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12 septembre 2008

Le fonctionnement de la police compromis

Le ministre de l’Intérieur, Patrick Dewael, estime que le bon fonctionnement de la police fédérale et de l’inspection générale est compromis. Et ce, après avoir pris connaissance de trois rapports du Comité permanent de contrôle des services de police (Comité P) qui pointent le commissaire général Fernand Koekelberg. Les jours de ce dernier seraient-ils comptés ?

Le ministre de l’Intérieur, Patrick Dewael, estime, dans un communiqué, que le bon fonctionnement de la police fédérale et de l’inspection générale est compromis. Après avoir pris connaissance de trois rapports du Comité Permanent de Contrôle des Services de Police (Comité P), il a décidé de se concerter avec son collègue de la Justice, Jo Vandeurzen, sur les mesures à prendre au plus vite.
Les rapports concernent l’enquête au sujet de la nomination de deux collaboratrices du commissaire général de la police fédérale, Fernand Koekelberg ; la mesure d’ordre prise à l’encontre de l’ancienne porte-parole de la police fédérale, ainsi que la nomination et l’attribution d’échelles de traitement à certains membres du personnel de l’Inspection générale de la police fédérale et de la police locale.
Le ministre de l’Intérieur a aussi fait savoir au bourgmestre de Bruxelles que son chef de Corps actuel est cité dans le rapport du Comité P.
Le ministre a par ailleurs ordonné une évaluation de l’arrêté portant attribution d’échelles de traitement à certains membres de l’Inspection générale de la police fédérale et de la police locale, tel que suggéré par le Comité P.
Le ministre a encore ordonné une enquête interne sur d’éventuels dysfonctionnements dans sa cellule stratégique. Pour ce faire, il annonce qu’il fera appel à l’assistance du Comité P.
En conclusion de son communiqué, le ministre déclare qu’il se tient à la disposition du parlement, plus précisément de la Commission spéciale chargée de l’accompagnement du Comité P, ainsi que de la Commission de l’Intérieur.

02 mai 2008

Confusion autour des sans-papiers arrêtés

Des leaders du mouvement des sans-papiers arrêtés

MARDI, LA POLICE a interpellé 130 manifestants devant l'Office des étrangers à Bruxelles. La moitié, sans papiers, risquent l'expulsion. Parallèlement, une centaine de manifestants se sont rassemblés cette nuit, jusqu'à 5 heures du matin, derrière le Palais de justice pour réclamer leur libération. Deux avocats qui les accompagnaient ont été malmenés par la police.

Mardi, 16 h, au pied de l'Office des étrangers à Bruxelles. Des policiers embarquent un groupe de manifestants. Partout des cris et des scènes de violence. Trois fourgons se remplissent, 130 personnes sont arrêtées, dont 90 sans-papiers, parmi lesquels plusieurs enfants, 10 étudiants de l'ULB et 30 autres personnes en situation irrégulière.
Comme chaque semaine ou presque, les manifestants s'étaient rassemblés devant l'Office des étrangers, à l'initiative des collectifs de défense des sans-papiers, pour demander un dialogue sur la politique de régularisation. Chaque semaine, les autorités les laissent faire. Mais pas cette fois.
« Nous autorisons les manifestations dès que nous pouvons. Mais dans ce cas nous n'avons pas reçu de demande. Et les manifestants ont planté des tentes avec l'intention de rester là 24h. Les conditions sécuritaires et sanitaires n'étaient pas respectées », affirme le porte-parole du bourgmestre (PS) de Bruxelles. À la police, on indique que l'évacuation des lieux avant 16h a d'abord été demandée, sans succès. Les policiers seraient donc intervenus vers 17h. Mais du côté du mouvement des sans-papiers, la version est toute autre. Eux affirment avoir déposé une demande d'autorisation à la commune et à la police. Et dénoncent des arrestations violentes, alors que la manifestation était pacifique.
Transferts en centres fermés
Toutes les personnes arrêtées ont été transportées illico dans des cellules situées au Palais de Justice. Parmi elles, Alain Adriaens, conseiller communal Écolo d'Ixelles et ancien député. Il se dit scandalisé : « Nous avons été pris dans une souricière. À aucun moment la police ne nous a demandé de nous disperser. Et une fois en cellule, j'ai vu que la police faisait le tri entre ceux qui avaient des papiers et pouvaient sortir, et les sans-papiers. » Selon l'Écolo, « la commune de Bruxelles a d'abord promis la libération de tous, puis a tout à coup indiqué qu'elle n'avait plus les manettes mais que c'était l'Office des étrangers qui avait le contrôle des opérations. »
À l'Office des étrangers, on indique qu'il ne s'agit que d'arrestations administratives. Mais que les sans-papiers sous le coup d'un ordre de quitter le territoire pourront être mis en centres fermés et que les dossiers seront traités au cas par cas. Pour les militants du mouvement de défense des sans-papiers, il s'agit d'une « rafle ». Et d'une tentative claire de couper la tête de leur mouvement. « Nous sommes quatre porte-parole de l'Udep (Union de défense des sans-papiers) sur cinq à être détenus dont trois sans papiers », indiquait mardi, depuis sa cellule, Gerardo Cornejo, à l'origine de la grève de la faim initiée, rue Royale il y a quelques mois. À l'extérieur, le reste des troupes s'est rassemblé, en soirée, devant le Palais de Justice. Et a tenté de joindre l'Office des étrangers. En vain.

