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14 mai 2008

Daerden n'abandonne pas sa vignette

Par contre, l'idée d'une taxation au kilomètre pour les véhicules de moins de 12 tonnes est totalement inacceptable pour Michel Daerden, qui répète que "l'opération vignette" doit avoir un coût nul pour les citoyens.
La question d'une taxation au kilomètre pour les véhicules de plus de 12 tonnes, souhaitée par la ministre flamande de la Mobilité, Kathleen Van Brempt (sp.a), n'est pas rejetée du côté wallon. Mais le ministre wallon de l'Equipement, Michel Daerden, estime alors qu'il faut appliquer le système forfaitaire de la vignette pour les véhicules plus légers.
L'idée de la vignette a été évoquée à plusieurs reprises par le ministre Daerden. Mais le dossier n'a jamais fait l'objet d'un accord entre les trois Régions. La proposition d'une taxe kilométrique pour les camions, à l'image de ce qui se fait notamment en Allemagne et aux Pays-Bas, en remplacement de l'eurovignette, doit également faire l'objet d'un accord de coopération.
Le ministre Daerden a rencontré très récemment le secrétaire d'Etat à la Mobilité, Etienne Schouppe, et lui a dit qu'il était favorable à la taxation kilométrique. Mais pas sans que le dossier de la vignette ne soit rouvert.
Par contre, l'idée d'une taxation au kilomètre pour les véhicules de moins de 12 tonnes est totalement inacceptable pour Michel Daerden, qui répète que "l'opération vignette" doit avoir un coût nul pour les citoyens.
"Si on s'inscrit dans la logique de la vignette, je supprimerai la redevance radio-véhicule. Ainsi, l'impact financier sera nul. Par contre, il est impossible de faire une opération blanche si le péage n'est pas forfaitaire", a-t-il conclu.

09 avril 2008

Reynders n'invite pas Demeyer, Daerden se fâche

Le bourgmestre de Liège et président de la fédération liégeoise du PS, Willy Demeyer, doit être invité à la réunion que souhaite organiser le président du MR, Didier Reynders, afin de faire avancer des dossiers essentiels pour la ville, estiment les ministres socialistes liégeois, Michel Daerden et Jean-Claude Marcourt.
M. Reynders a envoyé un courrier aux ministres liégeois Michel Daerden, Jean-Claude Marcourt et Marie-Dominique Simonet (cdH) ainsi qu'au co-président d'Ecolo Jean-Michel Javaux en vue de tenir cette réunion dans les semaines qui viennent. A son ordre du jour figureraient des dossiers liés à la reconversion économique, au chômage ou à la mobilité.
Le président du MR n'a toutefois pas convié le bourgmestre et président de la fédération PS, M. Demeyer. Dans un entretien accordé à "La Meuse", il s'en est expliqué: "certes Willy Demeyer peut décider pour la ville de Liège mais celle-ci n'a pas d'argent. Je préfère donc avancer avec des ministres qui ont les moyens de le faire". Et de regretter le manque de réaction de la Ville, "même sur les choses simples".
Dans ces conditions, M. Daerden a fait savoir qu'il ne participerait pas à une telle réunion. "Il serait illogique de mettre autour de la table des ministres ainsi que M. Javaux et ne pas inviter Willy Demeyer", a-t-on souligné à son cabinet.
M. Marcourt appelle quant à lui M. Reynders à dépasser les querelles personnelles. "Il est important que les ministres liégeois et wallons se parlent au-delà de leur appartenance politique. Il est évident que le président de la fédération PS doit être présent à une telle réunion. C'est dommage que M. Reynders fasse primer des querelles de personnes. Il faut aller au-delà pour s'occuper des problèmes de la ville", a-t-il demandé.

02 avril 2008

Le Country Hall, rêve devenu cauchemar

Le vaisseau amiral du spectacle liégeois revient de loin. Sauvé des eaux en 2007, il devrait bientôt être géré par une nouvelle équipe. L'appel d'offres est bouclé ce lundi. Retour sur une incroyable saga.

