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16 février 2007

Kagame tourne le dos à la Francophonie

Confirmation de la détérioration des relations politiques entre le Rwanda et la France. Dans une interview au journal britannique "Times" le président Paul Kagame confirme qu'il veut accrocher son pays au monde anglo-saxon, et en faire un membre du "Commonwealth". Le rapprochement entre Kagame et le monde anglophone est aussi le résultat de la mise en cause de Kagame devant la justice française.


L'attachement du président rwandais au monde anglophone n'a bien sur rien de neuf, quand on pense au parcours personnel de l'actuel chef de l'état rwandais. Avant d'accéder au pouvoir rwandais dans la foulée de la guerre de 1994, l'actuel président Kagame profitait de l'appui de l'Ouganda, où vivait une importante diaspora tutsie. Et c'est cette communauté rwandaise en exil qui a formé les troupes qui prendront le pouvoir à Kigali.

Dès sa conquête du pouvoir, un froid s'installe entre la direction Kagame et la France qui organisera une opération militaire critiquée, l'"opération turquoise". L'ouverture plus tard d'une enquête en France sur les origines et les responsabilités du génocide apaisera d'autant moins la situation que Paul Kagame sera personnellement mis en cause dans l'assassinat de son prédécesseur Habyarimana. L'enquête du juge Brugières a débouché l'automne dernier sur la mise en cause du président rwandais, ce qui devait conduire à la rupture des relations diplomatiques entre Paris et Kigali.

Vendredi matin, Paul Kagame confirme ouvertement son intention de tourner le dos à la francophonie et de se rapprocher du Commonwealth. Il dit espérer l'ouverture d'un partenariat lors du prochain sommet de l'organisation internationale. "Il y a beaucoup d'avantages à rejoindre le Commonwealth déclare Kagame, citant la culture, l'économie et le politique". Une déclaration qui ne fera sourire ni à Paris, ni à Bruxelles.

Plainte en France contre la veuve Habyarimana

Une plainte vient d'être déposée en France contre Agathe Habyarimana, une plainte pour complicité de génocide et crime contre l'humanité déposée par le collectif des parties civiles pour le Rwanda.

La veuve de l’ancien président rwandais, Juvénal Habyarimana tué en 1994 à Kigali dans un attentat contre son avion, a par ailleurs vu sa demande d’asile refusée une nouvelle fois par la France . Agathe Habyarimana avait interjeté appel de la décision rendue le 4 janvier dernier par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides.
LOfpra qui avait rejeté sa demande d'asile avait estimé que Mme Habyarimana aurait participé "en tant qu'instigatrice ou que complice" au "crime de génocide" au Rwanda, entre avril et juillet 1994. Agathe Habyarimana dispose encore d’une possibilité d’appel.
A noter que la France ne peut de toute façon pas l'expulser vers le Rwanda, où la peine de mort est en vigueur. Si l'administration française décidait d'un arrêté d'expulsion à son encontre , elle devra trouver un pays qui accepte de l'accueillir.

Pour rappel Agathe Habyarimana avait été exfiltrée et accueillie en France après l’assassinat de son mari, le 6 avril 1994 et qui avait été le point de départ du génocide au Rwanda. Un génocide qui a fait entre 800.000 et un million de morts entre avril et juillet 1994 parmi les Tutsis et les Hutus modérés. En demandant l'asile politique dix ans après son arrivée en France, Agathe Habyarimana a peut-être amorcé le début de sa chute……

08 février 2007

Un gouvernement au Congo


Après plus d'un mois de dures tractations politiques, un gouvernement a été composé en RDC. Il sera dirigé par Antoine Gizenga et comptera soixante membres. Au programme de cette nouvelle équipe: de nombreuses réformes de l'Etat…

10 janvier 2007

"Immo Congo : petits arrangements entre amis ?"

MAJ 10/01/2007

La résolution Immo Congo adoptée sans débat

mardi 09 janvier 2007
Le parlement de la Communauté française a adopté sans guère de débat, majorité contre opposition, la résolution de la majorité PS-cdH rédigée à la suite des travaux de la Commission spéciale conjointe parlement wallon-parlement de la Communauté, dite "Immo Congo".
Déjà approuvée par le parlement wallon avant les congés de fin d'annnée, la résolution demande notamment au gouvernement de veiller à une meilleure transmission d'informations tant entre ses membres, avec ses administrations fonctionnelles.
Elle juge indispensable de poursuivre l'accentuation des synergies entre les entités fédérées francophones et recommande au gouvernement de finaliser la fusion entre le Commissariat Général aux Relations Internationales (Communauté) et la Direction des Relations Internationales (Région wallonne).

Le texte prévoit encore qu'afin d'éviter l'urgence susceptible de mettre le gouvernement ou l'adminisration dans des situations difficiles, les administrations concernées établiront un plan d'occupation immobilière.
Les chefs de groupe avaient convenu de ne pas refaire mardi en séance publique à Bruxelles le débat déjà mené à Namur sur cette résolution. Ils se sont donc contentés de commenter brièvement le déroulement des travaux de la Commission.
Anne-Marie Corbisier (cdH)a souhaité qu'à présent, la justice continue le travail jusqu'au bout. Françoise Bertieaux (MR) a averti qu'elle interrogerait la ministre des Relations internationales Marie-Dominique Simonet sur les zones d'ombre et les questions laissées sans réponses. Léon Walry (PS) s'est félicité de l'impartialité et du sérieux manifestés par le président de la Commission, Maurice Bayenet, après les suspicions que certains avaient exprimées à son égard.
(d'après Belga)

La résolution ImmoCongo approuvée

Le parlement wallon a approuvé en séance plénière les recommandations de la Commission ImmoCongo. Parallèlement, il adresse 13 recommandations au gouvernement, visant à corriger les "carences constatées".

Le PS et le CDH ont voté en faveur du texte. Le MR et Ecolo ont voté contre. Le Front National ainsi que le député Jean-Claude Van Cauwenberghe (PS) se sont abstenus. L'ancien ministre-président wallon fut au centre de la tourmente médiatique qui a entouré ce dossier. Il a pris la parole à l'issue des débats pour justifier son abstention.
Il n'est pas en désaccord avec la proposition votée mais il a voulu dire ce qu'il avait sur le coeur après les travaux de la Commission. Il a dénoncé en particulier l'exploitation politique de cette affaire. Cela m'a permis, en moins d'un mois, de passer du statut d'accusé principal à un rôle plus simple et plus réel d'acteur d'une décision collégiale prise par un gouvernement. Je me félicite que l'on n'ait pas recherché de responsabilité individuelle sur le plan politique. Au plan humain, cela restera comme un de mes plus mauvais souvenirs marqué par un manque de confraternité ministérielle et la volonté d'exploitation politique éhontée de certains, a-t-il dit.
Avant lui, les différents représentants des groupes politiques se sont succédé à la tribune pour livrer leur vision du dossier à l'issue des auditions. Les sensibilités ont varié. Du côté du MR, Véronique Cornet a plus spécifiquement ciblé l'actuelle ministre des Relations internationales, Marie-Dominique Simonet (CDH). Elle n'était pas en fonction au moment des faits incriminés mais c'est elle qui a transmis le dossier au parquet de Charleroi en juin 2006.
Le CDH, par la voix de Michel Lebrun, a en revanche pointé du doigt le rôle de l'ancien ministre-président de la Communauté française, Hervé Hasquin (MR), en charge de relations internationales. Quant au PS, il n'a égratigné personne. Il s'est juste interrogé sur cette transmission du dossier au parquet. "Etait-elle légitime? C'est difficile d'y répondre.
L'histoire nous l'apprendra. Qui peut dire aujourd'hui l'issue de la procédure judiciaire? , a souligné Christophe Collignon. Chaque groupe a reconnu qu'il restait des questions ouvertes à l'issue des travaux de cette Commission. Il a notamment été question de la décision prise le 29 avril par le gouvernement wallon et, apparemment, jamais notifiée, de l'importance exacte du CGRI dans le dossier, etc.
Le commissaire Ecolo, Bernard Wesphael, a voulu se démarquer de la conclusion des travaux et des recommandations adressées au gouvernement. J'ai le sentiment que tout un travail sérieux a tourné en eau de boudin. Les zones d'ombre ont disparu du texte alors que nous n'avons parlé que de ça pendant 15 jours. Nous avons maintenant un texte de recommandations béni oui-oui, a-t-il regretté.
Le travail fourni par ce genre de Commission parlementaire a également été évoqué, de même que le rôle des médias. Le président, Maurice Bayenet (PS), a mis en garde contre une institution parlementaire qui se muait, d'après lui, trop facilement en juge d'instruction.
Il est trop facile de se transformer en juge d'instruction voire pour certains en procureur, ajoutant à leur charge une excitation médiatique accompagnée d'une délectation réelle, a-t-il dénoncé avant de proposer de créer au sein du parlement, comme en France, des "missions déléguées" qui se pencheraient sur des problèmes ponctuels.
Certains ont néanmoins rappelé, au MR et au cdH, l'importance du contrôle par le parlement de l'action du gouvernement. L'une des missions fondamentales d'un parlement dans une démocratie est le contrôle du gouvernement. A cet égard, cette Commission a rempli son rôle, a fait remarquer Michel Lebrun.

Treize recommandationsLe parlement wallon a clos vendredi les travaux de la Commission ImmoCongo en adressant 13 recommandations au gouvernement, visant à corriger les "carences constatées". Le parlement de la Communauté française en fera de même au mois de janvier. La résolution demande ainsi au gouvernement de veiller à une meilleure transmission des informations entre ses membres ainsi qu'avec l'administration.Elle insiste aussi sur la nécessité de poursuivre "l'accentuation des synergies" entre les entités fédérées francophones, notamment en tenant une réunion conjointe des exécutifs quand des dossiers communs sont abordés. Elle demande par ailleurs au gouvernement d'établir un document qui compare les budgets des représentations à l'étranger, de finaliser la fusion du Commissariat Général aux Relations Internationales (CGRI) de la Communauté française et de la Division des Relations Internationales (DRI) de la Région wallonne. Elle rappelle encore que la réglementation sur les marchés publics doit être strictement respectée. Elle ajoute que "les principes d'appel et de mise en concurrence, de transparence et de non discrimination restent d'application en toutes circonstances dans les choix de tout opérateur". Elle propose en outre que le ministre du Budget motive toute décision qui serait prise sans l'accord de l'Inspection des Finances.(D'après Belga)

Le rapport sur ImmoCongo approuvé
mardi 19.12.2006, 11:50La Commission ImmoCongo a approuvé le rapport de ses travaux par dix voix pour et une abstention. Les différents groupes devront transmettre leurs propositions de recommandations pour demain. Elles seront ensuite débattues jeudi en Commission. L'objectif des commissaires est de parvenir à une résolution commune, dans la mesure du possible.

"La commission Immo-Congo était une mauvaise idée"



C'est la conclusion d'André Antoine, ministre CDH du gouvernement Wallon. Un constat partagé par le chef de l'opposition MR à la Région wallonne, Serge Kubla. Invités dimanche midi de l’émission "Mise au point" tous les deux estiment qu'il aurait mieux valu que la justice fasse son travail….
Pour André Antoine"les parlementaires souvent veulent s'aventurer sur un terrain qui n'est pas le leur, pour lequel ils ne sont pas préparés et il y a la séparation des pouvoirs. Si il y a une affaire Immo-Congo, et bien la Justice est là pour l'instruire. Monsieur Van Cauwenberghe répondra, et s'il est innocent, qu'on le dise rapidement. Nous ne sommes pas des juges d'Instruction" et le ministre wallon d’ajouter que ce dont il se méfie le plus c’est de voir "les parlementaires s'aventurer sur un terrain qui est mitoyen entre la Justice et le contrôle politique".

Quant à la question de savoir si les parlementaires ne se sont pas trompés de cible en cuisinant pendant 5 heures celle qui avait alerté la justice plutôt que Jean-Claude Van Cauwenberghe jusque là la cible des critique, pour le MR Serge Kubla, "ce sont les commissaires qui ont agit de la sorte, ils n'ont pas reçu d'instructions, les partis n'ont pas réglementés les travaux, c'est venu spontanément". Et lui aussi d’ajouter que cette commission n’aurait pas du exister puisque la justice était saisie "On avait dit clairement, il y a une enquête, il y aura le cas échéant des perquisitions. Mais on attendait peut-être trop de cette commission Immo-Congo. Elle a été médiatisée à l'extrême, et on a cru qu'elle allait elle faire la vérité. Ce n'est pas son rôle".

VIDEO• Les affaires en Wallonie dans le débat de Mise au Point

Daerden justifie le contrat, financièrement

Tout compte fait, ce ne serait pas une si mauvaise affaire, cette location-achat ?

