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17 juin 2007

Une nouvelle fonction publique W

MAJ 16/06/2007


Un seul ministère wallon va voir le jour. Certains fonctionnaires restent à convaincre

"Il n'y aura pas de perte d'emploi, pas de licenciement et pas de délocalisation à des dizaines de kilomètres." Hier, Philippe Courard, ministre wallon de la Fonction publique devait faire face à tous ses fonctionnaires pour leur expliquer les grands changements dans l'administration wallonne.
Ils sont nombreux les fonctionnaires qui sont inquiets de voir cette réforme se mettre en place : "Je comprends qu'il y ait certaines craintes et je suis là pour dialoguer avec les fonctionnaires qui le souhaitent."
Concrètement, la modernisation de la fonction publique prévoit le regroupement du MET (Ministère de l'Équipement et des Transports) et du MRW (Ministère de la Région wallonne). "L'administration aujourd'hui, c'est une succession de Directions, plus ou moins étanches, qui ne se parlent pas assez, qui ne collaborent pas assez, qui n'échangent pas assez. Je veux au contraire réfléchir à une administration qui ne forme qu'un, une administration homogène."
Des groupes de travail ont été mis en place. Ils devront notamment établir le cadastre des effectifs existants. Un premier rapport sera rendu en septembre. Les groupes de travail établiront un inventaire final des missions transversales, un inventaire des bâtiments... La phase d'exécution débutera dès janvier 2008.
Le projet est de faire dépendre l'administration du seul ministère de la Fonction publique en 3 niveaux :
le secrétariat général;
SAT : les ressources humaines, l'informatique, le budget, la logistique,... réunis au sein des Services Administratifs Transversaux. Soit les services qui permettent aux divisions de travailler, de fonctionner;
les SAO : les Services Administratifs Opérationnels sont ceux qui rendent des services aux citoyens, aux entreprises, aux communes,...

24 mai 2007

La réforme du cumul des mandats n'est pas appliquée

Dix-huit mois après le vote du décret instaurant le principe d'une déclaration de mandats pour les élus locaux et cinq mois après l'installation des conseils communaux, les arrêtés d'application de ce décret ne sont toujours pas pris. En cause ? Ce décret « est impraticable », selon le ministre Philippe Courard (PS), en charge des pouvoirs locaux, qui a envoyé une circulaire en ce sens à l'ensemble des secrétaires communaux wallons.
Le décret, qui avait été voté aux forceps le 8 décembre 2005 par la majorité PS-cdH, devait être « la grande oeuvre éthique du gouvernement wallon ». Selon la version officielle de Philippe Courard : "Administrativement, le texte était trop lourd [...] La décision était forte mais impraticable".
Le Soir affirme quant à lui que la raison semble nettement plus politique, le "décret étant clairement jugé imbuvable par la plupart des mandataires locaux et un grand nombre de députés wallons (qui sont parfois les mêmes d'ailleurs), qu'ils soient de la majorité ou de l'opposition".
Philippe Courard va donc réformer sa réforme. "Le système sera plus souple. Désormais, les élus ne devront plus faire qu'une seule déclaration", a posteriori, "pour l'ensemble de leurs mandats. Un contrôle sera exercé par le futur Office wallon", précise Philippe Courard.

25 mars 2007

l'affaire Detremmerie

Le MR demande des explications à Courard sur l'affaire Detremmerie

Le député wallon Jean-Luc Crucke (MR) souhaite entendre le ministre wallon des Affaires intérieures, Philippe Courard, sur la véracité des propos tenus par Jean-Pierre Detremmerie (photo), qui indique avoir été informé de l'ouverture d'une enquête.
"Depuis quinze jours, j'avais été informé par le ministre Courard qu'une enquête avait été ouverte. Je n'ai pas pour autant changé mes habitudes", a déclaré hier M. Detremmerie devant la presse. Le député libéral Jean-Luc Crucke souhaite "entendre le ministre Courard sur la véracité des propos tenus par le cdH, Jean-Pierre Detremmerie, sur les sources qui auraient averti le ministre de l'imminence d'une perquisition mais aussi sur les relations que la majorité PS-cdH entretient avec l'ancien bourgmestre de Mouscron". Si elle est avérée, Jean-Luc Crucke dénonce "cette collusion entre pouvoirs qui risque d'ôter à la perquisition tout son fondement". "Si les déclarations de Jean-Pierre Detremmerie devaient être confirmées, le MR exigerait la démission du ministre Courard", conclut Jean-Luc Crucke.


Le bourgmestre de Mouscron au courant du prêt de personnel

Le bourgmestre de Mouscron, Alfred Gadenne (cdH), a affirmé hier être au courant que du personnel communal a été mis à la disposition du club de football Royal Excelsior de Mouscron (D1), tout en insistant sur la "légalité" de l'opération.
"J'ai été échevin des travaux publics pendant 24 ans. Je savais que du personnel communal avait été mis à la disposition du club, et d'autres clubs sportifs de la commune", a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse, sans préciser la période des faits. Selon lui, cela s'est fait en toute "légalité". M. Gadenne s'est limité à la lecture d'un communiqué et a refusé de répondre aux questions des journalistes.
Les perquisitions menées hier dans le cadre d'une instruction sur le financement du club ont été une "surprise totale" pour lui, a-t-il indiqué. "Je n'ai jamais été mêlé à la gestion financière du club", a-t-il ajouté. Une fois informé des événements, le bourgmestre a donné "l'ordre à (son) personnel de collaborer avec les forces de l'ordre". M. Gadenne a ceint l'écharpe maïorale le 4 décembre 2006.

28 février 2007

Cameron revient avec un "tombeau perdu de Jésus" polémique

Un documentaire produit par le réalisateur de "Titanic" James Cameron affirme que Jésus est enterré en Israël au côté de Marie-Madeleine avec qui il aurait eu un fils, une thèse qui a aussitôt déclenché une polémique.

"Preuves inédites"
Selon "Le tombeau perdu de Jésus", réalisé par l'Israélien Simcha Jacobovici, le tombeau, découvert dès 1980, se trouve à Talpiot, un quartier de Jérusalem, et des analyses permettent aujourd'hui d'affirmer qu'il aurait renfermé le corps de Jésus mais aussi de sa compagne et de leur fils, prénommé Judas. "En tant que documentariste, je ne dois pas avoir peur de chercher la vérité", a dit lundi James Cameron, lors d'une conférence de presse à la Public Library (bibliothèque) de New York, évoquant la présence de "preuves tangibles et inédites" de l'existence physique de Jésus.ControverseLe film pourrait en tout cas bien déclencher une nouvelle controverse à la "Da Vinci Code", qui lui aussi insistait sur le caractère très "terrestre" de Jésus, même si Cameron se défend de toute volonté polémique. "Je sais qu'on va dire que l'on tente de saper le christianisme. C'est loin d'être le cas. Cette enquête salue l'existence réelle de ces personnes." Jésus et Marie-Madeleine dans le même tombeauLe film, qui sera diffusé le 4 mars sur la chaîne câblée Discovery Channel, s'appuie sur la présence de plusieurs noms hébreux inscrits sur les cercueils du tombeau: Yehoshoua Ben Yossef (Jésus fils de Joseph), Yéhouda Bar Yehoshoua (Judah fils de Jésus), Marthe et Myriam (Marie). L'ADN du contenu des ossuaires "Jésus fils de Joseph" et "Mariamene e Mara" a aussi montré que ces deux personnes n'avaient pas de lien sanguin. Comme la présence dans le même tombeau suggère un lien familial, le film avance que Jésus et Marie-Madeleine ont pu former un couple. Probabilité faibleLe documentaire s'appuie aussi sur un modèle statistique pour contourner l'argument de la fréquence de ces noms à l'époque: étudiant la probabilité de trouver tous ces noms ensemble, Andrey Feuerverger, professeur de mathématiques à l'Université de Toronto, conclut que la probabilité est de 600 contre 1 que le tombeau de Talpiot est bien celui de Jésus. "Pas de preuve scientifique"Pourtant la théorie est déjà contestée par d'autres, comme Amos Kloner, éminent archéologue israélien, pour qui le documentaire n'apporte "pas de preuve scientifique". "C'est un tombeau juif du premier siècle après J.C.", a-t-il déclaré. "Les noms visibles sur six des ossuaires sont très intéressants, car ils rappellent ceux des principaux personnages du Nouveau Testament. Mais qui dit que 'Marie' est Madeleine et que 'Judas' est le fils de Jésus? Cela ne peut être prouvé". Selon M. Kloner, sur les 900 tombeaux retrouvés autour de la vieille ville de Jérusalem et datant de la période du Second Temple, le nom de Jésus revient 71 fois - bien que sans la mention "Jésus fils de Joseph". L'Autorité des antiquités israéliennes a pour sa part refusé de commenter, bien qu'en 1996 un porte-parole ait évalué à "proche de zéro" la probabilité que la tombe de Talpiot soit celle de Jésus. Mécontentement chrétienEn attendant, des organisations chrétiennes n'ont pas tardé à faire connaître leur mécontentement.

Le pasteur Rob Schenck, président du Conseil national du Clergé, a dénoncé lundi "une fiction hollywoodienne déguisée en fait scientifique". "Depuis des années, Hollywood attaque le christianisme", regrette-t-il, citant le précédent du "Da Vinci Code". "En affirmant que les restes de Jésus sont redevenus poussière, avec ceux de membres de sa famille, le cinéaste hollywoodien nie la divinité du fils de Dieu et sa victoire sur la mort. Cameron veut clairement planter un pieu dans le coeur du christianisme". Pour les Eglises catholique et orthodoxe, la tombe du Christ se trouve sous l'église du Saint-Sépulcre à Jérusalem, tandis que les protestants la situent plus au nord, hors des murs de la vielle ville.

7SUR7 TV: La tombe de Jésus a-t-elle été découverte ?

Les Christ doivent disparaître des locaux des communes wallonnes

Le ministre wallon des Affaires intérieures, Philippe Courard, a pris une circulaire indiquant que l'ensemble des locaux publics "doivent donner une image absolue de neutralité en matière de convictions religieuse, philosophique et morale". Les autorités sont donc invitées à retirer tout signe distinctif qui pourrait choquer les convictions des citoyens et des membres du personnel. Liberté d'appréciationM. Courard ne voit pas cette circulaire comme une règle rigide et absolue, indiquant que les "communes ont une liberté d'appréciation". Il précise dans son texte que si le symbole religieux présente un caractère esthétique particulier, il pourra être maintenu mais qu'il y aura lieu d'examiner, sur base des sensibilités locales, l'opportunité de décrocher ou non le symbole religieux. Port du voileLe ministre a pris cette circulaire, envoyée aux communes, provinces, CPAS et intercommunales car il a reçu des demandes allant dans ce sens depuis les élections communales. Il n'envisage pas de réglementer le port du voile ou de tout autre signe religieux. (belga)

11 février 2007

Courard dénonce le "Plan Zen"

Plan Zen : Courard dénonce (09/02/2007)


Le Brabant wallon a eu 20,19 € par habitant pour de 5 à 14 € aux autres

Alors que, hier, le gouvernement wallon a marqué son accord sur le projet de circulaire relative à l'élaboration des Plans triennaux 2007-2009, le débat secoue l'ancien plan Zen. Pour rappel, le plan Zen, mis en place par Charles Michel (MR), avait pour objectif de lutter contre l'insécurité dans les villes et communes de Wallonie. Un rapport récent de l'administration met en lumière des chiffres qui sont étonnants.

