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02 octobre 2008

Fortis: Di Rupo pointe du doigt Didier Reynders

Le président du PS, Elio Di Rupo, est d'avis que la situation à Fortis nécessitait une intervention du gouvernement au profit des gens. M. Di Rupo pointe cependant du doigt une série d'autorités qui devront rendre des comptes, au rang desquels le ministre des Finances, Didier Reynders.
Le PS entend se mettre aux côté des gens, des épargnants, ceux qui ont un compte courant ou qui sont liés à des fonds de pension, mais aussi aux côtés des petits actionnaires, a indiqué, lundi à l'issue du Bureau de parti, Elio Di Rupo, justifiant la nécessité dans le chef du gouvernement d'intervenir auprès de Fortis. Ne pas intervenir eut, en outre, été catastrophique pour l'économie belge, a précisé M. Di Rupo.
Fixant ses priorités dans le cadre de la gestion de la crise financière, le président du PS a par ailleurs indiqué lundi que certains devront rendre des comptes. "La manière dont les choses se sont produites est scandaleuse, il doit y avoir une enquête", a indiqué M. Di Rupo, s'interrogeant notamment sur le rôle de la Commission bancaire et financière (CBFA) dans le dossier Fortis. Selon lui, la CBFA a fait preuve d'errements en matière de contrôle et d'alerte, un rôle qui lui revient. Contrairement à d'autres pays, chez nous, c'est la CBFA qui contrôle et pas la banque centrale, a-t-il rappelé.
"Si ça avait été la Banque nationale, on aurait déjà entendu les demandes de démission", a indiqué M. Di Rupo (le gouverneur Guy Quaden est étiqueté socialiste, Ndlr). Outre la CBFA, M. Di Rupo a pointé du doigt la responsabilité du "ministère des Finances" mais aussi du "ministre des Finances". Elio Di Rupo a tenu à démonter le discours du vice-premier ministre et ministre des Finances Didier Reynders, président du MR, qui fustige la gestion de la Région wallonne et la politique du PS, qualifiées d'archaïques et dignes de l'Union soviétique. Le président du PS, a invité lundi les observateurs à s'intéresser à la politique menée par le ministre des Finances qui, vendredi encore, tenait un discours rassurant sur Fortis, répétant notamment que la banque était solvable.
"Permettez au président du parti socialiste de trouver indécent qu'on puisse être attaqué, ces dernières semaines encore, avec des termes inappropriés, alors qu'il apparaît aujourd'hui que certains ont des responsabilités dans le monde des finances", a-t-il dit, évoquant le dossier Fortis. "C'est trop facile de critiquer les autres et de ne pas assumer ses propres responsabilités", a-t-il précisé. "J'y reviendrai". Le président du PS voit dans la crise actuelle "la faillite du système libéral", de "l'auto-régulation", de la "corporate governance". Il demande une véritable régulation "en amont" de l'économie de marché, et pas "comme je l'ai entendu à la radio ce matin (Didier Reynders était l'invité de La Première lundi, Ndlr) une régulation quand ça va mal".
Pour Elio Di Rupo, le temps est venu de lancer un "Kyoto de la finance" qui doit la ramener à sa mission de base, loin de la "sophistication" actuelle qui propose des "produits dont plus personne ne mesure les effets réels". Le gouvernement belge interviendra à hauteur de 4,7 milliards d'euros auprès de Fortis. Il doit par ailleurs trouver plus de 5 milliards d'euros pour ficeler le budget, sachant que les revendications sur le plan social sont nombreuses.
A cet égard, le président du PS se dit d'autant plus déterminé à obtenir de l'ensemble du gouvernement qu'il fasse des efforts pour tous. "La situation dans laquelle on nous met est inacceptable. Il faut sauver les épargnants mais il y a tous les autres, qui souffrent de la crise", a-t-il rappelé.

09 septembre 2008

Elio Di Rupo, Didier Reynders : chassé-croisé

Boulevard de l’Empereur, lundi, 11 h 45, fin du bureau du PS, Elio Di Rupo réplique à Didier Reynders (et à ses propos du week-end), sans le nommer. Avenue de la Toison d’Or, 12 h 45, fin du bureau du MR, Didier Reynders poursuit son offensive, tout en se défendant de s’en prendre particulièrement au PS…
1Comment va la Wallonie ? Pour Reynders : mal. Pour Di Rupo : beaucoup mieux.
Toujours dans le ton de son interview au Soir samedi, le président du MR ne s’en cache pas : « Nous n’allons pas nous fondre dans une espèce de consensus qui voudrait faire croire que tout va bien ! » Certes, concède Reynders, « il y a depuis longtemps beaucoup de réussites en Wallonie. » Mais « il faut réduire les écarts entre sous-régions du Sud, Bruxelles et le Nord ». Et « remettre à l’avant-plan le goût de l’effort, de l’excellence et les capacités de développer des talents ».
Et de citer en exemple la réussite du Brabant wallon, qu’il voudrait étendre au reste de la Wallonie. Grâce à cette clef de la réussite qu’est « l’ancrage de la Wallonie et de Bruxelles ». Or, « il n’y a pas un mot sur Bruxelles dans le plan Marshall ».
Le président du PS recadre. La Wallonie ? « Un redressement spectaculaire ! La région est entrée dans le “top 5” du Financial Times, où l’on ne trouve pas forcément des conseillers des partis socialistes ! » Le plan Marshall ? « Le nom n’est pas de nous, un journal flamand l’a baptisé comme ça, rien à voir avec l’aide extérieure ou l’assistance (dixit Reynders, NDLR), c’est un plan qui produit des résultats remarquables, la Wallonie avance à la vitesse de la lumière. » Les indicateurs : « En 2007, le chômage a diminué de 8 %, 70 sociétés étrangères ont élu domicile chez nous, le nombre de jours de grève s’est élevé à 27.000 contre 70.000 au Nord. » Donc : « Il est temps de sortir des clichés sur la Wallonie, en Flandre comme chez nous, d’évoluer. » Morale de l’histoire : « Il faut savoir aimer sa région, en être fier. »
2 La campagne électorale 2009 a-t-elle débuté ? Didier Reynders le dit sans ambages : « Oui, elle est lancée ! » Et si son discours sur le mal wallon ne plaît pas à certains dirigeants, « ce n’est pas grave. La Région, ce n’est pas une personne, ni un parti. Le débat portera sur un changement profond de politique. » En Wallonie comme en Communauté française, le MR mènera pleinement son « rôle d’opposition ». Annonçant ses lignes de front : enseignement, gouvernance, urbanisme, sport…
Elio Di Rupo a-t-il le sentiment lui aussi d’être entré en campagne ? Non, mais oui. « Nous serions tous bien inspirés si la campagne pouvait être intense dans les deux ou trois derniers mois avant les élections de juin 2009. Jusque-là, il importe de gouverner avec le sérieux qui s’impose. » Autre version : « Ce serait bien que la campagne réelle débute autour de Pâques. » Entre l’« intense » et la « réelle », la campagne tout court a débuté.
3 Et les négociations communautaires ? Pour l’heure, Didier Reynders s’intéresse au plan de table. Et relève deux éléments positifs dans la nouvelle position du gouvernement flamand : il accepte la présence de représentants bruxellois ; et « il vient à table sans calendrier ni échéancier ». Pour les convives francophones, outre la représentation de chaque niveau de pouvoir, Reynders exige celle des « différents partis en fonction de leur poids » – lui n’est pas candidat. Car : « Le MR ne se sent pas représenté par les gouvernements de la Communauté française ou de la Région wallonne. »
Elio Di Rupo la joue « au-dessus de la mêlée ». Florilège : « Surtout, pas d’invectives », « Ayons la volonté d’aboutir », « Soyons constructifs », « Respectons-nous ». Concrètement : les francophones désigneront ensemble leur délégation ; tous les partis seront à la table ; l’important est de participer à ces négociations qui permettront à Leterme Ier d’agir, lui, sur le socio-économique.

Le chômage a atteint le seuil des 15 % en Wallonie
Le taux de chômage a atteint le seuil symbolique des 15 % en Wallonie au mois d’août, selon les données fournies ce lundi par le Forem. En août 2007, cet indicateur était de 15,9 %.

La région wallonne comptait fin août, 228.703 personnes au chômage, ce qui représente 15 % de la population active. En détails, il y avait, 209.091 demandeurs d’emploi demandeurs d’allocations (dont 2.168 en Communauté germanophone) et 19.612 jeunes en stage d’attente (dont 360 en Communauté germanophone).
Le nombre de demandeurs d’emploi demandeurs d’allocations et de jeunes en stage d’attente a diminué de 5,9 %, soit 14.259 personnes en moins, par rapport à la même période en 2007. Il y avait 55 % de femmes, et 24 % de personnes âgées de moins de 25 ans, selon les chiffres fournis par le Forem.

01 septembre 2008

Pouvoir d'achat: "Tout le monde parle, le PS agit"

Le président du PS, Elio Di Rupo, a plaidé dimanche à Chevetogne en faveur d'une "solidarité moderne" et souligné, sur foi des bilans et projets des différents gouvernements auxquels il participe, que seul le parti socialiste agit en ce sens, même si, selon lui, il n'est pas toujours facile de convaincre les "régressistes", chantres de la compétitivité.M. Di Rupo a clôturé dimanche deux journées d'universités d'été au domaine provincial de Chevetogne dans un discours tenu devant quelque 600 militants parmi les milliers présents dans le parc.Le président du parti socialiste a focalisé sa rentrée devant les militants sur le socio-économique, l'institutionnel devant, selon lui, être dissocié de l'action des gouvernements.Le ministre-président flamand Kris Peeters a une nouvelle fois plaidé dans la presse du week-end en faveur d'un dialogue de communauté à communauté entre flamands et francophones, réitérant que la Région bruxelloise constitue à ses yeux une Région "spécifique" voire "spéciale"."Il faut séparer l'action des gouvernements, dont celui du fédéral, de l'institutionnel. Le pays connaît une crise économique profonde dont les gens vont ressentir les effets de plein fouet à l'automne", a rétorqué dimanche M. Di Rupo en marge de son discours. "En ce qui concerne l'institutionnel, la négociation va reprendre entre le 8 et le 18 septembre. Pour le PS, il faut trouver une solution mais les francophones doivent se choisir la délégation qu'ils souhaitent. Je suis d'accord que les entités fédérées soient représentées", a-t-il ajouté, précisant que la Région bruxelloise devait l'être "à part entière".L'institutionnel n'a pas fait l'objet du discours du président du PS presqu'entièrement consacré à la crise économique et aux projets entrepris pour y remédier. Le PS est le parti du pouvoir d'achat des gens, a indiqué Elio Di Rupo, rappelant notamment la mise en place du fonds mazout, ce qui a été décidé lors du dernier contrôle budgétaire, et les mesures annoncées aux gouvernement wallon et de la Communauté en faveur du pouvoir d'achat. "C'est encore insuffisant mais il faut savoir reconnaître les choses", a lancé M. Di Rupo. Et en tout cas, "jamais les socialistes n'accepteront la fatalité de la régression sociale au nom de la compétitivité".Disant refuser la société "casino" qui serait proposée par d'aucuns, le président du PS a défendu dimanche le principe d'une "solidarité moderne", qui assure une "réelle sécurité d'existence", "récompense l'effort", "soutient les talents", et "encourage l'excellence".Evoquant l'excellence qui doit permettre à chacun d'être tiré vers le haut, M. Di Rupo a fait le bilan des dernières années dans le secteur de l'enseignement qui a connu une augmentation de 1.000 postes. Grâce à qui? "Pas aux Ecolos quand ils avaient la responsabilité du département, pas les ministres libéraux pourtant présents pendant 5 ans. Non, grâce aux socialistes", a-t-il indiqué, épargnant le cdH. Certains se souviennent encore des restructurations dans l'enseignement avant cette période, la ministre de l'époque Laurette Onkelinx devant gérer une situation dans une Communauté française exsangue financièrement. "On sent aujourd'hui, une nouvelle dynamique chez les enseignants", a indiqué M. Di Rupo.Enfin, le président du PS, Elio Di Rupo a une nouvelle fois égratigné la ministre de l'Asile et des Migrations Annemie Turtelboom. "Je suis très fâché de voir à l'oeuvre une ministre qui ne respecte pas ce qui a été négocié durement lors de la mise en place du gouvernement. C'est incorrect", a-t-il dit évoquant la situation des sans-papiers qui attendent une circulaire fixant les critères de régularisation. "Ce que je demande n'est pas du laxisme. Il faut prendre en compte la situation de ces gens qui sont venus ici parce qu'ils étaient désespérés", a-t-il dit.

