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23 octobre 2008

Comment le PS tient la force atomique

Les experts planchent sur le futur mix énergétique belge. Le PS est prêt à prolonger les centrales. Sur base d'avis scientifiques. Et sans se laisser intimider par Ecolo.
Joëlle Milquet et le CDH ont pris position, samedi, pour une prolongation de la durée de vie du parc belge de centrales nucléaires au-delà de 2015. Avec ce virage clair, les humanistes se sont rangés aux côtés de l'Open VLD et du CD&V - deux partis qui plaident pour le maintien des centrales belges. Le MR, même s'il n'est pas (encore) ouvertement revenu sur la loi de sortie du nucléaire, devrait se rallier in fine à ces trois partis. Et le PS ?
Le parti socialiste est aujourd'hui le seul des cinq membres de l'équipe Leterme à entretenir le suspense sur sa position. Or, le PS détient les clés du ministère de l'Energie. Et Paul Magnette refuse de se laisser pousser dans le dos par ses collègues de gouvernement pour des "raisons électoralistes". Conformément à l'accord de gouvernement de mars 2008, une commission a été mise en place par le ministre de l'Energie et doit plancher sur le mix énergétique le mieux adapté à la Belgique. La commission devra remettre ses conclusions "courant 2009" pour permettre, ensuite, au gouvernement de poser un choix. Cette commission ne remettra pas un seul scénario : elle formulera plusieurs hypothèses de combinaison énergétique.
Il est cependant hautement improbable que ce choix soit posé avant les élections de juin 2009. Formulé platement : "on ne sera pas dans les temps , assure, sous couvert d'anonymat, un observateur du dossier. Et si c'est pour arriver trois semaines avant les élections avec ce dossier, autant reporter sereinement la prise de décision" .
La commission est composée d'experts belges et internationaux. Rayon belge, se retrouvent des représentants de la Creg, du SPF Economie, de la DG Energie, du Bureau du Plan ainsi que de la Banque nationale. Au niveau des techniciens internationaux, chacun des membres retenus fait autorité dans le domaine énergétique : l'économiste français Jacques Percebois côtoie un expert italien, un Anglais et un Allemand. Les experts disposent à présent de l'ensemble des documents nécessaires pour entamer leurs travaux, et leur première réunion est formellement prévue courant du mois de novembre.
"Pas d'idéologie préconçue"
Le ministère de l'Energie est déterminé à faire respecter à la lettre l'application de l'accord de gouvernement : il n'y aura pas, y assure-t-on, d'anticipation de la prise de décision pour des raisons politiques. "Les choix politiques doivent être objectivés par des avis techniques", martèle-t-on au ministère de l'Energie.
Reste que la décision de fond - si le calendrier reste à déterminer - ne fait guère de doute : le parc nucléaire belge devrait bien voir sa durée de vie prolongée. Le ministre de l'Energie himself est dit partisan d'une transition énergétique organisée. Mais "nous n'avons pas d'idéologie préconçue sur la question nucléaire, expose un responsable socialiste. Nous n'avons pas de doctrine. Le CDH est pour le nucléaire, Ecolo est contre. Nous avançons en fonction des études scientifiques, en particulier sur la gestion des déchets radioactifs". Un autre : "Nous n'avons certainement pas peur des Ecolos. Ils ne nous dicteront aucun agenda. Suez et Electrabel non plus, d'ailleurs." Un troisième responsable dit : "Il n'y a pas trente solutions pour proposer une énergie bon marché aux citoyens. L'énergie nucléaire doit être utilisée."
"Ecolo est populiste"
Depuis l'opposition, les verts font feu sur les partisans de l'atome. "Ecolo, relève-t-on au parti socialiste, est devenu un parti populiste. Ils font tout ce qu'ils peuvent pour pomper les électeurs du PS." Si le parti socialiste déverrouille effectivement le parc des centrales nucléaires belges, il entend le faire sans se laisser mettre dans les cordes par les verts. C'est que la bataille sur la gauche et le centre de l'échiquier politique s'annonce sanglante dans la perspective des Régionales de 2009 entre PS, Ecolo et CDH. "On ne va certainement pas sombrer dans le populisme, conclut un cadre rouge. D'ailleurs, si c'était le cas, nous aurions déjà donné le feu vert à la poursuite du nucléaire : l'atome a le vent en poupe pour le moment."

28 août 2008

Incident nucléaire à l'IRE: l'alerte trop tardive

L'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) charge l'Institut des radioéléments (IRE) de Fleurus pour le délai qui s'est écoulé entre l'incident nucléaire, qui s'est déclaré le week-end dernier, et l'alerte lancée auprès de l'Agence. "Il leur a fallu près de deux jours pour nous avertir", remarque Willy De Roovere, directeur de l'AFCN, cité jeudi dans le quotidien Le Soir."C'est un problème de culture de sécurité, qui fait défaut depuis longtemps à Fleurus", explique encore M. De Roovere. Selon l'AFCN, le seuil d'alarme avait déjà été franchi dimanche matin. "Les courbes des graphiques montrent une augmentation progressive de la radioactivité depuis samedi au niveau de la balise de la cheminée de l'IRE", note le directeur de l'AFCN.Le ministre du Climat et de l'Energie Paul Magnette avait indiqué que l'IRE avait averti l'AFCN "aussitôt" l'incident détecté. L'AFCN est alors descendue à Fleurus dès mardi matin.

16 juin 2008

Printemps de l'environnement: pas convainquant

"Nous attendons du gouvernement une attitude d'arbitrage réel", relèvent les associations, soulignant que la démarche doit être guidée par l'urgence environnementale, et non le consensus absolu.
Les principales ONG environnementales engagées dans le Printemps de l'environnement ont dressé lundi un bilan mitigé de cette initiative du ministre du Climat Paul Magnette, dont la première phase a été close jeudi dernier. S'ils se félicitent de la dynamique générée par ce processus participatif d'envergure nationale, les environnementalistes déplorent "le manque d'ambition des mesures consensuelles" qui en sont issues.
Ces mesures sont insuffisantes pour affronter efficacement l'urgence écologique, jugent les fédérations Inter-Environnement Wallonie et Bruxelles, Bond Beter Leefmilieu, Brusselse Raad voor het Leefmilieu, Greenpeace, le WWF, Natagora et Natuurpunt.
Les ONG demandent donc au ministre Paul Magnette (PS) d'entériner les mesures faisant l'objet d'un consensus, mais surtout "d'assumer pleinement sa responsabilité en procédant à des arbitrages courageux" sur les points de divergences.
Parmi les mesures consensuelles, les associations ont relevé la nécessité de développer l'éolien "offshore" (en mer) et d'apporter un cadre réglementaire stable pour attirer et rassurer les investisseurs. L'alignement des accises sur le diesel avec celles sur l'essence semble aussi réunir les acteurs.
En revanche, des propositions des associations en faveur d'un observatoire de la publicité et d'un code de la publicité écologique assorti de sanctions, d'une révision du statut fiscal lié aux voitures de société, ou encore de la remise en question de l'objectif de 10 pc d'agrocarburants proposé par l'Union européenne, n'ont pas pu aboutir à un consensus.
C'est le cas également de la mise en place d'une évaluation des risques socio-économiques des OGM, d'une réglementation "plus responsable" de la publicité et de la vente de biocides et pesticides aux particuliers, ou encore de la mise en place d'une "véritable" fiscalité verte. "Nous attendons du gouvernement une attitude d'arbitrage réel", relèvent les associations, soulignant que la démarche doit être guidée par l'urgence environnementale, et non le consensus absolu.
La Feb craint les mesures populistes
A l'issue de la première phase du Printemps de l'environnement, la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) a demandé au gouvernement qu'il ne cède pas à la tentation de prendre des mesures populistes au détriment des entreprises, a indiqué lundi son président Rudi Thomaes. La FEB déplore que le ministre du Climat, Paul Magnette, initiateur du Printemps de l'environnement, "ait écarté le débat sur l'option de l'énergie nucléaire".
"Des objectifs chiffrés sont avancés pour la biomasse et d'autres formes d'énergie durable sans qu'on sache si l'approvisionnement énergétique global sera assuré", observe Isabelle Callens, directrice du département économique de la FEB. En matière de mobilité, la FEB préconise une approche globale et cohérente, "pour autant que soit respectée l'autonomie de la concertation sociale". "Nous nous réjouissons d'ailleurs du professionnalisme et du dynamisme mis en oeuvre pour promouvoir les modes de transport alternatifs et durables dans le transport de marchandises", relève Mme Callens.
Concernant la production durable, la FEB souligne les efforts déjà consentis en jouant la carte de l'éco-innovation. "Les autorités peuvent elles aussi soutenir les exportations de technologies vertes belges grâce à des incitants ciblés", suggère la FEB.
"Les pouvoirs publics peuvent également soutenir la consommation durable, via la promotion des achats et des marchés publics durables. Plusieurs secteurs, dont l'industrie alimentaire et la distribution, sont d'ailleurs prêts à y collaborer. Il faut toutefois s'assurer que les propositions bien intentionnées, comme le lancement de multiples écolabels, contribuent effectivement dans la pratique à accroître la prise de conscience écologique", soutient Isabelle Callens.
Les contributions des différents groupes de travail ont été transmises au gouvernement afin qu'il puisse prendre des décisions politiques. "Nous insistons auprès du gouvernement pour qu'il soit attentif à nos préoccupations et qu'il ne cède pas à la tentation de prendre des mesures populistes au détriment des entreprises", conclut Rudi Thomaes.

Un "Printemps" encore trop tiède

Les environnementalistes interpellent le ministre du Climat, Paul Magnette. Les mesures consensuelles sont insuffisantes : il faut "des choix clairs et forts".
Ecoutez J-Y Salliez, secrétaire fédéral de la Fédération Inter-Environnement Wallonie sur Ciel
S'il caracole dans le baromètre de "La Libre", le ministre de l'Energie et du Climat, Paul Magnette (PS), est attendu au tournant par le mouvement environnemental.
A mi-chemin du "Printemps de l'environnement", un processus participatif initié par le ministre Magnette, les fédérations Inter-Environnement Wallonie, Inter-Environnement Bruxelles, Bond beter leefmilieu, Greenpeace, le WWF, Natagora et Natuurpunt ont présenté lundi leur évaluation. La première phase du "Printemps" s'est terminée le 12 juin, au terme d'un mois de négociations entre les diverses parties prenantes (fédérations patronales, syndicales et environnementales, milieu académique, représentants de l'administration...).
La balle est maintenant dans le camp du politique, qui doit s'approprier le contenu de ce travail issu de 25 groupes articulés autour de quatre thématiques (modes de production et de consommation et biodiversité; énergie; mobilité; santé).
Le mouvement environnemental se réjouit qu'on ait ainsi lancé un processus inédit en matière d'environnement, soulignant la richesse des échanges comme l'implication des divers acteurs.
Mais les environnementalistes regrettent la faiblesse globale des résultats engrangés, très hétérogènes en fonction des groupes de travail et des ateliers concernés. Le travail du "Printemps" a permis de dégager un certain nombre de mesures consensuelles. Comme la nécessité de développer l'éolien offshore et d'apporter un cadre réglementaire stable pour attirer et rassurer les investisseurs. Ou l'alignement des accises sur le diesel avec celles sur l'essence.
Pas de demi-mesure
Pas de quoi crier victoire pour autant, dit le mouvement environnemental. Parce que des propositions majeures ont elles buté sur des désaccords importants. La liste est longue : la mise en place, sous l'autorité des pouvoirs publics, d'un observatoire de la publicité et d'un code de la publicité écologique et contraignant, assorti de sanctions claires; la révision du statut fiscal lié aux voitures de société; la remise en question de l'objectif de 10 pc d'agrocarburants proposé par l'Union européenne...
Si les environnementalistes déplorent le manque d'ambition des mesures consensuelles, "insuffisantes, de toute évidence, pour affronter l'urgence écologique", ils demandent au ministre Magnette de les entériner et, surtout, "d'assumer pleinement sa responsabilité en procédant à des arbitrages courageux" sur les autres points où il n'y a pas d'accord. "L'heure n'est plus à la demi-mesure et au ménagement des susceptibilités et intérêts sectoriels. La situation exige des choix clairs et forts", insiste le mouvement environnemental. "Le ministre Magnette a désormais toutes les cartes en mains. A lui de jouer !"