Selon le ministre Courard, l'analyse des plans Zen 2002-2003-2004 laisse apparaître un favoritisme des communes du Brabant wallon :
Brabant wallon : 7.284.496,61 €, soit 24,97 % ou 20,19 € par habitant.
Hainaut : 5.224.200,34 € soit 17,91 % ou 4,07 € par habitant.
Liège : 7.958.654,50 €, soit 27,29 % ou 7,73 € par habitant.
Luxembourg : 3.602.288,14 € soit 12,35 % ou 14,18 € par h.
Namur : 5.098.420,39 € soit 17,48 % ou 11,26 € par habitant.

Un autre exemple est fourni pour la province de Luxembourg en 2004, 6 communes sur 44 se partageant 51 % du budget total du plan Zen : Neufchâteau, Bertrix, La Roche, Libramont, Vaux/Sûre et Bastogne. "Ce n'est pas normal. C'est ce que j'ai voulu changer au travers du plan Mercure. Il faut savoir que l'un des gros problèmes du plan Zen, c'est qu'il n'y avait pas de critères objectifs. Cela a été une priorité de mon action ", explique le ministre wallon, Philippe Courard. Et d'ajouter : "Des communes étaient déçues que je ne les aide pas autant que mon prédécesseur. Mais c'est impossible. Je n'ai pas les moyens au regard de mes critères objectifs."

Un 4X4 Zen en Afrique
Reste quelques anecdotes du plan Zen, selon le ministre... Le service des Travaux de Jodoigne aurait été largement équipé : balayeuse, tracto-pelle, camion-citerne, véhicule 4x4, camion- brosse... pour +/- 1.100.000 €. Par ailleurs, Jodoigne se serait permis d'offrir un véhicule 4X4 pour de l'aide humanitaire en Afrique. Un geste étonnant quand on sait que c'est la Région qui l'aurait payé pour officiellement améliorer le cadre de vie de la commune.
V. Li.
© La Dernière Heure 2007

10 janvier 2007

Les gouverneurs prêtent serment

MAJ 8 jan 2007

Cérémonie protocolaire ce lundi matin au siège du gouvernement wallon à Namur.
Les nouveaux gouverneurs des provinces de Namur et du Brabant wallon ont prêté serment dans les mains du ministre-président Elio Di Rupo.


La socialiste Marie-José Laloy a pris officiellement les rennes de la province du Brabant wallon, le libéral Denis Mathen celles de la province de Namur. Une double désignation qui met un terme à un long feuilleton qui aura duré un an et demi.

Dans les prochaines semaines, le gouvernement se penchera sur le projet de statut du gouverneur. En octobre 2004, le ministre wallon des Affaires intérieures, Philippe Courard, a préparé une "pièce à casser" qu'il a soumise à la consultation de diverses instances et qui est actuellement examinée par l'Association des provinces wallonnes.

Le projet met l'accent sur les missions déléguées qu'exercent les gouverneurs pour le compte du gouvernement wallon. Le parcours suivi par le projet s'est avéré assez long mais l'une de ses dispositions a posé problème à l'approche des élections communales. Elle visait l'impossibilité pour un ancien gouverneur de se présenter à ce scrutin dans les deux ans qui suivaient sa sortie de charge.

11 décembre 2006

C'est nous qu'On est les meilleurs

MAJ 12/12/06

Moureaux-Simonet, match nul

lundi 11 décembre 2006
Derby bruxellois sur le plateau de "Controverse". Les chefs de file socialiste et libéral se sont écharpés sur RTL-TVI. Un jeu de rôles, pas une cassure.
L es 22 acteurs n'avaient pas encore ajusté leurs crampons que les premiers tacles étaient lâchés dans le derby bruxellois. Pas sur la pelouse, mais sur un plateau de télévision.
« Le bordel d'Anderlecht, moi, je ne l'ai pas ! » La petite phrase du Molenbeekois Philippe Moureaux sur la sécurité a rendu rubicond son voisin anderlechtois Jacques Simonet, dimanche midi sur le plateau de « Controverse ». Le patron des socialistes bruxellois aura beau admettre ensuite qu'il a « un peu exagéré », sa prise de bec médiatique avec le chef de file libéral restera dans le florilège des scènes de désamour entre le PS et le MR.


En dehors du champ des caméras, les deux bêtes politiques n'en font toutefois pas un fromage. « C'est du Moureaux pur jus, explique Simonet. Sa tactique consiste à déstabiliser son interlocuteur. Entre lui et moi, ça devient presque un jeu de rôles. On s'est parlé après le débat et on se voit ce dimanche soir au match... »
« J'ai répondu avec un peu de vivacité, susurre de son côté Philippe Moureaux. Si je devais m'en faire pour tout ce qu'on a dit de moi. Et comme je n'ai pas ma langue en poche... » Le socialiste reconnaît néanmoins l'urgence de remiser les armes au vestiaire entre PS et MR : « C'est un jeu dangereux. On joue avec les allumettes. Je préfère qu'on parle des problèmes de fond. »
Le libéral ne dit pas autre chose. « On parle de cassure, mais je n'y crois pas du tout. J'ai plutôt envie de dire que l'incident est clos. Je ne pense pas que les jours qui viennent vont donner lieu à de nouvelles escarmouches entre partis. Cela ne profite à personne. Le citoyen a l'impression qu'on est dans le bac à sable. » Et de prédire : « Au fédéral, ça va continuer à fonctionner, même si ça sera tendu. Surtout entre Flamands et francophones, dont les deux grandes formations ont intérêt à s'entendre ».
Malgré ces propos mesurés, Jacques Simonet ne peut s'empêcher d'égratigner le président du PS : « L'escalade verbale n'a pas commencé dans le chef du MR. C'est Elio Di Rupo qui a provoqué le premier incident, avec sa sortie sur VW Forest. L'amalgame simpliste entre libéralisme et capitalisme, ça commence à bien faire. Quand on demande à Di Rupo de réagir aux vrais problèmes, il est aux abonnés absents. Et il fait sortir ses porte-flingues. ».
Sur le fond de l'incident, tant Moureaux que Simonet tiennent à réfuter les allusions proférées dans l'émission de Pascal Vrebos. « J'ai été étonné que Monsieur Simonet parle d'une situation catastrophique à la place Lemmens, s'insurge Philippe Moureaux. Nous avons un commissariat décentralisé et je n'ai pas reçu un rapport de police particulièrement alarmant ces temps-ci. »
Même défense outrée dans le chef de Jacques Simonet. « Les émeutes dans la banlieue parisienne n'ont pas fait tache d'huile à Anderlecht. On a brûlé deux voitures dans la zone de police Midi et c'était sur le territoire de Saint-Gilles. On a fait face au danger en demandant notamment aux agents de prévention et aux éducateurs de modifier leurs horaires. Contrairement aux allusions de M. Moureaux, chez nous ça s'est exceptionnellement bien passé... »
Un partout, balle au centre. Mais pas d'échange de maillots. « Demander plus de policiers dans les rues, s'étonner que de jeunes types se baladent en BMW ou en Mercedes dans les quartiers d'Anderlecht ou de Molenbeek, ce n'est pas un discours de gauche ou de droite. Quand je parle sécurité, je ne suis ni Vlaams Belang ni marxiste, conclut Simonet. Si j'avais dû être de gauche, je l'ai d'ailleurs déjà dit, j'aurais été trotskiste. »
Au fait, sur la pelouse, c'est Anderlecht qui a gagné. Dans les arrêts de jeu...

"Gauche-droite, ça continue"

PS et MR illustrent le clivage gauche-droite, qui reste vrai et fort, même si la cohabitation est positive... Rudy Demotte justifie ainsi les polémiques entre PS et MR.

Rencontré à Enghien, dans le Hainaut, sa région d'élection, Rudy Demotte entre en campagne électorale...
PS et MR se disputent. Pour la galerie ? Clivage gauche-droite ?

Dans la « Libre » vendredi, Jean-Michel Javeau, secrétaire fédéral d'Ecolo, dit que vous avez signé déjà avec les libéraux pour un nouveau contrat au fédéral...
""PS et MR ont déjà signé, j'en suis sûr!" (Javaux)
vendredi 8 décembre 2006 il y a 2 j.
Les jeux sont déjà faits avant le début de la campagne électorale en vue des élections législatives de juin prochain. "PS et MR ont déjà signé, j'en suis sûr", affirme vendredi Jean-Michel Javaux (Ecolo) dans le quotidien La Libre Belgique.
© Belga
M. Javaux souhaite pourtant que la campagne électorale ne masque pas les grands enjeux dont le principal est selon le parti vert, le défi climatique. Selon le secrétaire fédéral d'Ecolo, le gouvernement n'a relevé aucun des principaux défis majeurs auxquels il a été confronté et en particulier l'urgence écologique et le défi climatique. Ecolo n'ira en tout cas pas dans un gouvernement dont le programme ne répond pas aux thèmes qui "lui paraissent importants: climat, sécurité sociale, emploi". Par ailleurs, Jean-Michel Javaux ne se dit pas pour une guerre des tranchées sur le front communautaire. Interrogé sur la nécessité de réformes institutionnelles, Jean-Michel Javaux dit qu'il ne faut pas échanger de compétences contre de l'argent."


