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22 juin 2008

Elargir la Région bruxelloise l’enrichirait

Elargir la Région bruxelloise aux 6 communes à facilités de la périphérie engendrerait un apport de 75 millions d'euros à la Région et de 132 millions d'euros à la Communauté française, selon une étude réalisée, sur base des données officielles disponibles, par le FDF.

Les habitants de ces communes ne seraient globalement pas pénalisés dans l'opération, selon cette étude. Dans le scénario le moins optimiste, leur situation resterait fiscalement inchangée.
Pour la Communauté, l'application d'une plus juste clé linguistique de répartition de l'Impôt sur les personnes physiques (IPP) rapporterait quelque 60 millions d'euros par an en sus, ressort-il de cette étude détaillée du centre d'études Jacques Georgin.

13 juin 2008

Et si on n’indexait plus les gros salaires ?

GUY QUADEN, le gouverneur de la Banque nationale, dresse le bulletin de santé de l’économie belge et lance une piste : « Faut-il indexer de la même manière un salaire de 1.000 euros et un salaire de 10.000 ? »

L’inflation était partout à Bruxelles ce jeudi. Dans les rues et sous la pluie le temps d’une manifestation sur le thème du pouvoir d’achat mais aussi dans les bureaux feutrés de la Banque nationale, où le gouverneur Guy Quaden dressait, comme tous les six mois, le bulletin de santé de l’économie belge.
L’intéressé y est notamment allé d’une « réflexion personnelle » qui ne devrait pas rester sans suites. « Je comprends parfaitement l’indexation des petites pensions, des bas salaires et jusqu’à un certain point des salaires moyens. L’idée première de l’indexation était de préserver la capacité des ménages à acquérir les biens de première nécessité et on doit donc protéger les plus faibles de la hausse du prix des produits énergétiques et alimentaires. Mais tous les revenus doivent-ils automatiquement être augmentés quand l’inflation grimpe ? Doit-on indexer de la même manière un salaire de 1.000 euros et un salaire de 5.000 ou 10.000 euros ? Je pose la question, sans plus. Sur ce terrain, les décisions reviennent aux interlocuteurs sociaux. Ils devront prendre leurs responsabilités, en connaissance de cause, lors du prochain cycle de négociations salariales, dans la seconde partie de l’année. »
Voilà qui ne manquera pas d’alimenter les positions des uns et des autres (syndicats, patronat, politiques) à six mois de la grande négociation bisannuelle qui doit dégager un nouvel accord salarial pour 2009 et 2010.
Guy Quaden ajoute : « Nous avons en Belgique un système de formation des salaires quasi unique qui repose sur deux piliers : l’indexation automatique et la norme salariale (laquelle balise la progression des salaires pour deux ans, elle est actuellement de 5 %, NDLR). Ce système a bien fonctionné jusqu’ici et j’espère qu’il continuera à bien fonctionner, mais cette année est un test. » Un test, 2008 ? Avec l’inflation du moment, « l’indexation des salaires sera plus élevée que ce qui avait été prévu lors des dernières négociations, situe le gouverneur, la norme sera donc dépassée ». C’est dans ce contexte tendu qu’il va falloir négocier la nouvelle norme. Si le gouverneur n’a pas explicitement invité à la modération salariale, son appel à la « responsabilité collective » s’en rapproche furieusement…
L’inflation pose d’autant plus problème qu’elle est actuellement plus élevée en Belgique qu’ailleurs en zone euro (4,1 % contre 3,4 % prévus cette année). Pourquoi ? Parce que, selon la BNB, les augmentations de prix de trois groupes de produits ont pesé plus lourd chez nous : carburants et mazout (le Belge se chauffe plus au mazout que l’Européen moyen, selon la BNB), produits alimentaires transformés (le Belge mange plus de pain et de céréales), gaz et électricité (les tarifs de distribution ont décollé en Belgique cette année).
Au reste, l’inflation n’est pas le seul indicateur à s’être détérioré ces derniers mois. La crise financière mondiale, le blues de l’économie américaine et l’euro fort ajoutent leurs effets, freinant au final tous les moteurs économiques belges. Côté entreprises, les exportations et les investissements sont attendus en baisse. Côté ménages, la « progression limitée » du pouvoir d’achat moyen devrait freiner la consommation au moment où les investissements dans le logement se calment. Et l’emploi, dans tout ça ? « C’était la bonne nouvelle en 2006 et 2007, avec 53.000 et 73.000 emplois créés. » Cette année encore, 56.000 emplois devraient voir le jour mais il s’agit là d’un héritage : le niveau de l’emploi ne suit celui de l’activité économique qu’avec un décalage de deux à trois trimestres. Pour 2009, les prévisions de créations d’emplois retombent d’ailleurs à 30.000. Sur les finances publiques enfin, Guy Quaden ne peut que se répéter : « Sans mesures nouvelles du gouvernement, le déficit devrait se creuser à – 0,3 % du PIB en 2008 et à – 0,8 % en 2009. » La perspective du vieillissement invite pourtant à… dégager des marges.

12 juin 2008

La valeur ajoutée des géants belges frise les 48 milliards

Les entreprises belges ont créé 10,5% de richesse en plus en 2007, pour un total de 47,9 milliards d'euros, soit 1,9% de la valeur ajoutée totale créée par les grandes entreprises européennes (2.027 milliards de livres sterling, ou 2.559 milliards d'euros), selon une étude réalisée par le département britannique du commerce et de l'industrie (DTI) citée jeudi dans L'Echo. La valeur ajoutée des plus grandes entreprises européennes a augmenté de 11,7% par rapport à 2006. Aucune entreprise belge ne figure dans le top 50 européen, relève L'Echo. Fortis, champion national, plafonne à 9,7 milliards d'euros de valeur ajoutée, soit près de 2 milliards de moins que le 50e européen, Veolia Environnement. Le top 5 belge est complété par KBC, InBev, Dexia et Delhaize. Selon la septième édition du classement de la valeur ajoutée (Value Added Scoreboard), qui répartorie les 750 entreprises européennes à la plus forte valeur ajoutée, le classement par pays reste dominé par le Royaume-Uni, dont les entreprises prennent à leur compte 22,7% de la valeur ajoutée totale (contre 26% en 2006), suivi par l'Allemagne (19,7%) et la France (18,5%).