Pouvoir d'achat et compétitivité, les maîtres mots de Milquet
80 millions pour augmenter le pouvoir d'achat du citoyen
Pouvoir d'achat: le consommateur change ses habitudes
Treize mesures pour améliorer le pouvoir d'achat

05 juin 2008

La Wallonie a trop payé pour Microsoft et Google

"La Région wallonne a déboursé énormément d'argent pour attirer Microsoft et Google en Hainaut, ce que l'Europe accepte dans cette région, mais je pense que c'est là une erreur stratégique que d'investir autant d'argent dans si peu d'emplois. Ce n'est pas tenable à terme" dit Mme Ceysens.
"La Région wallonne a déboursé de gigantesques montants pour attirer Microsoft et Google en Wallonie. Mais l'achat de trophées n'est pas tenable à terme", a déclaré jeudi la ministre flamande de l'Innovation, Patricia Ceysens (Open Vld), lors de la conférence Think Tomorrow à Bruxelles, rapporte le site internet Datanews.be "On ne peut quand même pas à chaque fois injecter des millions dans la création d'une poignée de postes de travail. L'argent du contribuable doit être utilisé d'une meilleure manière", estime la ministre.
Google construit actuellement un centre de données dans le Hainaut. Quant à Microsoft, le géant informatique a annoncé il y a peu l'ouverture d'un département de recherche à Mons. "Du point de vue politique, c'est merveilleux de pouvoir présenter ce genre de projets symboliques, mais pour une croissance durable de la région, cela ne signifie pas grand-chose, sinon rien", a expliqué la ministre à Data News.
"La Région wallonne a déboursé énormément d'argent pour attirer Microsoft et Google en Hainaut, ce que l'Europe accepte dans cette région, mais je pense que c'est là une erreur stratégique que d'investir autant d'argent dans si peu d'emplois. Ce n'est pas tenable à terme." Mme Ceysens croit néanmoins dans la franchise économique du gouvernement wallon. "La Wallonie a assurément besoin de ces symboles, et toute sa démarche a pour but de stimuler la dynamique de la région, mais en Flandre, ce ne serait pas possible", a-t-elle conclu.

26 mai 2008

Di Rupo met la participation du PS en jeu

« Il faut des mesures sociales concrètes au 15 juillet »

LE PRÉSIDENT DU PS ELIO DI RUPO défend la présence de son parti au gouvernement, mais il la remet en jeu : le 15 juillet, tout peut basculer…

« Les gauches en Europe ne sont pas damnées, mais, au contraire, à la veille d’un retour massif. »
ENTRETIEN
Par un samedi à midi baigné d'un soleil doux, au cœur de sa ville, Mons, à l'une de ses tables préférées, italienne, à deux pas de la Grand-Place, Elio Di Rupo n'est pas moins tendu, agacé de la tournure des événements au fédéral, et « furieux », dit-il, de voir « comment on attaque le PS »…
Le super-conseil des ministres de vendredi n'a pas débouché sur des grandes décisions socio-économiques. Que fait le PS dans ce gouvernement ?
Un : ce n'est pas nous qui avons voulu y aller, on nous a appelés. Deux : on – Verhofstadt – nous a appelés après six mois de chaos. En novembre 2007, le pays était dans l'angoisse. Trois : à l'exécutif, on peut faire avancer les choses plus rapidement qu'à partir du Parlement, même si, là, le verbe est plus fort. Enfin, ce gouvernement n'a pas pour unique mission de s'occuper de réformes institutionnelles, mais de réformes sociales. C'est notre exigence.
Le 15 juillet, date à laquelle est attendue la nouvelle « déclaration » gouvernementale d'Yves Leterme, c'est une deadline ?
Un moment extrêmement important. Nous voulons des perspectives concrètes
.
L'idée s'est répandue que le PS « s'accroche » au pouvoir…
C'est vous qui le dites ! Il faut arrêter d'attaquer le PS d'une manière injustifiée. Donnez-moi un exemple ! Qu'est-ce que ça veut dire ? On nous a appelés. Nos ministres travaillent. En quoi s'accrocherait-on ?
Appelés, n'étiez-vous pas en mesure d'imposer plus vite les réformes sociales ?
Nous sommes un des cinq partis de la majorité, et dans l'accord de gouvernement, nous avons inscrit ce que nous avons cru devoir inscrire.
Votre choix de la participation ne fut donc pas une erreur ? Pas de regret ?
Non. Je suis toujours assez estomaqué. Pourquoi ne posez-vous pas la même question aux libéraux ? Au CDH ?
Eux sont sortis des législatives avec une image de gagnants.
L'image, c'est celle qu'ils ont voulu se donner et que vous leur donnez. Si le gouvernement devient une affaire virtuelle, écrivez-le.
Mais il y a l'image d'un gouvernement au centre droit, avec un PS en particip-opposition…
… On n'en est que plus indispensables ! Cette manière de nous harceler sans cesse est insupportable. Alors qu'on fait l'effort de gouverner dans des conditions difficiles, et qu'on n'est pas dans le confort de l'opposition, je sens comme un acharnement.
Pourquoi ?
L'air du temps.
Des critiques viennent de vos propres rangs, de la FGTB, où se loge un électorat de gauche, qui pourrait vous être favorable…
On ne retient qu'une phrase du discours d'Anne Demelenne (secrétaire générale de la FGTB, NDLR) au 1er Mai, parce que cela arrange ceux qui veulent être dans le camp des détracteurs du PS. Alors que ce qu'elle a dit globalement n'a rien à voir avec notre parti. Du reste, que la FGTB porte des jugements critiques sur le PS, cela ne me heurte pas.
Donc vous ne considérez pas que la FGTB vous dit en gros : « Sortez de ce gouvernement. »
Je ne l'ai pas entendu. D'ailleurs, que la FGTB le souhaite ou pas, elle serait encore en droit de souhaiter ce qu'elle veut. Mais ce n'est pas elle qui fait la loi au PS et ce n'est pas le PS qui fait la loi à la FGTB ; fort heureusement.
Leurs critiques sont injustifiées ?
Mais lesquelles ? Sur des points du passé, comme le pacte des générations, la FGTB garde des inquiétudes. On en a discuté.
Ils visent aussi l'activation
des chômeurs de plus de 50 ans, l'introduction prévue de l'épargne-temps.
Ces critiques, on les a entendues, et on a répondu. La plupart des problèmes difficiles, nous les mettons à l'étude à la concertation sociale patrons-syndicats.
Quelles mesures sociales voulez-vous pour le 15 juillet ?
Nous travaillons sur la tarification de l'énergie, pour les personnes en difficulté ; je vois aussi la simplification des plans d'embauche, la hausse des salaires (via les prestations sociales comme par le biais fiscal), y compris du salaire minimum, ou encore le treizième mois pour les allocations familiales. Voilà quelques exemples. Il faut un début d'exécution, des mesures concrètes.
Sinon ?
Cela posera un problème.
C'est quoi « un problème » ?
Il faudrait discuter avec les partenaires. Et à l'intérieur du PS.
De votre participation ?
Du rôle de ce gouvernement…
… Vous n'êtes pas prêt à mettre votre participation en jeu ?
Si ! On pourrait aller jusqu'à mettre en cause notre participation. En congrès du parti.
En tout cas, pour l'institutionnel, c'est mal parti au fédéral. BHV… On peut répondre à la Cour constitutionnelle par d'autres mécanismes que le splitsing. Et si les partis flamands maintiennent leur exigence, de toute façon, la scission ne pourra pas être pure et simple. Les francophones ont des raisons de géostratégie.
« Géostratégie », carrément…
Oui. Voici mon raisonnement… Les francophones autour de Bruxelles ont trois types de droits liés aux personnes : un droit électoral, leur permettant de voter pour des personnalités bruxelloises ; ils peuvent être jugés en français en justice ; enfin, il y a les facilités dans six communes. Ces trois types de droits constituent comme des ponts, qui enjambent la frontière linguistique, signifiant qu'elle n'est pas une frontière d'État. Toute la stratégie des responsables politiques flamands est de faire sauter ces ponts l'un après l'autre, afin d'isoler Bruxelles en Flandre, et d'affirmer la frontière linguistique comme une frontière d'État potentiellement. Ce schéma, nous n'en voulons pas. Il ne passera pas.
Et si la Flandre fait le pas de l'autonomie ?
Alors, notre réponse sera d'unir Bruxelles et la Wallonie. On trouvera bien sûr une solution pour la minorité flamande de Bruxelles, de 100.000 personnes environ. Notre cadre sera celui d'une fédération francophone.
Avez-vous fait votre deuil d'un nouveau compromis à la belge ?
Le pire ne se produit pas nécessairement et le meilleur se fait parfois attendre.
Quand vous parlez de tout cela à Yves Leterme, que dit-il ?
A titre individuel, il est favorable à un compromis raisonnable. Mais il est dans un cartel, le CD&V/N-VA. Où il doit y avoir une discussion pour déterminer ce qu'ils veulent. Les partenaires de gouvernement doivent savoir à quoi s'en tenir, y voir clair dans les prochaines semaines.
Est-ce électoralement risqué pour le PS de rester dans un gouvernement comme celui-ci ?
Vous savez, les prévisions… Sous la législature Verhofstadt, nos ministres avaient accompli un travail remarquable, de l'avis de tous, mais il y a eu les « affaires » de Charleroi : 17 minutes de JT à quelques jours du scrutin, etc. Des choses excessives qui ont eu un dur impact dans l'isoloir.
La « gauche » en Europe ne
connaît-elle pas un problème plus profond, culturel ?
Les gauches ne sont pas damnées, mais à la veille d'un retour massif. Nous entrons dans une phase historique où les pouvoirs publics seront appelés à rejouer un rôle important, et où la question sociale dominera. Cela donne tout leur sens aux partis de gauche, socialistes singulièrement.

Nominations politiques : « Quelle honte, ces attaques ! »
Vous êtes, dites-vous, très énervé de voir le PS accusé ici et là d’être parmi tous « le parti des nominations »…
Car ce qui se dit aujourd’hui est un scandale ! A la Région wallonne, sous le précédent gouvernement, il y avait un ministre de la Fonction publique (Charles Michel, NDLR…) qui voulait lui-même faire la composition des jurys Selor… Nous, nous avons laissé le jury Selor agir absolument. Il est composé de professeurs d’université, de fonctionnaires, avec « des » couleurs politiques pour certains de ceux-ci. Des examens se font à l’aveugle au premier stade de la sélection, c’est-à-dire qu’on ne connaît pas le candidat, on ne sait pas qui il est.
De quoi parle-t-on ? Au fédéral, on a le chef de cabinet du ministre des Finances, devenu notamment directeur de la Banque nationale ; le patron de l’administration des Finances vient lui aussi de l’entourage du ministre des Finances ; idem à la Commission bancaire et financière, à l’Agence des médicaments, j’en passe. Bien. Voilà des libéraux. Et alors ? Vous ne m’avez pas entendu dire que c’était un scandale.
Aujourd’hui, derrière certains articles, on identifie bien quelques personnes qui n’ont pas réussi les examens, éliminées à l’unanimité des membres du jury !
Pour le reste, oui, il y a des socialistes, des gens de gauche, qui ont la carrure de commis de l’Etat, qui ont réussi des examens après avoir travaillé âprement au sein de cabinets ministériels, où ils ont acquis une expertise forte. On salit des gens sérieux, qui ont passé les examens, toutes les procédures, qui ont réussi souvent à l’unanimité des membres du jury !, et qui ont été validés par les parlements ! Alors, ce seraient des voyous ? Les procédures seraient viciées ? Il faut arrêter. Les procédures sont indépendantes !
Vous l’affirmez ?
Comment cela, je l’affirme ? Mais c’est un fait. Renseignez-vous. Ce qui est scandaleux, c’est insinuer le contraire. Toutes ces attaques politiciennes… Quand un libéral dit quelque chose, c’est vrai ?
Ils veulent une commission d’enquête.
Ils feront ce qu’ils voudront.
Certains suivent au CDH…
Joëlle Milquet a la responsabilité de son parti jusqu’à nouvel ordre. Tout cela est honteux. Prenez un examen demain à la RTBF : plusieurs journalistes du Soir réussissent, on va dire que c’est un scandale, qu’il y a manipulation, qu’il y a un problème parce qu’ils viennent du Soir ?