Quand on n'arrive pas soi-même à se positionner autour du débat gauche-droite, ce qui est le cas tout le temps des écolos, il est prudent de ne pas avoir de vision réductrice pour les autres. Quant au préaccord, c'est de l'intox préélectorale. Il y a des contacts en différents sens. Un accord MR-Ecolo, j'en connais un à Amay, par exemple. Pour moi, le débat gauche-droite, c'est bien plus sérieux que ces polémiques de campagne.
Illustrez...
Maîtrise des loyers : on a pu avancer malgré les libéraux qui ne voulaient bouger à rien, car les droits de la propriété priment. Les libéraux, toujours, ne veulent pas que nous organisions une Sécu pour les indépendants en augmentant les cotisations sociales des plus nantis pour financer un système de solidarité global et soutenir ainsi ceux qui ont des petits revenus. Liaison des allocations sociales au bien-être : les socialistes ont proposé, les libéraux ont freiné. Statut Omnio, soit le remboursement préférentiel des soins de santé pour les familles en difficulté... Nous sommes la force motrice. Toutes des choses qui ne naîtraient pas spontanément dans un gouvernement sans les socialistes.
Pour vous, Didier Reynders est un homme « de droite » ?
Réfléchissons par l'absurde : est-ce que quelqu'un pourrait dire que Didier Reynders est un homme de gauche ?... Il a des valeurs honorables, évidemment, mais qui sont conservatrices, en tout cas sur le plan socio-économique.
Alors là, justement, les socialistes ne sont-ils pas devenus, eux, les « conservateurs » ? « Préserver les acquis », au lieu de réformer la société...
Dans toute la période rhétorique de la Grèce antique, on appelait cela des « sophismes » ; des mots qu'on essaie de vider de leur sens et des raisonnements abstraits. Défendre les droits sociaux, c'est être conservateur ? Fondamentalement, il y a deux visions de l'économie : régulatrice d'un côté, même en souplesse ; et l'autre, celle qui veut le moins de règles possibles, voire la dérégulation totale. Les partis libéraux ne tiennent plus ce discours extrême, mais c'est leur inclination.
Eux nient, par exemple, que la crise à VW Forest puisse être interprétée en ces termes. Louis Michel a parlé d'« insulte à l'intelligence ». Ils rejettent la responsabilité sur les pouvoirs publics allemands, le syndicat IG Metall, complice...
L'élément nationaliste est secondaire. Ni le coût du travail ni la productivité ne justifiaient que l'on supprime l'emploi à Forest. En plus, vous avez pu voir comment la Bourse a réagi, à la hausse... On est en plein dans les mécanismes capitalistes. Qui peut le nier ? Sauf à vouloir polémiquer... La conclusion de tout cela, c'est que si l'Europe, cadre normatif de référence désormais, ne prend pas ses responsabilités, alors plus rien ne sera possible. C'est vrai pour les délocalisations ; ou encore pour les soins de santé, où le « marché » risque d'emporter nos modèles sociaux.
La cohabitation entre rouges et bleus au gouvernement permet toujours à un partenaire de se défausser sur l'autre...
C'est comme ça dans toutes les coalitions. Ici, dans la configuration socialiste-libérale, les discussions sont vives, mais l'axe oppositionnel est générateur de mouvement. J'y vois du yin et du yang...
Ça doit continuer, alors ? Joëlle Milquet, présidente du CDH, plaidait l'autre jour des majorités francophones symétriques : les mêmes à Namur, Bruxelles, au fédéral. Le PS et le CDH partout...
Tout dépendra des élections, au sud et au nord. Notre modèle politique, avec des scrutins à différents moments, peut conduire à des majorités différentes.
Si vous deviez afficher une raison pour laquelle les citoyens devraient voter pour vous ?
La protection sociale. A chaque fois que dans un pays européen, les socialistes sont absents du pouvoir, c'est là que se manifestent les reculs les plus lourds.
On dira : la Sécu, vous faites le coup à toutes les élections...
Polémique, ça... En plus, la Sécu, c'est nous qui avons mis le plus d'énergie à redresser ses comptes ces dernières années. Pour le reste, ceci figurera dans mon programme électoral : porter la pension minimum à 1.000 euros pour un isolé, 1.200 euros pour un chef de ménage ; octroyer des suppléments en allocations familiales qui tiennent compte du revenu et non plus du statut.
Je pense aux enfants dont les parents ont un emploi à faible revenu.

Pas d'accord électoral en ce 10/12/2006

Le PS et le MR n'ont pas signé d'accord électoral, ont juré dimanche les représentants des deux partis invités sur les plateaux des émissions politiques de la RTBF et de RTL-TVi. Ils ont toutefois précisé que des contacts avaient lieu entre les différentes formations francophones en vue des négociations communautaires annoncées l'an prochain.
La semaine passée, alors que la polémique faisait rage entre socialistes et libéraux, le secrétaire fédéral d'Ecolo, Jean-Michel Javaux, avait dénoncé une manoeuvre visant à camoufler la conclusion d'un accord entre les deux formations. "Il n'y a rien de signé. Il y a des conversations entre les différents partis francophones au niveau communautaire parce que nous devons avoir un rapprochement pour faire face à l'offensive flamande", a souligné le vice-président du PS, Philippe Moureaux, sur RTL-TVi. Il n'exclut pas un accord socialiste-libéral après les élections.
"Il n'est pas impossible qu'un jour, il y ait un accord après les élections. Le 'contre-nature' (terme utilisé en son temps par Laurette Onkelinx pour qualifier la coalition violette, ndlr) me paraît un peu fort. On est en démocratie. Avec les libéraux, sur certains sujets, c'est très difficile... Ben, c'est dialectique mais on arrive parfois à une synthèse intéressante", a-t-il expliqué.
Le porte-parole du MR, Charles Michel, a abondé dans le même sens. "Il n'y a pas d'accord signé. Ce sont les électeurs qui décideront", a-t-il dit, avant de plaider lui aussi pour un dialogue entre francophones. "Il est essentiel que la dimension communautaire soit prise en compte. Dans les prochaines semaines, il faudra réunir les formations politique francophones", a-t-il déclaré. Les deux hommes s'en sont pris à M. Javaux, M. Moureaux jugeant notamment qu'il était mal placé pour donner des leçons.
"Avant les élections, Ecolo n'avait paraît-il signé aucun accord électoral et pourtant, les accords électoraux lui sortaient des poches, tellement il y en avait", a-t-il lancé. D'après M. Michel, il s'agit d'une tentative pour Ecolo d'"exister politiquement" en donnant l'impression que les jeux sont faits.

Charleroi: la responsabilité politique est globale (Courard)

La responsabilité politique dans la gestion de Charleroi est globale, a expliqué mercredi le ministre wallon des Affaires intérieures, Philippe Courard, devant le parlement, en réponse aux interpellations de Véronique Cornet (MR), Bernard Wesphael (Ecolo) et Anne-Marie Corbisier (cdH). Le débat n'a pas manqué de rebondir sur la polémique née entre le PS et le MR à ce sujet. "Je n'ai jamais voulu me moquer de qui que ce soit. J'ai simplement dit qu'il y avait une responsabilité politique globale. En premier lieu, j'ai pointé les décideurs socialistes. J'ai dit aussi qu'il y avait une responsabilité de l'administration. Et, pour être complet dans mon propos, j'ai reproché, dans une moins grande mesure évidemment, un manque de dynamisme de la minorité", a-t-il expliqué. Selon lui, certains mandataires n'ont pas complètement assumé leur responsabilité de conseiller communal, épinglant en particulier Olivier Chastel (MR). Les échanges avec la députée Véronique Cornet (MR) ont été vifs. "Les eaux nauséeuses dans lesquelles vous vous noyez vous ont rendu aveugle", a-t-elle lancé. "D'affaires en affaires, votre navire a pris l'eau et vous avez du mal à ne pas sombrer avec lui", a-t-elle souligné. Bernard Wesphael (Ecolo) a fustigé la "malhonnêteté" du ministre. "Aujourd'hui, vous auriez dû présenter vos excuses, ou à tout le moins vous mettre en retrait", a-t-il dit.(VAD)

La coalition brûle-t-elle ?

Rien ne va plus entre les socialistes et les libéraux francophones. Les deux formations passent leur temps à s'injurier. Un avant-goût de campagne ou une nervosité liée à la prochaine publication de notre sondage trimestriel ?

Le torchon brûle entre les socialistes et les libéraux francophones. Simple musculation verbale, à quelques mois d'une échéance électorale cruciale ou malaise plus profond ?
Il ne se passe plus un week end sans que, sur les plateaux de télévision, responsables socialistes et libéraux ne se critiquent plus ou moins vertement. La restructuration de l'usine VW Forest avait déjà donné lieu à d'épiques joutes verbales sur le thème : c'est la faute au libéralisme (version PS), non, au protectionnisme allemand (version MR). Le débat était resté feutré. Il a repris avec une certaine violence, mais sur un autre thème : l'audit généralisé réalisé à Charleroi.
Dimanche, à l'émission "Mise au Point" (RTBF), le ministre wallon (PS) des Affaires intérieures Philippe Courard (ci dessous) a répété qu'à Charleroi, l'opposition avait failli à son devoir dans la mise en évidence de certaines dérives. Une déclaration qui a entraîné des réactions en cascade. Du porte-parole des libéraux francophones, tout d'abord, le député et ancien ministre Charles Michel qui a qualifié les accusations de M. Courard d'écoeurantes. "Elio Di Rupo est aux abris et envoie un porte-gachette qui, au lance-flammes, porte des accusations tous azimuts", a-t-il dit. M. Michel a défendu sa gestion des dossiers sous la précédente législature. "Il y avait un bras de fer permanent avec le PS. J'en ai tellement fait qu'en 2004, le PS a expliqué que c'était de ma faute que le MR a été sorti des majorités régionales et communales", a-t-il ajouté, reconnaissant son impuissance à faire respecter certaines décisions.
Extrême droite !
Puis, c'est sur RTL que le président du MR, Didier Reynders, a porté l'estocade en déclarant que les propos de M. Courard étaient dignes des pratiques de l'extrême droite. "M. Courard pratique l'amalgame. Ce sont des pratiques dignes de l'extrême droite. Il jette l'opprobre sur les conseillers de l'opposition pour mettre un peu de brouillard sur ce qu'ont fait ses propres amis" a commenté Didier Reynders. Du coup, c'est le président du PS, Elio Di Rupo, qui s'est énervé : "Ces propos sont indignes. En agissant de la sorte, M. Reynders a non seulement perdu son sang-froid mais surtout méprisé le nécessaire respect dont les démocrates doivent faire preuve entre eux. Depuis son entrée en fonction le ministre Courard a toujours agi pour que tout acte ou comportement délictueux soit sanctionné. Il est grotesque de faire croire que Philippe Courard protégerait qui que ce soit. Aussi, s'il est compréhensible que l'opposition endosse par principe le rôle du critiqueur, il est indigne que le président du parti d'opposition se croit tout permis". Elio Di Rupo souhaite que chacun reprenne son sang-froid dans le camp libéral. "Il s'indique que le président du MR présente ses excuses sincères au ministre wallon de l'Intérieur", a-t-il conclu.
Ce que Didier Reynders (lire plus loin) a refusé de faire, estimant plutôt que c'était à Philippe Courard à présenter ses excuses aux conseillers de l'opposition.
La nervosité, expliquent certains, n'est pas étrangère à la prochaine publication de notre sondage trimestriel...
© La Libre Belgique 2006

Reynders : "Des excuses ?"

