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05 avril 2008

Huy : vrais tracts, faux rapport

Le PS de Huy a escamoté un rapport sur l'affaire des tracts électoraux distribués pendant les heures de service. Trop compromettant pour le clan Lizin ? Au ministre Courard d'apprécier. Ou de transmettre à la justice.
Aujourd'hui, le ministre Courard doit établir la part du vrai et du faux. Joli capharnaüm ! A Huy, Lizin a été désavouée par d'autres mandataires socialistes, et des médiateurs du parti peinent à colmater les brèches. L'allié libéral se tait malgré les mâles appels du président Didier Reynders, qui prétend « mettre fin à la gestion calamiteuse d'Anne-Marie Lizin ». Quant à l'opposition Ensemble (CDH - au pouvoir avec le PS à la Région wallonne -, Ecolo et indépendants), elle met de l'huile sur le feu en évoquant la manipulation et le maquillage des faits.
Tous, majorité et opposition confondues, ont été réunis au sein d'une « commission spéciale » créée par le conseil communal de Huy, voici deux mois. Objectif : aider Courard. Le lundi 25 février, les uns et les autres (4 PS, 1 MR et 3 Ensemble) se retrouvent une sixième fois pour peaufiner un texte dense, alignant des faits et des déclarations. Entre les lignes de ce document que nous avons pu lire, portant la griffe du secrétaire communal Michel Borlée (étiqueté PS), les constatations sont sévères. Sur les tableaux de présence, des agents communaux se sont contredits de manière flagrante. Ils indiquent avoir travaillé... à l'heure où ils distribuaient des tracts entre le 4 et le 8 juin 2007. Pour les mêmes heures prestées, des feuilles de récupération sont aussi évoquées, alors qu'on n'en trouve aucune trace matérielle.
Le rapport en question était-il trop dangereux pour l' équipe » Lizin ? Trop compromettants, les passages laissant entendre que le secrétariat personnel de la bourgmestre battait le rappel des troupes ? En quelques heures, le mardi 26 février, le PS change alors de version. L'entourage de Lizin recycle en solo un autre texte, accepté du bout des lèvres par le commissaire MR... brillant par son absence le jour de l'ultime réunion de conciliation. Cette version d'inspiration socialiste est plutôt édulcorée : « La commission ( sic ) ne constate aucune volonté manifeste d'irrégularités dans quelque service que ce soit. » Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes...
Entre les deux copies, le ministre Courard jugera. Il peut sanctionner Lizin : une suspension allant jusqu'à trois mois, voire la déchéance de son mandat de mayeur, « si une inconduite notoire ou une négligence grave peut être démontrée » ; mais cela paraît excessif. A l'inverse, il peut s'en laver les mains, au risque d'apparaître complaisant. Ou... transmettre le brûlot à la justice. Parmi les pièces d'un dossier qui s'étoffe figure ce SMS d'un agent communal, apeuré, à son patron : « Dois-je dire la vérité ? » Philippe Engels
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16 février 2008

Huy : nouvel abus du PS

Il a utilisé un bus de la Maison des jeunes
HUY Les membres du conseil d'administration de la Maison des jeunes de Huy ont découvert plusieurs casseroles. L'existence de deux comptes problématiques dont un fantôme destiné à contourner la législation sur les marchés publics a été mise au jour. Mais ils se sont surtout rendu compte qu'un bus appartenant à la Maison des jeunes a été utilisé lors de la campagne électorale du PS durant l'année 2000. L'échevine PS Micheline Toussaint, qui en 2000 participait à la campagne de son parti en vue des élections communales, a confirmé que les craintes des administrateurs étaient bien réelles. "Nous avons bien utilisé ce bus qui appartenait à l'époque à la Maison des jeunes lors de la campagne pour les communales. Le bus a ensuite été revendu. En 2001, c'est un autre bus similaire qui a ensuite été utilisé", explique Micheline Toussaint. Cette dernière, qui est devenue le porte-drapeau de la dissidence PS hutoise, a été entendue mercredi soir par le facilitateur Collignon. Les trois autres membres du conseil communal qui ont décidé de prendre leur indépendance ont aussi été entendus à cette occasion. "On a confirmé que l'on restait bien PS et qu'il y avait des choses qui n'étaient plus acceptables à Huy. Nous lui avons dit que ce sont ces pratiques qui nous poussent à travailler autrement. Nous n'avons rien fait de mal. Nous avons juste pris nos distances", explique Micheline Toussaint. Quant au MR partenaire du PS au conseil, il a déclaré par la voix de la première échevine Isabelle Lissens, qu'il est temps que "le PS ramène ses troupes à la raison."

14 février 2008

Crise PS hutois : Christine Delhaise écrit à Elio Di Rupo

Christine Delhaise ne souhaite pas que "l'argent serve à payer des avocats dans le cadre des procédures que la bourgmestre Anne-Marie Lizin introduit ces derniers temps".

