Affichage des articles dont le libellé est Onkelinx. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Onkelinx. Afficher tous les articles

09 avril 2008

Onkelinx home-jackée

Des individus se sont introduits chez la ministre à Schaerbeek. Ils ont emporté une BMW 325i cabriolet
SCHAERBEEK Laurette Onkelinx, l'ex-ministre de la Justice, a été victime d'un home-jacking durant la nuit dernière ! Des malfrats se sont introduits par effraction par la porte d'entrée de son habitation située à Schaerbeek.
Pendant combien de temps ont-ils fouillé les lieux en toute impunité ? Impossible à dire puisque Laurette Onkelinx et son époux Marc Uyttendaele, célèbre avocat, ne se sont aperçus de rien. Ils dormaient tranquillement à l'étage. Ils n'ont été réveillés ni par l'effraction ni par le bruit de fouille. "Les faits se sont déroulés entre minuit et 8 heures du matin", nous confirme-t-on.
À leur réveil, au petit matin, ils ont compris ce qui s'était passé. Rapidement, le couple a constaté que les clés de la voiture de société de l'avocat avaient disparu. Quelques secondes plus tard... il fallait bien se rendre à l'évidence, les voleurs avaient bien évidemment pris la fuite à bord du véhicule. "La voiture, une BMW 325i, cabriolet bordeaux, a été signalée volée dès que nous avons eu connaissance du fait." Pour l'anecdote, la procédure a été ralentie un peu car Marc Uyttendaele ne connaissait pas le numéro de sa plaque minéralogique !
Il y a de fortes chances pour que la voiture soit déjà bien loin. Les malfrats, qui ont sans doute agi suite à une commande précise, ont eu largement le temps de quitter le pays puisque le vol n'a été constaté que le matin, vers 8 h.
Madame Onkelinx et son époux ont vu débarquer le laboratoire de la police. Bien évidemment, pour les enquêteurs de la Zone Nord, le statut de ces victimes connues ne change rien à la procédure. Et comme on dit, l'enquête se poursuit...

01 mars 2008

Onkelinx: ' Reynders entretient toujours la polémique'

Selon Laurette Onkelinx (PS), "pour être Premier ministre, il faut être un rassembleur", a-t-elle confié dans une interview à La Libre Belgique publiée ce samedi. Elle confirme l'existence d'un accord stipulant que c'est Yves Leterme qui doit devenir Premier ministre. "Il a commis de grosses gaffes, mais on a intérêt à le soutenir pour l'avenir de ce pays", ajoute-t-elle.
"Il faut être un rassembleur pour prétendre au 16"
D'après l'accord engrangé entre les cinq partis de la majorité (CD&V, Open Vld, MR, PS et cdH), "Yves Leterme formera le gouvernement puis deviendra Premier ministre. On a intérêt à respecter ses engagements sinon on va repartir dans une crise comme en juin dernier", prédit Mme Onkelinx.
L'actuelle ministre de la Santé estime que Didier Reynders a gâché beaucoup des chances qu'il a eues "parce qu'il entretient toujours la polémique". "Je pense qu'à un moment donné pour prétendre au poste de Premier il faut être un rassembleur. Il faut arrêter de vivre sans cesse dans la division et la polémique."

20 octobre 2007

Le PS tient un congrès

MAJ 20/10/2007

Onkelinx: "Les Flamands ne sont pas de la mérule"

"Je n'aurais tout de même pas traité mon père de champignon"


La ministre sortante de la Justice, Laurette Onkelinx (PS), dément avoir traité les Flamands de mérule. Dans des interviews accordées à plusieurs journaux flamands, elle clarifie ainsi ses déclarations tenues le week-end dernier lors d'un congrès de son parti. Elle précise que le PS n'apportera pas sa collaboration si une majorité des deux-tiers est requise pour une réforme de l'Etat.




Laurette Onkelinx conçoit mal que les Flamands pensent qu'elle aurait pu les comparer à de la mérule. Elle rappelle que son père, Gaston Onkelinx, avait en son temps déménagé du Limbourg vers Liège. "Je n'aurais tout de même pas traité mon père de champignon", ajoute-t-elle. Mme Onkelinx précise qu'elle a voulu décrire la stratégie flamande dans les négociations gouvernementales. Ne parvenant pas à aboutir à une réforme de l'Etat, les Flamands grignotent petit-à-petit l'Etat belge, selon la ministre.

Elle n'exclut pas que le train orange-bleu connaisse encore quelques ratés, "car Bruxelles-Hal-Vilvorde et la réforme de l'Etat ne sont pas encore arrivés sur la table. Pour le reste, je pense que l'orange-bleue parviendra à un accord, notamment sur le plan socio-économique. Mais ce sera un accouchement difficile et le bébé ressemblera quelque peu à un organisme génétiquement modifié".

Dans les quotidiens Het Nieuwsblad et Het Volk, la ministre ajoute que les socialistes francophones n'apporteront pas leurs voix à la majorité des deux-tiers requise pour une réforme de l'Etat. "A moins qu'on envisage un élargissement de Bruxelles. Alors nous acceptons", nuance-t-elle.

Laurette Onkelinx confie enfin être moins convaincue qu'il y a trois ans de la pérennité de la Belgique à long terme. "Je suis moins optimiste qu'avant, j'ai l'impression que cela ne va pas bien se passer", conclut-elle.


"La mérule flamande", selon Onkelinx

On croyait que la déshumanisation de l'autre était l'apanage exclusif des partis totalitaires. Les nazis traitaient les juifs de "cafards" et le Hutu power les Tutsis de "cancrelats". Voici maintenant la "mérule" un terme que, pour qualifier une communauté, on imagine mieux dans la bouche de Hitler que dans celle de madame Onkelinx ... qui devrait s'excuser de toute urgence. Car on veut croire qu'il ne s'agit que d'un très malheureux dérapage.

Pour la première fois depuis 20 ans, les socialistes se préparent à aller dans l'opposition. Mais une opposition sans concession selon Laurette Onkelinx.

Les huiles du Parti Socialistes ont tenu des discours cinglants. Ce dimanche à Liège, le PS a joué sur deux tableaux, voulant montrer qu'il gère bien partout où il est au pouvoir, dans les Régions et Communautés. Il veut aussi montrer, qu'écarté du pouvoir au Fédéral, il se prépare à mener une opposition forte à l'orange-bleue.

Laurette Onkelinx a été très forte à ce propos : « Il est fini le temps du silence ; notre rôle aujourd'hui en tant que première force d'opposition du pays, est de n'avoir aucune complaisance à l'égard de ces 4 partis qui ont pris la Belgique en otage, pour leur petit jeu mesquin. » Elle a qualifié les premiers accords de l’orange-bleue de "ponctuels" et de "réactionnaires".

La vice-Première ministre sortante a dénoncé les conséquences sociales de ce qui se négociait au sein de l'Orange bleue. Elle a également mis en garde contre les « concessions » faites aux partis flamands sur le plan institutionnel, soulignant que l'élargissement de Bruxelles était pour le PS « la plus importante » des revendications.
« Car si nous, francophones, Wallons et Bruxellois, voulons prendre notre destin en main, en être maîtres, que ce soit dans une Belgique qui persiste, ce que nous espérons évidemment, ou dans une autre configuration nationale, il faut que la Wallonie et Bruxelles forment un ensemble indissociable. Sur le plan économique. Sur le plan culturel. Mais aussi sur le plan territorial », a dit Laurette Onkelinx.
La chef de file du PS à la Chambre a épinglé dimanche l'ensemble des partis de l'orange bleue, le CDH, partenaire des socialistes dans les Régions et Communauté, n'étant pas épargné. C'est le « Tom-pouce écrasé par Goliath », a-t-elle dit.

Les socialistes belges francophones attisent la haine ethnique

Incroyable dérapage de Laurette Onkelinx, l’encore actuelle ministre de la Justice du Royaume : dans un discours prononcé dimanche, lors du congrès du PS, elle a stigmatisé la « mérule flamande » (la mérule est un champignon mortel pour les maisons) qui « est en train de travailler l’État fédéral et cela avec la complicité des francophones assis aujourd’hui autour de la table des négociations (les libéraux du MR et le centre du CDH, NDA). Il ne faut pas être naïfs. Les Flamands savent ce qu’ils veulent et plus rien ne les arrêtera. Ce qui se passe aujourd’hui est bien plus grave et bien plus inquiétant qu’une discussion institutionnelle ».Sur le constat, il n’y a rien à dire. Mais il y a les mots, des mots que l’on s’attend plutôt à trouver dans la bouche de l’extrême droite, pas de la gauche. Comment peut-on oser parler de « mérule flamande » ? Imaginez un instant que l’on remplace le mot « flamand » par « juif ». Vous y êtes ? Et confondre certains partis politiques flamands avec les « Flamands » en général est un glissement sémantique tout aussi grave. C’est un appel à la haine pure et simple. Et après cela, certains politiques belges osent accuser la presse internationale d’exagérer la gravité de la crise que traverse ce pays (127 jours sans majorité de gouvernement).
Précision: le discours, dont le verbatim a été rapporté par le journal Le Soir d'aujourd'hui, est le discours qui a été distribué à la presse par le PS. Mais, comme certains d'entre vous me l'ont fait remarquer, le mot "flamande" n'est pas repris sur le site d'Onkelinx. Curieux. J'ai donc appelé le journaliste qui a rédigé cet article, David Coppi, qui confirme bien que le mot n'a pas été prononcé à la tribune : "j'ai appelé Laurette Onkelinx pour savoir ce qui s'était passé. Elle m'a dit qu'au dernier moment elle avait omis ce mot à la tribune, car "peut-être que la première version pouvait être erronément interprétée comme une provocation contre tous les Flamands"". "Peut-être"? Sur le fond, cela ne change pas grand chose: le discours a été préparé à froid, ruminé avant d'être distribué à la presse. Le mal est fait. Onkelinx a fait un acte manqué en cassant elle-même le off...

Le PS sur la route de la radical-opposition

Laurette Onkelinx et la « mérule » flamande
Nous épinglions lundi le discours de Laurette Onkelinx au congrès du PS à Liège, et sa « mérule flamande », en train de « travailler l’Etat fédéral ». Cette formule figure dans son discours imprimé, livré à la presse. Mais à la tribune, la socialiste a réduit son propos : « La mérule est en train de travailler l’Etat fédéral ». La phrase amoindrie est aussi celle reprise sur son site internet. Nuance, donc. Même si l’écrit reste vrai. Contactée hier, Onkelinx explique qu’elle a modifié son discours à l’oral comme elle le fait naturellement sur d’autres points. Elle convient que « peut-être la première version pouvait être interprétée erronément comme une provocation contre tous les Flamands ». Elle maintient son raisonnement : « La stratégie politique flamande est en cause. J’avais parlé pour Leterme de la stratégie de la taupe. Il y a maintenant un travail plus sournois encore. Je pense à l’idée du “comité des sages” sur la réforme de l’Etat, à celle d’une réforme phasée, etc. Les francophones sont amenés à faire de petites concessions qui hypothèquent nos positions pour l’avenir, quand s’ouvrira la grande négociation avec la Flandre. D’où la mérule, champignon qui ronge les maisons. » Et la « cuillerée de sucre » évoquée par Bart De Wever (Le Soir d’hier), s’agissant du compromis BHV que les francophones devraient avaler : « Ça, c’est le mépris absolu ! » En fait de « dérapage », on retiendra celui du sénateur Alain Destexhe qui, sur son blog hier, pointant la socialiste et sa « mérule », a osé le lien avec… les nazis et leurs « cafards de juifs ». On vous passe le puissant raisonnement.


Analyse
Plusieurs déclarations témoignent d’une radicalisation du discours du PS, qui se fait dur, polémique. Il y eut, dimanche, au Palais des congrès à Liège, la « mérule » (« flamande » ?… lire notre encadré) de Laurette Onkelinx. Comme ses « quatre petits accords ponctuels et réactionnaires » engrangés par l’Orange bleue. Ou encore, « le MR qui a hissé la méchanceté au rang de raison d’Etat ».
Avant cela, jeudi dernier la vice-Première (en affaires courantes) et le président du PS, réagissant à l’accord sur l’asile et l’immigration entre libéraux et chrétiens-démocrates, avaient stigmatisé l’idée d’une « immigration choisie » en des termes ambigus, qui semblaient pouvoir dresser les travailleurs nationaux contre les immigrés : on n’était pas loin du fameux « plombier polonais » qui avait défrayé la chronique en France. Le PS prépopuliste ? Ils ont rectifié depuis. Dimanche, Laurette Onkelinx précisait sa pensée : « On va chercher la main-d’œuvre qualifiée dans le sud alors que pour son développement, le sud en a besoin justement. De plus, parallèlement, on fait pression à la baisse sur les conditions de travail ici, en ouvrant ce type de frontières. »

Comment expliquer cette radicalisation du discours ?1C’était écrit. Le Waterloo du 10 juin, où le MR est passé devant le PS en Wallonie – traumatisant – a été vécu principalement comme l’effet d’une longue « agression » de la part du parti de Didier Reynders, qui aurait instrumentalisé les « affaires » à des fins politiques.

Les interrogations subsistent sur la gestion de cette période au boulevard de l’Empereur, mais cette thèse de l’agression MR domine, de loin. Et entraîne la riposte : feu sur les libéraux, feu sur un gouvernement dont Reynders, dès le 11 juin, a voulu, publiquement d’ailleurs, qu’il soit celui marquant l’éviction des socialistes. Dans ces conditions…

Le PS a un boulevard, a priori : alliant MR, VLD et le cartel CD&V/N-VA, l’Orange bleue penche structurellement à droite. En sus, on est convaincu au PS que le « retour » de l’ex-CVP va s’accompagner d’une campagne silencieuse mais tous azimuts pour reconquérir l’appareil d’Etat et ses places d’influence. La menace serait telle (flamande, de surcroît) que l’opposition sans concessions est un devoir.

2. L’offre et la demande. Réélu en juillet dernier à la tête du PS, Elio Di Rupo est revenu de sa tournée des fédérations convaincu qu’il y avait une « demande » de radicalité « à la base ». Donc, il « offre ».

En plus, il y est poussé par Laurette Onkelinx.
La future cheffe de file PS au Parlement, privée de portefeuille ministériel à l’avenir, doit « exister » politiquement, et se glisse d’autant plus aisément dans son rôle de première opposante qu’elle n’a cessé, même au pouvoir pendant huit ans, de se montrer dure au combat. Voir la fameuse « alliance contre nature » avec les libéraux. Ajoutez que Laurette Onkelinx, c’est l’école Moureaux, qui ne renie pas la rhétorique marxiste, et se veut antagoniste. Le fameux : « Reynders, le ministre des rupins »… On en passe.
Et on ne paie rien pour attendre : le PS dans l’opposition ne lésinera pas.

3. Le grand écart. Un boulevard devant lui, le PS n’a pas pour autant la tâche simple : après vingt ans au gouvernement fédéral, et toujours à la tête des exécutifs régionaux et communautaire, comment faire en sorte qu’un discours d’opposition pur, dur, ancré à gauche toute, soit parfaitement crédible ?
Un exercice d’équilibriste. Sur le fil. Au PS, ils croient pouvoir négocier cette difficulté au pas de charge.