13 juin 2008

Une alliance nationale pour le climat?

Fin des consultations publiques
Après six semaines, le « Printemps de l'environnement » a clôturé jeudi des discussions marathons entre partenaires sociaux, organisations non gouvernementales et administrations régionales et fédérales. Vers une « alliance » nationale pour le climat ? Au politique de faire germer un patchwork salué et critiqué.

Rideau. Après six semaines de palabres, le « Printemps de l'environnement » a clôturé jeudi des discussions marathons entre partenaires sociaux, organisations non gouvernementales et administrations régionales et fédérales autour des mesures à adopter pour engager le pays sur une voie plus écologique. À charge des responsables politiques fédéraux et régionaux d'arbitrer d'ici le 2 juillet les dizaines de propositions assorties d'un « feu vert » dans les 29 rapports d'ateliers remis au ministre fédéral de l'Environnement, Paul Magnette (PS).
« Loi du silence » oblige, chacun y va de son commentaire sous le manteau : « Il n'y aura rien de révolutionnaire au terme d'un processus brouillon, commente cet environnementaliste. Les points d'accord sont mineurs par rapport à la hauteur des enjeux qui nécessitent une révision fiscale ou des mesures fortes pour limiter l'emprise automobile. »
Ce scepticisme n'est pas partagé par l'ensemble des acteurs, à commencer par les syndicats, qui discernent l'éclosion d'un renouveau du dialogue social : « Les ONG sont impatientes, note ce responsable syndical. Elles ne sont pas habituées à des processus de négociation parfois longs. Des portes sont ouvertes. Il y a unanimité pour dire que les gouvernements doivent mettre le paquet pour isoler les bâtiments du pays via des mécanismes novateurs et des prêts gratuits susceptibles de bénéficier aux revenus modestes. »
Cette volonté de voir naître une « alliance nationale pour le climat et l'emploi », à l'instar du modèle allemand, a été soutenue ce jeudi au terme de l'atelier énergie-climat : « On a fait un boulot titanesque, concède ce « moteur » des discussions. Bien sûr, il n'y aura pas d'accord sur le nucléaire ou sur les voitures de société au terme du Printemps. Mais il y a des dizaines de recommandations pour limiter les émissions de gaz à effet de serre comme la demande d'extension des parcs éoliens offshore. »
Même son de cloche chez ce haut responsable fédéral : « C'est la stratégie des dominos. On avance et chacun se sent lié. Le mérite du Printemps est d'avoir mis des gens qui ne se parlent jamais autour de la même table. On voit mal comment les gouvernements vont pouvoir tourner le dos à certaines mesures… »
Fidèle à la ligne imprimée à ce processus participatif… très opaque, Magnette veut dissiper les nuages qui bouchent encore l'horizon printanier : « La discrétion était importante pour permettre aux parties de s'exprimer librement sans pression des médias. Il ne faut pas placer les attentes là où elles n'étaient pas. Il n'a jamais été question de révolution, mais de mieux faire travailler les institutions en dégageant des mesures ambitieuses qui n'auraient jamais pu l'être sans ce processus. » Lesquelles ? Motus !
Le citoyen : acteur
Le vendredi 20 juin à 17 h 30, se tiendra aux Cours de justice de Mons, une conférence consacrée au développement durable et à la convention d'Aarhus. Principe de la convention : chacun a un intérêt personnel à la sauvegarde de l'environnement. Son pilier, la démocratie participative, pose trois droits fondamentaux envers le citoyen et surtout les associations : droit à l'information, droit de participer à la décision, droit d'accès à la justice. Réservations ce 13 juin : fax, 065/379.310. (Gi. M.)

27 mai 2008

Les 250 millions qui fâchent

PAUL MAGNETTE affirme que les électriciens ont accepté le versement des 250 millions. Electrabel tempère.

Electrabel devrait payer la plus grosse partie des 250 millions d’euros qui seront verser au budget fédéral.
Le principe du versement d’une contribution de 250 millions d’euros au budget de l’État par les producteurs d’énergie nucléaire est acquis, a annoncé lundi Paul Magnette, ministre de l’Energie. Le versement interviendra avant le contrôle budgétaire. Il avait déclaré que si le secteur refusait de verser ce montant de façon volontaire, il utiliserait la voie de la taxation. Il avait aussi expliqué qu’il n’y aurait aucune contrepartie. Ce qui, affirme-t-il, a été effectivement le cas.
Du côté d’Electrabel, le son de cloche est différent. Dans un communiqué de presse, l’électricien refuse de parler d’accord. Il évoque tout au plus des « principes » qui ont été « élaborés, visant à une contribution globale de 250 millions d’euros au budget de l’État ». « Ces principes doivent être précisés, souligne l’électricien. Leur confirmation et leur mise en œuvre pourraient intervenir prochainement, dans le cadre de la mise en œuvre de la politique gouvernementale concertée en matière d’énergie ». On peut en conclure que les 250 millions d’euros ne sont, pour Electrabel, qu’une partie de l’accord beaucoup plus global qui en cours de négociation et qui doit redéfinir le paysage énergétique belge (cession imminente de Distrigaz, évolution de l’actionnariat de Fluxys…). Pour Electrabel, il n’y aura visiblement d’accord sur rien tant qu’il n’y aura pas d’accord sur tout.
Pour le ministre Magnette, ce prélèvement de 250 millions est un juste retour pour l’amortissement accéléré des centrales nucléaires payé par le consommateur belge. Dans la notification budgétaire, ce lien avec le nucléaire n’apparaît pourtant nulle part, certains partenaires gouvernementaux s’y étant opposé. Il apparaît par contre implicitement puisque seuls les électriciens qui ont du nucléaire dans leur parc belge sont concernés par le versement de ces 250 millions, soit Electrabel et SPE – Luminus. La contribution devrait être répartie au pro rata du pourcentage de production (240 millions d’euros pour Electrabel et 10 millions pour SPE-Luminus).
Cette contribution qualifiée de « volontaire » sera-t-elle récurrente ? Et si oui, la somme restera-t-elle fixe chaque année ? Cela n’apparaît pas non plus clairement dans le texte de la notification budgétaire, où l’on se contente de dire que « le montant est fixé à 250 millions pour 2008 ». « Cette formulation indique que la contribution ne se limitera pas à 2008 mais que la somme pourra varier », estime Paul Magnette. Version à nouveau infirmée par Electrabel qui « précise qu’aucune disposition n’a été examinée pour les exercices budgétaires ultérieurs ».
Enfin, l’affectation des 250 millions n’a pas encore été décidée. Paul Magnette voudrait que cette somme finance des initiatives visant à réduire la consommation d’énergie et/ou à encourager les énergies renouvelables.

02 mai 2008

Le 1er mai d'Elio Di Rupo

Le 1er mai d'Elio Di Rupo: laissez la peur du rouge aux bêtes à corne!
Le parti socialiste fait du pouvoir d'achat des citoyens sa priorité de tous les instants et place la solidarité au centre de son action. Evoquant Mai 68, le président du PS, Elio Di Rupo, a lancé jeudi un appel à la jeunesse.

Source:info jp - 1 mai 2008
AUDIO• PS CHARLEROI• CSC
VIDEO• Le traditionnel meeting du PS du 1er mai • Le discours du président du PS lors du meeting à Charleroi • En direct de Charleroi avec J. Montay et E. Di Rupo • La FGTB tenait elle aussi son meeting en ce jour de fête du travail • Le discours du PS à Liège

Elio Di Rupo avait choisi Charleroi pour son discours du 1er mai confirmant une volonté de changement après des moments difficiles.
Le président du parti socialiste a prôné jeudi la nécessité d'un Etat régulateur, l'approfondissement du financement alternatif de la sécurité sociale, l'augmentation des revenus des plus faibles et de la classe moyenne, notamment via des crédits d'impôt, et un contrôle des prix.
Le 1er mai du parti s'est déroulé jeudi à Charleroi où le PS a connu des temps difficiles. La nouvelle équipe locale installée sur le podium, plusieurs anciens échevins ainsi que l'ex-député provincial Jean-Pierre Declercq et l'ancien homme fort de la ville Jean-Claude Van Cauwenberghe ont écouté les discours depuis la terrasse de la Maison des Huit heures devant laquelle étaient organisées les festivités.
Le ministre carolo Paul Magnette a souligné l'importance d'organiser ce 1er mai à Charleroi "après tous ces bruits et tous ces vacarmes".

Fête du travail : les politiques ont pris la parole
C’était aujourd’hui le 1er mai, synonyme de fête du travail mais aussi, comme chaque année, de discours politiques. Les militants réformateurs se sont réunis comme toujours à Jodoigne pour entendre Didier Reynders, Louis Michel et Sabine Laruelle. Les socialistes étaient, eux, omniprésents. Elio Di Rupo à Charleroi, Rudy Demotte à Tournai et Mouscron, tandis que les socialistes liégeois Jean-Claude Marcourt, Michel Daerden, Willy Demeyer et le président de la FGTB liégeoise Marc Goblet avaient comme de coutume investis le parc d'Avroy à Liège. Ecolo s'est quant à lui joint au syndicat FGTB pour une manifestation place Rouppe, à Bruxelles.

