qu'il rencontrera lundi à 14h30. Le cdH, le CD&V, la N-VA et l'Open Vld réunissent leur bureau lundi matin.Il semble donc qu'il ne devrait pas y avoir de réunion importante avant l'après-midi.

Vandenbroucke s'en prend à De Wever

Selon le vice-président du gouvernement flamand Frank Vandenbroucke, le président de la N-VA Bart De Wever met en danger une réforme de l'Etat en s'associant au MR pour mener une politique antisocialiste sur le plan fédéral. M. De Wever lui a rétorqué que le sp.a avait fui ses responsabilités en choisissant l'opposition.


Nollet: "L'orange bleue, l'otage de la N-VA et du sp.a"

Pour l'Ecolo Jean-Marc Nollet, si le ministre flamand des affaires intérieures Marino Keulen demande au gouvernement flamand dans son ensemble de décider sur la nomination des bourgmestres de la périphérie, il fait de l'orange bleue l'otage du sp.a.


Des banderoles pour la scission de BHV sur les ponts de l'E314

Une quinzaine de banderoles réclamant la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde ont été accrochées sur plusieurs ponts de l'autoroute Genk-Louvain (E314) par la section des jeunes Limbourgeois du Mouvement populaire flamand, le VVB. Ces calicots encouragent les automobilistes à "soutenir les bourgmestres" de Hal-Vilvorde favorables à la scission et réclament clairement la scission de l'arrondissement électoral de BHV. La section des jeunes Limbourgeois du VVB ne compte qu'une vingtaine de membres et n'existe que depuis six mois.

EN SAVOIR PLUS: Maingain envisage un gouvernement non-institutionnel

Un rassemblement pour l'unité de la Belgique le 18/11 à Bruxelles

23 octobre 2007

La campagne électorale de cette année a été la moins chère depuis 1991

Des politologues de ULB et de la KUL ont calculé que les partis politiques ont dépensé, pour la dernière campagne électorale pour les législatives en juin 2007, 20,4 millions d'euros, ce qui constitue la somme la plus basse depuis les élections législatives de 1991, lorsque 30,9 millions d'euros avaient été dépensés dans le cadre de la campagne électorale.

Voici l'étude complète : analyse des dépenses des partis francophones
et celle des partis flamands.


POLITIQUE mar 23 oct
Des politologues de ULB et de la KUL ont calculé que les partis politiques ont dépensé, pour la dernière campagne électorale pour les législatives en juin 2007, 20,4 millions d'euros, ce qui constitue la somme la plus basse depuis les élections législatives de 1991, lorsque 30,9 millions d'euros avaient été dépensés dans le cadre de la campagne électorale.
C'est en 2003 qu'a été constatée une diminution abrupte des dépenses électorales parce que depuis lors, les élections régionales et fédérales sont organisées séparément.
Lors de la dernière campagne électorale, c'est l'Open VLD qui a dépensé le plus (3,2 millions d'euros), suivi par le CD&V-N-VA (3,1 millions), le sp.a-Spirit (2,6 millions), le MR (2,49 millions), le PS (2,43 millions), le Vlaams Belang (1,94 million), le CDH (1,93 million), Groen! (0,88 million), Ecolo (0,63 million), la LDD (0,5 million) et le FN (0,48 million).
Ensemble, les partis flamands ont dépensé 12,4 millions d'euros et les francophones 7,9 millions.
C'est le CDH qui a dépensé le plus par voix récoltée (2,44 euros) et Ecolo le moins (0,88 euro).
Conformément à la législation, les partis pouvaient dépenser au total 30,4 millions d'euros, mais ils n'ont en fait utilisé que 67,5% de cette somme. Le pourcentage est le plus élevé chez le MR (91,43%) et le plus bas pour la LDD (22,9%).
Par candidat pour la Chambre, c'est l'Open VLD qui a dépensé le plus (10.499,22 euros) et Ecolo le moins (45,01 euros).
Pour le Sénat, la dépense par candidat est la plus élevée à l'Open VLD (18.944,3 euros). Le FN et Ecolo n'ont rien dépensé pour les candidats au Sénat.
Il y a aussi de grandes différences entre partis quant à la provenance des fonds qui ont été investis dans la campagne. En moyenne, 72,73% provient du parti, 25,27% du patrimoine propre du candidat et 1,97% de dons.

15 octobre 2007

Formation: le record sera battu le 6 novembre

La plus longue crise remonte à la formation du gouvernement Martens VIII. Au rythme où la négociation avance pour la mise en place d'une orange bleue, il ne semble pas impossible que ce record soit battu. Selon des calculs, ce sera chose faite le 6 novembre prochain. Pour former le gouvernement Martens VIII - une coalition réunissant les sociaux-chrétiens, les socialistes et la Volksunie - il aura en effet fallu 145 jours de négociation pour conclure un accord de gouvernement. Les nouveaux ministres ont prêté serment 148 jours après les élections.
Les élections avaient alors eu lieu le 13 décembre 1987, l'accord de gouvernement est intervenu le 6 mai et les membres du nouveau gouvernement ont prêté serment le 9 mai 1988.
Ce record sera battu le 6 novembre prochain. Ce jour-là on en sera au 149eme jour après les élections du 10 juin. Il reste donc 21 jours à Yves Leterme et Cie pour faire mieux ou moins bien.

23 septembre 2007

Verhofstadt plus populaire que Leterme

Seulement 45% des Belges jugent M. Leterme encore crédible comme premier ministre.

Guy Verhofstadt est l'homme le plus apte à assurer aujourd'hui les fonctions de premier ministre, estiment 61,1% des Belges, selon un sondage iVox. L'ex-formateur Yves Leterme, s'il reste le plus populaire en Flandre, ne recueille que 41,6% de préférences pour l'ensemble du pays et 10,9% seulement dans la partie francophone, pour 74,6 à M. Verhofstadt.
Le sondage révèle aussi que 45% seulement des Belges jugent M. Leterme encore crédible comme premier ministre. Mais ici aussi, l'image est contrastée entre le nord et le sud du pays. Les résultats traduisent encore un souci croissant des Belges devant une crise politique qui perdure: plus de 77% des personnes interrogées craignent qu'elle aura des conséquences fâcheuses pour l'économie du pays.
Ce souci est particulièrement présent chez les personnes âgées de 45 à 59 ans et celles qui ont un niveau de scolarité peu élevé. Selon ce sondage, 39,1% des Flamands se montrent favorables à l'indépendance de la Flandre, pour 12,7 de Francophones qui se disent prêts à renoncer à la Belgique. Ces derniers chiffres confirment les résultats d'un précédent sondage réalisé fin août par les deux mêmes journaux.