14 mai 2008

La pression monte sur le salaire des patrons

Les gouvernements de la zone euro se voient aujourd'hui contraints à monter au créneau sur ce sujet s'ils veulent que leurs appels répétés à la modération salariale en direction des Européens aient une quelconque chance d'être entendus.
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La polémique enfle en Europe autour du montant des rémunérations des dirigeants d'entreprise, poussant les gouvernements à envisager une action concertée pour les encadrer, au moment où les salariés voient, eux, leur pouvoir d'achat rogné par l'inflation élevée.
Dans une sortie inhabituellement dure, le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, a qualifié de "proprement scandaleux" les "dérapages" de certains salaires de patrons, à l'issue d'une réunion mardi soir avec ses collègues à Bruxelles. Parlant d'un véritable "fléau social", il a annoncé que les pays européens examineraient des mesures à prendre "pour lutter contre ces excès". En tête de liste: une taxation des primes de départ versées sous différentes formes aux dirigeants, telles que les "golden parachute" (parachute doré). En règle générale, ces primes sont aujourd'hui faiblement ou pas imposées du tout.
Il y a quatre ans, la Commission européenne avait lancé une première initiative sur ce terrain, restée toutefois largement sans effet.
A ce jour, seuls quelques pays de la zone euro ont pris des mesures fiscales en ce sens. Il s'agit en particulier des Pays-Bas, dont le gouvernement veut taxer les parachutes dorés à hauteur de 30% pour les personnes dont le salaire annuel dépasse les 500.000 euros, à condition que la prime soit supérieure au salaire annuel. Un projet en ce sens a été transmis mardi à la chambre basse du parlement, où il devrait être adopté sans difficulté, compte tenu de la controverse que le sujet suscite dans ce pays.
En France, les députés ont aussi adopté à l'automne 2007 des mesures pour encadrer les parachutés dorés en plafonnant à un million d'euros les avantages fiscaux accordés aux entreprises, déductibles du bénéfice imposable. De même, la législation sur les stock options a été durcie. Le chef de l'Etat Nicolas Sarkozy réclame de manière récurrente une moralisation du capitalisme et a dans le passé fustigé les parachutes dorés accordés aux chefs d'entreprise non performants.
"Ce que nous combattons, c'est l'obscurité dans laquelle parfois ces rémunérations sont consenties. Nous souhaitons que se pratique dans nos pays la transparence, pour que les acteurs prennent leurs responsabilités", a souligné mercredi à Bruxelles la ministre française de l'Economie Christine Lagarde. C'est sans doute en Allemagne que la polémique est la plus intense. Le président Horst Köhler a reproché aux patrons de mettre en danger la "cohésion sociale" en s'accordant des rémunérations faramineuses.
Les salaires du directoire du groupe Daimler, par exemple, ont bondi de plus de 45% l'an dernier, année pourtant du divorce entre le constructeur automobile allemand et l'américain Chrysler. Dans le même temps, le pouvoir d'achat des salariés allemands s'est érodé de 3,7% depuis 2003 du fait de l'inflation et de la faible progression des salaires, selon une récente étude. Le ressentiment des salariés est d'autant plus grand dans ce pays que la classe moyenne s'atrophie et que les chefs d'entreprises rejettent l'instauration d'un salaire minimum national.
Les gouvernements de la zone euro se voient aujourd'hui contraints à monter au créneau sur ce sujet s'ils veulent que leurs appels répétés à la modération salariale en direction des Européens -pour éviter d'alimenter encore plus l'inflation- aient une quelconque chance d'être entendus. "Nous courons le risque de ne plus être compris par nos concitoyens", a reconnu M. Juncker.

09 avril 2008

Le Belge le mieux payé gagne 478 millions d'euros

Le Belge Pierre Lagrange, cofondateur du fonds d'investissements GLG Partners, apparaît pour la première fois dans le top 10 des investisseurs les mieux payés au monde. Le magazine Traders Monthly estime ses revenus pour l'année 2007 à 750 millions de dollars, soit 478 millions d'euros. Ce montant est 120 fois plus élevé que le salaire du dirigeant d'entreprise belge le mieux payé, rapportent ce mercredi plusieurs journaux flamands.
Pierre Lagrange, 44 ans, qui travaille à Londres, doit la plus grosse part de ses revenus de l'année dernière à l'introduction de sa société au New York Stock Exchange. Fin 2007, il avait 24,6 milliards de dollars à son actif. La fortune de Pierre Lagrange dépasserait le milliard de dollars. A titre de comparaison, le patron d'Inbev, Carlos Brito, était le manager le mieux payé de Belgique en 2007 avec 4,29 millions d'euros.La première place de ce top 10 mondial est occupée de façon incontestée par John Paulson, du fonds new yorkais Harbinger Capital. Il gagnait en 2007 le montant astronomique de 3 milliards de dollars (1,9 milliard d'euros).

22 mars 2008

Le Wallon s'enrichit davantage

Les statistiques fiscales tirées des déclarations 2006 sont publiées

LE REVENU MOYEN par habitant progresse davantage en Wallonie qu'en Flandre. En cinq ans, ce revenu a augmenté de 27% au sud et de 23% au nord. Mais les disparités sous-régionales subsistent.