A Jodoigne, Reynders attaque le CD&V/N-VA
Le cartel doit savoir s'il veut vraiment une réforme de l'Etat. Il doit savoir qu'on ne peut être à la fois en conflit et en négociations. Tels ont été les commentaires du président du MR Didier Reynders ce jeudi en marge de la fête du 1er mai de son parti à Jodoigne.
> MR : Didier Reynders à Jodoigne : LE REPORTAGESi dans son discours, le président est resté très discret sur la crise politique actuelle, il a précisé en marge de la réunion que si un parti de la coalition optait pour le conflit, les francophones envisageront comment y réagir. Didier Reynders devrait encore réunir les présidents des partis francophones au cours du week-end. "Ce que je constate c'est que les francophones ont réaffirmé leur volonté de négocier et que la famille libérale a également réaffirmé cette volonté. Si le cartel opte pour le conflit, il doit savoir ce qu'il veut. Il doit notamment savoir s'il veut vraiment une réforme de l'Etat et réaliser qu'on ne peut être à la fois en conflit et en négociations", a commenté M. Reynders.
> MR : Didier Reynders à Jodoigne : LE DUPLEX

A Charleroi, Di Rupo met le pouvoir d’achat au centre de son combatM. Di Rupo avait choisi Charleroi pour son discours du 1er mai confirmant une volonté de changement après des moments difficiles. Le parti socialiste fait du pouvoir d'achat des citoyens sa priorité de tous les instants et place la solidarité au centre de son action. Evoquant Mai 68, le président du PS, Elio Di Rupo, a lancé un appel à la jeunesse.
> PS : Elio Di Rupo à Charleroi : LE REPORTAGELe président du parti socialiste a prôné la nécessité d'un Etat régulateur, l'approfondissement du financement alternatif de la sécurité sociale, l'augmentation des revenus des plus faibles et de la classe moyenne, notamment via des crédits d'impôt, et un contrôle des prix.
> PS : Elio Di Rupo à Charleroi : LE DUPLEX
Le 1er mai du parti s'est déroulé à Charleroi où le PS a connu des temps difficiles. La nouvelle équipe locale installée sur le podium, plusieurs anciens échevins ainsi que l'ex-député provincial Jean-Pierre Declercq et l'ancien homme fort de la ville Jean-Claude Van Cauwenberghe ont écouté les discours depuis la terrasse de la Maison des Huit heures devant laquelle étaient organisées les festivités. Le ministre carolo Paul Magnette a souligné l'importance d'organiser ce 1er mai à Charleroi "après tous ces bruits et tous ces vacarmes".A Tournai, Rudy Demotte tire à boulets rouges sur les patrons : LIRE L'ARTICLE
A Bruxelles, le PS parle précarité et prise d'otage de Bruxelles par l'institutionnel : LIRE L'ARTICLE
A Liège, le PS attaque le MR et parle institutionnel et Standard de Liège ! LIRE L'ARTICLE


Le coût de la vie, priorité socialiste
A l'occasion des festivités du 1er mai, le PS fait savoir que le pouvoir d'achat des citoyens est sa priorité de tous les instants et il place la solidarité au centre de son action. De son côté, comme à son habitude, le MR s'est rassemblé à Jodoigne. Didier Reynders, son président est resté très discret sur la crise politique actuelle.

Evoquant Mai 68, le président du PS, Elio Di Rupo, a lancé jeudi, devant quelques centaines de personnes, un appel à la jeunesse. M. Di Rupo avait choisi Charleroi pour son discours du 1er mai confirmant une volonté de changement dans la cité où le parti a connu des moments difficiles.
Le président du parti socialiste a prôné la nécessité d'un État régulateur, l'approfondissement du financement alternatif de la sécurité sociale, l'augmentation des revenus des plus faibles et de la classe moyenne, notamment via des crédits d'impôt, et un contrôle des prix.
Appelant à la mise sur pied de l'observatoire des prix, M. Di Rupo a indiqué que selon des études très sérieuses, « l'évolution des prix de certains produits ne peut être justifiée simplement par l'augmentation du prix des matières premières ». Selon lui, « certains prix sont manipulés, des intermédiaires en profitent pour augmenter abusivement leurs marges bénéficiaires ». Le président du PS est d'avis que « les pouvoirs publics doivent intervenir ».
Le 1er mai du parti socialiste s'est déroulé jeudi à Charleroi où le PS a connu des temps difficiles. La nouvelle équipe locale installée sur le podium, plusieurs anciens échevins ainsi que l'ex-député provincial Jean-Pierre Declercq et l'ancien homme fort de la ville Jean-Claude Van Cauwenberghe ont écouté les discours depuis la terrasse de la Maison des Huit heures devant laquelle étaient organisées les festivités.
Le ministre carolo Paul Magnette a souligné l'importance d'organiser ce 1er mai à Charleroi « après tous ces bruits et tous ces vacarmes ». Selon lui, fêter le 1er mai à Charleroi, discours et cortège à l'appui, ne fait que conforter l'idée de changement.
Le changement, le PS dit le souhaiter à Charleroi mais également pour tous les francophones qui connaissent des fins de mois difficiles. « Pour les socialistes, l'augmentation des salaires des travailleurs est une priorité. Il faut des crédits d'impôts pour les bas et les moyens revenus », a indiqué Elio Di Rupo, évoquant régulièrement la FGTB, au meeting de laquelle il a assisté à Charleroi.
« Il faut continuer à faire en sorte de baisser la pression fiscale sur ceux qui travaillent, les revenus des capitaux devant contribuer au financement du bien commun », a-t-il dit.
La FGTB et le PS connaissent des relations en dents de scie ces dernières années. La FGTB reproche notamment au gouvernement de vouloir inviter les partenaires sociaux à discuter d'une éventuelle dégressivité accélérée des allocations de chômage dans le temps. « Ce ne sont pas les allocations de chômage qu'il faut diminuer ou supprimer, ce sont les revenus du travail qui doivent être augmentés », a indiqué jeudi Elio Di Rupo.
Le président du PS n'a en revanche pas évoqué l'institutionnel jeudi.
« Je ne vous parlerai pas de BHV. Nous aurons hélas l'occasion d'en reparler longuement dans les prochains jours. Aujourd'hui, c'est la fête des travailleurs et les priorités sont ailleurs », a-t-il lancé.
« La vie trop chère »
À Liège, les socialistes ont placé le 1er mai sous le signe de la solidarité, de la crise institutionnelle mais également du sacre du Standard, grâce à Michel Daerden qui a reçu les ovations de la foule.
En ligne de mire des différents orateurs, le MR et plus particulièrement son leader, Didier Reynders, « l'homme qui parle à l'oreille des riches ». « J'en ai marre des schtroumpfs grincheux qui critiquent sans proposer, j'en ai marre des schtroumpfs grincheux qui se plaignent sans cesse, j'en ai marre des schtroumpfs grincheux qui détruisent pour détruire », a lancé le bourgmestre liégeois, Willy Demeyer, tandis que la nouvelle secrétaire d'Etat à la personne handicapée Julie Fernandez-Fernandez évoquait les « bassesses » du MR.
Plus largement, les orateurs ont dénoncé les inégalités engendrées par la politique du MR, y opposant la solidarité réclamée par le PS dans tous les domaines. « La crise financière est la démonstration par l'absurde des limites du capitalisme. La droite détourne les biens collectifs en socialisant les pertes après avoir, évidemment, privatisé les profits. J'ai entendu certaines voix de droite raconter n'importe quoi en matière d'imposition, de solidarité interpersonnelle et de transferts. Peut-être pensent-ils que plus c'est gros, plus ça passe et qu'un discours populiste est forcément un discours populaire », a remarqué le ministre wallon de l'Economie, Jean-Claude Marcourt.
Une meilleure qualité de vie pour tous a été évoquée par différents orateurs, dont le ministre wallon du Budget, Michel Daerden, qui a rappelé qu'en un an, l'essence a augmenté de 12 %, le pain de 13 %, les œufs de 25 %, le mazout de chauffage de 26 % et les spaghetti de 27 %. « C'en est trop », a-t-il remarqué, plaidant pour une augmentation du pouvoir d'achat via notamment l'augmentation des petits salaires et des pensions les plus basses, l'élargissement de la prime de rentrée scolaire et la réduction de la facture de gaz et d'électricité pour les plus revenus les plus bas.
La FGTB craint l'institutionnel
La FGTB wallonne a profité du 1er mai pour exposer ses craintes à l'égard du « deuxième paquet » de transfert de compétences dont la négociation devrait s'ouvrir sous peu. Il n'est pas question pour le syndicat socialiste d'en profiter pour démanteler la solidarité interpersonnelle. « Nous devons nous tenir prêts à réagir, avec force s'il le faut, à toute tentative de démantèlement de la solidarité entre les personnes, garantie par notre sécurité sociale », a dit la présidente de la FGTB wallonne, Anne Demelenne.
Le syndicat socialiste soutient des Régions fortes, maîtresses de leurs leviers économiques, mais pas des réformes institutionnelles qui seraient des instruments de régression sociale. Derrière de telles réformes, se cache « un projet libéral qui se sert du communautaire comme d'écran de fumée pour détricoter la sécurité sociale et en privatiser les bons morceaux », a dénoncé Mme Demelenne.
La FGTB wallonne a également rappelé ses revendications pour garantir le pouvoir d'achat des travailleurs : contrôle des prix, ramener à 6 % la TVA sur le mazout de chauffage, le gaz et l'électricité, et un crédit d'impôt social pour les bas et moyens revenus.
« Nous voulons une vraie réforme fiscale, pas une réforme à la Reynders qui, chaque fois qu'il donne un euro aux bas revenus en donne trois aux gros revenus et dix aux entreprises », a lancé la présidente.
Selon elle, ces mesures réclamées par la FGTB doivent représenter un plus de 10 % pour les travailleurs dans les deux ans à venir.
Le syndicat socialiste compte sur ses « alliés naturels » pour l'épauler, en particulier le PS. « Nous comptons sur le PS au sein du gouvernement pour faire de la résistance, en sachant qu'il n'est pas en position de force. Mais qu'il sache qu'un simple 'ça aurait été pire sans nous' ne nous suffira pas », a averti Mme Demelenne.

16 avril 2008

Michel : "Magnette joue cavalier seul"

Le ministre de la Coopération déplore le manque de collégialité autour du "Printemps" de Magnette.Le libéral appelle le Premier ministre Leterme à réagir.
Edito: Le coup du canari


Charles Michel déplore " le manque de coordination et de collégialité" au sein du gouvernement dans le lancement du "Printemps de l'Environnement" par Paul Magnette.
Le ministre de la Coopération au développement (MR) demande au Premier Yves Leterme d'inscrire ce point à l'ordre du jour du prochain Conseil des ministres.
Que reprochez-vous au "Printemps de l'Environnement" du socialiste Paul Magnette ?
Je le dis très sobrement car je ne veux pas m'embarquer dans une polémique stérile, et je dis cela après avoir fait part de mes griefs au ministre Magnette, mais la réponse aux questions environnementales et au changement climatique est éminemment internationale...
Vous êtes donc surpris de ne pas avoir été convié au lancement de cette initiative ?
D'une part, sur la forme, je suis déçu et surpris que Magnette ait joué cavalier seul. D'autre part, les démarches lancées semblent n'être qu'une répétition des démarches préalables en la matière. Ces dernières années, une dizaine de rapports ont touché les questions environnementales et du changement climatique : j'espère que le "Printemps" de Magnette ne sera pas la répétition de constats objectifs autour desquels tout le monde est d'accord. Les pays développés polluent le plus et les pays plus pauvres vont payer un lourd tribut aux changements climatiques que ce soit en Bolivie, au Niger ou encore au Mali. Le budget de la Coopération au développement est de 1,1 milliard d'euros et tous les projets passent un test préalable "climat". Les budgets coopération sont étroitement liés à la question de l'impact climatique. Je soutiens des projets liés au développement durable chaque semaine, simplement, je ne fais pas de conférence de presse pour le dire.
Il aurait fallu intégrer la dimension internationale au "Printemps de l'Environnement" ?
La matière environnementale est, par nature, transversale. Donc, le devoir de celui qui est en charge, c'est de coordonner et de consulter. Or, ici, il n'y a qu'un seul élément qui est absolument certain : c'est qu'il y a eu une conférence de presse au musée des Sciences naturelles. Moi, j'ai demandé, il y a quelques mois, au professeur Jean-Pascal Van Ypersele (également présent au lancement du "Printemps" de Paul Magnette, NdlR) de préparer une série de recommandations, il les remettra avant la fin de l'été. Mais j'associe l'administration de Paul Magnette, j'essaye de travailler main dans la main avec eux. Alors, j'en appelle à une plus grande collégialité dans ces dossiers-là, il y va de l'intérêt de tous de faire preuve de cohérence.
Concrètement, qu'allez-vous faire ?
J'ai appris par la presse les dates de réunion, je ne me vexe pas, mais je trouve cela très dommage. Concrètement, je compte demander au Premier ministre d'évoquer ce point au gouvernement cette semaine.
Et est-ce que vous appelez Magnette à revoir le programme de son projet ?
Quand je découvre dans la presse le programme qu'il envisage, c'est comme si la question du climat était une question strictement nationale belge, alors que des décisions internationales lient la Belgique sur cette matière. Il y a une absence de dimension internationale dans son approche et, plus largement, une absence de concertation. Ça risque de faire rire à l'étranger : on s'imagine que ce sont les Belges, seuls, qui vont régler la question du climat avec trois réunions sur la Mobilité, ou je ne sais quels autres thèmes. C'est illogique.
Donc, vous l'enterrez le "Printemps de l'Environnement" ?
Non : j'ai le sentiment que Magnette peut encore rectifier le tir. Mais pour un des points aussi importants que cela - inscrit comme tel dans la déclaration gouvernementale - il n'y a même pas eu une réunion intercabinets... Je suis très surpris. Ma démarche se veut positive : on peut encore faire en sorte que ce "Printemps" soit un succès, mais ça ne sera pas un succès si on n'est pas dans la collégialité...