22 septembre 2007

Le rétroacte


Le cap symbolique des 100 jours sans nouveau gouvernement est franchi. Si ce n'est pas une première dans l'histoire du pays, la formation du gouvernement apparaît comme l'une des plus longues et ardues. Retrouvez l'ensemble des faits qui émaillent la crise.


21 septembre : 103 jours sans nouveau gouvernement : lundi, un tournant ?
20 septembre : 102 jours sans nouveau gouvernement : Francophones, voilà le moment de vérité
19 septembre : 101 jours sans nouveau gouvernement : L'Orange bleue bloquée, le CD&V s'inquiète, cogite : Dehaene et le « comité des sages »
18 septembre : 100 jours sans nouveau gouvernement: La scission n'est plus taboue en Flandre
17 septembre : 99 jours sans nouveau gouvernement : Troisième rapport de Van Rompuy au Roi
16 septembre : 98 jours sans nouveau gouvernement :
15 septembre : 97 jours sans nouveau gouvernement : La Wallonie ne peut s'en sortir seule
14 septembre : 96 jours sans nouveau gouvernement : Un rôle plus large pour Van Rompuy
13 septembre : 95 jours sans nouveau gouvernement : Bart De Wever: "Je ne suis pas Milosevic"
12 septembre : 94 jours sans nouveau gouvernement : Le marché de Leterme aux Francophones
11 septembre : 93 jours sans nouveau gouvernement : Van Rompuy explore BHV
10 septembre : 92 jours sans nouveau gouvernement : Un second rapport de l'explorateur au Roi
9 septembre : 91 jours sans nouveau gouvernement : Le compromis communautaire ne sera que le début
8 septembre : 90 jours sans nouveau gouvernement :
7 septembre : 89 jours sans nouveau gouvernement : La théorie Van Rompuy dure
6 septembre : 88 jours sans nouveau gouvernement : La scission de BHV à l'agenda
5 septembre : 87 jours sans nouveau gouvernement : Retour forcée à l'Orange bleue
4 septembre : 86 jours sans nouveau gouvernement : Milquet et Reynders rencontrent l'explorateur
3 septembre : 85 jours sans nouveau gouvernement : Position possible ou impossible?
2 septembre : 84 jours sans nouveau gouvernement : Le MR toujours prêt au dialogue
1 septembre : 83 jours sans nouveau gouvernement : Scinder BHV? Maingain revient à la charge
31 août : 82 jours sans nouveau gouvernement : L'explorateur rencontre MR et Ecolo
30 août : 81 jours sans nouveau gouvernement : Un explorateur pour calmer la crise
29 août : 80 jours sans nouveau gouvernement : Van Rompuy pour formateur?
28 août : 79 jours sans nouveau gouvernement : Pour le Roi, ceci est bien une crise
27 août : 78 jours sans nouveau gouvernement : La note Dehaene éventée
26 août : 77 jours sans nouveau gouvernement : Langendries- De Croo en co-médiateurs
25 août : 76 jours sans nouveau gouvernement : L'Orange bleue en quête de médiateur
24 août : 75 jours sans nouveau gouvernement : Qui va succéder à Yves Leterme?
23 août : 74 jours sans nouveau gouvernement : Yves Leterme jette l'éponge
22 août : 73 jours sans nouveau gouvernement : L'orange bleue se remet à table
21 août : 72 jours sans nouveau gouvernement : Leterme prépare deux textes et un schéma
20 août : 71 jours sans nouveau gouvernement : Reynders attend des propositions équilibrées
19 août : 70 jours sans nouveau gouvernement : La dernière chance d'Yves Leterme
18 août : 69 jours sans nouveau gouvernement : Leterme s'accroche, le Roi intervient
17 août : 68 jours sans nouveau gouvernement : Parfum de crise à Val Duchesse; Leterme reste formateur
16 août : 67 jours sans nouveau gouvernement : Un moment de vérité pour le projet francophone
15 août : 66 jours sans nouveau gouvernement : Les exigences des partis flamands
14 août : 65 jours sans nouveau gouvernement : Leterme défend sa méthode
13 août : 64 jours sans nouveau gouvernement : Leterme, ses notes, ses secrets
12 août : 63 jours sans nouveau gouvernement : La bonne volonté des Francophones
11 août : 62 jours sans nouveau gouvernement : Après Leterme notaire, à quand Leterme meneur ?
10 août : 61 jours sans nouveau gouvernement : Un problème Milquet? Non, mais...
9 août : 60 jours sans nouveau gouvernement : Val Duchesse à tous petits pas
8 août : 59 jours sans nouveau gouvernement : Yves Leterme rencontre les Francophones
7 août : 58 jours sans nouveau gouvernement : La deuxième version de la note Leterme
6 août : 57 jours sans nouveau gouvernement :
5 août : 56 jours sans nouveau gouvernement : La crise est proche
4 août : 55 jours sans nouveau gouvernement : Les Francophones de Bruxelles se fâchent
3 août : 54 jours sans nouveau gouvernement : Pistes d'accord à Val Duchesse
2 août : 53 jours sans nouveau gouvernement : Les questions communautaires au menu
1 août : 52 jours sans nouveau gouvernement : L'orange bleue en péril
31 juillet : 51 jours sans nouveau gouvernement : Accord sur le budget
30 juillet : 50 jours sans nouveau gouvernement : Le budget en discussion à Val Duchesse
29 juillet : 49 jours sans nouveau gouvernement : La fonction fera-t-elle l'homme?
28 juillet : 48 jours sans nouveau gouvernement : "Silence, je travaille"
27 juillet : 47 jours sans nouveau gouvernement : Leterme: "on en reste aux accords de principe"
26 juillet : 46 jours sans nouveau gouvernement : Orange bleue, la dynamique négative
25 juillet : 45 jours sans nouveau gouvernement : Accrochages entre centristes et libéraux
24 juillet : 44 jours sans nouveau gouvernement : Yves Leterme accélère, le SP.A très critique sur la note Leterme
23 juillet : 43 jours sans nouveau gouvernement : La note de Leterme
22 juillet : 42 jours sans nouveau gouvernement : Leterme a remis sa note aux présidents
21 juillet : 41 jours sans nouveau gouvernement : Voici la Brabançonne, Mr Leterme
20 juillet : 40 jours sans nouveau gouvernement :
19 juillet : 39 jours sans nouveau gouvernement : Leterme reçoit le MR et le CDH
18 juillet : 38 jours sans nouveau gouvernement : Leterme vérifie la volonté du MR et du CDH
17 juillet : 37 jours sans nouveau gouvernement : Valse des présidents à Val Duchesse
16 juillet : 36 jours sans nouveau gouvernement : Leterme, le retour à Val Duchesse
15 juillet : 35 jours sans nouveau gouvernement : Yves Leterme nommé formateur
14 juillet : 34 jours sans nouveau gouvernement : Fin de mission imminente pour Dehaene
13 juillet : 33 jours sans nouveau gouvernement : Le Vlaams Belang entre au bureau de la Chambre
12 juillet : 32 jours sans nouveau gouvernement : Elio III prêt au décollage
11 juillet : 31 jours sans nouveau gouvernement : Le démineur modérément optimiste
10 juillet : 30 jours sans nouveau gouvernement : L'orange-bleue est la seule option réaliste
9 juillet : 29 jours sans nouveau gouvernement : Dehaene au cap symbolique
8 juillet : 28 jours sans nouveau gouvernement :
7 juillet : 27 jours sans nouveau gouvernement :
6 juillet : 26 jours sans nouveau gouvernement : My name is Dehaene, James-Boerenbond Dehaene
5 juillet : 25 jours sans nouveau gouvernement : Reynders presse l'orange-bleue
4 juillet : 24 jours sans nouveau gouvernement : Les lignes de force du rapport Reynders
3 juillet : 23 jours sans nouveau gouvernement : Yves Leterme passe un tour
2 juillet : 22 jours sans nouveau gouvernement : Reynders prêt à informer le Roi
1 juillet : 21 jours sans nouveau gouvernement :
30 juin : 20 jours sans nouveau gouvernement ; Reynders avisé du "non" au Sud
29 juin : 19 jours sans nouveau gouvernement : Le Roi a reçu l'informateur en clinique
28 juin : 18 jours sans nouveau gouvernement : Prestation de serment au Sénat
27 juin : 17 jours sans nouveau gouvernement : Milquet: "Allô, les Verts!"
26 juin : 16 jours sans nouveau gouvernement : Après Reynders, avant Leterme
25 juin : 15 jours sans nouveau gouvernement : "Trop d'exigences renforceront le PS"
24 juin : 14 jours sans nouveau gouvernement : Onkelinx: à fond l'opposition!
23 juin : 13 jours sans nouveau gouvernement : Didier Reynders prend acte du rapport nucléaire
22 juin : 12 jours sans nouveau gouvernement : La Flandre s'impatiente
21 juin : 11 jours sans nouveau gouvernement : Le front francophone a vécu
20 juin : 10 jours sans nouveau gouvernement : L'informateur fait rapport au Roi
19 juin : 9 jours sans nouveau gouvernement : Reynders achève son premier tour de table
18 juin : 8 jours sans nouveau gouvernement : L'informateur fait le tour des partis
17 juin : 7 jours sans nouveau gouvernement : Louis Michel fait du charme à Ecolo
16 juin : 6 jours sans nouveau gouvernement : Didier Reynders a entendu la CSC
15 juin : 5 jours sans nouveau gouvernement : Elio Di Rupo privilégie son parti
14 juin : 4 jours sans nouveau gouvernement : Reynders prié d'informer en silence
13 juin : 3 jours sans nouveau gouvernement : Quel informateur? Reynders pressenti.
12 juin : 2 jours sans nouveau gouvernement: Didier Reynders : "vive la bipartite"
11 juin : 1 jour sans nouveau gouvernement: Le Waterloo socialiste

