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29 avril 2008

Contre l'Arriéré judiciaire, permettre la modernité

En condamnant dans deux arrêts distincts la Belgique pour ses lenteurs judiciaires, la Cour européenne des droits de l'homme de Strasbourg rappelle que le « droit à un procès équitable » implique aussi d'être jugé « dans un délai raisonnable ». Michel Lelièvre, le complice de Marc Dutroux, avait naguère obtenu gain de cause sur l'inobservance de ce principe. Et il est probable que d'autres condamnés célèbres se verront allouer dans les années à venir des dommages substantiels par la cour strasbourgeoise, tant l'arriéré judiciaire supporté en Belgique semble être d'une récurrente et insupportable incompressibilité.
Devant la cour d'appel de Bruxelles, les audiences civiles sont actuellement fixées à 2011. Compte tenu de la procédure en première instance, l'on peut estimer que la résolution d'un litige, parfois banal, est de l'ordre de sept ans ! La cour de Strasbourg est fondée à s'en indigner. Même si elle oublie que ses propres arrêts sont, eux aussi, affectés de délais de traitement parfois très longs. Le ver serait-il donc dans la pomme Justice ? Sans doute. L'inflation légistique, le formalisme parfois suranné de la procédure, la nonchalance de certains avocats et magistrats, la tolérance à l'égard des recours manifestement infondés : tout cela concourt à freiner la résolution de litiges qui, par effet pervers, ne peuvent plus être supportés, en matière civile en tout cas, que par ceux qui peuvent en assumer le financement.
L'arriéré judiciaire, c'est l'Arlésienne des gouvernements depuis des décennies. Jo Vandeurzen (CD&V), le nouveau ministre de la Justice, croit trouver dans l'informatique (Cheops) le remède magique ; Laurette Onkelinx (PS) voulut obliger les magistrats à statuer dans des délais fixés ; Melchior Wathelet (CDH) imagina en 1992 d'éradiquer les fols appels : tout cela n'a mené et ne mènera à rien. Les Codes fourmillent de freins légaux, sédiments accumulés par les législateurs, à l'aboutissement juste et rapide des procès. C'est peut-être là que le fer devrait être porté pour accélérer le cours de la Justice, tout en la maintenant juste : lui permettre la modernité en simplifiant son langage, en réduisant son formalisme, en dépouillant ses Codes de ce qui la surcharge inutilement.

02 juin 2007

"Onkelinx sabote l'analyse ADN"

Tarifs des tests ADN maintenus "provisoirement"

La ministre de la Justice, Laurette Onkelinx (PS), confirme ce samedi que les anciens tarifs en vigueur pour les tests ADN vont être maintenus "provisoirement". Mme Onkelinx réagit ainsi aux articles de presse publiés samedi dans plusieurs quotidiens flamands lui reprochant de vouloir "saboter les analyses ADN"."Il est totalement inexact de prétendre que les enquêtes judiciaires faisant appel aux méthodes de recherche ADN, pourraient être mises en péril par l'adoption du nouveau barème de frais de justice", insiste-t-elle. "En effet, le texte de l'AR permet déjà au Ministre de la Justice d'autoriser des dépassements d'honoraires lorsque les besoins del'enquête le justifient".Une concertation a été entamée mercredi dernier avec les représentants des laboratoires concernés "afin d'adapter les barèmes à certains cas de figures qui n'ont pas été précisés dans l'AR", ajoute le communiqué. "Sur base des discussions actuelles, une nouvelle grille barémique est en cours d'élaboration. Elle sera présentée lors de la prochaine réunion de travail programmée le 6 juin prochain", conclut la ministre. (belga)

"Onkelinx sabote l'analyse ADN"

