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18 juin 2008

Un nouveau président du CA

Jean Demannez crée la surprise au Bota

On annonçait Henri Simons, ce sera finalement Jean Demannez. Lundi soir, le Botanique s’est offert un nouveau président du Conseil d’administration, à l’issue d’un vote, à l’unanimité, en faveur du bourgmestre de Saint-Josse, seul candidat en lice pour le poste.
Henri Simons, ex-échevin Ecolo de la culture à Bruxelles, passé depuis au PS, semblait pourtant bien parti pour s’installer dans le fauteuil laissé vacant par Jean-Pol Baras. Il était soutenu par le ministère de la Culture et par les plus hautes instances du PS. Un détail avait pourtant été négligé dans le processus menant à la désignation au poste de président du CA : pour pouvoir être élu, il faut d’abord être membre du CA et pour être membre de celui-ci, il faut d’abord être membre de l’assemblée générale.
Rien comme prévu…
Lundi soir, deux candidats étaient présentés par le PS en remplacement de Jean-Pol Baras et de Christine Guillaume, tous deux démissionnaires : Dominique Cominotto, directeur administratif du Mac’s, et Henri Simons. Mais rien ne se passa comme prévu. Comme la procédure le permet, un vote fut demandé sur l’admission des deux candidats au sein de l’assemblée générale. Sur 20 votants, Dominique Cominotto remporta vingt votes positifs. Pour Henri Simons, par contre, les choses se terminèrent là : une abstention, cinq voix pour et quatorze voix contre. Rejeté comme membre de l’assemblée générale, ce dernier ne pouvait plus prétendre au titre d’administrateur et encore moins à celui de président. Dans la foulée, le CA se réunissait et désignait Jean Demannez comme président, à l’unanimité.
Ce dernier se veut apaisant : « Certes, le résultat de la soirée de lundi n’est pas celui qui était prévu au ministère. Mais mon but, désormais, est de rapprocher les points de vue des uns et des autres. J’appartiens au même parti que la ministre de la Culture et je n’ai pas de mauvaises relations avec elles. Le plus important, désormais, c’est de consolider ce qui a été fait durant ces dernières années et, surtout, de finaliser enfin le contrat-programme. Nous n’avons plus eu de discussion à ce sujet avec le ministère depuis plusieurs mois. Il semble que ce dernier souhaitait attendre d’abord la nomination d’un président du CA. C’est chose faite désormais même si cela ne correspond pas à ce qui avait été prévu. D’autre part, je souhaite conforter le travail que nous avons commencé en lien avec le quartier. Le Botanique est très ouvert à cette idée et de nombreuses possibilités existent, au-delà de tout ce qui a déjà été fait en ce sens. »

14 mai 2008

La Belgian connection

LES FILMS DE NOS CINÉASTES qui s'en vont au Festival de Cannes tissent des liens entre eux. En voici la toile.