01 septembre 2007

Di Rupo presse l'Orange bleue

"Ressaisissez-vous!"
(03/09/2007)

FLOREFFE "Je veux être très clair. Le PS combat toutes formes d'abus et de fraude : fiscale ou sociale. Tout travail au noir doit être combattu. Il faudra d'ailleurs renforcer les moyens des pouvoirs publics pour que le contrôle de toutes formes de fraude soit réellement effectif. Pour l'heure, nous ne devons pas tomber dans le piège tendu par les acteurs de la pensée libérale : opposer les gens entre eux, opposer les travailleurs aux chômeurs, chercher des boucs émissaires. " Elio Di Rupo, lavant plus blanc que rouge, a repris le chemin du combat hier lors des Rencontres d'été du PS.
Ils étaient venus nombreux l'écouter pour un long discours dans la très belle abbaye de Floreffe. Les militants ne manquaient pas d'attendre le bon mot pour applaudir. Comme lorsque Di Rupo souligne que "84 jours ? Jules Verne serait déjà revenu de son tour du monde".
Le ton est ferme mais pas cinglant. Les armes ne sont pas vraiment dégainées. "Il faut plus de stabilité et de flexibilité dans le travail, mais pas à n'importe quel prix. On doit penser à l'avenir de nos jeunes et à leur formation."
Le PS déposera très rapidement 5 propositions de loi pour que les débats reprennent au fédéral : augmentation des salaires-poche des travailleurs, augmentation de l'allocation de rentrée scolaire conformément à la proposition Demotte 2006, + 12 % pour les pensions et suppression de la cotisation de solidarité, meilleurs remboursements de soins de santé comme les maladies chroniques, les soins dentaires et les lunettes, les coûts liés à l'hospitalisation et gratuité des appareils dentaires et des frais d'orthodontie pour les moins de 18 ans, tarif maximal pour le gaz et l'électricité.
Et l'homme de Mons de poursuivre... "Nous allons tous de l'avant. Je voudrais aussi remercier les militants. "
Sûr qu'ils sont contents. Certains en ont même profité pour prendre une fraise. Qu'on ne s'y trompe pas, la fraise, chez le dentiste, elle peut faire très mal, comme lorsqu'on aborde les discussions fédérales : "S'il y a un accord dans l'orange bleue, la droite va se lâcher".
Et s'il n'y a pas d'accord ? "Nous ne sommes pas demandeurs, mais nous savons ce que nous voulons."
Et de conclure : "Si Van Rompuy ne réussit pas, lui qui a une connaissance très fine des hommes et des femmes en place, ce sera difficile. Sans dialogue, sans solution raisonnable, il n'y aurait plus de Belgique. Il commence à y avoir urgence pour le pays".
Vraiment, noeuds papillons et roses, ce n'est plus d'époque, vous savez ! Et l'orange bleue ? Une fraise ?

Les politiciens parlent, comblant le silence de Van Rompuy

Laurette Onkelinx dit porter sur les négociations un regard inquiet et fâché. Tandis que le président du PS, Elio Di Rupo, affirme n'entretenir aucun esprit de revanche.

