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03 décembre 2008

Ce que Kris Peeters n’a pas pu obtenir

Peeters veut un dialogue sans BHV et sans les bourgmestres

Si le dialogue de Communauté à Communauté ne peut pas rapidement reprendre dans de bonnes conditions c'est-à-dire sans BHV et la nomination des bourgmestres à son agenda et s'il n'est pas possible de conclure rapidement des accords partiels, alors le dialogue n'a plus de sens, a dit mercredi le ministre-président flamand Kris Peeters au parlement flamand.

M. Peeters a ajouté qu'il regrettait que le dialogue soit suspendu. "Nous n'avons encore jamais été si loin", a-t-il ajouté. Le ministre-président répondait ainsi à Geert Bourgeois (N-VA) et Joris Van Hauthem (Vlaams Belang) qui ont affirmé que pour eux le dialogue était mort.
"Vous dites que le dialogue est mort mais vous savez que pour certains il y a une vie après la mort" a répliqué M. Peeters. Il a rappelé qu'il avait reçu un mandat du parlement et du gouvernement flamands pour conduire ce dialogue. Il a souligné que des pas importants avaient été faits jusqu'à présent et cela pas seulement en ce qui concerne le jardin botanique de Meise mais aussi en ce qui concerne le marché de l'emploi et la politique des grandes villes. "Nous n'avons encore jamais été si loin", a-t-il dit.
Il a cependant admis qu'après la décision du ministre flamand des Affaires intérieures Marino Keulen (Open Vld) de ne pas nommer trois bourgmestres francophones de communes de la périphérie bruxelloise, le dialogue était suspendu, ce qu'il regrette.
Une relance du dialogue n'est possible que si elle se déroule d'une façon crédible. Cela veut dire que Bruxelles-Hal-Vilvorde et la nomination des trois bourgmestres ne peuvent pas faire partie de l'agenda. De plus, il faut qu'il y ait rapidement des accords partiels. Sinon, c'est la fin du dialogue, a encore dit M. Peeters. On devrait rapidement savoir ce qu'il en est. "Cela ne durera plus longtemps. Ce n'est pas une question de mois mais une question de semaines", a-t-il ajouté.


Voici le résultat de trois mois de dialogue de Communauté à Communauté. Le ministre-Président flamand Peeters n’a pu sceller aucune avancée décisive. Des tiraillements inattendus ont vu le jour entre négociateurs francophones.

Praatbarak": l’expression suivra le ministre-Président flamand un bout de temps. Alors que le dialogue de "Communauté à Communauté" présidé par Kris Peeters (CD&V) est en état de mort clinique à la suite de la non-nomination des trois bourgmestres francophones de la périphérie bruxelloise, voici le résultat de trois mois de palabres communautaires
Sur la forme, d’abord ; selon plusieurs négociateurs, quelques "différences d’appréciation" ont vu le jour entre francophones - notamment entre Olivier Maingain (FDF) et son collègue de parti Armand De Decker (MR). A couteaux tirés alors que le FDF brigue la tête de liste en Région bruxelloise pour le scrutin de juin, De Decker, bourgmestre d’Uccle et président du Sénat, s’est montré plus enclin à lâcher du lest face aux négociateurs flamands, rapportent plusieurs sources francophones comme flamandes. Mais d’autres tiraillements ont eu lieu - notamment entre Ecolo et le MR - à propos de la régionalisation de la loi sur les implantations commerciales.
Sur le fond, nous y voilà, Kris Peeters escomptait engranger plusieurs points avant la nouvelle année: caramba, encore raté!
- Le "premier paquet communautaire". Celui-ci avait été négocié par "les Sages" sous la baguette de Verhofstadt III. Les groupes de travail ont tenté de ficeler une réponse aux remarques formulées par le Conseil d’Etat. Rappel, celui-ci avait estimé que plusieurs éléments de la régionalisation de la sécurité routière étaient des non-sens. Pour éviter "les absurdités", les négociateurs ont voulu lister les infractions et ne pas entrer dans la lourdeur d’une loi spéciale. Mais ce travail n’a pas pu être achevé.
La loi Ikea
- MR et Ecolo se sont ensuite empoignés sur la régionalisation de la "loi Ikea": les projets proches des "frontières linguistiques" (en périphérie bruxelloise) posant problème. Pas question, a martelé le FDF, que la Flandre seule dicte les règles commerciales aux abords de Bruxelles. Les verts, eux, ont plaidé pour que la concertation demeure obligatoire en cas d’implantations commerciales en périphérie.
- La discussion sur la régionalisation de la politique de l’Emploi (lire ci-dessous) n’a pas eu lieu: la non-nomination des bourgmestres francophones est venue plomber l’ambiance
Meise contre l’adoption
- Le chapitre sur "les contentieux communautaires" a été remballé devant le Comité de concertation ("La Libre" du 07/11). En marge de ce dossier sur les bâtiments, un compromis a été esquissé sur le "Plantentuin" de Meise par le 1° Wallon, Rudy Demotte, et son homologue flamand, Kris Peeters. Rappel, le Jardin botanique, situé en Région flamande, demeure une institution bicommunautaire - ce que les Flamands ne veulent plus. Selon Peeters, un jury international aurait pu déterminer le statut des collections
- Cette avancée (flamande) sur le Jardin de Meise a été négociée contre une avancée dans le dossier de l’adoption internationale. Le problème réside dans les différences d’appréciation qui sont émises par certains pays selon que l’enfant soit adopté par un habitant du nord ou du sud du pays. En périphérie bruxelloise, les Flamands entendaient mettre un terme au "shopping" à la carte entre les organismes d’adoption. Une concertation devait être organisée entre les ministres Catherine Fonck (CDH) et Steven Vanackere (CD&V). Elle a rapidement tourné court.
- La politique des "grande villes" a également été mise sur la table à la demande du Parti socialiste. C’est que le budget pour cette compétence n’a été fixé que pour une année, et la ministre de tutelle, Marie Arena (PS), est très inquiète. Du coup, Philippe Moureaux (PS) a pressé les négociateurs flamands d’avancer sur le sujet. Il se heurte à un mur: CD&V et Open VLD entendent purement et simplement liquider cette politique fédérale.
Enfin, Kris Peeters a déposé sur la table des négociateurs le célébrissime article195 de la Constitution qui permet de réviser la loi fondamentale. "On a eu un beau débat au moment du dessert, se souvient un négociateur. Mais on n’est arrivé à rien."
Allez, une tombe pour le dialogue de "Communauté à Communauté". Par ici les funérailles.