Après la journée invraisemblable de jeudi, qui aura vécu assez de connivences MR et PS pour voir sur le grill Marie-Dominique Simonet (CDH) et sur du velours Jean-Claude Van Cauwenberghe (PS), les échanges de vendredi en commission ImmoCongo ont perdu en relief. On ne parle pas ici du style très personnel de Michel Daerden, une fin d'après-midi.
Le ministre (PS) du Budget à la Région et à la Communauté a pourtant apporté un éclairage financier très cru. D'abord, que l'on cesse de dire que Région et Communauté n'auraient pas pu elles-mêmes acheter le site et les bâtiments de Kinshasa, à cause des normes de financement : "Deux fois 1,5 million, c'est l'espace d'une respiration". Ensuite, que l'on cesse de s'interroger sur les garanties obtenues par les privés : "Quand t'as un franc à mettre au Congo, t'y vas pas si t'es pas couvert". Tertio, le CGRI aurait-il pu acheter ? "Oui, il y avait de l'argent" : 3 millions fin 2002, accrus par la suite. Mais hormis la possibilité politique ("le pouvoir régional n'accepterait pas une suprématie du pouvoir communautaire"), il faut se demander s'il était avantageux d'utiliser ces réserves pour l'achat : le coût final de la location-achat atteindra 6,8 millions pour les pouvoirs publics; des réserves placées d'un même montant rapporteraient 8,4 millions... Enfin, les avis successifs de l'Inspection des Finances. C'est le premier, du 8 mars, sur les deux offres privées, qui fut très négatif, résume le ministre, qui mit donc son veto; les deux suivants, d'avril et mai, furent plus coulants. Donc, lui aussi.
Cachotteries
Pour le reste, les auditions de ministres régionaux d'alors ont à nouveau buté sur le 29 avril 2004, lorsque Van Cau fit avaliser en gouvernement wallon un premier choix communautaire qu'il voulait et savait compromis. Et ce, sans rien en dire aux autres : Serge Kubla (MR), José Daras (Ecolo, qui s'en plaint) et Michel Daerden concordent. Cachotteries après coup aussi, puisque la notification de la décision wallonne n'aurait pas été portée à la connaissance du ministre-Président francophone Hasquin, ni du CGRI, ni donc de Robert Marlier - le soumissionnaire alors retenu. Or, l'auraient-ils été, le marché n'aurait peut-être pas été ouvert... M. Daras, lui, prévint son collègue Ecolo Nollet. M. Kubla n'en fit pas de même avec son coreligionnaire Hasquin. De son propre aveu, ils ne s'entendent pas assez bien pour ça !


Daras pas au courant de tout

Le vice-président Ecolo de l'ancien gouvernement wallon, José Daras, estime n'avoir pas été au courant de tout dans le dossier qui a mené à la désignation d'ImmoCongo afin de mener à bien la location-achat d'un nouveau bâtiment pour la Délégation Wallonie-Bruxelles à Kinshasa.
Je n'ai pas été au courant de tout, a expliqué M. Daras devant la Commission parlementaire chargée de faire la lumière dans ce dossier.
L'ancien ministre écologiste a précisé qu'il n'était pas concerné au premier chef par cette opération. Elle avait été examinée au gouvernement de la Communauté française et au gouvernement wallon, le ministre-président Jean-Claude Van Cauwenberghe en était le responsable.

M. Daras a toutefois énuméré quelques unes des questions qu'il se posait depuis quelques semaines, quand l'affaire a éclaté. Ainsi, jamais M. Van Cauwenberghe n'a fait état de sa volonté d'impliquer une société wallonne, même le 29 avril quand le gouvernement wallon statue une première fois et retient, comme l'exécutif de la Communauté, Intelligence et Communication.
Et il s'étonne aussi de la mention de la société Capamar, détenue par Daniel Lebrun, qui figure le 12 mai dans la notification du gouvernement de la Communauté et disparaît le 13 mai dans la notification du gouvernement wallon. Comme son collègue Serge Kubla, entendu avant lui, il a ajouté que les deux réunions du gouvernement avaient eu lieu en fin de législature et comportaient de très nombreux points à leur ordre du jour.
L'ancien vice-président MR et ministre de l'Economie a quant à lui justifié le refus d'Immocita, filiale de la Société Régionale d'Investissement de Wallonie (SRIW), à participer à l'opération. Il n'y voit pas de manoeuvre politique. La SRIW est autonome et elle ne voulait pas investir au Congo, pays trop peu sûr à ses yeux.
Je n'ai jamais été sollicité pour intervenir. L'aurais-je été que je ne l'aurais pas fait. Je me serais fait éconduire de toute manière, a-t-il ajouté.
Michel Daerden, ministre du Budget des deux gouvernements, a justifié la location-achat du bâtiment à Kinshsa par l'intermédiaire d'un partenaire privé plutôt que l'utilisation des réserves du CGRI pour l'acheter.
A l'issue de l'opération, le coût pour les pouvoirs publics s'élèvera à quelque 6,8 millions d'euros, pour un bâtiment d'une valeur de 3 millions d'euros, tandis que, placées, des réserves d'un même montant rapporteront 8,4 millions d'euros.
Il a aussi justifié l'octroi de la garantie publique à ImmoCongo. Qui va mettre un franc à lui au Congo? Personne! T'y vas pas si t'es pas couvert!, a-t-il lancé.
Le début de la séance a été consacré à la suite des travaux de la Commission. Une certaine lassitude était perceptible dans les rangs PS et MR. Ce dernier a d'ailleurs réclamé une pause d'une semaine pour réfléchir et s'est demandé si la Commission pourrait faire toute la lumière dans ce dossier.
Du côté Ecolo et CDH, dont la ministre Marie-Dominique Simonet a été particulièrement malmenée jeudi lors de son audition, on a par contre insisté sur la volonté de continuer les travaux et d'aller jusqu'au bout.
(D'après Belga)

Immo Congo : "inattaquable juridiquement"


La commission Immo-Congo, entendait jeudi après-midi Jean-Claude Van Cauwenberghe. L’ex président de la Région wallonne a expliqué les raisons pour lesquelles, selon lui, le contrat Immo-Congo est inattaquable juridiquement

8 déc 2006
VIDEO• Les auditions de Van Cau à la Commission mixte sur l'affaire Immo-Congo
ARTICLES• Marie-Dominique Simonet s’explique


Jean-Claude Van Cauwenberghe, a commencé son audition en s'étonnant des proportions démesurées qu'avait à son sens pris ce dossier. « Ce contrat Immo Congo » dit-il, « est juridiquement inattaquable ». Il a ensuite fait un long exposé en 7 points qui à son sens, doivent être éclaircis pour lever tout ambiguïté. Parmi ceux-ci, le prix : il a été le négocié par l'administration, le CGRI, avec conscience professionnelle dit-il. L'appel à des investisseurs privés, il a été rendu indispensable, après que la société publique Immocita, ait renoncé à acheter le bâtiment à Kinshasa, et ce dira Jean-Claude Van Cauwenberghe, malgré l'insistance jusqu'au bout de la Communauté française et de la Région Wallonne.

L'offre de l'homme d'affaires carolo Daniel Lebrun, probablement la meilleure dit Jean-Claude Van Cauwenberghe, qui s'étonne encore, qu'elle n'aille pas été privilégié dès le départ. L'encrage wallon, seul élément où il se dit personnellement impliqué, et bien oui il l'a voulu. Mais Robert Marlier, le premier investisseur qui avait finalement accepté de s'allier au carolo Daniel Lebrun. "J'ai bien senti que je devais accepter", avait dit Robert Marlier lors de son audition. "Il pouvait parfaitement refuser" a rétorqué Jean-Claude Van Cauwenberghe.

En aucun cas, l'ancien ministre président estime qu'il y a irrégularité dans le dossier. S'il devait y avoir un souci au niveau du montage financier, la responsabilité serait collégiale des fonctionnaires et des gouvernements qui ont tout approuvé, bref c’est un ex-ministre président qui s’est présenté jeudi après-midi à Namur sûr de son bon droit, il conclura d’ailleurs « il est vain de vouloir accréditer la thèse du copinage malsain, il n’y a pas de manipulation. "Ce dossier n'est devenu une affaire Van Cau que parce que certains ont choisi de la construire comme telle" et Jean-Claude Van Cauwenberghe de conseiller aux commissaires de relire le livre sur la rumeur de Jean-Noël Kapferer….

L’audition tant attendue de l'ex ministre président n'aura duré en tout et pour tout que 3 heures, avant lui les parlementaires avaient interrogé la ministre Marie-Dominique Simonet durant cinq heures, sans grand résultat. En charge du dossier aujourd’hui elle n'était pas en poste en 2004…

Marie-Dominique Simonet s’explique


La commission Immo Congo a repris ses auditions. Ce jeudi matin, c'est la ministre Marie-Dominique Simonet qui est venue s'expliquer devant les parlementaires. C'est elle qui avait transmis le dossier à la justice au début de cette année, deux ans après son entrée en fonction.

Une question est au centre des débats ce jeudi matin: à quel moment précis la ministre fait-elle la connaissance du dossier Immo Congo? Réponse de l'intéressée: en juillet 2004, dès son entrée en fonction. Elle rencontre Hervé Hasquin qui lui parle d'un dossier pour lequel il a un doute. Il évoque une zone d'ombre et cite le nom de Jean-Claude Van Cauwenberghe. La ministre, interloquée, ne comprend pas mais la discussion en reste là.

"Pourquoi n'avez-vous pas questionné Hervé Hasquin à ce moment-là", demande un député libéral? "Parce que j'ignorais la teneur du dossier, c'était à lui de s'expliquer" répond Marie-Dominique Simonet. Ce n'est qu'en janvier 2006, soit dix-huit mois plus tard, que la ministre demande à un avocat d'analyser le contrat de location du bâtiment à Kinshasa.

Les conclusions de l'expert interpellent la ministre: les pouvoirs publics ont pris tous les risques, dira-t-elle ce jeudi matin, la société Immo Congo a été constituée la veille de la signature et l'indexation du contrat n'était pas normale. Tout cela était préoccupant, conclura-t-elle en ajoutant que c'est ce même avocat qui lui a conseillé de transmettre le dossier à la Justice. Jeudi après-midi c'est Jean-Claude Van Cauwenberghe qui devra répondre aux questions des députés.


M.Van Cauwenberghe s'explique
Les explications de M. Van Cauwenberghe

Le 7/12/06, après la ministre Marie-Dominique Simonet, c'était au tour de Jean-Claude Van Cauwenberghe de s'exprimer devant la commission parlementaire chargée de faire la lumière sur le dossier Immo Congo. Le dossier n'est devenu l'affaire Jean-Claude Van Cauwenberghe que parce que certains ont préféré la construire comme telle, a résumé l'intéressé devant les parlementaires.
L'ancien ministre-président wallon a livré sa version des faits. Il n'a jamais fait pression sur Robert Marlier, patron d'Intelligence et Communication, pour qu'il s'associe avec Daniel Lebrun, a-t-il affirmé. Il a voulu donner un ancrage wallon à ce dossier. Congo Wallon Invest, société de Daniel Lebrun qui avait soumissionné pour obtenir le marché, avait des projets de développement économique au Congo impliquant des entreprises wallonnes, a-t-il rappelé. M. Van Cauwenberghe a également insisté sur l'absence d'illégalité dans ce dossier. Et d'ajouter: "Que Daniel Lebrun et Sabine Gaucquier (épouse de M. Lebrun et administratrice d'Immo Congo, ndlr) soient de mes amis ne change rien à la régularité de l'opération et à sa transparence".
L'ancien ministre-président a également chargé son ancienne collègue Marie-Dominique Simonet (cdH), ministre des Relations internationales de la Région wallonne et de la Communauté française. En transmettant le dossier à la justice, sans jamais lui poser la moindre question durant les 15 mois qu'ils ont passés ensemble dans le même gouvernement, elle a manqué, selon lui, à la déontologie et à la confraternité ministérielles.
La décision par laquelle le gouvernement wallon a décidé le 29 octobre, après l'exécutif de la Communauté, de retenir l'offre d'IC, est revenue dans les débats. La semaine passée, M. Marlier a affirmé que s'il avait appris l'existence de cette décision, il ne se serait jamais associé avec M. Lebrun. Mardi, Hervé Hasquin a tenu des propos allant dans le même sens. Pourtant, selon M. Van Cauwenberghe, elle a dû être notifiée à l'administration dans les règles.Quant à la défection de la Société Régionale d'Investissement de Wallonie (SRIW), et de sa filiale Immocita, M. Van Cauwenberghe a dit la regretter. Il a pourtant insisté auprès d'elle pour qu'elle participe au montage. Et, c'est face à ses réticences qu'il a choisi de prendre contact avec Daniel Lebrun et CWI dont il appréciait le dynamisme.
Je pense avoir fait devant vous un exercice honnête de responsabilité. C'est vrai que j'ai fait un lobby important mais dans la légalité et la transparence", a-t-il conclu avant de recommander aux Commissaires la lecture d'un ouvrage sur la rumeur.
L'audition de M. Van Cauwenberghe a duré près de trois heures et s'est déroulée dans climat serein. L'audition de Mme Simonet a, elle, occupé la Commission pendant plus de 5 heures, dans une ambiance beaucoup plus agitée. La Commission poursuivra ses travaux cet après-midi avec l'audition de MM. Kubla, Daras et Daerden.


La promenade de Van Cau ! (08/12/2006)


Son audition dans le cadre d'Immo Congo a été plus que courtoise. Une zone d'ombre : que s'est-il passé vraiment le 29 avril ?

"Ce dossier n'est devenu une affaire Van Cau que parce que certains ont choisi
de la construire comme telle." C'est dit. L'audition de Jean-Claude Van
Cauwenberghe, PS, peut commencer. "Je pense avoir fait un exercice honnête de
responsabilité. C'est vrai qu'il y a une forme d'imprévoyance collective."