Le président du MR estime que c'est le ministre wallon des Affaires intérieures, Philippe Courard, qui doit présenter ses excuses. Car il a pratiqué l'amalgame et manqué d'impartialité. Il demande à chacun de retrouver son calme.
Qui présentera ses excuses le premier ? Le ministre wallon des Affaires intérieures, Philippe Courard (PS) "coupable" d'avoir dit que les conseillers carolos de l'opposition n'avaient pas rempli leur rôle, ou Didier Reynders, pour qui Philippe Courard utilise des méthodes d'extrême droite ? Réponse avec Didier Reynders.
Alors, ces excuses...
Je ne sais pas si M. Courard va présenter ses excuses auprès des conseillers communaux wallons qu'il a mis en cause de manière inadmissible. Il pratique l'amalgame, il cherche des boucs émissaires là où ils ne sont pas. Je ne vois pas en quoi Véronique Salvi, (CDH) ou Olivier Chastel (MR) sont responsables de toutes les malversations qui se sont passées à Charleroi.
Et vos excuses ?
Si je devais demander des excuses chaque fois qu'un responsable socialiste wallon sort des rails...
La question n'est pas là... M. Di Rupo demande que vous présentiez vos excuses pour avoir dit que M. Courard pratiquait les méthodes d'extrême droite. Votre verbe n'a-t-il pas dépassé votre pensée ?
Non, je ne pense pas. J'ai entendu qu'on parlait de détournements à propos d'Olivier Chastel. On lui a reproché d'avoir siégé dans des organismes où des malversations avaient été commises... Je trouve qu'on dépasse les limites. Le ministre wallon des Affaires intérieures, qui exerce la tutelle sur les communes, devrait faire preuve d'une certaine impartialité. Cela n'a pas été le cas. C'est inacceptable. Pendant deux ans, M. Courard a expliqué que le renouveau était représenté par le bourgmestre de Charleroi. Lundi, on a installé de nouveaux échevins : j'espère qu'il a toutes les garanties les concernant. Je demande que chacun retrouve un peu son calme : je n'ai pas compris pourquoi, pendant trois ou quatre jours, il s'est lancé dans de telles agressions à l'égard de personnes qui n'étaient en rien responsables de ce qui s'est passé. La préparation du baromètre de "La Libre Belgique" doit agiter certains esprits mais moi, je ne peux pas laisser passer de tels comportements.
Chaque semaine, Elio Di Rupo et vous croisez le fer...
Non, chaque semaine, nous réagissons à des déclarations : il y a eu des attaques un peu gratuites sur les raisons de la fermeture de Volkswagen. Maintenant, une charge en règle de M.Courard. Nous n'avions rien demandé... Il n'y a eu aucune sortie libérale. Au départ, cela me faisait sourire. Mais l'accumulation me fait croire que c'était prémédité.
PS et MR terminent la législature comme ils l'ont vécue : en se chamaillant...
Moi, je ne demande pas cela. Si M. Courard ne s'excuse pas, tant pis. Mais j'attends qu'il quitte le rôle partisan qui est le sien.
Êtes-vous toujours partisan de la reconduction de l'actuelle coalition, socialiste-libérale ?
Moi, ce qui m'intéresse, c'est la bonne santé de l'aile libérale. Le MR est sorti renforcé des élections communales : en Wallonie, il a enregistré la plus grosse progression de toutes les formations et à Bruxelles, il est redevenu le premier parti. Notre partenaire flamand, le VLD, relève aussi la tête grâce au Premier ministre qui s'implique très fortement dans plusieurs dossiers dont celui de VW Forest. De plus, le VLD a pris une excellente décision en excluant Jean-Marie Dedecker.
Le CD & V est-il redevenu plus fréquentable maintenant qu'il a brisé son cartel avec la NVA ?
Peut-être. Mais il apparaît que ce cartel était purement factice et il a quand même fait entrer les germes du séparatisme dans le gouvernement flamand. Et puis, voyez : rien n'est gagné, certains CD & V demandent que l'on rétablisse le cartel.
Comment éviter la grande négociation institutionnelle que les partis flamands exigent tous pour 2007 ?
Moi je compte bien intégrer dans la campagne et après les élections les thèmes que les gens attendent : le thème économique et social d'abord, celui de la sécurité ensuite. Et par après, sur le plan communautaire, nous ferons preuve de la plus grande fermeté francophone.
Cela suppose que les partis francophones s'entendent et que le PS et le MR cessent de s'injurier...
Le contact entre moi-même et le président du Parti socialiste existe toujours, de même qu'avec d'autres ministres PS. Avec Ecolo, il n'y a pas de problème. Avec certains parlementaires (Melchior Wathelet, Jean-Jacques Viseur) et certains ministres CDH (Benoît Cerexhe), les relations sont bonnes. Mais avec la présidente, c'est plus compliqué...
Au moins maintenant, je peux lui dire : bienvenue au club ! En matière de cumul, c'est pas mal : présidente, députée, première échevine... Qu'est-ce que je n'ai pas entendu quand je suis devenu ministre et président du MR ! Non, vraiment, ce décalage au CDH entre le discours et la pratique devient gênant. Mais bon, passons : sur le plan institutionnel, PS et MR prendront bientôt contact avec les deux petites formations Ecolo et CDH pour déterminer une plate-forme commune.
© La Libre Belgique 2006

Philippe Courard, le caporal qui s'émancipe (un peu)

Le néophyte de 2003 a vite appris. Assurance, flair, culot désormais l'ont sorti d'une posture d'apparatchik.
Jusqu'il y a peu, ce qui est déjà beaucoup en politique, on lui aurait donné le bon Dieu sans confession - ou quelque Équivalent moins confessionnellement connoté. "Il a une tête d'honnête homme, pas d'homme politique", confiait alors un collègue politique plus matamore à ses heures, avec une pointe d'autodérision et un soupçon d'envie.
La mi-2003, à la constitution de Verhofstadt II, était proche encore. Le météore Arena avait alors quitté la Région pour une escale au fédéral que l'on sut d'emblée discrète et courte. Son président Di Rupo y trouva à la fois à créer de toutes pièces un autre ministre (de nouveau il n'a même pas été parlementaire !, s'indigna Robert Collignon...) et à se constituer un leader PS au Luxembourg, en pêchant aux bords de l'Ourthe un dénommé Courard.
Philippe de son prénom, enseignant de formation, bourgmestre de Hotton dès l'âge de 28 ans, collaborateur des cabinets Taminiaux puis Flahaut, il n'est guère connu hors de son arrondissement de Marche. Quand il débarque à Namur, il trouve le ton modeste qui sied à l'occurrence. Simple, sympa; heureux aussi. Heureux de pouvoir, à l'Emploi et à la Formation, se couler dans des compétences que Marie Arena lui a préparées sur un plateau. Non sans se demander ouvertement, douze mois durant, ce qui lui est arrivé.
La confiance sort des urnes qui suivent, régionales, à la mi-2004. Philippe Courard se sent pousser des ailes, voire gonfler l'encolure. Témoin, son effigie grand format à l'entrée de son cabinet namurois au look épatant (on parle du look du bâtiment, celui restauré des moulins de Beez, pas forcément du look de l'effigie). Faut dire, passer d'un petit maïorat rural à la tutelle des pouvoirs locaux; faut comprendre, personnifier le retour de l'Intérieur dans l'escarcelle "historique" du PS après le passage tapageur du vilain Charles Michel; voilà qui vous taille illico un autre costume !
D'accord, le plan Marshall, ses avant-pompes et ses premières oeuvres l'écartent fonctionnellement du premier cercle. Pas pour longtemps : l'attirent sous les projecteurs, qu'il apprivoise, la réforme de la démocratie locale (même si les présidents de partis, belles-mères de l'exécutif, décident de l'essentiel), les élections communales désormais dans le giron des Régions (même si son cabinet s'épuise à toute une re-codification qui n'était pas indispensable) et bien sûr les affaires.
Ah ! les affaires. Tant qu'on les soupçonne, le ministre prêche prudence et patience; quand on les dévoile, le ministre pourfend. Le chat Van Cau parti, la souris Courard va danser de ces pas de côté qu'il ne cesse d'enjoindre à son ancien ministre-Président. Les dossiers s'accumulant, il jette son profil de gentil aux orties. Jusqu'à confondre dans la même ignominie les camarades félons et ceux qui n'auraient pas eu assez de souffle pour les dénoncer.
C'est sûr, le culot vient de doubler la prise d'assurance. Mais sans inconscience : l'homme attrape du nez. Politiquement, on veut dire : pour sentir le vent. Il sait que le moment est bon, au boulevard de l'Empereur, pour tirer sur le MR comme sur les "parvenus"; il comprend qu'il est désormais, à la table du Conseil wallon, le ministre PS le plus proche de son double président de parti et de gouvernement; il pressent que même quand il ose des propos qu'Elio Di Rupo ne lui commande pas comme tels, celui-ci est prêt et prompt à les avaliser - ainsi, quand Courard fait mine de menacer Van Cau la veille même du jour de désignation des nouveaux échevins PS de Charleroi, où Di Rupo doit se résigner à faire appel aux services du Carolo !
Bref, à 40 ans pile, le bon petit soldat s'émancipe. Un peu sûrement, beaucoup on verra. Mais l'appétit vient en mangeant... Ce qui fait tout son bonheur à la bonne saison - ses potagers et vergers de Ny, un des plus beaux villages de Wallonie, lové entre Famenne et Ardenne, où tout n'est qu'ordre, calme et verdure - suffira-t-il longtemps encore à le rassasier ?
© La Libre Belgique 2006




Le Mouvement Réformateur est la formation politique qui a le plus évolué en Wallonie a lancé Didier Reynders



A quelques jours de l'installation des nouveaux Conseils communaux, le président du MR Didier Reynders a affirmé samedi que l'"Olivier" avait presque vécu et que le MR était redevenu la première formation à Bruxelles. Avec une progression de 70.000 voix par rapport à 2000 en Wallonie, le Mouvement Réformateur est la formation politique qui a le plus évolué, a-t-il lancé devant plus de 500 mandataires locaux MR rassemblée au casino de Chaudfontaine. Pour lui, ces élections communales et provinciales s'apparentaient à son premier rendez-vous électoral depuis son accession à la présidence du parti en 2004.
Le ministre des Finances a également tenu à rappeler l'importance du lancement du projet de formations qui visera à aider les nouveaux élus du parti. "Ces formations permettent d'expliquer aux nouveaux élus ce qu'ils peuvent faire dans une intercommunale ou bien encore dans un CPAS", a-t-il précisé.
Aux reproches du ministre wallon de l'Intérieur Philippe Courard (PS) adressés il y a quelques jours à l'opposition du Conseil communal de Charleroi qui n'aurait, selon lui, pas bien exercé sa mission de contrôle, M. Reynders a répliqué: "C'est totalement inadmissible. Monsieur Courard oublie que c'est Olivier Chastel qui a révélé le premier les fraudes carolorégiennes". Il a ensuite conseillé aux nouveaux élus de poser des questions à l'occasion des Conseils communaux et de les envoyer ensuite, systématiquement à Philippe Courard.
Le déjeuner de travail a également permis d'aborder la prochaine compagne fédérale du MR. En mars prochain, un important congrès en dévoilera les grands thèmes.

Elio Di Rupo réclame des excuses

Les échanges ont été très vifs hier sur le plateau de Controverse entre Olivier Chastel et Philippe Courard. L'émission était consacrée aux divers dossiers de Charleroi. Le président du MR Didier Reynders qui était l'Invité du Journal, a ensuite réagi aux propos du ministre des Affaires intérieures Philippe Courard pour qui l'opposition a failli à son devoir dans la mise en évidence de certaines dérives. Pour M. Reynders, les propos de M. Courard sont dignes de pratiques de l'extrême droite. "M. Courard pratique l'amalgame. Ce sont des pratiques dignes de l'extrême droite. Il jette l'opprobre sur les Conseillers de l'opposition pour mettre un peu de brouillard sur ce qu'ont fait ses propres amis", a commenté M. Reynders.
Le président du PS Elio Di Rupo dit avoir appris avec consternation ces propos. Il estime qu'il s'agit d'un dérapage verbal et souhaite que M. Reynders présente ses excuses au ministre. En qualifiant de "dangereux" le rôle de Philippe Courard, en l'accusant "d'amalgames" mais surtout en estimant que le travail du ministre s'apparente "à des pratiques d'extrême droite", M. Reynders a manifestement dérapé, explique le président du parti socialiste dans un communiqué. « Ces propos sont indignes.
En agissant de la sorte, Monsieur Reynders a non seulement perdu son sang froid mais surtout méprisé le nécessaire respect dont les démocrates doivent faire preuve entre eux, estime Elio Di Rupo. Depuis son entrée en fonction, le ministre Courard a toujours agi pour que tout acte ou comportement délictueux soit sanctionné. Il est "grotesque" de faire croire que Philippe Courard protègerait qui que ce soit, poursuit-il.