L'image de la Flandre mise en question au parlement

Le parlement flamand n'a pas guère accordé de crédit mercredi aux textes adoptés mardi par le Conseil de l'Europe sur la démocratie locale et les trois candidats-bourgmestres de la périphérie bruxelloise, s'inquiétant seulement de l'image de la Flandre à l'étranger, à l'issue de ces votes.
Le ministre des Affaires intérieures Marino Keulen (Open Vld) a été interrogé pour la 147e fois depuis le début de son mandat sur la question des trois bourgmestres qu'il refuse de nommer. Ce mercredi, il l'a été par un député Vlaams Belang et une députée LDD.
Il a répété qu'à ses yeux, la recommandation du Conseil de l'Europe (nomination sans délai les trois bourgmestres, révision des lois linguistiques dans les communes à facilités en particulier, adoption d'un système d'élection plus directe du bourgmestre) ne devait pas être entourée de trop d'égards, attaquant au passage celui qui l'aurait initiée, l'ancien ministre-président wallon Jean-Claude Van Cauwenberghe (PS). "Toute cette procédure a été lancée sur base de manigances francophones, avec Jean-Claude Van Cauwenberghe dans le rôle principal, lui qui a pendant des années dirigé Charleroi comme un modèle de démocratie locale", a commenté le ministre flamand.
Le député Vlaams Belang Joris Van Hauthem, affirmant que les Francophones "abusent depuis des années des institutions internationales pour leur usage intérieur", a mis cela sur le compte de "l'absence d'engagement diplomatique du gouvernement flamand, depuis des années également, auprès de ces institutions". Pour améliorer l'image de la Flandre à l'étranger, le ministre Keulen a jugé que la Flandre devrait inviter les "faiseurs d'opinion" du monde entier à faire connaissance avec ce que le nord du pays a à offrir.
Les partis flamands de la majorité ont embrayé. Sven Gatz (Open Vld), Ludwig Caluwé (CD&V) et Annissa Temsamani (sp.a) ont déposé une proposition de résolution visant à lancer un programme international d'invitations. Les "allochtones flamands" doivent aussi y être associés en tant qu'"avocats, plaideurs de la Région", a jugé Marino Keulen, car "ils connaissent la situation aussi bien là-bas qu'ici".

26 octobre 2008

Peeters veut reprendre 20 compétences de Leterme

Le ministre-président flamand Kris Peeters propose que la Flandre (Communauté et Région) reprenne du fédéral une vingtaine de compétences, sans modification législative. Au total, pour la seule Flandre, le budget ainsi transféré à charge des Régions et Communautés s'élèverait à 400 millions d'euros.

Le ministre-président flamand Kris Peeters a dressé une liste d'une vingtaine de compétences que la Flandre pourrait reprendre du fédéral dès l'an prochain, sans modification de la loi, indiquent samedi Het Belang van Limburg et la Gazet van Antwerpen.
Répétant que la Flandre n'est pas prête à bloquer 500 millions d'euros "sur un compte d'épargne" pour aider le budget de l'Etat, Kris Peeters a formulé au premier ministre Yves Leterme une contre-proposition d'un montant de 400 millions.
Il propose que la Flandre (Communauté et Région) reprenne du fédéral une vingtaine de compétences, sans modification législative.
Il s'agit notamment des campagnes de vaccination (46 millions), des ateliers protégés et des ateliers sociaux (47 millions) ou encore du Fonds social mazout et de diverses mesures en matière d'énergie (112 millions).
Au total, pour la seule Flandre, le budget ainsi transféré à charge des Régions et Communautés s'élèverait à 400 millions d'euros.
Kris Peeters émet par ailleurs des critiques couvertes sur l'opération de sauvetage de Fortis par le gouvernement fédéral, de laquelle le gouvernement flamand est resté à l'écart. "Si on nous l'avait demandé, nous nous serions montrés prêts à agir tant pour les petits épargnants et les petits actionnaires de Fortis, que pour ceux de Dexia et Ethias", affirme M. Peeters.

24 septembre 2008

Kris Peeters demande de l'espace et du temps

Leterme exclut démission et remaniement

Le Premier ministre a refusé de démissionner dimanche, malgré les pressions des plus hauts responsables du CD&V qui voulaient préserver le cartel avec la N-VA. De même, il exclut tout remaniement. Crise politique majeure oblige, Yves Leterme n’ira pas à l’assemblée générale des Nations unies à New York ce mardi.
Lire aussi l'édito de Beatrice Delvaux, du Standaard, du Laatste Nieuws, du Morgen.
Lire aussi "Un cartel moribond".