ENQUÊTE
Le pouvoir a une brique dans le ventre. Une vertu que François Mitterrand avait cultivée en bâtissant la Grande Bibliothèque de France, la Grande Arche de la Défense ou la pyramide du Louvre. Plus végétarien, Jacques Chirac avait opté pour le musée du quai Branly et ses cascades de verdure. Quelle que soit sa marotte, tout ego d'un puissant se cristallise autour de cet impérieux besoin d'ériger un Panthéon. À sa mémoire.
Plus proche de nous, cette ambition foisonne avec la même intensité. Mais à moindre échelle. Quand il s'agit de laisser une trace de leur passage, nos éminences ne peuvent enfoncer leurs pas dans l'histoire d'une même pointure que les pharaons hexagonaux…
Ici, une gare. Là, un circuit. Plus loin, une piscine ou un centre culturel. Voire un simple bouton de bretelle d'autoroute. Le tout surmonté d'une plaque commémorative authentifiant la signature du commanditaire, cisaillant fièrement le cordon de sa pérennité.
L'histoire du Country Hall de Liège illustre à merveille ce cocktail improbable où s'agitent tant de passions aux arômes contradictoires. Comme la responsabilité, l'ambition, la mégalomanie, l'impatience, l'amateurisme, l'aveuglement… Avec ce parfum tenace qui domine l'ensemble, la recherche inassouvie de reconnaissance, remède universel contre l'oubli.
Au terme d'une saga invraisemblable, le vaisseau amiral du spectacle liégeois revient de loin. À deux doigts de la faillite en 2007, il semble une nouvelle fois sauvé. Et en passe d'être bientôt géré par une nouvelle équipe de professionnels. Ce lundi, l'appel à manifestation d'intérêt lancé pour dégoter cette perle rare, capable d'exploiter un Country Hall budgétivore, sera bouclé. Des candidats se sont manifestés.
Retour sur la conquête d'un rêve politique qui a vite tourné au cauchemar.
Le rêve de Bavière
« Au Sportpaleis d'Anvers, il y a combien de places ? »
« 12.000, Monsieur le ministre. »
« Eh bien, on en fera 12.000 aussi ! »
Nous sommes à la fin 2001. La scène est rapportée par le témoin d'une réunion entre le ministre Daerden (PS) et une poignée d'acteurs locaux. Penchés sur le site en jachère de l'ancien hôpital de Bavière, ces derniers examinent la faisabilité du projet de construction d'une grande salle polyvalente qui viendrait couronner ce statut de métropole européenne tant convoité par la Cité ardente. Entourée de logements, la Cité des sports pour laquelle on ira jusqu'à prévoir… 14.000 places se doterait d'une patinoire, d'une piscine et d'une marina. La facture serait à la hauteur : 45 millions d'euros.
Après avoir approché plusieurs barons socialistes, Pascal Seret, lobbyman liégeois servant les intérêts du groupe français Bouygues, s'empare du projet. « Beau parleur, il ne lui a pas fallu longtemps pour convaincre les édiles », se souvient un observateur. « L'idée consistait à doter Liège d'un outil ayant la capacité de Paris-Bercy. Mais sans avoir la manne de spectateurs potentiels de la capitale française ! »
Les premiers à sonner l'heure du retour au sol sont d'autres socialistes liégeois : « Ils consultaient en groupe restreint autour de Pascal Seret qui avait déjà laissé quelques ardoises ailleurs, se souvient ce mandataire PS. Dans leurs réunions, pas un spécialiste du spectacle n'a été consulté ! »
Un autre ajoute : « 14.000 spectateurs ! Seuls trois chanteurs français peuvent en attirer autant. Ils allaient faire comment ? »
« Cet investissement n'était pas opportun. Je l'avais expliqué à Michel Daerden », confirme l'ancien ministre Jean-Pierre Grafé (CDH). « Plusieurs professionnels du spectacle m'avaient prévenu. Les outils polyvalents ne fonctionnent jamais. Et Liège ne pourra pas rivaliser avec Bruxelles ou Anvers ».
Le doute s'installe. Le bourgmestre Demeyer (PS) quitte le navire. Son échevin de l'urbanisme aussi. Le ministre José Darras (Écolo) évoque au gouvernement wallon les problèmes de mobilité causés par un tel mastodonte au cœur de la ville. Début 2003, le projet est abandonné. Pascal Seret remballe ses plans. Un proche conclut : « Il a encore causé quelques déboires (dont le déclenchement d'une enquête judiciaire sur l'attribution du marché au groupe Bouygues pour la construction du stade Luc Varenne à Tournai, NDLR) avant de s'installer à Cannes. »
Le hasard du Standard
L'échec de Bavière n'altère en rien la volonté inoxydable de Michel Daerden. D'autant que le virtuose de la calculette avait déjà réuni la somme de 9 millions d'euros de subsides via son portefeuille régional des Infrastructures sportives. « Comme Grafé avait réalisé le tunnel de Cointe, il voulait aussi laisser un grand témoignage », se souvient cette éminence.
Très vite, le ministre s'intéresse au Sart Tilman (sur les hauteurs de Liège), où subsistent les 30 hectares du site du bois Saint-Jean et ses installations sportives fanées par le temps. Certains lui opposent leurs réticences : « Guy Mathot avait tenté de l'en dissuader mais avait abandonné pour lutter contre la maladie, nous confie un témoin. D'autres ont essayé. En vain. »
Le bois Saint-Jean avait été acquis en 1967 par le Standard pour y installer son club de basket dans une salle pyramidale dessinée par l'architecte liégeois Charles Vandenhove, associé à l'époque au bureau Greisch (nous y reviendrons). En 1994, le Standard rencontre des difficultés financières. Il vend le domaine à la Communauté française pour y développer ses activités sportives (Adeps). En 2003, lorsque Daerden lève son regard gourmand vers le Sart Tilman, ces infrastructures sportives se trouvent dans un état de semi-abandon. L'équipe de Basket Liège (ex-Fléron), qui a remplacé le Standard, occupe la salle depuis son accès en division 1. Et commence à refuser du monde à l'entrée.
Parallèlement, une autre idée émerge dans l'enfer de Sclessin : la création d'un centre de formation top-niveau pour les jeunes footballeurs. Ami inconditionnel de Luciano D'Onofrio, vice-président du Standard, Daerden était prêt à l'accueillir sur sa commune. Mais cette fois, il dispose de tous les leviers pour réaliser un échafaudage comme il en raffole.
Le grand accord
Au sommet du montage financier, la puissante intercommunale SLF (Société de leasing et de financement) deviendra le réceptacle des subsides publics tout en servant de banque prêteuse et de coordinatrice du projet. Les grandes manœuvres peuvent alors être lancées sous l'égide du ministre multicasquettes.
En mai 2004, la Communauté française signe un bail emphytéotique avec la SLF qui obtient les 30 hectares du bois Saint-Jean. Trois cinquièmes du site sont réservés au futur centre de formation du Standard. Pour une raison que la logique ne peut expliquer, le club ne s'acquittera que du tiers du loyer annuel, à savoir 50.000 euros. Le solde, qui comprend la salle existante, appelée Country Hall, et quelques installations annexes, sera transformé en salle polyvalente, inspirée par le défunt projet Bavière. Solidement revu à la baisse.
La SLF finance les 15 millions d'euros nécessaires au centre de formation du Standard et, dans l'élan, avance 5 millions pour réchauffer le terrain de Sclessin. Et 20 autres millions sont réservés à l'aménagement de la grande salle. Pour parfaire son tour de table, Michel Daerden recherche des partenaires. Il les trouvera… en Croatie.
En juin 2004, la presse liégeoise participe aux « Olympiades des journalistes », un événement où les édiles locaux aiment s'inviter, dont le gouverneur Paul Bolland (PS) et quelques députés permanents. « Daerden a créé la surprise en déboulant parmi nous, rappelle un participant. Dans l'ambiance décontractée, il a présenté son idée aux représentants de la Province. »
Bingo ! Le ministre revient à Liège avec cette promesse. La Province financera le projet à raison de 750.000 euros par an durant vingt ans. En contrepartie, Paul Bolland, proche de la pension, reçoit la direction bénévole de la société de gestion de la future salle. À côté de Liège Basket, principal locataire, la société assurera le remplissage du Country-Hall en accueillant d'autres événements. Pour les y aider, deux comités d'accompagnement de professionnels du spectacle et du sport sont annoncés. Ils ne verront jamais le jour. Erreur magistrale !
Un marché
contesté
Le chantier peut commencer. Légitimée dans ce rôle par les neuf millions de subsides régionaux, la SLF devient maître de l'ouvrage. Tout s'accélère. Le permis unique est accordé en mai 2005, à la fin de la saison de basket. Et il faudra terminer le chantier pour le mois d'octobre, moment où le Country-Hall accueillera la Coupe du monde de tennis de table avant la reprise de la saison de basket.
Coordinateur général de la SLF, mayeur socialiste de Flémalle et présent dans une kyrielle d'organismes publics, Gilbert Van Bouchaute coiffe son nouveau casque de chantier. Il sera secondé par Sabine Maquet, directrice de la SLF. « Tous deux sont proches de Daerden. Le premier est comptable de formation, la seconde puéricultrice, relève cet administrateur de la SLF. Ils n'avaient pas vraiment toutes les dispositions requises pour mener un tel projet à bien. » Un autre ajoute : « Nous avons dû leur faire confiance. À chacune de nos questions, Gilbert nous répondait : “Tout va bien.” Avec Daerden et sa bande, c'est toujours pareil. Ils se réunissent dans une cabine téléphonique pour tout décider. »
Pour déterminer le nombre final de places au sein du Country-Hall, Gilbert Van Bouchaute nous explique sa méthode : « La taille critique s'est concrétisée au moment du marché, à savoir de 5.500 à 7.500 places, selon la configuration. Pour établir le cahier de charges, nous nous sommes fait aider par des bureaux d'ingénieurs. » Une méthode qui suscite aussitôt l'ire de Charles Vandenhove, l'architecte initial du bâtiment à transformer. En avril 2005, il défend sa thèse devant la justice liégeoise. « La SLF avait truqué le marché, tempête-t-il encore. Greisch, le bureau chargé de l'étude de faisabilité, ne pouvait pas participer au concours européen. Or, c'est lui-même qui est sorti du chapeau. Comme par hasard, les conditions du marché ont été calquées sur le projet présélectionné du bureau Greisch. » L'architecte prétend encore que la SLF a tenté de racheter son silence « en lui proposant de cosigner le projet Greisch, ce que j'ai refusé ! »
Dans le camp Daerden, la réplique est cinglante : « Vandenhove invente toutes sortes de considérations. Il refusait que l'on puisse toucher à son œuvre, le tribunal l'a logiquement débouté. » Quant au bureau Greisch, pépinière d'ingénieurs et d'architectes ayant coréalisé le viaduc de Millau en France, nos appels successifs sont restés sans réponse.
Daerden voit rouge
Précipitation, amateurisme, imprévoyance ? Plusieurs bourdes seront à l'évidence commises durant les travaux. Et se payeront cash. L'étude de faisabilité ayant été vite expédiée, les ajouts se sont accumulés. Un deuxième hall omnisports a dû être construit pour que Liège Basket libère la grande salle en cas d'événement (3,4 millions d'euros). En plus d'un bassin d'orage, il a fallu installer des parkings, non budgétisés (2,3 millions). Sans parler de l'éclairage extérieur (500.000 euros), des plantations (125.000 euros), des bâtiments administratifs à rafraîchir (364.000 euros)… Après quelques mois d'utilisation du Country-Hall, il faudra de surcroît remplacer la tribune mobile qui impose trois jours de démontage pour passer de la configuration sportive à la configuration spectacle (270.000 euros). Avec autant de jours de rentabilité perdus. « À l'automne 2006, Gilbert Van Bouchaute est venu nous présenter un papier manuscrit au conseil d'administration, se souvient un témoin de la scène. On était passé de 20 à 35 millions d'euros. Mais comme toujours, ça allait s'arranger… Nos interpellations n'étaient pas retranscrites dans le compte rendu du conseil. »
Après les bravos dus à la prouesse technique et à l'inauguration réussie du 18 octobre 2006, l'heure du bilan sonne le glas de l'enthousiasme général. En décembre, la société de gestion devait signer la convention de remboursement qui la lierait à la SLF, après une année de lancement durant laquelle elle avait confié au gestionnaire du Forum (la salle de spectacles mythique de Liège) le soin de remplir le Country-Hall. Soit trois spectacles par an (Bigard, Julien Clerc, Aznavour…).
Les 750.000 euros annuels de la Province, auxquels s'ajoute le parrainage de 200.000 euros d'Ethias, couvrent les frais de fonctionnement. Mais ne permettent pas de rembourser l'emprunt. Une nouvelle fois, Daerden est appelé à la rescousse. « Qu'ils gèrent leur merde ! », lâche-t-il d'abord, exaspéré. Sa colère passée, il se ressaisit. Ce projet existera ! Il en rêve.
Jouant les commis voyageurs, le ministre fait la navette entre les différents acteurs pour dégager une solution. Mais ces derniers commencent à se cacher sous la table. « Notre contrat de sponsoring était résiliable annuellement », explique Jean-Pierre Grafé, ex-président d'Ethias. « Après un an, nous avons hésité à tout arrêter. Notre visibilité n'était pas suffisante, le contrat n'avait pas été respecté. Le Country-Hall Ethias de Liège était une grande déception. » Quant à la Province, elle refuse de voir sa dotation augmenter d'un kopek. Michel Daerden se retrouve dans l'impasse.
Jamais à court d'idées, il se tourne alors vers Claude Eerdekens (PS), ministre des Sports, pour éponger son passif. « Je ne voulais pas que la Communauté française mette le doigt puis le corps dans ce bazar, nous souffle le mayeur d'Andenne. Mon idée était de créer un centre sportif de haut niveau au Sart Tilman. On aurait cassé le bail initial et remboursé l'investissement sur 20 ans à la SLF. »
L'idée n'aura pas le temps de faire son chemin. Après les élections de juin 2007, Elio Di Rupo dégomme Eerdekens et confie les Sports à… Daerden. « J'ai aussitôt compris que le Country-Hall était sauvé, s'amuse ce baron libéral. Et de fait, il n'a pas fallu attendre pour voir poindre la solution. »
La solution
Le 16 octobre 2007, Michel Daerden, soulagé, annonce la couleur. Il a conclu un grand accord avec lui-même (n'est-il pas ministre des Sports, ministre du Budget, ministre des infrastructures sportives ?). Pendant 25 ans, la Communauté française payera un million d'euros annuels. En contrepartie, elle bénéficiera de la petite salle omnisports et des bureaux adjacents pour l'Adeps, avant de récupérer l'ensemble du site au terme de cette location.
« En clair, la Communauté française, plutôt désargentée, réglera la facture à la SLF, une société anonyme de droit privé », raillent des mandataires libéraux et écologistes.
D'autant qu'il subsiste un important souci : l'amélioration du taux d'occupation du Country-Hall et la viabilité financière du projet. Interrogé sur ce point, Paul Bolland, président sortant de la société de gestion, nous accorde 43 secondes d'explications agacées : « J'ai assumé mon rôle de mise en route de l'outil. La gestion a été compliquée car on partait de rien. Le compte d'exploitation 2006 dégage un bénéfice de 200.000 euros (sans remboursement du prêt, NDLR). L'outil est rentable et nécessaire. Pour la suite, voyez avec mes successeurs. »
Ceux-ci sont désignés fin 2007 sur la base de la clé D'Hondt en usage à la Communauté française (trois PS, deux MR, un CDH auxquels s'ajoutent un représentant de la SLF, un autre de la Province). Conscient de l'enjeu, Daerden se rend lui-même à l'installation des membres avec ce seul mot d'ordre : « Ils devront éviter l'amateurisme de leurs prédécesseurs. »
En odeur de disgrâce depuis ces dernières « performances », Gilbert Van Bouchaute est écarté. Il a d'ailleurs, quelques semaines plus tard, dû quitter la SLF. Secrétaire communal d'Ans, ami inconditionnel de Daerden, Walter Herben assume désormais la présidence de la société de gestion et a été chargé de lancer l'appel d'offres européen pour trouver un gestionnaire de la grande salle : « Il devra assurer des activités sportives (75 %) et culturelles grand public », explique-t-il.
L'examen des candidatures est fixé au 17 avril, les intéressés présentant expérience et assise financière suffisante se verront ensuite recevoir le cahier des charges.
La perle rare devrait prendre dès le 1er septembre prochain – et pour une concession de trois ans renouvelable – les rênes du Country-Hall, ce paquebot infernal pour les finances publiques.
Dont le spectacle le plus décoiffant restera sans nul doute ce vaudeville invraisemblable : « Papa danse avec les sous. »

Country Hall : la controverse

LIÈGE. LA COMMUNAUTÉ FRANÇAISE DÉBLOQUE 25 MILLIONS D'EUROS. OFFUSQUÉS, sceptiques ou plutôt réjouis, les politiques liégeois apprécient diversement la solution Daerden pour le Country Hall.

C’est l’accueil de la Coupe du monde de tennis de table qui a motivé l’investissement de 34,3 millions d’euros dans l’extension du Country Hall au Sart Tilman. Photo PhotoNews.
Sauvée du gouffre financier par celui qui l'avait placée dans cette situation, la salle événementielle du Country Hall (5.000 places) au Sart Tilman est, en principe, repartie sur des bases financières saines (Le Soir du 17 octobre).
Le prix ? Un investissement massif consenti par la Communauté française (1 million d'euros par an pendant 25 ans) qui servira à rembourser l'emprunt effectué en 2004 par la Société de leasing et de financement (SLF). Un choix effectué par celui qui à la fois tient les cordons de la bourse à la Communauté et est ministre des Sports : le socialiste Michel Daerden. Quant à la gestion de la salle, elle devrait être confiée à celui qui en est l'occupant principal pour le moment : Jean Joly, le président de Liège Basket.
Si la décision risque d'enterrer le projet de centre sportif de haut niveau imaginé à Liège-Seraing et Mons (coût : 25 millions d'euros) par le précédent ministre des Sports de la Communauté française, Claude Eerdekens (PS), elle suscite des réactions très divergentes au sein du monde politique liégeois.
Christine Defraigne, sénatrice de communauté (MR). « La Communauté française, déjà exsangue, bouche les trous d'une infrastructure qui a été mal gérée. Est-ce bien là son rôle ? Et si elle le fait, quels sont les projets qui sont sacrifiés et les artifices budgétaires imaginés par le ministre des Sports et du Budget ? Pour moi, il ne s'agit que d'une rustine sur une vieille chambre à air. À l'époque, le Country Hall est sorti comme un champignon sans qu'une étude de marché ait été réalisée au niveau de la viabilité d'une telle salle de spectacles et d'événements sportifs. Résultat : la salle n'a jamais été rentable. La solution sortie du chapeau de Michel Daerden ne donne pas à nouveau l'assurance d'une rentabilité dans le futur, en particulier en ce qui concerne l'accueil de concerts qui n'ont jamais attiré la grande foule ».
Willy Demeyer, bourgmestre de Liège (PS). « Il était devenu urgent de trouver une solution pour stabiliser la gestion de la salle du Country Hall. Je suis heureux qu'elle ait été rencontrée et ce, avec des moyens supra communaux. Il est tout à fait logique que la Communauté française intervienne puisqu'elle a dans ses attributions le sport et la culture. La Ville de Liège apportera quant à elle ses effectifs policiers lors des grands événements ». Quant à savoir si la décision de libérer 25 millions d'euros pour le Country Hall hypothèque le centre sportif de haut niveau projeté sur les communes de Liège et Seraing : « On verra ».
Bernard Wesphael, député wallon (Écolo). « Je suis offusqué. C'est Michel Daerden qui a lui-même conduit la gestion du Country Hall à la faillite en ne prévoyant pas de structure de gestion suffisamment professionnelle. Aujourd'hui, avec ses multiples casquettes, il trouve une solution qui hypothèque les finances de la Communauté française. Que vont devenir les budgets alloués à l'Adeps, aux petites organisations culturelles et sportives ? OK, il fallait sauver le Country Hall. Mais pourquoi ne pas avoir mis des professionnels du spectacle et des événements autour de la table quitte à nouer un partenariat public-privé. L'erreur est là : la gestion de la salle a été trop politique alors qu'il aurait fallu trouver un opérateur privé après avoir lancé un appel d'offres ».
Alain Mathot, bourgmestre de Seraing. « La décision de Michel Daerden n'hypothèque pas pour l'instant la création d'un centre sportif de haut niveau à Liège et Seraing. Nous n'avons donc pas de souci par rapport à cela ».