Avez-vous fait pression ? "Non. Je n'ai jamais fait pression sur Marlier, patron d'IC, pour qu'il s'associe avec Daniel Lebrun. Je m'étonne de ses propos sur la notification du 29 avril. Le gouvernement wallon a décidé, ce jour-là, de retenir l'offre d'IC." Marlier a affirmé que s'il avait appris cette décision, il ne se serait jamais associé avec Lebrun. Hasquin dit la même chose. "Elle a dû être notifiée à l'administration ."
Qui a raison ? Marlier mentirait-il ? "Je ne sais pas ce qui s'est passé dans sa tête. Il ne devait pas s'associer, même si je gardais l'espoir."
L'homme de Charleroi a défendu "l'a ncrage wallon de ce dossier. Par ailleurs, il n'y a aucune illégalité dans ce dossier. Que Lebrun et Gaucquier soient de mes amis ne change rien à la régularité de l'opération".
Van Cau ne voulait-il pas de l'argent de la Communauté ? "C'est faux. Pour une fois, en dix ans de carrière, la Communauté aurait payé quelque chose à la place de la Région."
Et vos relations avec M. Suinen, patron du CGRI ? "Le CGRI est depuis le début comme le bras armé des 2 gouvernements. Suinen n'a pas fait grand-chose." À noter que Van Cau a renvoyé les députés vers le ministre Daerden pour toutes les questions budgétaires. À lui de répondre !
Pourquoi ne pas avoir forcé Immocita à agir ?" J'ai insisté souvent pour qu'elle participe au montage."
Et Michel Hocquet ? "Je ne savais pas que Hocquet était actionnaire de Capamar. Je lui garde toute ma confiance. Il a été malencontreusement impliqué dans l'affaire de l'ARC."
La ministre Simonet ? "'Elle a manqué à la déontologie et à la confraternité ministérielles."
Des mots qui résonnaient, en fin de soirée... Une députée MR reprochait au CDH d'avoir voulu exploiter le dossier et les difficultés de Van Cau. Où est Immo Congo ? Faut-il que la commission se poursuive ?
V. Li.
© La Dernière Heure 2006

Les commissaires s'acharnent !
La ministre Simonet entendue plus de 5 h... Certains députés ne s'intéressaient plus à Immo Congo : "Ne se trompe-t-on pas de cible ", dit-elle après 4 h de débat
NAMUR "Je n'avais pas de raison de dire à Van Cau, tu sais Hasquin m'a dit cela sur Immo Congo. " Cette "non-communication" et le fait qu'elle ait transmis le dossier au parquet sont sans doute 2 des raisons pour lesquelles la CDH, Simonet, ministre des Relations internationales de la Communauté et de la Région, a passé 5 h devant les députés ! Soit presque 2 fois plus que Van Cau. Après 4 h de débat, elle s'étonne. "Ne se trompe-t-on pas de cible ? Est-ce moi qui ai signé le contrat ? Je ne suis pas la femme qui a vu l'homme qui a vu l'ours."
À noter que c'est la première fois depuis l'ouverture du débat que l'on évoquait les perquisitions. Les députés semblaient jusque-là avoir oublié cet aspect du dossier. "J'étais dans l'obligation de transmettre le dossier Immo Congo au parquet de Charleroi. Ce n'est pas une décision agréable à prendre mais c'était nécessaire."
Elle disposait à la fin du mois de mai 2006 du rapport d'un avocat consulté par elle : coût de l'opération très élevé, constitution d'Immo Congo un jour avant que le contrat ne soit attribué... "Elle aurait commis une faute en ne le transmettant pas" , note le député CDH Lebrun.
Quid en juillet 2004 lors de la passation des pouvoirs avec Hasquin ? Pourquoi ne pas avoir agi tout de suite ? "L'entretien a duré 1/4 d'heure et il m'a fait part d'une zone d'ombre et cite le nom de Van Cauwenberghe. J'ai eu plutôt l'impression d'un homme amer qui a perdu ses fonctions."
La ministre Simonet n'évoque jamais ce dossier avec Van Cau ? "C'est vrai. Mais j'en informe Di Rupo avant la transmission à la justice. Il y a eu des contacts avec lui."
Et ses relations avec Suinen, patron du CGRI ? "Aucun problème. J'ai exigé à plusieurs reprises qu'il libère des fonds au CGRI et il l'a fait. Je suis étonné que M. Hasquin avec toute sa virilité n'y soit pas arrivé."
Enfin, elle reconnaît qu'"aujourd'hui, il serait risqué de renégocier le contrat ou de racheter le bâtiment. Ce n'est pas le moment" . Aujourd'hui, dès 14 h, la commission auditionne Kubla, Daras et Daerden.

IC était dans une mauvaise posture

La société qui a d'abord remporté le marché de Kinshasa était en état potentiel de dissolution !S'il n'est pas déterminant, cet élément est piquant...

Curieux : sauf erreur, ce qui suit n'avait pas encore été épinglé dans l'affaire Immo Congo. L'élément figure pourtant dans la note adressée par le cabinet d'avocats Philippe & Partners à Marie-Dominique Simonet le 31 mai - cette note qui a conseillé à la ministre (CDH) de transmettre le dossier à la justice.
On y lit que l'entreprise qui a d'abord, en avril 2004, décroché le contrat de location-achat des nouveaux bâtiments Wallonie-Bruxelles de Kinshasa, à savoir Intelligence et Communication (IC) de Robert Marlier, était alors en mauvaise posture : ses pertes étaient supérieures à son capital. Précisément, "elle a un capital social souscrit et libéré de 111 552 euros. Les pertes reportées s'élevant à 200 389 euros, la société a des capitaux propres négatifs de 77 682 euros". Par conséquent, poursuivent les avocats, sur foi de la société de renseignements consultée, "la société a perdu la totalité de son capital et, en vertu de l'article 634 du Code des socié tés, tout intéressé pourrait en deman der la dissolution. Le total des dettes dépasse les 4,1 millions d'euros, ce qui est un montant extrêmement important comparé au montant du capital". Et ce, même si la société est propriétaire de terrains et constructions évalués à 3,4 millions.
Cette considération n'explique pas forcément toute la suite, dont l'élargissement du contrat à un autre opérateur privé qui sera, sous un autre nom, le concurrent d'abord évincé. N'empêche, on ne peut exclure que ses finances défaillantes aient incité IC, indépendamment des pressions politiques suspectées, à trouver un partenaire pour amortir le poids d'un marché qu'elle n'était peut-être plus en mesure d'assumer seule. Surtout, imaginons que l'histoire en serait restée au premier épisode. Seul contractant avec la Région et la Communauté, IC risquait la dissolution. Y serait-elle passée, les pouvoirs publics auraient dû rembourser la banque pour l'emprunt contracté par IC pour l'achat des bâtiments, sans pourtant que ceux-ci puissent leur revenir ! En clair : rétrospectivement, la solution Immo Congo serait plus sûre...
Nul doute que si la situation avait été connue, la commission spéciale aurait interrogé M. Marlier. De même que Hervé Hasquin, dont les services ne se seraient pas soucié de la santé financière de la société gagnante.
On a choisi la solution la plus coûteuse

La solution retenue en mai 2004 pour abriter la Délégation Wallonie-Bruxelles à Kinshasa dans un nouveau bâtiment paraît bien être la plus coûteuse. Tel est le constat qui est ressorti des auditions auxquelles a procédé mardi la Commission parlementaire ImmoCongo.
C'est un peu cher, a reconnu, très prudent, un consultant financier de la Région, Daniel Wautelet. Le montage financier me paraît inopportun, a commenté l'inspectrice générale de l'Inspection des Finances, Marianne Zeegers, qui a rendu deux avis négatifs dans ce dossier.
La solution la moins chère aurait été celle d'un emprunt contracté directement par la Région wallonne et la Communauté française mais elle aurait eu un impact négatif sur la capacité d'endettement des deux entités. Le recours à Immocita, filiale de la Société Régionale d'Investissement de Wallonie (SRIW), aurait constitué une solution intermédiaire, pour éviter la marge bénéficiaire qu'auraient prise des partenaires privés dans la location-achat.

Immocita a toutefois refusé malgré les pressions politiques, en particulier celles du cabinet du ministre-président de la Communauté française, Hervé Hasquin, et l'insistance du CGRI. Mme Zeegers a, à cet égard, qualifié l'attitude de la société publique de curieuse: elle paraissait hésiter et n'indiquait pas clairement les raisons de ses réticences.
C'est finalement la solution d'un recours à des sociétés privées, celles de Robert Marlier et de Daniel Lebrun, qui s'est imposée pour un loyer de 270.000 euros par an. A en croire M. Wautelet, le recours à un emprunt de la Communauté et de la Région aurait pu déboucher, selon son évaluation, sur un loyer de 205.000 euros.
Certains commissaires se sont interrogés sur l'impact, assez limité, d'un emprunt, ou tout simplement d'une acquisition directe, par la Région et la Communauté sur leur périmètre d'endettement. Un million et demi ou trois millions d'euros ne change pas grand chose à l'endettement. Mais si vous passez avec ça, je ne sais pas avec combien de milliards vous allez vous retrouver. Il risquait d'y avoir d'autres demandes, a répondu Mme Zeegers.
Le "trou de mémoire" d'Hasquin étonne les commissaires
La décision prise le 29 avril par le gouvernement wallon dans le dossier ImmoCongo figurait dans la note du 12 mai approuvée par le gouvernement de la Communauté française, a indiqué mardi le vice-président Ecolo de l'exécutif communautaire de l'époque, Jean-Marc Nollet, devant la Commission parlementaire ImmoCongo.
Mardi, auditionné avant M. Nollet, le ministre-président Hervé Hasquin a affirmé qu'il n'avait pas eu connaissance de cette décision du 29 avril. Il avait ajouté que s'il l'avait connue, son attitude n'aurait pas été la même le 12 mai.
Le 21 avril, le gouvernement de la Communauté française a retenu l'offre d'Intelligence et Communication, dirigée par Robert Marlier, pour l'achat-location du nouveau bâtiment du Centre Wallonie-Bruxelles à Kinshasa. Le 29 avril, le gouvernement wallon a pris la même décision.
Les 12 et 13 mai, les deux gouvernements ont changé leur décision pour attribuer le marché à ImmoCongo, à la suite de l'entente intervenue entre M. Marlier et Daniel Lebrun, un proche du ministre-président wallon Jean-Claude Van Cauwenberghe que ce dernier voulait réintroduire dans le dossier.
"Ca m'étonne: dans la note au gouvernement de la Communauté du 12 mai, il est fait référence à la décision du gouvernement wallon du 29 avril", a commenté M. Nollet, avant d'ajouter qu'il avait en outre appris la décision wallonne du 29 avril de manière informelle par le ministre wallon Ecolo José Daras.
A la lumière des déclarations de M. Nollet, le trou de mémoire de M. Hasquin a étonné certains commissaires.
(avec Belga)

La solution retenue en mai 2004 pour abriter la Délégation Wallonie-Bruxelles à Kinshasa dans un nouveau bâtiment paraît bien être la plus coûteuse par rapport à d'autres formules. Tel est le constat qui est ressorti des auditions auxquelles a procédé mardi la Commission parlementaire ImmoCongo.
"C'est un peu cher", a reconnu, très prudent, un consultant financier de la Région, Daniel Wautelet. "Le montage financier me paraît inopportun", a commenté l'inspectrice générale de l'Inspection des Finances, Marianne Zeegers, qui a rendu deux avis négatifs dans ce dossier.
La solution la moins chère aurait été celle d'un emprunt contracté directement par la Région wallonne et la Communauté française mais elle aurait eu un impact négatif sur la capacité d'endettement des deux entités. Le recours à Immocita, filiale de la Société Régionale d'Investissement de Wallonie (SRIW), aurait constitué une solution intermédiaire, pour éviter la marge bénéficiaire qu'auraient prise des partenaires privés dans la location-achat.
Immocita a toutefois refusé malgré les pressions politiques, en particulier celles du cabinet du ministre-président de la Communauté française, Hervé Hasquin, et l'insistance du CGRI. Mme Zeegers a, à cet égard, qualifié l'attitude de la société publique de "curieuse": elle paraissait hésiter et n'indiquait pas clairement les raisons de ses réticences.
C'est finalement la solution d'un recours à des sociétés privées, celles de Robert Marlier et de Daniel Lebrun, qui s'est imposée pour un loyer de 270.000 euros par an. A en croire M. Wautelet, le recours à un emprunt de la Communauté et de la Région aurait pu déboucher, selon son évaluation, sur un loyer de 205.000 euros.
Certains commissaires se sont interrogés sur l'impact, assez limité, d'un emprunt, ou tout simplement d'une acquisition directe, par la Région et la Communauté sur leur périmètre d'endettement.
"Un million et demi ou trois millions d'euros ne change pas grand chose à l'endettement. Mais si vous passez avec ça, je ne sais pas avec combien de milliards vous allez vous retrouver.
Il risquait d'y avoir d'autres demandes", a répondu Mme Zeegers.