Le Festival de Cannes ouvre sa 61e édition avec une présence exceptionnelle d'une dizaine de films belges. A la veille de cette déferlante, une question s'impose : y aurait-il un cinéma belge ? Une identité culturelle ?
A la première question, la réponse est sans appel. Non, il n'y a pas de cinéma belge. Les créations du nord et du sud du pays sont profondément différentes. La Flandre livre globalement un cinéma populaire (comédies, films d'action, thrillers…), qui séduit ses habitants mais a bien du mal à intéresser les étrangers.
Tandis que les francophones font généralement un cinéma d'auteur, qui ravit autant les cinéphiles et festivaliers du monde entier qu'il laisse de marbre les habitants de Bruxelles et de Wallonie.
Cette distinction étant faite, on peut par contre affirmer qu'il y a, des deux côtés de la frontière linguistique, des identités culturelles fortes. La Flandre collectionne actuellement les succès « locaux » en consacrant des BV (Bekende Vlamingen, soit des vedettes made in Vlaanderen). Et si le sud du pays ne fait pas encore dans le WC (lisez : Wallon Connu), son cinéma n'est pas, comme d'aucuns l'affirment, l'œuvre de seuls électrons libres.
Sur les cinq longs-métrages qu'elle envoie à Cannes, la Communauté française de Belgique propose quatre films (Le silence de Lorna, Elève libre, Home, Eldorado) qui, l'air de rien, tissent entre eux les liens d'une véritable toile. Seul véritable électron libre : le « tatiesque » Rumba, d'Abel, Gordon et Romy.
Le silence de Lorna, des Dardenne, est en soi une petite entreprise familiale. Réalisé par des frères, il réunit au haut du casting quatre anciens « bébés » des cinéastes serésiens. Olivier Gourmet (La promesse, Le fils), Jérémie Rénier (La promesse, L'enfant), Fabrizio Rongione (Rosetta) et Morgan Marinne (Le fils) sont tous des « créations «, aujourd'hui sacrément émancipées, des frères Dardenne.
Fabrizio Rongione et Jérémie Rénier ont, depuis leurs éclatants débuts, fait leur chemin devant la caméra de Joachim Lafosse (Ça rend heureux, pour le premier, Nue propriété pour le second). On retrouve Olivier Gourmet en haut de l'affiche de Home, le film d'Ursula Meier, présenté dans la section Un certain regard. Gourmet y tient tête à Isabelle Huppert, qui était elle aussi il y a peu dans Nue propriété.
A noter, encore, que ce sont les frères Dardenne qui ont attribué en 2001 à un précédent court-métrage d'Ursula Meier (Tous à table) le prix du festival de Bruxelles. Joachim Lafosse et Ursula Meier sont en outre issus de la même école de cinéma (IAD). Leur cinéma, à l'instar de celui des Dardenne, est un cinéma du réel, préoccupé de vérités, d'éducation et de transmission. Entre Nue propriété (Lafosse), L'enfant (Dardenne) et Des épaules solides (Meier), il y a plus que des coïncidences.
Ces portraits d'enfants sauvages pointent à leur façon du doigt les cicatrices liées aux blessures familiales.
Nostalgie de Belgique ?
Et Bouli Lanners ? Son cinéma est différent. A digéré le cinéma américain (buddy movie, road-movie). Mais s'accroche radicalement au paysage wallon. Et dresse lui aussi, dans Eldorado, le portrait de tendres paumés en mal de frères, pas toujours assez conscients d'être nés quelque part.
Bouli appartient qui plus est à l'écurie liégeoise de Versus Production, comme Lafosse.
Il y a encore ceci. Dans Elève libre, il y a un long plan où apparaît un drapeau belge. Dans Eldorado, une scène où le personnage principal chante « La Brabançonne ». Deux images pour laisser couler, l'air de rien, un parfum de nostalgie. Et pour rappeler que les familles belges sont aujourd'hui décidément bien déchirées.