L'analyse ADN dans le cadre judiciaire est menacée de paralysie suite à un arrêté royal pris par Laurette Onkelinx (PS) sur une baisse des tarifs de remboursement pour les laboratoires reconnus. Ce type d'analyse est pourtant un élément clé du travail derecherches moderne.Des scientifiques réputés, comme Jean-Jacques Cassiman de la KU Leuven ou Werner Jacobs d'Anvers, ont annoncé que les nouveaux tarifs - 100 euro pour un profil génétique contre 358,06 euros actuellement - conduiront à des dépôts de bilan. La ministre a annoncé vendredi dernier ces nouveaux tarifs de remboursement dans un arrêté royal, sans concertation préalable. Selon son cabinet, les tarifs ont été décidés en fonction de ce qui est d'application dans les autres pays. Des arguments rejetés par les laboratoires reconnus. Une réunion de crise sur cette polémique se tiendra mercredi prochain au cabinet de la ministre de la Justice. (belga)

10 mai 2007

Enquêter sur les sabotages dans la lutte contre la fraude

14 "chasseurs de fraudes" et 5 parlementaires demandent un "engagement public" de tous les partis pour la création, après les élections, d'une commission d'enquête parlementaire. Celle-ci devra essayer de comprendre pourquoi les poursuites engagées dans le cadre d'importantes fraudes fiscales échouent "systématiquement", écrit ce vendredi la presse flamande.L'appel a été lancé par une douzaine de membres de l'inspection spéciale des impôts et d'autres services fiscaux qui ont été impliqués ces 15 dernières années dans tous les grands dossiers, tels que KB Lux et l'affaire Didier Pineau-Valencienne. Chacun de ces dossiers portent sur des centaines de millions d'euros mais après des années d'enquête, les condamnations restent rares.Des enquêteurs insatisfaits de la situation actuelle ont donc décidé de remettre une pétition rédigée par eux-mêmes et 5 parlementaires. L'appel a été envoyé cette semaine à tous les présidents de partis, sauf le Vlaams Belang. (belga)

24 avril 2007

Sotegec : le Met et Daerden dans la danse ?

Un témoin a rapporté des éléments précis faisant état d'éventuelles bizarreries dans des marchés publics. Le parquet de Namur a ouvert une information. Il a averti le parquet général au cas où le ministre Daerden serait visé.

L'affaire émerge en 2006. Un témoin entend un trio de fonctionnaires discuter de l'affaire Sotegec, où fut principalement mis en cause Bernard Anselme, le ténor socialiste de Namur (lire ci-contre). Au cours de cette discussion, que des sources proches de l'enquête nous ont dit contenir des éléments précis et identifiables, des marchés publics passés entre le ministère wallon de l'Equipement et des Transports (Met) et le bureau d'études Sotegec étaient évoqués. Des marchés à la passation peu limpides, selon la mémoire du témoin.

Et de préciser qu'il s'agissait somme toute, pour le département de Michel Daerden (PS), de faire plaisir à M. Anselme en favorisant sa compagne, patronne de la Sotegec, Rita Maillard. Ce témoin s'est ensuite ouvert des propos entendus à la justice de Namur.

À l'information depuis 2006

Soyons nets : on n'accuse pas M. Daerden d'être coupable de quoi que ce soit, le dossier n'étant pas assez avancé pour permettre une affirmation positive ou négative; de quelle importance seraient les marchés éventuellement en cause et savoir si la justice a pu les identifier, c'est ignoré; nous parlons donc d'un témoignage et rien que de cela.

Mais il a été pris assez au sérieux pour justifier l'ouverture d'une information judiciaire, a appris "La Libre". Vendredi, le procureur du Roi de Namur, Bernard Claude, n'a pas souhaité nous livrer le moindre commentaire à ce sujet, se bornant à nous indiquer que, de toute façon, l'affaire n'était pas de sa compétence.

De fait, le procureur général de Liège, Cédric Visart de Bocarmé, nous expliquait le même jour qu'"il est clair que si le ministre est concerné, c'est chez nous que ça doit venir". Dans un premier temps, pourtant, le haut magistrat n'avait pas souvenir que ce soit arrivé : "Je n'ai absolument rien entendu. Le procureur du Roi ne m'a envoyé aucun rapport à ce sujet-là, et c'est la première fois que j'entends parler de M. Daerden dans le dossier Sotegec". Il se disait certain de la chose. Y aurait-il eu maldonne entre le procureur du Roi de Namur et le "PG" de Liège ?

