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06 décembre 2008

Le photovoltaïque redoute le coup de jus

2008 a été l'année d'une explosion en Wallonie : celle du photovoltaïque. Mais, aujourd'hui, le secteur a peur qu'on change la donne.

Il a suffi de quelques articles dans la presse et d'une réunion au cabinet du ministre wallon de l'Énergie pour mettre une certaine pression. Le secteur photovoltaïque sent que le vent pourrait tourner. Face aux critiques récemment formulées, il redoute le moment où le politique fléchira et coupera court au débat sans réfléchir calmement.

1. Les critiques
Les principales «attaques» sont venues du régulateur wallon du gaz et de l'électricité (la Cwape) et de l'administration bruxelloise de l'énergie (IBGE). Le premier considère que le soutien des pouvoirs publics au phototovoltaïque est une erreur politique : les subsides sont à ce point intéressants que l'opération devient surtout un placement rentable, repoussant au second plan d'éventuels travaux d'isolation. L'IBGE avait calculé pour sa part que l'isolation était six fois plus performante que le photovoltaïque pour limiter les émissions de CO2. Le PS, partenaire du cdH à la Région wallonne, a lui aussi fait un appel du pied au ministre André Antoine pour réorienter éventuellement une partie des primes vers l'isolation des bâtiments.

2. Action-réaction
«Nous, on ne fait pas de politique. Mais on a l'impression d'être entré dans un conflit politique», indique Philippe Delaisse, administrateur-délégué de la plate-forme intersectorielle RBF, destinée à promouvoir les énergies durables. Le cabinet du ministre de l'Énergie réfléchit à certaines pistes. On pourrait ainsi conditionner l'octroi de la prime photovoltaïque à un audit énergétique. «Ce qui signifie qu'on changerait la donne au bout de 12 mois. C'est toujours malsain pour un secteur industriel», dit-il. «Il suffirait alors qu'on émette des critiques sur le secteur, qu'on considère qu'on investit trop dans ce créneau, pour décider qu'on clôture le sujet avec une proposition d'audit... Communication rapide, réponse rapide. On est dans l'action-réaction là où il faut une réflexion globale», estime Philippe Spelmans, gérant de PowEco (installateur à Thuin). «L'idée d'un audit énergétique est loin d'être mauvaise. Mais il ne faut peut-être pas que l'octroi de la prime soit suspendu à l'approbation de l'audit et à l'obligation de réalisation de travaux préalables», ajoute Éric Guyot, administrateur-délégué d'Ekowatt.

3. Isolation vs photovoltaïque Les installateurs répètent par ailleurs qu'il n'y a pas à opposer isolation et installation de panneaux photovoltaïques. «Pour réduire les émissions de CO2, OK : c'est plus porteur d'investir dans l'isolation. Mais, avec l'isolation, on parle d'économies de chauffage. Pour le photovoltaïque, on parle de production d'électricité sur base d'une énergie renouvelable. Il n'y a pas de rapport entre l'ampoule électrique et le chauffage, sauf si vous vous chauffez à l'électricité. C'est comme comparer des pommes et des poires. L'un n'empêche pas l'autre. Les deux ont un rôle à jouer. C'est un tout. Les bâtiments doivent consommer le moins possible et les particuliers vont en même temps vers davantage d'autonomie en produisant eux-mêmes leur électricité», plaide la plate-forme BRF.

4. Boosté et puis flingué? C'est vrai que l'année 2008 a été celle du photovoltaïque. «Il faut dire que la Belgique est en retard. La Wallonie devait sauter dans le train», précise Didier Vandermeersch, administrateur-délégué de Droben SA (installateur à Tubize). On compte plus de 2 000 installations en 2008, pour plus de 200 entreprises actives dans le secteur et près de 500 emplois. «Nous souffrons d'une visibilité subite et fantastique. Mais il s'agit d'une filière à intégrer dans toute la chaîne. C'est ce que nous voulons : une politique globale. Et on ne dit certainement pas qu'il n'y a rien à changer. Mais tout chambouler après 12 mois, c'est assassiner un secteur en plein boom», répète Éric Guyot.

11 novembre 2007

"Compromis réaliste pour l'aéroport"

L'IBGE a effectué à Schaerbeek des mesures de bruit pendant un mois à l'aide de trois sonomètres mobiles.
La nuit, le niveau de 65 dB est dépassé 2,5 à 4,4 fois.


Comme d'autres communes de la région bruxelloise, Schaerbeek n'est nullement épargnée par le survol des avions décollant ou atterrissant à l'aéroport de Zaventem. "Nos citoyens nous font régulièrement part de leurs doléances concernant les nuisances sonores et s'inquiètent qu'aucune solution ne soit apportée. Mais nous vivons dans un pays assez surréaliste. L'actualité le prouve...", lance le député-bourgmestre schaerbeekois Bernard Clerfayt (FDF).

A la demande du conseiller communal Yvan de Beaufort, relayé par l'échevin de l'Etat civil Bernard Guillaume (MR), Bruxelles-Environnement (ex-IBGE) a procédé à des mesures à l'aide de sonomètres mobiles en trois endroits de la commune (rue Emmanuel Hiels, rue Discailles et avenue de l'Opale) entre le 1er juillet et le 31 août 2007. "L'ensemble des données chiffrées a permis de vérifier quelles sont les nuisances sonores aériennes objectives", explique M. Guillaume.

Bruxelles-Environnement a ainsi pu constater que le niveau sonore de 65 décibels (dB) est dépassé en moyenne de 2,5 à 4,4 fois durant les périodes nocturnes et de 18 à 25 fois durant les périodes diurnes, "de quoi réveiller les habitants plusieurs fois par nuit", déplore l'échevin.

Autres données intéressantes, la plupart des dépassements ont lieu tôt le matin (entre 6 h et 7 h du matin). Or il faut distinguer la nuit environnementale (jusque 7 h du matin) et la nuit opérationnelle, appliquée par le gestionnaire de l'aéroport de Bruxelles-national Biac (jusque 6 h du matin). "Cette distinction est importante puisque normalement le survol du territoire communal de nuit ne s'opère que très peu de fois avant 6 h du matin", indique M. Guillaume. Selon le ministre fédéral de la Mobilité Renaat Landuyt (SP.A), il y a eu en 2006, 24 761 vols de nuit mais "si on ajoute ceux de 6 h à 7 h, il y en a eu 31 000", complète Philippe Touwaide, médiateur fédéral de Bruxelles-National. "En fait, les vols du créneau horaire 6 h-7 h n'ont pas augmenté globalement mais comme les destinations vers le soleil (direction Est) se sont accrues, Schaerbeek est davantage survolée", note-t-il encore.

"Cette étude a le mérite d'attirer l'attention des pouvoirs publics sur le fait que, contrairement à ce qui est trop souvent répandu, le territoire des 19 communes bruxelloises est bel et bien régulièrement survolé par les avions avec une gêne acoustique réelle et perceptible pour les habitants", déclare M. de Beaufort.

Pour les autorités communales schaerbeekoises, "la balle est dans le camp des négociateurs gouvernementaux" . "C'est eux qui ont les cartes en main pour trouver un compromis réaliste pour l'aéroport, c'est-à-dire de permettre une exploitation raisonnable de l'aéroport tout en ne mettant pas en péril le sommeil de 200 000 ou 300 000 Bruxellois".