Immo Congo : 5 jours forts ! (28/11/2006)
La commission demande de nouveaux documents pas encore mis à sa disposition






"Nous constatons que certains documents pourraient nous être communiqués pour
éclairer le dossier. Il nous en manque"
Les premiers mots du président de la Commission Immo Congo (une présidence contestée par le MR et Ecolo), Maurice Bayenet lance officiellement les travaux.
Ces documents manquants, dont il parle, sont le bail de l'ancien bâtiment, l'option d'achat, l'offre concrète et les courriers d'Immocita, des PV provenant d'intercabinet tant à la Région qu'à la Communauté, des échanges de fax entre Immocita et l'inspection des finances, l'avis des experts dépêchés à Kinshasa...
Pour le reste, après quelques joutes verbales, il est bien apparu que Véronique Cornet, MR, serait vice-présidente et que Christian Brotcorne, CDH, serait désigné secrétaire-rapporteur. Ensuite les débats "sérieux " ont tourné sur la tenue "hebdomadairement alternative " des débats à Namur et à Bruxelles.
Hasquin le mardi 5 décembre et Van Cau le jeudi 7 décembre
Les députés wallons et de la Communauté française vont donc pouvoir auditionner pendant 5 jours :
Mercredi 29 novembre à Bruxelles, à 10 h : Philippe Suinen commissaire général aux Relations internationales de la Communauté Wallonie-Bruxelles (CGRI), à 14 h Jacques De Wit et Nicolas Dervaux, deux fonctionnaires au CGRI, à 16 h Chantal Dassonville, architecte directrice au ministère de la Communauté et son collègue Guy Melviez
Jeudi 30 novembre, à Bruxelles, à 14 h les représentants d'Immocita, filiale de la SRIW et à 16 h, Robert Marlier (Intelligence et Communication), Sabine Gauquier, présidente d'ImmoCongo, et son époux Daniel Lebrun, patron de la société CongoWallonInvest (CWI)
Mardi 5 décembre à Namur : à 10 h, Marianne Zeegers; 14 h, Hervé Hasquin, MR, ministre-président de la Communauté française à l'époque, 15 h 30 Christian Dupont, PS, ministre de la Communauté française à l'époque, 17 h Nollet, Ecolo, ministre de la Communauté française à l'époque
Jeudi 7 décembre : à 10 h, Marie-Dominique Simonet, CDH, actuelle ministre de la Communauté française et de la Région wallonne, qui a transmis le dossier à la justice; à 14 h Van Cauwenberghe, PS, ministre-président de la Région wallonne à l'époque; 15 h 30 José Darras, Ecolo, ministre wallon à l'époque; 17 h Kubla, MR, ministre wallon à l'époque; 18 h 30 Michel Daerden, PS, ministre wallon à l'époque
Les députés se sont réservés le vendredi 8 décembre pour de nouvelles auditions. "Nous n'excluons pas ce jour-là de demander l'audition d'autres experts notamment de personnes d'ING mais aussi des membres des cabinets Van Cau ou Hasquin. Il n'est pas impossible non plus que l'on entende à nouveau une personne qui serait déjà venue devant la commission" expliquait Bernard Wesphael à à la sortie.
Le contexte est donc dressé ! Au fait pourquoi commencer par le CGRI ? "Il semble à l'évidence que le pilote était le CGRI. On veut comprendre la méthode qui était la sienne dans ce dossier " ajoute une autre députée.
V.Li.
© La Dernière Heure 2006


Début aujourd'hui de la Commission ImmoCongo

C'est aujourd'hui à 14h30 au parlement de la Communauté française que débutent les travaux de la commission mixte concernant le dossier ImmoCongo.
Pour rappel, ImmoCongo est cette société immobilière qui a acheté et mis en location un bâtiment abritant la représentation de la Communauté Wallonie-Bruxelles à Kinshasa. Ce dossier fait aujourd'hui l'objet d'une instruction judiciaire.
Le parlement wallon et le parlement de la Communauté française ont décidé de mettre sur pied une commission spéciale mixte pour tenter de faire toute la lumière sur ce dossier Elle sera présidée par le chef de groupe PS au parlement wallon, Maurice Bayenet. Le MR qui réclamait ce poste devrait obtenir finalement la vice-présidence pour Véronique Cornet. Christian Brotcorne (cdH) sera rapporteur.

Relation Bayenet-Van Cau

Le président de la commission Immo-Congo ne renie pas son amitié, ni le fait que sa femme travaille à l'Élysette






"Pour moi, l'amitié, cela compte ! Et beaucoup même. Je suis comme cela. J'ai
des amis au CDH, au MR. Jean-Claude Van Cauwenberghe est un ami comme le sont M. Dupont et M. Mahoux."
Sans détour, Maurice Bayenet, futur président de la commission, veut être clair avec les rumeurs sur son amitié avec l'homme fort de Charleroi. "Lorsque je serai à la tête de la commission, je ferai le travail de président sans concession."
L'homme ne comprend pas cette subite remise en cause : "Ce n'est quand même pas la première commission que je préside. Je n'ai jamais fait l'objet d'une remise en cause. Je suis parlementaire depuis 1987. Nous allons prendre connaissance de tous les faits et nous écouterons toutes les personnes qu'il faut écouter. Tous les documents seront analysés à la lumière des discussions. Je ne vois vraiment pas le problème."
Un président d'expérience
La présidence semble donc dans de bonnes mains : "Je serai un président d'expérience".
Certains doutent également de son impartialité parce que son épouse a travaillé, et travaille encore, à la ministre-présidence du gouvernement wallon. Elle était donc là, sous Van Cau. "Ma femme a le droit de travailler. Certains ont la mémoire courte. Lorsqu'elle a commencé à travailler, le ministre-président était Elio Di Rupo. Celui-ci est ensuite parti et Van Cau l'a remplacé. À présent, c'est à nouveau Di Rupo."
Son épouse avait auparavant un bon travail à La Poste : "En fait, elle a été détachée de La Poste à la Région wallonne. Je reconnais que j'ai commis une erreur à cette époque. En effet, à présent, elle ne peut plus retourner à La Poste, sans devoir aller travailler à Wavre ou à Bruxelles, puisque le statut de mise à disposition n'existe plus. En plus, à La Poste, elle pourrait bénéficier de la prépension et s'occuper encore plus de nos petits-enfants."
Que pense-t-il de tout cela ? "Je vais me reposer et je serai en forme ce lundi pour la commission ."
V. Li.
© La Dernière Heure 2006



Immo Congo : une mascarade ! (23/11/2006)


PS et CDH se déchirent sur la coprésidence de la commission. Tristes perspectives...
NAMUR Il faut croire dans la qualité du travail qui sera mené par la future commission parlementaire Immo Congo. Il le faut... même si elle a commencé de la pire des manières. Di Rupo allant même jusqu'à dire pour qualifier les discussions : "je ne peux pas être de tous les festivals d'esprit".
Pourtant, les hautes sphères bruxelloises du PS et du CDH qui avaient imaginé le scénario de la co-présidence de la commission Immo Congo ont échoué !
Certains députés wallons n'étaient pas très chauds pour cela. "Je ne suis pas une marionnette", notait ce député PS, membre influent de la future commission.
La conférence des présidents commune au Parlement wallon et de la Communauté française a été fatale aux aspirations du CDH qui a souffert lors de cette heure de table... où seuls nageaient quelques scampis dans l'assiette... bien moins garnie que la semaine passée !
En fait, tout le problème s'est situé au niveau du texte : il ne prévoyait pas de coprésidents mais un président et un vice-président. Lorsque les députés se sont rendu compte de la chose... ce fut la confusion totale aux portes vitrées du Parlement : le ministre Antoine, Bayenet, Di Rupo, Ficheroulle, Walry, Lebrun, de Lamotte... s'engluaient en palabres énervés.
En fin de journée, une solution est toutefois apparue : la présidence PS sera assurée par Maurice Bayenet. La vice-présidence reviendra à la MR Véronique Cornet. Le rapporteur sera CDH, à savoir Christian Brotcorne.
Et le nom des différents commissaires ? Pour le PS : Bayenet, Walry, Furlan, Janssens, Barvais, Gennen, Collignon et Jamoulle.
Pour le MR : Bertieaux, Cornet, Crucke, Jeholet et Miller. Pour le CDH : Brotcorne, Lebrun et Fourny.
Pour Écolo, il s'agira du député Wesphael. À noter que la commission se tiendra sans Anne-Marie Corbisier que d'aucuns au CDH espéraient placer à la coprésidence.
Voilà le scénario de ce mercredi. Il n'est pas exclu que, d'ici à lundi, une nouvelle volte-face arrive : "Nous avons entendu que l'on nous proposait la vice-présidence. Nous sommes d'accord, mais nous ne l'avons pas encore officiellement accepté e", souligne un député MR.
Un MR qui, après midi, s'était fendu un peu vite d'un communiqué dénonçant la mainmise PS-CDH. En fin de journée, il maintenait la protestation quant à la présidence qu'ils revendiquaient. Début lundi... pour 3 mois ?
V. Li.
© La Dernière Heure 2006

Le parlement vote pour une Commission spéciale

Le parlement wallon a approuvé la proposition de résolution qui crée une Commission spéciale et mixte Région-Communauté appelée à se pencher sur le dossier ImmoCongo.
Le texte a recueilli 61 voix en sa faveur et 3 abstentions venant du Front National qui a dénoncé son éviction de la Commission. Celle-ci sera en effet composée à la proportionnelle de 8 PS, 5 MR, 3 CDH et un Ecolo.
Le FN n'a pas été retenu parce qu'il ne constitue pas un groupe au parlement de la Communauté française. Lors de la prise en considération de la proposition, le MR ainsi qu'Ecolo ont appelé la majorité à faire preuve d'ouverture. Les Réformateurs souhaitent obtenir la présidence de la Commission.


La solution qui continue toutefois à prévaloir est celle d'une présidence PS-cdH. Dans cette hypothèse, le MR obtiendrait le poste de rapporteur.
Dans les couloirs du parlement, une certaine animosité entre le PS et le CDH était perceptible. Les socialistes regrettent l'attitude de leur partenaire qui a transmis le dossier à la justice.
Je garde beaucoup d'amertume mais, bon, en politique, on doit pouvoir mettre ce genre de sentiment de côté, a souligné le chef de groupe PS, Maurice Bayenet. Il s'est montré particulièrement attristé par la présidente du cdH, Joëlle Milquet, lorsqu'elle a indiqué qu'en décembre 2005, elle avait fait part de ses interrogations à propos du Centre Wallonie-Bruxelles à Kinshasa à la ministre des Relations internationales, Marie-Dominique Simonet (cdH).
De la manière dont elle l'exprime, c'est presqu'un bulletin de victoire, a-t-il regretté. L'un des principaux intéressés, l'ex-ministre-président wallon Jean-Claude Van Cauwenberghe ne comprend pas quant à lui l'attitude de Marie-Dominique Simonet.
Je vois cela en termes de déontologie ministérielle. J'ai siégé pendant deux ans à côté de quelqu'un qui a exécuté le contrat sans jamais me poser de question. Et on a attendu que j'ai eu le dos tourné, dans les circonstances que l'on sait, pour lancer le dossier, a-t-il expliqué.
(D'après Belga)






La commission Immo Congo a été votée mercredi 22.11.2006, 13:05Le parlement
wallon a approuvé la proposition de résolution qui crée une commission spéciale
et mixte Région-Communauté appelée à se pencher sur le dossier Immo Congo.
Le texte a recueilli 61 voix en sa faveur et 3 abstentions venant du Front National qui a dénoncé son éviction de la commission. Celle-ci sera en effet composée à la proportionnelle de 8 PS, 5 MR, 3 CDH et un Ecolo.
Le FN n'a pas été retenu parce qu'il ne constitue pas un groupe au parlement de la Communauté française.

Résolution votée, déception du PS à l'égard du cdh

La solution qui continue à prévaloir est celle d'une présidence PS-cdH. Dans cette hypothèse, le MR obtiendrait le poste de rapporteur.
D.R.
Le parlement wallon a approuvé mercredi la proposition de résolution qui crée une Commission spéciale et mixte Région-Communauté appelée à se pencher sur le dossier ImmoCongo. Le texte a recueilli 61 voix en sa faveur et 3 abstentions venant du Front National qui a dénoncé son éviction de la Commission. Celle-ci sera en effet composée à la proportionnelle de 8 PS, 5 MR, 3 cdH et un Ecolo. Le FN n'a pas été retenu parce qu'il ne constitue pas un groupe au parlement de la Communauté française.
Lors de la prise en considération de la proposition, le MR ainsi qu'Ecolo ont appelé la majorité à faire preuve d'ouverture. Les Réformateurs souhaitent obtenir la présidence de la Commission. La solution qui continue toutefois à prévaloir est celle d'une présidence PS-cdH. Dans cette hypothèse, le MR obtiendrait le poste de rapporteur.
Dans les couloirs du parlement, une certaine animosité entre le PS et le cdH était perceptible. Les socialistes regrettent l'attitude de leur partenaire qui a transmis le dossier à la justice.
"Je garde beaucoup d'amertume mais, bon, en politique, on doit pouvoir mettre ce genre de sentiment de côté", a souligné le chef de groupe PS, Maurice Bayenet.
Il s'est montré particulièrement attristé par la présidente du cdH, Joëlle Milquet, lorsqu'elle a indiqué qu'en décembre 2005, elle avait fait part de ses interrogations à propos du Centre Wallonie-Bruxelles à Kinshasa à la ministre des Relations internationales, Marie-Dominique Simonet (cdH).
"De la manière dont elle l'exprime, c'est presqu'un bulletin de victoire", a-t-il regretté. L'un des principaux intéressés, l'ex-ministre-président wallon Jean-Claude Van Cauwenberghe ne comprend pas quant à lui l'attitude de Marie-Dominique Simonet.
"Je vois cela en termes de déontologie ministérielle. J'ai siégé pendant deux ans à côté de quelqu'un qui a exécuté le contrat sans jamais me poser de question. Et on a attendu que j'ai eu le dos tourné, dans les circonstances que l'on sait, pour lancer le dossier", a-t-il expliqué.