Le contribuable wallon s'est enrichi de 3,64 % en 2005. Il a fait mieux que le Flamand (+ 3,25 %) et surtout que le Bruxellois (+ 2,13 %), selon les dernières statistiques fiscales, publiées jeudi par le ministère de l'Economie.
La marche ascendante sudiste est constante, depuis cinq ans. Entre 2000 et 2005, le revenu par habitant a augmenté de 27 % en Wallonie, contre 23 % en Flandre et 16 % à Bruxelles.
A l'échelle nationale, hors inflation, le revenu net imposable moyen (1) a progressé de 3,27 %, pour atteindre les 13.655 euros par habitant… L'exercice précédent, la progression avait été plus modeste : + 2,4 %, à peine.
Le relèvement du niveau de rentrées reste peu significatif si on tient compte de la régression constante du pouvoir d'achat, depuis 2001, et de la flambée des prix de l'immobilier, des produits alimentaires et de l'énergie.
Comme pour les exercices fiscaux précédents, il faut rappeler que la moyenne nationale dissimule d'énormes disparités régionales : on relève à nouveau jusqu'à 40 % d'écart entre le revenu moyen de la région bruxelloise (plancher national, à 11.550 euros) et le plafond enregistré en province de Brabant flamand (16.153 euros).
Les disparités sont parfois presque aussi amples au sein d'une même région… En Wallonie, le contribuable brabançon déclare ainsi un revenu (15.535 euros) supérieur de près de 30 % à celui d'un habitant du Hainaut (12.030 euros).
La disparité maximale oppose à nouveau Saint-Josse à Laethem-Saint-Martin (Flandre-Orientale), qui occupait déjà le premier rang, précédemment. Un habitant de « la commune la plus pauvre du pays » déclare pratiquement trois fois moins qu'un citoyen de Laethem…
Enfin, parmi les vingt entités qui affichent le plus bas niveau de revenus, on relève nombre de communes bruxelloises et hennuyères. Les vingt communes « les plus riches » sont toutes flamandes, à l'exception de Lasne et Rhode-Saint-Genèse.


(1) Le total des revenus nets (professionnels, immobiliers, capitalistiques, etc.), moins les dépenses déductibles.

Résultats complets sur http://www.statbel.fgov.be/home_fr.asp

04 janvier 2008

Riche, la Flandre prépare l’avenir

EN BONI DE 779 MILLIONS, la Flandre liquidera sa dette, fin 2008.
Elle thésaurise en vue de nouvelles régionalisations.
La Flandre est la Région la plus riche du monde, le gouvernement flamand nage dans l’argent », écrivait Het Laatste Nieuws, la semaine dernière. Le Nord du pays exulte. Son ministre des Finances, Dirk Van Mechelen (Open VLD), a annoncé que l’excédent budgétaire de 2007 s’élève à 779 millions d’euros et que la dette est passée de 6,6 milliards, en 1999, à 238 millions, en 2007. Fin 2008, cette dette devrait être intégralement remboursée aux banques.
Notons que la dette actuelle de la Région wallonne s’élève à 4,3 milliards et celle de la Région bruxelloise à 1,8 milliard.
En 2009, année des élections régionales, chaque Flamand « qui travaille dur », promet le ministre des Finances, bénéficiera d’une réduction d’impôts de 200 euros, quels que soient son statut et son niveau de revenu.
Dirk Van Mechelen attribue ces bons résultats à la « bonne gouvernance flamande » : une diminution de la dette couplée à une hausse prudente des dépenses – très inférieure à la norme autorisée par le Conseil supérieur des finances – et à un étalement du remboursement des investissements.
Première raison de la prospérité flamande : une croissance économique supérieure à 2 %, ces trois dernières années.
Deuxième raison, les effets des accords du Lambermont. Conclus en 2001, à la demande des francophones, ils ont refinancé les Communautés et Régions. Mais ils profitent davantage à la Flandre car les moyens complémentaires versés à l’enseignement sont, depuis lors et jusqu’en 2012, basés sur le rendement régional de l’IPP. Soit 34 % pour la Communauté française et 66 % pour la Flandre.
Troisième raison de l’opulence flamande : la réforme des droits d’enregistrement et de donation. Qui ont entraîné une hausse de recettes. La cagnotte totale des principaux impôts régionaux (taxes d’immatriculation, infractions routières, droits d’enregistrement, de donation et de succession) est passée de 3,95 milliards, en 2006, à 4,26 milliards, en 2007.
Quatrième raison : des transferts financiers accrus de l’Etat fédéral. Chaque pour cent de croissance économique introduit 169 millions supplémentaires dans le circuit régional.
Que compte faire la Flandre de cette manne ? Dans l’immédiat, 250 millions seront injectés dans le fonds des soins de santé et le fonds de vieillissement, notamment. 612 millions seront transférés aux communes pour leur permettre d’alléger la charge de la dette, à la condition qu’elles s’engagent à ne pas augmenter leurs impôts en 2008.
La Flandre va également alimenter son « Fonds d’avenir », destiné au financement des nouvelles compétences qu’elle espère hériter de la prochaine réforme de l’Etat. La Flandre souhaite la régionalisation du marché de l’emploi et celle de l’impôt des sociétés. Son « trésor de guerre » pourrait passer de 360 à 500 millions d’euros.