Pas d'esprit de revanche
Alors que le président de la Chambre Herman Van Rompuy poursuit en toute discrétion sa mission d'exploration, plusieurs figures de la politique belge se sont faits entendre dans les éditions des journaux du week-end. Dans la presse francophone, ce sont les socialistes qui ont voix au chapitre, alors que trois négociateurs Open Vld occupent les colonnes de la presse flamande. Dans La Dernière Heure, le président du PS Elio Di Rupo affirme n'entretenir aucun esprit de revanche, mais souligne que 80 jours après les élections, la formation du prochain gouvernement repart à présent de zéro, alors que les négociations de l'Orange bleue ont renforcé le terreau indépendantiste en Flandre.

Radicalisation de l'opinion publique flamande"
On n'est toujours nulle part sur le socio-économique. Mais l'antisocial de la note Leterme apparaît clairement", déclare-t-il. Il ajoute que le président de la CSC, Luc Cortebeek, partage avec lui cette vision d'une note aux "accents sociaux couverts de neige bleue". Pour le président des socialistes francophones, le divorce n'est pas consommé entre le PS et le MR. "Le renversement d'alliance de 2004 (quand le PS a lâché le MR pour le cdH dans les entités fédérées) a laissé des traces. Mais il n'y a pas de rupture. Moi, en tout cas, je n'ai pas d'exclusive". Quant aux revendications flamandes, Elio Di Rupo dit constater une "radicalisation de l'opinion publique flamande" par rapport à un "grand désir des francophones" de rester dans une Belgique fédérale. "Il existe au Nord un terreau indépendantiste que les négociations de l'Orange bleue ont accru".

"Tour du nombril en 80 jours"
Elio Di Rupo n'exclut pas non plus l'idée d'un référendum. "Si la situation doit évoluer, il faudra que les citoyens aient leur mot à dire", sous la forme "d'un référendum". "Mais la solidarité entre la Wallonie et Bruxelles demeurera indispensable, outre la coordination de tous les présidents. Mais bon, on n'en est pas là, hein...", dit-il. "J'attends de voir où ils vont. Mais on a enfoncé le pays dans la crise, et donné une piètre image de nous sur la scène internationale", condamne encore Elio Di Rupo. Dans Vers l'Avenir, la vice première ministre du gouvernement sortant Laurette Onkelinx (PS) dit porter sur les négociations un regard inquiet et fâché. Inquiet parce que "la situation aujourd'hui est pire qu'après le 10 juin" et les tensions communautaires plus fortes. Fâché parce "qu'on a eu un tour du nombril en 80 jours".

Réforme de l'Etat
Dans la presse flamande, les commentaires revenaient sur les déclarations du ministre président flamand Kris Peeters (CD&V), selon qui notamment les négociateurs doivent avant tout déterminer où ils veulent en arriver avec une réforme de l'Etat. "En fait, analyse Karel De Gucht (Open Vld) dans De Standaard, (Kris Peeters) fait référence à l'article 35 de la Constitution", qui détermine quel niveau de pouvoir est compétent en matière de compétences résiduelles. "Je ne crois pas à cette piste. Elle n'est pas praticable", répond le ministre des Affaires étrangères du gouvernement sortant. "La réforme de l'Etat est une donnée évolutive. Même l'article 35 n'empêcherait pas que tout change à nouveau au cours d'une période gouvernementale ultérieure", expose-t-il.Contradictions francophonesSon président de parti, Bart Somers, affirme pour sa part dans les journaux du groupe Concentra constater des contradictions dans l'attitude des francophones sur la réforme de l'Etat. "Ils disent être attachés à l'Etat fédéral, mais ils refusent tout débat. Ils disent oui à la Belgique fédérale, mais voient la fédération comme une vache à lait, et tout cela fait en sorte que cet Etat fédéral ne parvient plus à remplir convenablement ses tâches principales", affirme-t-il. Estimant qu'il est grand temps qu'un formateur se remette à l'oeuvre, Bart Somers ajoute qu'il faudra encore au moins un mois avant la formation d'un nouveau gouvernement. Dans Het Laatste Nieuws, son collègue de parti Patrick Dewael confirme son opposition à une tripartite. "Que ce soit d'un point de vue budgétaire, fiscal ou socio-économique, il est impossible avec une tripartite de mener une politique forte", déclare le ministre de l'Intérieur sortant. (belga)

" Pas de divorce avec le MR "
(01/09/2007)

Elio Di Rupo salue en Joëlle Milquet une "femme de convictions "...

Après la défaite du 10 juin, le président du PS accepte-t-il le mot échec ? "C'était pour le moins un insuccès ", sourit-il. "Je n'ai pas envie d'en détailler les causes. Mais il ne faut pas sous-estimer l'élément majeur qu'est l'affaire de Charleroi et ses semaines parsemées d'inculpations. Reste que nous conservons 20 élus, plus que CDH et Ecolo réunis."
Qu'est-ce qui fera que l'échec ne se reproduira plus dans 20 mois, aux élections régionales ?
"J'espère qu'on ne va pas arrêter les enquêtes en cours pour les reprendre dans 19 mois... Je reste serein. Nos gouvernements sont en ordre de marche. Nous engrangeons des acquis sur le chômage, les exportations... Les citoyens se rendent compte que le PS n'a pas que des défauts... "
En montant seul au fédéral, on dit le CDH craintif face à la vie dure que vous pourriez lui mener...

"C'est une analyse erronée. Joëlle Milquet est une femme de caractère, indépendante, sans complexe, de convictions. C'est vrai qu'elle s'est habituée, avec nous, à voir le CDH traité sur un pied d'égalité, même s'il représente nettement moins que nous. Nous le faisons par respect. "
Ce n'est pas vrai au fédéral ?
"Dans l'Orange bleue, les autres ont semblé croire qu'elle allait se laisser traiter comme quantité négligeable, sous prétexte qu'elle ne pèserait que dix sièges... "
Les autres ? Qui ? Le MR ?
"Non, pas que lui. Ceux qui ne la connaissant pas ont pu croire qu'elle allait se laisser faire. Mais à mon sens, elle n'a rien dit ou fait de scandaleux. Elle représente plutôt le bon sens d'une mère de famille... "
Sa position face aux demandes flamandes est-elle plus respectable que celle du MR à vos yeux ?
"Je ne suis pas là pour les diviser. Elle connaît bien les réalités régionales. Ce n'est pas parce qu'on s'oppose à un projet qu'on est contre la Flandre... "
Mais sa logique est-elle plus défendable, pour vous ?
"Je ne juge pas. Je peux comprendre une certaine euphorie vécue chez Didier Reynders au lendemain du 10 juin. C'était légitime. Il a tout de suite décrété : tout sauf les socialistes. Cela l'a-t-il conduit à être moins vigilant avec les Flamands de peur de nous voir revenir ? Peut-être... "
MR-PS, le divorce est consommé ?
"Pas du tout ! Le renversement d'alliance de 2004 a laissé des traces. Mais il n'y a pas de rupture. Moi, en tout cas, je n'ai pas d'exclusive. "


Onkelinx : «Le pays mérite mieux que ça»

Week-end de congrès au PS. Laurette Onkelinx, vice-première ministre, sort de sa réserve sur les négos. «S'ils ne se mettent pas d'accord, qu'ils arrêtent», dit-elle.