4. La gauche européenne. Le PS est le seul parmi les partis socialistes ou sociaux-démocrates en Europe à se positionner de la sorte. En Allemagne, en Italie, en France, le discours radical est endossé par des partis situés à sa gauche : Die Linke, Rifondazione, Besancenot… Voir l’élection de Walter Veltroni dimanche à la tête de la gauche italienne modérée et du nouveau « Parti démocrate », un leader qui exalte le modèle suédois et le… kennedysme.
Aux flancs du PS, Ecolo tient en partie le rôle de substitut « à gauche ». Mais en partie seulement. Le PS occupe seul l’essentiel du terrain. Alors, à gauche toute ? En inadéquation avec la praxis ?
Dans une interview au Soir le 12 juin 2006, Vincent De Corebyter, directeur du Crisp, estimait que pour le PS, « il s’agit moins d’évoluer que d’assumer et de théoriser le fait qu’on a évolué, et d’en tirer une ligne mobilisatrice »… Autrement dit : le PS s’est social-démocratisé, mais ne le dit pas, ou ne sait pas comment l’exprimer sans avoir l’air de larguer les amarres vers des terres trop inconnues, celles d’une « troisième voie » largement inexplorée, du ségolénisme centriste, du veltronisme kennedyen, tous balbutiant.


Le PS cinglant sur les négociateurs de l'orange bleue

La chef de file du PS au fédéral, Laurette Onkelinx, a fustigé dimanche l'attitude des partenaires de la future orange bleue et ses accords "ponctuels" et "réactionnaires". Le PS organisait dimanche à Liège son congrès de rentrée. "Concessions aux flamands"La vice-première ministre sortante a dénoncé les conséquences sociales de ce qui se négociait au sein de l'orange bleue. Elle a également mis en garde contre les "concessions" faites aux partis flamands sur le plan institutionnel, soulignant que l'élargissement de Bruxelles était pour le PS "la plus importante" des revendications. "Car si nous, Francophones, Wallons et Bruxellois, voulons prendre notre destin en mains, en être maîtres, que ce soit dans une Belgique qui persiste, ce que nous espérons évidemment, ou dans une autre configuration nationale, il faut que la Wallonie et Bruxelles forment un ensemble indissociable. Sur le plan économique.


Sur le plan culturel.
Mais aussi sur le plan territorial", a dit Laurette Onkelinx. Bruxelles-WallonieBHV a occupé une place centrale dans ce congrès de rentrée. Le président du PS, Elio Di Rupo, a mis en garde les partis flamands qui, en voulant supprimer BHV, veulent remettre en cause un des piliers de l'équilibre entre deux grandes communautés du pays. Le danger, a-t-il dit, est de voir, sur le plan territorial, les 900.000 Francophones de Bruxelles se transformer en une minorité parmi les 6,1 millions de Flamands, soit moins de 15%. "Rattachée territorialement à la Wallonie, la Région de Bruxelles-capitale permettrait aux Francophones bruxellois alliés aux Wallons de constituer une communauté francophone représentant plus de 40% de la population belge", a-t-il ajouté en substance.

cdH épinglé aussi

Dans un discours aux accents musclés, la chef de file du PS à la Chambre, Laurette Onkelinx, a épinglé l'ensemble des partis de l'orange bleue, le cdH, partenaire des socialistes dans les Régions et Communauté, n'étant pas épargné. C'est le "Tom Pouce écrasé par Goliath", a-t-elle dit. "Immigration choisie"Laurette Onkelinx a une nouvelle fois dénoncé la teneur de l'accord orange bleu sur l'immigration "choisie" qui, selon elle, va accroître les inégalités nord-sud. "Par contre, pour les vrais malheureux, on durcit les conditions du regroupement familial et de l'obtention de la nationalité". Cette semaine, le cdH a expliqué le contenu de l'accord à des institutionnels et à des ONG. "Ce ne sont pas les séances laborieuses d'explication du texte devant les ONG qui changeront quoi que ce soit: la gauche, l'humanisme y ont perdu dans cette galère", a asséné Mme Onkelinx. Soins de santéLa vice-première est également revenue sur le "clash" intervenu vendredi au sein du gouvernement sortant relatif à la détermination du budget 2008 pour les soins de santé. "Les libéraux, nous confondant sans doute avec leurs futurs partenaires, ont essayé de nous faire dire qu'augmenter le budget des soins de santé de 4,5% était un luxe, et qu'il fallait donc le diminuer. Pour eux, de nouvelles politiques en matière de soins de santé ne sont pas absolument nécessaires", a-t-elle souligné. "Mais des moyens nouveaux, est-ce un luxe pour celui qui a le malheur de souffrir d'un cancer, et qui voit les médicaments innovants hors de prix", s'est notamment interrogée la future chef de groupe à la Chambre. Le président du PS, Elio Di Rupo a pour sa part mis en évidence "le risque que font courir les libéraux de ne pas permettre la conclusion de la convention médico-mut" et dès lors de déréguler les honoraires des médecins. L'Absym a par ailleurs dénoncé cette semaine les mauvaises perspectives budgétaires qui s'annoncent et qui risquent de mettre en péril leurs revendications en termes d'honoraires. Le syndicat a menacé de faire reporter sur le patient le coût des augmentation tarifaires. "Sarko-show"Pour le président du parti socialiste, l'orange bleue semble suivre la voie tracée par le "Sarko-show" en France. "Revigoré", le PS a évoqué dimanche le prochain rendez-vous électoral de 2009. Le parti socialiste a appelé dimanche tous ceux qui se revendiquent de la gauche à devenir des "artisans du progrès". L'opération courra à partir de janvier et jusqu'en 2009 et même au-delà, a dit Elio Di Rupo. Van Cau absentA l'issue du Congrès, le PS a tenu dimanche un Bureau à Liège. A l'ordre du jour notamment, l'attitude du parti sur l'actualité institutionnelle et les négociations au fédéral ainsi que le pacte associatif en Communauté française. Jean-Claude Van Cauwenberghe n'était pas présent à Liège dimanche. Le député wallon, qui ne figure pas parmi les représentants proposés par la tutelle socialiste à Charleroi, ne siégera plus au Bureau. (belga)

Picqué : de graves tensions autour de BHV

Le ministre-président bruxellois, Charles Picqué, a indiqué dimanche lors d’un congrès du PS à Liège que la scission pure et simple de l’arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde aboutirait à de graves tensions dans le pays.
« Les rapports de force seront alors tellement déséquilibrés que cela amènera des tensions graves et inéluctables », a-t-il dit.

Charles Picqué a mis en garde ceux qui entendraient « se soumettre à des diktats sur la rupture de BHV (…), plier face aux De Wever, Dewinter et Dedecker ». Ceux-là « mettront une pierre de plus sur le mur qui enferme Bruxelles », a-t-il dit.

Le PS fustige les "réactionnaires" de l'orange bleue

Laurette Onkelinx dénonce les conséquences sociales de ce qui se négocie.

Les rôles avaient bien été répartis, dimanche, sur les bords de Meuse à Liège, là où le PS tenait son congrès : à Laurette Onkelinx, la future chef de l'opposition au gouvernement Leterme-Reynders, l'honneur de descendre, au bazooka, les maigres résultats engendrés par l'orange bleue. A Elio Di Rupo le soin de jeter les bases d'une réflexion en profondeur sur le Parti socialiste, une remise en question à laquelle le PS voudrait associer l'ensemble des forces progressistes.
Lutte des classes
Dans un discours très "lutte des classes", la chef de file du PS au fédéral, Laurette Onkelinx, a fustigé l'attitude des partenaires de la future orange bleue et ses accords ponctuels jugés "réactionnaires". La vice-Première ministre sortante a dénoncé les conséquences sociales de ce qui se négociait au sein de l'orange bleue. Elle a épinglé l'ensemble des partis de l'orange bleue, y compris le CDH, partenaire des socialistes dans les régions et Communauté. Pour elle, le parti de Joëlle Milquet n'est que le "Tom-pouce écrasé par Goliath". Ainsi, Laurette Onkelinx a-t-elle vertement dénoncé la teneur de l'accord orange bleue sur l'immigration "choisie" qui, selon elle, va accroître les inégalités Nord-Sud. "Par contre, pour les vrais malheureux, on durcit les conditions du regroupement familial et de l'obtention de la nationalité." Visant directement la présidente du CDH, Joëlle Milquet, qui avait organisé, vendredi dernier, un petit-déjeuner d'information à destination des responsables d'associations, elle a ironisé : "Ce ne sont pas les séances laborieuses d'explication devant les ONG qui changeront quoi que ce soit : la gauche, l'humanisme y ont perdu dans cette galère."
Laurette Onkelinx est également revenue sur le "clash" intervenu vendredi au sein du gouvernement sortant relatif à la détermination du budget 2008 pour les soins de santé. "Les libéraux, nous confondant sans doute avec leurs futurs partenaires, ont essayé de nous faire dire qu'augmenter le budget des soins de santé de 4,5 pc était un luxe, et qu'il fallait donc le diminuer. Pour eux, de nouvelles politiques en matière de soins de santé ne sont pas absolument nécessaires, a-t-elle souligné. Mais des moyens nouveaux, est-ce un luxe pour celui qui a le malheur de souffrir d'un cancer, et qui voit les médicaments innovants hors de prix ?", s'est interrogée la future chef de groupe à la Chambre.
Elle a également mis en garde contre les "concessions" faites aux partis flamands sur le plan institutionnel, soulignant que l'élargissement de Bruxelles était pour le PS "la plus importante des revendications. Car si nous, francophones, Wallons et Bruxellois, voulons prendre notre destin en main, en être maîtres, que ce soit dans une Belgique qui persiste, ce que nous espérons évidemment, ou dans une autre configuration nationale, il faut que la Wallonie et Bruxelles forment un ensemble indissociable. Sur le plan économique. Sur le plan culturel. Mais aussi sur le plan territorial", a dit Laurette Onkelinx.

Artisans du progrès
Se disant "revigoré", le PS a appelé tous ceux qui se revendiquent de la gauche à devenir des "artisans du progrès" et à proposer au PS des idées, des réflexions, des démarches politiques qui, une fois synthétisées par le PS, serviront de nouvelle ligne de conduite pour 2009 et les années suivantes. Le président, Elio Di Rupo, a lancé un appel "à toutes celles et tous ceux qui veulent faire bouger les choses".

Tirant profit des critiques qui lui reprochaient d'être trop influencé par "l es technocrates du boulevard de l'Empereur", Elio Di Rupo a souhaité que le parti se ressource et soit davantage sur le terrain, à l'écoute des citoyens, aux côtés des gens. "Je ne veux plus, a-t-il dit, d'une organisation pensée à partir du boulevard de l'Empereur, je veux partir de vos envies, de vos expériences, de vos préoccupations."

30 septembre 2007

Laurette Onkelinx au chevet d’Iris

La Vice-Première ministre socialiste Laurette Onkelinx, chef de file de l’opposition PS dans la commune de Schaerbeek, a été désignée ce lundi soir pour siéger au Conseil d’administration d’Iris, la structure en charge de la gestion des hôpitaux bruxellois.
Elle a été désignée ce lundi soir lors d’un vote à huis clos par le conseil communal de la Ville de Bruxelles pour y siéger.
Le vote s’est soldé par 25 « oui », 8 « non » et une abstention. Certains voient en elle la future présidente du Conseil d’administration, ce qui n’a jusqu’ici pas été confirmé officiellement. Au cours de la séance du conseil communal de la Ville, aucun représentant socialiste n’a voulu confirmer, ni infirmer cette hypothèse.

Dans l’opposition, le MR n’a pas caché que cette perspective ne l’enchantait guère. Sans préjuger des compétences de la Vice-Première sortante, le conseiller communal Jacques Oberwoits a jugé « inimaginable que la Ville de Bruxelles soutienne et encourage la candidature de Laurette Onkelinx pour succéder à Yvan Mayeur à la tête des hôpitaux publics bruxellois ».
Si cela devait se produire, on constaterait une nouvelle fois la perte énorme d’influence de la Ville dans les structures où elle est représentée, a-t-il commenté, en marge de la séance du conseil communal.
Il a rappelé, dans ce contexte, que 5 des neuf entités hospitalières du réseau, dont 4 à vocation universitaire, étaient gérées par la Ville et son CPAS et que le président d’Iris a toujours été un représentant de Bruxelles.
Pour lui, confier la présidence d’Iris à Laurette Onkelinx constituerait un désaveu pour les échevins socialistes Faouzia Hariche et Philippe Close.
Par ailleurs, le vote de lundi soir a conforté les candidatures de Jean-Pierre Closon et de l’échevin Christian Ceux pour représenter le CDH au sein de ce même conseil d’administration d’Iris. Pour le CD&V, ce sera Jean De Hertog.



24/04/07
IRIS ou la faillite du système social(iste)

Le constat est accablant ! IRIS, la structure faîtière des hôpitaux publics bruxellois, enregistre pour l’année 2006 un déficit budgétaire de 20 millions d’€. Au-delà des fluettes pertes annuelles, c’est tout un système employant plus de 9 000 personnes qui est, au nom de la gestion subjective d’un homme, menacé de faillite. Merci Yvan !

Qui ne tente rien n’a rien ! La création, en 1996, de l’association faîtière IRIS avait pour objectif de ramener l’équilibre financier des hôpitaux publics bruxellois à l’horizon 2000. Pour cela, la région et les communes injectèrent quelques quatre milliards d’€. Sept ans plus tard, l’heure de faire les comptes a sonné : 20 millions d’€ de perte ! On n’est pas rendus… Les raisons du gouffre ? On constate que la gestion du président d’IRIS, Yvan Mayeur, est menée de manière plus qu’intéressée, c’est-à-dire en laissant mourir une poignée d’hôpitaux, au profit d’un joujou, le CHU Saint-Pierre. Les ingrédients : parachutages, licenciements abusifs, décisions en dehors du bon sens, gestion occulte, etc. Une restructuration partisane, avec à la clé, le démantèlement volontaire de la structure complète d’IRIS. Recette d’un échec volontaire…
La sauce tomate
En 2004, le capitaine Yvan Mayeur est désigné au gouvernail d’IRIS. Soudainement, le poste d’administrateur-délégué du conseil d’administration disparaît. Pour combler ce manque, les rumeurs parlent actuellement de Pascale Perreta (Directrice du CASU et sbire d’Yvan, PS) ; de bon augure pour Mayeur, qui voit une bonne épine de contrôle s’enlever de son pied. Dès lors, le PS liquide et les fonctionnaires à la tête des hôpitaux son remplacés. Ainsi, à Saint-Pierre, M. Walraevens est remplacé par Mme Janssen (PS) ; à Bordet, M. Iemants est remplacé par Mme Janssen également ; et à Brugmann, M. Mercier est mis dehors au profit de M. Désir. Dans les faits, c’est le PS qui gère tout, puisqu’il truste les fonctions les plus importantes : les présidences des CA de Brugmann (Jean-Marie Amand, PS) et de Saint-Pierre (Faouzia Hariche, échevine bruxelloise très proche d’Yvan, PS), les présidences de Bordet (Robert Tollet, PS) et d’Iris-Achat (Camille Artois, PS après un passage chez Ecolo). Mounia Mejbar quant à elle, dont on ne rappellera pas les proximités avec le bel Yvan, se voit promue responsable de la comm’ d’IRIS.
Les temps étant difficiles, le directeur général de l’hôpital Brugmann, Daniel Désir (fils de George) se voit infliger trois commissaires/sbires du gouvernement qui prendront le pouvoir absolu, dont Nathan Klumeck (étiqueté PS) et Sophie Monnier (PS), du cabinet Demotte. Résultat : la gestion interne est complètement paralysée, et tout le personnel médical se révolte. Du côté de la Région, on se rend compte que la responsable d’IRIS au cabinet Picqué est hébergée dans un logement du CPAS des Marolles dont, faut-il le rappeler, le poste de président est occupé par Yvan Mayeur. Echange de bons procédés ?
Le poil dans la soupe
En septembre dernier, au grand malheur du clan Mayeur, un vieux singe…bleu est venu fourrer son nez dans la fourmilière. Jacques Simonet, pour un problème cardiaque, s’en était allé à l’hôpital Bracops, dans son fief anderlechtois. Il pu ainsi assister au démantèlement du service de cardiologie au profit du CHU Saint-Pierre, sans motif pertinent, mis à part les intérêts personnels de Monsieur Mayeur. Le résultat du transfert : les médecins sont partis à Erasme avec une majorité de leurs patients. Le CHU Saint-Pierre ne gagne finalement rien, et l’hôpital anderlechtois est dépouillé. Un exemple parmi d’autre de la gestion – occulte – made in Mayeur : depuis son arrivée, toutes les tractations ont été menée sans concertation officielle avec les pouvoirs locaux autres que la Ville de Bruxelles et son CPAS. Ensuite, le rapport d’activité de l’association n’a pas été déposé à la Commission Communautaire Commune depuis 2003, comme le règlement l’ordonne annuellement. Pour parer à la faillite de l’Institut Bordet, Mayeur évalue sa reconstruction à 80 millions d’€. Il s’avère actuellement que le chiffre de 140 millions serait plus juste. Une bagatelle pour la pomme de la Région. Au CHU Brugmann, les fournisseurs réclament du cash, de peur de ne jamais être payés. En contrepartie, Mayeur annonce la construction d’une aile supplémentaire au CHU Saint-Pierre, alors que des étages du nouveau bâtiment ne sont pas utilisés et que le taux d’occupation des lits est faible dans plusieurs services. Quant aux frais de représentation du président, ils se portent au mieux. Il se dit que le dernier CA d’IRIS aurait même décidé de les indexer ! Résultat, IRIS sud est à l’agonie, et le CHU Saint-Pierre en fausse bonne santé, ses comptes étant noyés dans la fusion avec l’Hôpital César De Paepe.
Pour éviter les tâches, le PS aurait également émis l’ordre de tenir les syndicats jusqu’aux élections… Traduction : toutes les réunions de concertation avec les syndicats se feront face à la direction d’un hôpital en particulier. Et pas de deux ! Les syndicats sont donc dans l’impossibilité d’interroger la structure faîtière…
Pourquoi tant d’acharnement de la part du président à favoriser Iris centre au détriment de Sud, et à mener sa barque au naufrage ? Même Charles Picqué avouait dernièrement se perdre dans « les méandres de la psychologie de M Mayeur ». Seule raison possible : si scission d’IRIS il y a, le CHU Saint-Pierre, son président Yvan Mayeur et la Ville de Bruxelles se tailleraient la part du lion. Où est la porte de sortie ? Selon un certain agenda caché, Laurette, au cas où elle succèderait à la ministre-présidence bruxelloise, injecterait les quelques dizaines de millions d’€ nécessaires pour boucher le trou (on remercie d’avance les contribuables de la Région bruxelloise), et rien ne changerait au niveau de la gestion. Rendez-vous dans cinq ou dix ans pour le même problème.