Fin 2007, la Flandre comptait 171.297 demandeurs d'emploi
Fin décembre, la Flandre comptait 171.297 demandeurs d'emploi, ce qui représente un recul de 12 pc par rapport au même mois de 2006, et son taux de chômage s'élevait à 6,05%, selon les chiffres diffusés jeudi par le ministre régional de l'Emploi, Frank Vandenbroucke (sp.a).Dans le détail, le chômage des femmes a davantage régressé que celui des hommes (-13,9% contre -9,7%). En chiffres absolus, les demandeuses d'emploi restent néanmoins les plus nombreuses, avec un taux de chômage de 7,11% contre 5,19% pour les hommes.Autre baisse: celle des demandeurs d'emploi de moins de 25 ans (-12,6 %) alors que le recul parmi les plus de 50 ans est resté limité à 3,1%. Enfin, les reculs les plus significatifs ont été enregistrés à Tongres, Hasselt et Turnhout tandis que les pertes d'emplois chez VW Forest et ses fournisseurs ont pesé sur les chiffres de villes telles que Alost, Vilvorde, Hal ou encore Termonde.

Le chômage en baisse en Wallonie en 2007

Le chômage continue de baisser en Wallonie. Selon le ministre wallon de l'Economie, Jean-Claude Marcourt, près de 25.000 demandeurs d'emploi wallons sont sortis du chômage en 2007.Fin décembre 2007, le nombre total des Demandeurs d'Emploi demandeurs d'allocations (DEDA) et des jeunes en stage d'attente, en Région wallonne, s'élevait à 221.537 unités, contre 244.853 fin 2006. Le nombre de Demandeurs d'Emploi Inoccupés (DEI) est pour sa part passé de 269.022 fin 2006 à 245.929 fin 2007.Selon Jean-Claude Marcourt, "cette embellie, encore nettementinsuffisante, est liée à une conjoncture favorable, mais aussi à toutesles mesures prises dans le cadre du Plan Marshall et dont les effets ont commencé à se faire sentir". Pour le ministre, ces résultats sont des encouragements pour poursuivre la politique mise en place au niveau de l'emploi en Wallonie.

29 octobre 2007

La rumeur aime Sarkozy qui aime l'argent

Hier on apprenait que l'Élysée envisage une augmentation très substantielle (+ 140 %) du salaire du président : de 8.300 euros brut mensuels, il passerait à 20.000 euros - soit 240.000 euros par an. Pas mal comme argent de poche !

Cela circulait hier, cela s’est confirmé ce matin: l’Assemblée nationale se penchera donc demain sur un projet d’augmentation de 140% du salaire de… Nicolas Sarkozy.

Le Président français gagne actuellement 8300€ bruts (soit quelque 6000 € nets) par mois. Comme notamment tous ses frais sont intégralement pris en charge, son salaire est moins élevé que celui de la plupart des hauts fonctionnaires de l’Etat. Ainsi, le Premier ministre François Fillon gagne un peu plus de 20.000 € bruts par mois et le moindre de ses secrétaires d’Etat est payé 12.000 € environ, soit près de deux fois le salaire du Président.

L’Elysée suggère donc d’assainir tout cela et de porter le salaire du chef de l’Etat à la hauteur de celui du chef de gouvernement. Ce faisant, remarque le palais présidentiel, avec ses quelque 240.000 € de rémunération annuelle brute, Nicolas Sarkozy resterait largement en dessous des émoluments dont bénéficient le Britannique Gordon Brown (260.000), l’Allemande Angela Merkel (272.000) ou l’Américain George Bush (342.000).

Ajoutons que les salaires des plus hauts dirigeants politiques demeurent infiniment ridicules si on les compare à ceux des grands patrons. Pour mémoire, en 2006, la rémunération annuelle de Carlos Ghosn (Renault) s’est élevée à plus de 21 millions d’euros, celle de Bernard Arnault (LVMH) à 15 millions et celle d’Henri de Castries (AXA) à 7 millions.


Sans doute. Il n’empêche, cette augmentation salariale présidentielle de 140% pourrait au pire constituer une bombe pour le pouvoir, au mieux alimenter des grognements poujadistes dans les chaumières - et donc encore renforcer la mauvaise image des politiques. En effet, elle interviendrait après le refus gouvernemental, cet été, de donner un coup de pouce au salaire minimum. Alors que les députés viennent à peine de voter les franchises, qui imposeront aux malades de payer encore plus pour leurs soins de santé. Alors aussi que de difficiles négociations sur le pouvoir d’achat ont à peine démarré. Et avant un probable plan de rigueur si vaste qu’il n’épargnera personne et y compris les plus modestes.
Pas sûr, dès lors, que c’était vraiment le moment idéal pour annoncer cela.
PS: Le tag de bombinette figurant en illu était apparu dans le quartier Bastille (rue Amelot, notamment) au mois de mai dernier, juste après l’élection de Nicolas Sarkozy à l’Elysée. Alors que tous les autres nés sur les murs à l’époque ont depuis été effacés, celui-là, assez incompréhensiblement, est demeuré.




Le président français l'apprécie nettement moins. Face aux mensonges et affabulations, il n'hésite pas à claquer la porte

Difficile pour un président français qui a bâti une partie de sa notoriété sur sa peopolisation de se défaire du jour au lendemain de l'intérêt des médias pour tout ce qui ne touche pas, strictement, à sa fonction. Les rumeurs, finalement avérées, concernant son divorce n'en sont que la plus récente illustration en date. Mais Nicolas Sarkozy commence à perdre son calme lorsqu'on évoque le pan privé de son existence. Comme sur le plateau de CBS, où il était reçu pour un long entretien qu'il a écourté dès que fut abordée la question de sa séparation. "Quel(le) imbécile", a-t-il lancé tout en enlevant son oreillette et en quittant le plateau, laissant la journaliste de la chaîne américaine on ne peut plus médusée.