15 avril 2008

Coup de froid sur le "printemps"

Coup d'envoi du "printemps de l'environnement" par le ministre Magnette (PS). Les critiques pleuvent: Ecolo, CDH, MR se montrent (très) circonspects.

Le T-Rex, les iguanodons et autres dinos du musée des Sciences naturelles n'ont qu'à bien se tenir. Car, ce mardi, le ministre du Climat Paul Magnette (PS) lancera "son" printemps de l'environnement - le "plus grand processus participatif, politique et décisionnel belge lié à l'environnement", excusez du peu - depuis le musée belge des Sciences naturelles.
Le Premier Yves Leterme (CD & V) sera présent, les ministres régionaux en charge de l'Environnement Hilde Crevits (CD & V) et Evelyne Huytebroeck (Ecolo) également. Mais pas le Wallon Benoît Lutgen (CDH).

L'humaniste est retenu en commission à Namur où un décret wallon doit être voté : voilà le mot d'excuse officiel. Officieusement, la faiblesse du programme de ce "printemps" agace les partenaires du socialiste. "Ce printemps de l'environnement, c'est une remise à niveau de Paul Magnette", dit un acteur clé du secteur environnemental.
Un autre : "Le flou méthodologique autour de ce projet est hallucinant. La seule chose claire, c'est le déroulement de la conférence de presse". Lundi, Ecolo a fait part de ses réserves - budgétaires, surtout - quant à l'exercice lancé par le socialiste. "Le printemps de l'environnement doit survivre à l'hiver budgétaire", avertissent Jean-Michel Javaux et Isabelle Durant.

Il apparaît ce mardi, qu'outre Ecolo, le CDH émet (aussi) des réserves sur la démarche de Paul Magnette. Concrètement, la frilosité du projet de Magnette concernant la question de la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires gène les humanistes. Rappel, ceux-ci s'étaient entendus, avec les trois autres partis de l'orange bleue, pour abroger la loi de sortie du nucléaire. Mais le retour du PS dans la partie, une formation divisée sur cette question, a fait exploser ce projet : une étude a été commandée sur la question du nucléaire à des experts par Verhofstadt III.

Bernard Clerfayt pas invité
Aucun "atelier" - parmi les quatre que va lancer Paul Magnette - ne devrait aborder frontalement la question des centrales nucléaires : celle-ci sera (éventuellement) abordée par l'"atelier Energie/Climat". Selon le CDH, la prolongation de la durée des vies des centrales nucléaires est une condition sine qua non en vue d'attaquer sérieusement la réduction des émissions de CO2. Le MR partage cette position.
Les libéraux, eux, n'ont pas vu venir d'invitation à participer au "printemps". C'est qu'aucun "atelier" n'est dévolu à la fiscalité environnementale - malgré les demandes répétées des ministres régionaux. La fiscalité verte, un outil capital à l'heure d'orienter les comportements vers la consommation "durable", sera traitée dans différents "ateliers". Nul besoin, donc, d'embarquer le MR Didier Reynders, ou son secrétaire d'Etat aux Finances Bernard Clerfayt, dans l'aventure du "printemps". "Je suis prêt à rendre compte à M. Magnette des très bonnes initiatives qui ont déjà été prises par Verhofstadt II en matière de fiscalité durable", avance Bernard Clerfayt. Le secrétaire d'Etat annonce, en outre, qu'il détaillera prochainement les nouvelles pistes "ecofiscales" du gouvernement.

"Procès d'intention"
Retour au "printemps" : à côté de l'"atelier Energie/Climat", trois autres "workshops" seront installés : "Mobilité", "Environnement/Santé" et "Produits durables" (normes de qualité environnementale,...). Les participants à ces groupes de travail (et sous-groupes) ne sont pas encore connus : ils seront issus de la sphère politique, associative environnementale, syndicale, patronale et scientifique. Et seront répartis à part égale entre les différents "ateliers". Le calendrier de travail doit (lui aussi) être finalisé par le ministre Paul Magnette. Une date est acquise : le 15 juillet. Là, des propositions concrètes devront être formulées par les groupes de travail. "Il flotte sur ce printemps de l'environnement comme un petit air de commission Wallonie-Bruxelles, s'amuse un participant du show médiatico-environnemental. "Beaucoup de bruit au départ et un enterrement de première classe à l'arrivée." Un autre : "On va participer au "printemps" car on ne veut pas faire de procès d'intention. Mais si les attentes sont déçues, l'effet négatif sera décuplé par le battage médiatique fait autour de ce projet".

07 avril 2008

L’éclosion difficile du printemps de Magnette

C’est le 15 avril que sera lancé officiellement le « Printemps de l’environnement » par le Premier ministre Yves Leterme. Qu’est-ce donc là ? Un colloque de plus sur le développement durable ? Que nenni. Inspiré du Grenelle de l’environnement soutenu par Nicolas Sarkozy en France, ce vaste débat participatif associera pendant deux mois pouvoirs publics, partenaires sociaux et société civile dans un schéma inédit en Belgique.
Réchauffement climatique, énergies renouvelables, ressources naturelles, environnement-santé, modes de production et de consommation et transports : ces six thèmes formeront l’ossature de débats initiés par le ministre de l’Environnement et de l’Energie, Paul Magnette (PS). Tout est cependant loin d’être réglé puisque ni le calendrier ni le contenu des débats ne sont arrêtés à ce stade. Et le ministre régional wallon de l’Environnement Benoît Lutgen (CDH) n’a jamais caché son irritation face à un processus jugé trop vague. Ce lundi, justement, Benoît Lutgen rencontrera Paul Magnette sur la question.
Questionné ce dimanche sur l’état d’avancement du dossier, le ministre Paul Magnette veut rassurer toutes les parties : « L’implication des Régions est fondamentale dans ces matières. Je crois en un fédéralisme constructif. Je soumettrai moi-même lors du Printemps une série de propositions de décisions en matière de biodiversité et de climat que j’aurais pu adopter seul. Ma volonté, c’est que ce processus politique soit le plus collégial possible et tire les débats vers le haut. »
Entre autres écueils, le ministre Paul Magnette devra encore convaincre certaines ONG comme Inter-Environnement de monter dans ce bateau. Les environnementalistes ne veulent en effet pas jouer un rôle de faire-valoir pour avaliser, en bout de course, la création de groupes de travail… « J’ai rencontré les ONG et je leur ai garanti que l’idée est bien d’arrêter pour chaque thème une série restreinte de mesures concrètes, précise Paul Magnette. Tous les partenaires ont reçu un éventail de mesures possibles. La liste élargie à débattre et le calendrier des ateliers seront finalisés cette semaine. »

L'environnement inquiète les francophones

La dégradation de la qualité de l'environnement inquiète une majorité de francophones, loin devant le communautaire. A peine 34 % parient sur une amélioration.
Un baromètre exclusif et six jours d'enquête dans Le Soir.
L'édito : "De l'hiver communautaire au printemps vert"