Institutionnel : "Je ne suis pas du tout fermé"

Reynders estime que l'on peut discuter de certains dossiers pourvu que le but soit d'améliorer l'efficacité de l'Etat.
Quels éléments les francophones seront-ils prêts à négocier en 2007 ?
Les droits des francophones (électoraux, accès à la justice, etc.) ne sont pas négociables. A côté de cela, le critère d'analyse doit être l'efficacité de l'Etat. En matière d'emploi, si les réformes ne mettent pas en péril le droit au travail, la situation des demandeurs d'emploi en Wallonie et à Bruxelles (en ce compris leurs allocations de chômage), pourquoi ne pas accroître le rôle et les compétences des régions ? Cela peut aller dans les deux sens. Quand Karel De Gucht estime que le pouvoir fédéral pourrait rejouer un rôle plus important en matière de commerce extérieur, je suis d'accord. Pareil pour la protection de la jeunesse : si c'est pour laisser cette compétence dans les mains des Communautés, il vaut peut-être mieux changer. On peut dire la même chose en prévention-santé.
Mais si l'on discute de tout cela, il faudra également revoir le financement. Pas nécessairement dans le sens où on l'entend (transfert des moyens) car il faudra garder un financement correct du pouvoir fédéral. On a refinancé la Communauté française : je voudrais savoir où l'argent va, quand je vois certains traitements, ou la part qui est réservée à la RTBF. Et en plus, il ne faut pas oublier, que, quand on refinance la Communauté française, on transfère aussi d'importants moyens vers la Flandre. Cela dit, je le répète : pour 2007, ces problèmes institutionnels ne constituent pas notre priorité.
Quelles sont alors ces priorités ?
Moi, je suis très frappé de voir la manière dont le dossier économique et social évolue. La restructuration de VW Forest a remis en lumière l'importance des charges qui pèsent sur le travail en Belgique. Les entreprises payent encore 2 ou 3 fois le coût du salaire net. Il faudra donc remettre sur le métier cette double problématique : le coût du travail et le salaire net. Je reste convaincu qu'on doit continuer en Belgique à travailler à une réduction généralisée des charges qui, idéalement, ne devraient pas être plus élevées que celles chez nos voisins. Cela passe par une réduction de l'impôt des sociétés, mais aussi par des actions sur le travail en équipe et pas seulement pour VW Forest. Il faut aussi des actions pour relever le pouvoir d'achat. Car en acceptant un travail, certains allocataires voient leurs moyens se réduire. C'est donc le salaire net des plus bas revenus qu'il faut augmenter en réduisant les charges et l'impôt mais aussi en diminuant le coût de toute une série de frais (garde d'enfants, transports...) Je reste convaincu qu'il faudra augmenter certaines allocations (petites pensions, revenus d'intégration, certaines allocations de chômage) mais il faudra pour cela qu'il y ait un écart plus important entre l'allocation et le revenu net de quelqu'un qui fait l'effort de travailler mais qui se voit confronté à des frais importants.
© La Libre Belgique 2006

04 décembre 2006

Commission d'enquête, audits ?

Kubla demande un audit généralisé en Wallonie

Le chef de groupe MR au Parlement wallon et ancien ministre wallon de l'économie, Serge Kubla, préconise "un audit généralisé des OIP, organismes d'intérêts public comme le Forem, l'Awiph, l'Awex... sans oublier les autres pararégionaux".
"Pour sauver la Wallonie", M. Kubla estime qu'"on n'a pas le choix" et prépare un texte en ce sens pour le parlement wallon. "De toute façon, il faut se retrousser les manches et il faut y aller une fois pour toutes. On traverse une période dont on ne finit pas. On peut chercher dans toutes les directions et on trouvera toujours des petites malversations ou dépenses illégales ou pas (frais de voyage, GSM, frais de représentation, ouvrier employé à titre privé...). Il faut tout remettre à plat", déclare M. Kubla.
Pour l'ancien ministre wallon, il faut également "des sanctions rapides pour secouer le cocotier".


Interrogations au sujet de la présence de la Région Wallonne à Cuba


La restauration d'un palais cubain à La Havane auquel la Région wallonne a contribué, alors qu'une délégation de l'Agence wallonne à l'exportation est déjà présente sur place, aurait attiré l'attention de Marie-Dominique Simonet (cdH) et de Philippe Fontaine, député MR, indique Le Soir dans son édition de Ce matin.
Le palais concerné a fait l'objet en 2002 d'un accord de coopération conclu entre l'ancien ministre-président wallon, accompagné de Michel Daerden, et les autorités cubaines. Cet accord s'inscrit dans le programme général de "sauvetage de la vieille Havane", soutenu par l'Unesco. La Région wallonne a mis 600.000 euros sur la table via son budget patrimoine. En échange, le rez-de-chaussée a été mis à la disposition de la région pour lui permettre d'installer une vitrine promotionnelle, dont le budget s'élève à 125.000 euros de mobilier et d'équipement, explique Le Soir.
Philippe Fontaine s'interroge sur l'intérêt de cette vitrine, alors que la Région wallonne est déjà présente sur place via une délégation de l'Agence wallonne à l'exportation (AWEX). Pour le cabinet Simonet, il s'agit d'une dépense "un peu absurde, en tout cas discutable au vu des capacités budgétaires de la région". Dès 2004, la ministre Marie-Dominique Simonet aurait enjoint à l'administration de comprimer les coûts de cette vitrine.

Reynders tire au canon sur le PS


Le président du MR accuse Philippe Courard de "pratiques d'extrême droite". Di Rupo exige des excuses.
S i ces deux-là préparent des retrouvailles au gouvernement fédéral, pour 2007, la noce risque d'être glaciale.
Hier, sur RTL-TVI, Didier Reynders, président du MR, a accusé Philippe Courard, ministre wallon (et PS) des Affaires intérieures, de pratiques dignes de l'extrême droite. Il jette l'opprobre sur les conseillers de l'opposition pour mettre un peu de brouillard sur ce qu'ont fait ses propres amis.

Sur la RTBF, Courard avait clamé que l'opposition (dont le MR) à Charleroi a failli à son devoir dans la mise en évidence des dérives. Elio Di Rupo, président du PS, réclame des excuses de Reynders, qui a perdu son sang-froid, et méprisé le nécessaire respect dont les démocrates doivent faire preuve entre eux. Futurs partenaires ?


Elio Di Rupo réclame des excuses

Les échanges ont été très vifs hier sur le plateau de Controverse entre Olivier Chastel et Philippe Courard. L'émission était consacrée aux divers dossiers de Charleroi. Le président du MR Didier Reynders qui était l'Invité du Journal, a ensuite réagi aux propos du ministre des Affaires intérieures Philippe Courard pour qui l'opposition a failli à son devoir dans la mise en évidence de certaines dérives. Pour M. Reynders, les propos de M. Courard sont dignes de pratiques de l'extrême droite. "M. Courard pratique l'amalgame. Ce sont des pratiques dignes de l'extrême droite. Il jette l'opprobre sur les Conseillers de l'opposition pour mettre un peu de brouillard sur ce qu'ont fait ses propres amis", a commenté M. Reynders. Le président du PS Elio Di Rupo dit avoir appris avec consternation ces propos. Il estime qu'il s'agit d'un dérapage verbal et souhaite que M. Reynders présente ses excuses au ministre. En qualifiant de "dangereux" le rôle de Philippe Courard, en l'accusant "d'amalgames" mais surtout en estimant que le travail du ministre s'apparente "à des pratiques d'extrême droite", M. Reynders a manifestement dérapé, explique le président du parti socialiste dans un communiqué. « Ces propos sont indignes. En agissant de la sorte, Monsieur Reynders a non seulement perdu son sang froid mais surtout méprisé le nécessaire respect dont les démocrates doivent faire preuve entre eux, estime Elio Di Rupo. Depuis son entrée en fonction, le ministre Courard a toujours agi pour que tout acte ou comportement délictueux soit sanctionné. Il est "grotesque" de faire croire que Philippe Courard protègerait qui que ce soit, poursuit-il.

La ministre Vienne est en grande difficulté dans ce dossier où l'opposition la considère comme dépassée par les faits

Lorsqu'on assiste à la commission Immo Congo, on a des difficultés à imaginer qu'il pourrait ne pas y avoir de commission Awiph, tant cette dernière paraît vraiment se justifier davantage.
Du côté de l'opposition, le MR, Philippe Fontaine, est effaré : "Que fait la ministre ? Cela fait deux ans et demi qu'elle laisse faire. Qu'elle laisse fonctionner l'Awiph à la papa."
Le député va plus loin : "Que les membres du comité de gestion (non-membres du bureau) dans son ensemble, qui se réunit moins d'une fois par mois, n'aient rien vu, on pourrait encore le concevoir, mais qu'en est-il du bureau ? On peut se poser la même question pour ces représentants du gouvernement, le commissaire du gouvernement et le délégué du ministre du Budget, qui vont poursuivre leur travail afin d'identifier les fautifs. Ne sont-ils pas également fautifs ?"
Dans les faits, le Parlement wallon se penchera mercredi sur le fonctionnement de l'Agence wallonne pour l'intégration des personnes handicapées (Awiph). La commission de l'action sociale devrait se muer en commission spéciale. En attendant, la situation de la ministre Vienne est vraiment difficile... selon l'avis de plusieurs députés.
On note aussi qu'un remboursement d'un prêt de voiture pour 900 € par mois a été effectué pendant 9 mois... même si le prêt a été arrêté et l'argent remboursé par la personne concernée à l'Awiph. Cela pose question à certains députés.
V. Li.
© La Dernière Heure 2006

24 novembre 2006

Van Cau illégal (à l'hôtel de ville)

La présence de Jean-Claude Van Cauwenberghe dans un bureau mis gratuitement à sa disposition dans les bâtiments de l'hôtel de ville de Charleroi par le collège
des bourgmestres et échevins est illégale, rapportent vendredi plusieurs quotidiens.