Le divorce présidentiel n'a visiblement pas assouvi la soif d'infos croustillantes dans le chef des magazines people de l'Hexagone. Que du contraire, Cécilia est constamment poursuivie par des paparazzi avides de découvrir l'identité de son nouveau compagnon. Est-elle retournée dans les bras de Richard Attias ? Mystère.
Du côté de Nicolas Sarkozy, on raconte également tout, mais surtout n'importe quoi. La nouvelle rumeur à la mode voudrait qu'il soit... papa. Eh oui, rien moins que ça, le divorce à peine prononcé. Et qui serait l'heureuse mère ? Anne Fulda, journaliste au Figaro , semble toute désignée, puisqu'on lui prêtait une idylle avec le président Sarkozy lorsque son couple battait la chamade. Certaines personnes pourtant bien informées allaient jusqu'à avancer que la journaliste aurait accouché il y a quelques mois à peine aux États-Unis. Du vent, rien de plus. Dans l'entourage professionnel d'Anne Fulda, on est catégorique : "Si elle avait été enceinte, on l'aurait remarqué. Quant à cette rumeur d'accouchement aux États-Unis, elle nous fait bien rire".
On prête aussi à Nicolas Sarkozy une aventure avec Rachida Dati. Tout aussi fantaisiste !

Tout ça parce qu'ils ont mangé ensemble dans un restaurant, ou simplement parce qu'il a décidé de se faire accompagner par la garde des Sceaux lors de sa récente visite officielle au Maroc. D'aucuns affirment même que Cécilia et Rachida ne se parlent plus, alors qu'elles étaient amies...
Et si Nicolas Sarkozy s'était recasé avec Carole Bouquet ? La comédienne aux goûts plutôt baroques tourne actuellement "Et si c'était lui", mais de là à inventer pareille relation ! Encore une rumeur complètement infondée...

Lire aussi : Une jolie blonde pour Sarko ?

16 octobre 2007

90 familles belges possèdent un patrimoine de plus de 100 millions

Des chiffres fous

Leur richesse laisse rêveur. Mais voilà, les chiffres sont là : la fortunes conjuguée des familles fondatrices du groupe Inbev - les de Spoelberch et de Mevius pour Artois et les Van Damme pour Piedboeuf) est de quelque 15 milliards d'euros, une richesse largement dopée par la forte appréciation du titre Inbev (+ de 50 % en un an) à la Bourse de Bruxelles.
Le classement annuel des fortunes professionnelles, dressé cette semaine par le magazine économique Trends/Tendances offre donc un voyage au pays des millionnaires, voire même des milliardaires en euros.

La première place des familles fondatrices d'Inbev n'est pas une surprise : c'était déjà le cas les années précédentes. Le trio de tête, en fait, est identique à celui de l'année 2006. Le seul changement réside dans le poids de chaque patrimoine : la famille Solvay a vu sa fortune passer d'un peu moins, si l'on ose dire, de 4 milliards d'euros l'année dernière, à plus de 5 milliards. Là encore, la bonne santé de l'action Solvay n'est pas étrangère à cette bonne fortune.
La troisième place est quant à elle occupée par Albert Frère, avec plus de 3 milliards d'euros. Et dire que ce natif de Gerpinne avait pour tout capital de départ la clouterie familiale...
A la 4ème place figure un nom qui n'est pas vraiment connu du grand public, du moins le nom de la famille Emsens. Emsens, c'est en fait la famille ayant fondé l'entreprise Eternit. Leur fortune est estimée à 2,488 milliards d'euros.

La famille Colruyt loupe la 5ème place à 8 millions d'euros près. Une paille. Une question de timing explique ce recul d'une place par rapport à 2006 : la date choisie pour déterminer le cours d'une action et donc estimer la fortune de son proriétaire était le 30 juin. Par contre, si la date de référence avait été le 30 avril, l'action valait alors près de 175 euros, contre 150 euros deux mois plus tard. Or, depuis lors, l'action Colruyt s'est légèrement effritée. Comme quoi les fortunes peuvent évoluer rapidement.

La famille Lhoist connaît la même mauvaise fortune que les frères Colruyt : elle perd elle aussi une place en douze mois. Lhoist, c'est en fait le leader mondial de la production de chaux et de dolomie. Cela permet en tout cas à la famille Lhoist d'engranger une fortune de 2,282 milliards d'euros. Le patrimoine cumulé des dix premières fortunes est de 42 milliards.
Quinze familles belges possèdent en fait un patrimoine supérieur au milliard d'euros. Et il n'y a que du beau monde. On retrouve par exemple la famille Janssen (UCB) avec 1,507 milliard d'euros, devançant de peu la famille De Clerckx (groupe textile Beaulieu) avec 1,496 milliard d'euros, la famille Delhaize (Delhaize Le Lion) avec 1,459 milliard d'euros, la famille Boël (holding Sofina) avec 1,383 milliard d'euros et la famille D'Ieteren (distributeur de la marque VW en Belgique) avec 1,123 milliard d'euros.
Quelque 90 familles sont un patrimoine supérieur à 100 millions d'euros. 100 millions d'euros, cela fait quand même 4 milliards de francs. C'est vrai que cela laisse rêveur...

Comment on devient riche

Trends-Tendances n'a pas tort de le souligner : ces fortunes sont essentiellement virtuelles.