Jambon : « Leterme a perdu sa crédibilité
« Notre but est la réforme de l’Etat, le cartel n’est qu’un moyen d’y parvenir », a déclaré mardi matin Jan Jambon, chef de file de la N-VA à la Chambre, sur les ondes de Bel-RTL, confirmant par ailleurs l’intention de radicalisation du petit parti nationaliste.
« Ce n’est pas dans notre nature de nous calmer, on veut arriver à nos fins et si une réforme de l’Etat devait se mettre en place sans nous, nous la soutiendrions depuis l’opposition. Mais nous n’y croyons absolument pas », a déclaré le député fédéral, ajoutant qu’Yves Leterme aurait dû démissionner de son poste de Premier ministre car il a perdu toute crédibilité.
Interrogé sur les applaudissements nourris des députés N-VA lundi suite aux propos de Filip De Winter, le chef du groupe du Vlaams Belang au parlement flamand, Jan Jambon n’y voit rien de significatif. « C’est un jeu parlementaire de soutenir ses partenaires de l’opposition mais cela n’augure d’aucun rapprochement. Si tout est fini avec le CD&V, nous irons seuls devant les électeurs ».
Jan Jambon précise enfin que si tout le monde pointe le parti du doigt, tout ne sera pas plus facile sans la N-VA. « Plusieurs projets discutés au niveau fédéral tels que les questions de régularisation n’ont pas été bloqués par nous, et dans les négociations communautaires, il n’y a pas une proposition que nous avons été les seuls à rejeter. Le CD&V et l’Open VLD s’y opposaient aussi. C’est un peu facile maintenant de dire que tout est de la faute de la N-VA », a ajouté le parlementaire qui ne voit qu’une très mince chance de maintenir le cartel avec le parti d’Yves Leterme. « Il faut voir comment certains ténors au sein du parti peuvent encore influencer la position du CD&V ».
(Belga)
Le Premier ministre Yves Leterme a annulé son voyage à New York, a annoncé son porte-parole mardi. Il devait se rendre à l’assemblée générale des Nations unies flanqué de Karel De Gucht et de Charles Michel. La Belgique est actuellement membre du Conseil de sécurité de l’ONU.
Mais le parti nationaliste flamand NVA, qui jusque-là formait un "cartel" avec les chrétiens-démocrates flamands d'Yves Leterme, lui ayant retiré dimanche son soutien, le Premier ministre a préféré rester en Belgique, a expliqué son porte-parole, Peter Poulussen.
M. Leterme "doit préparer la déclaration de politique générale du gouvernement qu'il va présenter au Parlement le 14 octobre", qui comprend des chapitres difficiles à boucler tels que le budget ou la politique d'asile, a-t-il ajouté.
Le Premier ministre fédéral va aussi examiner la "nouvelle situation politique" créée par la défection de la NVA, mais il n'est "pas question" pour lui de démissionner ou de remanier son gouvernement, a souligné Peter Poulussen.
Les pressions du CD&V
Le Premier ministre a refusé de démissionner dimanche, malgré les pressions en ce sens des plus hauts responsables du CD&V qui voulaient préserver le cartel avec la N-VA, selon plusieurs médias mardi. Le vice-Premier Jo Vandeurzen, le ministre-président flamand Kris Peeters et la présidente du CD&V Marianne Thyssen ne voyaient dimanche après-midi qu’une solution à la crise : que le Premier ministre remette sa démission au roi.
« Ce scénario, ce sera sans moi ! Si je dois à nouveau démissionner, je suis politiquement mort. Et je préfère alors quitter le parti », leur a répondu Yves Leterme.
Le « G4 » du CD&V, les quatre plus hauts responsables du parti, ont alors tenté d’échafauder des solutions alternatives qui ont été présentées dimanche soir lors de la réunion du groupe de réflexion CD&V/N-VA. Parmi celles-ci, celle d’un gouvernement de transition avec maintien du cartel.
Ce gouvernement de transition aurait dû se charger des dossiers socio-économiques, en attendant les élections de juin 2009. Parallèlement, des négociations informelles sur la réforme de l’Etat étaient prévues en coulisses. Les résultats auraient été formalisés devant tous les parlements, y compris donc le Sénat et la Chambre, après les élections de 2009. Mais la N-VA a refusé.
Le CD&V a alors décidé de laisser tomber la N-VA et d’opter pour le dialogue communautaire sous la houlette de Kris Peeters.
Equilibre modifié au Parlement
A la Chambre des députés, le passage des six élus de la N-VA dans l'opposition a modifié l'équilibre au sein de la majorité, les libéraux des deux communautés linguistiques comptant désormais plus de sièges que les chrétiens-démocrates dont est issu M. Leterme. Autre paradoxe, 53 députés francophones soutiennent à présent le gouvernement d'un Premier ministre flamand, contre seulement 42 députés néerlandophones.
Cependant, "aucun partenaire de la majorité n'a demandé une réorganisation" du gouvernement, a insisté M. Poulussen.
A l'issue d'un week-end à rebondissements, le gouvernement flamand s'est prononcé lundi pour des négociations avec les francophones sur la réforme du système fédéral, se dissociant des nationalistes de la NVA.
Si cette décision a levé un des grands obstacles à ces discussions que les partis belges n'arrivaient pas à lancer depuis les élections de juin 2007, elle a dans le même temps fragilisé la position du Premier ministre, "père" du cartel avec la NVA.

Le ministre-président flamand est revenu sur ses commentaires concernant la délégation francophone en vue du dialogue communautaire.
Le ministre-président flamand Kris Peeters (CD&V) a souligné mardi, lors d'un cours à l'université de Gand, la nécessité de "créer de l'espace et du temps" pour en arriver à une grande réforme de l'Etat.
Kris Peeters était l'invité du professeur Carl Devos pour la leçon d'ouverture de la première année du baccalauréat en sciences politiques et sociales de l'université de Gand. Evoquant en fin de cours la réforme de l'Etat, il a dressé un parallèle avec les négociations avec les Pays-Bas sur l'approfondissement de l'Escaut, relevant notamment la nécessité de donner de l'espace et du temps aux négociations. "Les Néerlandais disaient aussi: ce n'est pas dans notre intérêt, donc pourquoi répondrions-nous à votre souhait ? Pourtant, en créant de l'espace et du temps, on constate que quatre traités de l'Escaut ont depuis été ratifiés", a-t-il indiqué.
Cette création d'espace et de temps pour le dialogue s'avère également nécessaire aujourd'hui pour parvenir à une grande réforme de l'Etat, a-t-il ajouté. "Si nous, Flamands, nous considérons comme des adultes, nous devons avoir le courage de dire que nous entamons le débat. Nous ne devons pas laisser cela à un autre (le niveau fédéral, ndlr) pour dégager une solution", a-t-il indiqué. Le ministre-président flamand est par ailleurs revenu sur ses commentaires concernant la délégation francophone en vue du dialogue communautaire, qu'il avait qualifiée d'équipe B.
"La partie wallonne du pays possède une autre culture; là, ce sont les présidents de partis politiques qui ont à dire ceci et cela. Mais qui suis-je pour leur dire qui ils doivent prendre dans leur équipe? ", a-t-il indiqué. Il s'est irrité de ceux qui jugent peu élevées les chances de réussite du dialogue communautaire, "avant même son commencement". "Quelle est l'alternative à des discussions entre gouvernements des entités fédérées ? (...) J'ai constaté chez les Francophones une volonté de négocier, et j'imagine que je serai jugé là-dessus si cela échoue", a-t-il dit.
Kris Peeters s'est en revanche montré peu disert sur l'avenir du cartel avec la N-VA, soulignant que ce dernier était encore aux affaires dans nombre de villes et communes.