Malgré tout, le week-end nous apportait une nouvelle confirmation qu'un dossier Sotegec/Met existe bien.

Lundi, le procureur Bernard Claude, que nous questionnions pour vider le dilemme, nous répondait, sans passion mais en refusant d'aborder le fond du dossier, qu'"une information judiciaire a été ouverte sur les relations Sotegec/Met au parquet de Namur et que, dans le contexte, j'ai considéré qu'il était de mon devoir de prévenir le procureur général, ce que j'ai fait par une lettre du 29 novembre 2006". En effet, si un ministre pouvait être concerné, disait lui-même le "PG"...

Pour l'anecdote, on relève que M. Claude avait donc bien fait son travail, ce que M. Visart nous confirmait lundi aussi, après avoir "réinterrogé le magistrat qui suit le dossier chez nous". Résultat : il y a une "information [...] et des vérifications ont été faites, mais qui n'ont donné lieu à aucune dénonciation infractionnelle, pour le moment en tout cas".

Pour le reste, les interprétations ne se superposent pas parfaitement. Côté parquet, c'est le contexte "ministériel" qui était donc à l'origine de la transmission du dossier au parquet général, alors que M. Visart y voit désormais aussi l'exercice d'un contrôle sur le dossier Sotegec.

D'autre part, le "PG" trouve la fiabilité de la source incertaine et la dit anonyme. Il a peut-être raison pour le premier adjectif, mais le nom du témoin figure dans les PV.

Toujours est-il que voilà un pseudopode inattendu à l'affaire Sotegec. Avec quelles suites ? C'est une autre histoire...

Anselme réentendu
Hasard de calendrier : on a appris lundi que, en marge du dossier Daerden, l'affaire Sotegec venait de conduire, le matin même et à nouveau, l'ancien bourgmestre namurois et ancien ministre-Président de la Région wallonne puis de la Communauté française et ex-ministre fédéral des Affaires sociales, Bernard Anselme (PS), chez le juge d'instruction Philippe Olivier.
On se souvient que le soupçon pèse que le bureau d'études Sotegec, dirigé par la compagne de M. Anselme, Rita Maillard, ait été outrageusement favorisé par la Ville de Namur - en version Anselme - pour l'obtention de marchés publics, du fait de leur relation. Il en va de même pour le CPAS namurois et pour la société de logements sociaux "La joie du foyer". En pratique, la justice soupçonne que des marchés aient été attribués soit grâce à de faux prix bas (les contrats étaient ensuite grevés par de lourds avenants), soit en soustrayant des documents de l'examen au conseil communal, soit en omettant simplement la moindre mise en concurrence.
Bernard Anselme avait d'ailleurs été inculpé en octobre 2006, avec l'échevin du Patrimoine Jean-Louis Close (PS) et le secrétaire communal Jean-Marie Van Bol (par ailleurs professeur en matière de marchés publics), pour entrave à la liberté d'enchère, pour prise d'intérêts ainsi que, enfin, pour faux et usage de faux.
Bref, questionné par l'agence Belga, le procureur du Roi de Namur, Bernard Claude, a indiqué que la nouvelle audition de lundi était destinée à faire des recoupements avec des informations reçues par le juge d'instruction lors des auditions des membres du personnel communal .

23 avril 2007

L'ancien bourgmestre Anselme à nouveau entendu

Bernard Anselme, l'ancien bourgmestre de Namur, a à nouveau été auditionné par le juge d'instruction Philippe Olivier ce lundi matin dans le cadre du dossier du bureau d'études Sotegec.Selon le Procureur du Roi de Namur, Bernard Claude, cette nouvelle audition était destinée à faire des recoupements avec les informations reçues par le juge d'instruction lors des auditions des membres du personnel communal.Pour rappel, il y a quelques mois, Bernard Anselme et Jean-Louis Close avaient été inculpés du chef d'entrave à la liberté des soumissions et de faux et usage de faux. L'ancien bourgmestre et l'ancien échevin du Patrimoine avaient été accusés, au printemps dernier, d'avoir privilégié le bureau d'études de la compagne de Bernard Anselme dans les marchés publics, notamment en ne mettant pas en concurrence ce dernier avec d'autres sociétés. (belga)

