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03 avril 2008

Dehaene s'oppose aussi à Blair à la tête de l'UE

Karel De Gucht n'est pas le seul à estimer que Tony Blair ne serait pas la personne la plus adaptée pour le poste de futur président de l'Union européenne. Jean-Luc Dehaene est du même avis. Pour l'ancien Premier ministre, les ambitions de M. Blair ne correspondent pas aux limitations de la fonction, écrit jeudi De Morgen.M. Dehaene ne veut pas personnaliser le débat. Mais il a un certain poids. Il a été vice-président de la Convention pour l'avenir de l'Europe, chargée de rédiger une Constitution. Il avait déterminé les limites de la présidence, rappelle le quotidien flamand. M. De Gucht avait dit, qu'à son avis, la personne qui devait être désignée pour la future présidence de l'Union européenne "ne devrait pas venir d'un Etat membre qui bénéficie d'exemption (opt-out) envers plusieurs politiques centrales européennes, comme l'espace Schengen, l'Euro ou la Charte des Droits fondamentaux", sans citer M. Blair. Le Premier ministre danois, Anders Fogh Rasmussen, pouvait également se sentir visé. "Il y a des Etats membres qui pensent comme M. De Gucht", dit l'ancien commissaire européen Karel Van Miert. "Mais ils n'osent pas dire ce que De Gucht a dit. Il a tout à fait raison. Tony Blair est l'homme des beaux discours mais dans la pratique, il n'a pas raproché la Grande-Bretagne de l'Europe", ajoute-t-il.

Lire aussi: De Gucht ne veut pas de Blair à la tête de l'UE

04 août 2007

Les francophones de Bruxelles se fâchent

Jean-Luc Dehaene estime que Bruxelles ne mérite pas un statut de Région à part entière. Les réactions des politiques francophones de la capitale ne se sont pas fait attendre.

Ce n'est pas le fédéralisme de papa, c'est celui de bon-papa. » Benoît Cerexhe, ministre bruxellois (CDH) de l'Economie, a avalé son café de travers, vendredi, en lisant la critique historique de Jean-Luc Dehaene. L'ancien Premier ministre CVP y réinterprétait les difficultés communautaires actuelles à l'aune d'erreurs francophones passées Et plaidait pour une cogestion de Bruxelles, incapable, disait-il, de s'assumer seule. Il n'en fallait pas plus pour faire sortir de leurs gonds les francophones de la capitale. A commencer, donc, par Benoît Cerexhe, président du collège de la Commission communautaire française. Qui lit en filigrane des propos de Dehaene une « vision archaïque » de Bruxelles. Et souligne que 235.000 citoyens flamands travaillent en territoire bruxellois.
Charles Picqué, ministre-président bruxellois (PS), est aussi monté au créneau. « Je suis étonné par ces propos, dans le chef de quelqu'un qui a pourtant le sens de l'Etat. » Celui que Jean-Luc Dehaene qualifie d'« homme en fin de carrière » déplore le ralliement du bulldozer aux « thèses saugrenues visant à faire de Bruxelles une entité gérée par la Flandre et la Wallonie ». « La cogestion, c'est un vieux rêve de certains, au Nord du pays. Qui nous ressortent que si on veut un refinancement, on doit renoncer à notre statut. Et si on refuse ça, alors, on ne peut rien recevoir. »

Un moteur, pas un fardeau
Or, pour Charles Picqué, les besoins financiers de Bruxelles viennent essentiellement de son statut de capitale belge et européenne. Et d'ajouter que « la Région bruxelloise ne coûte pas d'argent à la Belgique. Bien au contraire, elle en est un moteur économique ». Le ministre-président conclut par une mise en garde à destination des francophones « Entrer dans une stratégie de cogestion équivaudrait à faire de la ville un appendice flamand. Pour des raisons géographiques et éventuellement financières, si, d'aventure, la Région wallonne s'avérait incapable d'assumer les besoins de la capitale. »
Olivier Maingain, président du FDF et négociateur MR à Val Duchesse, ne mâche pas non plus ses mots. « Nous avons de quoi répondre à ceux qui veulent le confédéralisme. Et c'est peut-être ce qui a changé, depuis l'ère Dehaene, c'est que les francophones ne céderont pas au CD&V. Nous sommes déterminés, ce que le Nord a peut-être sous-estimé. »
Gérard Deprez, président du MCC et vieux compagnon de route de Jean-Luc Dehaene, voit dans la sortie belgicainement incorrecte « un geste de loyauté par rapport à son parti, le CD&V ». Et se réconcilier avec Yves Leterme, au lendemain d'une mission de médiation avortée en grande partie, dit-on, pour incompatibilité d'humeur notoire entre les deux hommes ? Gérard Deprez n'est pas loin de le penser.