22 mai 2007

" 3.000 policiers ou rien"

MAJ 22/05/2007

Pistes du PS pour la sécurité, en critiquant le bilan de Patrick Dewael

La sécurité, chasse gardée de la droite ? Le PS l'a vivement démenti, lundi, lors d'une grande réunion de l'ensemble de ses bourgmestres de Bruxelles et de Wallonie. Un sommet particulier, donc, à moins de trois semaines du retour aux urnes, dont est sortie une série de propositions.
On notera notamment celle de "renforcer les pouvoirs des communes contre les incivilités", mais aussi d'"augmenter les travaux d'intérêt général" dont le PS s'enorgueillit de les avoir déjà fait passer de 556 en 2002 à 11.000 en 2007.
L'occasion était également parfaite pour revenir sur les problèmes de délinquance juvénile qui ont ressurgi ce week-end.
Le PS note "le problème budgétaire récurrent" depuis que la matière a été communautarisée. Il assure vouloir "affronter ce problème de front" avec deux pistes de réflexion. Un : la possible "refédéralisation de la matière". Et deux, si la première ne recevait l'aval d'aucun partenaire : "l'octroi d'un droit de tirage aux Communautés pour le financement des mesures nécessaires à l'exécution de cette loi fédérale".
Refusant les peines incompressibles "qui s'avèrent contre-productives sur le terrain", le PS a fustigé le bilan du ministre Dewael (VLD), qui a échoué à remettre en rue les 3.000 policiers prévus. Le président Di Rupo prévient : ce sera une "exigence " des siens en cas de participation au prochain gouvernement.
Ch. C.
© La Dernière Heure 2007

11 février 2007

Colère du bourgmestre de La Louvière

Les jeunes de la Louvière seront poursuivis

La justice a fait son travail et il ne faut pas laisser croire que la justice n'a pas réagi, a indiqué ce lundi matin le procureur du Roi de Mons, Claude Michaux, lors d'une mise au point à la suite de propos du bourgmestre de La Louvière, Jacques Gobert (PS). Celui ci avait dénoncé, samedi, l'absence de mesures à l'encontre de sept jeunes, dont six mineurs, qui avaient lancé deux cocktails Molotov sur la façade d'une institution pour adolescents en difficulté.
Le Procureur du Roi a précisé que les six mineurs d'âge feront l'objet de mesures d'encadrement, décidées par le juge de la jeunesse et qu'ils devront répondre de leurs actes devant le tribunal de la jeunesse. Le majeur, inculpé de tentative d'incendie criminel, comparaîtra quant à lui devant le tribunal correctionnel. Par ailleurs, la ministre de la Justice, Laurette Onkelinx, a annoncé à la RTBF-radio qu'elle avait demandé un rapport sur ce sujet au centre de la polémique.
Le Parquet de Mons a rappelé ce lundi qu'il n'avait été avisé des faits - survenus la nuit du 7 au 8 février - que le 10 février. L'institut médico-pédaogique visé par le jet des cocktails Molotov a averti tardivement la police louviéroise, qui a alors informé les autorités judiciaires.


Ce week-end, le premier substitut du Procureur du Roi de Mons, Dominique Francq, avait nuancé la gravité des faits, qui n'avaient pas suscité une réaction rapide des gestionnaires de l'institution, avait-il fait remarquer. Il avait également fait état de l'absence d'antécédents judiciaires pour les sept auteurs, connus des services de police mais pas de la justice. Je voudrais rappeler à chacun que ce n'est pas parce qu'on ne prive pas quelqu'un de liberté qu'il est impuni, a déclaré Claude Michaux.
Le haut magistrat a insisté sur les règles prévalant d'une part en matière de détention préventive, d'autre part en ce qui concerne le placement de jeunes en institutions publiques de protection de la jeunesse (IPPJ). Nous n'étions pas dans ce cas de figure et ce n'était pas la place des jeunes concernés, a-t-il ajouté. Nous sommes fort heureusement dans un Etat de droit, où la règle, c'est la liberté et je ne suis pas prêt à faire arrêter des gens pour faire plaisir au bourgmestre ou satisfaire des policiers, a conclu le Procureur du Roi.

Les jeunes, suspectés d'avoir lancé mercredi des cocktails Molotov contre un institut médico-pédagogique, ont été relâchés par la justice. Le bourgmestre de La Louvière ne comprend pas…


Le bourgmestre de La Louvière est en colère. Mercredi soir, sept jeunes (dont six mineurs) s'étaient attaqués à une institution pour jeunes présentant des troubles comportementaux. Ils avaient notamment jeté deux cocktails Molotov avant d'être interpellés. Samedi matin, ils sont passés devant le substitut de garde. La juge de la jeunesse a été informée mais n'a pas réagi. Conséquence: personne n'a été privé de liberté.

Une situation que ne comprend pas le bourgmestre. Jacques Gobert respecte la séparation des pouvoirs. Mais le bourgmestre de la Louvière s'exprime ici en tant que responsable de la sécurité sur son territoire, une sécurité qu'il estime ne plus pouvoir entièrement garantir. Il pointe également du doigt un autre problème, celui de la motivation des policiers de terrain qui ont mené l'enquête.

Le chef de corps de la police, Luc Demol, souligne, lui, qu'on n'a pas à donner de leçon aux autorités judicaire mais il insiste: une telle situation risque de provoquer une psychose chez les citoyens. Les jeunes impliqués sont en aveux. Ils n'en seraient pas à leur coup d'essai et terroriseraient depuis des mois un quartier de Houdeng, dans l'entité de La Louvière.