Cela veut dire quoi, précisément ? Qu'elles reposent sur des montagnes d'actions : quand les actions Inbev et Solvay gagnent quelques dizaines de pour cent, cela permet donc d'arrondir très facilement la fortune de quelques centaines de millions, voire de quelques milliards d'euros supplémentaires.
Un retournement de la tendance haussière de la Bourse pourrait quelque peu changer la donne en 2008. Mais même si les plus riches perdent quelques plumes dans l'aventure, il leur restera encore suffisamment pour nouer les deux bouts et s'éviter des fins de mois difficiles.
Mais comment devient-on riche ? Il faut avoir une bonne idée, un peu de toupet, pas mal de chance, et pas forcément beaucoup d'argent. Marc Coucke a par exemple fondé sa société Omega Pharma avec un capital de départ de 750 euros. Il est aujourd'hui pointé à la 22ème place du classement des plus grosses richesses. Sa fortune est estimée à 532 millions d'euros.
À la 52ème place, on retrouve par exemple la famille Hamon, inconnue au bataillon dans le précédent classement de Trends/Tendances. Comment expliquer cette entrée en fanfare dans le top 100, où les places sont particulièrement chères. Grâce uniquement à la bonne tenue de l'action Hamon à la Bourse. Le titre de ce groupe spécialisé dans les échangeurs de chaleur, les systèmes de refroidissement et la protection de l'environnement a véritablement explosé. Une action Hamon valait hier 44 euros. Cela fait une hausse de plus de 60 % depuis le début du mois de janvier. Pas mal. Voilà 3 ans, l'action cotait à moins de 4 euros, à 3,97 euros exactement. Cela fait donc une hausse de plus de 800 % en 36 mois à peine...

Un Belge sur sept est pauvre

La pauvreté concerne les personnes isolées dont les revenus ne dépassent pas 822 euros par mois

En Belgique, une personne sur sept peut être considérée comme pauvre, selon un profil dressé par la Direction générale Statistique et Information économique du SPF Économie à l'occasion de la Journée Internationale pour l'élimination de la pauvreté.La pauvreté concerne les personnes isolées dont les revenus ne dépassent pas 822 euros par mois, ainsi que les ménages composés de deux adultes et deux enfants ayant des rentrées inférieures à 1.726 euros. Presque 15 pc de la population belge vit sous le seuil de pauvreté. Les femmes, les enfants de moins de 16 ans et les personnes de plus de 65 ans sont les plus touchées. Un peu moins de 87 pc de la population en risque de pauvreté sont constitués de personnes inactives sur le marché de l'emploi, comme les chômeurs ou les pensionnés. Les personnes isolées et les familles monoparentales sont également sur-représentées dans la population en risque de pauvreté. Les Belges vivant sous le seuil de pauvreté dépensent en moyenne 40 pc de moins que les autres.

21 septembre 2007

Les riches Américains encore plus riches

vendredi 21.09.2007, 07:46

Les 400 Américains les plus riches, toujours dominés par le fondateur de Microsoft Bill Gates, ont encore fait grossir leur richesse en 2007, selon le classement du magazine Forbes. A eux tous, ils valent 1.540 milliards de dollars, soit 23 % de plus qu’en 2006, une progression deux fois plus rapide que l’an dernier, grâce en particulier aux nouvelles fortunes des patrons de fonds d’investissement, qui n’auront guère souffert au final de la chute des Bourses cet été. En tête de liste, comme l’an dernier, figure Bill Gates, riche de 59 milliards de dollars grâce à sa participation dans son groupe Microsoft, notamment, suivi de l’investisseur Warren Buffett (52 milliards).

01 août 2007

Le Belge est de plus en plus riche

Au cours du premier trimestre de l'année, la constitution d'actifs financiers par les particuliers s'est élevée à 8,8 milliards d'euros, essentiellement sous la forme de produits d'assurance et surtout de dépôt à terme, annonce mardi La Dernière Heure.

Contrairement à ce qui avait été observé au cours des trimestres précédents, les particuliers ont également effectué des investissements nets en titres à revenus fixes, alors que les placements sous la forme d'actions et de parts d'organismes de placements collectifs (OPC) ne progressent que faiblement, indique le quotidien.

Au total, toutes opérations confondues, l'encours des actifs financiers des particuliers a progressé de 16 milliards d'euros, pour atteindre le chiffre record de 836,8 milliards d'euros au 31 mars 2007. Les engagements des particuliers ont progressé de 3,7 milliards d'euros.

Le patrimoine financier net des particuliers s'établit à 682,3 milliards d'euros, soit 12 milliards de plus qu'à la fin de l'année dernière, souligne encore La Dernière Heure.

Le Belge estime gagner trop peu

Le salaire du travailleur belge ne reflèterait pas son implication son travail. C'est en tous ce que pensent la majorité des belges
Johanna de TessièresSeul un travailleur belge sur trois (33 pc) estime que sa rémunération reflète correctement son investissement et ses prestations au travail, révèle mardi une enquête réalisée par le site internet de recherche d'emploi Stepstone auprès de 1.500 personnes.
Une grande majorité des Belges (64 pc) déclarent percevoir un salaire trop faible par rapport à leurs prestations au travail.
Enfin, 3 pc des Belges admettent gagner plus que ce que devrait leur rapporter leurs performances au travail.
Ces résultats sont très proches de ceux de la précédente enquête réalisée en 2005, souligne Stepstone dans un communiqué. 67 pc des Belges se disaient alors insuffisamment rémunérés contre 29 pc qui estimaient être correctement payés et 4 pc qui se disaient surpayés