Un Pavillon Belgique, enfin
Pour la première fois, les acteurs belges du cinéma seront regroupés sous un seul pavillon, battant les couleurs belges. une initiative fédérale qui a conquis tout le monde. Et l'on retrouvera donc, dans ce Pavillon Belgique, le Centre du cinéma et de l'audiovisuel, le Vlaams audiovisueel fonds, Wallimage, Flanders Image, Wallonie-Bruxelles Images, les bureaux de tournage des trois Régions et Belgian tax-shelter.
Le ministre des Finances Didier Reynders est très fier de cette réalisation. D'autant plus que tous les participants au marché du film arboreront i un pass dont la lanière portera les mots « www.invest.belgium.be » en noir jaune rouge.
De quoi, en tout cas, intéresser les visiteurs et attirer les producteurs prêts à tourner chez nous et à produire avec nous. Reynders brandit d'ailleurs les chiffres de cet incitant fiscal qu'est le tax-shelter. Les sommes investies dans la production audioviosuelle étaient de 15 millions d'euros en 2004. Jusqu'ici, elles atteignent 91 millions pour 137 œuvres ; on devrait donc dépasser les cent millions à la fin de l'année. « Sept des dix films belges en compétition à Cannes sont soutenus par le tax-shelter, précise Didier Reynders, dont un en néerlandais. »
Des chiffres en croissance
Le silence de Lorna, des frères Dardenne, est dédié à Henry Ingberg. « Ces films belges à Cannes forment ensemble un hommage à Henry Ingberg, dit Fadila Laanan, la ministre de la Culture et de l'Audiovisuel. C'estlui a qui défendu ce cinéma belge. Et cette carte de visite qu'est Cannes montre que nous avons des talents chez nous. Malheureusement, le public belge n'est pas enclin à être aussi enthousiaste que les jurys internationaux. »
Il faut donc non seulement aider à la production mais aussi à la distribution et à la promotion des films.
Fadila Laanan égrène les chiffres. Les budgets du Centre du cinéma se sont accrus de 26,61 % depuis 2004, pour atteindre 13.751.000 d'euros en 2008. Les budgets d'aide aux salles d'art et d'essai ont augmenté de 492.5900 euros en 2004 à 751.600 cette année. La ministre précise quelques données. Pour Le silence de Lorna, des Dardenne, la Communauté française apporte 719.000 euros, soit 35 % de la part belge. Pour Eldorado, de Bouli Lanners, 572.000 euros soit 39 % de la part belge, Pour Elève libre, de Joachim Lafosse, 520.000 euros, soit 35 % de la part belge. Pour Rumba, de Romy, Gordon et Abel, 538.000 euros soit 61 % de la part belge. Le cinéma, ça coûte…
De son côté, Wallimage Productions, qui dépend de la Région wallonne, augmente son enveloppe, de 2,5 à 3,5 millions d'euros par an, dont un au moins doit être affecté au cinéma d'animation. Wallimage a financé 15 films qui sortiront sur les écrans en 2008. Quatre d'entre eux seront à Cannes : ceux de Dardenne, Lanners, Lafosse et Meyer.

28 avril 2008

Laanan veut croit à un compromis sur TV5

La ministre de l'Audiovisuel Fadila Laanan estime qu'un compromis est en train de se dessiner à propos de la chaîne de télévision TV5Monde, à condition que certains abandonnent "de mâles attitudes". Elle insiste pour que la France accepte l'idée d'un directeur général de la chaîne réellement autonome.La ministre dit avoir l'impression que l'on arrive doucement à une solution de compromis: "toutes les chances sont là mais certains doivent abandonner quelques 'mâles attitudes', afin que chacun puisse s'y retrouver", dit-elle.En tout cas, Mme Laanan reste décidée à ne pas désengager la Communauté française de TV5Monde. La ministre dit par ailleurs avoir apprécié les propos rassurants du PDG de FranceMonde (la holding qui doit chapeauter les moyens audiovisuels extérieurs français) Alain de Pouzilhac. Il est temps de mettre fin à dix mois d'incertitude provoquée par les déclarations matamoresques du président français Nicolas Sarkozy, estime-t-elle.MéfianceToutefois, le PDG ne semble pas avoir bien perçu la méfiance profonde qui habite les 4 pays partenaires de la France dans TV5 Monde: Suisse, Canada, Québec et Belgique. Ceux-ci ont eu affaire à des documents de travail français d'abord inexistants ou secrets, aujourd'hui indigents, dit-elle.Pendant ces dix mois, les pays partenaires ont été confrontés à une attitude française désinvolte, parfois méprisante de la part de Georges-Marc Benamou, lorsqu'il était conseiller de M. Sarkozy.