14 mai 2007

Armand De Decker fustige le laxisme d'Onkelinx

Ce midi dans l'émission Controverse de Pascal Vrebos sur notre chaîne, le ministre sortant Armand De Decker (MR) a imputé la responsabilité de la non-application de nombre de peines à Laurette Onkelinx, ministre de la Justice. Il affirme que plus aucune peine n'est appliquée aujourd'hui en ce qui concerne des milliers de dossiers pénaux, en raison d'un dépassement du délai raisonnable et que cette situation a été causée par Mme Onkelinx à qui il reproche d'avoir été incapable d'informatiser son département. Réponse de la ministre PS : « Mensonge et démagogie ».
Lors du débat consacré à un possible effet Sarkozy chez nous, Armand De Decker a chargé Laurette Onkelinx, sur foi d'un "rapports de la magistrature" : « ... peut-être est-ce dû au fait que vous n'êtes pas parvenue à informatiser correctement le département de la Justice, il y a des milliers de dossiers pénaux aujourd'hui, ce qui n'existait pas il y a dix ou quinze ans, qui arrivent tellement tard devant les juridictions correctionnelles, qu'on fait une déclaration de culpabilité mais qu'on n'applique plus aucune peine parce que le délai raisonnable est passé. » « Je veux bien qu'on fasse dans la démagogie, nous n'en avions pas l'habitude », a regretté Laurette Onkelinx, précisant : « Ca, c'est l'effet Sarkozy, ça ne va pas. On ne peut pas mentir. » Le duel a continué de la sorte, M. De Decker répondant à la ministre qui venait de mettre en cause ses compétences en matière de justice, soulignant qu'il n'avait jamais abordé le sujet en 4 ans : « D'autres membres l'ont fait (...) M. Reynders est venu régulièrement (...) On a eu dans le temps la loi sur la justice accélérée, faite par votre prédécesseur, et que vous n'avez jamais mise en oeuvre". Réponse de Laurette Onkelinx : « Arrêtez! Vous ne connaissez pas votre dossier, c'est la Cour d'arbitrage qui l'a annulée. » Armand De Decker reconnaissant que la ministre de la Justice avait raison sur ce point mais soulignant qu'elle aurait dû proposer autre chose pour régler le problème.
L'attitude agressive du ministre sortant libéral à été désapprouvée tant par Jacky Morael (Ecolo) que par Melchior Wathelet (cdH), également présents.

Au PS, Flahaut a levé Lelièvre

L'ex-Délégué général aux droits de l'Enfant, Claude Lelièvre, sera sur la liste PS dans le Brabant wallon.S'il est élu, il promet d'être "le poil à gratter" socialiste.
portrait de candidat
Il se mitonnait une petite retraite paisible, la maison de vacances en Espagne n'attendait que lui et, récemment, il s'était mis au golf, arpentant avec ferveur les greens du Brabant wallon. Camarade, t'embourgeoiserais-tu ?, la Croix de Grand officier de la Couronne à peine accrochée à la veste, "Soeur Emmanuelle l'a été avant moi, ça a fait plaisir à maman", se justifie-t-il, mais qu'on se le dise, le temps du farniente n'est pas (encore) venu pour Claude Lelièvre, ex-Délégué général aux droits de l'enfant en Communauté française.
Le premier à dégainer son téléphone fut le "véritable ami" André Flahaut : "Tu ne vas quand même pas partir à la retraite comme cela ?", glisse le baron socialiste au Nivellois, il y a quelques mois, flairant l'imparable coup médiatique. "Viens donc sur ma liste". Lelièvre hésite, Di Rupo enfonce le clou, le prie de rejoindre sa famille de coeur. "J'ai toujours été socialiste de conviction, concède Claude Lelièvre. Mon père était un militant, on débattait à la maison, André Cools est passé chez nous". Mais là, il hésite : qu'a-t-il encore à prouver ?, lui demande sa femme. Déjà, il y a quatre ans, "un autre ami" (Louis Michel) avait tenté le débauchage pour le compte des troupes libérales. Et avait essuyé un refus : "J'avais encore pas mal de choses à accomplir comme Délégué aux droits de l'enfant", dit-il .
C'est le soldat Flahaut, donc, qui rafle la mise et aura la chance de voir figurer l'une des moustaches les plus célèbres de Belgique sur sa liste le 10 juin prochain. "Mais, embraye Lelièvre, je serai dernier suppléant, c'est une condition que j'ai posée à André Flahaut : si les gens veulent que je siège à la Chambre, il faudra donc qu'ils votent massivement pour moi".
Et le voilà, à 62 ans, au cinquième étage d'un bâtiment du centre de Bruxelles qu'il s'apprête à quitter, ouvrant les unes après les autres les portes des bureaux de ses collaborateurs aux droits de l'enfant avec un air de bon-papa gâteau, marquant un temps d'arrêt, couvant du regard la "dernière recrue" Jean-Denis Lejeune. La nostalgie, camarade ? Une page se tourne, une vie consacrée à défendre les plus petits, les plus fragiles. Dans un coin du bureau, trois canapés, "c'est tellement difficile, souffle-t-il, le regard un peu hagard, d'écouter les gosses qui viennent s'asseoir. On est comme une éponge, on absorbe des tonnes de malheurs. J'ai besoin de répit".
En 1968, il est éducateur pour jeunes à Braine-le-Château, puis assistant social, "tolère la fugue des gamins en détresse", se heurte à une hiérarchie légaliste. 1980, Philippe Moureaux préside la Communauté française, on a une mission pour Lelièvre, créons un centre fermé pour jeunes délinquants, dit Moureaux. Ce sera l'IPPJ de Braine-le-Château, "10 places à l'époque, 40 aujourd'hui", observe Lelièvre.
1988, il intègre le cabinet de "Flupke Moustache" pour plancher sur la "déjudiciarisation" de l'aide à la jeunesse". "La délinquance des jeunes, constate-t-il, c'est avant tout l'échec de l'aide à la jeunesse, l'échec de la famille, l'échec de l'école". Tout se tient : "On ne peut se permettre de saucissonner l'aide à la jeunesse".
Laurette Onkelinx (PS) entend la refédéraliser : "C'est une position théorique qui ne tient pas la route, peste-t-il contre la capitaine socialiste. On ferait mieux d'allouer de nouveaux budgets à la Communauté française. Je l'ai dit à Di Rupo, je voterai contre si ce dossier vient sur la table et que je suis député".
En 1991, Lelièvre est nommé Délégué aux droits de l'enfant, la fonction est flambant neuve, il mène ses troupes à la bataille. Son heure de gloire, d'ailleurs, n'est pas loin, les parents Russo et Lejeune l'appellent à la rescousse écoeurés par les virages d'une justice désincarnée. Lelièvre sera de l'enquête, il sera de la "marche blanche", et la commission Verwilghen le blanchira : "Vous, vous avez travaillé correctement", lui dira-t-on. "On me demandait des autographes en rue", se souvient-il. Son mandat est renouvelé, son équipe étoffée, ses pouvoirs élargis. Mission accomplie, le flambeau peut-être transmis.
Ses cartons regorgent de projets et, notamment, les deux plus beaux d'entre eux, ses deux enfants, ses deux petits enfants. Puis, s'il est élu, il siégera à la Commission justice.

29 avril 2007

Nomination / Annulation

IBPT décapité

L'Institut belge des postes et télécommunications va devoir se séparer des trois membres de son conseil de direction, Catherine Rutten (Open VLD), Michel Van Bellighem (MR) et Georges Denef (PS), comme va bientôt le confirmer le Conseil d'Etat sur base d'un avis de l'auditeur en charge du dossier, indique samedi La Dernière Heure. La raison: une erreur de procédure dans leur nomination qui date de 2003. Au delà de ce couac, c'est le principe des nominations politiques qui est mis en cause, souligne le quotidien. L'affaire a débuté lorsqu'un fonctionnaire de l'IBPT, candidat à l'un des postes au Conseil, est évincé. Celui-ci introduit alors une requête auprès du Conseil d'Etat. Selon le requérant, les jurys mis en place pour évaluer les compétences des trois lauréats n'étaient pas conformes. Au lieu de faire passer les candidats francophones devant un jury francophone et les néerlandophones devant un jury néerlandophone, il aurait fallu les traduire, chacun, devant les mêmes évaluateurs. (GFR) ./.

La ministre de la Justice Laurette Onkelinx a retiré par un arrêté l'acte de désignation de Jean-Claude Elslander comme procureur du Roi. La raison principale de cet acte ? Cette nomination risquait d'être annulée par le Conseil d'Etat.

Nommé le 11 novembre 2002, le retrait de l'acte de cette nomination a pour effet immédiat de revenir à la situation initiale. A l'époque Jean-Claude Elslander était à l'instruction à Nivelles, il redevient donc juge. Mais l'arrêté de la ministre entraîne d'autres effets. Le premier étant qu'il faut recommencer la procédure devant le Conseil supérieur de la Justice.
Le second, qu'il faut rapidement pourvoir à l'intérim de la fonction en attendant la candidature bis qui sera proposée d'ici quelques mois par le Conseil supérieur. Pratiquement, tout semble avoir été concerté avec le parquet général pour éviter de perturber le bon fonctionnement de l'Institution.

Ce sera donc le doyen des substituts à Nivelles, Alfred Hachez qui devrait assurer l'intérim au moins jusqu'en novembre, date de son départ officiel à la retraite. Sur le fond du dossier, on se rappellera que c'est le recours introduit devant le Conseil d'Etat par un candidat non retenu en 2002 qui est à l'origine de ce poto-poto juridique.

Récemment l'auditeur du conseil d'Etat avait reconnu fondé, 5 moyens de défense sur les 7 invoqués. Tout indiquait donc que le Conseil d'Etat aurait pu orienter sa décision définitive en faveur du plaignant. L'arrêté récent de la ministre, annulant la désignation, annule donc aussi du même coup la procédure devant le Conseil d'Etat, ce qui prive le plaignant d'une possible et probable victoire juridique. Il n'est donc pas exclus qu'il introduise cette fois un nouveau recours contre l'arrêté de la ministre...

23 avril 2007

Onkelinx et Flahaut sacrifient les MRD

La Sûreté attendra un peu plus ses méthodes de recueil des données. Les ministres jouent l'élégance, mais ce n'est que partie remise.
Sur proposition de Laurette Onkelinx (Justice) et d'André Flahaut (Défense), le Conseil des ministres avait adopté le 19 janvier dernier l'avant-projet de loi relatif aux méthodes de recueil des données (MRD), à mettre en oeuvre pour les services de renseignement et de sécurité. Les MRD ? Des méthodes, efficaces mais fort intrusives, destinées aux enquêtes de la Sûreté de l'Etat et de son homologue militaire, le SGRS, en matière de terrorisme, de prolifération nucléaire et d'espionnage.
Toutefois, si la nécessité de nouveaux moyens d'investigation n'était guère discutée, le danger virtuel pour les libertés individuelles l'était davantage. C'est que ces enquêtes peuvent, par exemple, passer par l'installation de micros et de caméras dans les domiciles, par l'immixtion à distance dans les systèmes informatiques, par la commission de délits pour asseoir la crédibilité des agents infiltrés.
Bref, malgré des consultations nombreuses lors de l'élaboration du texte, celui-ci restait donc en balance lors de sa discussion à la commission "justice" du Sénat (LLB 18/4), les jours passant sans dénouement. Or, les deux ministres socialistes, plutôt que de tenter de faire approuver le projet "aux forceps" ou "à la hussarde" (comme cela fut dit... malgré des mois de palabres), en ont discuté samedi à la faveur du congrès PS, a appris "La Libre". Et ils ont choisi l'élégance : laisser davantage de temps encore aux débats sur le sujet. Une décision qui découle aussi du climat électoral, qui rend difficile le vote serein de dossiers du genre, et du fait que la commission a d'autres priorités qui méritent aussi d'être traitées. Alors, plutôt que l'enlisement...
Dans l'entourage des deux ministres, on précise cependant que le travail déjà accompli - non négligeable, il est vrai - permettra de reprendre rapidement la discussion sous la nouvelle législature.