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Laurette Onkelinx, vous êtes vice-première ministre PS du gouvernement sortant. Quel regard portez-vous sur les négociations de cet été?
Un regard inquiet et fâché. Inquiet parce que la situation aujourd'hui est pire qu'après le 10juin. Les tensions communautaires sont encore plus fortes. Rien de concret ne s'est dégagé. Rien ne se fait plus pour les gens. Le 1erseptembre est là. Les prix du gaz et de l'électricité augmentent. Et aucune perspective ne se dégage.
Vous êtes donc fâchée.
Oui. Je suis fâchée. On a eu un tour du nombril en 80 jours. Je pense que le pays mérite mieux que ça. Il y a eu beaucoup d'attaques, de contre-attaques, de petites phrases assassines, de mépris croisés.
Les gens sont inquiets pour le pays, voire angoissés. On entend ça partout. Et puis, il y a le regard qu'on pose sur la Belgique au niveau international. Le Premier ministre luxembourgeois qui nous rappelle à l'ordre. Ce n'est pas bon pour nous. Ce n'est bon pour personne. Maintenant, il faut une solution. Ce n'est plus acceptable qu'on continue comme ça.
Il faut presser l'orange bleue?
On ne l'a pas fait jusqu'ici. Le PS n'a pas joué les pyromanes. On a été très calmes. On a vécu un choc après les élections.
On a accepté la sanction des électeurs. On s'est remis au travail. On a pris des mesures d'urgence à Charleroi. La présidence du parti a fait l'objet d'un vote. Très humblement, on s'est dit «comment reconquérir la confiance des électeurs?» Mais on n'a jamais voulu poser problème dans les négociations.
Le PS pourrait venir à la rescousse de ce gouvernement qui n'en sort pas? Vous l'envisagez, à ce stade?
Nous ne sommes pas demandeurs. On l'a dit depuis le début. Nos collaborateurs, petit à petit, sont engagés ailleurs. On a fermé nos caisses. On s'attendait vraiment à l'opposition. On n'est pas demandeurs. On n'est pas dans la situation d'un amoureux transi attendant sa belle. D'un autre côté, si on nous appelle, on sera là. On est un parti responsable.
Avec le PS à table, ces négociations se seraient mieux déroulées?
Je ne vais pas dire ça. La campagne électorale est terminée depuis le 10juin. Nous, on est passés à un autre chapitre. Mais soit l'orange bleue se forme vite. Elle rassure les gens sur l'avenir de notre pays. Elle est capable de proposer un programme économique, social et de développement durable. Alors, on critiquera ce qu'il faut critiquer. Et on saluera, ce qui est bien. Moi, je veux une opposition constructive. S'ils ne se mettent pas d'accord, qu'ils arrêtent. Ils auront montré alors qu'ils sont incapables de transformer leur victoire du 10juin en un gouvernement orange bleu.
Ces négociations vous irritent.
Je n'ai jamais vu ça. Après 80jours, on nous dit «on recommence à zéro avec un explorateur». Gérard Deprez (libéral, ex-président du PSC, NDLR) dit pareil. C'est une situation unique. J'en sais quelque chose. Le PS a été de toutes les négociations qui ont mené à des réformes de l'État. On a vu des délais plus longs. Chacun a en tête le démineur Dehaene disant «Sire, donnez-moi cent jours». C'était difficile mais on construisait quelque chose. Ici on a détruit. Les relations entre négociateurs et entre communautés sont mauvaises. Et au niveau économique, c'est le vide.
Vous êtes déjà en position d'opposition ou encore disponibles à revenir?
Pour le moment, en termes d'opposition, comme il n'y a rien sur la table, c'est compliqué. On peut dire qu'ils sont dans la panade et que c'est désastreux pour le pays. Ça oui. Mais en 80 jours, ils se sont mis d'accord sur trois choses. Le budget 2007 qu'on avait déjà fait. La loi sur le nucléaire qu'ils veulent changer. Et quelque chose de flou sur le fiscal. C'est tout.
Le PS fait ses rencontres d'été ce week-end à Floreffe, près de Namur. Et recentre tout sur le thème du travail. Pourquoi?
Nous sommes le parti des travailleurs. Ce sont nos origines. Je ne vais pas remonter en 1885. Mais si nous avons construit toute la sécurité sociale, c'était pour accompagner les travailleurs. Au fil des décennies, on a élargi notre combat. Mais le travail reste notre valeur fondamentale. Un travail, c'est une identité sociale. C'est participer à la richesse d'un pays. C'est un salaire. Nous ne sommes pas encore en Angleterre, où les travailleurs pauvres doivent cumuler les jobs pour faire face à la vie. Mais on n'est pas à l'abri. Nous voulons revaloriser les salaires. On veut 25% de différence entre le salaire minimum et l'allocation de chômage.
Le message et le projet du PS ont été brouillés?
Oui, brouillés. Pas seulement pas les affaires à Charleroi. Une personne au chômage qui souffre, évidemment on s'en occupe. Mais on s'occupe aussi des travailleurs, de tous les travailleurs. Nous voulons être en écoute, en soutien et au combat pour les droits des travailleurs. Le travail, une valeur en soi.

82 jours sans gouvernement.

Le président du PS s'avance. La crise a trop duré, « l'Orange bleue doit dire ce qu'elle veut », juge-t-il, alors que Van Rompuy consulte.