Christine Delhaise, l'échevine PS en charge des Affaires sociales à Huy, a adressé un courrier à son président de parti, Elio Di Rupo, pour lui demander que ses cotisations ne soient plus versées à l'union socialiste de Huy (USC)."J'ai expliqué dans ce courrier que je ne voulais pas que cet argent serve à payer des avocats dans le cadre des procédures que la bourgmestre (Anne-Marie Lizin, ndlr) introduit ces derniers temps", a expliqué Christine Delhaise qui continue à verser ses cotisations au fond socialiste fédéral. "Je ne tiens pas à me mettre en porte-à-faux. Je continue à verser mes cotisations. Mais, ce qu'il faut savoir, le fédéral rétribue les cotisations aux différentes fédérations qui elles-mêmes versent cet argent aux différents USC", éclaire Christine Delhaise. Cette dernière n'a pas encore reçu de réponse de son président. Lundi dernier, l'échevine avait déjà voté à l'encontre du mot d'ordre donné par son parti.Alors que Christophe Collignon débute son travail de facilitateur, la fronde se poursuit à Huy au sein du PS.

Lire aussi:Le collège hutois décide d'étendre le parc des Récollets

07 janvier 2008

L’opposition hutoise reçue par Courard

L’opposition « Ensemble » du conseil communal de Huy a été reçue au cabinet du ministre wallon Philippe Courard (PS), qui a la tutelle des communes, dans le cadre de l’affaire des tracts électoraux du PS. L’opposition est venue clamer son « souci de transparence », au lendemain de la prise d’acte par le collège communal du rapport rendu par le secrétaire communal qui était chargé de mesurer l’étendue des manquements. Elle l’a fait au cours d’un entretien d’une heure et demie où elle a pu expliquer au représentant du ministre ce qu’elle considère comme les lacunes de l’enquête opérée par le secrétaire communal, qui n’a interrogé que neuf personnes, a-t-elle relevé.

« Nous souhaitions pouvoir exercer notre devoir de contrôle du bon fonctionnement de la ville en examinant les pièces déjà disponibles, notamment tous les documents permettant de valider des demandes de congé durant la campagne électorale en vue du scrutin du 10 juin 2007 », a expliqué Denis Léonard, le chef de groupe Ensemble, à la tutelle.

Le groupe Ensemble avait obtenu ce rendez-vous en urgence après qu’un huissier eut constaté que le secrétaire communal refusait de lui laisser consulter les listings du personnel.

« L’examen des pièces du dossier nous a été refusé par le secrétaire communal en infraction avec la loi communale », poursuit Denis Léonard, qui qualifie la situation d’inquiétante. « C’est dans un souci de transparence et dans un esprit constructif que nous nous sommes rendus à Namur ce lundi. La rapidité avec laquelle nous avons pu obtenir ce rendez-vous témoigne de l’attention que le ministre porte à ce dossier », a-t-il ajouté.

Du côté de la tutelle, les observations des conseillers ont été notifiées. Mais c’est évidemment l’enquête qu’a demandée le ministre à son administration qui établira les responsabilités, fait-on remarquer.

Pour rappel, des employés communaux de la ville de Huy avaient à la suite d’une réunion organisée à partir du secrétariat de la bourgmestre Anne-Marie Lizin distribué des tracts électoraux au profit du PS durant la campagne pour les dernières élections fédérales.

04 janvier 2008

L'opposition hutoise a manifesté devant l'hôtel de ville

L'opposition Ensemble s'est postée devant l'hôtel de ville de Huy ce vendredi matin pour montrer symboliquement que les conseillers ne peuvent pas accéder aux listings des employés et assumer ainsi leur devoir de contrôle.

Au même moment, le secrétaire communal, Michel Borlée, commençait son enquête administrative en auditionnant les employés mis en cause dans le cadre de l'affaire des tracts électoraux du PS.Consultation refuséeAprès un arrêt devant l'hôtel de ville, l'opposition s'est rendue, en présence d'un huissier de justice, dans le bureau du secrétaire communal pour lui demander une nouvelle fois de consulter les listings. Cette consultation lui a été refusée. "J'ai constaté que les conseillers Ensemble ont demandé la consultation des documents et qu'ils ont enregistré un refus", explique Jacques Verpoorten, huissier de justice.Mauvaise habitudePour l'opposition, ce refus est contraire au code de la démocratie locale qui prévoit que "aucun acte, aucune pièce ne peut être soustraite à l'examen des membres du conseil". "Comme toujours, on essaie de nous cacher les pièces essentielles du dossier", s'insurge Philippe Charpentier, conseiller communal Ensemble. Le secrétaire communal n'est pas de cet avis. "Je me refuse de faire quoi que ce soit avant d'avoir contacté l'ensemble des chefs de service", a-t-il déclaré.Pour rappel, c'est la distribution de tracts électoraux du PS, à l'aube des élections fédérales, par des employés de la ville de Huy durant leurs heures de travail qui est mise en cause. L'échevine PS responsable de personnel avait pu accéder aux listings et avait remarqué que les employés cités n'avaient pas pris de congé ni de récupération au moment où ils militaient pour le parti socialiste.

Lire aussi: Courard diligente une enquête administrative sur l'affaire de Huy