Groen ne se dit pas enclin à dépanner Leterme I
Leterme annule son voyage à New York

10 septembre 2008

Peeters demande des interlocuteurs crédibles

Le ministre-président flamand, Kris Peeters, a insisté mercredi, à l'occasion d'un entretien avec les médiateurs royaux, sur la nécessité d'envoyer des délégations crédibles au dialogue interinstitutionnel.Les trois médiateurs (François-Xavier de Donnéa, Raymond Langendries et Karl-Heinz Lambertz) ont reçu une nouvelle fois le ministre-président flamand après leurs entrevues de la veille avec les présidents des partis francophones et les présidents des partis flamands. Tant avant la rencontre qu'après celle-ci, M. Peeters s'est dit "inquiet" de la crédibilité du dialogue. "Je ne serai apaisé que lorsque le dialogue commencera et tout à fait apaisé lorsqu'il débouchera sur des résultats concrets", a-t-il dit.Les délégations francophone et flamande se doivent d'être crédibles, a-t-il rappelé. Des craintes se sont fait entendre en Flandre sur le poids politique des personnalités francophones qui seront mandatées. "J'attends que des deux côtés, il y ait des gens compétents et sérieux", a dit le ministre-président. M. Peeters ne veut pas d'un scénario où les résultats "seraient réduits à zéro". "Si c'est une discussion de comptoir, je passe mon tour et je ne demanderai pas au gouvernement flamand d'y participer", a-t-il ajouté.De leur côté, les médiateurs vont s'atteler à la rédaction du rapport définitif qu'ils présenteront au roi. Il espèrent boucler leur travail pour le début de la semaine prochaine.

30 août 2008

« Bruxelles, Région spéciale et spécifique »

« Peeters rompt le pacte des Belges »

Les propos du ministre-président flamand Kris Peeters faisant de la Région bruxelloise une institution « spéciale » non directement associable au dialogue de communauté à communauté constituent une « rupture du pacte entre les Belges », réagit le ministre-président de la Région-capitale Charles Picqué.


Le ministre-président flamand Kris Peeters a répété samedi dans le quotidien Le Soir qu'il était prêt à représenter la Flandre dans un dialogue de communauté à communauté en vue d'une réforme de l'Etat, rappelant qu'à ses yeux la Région bruxelloise ne pouvait y être directement représentée, car elle constitue une entité « spécifique » voire « spéciale ».
Il s'agit à cet égard d'une « rupture du pacte entre les Belges », a indiqué dimanche le ministre-président bruxellois, Charles Picqué, interrogé par l'agence BELGA.
« Les Bruxellois ont obtenu la reconnaissance de leur Région il y a maintenant vingt ans », a rappelé M. Picqué. « Le fait de ne pas vouloir associer Bruxelles aux discussions sur l'avenir des Belges, c'est faire montre d'un mépris qui devient totalement intolérable », a-t-il ajouté, soulignant que la proposition de M. Peeters visait « la négation d'un million de Belges pourtant intéressés par le sort qu'on entend leur réserver ».
Le ministre-président Picqué a par ailleurs indiqué que la prise de position de son alter ego flamand était aussi intolérable « pour les Flamands de Bruxelles ». Il constate à cet égard que la bonne entente qui caractérise le dialogue entre Wallons et Bruxellois n'est pas de mise entre institutions bruxelloise et flamande. Selon lui, cela s'explique par le fait que « d'un côté, on est traité d'égal à égal, de l'autre, on entend s'occuper des Bruxellois mais sans eux ».

Kris Peeters, Comment voyez-vous Bruxelles ?

A mes yeux, Bruxelles est une Région à la fois spécifique et spéciale, dans le sens positif du terme. Spéciale, parce que c’est la capitale de la Belgique, de la Flandre, de l’Europe. Et spéciale, aussi, parce que c’est une grande ville multiculturelle. J’espère que nous pourrons parler de l’avenir de Bruxelles. Qui peut du reste légitimement dire qu’elle a un problème de financement. Les transferts filent vers la Wallonie en passant au-dessus de la tête de Bruxelles, qui n’a pas son dû.

Bruxelles peut-elle être présente à la table des négociations ?

Nous n’excluons pas Bruxelles du dialogue. Dans l’accord de gouvernement flamand, on précise que la Belgique est constituée de deux entités fédérées, avec une approche spécifique pour Bruxelles et la communauté germanophone. Les francophones disent que Bruxelles est une Région comme la Wallonie ou la Flandre. Je trouve ça un peu étrange, car c’est notre capitale et c’est par définition un statut spécifique. Bruxelles a un potentiel énorme et nous devons l’aider à se développer. Bien sûr, cela concerne les Bruxellois mais aussi les Flamands et Wallons. Parce que c’est notre capitale. Les efforts en matière de financement, nous devons les faire ensemble. Et nous ne pouvons pas, avant même que le dialogue ne soit lancé, apporter une réponse à la question de son statut.


Mais pour les francophones, la présence de Bruxelles à la table, d’entrée de jeu, est essentielle…

Je n’ai pas de problème à impliquer Bruxelles surtout quand on discute de questions bruxelloises. Comme on le fera avec le fédéral. La vraie question, c’est comment et quand. C’est à cela que travaillent les médiateurs. Mais un dialogue de Communauté à Communauté, ça se fait à deux.


Quel statut devrait, selon vous, avoir Bruxelles ?

L’accord du gouvernement flamand précise que Bruxelles doit être une Ville-Région. Je pense que nous avons commis l’erreur, en Flandre, d’avoir des relations difficiles avec Bruxelles, de ne pas y investir assez. Par certaines positions, nous la poussons dans les bras de nos amis wallons. Or, il y a des Flamands qui vivent à Bruxelles. Il faut donc discuter, en toute transparence, dans la confiance, de l’avenir de Bruxelles. Et Bruxelles ne peut pas dire « donnez-nous de l’argent et c’est tout, pour le reste, ne vous mêlez pas de nos affaires ». C’est trop facile et ce n’est pas une attitude très positive.


La crainte du côté francophone, c’est que la Flandre rêve d’une cogestion de Bruxelles par les deux communautés. Fondée ?

Il y a des craintes des deux côtés : en Flandre, on a peur du corridor. On craint que Bruxelles soit annexée par la Wallonie. Pour que le dialogue soit un succès, il faut oublier les peurs et discuter. Pour le reste, je ne vais pas anticiper le débat.