09 mai 2008

Elio Di Rupo: l'interview coup de gueule

Le président du PS en a marre de l' « antisocialisme primaire ». Michel Nihoul vient de sortir un bouquin, lâche Di Rupo au moment de l'interview, se précipitant sur les gazettes du jour. « Que lis-je dans la presse ? Serge Kubla (NDLR : député et ancien ministre MR) est cité comme participant à des partouzes. Et ça, vous allez en faire un titre ? »
Apparemment, le président Di Rupo supporte mal le regard piquant des médias sur les petites déviances du PS. Il aimerait qu'on en fasse autant avec ses adversaires politiques. Nous n'avons pas que des défauts. « Allez voir ailleurs !» Interview coup de gueule dans Le Vif/L'Express de demain, et petite mise en bouche dès maintenant...
Sale temps pour le PS. L'affaire « Laloux » - la nomination de ce secrétaire d'Etat qui a déjà démissionné - a provoqué moqueries et critiques internes. Vous vous sentez affaibli ? Pas du tout. Avec cette « affaire », comme vous dites, on a dépassé le stade du raisonnable. Cela fait trois ans que cela dure. Le PS, toujours le PS : il n'y a qu'à nous qu'on cherche des poux ! Il règne un antisocialisme primaire. Nous n'avons pas que des défauts. J'aimerais qu'on soit équitable. Et qu'on s'intéresse avec autant de ferveur aux défauts des autres.
Vous criez au complot ? La presse s'acharne ? Non, je ne dis pas ça. Il y a un climat général anti-PS. C'est dans l'air du temps. Nous parlons des choses essentielles - des revenus et du coût de la vie - et nous sommes freinés par tel ou tel dossier qui ne le mérite pas.
Mais les critiques concernent certaines baronnies socialistes où les leçons des affaires n'ont pas été tirées. Pas vraiment votre action dans les différents gouvernements... Vous trouvez, vous ? Que l'on s'acharne sur certains, je n'ai pas de difficultés avec ça. La justice doit faire son travail (il ne donne pas de noms). Mais, pour tous les autres, il faut respecter la présomption d'innocence. A Liège, Mons ou dans d'autres villes, nos résultats sont bons. Nous ne sommes pas globalement plus médiocres ou moins généreux que les autres.
Des critiques proviennent du cœur même du PS. Philippe Moureaux, votre vice-président, estime que vous avez manqué de fermeté avec les affairistes ou les bourgmestres autoritaires... Philippe Moureaux est un des 82.000 militants du PS. Son attitude a été condamnée par la quasi-totalité des membres du parti. La page est tournée. Cette affaire est classée. Sur les raisons de l'échec électoral de 2007, tout a été dit au sein du parti. Et Philippe Moureaux est un de ceux qui a eu le plus souvent la parole.
Vous serez candidat à la présidence du parti, même si le PS perd les élections de 2009 ? Oui. La responsabilité d'un succès comme d'un échec est toujours largement partagée. J'avais amené le PS à des sommets rarement connus. Je veux poursuivre le travail d'une vie, après des moments plus difficiles. Mieux expliquer nos propositions. Rappeler que nous sommes le parti qui a stabilisé le pays durant vingt ans, par exemple.

Di Rupo sort du bois et riposte à l'affront

Des camarades de parti ont osé qualifier d'erreur de casting le choix de Frédéric Laloux au gouvernement. Pour prix de leur forfaiture, ils risquent de devoir encore subir Di Rupo à la présidence du PS après 2011...
Ceux qui espéraient le voir gentiment s'éclipser et faire place nette à la tête du PS en seront pour leurs frais. C'est fort mal connaître Elio Di Rupo que de l'imaginer reconnaître l'erreur d'avoir sorti de l'anonymat Frédéric Laloux pour en faire un éphémère Secrétaire d'Etat.
Le président du PS a au contraire saisi l'occasion pour affirmer son intention de rempiler à la fonction en... 2011. Le message est clair, et à usage avant tout interne au PS: on ne met pas impunément en doute les capacités d'Elio Di Rupo à gérer le parti socialiste et à le sortir de la mauvaise passe qu'il traverse depuis sa dégelée électorale de juin 2007. Ceux qui se hasardent à remettre en question la ligne présidentielle ne peuvent être, aux yeux du patron du boulevard de l'Empereur, au mieux que des envieux, au pire des traîtres.
En choisissant la voie des médias pour sonner la charge contre Frédéric Laloux, le bruxellois Philippe Moureaux, numéro deux du PS, pouvait-il réellement attendre un électrochoc à la tête du PS ? En étalant ainsi au grand jour l'impuissance d'Elio Di Rupo à rénover le parti en profondeur et à tourner une bonne fois pour toute la page des « affaires » qui lui collent aux basques, le chef de file des socialistes bruxellois n'a fait que précipiter l'ouverture de la guerre de succession à la tête du PS. En cela, le mentor de Laurette Onkelinx, l'actuelle ministre des Affaires sociales dont les ambitions présidentielles ne sont plus un mystère, aura peut-être atteint en partie son but : obliger Elio Rupo à sortir du bois.
A trois ans de l'élection présidentielle, les couteaux sont déjà tirés au sein d'un PS qui devra avant cela affronter le cap crucial des élections régionales de 2009.

02 mai 2008

Le 1er mai d'Elio Di Rupo

Le 1er mai d'Elio Di Rupo: laissez la peur du rouge aux bêtes à corne!
Le parti socialiste fait du pouvoir d'achat des citoyens sa priorité de tous les instants et place la solidarité au centre de son action. Evoquant Mai 68, le président du PS, Elio Di Rupo, a lancé jeudi un appel à la jeunesse.

Source:info jp - 1 mai 2008
AUDIO• PS CHARLEROI• CSC
VIDEO• Le traditionnel meeting du PS du 1er mai • Le discours du président du PS lors du meeting à Charleroi • En direct de Charleroi avec J. Montay et E. Di Rupo • La FGTB tenait elle aussi son meeting en ce jour de fête du travail • Le discours du PS à Liège

Elio Di Rupo avait choisi Charleroi pour son discours du 1er mai confirmant une volonté de changement après des moments difficiles.
Le président du parti socialiste a prôné jeudi la nécessité d'un Etat régulateur, l'approfondissement du financement alternatif de la sécurité sociale, l'augmentation des revenus des plus faibles et de la classe moyenne, notamment via des crédits d'impôt, et un contrôle des prix.
Le 1er mai du parti s'est déroulé jeudi à Charleroi où le PS a connu des temps difficiles. La nouvelle équipe locale installée sur le podium, plusieurs anciens échevins ainsi que l'ex-député provincial Jean-Pierre Declercq et l'ancien homme fort de la ville Jean-Claude Van Cauwenberghe ont écouté les discours depuis la terrasse de la Maison des Huit heures devant laquelle étaient organisées les festivités.
Le ministre carolo Paul Magnette a souligné l'importance d'organiser ce 1er mai à Charleroi "après tous ces bruits et tous ces vacarmes".

Fête du travail : les politiques ont pris la parole
C’était aujourd’hui le 1er mai, synonyme de fête du travail mais aussi, comme chaque année, de discours politiques. Les militants réformateurs se sont réunis comme toujours à Jodoigne pour entendre Didier Reynders, Louis Michel et Sabine Laruelle. Les socialistes étaient, eux, omniprésents. Elio Di Rupo à Charleroi, Rudy Demotte à Tournai et Mouscron, tandis que les socialistes liégeois Jean-Claude Marcourt, Michel Daerden, Willy Demeyer et le président de la FGTB liégeoise Marc Goblet avaient comme de coutume investis le parc d'Avroy à Liège. Ecolo s'est quant à lui joint au syndicat FGTB pour une manifestation place Rouppe, à Bruxelles.

A Jodoigne, Reynders attaque le CD&V/N-VA
Le cartel doit savoir s'il veut vraiment une réforme de l'Etat. Il doit savoir qu'on ne peut être à la fois en conflit et en négociations. Tels ont été les commentaires du président du MR Didier Reynders ce jeudi en marge de la fête du 1er mai de son parti à Jodoigne.
> MR : Didier Reynders à Jodoigne : LE REPORTAGESi dans son discours, le président est resté très discret sur la crise politique actuelle, il a précisé en marge de la réunion que si un parti de la coalition optait pour le conflit, les francophones envisageront comment y réagir. Didier Reynders devrait encore réunir les présidents des partis francophones au cours du week-end. "Ce que je constate c'est que les francophones ont réaffirmé leur volonté de négocier et que la famille libérale a également réaffirmé cette volonté. Si le cartel opte pour le conflit, il doit savoir ce qu'il veut. Il doit notamment savoir s'il veut vraiment une réforme de l'Etat et réaliser qu'on ne peut être à la fois en conflit et en négociations", a commenté M. Reynders.
> MR : Didier Reynders à Jodoigne : LE DUPLEX

A Charleroi, Di Rupo met le pouvoir d’achat au centre de son combatM. Di Rupo avait choisi Charleroi pour son discours du 1er mai confirmant une volonté de changement après des moments difficiles. Le parti socialiste fait du pouvoir d'achat des citoyens sa priorité de tous les instants et place la solidarité au centre de son action. Evoquant Mai 68, le président du PS, Elio Di Rupo, a lancé un appel à la jeunesse.
> PS : Elio Di Rupo à Charleroi : LE REPORTAGELe président du parti socialiste a prôné la nécessité d'un Etat régulateur, l'approfondissement du financement alternatif de la sécurité sociale, l'augmentation des revenus des plus faibles et de la classe moyenne, notamment via des crédits d'impôt, et un contrôle des prix.
> PS : Elio Di Rupo à Charleroi : LE DUPLEX
Le 1er mai du parti s'est déroulé à Charleroi où le PS a connu des temps difficiles. La nouvelle équipe locale installée sur le podium, plusieurs anciens échevins ainsi que l'ex-député provincial Jean-Pierre Declercq et l'ancien homme fort de la ville Jean-Claude Van Cauwenberghe ont écouté les discours depuis la terrasse de la Maison des Huit heures devant laquelle étaient organisées les festivités. Le ministre carolo Paul Magnette a souligné l'importance d'organiser ce 1er mai à Charleroi "après tous ces bruits et tous ces vacarmes".A Tournai, Rudy Demotte tire à boulets rouges sur les patrons : LIRE L'ARTICLE
A Bruxelles, le PS parle précarité et prise d'otage de Bruxelles par l'institutionnel : LIRE L'ARTICLE
A Liège, le PS attaque le MR et parle institutionnel et Standard de Liège ! LIRE L'ARTICLE


Le coût de la vie, priorité socialiste
A l'occasion des festivités du 1er mai, le PS fait savoir que le pouvoir d'achat des citoyens est sa priorité de tous les instants et il place la solidarité au centre de son action. De son côté, comme à son habitude, le MR s'est rassemblé à Jodoigne. Didier Reynders, son président est resté très discret sur la crise politique actuelle.