Le Country Hall en débat
Liège La solution Daerden contestée au parlement de la Communauté française
Le MR et Ecolo fustigent l’erreur de gestion à l’origine du trou financier et le nouvel engagement de la Communauté française.
Bernard Wesphael (Écolo) et Christine Defraigne (MR) ont interpellé ce mardi le ministre Michel Daerden au parlement de la Communauté française au sujet du refinancement du Country Hall. Pour rappel, le ministre, qui s’est vu récemment ajouter les Sports parmi ses attributions, vient d’engager la Communauté française à garantir la bonne fin de l’emprunt concédé à la Société de Leasing et de Financement (SLF) pour la construction de ce méga-projet. La Communauté française payera une « location » de 1 million d’euros par an pendant 25 ans et bénéficiera de l’utilisation du hall omnisports et des bureaux ainsi que des terrains de tennis. La grande salle lui sera réservée 5 jours par an.
« À l’heure où la Communauté se plaint régulièrement qu’elle n’a pas d’argent pour ses sportifs, est-ce bien raisonnable ?, a demandé la libérale. Pourquoi ne pas avoir adopté la solution présentée par votre prédécesseur Claude Eerdekens, d’un coût équivalent mais plus avantageuse pour la Communauté ? » Enfin, Christine Defraigne a regretté, en s’adressant au ministre, la « colossale erreur de gestion à l’origine de tous vos problèmes ».
Même teneur pour l’Écolo, qui a déclaré voir « apparaître le nom de Daerden à tous les coins du dossier. Le refus d’Eerdekens d’intervenir comme Daerden le voulait lui a coûté son poste ministériel. Avec son remaniement, Elio Di Rupo s’est érigé en premier responsable de ce qui se passe aujourd’hui ». Le ministre a répondu qu’une note de son prédécesseur prévoyait l’implantation de disciplines sportives au Bois Saint Jean dans le cadre du projet de « centre sportif de haut niveau ». « Ce loyer n’affecte pas le sport de haut niveau car il concrétise une 1re phase en mobilisant un million sur les 2,6 prévus au budget », a-t-il précisé avant de rappeler qu’il était prévu, lors du « premier projet grande salle » de Bavière, de dépenser 45 millions d’euros pour l’implanter.
Non satisfait de la réponse, le groupe MR a, après le vote d’ajustement budgétaire 2007 de la Communauté, déploré « les mauvaises pratiques du ministre Daerden alors qu’il pérore en commission sur l’absolue nécessité d’un budget sain en Communauté française ». L’abcès n’est pas percé…

Un appel d’offres européen pour désigner le futur gestionnaire
Dans son interpellation au Parlement, Christine Defraigne s’interrogeait aussi sur la gestion future du Country Hall. « La grande salle et les VIP, activités susceptibles d’être rentables, seraient confiées à un partenaire privé et Jean Joly, contacté par vos soins, ne cache pas son intérêt », a-t-elle fait remarquer en intitulant « Mauvais comptes et bons amis » un communiqué sur le sujet. De fait, maintenant que les 25 millions sont injectés, comment le Country Hall va-t-il être géré ?
« Il n’y a aucune faille à ce dossier. Sur chaque point qui m’a été reproché, il y a une réponse », déclare le ministre Daerden en guise de préface. « La Communauté n’est pas perdante en investissant 1 million d’euros par an, c’est équilibré : elle aura la salle omnisports et l’Adeps peut transférer ses locaux dans les bureaux annexes. Enfin, elle retrouvera son bien après 25 ans et non 50 comme le prévoyait le bail emphytéotique ».
La Communauté Française se verra rétrocéder l’essentiel des parts de la société de gestion (613 des 615 parts). Le nouveau conseil d’administration de la société de gestion sera, d’après le ministre, mis en place à la mi-novembre sur base de l’application de la Clé D’Hondt. Il devrait être composé par huit nouveaux administrateurs, dont un de la SLF et un de la Province (qui conservent chacune une des 615 parts). Ce nouveau CA désignera celui chargé de « faire tourner » la grande salle et ses VIP.
Sur ce point, Michel Daerden avait cité Jean Joly, président du « Liège Basket ». Il est moins catégorique aujourd’hui : « J’interviendrai personnellement pour qu’il y ait un appel d’offres public, voire européen pour que la gestion soit optimale et que la salle positionne Liège au niveau européen. Jean Joly peut soumissionner comme les autres s’il répond au cahier de charges ». Le futur pilote de la grande salle payera un loyer de 75.000 euros par an. Mais devra garder à l’esprit que, au vu des importants subsides Infrasport concédés pour la construction des lieux, ces derniers devront être à 75 % dévolus au sport.

Van Bouchaute quitte la SLF

Le holding public liégeois change de direction
L’ex-mayeur de Flémalle a démissionné. Il a été poussé vers la sortie par une majorité d’administrateurs MR et PS.
Coup de tonnerre, mercredi soir, au bureau exécutif puis au conseil d’administration de la Société de Leasing et de Financement (SLF) : le socialiste Gilbert Van Bouchaute a tiré sa révérence. Il a annoncé qu’il « réorientait ses fonctions » et lâchait son poste de coordinateur général de cette intercommunale, bras financier de nombreux grands projets publics liégeois. Le changement sera effectif dès que Gilbert Van Bouchaute endossera ses nouvelles fonctions, non précisées, en mars. Il est remplacé par Sylviane Portugaels, financière à l’imposant CV (lire ci-contre). Le poste de directeur financier, vacant, est quant à lui confié à Bertrand Demonceau, jusqu’ici receveur communal à Visé.
« On ne pouvait plus continuer comme ça », conclut un mandataire MR, les libéraux détenant la vice-présidence de l’intercommunale. Le manque de transparence dans la gestion de ce holding public était régulièrement pointé du doigt par ses administrateurs. « Le climat de travail était intenable : chaque question posée à Gilbert sur un dossier lui paraissait suspecte, on n’osait plus dire un mot », confie un administrateur. En 2000, Gilbert Van Bouchaute avait accédé à la présidence de la SLF grâce à Michel Daerden. Cinq ans après, Daerden s’est, à son tour, hissé à la présidence. Vu l’incompatibilité légale avec sa fonction ministérielle il y tenait le rôle de « président empêché » remplacé par un échevin ansois aux missions plus que limitées. Un poste de coordinateur général avait alors été taillé sur mesure pour recueillir Gilbert Van Bouchaute.
Malgré la supervision ministérielle, le « dauphin » flémallois avait cumulé quelques boulettes dont la gestion du dossier du Country Hall, pour lequel la SLF était maître d’ouvrage et créancière. Le sauvetage financier de la SLF sur ce chantier, qui aura coûté 30 millions au lieu des 17 estimés, avait donné des sueurs froides au ministre Daerden, qui avait fini il y a quelques mois par ouvrir le portefeuille de la Communauté Française pour boucher les trous. Plus récemment, deux maisons de repos construites à Seraing et Flémalle sans financement solide ont aussi dû être sauvées du naufrage.
Opacité
Le holding, dont la structure et les missions avaient été imaginées par André Cools à la fin des années 80, fonctionne via des capitaux de financiers (Dexia, Ethias) et des fonds de pension d’autres intercommunales liégeoises. Il se veut « levier économique » afin d’aider les pouvoirs publics à trouver des solutions financières sur mesure quand des banques se montrent frileuses ou que la Région n’allonge pas de fonds. Les débiteurs remboursent leur créance soit avec un taux d’intérêts réduit, soit en délivrant à la SLF des participations dans l’institution. Parmi les projets financés par le holding figurent également les rachats et isolations des maisons autour de Bierset, des « coups de pouce » à différentes institutions hospitalières ou les expropriations autour de la gare Calatrava.
La SLF fut rapidement assimilée à un efficace outil de pouvoir. Il y a une dizaine d’années, Michel Daerden y voyait la structure idéale pour concrétiser la communauté urbaine dont on parlait, déjà depuis longtemps L’opacité régnant au pilotage de l’outil, regrettée par ses administrateurs de tous partis confondus, a fait fuir les communes, tuant le concept dans l’œuf. Puis a poussé Gilbert Van Bouchaute, pas soutenu par le MR et lâché par une partie de ses pairs socialistes, vers une discrète porte de sortie.
L’arrivée de la nouvelle coordinatrice et du directeur financier sonne comme la fin de la récréation. Mais aussi comme le début d’un nouvel enjeu : il faut raviver l’outil et lui conférer, enfin, une véritable image d’efficacité.

Fin de parcours à la Société de Leasing et de Financement pour Gilbert Van Bouchaute qui cède le relais à Sylviane Portugaels.
Sylviane Portugaels, une véritable financière
Taille fine et chevelure couleur paille, Sylviane Portugaels n’affiche pas les 46 ans qu’annonce sa carte d’identité. Et son CV chargé donne une vraie leçon aux amateurs de blagues sur les blondes…
Embauchée au cabinet Daerden en 2005, la financière ne se retrouve pas à la tête de la SLF en arborant sa carte du parti : elle a terminé première aux examens d’embauche. « Elle, c’est une vraie financière », commente-t-on au MR.
Son diplôme d’administration des affaires sous le bras, Sylviane Portugaels a débuté sa carrière chez Unisys, aux Hauts-Sarts, où elle a terminé comme responsable de la comptabilité générale et analytique. En 1989, elle entrait chez Degrémont, filiale du groupe Suez, comme directrice financière. Elle en était devenue la directrice générale quand, en 2005, elle a pris la tête de la Cellule d’information financière de la Communauté Française et de la Région.
« À la SLF, je vais combiner l’expérience du privé et celle du public, et participer directement à la mise en œuvre des projets, explique-t-elle. C’est un challenge exceptionnel ».