Une courte majorité de francophones est favorable à l’idée de systématiser une fois par semaine la journée sans voitures.
De ce lundi jusqu'au samedi 12 avril, Le Soir livrera les principaux résultats de ce baromètre environnemental réalisé, en partenariat avec la RTBF, par Dedicated Research. Il a été conduit sur un échantillon de 1.205 personnes (502 Bruxellois et 703 Wallons) entre le 20 et le 31 mars. Ce sondage sera répété chaque année afin d'évaluer l'évolution des attentes et des comportements en matière d'environnement.
SIX JOURS D'ENQUÊTE
A l'approche du « Printemps de l'environnement » lancé par le gouvernement fédéral, six thèmes jalonneront cette semaine. Chaque jour, Le Soir passera en outre au scanner l'impact d'un objet du quotidien sur la planète.
Mardi, l'énergie. Les francophones souhaitent-ils prolonger le nucléaire ?
Mercredi, l'argent. Les Belges placent-ils leurs avoirs dans des fonds verts ?
Jeudi, la mobilité. Jusqu'à quelle limite êtes-vous prêt à rouler en voiture ?
Vendredi, la santé. Quel impact l'environnement exerce-t-il sur notre santé ?
Samedi, l'empreinte écologique. Quels gestes êtes-vous prêts à accomplir ?
Loin, très loin devant l'acuité des débats communautaires, la qualité de vie et la perception de sa dégradation sont au cœur des préoccupations de la population francophone. C'est un des enseignements majeurs que nous livre le nouveau baromètre annuel, commandé par Le Soir et la RTBF, sur les opinions des Bruxellois et des Wallons en matière environnementale. Réalisée entre le 20 et le 31 mars, cette étude conduite par Dedicated Research a bénéficié d'un taux de réponse de 68 % : « Un chiffre impressionnant qui témoigne s'il en est de l'intérêt de la population pour ce thème, précise Marc Dumoulin, directeur de l'institut de sondage. Et, fait frappant par rapport à d'autres thématiques, on retrouve désormais une grande homogénéité entre les catégories sociales quant à la sensibilité aux problèmes environnementaux. La seule différence demeure sans doute la plus grande préoccupation des femmes sur ces sujets. »
1 Une préoccupation majeure des francophones. Les sujets de préoccupation de la population vont majoritairement à des thèmes liés à la qualité de la vie. La question de la santé (72 %) précède de peu celle de la pollution (69 %). Et sur quatorze thèmes évoqués, cinq priorités liées à des politiques de bien-être et d'environnement figurent parmi les six premiers classés. Il convient à cet égard de noter que les Wallons manifestent de manière générale une plus grande préoccupation (de 5 à 20 %) sur tous ces thèmes que les Bruxellois.
2 Une mauvaise qualité de l'environnement. Fait édifiant, le baromètre laisse apparaître une très mauvaise perception par la population de la qualité de l'environnement (air, eau et sols). Pas un Wallon n'estime vivre actuellement dans un environnement de « très bonne qualité » et à peine 13 % jugent bonne la qualité de l'air, des sols ou de l'eau. Si cette perception est légèrement meilleure à Bruxelles, la qualité de l'environnement y est néanmoins perçue à 44 % comme « mauvaise ou très mauvaise » ! A peine 1 % des citoyens estiment vivre dans un environnement de « très bonne qualité ». L'avenir ? Il n'est pas très vert, si l'on en juge par les craintes formulées dans les deux tableaux publiés ci-contre. Quelque 44 % de la population pensent que la qualité de l'environnement va se dégrader dans les vingt ans. Et à peine 5 % considèrent que celle-ci sera fortement améliorée. « La notion de dangerosité, notamment en matière de pics de pollution, est acquise, précise Marc Dumoulin. D'ordinaire, le Belge a tendance à considérer que les choses vont s'arranger. Ici, le doute profond semble installé durablement. »
3 Une perception mitigée du réchauffement. « Il n'y a plus de saisons, madame ! » L'adage est connu mais il figure ici comme la première perception (35 %) spontanée des manifestations du réchauffement climatique. Globalement, les conséquences des changements climatiques (fonte de la calotte glacière, hausse du niveau de la mer, canicules) sont bien identifiées par la population. Bémol : les risques liés aux impacts humains du réchauffement (nouvelles maladies, migrations environnementales dans les pays pauvres voire extinction massive des espèces) n'ont pas encore franchi la rampe dans l'opinion. Du côté des causes, les connaissances demeurent mitigées. A côté de l'industrie, les transports routiers sont désormais pointés en deuxième place par les francophones. Mais la population minimise toujours l'impact des activités domestiques (chauffage, alimentation…), agricoles, voire de la déforestation sur le réchauffement.
4 Une attente vis-à-vis des pouvoirs publics. Pour 70 % de la population, le réchauffement est un « vrai problème qui risque de s'aggraver et dont il faut se préoccuper ». Comment ? Une majorité des francophones (72 %) considèrent que les pouvoirs publics doivent mener des actions autant au niveau des entreprises, de l'industrie, des pouvoirs publics eux-mêmes que des citoyens. Bref, chaque acteur doit être impliqué dans la bataille même si la population estime en faire encore trop peu à ce niveau. « Le Belge veut bien agir, mais pas tout seul, concède Marc Dumoulin. L'effort doit être collectif pour accepter des mesures au-delà des petits gestes qui atteignent leur limite en termes d'impact. »
5 Une incarnation faible du combat écologique. Aucune personnalité ne se dégage vraiment, côté francophone, pour incarner le combat environnemental sur la place publique. Lorsqu'elle évoque spontanément les personnalités associées à la cause écologique, la population pointe prioritairement une majorité d'élus écologistes. Mais ceux-ci ne dépassent guère 10 % du taux de réponses et la première personnalité de la société civile, Alain Hubert, est citée par à peine 9 % de personnes. Est-ce à dire qu'une place est à prendre, à l'instar de la France, où Nicolas Hulot personnifie ce combat ? Commentaire de Marc Dumoulin : « La personnalisation n'aide pas forcément à l'adhésion des valeurs. »

Les francophones disent « oui » au nucléaire
La question posée pour Le Soir aux Wallons et aux Bruxellois à l'occasion de la Semaine verte était claire : « Pensez-vous que l'énergie produite par les centrales nucléaires est une alternative acceptable pour lutter contre le réchauffement climatique ? » Surprise : à 61 %, les personnes interrogées répondent par l'affirmative.
Soixante et un pour cent. Coïncidence frappante, proportion identique, résultat opposé… Alors que, dans un sondage européen (Eurobaromètre de la Commission européenne) publié en mars, 61 % des citoyens du Vieux Continent « estiment que la part du nucléaire dans l'approvisionnement en énergie devrait être réduite en raison des problèmes liés aux déchets nucléaires et des risques d'accident », la consultation réalisée par Le Soir et la RTBF livre une issue inverse : 61 % des personnes interrogées en Wallonie et à Bruxelles répondent positivement à la question « Pensez-vous que l'énergie produite par les centrales nucléaires est une alternative acceptable pour lutter contre le réchauffement climatique ? ». Entre l'exercice continental et le sondage de la francophonie belge, les formulations diffèrent. Mais tendances et directions indiquées par les citoyens transparaissent clairement. Et s'opposent. La mise en exergue des déchets et des risques d'accident dans le premier, la dimension environnementale (la production d'électricité par fission atomique n'émet pas de CO2) ont-elles orienté les réponses ? Possible.
Ce sondage marque néanmoins une rupture par rapport aux nombreux exercices du genre : traditionnellement, le nucléaire est plutôt majoritairement décrié. Bémol : la plupart des consultations embrassaient l'ensemble du royaume.
L'absence des citoyens flamands explique-t-elle ce revirement ? Pas exclu – théoriquement, les déchets nucléaires seront stockés en Flandre…
Ces précautions n'enlèvent rien au résultat : les Bruxellois et les Wallons consultés se prononcent clairement en faveur d'une solution nucléaire à la problématique climatique. Un « plébiscite » qui pèsera dans l'orientation de la politique énergétique du royaume ?
Le débat est actuellement plus qu'ouvert. Si, en janvier 2003, le Parlement a voté une loi qui prévoit l'extinction progressive (entre 2015 et 2025) des sept réacteurs atomiques belges (trois à Tihange, quatre à Doel) qui représentent environ 60 % de la production électrique nationale, ce texte n'a cessé d'être contesté, remis en question, voire présenté comme inapplicable par de nombreux acteurs politiques ou économiques. Aussi, le gouvernement actuel a-t-il également décidé de commander la énième étude sur la question.
Ni les sociaux-chrétiens ni les libéraux (des deux côtés de la frontière linguistique) ne cachent leurs velléités de prolonger la durée de vie des deux centrales nucléaires belges. Un coup double : primo, cela soulagerait l'épineux problème d'approvisionnement qui se profile en cas de fermeture, secundo, ça permettrait de doper le budget (la prolongation serait monnayée).
Côté socialiste, la porte s'est entrouverte récemment au sud, mais reste fermée au nord.
Chez les écologistes, c'est « niet ». Au nord et au sud.
Reste que le gouvernement est une « orange bleue sanguine » (francophone). Autrement dit, plutôt nucléariste. Le résultat actuel apportera de l'eau à son moulin.

Climat : « il est urgent d'agir »
« Il est urgent d'agir », a déclaré ce lundi le ministre du Climat et de l'Energie, Paul Magnette, lors d'un colloque sur les effets des changements climatiques sur la santé, organisé à Bruxelles à l'occasion de la Journée mondiale de la santé.

Pour les différents intervenants issus du monde scientifique, il est indéniable que le dérèglement climatique a des conséquences sur la santé. Selon eux, il n'est pas trop tard pour réagir. Même si l'on ne peut encore identifier et prévoir toutes les incidences des changements climatiques sur la santé, les vagues de chaleur, les catastrophes naturelles et la pollution atmosphérique sont autant d'éléments qui menacent le bien-être de l'homme.
Selon M. Magnette, la problématique est déjà prise en compte en Belgique, au sein des différents plans fédéraux. Ainsi, le plan d'action national Environnement/Santé 2008-2013 devra inclure un projet « Climat et Santé » en 2009 et 2010, a précisé le ministre. Ce plan d'action comprend notamment la création d'un monitoring afin de mesurer les effets des changements climatiques sur la santé des Belges, tout en intégrant les facteurs sociaux.
« Par ailleurs, les causes structurelles de la pollution de l'air seront traitées dans le cadre du plan air fédéral 2008-2011 », que M. Magnette compte soumettre au gouvernement cette année. Ces différents sujets seront en outre abordés lors des ateliers du Printemps de l'Environnement, un vaste processus de concertation qui démarre la semaine prochaine.
Le ministre a également plaidé pour une politique drastique, structurelle et à long terme, de réduction des gaz à effet de serre. Mais peu de mesures efficaces peuvent selon lui être prises dans un cadre national, plébiscitant dès lors une action coordonnée avec les pays voisins et l'Europe.
Pour le Dr Philippe Marbaix, de l'UCL, « arrêter de détruire les forêts pourrait contribuer à faire diminuer les émissions ». Si l'on veut empêcher le phénomène de s'amplifier, il est nécessaire de diminuer les émissions de moitié au niveau mondial, au plus tard en 2050, a-t-il dit. Sous nos latitudes et sur le pourtour méditerranéen, les conséquences de ce réchauffement climatique sont doubles : une hausse des précipitations en hiver et une sécheresse en été, a-t-il expliqué.
Les maladies infectieuses, qui sont notamment transmises par des insectes dont l'existence dépend de l'environnement, peuvent par ailleurs s'étendre dans des parties du globe qui sont encore pour le moment épargnées. D'après les projections réalisées à l'heure actuelle, il s'agit toutefois d'une redistribution des zones affectées : on ne comptera donc pas plus de malades globalement, a indiqué le Prof Eric Lambin, du département de géographie de l'UCL.
Le Prof Herman Van Oyen, de l'Institut scientifique de Santé publique, a rappelé pour sa part que la canicule de 2003 avait fait de 1.250 à 1.300 tués en Belgique, principalement des jeunes enfants et des personnes âgées. En France, le nombre de décès dus à la vague de chaleur s'est élevé à 15.000. Depuis 2005, notre pays dispose d'un système de suivi et de surveillance permettant de prévoir ce type d'événement en vue de prévenir les populations à risque.
Le colloque, mis sur pied par le SPF Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement, en collaboration avec la Politique scientifique fédérale, avait pour but de mettre en lumière les effets possibles du changement climatique sur la santé, thème central de l'année du 60e anniversaire de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Plusieurs associations environnementales, comme Inter-Environnement Wallonie (IEW) pour le sud du pays et 11.11.11, active en Flandre, y étaient associées. « Il est important d'agir maintenant », a réaffirmé la représentante d'IEW. « Il n'est pas trop tard », a-t-elle ajouté en indiquant qu'on pouvait peut-être encore limiter cette hausse des températures.
Certaines mesures prises aujourd'hui en faveur de l'environnement ont des effets directs sur la santé, comme l'isolation des bâtiments offrant une meilleure qualité de l'air intérieur ou la limitation de l'usage de la voiture, qui peut apporter une solution à l'obésité en favorisant les déplacements à pied ou à vélo, a-t-elle conclu.

26 mars 2008

Paul Magnette doute de la sortie du nucléaire

Paul Magnette avait toujours maintenu que lui et son parti, une fois au gouvernement, soutiendraient la fermeture des centrales nucléaires comme cela avait été prévu.
S'il s'avérait que notre pays ne disposait pas de suffisamment d'alternatives énergétiques, l'ouverture des centrales nucléaires pourrait être prolongée de quelques années, estime mercredi le ministre du Climat Paul Magnette (PS), dans les colonnes du Morgen.
Paul Magnette avait toujours maintenu que lui et son parti, une fois au gouvernement, soutiendraient la fermeture des centrales nucléaires comme cela avait été prévu.
Les partenaires de la coalition orange-bleue avaient insisté auprès de Paul Magnette pour accorder un délai à la sortie du nucléaire. Le parti socialiste lui-même semble désormais prêt à une telle hypothèse.
Groen et le sp.a ne veulent pas discuter de cette nouvelle option. Pour les deux partis flamands de l'opposition, ce doute incessant constitue un coup fatal porté aux investissements en matière d'alternatives énergétiques.