Evoquant Mai 68, le président du PS, Elio Di Rupo, a lancé jeudi, devant quelques centaines de personnes, un appel à la jeunesse. M. Di Rupo avait choisi Charleroi pour son discours du 1er mai confirmant une volonté de changement dans la cité où le parti a connu des moments difficiles.
Le président du parti socialiste a prôné la nécessité d'un État régulateur, l'approfondissement du financement alternatif de la sécurité sociale, l'augmentation des revenus des plus faibles et de la classe moyenne, notamment via des crédits d'impôt, et un contrôle des prix.
Appelant à la mise sur pied de l'observatoire des prix, M. Di Rupo a indiqué que selon des études très sérieuses, « l'évolution des prix de certains produits ne peut être justifiée simplement par l'augmentation du prix des matières premières ». Selon lui, « certains prix sont manipulés, des intermédiaires en profitent pour augmenter abusivement leurs marges bénéficiaires ». Le président du PS est d'avis que « les pouvoirs publics doivent intervenir ».
Le 1er mai du parti socialiste s'est déroulé jeudi à Charleroi où le PS a connu des temps difficiles. La nouvelle équipe locale installée sur le podium, plusieurs anciens échevins ainsi que l'ex-député provincial Jean-Pierre Declercq et l'ancien homme fort de la ville Jean-Claude Van Cauwenberghe ont écouté les discours depuis la terrasse de la Maison des Huit heures devant laquelle étaient organisées les festivités.
Le ministre carolo Paul Magnette a souligné l'importance d'organiser ce 1er mai à Charleroi « après tous ces bruits et tous ces vacarmes ». Selon lui, fêter le 1er mai à Charleroi, discours et cortège à l'appui, ne fait que conforter l'idée de changement.
Le changement, le PS dit le souhaiter à Charleroi mais également pour tous les francophones qui connaissent des fins de mois difficiles. « Pour les socialistes, l'augmentation des salaires des travailleurs est une priorité. Il faut des crédits d'impôts pour les bas et les moyens revenus », a indiqué Elio Di Rupo, évoquant régulièrement la FGTB, au meeting de laquelle il a assisté à Charleroi.
« Il faut continuer à faire en sorte de baisser la pression fiscale sur ceux qui travaillent, les revenus des capitaux devant contribuer au financement du bien commun », a-t-il dit.
La FGTB et le PS connaissent des relations en dents de scie ces dernières années. La FGTB reproche notamment au gouvernement de vouloir inviter les partenaires sociaux à discuter d'une éventuelle dégressivité accélérée des allocations de chômage dans le temps. « Ce ne sont pas les allocations de chômage qu'il faut diminuer ou supprimer, ce sont les revenus du travail qui doivent être augmentés », a indiqué jeudi Elio Di Rupo.
Le président du PS n'a en revanche pas évoqué l'institutionnel jeudi.
« Je ne vous parlerai pas de BHV. Nous aurons hélas l'occasion d'en reparler longuement dans les prochains jours. Aujourd'hui, c'est la fête des travailleurs et les priorités sont ailleurs », a-t-il lancé.
« La vie trop chère »
À Liège, les socialistes ont placé le 1er mai sous le signe de la solidarité, de la crise institutionnelle mais également du sacre du Standard, grâce à Michel Daerden qui a reçu les ovations de la foule.
En ligne de mire des différents orateurs, le MR et plus particulièrement son leader, Didier Reynders, « l'homme qui parle à l'oreille des riches ». « J'en ai marre des schtroumpfs grincheux qui critiquent sans proposer, j'en ai marre des schtroumpfs grincheux qui se plaignent sans cesse, j'en ai marre des schtroumpfs grincheux qui détruisent pour détruire », a lancé le bourgmestre liégeois, Willy Demeyer, tandis que la nouvelle secrétaire d'Etat à la personne handicapée Julie Fernandez-Fernandez évoquait les « bassesses » du MR.
Plus largement, les orateurs ont dénoncé les inégalités engendrées par la politique du MR, y opposant la solidarité réclamée par le PS dans tous les domaines. « La crise financière est la démonstration par l'absurde des limites du capitalisme. La droite détourne les biens collectifs en socialisant les pertes après avoir, évidemment, privatisé les profits. J'ai entendu certaines voix de droite raconter n'importe quoi en matière d'imposition, de solidarité interpersonnelle et de transferts. Peut-être pensent-ils que plus c'est gros, plus ça passe et qu'un discours populiste est forcément un discours populaire », a remarqué le ministre wallon de l'Economie, Jean-Claude Marcourt.
Une meilleure qualité de vie pour tous a été évoquée par différents orateurs, dont le ministre wallon du Budget, Michel Daerden, qui a rappelé qu'en un an, l'essence a augmenté de 12 %, le pain de 13 %, les œufs de 25 %, le mazout de chauffage de 26 % et les spaghetti de 27 %. « C'en est trop », a-t-il remarqué, plaidant pour une augmentation du pouvoir d'achat via notamment l'augmentation des petits salaires et des pensions les plus basses, l'élargissement de la prime de rentrée scolaire et la réduction de la facture de gaz et d'électricité pour les plus revenus les plus bas.
La FGTB craint l'institutionnel
La FGTB wallonne a profité du 1er mai pour exposer ses craintes à l'égard du « deuxième paquet » de transfert de compétences dont la négociation devrait s'ouvrir sous peu. Il n'est pas question pour le syndicat socialiste d'en profiter pour démanteler la solidarité interpersonnelle. « Nous devons nous tenir prêts à réagir, avec force s'il le faut, à toute tentative de démantèlement de la solidarité entre les personnes, garantie par notre sécurité sociale », a dit la présidente de la FGTB wallonne, Anne Demelenne.
Le syndicat socialiste soutient des Régions fortes, maîtresses de leurs leviers économiques, mais pas des réformes institutionnelles qui seraient des instruments de régression sociale. Derrière de telles réformes, se cache « un projet libéral qui se sert du communautaire comme d'écran de fumée pour détricoter la sécurité sociale et en privatiser les bons morceaux », a dénoncé Mme Demelenne.
La FGTB wallonne a également rappelé ses revendications pour garantir le pouvoir d'achat des travailleurs : contrôle des prix, ramener à 6 % la TVA sur le mazout de chauffage, le gaz et l'électricité, et un crédit d'impôt social pour les bas et moyens revenus.
« Nous voulons une vraie réforme fiscale, pas une réforme à la Reynders qui, chaque fois qu'il donne un euro aux bas revenus en donne trois aux gros revenus et dix aux entreprises », a lancé la présidente.
Selon elle, ces mesures réclamées par la FGTB doivent représenter un plus de 10 % pour les travailleurs dans les deux ans à venir.
Le syndicat socialiste compte sur ses « alliés naturels » pour l'épauler, en particulier le PS. « Nous comptons sur le PS au sein du gouvernement pour faire de la résistance, en sachant qu'il n'est pas en position de force. Mais qu'il sache qu'un simple 'ça aurait été pire sans nous' ne nous suffira pas », a averti Mme Demelenne.

21 avril 2008

Laloux retourne dans sa tanière

Un Namurois succède à un autre Namurois…
Frédéric Laloux a démissionné, Jean-Marc Delizée lui succède comme secrétaire d'Etat à la Lutte contre la pauvreté. Elio Di Rupo assume ses choix. Et se porte candidat à sa succession. Je refuse de participer à la Star Academy de la politique. » Le communiqué – dont la mise en page, jusqu'à la police de caractère, est en tous points identique à celle du boulevard de l'Empereur – tombe samedi, à 15 h 17. Frédéric Laloux n'en peut plus, dit-il, de la pression, il rend son tablier, moins d'un mois après l'avoir enfilé.
Vers midi, le Premier ministre a été averti. Yves Leterme s'entretient avec le Namurois par téléphone. Puis les communiqués tombent. La décision a-t-elle vraiment été prise vendredi soir, par le seul intéressé ? « Oui », jurent, en chœur, Frédéric Laloux et Elio Di Rupo. « La pression devenait insupportable pour lui, souligne le président du PS. Elle l'était déjà le week-end d'avant et ça n'a fait que s'amplifier. Vendredi soir, il a consulté des amis et les responsables namurois. Mais il a agi seul. »
« La décision avait été prise plus tôt, corrige ce ténor socialiste. Il était prévu qu'il démissionne au début de la semaine dernière. Mais la sortie de Moureaux dans Le Soir, mardi, a chamboulé la stratégie : le faire démissionner à ce moment-là, cela devenait impossible. » « Faux », dénonce la porte-parole du PS. Il semble pourtant que l'hypothèse d'une démission avait été étudiée au PS. Pendant les vacances de Pâques, lorsque Laloux faisait déjà la une des médias. « Cela aurait été injuste : rien, dans le dossier, ne le justifiait. »
Puis, la critique s'intensifie : Moureaux sort, la presse entière qui souligne sa piètre prestation à la Chambre, lorsqu'il présente sa note de politique générale et les acteurs de terrain disent avoir perdu toute confiance en lui.
La succession a été vite réglée, Elio Di Rupo ayant choisi de puiser dans le vivier parlementaire, celui-là même qui avait critiqué la désignation de Laloux. Sur ce point, la désignation de Jean-Marc Delizée, qui a prêté serment dimanche à Ciergnon, devrait calmer les esprits.

Le commentaire de Véronique Lamquin

Un coup et un quadruple gâchis

Il est des coups de poker qui s’avèrent de vrais coups de génie. Celui qu’avait cru réussir Elio Di Rupo, le 20 mars, en sortant de son chapeau présidentiel deux surprises du chef, a tourné au gâchis.
Gâchis, d’abord et avant tout, pour le principal intéressé. Propulsé du conseil communal de Namur au conseil des ministres, Frédéric Laloux aura sans doute bien du mal à se relever de pareil échec. En moins d’un mois, le Namurois aura réussi à prêter le flanc à la critique tant sur le fond (avec une note de politique générale pour le moins indigente) que sur la forme (sa communication ambiguë quant à son bureau) et sur les principes (ayant dénoncé l’usage de cartes essence chez un adversaire politique, sans être lui-même totalement transparent sur la question). Le voilà renvoyé sur ses terres avec le sentiment humiliant d’être la risée du Royaume.
Gâchis, aussi, pour la politique en général. Un secrétaire d’Etat acculé à la démission quatre semaines à peine après avoir prêté serment, voilà qui ne fait pas sérieux, surtout pour un gouvernement qu’on soupçonne provisoire et que l’on a attendu neuf mois !
Gâchis, encore, mais là on arrive dans la cuisine interne, pour le Parti socialiste. Qui tente de se relever de son échec électoral de 2007 et d’effacer les affaires, pour faire mentir les sondages… Pas sûr que c’est en occupant la scène médiatique par des erreurs aussi flagrantes de casting, dénoncées depuis l’intérieur du parti, que l’on redresse la barre.
Gâchis toujours, mais cela ne regarde que lui, pour Elio Di Rupo lui-même. Qui a usé et abusé de cette prérogative de président, celle de faire et défaire les ministres. Aujourd’hui, cette technique montre ses limites. Et, n’en déplaise au président du PS, c’est à lui seul qu’incombe l’échec.
Ce quadruple gâchis n’est pas la preuve qu’il est dur d’être « petites gens » en politique. C’est la preuve que la politique est un métier comme les autres. Qui s’apprend pas à pas. Surtout quand on n’a pas un talent incontestable.