18 juin 2008

Les nouveaux habits du trio

La Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg ont signé un nouveau traité mardi. L'"Union Benelux" est créée pour une durée indéterminée. "Une symbolique particulière dans le contexte de crise" de l'Union européenne.
Dans le contexte de crise que connaît aujourd'hui l'Union européenne, la signature du traité Benelux revêt une symbolique particulière", estime Marie-Dominique Simonet, la ministre des Relations internationales de la Communauté française et de la Région wallonne.
Voilà trois Etats qui " décident d'aller de l'avant et de montrer qu'une coopération renforcée sur plusieurs thématiques spécifiques est possible".
Flanqué de cinq ministres - fédéral, régionaux et communautaires -, le chef du gouvernement belge Yves Leterme s'est rendu à La Haye, mardi soir, pour signer l'acte de fondation de l'Union Benelux, une toute nouvelle mouture - plus ramassée - du traité qui institua pour un demi-siècle l'Union économique Benelux entre la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg. L'accord trilatéral, qui reconnaît désormais le caractère fédéral de la Belgique, vient ainsi de voir sa durée de vie indéterminée et son champ de compétences élargi dans les domaines de l'union économique, du développement durable, de la justice et des affaires intérieures, avec l'ambition de conserver au trio un rôle de pionnier au sein des Vingt-sept.
"L'UE travaille sur plusieurs terrains que nous occupons aussi", mais pas de quoi considérer le Benelux comme "superflu", déclarait récemment à "La Libre" son secrétaire général, le Néerlandais Jan P.R.M. van Laarhoven. "Il est toujours plus facile de discuter et de prendre des décisions à trois pays plutôt qu'à Vingt-sept. L'intérêt de l'existence du Benelux est même plus grand qu'il l'était il y a dix ans." Si ses chefs de gouvernement ont pris l'habitude de se voir avant chaque sommet européen, la coopération politique n'a cependant pas toujours été idyllique et les dirigeants ont parfois eu du mal à masquer leurs divergences.
Le Benelux avait vu le jour le 1er janvier 1948 lorsque les trois voisins décidèrent de supprimer les droits de douanes, d'imposer une taxation commune unique sur les produits importés et d'assurer la libre circulation des personnes. Cet accord, qui fut le premier exemple d'intégration économique en Europe après la Seconde Guerre mondiale, servit de précurseur et de modèle à l'intégration européenne; c'est d'ailleurs le Benelux qui proposa, dans son mémorandum d'avril 1955, "l'établissement d'une Europe unie" qui "ne pourrait réussir si une intégration économique générale n'était pas entreprise". L'Union économique Benelux a ensuite été instituée par traité le 3 février 1958. "Aux parlementaires du Benelux de faire que cet exemple soit contagieux !" pouvait-on lire dans "La Libre" du 4 février 1958.

Kris Peeters menace de boycotter le traité Benelux

Le ministre-président flamand Kris Peeters (CD&V) a obtenu du gouvernement des Pays-Bas la garantie que la Première Chambre donnera son aval à l'approfondissement de l'Escaut occidental, rapporte mercredi le quotidien De Morgen.
M. Peeters a reçu cette garantie après avoir menacé de rester à l'écart de la signature solennelle du nouveau traité Benelux, mardi soir à La Haye.
L'approfondissement de l'Escaut est crucial pour le port d'Anvers. Quelques heures avant la signature de ce nouveau traité, la Première Chambre avait déjà affiché sa bonne volonté en promettant l'approbation des traités de l'Escaut, qui devrait intervenir avant l'été.

12 juin 2008

La Flandre nie la Région bruxelloise

Les positions sur l'avenir institutionnel du pays commencent à se clarifier. En réponse au projet de fédération Wallonie/Bruxelles, Kris Peeters, le ministre-président flamand ne veut pas d'une Belgique à trois. Il l'a avoué mardi soir, lors d'un débat organisé par « Le Soir » et « De Morgen ». L'intégralité du débat / L'édito de Véronique Lamquin

Flou, l'avenir institutionnel du pays ? Vu du 16, rue de la Loi, l'image est brouillée. Vu de Namur, la perspective s'est éclaircie, avec la fédération Wallonie-Bruxelles basée sur le fait régional. Vu de Flandre, l'horizon s'est soudain éclairci : mardi soir, en plein débat sur Bruxelles, devant 600 personnes conviées par le Soir et le Morgen au Théâtre National, Kris Peeters a joué les diseurs de vérité flamande. Déterminé, le ministre-président flamand CD&V a surpris. Mais a au moins eu un mérite, celui de la clarté.
1Que dit la Flandre ? Kris Peeters était venu, a-t-il avoué, « dire qu'il allait continuer à investir à Bruxelles ». Sous-entendu de l'argent flamand pour une présence flamande. Car de l'argent qui financerait les besoins d'une capitale en termes de mobilité, d'infrastructures, de sécurité, « ce ne serait pas une réponse aux problèmes ». Mais surtout, le Premier flamand a une vision claire du pays, à court terme : une Belgique avec deux entités fédérées. Et Bruxelles ? Kris Peeters lui donne « un statut à part ». « Ce qui revient, au mieux, à un condominium cogéré par les deux autres entités ; au pire à une annexion par la Flandre », décode Rudy Demotte, ministre-président wallon et communautaire (PS).
2Peeters, porte-voix de la Flandre ou franc-tireur isolé ? En janvier, son prédécesseur place des Martyrs, un certain Yves Leterme, lâchait : « Bruxelles est une région qu'il faut respecter, qui a sa particularité, mais qui doit pouvoir discuter d'égal à égal avec les autres Régions. » Et de se dire, dans la foulée, « prêt à faire financer par d'autres des politiques bruxelloises pour l'instant à charge de la capitale ». Le CD&V dont les Dehaene et Vandenbrande (rejoints en cela par un Tobback) cachaient mal leur mépris pour la capitale, avait-il viré de bord ? Premier doute, fin avril, quand Wouter Beke lâche au Soir que non, « la Région bruxelloise n'est pas une région à part entière ». Hier soir, Kris Peeters a dissipé le doute.
Mais au fond, que veulent les Flamands pour cette ville qu'ils ont choisie comme capitale ? La question, sur fond de négociations institutionnelles, sème le trouble dans tous les états-majors. Au CD&V, on précise que la présidente Thyssen préfère ne pas s'exprimer et on renvoie, pour la position officielle du parti, aux propos de Kris Peeters…
Au SP.A et au VLD, on considère que Bruxelles est une affaire… de « Bruxellois » : on y renvoie à des mandataires de la capitale pour exprimer la position officielle du parti. Peur de dévoiler des cartes à l'aube de la grande joute institutionnelle ? Bart Somers et Caroline Gennez filent le sujet respectivement à Sven Gatz et Pascal Smet. Qui, eux, voient un fédéralisme belge à trois pattes. Avec quelques bémols quand même. « Bruxelles a un statut spécifique. Plutôt que de cogestion, je préfère parler de contractualisation avec la Flandre et la Wallonie », explique Pascal Smet qui n'a guère apprécié les propos de Louis Tobback, déchaîné, mardi soir, lors du débat, assénant sans relâche ses attaques sur la « suffisance des Bruxellois » qui pleurent pour un refinancement. « Il s'est exprimé en son nom personnel », précise Smet. Mais d'ajouter que ces propos reflètent sans doute bien ce que beaucoup de Flamands « et sans doute de Wallons » pensent de Bruxelles.
Du côté du VLD, on perçoit aussi Bruxelles comme une « Région à part ». Et on se réfère à la piste lancée par Verhoststadt sur « la communauté urbaine » impliquant le Brabant flamand et wallon. Et son financement ? « Certains Flamands restent toujours dans une logique de refus de transferts financiers en faveur de Bruxelles, regrette Sven Gatz. Pourtant la Région doit, dit-il, pouvoir bénéficier « d'un financement équitable compte tenu des charges de capitale ». Mais à une condition : une centralisation accrue de certaines compétences communales. Comme la police, les CPAS, la mobilité. Même approche au SP.A. « On est pour un refinancement mais on peut économiser par une meilleure organisation, conclut Pascal Smet. Il n'est pas question pour la Flandre de lâcher Bruxelles malgré certains propos caricaturaux. »
3Pourquoi ce grand cri flamand ? En disant qu'il ne veut pas d'une Belgique à trois, Kris Peeters ne dit pas encore quel projet il a pour Bruxlles. Tout au plus laisse-t-il sous-entendre des envies de cogestion de la capitale (sur le thème « C'est notre ville, nous avons le droit de participer à sa gestion »). « J'espère me tromper, décode Charles Picqué. Mais l'une des possibilités, c'est que la Flandre soit dans une stratégie à deux phases : d'abord on démantèle le fédéral. Puis on constate que Bruxelles ne s'en sort plus et n'a d'autre choix que de demander sa mise sous tutelle. » « La grande différence entre le projet de la Flandre et celui que j'ai avec Picqué, souligne Rudy Demotte, c'est que l'un nie la Région bruxelloise et que l'autre l'intègre pleinement. Du reste, la Flandre balance entre deux logiques : territoriale ou communautaire. Alors que nous sommes clairement dans une stratégie territoriale. » Et si, au fond, la Flandre ne savait que faire de cette capitale qu'elle a pourtant choisie ?