Les élites sportives du sud attendront…
Publié le Mercredi 17 octobre 2007 (No 242) dans Le Soir, page 31, édition Namur/Luxembourg. Politique sportive Michel Daerden sort du bois
Le country Hall va être renfloué par la Communauté française. Qui, du coup, modifie ses priorités.
C’est le premier acte posé par Michel Daerden en tant que ministre des Sports de la Communauté française : le Country Hall, complexe comportant une salle de 7.500 places en configuration « spectacles » et de 2.000 de moins en configuration sportive implanté au Sart-Tilman (Liège), va bénéficier d’un « loyer » d’un million d’euros par an pendant 25 ans de la part de la Communauté, soit 25 millions d’euros qui tombent à point pour le sortir du gouffre financier dans lequel il était plongé. Pour ce prix-là, la Communauté française utilisera pendant 25 ans la salle omnisports (750 places) annexe à la « grande salle » et cinq terrains de tennis.
Le dossier « Country Hall » remonte à 2004. Liège se disait qu’elle se doterait bien d’une infrastructure à l’instar de Forest National ou du Spiroudôme de Charleroi. La construction du site était évaluée à 16 millions d’euros HTVA à l’époque. « Petits » ajouts aidants, la note est passée à près de… 35 millions d’euros, moins 9,2 de subsides de la Région. L’aide des partenaires, à savoir la Province, et Ethias, ne suffisait pas pour rembourser l’emprunt face au « trou » de près de 20 millions d’euros.
Cette arrivée d’argent frais en provenance de la Communauté française (qui n’en a pas des masses) pousse à s’interroger sur le devenir du dossier « centre sportif de haut niveau » initié par le prédécesseur de Michel Daerden aux Sports à la Communauté, Claude Eerdekens. Il s’agissait de développer, via un financement de… 25 millions d’euros, des infrastructures sportives et d’hébergement pour les élites de la Communauté à Liège et Mons. A l’époque, le Country Hall n’avait pas été repris sur la liste des sites sur lesquels la Communauté Française voulait investir, Claude Eerdekens redoutant la tournure que prenait son financement.
« L’idée de Claude était bonne, mais c’est une idée, rien n’est encore budgétisé. Le Country Hall, c’est plus qu’une idée : c’est un vrai projet », répond Michel Daerden. Déclarant « poser le premier geste pour la concrétisation du centre d’élites sportives », le ministre fait donc marcher la planche à billets pour le Country Hall en évoquant le fait qu’il est « proche des autres infrastructures liégeoises liées au projet ». Et promet de « laisser mûrir » le reste de « l’idée » de son prédécesseur.
Le budget 2008 de la Communauté ne prévoit rien pour le centre d’élites sportives, ni à Mons ni à Liège. « Le Gouvernement a pris acte de cette réflexion intéressante, qui a le mérite d’exister et qu’on ne met pas à la poubelle. Mais, au mieux, les premières inscriptions budgétaires liées à ce dossier pourraient apparaître en 2009 », ajoute Christian Pétry, directeur de cabinet adjoint du ministre Daerden.
Et le centre d’élites sportives de prendre des airs bien moins concrets qu’au temps de Claude Eerdekens. Changement de ministre, changement de style. Et de priorités.


Une montée au jeu sans haie d’honneur

Après trois mois de mise au vert, Michel Daerden, bombardé ministre du Sport de la Communauté française en juillet, est enfin monté sur le terrain, ce mardi. Il lui fallait, il est vrai, du temps, ne fût-ce que pour ne pas se tromper de casquette, lui qui les collectionne avec une application rarement démentie.
Dire que cette première sortie a convaincu serait exagéré. On peut même carrément parler de faux départ. Car les sportifs de haut niveau de la Communauté française ne lui feront sans doute pas une haie d’honneur à l’annonce de la reprise par la Communauté française du Country Hall du Pays de Liège. Cet « éléphant blanc » dans lequel les millions que l’on va engloutir, après les autres que l’on a jetés aux quatre vents lors de sa (re)construction, réduiront forcément les moyens qui auraient pu être déployés, comme souhaité par son prédécesseur, dans un centre pour élites enfin digne de ce nom. S’ils ne les annulent pas.
Tous ceux qui se sont investis pour que ce centre voie le jour, toutes ces villes et communes qui avaient posé leur candidature pour l’accueillir, tous les experts qui ont étudié les dossiers, toutes les fédérations qui avaient retrouvé des raisons d’espérer à l’annonce du choix des sites de Liège et de Mons, tous les architectes qui en avaient esquissé les plans apprécieront par ailleurs la manière avec laquelle Michel Daerden a renvoyé leur « idée » dans les cordes au bénéfice de son « projet ». Le sport francophone, déjà bien peu vaillant, avait besoin de tout, sauf de cette insulte.

Le Country Hall mise sur deux têtes
Publié le Samedi 31 mars 2007 (No 77) dans Le Soir, page 9, édition Hainaut.

Liège Huit millions d'euros publics en pertes et profits ?
Le dossier du Country Hall vire au feuilleton mensuel. Fin décembre, le conseil d'administration découvrait le budget 2007 avec effroi. La salle avait coûté non pas 17 mais 30 millions d'euros et la société chargée de la gestion allait droit vers la faillite si elle devait rembourser à la Société de leasing et de financement (SLF, maître d'oeuvre). Fin janvier, le CA refusait de signer le plan financier pour quatre ans ébauché par la SLF.
Un mois plus tard, le ministre Daerden (Infrastructures sportives), qui avait subsidié le projet (8 millions d'euros), mais aussi en tant que président empêché de la SLF, promettait une solution rapide. On imaginait une participation de l'asbl Avenir du Pays de Liège, une location par l'Adeps, un renfort de stars liégeoises pour remplir la salle.
L'Avenir du pays de Liège a été condamné à la peine capitale lors des récentes négociations socialo-socialistes, l'Adeps a refusé la proposition de Daerden, et les vedettes locales sont restées chez elles. Dernière solution préconisée : revendre la salle à la Communauté française, propriétaire du site mais sous emphytéose avec la SLF pour 48 ans encore. Une réunion s'est tenue ce 30 mars, date-butoir pour la confection du budget 2007, et la situation a été présentée par Gilbert Van Bouchaute, coordinateur général de la SLF. La société de gestion du Bois Saint Jean ne payait pas de « location-remboursement » en 2006, année de lancement ? La solution présentée vendredi lui permettra de ne rien payer comme location en 2007 non plus. Grâce à l'apport de 750.000 euros par an de la Province, les comptes 2007 seront donc en positif. Mais toujours pas, à l'horizon, de remboursement des 21,5 millions d'euros avancés par la SLF pour ériger le Country Hall.
Des tractations sont en cours pour que la Communauté française rachète le Country Hall, un notaire ayant été dépêché par la SLF pour en estimer la valeur. Ce sera sans doute bien moins que les 30 millions d'euros que l'ensemble aura coûté. Dès lors, les 8 millions de subsides régionaux pourraient partir dans la rubrique pertes et profits de la Région.
Nul doute que le ministre régional du Budget présentera l'achat du site comme une « bonne affaire » au ministre du Budget de la Communauté française, faisant l'impasse sur la perte de fonds publics que cela aura engendré.
Il sera d'autant plus facile à convaincre que ces deux protagonistes sont incarnés par le très bicéphale Michel Daerden.
Pour tenter d'en sortir, il faudra que le ministre du Budget mette la main au panier.

Country Hall : Ecolo opposé, CDH divisé
Publié le Samedi 27 octobre 2007 (No 251) dans Le Soir, page 10, édition Hainaut.

L’ordre du jour du conseil provincial comportait, outre le budget, un point sur lequel on s’attendait à quelques joutes verbales : les modifications apportées à la société de gestion du Country Hall. Mais, à changement de majorité, changement d’opinions… A la majorité tant à la Province qu’à la Communauté et à la Région (toutes trois impliquées dans le dossier du Country Hall), le PS a forcément émis un vote favorable. Le MR, très incisif en Communauté française sur ce dossier où il est dans l’opposition, est du côté de la majorité à la Province et a voté pour. Ecolo, dans l’opposition des deux côtés, a gardé le cap en s’opposant.
Le CDH, majoritaire à la Communauté mais relégué dans l’opposition à la province, était quant à lui divisé : le chef de groupe Dominique Drion a exprimé le vote favorable de son parti, mais quatre des quinze députés provinciaux ont pris la poudre d’escampette au moment du vote, tandis qu’un d’eux brillait par son absence.
Jeanine Wathelet, Isabelle Stommen, Jean-Paul Bastin, Johan Haas et Serge Ernst ont ainsi montré leur désapprobation même si, sur ce point, il ne s’agissait pas d’un vote nominatif. Alors que Dominique Drion souhaitait « Bon vent au Country Hall » dans la salle, ses quatre collègues faisaient le pied de grue derrière la porte. « Il y a eu une discussion en interne, c’est la position du groupe qui prédomine, explique Serge Ernst. Mais on se pose des questions par rapport aux montants investis par la province dans ce dossier, on craint qu’il n’y ait plus assez pour les petits clubs. »
Les attaques en direct n’ont donc été « autorisées » qu’à Ecolo, sous la voix de Lydia Blaise qui n’a pas mâché ses mots : « En 2004, l’absence de plan financier et la nature même de société de gestion sous forme de société anonyme nous faisaient craindre de voir la Province privée d’exercer sa tutelle légitime en toute transparence. Aujourd’hui, la province cède 300 de ses 301 parts gratuitement et conserve un administrateur au conseil d’administration ? Quelle faveur ! Elle voit ses jours d’occupation passer de 10 à 15 ? Magnifique ! Elle n’en n’a utilisé que deux cette année, tant il est difficile de trouver des activités adaptées à la taille du complexe ! »
Les verts ont aussi regretté, en évoquant la situation difficile du basket-club de Pepinster ou le manque de piscine fonctionnelle à Liège, que la moitié de l’enveloppe provinciale dévolue à la promotion du sport passe dans le montage financier du Country Hall.

Une nouvelle équipe pour le Country Hall
Publié le Mercredi 28 novembre 2007 (No 277) dans Le Soir, page 12, édition Hainaut.

L’Ansois Walter Herben président
Tous les anciens ont été démissionnés. Sauf deux. Michel Daerden ne veut plus de vagues.
Vendredi, la Communauté Française a approuvé la composition d’un nouveau conseil d’administration pour la société chargée de gérer le Country Hall. Concrétisation de son engagement d’octobre de financer le remboursement de cette infrastructure sportivo-culturelle à raison d’un million d’euros par an pendant 25 ans. Et d’en devenir alors propriétaire. Elle utilisera cependant dès le 1er janvier la salle omnisports et les bureaux dans lesquels l’Adeps va prendre ses quartiers.
La nouvelle équipe se limitera donc à superviser l’utilisation de la grande salle (dont la gestion sera confiée à un professionnel), la réception des subsides, le payement des factures et, enfin, la bonne cohabitation entre la Communauté Française, l’exploitant et le Liège Basket.
La société actuelle, composée principalement de membres de la défunte ASBL « L’Avenir du pays de Liège » et de représentants de la Province et de la SLF (Société de Leasing et de Financement), ne reflétait donc plus les acteurs du projet qui a coûté 35 millions d’euros… Josly Piette, Jean-Pierre Grafé, Georges Pire, Gilbert Van Bouchaute et une dizaine d’autres membres ont été « démissionnés » hier matin. Même l’ancien gouverneur Paul Bolland, qui avait assuré la présidence bénévole de la société. Mais pas Walter Herben et André Stein.
Le conseil d’administration nouvelle mouture a été mis en place dans l’élan, sous la « supervision » du ministre Daerden. Il comprend (clé D’Hondt) trois PS, deux MR et un CDH. Il abrite également un représentant de la SLF (Fabrice Mairlot, MR) et un de la Province (Christian Pétry). Le MR a aussi désigné Stéphane Lefebvre (cellule Finances chez Reynders) et André Stein, président de la fédération francophone de tennis (qui devient aussi vice-président). Prudent, le CDH a placé un juriste (Benoît Bogaert), tandis que le PS a joué la carte du bon voisinage avec le directeur général adjoint de l’Adeps Alain Leta et le directeur du centre du Blanc Gravier Christian Peters.
Le troisième PS est Walter Herben, secrétaire communal d’Ans, qui s’est vu désigner à l’unanimité pour reprendre la présidence de la société. Il se dit qu’il a pour mission de veiller à ce que l’appel d’offres européen pour gérer la grande salle se fasse au plus vite. Et qu’il s’en fera le relais auprès de Michel Daerden, qui ne veut plus aucune contre-publicité sur le sujet. L’outil est (re)financé, il doit maintenant tourner…
Un show de tennis a récemment rempli la salle. Ça tombe bien, André Stein, président de la fédération francophone de tennis, en devient vice-président.