20 mars 2007

Brouillard en vue au PS

Création d'un comité spécial au PS bruxellois

Le congrès de la fédération bruxelloise du PS réuni hier soir essentiellement pour approuver la proposition de liste socialiste pour la Chambre dans l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde aura été marqué par deux faits politiques internes: la création d'un comité de déontologie et l'empreinte verte qu'a tenu à mettre en exergue le président de la fédération Philippe Moureaux.
A la suite du déballage public d'incidents internes qui ont marqué la campagne socialiste pour les élections communales à Schaerbeek, le congrès de la fédération a accepté la proposition de son président de mettre en place un comité de déontologie composé de trois personnes (la secrétaire d'Etat Françoise Dupuis, le président du Parlement régional Eric Tomas, et le député régional Mohammed Daïf). Ce comité sera chargé d'intervenir pour toute difficulté interne dont le saisirait tout membre durant la campagne en vue des législatives. L'objectif est d'étouffer dans l'œuf avant qu'elle ne prenne de l'ampleur, toute source de dissension interne. L'existence de ce comité ne remet pas en cause celle du comité de vigilance appelé à se prononcer selon une procédure plus lourde et plus longue après la formulation d'une plainte en bonne et due forme.
Le congrès a également mis en exergue l'opération d'ouverture tentée par le PS au milieu écologiste. Hormis la présence au congrès d'Henri Simons, ex-Premier échevin de la Ville de Bruxelles, qui figurera comme indépendant à la quatorzième place sur la liste socialiste du Sénat, Philippe Moureaux a annoncé la présence en bout de liste pour la Chambre du cinéaste Pierrot De Heusch, qui s'était présenté sur la liste Ecolo aux dernières élections communales à Uccle.Le congrès a enfin été mis à profit par la tête de liste Laurette Onkelinx pour marquer selon elle le fossé qui sépare les ailes socialiste et libérale du gouvernement fédéral, fruit d'une "alliance contre-nature".

18 février 2007

M. Flahaut opposé à des "camps de redressement" pour délinquants

MAJ 19/02/2007

Retour du service volontaire d'utilité collective

Le service volontaire d'utilité collective revient à l'ordre du jour. Le ministre de la Défense André Flahaut a indiqué dimanche, lors de l'émission Controverse sur RTL-TVI, sa volonté de faire progresser le projet dans les prochains jours.Une loi de 2003 vise la mise en place d'un tel service mais elle n'a jamais été exécutée.
Lors du débat dominical sur RTL-TVI, le ministre de la Coopération Armand De Decker a regretté la chose. André Flahaut a rétorqué que l'idée reviendrait à l'ordre du jour prochainement. "D'ici quelques jours, nous pourrons le remettre à l'agenda et le faire progresser", a-t-il dit rappelant que l'idée était d'offrir aux jeunes la possibilité d'exécuter un service d'utilité collective de façon encadrée. Lors de discussions préalables au sein du Conseil des ministres restreint, le contenu d'un projet d'arrêté royal avait déjà été présenté.
Il avait été dit que ce service volontaire serait ouvert aux jeunes de 18 à 25 ans, Belges ou originaires de pays de l'Union européenne, demandeurs d'emploi ou bénéficiaires du revenu d'intégration sociale.Les tâches qui pourront être effectuées par ces jeunes seront variées. André Flahaut avait cité des travaux au Fort de Breendonck, un apprentissage des métiers de la construction ou du génie ou encore l'entretien de tombes militaires. Le SUC devrait pouvoir être presté à l'étranger dans le cadre des missions de la défense nationale.La mise en oeuvre de la loi n'a pas abouti jusqu'à présent car il fallait vérifier "la bonne cohérence et la bonne coordination avec la législation", a indiqué dimanche le ministre de la Défense.

L’enseignement reste inégalitaire en Communauté française

Les ségrégations et inégalités entre les sections et les filières d’enseignement sur la base du statut socio-économique restent bien visibles en Communauté française, a souligné hier la ministre de l’Enseignement Marie Arena lors de la présentation de la première édition des «Indicateurs de l’enseignement» (2004-2005). «Plus on monte dans le degré d’enseignement, plus on trouve de familles favorisées. Il y a donc une nécessité de renforcer la mixité entre les écoles et de lutter contre les écoles ghettos, notamment par le biais d’une revalorisation du technique et du professionnel», a commenté la ministre.
www.enseignement.be

Le CDH demande plus de médiateurs


Réuni en forum ce samedi à Bruxelles, le CDH débat sur la violence et la résolution des conflits

La présidente du cdH, Joëlle Milquet, a lancé l'idée de faire pour les éducateurs, les formateurs et les médiateurs ce qu'on fait déjà pour les chercheurs, à savoir diminuer une partie du versement du précompte professionnel afin de pouvoir bénéficier d'un complément budgétaire important pour l'engagement de personnel supplémentaire.
Prenant la parole en conclusion d'un forum consacré par le cdH, samedi à Bruxelles, à la violence et à la résolution des conflits, Mme Milquet a souligné que la pacification des conflits et la réduction des violences seront l'un des enjeux majeurs de la prochaine législature et une des priorités du cdH.
Elle a insisté, comme l'avait fait avant elle la ministre de la Communauté française, Catherine Fonck, en charge de l'aide à la jeunesse, sur l'importance de l'éducation et de la formation ainsi que de la médiation.Le cdH plaide pour qu'on crée un vrai statut de médiateur avec une formation spécifique. C'est un secteur en pleine développement et celui-ci se fait parfois de façon anarchique. Il faudrait donc harmoniser les diverses initiatives afin que le citoyen s'y retrouve mieux, a dit Mme Milquet.
En matière de prévention, la présidente a rappelé que le cdH plaide pour les plans de prévention et de sécurité par quartier dans les grandes villes et par commune, et demande une réelle coordination des acteurs dans ce domaine.A ce propos, la ministre Fonck a annoncé qu'elle lancera prochainement une large consultation des communes afin de mieux coordonner les diverses initiatives en matière d'aide à la jeunesse. Ensemble, il est possible de faire plus et mieux tout en respectant les spécificités de chacun, a souligné Mme Milquet.
La présidente a aussi rappelé que le cdH veut une revalorisation du rôle de l'agent de quartier et une intervention plus rapide des services de police avec un délai d'intervention plus normé. Il pourrait être de 10 minutes maximum en zone urbaine et de 15 à 20 minutes en zone rurale.
Dans le cadre du débat sur la politique pénitentiaire, le cdH plaide aussi pour une réflexion approfondie sur l'efficacité des sanctions et défend la nécessité d'investir plus dans la formation et l'aide à la réinsertion des détenus.
Pour conclure, Mme Milquet a insisté sur le fait que la résolution des conflits serait un enjeu politique majeur de la prochaine législature et, dans ce cadre, elle a souligné qu'il faudra investir massivement dans des nouveaux métiers, des nouvelles fonctions d'accompagnement individualisé de personnes, qu'il s'agisse d'éducateurs et de formateurs pour les jeunes ou encore de médiateurs dans la vie quotidienne.
"Pour toutes ces fonctions essentielles parallèles à l'école qui remplace de plus en plus des fonctions clés de la construction d'un citoyen, nous aurons besoin de moyens plus importants. Nous proposons dès lors, dans le cadre de la prochaine législature, qu'on étudie des pistes et qu'on aille vers un système où, à l'instar de ce qui a été fait déjà pour les chercheurs, on exonère, pour ces fonctions, 50 pc voire 75 pc du versement du précompte professionnel afin de créer des marges budgétaires", a dit le présidente.
Elle a ajouté qu'il n'était sans doute pas possible budgétairement de prendre une telle mesure pour le salaire de tous les enseignants mais que cela doit être possible pour des fonctions d'encadrement comme les éducateurs et les médiateurs.

La caserne plutôt que la prison pour les jeunes délinquants

Le ministre de la Coopération Armand De Decker (MR) lance, vendredi, l'idée de la mise en place d'unités disciplinaires de l'armée pour accueillir les jeunes délinquants. Il évoque trois propositions qui "rejoignent le programme du MR".Après la mise sur pied d'un service civil pour les jeunes sur base volontaire qui existe depuis 2003 mais dont la loi n'a jamais été promulguée, Armand De Decker veut aller plus loin.

Il lance trois propositions avec l'objectif de discipliner les jeunes. Discipline"Lorsqu'on a supprimé le service militaire en 1992, on a improvisé. Finalement, on ne l'a remplacé par rien", souligne-t-il. Or, "la violence gratuite augmente", estime le ministre. "Avec le service militaire, les jeunes étaient confrontés à plein de choses. Ils apprenaient la discipline, l'hygiène, la solidarité interpersonnelle. On leur donnait une formation, un équilibre", estime M. De Decker. La première proposition prévoit d'"envoyer les délinquants violents qui ont perdu leurs valeurs de base dans des unités disciplinaires à l'armée". (...) "Et sous contrôle judiciaire, bien sûr, on pourra les rediscipliner".

M. De Decker envisage ensuite pour les jeunes de 17-19 ans l'instauration de stages civiques de 15 jours à différentes périodes de l'année scolaire. Volontaire"On y expliquerait nos institutions, on y enseignerait des règles de discipline et de respect des autorités". Ces stages seraient donnés par "le fédéral, les Communautés ou l'armée". Enfin, Armand De Decker veut "relancer l'idée d'un service civil ou militaire volontaire, pas obligatoire. Je l'ai instauré dans mon département", où des jeunes partent à l'étranger dans le cadre de la Coopération."Mais cela peut se faire chez nous: à la Protection civile, dans les CPAS ou à l'armée. Il suffit pour cela de réactiver la loi de 2003 qui a été votée mais jamais promulguée", dit encore M. De Decker. Au Mouvement Réformateur, on indique que "toutes ces idées n'ont pas encore été débattues", mais "leur philosophie rejoint le programme du MR".

7SUR7 SONDAGE: Comment punir les mineurs?


Le ministre de la Défense, André Flahaut, s'est déclaré vendredi fermement opposé au projet de son collègue de la Coopération au développement, Armand De Decker, de créer des unités disciplinaires de l'armée pour accueillir les jeunes délinquants.
"C'est une vieille idée teintée de nostalgie ressortie dans un moment de grande émotion", a affirmé M. Flahaut (PS) à l'agence BELGA en marge d'une réunion des ministres de la Défense de l'OTAN à Séville (Espagne). Il faisait allusion à l'émoi causé par la mort d'un jeune Ostendais, Bart Bonroy, tué samedi dernier d'un coup de poignard par un jeune homme de 18 ans, moins d'un an après celle de Joe Van Holsbeeck, mortellement agressé le 12 avril 2006 à la Gare centrale à Bruxelles.
"Je suis effrayé par ce genre d'idée, qui revient à créer des camps de redressement", a ajouté M. Flahaut, rappelant que les unités disciplinaires n'existaient pas au sein de l'armée belge. "Il faudrait d'abord les créer", a fait observer le ministre de la Défense. M. De Decker (MR) a fait cette proposition d'"envoyer les délinquants violents qui ont perdu leurs valeurs de base dans des unités disciplinaires à l'armée". (...) "sous contrôle judiciaire", pour les "rediscipliner" dans un entretien publié vendredi par le journal 'Le Soir'.
Il a également suggéré l'instauration de stages civiques de 15 jours à différentes périodes de l'année scolaire pour les jeunes de 17-19 ans, donnés par "le fédéral, les Communautés ou l'armée".
M. De Decker veut aussi "relancer l'idée d'un service civil ou militaire volontaire, comme celui qu'il a instauré à la Coopération eu développement, assurant que ces trois propositions "rejoignent le programme du MR". Son collègue de la Défense s'est dit surpris par ces propositions du MR, formulées à cinq mois des élections, soulignant que M. De Decker n'évoquait pas les questions de financement.
Il a aussi estimé que M. De Decker devait avoir été "distrait" en oubliant que des peines alternatives et des travaux d'intérêt général peuvent déjà être prestés au sein du ministère de la Défense, en vertu d'un accord passé avec la ministre de la Justice, Laurette Onkelinx (PS). "Nous sommes prêts à en accueillir davantage si les juges le souhaitent", a assuré M. Flahaut.

10 décembre 2006

Justice et le "plan Thémis"

Plan Thémis : des noms circulent

Le "plan Thémis" de réforme de l'appareil judiciaire dans le cadre duquel une Commission de modernisation de l'ordre judiciaire avait été instaurée en juillet dernier, devrait connaître une nouvelle avancée demain. Selon le quotidien Le Soir, le conseil des ministres devrait se pencher sur les différents postes prévus dans cette nouvelle institution.
L'hebdomadaire Trends-Tendance avance deux noms: celui d'Ivan Verougstraete, président néerlandophone de la première chambre de la Cour de Cassation, qui devrait devenir le président de la nouvelle commission, et celui de Jean-Paul Janssens, qui est actuellement l'artisan de cette réforme au sein du cabinet de la ministre de la Justice, qui deviendrait directeur adjoint.

Comment juger plus vite ?

Un avant-projet de loi a été approuvé en Conseil des ministres.Il vise à lutter contre l'arriéré, en rendant la procédure civile plus rapide.Les parties devront s'activer et les juges escargots seront sanctionnés.
Johanna de Tessières
Le Conseil des ministres a approuvé vendredi le projet de loi modifiant le code judiciaire en vue de lutter contre l'arriéré. Le but est de rendre la procédure civile plus rapide, en accélérant l'échange des arguments entre les parties et en déterminant dès le début un calendrier reprenant les grandes étapes de cette procédure. Mais aussi en sanctionnant d'une amende les acteurs du procès qui feraient inutilement traîner les choses. Et enfin, en exerçant un meilleur contrôle sur le délai mis par les juges à rendre leur jugement.
On peut distinguer deux grandes périodes dans une procédure : la mise en état, à savoir l'échange des pièces et des conclusions entre les parties, et le délai existant entre le moment où l'affaire est en état et le jour fixé pour l'audience. Le projet a pour ambition de réduire ces deux périodes.
Il entend aussi généraliser la fixation d'un calendrier précis et contraignant, depuis l'introduction d'un dossier au tribunal jusqu'au jugement. Ce calendrier prévoira les délais dans lesquels les conclusions des parties devront être échangées, de même que la date à laquelle l'affaire pourra être plaidée. Si ces délais ne sont pas respectés, les conclusions seront écartées des débats. Ainsi, le justiciable saura-t-il tout de suite quel jour son dossier pourra être plaidé sur le fond. L'avant-projet veut aussi privilégier le rôle actif du juge. La réforme prévoit que les parties devront lui communiquer leurs arguments et les pièces de leur dossier avant l'audience. De quoi lui permettre de préparer le dossier à l'avance et de profiter de l'audience pour poser les questions sur les éventuelles zones d'ombre.
Il sera, par ailleurs, désormais possible de sanctionner la partie ayant de manière délibérée fait traîner le procès ou nui à l'autre partie. Elle pourra se voir infliger d'office une amende d'un montant de 15 à 2 500 euros.
On sait que le code judiciaire prévoit que le juge dispose d'un mois à dater de la clôture des débats pour rendre son jugement. Mais ce délai est régulièrement dépassé. Actuellement, c'est le juge lui-même qui doit informer la hiérarchie judiciaire d'un retard éventuel. Or, cela ne se fait pas de manière systématique. Le projet de réforme prévoit que, chaque mois, le greffier devra présenter au président du tribunal une liste avec toutes les affaires pour lesquelles un jugement n'a pas été prononcé dans le mois.
Si le retard dépasse trois mois, le président sera tenu de convoquer le juge concerné et chercher avec lui la meilleure façon de résorber le retard.
Si nécessaire, une procédure disciplinaire sera entamée, avec à la clé, au minimum, une retenue sur traitement, d'un maximum de 20 pc du salaire pendant 2 mois.