Le silence est d'or pour Herman Van Rompuy, qui accomplira sa mission en toute discrétion, et qui en réclame tout autant de la part de ses interlocuteurs. Pour son premier jour de consultations, l'« explorateur » désigné mercredi par le Roi a reçu hier Bart De Wever (N-Va), Bart Somers (VLD), Jo Vandeurzen (CD&V) et Joëlle Milquet (CDH) dans ses bureaux de la présidence de la Chambre.
On connaît le contexte : après l'informateur Reynders, le médiateur Dehaene, le formateur Leterme, soit 81 jours de surplace, l'expert CD&V se fait fort de convaincre les partenaires de la toujours hypothétique Orange bleue d'en rabattre et de mettre sur pied le gouvernement chrétien-démocrate/libéral qui succéderait à Verhofstadt II et sa violette libérale-socialiste, toujours aux commandes, en affaires courantes.

L'« explorateur » poursuit-il la seule piste de l'Orange bleue ? Un observateur CD&V attirait hier notre attention : dans son communiqué de désignation mercredi, le Roi a chargé Herman Van Rompuy de « trouver une solution à la crise politique actuelle ». Le champ d'investigation n'est donc pas borné politiquement. D'où, hier, les rumeurs sur l'hypothétique entrée en matière des socialistes, en soutiens extérieurs (au parlement, pour atteindre la majorité des deux tiers nécessaires à la réforme de l'Etat), ou en partenaires à part entière, par exemple au sein d'une tripartite (MR-CDH-PS) du côté francophone, alors qu'un duo CD&V-VLD demeurerait au Nord. Une telle majorité disposerait de 101 sièges au parlement, sur 150. D'aucuns évoquaient encore le retour de la violette MR-PS, au détriment du CDH. Autant de spéculations, ou de ballons d'essais lâchés depuis les états-majors.
Nouveau look
Invité hier soir sur les plateaux de RTL-TVI et de la RTBF, Elio Di Rupo a pressé l'Orange bleue d'advenir après une trop longue crise qui, dit-il, répand l'« inquiétude » dans la population au sujet de l'éclatement du pays. « La situation s'est beaucoup dégradée depuis le 10 juin », juge le président du PS. « Je lance un appel solennel pour que l'Orange bleue dise ce qu'elle veut faire pour les gens, l'emploi, les pensions » Le PS est-il prêt à appuyer une quelconque réforme de l'Etat ? Elio Di Rupo se referme : « Si on veut élargir Bruxelles et relier territorialement Bruxelles à la Wallonie, alors ce sera oui ; si l'on veut régionaliser des compétences pour appauvrir les gens ce sera non ». Si l'Orange bleue échoue ? « Il faudrait d'autres formules ». Nous n'en sommes pas là.
Elio Di Rupo martèlera ce discours plusieurs jours durant : télé, radio, presse et université d'été du PS samedi et dimanche à Floreffe. Son look en plus, après son tunnel de 3 ans et la défaite du 10 juin : la mèche au front, les lunettes reprofilées, et la chemise ouverte : « Je ne suis pas né avec un nœud papillon, je ne dors pas avec, disons qu'il est en vacances. »

30 août 2007

"Impliquer tous les partis"

MAJ 30/08/07
Leterme met ses conditions

81 jours sans gouvernement. Yves Leterme envisage la possibilité d'accepter une nouvelle mission de formateur mais ajoute qu'il ne le fera toutefois que s'il existe une vraie volonté de réaliser une réforme de l'Etat.

Sinon, il s'agira à nouveau d'une mission kamikaze à l'image de celle que j'ai déjà remplie et je ne suis pas prêt à recommencer », a-t-il dit dans une interview avec le périodique De Krant van West-Vlaanderen.
Yves Leterme a jeté l'éponge la semaine dernière après une mission de formation qui a trébuché sur la problématique institutionnelle.


Le leader CD&V est d'avis qu'il n'a pas sous-estimé la difficulté de la tâche de formation d'un gouvernement fédéral. « Je savais que ce serait difficile et même que nous connaîtrions une grave crise comme celle que nous connaissons. Nous devons maintenant veiller à ce que la crise reste gérable et pour le moment nous sommes à la limite de l'ingérable : les fuites continuent, l'initiative royale est discréditée et les partenaires potentiels se méfient les uns des autres », a déclaré M. Leterme dans cet entretien qui avait été accordé avant la désignation d'Herman Van Rompuy en tant qu'explorateur.
L'ex- et possible futur formateur ajoute encore que les partis francophones continuent à se comporter comme si la campagne électorale était toujours en cours. En fait, dit-il, ils sont déjà en campagne pour 2009.
« En tant que formateur il est alors difficile d'être au-dessus de la mêlée car on a peu de prise sur la situation. Finalement j'étais aussi un adversaire pour eux », ajoute-t-il encore.
Yves Leterme n'est malgré tout pas pessimiste pour l'avenir. Dans quelques semaines il y aura un gouvernement même si on ne peut pas encore dire de quelle coalition il s'agira et quel sera son programme, dit-il.
Il envisage aussi la possibilité de ne pas devenir premier ministre.
« Si on respecte le choix de l'électeur, il serait normal que je devienne premier ministre mais il y a des données qu'on ne maîtrise pas toujours », note-t-il à ce propos.
(d'après Belga)

Elio fait les poubelles à Val Duchesse
28 août 2007
Non, le PS ne complote toujours pas dans le dos des actuels négociateurs gouvernementaux de l’Orange-bleue ! Et si le parti socialiste n’a pas été invité à Val Duchesse mais qu’une de ses notes concernant le budget fédéral 2008 y a été retrouvée dans la poubelle d’une salle réservée aux négociateurs, il s’agit sans doute d’une broutille !…

29/08
Le PS se tient à disposition, au cas où
Le PS répète n'avoir aucun crainte d'aller dans l'opposition au fédéral durant cette législature tout en soulignant sa disposition à répondre à une invitation dans le cadre des négociations sur la formation du gouvernement. Ce point de vue reste d'actualitéce mercredi après la désignation par le Roi d'un "explorateur" chargé de relancer les négociations.Le PS est disposé à prendre part à toute entrevue avec Herman Van Rompuy (CD&V) et "à discuter comme il l'a toujours fait en tant que parti responsable et sérieux", a indiqué le président du PS Elio Di Rupo. "Si Herman Van Rompuy nous invite à le rencontrer, nous répondrons bien sûr positivement à son invitation", a déclaré Elio Di Rupo. "Je constate que c'est le CD&V qui reprend la main et que, vraisemblablement, il va essayer de voir si l'orange bleue peut se rabibocher", a-t-il ajouté."Je rappelle aussi que le PS ne craint nullement d'être dans l'opposition au gouvernement fédéral", a conclu le président du PS. Herman Van Rompuy, président de la Chambre des Représentants et ministre d'Etat, a été chargé, mercredi, par le Roi, d'une mission d'exploration en vue de sortir de la crise dans la constitution du nouveau gouvernement. (belga)