La majorité cornaque la commissionPaul

PS et CDH veulent se réserver la coprésidencede la future commission spéciale et conjointe. De mauvais augure pour la suite des opérations ?
BELGA
Dix-sept élus vont constituer la commission spéciale sur Immo Congo. Dix-sept, c'est pile assez pour qu'il y ait un élu Ecolo... et pas d'élu FN, sur base de la représentation au Parlement de la Communauté française (sur celle du Parlement wallon, c'eût été l'inverse). Soit, à la proportionnelle : 8 PS, 5 MR, 3 CDH, 1 Ecolo. En feront partie : les MR Bertieaux, Cornet, Crucke, Jeholet, Miller; les CDH Brotcorne, Corbisier, Fourny; l'Ecolo Wesphael. Pour le PS, on attendra.
La proposition quadripartite (rédigée en fait par Ecolo) prévoit président et vice-président. Or, on devrait avoir une coprésidence. Dévolue à deux chefs de groupe : Anne-Marie Corbisier pour le CDH et l'assemblée communautaire; Maurice Bayenet pour le PS et l'assemblée régionale. La première, sous réserve : l'intéressée n'est guère preneuse, se disant assez accaparée par ses prochaines fonctions scabinales (à Montigny-le-Tilleul dont, comme ça se trouve, sa collègue Cornet est bourgmestre).
Pourquoi, un siège présidentiel au PS ? Parce que, répond-on, il est de loin le premier parti. Pourquoi, un siège présidentiel au CDH ? Parce que, répond-on, lui seul n'est pas concerné par les décisions gouvernementales en cause de 2003-2004. Pourquoi, les deux sièges présidentiels à la majorité ? Euh, là, on ne répond rien. On doit donc interpréter que sur un sujet qui - quoiqu'ils s'en défendent - crispe les coalisés entre eux, ils trouveront par là à davantage se neutraliser.
Mais l'opposition ne l'entend pas de cette oreille; et le MR, candidat officiel à une présidence, entend en faire aujourd'hui un incident. Les réformateurs (qui auraient bien, ou auraient eu, quelque souci à devoir départager Véronique Cornet et Richard Miller) ne manquent pas d'arguments. Quant à l'importance du groupe, il est le deuxième. Quant à l'implication éventuelle de leur ministre-Président de l'époque (Hervé Hasquin, à la Communauté), que dire du PS avec Jean-Claude Van Cauwenberghe (à la Région). Et puis, on a régulièrement confié des commissions d'enquête (ce que celle-ci est presque, dans son objet) à des élus alors dans l'opposition (le PS Collignon sur le Heysel, le VLD Verwilghen sur Dutroux, le CDH Langendries sur la Sabena...). Et puis, on devrait respecter une certaine tournante au Parlement wallon (le PS Avril y a déjà dirigé les travaux spéciaux sur le logement social, et le CDH Etienne ceux sur Francorchamps). Et puis, il serait d'autant plus facile de réserver une place à l'opposition que la présidence est double.
Bon, quand on se sera calmé là-dessus, il faudra s'entendre sur les procédures, l'échéancier, les auditions. Avant de songer au fond. "Aux faits plutôt qu'à leur interprétation", ajouterait Van Cau qui se disait hier empressé de voir la commission "combattre l'amnésie ministérielle"...
© La Libre Belgique 2006

DEBAT sur le RTBF, le dimanche 19 novembre 2006 à 11h45 ... RTL aussi

"Immo Congo : petits arrangements entre amis ?"

Une nouvelle affaire à la Une, cette semaine. La Justice s'intéresse à l'opération immobilière concernant la représentation Wallonie-Bruxelles à Kinshasa. Une opération de location-achat très coûteuse qui recèle bien des zones d'ombres(?). L'argent public a-t-il été dépensé avec légèreté ? Pourquoi la Communauté française et la Région wallonne n'ont-elles pas acheté elles-mêmes le bâtiment ? Jean-Claude Van Cauwenberghe est-il intervenu pour favoriser la société de l'un de ses amis ? Les autres ministres de l'époque ont-ils été abusés ou ont-ils fermé les yeux ? Une commission parlementaire va être mise sur pied. Parviendra-t-elle à faire toute la lumière ? Faut-il renforcer la législation et les contrôles en matière de marchés publics ?
En décembre 2005, Milquet s'était inquiétée du dossier ImmoCongoLa présidente du cdH, Joëlle Milquet, s'est également inquiétée en décembre 2005 des frais de loyer importants auxquels était confronté le Centre Wallonie-Bruxelles à Kinshasa, a-t-elle indiqué dimanche sur le plateau de Controverse (RTL-TVi).En décembre 2005, Mme Milquet s'est rendue au Congo dans le cadre d'une mission parlementaire. Le coût du bail ainsi que la localisation de la société bailleuse à Charleroi ont attiré son attention. A son retour, elle s'en est ouverte à la ministre des Relations internationales de la Communauté française et de la Région wallonne, Marie-Dominique Simonet (cdH).Cette dernière essayait elle aussi de démêler les fils de ce dossier depuis le mois de janvier, d'abord sur le plan immobilier et puis sur le plan financier. Elle avait déjà convoqué une série de réunions avec l'administration et l'Inspection des Finances. Dans le courant de cette année, elle avait ensuite demandé à un expert de réaliser une mission d'inventaire sur les postes de la Communauté à l'étranger avant de consulter un avocat et de finalement transmettre le dossier au parquet de Charleroi au mois de juin.
Hervé Hasquin s'interroge aussi sur l'immeuble de Paris. Il se demande pourquoi le gouvernement wallon de Jean-Claude Van Cauwenberghe a préféré un bâtiment avec travaux, traditionnellement plus cher, à un bâtiment sans. Les travaux ont été dirigés par des architectes de Charleroi sans pression, paraît-il, contrairement à Immo Congo.

Pour en parler, Olivier Maroy a invité :

Marie-Dominique Simonet, CDH, Ministre des relations internationales - Région wallonne et Communauté française

Serge Kubla, MR, Chef de groupe au Parlement wallon

José Happart, PS, Président du Parlement wallon

Jean-Marc Nollet, Ecolo, Député fédéral

Philippe Suinen, Directeur général du CGRI

Michel Bouffioulx, Journaliste indépendant

André Delvaux, Avocat spécialisé dans les marchés publics

Bruno Fally, Spécialiste de l'immobilier

Le débat sera-t-il plus intéressant que la semaine dernière ?
Nous avions assité à un des plus mauvais débat depuis des lustres à propos du vote des allochtones: débat confus, avec un animateur faisant les questions-réponses en permanence, laisant les éléphants de la politique plomber le sujet, avec comme grand spécialiste de la méthode: "Môssieur Philippe".






Il y avait pourtant de nouvelles têtes intéressantes qui pouvaient développer le sujet et qui le maîtrisaient, dont Mehmet Koksal ( qui possède un excellent site consacré aux allochtones (en politique))

Immo-Congo : un dossier pipé depuis le début


Le dossier Immo-Congo, au centre de l'émission "Mise au Point" dimanche midi, sur la Une télé. Les différents protagonistes sont revenus sur les principales zones d'ombres qui entourent ce dossier. Parmi celles-ci, les pressions exercées par Jean Claude Van Cauwenberghe sur le CGRI, le Commissariat général aux relations internationales, pour attribuer le marché à une société gérée par l'un de ses proches…..

Philippe Suinen, le patron du CGRI, a précisé que ces pressions ont commencés avant même que la Communauté française ne prenne la première décision, le 29 avril 2004. Une décision qui écartait l'offre du proche de Van Cauwenberghe. L'attribution du marché aurait donc été tronquée très tôt. Je vous confirme, a ainsi déclaré Philippe Suinen sur le plateau de Mise au Point, "que les deux cabinets ministériels de l'époque, donc le Ministre président de la Communauté (Hervé Hasquin) et le Ministre président de la Région wallonne (Jean-Claude Van Cauwenberghe), ont demandé au CGRI de participer à une réunion où il a été dit qu’il y avait un problème du côté wallon parce qu'il n'y avait pas suffisamment de dimensions wallonnes dans l’offre (…)C’était avant le 29 avril , à ce moment-là, on demande alors au CGRI de convoquer deux réunions inter-cabinet, où les deux protagonistes, Robert Marlier pour la société Intelligence et Communication et Daniel Lebrun Congo Wallon Invest seront confrontés pour voir s'il n'y a pas une possibilité de régler ce blocage"...

Réponse immédiate de Marie Dominique Simonet, la ministre chargée des relations internationales à la Communauté française et à la Région wallonne qui a hérité du dossier Immo-Congo: C’est énorme, s’est elle exclamée, "parce que quand on parle d'ancrage wallon, nous ne trompons pas, nous sommes tous favorables à l'emploi wallon. Mes collègues au Gouvernement se battent pour l'emploi wallon, mais ici, il est où l'emploi wallon ? C'est une personne "….

Lebrun donne sa version :

C'est le Commissariat Général aux Relations Internationales (CGRI) de la Communauté française qui a rappelé la société de Daniel Lebrun, CWI, pour lui demander de se réunir avec la société qui avait emporté le marché de la nouvelle implantation du Centre Wallonie-Bruxelles à Kinshasa, Intelligence et Communication (IC), de Robert Marlier, a indiqué dimanche, Daniel Lebrun sur le plateau de Controverse.

Selon lui, ce sont des motivations économiques qui ont guidé cette démarche. "Je suppose que l'on a jugé de mon utilité", a-t-il ajouté, expliquant qu'il avait pu obtenir un financement très intéressant. Quant à d'éventuelles pressions qui auraient été exercées sur son concurrent pour l'intégrer dans l'opération et constituer avec lui Immo-Congo, M. Lebrun dit ne pas pouvoir répondre. "Je ne peux pas répondre à cette question. Moi, le CGRI est venu me rechercher. Il est évident que Jean-Claude Van Cauwenberghe a certainement eu des conversations avec Hervé Hasquin mais c'est entre politiques", a-t-il affirmé, précisant qu'il n'y avait rien d'anormal, ni d'illégal à ce qu'un concurrent évincé collabore ensuite avec le candidat retenu . "Il n'y avait eu aucune corruption ou trafic d'influences" a-il encore ajouté.

Via RTL:

Lebrun: "C'est le CGRI qui est venu me chercher"

C'est le Commissariat Général aux Relations Internationales (CGRI) de la Communauté française qui a rappelé la société de Daniel Lebrun, CWI, pour lui demander de se réunir avec la société qui avait emporté le marché de la nouvelle implantation du Centre Wallonie-Bruxelles à Kinshasa, Intelligence et Communication (IC), de Robert Marlier, a indiqué dimanche M. Lebrun sur le plateau de Controverse (RTL-TVi).
Selon lui, ce sont des motivations économiques qui ont guidé cette démarche. "Je suppose que l'on a jugé de mon utilité", a-t-il ajouté, expliquant qu'il avait pu obtenir un financement très intéressant.
Quant à d'éventuelles pressions qui auraient été exercées sur son concurrent pour l'intégrer dans l'opération et constituer avec lui ImmoCongo, M. Lebrun dit ne pas pouvoir répondre. "Je ne peux pas répondre à cette question. Moi, le CGRI est venu me rechercher.
Il est évident que M. Van Cauwenberghe a certainement eu des conversations avec M. Hasquin mais c'est entre politiques", a-t-il affirmé, précisant qu'il n'y avait rien d'anormal, ni d'illégal à ce qu'un concurrent évincé collabore ensuite avec le candidat retenu.
L'homme, ancien réviseur d'entreprises, est un proche de l'ex-ministre-président wallon, Jean-Claude Van Cauwenberghe. Il se défend pourtant d'être son "financier". "Je ne m'occupe absolument pas des finances de M. Van Cauwenberghe mais quand il veut faire une opération sur Charleroi ou autre, il aime bien que je sois à ses côtés", a-t-il dit.
Et de conclure que dans son chef en tout cas, il n'y avait eu aucune corruption ou trafic d'influences.


La commission mixte naîtra mercredi

Foire d'empoignes à la conférence des présidents du parlement wallon (Elio Di Rupo, à Cannes, était le grand absent du jour) qui se penchait sur la proposition de résolution déposée par Ecolo. Résolution demandant l'installation d'une commission parlementaire mixte (17 membres) chargée de faire la lumière sur le dossier Immo Congo.
Fidèle à lui-même, José Happart a dit tout le mal qu'il en pensait, prétextant notamment, que la proposition n'était signée que par Ecolo. Aussitôt dit, aussitôt fait : Bernard Wesphael fait circuler son texte, que PS-CDH et MR s'empressent de signer.

Ces jolis paraphes n'ont guère détendu l'atmosphère. PS et CDH ont profité de l'occasion pour régler quelques comptes sur fond de loyauté politique. Les socialistes reprochant aux humanistes d'avoir, par l'intermédiaire de Marie-Dominique Simonet, transmis le dossier à la Justice.
Les échanges de noms d'oiseaux terminés, les honorables membres ont déterminé la procédure. Le parlement wallon votera mercredi à midi en séance plénière la proposition de résolution (identique à celle votée à la Communauté française). A l'issue du vote, les conférences des présidents des deux assemblées se réuniront pour établir les modalités pratiques. Seule certitude, Véronique Cornet (MR) en sera. La députée-bourgmestre de Montigny-le-Tilleul a en effet posé sa candidature à la présidence, ce que le CDH n'aurait guère apprécié...
Les débats ne s'annoncent pas vraiment sereins.