"On peut parler d'effet d'annonce"

Le président de l'Ordre des barreaux ne croit guère à l'utilité de la réforme.
Pierre Corvilain est le président de l'Ordre des barreaux francophones et germanophone (OBFG). Le texte adopté vendredi, en deuxième lecture, au conseil des ministres le laisse plutôt dubitatif.
Que pensez-vous de cet avant-projet de loi ?
Rien de bon. Il s'agit une fois de plus d'un effet d'annonce et l'intitulé tonitruant du projet ne signifie pas grand-chose. En vérité, l'arriéré judiciaire n'existe plus guère qu'à la cour d'appel de Bruxelles et je ne suis pas certain du tout que le texte et les mesures qu'il comprend résoudront quoi que ce soit en la matière.
La volonté de la réforme est de sanctionner les parties qui voudraient freiner les procédures par des manoeuvres dilatoires. C'est plutôt une bonne idée...
Peut-être. Mais il existe déjà dans notre droit un arsenal de dispositions permettant de sanctionner tous ceux qui mènent des procédures vexatoires. Elles peuvent déboucher sur des dommages et intérêts que la partie responsable devra payer à la partie qui subit ces vexations.
Le principe de la répétibilité devrait aussi faire réfléchir ceux qui auraient l'envie de se lancer dans des procès inutiles. Faut-il ajouter à toutes ces mesures des amendes civiles ? Je ne crois pas que cela soit bon.
Ne faut-il pas cependant responsabiliser davantage les parties ainsi que les avocats qui les conseillent et les juges parfois taxés de lenteur ou d'apathie ?
Y réussira-t-on en multipliant les amendes ? Je n'en suis pas sûr. Et cela aura-t-il pour effet d'accélérer les débats ? Ce n'est pas certain non plus.
Exemple : il est actuellement possible de punir une partie qui interjette appel de façon abusive en lui infligeant une amende civile pour fol appel. Mais cela suppose une réouverture des débats, ce qui ne constitue pas nécessairement un gain de temps.
La détermination de sanctions matérielles telles que prévues par l'avant-projet nécessitera elle aussi des débats supplémentaires.
Je crois en outre que ces sanctions seront prononcées très, très rarement et n'auront donc qu'un très relatif effet dissuasif.

"Une réforme qui ne résoudra rien"

Jacques Englebert (ULB) doute que l'avant-projet permette de réduire l'arriéré judiciaire.Les syndicats des magistrats sont moins sévères, mais...
Jacques Englebert, avocat et maître de conférence à l'ULB, où il enseigne la procédure civile, doute de l'opportunité des mesures prévues par l'avant-projet au regard de l'objectif poursuivi.
Selon lui, le retard enregistré dans la mise en état d'une cause ne contribue pas à l'arriéré judiciaire. Lorsque les causes sont rapidement mises en état, l'arriéré judiciaire augmente, observe-t-il, dès lors que les cours et tribunaux sont dans l'incapacité de suivre le mouvement.
Me Englebert est d'avis qu'on ne peut demander au plaideur de faire un effort pour mettre rapidement la cause en état sans prendre en même temps les mesures qui s'imposent pour que ces causes puissent être plaidées et jugées sans délai.
Certes, ajoute-t-il, le projet prévoit que la date de l'audience aura lieu dans les trois mois de la communication des dernières conclusions. Mais, se rendant compte qu'il serait matériellement impossible de respecter ce délai, le législateur a trouvé un subterfuge consistant à préciser que le calendrier d'échange de conclusions sera arrêté en fonction de la date de l'audience. Où est le progrès, se demande Me Englebert ?
Il n'y a pas, poursuit-il, d'arriéré judiciaire lorsqu'une cause connaît un retard déraisonnable pour sa mise en état. Ce retard n'est d'ailleurs pas nécessairement préjudiciable au justiciable, estime Me Englebert, et le gouvernement oublie que toutes les causes ne sont pas vouées à être mises en état.
D'une part parce qu'une procédure en justice peut être introduite pour des raisons qui n'ont pas toutes pour finalité d'obtenir un jugement, d'autre part parce que les parties peuvent, d'un commun accord, s'accorder tout le temps qu'elles souhaitent pour mettre leur cause en état d'être plaidée.
Les retards dans la mise en état d'une cause, poursuit Jacques Englebert, ne posent problème pour le justiciable que lorsqu'ils sont provoqués par une partie alors que l'autre souhaite diligenter rapidement son procès. La loi du 3 août 1992 a donné, selon lui, à cette partie des moyens procéduraux pour contraindre son adversaire à procéder à une mise en état rapide et prévu l'écartement d'office des conclusions tardives.
La paresse aurait bon dos
L'avant-projet vise sans doute à améliorer encore la situation mais prétendre que la loi lutte par ce biais contre l'arriéré judiciaire constitue un leurre, dit Me Englebert.
Lequel n'est pas tendre non plus s'agissant des retards dans les délibérés. "Si pour certains magistrats, le retard dans les délibérés est la conséquence d'une absence de travail effectif, pour beaucoup d'autres, c'est uniquement le résultat d'une surcharge de travail et d'une complexité croissante de nombreux litiges" , scande-t-il.
Le délai de délibéré d'un mois lui paraît illusoire lorsque la cause relève d'un siège collégial. Il devrait, dans ce cas, être porté à deux ou trois mois, plaide-t-il.
M.Marot, président de l'Union professionnelle de la magistrature, ne dit pas autre chose. "Respecter les délais de délibéré n'est pas toujours chose aisée parce que certains dossiers sont complexes, parce que les juges sont parfois surchargés et parce que dans les chambres à trois juges, la décision exige une concertation qui peut prendre du temps."
De façon plus générale, l'UPM aurait préféré une approche plus constructive, qui aurait laissé davantage de latitude aux chefs de corps, notamment dans l'approche disciplinaire des choses.
De son côté, l'Association syndicale des magistrats (ASM) se réjouit d'une manière générale du projet mais préconise la surveillance interne du contrôle du délai de délibéré et le dialogue constructif entre le magistrat et son chef de corps, rappelant que le code judiciaire prévoit déjà des procédures disciplinaires.

Quand il y avait des "juges fainéants"

On a pu focaliser l'attention sur certains cas d'espèce. Mais il s'agit d'exceptions.
Fait rare : la Cour de cassation avait suspendu pour 6 mois, en janvier 2006, le juge dinantais Luc Monin au motif des retards étonnants qu'il avait longtemps mis à rendre une série de jugements. Elle avait même évoqué dans son chef un "comportement nuisible".
Un exemple typique de ce que la ministre de la Justice, Laurette Onkelinx (PS), avait dénoncé au mois de novembre 2005 en évoquant les "juges fainéants".
C'est qu'une enquête administrative avait montré que quelques magistrats prenaient vraiment du bon temps sur le compte de la collectivité... Des exemples similaires, mais anonymes, éclairaient la chose pareillement et au même niveau que l'affaire Monin. Tel magistrat avait rendu 4 ordonnances en 4 mois - autant dire rien -, tel autre avait laissé s'accumuler 1 200 dossiers sur son bureau sans même y jeter un oeil...
Si la Cour de cassation avait rappelé à cette occasion les règles en vigueur en matière de délai de jugement, elle avait aussi lancé un signal aux magistrats belges qui avaient tendance à s'endormir sur leurs dossiers.
Mais sont-ils nombreux ? Un coup de sonde auprès de plusieurs juges ainsi que de quelques avocats et justiciables montrait alors, et encore maintenant, que ce n'est pas le cas. Un chef de corps évalue à 3 pc, pas davantage, les juges du siège qu'on peut qualifier de fainéants. Mais pour obtenir des données plus concrètes, il faudra faire référence à l'étude de productivité qui, pour avoir été annoncée voilà longtemps, n'est toujours pas achevée (lire ci-dessus).
Indépendamment de cela, elle doit également permettre l'adéquation entre les moyens humains et l'ampleur du travail à fournir.
Côté magistrature, on admettait - et on admet encore - que des brebis galeuses entachent la profession. Mais le retard que l'on constate ci et là n'est, pour les magistrats, pas imputable sur le fond à ces "cas isolés". Et de citer entre autres le dénuement de certaines juridictions.
Des avocats font part, eux, de leur expérience pour mettre en avant des pratiques différentes selon les juridictions, par exemple entre le pénal, réputé moins lent, et le civil, moins rapide, à Bruxelles.
Cependant, les juristes de tous bords expliquent aussi que bon nombre de retards de délibéré peuvent avoir des causes objectives : affaire très complexe, ennuis de santé du juge, dysfonctionnement du greffe, etc.
Dans le monde associatif de la magistrature, on regrette toutefois qu'il y ait eu focalisation sur la faiblesse de quelques-uns, car c'est faire un mauvais procès aux magistrats. Car, comme la ministre l'avait elle-même indiqué, sans qu'on retienne autant ces propos-là, que 98 pc des magistrats travaillent... "Des gens passionnés par un métier redynamisé et rajeuni", aime-t-on dire chez les magistrats.

09 décembre 2006

L'affaire Total aux oubliettes?

Il ne manque que le feu vert du gouvernement belge pour que la plainte introduite par des réfugiés birmans contre le pétrolier français aboutisse. Or, le dossier dort. Et le 11 janvier, il sera trop tard...

L e 12 janvier 2007, le dossier Total sera soit enterré définitivement, soit exhumé. Deux hommes disposent du pouvoir de jouer les saints ou les fossoyeurs. L'avocat général auprès de la Cour de cassation, Raymond Loop, et le ministre de la Défense, André Flahaut (PS). Deux hommes qui mettront un terme à quatre années de procédure judiciaire. Ou permettront à la Justice de se plonger dans une affaire née dans la boue de la jungle birmane...
En avril 2002, quatre Birmans introduisaient en Belgique, sur base de la loi de compétence universelle, une plainte avec constitution de partie civile contre Total, son patron, Thierry Desmarest, ainsi qu'Hervé Madeo, dirigeant de la filiale birmane de la société française. Objet : complicité de crimes contre l'humanité.

Victimes de violences de la junte militaire au pouvoir à Rangoon, les plaignants estimaient, en effet, que la compagnie pétrolière avait apporté un soutien moral, financier et logistique aux bataillons birmans, notamment responsables, selon eux, d'actes de travail forcé lors de la construction d'un gazoduc dans le sud du pays - des installations que Total continue d'exploiter aujourd'hui.
Le juge d'instruction Damien Vandermeersch était chargé du dossier. En août 2003, confronté à des pressions diplomatiques, le législateur édulcorait, cependant, le texte, introduisant des critères de rattachement à la Belgique.
Conséquence : les plaintes devaient être relues à la lumière de ces modifications. Un exercice confié à la Cour de cassation.
Les plaignants doivent être de nationalité belge, y requérait l'avocat général. Les défenseurs des plaignants estimaient que le texte législatif s'opposait à la Convention de Genève relative aux statuts des réfugiés, dont l'article 16 stipule que « tout réfugié jouira du même traitement qu'un ressortissant en ce qui concerne l'accès aux tribunaux ». Une question préjudicielle était posée à la Cour d'arbitrage.
En avril 2005, la gardienne de la Constitution approuvait l'argumentation des plaignants birmans. Mais, deux mois plus tard, les avocats du pétrolier français convainquaient l'avocat général de demander un dessaisissement de la justice belge. Leurs arguments ? La Cour de cassation est obligée d'appliquer une loi anticonstitutionnelle car il n'appartient pas au pouvoir judiciaire de combler une lacune législative. Au mépris de l'avis de la Cour d'arbitrage, les conseillers suivaient l'argumentation de la défense.
En juin 2006, saisis par les avocats des Birmans, les gardiens de la Constitution répliquaient, nettoyant la loi et confirmant le viol de la Convention de Genève. Conséquence : « Le ministère public peut demander à la Cour de cassation de réexaminer l'affaire puisqu'elle a statué sur base d'une loi dont une disposition n'existe plus », expliquait Francis Delpérée, professeur de droit constitutionnel (UCL). « Cet arrêt devrait conduire à la reprise de l'instruction : il incombe à l'avocat général fédéral d'introduire la procédure en rétractation dans les six mois après la publication au Moniteur », se réjouissait Alexis Deswaef, défenseur des plaignants.

L'arrêt a été publié au Moniteur le 12 juillet 2006. Et Alexis Deswaef ne se réjouit plus.
« Nous avons l'impression qu'il y a clairement une absence de volonté de la part de l'avocat général de demander la rétractation », confie-t-il. Hier, l'avocat général n'a pas pu être joint par les services de la Cour de cassation afin de nous livrer son commentaire.
Si ce dernier ne demande pas la « rétractation », la ministre de la Justice peut l'y contraindre en vertu de son droit d'injonction positif. Le fera-t-elle ? Non.
Un refus conjugal. Laurette Onkelinx (PS) a épousé Marc Uyttendaele, constitutionnaliste (ULB), qui a rejoint l'équipe de défense des Birmans l'an dernier. Le conflit d'intérêt manifeste a contraint la ministre de la Justice à se récuser. Aussi, en vertu de l'arrêté royal du 21 juillet 2003, qui stipule, en son article 2, qu'« en cas d'empêchement légal de la ministre de la Justice, ses compétences sont exercées (...) pour ce qui concerne les dossiers francophones, par le ministre de la Défense », André Flahaut hérite-t-il du dossier birman.

Que décidera-t-il ? Interrogé hier soir (lire ci-dessous), le ministre de la Défense a indiqué qu'il trancherait en temps utile. Soit dans trente-cinq jours. Le 12 janvier, la quatrième compagnie pétrolière de la planète saura si la Justice belge la lavera un jour des accusations portées contre elle ou les confirmera. Le 12 janvier, les plaignants birmans sauront si la loi de compétence universelle adoptée par le parlement belge est appliquée en Belgique.

29 novembre 2006

La Flandre est-elle prête à faire imploser la Belgique ?

La fin du fédéralisme de consommation, le frein autonomiste

La réforme de l'État promise en Flandre a perdu son meilleur moteur : l'argent. Mais le Nord n'en démord pas...

L 'impatience flamande de larguer les francophones ou, à défaut, d'effectuer un pas de géant vers l'autonomie est palpable. Les signes de fébrilité se bousculent ces derniers mois.
En décembre dernier, le plaidoyer du Manifeste des économistes regroupés dans le think tank « In de Warande » pour l'indépendance de la Flandre rappelle aux francophones qui en doutaient encore que le Vlaams Belang n'est pas seul à revendiquer la partition de l'Etat.