Di Rupo tacle Moureaux

Le Montois dénonce l'attitude du Bruxellois : "incompréhensible "
Il y pensait depuis plusieurs jours déjà. Trop de pression. Crainte des conséquences sur ses enfants en bas âge. Sentiment de plomber l'image du gouvernement. Si pas celle de son parti. Et certitude, au fond de lui-même, que, quoi qu'il fasse désormais, il traînerait l'affaire de ses 300 litres d'essence comme d'autres trimbalent l'image de leur douche. Lourde. Et collante. Il s'en explique dans la page suivante.
Samedi midi donc, Frédéric Laloux (PS) a averti Elio Di Rupo de sa décision de remettre son mandat. Il l'avait déjà eu en ligne sur le même sujet quelques jours plus tôt. Le Montois lui avait réaffirmé sa confiance, l'invitant à bien réfléchir avant de prendre une quelconque décision. Elle est tombée quarante-huit heures plus tard.
Les choses, ensuite, n'ont pas traîné. À 11 h 25, ce dimanche, juste avant d'entamer son marathon télévisé, Elio Di Rupo faisait savoir le nom de son successeur par un communiqué du Palais. Plus de recherche d'effet surprise cette fois : il s'agit d'un autre Namurois, Jean-Marc Delizée. Mais surtout d'un parlementaire, à la différence de Frédéric Laloux, ce qui lui avait valu de lourds reproches en interne.
Mais c'est un Namurois, donc. Et pas un Bruxellois, comme l'aurait sans doute espéré le vice-président du PS, Philippe Moureaux, auteur d'une sortie assassine contre Laloux en début de semaine dernière. Une sortie qui visait à forcer la montée au fédéral d'un de ses protégés, Karine Lalieux ou Yvan Mayeur, ce dernier trouvant le secrétariat d'État à la Pauvreté à sa taille. Raté.
Dans l'entretien qu'il nous accorde ce dimanche, Elio Di Rupo justifie son choix. Mais surtout, il riposte sèchement à Philippe Moureaux, dont il juge l'attitude "incompréhensible" .
"Un équilibre à préserverau sein du parti"
"Nous nous en sommes expliqué tous les deux ", complète le Montois. Qui annonce : "Je serai candidat à ma propre succession à la tête du parti en 2011 ", comme pour mieux faire taire ceux qui, déjà, parient sur le départ de la présidence du PS de celui qui vient à peine d'y être réélu en juillet dernier, avec 90 % des voix.
De surcroît, Di Rupo tacle le Bruxellois et ses disciples. "Un parti, c'est un travail d'équipe. J'attends des autres qu'ils clarifient ce qu'ils font au bénéfice des gens qui les ont élus. N'inversons pas les rôles. Ce n'est pas à moi à rendre des comptes. C'est moi qui, aujourd'hui, en demande ..."
Quant au choix d'un Namurois au lieu d'un Bruxellois : "C'était incontournable. Sur nos vingt ministres, il y en a déjà sept qui sont de la capitale fédérale, depuis l'arrivée de Marie Arena. Je ne pouvais pas faire du huit/douze. J'ai donc voulu conserver un équilibre, important au sein du Parti socialiste... "

Elio Di Rupo : « Des gens se sont acharnés sur lui »

Non, il ne regrette rien. En tout cas pas d’avoir nommé Laloux. « Il faut que des petites gens, qui se sont faits tout seuls, puissent accéder aux plus hautes fonctions politiques. » Elio Di Rupo tente de faire oublier un mauvais casting et le malaise qui plane dans ses rangs en reprenant l’offensive. « Je serai candidat, en 2011, à la présidence du PS. »
2011 c’est loin… Mais quand même, un peu de renouvellement ne serait-il pas bienvenu ?
Si c’est pour un mieux, bien sûr ! Mais vous savez, Emile Vandervelde a présidé le parti fort longtemps. Et puis, j’ai été élu par 90 % des militants, c’est ça qui compte. Au PS, ce ne sont plus les barons qui font les présidents !
Digéré, l’échec de 2007, où l’on vous sentait désabusé ?
Pas désabusé, jamais… Tout simplement triste. Mais j’ai assumé.
Les difficultés, les critiques, les mauvais sondages, ça ne vous donne pas envie de raccrocher ?
Au contraire, ça me stimule. Je suis plus décidé que jamais ! Du reste, les sondages… En 2007, ils étaient bons ! Alors peut-être que cette fois, ce sera le contraire. En tout cas, cela montre qu’on doit se serrer les coudes, entre socialistes, et œuvrer en faveur des citoyens.
Vous êtes au gouvernement fédéral… Vous avez une marge de manœuvre suffisante pour imprimer votre marque ?
Nous sommes le seul parti progressiste au pouvoir… Nous assumons nos responsabilités. Nous sommes là pour préserver les allocations familiales, les pensions, les revenus des travailleurs…
Des priorités répétées inlassablement… Pourtant, en interne, on vous reproche de ne pas imprimer une ligne claire au parti.
C’est tout le contraire. Après les élections, nous avons tiré les leçons de l’échec. Nous avons rédigé une note de stratégie. A charge pour chaque fédération de revenir vers nous avec des actions concrètes, de voir comment on peut mettre en exergue des gens de qualité, quelle attitude adopter par rapport à certaines catégories de la population…
L’échec vient de ce que vous vous êtes coupés de certains groupes d’électeurs ?
Nous avons évoqué tout ça longuement en interne. Je ne suis pas là pour le dire publiquement.
Philippe Moureaux a lavé du linge sale dans nos colonnes…
Son attitude est incompréhensible. Il s’en est expliqué. Mais, sur Laloux, ce n’est pas lui qui a créé le climat d’acharnement…
Qui alors ?
Des gens se sont acharnés sur lui.
En ce compris dans vos propres rangs : des parlementaires fédéraux PS ont grincé des dents.
C’est fort possible que certains n’étaient pas heureux. La plupart étaient satisfaits ou neutres.
Les critiques émises à l’égard de Laloux étaient excessives ?
Oui ! Certains devraient faire leur examen de conscience. Que lui reproche-t-on ? Ses litres d’essence ? Le dépassement est minime. Le fait qu’il ne communique pas ? Que dire, alors, d’un Premier ministre quand il confond Marseillaise et Brabançonne ?
Un Namurois succède à un Namurois… Une évidence ?
Ce n’était pas indispensable. Ma stratégie, en mars, a été de donner un poste à Namur… Je suis cohérent avec moi-même. Et puis, dans l’équilibre Wallonie-Bruxelles, je ne pouvais pas nommer un Bruxellois. Le PS a 20 ministres, secrétaires d’Etat et présidents d’assemblée, dont 7 Bruxellois.

Laloux out, Di Rupo riposte
"Peut-être, pour certains, est-ce plus important d'avoir le bon look pour pouvoir être "un bon secrétaire d'Etat". Ce n'est pas ma vision, et ce ne le sera." Frédéric Laloux est amer au moment de justifier sa démission rendue publique samedi midi.
"Des critiques injustes..."
Un arroseur tant arrosé qu'il s'est noyé

Frédéric Laloux : « Je ne suis pas un clown »
Frédéric Laloux aura été secrétaire d’Etat à la Pauvreté pendant un mois . « Un mois qui va compter dans ma vie et sur lequel je pourrais écrire un livre », nous confie celui qui va retrouver son siège de conseiller communal namurois. En attendant, il revient sur les causes de son départ.
Pourquoi avez-vous décidé de démissionner ?
Je ne suis pas parfait mais je suis honnête. Je n’aime pas le terme de démission. J’ai remis mon mandat. Et je l’ai fait parce que ce que l’on m’a fait subir nuisait à tous ceux que je devais représenter.
Votre président parle d’acharnement à votre égard…
Mais il n’y a pas d’autres termes ! Un journal m’a attaqué en affirmant que je détenais une série de mandats que j’avais pourtant expressément abandonnés. Un autre organe de presse a lancé une opération « Sauvez Laloux » avec rendez-vous sur la place d’Armes de Namur. Je ne suis pas un clown. J’ai eu une réunion vendredi soir avec les instances locales. La personne importe peu. Mais je ne peux accepter n’importe quoi. On me demandait quand tout cela allait s’arrêter. En me visant, on s’attaquait aux gens dont je suis le porte-parole. Cet acharnement à mon égard discréditait, en bout de course, tous ceux que je devais représenter.
On vous reproche de ne pas avoir brillé, lors de la présentation de votre plan, en commission des Affaires sociales…
J’ai été le seul secrétaire d’Etat à avoir bénéficié d’une telle couverture médiatique : la presse ne s’est déplacée en commission des Affaires sociales que pour me mettre à mort. Pourtant, je suis le seul à avoir fourni l’effort de présenter le rapport moitié en néerlandais, moitié en français. Mais on n’est pas venu pour cela.
Une chaîne de télévision vient encore de commettre un amalgame en annonçant que j’avais prêté ma carte d’essence à ma femme. On ne m’a pas contacté, les chiffres livrés étaient erronés, l’information n’a pas été recoupée. Si tout cela, ce n’est pas de l’acharnement… Mais il y a plus.
Au-delà des attaques personnelles, ce climat devenait intenable pour ma famille : mes gosses étaient pris à partie, vilipendés par leurs condisciples, voire par certains professeurs. Ils étaient traqués par des journalistes dont certains les prenaient en photo.
On vous a reproché de ne pas être issu du rang des parlementaires, d’avoir été parachuté.
Voilà dix-sept ans que je fais de la politique. On me connaît à Namur et on fait appel à moi pour figurer en queue de liste à la dernière suppléance, à la place de combat. Cela ne me fait pas peur. Je ne me suis jamais mis sous les feux de la rampe. Quand le PS, qui n’était pas demandeur, a obtenu deux postes de secrétaires d’Etat, il a privilégié deux personnalités de terrain confrontées aux réalités des petites gens. Mais on a voulu me salir. Cela a commencé avec Groen ! qui a réclamé ma démission.
Cette démission risque de mettre un terme à votre carrière politique…
Je n’ai jamais eu de plan de carrière. Ma volonté de travailler est même décuplée par ces événements. A Namur, on va m’accueillir à bras ouverts. Les gens qui me connaissent savent combien le combat que je mène sur le terrain est important pour moi. C’est une vraie vocation.

Jean-Marc Delizée remplace Laloux

Jean-Marc Delizée (PS) a été nommé comme nouveau secrétaire d’Etat à la Lutte contre la pauvreté en remplacement de Frédéric Laloux (PS), a indiqué ce dimanche le Palais dans un communiqué. Le Palais a accepté la démission de M. Laloux.
M. Delizée prêtera serment dimanche entre les mains du roi au château de Ciergnon, en présence du premier ministre. De nombreuses critiques avaient émaillé la désignation comme secrétaire d’Etat de M. Laloux, artisan pâtissier, personnalité peu connue du sérail politique. Ancien échevin de Namur, il a également été rattrapé par une affaire de prétendue utilisation abusive de cartes essence. A l’intérieur du parti socialiste, il a été reproché au président Elio Di Rupo d’avoir quelque peu oublié, dans le choix de certains de ses représentants au gouvernement, de valoriser des parlementaires à l’expérience établie. Ces critiques ont été relayées par le vice-président du parti, Philippe Moureaux, qui a évoqué une erreur de casting. Enfin, le secrétaire d’Etat n’a pas été épargné non plus lors de l’annonce de ses engagements politiques, jugés trop faibles jusqu’au sein de sa propre formation.
Face au flot d’attaques, Frédéric Laloux a annoncé samedi qu’il démissionnerait « pour rester fidèle à ses valeurs et à son engagement politique ». Dans un communiqué, il disait aussi refuser de participer à la « Star academy » de la politique.
« La page est tournée », a indiqué dimanche sur la RTBF le président du PS, Elio Di Rupo, annonçant dans la foulée du Palais le choix de Jean-Marc Delizée pour succéder à Frédéric Laloux. Disant assumer les choix qui ont prêté le flanc à la critique, M. Di Rupo a dit vouloir aller de l’avant pour relever le pouvoir d’achat des gens et pour la stabilisation du pays à laquelle le PS a jusqu’ici contribué.
Le président du PS a cependant condamné « l’acharnement » voire « la chasse à l’homme » qui a visé Frédéric Laloux, quelqu’un « qui s’est fait tout seul ». Il s’est dit étonné du « deux poids deux mesures » consistant à condamner politiquement un homme de terrain de la trempe de M. Laloux bien plus que certains bourgmestres inculpés. « Les petites gens ont droit aussi à se trouver dans un gouvernement », a-t-il dit, relevant notamment que les notes de politique générale d’autres secrétaires d’Etat ne faisant que quelques lignes n’ont pas suscité de commentaire.
Le président Di Rupo a rejeté toute erreur de casting, niant par ailleurs qu’il prenait ses décisions seul. « Je consulte largement. Parmi ces personnes, M. Moureaux fait certainement partie de ceux qui sont consultés le plus souvent », a-t-il dit en substance.
Le PS a proposé dimanche Jean-Marc Delizée comme successeur à Frédéric Laloux. M. Delizée prêtera serment dimanche entre les mains du Roi.
Agé de 48 ans, Jean-Marc Delizée est député de la province de Namur à la Chambre des représentants depuis 1993. Il était un des plus jeunes députés à l’époque. Il est président de la Commission des affaires sociales. Bilingue, il a d’abord acquis un régendat en langues germaniques avant de décrocher un diplôme de licencié en sciences politiques et relations internationales. Il est signataire de plusieurs propositions de loi concernant, entre autres, l’augmentation des pensions, la lutte contre les pièges à l’emploi ou encore la mise en place d’une Stratégie nationale pour l’emploi.
Ancien bourgmestre de Viroinval, il y était jusqu’à ce jour échevin notamment en charge de l’emploi, la formation, les affaires économiques et agricoles, l’enseignement, la culture, l’Etat civil et la population.
Le président du parti socialiste a indiqué ne pas être déstabilisé par les événements des dernières semaines. Il s’est même dit candidat à sa succession en 2011.