Le ministre Philippe Courard, interrogé par le parlementaire Ecolo Marcel Cheron, a en effet envoyé un courrier au collège de Charleroi pour faire appliquer le code de démocratie locale. Selon celui-ci, l'absence de convention entre la Ville et l'Asbl présidée par M. Van Cauwenberghe, à savoir la communauté urbaine du pays de Charleroi, assimile cette aide à une subvention dont l'octroi relève de la seule compétence du conseil communal et non du collège.
Le ministre Courard réclame donc que le conseil communal qui suivra l'installation des nouveaux conseillers le 4 décembre prochain règle ce problème et qu'une convention soit signée afin de fixer les conditions d'occupation et les obligations des occupants.
Une clause destinée à prévenir "toute confusion entre les activités publiques au sein de l'hôtel de ville et les activités des Asbl concernées" devra également être rédigée. (belga)


Stop au bureau de Van Cau ! (24/11/2006)
L'administration wallonne remet en cause le contenu du bail de ses locaux de l'hôtel de ville

Selon l'administration wallonne, l'une des premières mesures que le nouveau collège carolo devra prendre le 4 décembre prochain, ce sera de demander à Jean-Claude Van Cauwenberghe, locataire de l'hôtel de ville de Charleroi, soit la mise sur pied d'un nouveau bail en bonne et due forme... soit qu'il quitte le bâtiment qu'il arpente depuis de très nombreuses années.
Pour rappel, Jean-Claude Van Cauwenberghe occupe des locaux à l'hôtel de ville de Charleroi, même depuis qu'il a quitté son poste de bourgmestre. Il les occupe au titre de l'aide apportée par la ville à la Communauté urbaine Pays de Charleroi, Val de Sambre et Sud Hainaut.
C'est à ce titre que le collège des bourgmestre et échevins avait accepté de mettre gracieusement à disposition de celle-ci un bureau pour son président qui est un élu de la ville ainsi qu'un bureau pour deux collaborateurs de l'ASBL Intranet Pays de Charleroi.
L'administration n'accepte toutefois pas "que ces mises à disposition n'aient fait l'objet d'aucune convention particulière quant à la prise en compte des charges par cet organisme. La mise à disposition des deux locaux mentionnés aurait donc été effectuée à titre gracieux et pour une durée indéterminée. " Par ailleurs, 2 organismes en sont bénéficiaires et non un, comme l'affirme la ville.
"Selon la jurisprudence administrative, une mise à disposition gratuite ne peut être admise que pour autant qu'il s'agisse d'une occupation précaire ou ponctuelle. Ce qui n'est pas le cas ici. On a plutôt affaire à une aide en nature et à durée indéterminée."
Selon un article du Code de la démocratie locale et de la décentralisation, cette aide sous forme de mise à disposition gratuite et pour une durée indéterminée de locaux appartenant à la ville est assimilée à une subvention. Son octroi est soumis à un certain nombre de règles qui sont fixées par d'autres articles.
Cet octroi de subvention relèverait de la compétence du conseil communal et non du collège communal. "Dans le cas de cette mise à disposition de locaux, les dispositions légales en matière de subventions ne sont pas respectées." La ville de Charleroi doit donc se mettre en conformité dans les plus brefs délais.
V. Li.
© La Dernière Heure 2006


Le dernier conseil communal de Van Cau

Le conseil communal de Charleroi s'est réuni pour la dernière fois hier, sous le signe de la majorité absolue PS en place depuis trente ans, puisque, le 4 décembre prochain, c'est une majorité tripartite PS-MR-cdH qui s'installera à la tête de la ville. Ce dernier conseil était aussi celui au cours duquel siégeait pour la dernière fois Jean-Claude Van Cauwenberghe.
Elu en 1982 et alors choisi pour bourgmestre, Jean-Claude Van Cauwenberghe était redevenu conseiller communal puis chef de groupe PS au conseil communal, en accédant à la Région wallonne, comme ministre puis comme Ministre-Président, une fonction dont il a démissionné en septembre 2005 à la suite du scandale de "La Carolorégienne".
Le conseil communal de ce jeudi s'est déroulé dans une ambiance sereine et dénuée de tout incident, sous la présidence de Jean-Pol Demacq, bourgmestre faisant fonction depuis la mise à l'écart de Jacques Van Gompel, bourgmestre sortant et qui a été inculpé, le 20 octobre dernier, de faux, usage de faux et détournement par fonctionnaire public, avant d'être incarcéré et remis en liberté trois semaines plus tard.
Si l'essentiel de cette dernière séance a été consacré à des points administratifs courants, Jean-Pol Demacq a souhaité saluer les élus qui s'en vont à l'occasion de cette fin de législature. "Charleroi, a-t-il dit, a connu d'importants échecs mais ceux-ci ne doivent pas occulter l'ensemble du bilan de cette législature finissante". Le bourgmestre faisant fonction a tenu à remercier tout particulièrement Jacques Van Gompel et Jean-Claude Van Cauwenberghe. Evoquant Jean-Claude Van Cauwenberghe, Jean-Pol Demacq a dit que "rarement, un homme s'est autant identifié à sa Région et à sa ville, avec tous les contrastes que cela suppose : autoritaire et humain, pudique et audacieux, sensible et pugnace, méthodique et impulsif, acharné au travail et bon vivant quand il le peut, aussi fidèle qu'intransigeant". A propos de Jacques Van Gompel, le bourgmestre faisant fonction a évoqué "un homme fraternel, affectif, fidèle en amitié et tellement proche des gens".
Serge Van Bergen, qui avait été un des échevins impliqués dans l'affaire de "La Carolorégienne" et qui avait dû démissionner de ses fonctions, a également tenu à cette occasion à dire sa tristesse de partir "la tête haute, victime d'un acharnement injuste".

D'autre part, dans son numéro de vendredi, l'hebdomadaire "Le Vif l'Express" épingle une nouvelle affaire à Charleroi qu'il qualifie "d'autre Immo Congo".

Selon le magazine, Jean-Claude Van Cauwenberghe "aurait fait entrer une toute petite société de courtage, IFCA, dans la gestion des fonds de pension de la Ville de Charleroi. Il n'y a pas eu de mise en concurrence", précise "Le Vif". Une instruction judiciaire a été ouverte du chef de corruption.

A Charleroi, il y a d'autres dossiers « Immo Congo ». Pour rappel, cette société de Gosselies est soupçonnée d'avoir décroché un juteux contrat en Afrique, en mai 2004, grâce à des coups de pouce politiques. La justice a ouvert une instruction. Le parlement wallon promet d'enquêter. Les copains d'abord ? En cause : la dénommée Sabine Gauquier, coiffeuse de formation, présidente d'Immo Congo. Surtout : son mari Daniel Lebrun, réviseur d'entreprises converti aux affaires. L'ami et conseiller financier de Van Cau ( lire Le Vif/L'Express du 17 novembre ). Lebrun et Gauquier auraient été favorisés. En première instance, le marché congolais leur avait échappé. Ils ont gagné à la suite d'une négociation pour le moins opaque.Un dossier du même type intéresse le parquet de Charleroi, où on confirme certains points de comparaison. En octobre 2000, une petite société anonyme, nommée IFCA (Institut de cambisme et de finance internationale), obtient un contrat de conseil en gestion pour le fonds de pension de la ville et celui d'une grosse intercommunale de soins de santé de la région de Charleroi (l'ISPPC, qui réunit tous les hôpitaux publics). « On » fait appel à IFCA en urgence, sans appel d'offres. Cela coûte cher (comme les loyers d'Immo Congo) pour un service limité. IFCA recommande alors des placements spéculatifs qui s'avèrent désastreux. On imagine que de belles commissions ont toutefois été empochées... Pour les caisses publiques, le manque à gagner, lui, est caché aux administrateurs de l'intercommunale ISPPC et aux conseillers communaux de Charleroi, peu ferrés sur le sujet. Et pour cause : les fonds de pension sont gérés « en famille » dans la Métropole. Sous le contrôle de socialistes proches de Van Cau, tant à la ville qu'au sein de l'ISPPC. Quant au réviseur... Daniel Lebrun, il n'avait pas de remarques sur l'ampleur des risques.
Qui a proposé la société IFCA ? Au début de l'été, les réponses des différents acteurs étaient évasives ou contradictoires ( Le Vif/L'Express des 23 et 30 juin ). Nous pouvons désormais affirmer que Jean-Claude Van Cauwenberghe est intervenu pour permettre cette opération. Son conseiller politique à la Région wallonne, Jean-Pol Avaux, a contacté IFCA en toute discrétion. On chuchote que ce pourrait être lui, également, qui est intervenu pour remettre Lebrun en selle pour le Congo. Avaux est l'homme de main de Van Cau. Il a toujours été sa courroie de transmission pour garder le contrôle sur Charleroi quand il était à Namur.
A travers les fonds de pension, des montants astronomiques sont brassés. A Charleroi, la délicate gestion de ces réserves constitue une véritable bombe à retardement. Tout écart de conduite pourrait mener la ville à la faillite. Rien que ça.
1. IFCA, chaînon inutile et coûteux ?De longue date, c'est Ethias (l'ex-Smap) qui gère les réserves de pension à Charleroi. A l'origine, des placements dits « de bon père de famille », dans des bons d'Etat. Un changement de cap s'opère logiquement au milieu des années 1990. D'autres opportunités se présentent. De meilleurs rendements sont à portée de main. Les placements de la Smap paraissent trop frileux. En décembre 1996, l'Intercommunale d'£uvres sociales de Charleroi (l'IOS, rebaptisée aujourd'hui en ISPPC) achève une patiente prospection du marché. Les grandes banques belges sont consultées. Le Crédit communal (devenu Dexia) obtient le marché. La « banque des communes » a été mise en concurrence, notamment avec la CGER. Des administrateurs de l'intercommunale se souviennent que trois spécialistes du Crédit communal sont venus présenter leur projet durant plus d'une heure. Au tableau noir : courbes de rendements et projections financières. Transparence totale, donc. La banque propose des placements à risques acceptables en branche 21 (obligations et actions) et en branche 23 (uniquement actions). Les rendements sont bons. Ils augmentent.
Puis, en juillet 2000, l'IOS absorbe les hôpitaux publics de la ville de Charleroi, en grosse difficulté financière. Cela donne naissance à l'ISPPC. Le contrat avec le Crédit communal/Dexia est résilié sans explication en septembre 2000. IFCA entre en piste un mois plus tard. La petite société anonyme à deux administrateurs obtient un rôle de conseillère en gestion, aux côtés de la Smap. Elle propose des placements autrement plus risqués en branche 23. Elle n'intervient qu'une seule fois : pour suggérer d'engager l'équivalent de 1,5 milliard de francs belges dans un produit « Alti+ » commercialisé par une banque française (la Société générale de Paris). Le reste de son intervention, c'est de la maintenance. Pour « tout » ça, IFCA empoche un forfait de 300 000 francs belges par an, à titre de frais de conseil. A quoi pourrait s'ajouter une commission de performance, en 2011, à la date d'échéance des placements. Selon les calculs de responsables financiers de l'intercommunale, entendus par la justice, c'est plus cher qu'avec Dexia. Et le bénéfice est loin d'être acquis. Etant donné la chute des cours boursiers, le panier d'actions « Alti+ » s'est planté en 2001 et en 2002. Une note confidentielle d'Ethias indiquait même, en juillet 2002, qu'il y avait 60 % de risques de ne récupérer à terme que le capital investi (sans un euro d'intérêt, donc !). Alti+ s'est redressé depuis. Mais ne demandez pas l'ampleur du manque à gagner des années de galère : cela n'a jamais été communiqué aux administrateurs de l'intercommunale, pourtant demandeurs.