12 juillet 2007

Les pépins de l’orange-bleue

Dehaene épépine les oranges
Jean-Luc Dehaene poursuit sa mission. Les discussions du médiateur-négociateur semblent progresser. Mais pour l'instant, on ne discute qu'entre partis orange, CD&V et cdH.

Les discussion seraient déjà très avancée pour ce qui est des revendications socio-économiques mais aussi sur des demandes en matière de refinancement des départements de la Justice et de l'Intérieur.

Une réunion est prévue ce dimanche entre les deux partis pour parler du budget. Sur le plan institutionnel, les discussions porteraient essentiellement sur le sort de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Et les positions "se rapprocheraient". Le cartel CD&V/N-VA "reverrait ses exigences à la baisse". C'est en tout cas ce que l'on dit dans l'entourage du cdH.

Reste aussi à confronter tout cela aux exigences de la famille libérale, mais il n'est pas exclu que Jean-Luc Dehaene termine bientôt sa mission et passe le relais au formateur Yves Leterme à la fin de la semaine. Mais on sait que Jean-Luc Dehaene déteste s'enfermer dans des calendriers.

Par ailleurs, on a aussi appris que le médiateur a prévu de nouvelles rencontres avec les libéraux. Il devrait notamment rencontrer le président du MR Didier Reynders ce dimanche. Celui-ci a précisé samedi que plusieurs réunions sont déjà programmées entre le MR et l'Open VLD pour mettre au point le cahier de revendications libérales.


Jean-Luc Dehaene va tout faire pour que ces deux couleurs soient celles du futur gouvernement fédéral.
Mais les obstacles pour former une telle coalition restent malgré tout encore bien réels.

En route vers l'orange bleue, Jean-Luc Dehaene va tout faire pour que ces deux couleurs soient celles du futur Gouvernement fédéral. Jean-Luc Dehaene a pris acte des positions de tous les partis. Et il en a conclu que c'est la seule option possible.

Les probables futurs protagonistes réagissent. Didier Reynders rappelle que, comme président du MR et avec le VLD, il avait, depuis les élections, marqué son opposition à un tripartite et marqué sa préférence pour l'orange bleue. Il aura fallu l'intervention d'un médiateur, dit Didier Reynders pour concilier la position de la famille chrétienne humaniste nationaliste et arriver un mois après à la même conclusion.

Famille chrétienne humanistes nationaliste, l'expression a aussitôt fait bondir Joëlle Milquet. Cette famille n'existe pas dit le cdH et la présidente du parti précise : ce que l'ex-informateur appelle indument conciliation interne entre cdH et CD&V est tout simplement le refus par le cdH des revendications flamandes, revendications posées y compris par VLD.

Ces revendications flamandes, le nouveau ministre président flamand les a évoqué mardi dans son discours à l'occasion fête de la communauté flamande, une fête qui se déroule ce 11 juillet. Pour Kris Peeters l'accord de gouvernement devra comporter des indications claires de transfert de nouvelles matières vers les entités fédérées. S'en tenir à l'amélioration de la collaboration entre entité du pays ne suffira pas. Kris Peeters a aussi insisté sur la loyauté fédérale. L'occasion pour lui de critiquer ceux qui remettent en question les frontières des régions et des communautés ou qui s'en prennent à l'homogénéité linguistique du territoire flamand.

Les discussions vont devenir intense puisque Jean-Luc Dehaene juge toujours souhaitable qu'Yves Leterme entre en piste le 21 juillet.

L'orange bleue seule option réaliste pour Dehaene
Jean-Luc Dehaene s'engagera dans les jours à venir à éliminer suffisamment les obstacles qui subsistent pour ouvrir la voie à un formateur qui pourrait mettre sur pied un gouvernement de coalition orange bleue.

10 jul 2007 14:59
Le médiateur-négociateur a rencontré la presse mardi après-midi après avoir fait un rapport intermédiaire au Roi. Il a expliqué avoir testé la position des différentes formations face aux diverses coalitions possibles. En conclusion de ses contacts, il a constaté que l'orange bleue était la seule option réaliste.

Il a ajouté qu'il avait constaté que le cdH "ne refuse pas de continuer à approfondir" les discussions informelles qu'il a menées jusqu'à présent en vue de "tester la faisabilité d'une coalition éventuelle orange bleue qui, certes, continue à comporter un nombre important d'obstacles insuffisamment résolus à ce jour". Le médiateur-négociateur va donc consacrer les prochains jours à tenter de lever ces obstacles.