Frédéric Laloux démissionne

Le secrétaire d'État à la Lutte contre la pauvreté Frédéric Laloux a décidé de remettre son mandat, « pour rester fidèle à ses valeurs et à son engagement ». Le Premier ministre Yves Leterme a accepté cette démission. Le président du parti socialiste la comprend mais la regrette. « Je refuse de participer à une sorte de Star Academy de la politique . J'ai une autre opinion de la fonction politique que celle qui consiste à critiquer pour le plaisir et sans fondements et attaquer les personnes plutôt que les actions. », explique le secrétaire d'Etat sur son site internet. « C'est pour rester fidèle à mes valeurs et à mon engagement que j'ai décidé de remettre mon poste de secrétaire d'Etat. Car dans les conditions d'animation médiatique et d'exigence de « casting », je ne pense pas sereinement pouvoir assumer une mission que j'estime pourtant essentielle : travailler à réduire les inégalités dans notre pays et lutter contre la pauvreté. », poursuit Frédéric Laloux.
Réagissant à cette démission, le Premier ministre Yves Leterme dit avoir pris acte de cette démission lors d'un entretien avec M. Laloux.
« Le Premier ministre éprouve du respect pour cette décision. Les décisions sont prises pour la succession du secrétaire d'Etat démissionnaire », conclut le bref communiqué d'Yves Leterme.
Elio Di Rupo regrette
Le président du parti socialiste Elio Di Rupo regrette la démission de Frédéric Laloux, mais comprend et respecte ses raisons. Il proposera dans les plus brefs délais le nom du candidat qui pourrait le remplacer, précise-t-il dans un communiqué.
M. Di Rupo juge que « son retrait l'honore » et souhaite que chacun puisse poursuivre son travail, « dans un climat serein et constructif en faveur de nos concitoyens ».

Des réactions sans surprise
Après celles du Premier ministre Yves Leterme et du président du PS Elio Di Rupo, la démission du secrétaire d’État Frédéric Laloux a provoqué quelques réactions dans le monde politique.
Sur les antennes de RTL-TVI, la présidente du CDH Joëlle Milquet a convenu que c’était à M.
Laloux à estimer la nécessité de cette démission et souligné que les circonstances médiatiques étaient devenues difficilement supportables pour lui. Le président du MR Didier Reynders a jugé que la position de M. Laloux devenait intenable, devant des accusations assez graves et Jean-Marc Nollet (Écolo) a dit espérer que le prochain choix sera plus judicieux.
Du côté des partis flamands, la présidente du sp.a Caroline Gennez a estimé que M. Laloux avait pris la seule décision qui s’imposait, un Secrétaire d’État, surtout s’il s’occupe de la lutte contre la pauvreté, devant se trouver au-dessus de tout soupçon.
Quant aux écologistes de Groen !, ils estiment que la démission est l’occasion de mener une politique renforcée de lutte contre la pauvreté.
Les Verts flamands avaient déjà réclamé la démission de M. Laloux lors de l’affaire de la localisation de son cabinet et s’étaient montrés très critiques envers sa déclaration de politique qui manquait, à leurs yeux, de perspectives et d’ambition.

La polémique s’est installée dès le début

Frédéric Laloux a été nommé secrétaire d’État fédéral le 20 mars, alors qu’il était conseiller communal, chef du groupe socialiste à la ville de Namur et attaché au cabinet du ministre wallon Michel Daerden. Rapidement, il a fait l’objet d’attaques concernant l’utilisation d’une carte d’essence de la ville et des mandats publics qu’il aurait continué à détenir irrégulièrement.

C’était le 20 mars 2008. Philippe Laloux prêtait serment devant le Roi. Un mois plus tard, il remet son mandat. Belga
Des critiques se sont aussi élevées dans les rangs du PS, où certains ne voyaient pas d’un bon œil la désignation par le président Elio Di Rupo d’un nouvel « inconnu » à un poste ministériel.
Affilié au parti socialiste depuis 1991, sa carrière politique a démarré en 1995, lorsqu’il devient conseiller communal à Namur. De 2001 à 2006, il a été échevin des Sports, de la Logistique et du Centre de secours. Originaire de Jambes où il vit toujours, Frédéric Laloux a une formation d’agent immobilier.
L’attention de la presse est attirée sur M. Laloux dès la déclaration gouvernementale, lorsque les journalistes constatent qu’il est le seul membre du gouvernement absent au moment où M. Leterme entame la lecture de son texte. Une première polémique éclate dès le 29 mars, lorsque le nouveau secrétaire d’État déclare qu’il n’a pas de cabinet et doit travailler dans sa voiture. Il reconnaît ensuite que des locaux lui ont bien été attribués.
Ce sont ensuite des informations de presse faisant état de pleins de carburant abusifs pour sa voiture officielle. Pour ces faits, un dossier le concernant, ainsi que l’échevin Écolo de Namur Arnaud Gavroy, est envoyé au procureur général de Liège et une information judiciaire est ouverte à propos du Secrétaire d’Etat.
Après un appel du président des socialistes bruxellois Philippe Moureaux à renvoyer M. Laloux à Namur, de nouvelles accusations le visent, concernant cette fois une incompatibilité entre ses fonctions ministérielles et des mandats publics.
Frédéric Laloux a rejeté toutes les accusations qui étaient portées contre lui. Mais il a fini par démissionner samedi, dénonçant « mensonges, critiques et amalgames » à son égard, voulant rester fidèle à son engagement et disant ne pas vouloir participer à la « Star Academy » de la politique.

17 avril 2008

Les bombes à retardement du gouvernement Leterme

« Définitif », vraiment, ce nouveau gouvernement ? Allons, donc ! Personne n'y croit. Au mieux, on retournera aux urnes fédérales en 2009. Et peut-être même dès cet automne.
Ceux qui sont chargés d'expliquer les termes de l'accord gouvernemental manquent décidément toujours de la rigueur la plus élémentaire. « Cet accord correspond, à concurrence de 99 %, à notre programme », a lâché Joëlle Milquet (CDH) au petit matin du mardi 17 mars, après une nuit de négociations. « Nous sommes satisfaits à 90 % », ont renchéri les libéraux. « 95 % de nos revendications ont été rencontrées », a résumé Elio Di Rupo (PS). Soit les responsables politiques sont fâchés avec les chiffres. Soit leurs programmes se confondent. Soit cet accord n'en est pas un. « Il s'agit tout juste d'un catalogue 3 Suisses », martèle le SP.A, resté dans l'opposition, aux côtés des verts francophones et flamands.
Derrière la glose exagérément optimiste du nouvel attelage Leterme Ier se cachent, en tout cas, bien des non-dits. Les quarante-trois pages du texte signé par les cinq partis de la majorité (PS, MR, Open VLD, CD&V/N-VA, CDH) ressemblent davantage à un missel pour premiers communiants, expurgé des promesses de paradis, qu'à un accord de gouvernement.
Or on sait que les intentions des uns et des autres sont loin d'être angéliques. Les Flamands n'ont pas renoncé à leur ambition d'obtenir une grande réforme de l'Etat. Les libéraux tiennent à leur réforme fiscale. Les socialistes veulent revaloriser les pensions. Comme il leur a été impossible de conclure un accord sur ces points délicats, faute de chiffres fiables relatifs au budget de l'Etat pour 2008, ils ont tout reporté à plus tard. A l'été.
Du coup, le texte comprend beaucoup de blancs lourds de sens. Et nombre de silences menaçants, qui révèlent deux choses. Un : malgré la trêve de façade, le pays reste ingouvernable, car cette majorité est « contrainte » et n'est pas issue, naturellement, des urnes. Deux : avec une économie en panne, des caisses vides, l'absence de consensus sur la réforme d'un modèle social dépassé, l'absence de vision commune sur un avenir commun, la tâche du gouvernement Leterme Ier est vouée à l'échec. Voici les plus grosses bombes qui jalonnent le chemin du Premier ministre.
1. BHV
Sous ces trois syllabes, il y a de la nitroglycérine. La scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde est la revendication, fût-elle éminemment symbolique, de la Flandre, et ce depuis belle lurette. Dans les rangs francophones, on explique perfidement que l'on veut bien en débattre, mais à condition de discuter, conjointement, de l'élargissement de la Région bruxelloise et d'une consultation populaire dans les communes de la périphérie bruxelloise. Deux tabous absolus dans le nord du pays.
Rappelons-le également : les dernières élections communales se sont déroulées en octobre 2006 et, depuis, trois bourgmestres francophones de la périphérie attendent toujours leur nomination officielle. En fait de démocratie, il y a mieux à faire...
Pour faire bref : c'est le dossier le plus explosif du gouvernement Leterme Ier. En cas d'« accident » ou de manipulations incontrôlées, on ne donne pas cher de la peau du pays.
2. La réforme de l'Etat
Ne parlons même plus du « premier paquet », bouclé en février, composé de « zakouski » ou de « réformettes », c'est selon, et qualifié d'« anecdotique » par Didier Reynders lui-même. Le second paquet s'annonce autrement plus indigeste, du moins pour les estomacs francophones. Si l'on s'en tient à l'accord passé entre Flamands et francophones, le gouvernement devrait présenter à la Chambre, avant la mi-juillet, le gros morceau d'une « vraie » réforme de l'Etat.
Celle-ci devrait être approuvée avant les vacances parlementaires du mois d'août. Il reste donc trois mois et demi pour réformer le pays. Au menu ? La régionalisation de la politique de l'emploi, de certains volets des politiques de santé, de la famille, de la fonction publique et de la justice, ainsi que la gestion de la mer du Nord. Toutes des revendications flamandes. A ce stade, seule la réorganisation de la politique menée à l'égard des demandeurs d'emploi est accueillie de façon relativement favorable par les francophones : la situation du marché du travail et les besoins sont, en effet, très différents à Bruxelles, en Wallonie et en Flandre. Tous les autres points, c'est de la dynamite.
3. Circonscription électorale fédérale
Du côté francophone, davantage que le PS, le MR et, surtout, Ecolo insistent sur la nécessité d'instaurer une circonscription électorale fédérale. Dans ce cas, une partie des candidats aux élections devraient faire campagne dans l'ensemble du pays, et non plus exclusivement dans leur communauté linguistique : de quoi retisser quelque peu les mailles du chandail Belgique, espèrent les plus optimistes. En Flandre, Groen ! et le VLD défendront cette position. Le cartel CD&V/N-VA n'en veut pas. Les verts ont pourtant déjà laissé entendre qu'ils ne soutiendraient pas la réforme de l'Etat, s'ils n'obtenaient pas cette fameuse circonscription nationale. Or on aura besoin de leurs voix...
4. La loi de financement
Qui dit réforme de l'Etat dit aussi révision de la loi de financement. Dans les esprits nordistes, en effet, les Régions et les Communautés sont (trop) bien dotées - c'est surtout vrai pour la Flandre, prospère, avec un taux de chômage négligeable -, tandis que les caisses de l'Etat fédéral sont vides. La Flandre essaiera donc d'imposer, à l'avenir, des efforts supplémentaires aux entités fédérées : les éventuels transferts de compétences vers les Régions ne s'accompagneront donc pas nécessairement de transferts financiers. Voilà qui promet bien des remous dans les rangs francophones, en particulier dans ceux du PS et du CDH, au pouvoir dans les entités fédérées (contrairement au MR).
Et puis, il y a Bruxelles : la capitale réclame des moyens financiers à la hauteur de ses nombreuses missions fédérales et internationales. Elle a, jusqu'ici, obtenu théoriquement un rabiot de 65 millions d'euros, soit beaucoup moins qu'espéré. Mais on connaît le peu d'enthousiasme que suscite, chez les responsables politiques flamands, l'idée d'octroyer des moyens supplémentaires à ces « bourgeois francophones bruxellois ».
5. Le budget de l'Etat
La réforme fiscale voulue par les libéraux ? On la chiffrera en juillet prochain, date du contrôle budgétaire. La revalorisation des pensions et des allocations sociales réclamée par les socialistes ? On se penchera sur son coût en juillet également. Le problème, c'est qu'en juillet l'Etat apparaîtra exsangue. Car le budget 2008, voté en février dernier, repose, sinon sur un tissu de mensonges, du moins sur des espoirs parfaitement aléatoires.
Une hausse escomptée des recettes fiscales de 6,75 % grâce à la croissance ? A l'heure où tous les indicateurs économiques plongent dans le rouge, qui y croit sérieusement ? L'obole de 250 millions d'euros réclamée aux producteurs d'électricité ? Ceux-ci ne vont pas se laisser faire si facilement et exigeront, à tout le moins, en compensation, la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires. Là, ce sont les socialistes et les verts qui caleront... plus tard. Car le problème a été confié à des « experts », chargés d'étudier le meilleur équilibre énergétique pour le pays.
Les « effets retour » des intérêts notionnels, ces avantages fiscaux consentis aux entreprises sous le prétexte qu'ils favorisent la création d'emplois ? La preuve qu'ils créent réellement de l'emploi n'a, à ce jour, pas été démontrée. La liste est longue des espoirs naïfs sur lesquels repose la copie budgétaire de l'année en cours. Cette « légèreté » est dangereuse : la saison estivale sera celle de tous les arbitrages. Faute d'argent, il n'y a pas de compromis possible.