15 avril 2007

Merry Hermanus inculpé de faux et détournement

Merry Hermanus (PS), ex-patron de la Société de Développement Régional de Bruxelles, a confirmé, samedi, à l'occasion de son retour de vacances, son inculpation qui lui a été notifiée par courrier. M. Hermanus a été inculpé de faux et de détournement. Il a répété samedi son étonnement, considérant que toutes les précautions juridiques avaient été prises dans le cadre de ce dossier de réurbanisation de l'hôpital militaire d'Ixelles. "Je ne comprends pas mon inculpation. La SDRB n'a ni réalisé le cahier des charges, ni rédigé les termes essentiels de la convention" a réagi M. Hermanus.

Il a expliqué qu'il avait agi sur des instructions du gouvernement bruxellois et que le cahier de charges avait été imposé par le gouvernement comme l'atteste une note ministérielle de 1995 qui avait été signée par Didier Gosuin (MR) alors ministre régional. La SDRB avait été chargée d'une mission déléguée et devait à ce titre exécuter les décisions du gouvernement. Selon M. Hermanus, le cahier des charges a été réalisé exclusivement par le cabinet du ministre-président Charles Picqué, et plus particulièrement par deux collaborateurs de celui-ci.

La SDRB a reçu un premier document en mai 1991 qu'elle a critiqué à plusieurs reprises en raison de la complexité de la formule proposée. M. Hermanus estime aujourd'hui subir les conséquences de la complexité de la formule retenue. Le cahier des charges a été approuvé par le gouvernement le 17 juillet 1991. La SDRB a été chargée de lancer un appel d'offres européen qui n'a débouché sur aucun résultat.

A la suite du lancement de l'appel d'offres au niveau national, deux sociétés ont répondu. Un jury où figuraient les deux collaborateurs du cabinet de Charles Picqué, a estimé que la première offre était vide et que celle de Bâtipont-De Waele était valable à 95%. La SDRB, qui a pris un avocat, lequel a suivi toute la procédure, a reçu une instruction du gouvernement de négocier de gré à gré avec la société momentanée Bâtipont-De Waele pour aboutir à un projet de convention.

Selon M. Hermanus, les termes de la négociation ont été imposés par le gouvernement. Un avenant d'une convention de 1990 précise que c'est le gouvernement qui est le seul décideur, ajoute-t-il. En 1994, le ministre-président Charles Picqué a encore consulté un avocat spécialisé pour s'assurer une nouvelle fois de la conformité de la procédure, a-t-il enfin dit.

Le Président de la SA Bruxelles-Midi
et un administrateur d’Espace Midi


parmi les inculpés d’une affaire de fraude


Dans son édition du 14 avril 2007, “La Libre Belgique” dévoile le nom des 7 inculpés de faux et de détournement par la Cour d’Appel de Bruxelles dans le dossier immobilier de la réhabilitation de l’ancien hôpital militaire d’Ixelles. A côté du nom de Merry Hermanus (PS), ancien président de la Société de Développement de la Région bruxelloise (SDRB), ceux de certains promoteurs également actifs dans la SA Espace Midi, ainsi que celui du Président de la SA “de droit public” Bruxelles-Midi, Jacques Van Grimbergen, font partie de la liste. En 2006, Charles Picqué a également été cité dans ce dossier de fraude… où l’on retrouve quelques-uns des principaux protagonistes des opérations immobilières en cours depuis 15 ans au quartier Midi.

Pourquoi cette information mérite d’être relevée ici? Pourquoi mettre en parallèle l’histoire de l’Hôpital Militaire d’Ixelles avec celle du PPAS Fonsny 1 à Saint-Gilles, des plans d’expropriation successifs qui en ont découlé et de l’opération “Bruxelles-Midi” qui jette le trouble sur ce quartier depuis une quinzaine d’années…?