Pension : la cigale wallonne et la fourmi flamande
01/08/2007 12:01
Un Belge sur trois ne planifie absolument pas sa retraite. Le Wallon est moins prévoyant que le Flamand et est moins bien informé sur ce qu'il doit faire pour jouir d'une pension convenable.
La situation va cependant en s'améliorant, affirme l'assureur suisse, Swiss Life. En deux ans (2005 à 2007), le pourcentage de personnes planifiant leur retraite est passé de 52 à 62 pc. Il est cependant plus élevé en Flandre (70 pc) qu'en Wallonie et à Bruxelles (où moins de la moitié des répondants disent planifier leur pension).
Le sondage s'est aussi penché sur la conception qu'ont les Belges de leur pension. Ainsi, sept Limbourgeois sur dix associent l'âge de la retraite avec le fait de "profiter de la vie". Par contre, près de quatre Anversois sur dix associent la retraite au fait de gagner moins d'argent. Les Bruxellois partagent leur avis (38 pc).
Si les Belges commencent à planifier leur pension de plus en plus tôt (beaucoup de moins de 25 ans y pensent), un Belge sur trois ne sait pas ce dont il disposera après sa retraite. L'enquête a été réalisée au mois de juin auprès de 7.368 Belges. LeVif.be avec Belga

13 juillet 2007

Le Flamand est l'Européen le plus riche

Trois Belges sur dix disposent d'une épargne de plus de 50.000 euros. En Europe, seuls les Suisses ont plus d'argent. La Flandre abrite 37 % de familles relativement aisées, contre 19 % en Wallonie.

Les Flamands, avec un portefeuille de 50.000 euros, occupent le haut du classement depuis que le bureau d'études GfK a débuté ses enquêtes sur le sujet. Deux fois par an, le bureau étudie la fortune des Européens et des Américains à la demande du Wall Street Journal.
Les Flamands ont accru leurs richesses en an, puisqu'ils étaient 32 % en 2006 contre 37 % actuellement à détenir un portefeuille de 50.000 euros. Les Wallons ont pour leur part reculé à 19 %. La moyenne européenne étant de 12 p, écrivent De Standaard, Het Nieuwsblad et Het Volk.

En Europe, les moins aisés sont les Espagnols (5 %), les Allemands (6 %), les Autrichiens (10 %), les Français et les Italiens (11 %).
Les Belges occupent le haut du classement européen grâce à leur don d'épargnant. Près de 25 % d'entre eux envisagent d'économiser davantage dans les prochains mois. Il y a un an, c'était un Belge sur cinq.
(d'après Belga)

13 mai 2007

Le patrimoine de Sarkozy, publié au «Journal officiel»

Le nouvel élu livre la liste de ses biens
Le patrimoine de Sarkozy, publié au «Journal officiel», s'élève à plus de deux millions d'euros.

Contraint et forcé, Nicolas Sarkozy a finalement rendu public son patrimoine personnel. Après avoir obstinément refusé de le dévoiler durant la campagne présidentielle, son élection à la présidence de la République l'a conduit à le déclarer auprès du Conseil constitutionnel, lequel devait le publier illico au Journal officiel ­ comme l'exige le code électoral. Vendredi en fin d'après-midi, au terme d'une journée de suspens, le JO étant victime d'un bug informatique, le chiffrage a enfin été rendu public.
Timbres. Selon ses propres déclarations, Nicolas Sarkozy dispose, à titre principal, de deux contrats d'assurance-vie d'un montant total de deux millions d'euros. La somme paraît correspondre à la revente, l'automne dernier, de son appartement à Neuilly pour 1,9 million d'euros. Il détient également près de 100 000 euros sur des comptes bancaires ou d'épargne (PEL, Codevi et compte-courant), dont certains au nom de ses enfants. Et c'est à peu près tout... Sa collection de timbres (exonérés de l'ISF au même titre que les oeuvres d'art), dont il fait grand cas dans ses notices du Who's who ? A la rubrique «collections, objet d'art, bijoux, pierres précieuses», Sarkozy répond «néant». Au chapitre «autres biens», toujours rien. Mais le nouveau Président prend soin de mentionner une Mini Austin (immatriculée en 2006) d'une valeur de 15 000 euros.
Cette déclaration de patrimoine s'achève par la mention habituelle : «Je certifie sur l'honneur l'exactitude et la sincérité des présentes déclarations.» Soit. Au titre de ses actifs professionnels, il mentionne les 34 % du cabinet d'avocats d'affaires qu'il a créé en 2002 avec Me Arnaud Claude ­ dont la clientèle est constituée des groupes Bouygues, Vivendi et autres promoteurs immobiliers. Ministre puis président de la République, Sarkozy n'a plus le droit d'endosser la robe, ce qui ne l'empêche pas d'encaisser les bénéfices d'un cabinet portant son nom. Pudiquement, il ne donne aucune valeur à sa participation dans la société «Nicolas Sarkozy-Arnaud Claude». Selon nos informations, ses 34 % au capital pèsent aujourd'hui un minimum de 125 000 euros ­ outre les dividendes qu'il a perçus annuellement, 60 000 euros à ce jour.
Plus-value. Au «passif», Nicolas Sarkozy mentionne un prêt de 1,1 million d'euros, dont il est «caution à titre personnel pour 34 %» . Cette partie-là de sa déclaration pourrait poser problème, dans la mesure où un tiers de cette somme ­ empruntée par son cabinet d'avocat ­ a déjà été remboursé. Surtout, cet emprunt n'avait d'autres finalité que d'assurer une plus-value à Mes Claude et Sarkozy d'un même montant, dont on peine à retrouver la trace dans sa déclaration de patrimoine.
Compte tenu de ses importants revenus annuels (ministre, président de Conseil général, auteur de livres à succès), le patrimoine déclaré de Nicolas Sarkozy paraît bien faible. En 2002, ses seuls revenus frôlaient le seuil d'assujettissement à l'ISF (750 000 euros), sans même prendre en compte la valeur de son appartement à Neuilly. Il faut en déduire qu'il dépense beaucoup. Mais avec un patrimoine largement supérieur à deux millions d'euros, il est difficilement compréhensible que Sarkozy n'ait payé l'ISF qu'à partir de 2006.