16 avril 2008

Un vent de contestation souffle au PS

Fait rare : le vice-président du PS, Philippe Moureaux, critique ouvertement la ligne du président Elio Di Rupo. L'affaire Laloux ravive de vieilles frustrations à l'intérieur du parti socialiste. Le président du PS se mure : pas de commentaire... .

De mémoire de camarades, on n'avait jamais vu cela... C'est la toute première fois que le vice-Président du PS, Philippe Moureaux, décoche des flèches empoisonnées à l'endroit de son président, Elio Di Rupo. Car sous couvert d'une critique à l'égard de Frédéric Laloux, l'ex-échevin de Namur bombardé secrétaire d'Etat à la Pauvreté par la grâce d'Elio Di Rupo, c'est bien le président du PS qui est la principale cible de Philippe Moureaux. En cause : le casting du gouvernement (principalement les secrétaires d'Etats Laloux et Fernandez) et par-delà, le laxisme à l'égard des "déviants". C'est au "Soir" que Moureaux a confié toute son amertume. Décodage.
1 D'où vient ce casting bizarre ? Elio Di Rupo a toujours adoré surprendre la galerie en proposant à la nomination des ministres et secrétaires d'Etat inattendus : Marie Arena, Christiane Vienne, Fadila Laanan, Marc Tarabella, Paul Magnette. Et tout dernièrement, Julie Fernandez Fernandez, échevine à Liège et, bien sûr, Frédéric Laloux, ex-membre du collège échevinal de Namur. Ces deux derniers étaient totalement inconnus au bataillon des "ministrables". C'est précisément pour cela qu'ils ont été choisis, explique-t-on au PS : Elio Di Rupo a voulu démontrer que le PS ne manque pas de talents.
2 Pourquoi Laloux ? Mais ces choix ne passent pas. Et au fil des jours, les choses, plutôt que de s'arranger, s'enveniment. Car si le PS ne manque pas talents, ces deux-là ne sont peut-être pas les mieux lotis. Et s'il fallait vraiment trouver un Namurois capable d'exercer cette fonction, Jean-Charles Luperto, Eliane Tillieux ou Valérie Deom étaient mieux placés. Mais Di Rupo n'a consulté personne à Namur. Bien sûr, Luperto a quelques ennuis depuis qu'au terme d'un collège euphorique, il s'est livré à une mauvaise blague téléphonique aux dépens du bourgmestre de Jemeppe. Mais bon. Entre cette stupidité de collégien et les problèmes de Laloux (surutilisation de sa carte essence) il y avait une hiérarchie des handicaps que le président du PS a niée.
3 Qui s'oppose à Di Rupo ? La liste des gens que le président a frustrés est longue au PS. Et petit à petit, les langues se délient. Anonymement bien sûr. Courageux, mais pas téméraires. N'est pas Moureaux qui veut. Aux commentaires, on devine que l'ère Di Rupo est doucement en train de s'achever. D'ailleurs, à intervalles réguliers, on sent bien que le principal intéressé n'est plus au top de sa forme et de son influence. Depuis 1999, date de son accession à la présidence du PS, il a accumulé les victoires. Sauf en 2007, évidemment, où la success story s'est brutalement achevée. Et Philippe Moureaux a raison de rappeler que l'échec est dû aux affaires plutôt... qu'à la loi sur les armes comme le prétendent les ennemis de la rénovation du PS, ceux qui vivent encore du souvenir des acquis du passé, rêvant des avantages politiques que leur procurait un PS à 44 pc.
Elio Di Rupo apparaît un peu blasé, comme si la popote interne de son parti ne l'amusait plus. Le syndrome "Louis Michel" en quelque sorte. D'ailleurs, il est bien plus aisé d'interroger Di Rupo sur la situation en Chine ou au Chili que sur ses équipes ministérielles. Certains disent qu'il rêve d'un job international. Mais ils ne sont pas légion.
4 Que cherche Philippe Moureaux ? Si, au PS, on pensait que l'ouragan né de la nomination de Frédéric Laloux était passé, Yves Leterme l'ayant accepté dans son équipe après l'avoir auditionné, la sortie de Philippe Moureaux relance le débat interne au PS.
Dès lors, les exégètes de la pensée de Moureaux tentent de comprendre. Pourquoi cette sortie publique, vivement contestée, dans sa forme, par Rudy Demotte, le Premier wallon ? D'abord, parce que, dûment informé du malaise interne, Elio Di Rupo aurait fait la sourde oreille. Plusieurs parlementaires (Mayeur, Eerdekens,...) avaient dit clairement leur dépit. D'autres se demandent si, au crépuscule de sa carrière politique, Philippe Moureaux, piqué au vif par un sondage reléguant le PS à la 3e position, derrière le MR et le CDH, ne cherche pas, en écorchant l'image d'Elio Di Rupo, à lancer l'idée d'un changement de président. Au profit de... sa protégée de toujours, Laurette Onkelinx. Evidemment, les Liégeois, en guerre interne permanente, ne verraient peut-être pas d'un bon oeil l'arrivée de cette Néobruxelloise. Un président bruxellois ? Pas sûr que les Wallons accepteraient cela.
5 Dans quel état est le PS ? Jusqu'ici, la rénovation n'avait pas trop mal progressé, malgré de retentissants ratés. Car dans beaucoup d'endroits, elle demeure superficielle. Et malgré l'optimisme affiché par le boulevard de l'Empereur, il demeure plus d'un hiatus entre le parti et sa base. Dès lors, de multiples zones de contestation apparaissent. Ne parlons pas de ceux qui, à l'approche des élections, espérant négocier une place en vue, ruent dans les brancards : les régionalistes qui menacent toujours de créer un parti dissident ou de rejoindre les rattachistes.
Si la lenteur d'Elio Di Rupo a condamner les agissements déviants est condamnée par Philippe Moureaux et ses amis, certains reprochent aussi au président de ne pas avoir eu le courage de profiter de l'échec électoral cuisant de juin 2007 pour se refaire une santé dans l'opposition, comme André Cools et Guy Spitaels en 1970 et 1980. " On est venu nous chercher" a coutume de dire Elio Di Rupo . "Il fallait refuser ", expliquent ceux qui étaient attirés par une vivifiante opposition.
6 Comment sortir de ce guêpier ? " Elio ne se déjugera pas , juge un baron. La meilleure chose qui puisse arriver, c'est que Laloux se retire. Mais je ne suis pas sûr qu'il en ait les c... "

Politique : Laloux, l'arbre qui cache la foret ?

La désignation de Frédéric Laloux, comme secrétaire d'Etat, est une erreur de casting. Alors que l'on croyait le malaise aplani depuis qu'Yves Leterme lui avait réitéré sa confiance, le choix du namurois est à nouveau remis en cause. Et les critiques émanent, cette fois, de l'intérieur même du parti, et pas d'un second rôle, mais bien du vice-président du PS, Philippe Moureaux; de quoi crisper le Boulevard de l'Empereur …
VIDEO• P. Moureaux critique E. Di Rupo à propos de F. Laloux
Au Parti Socialiste, on s'en tient pour l'instant à un No comment. Dans l'entourage d'Elio Di Rupo on ne cherche d'ailleurs pas à cacher le malaise que suscitent les propos sévères de Philippe Moureaux mardi matin dans "Le Soir". On regrette qu'il ait choisi de s'exprimer dans la presse plutôt que lors des réunions des différentes instances du parti. Donc pas question de déboulonner Fréderic Laloux, le nouveau secrétaire d'Etat à la lutte contre la pauvreté. Un secrétaire d’Etat épinglé pour l'utilisation apparemment excessive d'une carte essence de la ville de Namur, mais dont la défense a convaincu le Premier ministre et qui a produit les pièces attestant de sa bonne foi ; même si une information judiciaire est ouverte sur la base d'articles de presse. Pour le Boulevard de l'Empereur, il faut donc en rester là.

Dans le même temps, la mise en cause de la stratégie présidentielle par le N°2 du parti, dans un contexte post et pré-électoral périlleux pour les socialistes réveille un certain nombre de clivages passés, entre communautaristes et régionalistes, ou encore entre les partisans de la fermeté et les défenseurs de la présomption d'innocence que les affaires de Charleroi avaient opposés, et avant elles les affaires liégeoises. Mais le malaise révèle sans doute aussi un clivage à venir.

Par personnes interposées ,comme pour le cas Laloux, ou par dossier interposé, comme les critiques qui se multiplient dans les rangs même du PS à propos de la lois sur les armes, les tensions internes aux socialistes préfigurent aussi les rivalités qui ne manqueront sans doute pas d'apparaître entre Laurette Onkelinx et Rudy Demotte lorsque viendra le moment de la succession d'Elio Di Rupo.