Philippe Engels
23 novembre 2006

Van Cau L'interminable chute

Il y a un an, Jean-Claude Van Cauwenberghe s'était trompé de démission. Le chef de Charleroi avait largué les amarres à la Région wallonne... et renforcé son contrôle sur le nid de vipères carolo. Aujourd'hui, « son » système d'occupation du pouvoir craque de toutes parts. Dans « sa » ville, le capitaine Van Cau reste seul maître à bord du Titanic. Des échevins et un bourgmestre sans carrure sont tombés à l'eau. Des affairistes semblent désormais dans le collimateur. Ceux-là « gèrent » la ville avec Van Cau, le patron. Qui n'assume pas les dérives. Combien de temps tiendra-t-il ? Pourquoi Elio Di Rupo refuse-t-il de le lâcher ? Qui veut le faire chuter ?
Jean-Claude Van Cauwenberghe toujours sous pression: parce qu'il reste aux affaires, à Cherleroi.
IsopixPartez, Monsieur Van Cauwenberghe ! Le bruit enfle. Depuis des semaines, des mois, une éternité. Et l'homme fort de Charleroi est le seul à ne pas entendre. Il reste sourd aux incantations. Ses lieutenants ont chuté lourdement. Lui, il s'accroche, il s'incruste. Pis que ça : « Van Cau » fonce tout droit dans le brouillard, avec une armée d'enquêteurs frappant son entourage et s'approchant dangereusement. Il s'appuie sur une légitimité populaire qui tient de la manipulation. « On m'a élu, je reste. » Van Cau dit : « J'ai quitté la ville il y a onze ans. Je n'ai rien à me reprocher. » Est-il victime du syndrome Van Gompel, du nom du maïeur démissionnaire car emprisonné ? Depuis un an, Jacques Van Gompel jurait qu'il avait les mains propres. A force, il devait y croire. Mais les éléments à charge du bourgmestre semblent aujourd'hui accablants. L'inculpation : faux en écriture, détournement, marchés publics tronqués. « Depuis dix ans au moins », selon le procureur du roi Christian De Valkeneer. De tout ça, du passé, Van Cau n'en a cure. Il se projette encore dans l'avenir. Il estime avoir payé, déjà. Il tient les clés de la citadelle assiégée. Et cela doit rassurer les favoris du prince qui ne sont pas encore tombés de leur piédestal. Provocateur et revanchard, Van Cau défie la justice mais aussi Elio Di Rupo, le président du PS. Il parie sur une issue judiciaire à la Guy Mathot : plusieurs fois éclaboussé, mais jamais mouillé. C'est oublier que, jamais, Mathot n'avait été cerné à ce point. Van Cau veut garder (tout) le contrôle du PS carolo. Sans égard pour les millions de Belges qui assistent en direct à son agonie politique, aussi lente que pathétique. Du jamais-vu.
Voici pourquoi la stratégie de Van Cau semble intenable. Dans la première ville wallonne, il y a bien un « système socialiste » dont la justice organise le démantèlement avec méthode. Jean-Claude Van Cauwenberghe l'a mis en place au début des années 1980. Ses principales caractéristiques :
1. Le parti dominant occupe tous les leviers de pouvoir. Il répartit en son sein les postes influents. 2. Les contre-pouvoirs normaux ne fonctionnent plus. L'opposition est écrasée, timorée, anesthésiée ; la presse locale est de connivence. Leur récent réveil n'en est que plus spectaculaire. 3. Le cumul des mandats empêche le contrôle de tutelle. Van Cau, le patron de Charleroi, était en même temps le ministre-président de la Région wallonne. Contrôleur et contrôlé. 4. La notion de conflit d'intérêts est totalement niée. Cette confusion des rôles semble quasi culturelle. 5. Politisée à outrance, l'administration n'a plus l'indépendance nécessaire pour résister aux pressions du pouvoir politique. Elle exécute les basses £uvres.
Telles sont les constantes du système. Van Cau n'a rien inventé. Tout au plus Charleroi est-elle la caricature d'un genre assez répandu, là où sévissent de vieilles majorités absolues. La spécificité du « modèle » carolo est ailleurs. Tout amalgame avec d'autres situations ressemblantes serait d'ailleurs injurieux pour le PS. Car, sur les bords de la Sambre, l'occupation malsaine du pouvoir se double de pratiques illégales à différents niveaux. D'une part, les infractions commises par des gagne-petit, des fonctionnaires sans envergure ou des mandataires politiques venus du bas de l'échelle. D'autre part, les grandes man£uvres orchestrées dans des sphères plus élevées, là où des initiés ébauchent - avec Van Cau - l'avenir économique et social de la Métropole. « Un système de privilèges par paliers », comme l'a déclaré le journaliste Jean Guy avant sa mort, il y a quelques semaines. Héraut d'une presse de gauche engagée, rayée de la carte, ce Carolo désabusé connaissait bien la maison.
Le premier niveau est tombéClaude Despiegeleer, 60 ans, incarne parfaitement la catégorie des gagne-petit. Cet ancien cheminot est « monté» grâce à Van Cau, son mentor. Comme d'autres échevins poussés par le chef, soucieux de se ménager une main-d'oeuvre conciliante et dévouée, « Despi » n'était pas formé pour gérer une société de logements sociaux. Il ne lui a pas fallu longtemps pour se perdre dans les circuits financiers qu'« on » lui a suggérés pour doper le sport à Charleroi et plaire ainsi à Van Cau. Il a tripoté les comptes. Il a participé au racket de sponsors. Il s'est autorisé un train de vie exagéré. Parce qu' « on avait toujours fait comme ça », pour reprendre son expression désormais célèbre. Le « on », c'était Richard Carlier, patron du PS carolo condamné pour corruption, ou Jean-Claude Van Cauwenberghe, son héritier. Ce dernier a-t-il couvert Despiegeleer ? Connaissait-il ses petits écarts de conduite ? Pas sûr... Despi a gonflé telle la grenouille qui se prend pour un b£uf. Pour £uvrer à l'abri des regards, il pratiquait l'art de l'intimidation, comme les grands. D'autres échevins et même Van Gompel peuvent en témoigner : « Jean-Claude a dit que... », « Si tu n'es pas d'accord, je téléphone à Jean-Claude », disait-il souvent. Tous ceux-là se sont-ils enrichis ? Cela ne saute pas aux yeux. Ils rêvaient d'exister aux yeux du chef, d'être à la hauteur. Ils ont tout au plus fleuri leur pré carré. Sans vergogne.
Jean-Claude Van Cauwenberghe a décidé d'assumer ça, il y a un an. « En tant que leader socialiste carolo, je ressens une responsabilité morale et politique quand des proches de toujours, des compagnons de combat, ont commis des erreurs aussi lourdes qu'injustifiables », déclarait-il le 5 octobre 2005, face à une assemblée socialiste déboussolée, pour justifier sa démission de la présidence du gouvernement wallon. Un geste courageux, aussitôt prolongé par un réflexe contradictoire : reprendre le collier là où il avait été éclaboussé. Dans son cher fief carolo ! Et après ? Pourquoi reste-il de marbre, aujourd'hui, au moment où la justice s'autorise des incursions de plus en plus précises dans les hautes sphères où Despiegeleer et les échevins un peu frustes n'étaient même pas conviés ? Au moment où la juge d'instruction France Baeckeland, gentiment qualifiée de « psychorigide », met son nez dans son jardin à lui, le grand sachem rouge.
Les favoris du pouvoirDe quoi s'agit-il ? Depuis son accession au maïorat, en 1983, Van Cau a toujours gardé la passion des grands chantiers. Floraison de centres commerciaux en périphérie de la ville, lancement d'un aéroport performant, création du brillant aéropôle de Gosselies, grands travaux d'aménagement urbain, fusion d'hôpitaux publics, etc. Le patron du PS local y a imposé sa griffe. Quoi de plus normal, a priori, après la remise à flot des finances communales, engagée sans hésitation dès son arrivée. Mais, pour développer Charleroi, Van Cau n'a pas lésiné sur les moyens. Il a placé une armada d'hommes à lui à tous les postes stratégiques. Cette fois, pas de seconds couteaux. Ceux-là sont ingénieurs, économistes ou juristes de haut niveau. Tous ou presque sont de la génération Van Cau. Petit à petit, le « réseau » a tout contrôlé. A commencer par les grandes intercommunales (sauf l'ICDI dirigée par Lucien Cariat) qui, à l'image de la puissante Igretec, font la pluie et le beau temps au pays de Charleroi. Besoin d'un terrain pour investir ? Igretec est là. Et, si nécessaire, des curateurs triés sur le volet peuvent débusquer la bonne affaire après faillite. Besoin d'un permis de bâtir ? Van Cau peut « bousculer l'administration », comme il l'a fait pour son ami Robert Wagner. Toute l'administration : communale, provinciale, régionale. Partout, le leader carolo a tissé sa toile d'araignée, dont le Liégeois André Cools, lui aussi boulimique, était envieux. Besoin d'un audit ? Van Cauwenberghe téléphone au réviseur d'entreprises Daniel Lebrun, un membre de sa garde rapprochée, souvent choisi pour contrôler les institutions publiques (la Régie communale autonome ou les comptes de la ville, par exemple). Sinon, la Comase de Jean-Luc Henry (encore un fidèle) fait l'affaire. Par exemple, s'il faut une « étude indépendante » pour établir un diagnostic à propos de l'intercommunale de déchets ICDI (tiens, tiens, attirée aujourd'hui dans les griffes d'Igretec). Besoin d'un notaire ? Appelons Hubert Michel. D'un architecte, d'un décorateur, d'une entreprise de construction, d'un promoteur immobilier, d'un fournisseur de photocopieuses, etc. ? Toujours les mêmes. On touille dans les mêmes eaux, comme dit un enquêteur. Les favoris du pouvoir.
Au coeur du dispositif, Jean-Claude Van Cauwenberghe est indispensable. Il détient toute l'information. Les relais de Van Cau sont là pour ça. A l'image de Jean-Pol Avaux, sa courroie de transmission, épinglé par les écologistes avant même les affaires (l'homme jouissait d'un salaire mirobolant au sein d'une ASBL censée aider les drogués). Entre gens avertis, on s'entraide. On se retrouve au sein de la même loge maçonnique.
Le 22 juin 2006, Van Cau est réélu à la tête de la section socialiste de Charleroi. Ils tiennent encore le coup, Jacques Van Gompel et lui, un brin pathétiques.
BelgaLes procédures légales ont-elles toujours été respectées, notamment celles relatives aux marchés publics, si contestés à Charleroi ? La justice poursuit son travail. De premiers indices épars sont tombés au printemps dernier. L'homme d'affaires Robert Wagner et un fonctionnaire wallon habitant la région de Charleroi ont été inculpés pour corruption. L'ancien député permanent Jean-Pierre De Clercq a été inculpé pour des curatelles douteuses. Le réviseur Daniel Lebrun pourrait être amené prochainement à s'expliquer sur ses diverses activités. Tous trois font partie du premier cercle d'intimes de Jean-Claude Van Cauwenberghe. Ce dernier aurait-il bénéficié d'avantages matériels en échange de services offerts ? Van Cau en personne a réveillé de vieilles rumeurs après sa démission. « On raconte même que j'aurais fêté avec des amis mon troisième milliard de francs ! » déclarait-il le 21 janvier 2006 dans les colonnes du Soir . A ce jour, il existe au moins un élément troublant : un acte notarié relatif à l'achat d'une maison dans le sud de la France, en janvier 1993. Auprès d'un membre du groupe Wagner, Van Cauwenberghe avait obtenu le principe d'un paiement différé « sans intérêts ». C'est écrit noir sur blanc ( lire Le Vif/L'Express du 23 décembre 2005 ). Une faveur ? Van Cau dit avoir payé les intérêts. Il affirme que c'était stipulé dans une convention sous seing privé... prévoyant le contraire de ce qui avait été convenu devant notaire. Pourquoi deux vérités ? Heureusement pour Van Cau, les faits sont trop anciens pour intéresser la justice.
La perversité du systèmeUne machine d'occupation du pouvoir qui s'effondre sous les coups de boutoir de la justice. Un groupe d'affairistes dans le viseur des enquêteurs. Van Cau apparaît en filigrane dans de nombreux dossiers judiciaires. Il était bien là. Dans « sa » ville. Il en est resté le bourgmestre empêché jusqu'en 2000. Après, il a continué à tirer les ficelles. Si le « système » démonté est à ce point vicié, il paraît logique que celui qui l'incarne endosse la responsabilité politique du naufrage. Le seul geste significatif consisterait donc à renoncer à la présidence de l'Union socialiste communale (USC) de Charleroi. Ce serait l'amorce d'un désengagement progressif des affaires. Elio Di Rupo n'ose pas y contraindre son encombrant camarade socialiste. Van Cau, lui, se cabre face à toute pression extérieure. Il en joue. Il sait qu'au PS le pouvoir part de la base, de la commune. C'est l'ancrage local qui fait la force de ce parti de masse. Le « chef » exploitera le filon jusqu'au bout, arguant d'un score éclatant lors de sa réélection à la tête de l'USC carolo, en juin dernier - 82 % de votes favorables, mais seulement 20 % des membres avaient voté. Ainsi va la perversité du système, à Charleroi. L'électeur socialiste désigne ses mandataires. Les mandataires choisissent la « nébuleuse », un système complètement fermé de l'intérieur, où on s'arrange entre amis. Et cette nébuleuse voue un culte de reconnaissance sans bornes au patron, ainsi inamovible. Pour combien de temps encore ?
Retrouvez l'intégralité de ce dossier dans la version papier.
Phillipe Engels et Isabelle Philippon
9 novembre 2006