Parce que l’époque à laquelle ont démarré ces deux projets (parmi d’autres aux débuts de la Région bruxelloise) est la même, c’est celle où s’élaborent les premiers outils urbanistiques de la Région balbutiante. Coïncidence? Nous sommes en présence de plusieurs acteurs publics et privés identiques. Ceux-ci, à l’époque, commencent à élaborer ensemble différents projets immobiliers à Bruxelles placés sous le sceau du “partenariat public-privé”. Et si les pratiques utilisées ici et là ne sont pas exactement les mêmes, elles semblent relever d’un même mépris pour la chose publique.

L’affaire remonte au début des années ‘90. A cette époque, la Région bruxelloise rénove le site de l’ancien Hôpital Militaire d’Ixelles: 6 hectares à transformer en un petit millier de logements. Charles Picqué (PS) est alors ministre-Président et il a la tutelle sur la SDRB, qui gérait les rénovations. Contrat est passé avec l’association de promoteurs Batipont-De Waele. Ce marché a-t-il été surévalué, permettant aux promoteurs d’empocher plusieurs millions d’euros d’aides déguisées? La Cour des Comptes le soupçonne et porte plainte au Parquet de Bruxelles à la fin des années ‘90.

En 2006, c’est le quotidien économique flamand “De Tijd” qui avait mis en cause Charles Picqué, Ministre-Président de la région bruxelloise, pour le rôle qu’il a joué vers 1991-1994 dans cette affaire de contrats publics douteux.

Aujourd’hui, on apprend que la Justice vient d’inculper dans ce dossier 7 personnes pour faux et détournement. Charles Picqué ne fait pas partie de la liste, mais deux de ses collaborateurs de l’époque (où il exerçait déjà la fonction de Ministre-Président) en sont, si l’on en croit “La Libre Belgique”. Il y a d’abord Paul Vermeylen, urbaniste et architecte, maître en management public, consultant auprès de la Commission européenne, ancien Directeur de Cabinet adjoint du Ministre-Président, et actuellement Vice-président de Ramboll Management Brussels. Il est notamment l’auteur de “Pour Bruxelles”, un livre d’entretiens avec Charles Picqué.

Parmi ses co-inculpés, on retrouve un autre ancien Directeur de cabinet adjoint de Mr Picqué: Jacques Van Grimbergen. Actuellement directeur général de l’administration régionale de l’Aménagement du Territoire et du Logement, Mr Van Grimbergen est l’une des chevilles-ouvrières du PPAS Fonsny 1 qui a condamné 4 îlots au quartier Midi. Il est de ce fait le Président de Bruxelles-Midi, la “société anonyme de droit public” mise-en-place par Mr Picqué en 1991-1992 pour réaliser ces plans et dont les pratiques sont dénoncées tout au long de ces pages (lire la présentation de Bruxelles-Midi).

Autres inculpés membres du Parti Socialiste et occupant ou ayant occupé des fonctions publiques importantes: Mery Hermanus, actuel échevin PS à Jette, déjà connu comme ayant été l’une des vedettes du feuilleton Agusta, et ancien directeur la Société de Développement Régional de Bruxelles (SDRB) de 1989 à 1996… Et sa femme, Mireille Francq, elle-même Présidente du CPAS de Jette et “Administrateur général” de la SDRB! La SDRB qu’on connaît pour ses nombreux projets à Bruxelles, dont quelques-uns dans les 4 îlots du PPAS Fonsny 1.

Jean Thomas, tout puissant promoteur actuellement à la tête de la Compagnie Immobilière de Belgique (CIB - Immobel) et anciennement de l’Immobilière Louis De Waele, fait également partie des inculpés. A Saint-Gilles, on connaît la SA Louis De Waele notamment pour sa spectaculaire spéculation sur l’îlot désormais appelé “Midi Atrium”, anciennement constitué d’habitations et transformé en bureaux avec la bénédiction de Charles Picqué, bourgmestre de Saint-Gilles (lire “Mr Picqué réinvente le sens du mot spéculation”). Via la SA Louis De Waele, le groupe CIB est aussi l’un des actionnaires d’Espace Midi: un consortium qui est l’un des principaux promoteurs privés auxquels la SA Bruxelles-Midi revend des terrains dans le quartier Midi, terrains expropriés grâce à la Commune de Saint-Gilles et à la Région bruxelloise.