Un pan de l'Antarctique a commencé à se désintégrer
Au cours des cinquante dernières années, la partie occidentale de la péninsule antarctique a enregistré la plus forte augmentation de température sur le globe.
Un pan de la banquise antarctique équivalent à près de quatre fois la superficie de la ville de Paris a commencé à se désintégrer sous l'effet de la rapidité du réchauffement climatique, a indiqué mardi le Centre national de la neige et de la glace de l'Université du Colorado (NSIDC). Selon des images satellite, cette désintégration porte déjà sur un pan de glace de 414 km2 faisant partie du plateau Wilkins et a commencé le 28 février par le soudain décrochage d'un iceberg de 25,5 km de long sur 2,4 km de large sur le flanc sud-ouest.
Ce mouvement a déclenché la désintégration d'un bloc de 569 km2 du plateau Wilkins, dont 414 km2 ont déjà disparu. Ce plateau, dont la superficie est de 12.950 km2 est actuellement soutenu par une bande étroite de glace de 5,6 km entre deux îles, a expliqué dans un communiqué Ted Scambos, responsable scientifique du NSIDC (National Snow and Ice Data Center).
Il s'agit de la plus grande banquise dans l'Antarctique. "Si les glaces continuent à reculer, cette bande de glace pourrait se désintégrer et nous perdrions alors probablement la moitié de la banquise de cette région au cours des prochaines années", a-t-il déclaré. Au cours des cinquante dernières années, la partie occidentale de la péninsule antarctique a enregistré la plus forte augmentation de température sur le globe avec une hausse de 0,5 degré Celsius tous les dix ans.
"Nous pensons que le plateau Wilkins existe depuis quelques centaines d'années mais l'air chaud et les vagues de l'océan provoquent sa dislocation", a expliqué Ted Scambos, qui a constaté pour la première fois cette désintégration en mars. L'été touchant à sa fin dans l'Antarctique, les scientifiques ne prévoient pas davantage de désintégration du plateau Wilkins dans les prochains mois. "Le spectacle est terminé pour cette saison, mais en janvier prochain nous allons observer attentivement pour voir si le Wilkins va continuer à se disloquer", a ajouté ce scientifique. Ces dernières années, la banquise bordant la péninsule antarctique a connu une dislocation rapide.
En 1995, le plateau Larsen A, long de 75 km et large de 37 km, s'est décroché puis fragmenté en icebergs dans la mer de Weddel. Le 19 mars 2002, un satellite de la Nasa observait l’effondrement de Larsen B, d’une surface de 3850 km2 et 200 mètres de haut qui contenait 720 milliards de tonnes de glace.
La fonte accélérée des glaces de l'Antarctique - plus 13.000 km2 de banquise ont disparu en cinquante ans - pourrait contribuer de façon importante à la montée du niveau des océans. Selon certaines projections au rythme actuel (+3 mm par an de 1996 à 2006), les océans pourraient avoir gagné 1,40 mètre d'ici la fin du siècle.

12 mars 2008

Un « printemps vert » accueilli avec scepticisme

Le ministre de l’Énergie et du Développement Paul Magnette a présenté ce lundi le « Printemps de l’environnement », un processus qu’il veut participatif au sujet du climat, de l’environnement et du développement durable. Début de l’opération: le mois d’avril.

Je travaille en tenant compte des risques de changement gouvernemental. Il faut vivre dangereusement et lancer le débat… » Ministre fédéral du Climat, Paul Magnette (PS) entend tenir la promesse formulée lors de son arrivée à la tête de son super-ministère du climat : un large débat public sera bel et bien lancé, après Pâques, sur les questions de développement durable.
À l'instar du processus initié en France à l’automne 2007, le « Printemps de l’environnement » belge ambitionne d’aboutir, d’ici à l’été, à des engagements des pouvoirs publics à court terme assortis d’une feuille de route à long terme. « De nombreux niveaux de pouvoir sont concernés par la politique environnementale et le développement durable, note le ministre Magnette. Il faut bien admettre que tous ces niveaux ne sont pas toujours bien ajustés. À travers le printemps, je veux réunir toutes les administrations afin de mieux ajuster leur fonctionnement dans tous les domaines… »
Lutte contre les changements climatiques, énergie renouvelable, biodiversité, santé environnement, consommation durable et mobilité constitueront les six axes de ce printemps. Participatifs, les « ateliers » associeront les pouvoirs publics à 44 % (ministres fédéraux, régions, partis d’opposition…), la société civile à 44 % (ONG, entreprises, syndicats, consommateurs) et d’autres invités pour le solde (scientifiques, philosophes…). Un site internet sera lancé, où seront repris propositions et débats à l’instar de l’exemple français.
Mais Paul Magnette devra vraisemblablement mettre de l’huile (bio) dans les rouages institutionnels pour clarifier l’articulation des débats et les mesures mises sur la table. Car du côté des régions, compétentes à 80 % en matière d’environnement, on se dit étonné de la sortie ministérielle, ce lundi. Certes, Paul Magnette a envoyé une note de deux pages aux cabinets Huytebroeck (Bruxelles) Crevits (Flandre) et Lutgen (Wallonie). Mais aucune discussion de fond n’a été entamée au plus haut niveau.
« J’ai soutenu dès le départ l’idée si elle était concrète et associait les Régions dans cette démarche, concède Benoît Lutgen (CDH). Et j’apprends que M. Magnette tient une conférence de presse à laquelle les régions n’ont pas été associées ! Les thèmes ont été arrêtés sans discussion, sinon une note envoyée aux trois cabinets. Je redonne à toutes fins utiles mon numéro de téléphone à M. Magnette : 081/710.310. »

05 mars 2008

A la conquête du mayorat

Le premier échevin PS, Paul Ficheroulle, ne briguera plus de mandat parlementaire. Pour mieux préparer 2012.
On mettra fin au cumul échevin-député à Charleroi après les élections de 2009. » Cette déclaration formulée par Paul Magnette, tuteur du PS carolo, n'a rien de surprenant. Les statuts internes au parti ont strictement fixé les règles en matière de cumul, interdisant d'occuper simultanément un poste dans l'exécutif communal d'une ville de plus de 40.000 habitants et une fonction de député. Dans la perspective des élections régionales de juin 2009, voilà donc l'échevine des sports Ingrid Colicis et le Premier échevin Paul Ficheroulle, actuellement « sous dérogation », contraints d'opérer une décision cornélienne.

Pour la première, la question se pose en termes de choix du cœur : Charleroi ou choix de la raison et des besoins éventuels du parti : la Région wallonne. « C'est très compliqué. À la fois, on ne veut pas déstabiliser le collège et en même temps il faudra analyser les choses en termes de capacité de relève. Charleroi ne peut pas se passer d'un relais à la Région », commente Ingrid Colicis.
Entre Ville et Région, le cœur de Paul Ficheroulle a cessé de balancer. « El vice », comme l'ont affectueusement surnommé ses amis, envisage son avenir à temps plein dans la métropole sambrienne. « Je ne serai pas candidat député en 2009, a-t-il déclaré. Je peux être présent sur la liste si le parti me le demande. Mais pas à une place éligible. » Paul Ficheroulle dit « avoir pris goût au métier de municipaliste. Je suis député depuis 14 ans et j'estime qu'il ne faut pas rester trop longtemps dans la même fonction. »
Choix de cœur ou de raison ? Un peu des deux, sans doute. En se dévoilant publiquement dès aujourd'hui, Paul Ficheroulle dévoile, sans le confirmer officiellement, ses ambitions de figurer en tête de liste et ainsi briguer le mayorat en 2012. Un scénario largement soutenu par le PS carolo. Au sein duquel le Couilletois serait d'ores et déjà le candidat-bourgmestre désigné. « Un choix logique puisqu'il fait l'unanimité dans les différents clans. Il n'a jamais trahi et s'est toujours investi », confie un membre du parti avant d'ironiser : « Et puis, qui d'autre, aujourd'hui, pourrait revendiquer ce poste ? »

03 mars 2008

Le « Printemps de l’environnement » de Magnette

Le ministre de l’Énergie et du Développement Paul Magnette a présenté le « Printemps de l’environnement », un processus participatif au sujet du climat, de l’environnement et du développement durable. Le but est de créer un débat qui implique le public autour du thème de l’environnement mais aussi de coordonner les différents niveaux de pouvoir concernés par la politique environnementale, le climat et le développement durable. Le Printemps de l’Environnement se tiendra du mois d’avril jusqu’au début du mois de juillet. Quelque 200 personnes seront invitées à y participer.

01 mars 2008

Magnette: 'La Belgique peut produire ses 13 pc de renouvelables'

Le ministre fédéral de l'Energie et du Climat, Paul Magnette (PS), a estimé ce jeudi que la Belgique pourrait produire elle-même les 13 pc d'énergies renouvelables qu'elle devra consommer d'ici 2020. Ceci conformément au plan fixé par la Commission européenne le mois dernier.
"La Belgique peut produire elle-même ses 13 pc. Tout dépend des moyens que l'on y met. Je pense que l'on doit se fixer un objectif volontariste", a indiqué le ministre socialiste à l'issue du conseil des ministres européens de l'Energie où le paquet Energie-Climat déposé le 23 janvier dernier par l'exécutif européen a été discuté.
"La Belgique a pris un certain retard en matière d'énergies renouvelables qu'il est temps de rattraper. Si on attend encore, ce n'est pas chez nous que l'on viendra acheter les énergies renouvelables et les technologies qui les produiront", a-t-il ajouté. Interrogé sur le coût d'une production endogène de 13 pc de renouvelables, le ministre fédéral a jugé ce jeudi que celui-ci était "incalculable", vu la multitude de paramètres, dont le coût des énergies fossiles à l'horizon 2020.
M. Magnette a toutefois concédé ce jeudi que ce seront les Régions qui devront concrétiser l'objectif.