Région et Communauté ont fait le plus mauvais choix

Février 2004. A peine rentré de Kinshasa où il accompagnait en mission officielle Jean-Claude Van Cauwenberghe, mission au cours de laquelle il a pu visiter le bâtiment sur lequel Région et Communauté ont jeté leur dévolu, Daniel Lebrun, ou plus exactement sa société CongoWallonInvest (CWI), remet une offre de location-achat.
Robert Marlier fait de même le 31 mars au nom d'Intelligence et Communication (IC).
Si l'offre de CWI est plus avantageuse (240.000 euros de loyer annuel indexé), elle présente par contre un gros désavantage : elle demande que Région et Communauté se portent « caution solidaire et indivisible » du prêt, de trois millions d'euros. Un élément qui n'échappe pas à la sagacité de l'Inspection des finances dans son avis rendu le 8 mars.
De plus, CWI exige une superficie de 150 m 2 à l'intérieur du bâtiment pour y installer ses bureaux kinois. A l'inverse, l'offre d'IC est sans doute plus onéreuse (270.000 euros), mais elle n'exige pas de caution bancaire. On sait ce qu'il adviendra de ces deux offres. Trois mois plus tard (le 11 mai), Marlier et Lebrun signent leur contrat de mariage à travers la création d'Immo Congo, vu le blocage de la Région refusant d'attribuer le marché à la seule « Intelligence et Communication ». Avec des conséquences plus onéreuses encore pour les finances publiques : dans le contrat finalement signé, on découvre que c'est bien le bail d'IC qui est retenu (270.000 euros sur 20 ans au lieu de 240.000, soit 600.000 de plus). On y découvre également la demande de cautionnement de CongoWallonInvest (évincée par la porte, elle rentre par la fenêtre sous un autre nom). Bref, Immo Congo peut se frotter les mains : elle a remporté haut la main les négociations... Région et Communauté peuvent, elles, commencer à banquer.

Le cabinet Hasquin a bien contacté Robert Marlier

T élévisions, radios, journaux. Interrogé depuis plusieurs jours sur ses relations avec Robert Marlier, patron d'Intelligence et Communication, à qui « son » gouvernement confie le marché de location-achat du bâtiment de Kinshasa le 21 avril 2004, Hervé Hasquin (MR), jure ses grands dieux qu'il ne le connaissait pas. Soit, mais Marlier habite Silly comme lui... « Vous savez, Silly compte sept villages », répond-il aussi invariablement qu'imperturbablement.
En clair, pour l'ancien ministre-président, le rapprochement Hasquin-Marlier est un raccourci intellectuel. Un raccourci qui n'aurait absolument rien à voir avec les relations d'amitié, bien réelles celles-là, qu'entretiennent Van Cau et Daniel Lebrun, patron de CongoWallonInvest, le candidat évincé puis « miraculeusement » repêché dans Immo Congo.

Un élément pour le moins troublant vient pourtant ébranler l'argumentaire d'Hervé Hasquin. Il s'agit d'un courrier envoyé le 25 octobre dernier par un ancien collaborateur du ministre-président de la Communauté française à Didier Reynders, président du MR. Pas n'importe quel collaborateur, celui qui, en compagnie du chef de cabinet adjoint de Hasquin, a géré le dossier.
Dans ce courrier, il détaille, point par point, les chapitres clés et le déroulé des événements. On y découvre ainsi que, dès le choix du bâtiment opéré, un investisseur doit être trouvé.
Et c'est là où les choses deviennent intéressantes : « Un de mes collègues à la cellule relations internationales évoque alors la possibilité de prendre des contacts avec un investisseur qu'il connaît et qui pourrait être intéressé par l'opération, M. Robert Marlier. » Quelques lignes plus loin, il précise encore que « des contacts sont pris avec Robert Marlier et celui-ci confirme assez rapidement son intérêt (...). Il semble l'homme de la situation. »
En clair, si Hervé Hasquin ne connaissait pas directement le patron d'Intelligence et Communication (cette lettre ne dit pas le contraire), c'est bel et bien son cabinet qui a pris langue avec l'homme d'affaires. Et il est difficile d'imaginer que dans un dossier que Van Cau et Hasquin s'égosillent à définir comme « très urgent » et impliquant un investissement de pas loin de trois millions d'euros, il n'ait pas été, au minimum, mis au courant.
Enfin, un autre élément retient l'attention. L'auteur indique qu'une fois le marché obtenu par Intelligence et Communication « il est demandé à Marlier de solliciter une modification lui-même afin que cette modification n'apparaisse pas comme voulue par la Région wallonne ». C'est la fameuse lettre du 10 mai, dont Van Cau se prévaut pour sa défense. Une zone d'ombre de plus qui retiendra, à l'évidence, l'attention de la commission parlementaire spéciale.

DANZE,HUGUES vendredi 17 novembre 2006

02 janvier 2007

Afrique

Le Darfour en tête des priorités de Ban Ki-moon

La guerre et ses conséquences au Darfour, province occidentale du Soudan, ont fait 200.000 morts depuis février 2003 et deux millions de déplacés, selon l'ONU, des chiffres que contestent les autorités soudanaises

Le nouveau secrétaire général des Nations Unies, le Sud-Coréen Ban Ki-moon, a placé mardi la crise du Darfour en tête de ses priorités, exprimant l'espoir d'une solution pacifique à cette guerre civile doublée d'une tragédie humanitaire qui dure depuis bientôt quatre ans.
Parlant brièvement à la presse à l'occasion de sa première journée de travail au siège new-yorkais des Nations Unies, où il entamait un mandat de cinq ans, M. Ban a cité en premier le Darfour parmi les crises internationales auxquelles il va devoir faire face, devant le Proche-Orient, le Liban, l'Iran, l'Irak et la Corée du Nord.
"La situation de crise au Darfour est placée trés haut dans mon programme de travail, je vais y porter mon attention immédiatement", a-t-il dit.
Il a indiqué qu'il rencontrerait dès mercredi le représentant spécial par intérim de l'ONU au Soudan, le Suédois Jan Eliasson, puis qu'il participerait à un sommet de l'Union africaine (UA) dans la seconde quinzaine du mois, lors duquel il compte notamment s'entretenir avec le président soudanais Omar el-Béchir.
"En m'engageant dans le processus diplomatique, j'espère que nous serons en mesure de résoudre pacifiquement le plus tôt possible cette très sérieuse question", a déclaré M. Ban.
La guerre et ses conséquences au Darfour, province occidentale du Soudan, ont fait 200.000 morts depuis février 2003 et deux millions de déplacés, selon l'ONU, des chiffres que contestent les autorités soudanaises.

Somalie: les combattants islamistes perdent leur dernier bastion

Les combattants islamistes ont quitté lundi leur dernier bastion, Kismayo , dans le sud du pays. Une fuite à vrai dire face à l'avancée rapide des forces éthiopiennes et somaliennes. Le gouvernement somalien a demandé le déploiement "d'une force de paix" mandatée par l'Union Africaine….


Avec Kismayo lundi, c’est le dernier bastion islamiste qui est tombé, La rapidité de la victoire des forces éthiopiennes et somaliennes est une surprise pour les chancelleries en Ethiopie. Certains disent que le soutien populaire des tribunaux islamiques a été largement surestimé, d’autres s’interrogent : les islamistes se sont-ils vraiment effondrés ? Ou se sont-ils évanouis dans la nature comme avant eux les talibans afghans? Auquel cas ajoute un diplomate, la Somalie risque une situation à l’irakienne avec peut être l’organisation de rébellions à partir de zones où les islamistes ont des bases. Leurs leaders ont en tout cas promis une guérilla de longue haleine contre l’Ethiopie

Le gouvernement transitoire est encore incapable de faire régner l'ordre par lui-même. Le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi a d’ailleurs annoncé ce mardi que son armée ne quitterait pas la Somalie avant deux semaines. L'armée Ethiopienne attendra le retour de la stabilité en Somalie avant tout retrait. Meles Zenawi a demandé en particulier au gouvernement somalien d'empêcher un retour des chefs de guerre. Ces chefs de guerre ont régné sur la capitale Mogadiscio depuis 1991 et jusqu'à l'arrivée des milices islamistes, il y a six mois.

Le gouvernement somalien a bien annoncé son intention de rétablir la loi et l'ordre. Une opération de désarmement devait d'ailleurs commencer ce jour même dans la capitale, sur une base volontaire. Mais elle n'a pas encore débuté à l'heure qu'il est, le dispositif de collecte des armes n'étant pas prêt.

Cette tentative du gouvernement d'imposer son autorité s'annonce en tout cas ardue dans ce pays où aucun pouvoir central n'a réussi à s'imposer depuis 15 ans.

· L'armée éthiopienne ne restera pas
mardi 02.01.2007, 10:27
L'armée éthiopienne pourrait se retirer dans deux semaines de Somalie, où les combattants islamistes ont été mis en déroute, a affirmé le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi à Addis Abeba.

· La Somalie sous contrôle
mardi 02.01.2007, 08:30
Le gouvernement somalien "contrôle le sud et le centre de la Somalie", qui étaient tenus depuis des mois par les islamistes, mis en déroute depuis le 20 décembre par les forces éthiopiennes et somaliennes, a affirmé le ministre de l'Information Ali Jama.

12 décembre 2006

Le destin des dictateurs

48% des Polonais approuvent la loi martiale

L'instauration en Pologne de loi martiale par le général Wojciech Jaruzelski le 13 décembre 1981 est approuvée un quart de siècle plus tard par 48% des Polonais, selon un sondage publié aujourd'hui. 36% des Polonais désapprouvent ce coup de force contre le syndicat indépendant Solidarité et 16% n'ont pas d'opinion, selon ce sondage de l'institut GfK Polonia, effectué du 24 au 26 novembre 2006 auprès d'un échantillon de 1.000 personnes.

Dossier : Augusto Pinochet

L'adieu à un ancien dictateur

La dépouille mortelle de l'ex-dictateur chilien Augusto Pinochet, décédé dimanche, a été incinérée dans la nuit de mardi à mercredi au cimetière du Parc de la mer, dans la ville côtière de Concon, à 130 km au nord-ouest de Santiago. La dépouille de l'ancien dictateur, à qui les honneurs militaires ont été rendus à Santiago, a été transportée à bord d'un hélicoptère des forces aériennes à Concon, puis par la route jusqu'au cimetière.
Ses cendres ont ensuite été emportées par la famille dans sa propriété de Los Boldos, à 110 km à l'est de Santiago, en bordure du Pacifique.
Le général Pinochet avait reçu mardi les honneurs militaires en présence de sa famille et de milliers de sympathisants au cours d'une cérémonie de funérailles où la seule représentante de l'Etat, la ministre de la Défense, a été copieusement sifflée. Au moment même où se déroulait la cérémonie à 10h45 (14h45 à Bruxelles) à l'Académie militaire de Santiago, plus de 2.000 opposants à l'ex-dictateur rendaient un hommage appuyé, non loin de là devant le palais présidentiel, à l'ancien président socialiste Salvador Allende, renversé par Pinochet le 11 septembre 1973.

La fille aînée de Pinochet, Lucia, a revendiqué avec force l'héritage de son père et fustigé la presse internationale tandis qu'un petit-fils du dictateur remerciait dans un hommage imprévu, l'homme "qui avait fait chuter un gouvernement marxiste en pleine guerre froide". Quatre grenadiers en grand uniforme veillaient le cercueil recouvert d'un drapeau chilien où sa casquette, son épée et son bâton de commandement avaient été déposés.
Au milieu des invités en habits de deuil, la veuve du défunt, Lucia Hiriart, vêtue de noir s'abritait du soleil sous un parapluie sombre, applaudissant parfois les hommages à son mari. Le chef de l'armée, le général Oscar Izurieta a déclaré qu'il fallait laisser à l'histoire le soin de faire un examen objectif et juste des années Pinochet, ajoutant que ce n'était pas à lui de faire une évaluation du régime militaire.
Les obsèques d'Augusto Pinochet ont été retransmises en direct à la télévision nationale et sur deux autres chaînes. Elles avaient commencé avec l'arrivée du cercueil, porté par quatre cadets, avant une messe solennelle dans la cour de l'Académie militaire. Pinochet, décédé à 91 ans, a reçu un hommage militaire en tant qu'ancien chef des forces armées, poste qu'il conserva après la fin de la dictature (1990) jusqu'en 1998.
La présidente socialiste Michelle Bachelet a en revanche refusé d'organiser les funérailles nationales prévues pour les anciens chefs d'Etat. Mme Bachelet, elle-même détenue et torturée dans le centre clandestin Villa Grimaldi en 1975, est la fille d'un général d'aviation proche d'Allende, mort des suites de tortures infligées par le régime Pinochet.
Les partisans de l'ancien dictateur s'étaient mobilisés depuis l'annonce de sa mort et 60.000 personnes ont défilé lundi toute la journée et toute la nuit devant la dépouille du général revêtu de son uniforme d'apparat, exposée dans un cercueil vitré à l'Académie militaire. Pendant l'hommage militaire, le cercueil avait été placé sur un catafalque à côté d'un autel où l'évêque aux armées a célébré une messe entouré de 16 aumôniers militaires devant la famille, la veuve et les cinq enfants du défunt.
La ministre de la Défense Vivianne Blanlot qui représentait le gouvernement socialiste a été copieusement sifflée à son arrivée par des partisans de Pinochet qui lui ont demandé de partir. Elle n'a pas salué la famille et ne portait pas le deuil. Mme Blanlot est demeurée de marbre pendant les hommages à l'ancien général putschiste, affichant un air neutre devant les applaudissements au seul nom de Pinochet.
La mobilisation ces derniers jours des sympathisants et des opposants à Pinochet illustre la persistance d'une certaine division de la société chilienne au sujet des 17 années de régime militaire.
Les défenseurs des droits de l'homme ont rappelé les 3.000 morts et disparus et les 30.000 personnes torturées sous son régime alors que ses partisans préfèrent mettre en avant le "miracle économique chilien" dont ils lui attribuent le mérite. Ces dernières années, Pinochet était cependant de plus en plus isolé en raison d'une multiplication des poursuites judiciaires à son encontre pour les crimes de la dictature et surtout, depuis le lancement d'une procédure pour fraude fiscale concernant des comptes secrets ouverts aux Etats-Unis par l'ex-dictateur et sa famille à l'étranger.
(D'après AFP)
4.000 sympathisants aux funérailles de Pinochet