Un débat organisé par Le Soir et De Morgen
Trois ténors pour un débat explosif sur Bruxelles

UNE SALLE pleine à craquer, pour débattre de l'avenir de la capitale. Le public a lui aussi donné de la voix. Un débat tendu organisé mardi soir au théâtre National à Bruxelles par "Le Soir" et "De Morgen".Picqué, Demotte, Tobback et les spectateurs: les vidéos du débat.

Les Flamands la trouvent mal gérée, les francophones la disent sous-financée. Mais au fond, quel avenir pour Bruxelles ? Pour y répondre, dans la salle du Théâtre National, 600 personnes (réunies, hier soir, à l'invitation du Soir et du Morgen) et, sur scène, des ténors des 2 communautés (Demotte, Peeters) ; le gouvernement bruxellois est bien représenté (Picqué, Demotte, Vanhengel).
Sur les planches, la tension est palpable. Louis Tobback chauffe la salle, égrène ses slogans acerbes. Kris Peeters martèle la position du CD&V : pas question de lâcher Bruxelles, mais pas question non plus de lui conférer un statut digne de ce nom. Les francophones écoutent, sidérés. Tendu, le débat aura donc eu ce mérite de faire tomber les masques flamands. La salle, elle, réagit. Applaudit, murmure, s'inquiète. Qu'en retenir ? C'est ce que nous avons demandé à trois participants. Avant. Et après.

« On oublie toujours Bruxelles »

Avant : « J’espère qu’on parlera du futur de notre superbe ville. Le problème, en Belgique, c’est que l’on retrouve des extrémistes dans les deux camps et qu’on oublie toujours Bruxelles. C’est frustrant pour les Bruxellois.
Ce qui m’énerve, c’est que Wallons et Flamands prennent avec eux leurs tartines et ne participent pas vraiment à la vie de la capitale. Je m’interroge aussi sur le futur institutionnel de Bruxelles. Et sur l’avenir de la ville en termes d’urbanisme. Quelqu’un a-t-il une vision architecturale de la ville ? »
Après : « On a entendu des pistes déjà évoquées mille fois. La seule chose nouvelle dont j’ai entendu parler c’est l’euro-métropole comme elle existe à Lille. Je suis un peu déçu que l’on n’ait pas abordé la problématique de l’architecture mais je m’en doutais un peu.
J’ai à nouveau eu l’impression d’entendre des navetteurs qui ne connaissent pas beaucoup Bruxelles et ne l’apprécient guère. Même chose pour Kris Peeters (ministre-président flamand) qui ne semble pas avoir compris les frustrations des Bruxellois. Contrairement à ceux qui connaissent vraiment Bruxelles comme Vanhengel et Picqué. »

17 avril 2008

Peeters ravi d'avoir en Demotte un interlocuteur "francophone-wallon"

Le ministre-président flamand Kris Peeters (CD&V) s'est déclaré mardi ravi du fait que le gouvernement flamand dispose désormais clairement, en la personne du ministre-président de la Région wallonne et de la Communauté française Rudy Demotte (PS), d'un interlocuteur "francophone-wallon".M. Peeters était interrogé mardi en commission des Affairesintérieures du parlement flamand par le député Sven Gatz (Open Vld), sur l'attitude du gouvernement flamand concernant le récent double mandat de M. Demotte et sa politique annoncée de renforcement des liens entre les entités wallonne, francophone et bruxelloise. Pour Kris Peeters, les francophones ont opté avec Rudy Demotte pour une sorte d'"union personnelle". Il a souligné qu'une fusion entre la Communauté française et la Région wallonne n'était pas à l'ordre du jour et restait même un sujet "sensible", d'après les réactions qu'il a perçues du côté francophone.La Flandre reste partisane d'une coopération renforcée avec la Région bruxelloise, notamment dans les domaines de la mobilité et du travail, a-t-il ajouté. Répétant la nécessité d'un respect mutuel et d'une "loyauté fédérale", Kris Peeters a rappelé que la Flandre n'accepterait aucun élargissement territorial de Bruxelles.