Spaak: "Ce que j'aurais voulu dire à Albert II"

"La situation politique est grave, très grave. Il n'y a pas le désir d'un projet politique commun", estime notamment Antoinette Spaak.Alors que le roi Albert II reçoit successivement les ministres d'Etat, Antoinette Spaak (FDF), qui fait pourtant partie de ce cercle fermé, ne sera pas invitée au Palais. En colère et blessée, l'ancienne députée européenne estime pourtant avoir le "profil défini par le roi", confie-t-elle mercredi au quotidien Le Soir, pour qui elle a rassemblé les idées qu'elle aurait voulu exprimer face au souverain."La situation politique est grave, très grave. Il n'y a pas le désir d'un projet politique commun", estime notamment Antoinette Spaak. "Le CD&V, qui est resté sept ans dans l'opposition, a perdu ses relais, son expertise, toutes les connivences nécessaires", poursuit-elle. Elle accuse l'ancien formateur Yves Leterme "de ne pas avoir suffisamment préparé cette négociation". Quant à Joëlle Milquet, Mme Spaak estime qu'elle a été "bridée parce qu'elle a voulu rester loyale par rapport à son partenaire (le PS) à la Région et à la Communauté".L'ancienne députée européenne s'interroge et se dit "perplexe". "La Belgique va-t-elle résister aux poussées nationalistes toujours plus grandes de la Flandre? ". Sa colère passée, Antoinette Spaak conclut: "Je me sens blessée, mais il s'agit surtout d'une faute politique. Sans compter que je ne vois guère de femme ministre d'Etat dans ces audiences. Pour les électeurs du FDF et pour un parti qui a toujours été loyal et à l'écoute, c'est regrettable". (belga)

La présidente du CDH propose que les discussions institutionnelles impliquent les entités fédérées et donc tous les partis démocratiques.Mais ce n'est là, dit-elle, qu'une proposition.
Agenda caché ? Pas du tout.


Entretien
Quelles sont les propositions du CDH pour sortir de la crise ? Eléments de réponse avec la présidente, Joëlle Milquet.
Le communiqué publié à l'issue du bureau de votre parti plaide pour une solution rapide à la crise. Mais vous ne dites pas, explicitement, que vous plaidez toujours pour la formule orange bleue ?
Si, si : le communiqué précise "dans le cadre actuel". Cela signifie bien que nous souhaitons poursuivre la négociation d'une formule orange bleue. C'est la seule solution qui a été considérée par Jean-Luc Dehaene comme possible. Nous avons, dans ce cadre défendu des idées, des propositions très constructives pour aboutir à la constitution d'un gouvernement sur la base d'un programme mobilisateur et fédérateur qui réponde aux attentes de tous les Belges en matière d'emploi, de logement, de sécurité, d'environnement, mais évidemment pas à n'importe quel prix institutionnel. Nous estimons, de plus, que les négociations n'auraient jamais dû être suspendues, il y a dix jours et nous n'avons jamais souhaité qu'Yves Leterme démissionne. Les problèmes étaient évitables, il y avait des solutions sur la table, pourvu que chacun en revienne à des demandes raisonnables et modérées.
Les autres partis vous demandent d'expliquer quelles étaient vos ébauches de solution ?
Tant avec Yves Leterme qu'avec Didier Reynders, nous avons dressé la liste de ce qui étant possible, intéressant ou imbuvable : il y avait clairement des espaces de discussion. L'épure était là : il appartenait au formateur de définir un cadre de discussion. Mercredi dernier, Yves Leterme a présenté un schéma de discussion. Mais ce sont les partis flamands qui n'ont pas voulu de ce schéma modéré. Tout ce qui relève de la sécurité sociale, pour nous c'est non et ce sera non. Pareil pour l'impôt des sociétés, c'est non. Mais la discussion est possible sur certains thèmes, sur certaines compétences déterminées où l'on peut développer des accords de coopération ou prévoir des représentations des Régions et des Communautés dans des organes fédéraux. Mais dans le cadre d'un gouvernement qui ne dispose que d'une majorité simple, le cadre d'accords possibles est forcément plus limité que si nous disposions des deux tiers.
Vous refusez donc toujours toute discussion sur les réformes qui nécessitent les deux tiers...
Entendons-nous bien. Nous ne refusons pas les réformes aux deux tiers, il y a des réformes aux deux tiers qui peuvent être intéressantes pour les francophones. Mais nous ne voulons pas - cela ne s'est d'ailleurs jamais fait - arriver à des accords impliquant une majorité des deux tiers sans même savoir qui pourraient les appuyer plus tard.
Quelle serait, selon vous, la formule idéale ?
Notre proposition s'inspire de ce qu'ont fait les gouvernements antérieurs placés dans les mêmes circonstances, en 2003, en 1999, en 1991. Cette année-là, par exemple, l'accord de gouvernement a prévu un dialogue de Communauté à Communauté entre les différents partis politiques, mais en impliquant les membres des exécutifs. Ce dialogue devait porter sur toute une série de thèmes : système bicaméral, financement, répartition des compétences fédérales, autonomie constitutive, aspects techniques de la fiscalité régionale.
Concrètement, que précisait l'accord de 1991 ?
Le texte précisait alors : "C'est en concertation avec l'ensemble des partis qui dans le cadre de ce dialogue auront souhaité faire avancer le développement et l'amélioration du système fédéral, que le gouvernement établira la liste des projets à déposer. Pour ce faire, ajoute le texte, le gouvernement prendra les contacts nécessaires et organisera des négociations en vue d'obtenir des majorités spéciales". Il me semble qu'on est vraiment dans cette logique-là. Mais cette proposition n'est évidemment pas à prendre ou à laisser. On peut bien entendu trouver d'autres formules qui aboutissent au même résultat.
Les francophones sont-ils unis pour défendre cette stratégie ?
L'enjeu, c'est que les francophones se fassent respecter. Nous devons être unis, forts, constructifs. Ouverts au dialogue pour autant que cela ne soit pas contraire aux intérêts des francophones. Je pense que dans des moments de cet ordre-là, il ne doit plus y avoir de majorité et d'opposition.
Y a-t-il unité sur ce point ?
L'unité est pourtant indispensable. Elle doit exister autour de la table de négociation mais également avec les partis qui, un moment donné, se retrouveront. On ne doit pas faire de jeu politicien, mais définir ensemble les bonnes stratégies. Cela demande le sens de l'intérêt collectif et une certaine confidentialité. Il faut une stratégie collective au niveau francophone.
Les socialistes rappellent qu'aucune grande réforme de l'Etat ne s'est faite sans eux...
Nous ne voulons pas d'une grande réforme de l'Etat qui soit contraire aux intérêts des francophones. Mais je n'entends pas, dans un fédéralisme moderne, mener des discussions dans le cadre desquelles les entités fédérées ne seraient pas impliquées : quand on parle "financement", il faut impliquer les principaux acteurs institutionnels du pays. En impliquant toutes les entités, on permet à tous les partis démocratiques d'être associés. Il faut trouver un cadre intelligent pour le faire et associer tous ceux qui ont une responsabilité gouvernementale à un titre ou à un autre. La discussion doit être calme, sereine, mûre, réciproque. L'avenir du fédéralisme d'union n'appartient pas à une seule majorité, mais à tout le monde. Les majorités passent, les problèmes demeurent.
Ce que vous proposez, c'est une espèce d'union nationale ?
Il faut trouver une mécanique intelligente pour lancer ce débat après la formation du gouvernement. Mais il y a d'autres méthodes. Ceci est purement exemplatif. Ce n'est pas la seule voie. Ce n'est sûrement pas une exigence de notre part, juste une analyse.
En Flandre, on estime que le CDH, plus à gauche, est souvent isolé dans la négociation sur les autres thèmes...
Qu'on arrête avec ce genre de caricature facile du moment. Que devait dire le VLD quand il négociait sur le nucléaire avec Ecolo ? Que devait dire le MR quand il négociait avec le PS ? Que c'était plus facile avec eux qu'avec nous ? Si c'est cela, merci pour le compliment...
Si l'orange bleue échoue, ce sera la tripartite ?
Je n'ai pas d'agenda caché. Ma logique n'a jamais été celle de l'échec de l'orange bleue. Nous voulons faire réussir l'orange bleue. Les problèmes sont solvables.
Yves Leterme a-t-il la carrure d'un Premier ministre ?
Yves Leterme peut être un bon Premier ministre s'il est le Premier ministre de tous les Belges.