Les funérailles de l'ancien dictateur chilien Augusto Pinochet ont commencé à 10h45 locale (14h45 en Belgique) à l'école militaire de Santiago. Les obsèques sont retransmises en direct à la télévision nationale. Le général Pinochet, qui est mort à l'âge de 91 ans, doit recevoir les honneurs militaires dus à un ancien chef de l'armée. La présidente socialiste Michelle Bachelet a refusé des funérailles nationales à l'ancien dictateur, arrivé au pouvoir par un coup d'Etat le 11 septembre 1973.
Outre la famille, la veuve et les cinq enfants du général ainsi que les dignitaires des forces armées, quelque 4.000 sympathisants et invités particuliers assistent sous le soleil aux honneurs militaires. Le cercueil recouvert du drapeau chilien a été placé sur un catafalque sombre. Un autel a été dressé où une messe sera dite par l'évêque aux armées.
La ministre de la Défense chilienne Vivianne Blanlot a été copieusement sifflée à son arrivée dans le patio de l'Académie militaire où avait lieu la cérémonie. En entrant, Mme Blanlot, priée à grands cris de quitter les lieux par des partisans de l'ex-homme fort du pays, n'a pas salué la famille Pinochet avant de s'asseoir au premier rang des invités officiels. La ministre qui n'était pas vêtue de noir était la seule représentante du gouvernement chilien.
Par ailleurs, plus d'un millier de défenseurs des droits de l'homme et d'opposants à Augusto Pinochet ont manifesté à Santiago, à l'heure exacte de ses funérailles pour rendre hommage à l'ancien président socialiste Salvador Allende, renversé en 1973 par le putsch de l'ex-dictateur. Les manifestants s'étaient rassemblés sur la Place de la Constitution, face à un monument érigé en mémoire de l'ancien chef d'Etat qui se suicida dans le palais présidentiel le 11 septembre 1973.


Une demi-victoire
Isabel Allende, la fille de l'ancien président chilien renversé par Augusto Pinochet, a regretté que "la justice n'ait pas pu finir son travail" avec la mort de l'ancien dictateur mais salue "une demi-victoire".
"Je pense aux gens au Chili qui ont souffert, qui sont morts alors, je pense à mon père bien sûr", a déclaré Isabel Allende. La femme politique a souligné que le général Pinochet, décédé dimanche à l'âge de 91 ans, "n'a jamais eu les valeurs de faire face de la justice, de dire la vérité, de reconnaître ses erreurs pour ses horribles crimes".
"Je pense que la justice n'a pas encore fini son travail. Pour la société chilienne, pour le peuple chilien, pour toutes les victimes, il serait très important que le procès puisse se finir. Malheureusement, on n'a pas réussi, malheureusement il est mort", a estimé la fille de Salvador Allende, le président chilien démocratiquement élu, renversé le 11 septembre 1973 par un coup d'Etat militaire.
La romancière Isabel Allende est la nièce de Salvador Allende.
(D'après AP)

Pinochet impuni, "l'échec de la justice"



Les victimes redoutent l'extinction des poursuites, souligne Jorge Magasich.Pinochet était "tué politiquement" depuis qu'il était accusé de corruption.
Jorge Magasich, opposant à la dictature d'Augusto Pinochet et aujourd'hui professeur à l'Institut des Hautes études en communications sociales (Ihecs), à Bruxelles, réagit au décès du dictateur.
Que vous inspire cette disparition ?
Beaucoup de victimes de la dictature regrettent cette mort parce que Augusto Pinochet disparaît sans avoir été jugé pour ses crimes. L'espoir des victimes est que les procédures engagées contre son régime se poursuivent. Mais elles redoutent qu'avec la mort de Pinochet, la communauté internationale y prête moins d'attention et que la pression diminue.
Cette mort est en tout cas un échec pour la justice. Augusto Pinochet n'a pas été condamné malgré des faits accablants. En cause, les manoeuvres de l'ancien gouvernement de Ricardo Lagos (socialiste, NdlR.). Il y a eu en outre plusieurs cas précis de décisions de justice scandaleuses. Ensuite, les questions autour de sa maladie ont été utilisées pour retarder l'action de la justice et soustraire Pinochet à un procès.
Quel genre de dictateur a-t-il été ?
Il faut d'abord préciser qu'Augusto Pinochet n'est pas celui qui a conçu le coup d'Etat contre Salvador Allende. Mais il se fait qu'il était chef de l'armée de terre à ce moment-là. Ce n'est que quelques semaines avant le putsch qu'il s'est rallié à ceux qui le préparaient. Ensuite, il a tout fait pour démanteler le noyau des militaires putschistes, avec l'aide de la police secrète, la Dina (Direction du renseignement national, NdlR.).
Ensuite, il a instauré la torture comme politique d'Etat. Mais il n'a jamais osé assumer ce qu'il a commis. Et ce sont ses subordonnés qui, par la suite, se sont retrouvés poursuivis par la justice.
Une controverse accompagne la mort du dictateur pour savoir quel type de funérailles lui seront réservées. Quel est votre sentiment ?
Au Chili, certains font la distinction entre l'homme politique et le général. Et ceux qui défendent un hommage militaire arguent que Pinochet a accédé à la tête de l'armée de terre, légitimement. Mais même s'il y a des funérailles militaires, je crois que la présidente Michelle Bachelet n'y participera pas. Et le doute subsiste quant à la présence du ministre de la Défense, également une femme, Viviane Blanlot.
Demeurent-ils au Chili des nostalgiques de la dictature de Pinochet ?
Très peu. Augusto Pinochet a gardé un grand pouvoir jusqu'en 1998. Mais son arrestation en Grande-Bretagne cette année-là a démythifié le personnage. Au Chili, personne ne pouvait plus ignorer que des faits très graves avaient été commis sous sa dictature. Mais certains ont continué à penser qu'ils étaient justifiés par le contexte de l'époque.
Alors, le coup de grâce a été porté par la révélation de l'existence de comptes bancaires aux Etats-Unis où avait été placé de l'argent de l'Etat, détourné. Découvrir que lui, le militaire, avait été corrompu, cela l'a tué politiquement. Il a été complètement discrédité. Et ça en a été fini de son pouvoir.


Hommage strictement militaire pour Pinochet

L'ancien dictateur est mort dimanche matin à la suite de multiples crises cardiaques. Il avait été admis à l'hopital une semaine auparavant après un infarctus du myocarde et un oedème pulmonaire.

La dépouille en grand uniforme de l'ancien dictateur chilien, Augusto Pinochet, décédé dimanche à l'âge de 91 ans, a été exposée lundi à Santiago pour un hommage strictement militaire après le refus du gouvernement socialiste de lui rendre les honneurs dus à un chef d'Etat.

La cérémonie a eu lieu en présence de la famille du défunt et de quelque 300 personnes rassemblées à l'Académie militaire dans la capitale chilienne.

Plusieurs messes et prières aux défunts sont prévues dans le hall de cette école militaire pour évoquer le souvenir de l'ancien dictateur qui a tant divisé les Chiliens.

La présidente chilienne Michelle Bachelet a affirmé lundi avoir refusé les funérailles nationales à l'ex-dictateur "en pensant au Chili", tandis que le ministre de l'intérieur Belisario Velasco a estimé qu'il s'agissait "d'un classique dictateur de droite qui a violé les droits de l'homme et s'est enrichi".

Une chapelle ardente a été dressée dans l'école du "Libérateur Bernardo O'Higgins" et le corps de l'ancien commandant de l'armée de terre et ex-chef des armées a été placé dans un cercueil vitré, montrant le visage et le buste du général, revêtu de son grand uniforme de gala de couleur grise.

Le cercueil est exposé dans le hall de l'Académie militaire où fut formée la junte militaire qui désigna Pinochet à sa tête, après le coup d'Etat sanglant du 11 septembre 1973 contre le président socialiste Salvador Allende. Entre deux énormes cierges, une garde d'honneur composée de huit cadets veille sur le cercueil jusqu'aux funérailles prévues mardi à 11H00 (14H00 GMT), dans la cour de l'école militaire. L'armée a fait savoir que les diverses cérémonies auraient un caractère public même si un contrôle de sécurité sera effectué à l'entrée de l'Académie.

Le corps de l'ex-dictateur avait été transféré dans la nuit de dimanche à lundi, alors que des incidents opposaient des manifestants célébrant sa mort et la police.

Peu après l'annonce du décès du dictateur, 5.000 manifestants étaient descendus dans les rues pour fêter "la libération du Chili".

Une quarantaine de policiers ont été blessés et une centaine de manifestants ont été arrêtés quand des groupes radicaux ont tenté de s'approcher du palais présidentiel. Les affrontements ont duré jusqu'à l'aube dans certains quartiers, à la périphérie de Santiago. Lundi, les quotidiens de Santiago ont publié des suppléments sur la vie (1915-2006) de l'ancien président autoproclamé (1973-1990) soulignant que celui-ci n'aurait pas droit à des funérailles nationales prévues pour un chef d'Etat chilien, comme l'a décidé la présidente Michelle Bachelet, elle-même victime de la dictature et fille d'un général d'aviation proche d'Allende torturé à mort après le putsch.

Le fils cadet de Pinochet Marco Antonio a déploré l'absence de telles funérailles pour son père qui, selon lui, "s'était totalement engagé pour le pays et l'avait sorti d'un chaos indescriptible".

La fille de Salvador Allende, Isabel, a applaudi la décision de Mme Bachelet de refuser les obsèques nationales en rappelant que Pinochet était un "dictateur" qui s'était proclamé président en manipulant la Constitution. "Le général a trahi son serment, a trahi le président Salvador Allende et a toujours affiché son incapacité à se repentir", a-t-elle déclaré. Le général Pinochet avait été nommé chef de l'armée par le président socialiste Salvador Allende trois semaine avant son coup d'Etat. Près de 30.000 Chiliens ont été torturés sous la dictature, tandis que 3.000 sont morts ou disparus.

La dépouille de l'ex-dictateur sera remise à la famille pour être incinérée au crématorium du Cimetière du Parc du Souvenir. Les cendres seront ensuite transportées jusqu'à la propriété familiale de Los Boldos sur la côte chilienne, un endroit où le vieux général passait l'été austral.

L'ancien dictateur est mort dimanche matin à la suite de multiples crises cardiaques. Il avait été admis à l'hopital une semaine auparavant après un infarctus du myocarde et un oedème pulmonaire.

Le fils cadet du dictateur refuse présence du gvt aux funéraillesLe fils cadet de l'ex-dictateur Augusto Pinochet s'est dit opposé lundi à une présence gouvernementale aux obsèques mardi de son père, décédé dimanche à l'âge de 91 ans, pour éviter "des actes hypocrites".Marco Antonio Hiriart a demandé, sur la radio Agricultura, que "par respect pour (sa) famille, le gouvernement ne participe" pas aux funérailles de l'ancien président auto-proclamé.Le plus jeune des cinq enfants de Pinochet a souligné que "si les gens le veulent, ils peuvent" assister aux cérémonies funéraires. "Mais je ne souhaite pas d'actes hypocrites, par respect pour ma mère et ma famille", a-t-il ajouté.Les sympathisants du général pourront rendre pendant toute la journée de lundi un dernier hommage à la dépouille de Augusto Pinochet et une veillée funèraire est prévue jusqu'à la cérémonie d'incinération et l'enterrement mardi matin

Violents incidents après la mort de Pinochet


Les violents incidents qui ont éclaté à Santiago et dans sa périphérie ainsi que dans d'autres villes du Chili dimanche soir après l'annonce de la mort d'Augusto Pinochet, ont fait 43 blessés au sein des forces de l'ordre, a indiqué lundi la police.
"43 carabiniers ont été blessés, dont 42 à Santiago", a déclaré le directeur général de la police, Alejandro Bernales.
Le chef de la police n'a pas précisé le nombre de personnes ayant été arrêtées à la suite de ces violences.
A Santiago, les opposants à Pinochet sont descendus par milliers dans la rue pour célébrer la mort de l'ancien dictateur, à l'âge de 91 ans. Des incidents, qui ont duré jusqu'à l'aube, ont éclaté dans la soirée à proximité du palais présidentiel lorsque la police a voulu arrêter une colonne d'un millier de manifestants qui célèbraient sa mort.
La police a utilisé des canons à eau et des grenades lacrymogènes tandis que les jeunes manifestants lançaient des bouteilles et des pierres sur les forces de l'ordre.
Puis les violences ont gagné des quartiers périphériques de Santiago, où les manifestants ont incendié des barricades et à au moins trois véhicules, selon des sources policières, qui ont fait état de coups de feu.
Des violences ont également été enregistrées dans une dizaine de villes du pays, dont Valparaiso.