14 février 2008

Une idée "choquante" et "risible"

"Compenser" les déplacements des ministres ? L'idée n'est pas neuve. Celle de lier la Coopération à ces mécanismes suscite d'importantes réserves.
La sortie du ministre de la Coopération au développement, Charles Michel (MR), dans "La Libre" ce mardi n'a pas manqué de susciter certains commentaires. Pour rappel, celui-ci y exposait deux idées. Tout d'abord, celle de proposer au Conseil des ministres de vendredi un mécanisme visant à compenser systématiquement les émissions de CO2 générées par les déplacements officiels à l'étranger des ministres, des membres de leurs cabinets ou des administrations. Ensuite, celle que certains projets soutenus par la Coopération au développement belge puissent en quelque sorte être assimilés aux "mécanismes de développement propre" (MDP) prévus par le Protocole de Kyoto. Et de suggérer que l'on pourrait en outre permettre également à des entreprises privées de compenser leurs déplacements aériens via ces projets "durables" issus de la Coopération.
Sur le premier point, même si l'impact d'une telle mesure demeure très limité, aucun problème. L'idée avait d'ailleurs déjà été émise sous la précédente législature par Bruno Tobback. Sans succès. Là où les dents commencent à grincer, c'est sur le second volet de la proposition du ministre Michel. "C'est choquant", commente ainsi un expert du dossier "climatique". "Les MDP sont définis par un cadre légal très strict. L'une des conditions essentielles est notamment qu'il y ait une "additionnalité". En clair, pour que ces projets soient reconnus, il faut qu'il y ait un effort supplémentaire qui soit accompli et que cela ne soit pas un détournement de l'aide au développement classique. Or cette proposition va à l'encontre de cette philosophie. Elle démontre une méconnaissance totale du principe des mécanismes de flexibilité. A l'Onu, ils vont rire."
Une lecture que semble partager le ministre du Climat, Paul Magnette (PS), même si le ton est ici beaucoup plus diplomate. Si le sujet a été abordé mardi lors d'une réunion intercabinets, il entend également en discuter avec Charles Michel qui était à New-York ce mardi.
"Canada Dry"
L'idée de "compenser" les déplacements des ministres, rappelle tout d'abord M.Magnette, a été réactivée par son cabinet et inscrite à l'agenda du Conseil des ministres il y a une dizaine de jours. "Je suis ravi de voir que Charles Michel se rallie à celle-ci, et c'est tant mieux si on peut la faire passer en bonne intelligence. Plus il y a de ministres qui la soutiendront, plus il sera facile d'obtenir un accord". "Celle-ci, souligne-t-il, s'inscrit dans une série d'actions qu'il a proposées et sur lesquelles le gouvernement se doit de montrer l'exemple".
"Par contre, enchaîne-t-il, il faut que les compensations passent par les mécanismes codifiés et reconnus, sans quoi on risque de les déconstruire et de les fragiliser". "Il faut que ces compensations soient effectives. Dire que ce que l'on fait déjà en Coopération, on va continuer à le faire mais en considérant que c'est de la compensation, cela se réduit à un habillage comptable. C'est un peu de la compensation 'canada dry'. Je sais que le développement durable est un sujet à la mode, mais je ne veux pas que l'on fasse des effets d'annonce avec des politiques qui sont importantes à mes yeux."

Accepter des actions qui nous coûtent

Pour le climatologue Edouard Bard, les pays industrialisés doivent lancer une dynamique vertueuse. Une responsabilité collective.
entretien
Professeur au Collège de France et climatologue de réputation internationale, Edouard Bard était de passage à Bruxelles ce mercredi pour y donner une conférence à l'invitation de l'ULB.
L'année 2007 semble avoir marqué un tournant dans la prise de conscience de la réalité du réchauffement. Avez-vous le sentiment que les pouvoirs publics ont pris la pleine mesure des changements qu'ils doivent induire ?
Oui et non. Je pense qu'il n'y a pas à l'heure actuelle un décideur d'un grand pays qui n'ait pas conscience du fait qu'il y a effectivement un problème et qu'il faut s'en occuper. Mais il y a des résistances très fortes, parce que l'on doit à présent faire bouger nos sociétés au niveau des industries, et aussi de nos activités quotidiennes. Et pas avec des mesures cosmétiques. Dès que l'on touche à des gigatonnes de carbone, cela concerne tous nos comportements, nos modes de vie et surtout l'économie de façon très profonde. A cela s'ajoutent des problèmes diplomatiques liés à des pays émergents qui consomment de plus en plus. Il est très difficile de les convaincre d'être vertueux. Pour cela, il faut que nos pays industrialisés se mettent à accepter des mesures qui nous coûtent dans tous les sens du terme. Mais encore une fois, si l'on intègre tous les coûts liés à la pollution résultant de toutes nos activités, on se rend compte que finalement, ce n'est que justice. On ne doit pas fermer les yeux et laisser assumer aux générations futures un problème qui pourrait être monumental.
Mais même les objectifs chiffrés que veut se fixer l'Europe pour montrer l'exemple restent en dessous ce que préconise le Giec...
Oui, mais il faut aussi se montrer pragmatique et ménager nos économies. Réduire nos émissions de 20 pc d'ici 2020 est déjà un effort conséquent. Si l'UE arrive à démontrer qu'elle atteint cet objectif, cela enclenchera encore une fois un système vertueux et cela pourrait permettre de convaincre des pays qui, en termes d'émissions globales, sont la clef. C'est le premier pas qui est très difficile à faire. Et même si c'est encore insuffisant au niveau des flux globaux de carbone, je ne vois pas d'autres solutions que de faire des pas complémentaires les uns des autres pour arriver à des changements véritablement importants dont on ne verra les résultats que dans la seconde moitié de ce siècle. Il faut que tous les politiques soient conscients que c'est un problème qui doit faire l'objet d'un plan pluriannuel qui ne soit pas remis en cause à chaque échéance électorale.
Pourra-t-on toujours éviter le débat sur une réduction de la consommation tout court, ce qui revient à toucher au dogme de la croissance économique ?
Il faut avant tout arriver à "décarboner" rapidement nos économies. Après, il est effectif qu'il faudra opérer des réductions massives de consommation, mais cela remet en cause nos modes de vie. Il est clair que ce message n'est pas populaire et qu'il est électoralement dévastateur, mais si l'on veut aller vers les réductions de 20 pc en 2020 et davantage au-delà, on sera bien obligé de l'envisager. On n'y coupera pas.
Quand on voit les résultats d'études récentes sur la fonte des glaces notamment, le Giec ne se montre-t-il pas encore trop prudent ?
Paradoxalement, on l'accuse souvent d'être catastrophiste. Or je pense que ce n'est effectivement pas le cas. Sur de nombreux points, il est plutôt prudent et n'a pas inclus des tendances qui sont encore incertaines. Au niveau de la hausse du niveau de la mer, par exemple, il est très clair que la contribution en particulier de la fonte de la calotte du Groenland qui semble apparemment s'accélérer, n'a volontairement pas été prise en compte dans le bilan final du Giec.
Parmi les facteurs d'emballement redoutés, quels sont ceux qui sont le plus inquiétants ?
L'inquiétude la plus concrète est à mon avis une amplification liée à la biosphère. Celle-ci absorbe et rejette naturellement du dioxyde de carbone. A l'heure actuelle, il y a un consensus dans la communauté scientifique pour dire que l'un dans l'autre, la biosphère va recracher du gaz carbonique supplémentaire à cause du réchauffement, ce qui contribuera à empirer le mal. C'est tout à fait acquis, mais l'amplitude du phénomène fait encore débat. L'autre vient du fait que l'océan va de moins en moins pomper de CO2 parce qu'il devient de plus en plus acide et que certains changements de la circulation océanique font que le transfert de gaz carbonique de la surface vers la profondeur va se faire de moins en moins bien. En ce qui concerne les hydrates de méthane, ils sont encore sujets à certaines controverses.
Des solutions que l'on présentait il y a encore quelques années comme "ultimes" sont aujourd'hui de plus en plus souvent évoquées. C'est le cas du stockage géologique du CO2 ou de certains projets de géoingénierie. Sont-elles crédibles ?
Il faut d'abord avoir en tête que l'homme fait déjà en quelque sorte de la géoingénierie globale en émettant du dioxyde de carbone par le biais de ses activités industrielles. Il faut aussi savoir que le réchauffement pourrait être pire. Les effets du CO2 émis sont en effet partiellement compensés par des aérosols sulfatés qui sont liés eux aussi à des processus de combustion. Et ceux-ci ont à l'inverse des effets de refroidissement. Quant à faire effectivement de la géoingénierie de manière volontaire et pensée, c'est autre chose. Le stockage de gaz carbonique, même il y a des obstacles, c'est quelque chose qui est recommandé. On ne peut en effet pas arrêter du jour au lendemain toutes les centrales qui fonctionnent au charbon et au pétrole, et il est donc tout à fait fondamental que la prochaine génération de ces centrales se fasse avec un stockage du carbone à la source. Cela ne suffit bien évidemment pas mais, encore une fois, il faut vraiment agir sur tous les leviers.
Enfin, d'autres types de géoingénierie sont envisagés à l'échelle mondiale. L'une consiste à copier le mécanisme des éruptions volcaniques en injectant du soufre qui va se transformer en sulfate dans la stratosphère, ce qui contribue à un refroidissement généralisé à l'échelle mondiale. L'autre consiste à fertiliser les océans avec du fer pour doper l'absorption de CO 2 par le phytoplancton. Tout montre qu'il vaut mieux éviter d'arriver à ces solutions, mais par contre il est important d'en parler pour démontrer que ce n'est pas la panacée et faire croire que c'est une roue de secours qui va nous permettre d'échapper aux efforts de réduction. Il faut donc étudier ces alternatives pour montrer que les effets pervers sont conséquents et pratiquement impossibles à gérer.
Dans la première hypothèse, on observe que l'on peut déboucher sur un phénomène de réchauffement hivernal à l'échelle de certaines régions, en particulier en Europe. Dans la seconde, les observations montrent que si l'on va trop loin dans la fertilisation de l'océan, des zones de masse d'eau anoxiques, c'est-à-dire sans oxygène, peuvent apparaître. Avec d'autres conséquences, notamment celle d'entraîner d'autres réactions chimiques qui vont aboutir à la formation de protoxyde d'azote, un gaz à effet de serre beaucoup plus puissant que le dioxyde de carbone.
Tous les sceptiques n'ont pas encore rendu les armes. Pourtant la plupart de leurs arguments sont pris en compte dans les travaux du Giec. Y a-t-il véritablement une volonté de désinformation ?
La planète sceptique est très variée. Il y a effectivement une classe de gens bien connus qui ont un agenda dicté par des lobbies industriels puissants. Notamment les pétroliers aux Etats-Unis qui ont recruté toute une frange de scientifiques à la marge pour perturber les débats en masquant certaines choses ou en les caricaturant. On peut aussi observer que des mouvements créationnistes américains font partie des lobbies des sceptiques. On a l'impression que cela relève véritablement d'une crise contre la science d'une certaine frange de la population. D'autres aussi, sont sceptiques par ignorance, cela arrive souvent.