Notons que les mêmes acteurs immobiliers qui sont présents au sein d’Espace Midi (lire la présentation d’Espace Midi) se retrouvent dans un autre “partenariat public-privé” à Bruxelles: la société Espace Rolin, qui réalise un important projet dans la Commune d’Etterbeek. Commune dont l’Echevin des Finances, Isi Halberthal (PS), est aussi (ou était jusque récemment) directeur à l’immobilière Immomills-Louis De Waele Development et administrateur de la SA Espace Midi! Curieux cumul… Et justement, Isi Halberthal fait partie aujourd’hui des inculpés de l’affaire de l’ancien Hôpital Militaire d’Ixelles.

Enfin, la liste se termine par un autre “gros poisson” de l’immobilier bruxellois. Il s’agit de Philippe Blaton, ancien patron de Bâtipont, désormais à la tête des sociétés Philippe Blaton et Amart, actives dans la construction et la rénovation. Bâtipont Immobilier, alias BPI, est la filiale de développement immobilier du groupe BPC, appartenant lui-même à CFE (Vinci). CFE est également l’un des actionnaires d’Espace Midi. Quant à la société BPI, elle est depuis 2005 copropriétaire de “l’îlot C” du PPAS Fonsny 1 (encore virtuellement pour certaines maisons appartenant toujours à des propriétaires particuliers, menacés d’expropriation depuis 15 ans), en consortium avec le groupe Atenor. Ils vont y construire 39.595 mètres carrés de bureaux et un hôtel de 142 chambres, conformément à la volonté politique de la Région et de Saint-Gilles telle qu’inscrite dans le PPAS Fonsny 1.

Evidemment, la comparaison s’arrête là. Pour l’instant du moins. Autre quartier, autres enjeux. Autre commune, autres moyens… Mais outre les liens personnels qui apparaissent à travers cette comparaison (et qui apparaîtraient sans doute plus encore si nous nous intéressions à d’autres projets immobiliers à Bruxelles), ces opérations semblent animées, en toute complicité, par une même volonté d’élaborer des “win-win” privés-publics sur le dos de la collectivité.

Pas de pas de côté à Etterbeek

Figure emblématique de la vie politique etterbeekoise, aux côtés du bourgmestre Vincent De Wolf (MR), avec lequel il a tissé depuis près de 20 ans une relation de confiance et d'estime, le socialiste Isi Halberthal s'apprête-il à faire un pas de côté ?
Inculpé avec six autres personnes dans le dossier de l'ancien hôpital militaire d'Ixelles pour faux et usage de faux, ou encore détournement de fonds publics comme auteur ou coauteur (lire aussi en page 5), l'actuel échevin de la culture, de l'enseignement et de la cohésion sociale est en tout cas sur la sellette.