Une salle qui coûte très cher
Publié le Jeudi 18 octobre 2007 (No 243) dans Le Soir, page 8, édition Namur/Luxembourg.
Liège 35 millions d’euros pour un Country Hall peu fréquenté
Le ministre des Sports, Michel Daerden, fait intervenir la Communauté pour sauver son « bébé ».
J’ai toujours refusé toute solution peu économe des deniers publics. » C’est ainsi que Claude Eerdekens, ancien ministre PS des Sports à la Communauté française, explique son refus d’adopter la solution que vient par contre de mettre en pratique son successeur, Michel Daerden. Ce dernier a en effet décidé d’engager la Communauté pendant 25 ans pour la location d’une partie des infrastructures du Country Hall de Liège (Le Soir de ce mercredi). La facture se monte, pour la Communauté, à 25 millions d’euros. De quoi combler le trou (le gouffre, osera-t-on dire…) causé par ce méga-projet, dont la construction a coûté plus du double de ce qui avait été estimé.
Pour rappel, le Country Hall, vaste complexe destiné à accueillir des manifestations majeures, sportives ou culturelles, a été érigé en 2005, à la hâte, pour accueillir la coupe du monde de tennis de table. Sa construction avait été estimée à 16 millions d’euros hors TVA et devait être remboursée à l’intercommunale SLF (Société de Leasing et de Financement) via une participation annuelle de la Province de Liège et d’Ethias, partenaires du projet. La précipitation – inévitable eu égard aux courtes échéances – et les suppléments aidants, le Country Hall a finalement coûté 34,3 millions d’euros, allégés de 9,2 millions d’euros de subsides de la Région. Au vu de la facture et du manque de succès de la salle en configuration spectacles, le remboursement de l’emprunt à la SLF n’a pas encore débuté.
Le « bébé » de Michel Daerden, initiateur du projet via une ASBL de développement local, via sa casquette de ministre des Infrastructures sportives à la Région wallonne et via sa présidence « empêchée » de la SLF, ne pouvait partir avec l’eau du bain (ou plutôt du bouillon). Ce dernier avait alors été trouver Claude Eerdekens pour demander à la Communauté française de lui tendre la main.
« La Communauté possède le terrain sur lequel a été érigé ce complexe et a signé un bail emphytéotique avec la société de gestion du Country Hall qui court encore sur 47 ans, explique Claude Eerdekens. Six semaines avant d’avoir été débarqué, j’ai proposé à Michel Daerden que la Communauté reprenne l’ensemble immédiatement en payant la plus-value apportée à son terrain, car les différentes salles pouvaient être très utiles si elles étaient gérées par l’Adeps et le site aurait fait partie intégrante du Centre sportif de haut niveau. Nous aurions payé 1 million d’euros pendant 25 ans, soit la somme nécessaire pour le remboursement, mais nous aurions été propriétaires. »
La solution de son successeur et ancien interlocuteur dans ce dossier est tout autre : la Communauté payera le même million d’euros chaque année, mais ne disposera en échange de la grande salle du country Hall que… 5 jours par an. Elle ne bénéficiera que de l’utilisation de la petite salle omnisports et des bureaux adjacents, ainsi que de 5 terrains de tennis. La gestion de la grande salle passera au privé, très probablement du côté du président du Liège Basket, occupant régulier des lieux.
L’importante dépense concédée par la Communauté pour sauver la face de ce grand projet daerdenien laisse à craindre qu’il ne lui restera plus beaucoup de deniers pour financer le projet de centre sportif de haut niveau initié par Claude Eerdekens. « Ce n’était qu’une idée, rien n’a encore été budgétisé », répond Michel Daerden. Et son prédécesseur de réagir : « Tout était budgétisé ! Nous allions concéder 5 millions d’euros de notre budget infrastructures chaque année pendant quatre ans pour concrétiser la création de ce centre d’élites dont la Communauté a bien besoin. Les premiers investissements étaient prévus pour 2008 et 2009 à Mons (basket et tennis) et à Liège pour les deux années suivantes. »
Le centre sportif de haut niveau n’est, selon les dires du directeur de cabinet-adjoint de Michel Daerden, « pas mis à la poubelle ». Mais, au mieux, les premières inscriptions budgétaires liées à ce dossier apparaîtront en 2009. « Je suis bourgmestre depuis 37 ans, je suis un bâtisseur. Je ne compte peut-être pas aussi bien que Michel, mais mes comptes ont toujours été en positif », conclut, non sans amertume, Claude Eerdekens.
Construit dans la précipitation, le Country Hall peine, aujourd’hui, à trouver sa place dans l’univers du spectacle.

Country Hall : Michel dira… Michel Daerden (ministre wallon du budget) était bien d’accord avec Michel
Publié le Lundi 23 juillet 2007 (No 169) dans Le Soir, page 7, édition Hainaut.

Country Hall : Michel dira…
Michel Daerden (ministre wallon du budget) était bien d’accord avec Michel Daerden (ministre du budget de la Communauté), ainsi qu’avec Michel Daerden (président, en congé ministériel, de l’intercommunale financière SLF qui avait avancé les sous) : le seul moyen de sortir le Country Hall du rouge de la honte budgétaire, c’était que l’Adeps en reprenne la charge. Faut dire que Michel Daerden, alors président de l’ASBL du Pays de Liège, avait fait de la transformation de la salle du club de basket liégeois en salle polyvalente de 5.000 places un fleuron de ce redéploiement que Daerden Michel (ancien/futur homme fort du PS liégeois) appelle de ses vœux depuis belle lurette.
… merci à Elio ?
Mais voilà que Claude Eerdekens, un faux liégeois d’Andenne, alors ministre des Sports et tutelle de l’Adeps, empêchait de « Countryser » sous prétexte qu’il n’entendait pas plomber son département avec un gouffre financier pour lequel il fallait « inventer des manifestations pour combler un trou ». Mais voici un remaniement ministériel. Et que depuis vendredi, la tutelle de l’Adeps a été transférée à… Michel Daerden. Voilà donc certainement une personne de plus qui s’attellera à renflouer le projet. Merci qui ? Merci Elio. Un président du PS qui pourra ainsi montrer qu’il n’y a pas que dans le Hainaut qu’on trouve d’étranges proximités d’intérêt(s).

Classification: infrastructure sportive, perte financière, sport, organisation sportive, conseil d'administration, autorité régionale, finances publiques, crise

12 mars 2008

100 millions d'euros par an pour les communes

La réforme du fonds des communes va permettre de débloquer une somme de 100 millions par an pour les communes wallonnes, a annoncé mercredi le ministre wallon du Budget, Michel Daerden. L'inscription budgétaire initiale était de 10 millions d'euros, ce qui avait été contesté par les communes, notamment via l'Union Wallonne des Villes et Communes.


Le point inscrit à l'ordre du jour du gouvernement wallon du vendredi 14 mars prévoit une aide de 100 millions d'euros pour les communes. « Nous y sommes parvenus grâce à une optimalisation de la gestion financière au niveau régional. Car si je partage la volonté des communes d'avoir le maximum d'aides, cela doit aussi s'inscrire dans l'équilibre du budget régional », a commenté Michel Daerden, précisant que le système serait appliqué, sous réserve d'un accord du gouvernement wallon dès 2008 « car les communes en ont besoin. Le fonds des communes est un dossier fondamental et je remercie le ministre Courard d'avoir soulevé le problème. C'est vital pour les communes », a commenté Michel Daerden, citant en exemple la commune d'Ans dont il est bourgmestre en titre. « Les recettes aux différents niveaux de pouvoir, comme le fonds des communes, les additionnels à l'IPP, et le précompte immobilier, ont augmenté de 1,9 %, mais des recettes venant des intercommunales sont en baisse de 3,42 %. Comment voulez-vous dans ce contexte faire face à l'augmentation des nouvelles dépenses
», a demandé Michel Daerden.

Les communes wallonnes avaient évalué leurs besoins à 210 millions d'euros à l'horizon 2010.

21 novembre 2007

Michel Daerden va reproposer sa vignette

Le ministre wallon du Budget Michel Daerden a décidé de redéposer ce mercredi le projet de vignette autoroutière wallonne.
Le ministre de la Mobilité André Antoine avait estimé lundi qu'il valait mieux « attendre la fin des turbulences » pour revenir à ce dossier.
De son côté, la Flandre réfléchit à une taxe routière flamande pour poids lourds inspirée du modèle néerlandais.
« Demain, je présente au gouvernement wallon une vignette wallonne », a déclaré mardi Michel Daerden. « Et qui m'aime me suive », a-t-il ajouté.

06 novembre 2007

Country-Hall de Liège

MAJ 06/11/07

Pas d'enquête administrative sur le Country Hall Ethias de Liège

Le ministre wallon des Affaires intérieures, Philippe Courard, n'ordonnera pas d'enquête administrative sur le dossier du Country Hall Ethias de Liège. Le ministre a été interpellé sur le sujet en commission du parlement wallon par le parlementaire Ecolo Bernard Wesphael. Celui-ci se basait sur un article paru mercredi dernier dans le Soir Mag qui évoquait une enquête policière sur le dossier, pour réclamer au ministre la mise sur pied d'une enquête administrative.
L'article mentionnait le fait que la police judiciaire fédérale enquêtait sur le gouffre financier du Country Hall, notamment sur la passation du marché qui a précédé la rénovation du Country Hall sous la responsabilité de la SLF (Société de leasing et de financement, bras financier et maître d'ouvrage du Country Hall).

Aucune plainte n'a été déposée dans le cadre de ce dossier, et le parquet n'a pas été saisi. Il semble que l'enquête soit menée par un ou deux policiers, sans avis du Parquet.En Commission, le ministre Courard a regretté que le parlementaire cite à plusieurs reprises l'article du Soir Mag. "Si je suis toujours prêt à répondre à chaque question qui m'est adressée, j'éprouve un sentiment mélangé à l'idée d'être ici instrumentalisé en tant que porte-voix de mon interlocuteur.