"Une démarche inélégante" :

Le ministre président wallon et de la Communauté française, Rudy Demotte, juge inélégante la démarche de Philippe Moureaux. Ce genre de débat doit être mené à l'intérieur du parti et non sur la place publique dit encore Rudy Demotte

• Philippe Moureaux secoue le PS
• Malaise au parti socialiste

Laloux cumule et se met en infraction

Le Secrétaire d'Etat ne respecte pas le décret wallon de 2004 sur les mandats d'administrateur public. Il doit quitter la SWDE, les Tec Namur, le Port autonome.
Chacun porte sa croix, mais celle de Frédéric Laloux semble de plus en plus pénible à soulever. Le secrétaire d'Etat socialiste, après s'être fait "descendre" par Philippe Moureaux mardi, peut s'attendre à un comité d'accueil cinq étoiles, ce mercredi à la Chambre, alors qu'il doit présenter une note de politique générale ("La Libre" du 15/04) déjà jugée, ça et là, "évasive"...
Mardi, Frédéric Laloux a donné un coup de téléphone à Philippe Moureaux, et les deux hommes ont convenu de se rencontrer, mais lui a-t-il dit qu'il était en infraction avec un décret wallon de 2004 ? Pas certain... Secrétaire d'Etat, le Namurois est désormais en infraction avec le décret wallon du 12 février 2004 relatif au statut de l'administrateur public. Rappel, ce décret rend incompatible un mandat d'administrateur public avec un poste de secrétaire d'Etat ou de ministre. Or, Frédéric Laloux est administrateur depuis le 30 janvier 2008 de la SWDE (Société wallonne des eaux) et a d'autres mandats au Tec Namur Luxembourg et au Port autonome de Namur où il est administrateur suppléant.
Voici donc Frédéric Laloux en infraction et forcé de choisir rapidement entre son poste gouvernemental et ses mandats wallons...
Pour l'heure, Laloux conserve la confiance du Premier ministre Yves Leterme - qui, lui, se retranche derrière la confiance de Di Rupo à Laloux. Côté régional wallon, alors qu'une enquête administrative est ouverte sur l'échevin actuel (Ecolo) Arnaud Gavroy, rien en vue sur l'ancien échevin (PS) Frédéric Laloux. Y a-t-il donc du "deux poids deux mesures" chez le ministre (PS) de tutelle ? Pour s'en défendre, il suffit à Philippe Courard de rappeler que le code de démocratie locale prévoit la possibilité de procédures disciplinaires à l'égard d'un bourgmestre ou échevin en fonction, pas pour une fonction antérieure ni à l'égard d'un conseiller communal (ce qu'est aujourd'hui M. Laloux). Le député Bernard Wesphael (Ecolo) s'est dit "vraiment scié" par ce qu'il appelle des "arguties juridiques" tandis que, plus sobre, Caroline Cassart (MR) se demandait si ladite législation n'est pas "lacunaire".

"Il s'était mis en congé en temps utile"
Le secrétaire d'Etat à la Lutte contre la pauvreté a également souhaité se mettre en congé des autres mandats.
Le secrétaire d'Etat Frédéric Laloux a démissionné et s'est mis en congé en temps utile des divers mandats incompatibles avec ses nouvelles fonctions, a indiqué mercredi une porte-parole, contredisant ainsi des informations parues dans le quotidien La Libre Belgique.
M. Laloux "a pris ses renseignements sur les incompatibilités liées à sa nouvelle fonction dès son arrivée. Dès qu'il a eu confirmation de certaines incompatibilités, il a démissionné (le 9 avril dernier) de ses mandats de la SWDE et du Port autonome", a-t-elle indiqué jeudi.
Le secrétaire d'Etat à la Lutte contre la pauvreté a également souhaité se mettre en congé des autres mandats pour lesquels il n'y avait pourtant aucune incompatibilité "afin de se concentrer à 100% à sa mission", a-t-elle précisé. Concernant son mandat d'administrateur à la SWDE, Frédéric Laloux a démissionné par lettre vu l'incompatibilité avec une fonction ministérielle en vertu de la législation wallonne sur le cumul des mandats. Il s'est par ailleurs mis en congé comme membre du Conseil d'exploitation de Meuse amont.
Par ailleurs, le secrétaire d'Etat a été volontairement démis de sa fonction au Port Autonome de Namur, toujours en raison d'une incompatibilité avec une fonction ministérielle. Enfin, M. Laloux est également "président en congé" de la Joie du Foyer et administrateur en congé au "Foyer Jambois". En ce qui concerne le Tec Namur, également évoqué dans la presse, M. Laloux fait savoir qu'il n'y est plus administrateur depuis juin dernier.

15 avril 2008

Moureaux à Di Rupo : « Virez Laloux ! »

Le numéro deux du PS veut le départ du secrétaire d'Etat Frédéric Laloux. Et presse Elio Di Rupo de prendre position radicalement sur les agissements déviants.

En répondant aux questions du Soir, Philippe Moureaux espère « provoquer un sursaut » du côté du Boulevard de l'Empereur. Sur un ton ferme et peu diplomatique, le vice-président du PS s'adresse à Elio Di Rupo, son président : « Je l'engage à donner une ligne claire (NDLR : au parti). Qui va nous coûter dans l'immédiat, mais qui nous portera plus loin. Plutôt que de faire des choix frileux qui vont nous couper de toute perspective d'avenir. »
Le Bruxellois estime que « le dernier casting gouvernemental du PS est un échec ». Il demande à son auteur, Elio Di Rupo, de « réparer ses erreurs dans ses choix ». En clair : renvoyer à Namur Frédéric Laloux, le secrétaire d'Etat à la lutte contre la pauvreté empêtré dans une affaire de pleins d'essence.
Philippe Moureaux veut que son président se montre plus sévère avec « les dérives et les pratiques qui sont les nôtres ». C'est le moment, dit-il, d'« indiquer clairement à l'opinion que le parti n'accepte plus ce genre de choses ». Et sans vains regrets : « Que ceux qui ne sont pas d'accord fassent un pas de côté ou aillent voir ailleurs. »

ENTRETIEN
On ne l'a guère entendu ces derniers mois. Celui qui représentait le PS au comité des sages sur la réforme de l'Etat observait une certaine réserve par rapport à l'évolution de la situation politique générale, et celle de son propre parti…
… Ce silence, vous le rompez…
Il me semble que, pour quelqu'un comme moi qui n'a plus aucune ambition personnelle sinon celle de réussir sa retraite, il est nécessaire maintenant, avec prudence, sans casser la porcelaine, d'exprimer ses inquiétudes, ses réserves, parfois ses critiques.
A propos…
Du dernier casting gouvernemental du PS. Un échec. Et c'est triste, car il intervient au moment où l'on aurait besoin de ce genre d'opportunité pour faire avancer le parti. Choisir des extra-parlementaires pour un gouvernement, cela peut se justifier – et ce serait difficile d'ailleurs pour moi de dire le contraire puisque j'étais moi-même un non-élu en 1980 lorsque je suis devenu ministre. Prenez récemment la désignation de Paul Magnette : elle ne me paraît poser aucun problème vu sa situation (son intervention pour faire cesser la querelle carolo en 2006, NDLR) et l'ampleur de la personnalité. Par sa connaissance des dossiers, son expertise, ou sa situation particulière, un extra-parlementaire peut donc apporter quelque chose de fondamental. Mais il n'est pas bon de négliger les parlementaires pour des personnes qui, certes ne sont pas inintéressantes, mais qui ne sont pas du même niveau qu'eux à ce stade. Je n'épiloguerai pas sur le choix de quelqu'un qui souffre d'ailleurs d'avoir été mis en première ligne.
Vous visez Frédéric Laloux…
Peut-être n'aurait-il pas connu certains avatars si on ne l'avait pas imprudemment soumis au feu médiatique et judiciaire.
La présomption d'innocence ?
Mais je ne le condamne pas. Je crois d'ailleurs que si on ne l'avait pas désigné, on aurait beaucoup moins parlé, voire pas du tout, du problème pelliculaire pour lequel il est inquiété, l'utilisation de quelques litres d'essences complémentaires. Mais à partir du moment où on est placé en première ligne, ce genre de choses prend une tout autre tournure.
Conclusion ?
Des erreurs, tout le monde en commet, mais après, il est souhaitable de les réparer. Je parle des choix du président, du casting.
Le secrétaire d'Etat doit donc, selon vous, être remplacé ?
J'ai été assez clair.
Et le casting gouvernemental ?
En le modifiant légèrement, il peut retrouver une pertinence incontestable. Laurette Onkelinx, Marie Arena, Paul Magnette, nos ministres fédéraux, sont des gens de toute première qualité. La jeune secrétaire d'Etat liégeoise ne pose pas de problème majeur. Mais ce qui est terrible, c'est qu'on ne parle pas d'eux mais de la désignation d'un garçon auquel je n'ai aucun reproche particulier à faire, mais qui devient l'image dominante pour l'opinion, alors qu'il y a derrière une belle équipe. C'est injuste. On peut y remédier. C'est la politique. Ce garçon, on l'a exposé. On lui rendrait un service en corrigeant le tir. Cela dit, derrière, je vois un problème plus global…
Vous voulez dire ?
Le choc des dernières élections a été dû essentiellement, pour moi, à ce que l'on a appelé les « affaires », des événements que l'on a d'ailleurs résumés imprudemment et injustement à ceux de Charleroi. Or, je vois qu'au PS, on a tendance à dire aujourd'hui : « Au fond, il ne s'est rien passé de spécial. Circulez y'a rien à voir ». Certains prétendant même que le grand problème pour le PS, ce fut la loi sur les armes !, qui nous aurait fait perdre des dizaines de milliers de voix. Donc : le parti aurait tout bien fait, sauf Laurette Onkelinx, à l'origine de cette loi sous la législature précédente, comme ministre de la Justice. Cette idée est totalement fausse et insupportable. C'est refuser de voir les difficultés en face. Cette loi sur les armes, je ne l'ai jamais trouvée très bien rédigée, j'ai des critiques, mais elle a été approuvée par tous les groupes politiques, dans un sursaut après les événements à Anvers (la fusillade Van Themsche, Ndlr), et considérer qu'une mesure restrictive en matière de port des armes est négative, c'est déjà étonnant en soi ! M. Bush est le grand défenseur du port d'armes aux Etats-Unis… Mais ce qui m'inquiète le plus, c'est la tentative de transférer les responsabilités de la défaite de 2007.
De la part de qui ?
Je constate simplement qu'au Boulevard de l'Empereur, au siège du parti, on a organisé des rencontres dans les fédérations, en cours, à propos de cette loi sur les armes. Une manière de nous exempter de ce qui pour moi est le problème fondamental, celui des comportements d'élus. Si le PS veut s'inscrire dans l'avenir, il doit prendre position radicalement. Il ne faut pas masquer ces réalités, par exemple avec la loi sur les armes. Ce sera dur. On encaissera peut-être des défections en vue de 2009. Mais il faut montrer à l'opinion publique qu'une page est tournée.
Elio Di Rupo appréciera…
J'appelle Elio Di Rupo, qui a fait un travail extraordinaire à la présidence par ailleurs, et qui a une capacité de travail exceptionnelle, je l'engage publiquement à faire ce choix, à donner une ligne claire. Qui va nous coûter dans l'immédiat, mais qui nous portera plus loin. Plutôt que de faire des choix frileux qui vont nous coûter et nous couper de toute perspective d'avenir.
Qui visez-vous ?
Je n'ai aucune animosité contre X, Y ou Z. Franchement, je ne mets en cause personne. Je pense aux dérives et aux pratiques, et aux règles éthiques qui sont les nôtres. Un bourgmestre qui méprise l'opposition (même si ce n'est pas illégal), un élu local qui pratique toujours un clientélisme de bas étage… Il faut indiquer clairement à l'opinion que le parti n'accepte plus ce genre de choses. Et exécuter ce qui a été décidé au PS ces derniers temps : plutôt que de faire le tour des fédérations à propos de la loi sur les armes, le faire pour expliquer et faire passer les éléments éthiques inscrits dans nos statuts et notre programme. Et que ceux qui ne sont pas d'accord fassent un pas de côté ou aillent voir ailleurs !
Ces « pratiques », quelle est leur ampleur au PS ?
Elles ne sont pas du tout majoritaires, mais elles le sont pour les médias, dans l'image qu'ils donnent. Notre mission politique reste entière. Les idées de gauche ont toute leur pertinence, et l'illusion du libéralisme qui allait régler tous les problèmes de la planète est en train de s'estomper. Mais il faut retrouver toute notre pertinence sur les comportements.
Une attaque à Elio Di Rupo ?
Non. J'ai toujours soutenu Elio, je continue à croire qu'il est un homme d'exception, mais après une période de dialogue un peu éteint, je souhaite publiquement lui dire mon inquiétude, et le presser de bien regarder vers l'avenir.
Vous servez vos adversaires en accréditant la thèse que le problème du PS, c'est les affaires…
Mais le problème du PS… c'est les affaires ! Faux en partie, et très exagéré, je l'ai dit, c'est bien de ce problème, pourtant, qu'il faut sortir aujourd'hui. A un an et demi des élections, j'espère provoquer le sursaut qui permettra de dire : le PS ce n'est pas les affaires, c'est le message social et l'action.