31 mars 2008

Le plan flamand pour scinder l’emploi

La FGTB met en garde contre la rupture de solidarité

Les partis flamands ne cachent pas leur volonté de régionaliser certains pans de la politique de l’emploi. Kris Peeters (CD&V), ministre- président flamand, lève le voile sur ses revendications précises. Il souhaite notamment que les Régions puissent octroyer des primes d’activation.

S’il ne devait y avoir qu’un dossier au menu institutionnel, ce serait celui-là : le marché de l’emploi. Au Nord, on jure que c’est dans ce domaine que les besoins de réformes sont les plus criants. Au Sud, on ne ferme pas la porte aussi hermétiquement que pour d’autres revendications flamandes. Reste à savoir ce qui pourrait servir de plus petit dénominateur commun. Devant le silence général, un homme s’est jeté à l’eau : Kris Peeters, ministre-président flamand (CD&V), qui a détaillé ce dimanche à la VRT ses revendications.
En pratique, au nom « des défis majeurs que doit relever la Flandre », Kris Peeters souhaite introduire des germes de régionalisation dans trois volets du marché de l’emploi. Il entend d’abord permettre aux Régions de réduire les coûts salariaux pour certains groupes cibles, tels les travailleurs âgés, les chômeurs et les allochtones. Il souhaite ensuite rendre plus homogène la répartition des compétences au niveau de l’outsourcing, des ALE et des titres-services. Enfin, et surtout, il entend responsabiliser les Régions en termes d’activation des chômeurs. Et d’y aller, déjà, de propositions concrètes : Kris Peeters propose d’octroyer, aux chômeurs, en plus de leur allocation de base, une prime régionale d’activation, calculée en fonction des efforts fournis par les intéressés en vue de décrocher un emploi.
Divergences de traitement
Telle que définie par le mandataire CD&V, la proposition introduirait donc des divergences de traitement entre chômeurs de Flandre, de Bruxelles ou de Wallonie… Il n’en fallait pas plus pour faire réagir la FGTB. « C’est inadmissible. Pas question de toucher à la Sécurité sociale », martèle Anne Demelenne. Pour la secrétaire générale de la FGTB, tant le principe même de la prime que l’idée de la régionaliser sont inacceptables. « Pour réduire le chômage, ce qu’il faut faire, c’est investir dans la formation, dans la recherche… En plus, l’évaluation des politiques d’activation montre que les chômeurs cherchent activement du travail. Pourquoi, dès lors, passer par des mesures qui risquent de rendre victimes certaines personnes ? »
Réaction plus positive à la Fédération des entreprises de Belgique, qui ne se prononce pas sur l’opportunité de confier cette prime d’activation aux Régions ou au fédéral. Mais qui salue l’idée. « Le système belge d’encadrement des chômeurs est trop passif », dit le porte-parole de la FEB. Un accord de principe mais dans le respect des concepts défendus par les patrons pour qui « la priorité, c’est que les choses ne soient pas rendues plus complexes pour les employeurs. Et nous réaffirmons notre attachement au maintien de la solidarité interpersonnelle. », ajoutant que « le modèle actuel, avec les services régionaux d’accompagnement et l’organe de contrôle au niveau fédéral fonctionne bien. ». Donc, même sur ce dossier, l’accord n’est pas pour demain. Ni pour le 15 juillet ?

29 août 2007

Kris Peeters veut modifier les heures du transport routier

Le transport routier de marchandises devrait s'effectuer plus tard dans la matinée et aux alentours de l'heure du midi, selon une étude commandée par la Région flamande. Le ministre-président flamand également en charge des ports, Kris Peeters (CD&V) va lancer, en collaboration avec le secteur de la logistique, une série de projets pilotes visant une meilleure répartition du transport par la route, a annoncé mardi le cabinet de M. Peeters. L'Université d'Anvers a mené une enquête pour déterminer si une optimalisation et/ou une extension des temps de chargement et de déchargement des différents acteurs de la chaîne logistique peuvent contribuer à une meilleure répartition du transport de biens par la route. Il ressort de l'étude qu'une extension des temps de chargement et de déchargement ne serait pas indiquée. Par contre, un déplacement des flux de transport des heures de pointe matinales à un moment plus tardif dans la matinée ou à la pause de midi semble une solution plus adaptée. Il y a déjà des accords avec Bekaert et Volvo Logistics pour les projets pilotes qui devraient débuter cet automne. (belga)

La vignette pour Leterme
(29/08/2007)
Impôts, routes, sport, budget, communautaires, le ministre Daerden dresse ses priorités. Il craint le prochain accord fédéral

Michel Daerden est revenu de vacances pour inaugurer la nouvelle aire autoroutière de Lichtenbusch, sur la E40 à la frontière allemande. "Nous avons beaucoup travaillé. " Même sur le dossier de la vignette ? "Je vais la remettre sur le métier. J'ai trouvé un système qui va séduire Leterme."
L'homme fort du budget francophone ne cache pas non plus qu'il analyse ses finances : "On réfléchit sur les impôts. Je présenterai également un ajustement budgétaire au Parlement wallon dès la rentrée. Je n'ai aucun problème de budget actuellement. Toutefois, je crains le contenu du prochain accord du fédéral. Que contiendra-t-il ?"
Vraiment inquiet ? "Quelles seront les futures modalités financières pour les Régions et les Communautés. Cela pourrait avoir un impact important. À cela, il faut ajouter la hausse des taux d'intérêt. Ce n'est pas négligeable."
Le ministre ajoute que "le fait qu'il n'y ait pas de gouvernement fédéral n'a toutefois pas d'impact sur le fonctionnement de la Région."
Il craint aussi le vieillissement de la population : "C'est un vrai défi. On n'en tient pas assez compte."
Il veut aussi investir dans le sport de haut niveau : "Des moyens seront dégagés et des synergies seront poussées. Nous avons d'excellentes infrastructures et en nombre. Il faut mieux les utiliser au travers de l'axe Mons-Liège."

Hier, Michel Daerden, a annoncé que l'une de ses priorités était la sécurité et la propreté du réseau routier wallon. "J'ai dégagé 20 millions d'euros pour permettre le ramassage des déchets, via notamment l'engagement de 168 personnes dans le cadre du PTP. Je veux que notre réseau soit l'un des plus beaux d'Europe".

Le ministre Daerden a rappelé la volonté du gouvernement wallon de labelliser les aires autoroutières. Une idée lancée par le ministre Lutgen voici peu. Hier, sur l'aire de Lichtenbusch, il a inauguré le premier hôtel wallon situé sur une aire autoroutière. "Cette aire de Lichtenbusch est une des 18 aires autoroutières wallonnes qui vont être rénovées. La prochaine aire à présenter un nouveau visage sera celle de Spy, sur la E42".
Enfin, un projet pilote d'installation du wifi sur une aire autoroutière sera lancé par la Sofico en 2008.