Tel n'est pas, me semble-t-il, ni le rôle d'un ministre, ni la philosophie d'une question parlementaire", a-t-il souligné.Sur le fond, Philippe Courard a rappelé que, en application du Code de la démocratie locale et de la décentralisation, la décision de l'intercommunale SLF de consentir un prêt pour réaliser des aménagements au Country Hall était soumise à une tutelle générale d'annulation et n'est pas transmissible obligatoirement. Il a souligné qu'il n'avait reçu aucune plainte dans ce dossier, et qu'il n'y avait par conséquent "aucune raison actuellement de mener une enquête administrative à l'encontre de la SLF". (belga)

MAJ 30/10/07

Les pratiques de Daerden sous l'oeil de la police

Les "pratiques" de Michel Daerden dans la gestion du Country Hall Ethias Liège seraient au coeur d'une enquête policière, révèle "Le Soir Mag" dans son édition de mercredi.
Selon le magazine, la police judiciaire fédérale enquêterait sur le gouffre financier du Country Hall Ethias de Liège. Plusieurs personnes auraient été entendues par les policiers. Les questions tourneraient notamment autour du respect de la procédure concernant la passation du marché avant la réalisation des travaux de rénovation du Country Hall. "Le Soir Mag" stipule que le dossier ne serait pas encore mis à l'information par le Parquet ni, à fortiori, à l'instruction. Au Parquet de Liège, on précise qu'aucun dossier n'a été ouvert.

Du côté de la police fédérale, on s'étonne qu'une enquête puisse être diligentée sans ordre du Parquet. Il semblerait effectivement que l'enquête soit menée par un ou deux policiers, sans avis du Parquet. Selon "Le Soir Mag", plusieurs personnes auraient été entendues.
Certaines sources font en effet état de l'audition, il y a une dizaine de jours, de l'ancien ministre des Sports, Claude Eerdekens. Interrogé par l'agence BELGA, celui-ci nie avoir été entendu dans le cadre d'une enquête pénale. Concernant le marché contesté, Claude Eerdekens précise qu'il ne sait rien de celui-ci.

MAJ 29-10-2007

Papa aime le sport

Le baromètre trimestriel de "La Libre Belgique", publié lundi, confirme que l'étoile de Michel Daerden a bien pâli ces derniers mois. Même si les amateurs de surréalisme à la belge ne vont pas brûler ce qu'ils ont tant adoré, il ne suffit pas de surfer sur la vague people-festive pour conserver un état de grâce politique fondé sur des réalisations palpables. A cet égard, le feuilleton du Country Hall de Liège n'a sans doute pas peu contribué au déclin de la daerdenmania. Et son épilogue ne va rien arranger.



Celui-ci, en effet, voit accrocher un fameux boulet financier au pied de la Communauté française, qui tient pourtant avec peine sa tête hors de l'eau. Un million et demi d'euros par an pendant vingt-cinq ans ! Le roi Kheops se retournerait dans sa pyramide s'il y était toujours.
D'aucuns, bien sûr, prendront le parti de se réjouir, puisqu'il s'agit de sauver un haut lieu de sport et de spectacle en terre liégeoise. "Papa" aime sa principauté et veut la gaver de loisirs, tant mieux.

Mais comment oublier que le problème de l'espace événementiel rénové trouve son origine dans une gestion quelque peu, disons flageolante, pour ne pas être trop méchant en début de week-end ? Il ne doit heureusement pas y avoir beaucoup de bons pères de famille qui, lorsqu'ils font bâtir une maison, laissent les coûts s'envoler jusqu'à atteindre, en fin de parcours, un montant de l'ordre du double de celui du cahier des charges initial. Les gestionnaires de l'argent public, eux, ne se laissent pas inquiéter pour si peu. Quand ils aiment, ils ne comptent pas.

L'entreprise Country Hall acheva sa première année avec un déficit de quelque 500.000 euros et on peinait à rembourser l'emprunt contracté auprès de la Société de leasing et de financement (SLF), étroitement contrôlée par les missi dominici de son président "empêché", un certain... Michel Daerden. Ce qui ne manque pas de troubler, c'est qu'à chaque étape de ce dossier, on les retrouve, lui ou ses amis. Ayant dû se tourner vers son collègue des Sports Claude Eerdekens, le ministre du Budget était pourtant tombé sur un os.

Mais le pétulant bourgmestre d'Andenne a été débarqué depuis par Elio Di Rupo et le vice-Premier wallon, ayant hérité de ses compétences sportives, n'a plus eu à négocier qu'avec lui-même.


Miracle, ils se sont très vite entendus !

Résultat : le plus panné de nos nombreux gouvernements va banquer, avec la satisfaction de gérer le site, tout en laissant les coudées franches à un magnat de la compétition et/ou des variétés, qui sera peut-être talentueux mais qui ne prendra que des risques calculés au centime près. Bienvenue à Charles Aznavour, qui peut remplir aisément une salle de 5000 places, mais Hooverphonic a toutes les chances de rester sur la touche...

Un élément positif, malgré tout : l'homme d'Ans a promis, au Parlement de la Communauté, que l'appel d'offre se ferait dans les règles de l'art. Dans le cas contraire, ç'aurait été du joli.

« Une oeuvre extraordinaire… »

« papa » daerden est fier de son « bébé »
« Le Country Hall est une oeuvre extraordinaire pour le Pays de Liège: il peut désormais, à l’instar du Spiroudôme de Charleroi, abriter de grands événements. C’est un des plus beaux dossiers que j’ai produits grâce à ma double casquette à la Région wallonne et à la Communauté française et j’en suis très fier », explique Michel Daerden, qui appelle le Country Hall « son bébé ».

Mais pour ce qui est de faire grandir le bébé en question, « Papa » Daerden (c’est le cas de le dire) renvoie plutôt la patate chaude à la société de gestion du Bois Saint Jean (dont la SLF, dont il est président empêché, est majoritaire). « C’est mon enfant et j’espère qu’ils vont le faire devenir un adulte de qualité ».

Mais la SLF retrouvera-t-elle ses fonds? « Elle a fait un prêt, elle demande à être remboursée. C’est une règle de base. Les gestionnaires n’ont qu’à gérer leurs trucs. J’espère qu’ils trouveront la juste équation et les moyens pour faire fonctionner ce bel outil ».
La distance est marquée, mais pas sur le terrain: Michel Daerden participe activement aux réunions pour tenter de débloquer la situation: « C’est normal. Si je peux apporter quelque chose grâce à mon expérience ou à mes relations, c’est une bonne chose. Je viens en tant qu’observateur politique neutre », ajoute-t-il. Petit détail: DC & Co, cabinet révisoral créé par Michel Daerden (qui s’en est, depuis, détaché), est le réviseur de la SLF et de la Société de gestion du Bois Saint Jean.
« C’est mon enfant… »

24/10/07

Country Hall de Liège : mauvais comptes et bons amis ?

La Députée wallonne et Sénatrice MR Christine Defraigne
a interrogé mardi au Parlement de la Communauté française le Ministre wallon du Budget et des Sports Michel Daerden à propos de son plan de sauvetage financier du complexe sportif liégeois «Country Hall», craignant en effet que le Ministre fasse appel à un partenaire privé pour la gestion de ces installations, au mépris des directives européennes sur l'appel d'offre. «On est en droit de se demander si le montage imaginé par M. Daerden n'aboutit pas à communautariser les pertes et privatiser les bénéfices. Il n’y a pas d’appel d’offre élargi pour la gestion de la grande salle», a déclaré Christine Defraigne, pointant du doigt «l’écart aberrant entre les avantages et les obligations que le montage engendre.Selon les informations publiées dans la presse, la Communauté Française contribuerait au remboursement de l’emprunt à concurrence d’un million d’euros par an pendant vingt cinq ans, en échange de l’occupation d’une partie des infrastructures, à savoir la petite salle, les bureaux administratifs et cinq terrains de tennis. Par ailleurs, les activités susceptibles d’être rentables (occupation de la Grande salle, des VIP…) seraient confiées à un partenaire privé. Jean Joly, le patron de Liège Basket, contacté par vos soins ne cache pas son intérêt», a dit Christine Defraigne à l’adresse de Michel Daerden.
«On parle déjà d’un accord sur un prix de location de 75.000 euros par an en échange de l’ensemble de la gestion de la salle. Un rapide calcul, sachant qu’il y a au minimum 30 matchs de basket par an permet de valoriser l’occupation de la salle à 2.500 euros par soirée, un coût minime pour une salle capable d’accueillir 5.000 personnes dans sa configuration sportive. On comprend donc l’intérêt du patron de Liège Basket, qui pourrait organiser d’autres événements dans la salle à son profit».
Si la gestion des infrastructures s’annonce donc rentable, Christine Defraigne «il serait assez curieux qu’un appel à candidatures avec mise en concurrence ne soit pas organisé et que l’accord soit passé au mépris des règles de marchés publics. En effet, il s’agit ici clairement d’une concession d’un site qui coûte cher à l’ensemble de la Communauté. Eu égard aux montants en jeu, n’y a-t-il pas lieu de procéder à un appel d’offres européen auquel des sociétés spécialisées dans l’événementiel pourraient répondre, ce qui permettrait en outre d’utiliser au mieux les capacités de cette salle ?».
Michel Daerden a répondu que l’'investissement de la Communauté française dans la salle du Country Hall à Liège ne se fera pas au détriment des budgets prévus en faveur du sport pour tous et du sport de haut niveau.

18/10/07

Country Hall : la controverse

LA COMMUNAUTÉ FRANÇAISE DÉBLOQUE 25 MILLIONS D'EUROS. OFFUSQUÉS, sceptiques ou plutôt réjouis, les politiques liégeois apprécient diversement la solution Daerden pour le Country Hall.

C’est l’accueil de la Coupe du monde de tennis de table qui a motivé l’investissement de 34,3 millions d’euros dans l’extension du Country Hall au Sart Tilman.

Sauvée du gouffre financier par celui qui l'avait placée dans cette situation, la salle événementielle du Country Hall (5.000 places) au Sart Tilman est, en principe, repartie sur des bases financières saines (Le Soir du 17 octobre).

Le prix ? Un investissement massif consenti par la Communauté française (1 million d'euros par an pendant 25 ans) qui servira à rembourser l'emprunt effectué en 2004 par la Société de leasing et de financement (SLF). Un choix effectué par celui qui à la fois tient les cordons de la bourse à la Communauté et est ministre des Sports : le socialiste Michel Daerden. Quant à la gestion de la salle, elle devrait être confiée à celui qui en est l'occupant principal pour le moment : Jean Joly, le président de Liège Basket.

Si la décision risque d'enterrer le projet de centre sportif de haut niveau imaginé à Liège-Seraing et Mons (coût : 25 millions d'euros) par le précédent ministre des Sports de la Communauté française, Claude Eerdekens (PS), elle suscite des réactions très divergentes au sein du monde politique liégeois.
Christine Defraigne, sénatrice de communauté (MR). « La Communauté française, déjà exsangue, bouche les trous d'une infrastructure qui a été mal gérée. Est-ce bien là son rôle ? Et si elle le fait, quels sont les projets qui sont sacrifiés et les artifices budgétaires imaginés par le ministre des Sports et du Budget ? Pour moi, il ne s'agit que d'une rustine sur une vieille chambre à air.
À l'époque, le Country Hall est sorti comme un champignon sans qu'une étude de marché ait été réalisée au niveau de la viabilité d'une telle salle de spectacles et d'événements sportifs. Résultat : la salle n'a jamais été rentable. La solution sortie du chapeau de Michel Daerden ne donne pas à nouveau l'assurance d'une rentabilité dans le futur, en particulier en ce qui concerne l'accueil de concerts qui n'ont jamais attiré la grande foule ».