En février, Yves Leterme, ministre-président flamand, verse une louche d'huile sur le feu en remettant en cause le statut de Bruxelles : la vice-Première PS Laurette Onkelinx le qualifie d'homme dangereux.
Le 1 er juin, en séance plénière de la Chambre, deux membres du Vlaams Belang déposent une proposition de résolution relative « au démembrement de l'Etat belge en vue d'accorder l'indépendance au peuple flamand et au peuple wallon souverains ». Par 77 voix (flamandes) contre 51 voix (francophones) et une abstention (celle du président De Croo), la Chambre prend cette proposition en considération.
Le 11 juillet, jour de la fête « nationale » flamande, le discours de Norbert De Batselier, le réputé très modéré président du Parlement flamand, fait bondir les francophones : « Les besoins de la Wallonie et de la Flandre diffèrent sur le marché de l'emploi. Il faut donc régionaliser la politique de l'emploi. Il est tout aussi anachronique que l'impôt des sociétés soit fédéral alors qu'il s'agit d'une matière de soutien aux entreprises, ce qui relève de nos compétences. »
A la mi-août, Yves Leterme - encore lui, l'homme qui ne nie plus qu'il pourrait bien devenir le futur Premier ministre - se fend d'une interview gratinée à Libération : il y donne la priorité à la Flandre sur l'Etat fédéral (« La nécessité d'avoir un gouvernement fédéral passe au second plan par rapport aux intérêts de la Flandre »), tire à vue sur la Belgique (« Les différences s'amoncellent, le fossé se creuse. Que reste-t-il en commun ? Le roi, l'équipe de foot, la bière ») et injurie les francophones (« Ils ne sont pas en état intellectuel d'apprendre le néerlandais »). Voici une semaine, lors d'un colloque (sur le thème « La régionalisation dans la mondialisation ») organisé par le Marnixring, les trois organisations d'employeurs flamands (Voka, Unizo et VKV) ont plaidé à l'unisson pour une régionalisation des compétences socioéconomiques en 2007, couplée à une responsabilisation financière de chaque Région. Entre le Nord et le Sud, les ponts paraissent irrémédiablement coupés. Et, pourtant, en dépit de cette houle de fond autonomiste venue de Flandre, des brise-lames pourraient bien l'arrêter ou, à défaut, l'amortir très sensiblement.
Il n'y a pas qu'une seule Flandre. Il existe bien d'autres voix que celles des indépendantistes. En février, le groupe de réflexion « Pavia », regroupant des politologues réputés du Nord et du Sud du pays, planche sur une proposition aussi originale qu'utopique : la création d'une circonscription nationale. Objectif : inviter les politiques, dans le bras de fer qu'ils se livrent pour récolter des voix dans leur propre région, à se mettre aussi à l'écoute des soucis des électeurs de l'autre Communauté. Histoire, à défaut de partis nationaux, de forcer une partie des députés élus dans cette virtuelle circonscription à s'intéresser un peu à ce qui se passe de l'autre côté de la frontière. Les excités nationalistes de tout poil s'y reprendraient à deux fois avant de répandre leur fiel sur l'autre entité, sachant que leurs propos incendiaires leur enlèveraient tout espoir de séduire un seul de ses électeurs. Les politiques seraient priés de connaître de l'autre Communauté autre chose que le bulletin météo. Pour les politologues du groupe Pavia, le ver centrifuge est entré si profondément dans la pomme de l'Etat fédéral que même l'idée de créer des ponts n'intéresse plus les élites politiques de ce pays.
La question est de savoir s'il est encore possible, sans se faire traiter de vieux Belgicain, de s'opposer à ces forces centrifuges. Il n'y a pas qu'une brochette de politologues qui s'attellent à inverser le sens de la marche confédérale.
Le récent ouvrage « Wallonie-Flandre : je t'aime moi non plus » rédigé par Rudy Aernoudt, top manager du département Economie, Sciences et Innovation de la Région flamande, caracole dans le top cinq des meilleures ventes en Flandre. Cet Antimanifeste sur les relations entre Flamands et Wallons coupe l'herbe sous le pied au groupe de réflexion « In De Warande », chantre de l'indépendance. A contre-courant de cette thèse, Rudy Aernoudt, successivement chef de cabinet de l'économie wallonne, flamande et fédérale, pourfend les clichés Nord-Sud et exhorte les décideurs à la collaboration interrégionale et à l'application rigoureuse de la subsidiarité. « Trois euros, c'est trop ? », s'interroge l'auteur de l'ouvrage, répliquant à ceux qui s'offusquent des efforts titanesques consentis au Nord en faveur du Sud : « Trois euros par jour, c'est la somme payée par chaque Flamand pour réduire l'écart de revenus avec le Wallon qui gagne en moyenne 22 % de moins que lui. A titre de comparaison, chaque Belge paie un euro par jour pour financer les Chemins de fer, même s'il n'y a que 6 % des Belges qui l'empruntent. » A quelques mois d'un scrutin qu'on dit crucial pour l'avenir institutionnel du pays, ce discours tranche avec les visées séparatistes et les exigences de nouvelles
compétences mises sur la table au Nord. Plus de deux cents personnalités, issues des milieux culturels, sportifs et économiques ont déjà signé l' Antimanifeste. Au-delà des discours, il y a un argument objectif et imparable susceptible de faire hésiter tous ceux qui songent à effectuer le grand saut séparatiste : c'est l'argent. Les caisses fédérales en manquent cruellement.
Le temps béni de 2001 et des accords de la Saint-Polycarpe, celui où l'Etat fédéral accordait de l'argent aux entités fédérées pour leur permettre de financer leurs nouvelles compétences, est révolu. D'ici à 2012, année du choc démographique où les enfants du baby-boom atteindront l'âge de la retraite, le fédéral est prié de continuer à alimenter le fonds de vieillissement et à rembourser la charge de la dette publique.
A moins que la Flandre, plus confrontée à la facture du vieillissement de sa population que le Sud du pays, aille jusqu'au bout de son raisonnement confédéral et que, forte de son insolente prospérité budgétaire, elle prenne en charge le paiement de ses pensions et accepte de prendre à son compte la plus grosse partie de la dette de l'Etat.
Osera-t-elle prendre ce risque ? La peur de franchir ce dernier obstacle, celui qui ferait définitivement voler le pays en éclats, pourrait bien, in fine, faire reculer ces Flamands qui rêvent à tout prix d'autonomie...

18 novembre 2006

L'Islamophobie, fruit de l'ignorance?

L'Islamophobie, fruit de l'ignorance?
Consequences du 11 septembre 2001
Gauthier Demaret


Les attaques terroristes du 11 septembre 2001 ont marqué les esprits. Depuis lors l’islamophobie (1) a, semble-t-il, augmenté. Ce terme, apparu dans les années nonante en Iran, est désormais couramment utilisé dans les médias. Aujourd’hui, certains se méfient des musulmans. Pire, les agressions les visant se sont multipliées. Au cœur de la problématique : un réel manque d’information. Les médias parlent peu de la religion musulmane et lorsqu’ils en parlent, c’est souvent dans un contexte de violence. Trop souvent, on généralise la notion d’islam, alors qu’au sein de la religion on distingue plusieurs branches : chiites, sunnites… Ces distinctions sont peu connues du grand public. Du côté de l’Exécutif musulman, on a pourtant multiplié les efforts pour améliorer l’image de l’islam et des musulmans. Plusieurs réunions ont eu lieu en vue de promouvoir le dialogue interconfessionnel et interculturel. Une action qui, malheureusement, semble n’avoir porté aucun fruit. Pourquoi cette peur de l’islam, alors que le nom même de cette religion est dérivé du terme salam, qui signifie ‘paix’…
L’ignorance, source d’islamophobieL’ignorance… C’est le fléau de la société d’aujourd’hui.
...
suite


Exécutif des musulmans de Belgique
(2005-10-07)
Communiqué de presse du Conseil des Ministres


Mise en place du nouvel Exécutif des musulmans de Belgique.

Sur proposition de Madame Laurette Onkelinx, Ministre de la Justice et Ministre des Cultes, le Conseil des Ministres a approuvé un projet d'arrêté royal portant reconnaissance des membres, titulaires d’un mandat au sein de l’Exécutif des Musulmans de Belgique.
Les organes représentatifs du Culte musulman : un renouvellement nécessairePour aplanir les tensions qui sont apparues au sein de l’Exécutif des Musulmans de Belgique, mis en place par l’arrêté royal du 4 mai 1999, un Exécutif provisoire a été désigné par l’arrêté royal du 18 juillet 2003, lui conférant un mandat valable jusqu’au 31 mai 2004.

La principale mission de cet Exécutif provisoire était la préparation d’élections futures en vue du renouvellement des organes représentatifs du Culte musulman.Après une année de négociations, il est apparu que l’Exécutif provisoire n’était pas en mesure de dégager un consensus au sein de la Communauté musulmane pour organiser ces futures élections. Le Parlement a ainsi voté la loi du 20 juillet 2004, prévoyant l’organisation d’élections générales par une Commission indépendante composée de deux magistrats émérites et de deux membres de la Communauté musulmane.Les élections se sont tenues le 20 mars 2005. Sur la base de leurs résultats, une Assemblée générale des Musulmans de Belgique a pu être constituée le 26 avril 2005.
Dans l’attente de la mise en place d’un nouvel Exécutif des Musulmans de Belgique, l’Assemblée générale a assumé la gestion du temporel du Culte musulman. Elle a élu, le 2 octobre 2005, les 17 nouveaux membres qui seront titulaires d’un mandat au sein de l’Exécutif des Musulmans de Belgique et a communiqué le 5 octobre 2005 les noms de ces membres à la Ministre de la Justice.
Une nouvelle structure pour l’Exécutif, calquée sur le modèle fédéral
L’élection des nouveaux membres de l’exécutif a été accompagnée du vote d’une résolution de l’Assemblée générale des Musulmans de Belgique en vertu de laquelle la dimension fédérale de la communauté musulmane a été prise en compte. La résolution précise, en effet, que l’Exécutif des Musulmans de Belgique se composera dorénavant d’un collège francophone et d’un collège néerlandophone, chacun présidé par un Vice-Président, le Président de l’Exécutif veillant à la cohésion des décisions prises au nom de l’Exécutif des Musulmans de Belgique.

Ainsi, le collège francophone, qui a pour Vice-Président Monsieur Kissi Benjelloul, comprend :1. ADAHCHOUR Mohamed,2. AKHTAR Imarn,3. AYDOGDU Atila,4. BEYAZGUL Coskun,5. DELIALIOGLU Adnan6. JARFI Hassan,7. KILIC Muhittin,8. KISSI Benjelloul,9. SHAQIRI Elhami.Quant au collège néerlandophone qui a pour Vice-Présidente Madame Düzgün Hacer, il comprend :1. BEN ABDELLLAH Abdelhay,2. DÜZGÜN Hacer,3. EL MASSOUDI M’hamed,4. KALAAI Mouloud,5. KARANFIL Mehmet Sadik,6. KONAK Erkan,7. QURECHI Iqbal Ahmed,8. ULUSOY Hüseyin.
La Présidence de l’Exécutif des Musulmans de Belgique sera assumée par Monsieur Beyazgul Coskun.Les membres de l’Assemblée générale des Musulmans de Belgique ont également exprimé le vœu d’un lien étroit entre l'Assemblée et l’Exécutif des Musulmans de Belgique. Ce lien ne pourra se concrétiser que par l’adoption d’un règlement d’ordre intérieur régissant le fonctionnement de ces deux organes du culte musulman.

Pour plus d'informations:Cabinet de la Vice-Première Ministre et Ministre de la JusticeRue du Commerce 76/801040 BruxellesMme Annaïk de Voghel (F)Tél. : 02/233.51.21a.devoghel@lo.fgov.beMme Saar Vanderplaetsen (N)Tél. : 02/233.50.06s.vanderplaetsen@lo.fgov.be
La Direction générale Communication externe Chancellerie du Premier Ministre peut être contactée à l'adresse suivante: cmr@premier.fed.be

14 novembre 2006

Immo-Congo: Van Cau a bloqué le dossier

Centre Wallonie-Bruxelles à Kinshasa:

le ministre-président a bel et bien favorisé son ami Lebrun. Le CGRI confirme avoir agi sur injonction.
J usqu'ici, Jean-Claude Van Cauwenberghe s'est toujours défendu d'avoir imposé, en avril 2004, la présence de son ami Daniel Lebrun et de sa société Capamar à Robert Marlier, administrateur délégué d'Intelligence et Communication (IC), société ayant emporté le marché de la location-achat du bâtiment devant servir de lieu d'accueil à la délégation Wallonie-Bruxelles à Kinshasa.

« Personne ne lui a tordu le bras pour qu'il s'associe »
Or, il apparaît clairement que c'est bien l'ancien ministre-président wallon qui a bloqué le dossier pour faire en sorte que CongoWallonInvest, candidat évincé, se retrouve finalement partenaire à 50 % d'Immo-Congo.

« Dès la décision de la Communauté française le 21 avril, il y a eu
injonction du cabinet Van Cauwenberghe d'intégrer la société CongoWallonInvest
dans le marché
», confirme-t-on au CGRI (Commissariat général aux relations internationales).

Voilà sans doute ce qui explique pourquoi, malgré l'urgence invoquée par Van Cau, le point n'avait pas été inscrit à l'ordre du jour du gouvernement wallon du 22 avril (il ne le sera que le 29).
Que s'est-il passé dans ce laps de temps ? Une série de réunions ont eu lieu pour faire aboutir le partenariat entre IC et Capamar et mettre sur pied Immo-Congo. Les agendas des acteurs du dossier sont formels.

En voici qqesdétails.

22 avril. Contacté par Van Cau la veille, Hervé Hasquin, ministre-président de la Communauté française, réunit à 17 h à son cabinet Jacques Dewit, directeur du service « délégations à l'étranger » du CGRI, et Valéry Zuinen, représentant le cabinet Van Cau. Le message provenant de Namur est clair : il faut remettre Robert Marlier et Daniel Lebrun autour de la table, Van Cau l'exige.

26 et 28 avril. Deux réunions en intercabinets ont lieu au CGRI, qui gère les aspects techniques du dossier. Il faut aller vite pour sceller le partenariat entre Marlier et Lebrun. La raison ? Le gouvernement wallon se réunit le 29. Si le point n'est pas inscrit à l'ordre du jour, il peut encore passer de manière moins officielle, « en communication ». Robert Marlier donne son accord et perd du même coup 50 % d'un juteux dossier (270.000 euros de loyers annuels pendant 20 ans et une dernière tranche de maximum 200.000 euros à la fin du bail).

29 avril. Van Cau, prévenu de l'accord et du fait que Lebrun, candidat évincé revient dans le circuit à des conditions idéales (la moitié des parts d'Immo-Congo), fait passer le dossier d'attribution du marché à IC (en communication au point 113 !). « Il a donc fait passer une décision en sachant qu'il allait devoir la changer », note cet ancien chef de cabinet du gouvernement arc-en-ciel (PS-MR-Ecolo). Ce qu'il fera le 10 mai en attribuant le marché à Immo-Congo.

Plus de détails:


Immo Congo est une longue histoire MAJ 14/11/2006

Immo Congo, médiatiquement connu depuis peu, est un dossier ancien. Rétroactes des éléments connus à ce jour.
1985. Région wallonne et Communauté française louent un premier bâtiment à Kinshasa abritant la Délégation du Centre Wallonie-Bruxelles, sorte d'ambassade commune à leurs deux entités.
Mai 2003. Le bâtiment est racheté par un diamantaire libanais pour 1 million d'euros. Le CGRI avait fait une offre, mais pas assez élevée.
Juin 2003. Le diamantaire libanais fait savoir au CGRI que si Région et Communauté veulent continuer à louer, le loyer sera triplé. Le bail actuel prend fin le 31 décembre 2003. Des experts partent chercher un nouveau bâtiment. En vain.
Septembre 2003. Deuxième mission d'experts, dont deux architectes, pour chercher un nouveau local. Huit sont visités. Un se dégage : le bâtiment Gennaro, que les experts préconisent.
Novembre 2003. Le bâtiment actuel est limite insalubre : un membre du personnel est victime d'une importante électrocution.
Décembre 2003. Toujours pas d'autre local. Le Libanais accorde un rabiot de 4 mois, moyennant déjà une hausse du loyer. Au 1er mai, il faut être parti. L'affaire est urgente.
Le 17 décembre, premier examen du dossier Gennaro au gouvernement de la Communauté française. Point reporté : le dossier est incomplet.
Janvier 2004. La même décision de report est prise les 14, 21 et 28 janvier.
Février 2004.
Le 4 février, décision de report sine die, pour cause de risque financier trop élevé pour la Communauté.
8 mars 2004. L'Inspection des finances remet un avis défavorable sur le financement proposé pour l'acquisition du bâtiment Gennaro.
9 avril 2004. Deuxième avis de l'Inspection des Finances. Trois entreprises ont remis des offres pour acquérir le bâtiment Gennaro puis le relouer aux gouvernements. L'une d'elles, filiale de la SRIW qui aurait permis de financer l'opération avec des deniers publics, n'a finalement pas rentré d'offre chiffrée. L'offre d'Intelligence et Communication (IC) paraît la plus intéressante, mais elle reste "fort chère".
6 avril 2004. Nouvelle offre d'IC, qui revoit sa demande à la baisse.
21 avril 2004. Le dossier revient au gouvernement de la Communauté. Hasquin, avant d'entrer en séance, reçoit un coup de fil de Van Cau. En vain : son équipe attribue le marché à IC, l'offre la plus intéressante au mètre carré.
22 avril 2004. Le gouvernement wallon n'avalise pas le même choix.
29 avril 2004. Le gouvernement wallon attribue à son tour le marché à IC. Robert Marlier, son administrateur-délégué, affirme aujourd'hui avoir reçu des pressions dans l'intervalle : s'il n'acceptait pas de partager le gâteau avec la société perdante, celle du réviseur Lebrun proche de Van Cau, les Wallons n'auraient jamais validé son offre, dit-il.
10 mai 2004. Marlier écrit au patron du CGRI, Philippe Suinen, faisant référence à une réunion tenue le jour même. Il "confirme " sa volonté de confier le marché à une nouvelle société à créer, Immo Congo. Il s'agit d'une association entre IC et une boîte familiale de M. Lebrun.
12 mai 2004. Saisie du problème, la Communauté française accepte de transférer le marché. Hasquin et Nollet jurent qu'ils ne savaient pas, alors, qu'Immo Congo récupérait, en fait, le perdant. Hasquin jure aussi n'avoir aucun lien avec IC.
13 mai 2004. Le gouvernement wallon de Jean-Claude Van Cauwenberghe en fait de même.
18 mai 2004. Élections régionales.
Juillet 2004. Passation des clés entre Hervé Hasquin (MR) et Marie-Dominique Simonet (CDH). Hasquin, averti par un article d'un journal satirique d'un problème possible, le signale à son successeur.
Janvier 2005. Simonet se rend à Kinshasa et analyse un projet de construction d'une salle de spectacle à côté du bâtiment existant.
Courant 2005. Réunions pour faire baisser le prix de la construction de cette salle, bien trop élevé.
Décembre 2005. Joëlle Milquet se rend à Kinshasa. En rentrant, le 20, elle interpelle sa ministre par écrit sur le coût des travaux du bâtiment lui-même. Le champ s'élargit. Simonet lance une enquête interne. Des experts relisent le contrat de base, et lui signalent de possibles anomalies.
2 juin 2006. Simonet transmet les pièces en sa possession au parquet de Charleroi. Aucune plainte n'est déposée. Une information judiciaire est ouverte. Des auditions ont lieu.
Novembre 2006. L'affaire est officiellement mise à l'instruction par le parquet de Charleroi.
Christian Carpentier
© La Dernière Heure 2006