27 octobre 2006

Un pas de côté et un poing dans la gueule …

Le parquet ayant levé les conditions de sa remise en liberté, Lucien Cariat, inculpé dans le cadre de l'instruction sur la gestion de l'intercommunale ICDI, a repris ses fonctions de président du Centre social de délassementde Marcinelle et de Pro Cultura.
Visiblement, il a retrouvé tout son punch.

Lucien Cariat réclame au ministre wallon Courard 1 million d'euros

« à titre de dommage moral, la santé de M. Cariat ayant été ébranlée, et de
dommage matériel »,

précise le texte de la citation.
Il faut remonter au 30 août dernier au parlement wallon où se déroule une commission spéciale sur le thème des affaires. A l'ordre du jour : la Carolo et la crise dans le secteur du logement social, mais aussi et surtout, la gestion de l'ICDI par Lucien Cariat.
A cette occasion, Courard est amené à apporter des réponses basées sur le prérapport de l'équipe d'audit travaillant sur l'ICDI.
C'est cette intervention au vitriole, que lui reproche aujourd'hui Cariat. La citation reprend d'ailleurs les propos tenus par le ministre :

« la gestion de l'ICDI a été catastrophique » ; « Il s'agit du système Cariat
consistant en un enrichissement personnel. »

Ce n'est pas le seul susceptible du jour.

Mis ouvertement en cause (interview du futur bourgmestre Léon Casaert, parue jeudi dans "La Nouvelle Gazette") par le futur bourgmestre, Léon Casaert

"mettant ouvertement en cause la compétence, la probité et l'efficacité"
des membres de l'équipe de Jacques Van Gompel., les neuf membres du cabinet du bourgmestre démissionnaire de Charleroi Jacques Van Gompel ont envoyé ce jeudi un courrier au bourgmestre ff Jean-Pol Demacq pour lui annoncer leur démission collective.

23 octobre 2006

Les Van Cauwenberghe - Toi aussi, mon fils !

MAJ 10/11/2006


Histoire de piston dans la série: "toi aussi, mon fils"


Information ouverte à charge de Jacques Etienne.
NAMUR Jacques Etienne, le futur bourgmestre CDH de Namur est abasourdi. C'est par presse interposée qu'il apprend qu'une information judiciaire est ouverte à son encontre. Déjà en juin dernier, des bonnes âmes socialistes s'étaient inquiétées de l'attribution d'un appartement social du Foyer Namurois au fils de Jacques Etienne, lequel préside cette société de logement. Jacques Etienne a déjà maintes fois répondu sur tous les canaux médiatiques : "tout a été fait légalement sous le contrôle du commissaire du gouvernement. Et au comité d'attribution qui a statué, je n'étais pas présent. Bref, ces critiques étaient clairement le fruit d'une intention malveillante du PS."
Aujourd'hui, un autre lièvre est soulevé : le fait que le fils même de Jacques Etienne travaille au Port autonome où son père est administrateur... et que préside le bourgmestre sortant PS Bernard Anselme ! Ce qui chipote ?

"Mon fils est entré au Met via un test de sélection en 1998 et a été affecté
au service des routes. Mais connaissant ses difficultés personnelles, son
directeur a pris contact avec Pierre Sion (directeur du Port autonome étiqueté
CDH) pour que ce dernier le prenne sous sa houlette. Moi j'ai dit oui. J'ai
réagi comme tout papa qui essaie que son fils aille le mieux possible. Et
effectivement cela lui a fait du bien J'ai l'âme en paix : ce transfert de mon
fils procède d'une gestion des ressources humaines."

Là où ça pourrait toutefois achopper, admet Jacques Etienne, c'est que ce transfert s'est fait de directeur à directeur, sans arrêté de détachement ministériel. Toute la question est de savoir : est-ce qu'un contractuel pouvait être détaché. Des recherches sont en cours. "Mais de toute façon, je ne vois vraiment pas en quoi il y aurait là une infraction pénale. L'affaire devient grotesque". Le futur maïeur n'est pas dupe : "certaines personnes malveillantes me cherchent noise par tous les moyens."
Anne-France Somers
© La Dernière Heure 2006





Le décret Courard risque d'avoir comme effet de bord, de mettre à terme en place à Charleroi un "parvenu", tel que décrié par Elio (en l'espèce, une variété du type "fils de"), … fils de celui-même à qui il suggérait de "faire un pas de côté" il y a peu de temps et donc de lui permettre de faire un pas en arrière pour trois, en avant!

Vous l'aurez remarqué, l'homme omniprésent dans les média, c'est Jean-Claude Van Cauwenberghe. Celui qui monte et qui ne vient de nulle part d'autre que du ventre de sa mère et de l'ombre de son père: Philippe Van Cau.

La seule grande ombre au tableau, c'est de savoir si JCVC fait partie des prochains partenaires inscrits sur le carnet de bal de la juge carolorégienne.
Pour compléter l'info, voici un extrait de
"JPJA : Philippe Moureaux, on peut en déduire ce matin que vous demanderiez à l'ensemble des anciens échevins et bourgmestres de s'effacer ?

Je ne dis pas à l'ensemble. Encore une fois je vous ai dit : je n'aime pas
les responsabilités collectives, mais je dis qu'il faut injecter dans ce
Collège, c'est ma conviction, maintenant les amis de Charleroi en décideront
normalement. Il faut injecter, je crois, des gens nouveaux… mais aussi des gens
qui ont des épaules. Il ne faut pas amener un petit jeune là au milieu qui
arrive très sympathiquement mais qui ne connaît pas la manière dont fonctionne
certaines choses.

JPJA : Qui voyez-vous comme Bourgmestre à venir à Charleroi ? Parce que la Loi Courard impose un certain nombre de choses. Si on ne prend plus des échevins sortants pour une raison ou l'autre, alors on arrive au premier élu non-représenté auparavant qui est le fils Van Cauwenberghe.

Je ne vais pas me prononcer sur le Bourgmestre. Il y a une loi que je ne crois
pas parfaite qui a été votée, enfin un Décret. Il faut maintenant vivre avec. Ça
ne sera pas facile et moi vous savez, ce que je trouve et qui aurait été la
meilleure chose pour Charleroi, c'est ce que le SP a fait à Anvers.
(...)


JPJA : (...) mais on ne voit pas Di Rupo sauter sur Charleroi…

Non, je dis une forte personnalité. Maintenant cette voie pour le moment est
fermée, donc je préfèrerais que l'on travaille sur ce que j'ai appelé un Collège
Comité de salut public. Si vous voulez une expression plus forte, une expression
de la Révolution Française, quand la nation était en péril, on a mis en place un
Comité de salut public. Je crois que la nation carolo est en péril et qu'il
faudrait un Comité de salut public.

JPJA : Alors, que va faire le PS ? Se réunir bientôt ? On n'annonce pas de bureau directeur du PS ?

Il n'y a pas de bureau immédiatement. Je pense qu'il doit y avoir un dialogue
entre le Président du Parti et les responsables locaux et bien entendu, le PS
maintenant, le cas échéant, si les choses tournaient mal, a dans ses statuts une
possibilité d'intervention.


JPJA : Alors, la mise sous tutelle de la
Fédération socialiste locale?
Oui, mais on n'en est pas là. Pour le moment
je pense…


JPJA : Vous n'en êtes pas là ? Vous n'avez pas le sentiment que vraiment cette fois-ci à Charleroi on a touché le fond ?…

On a touché le fond, mais si les Carolos peuvent eux-même donner la poussée qui
les fait remonter, c'est beaucoup mieux que de le faire de l'extérieur.
Maintenant si ça se révèle impossible, l'instrument est là et en ce qui me
concerne je pense que quand on a mis au point de nouveaux statuts, c'est pas
simplement pour les afficher, c'est le cas échéant si on voit vraiment qu'il y a
un blocage dans les choses, je crois qu'il faudra alors recourir à ce moyen.


JPJA : Est-ce que vous êtes d'accord avec les propos de celui que vous qualifiez de capitaine à Charleroi qui disait ce week-end que la justice n'avait pas compris le message des électeurs, que la procédure pénale semblait différente à Namur, de Charleroi ?
Je vous ai dit sur la mise en détention je comprends ces propos. Par contre je
crois que c'est une faute que d'avoir dit que quand on a beaucoup d'électeurs on
ne peut pas… enfin, la justice doit vous traiter de façon différente. On peut
comprendre que quand on occupe des fonctions pour lesquelles c'est vraiment
symboliquement très fort d'avoir des inculpations, qu'on ne peut pas les faire à
la légère, ou des arrestations. Mais d'un autre côté, l'égalité entre les
citoyens est tout de même la première des conditions. Nous, Socialistes, nous
insistons souvent pour dire que les gens riches ont déjà de gros avantages, ils
se paient des gros cabinets d'avocats. C'est pas nous qui pouvons demander à la
justice de traiter autrement Monsieur tout le monde et Monsieur qui a fait….ou
Madame qui a fait beaucoup de voix de préférence. Donc, c'est une erreur de la
part de Jean-Claude d'avoir dit cela.
JPJA : Pour l'image du Parti Socialiste c'est évidemment très mauvais. On le verra tout à l'heure dans la revue de presse avec Didier Delafontaine."