Willy Demeyer, bourgmestre de Liège (PS). « Il était devenu urgent de trouver une solution pour stabiliser la gestion de la salle du Country Hall. Je suis heureux qu'elle ait été rencontrée et ce, avec des moyens supra communaux. Il est tout à fait logique que la Communauté française intervienne puisqu'elle a dans ses attributions le sport et la culture. La Ville de Liège apportera quant à elle ses effectifs policiers lors des grands événements ». Quant à savoir si la décision de libérer 25 millions d'euros pour le Country Hall hypothèque le centre sportif de haut niveau projeté sur les communes de Liège et Seraing : « On verra ».

Bernard Wesphael, député wallon (Écolo).
« Je suis offusqué. C'est Michel Daerden qui a lui-même conduit la gestion du
Country Hall à la faillite en ne prévoyant pas de structure de gestion
suffisamment professionnelle. Aujourd'hui, avec ses multiples casquettes, il
trouve une solution qui hypothèque les finances de la Communauté française. Que
vont devenir les budgets alloués à l'Adeps, aux petites organisations
culturelles et sportives ? OK, il fallait sauver le Country Hall. Mais pourquoi
ne pas avoir mis des professionnels du spectacle et des événements autour de la
table quitte à nouer un partenariat public-privé. L'erreur est là : la gestion
de la salle a été trop politique alors qu'il aurait fallu trouver un opérateur
privé après avoir lancé un appel d'offres ».

Alain Mathot, bourgmestre de Seraing. « La décision de Michel Daerden n'hypothèque pas pour l'instant la création d'un centre sportif de haut niveau à Liège et Seraing. Nous n'avons donc pas de souci par rapport à cela ».



Communiqué de la Fédération de Liège du Parti Communiste

La politique se réduit malheureusement de plus en plus souvent à un triste marchandage clientéliste. Dernier avatar en date, la solution trouvée par Michel Daerden, alias « papa » pour celles et ceux qui s’amusent (ou profitent) de ses frasques, afin de sauver le Country Hall de Liège du gouffre financier.

En 2005, la salle du Country Hall au Sart-Tilman était entièrement refaite dans la précipitation la plus totale sous l’impulsion de Michel Daerden, et ce en vue de la Coupe de Monde de tennis de table organisée par Philippe Saive, pongiste célèbre mais également élu socialiste ansois.



Le coût total des travaux initialement évalué à 16 millions d’euros atteint finalement la somme de 34,3 millions d’euros, soit plus du double de ce qui avait été estimé. Depuis, la salle sous-exploitée perd beaucoup d’argent et les bailleurs de fonds sont incapables de rembourser leur emprunt auprès de l’intercommunale SLF (Société de Leasing et de Financement).

Notre ville a besoin d’une salle à vocation sportive et culturelle d’envergure mais ce projet et ces travaux furent réalisés sans étude sérieuse sur les besoins (utilisateurs de la salle, localisation idéale,…) ni sur les moyens disponibles. Les budgets étant limités, bâtir c’est choisir et donc renoncer à d’autres projets.

Fait symptomatique qu’il convient de relever et de dénoncer avec force, plutôt que de créer une intercommunale, on créa le 21 avril 2005 une société anonyme (La société de gestion du bois Saint-Jean) capitalisée avec de l’argent public (budget provincial) pour gérer la salle ce qui est totalement anti-démocratique. Même si des avancées s’avèreraient nécessaires (transparence dans la gestion, disponibilité des administrateurs,…), une intercommunale demeure un outil contrôlé par des élus. Concrètement, cela signifie que l’on doit changer ses administrateurs si le citoyen sanctionne politiquement leur parti. Par contre, en mettant de l’argent public dans une société anonyme dirigée par des hommes politiques – on y retrouve entre autre Willy Demeyer, Gilbert Van Bouchaute, Katty Firket, Jean Pierre Grafé ou encore Thierry Detienne - le citoyen est grugé et perd tout contrôle de la gestion de son argent. Détail piquant, la société qui s’occupe de la révision des comptes de cette SA est D&C°, le cabinet de Michel Daerden et de son fils.

Face à la débâcle du Country Hall, Michel Daerden qui est également président empêché de la SLF vient de se concocter une solution clef sur porte. La Communauté Française va débourser un million d’euros chaque année pendant 25 ans afin de rembourser l’emprunt lié aux travaux en échange de … 5 jours d’utilisation de la salle par an. En prime, on confiera la gestion de la salle à un opérateur privé, ce qui dans l’esprit de nombreux socialistes aujourd’hui est synonyme de plus d’efficacité. Nous prônons au contraire un retour massif à la gestion publique des outils publics, mais une gestion efficace et dépolitisée. Trop souvent en effet, c’est bien dans la politisation partisane que réside le problème. On établit les projets et alloue les budgets sans consulter la population. On pratique le copinage politique.

Cette dépense de la Communauté Française va de facto annuler une série d’autres projets. On parle beaucoup du centre pour sportifs de haut niveau qu’elle enterre plus que probablement. Soucieux de l’accès de tous au sport amateur, nous estimons surtout qu’elle hypothèque les budgets de l’ADEPS et de diverses petites organisations culturelles et sportives. Pour nous, la première priorité en matière de sport devrait être le sport pour tous (jeunes, personnes âgées) et non le financement de projets pharaoniques et mal pensés.

Il est plus que temps de dire « STOP » à ces pratiques et de d’impliquer enfin le citoyen aux choix politiques.

Ecrit par Pierre Eyben
http://www.particommuniste.be/les-federations/federation-de-liege/country-hall.html


Bienvenue sur le site du Country Hall Ethias Liège !Réalisées grâce à la Région Wallonne (Infrasports), à la Province de Liège et à l’intercommunale Société deLeasing et de Financement, nos infrastructures permettent le déroulement d’activités sportives de haut niveau(5.500 places) et de spectacles de grande dimension (7.200 places).Le « coup d’envoi » fut brillamment donné en octobre 2005 pour la Coupe du Monde de Tennis de table organisée par Philippe SAIVE.Le Country Hall Ethias Liège est situé à proximité de l’autoroute A 604 (accès rapide via la voie rapide Seraing – Marche), de l’aéroport de Liège – Bierset, de la nouvelle gare TGV de Liège – Guillemins.Sélectionnez ci-dessous la rubrique pour obtenir les caractéristiques techniques.


MAJ17/10/07

Le Country Hall aux soins intensifs
La balle est bien dans le camp de la Communauté française.Celle-ci interviendra à raison d'un million d'euros par an, durant 25 ans.Prochaine étape: trouver une société capable de rentabiliser l'outil.

Dans un contexte de déficits relevés fin 2006, le comité de direction de la société qui gère le Country Hall du Sart Tilman avait annoncé, en mars dernier, qu'une piste se dégageait pour garantir la viabilité de cette infrastructure pouvant comporter entre 5500 et 7500 places, selon qu'elle est dans sa configuration sportive ou spectacles. Les négociations s'orientaient vers une intervention financière de la Communauté française. Une orientation qui s'est finalement concrétisée.

Partenaires
Un accord de partenariat a, en effet, été conclu entre la Province de Liège et la Communauté française, la première cédant à titre gratuit 300 de ses 301 parts détenues dans le capital de la société de gestion et la seconde rachetant 313 des 314 parts de la SLF Participations détenues dans le capital de cette même société. Une opération qui s'inscrit dans le cadre du projet de centre de formation pour sportifs de haut niveau en région liégeoise.
"La Communauté française va reprendre le hall multisports, le bâtiment administratif qui va permettre d'implanter les fédérations sportives et de rapatrier l'administration du sport ainsi que les cinq terrains de tennis", a expliqué Michel Daerden, ministre des Sports.
Quant à la grande salle qui héberge le club de Liège Basket, désormais dénommée Country Hall Ethias de Liège, elle garde sa double vocation de salle de sports et de spectacles. Deep Purple et Charles Aznavour y sont annoncés.
Dotations maintenues
Financièrement parlant, les dotations annuelles de 750.000 euros de la Province de Liège et de 200.000 euros d'Ethias sont maintenues. La Communauté française interviendra annuellement à hauteur d'un million d'euros durant 25 ans.
Quant au loyer qui sera dû par l'exploitant du Country Hall, il sera de l'ordre de 75.000 euros. Cet exploitant n'est pas encore connu mais des contacts ont été pris avec Liège Basket. "J'ai rencontré le ministre Daerden et j'ai dit que les conditions m'intéressaient. Il s'agirait d'une société liée au basket, en collaboration avec des partenaires. Le choix de ceux-ci n'a pas encore été arrêté", a précisé Jean Joly, président de Liège Basket, à l'agence Belga.
Selon le ministre Daerden, le Country Hall devrait dégager un bénéfice annuel de l'ordre de 90.000 euros.

25/09/07
Les sports, nouveau jackpot daerdenien

Affaibli, le Michou ? Après la redistribution des cartes socialistes wallonnes, et notamment de la ministre-présidence à son rival de sobriété Rudy Demotte, on a cru le genou du Lidjeu à terre. Que nenni ! Avec le panel de compétences ministérielles que papa s’est offert, c’est le pouvoir incontrôlé sur la Cité ardente.

Démonstration.

Après le Budget, les Finances et l’Equipement, le dandy wallon récolte les Sports de feu Claude Eerdekens. Un ministère anodin mais qui, additionné au reste de son portefeuille, permet à Michou de débloquer un paquet de dossiers ! Comme par exemple les deux très emblématiques du Country hall et du Standard. Au final, un regain exponentiel de puissance pour le Mich.

Country Hall Ethias
Depuis sa rénovation en 2005 (30 millions d’€ d’investissement, soit 13 millions de plus que prévu), le Colisée liégeois des spectacles et activités sportives de haut vol est en plein gouffre financier ! Celui-ci doit en effet rembourser 1 255 480 € par an à la SLF (l’intercommunale Société de Leasing et de Financement dont Michou est président « empêché », pilotée par le daerdeniste Gilbert Van Bouchaute, et contrôlé par le cabinet révisoral… DC&Co).

En ajoutant les frais de fonctionnement (959 320 €), avec l’aide d’un sponsoring de 200 000 € par an d’Ethias qui menace de se retirer (mais qui est dans le CA d’Ethias ? Et qui a quelques relations auprès de la DC&Co qui contrôle Ethias ?), et d’une allocation provinciale de 750 000 € (mais qui a signé ce grand accord ?), les activités du Country Hall ne permettent pas à celui-ci d’échapper à un déficit annuel représentant la création de quelques logements sociaux… (651 000 €).