« Van Cau incarne la vieille garde insupportable »



Marc Uyttendaele, d'où vient l'idée de ce livre sur les affaires politico-judiciaires du pays (1) ?


Depuis des années, en donnant cours à l'ULB, je pose à mes étudiants la question du jour. J'essaye de trouver quelque chose qui a, de près ou de loin, rapport avec l'actualité politique et qui soit en lien avec le cours de droit constitutionnel.

Quand a éclaté l'affaire DHL, cela a donné lieu à plein de réflexions et je me suis livré à une sorte d'analyse institutionnelle de l'actualité. J'ai fait tout un cours là-dessus. J'en ai parlé à ma complice, Anne Feyt, et on s'est dit : est-ce qu'on n'essayerait pas de faire ce qui n'existe pas actuellement. Quelque chose entre la presse quotidienne et les articles de droit. D'où le premier livre, l'année dernière, et le deuxième, qui sort ces jours-ci.

L'idée est d'arriver, à terme, à ce qu'il y ait une sorte de mémoire historique de l'actualité politique.



Le fait d'avoir un pied dans la maison Onkelinx ne vous dérange pas, vous ne vous sentez pas entravé ?
Non. De plus, cette année-ci, on a confié à quelqu'un d'autre (Sabine Malengreau) la rédaction du chapitre sur l'évasion d'Erdal (NDLR: la porte-parole du groupe terroriste DHKP-C qui avait embarrassé le gouvernement). Mais je n'imagine pas qu'on ne parle pas d'Hoxha (autre dossier chaud pour le gouvernement) l'année prochaine. Je n'ai ni la prétention de faire un travail scientifique ni l'envie de cacher qui je suis, je ne l'ai jamais fait et je ne le ferai jamais. En même temps j'ai, dans le rapport avec mon miroir, une exigence d'honnêteté intellectuelle. On est tous subjectifs, personne n'y échappe. Mais j'ai deux lignes de conduite radicales. Un : si je ne me sens pas libre je n'écris pas, éventuellement je ne parlerai pas d'un truc si j'ai le sentiment que je ne le ferais pas de manière honnête. Deux : je ne commente que ce qui a été précédemment rapporté par la presse écrite. L'année dernière j'ai retranché une anecdote que je croyais avoir lue dans un article de Francis Van de Woestyne et en fait c'est Laurette qui me l'avait dit. C'était que, dans l'affaire BHV, lors des heures d'attente à Lembeek, chacun écoutait des CD sur son ordinateur portable. C'était gag de le mettre mais en le relisant j'ai eu un doute, j'ai vérifié, et ce n'était pas paru dans la presse. Je ne veux pas utiliser Laurette comme une source d'information. Le principe est de donner aux lecteurs des éléments de compréhension du système, de parler des coulisses du 16 rue de la Loi, de parler de l'actualité politique, mais ce n'est pas sur base de témoignages ou d'indiscrétions que l'on travaille. Parce que là ça deviendrait suspect. Si je me base sur une vision des choses, sur un partenaire, à ce moment-là il faudrait aller voir les autres Mais ça, c'est plus un boulot de journaliste. Donc je me base uniquement sur ce que je trouve dans la presse écrite.
Eventuellement vous ne traiterez pas certaines affaires. Le non dit est aussi une prise de position. Pourquoi, par exemple, n'y a-t-il pas un chapitre sur le cas Kimyongür ? Parce que c'est trop embarrassant pour le gouvernement ?
Non, pas du tout. C'est parce que je m'arrête, dans la collecte des faits, aux grandes vacances, je travaille en années politiques, j'écris les textes en juillet. Une affaire comme Kimyongür, ou comme Hoxha, je les traiterai l'année prochaine. Avec Hoxha on est vraiment dans le judiciaire, le politique et le médiatique. Il n'y a aucune raison de ne pas le traiter. Ce que je vais aussi engranger pour l'année prochaine ce sont les déclarations de Leterme à Libé, ce sont sans doute les communales, peut-être Kimyongür. Intuitivement, je n'ai pas vraiment accroché à cette dernière histoire. Peut-être qu'il y a un effet d'autocensure, je n'en sais rien, mais je ne dis pas non plus que je ne le traiterai pas. Le lien avec Laurette n'a jamais été un frein. Je n'ai pas été aimable l'année dernière avec Lizin, ni avec le PS de Charleroi cette année.
Vous n'avez pas pu introduire l'arrestation de Van Gompel ; ça aurait changé quelque chose ?
Non je n'ai pas pu l'introduire et c'est dommage, mais ça ne change rien à mon analyse. Je n'ai pas beaucoup parlé de Van Gompel parce que je ne parvenais pas à le cadrer comme l'homme par qui le miracle allait arriver. Et je n'avais pas d'éléments, à l'époque, pour dire qu'il était impliqué pénalement. Mais j'ai dit : ce sera la fin d'une génération, celle des De Clercq, des Van Cauwenberghe. J'avais mis Van Gompel aussi dans cette liste, puis je l'ai retiré. Parce que je me suis dit : c'est peut-être injuste parce que finalement Gorbatchev il a aussi existé. Et Van Gompel, c'était peut-être -mais je n'y croyais qu'à moitié- le Gorbatchev du PS de Charleroi. Aujourd'hui, on a bien compris que ce n'est pas le cas. Pour moi, De Clercq et Van Cau incarnaient totalement cette vieille garde insupportable.
Vous êtes également l'avocat de nombreux socialistes en fonction et là non plus, pas de problèmes pour parler du PS de Charleroi ou d'Anselme à Namur ?
Je ne parlerai jamais de dossiers que je traite personnellement en tant qu'avocat, ce serait moralement inadmissible et déontologiquement insupportable. Je tiens à être libre de mes thèses. Mais il est vrai que je n'ai jamais caché mes sympathies, mes appartenances, mes connivences. Mais si je n'ai pas fait de politique c'est parce que je me sens insoluble dans un groupe quel qu'il soit. C'est en même temps un défaut et une qualité, je n'en suis pas particulièrement fier. En tout cas, il y a quelque chose qui est merveilleux et extraordinaire entre Laurette et moi, c'est que elle c'est elle et moi c'est moi.
Il n'y a quand même pas un mur entre vous qui arrête vos discussions ? Par exemple, a-t-elle lu le livre avant sa sortie ?
Non, il n'y a pas de mur. Et elle n'a pas voulu lire le livre.
Et quand elle prépare un projet qui concerne la justice, vous en parlez ?
Je ne dis pas qu'elle ne m'en parle pas, ce serait faux-cul, ce serait mentir. Finalement on en parle infiniment moins que ce que d'aucuns pourraient croire compte tenu de nos profils respectifs. Il est clair que quand elle traverse des périodes dures comme ça a été le cas, là évidemment, je suis son mec et je souffre comme elle. On ne peut pas sourire quand on voit la personne que l'on aime servir de punching-ball, c'est insupportable. Là, il y a un vrai dialogue entre nous. Sur le fond, pas. Avec le regard à la fois partial et distant que je peux avoir, je crois que c'est certainement le ministre de la Justice le plus compétent que l'on ait connu depuis extrêmement longtemps. En même temps, elle n'a pas donné de grands coups de pieds dans la fourmilière, ce que moi, praticien et marginal, j'aurais souhaité qu'elle fasse. Donc, je ne m'en mêle pas. Moi je soutiens depuis toujours, et cela ne fait pas partie de ses projets, qu'il faudrait un médiateur de justice, totalement indépendant du pouvoir judiciaire et du barreau, qui réceptionne les plaintes, qui ait un pouvoir d'investigation, et qui puisse simplement publier un rapport public avec des noms. On est très loin de ça actuellement.
Le Conseil supérieur de la justice n'a pas rempli ce rôle ?
Non, le Conseil supérieur est un peu un agglomérat de lobbies. Il a ses qualités et c'est malgré tout un mieux, un petit mieux. Autre exemple, moi si j'avais été ministre de la Justice, la première chose que j'aurais fait c'est de descendre le ministère public, actuellement perché sur son estrade, sur le plancher des vaches. En définitive, il y a plein de choses qui relèvent de sa sensibilité à elle et dont je ne me mêle pas. On a une vie qui est extrêmement belle, on a une chance terrible. En tout cas, moi je me sens ravi de vivre avec elle et elle dira ce qu'elle a à en dire là-dessus, mais c'est vraiment privé. Ce que l'on partage c'est vraiment de la vie privée même s'il est vrai que l'on se raconte des trucs professionnels. Dire que l'on ne se parle pas serait mentir. Mais la paroi, elle existe réellement aussi, dans le fait que moi je n'aurais pas supporté être – il y a peut-être un orgueil démesuré là-dedans- une ombre, une sorte de père Joseph. Si je vais à son cabinet trois fois par an en rentrant à la maison c'est beaucoup. Mais je n'interviens en rien. C'est un choix effectué dès le début par hygiène mentale aussi. Ce n'est pas vis-à-vis des autres mais pour nous-mêmes. Dès les premiers jours où l'on a vécu ensemble, il est clair aussi qu'elle ne me demandait aucune sorte d'autocensure.
En tant qu'avocat, vous avez probablement été touché par la nouvelle loi sur les techniques particulières d'enquête ?
C'est clair que sur ce point je ne partage pas du tout la conception qui est la sienne. Dans une Belgique où on combat le terrorisme, où on est en guerre, autant canaliser cela de manière radicale sur le terrorisme, ce qui n'est pas le cas ici. Moi je vois les dossiers, la manière dont travaille le parquet, je vois comment on applique les méthodes particulières de recherche. Je vois comment cela peut servir à faire basculer certains sous un qualificatif de grand criminel alors qu'il ne s'agit que de petits truands qu'on finit par transformer en grands criminels alors qu'ils ne sont que des petits cons qui jouent avec des armes dangereuses. L'avocat que je suis est en rupture totale par rapport à ce système. Je peux être l'homme le plus amoureux de la terre, mais je suis fondamentalement un contre pouvoir. Je n'aime pas le pouvoir. J'ai aussi une attirance pour le pouvoir. Mais je fais le métier qui est le plus beau du monde parce qu'il aide des gens seuls contre des pouvoirs, qu'ils soient judiciaires ou politiques.
Vous intervenez souvent pour des personnes qui sont au pouvoir ou pour des institutions publiques ?
Cela fait partie de la formidable contradiction qui, je crois, n'est qu'apparente. Défendre l'Etat, dans le sens le plus noble du terme, en tant qu'avocat libre est un vrai motif de fierté. Et souvent, quand on voit comment fonctionne le monde judiciaire, je perçois de plus en plus son poujadisme et son anti-politisme. Ma démarche reste dès lors très cohérente par rapport à tout le reste. L'image du politique aux yeux du judiciaire est celui d'un marginal, d'un petit délinquant. J'ai encore eu le cas il n'y a pas longtemps. Le juge m'a dit : « un politicien qui fait un droit de réponse, mais enfin » Quel mépris !
Pour revenir au livre, dans l'analyse du cas Monin vous avez été très gentil avec le monde judiciaire ?
Je dis que Monin (NDLR : un juge en guerre contre d'autres juges) a tout faux et je crois que Francis (NDLR : son adversaire, président du tribunal de Dinant) a trois-quarts faux. Au départ je suis rentré dans cette affaire avec la conviction intime et profonde que Monin était un chevalier blanc. Puis j'ai lu, j'ai analysé et changé d'avis. Quant aux autres, je les connais pour avoir plaidé devant eux. Ce sont d'abord des paillasses d'envergure en terme de paresse. Au bout du compte, mon avis est que Monin est le mauvais cheval pour faire la révolution, révolution certainement nécessaire. Ce qui est dérangeant c'est qu'on attaque Monin sur la lenteur de ses décisions de justice alors que l'on pourrait attaquer un pourcentage non négligeable de magistrats sur ce point. Monin, on l'a sanctionné indirectement pour autre chose. Mais je peux comprendre qu'on le sanctionne. Ce qui est étrange dans le chef de Francis c'est qu'il ne réagisse pas par rapport aux accusations portées contre lui. Je n'ai pas vu un démenti. Quant à l'influence de la loge sur une décision judiciaire, je m'en fous. Je suis moi-même maçon et je n'ai aucun doute sur le fait que c'est une société humaine, comme n'importe quelle autre, avec des gens biens et pas biens, parmi lesquels il doit y avoir des dérapages, tout comme il y a des gens fabuleux là-dedans. L'accusation d'étouffer des affaires, si c'est vrai c'est extrêmement grave, mais il faut pouvoir le prouver. En tout cas, il y a quelque chose qui reste extrêmement brumeux dans cette affaire. Que Monin ait posé de bonnes questions, je suis prêt à l'admettre, mais il n'a pas apporté de bonnes réponses. C'est ça qui me laisse perplexe.
Vous expliquez aussi que ce qui se passe à Charleroi, ce n'est pas la même chose qu'à Namur ?
C'est vrai qu'il ne s'agit pas de la même configuration. A Charleroi, c'est un système qui fonctionnait comme ça depuis des décennies. Ce qui m'a frappé, c'est la difficulté pour un parti de mettre de l'ordre lui-même dans ses structures. Bien sûr qu'on dit des choses, qu'il y a quelque chose qui flotte, mais aussi longtemps qu'il n'y a pas une instruction judiciaire, on n'a pas les preuves, donc ça devient très difficile de mettre le fer dans la plaie. Surtout qu'il y a un pouvoir qui est extrêmement fort. Comme dans toute baronnie enracinée dans le temps, je me dis qu'il y a quand même quelque chose d'inquiétant pour le démocrate que je suis dans la mesure où on ne peut pas dire qu'il y a eu un désaveu maximal de l'électorat. Les rénovateurs ne font pas des cartons en voix. L'électorat ne rejette pas clairement les gens qui ont incarné cette ville et un système complètement dévoyé. Pourtant, il y a une seule chose à faire, c'est qu'ils foutent le camp. Courard est très magistral quand il dit très platement les choses que beaucoup de gens de gauche pensent. A Namur, ce sont des problèmes personnels, de manque de délicatesse, mais ça reste très circonstancié. Ce n'est pas un système qui est en cause.
C'est une analyse de juriste ou politique, voire de militant politique ?
Je ne suis pas un militant. Je suis passionné de politique, je suis avocat et c'est mon regard. Je n'ai pas la prétention de dire la vérité. J'essaye de retracer les faits de la manière la plus objective qui soit, de la manière la plus neutre en m'inspirant de ce que j'ai lu dans la presse. Puis j'en livre une analyse en donnant des éléments de droit qui sont des clés. Enfin, c'est vrai, je dis ce que j'en pense. Et ça reste à discuter. Je n'ai pas la prétention de dire ce qu'il faut en penser, c'est juste un regard. L'intérêt d'un regard c'est qu'il en provoque d'autres. Le cas Wilmots, selon moi, c'est la dualité et l'hypocrisie d'un discours. Un homme se dit je vais dans le système (NDLR : en entrant au Sénat), je dis que je vais le changer, de manière grotesque parce que je vais là où je n'ai pas les moyens de faire ce que je dis que je vais faire, je constate que je ne peux rien faire, donc je me retire. Et je ne me retire pas entièrement parce que je ne voudrais pas que mon parti perde un siège au Sénat. On pourrait aussi ne pas être d'accord avec cette vision et dire que Wilmots est un honnête homme perdu dans un panier de crabes, ce que je ne crois pas. Au moins, le débat est ouvert.
Et si Wilmots avait défendu un siège PS, vous l'auriez traité de la même manière ?
C'eut été la même chose, évidemment. Ce lien avec le PS, je le traînerai toute ma vie comme un boulet et je l'assume, mais je n'ai pas changé de conception. Je suis un compagnon de route du PS depuis longtemps. J'avais ma carte et je ne payais pas mes cotisations parce qu'on ne me les demandait pas. Ce qui est conforme finalement à ma sensibilité. Je suis proche de ce parti, je suis un compagnon de route de ce parti. Il y a aussi des côtés qui me révulsent profondément dans ce parti, il y a des gens pour qui j'ai un immense respect indépendamment de ma vie privée, et je trouve qu'il a une place importante à jouer dans le respect de certaines valeurs qui sont les miennes. Mais je ne suis marié à personne sur le plan politique. Ce que je dis là, je pouvais le dire il y a dix ans quand je ne connaissais pas Laurette. Alors, ou bien je me taisais en disant : ma vie privée est une muselière, ou bien j'acceptais de parler en acceptant aussi le soupçon. Mais en même temps, le problème se pose aussi sur le plan professionnel. Le parquet de Liège a essayé de m'empêcher d'intervenir dans un dossier au prétexte que ma femme est ministre de la Justice. Incroyable. En fait ici, elle n'a rien lu de ce livre. Cela fait partie de ma vie à moi.
Propos recueillis par