Derrière le Roi, un expert issu du sérail

Le premier conseiller politique du Roi est, de fait, son chef de cabinet.Mais Albert II prend aussi des initiatives personnelles.
Jacques van Ypersele connaît mieux le sérail politique que quiconque : il en est sorti lui-même...

portrait
Vice-roi voire vrai Roi lui-même : lorsqu'on évoque le rôle du chef de cabinet du Roi, Jacques van Ypersele, les qualificatifs s'emballent. Au point de voir en ce fidèle commis de l'Etat belge auquel il donne le meilleur de lui-même depuis 35 ans maintenant un redoutable calife à la place du calife voire même un... Raspoutine égaré à Laeken ! Il est vrai que ses convictions religieuses personnelles sont souvent avancées pour étayer le propos. Catholique, Jacques van Ypersele l'est incontestablement mais l'homme veille à séparer strictement ses convictions intimes de son travail au sommet de l'Etat. C'est tellement vrai que lorsqu'un reporter photographe l'aperçoit à une réunion du Renouveau charismatique à Beauraing, il le prie de ne pas diffuser les images. Non point qu'il en ressente quelque gêne mais les amalgames sont parfois meurtriers dans un pays où le clivage philosophique rappelle encore trop souvent des conflits surannés. Pour être précis : si van Ypersele est un croyant solide, il n'en est pas pour autant un gourou qui aurait de l'influence sur ses royaux patrons ! C'est plutôt un chrétien ouvert, conciliaire intégral qui se double d'un esprit très oecuménique.
Du reste, s'il est entré au Palais en 1983, il le dut nettement moins à sa carte de baptême qu'à son expérience de terrain. C'est que ce parfait bilingue, diplômé à la fois de l'UCL (licence en sciences économiques) et de la KUL (doctorat en droit) s'est fait les dents au FMI qu'il rejoignit après un passage par la Yale University.
De retour au pays, il fit un bref passage par le privé mais bientôt s'investit pleinement dans des fonctions publiques.
Première étape : le cabinet des Finances alors dirigé par le libéral Willy De Clercq. Van Ypersele aime le rappeler à ceux qui ne voient en lui qu'un pur produit social-chrétien, toutes ailes linguistiques confondues du moins lorsque le PSC était proche du CVP et vice-versa. Cela dit "Vanyp" comme on l'appelle rue de la Loi mais aussi au Palais ne cache, évidemment, pas que sa proximité idéologique l'a amené ensuite au 16, rue de la Loi non sans, entretemps, jouer un rôle dans l'élaboration et le lancement du système monétaire européen.
Après dix ans de présence aux côtés du roi Baudouin, il est repris comme les autres conseillers directs de celui-ci par Albert II lors de son accession au trône.
La légende va alors se muer petit à petit en mythe, pour paraphraser un propos de Willy Claes. Puisque l'on affirme que le Roi ne manifeste pas un intérêt exagéré pour la politique, son chef cab'ne cesse de prendre de l'ampleur. Au point de l'influencer très directement dans ses décisions !
S'il serait sot de nier que les deux hommes s'estiment et s'apprécient, c'est oublier que les Saxe-Cobourg n'aiment pas devoir suivre le mouvement. Sous ses dehors joviaux et détachés, Albert II n'en est pas moins très inquiet de voir nos joyaux économiques s'étioler et le souci n'est pas moins grand devant le bradage organisé de l'unité nationale. Jacques van Ypersele ne quitta donc pas ses bureaux à l'angle de la rue Ducale à la Saint-Nicolas 2001 lorsqu'il souffla ses 65 bougies malgré les souhaits répétés de Johan Vande Lanotte. Et rien ne l'y oblige encore puisque depuis 1949, le Roi peut prolonger ses collaborateurs si nécessaire. Par les temps qui courent, ce n'est point un luxe. Et si à intervalles réguliers, on parle de son remplacement, Jacques van Ypersele reste un pion essentiel. S'il n'est qu'un membre sur six du comité de direction du Palais, il n'a pas vraiment d'équivalent pour l'heure, aussi à l'aise dans les milieux politiques nordistes que sudistes avec un désarmant sourire charismatique qui cache une forte capacité d'analyse. Et surtout une expertise unique des acteurs de notre mélodrame national... qu'il jauge aux côtés du Roi qui n'hésite jamais à empoigner son GSM lui-même. Qu'il soit à Grasse ou au Belvédère...