Averti cette semaine, à son retour de vacances, des soupçons pesant sur sa personne, l'homme se dit à la fois serein et surpris.
« Je suis très étonné d'être inculpé dans ce dossier qui remonte à 16 ans, nous a-t-il déclaré ce week-end, en soulignant que ces poursuites n'étaient en rien liées à son activité de mandataire public à Etterbeek. Cela concerne mon activité professionnelle de consultant pour Immobel, un travail que j'effectue depuis 18 ou 19 ans. »
C'est à ce titre qu'il s'est penché sur le dossier dont question, et ce après que le gouvernement régional bruxellois de l'époque a annoncé sa volonté de réurbaniser les anciennes casernes. « Immobel s'est intéressé à ce dossier, comme il l'a fait aussi pour la caserne Dailly (NDLR, à Schaerbeek) et, en tant que consultant, j'ai participé à ce projet, aux études de plans ou d'esquisses. »
Deux échevinats
sur la sellette
Seize ans plus tard, Isi Halberthal le dit franco : « Je ne vois pas très bien ce que l'on peut me reprocher. J'y verrai peut-être plus clair à la lecture du dossier mais, en tout cas, il est établi qu'il ne s'agit pas de corruption ou d'enrichissement personnel. »
Ces poursuites auront-elles un impact sur son mandat public ? L'intéressé bénéficie en tout état de cause de la présomption d'innocence. « Cela ne devrait donc pas, a priori, m'empêcher d'exercer mon mandat, mais on verra. »
Signalons que la même ligne de conduite est adoptée à Jette par Merry Hermanus (PS), également inculpé.
Encore en charge des finances sous la législature précédente, Isi Halberthal n'a pas rempilé sous cette casquette au sein de la nouvelle majorité (qui, outre le MR et le PS, est également composée d'Ecolo).
Bien avant l'annonce de son inculpation dans le dossier de l'hôpital d'Ixelles, Isi Halberthal avait dit et répété qu'il se présentait pour la dernière fois, laissant même entendre qu'il n'irait pas forcément au bout de son mandat dans l'optique de céder, en cours de route, la place à un plus jeune que lui.
Un relais désormais inéluctable et urgent ? Rien n'est écrit, répond-on du côté du bourgmestre Vincent de Wolf. « C'est au collège qu'il appartient de prendre attitude sachant, d'un côté, que l'inculpation n'implique pas la culpabilité mais que de l'autre, on ne peut pas faire comme si rien n'était arrivé. Ce dossier ne touche en rien à la gestion communale mais une fois rendue publique, l'inculpation est-elle compatible avec l'exercice d'une fonction publique, fut-ce à titre provisoire ? La question est ouverte et je saisirai le collège à ce sujet. »
Rendez-vous est pris pour jeudi au plus tard, date du prochain collège.

25 mars 2007

l'affaire Detremmerie

Le MR demande des explications à Courard sur l'affaire Detremmerie

Le député wallon Jean-Luc Crucke (MR) souhaite entendre le ministre wallon des Affaires intérieures, Philippe Courard, sur la véracité des propos tenus par Jean-Pierre Detremmerie (photo), qui indique avoir été informé de l'ouverture d'une enquête.
"Depuis quinze jours, j'avais été informé par le ministre Courard qu'une enquête avait été ouverte. Je n'ai pas pour autant changé mes habitudes", a déclaré hier M. Detremmerie devant la presse. Le député libéral Jean-Luc Crucke souhaite "entendre le ministre Courard sur la véracité des propos tenus par le cdH, Jean-Pierre Detremmerie, sur les sources qui auraient averti le ministre de l'imminence d'une perquisition mais aussi sur les relations que la majorité PS-cdH entretient avec l'ancien bourgmestre de Mouscron". Si elle est avérée, Jean-Luc Crucke dénonce "cette collusion entre pouvoirs qui risque d'ôter à la perquisition tout son fondement". "Si les déclarations de Jean-Pierre Detremmerie devaient être confirmées, le MR exigerait la démission du ministre Courard", conclut Jean-Luc Crucke.


Le bourgmestre de Mouscron au courant du prêt de personnel

Le bourgmestre de Mouscron, Alfred Gadenne (cdH), a affirmé hier être au courant que du personnel communal a été mis à la disposition du club de football Royal Excelsior de Mouscron (D1), tout en insistant sur la "légalité" de l'opération.
"J'ai été échevin des travaux publics pendant 24 ans. Je savais que du personnel communal avait été mis à la disposition du club, et d'autres clubs sportifs de la commune", a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse, sans préciser la période des faits. Selon lui, cela s'est fait en toute "légalité". M. Gadenne s'est limité à la lecture d'un communiqué et a refusé de répondre aux questions des journalistes.
Les perquisitions menées hier dans le cadre d'une instruction sur le financement du club ont été une "surprise totale" pour lui, a-t-il indiqué. "Je n'ai jamais été mêlé à la gestion financière du club", a-t-il ajouté. Une fois informé des événements, le bourgmestre a donné "l'ordre à (son) personnel de collaborer avec les forces de l'ordre". M. Gadenne a ceint l'écharpe maïorale le 4 décembre 2006.