04 janvier 2008

Stookoliefonds voor meer mensen

Minister van Klimaat Paul Magnette (PS) wil de inkomensdrempel voor wie subsidies kan krijgen van het stookoliefonds, optrekken tot 22.800 euro. Hij 'vraagt' ook de energiedistributeurs hun prijzen te temperen. De nieuwe minister van Klimaat stelt in een interview met De Standaard voor om het sociaal stookoliefonds uit te breiden naar middenverdieners. Gezinnen met een jaarlijks belastbaar netto-inkomen van minder dan 22.800 euro (in plaats van 13.500 euro vandaag) zullen, als hij zijn slag thuishaalt, een tegemoetkoming voor hun hoge stookoliefactuur kunnen genieten.Begin december stemden christendemocraten en liberalen in de Kamer dat socialistische wetsvoorstel nog weg, maar Magnette wil het er, nu de PS in de regering zit, toch doordrukken.Premier Verhofstadt verklaarde in zijn regeerverklaring over de hoge energieprijzen dat 'hij zal doen wat moet' voor het stookoliefonds. Magnette wil ook een tegemoetkoming voor 2.000 in plaats van 1.500 liter. Hij trekt met zijn vraag naar de budgetbesprekingen.Op iets langere termijn wil hij een algemeen energiefonds omdat de twee aparte systemen van sociale tarieven voor gas en elektriciteit en het stookoliefonds alleen maar verwarring scheppen.Hij heeft deze week ook een gesprek met de energiedistributeurs waar hij hen 'vriendelijk zal vragen' om hun prijzen te temperen.'En als ze niet willen, heb ik nog altijd wettelijke middelen om dat te doen. We kunnen overgaan tot een blokkering van de prijzen, zoals Willy Claes gedaan heeft in de jaren zeventig, of fiscale drempels invoeren, of kijken naar de winsten. Privé-bedrijven beslissen niet alles over onze energiemarkt', zegt hij. De situatie is nu wel lang niet meer dezelfde als in de jaren zeventig: de energiemarkt is op Europees niveau geliberaliseerd.De minister van klimaat heeft nog een ander prangend dossier op zijn werktafel: dat van de CO2-emissierechten. De komende twee weken gaat hij met premier Verhofstadt bij de Europese Commissie opnieuw een versoepeling van de quota bepleiten voor de hoogovens van ArcelorMittal in Seraing. 'Wij stellen voor om in de plaats van of naast quota per land, CO2-quota per sector in te voeren. De totale vermindering van uitstoot in Europa moet wel dezelfde blijven.' Magnette wijst erop dat het in het dossier ArcelorMittal om 3.000 directe banen en nog veel meer indirecte banen gaat.De PS'er wil naar eigen zeggen duurzame ontwikkeling en een sociale politiek hand in hand laten gaan. Hij wil een 'ecologisch pact' met alle betrokkenen uit de sector op de rails zetten, vanaf het moment dat de 'definitieve regering' er is. 'Geen praatbarak, maar in een viertal maanden een duidelijk stappenplan, meerjarendoelstellingen en een methodiek afspreken.'

Aansluitend bij dit artikelTekort van 0,3 procent op begrotingen 2007 Uitbreiding stookoliefonds wordt bekeken bij begrotingsopmaak 'Stookoliefonds voor meer mensen is geen oplossing' Bio Paul Magnette 'Staatshervorming zal niet zijn wat CD&V vraagt' Recordprijzen voor stookolie en superBekijk de pagina uit de krant

12 octobre 2007

Van Cau privé de Bureau au PS

MAJ 11 octobre 2007
La fin d'une ère et, sans doute, en filigrane, d'une carrière. Jean-Claude Van Cauwenberghe, ancien patron de Charleroi, vient de perdre un des derniers mandats de poids – il reste député wallon, bien entendu.



Dimanche prochain, à l'issue du congrès du PS, il ne sera plus membre du Bureau du PS, l'organe exécutif du parti.
Le symbole politique est fort. Van Cau était entré au Bureau au début des années septante – à l'époque, on parlait encore du PSB, parti unifié – en tant que représentant des Jeunes socialistes. Et en dehors d'un envoi au purgatoire en 1988 (Van Cau avait dit non à la participation au gouvernement, ce qui lui avait valu quelques années de placard), il y a toujours siégé. C'est dire que son éviction a du sens !
La décision a été prise, nous dit-on, samedi dernier par le « collège de tutelle » de la fédération de Charleroi. Une fédération qui n'a, on s'en doute, laissé aucune chance à l'ancien patron devenu depuis les affaires persona non grata. L'opportunité de se séparer « gentiment » de lui était trop belle. Trois délégués ont été désignés : Patrick Moriaux, Christian Dupont et Paul Ficheroulle. Paul Magnette complète la liste en tant que ministre wallon. Exit Van Cau, donc, dont l'influence – pour peu qu'il en ait encore – se réduit, peu à peu, à peau de chagrin.
Comment vit-il ce nouvel exil forcé ? « Je m'y attendais, il n'y a plus de congrès, plus de débat à la fédération. Ils ont tout décidé entre eux, en catimini. » Une version que ne partage pas tout le monde, on s'en doute : « Il y avait 13 candidats et je ne pense pas que Van Cau l'était », nous fait remarquer ce membre influent du PS carolo.
Alors, aigri, l'ancien baron déchu ? « Même pas, avec le temps, je deviens philosophe. Ma seule voix discordante, je la ferai entendre ailleurs. » Au parlement wallon, sa dernière (ultime ?) tribune officielle.
Cette sanction, car c'en est une, signifie-t-elle son arrêt de mort sur le plan politique dans la perspective des régionales de 2009 ? « Tout est fait pour m'user, m'isoler, me marginaliser. Je ne sais pas si ça va avoir raison de moi mais je n'ai pas dit mon dernier mot. »

05 octobre 2007

Paul Magnette sera candidat aux élections de 2009

Le nouveau ministre wallon de l'Action sociale, Paul Magnette, également délégué du bureau du PS auprès de l'Union Socialiste Communale (USC) de Charleroi, entend bien se présenter aux élections de régionales de 2009, a-t-il indiqué vendredi.

"Je dois aller chercher en 2009 la légitimité populaire que je n'ai pas eue", a-t-il déclaré à l'occasion d'une rencontre avec la presse.

M. Magnette se présentera dans l'arrondissement de Charleroi. La place qu'il occupera doit encore être déterminée, au sein d'un parti socialiste carolorégien particulièrement secoué ces derniers mois. L'organe qui décidera de l'ordre de la liste, dans un contexte de mise sous tutelle de l'USC de Charleroi, doit encore être créé, a-t-il ajouté. S'il ne fait pas suffisamment de voix (au moins le premier score s'il figure entête de liste), il ne continuera pas, a-t-il annoncé:

"Il faudra que je fasse des voix en 2009 sinon j'arrête".

Tensions
Le professeur de l'Université Libre de Bruxelles (ULB) apprécie ses nouvelles fonctions. "Ca m'amuse mais c'est très fatigant. Ce sont de beaux jeux de l'esprit. Intellectuellement, c'est très satisfaisant", a-t-il confié. Cette nouvelle tâche n'est pas aisée tous les jours, en particulier à Charleroi. "Il y a des gens qui ne me veulent pas du bien, qui tendent des chausse-trappes.

Parfois, c'est fatigant mais ça ne m'empêche pas de travailler", a-t-il assuré.
Mais aussi au parlement wallon où le président suspendu de l'USC de Charleroi, Jean-Claude Van Cauwenberghe, siège en face du ministre. "Ca ne me perturbe pas. Je le connais, j'ai eu l'occasion d'avoir des discussions franches et sincères avec lui... mais je ne trouve pas bon d'importer des problèmes intra-carolos au sein du parlement".

L'opposition menée par le MR laisse le nouveau ministre perplexe.

Défis
"On a l'impression que le MR vit un moment historique et que tout tourne autour de cela. Il devient difficile de parler du fond des dossiers", a-t-il souligné, regrettant le climat électoral permanent dans lequel vit la Belgique depuis octobre 2006. "La Belgique est en campagne électorale permanente. Cela donne entre les partis et au sein des partis une intensité qui n'est pas normale", a-t-il commenté. Quant aux défis qui attendent M. Magnette dans ses fonctions ministérielles, celui-ci épingle le vieillissement de la population ainsi que les crèches. Le gouvernement wallon tiendra d'ailleurs bientôt une réunion spéciale consacrée au premier thème. Contrairement à l'ancienne ministre, il ne considère pas que le social soit l'oublié du programme gouvernemental. Le budget consacré à l'action sociale et à la santé avoisine le milliard d'euros, a-t-il rappelé, soit le montant alloué au plan Marshall pour 5 ans.

21 septembre 2007

Ambroise Paré est paré

Trois nouvelles unités inaugurées ce vendredi
Les travaux sont loin d’être finis. Deux étages supplémentaires et une nouvelle aile doivent arriver.

Ambroise Paré fait l’objet du plus grand chantier hospitalier de Wallonie. Le plan de redéploiement enclenché en 2004 porte sur 100 millions d’euros. Et la Région y contribue largement au travers de 43 millions de subsides. Logique, dès lors, que le frais émoulu ministre régional de la Santé, Paul Magnette (PS), qui effectuait là sa première visite hospitalière, vienne se rendre compte de visu de l’utilisation qui est faite au CHU montois des deniers wallons. Hier, des trois inaugurations successives auxquelles M. Magnette a assisté, une seule (celle de l’hôpital de jour chirurgical) bénéficiait de l’appui régional. Les aménagements consentis pour les deux autres services (revalidation neurologique et locomotrice/sommeil) ont été financés sur fonds propres. Le tout, pour 1,3 million.

« L’aménagement de ces unités s’inscrit dans la logique de réorganisation de l’hôpital qui consiste à faire avancer en front de boulevard les services de médecine dite « chaude » et à faire reculer vers l’arrière des bâtiments tout ce qui a trait aux actes moins urgents », a expliqué Nicolas Martin (PS), président de l’institution.
Le ministre régional de la Santé a salué le redressement du CHU « qui était encore voici une quinzaine d’années au bord de la faillite et est aujourd’hui un hôpital florissant ». Depuis 2004, le chiffre d’affaires d’Ambroise Paré (71 millions pour 336 lits) a augmenté de 30 % en trois ans. Et le nombre de consultations (13.000 par an) a cru de 20 %. Pour le ministre Magnette, il ne fait aucun doute que « d’ici dix-quinze ans, le CHU de Mons sera une des pièces maîtresses sur la carte des soins de la Wallonie ».


La cardio en vue
Sur place, on n’a pas fini d’investir. Le gros œuvre de la nouvelle aile est achevé. D’ici fin 2008, celle-ci offrira un nouveau bloc opératoire ultramoderne (quatre fois plus grand que l’actuel), une nouvelle unité de soins intensifs, un service de radiologie et un service des urgences tout neufs. Mais A. Paré est également engagé dans la course aux agréments pour la cardiologie. Un projet commun avec le CHR Saint-Joseph voisin ainsi qu’avec le CHU et l’ISPPC de Charleroi a été monté. « Nous visons les agréments B1, B2 et B3, ce qui nous permettrait d’accomplir sur Mons tous les actes de cardiologie : de la coronarographie à la chirurgie cardiaque lourde, en passant par les dilatations », précise Nicolas Martin. Jusqu’ici, seul le CHR St-Joseph offre un service de coronaro. La décision doit tomber avant fin 2007. Elle dépend du même ministre que celui qui était à Ambroise Paré pour dire tout le bien qu’il pensait du CHU montois.

08 septembre 2007

150.000 euros de plus pour Lire et Ecrire

vendredi 07.09.2007, 19:11
Le ministre wallon de l’Action sociale, Paul Magnette, vient de conclure une convention de 150.000 euros avec l’asbl « Lire et Ecrire » afin de développer des actions d’alphabétisation à destination des publics non demandeurs d’emploi. Les ministres wallons Paul Magnette et Marc Tarabella (Formation) ont fait état vendredi de l’évolution de l’action des pouvoirs publics dans le sud du pays en matière d’alphabétisation. Le gouvernement wallon, qui s’est réuni jeudi, et le gouvernement de la Communauté française, qui s’est réuni vendredi, ont chacun fait le point de la situation à quelques heures de la journée internationale de l’alphabétisation qui a lieu samedi, le 8 septembre. Ainsi, les moyens annuels affectés à l’alphabétisation dans le cadre de l’insertion socio-professionnelle, de la formation et de l’action sociale s’élèvent à 4,5 millions d’euros dont 565.000 euros de subsides à l’asbl « Lire et Ecrire ».