JEAN-PIERRE BORLOO


(1) « Quand politique et droit s'emmêlent », Marc Uyttendaele et Anne Feyt, Ed. Luc Pire, 2006.

Marc Uyttendaele, les affaires, ses amours

Droit et politique font-ils bon ménage ? Un livre pour en parler. Nous vous livrons ci-dessous la version longue de l'interview de Marc Uyttendaele au "Soir".
J e ne suis pas un militant. Je suis passionné de politique, je suis avocat et c'est mon regard. » Alors qu'il présente son livre Quand politique et droit s'emmêlent - dont Le Soir publie aujourd'hui quelques bonnes feuilles -, Marc Uyttendaele clame son indépendance dans l'entretien qu'il nous a accordé.
Indépendance vis-à-vis de Laurette Onkelinx, son épouse : « Elle, c'est elle, et moi, c'est moi ». Indépendance à l'égard du PS : « Je ne suis marié à personne sur le plan politique ». Indépendance d'esprit, tout simplement : « Si je n'ai pas fait de politique, c'est parce que je me sens insoluble dans un groupe, quel qu'il soit ». Uyttendaele livre donc son regard. Sur la monarchie, Charleroi et ses affaires, Marc Wilmots, la Constitution wallonne... Fort et forcément ambigu à la fois.


Après La Carolo, Immo Congo: Van Cau out?


Ambiance surréaliste à Charleroi. Van Cau reste omniprésent. Rares sont ceux qui croient que cela durera. Surtout après la nouvelle affaire Immo Congo, qui le fragilise un peu plus encore. Pourtant, tout le monde fait semblant. Refus de tirer sur une ambulance ? Peur, plutôt, de déplaire à un homme qui, même un genou à terre, continue à faire feu sur quiconque brise l’omerta. Personne ne possède de recette magique pour sortir Charleroi du marasme.

Une seule certitude est partagée par pratiquement tous les interlocuteurs, dans tous les milieux : rien de sérieux ne sera possible aussi longtemps que Jean-Claude Van Cauwenberghe restera le patron du socialisme carolo. Tant que celui-ci fera de l’ombre aux rénovateurs de son parti – et à ses partenaires du MR et du CDH – Charleroi continuera à souffrir. De son image de marque désastreuse. De réformes appliquées à contrecoeur. D’un climat malsain, dominé par la peur. Une peur qui explique l’étrange mutisme actuel.

Depuis les élections du 8 octobre, plus personne dans le monde politique carolo – hormis l’opposition Ecolo – ne formule la moindre critique à l’égard de Jean-Claude Van Cauwenberghe. Publiquement s’entend. Car, en off, rares sont ceux qui le jugent encore apte politiquement à diriger le premier parti de la ville. Mais tout le monde se tait. Au PS, les rénovateurs disent vouloir serrer les rangs. Ils font même semblant de récuser le clivage rénovateurs-conservateurs.
« Aujourd’hui, cette différenciation n’a plus lieu d’être. Nous faisons
partie d’une même équipe socialiste, déterminée et motivée »,
explique Eric Massin, futur échevin, catalogué « rénovateur ». Diplomatiquement, et quel que soit son véritable sentiment personnel, on voit mal celui qui est aussi l’actuel président de la fédération socialiste de Charleroi, tirer à boulets rouges sur Van Cau.
« Je comprends Eric, commente un élu hennuyer non carolo, mais là, il fait de l’excès de zèle. Rien ne l’obligeait à nier ce clivage anciens-modernes, qui existe plus que jamais ». Et d’ajouter : « Au moment où le ministre Courard, et aussi, dans une certaine mesure, le Boulevard de l’Empereur, pressent Van Cau à faire un pas de côté, ce n’est pas le moment de dire ‘Van Cau-rénovateurs, même
combat’… Surtout quand on n’en pense pas un mot ! ».
Intimidation permanenteComment expliquer cette attitude prudentissime des socialistes carolos les plus critiques par rapport à un Van Cau qui a tout de même perdu de sa superbe ?
« La raison, c’est que son pouvoir de nuisance demeure important, analyse un membre du PS local. Son système, c’est l’intimidation permanente. Il possède un réseau de fidèles qui fonctionne efficacement. Ils exercent les pressions qu’il
faut, là où il faut. Si un élu s’écarte si peu que ce soit de la ligne Van Cau, il est directement rappelé à l’ordre, notamment par de nombreux coups de fil ».
Un élu socialiste confirme, toujours en prenant garde de ne pas être cité nommément :
« Je n’ai jamais été un rebelle. Mais il m’est arrivé de poser des questions sur certains dossiers. J’ai vite compris que c’était déplacé. On m’a demandé quelle mouche m’avait piqué. A quel parti j’appartenais pour me comporter ainsi.
Après deux engueulades de ce type, vous n’osez plus rien dire. Et vous la fermez, quoi qu’il arrive ».
Une seule élue est passée outre aux intimidations, la députée wallonne Ingrid Colicis.
« Elle en paie aujourd’hui le prix, souligne notre interlocuteur. Elle est la bête noire de Jean-Pierre De Clercq, qui l’injurie chaque fois qu’il en a l’occasion, et de Jean-Claude Van Cauwenberghe, qui a mis son veto absolu à sa nomination à un poste d’échevine. Ils vont continuer à tout faire pour la casser. Et, croyez-moi, personne ne volera à son secours. De peur de prendre des coups !».
Un audit ravageur ?Au MR et au CDH, la prudence est également de mise. Pas question de prendre de haut le nouveau partenaire. D’autant que Charleroi vit une sorte d’entracte. Chacun attend la mise en place du nouveau collège. Comme dans toutes les autres villes ? Pas vraiment, car à Charleroi ce nouveau collège, qui ne sera plus monocolore, sera l’équivalent d’un passage de l’ancien au nouveau régime. Chacun attend aussi les résultats de l’audit des services de la ville. « Certaines découvertes assez effarantes ne sont pas à exclure », glisse un proche du pouvoir. Le passif de Van Gompel & Co à la tête de la Ville pourrait donc être encore plus lourd que prévu. Van Cau, leur mentor, ne modifiera sans doute pas sa ligne de défense : n’exerçant plus de responsabilité à la Charleroi depuis onze ans et demi, il n’était au courant de rien. Quoi qu’il en soit, un audit ravageur confirmerait le naufrage de ses hommes de confiance. Et le fragiliserait encore davantage. A ce moment, socialistes rénovateurs et partenaires de la majorité accentueront-ils la pression sur Van Cau pour qu’il se mette sur la touche à Charleroi ? D’aucuns le pensent. Sans nouveau météorite politique, ce n’est pas certain, tant reste omniprésente la peur de déplaire à un homme qui, même un genou à terre, continue à faire feu sur quiconque brise l’omerta. Outre le cas d’Ingrid Colicis, celui de Marielle Floriduz est tout aussi éloquent. La conseillère communale et ex-leader (écartée par la famille De Clercq) de la section de Goutroux, est désormais interdite de présence aux réunions socialistes par Van Cau en personne. Une version déroutante de la rénovation made in Charleroi…Les « hasards » d’Immo Congo

Quelle météorite politique pourrait faire tomber Van Cau ? La chute de Van Cau ! Tout Charleroi ne pense qu’à ça depuis belle lurette. « Politiquement, en toute logique, il devrait déjà être au tapis depuis un certain temps, sourit un camarade. Mais il est sans doute trop malin pour avoir commis des actes pénalement condamnables. Ceux qui tablent là-dessus vont un peu vite en besogne. Il est douteux qu’il n’ait pas profité du système qu’il a lui-même inspiré. Mais il a agi moins bêtement que ses sous-fifres qui n’ont pas pris de précaution pour installer une chaudière dans la maison de campagne de Despiegeleer, aux frais de la Ville ».
La météorite politique qui pourrait changer la donne sera-t-elle l’affaire dite Immo Congo, récemment mise à l’instruction ? A ce stade, rien n’est moins sûr. Même si une accumulation de « hasards » braquent une fois de plus les projecteurs sur Van Cau et son entourage.

L’affaire – en fait, une opération immobilière douteuse qui semble avoir coûté cher à la Région wallonne et à la Communauté française - remonte à début 2004. La délégation Wallonie-Bruxelles à Kinshasa doit trouver d’urgence une nouvelle implantation. Un appel d’offres est lancé auprès de sociétés immobilières belges, remporté par Intelligence et Communication (IC), une société bruxelloise. D’après Hervé Hasquin, président du Gouvernement de la Communauté française à l’époque, Jean-Claude Van Cauwenberghe, à l’époque ministre-président wallon, aurait tenté in extremis, cinq minutes avant la réunion du Gouvernement, de faire reporter la décision. En pure perte, le marché est attribué à IC.
Par la suite, le Gouvernement de la Région wallonne avalise également. Mais quelque temps plus tard, la société évincée, Congo Walloninvest, réussira à rentrer dans le jeu par la bande. Les deux gouvernements acceptent en effet qu’une nouvelle société, Immo Congo, créée…deux jours auparavant, se sibstitue à IC. La moitié des actions de cette nouvelle société sont détenues par IC et l’autre moitié par la société Caparmar, elle-même actionnaire pour moitié de Congo Walloninvest, la société initialement évincée. Les trois sociétés, Immo Congo, Caparmar et Congo Walloninvest sont gérées par Sabine Gaucquier, épouse de Daniel Lebrun, un réviseur d’entreprises très proche de Van Cau (en fait, « son » financier, qui a révisé les comptes de Charleroi pendant plusieurs années, sans jamais rien remarquer d’anormal)! Simples coïncidences ? Ce sera à la justice de trancher.
Mais politiquement, une fois de plus, le dossier est gênant pour Van Cau. Pas seulement parce qu’il est suspecté – et rien d’autre à ce stade – d’avoir manœuvré dans les coulisses pour avantager des membres de son entourage. Mais aussi parce qu’une fois de plus, il ne s’est pas comporté en homme de gauche soucieux de rigueur dans sa gestion de l’argent public. « L’argent des travailleurs, Van Cau s’en soucie peu, grince un socialiste critique. Sa culture de la majorité absolue à Charleroi lui fait penser que ce qui est bon pour le chef du parti majoritaire est bon pour le peuple. Et il a tout naturellement importé ses méthodes à la Région wallonne ».
Peu rigoureux, Van Cau ? La question est posée (elle s’adresse aussi au libéral Hervé Hasquin, à l’époque patron de la Communauté française) puisqu’au bout du compte, Région wallonne et Communauté française paient mensuellement près d’un million d’anciens francs belges (270.000 euros par an) la location du bâtiment occupé dans la capitale kinoise par la délégation Wallonie-Bruxelles. Le dossier avait pourtant reçu un avis défavorable de l’Inspection des Finances. Un conseiller financier indépendant, sollicité de la Région wallonne, avait fixé à 180.000 euros maximum le montant acceptable du loyer annuel, étant donné les prix du marché. Van Cau est passé outre, de même qu’Hasquin. Autre constat qui pose question : le bail, d’une durée de 20 ans, impose à la Région wallonne et à la Communauté française de payer la location pendant ces 20 années, quoi qu’il arrive au bâtiment : un incendie, une mise à sac, voire une expulsion, pas à exclure dans cette contrée pour le moins instable politiquement. Est-ce vraiment cela, gérer l’argent public en bon père de famille ? Mais aussi, cela pose la question de la validité du marché attribué initialement à IC par le Gouvernement d’Hervé Hasquin, puisque le contrat devait déjà être déséquilibré dès ce moment-là... Van Cau n’est donc sans doute pas le seul à pouvoir être blâmé dans cette affaire.

Van Cau out : fantasmes et réalitéAprès cette nouvelle affaire, l’ex-ministre président wallon va-t-il trébucher pour de bon ? Van Cau out ? Plus que jamais, tout Charleroi ne pense qu’à ça. Sauf coup de théâtre judiciaire – en clair une inculpation, nécessitant une levée d’immunité parlementaire – la mise à l’écart politique de Van Cau n’est sans doute pas pour demain. « Aussi longtemps que les camarades de Charleroi se laisseront intimider par Jean-Claude Van Cauwenberghe, je crains fort qu’il s’accroche dans les allées du pouvoir et que rien ne change en profondeur, analyse un élu socialiste. Je n’ai pas de conseil à leur donner, si n’est : ‘Montrez lui que vous n’avez pas peur !’. C’est la seule façon de changer la vie, à Charleroi ».