Mme Laanan dit cependant n'avoir rien à reprocher à M. de Pouzilhac, qui doit assumer un passé dont il n'est pas responsable. Elle admet aussi que la France a fait aujourd'hui des concessions importantes, en abandonnant l'idée d'une "Newsroom", en acceptant un statut de partenaire, plutôt que de filiale, pour TV5, ou en plafonnant son actionnariat dans TV5Monde à 49%.Directeur généralDès lors, la ministre pense qu'un compromis est désormais possible. Mais la France continue à susciter la méfiance par sa volonté de priver le futur directeur général de la chaîne francophone internationale d'une réelle autonomie. Et de citer à ce propos la tentative avortée, le 16 avril, de faire nommer M. de Pouzilhac PDG de TV5Monde par son Conseil d'administration.Certains propos tenus récemment par M. de Pouzilhac ont visiblement irrité la ministre de l'Audiovisuel: "des propos maladroits envers les actionnaires minoritaires, lorsque le patron français affirme que ceux-ci n'ont rien compris ou qu'ils fonctionnent sur des rumeurs", précise-t-elle.CandidaturesSi, néanmoins, le PDG tient aujourd'hui un langage rassurant, la pierre d'achoppement reste le refus français d'avoir un directeur général de TV5Monde qui ait les pleins pouvoirs et soit responsable devant le Conseil d'administration et le Conseil des ministres responsables de TV5, estime la ministre.Elle insiste sur son souhait de voir ce futur directeur général engagé après un appel à candidatures international: "peu importe qui réussit l'examen, on n'a pas de candidat à placer. Mais il faut un vrai directeur général, français ou pas", dit-elle.

12 octobre 2007

Fadila Laanan lance le Label des libraires de qualité

C'est une nouvelle initiative bien concrète issue des États Généraux de la Culture que Fadila Laanan a présentée la semaine dernière, en dévoilant le logo "Le Libraire", conçu par Isabelle Sion, qui distinguera à l'avenir les Libraires de qualité, en Wallonie et à Bruxelles.
Comme elle l'avait annoncé au printemps dernier, la ministre a lancé officiellement le Label des libraires de qualité, en présentant à la fois son graphisme, ses douze conditions d'obtention (en termes d'accessibilité, d'offres de livre, de conseil, de promotion des auteurs belges, etc.), le formulaire de candidature et la procédure qui y conduit, via notamment la nouvelle Commission d'aide à la Librairie (tous les documents utiles sont disponibles sur les sites promotion des lettres et culture.be).

Le Syndicat des libraires ayant été associé dès le départ à la concrétisation de ce Label et ses représentants (sa présidente, Brigitte De Meeus, et Yves Limauge), ayant encore rappelé leur reconnaissance envers Fadila Laanan, la ministre ne doute pas que de nombreux libraires se manifesteront pour intégrer le réseau qu'elle présentera lors de la prochaine Foire du Livre de Bruxelles, début mars 2008. Un réseau dont elle compte bien qu'il s'étende également à des zones plus rurales, grâce notamment à la possibilité d'appliquer les critères de manière constructive, pour tenir compte des réalités de terrain: densité de population, distance des centres urbains, etc.
Objectif? "Il est essentiel, a précisé Fadila Laanan, que demain, après-demain, il y ait encore des librairies dans les rues des villes et des communes de la Communauté française. Qu'elles soient identifiées comme des lieux de qualité, animées par de grands professionnels. Des passeurs de savoir, capables de dispenser des conseils et garants de la diversité éditoriale, loin de toute forme de standardisation." Ceci sans dénigrer ni les grandes surfaces, ni les points presse, qui mettent également le livre à la portée des consommateurs. Mais en soutenant les professionnels dont l'essentiel de l'activité est axée sur le livre, dans toute sa diversité, sans se cantonner aux produits d'appel que sont les best-sellers.
En plus des aides déjà existantes (prêt pour rénovation, subvention des animations littéraires, etc.), ce réseau des Libraires de qualité bénéficiera d'une série de dispositifs promotionnels: site Internet, cartes géographiques situant les membres, formations, logo pour vitrines, etc.
Présent le jeudi 4 octobre à la présentation du Label à Woluwe, David Giannoni, le responsable des Éditions Maelström, s'est rallié à l'initiative au nom des Éditeurs littéraires de Belgique.