Résultat des courses, la Société de gestion du Bois-Saint-Jean, responsable du Country Hall, ne pourra subvenir au prochain remboursement annuel à la SLF. Mais heureusement, papa est là ! La solution imposée par Michou à la crise ?
L’Adeps, qui utilise ses infrastructures, remboursera le prêt de la SLF ! Même si son prédécesseur, le Glaude Eerdekens, avait refusé de tuer le budget de l’Association à l’époque (on le glorifiera au passage – une fois n’est pas coutume – d’avoir été le seul à s’être opposé au prince de la cité Ardente, Michou Ier), le nouveau ministre des Sports ne devrait pas hésiter à utiliser les deniers communautaires pour sa salle provinciale et/ou électorale… Autre effet pervers : si l’Adeps ne connaît pas un plan de refinancement d’ici les ponctions de Daerden, son activité sur l’ensemble de la région sera sérieusement amputée, et ce au profit de la salle de Michou… L’avenir sportif de nos jeunes wallons ? Seule perspective : que les garçons jouent au basket, et les filles jouent les pom-pom-girls au Country Hall ! Ce qui n’est peut-être pas plus mal, tout compte fait…

Standard d’Ans
Afin d’accueillir l’Euro 2000 au stade de Sclessin, 10 millions d’€ furent nécessaires à son relooking. Mais les banques doutant à l’époque de la sagesse d’un tel investissement, ces 10 millions auront finalement été versés, sous forme de subsides, par la Région wallonne (et son ministre du Budget), la SLF (voir plus haut…) et la SPI+ (Agence de développement pour la province de Liège). En contrepartie, une convention fut signée sur 27 ans. Quelque sept ans après les faits, l’heure est au constat. Et il s’avère que les banquiers furent décidément plus malins que d’autres ! Dans 5 ans, le stade de Sclessin sera trop petit pour accueillir les matchs de l’UEFA ! Du coup, il va falloir déménager, et les soussous publics vont devoir être remboursés ! Attristé le Michou ? Pas sûr : qui doit réclamer le remboursement des subsides wallons ? Le ministre du Budget… Et alors que son rival Willy Demeyer, bourgmestre de Liège, refuse catégoriquement que le stade quitte la terre liégeoise, Michou ne l’entend pas ainsi, et ne rêve que d’un Eldorado : son Standard Ansois !
En définitive : le PS a abandonné le Social, ne s’est jamais occupé de la Culture, et s’achète aujourd’hui les Sports. Le triumvirat Demeyer-Mathot-Marcourt pensait avoir repris du tonus sur Michel Daerden… Que nenni ! Le bougre s’offre un pouvoir à tous les niveaux (Communauté-Région-Province). Désormais, pour se gratter le doigt de pied dans la Cité ardente, il faut passer par « papa » !

14/02/207

Question de M. Jean-Luc Crucke à M. Claude Eerdekens, ministre de la Fonction publique et des Sports, relative au « sauvetage du Country Hall de Liège ». Bruxelles, parlement wallon, 13 03 2007M. Jean-Luc Crucke (MR).- Entièrement rénové en 2005 et disposant de salles modulables, le Country Hall de Liège peut aujourd?hui accueillir 7 500 personnes pour des manifestations sportives ou culturelles. Le centre a bénéficié de 30 millions d?euros d?investissement, soit quelque 13 millions de plus que prévu.Géré par la S.A. Société de gestion du Bois Saint-Jean, le Country Hall connaît aujourd?huides difficultés financières. Le déficit établi en 2006 semble être important puisqu?il se monterait à plus de 750 000 euros.Votre collègue du gouvernement chargé du budget et ministre de la Région wallonne avaitimaginé comme solution que l?Adeps verse 375 000 euros par an en échange de l?occupation des lieux pour diverses activités. Votre réponse négative, pertinente, fut catégorique. La Communauté française ne dispose pas de réserves financièresexponentielles. à la suite de demandes formulées par l?asbl « Les Amis du Pays de Liège », présidée par personne interposée par le ministre Daerden et que le centre prendrait le nom de Country Hall Ethias de Liège.Monsieur le ministre, avez-vous été saisi d?une demande d?intervention de la Communauté française introduite par la société de gestion du Bois Saint-Jean ? Si oui, sur quel montant porte-t-elle ? Pour quelles raisons ce projet a-t-il évolué dans ce sens ?M. Daerden a-t-il formulé une demande précise ? Avez-vous rencontré d?autres intervenants financiers potentiels, personnes physiques, associations ou entreprises, Ethias, par exemple, partenaire très présent dans le Country Hall ? À concurrence de quel montant Ehias interviendrait-elle de manière récurrente dans ce projet afin de combler la gestion déficitaire du centre ?M. Claude Eerdekens, ministre de la Fonction publique et des Sports.

?Ma réponse aujourd?hui ne sera pas fondamentalement différente de celle que j?avais adressée à M. Reinkin en séance plénière.Je vous rappelle que le Country Hall ou domaine du Bois Saint-Jean était un centre Adeps. Enmai 2004, sous la précédente législature, le gouvernement a convenu de concéder par bail emphytéotique de 50 ans, avec un canon indexé de 150 000 euros, ce bien de la Communauté française au profit de l?intercommunale Société liégeoise de financement, (SLF), à charge pour celle ci d?y réaliser des investissements sportifs avec l?aide de la Région wallonne qui peut financer des infrastructures. C?est la décision du précédent gouvernement. Il m?a été demandé si je souhaitais que la Communauté française entre dans une société de gestion que l?on constituait.J?ai décliné l?offre, estimant qu?avec la disparition du centre Adepts, un autre organisme en devenait l?exploitant pendant cinquante ans et que je n?avais donc aucune raison d?entrer dans la société de gestion.Je ne connais donc rien des comptes de la société de gestion puisque la Communauté françaisen?en est pas membre et que je me suis tenu à l?écart de ce dossier. J?ai lu dans la presse que la société de gestion aurait quelques difficultés pour assurer ses recettes de façon à compenser les dépenses.Je n?ai eu aucune demande officielle d?intervention de l?asbl « L?avenir du pays de Liège »ni de son président, M. Daerden. Je n?ai eu aucune demande de la société de gestion. Nous enavons parlé avec M. Daerden que je rencontre chaque vendredi lors de la réunion du gouvernement.L?idée a été avancée de voir la Communauté française donner de l?argent à l?asbl de société degestion, pour compenser tout ou partie de son déficit.J?ai estimé que l?idée n?était pas bonne. En effet, obtenir en compensation une dizaine de locationsde l?outil pour 350 000 euros par an, c?est déjà assez cher, mais ce n?est rien à côté du coût del?organisation d?événements. Cela aurait entraîné des dépenses de deux à trois millions d?euros etaurait mis en péril les autres politiques sportives.C?était donc irréaliste. M. Daerden étant le meilleur financier publicen Région wallonne et en Communauté française, il réfléchit à me faire une proposition bien conçue et honorable. Je ne peux donc pas répondre pour l?instant.Le Country Hall rénové est cependant un des plus beaux outils en Communauté française, à côté du Sport Paleis à Anvers, de Forest National à Bruxelles et du Spiroudôme à Charleroi. Cesite de 31 hectares abrite le Centre de formation Louis Dreyfus du Standard. Ce centre exceptionnel forme les meilleurs footballeurs de demain.Je suis très attentif à la création de centres sportifs de haut niveau sur deux sites, les sitesmontois et liégeois. Le Bois Saint-Jean, avec les réalisations de la SLF et de la société de gestion,pourrait s?inscrire parfaitement demain dans le centre sportif de haut niveau à créer. Pour l?instant je suis dans l?attente de bonnes propositions qui me permettent de mener à bien tous mes objectifs sportifs, voire de les amplifier sans les compromettre.M. Jean-Luc Crucke (MR).Je partage votre opinion sur la beauté du Country Hall qui estaussi très coûteux, non seulement en investissement mais aussi en gestion. Vous avez répondunon à la première série de questions, un non un peu moins ferme à la deuxième série. J?ai cependant eu l?impression que des négociations sont en cours avec M. Daerden, et vous connaissant, je suppose que, pour dépenser un euro, vous devrez en gagner deux ailleurs. Je continuerai à suivre ce dossier avec attention.

23 octobre 2007

Les Bureaux du pouvoir: Daerden

Michel Daerden, le ministre du Budget de la Région wallonne et de la Communauté française a accepté de recevoir Fabienne Vande Meerssche dans le cadre de l'émission " Les bureaux du pouvoir ".



Les interventions joviales du socialiste liégeois suite aux élections communales de 2006 l'ont propulsé star du net et ont même donné lieu à un remix de ses mots sur un air de reggae. De quoi satisfaire indirectement son v¿u refoulé, devenir artiste. Michel Daerden, qui est aussi bourgmestre d'Ans près de Liège, reconnaît que son style sort de l'ordinaire.



"Je suis un être atypique et controversé", a-t-il souvent concédé, rappelant le titre d'un article que lui consacra le quotidien Le Jour.
"Daerden, c'est un peu le Gainsbourg de la politique". "C'est vrai, j'aurais pu être un artiste. Je rêvais d'être chanteur mais je m'y retrouvais mieux dans les chiffres".



26/01/07
Moins de pouvoir à Michel Daerden


Depuis la mort de Guy Mathot, le PS liégeois se divise de plus en plus en deux clans antagonistes: les »Demeyer-Mathot », plus nombreux depuis les communales, et les Daerden, père et fils. Aujourd'hui, »Papa » réclame la tête de liste pour les élections fédérales? Willy Demeyer, président de la »fédé » laisse planer le suspense. Mais annonce: »Lepouvoir ne doit plus être concentré dans les mains d'une seule personne ».


grands dossiers?


« Non, la fédération liégeoise est une machine politique de 23.000 affiliés. Jamais, dans son histoire, elle n'a présenté une uniformité de pensée et pourtant de gros dossiers ont avancé. En tant que président du Port autonome par exemple, je parle avec le ministre Daerden et ce travail porte ses fruits. »
D'aucuns, dans votre parti, trouvent justement que le ministre Daerden est impliqué dans un peu trop de dossiers...
« Il est vrai que les grandes décisions doivent désormais être prises de manière plus collégiale. Il faut répartir les rôles pour ne plus voir tous les pouvoirs concentrés dans les mains d'une seule personne ou de ses »hommes de paille ». Il existe plusieurs sphères d'activité: région, communauté, fédéral, communal... et il y a eu un beau renouvellement en octobre, avec des mandataires qui incarnent la nouvelle génération. C'est le moment de redistribuer les cartes. »
Vous voulez voir le pouvoir de Michel Daerden diminuer?
« Si l'on considère qu'il a beaucoup à dire et qu'il faut partager... oui! »
Au-delà de la concentration de pouvoirs, le problème d'alcoolisme a été soulevé...


« Je constate qu'au niveau médiatique, ce comportement n'a pas été sanctionné. La grande popularité acquise par Michel Daerden l'est en partie grâce à cette »Daerdenmania » orchestrée. Il est plus facile de plaire comme cela que sur base de dossiers difficiles qu'il a menés! Au niveau du parti, l'éthylisme ne constitue pas une infraction. Mais la question est posée en interne. La liste ne sera pas finalisée avant fin février, mi-mars. Les problèmes se régleront en douceur. Les gens ne veulent pas d'un parti où les élus se font la guerre... »
Michel Daerden sera-t-il tête de liste en juin?







« A l'heure actuelle, j'acte juste le nombre de candidats, dont quatre sortants qui n'ont pas démérité. Le PS présentera des candidats dont l'éthique est irréprochable. L'éthique et la politique vont de pair, c'est d'ailleurs le paramètre auquel j'accorde le plus d'importance. Le second paramètre est celui des suffrages... »
»DC & Co », la société créée par Michel Daerden, est réviseur de la plupart des intercommunales liégeoises. Là aussi, il y aura redistribution?
« Quand les mandats de révisorat viendront à échéance, nous ferons jouer la concurrence au sein des réviseurs compétents en matière de finances publiques. »
Didier Reynders a été assez dur vis-à-vis de votre parti...
« Oui, il a notamment dit que j'étais faible. Mais je suis le seul à l'avoir battu deux fois, donc lui doit être...très faible! Ceci dit pour le fun. Mais je ne veux pas rentrer dans ce jeu-là. Nous ne nous parlons plus depuis les communales et cela ne joue pas dans l'intérêt de Liège. Je vais donc lui téléphoner, nous devons reprendre contact. »
Après ses critiques adressées à Michel Daerden, le patron du MR va-t-il trouver un nouvel interlocuteur au PS?
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