M. Daerden veut faire du réseau routier wallon le plus beau d'Europe

L'inauguration de la nouvelle aire autoroutière de Lichtenbusch, sur la E40 à la frontière allemande, a été l'occasion pour le ministre wallon de l'Equipement, Michel Daerden, d'annoncer qu'une des priorités était la sécurité et la propreté du réseau routier wallon. Son ambition est d'en faire "un des plus beaux d'Europe".

Le point fera prochainement l'objet d'une réunion au MET mais le ministre a déjà pointé ses priorités. Le nettoyage des abords des routes et autoroutes, des aires autoroutières et des bretelles de sortie, sera amélioré.
Les ouvrages d'art, les glissières, les ponts et les bermes seront également nettoyés et réparés. Le ministre a rappelé qu'une somme de 20 millions d'euros avait été débloquée pour permettre le ramassage des déchets, via notamment l'engagement de 168 personnes dans le cadre du PTP (programme de transition professionnelle).La nouvelle aire autoroutière de Lichtenbusch fait partie de cette modernisation du réseau. Le ministre Daerden a en effet rappelé la volonté du gouvernement wallon de labelliser les aires autoroutières. L'aire de Lichtenbusch dispose désormais d'une station-service avec un shop, d'un restoroute et d'un hôtel. Un investissement de 13 millions d'euros a été consenti sur le site. L'aire se singularise par une passerelle qui relie les deux sens de l'autoroute, mais également par le premier hôtel wallon situé sur une aire autoroutière. Il s'agit d'un hôtel "Etap" de 86 chambres, qui sera terminé à la mi-septembre. L'aire de Lichtenbusch est une des 18 aires autoroutières wallonnes qui vont être "reliftées". La prochaine aire à présenter un nouveau visage sera celle de Spy, sur la E42. (belga)

12 juillet 2007

Les pépins de l’orange-bleue

Dehaene épépine les oranges
Jean-Luc Dehaene poursuit sa mission. Les discussions du médiateur-négociateur semblent progresser. Mais pour l'instant, on ne discute qu'entre partis orange, CD&V et cdH.

Les discussion seraient déjà très avancée pour ce qui est des revendications socio-économiques mais aussi sur des demandes en matière de refinancement des départements de la Justice et de l'Intérieur.

Une réunion est prévue ce dimanche entre les deux partis pour parler du budget. Sur le plan institutionnel, les discussions porteraient essentiellement sur le sort de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Et les positions "se rapprocheraient". Le cartel CD&V/N-VA "reverrait ses exigences à la baisse". C'est en tout cas ce que l'on dit dans l'entourage du cdH.

Reste aussi à confronter tout cela aux exigences de la famille libérale, mais il n'est pas exclu que Jean-Luc Dehaene termine bientôt sa mission et passe le relais au formateur Yves Leterme à la fin de la semaine. Mais on sait que Jean-Luc Dehaene déteste s'enfermer dans des calendriers.

Par ailleurs, on a aussi appris que le médiateur a prévu de nouvelles rencontres avec les libéraux. Il devrait notamment rencontrer le président du MR Didier Reynders ce dimanche. Celui-ci a précisé samedi que plusieurs réunions sont déjà programmées entre le MR et l'Open VLD pour mettre au point le cahier de revendications libérales.


Jean-Luc Dehaene va tout faire pour que ces deux couleurs soient celles du futur gouvernement fédéral.
Mais les obstacles pour former une telle coalition restent malgré tout encore bien réels.

En route vers l'orange bleue, Jean-Luc Dehaene va tout faire pour que ces deux couleurs soient celles du futur Gouvernement fédéral. Jean-Luc Dehaene a pris acte des positions de tous les partis. Et il en a conclu que c'est la seule option possible.

Les probables futurs protagonistes réagissent. Didier Reynders rappelle que, comme président du MR et avec le VLD, il avait, depuis les élections, marqué son opposition à un tripartite et marqué sa préférence pour l'orange bleue. Il aura fallu l'intervention d'un médiateur, dit Didier Reynders pour concilier la position de la famille chrétienne humaniste nationaliste et arriver un mois après à la même conclusion.

Famille chrétienne humanistes nationaliste, l'expression a aussitôt fait bondir Joëlle Milquet. Cette famille n'existe pas dit le cdH et la présidente du parti précise : ce que l'ex-informateur appelle indument conciliation interne entre cdH et CD&V est tout simplement le refus par le cdH des revendications flamandes, revendications posées y compris par VLD.

Ces revendications flamandes, le nouveau ministre président flamand les a évoqué mardi dans son discours à l'occasion fête de la communauté flamande, une fête qui se déroule ce 11 juillet. Pour Kris Peeters l'accord de gouvernement devra comporter des indications claires de transfert de nouvelles matières vers les entités fédérées. S'en tenir à l'amélioration de la collaboration entre entité du pays ne suffira pas. Kris Peeters a aussi insisté sur la loyauté fédérale. L'occasion pour lui de critiquer ceux qui remettent en question les frontières des régions et des communautés ou qui s'en prennent à l'homogénéité linguistique du territoire flamand.

Les discussions vont devenir intense puisque Jean-Luc Dehaene juge toujours souhaitable qu'Yves Leterme entre en piste le 21 juillet.

L'orange bleue seule option réaliste pour Dehaene
Jean-Luc Dehaene s'engagera dans les jours à venir à éliminer suffisamment les obstacles qui subsistent pour ouvrir la voie à un formateur qui pourrait mettre sur pied un gouvernement de coalition orange bleue.

10 jul 2007 14:59
Le médiateur-négociateur a rencontré la presse mardi après-midi après avoir fait un rapport intermédiaire au Roi. Il a expliqué avoir testé la position des différentes formations face aux diverses coalitions possibles. En conclusion de ses contacts, il a constaté que l'orange bleue était la seule option réaliste.

Il a ajouté qu'il avait constaté que le cdH "ne refuse pas de continuer à approfondir" les discussions informelles qu'il a menées jusqu'à présent en vue de "tester la faisabilité d'une coalition éventuelle orange bleue qui, certes, continue à comporter un nombre important d'obstacles insuffisamment résolus à ce jour". Le médiateur-négociateur va donc consacrer les prochains jours à tenter de lever ces obstacles.