«Yacht Story», première

Donc, il aura fallu vingt ans. Vingt ans de télévision privée en France, pour que l'esthétique, les valeurs, les mythologies, les vedettes, le mode d'effraction de la télévision privée finissent de se confondre avec ceux de la politique, s'installent au sommet de l'Etat, et inaugurent un «Yacht Story» inattendu et discordant (palace mais jean, yacht de soixante mètres mais karaoké), dont l'effet de souffle n'est pas sans rappeler l'apparition du Loft Story de M6.
Le casting ? Il n'y a que l'embarras du choix. Voyez Arthur (ancien producteur du Loft), Steevy (ancien candidat du Loft), Bigard, Clavier, Reno, Villeneuve, à côté du président élu, sur ses tribunes, dans ses meetings, prêts à tout pour être dans le cadre : ce sont les visages des émissions qui font frissonner, des films familiaux du dimanche soir, des concerts-événements au Stade de France. Rien que du majoritaire, de l'écrasant, du fracasseur de records, de l'installé au sommet du podium, de l'exceptionnel. Voyez cette faune se mêler aux futurs ministres, comme sur les plateaux des samedis soirs de TF1. Voyez-la, dans la nouvelle hiérarchie enfin assumée sans complexes, écraser les vieux politiques rasoirs et poussiéreux. Voyez Fabius, par exemple, au soir de la défaite de Royal, interrompu sur TF1 parce que nous avons Johnny à l'instant même, chers téléspectateurs, il sort du Fouquet's, et nous n'allons tout de même pas rater sa première réaction ! (Alors qu'aucune chaîne ne diffuse en direct la réaction de François Bayrou, arrivé troisième à la présidentielle. Retourne donc dans ton Béarn, Bayrou !)
Les mythologies ? Elles se bousculent. Le petit garçon triste des beaux quartiers ( «Je suis parti de rien, j'étais au fond de la salle, rien ne m'a été donné» ) devenu ce chef exigeant de «la firme», qui recrute les meilleurs, paie grassement, et n'admet pas l'erreur. Les yachts, jets privés, limousines scintillantes, copains milliardaires et grands hôtels, et jusqu'à cette épouse fantasque qui s'épuise à ressembler à Jackie : c'est toute une imagerie néokennedyenne de la presse de papier glacé que convoquent les premiers jours du président élu.
Le langage ? Ecoutez cette rhétorique unique qu'il va bien falloir apprendre à déchiffrer, ce mélange d'émotion dans la confidence ( «j'ai changé» ), de compassion (je serai toujours aux côtés des «accidentés de la vie» ), d'effronterie ( «je ne m'excuserai pas» ), d'impudeur, d'insolence et de sincérité provocante ( «pas seulement quand je me rase» ). Ecoutez cette voix de tueur et d'enfant étonné.
Les valeurs ? La télé, là encore. La juste récompense des efforts et du travail (TF1 et sa Star Ac). La vitupération de l'impôt (Pernaut et son «Combien ça coûte ?» ). La plus extrême sévérité s'appliquant aux tricheries des humbles (Villeneuve et ses recyclages périodiques de la «France qui triche» ) plutôt qu'à l'incivisme des autres (Johnny sanctifié, et rentrant triomphalement en France sur le pavois du bouclier fiscal). Le culte du succès pour le succès, et de l'audience comme fin unique (les pages de pub annuelles dans la presse, pour célébrer les plus grosses audiences).
Reste l'essentiel : le mode d'effraction du sarkozysme présidentiel, la manière dont tout ce cortège s'impose dans les salons et dans les têtes les plus réfractaires. Cette technique, c'est la transgression. Le sarkozysme s'impose par l'effroi et le choc, aussitôt autosoulignés par le sauvageon. «Oui, j'ose parler de nation !» «Oui, j'ose dire qu'un voyou est un voyou !» «Oui, j'ose le palace, le jet privé et le yacht !» La transgression «décomplexée», la rupture avec la «bienséance» habituelle. Toute réserve est condamnée d'avance : la transgression se nourrit de l'approbation populaire contre l'effroi des élites. Qu'on se souvienne de l'apparition foudroyante du Loft et du haut-le-coeur polyphonique devant tant de vulgarité affichée : c'est ce haut-le-coeur qui assura le succès durable de l'émission. La transgression a besoin de cet effroi, de la levée de boucliers des vertueux. Aussitôt qu'elle a allumé l'incendie, regardez-la se parer de son innocence effarouchée. Pourquoi devrais-je m'interdire de parler de nation, d'identité nationale ? Pourquoi devrais-je m'interdire d'appeler un voyou un voyou, et de dormir au Fouquet's ? Pourquoi devrais-je m'interdire de me reposer quelques jours avec ma famille dans mon yacht avec karaoké ? La transgression qui ne semble avoir pour but que de faire la une. Hier, des médias nationaux, et demain, si possible, celle de Time et de CNN.
Sarkozy a-t-il construit sa mythologie en regardant TF1 ? Ou bien est-ce TF1 qui, en vingt ans, a préparé le public à l'avènement de Sarkozy ? Insoluble question de l'oeuf et de la poule. Peu importe. Le spectacle est désormais à l'Elysée, comme le pouvoir était à la télé. Les deux lieux se confondent, et sont interchangeables.
PS : Pendant ces longues journées d'installation de la nouvelle mythologie se faufila à la fin des JT une mince silhouette. Laure Manaudou filait en Italie, à l'anglaise, vivre auprès de l'homme qu'elle aime. Nul ne connaît les sympathies politiques de Laure Manaudou. Mais cette évasion amoureuse de la championne, même muette (ou parce que muette ?) apparaissait déjà comme une sorte de dissidence.