Pinochet : 1915-2006

L'ex-dictateur chilien s'est éteint à 14h15, heure de Santiago, dimanche. Ses opposants ont célébré sa mort dans les rues de la capitale.Se pose aujourd'hui la question de ses funérailles : militaires ou nationales ?

Le général Augusto Pinochet est mort dimanche à 14h15 à Santiago à l'âge de 91 ans. Son décès tourne une page noire de l'histoire de son pays, auquel il a imposé l'un des régimes militaires les plus répressifs d'Amérique latine. L'ex-dictateur est décédé à l'hôpital militaire de la capitale où il avait été hospitalisé dimanche dernier après avoir été victime d'un infarctus du myocarde et d'un oedème pulmonaire. Il y avait été admis à nouveau hier, avant d'y mourir peu de temps après, entouré de sa famille.
Ses opposants, en apprenant son décès, sont descendus dans la rue pour célébrer sa mort. Des voitures se sont mises à klaxonner et une centaine de personnes se sont réunies sur la place d'Italie à proximité du centre de Santiago, lieu traditionnel des rassemblements dans la capitale. Agitant des drapeaux et sautant de joie, les manifestants - pour la plupart des jeunes - dansaient, chantaient et festoyaient au nom de la "libération du Chili", pendant qu'une vingtaine de sympathisants du dictateur éclataient en sanglots aux abords de l'hôpital. "Je suis très triste, bouleversée. Il nous a épargné une guerre civile", estime ainsi Gloria.
En Espagne, les partis de gauche et de droite ont regretté dimanche que l'ex-dictateur soit "mort dans l'impunité". "La mort de Pinochet est comme une métaphore de l'impunité des dictatures", a déclaré Gaspar Llamazares, coordinateur général de la coalition Izquierda Unida (communiste). Le porte-parole du Parti Populaire d'opposition (droite) pour les affaires internationales au Congrès, Gustavo de Aristegui, a qualifié Pinochet de "fléau pour son pays" et de "dictateur sanguinaire qui ne va pas être regretté".
En France, Me Sophie Thonon, qui défend des familles de disparus français, a exprimé dimanche sa "frustration". Pinochet "semblait aller mieux et [...] je m'étais dit qu'il pouvait encore vivre quelques mois voire quelques années", le temps d'être jugé. Mais "c'est aussi un très grand sentiment de colère contre cette justice française, chilienne, et celles d'autres pays qui n'ont pas pris la mesure du temps et jugé Pinochet avant son décès".
Quelles funérailles ?
C'est à présent la question des funérailles qui se pose. La semaine dernière, la présidente socialiste Michelle Bachelet avait fait savoir que l'ancien dictateur aurait des funérailles militaires et non pas des obsèques nationales comme le réclamaient ses derniers partisans. Elle-même a été emprisonnée avec sa mère sous la dictature de Pinochet en 1975 et son père, un général d'aviation, a été torturé à mort par la police politique. (AFP et AP)

Pinochet nous a tous meurtris

Jean-Paul MarthozDirecteur éditorial de la revue « Enjeux internationaux »
L e 12 septembre 1973, au lendemain du coup d'État du général Pïnochet, j'étais à l'Escorial, alors que Franco régnait encore sur l'Espagne. La nouvelle était tombée comme un obus sur cette bourgade endormie proche de Madrid.
Dans un bar étrangement silencieux, un enseignant qui, la veille, m'avait offert la revue d'opposition Triunfo, feuilletait nerveusement la presse franquiste en se pinçant le nez. En face du palais municipal, les gardes civils plastronnaient comme s'ils avaient de nouveau gagné la guerre civile. Sur un banc, un passant avait abandonné le quotidien conservateur ABC sur lequel il avait griffonné : « Fascistas ! »

Dans les jours qui suivirent, des photos vinrent illustrer le drame d'un pays brusquement assujetti : Pinochet, la moue arrogante, le regard masqué par des lunettes noires, entouré de ses généraux factieux ; Allende, casqué, la mitraillette en bandoulière, scrutant le ciel. Ces clichés en noir et blanc allaient s'inscrire pour toujours dans ma mémoire, avec autant de force et d'émotion que l'assassinat de John Kennedy à Dallas en 1963 ou l'entrée des chars soviétiques à Prague en 1968.
Les années précédentes avaient été lourdes en Amérique latine. En 1968, à la veille des Jeux olympiques de Mexico, des centaines d'étudiants avaient été abattus par l'armée sur la place des Trois Cultures, fauchant les épis de la liberté. À Cuba, les dissidents et les mal-pensants étaient condamnés à de lourdes peines de prison. Ce 11 septembre 1973, dans le fracas des avions Hunter bombardant le palais de La Moneda, dans le vrombissement des chars sur l'asphalte, de nouveau, un espoir se fracassait.
C'est dans ce télescopage tragique entre une génération avide de changement libertaire et le coup de massue dictatorial que s'explique en partie le caractère emblématique de Pinochet. Dictateur brutal, militaire félon, fraudeur et menteur, il aurait pu se fondre dans l'histoire mouvementée de l'Amérique latine, se gommer comme Trujillo ou Stroessner de la mémoire mondiale de l'infamie. Or, s'il a moins tué que ses émules argentins Videla et Massera, il est devenu, pour tous les démocrates, la figure du Mal.
Le Chili est en bas du bout du monde, mais il est, depuis longtemps, comme le chantent Isabel et Angel Parra, « au centre de l'injustice ».
Dans les années 60, il avait suscité un intérêt inédit en Europe car il était devenu le « laboratoire du mouvement » dans une Amérique latine redécouverte par des intellectuels et des militants en quête d'un impossible rêve, lassés de la social-démocratie à la Guy Mollet et de l'Église à la Pie XII. Ses partis ressemblaient aux nôtres ; Santiago, avec ses deux Prix Nobel de littérature - Pablo Neruda, Gabriela Mistral - et ses cafés enfumés, ses fruits de mer et son tinto, ses loges maçonniques et ses curés rouges, semblait si proche et surtout bien plus excitante.
En 1964, le Chili avait élu le premier président démocrate-chrétien du continent. Eduardo Frei promettait « une révolution dans la liberté », avec l'appui des Etats-Unis et du PSC/CVP. Six ans plus tard, la victoire de Salvador Allende fut vécue avec intensité par la gauche européenne, en France surtout où François Mitterrand s'efforçait de rassembler les mêmes formations, socialiste, communiste et radicale, qui avaient constitué l'Unité populaire.
Durant les trois années d'Allende, l'expérience chilienne fut suivie comme un événement de proximité, comme si de la réussite ou de l'échec de la « voie légale vers le socialisme » allaient dépendre la victoire de la gauche en France, la chute de Franco en Espagne et le rassemblement des progressistes en Belgique.
Allende portait les espoirs de tous ceux qui voulaient réconcilier la lutte pour la justice sociale et la défense des libertés. Il prônait une diplomatie multipolaire et non alignée.
Il était dès lors beaucoup plus dangereux pour les milieux conservateurs latino-américains que Fidel Castro qui, par son autoritarisme et son alignement prosoviétique, avait perdu une bonne part de son attrait. L'hostilité hargneuse de l'administration Nixon, déshonorée par son cynisme et sa corruption, ne fit qu'accroître le prestige d'Allende et l'enjeu de son pari de transformer son pays par la voie démocratique.
En Europe, le Chili se convertit en un affrontement par procuration entre progressistes et conservateurs, Olof Palme contre Margaret Thatcher. Ses tumultes provoquèrent même des conflits à l'intérieur de chacun de ces camps : les démocrates-chrétiens se divisèrent entre complices du coup d'État et partisans de la légalité ; la gauche se polarisa entre les modérés qui voulaient transar (négocier) et les radicaux qui voulaient avanzar (accélérer sur la voie de la révolution).
Aux Etats-Unis, où Henry Kissinger s'était exclamé : « Je ne vois pas pourquoi nous devrions rester passifs et regarder un pays passer au communisme à cause de l'irresponsabilité de son propre peuple », les démocrates « libéraux », Edward Kennedy, Frank Church, s'opposèrent aux complots de leur gouvernement car ils y voyaient, comme dans le scandale du Watergate, une remise en cause de valeurs essentielles de l'Amérique.
Les liens qui se tissèrent à l'époque entre les milieux progressistes européens et leurs « correspondants chiliens » créèrent une intimité exceptionnelle avec la tragédie qui frappa en septembre 1973.
À Paris et Bruxelles, les socialistes, la gauche chrétienne, les communistes, les libéraux-démocrates, vécurent le coup d'État non seulement comme l'assassinat d'une immense espérance mais aussi comme une attaque contre des compañeros.
À côté de la sinistre photo de Pinochet, beaucoup gardent aujourd'hui encore dans leur mémoire meurtrie des images tristes d'amis persécutés ou disparus. Et leur regard se brouille quand ils repensent à ces rencontres fortes dans une taverne de Santiago, autour d'une mélodie de Violeta Parra. Lorsqu'ils pouvaient encore chanter avec elle : Gracias a la vida, que me ha dado tanto. Merci à la vie qui m'a tant donné, le rire et les pleurs, des plages et des déserts, des montagnes et des plaines, et la voix si tendre de mon bien-aimé...

Négus rouge coupable de génocide

L'ancien dictateur éthiopien Mengistu Haïlé Mariam, reconnu par contumace coupable de génocide par la justice de son pays, a été à l'origine de milliers d'assassinats lors de la période dite de la Terreur rouge, de 1977 à 1978.
Agé de 69 ans, celui qui est entré dans l'Histoire sous le sinistre surnom de "Négus rouge" a quitté l'Ethiopie en mai 1991 pour le Zimbabwe, où le président Robert Mugabe lui a accordé l'asile.
Le colonel Mengistu, qui risque la peine de mort, a été reconnu coupable mardi de génocide, homicide, détention abusive et confiscation de biens. La sentence définitive pourrait être prononcée le 28 décembre. Il avait pris la tête du régime militaro-marxiste éthiopien, le 3 février 1977, lors d'un coup d'Etat sanglant qui lui assurait le contrôle du Conseil militaire d'administration provisoire (DERG), groupe d'officiers dirigeant le pays depuis la chute de l'empereur Hailé Sélassié, en 1974.

Les deux années qui suivirent (1977-1978), connues sous le nom de "Terreur rouge", furent marquées par de nombreuses arrestations et des milliers d'assassinats dans le pays.
Depuis 1994, les responsables au pouvoir pendant cette période sont jugés en Ethiopie, nombre d'entre eux en leur absence. Chef de l'Etat, chef des Forces armées, secrétaire général du Parti des travailleurs d'Ethiopie (PTE), Mengistu fut officiellement confirmé en tant que président de la République démocratique populaire éthiopienne en septembre 1987, après avoir quitté l'armée.
Sérieusement menacé en février 1991 par une offensive coordonnée des rebelles du Front populaire du Tigré (FPLT) et du Front populaire de libération de l'Erythrée (FPLE), il avait offert sa démission en avril, si son départ pouvait sauvegarder l'unité du pays. Né en 1937 à Wallayata, Mengistu Haïlé Mariam sort en 1966 de l'école des cadets d'Holetta. Militaire de carrière comme son père, il fait un bref stage aux Etats-Unis.
Après avoir participé, dès 1960, à une révolte contre l'Empereur, il devient délégué au comité de coordination des forces armées d'Addis Abeba, quand éclate la révolution, en février 1974. Il a la peau sombre, la moustache drue. Nombre d'Ethiopiens se souviennent de ses harangues sur la place de la Révolution (redevenue aujourd'hui Meskal Square, la place de la croix), au coeur d'Addis Abeba, et des défilés militaires interminables qu'il y organisait.
Considéré comme le cerveau de la révolution, membre dirigeant du DERG dès le début, il renverse en 7 mois le plus vieil empire du monde. Pour parvenir au pouvoir, il fait preuve d'une redoutable habileté politique et d'une intransigeance brutale envers ses opposants. Après l'assassinat du chef de l'Etat éthiopien, le général Teferi Bante, en février 1977, Mengistu est président du conseil des ministres et du Conseil militaire.
De fait, il est le chef de l'Etat. Soutenu par le camp pro-soviétique dans le conflit avec la Somalie dans l'Ogaden (est), puis confronté à la rébellion nationale érythréenne, il signe une alliance avec l'URSS en 1978 et crée le parti marxiste-léniniste PTE en septembre 1984. De 1983 à 1984, il préside l'Organisation de l'unité africaine (OUA), basée à Addis Abeba.
En mai 1989, il réprime une tentative de coup d'Etat en faisant exécuter 12 généraux. En 1990, il annonce de nouvelles orientations libérales destinées à sortir l'Ethiopie du désastre économique et de la guerre civile. Il tente, parallèlement, un rapprochement avec les pays occidentaux, après avoir renoué les relations diplomatiques avec Israël.
Le président Mugabe, un proche de longue date, lui a accordé l'asile politique en 1991 et a refusé son extradition vers l'Ethiopie. L'ancien chef d'Etat éthiopien, marié et père de famille, a échappé à une tentative d'assassinat en 1996 à Harare.
(D'après AFP)