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13 février 2007

Les Balkans, artilleurs du grand banditisme

Plusieurs saisies récentes ont mis au jour des trafics d'armes lourdes qui aboutissent en France.

Explosifs acheminés de Serbie, lance-roquettes, fusils d'assaut et grenades. Les armes de guerre utilisées par le grand banditisme proviennent en masse des pays de l'Est, comme les montrent les saisies réalisées en France. Dernier exemple, le 6 février, trois intermédiaires d'une telle filière, en possession d'un petit stock d'armes, ont été interpellés en banlieue parisienne par la brigade de répression du banditisme. Leur chef supposé, Patrick, 40 ans, recelait dans son pavillon de Combs-la-Ville (Seine-et-Marne) un «lance-roquettes de calibre 64 mm, prêt à servir avec la roquette à l'intérieur», un fusil d'assaut AK 47, un pistolet automatique 38 Spécial et huit grenades actives à fragmentation, tous ces engins en provenance des Balkans.
«Facile». Selon la direction centrale de la police judiciaire, sur quelque 2000 armes saisies l'an dernier, 47 % étaient des «armes lourdes», surtout des kalachnikovs de l'ex-Yougoslavie. Depuis 2000, quinze lance-roquettes ont aussi été découverts lors de perquisitions. «C'est relativement facile de faire rentrer en France des armes et des explosifs en provenance de l'Est, explique un commissaire. Vu les conflits passés dans l'ex-Yougoslavie et les milliers d'armes en circulation, les trafiquants n'ont qu'à se baisser pour les ramasser. Ils les ramènent ensuite, planquées à bord d'autocars, de camions, ou de véhicules privés.»
Mi-janvier, l' «une des plus grosses découvertes d'armes vivantes [pas de collection, ndlr] » a eu lieu dans le Var et les Bouches-du-Rhône, lors de l'arrestation d'une vingtaine de caïds du Sud-Est et de trafiquants d'Europe de l'Est. L'enquête, qui visait au départ des importateurs de stupéfiants, a abouti à la saisie de plus de quatre kilos de cocaïne mais surtout à celle de près de 200 armes de guerre pour la plupart, pistolets-mitrailleurs et kalachnikovs, réparties en trois caches.
L'une des planques recelait aussi du matériel pyrotechnique (détonateurs, retardateurs et minuteurs). Un enquêteur a évoqué une «sorte d'alliance entre des trafiquants de drogue et des vendeurs d'armes». Un tuyau a permis à la police judiciaire de Toulon de démanteler cette filière d'approvisionnement en armes à destination du milieu, organisée par des ressortissants de pays de l'Est.
Un commissaire de l'Office central de lutte contre le crime organisé souligne l' «importance des filières venant de l'Est» mais la «rareté» de la mise au jour de ce type d'affaires, à cause de la «difficulté à remonter les réseaux, faute de coopération policière efficace, avec les Balkans par exemple».
Hasard. Il arrive cependant que la police «tombe par hasard» sur un camion rempli d'armes lourdes ou sur des transactions, dans les grandes villes françaises. Deux Serbes, âgés de 41 ans et de 58 ans, ont été ainsi arrêtés à Paris, début janvier, «en flagrant délit d'échange de quatre kilos d'explosifs destinés au banditisme». Les suites de l'enquête, menée à Belgrade, ont permis de saisir sept autres kilos de penthrite: un explosif militaire de type plastic, très destructeur. L'un des deux trafiquants ­ chauffeur de bus d'une compagnie européenne de transports publics ­ «profitait de son métier» pour importer des explosifs de l'ex-Yougoslavie vers l'Europe occidentale.
Réseaux. La penthrite sert souvent à percer des fourgons de transport de fonds ou des portes des prisons. Ainsi, elle avait été utilisée pour faire évader Antonio Ferrara de Fresnes en 2003. Rattrapé depuis, il a été condamné à onze ans de réclusion criminelle en décembre par la cour d'assises de Paris. Il était jugé pour l'attaque en 2000, et avec dix comparses, d'un fourgon de la Brink's à Gentilly (Val-de-Marne), au moyen d'un cadre d'alu rempli d'une petite dose de penthrite apposé sur sa porte arrière.
Selon un policier de la BRB, «25 grammes de penthrite judicieusement utilisés suffisent à ouvrir un fourgon blindé.» «Une kalachnikov achetée dans les Balkans 100 à 150 euros, explique ce commissaire spécialisé, peut être revendue en France dix fois plus», à des «voyous, petits ou grands, des collectionneurs, des fondus et des réseaux terroristes, corses notamment» qui s'en procurent facilement en France, en Belgique ou en Italie : «C'est le bouche à oreille qui fonctionne, il y en a même en banlieue.»

11 février 2007

Colère du bourgmestre de La Louvière

Les jeunes de la Louvière seront poursuivis

La justice a fait son travail et il ne faut pas laisser croire que la justice n'a pas réagi, a indiqué ce lundi matin le procureur du Roi de Mons, Claude Michaux, lors d'une mise au point à la suite de propos du bourgmestre de La Louvière, Jacques Gobert (PS). Celui ci avait dénoncé, samedi, l'absence de mesures à l'encontre de sept jeunes, dont six mineurs, qui avaient lancé deux cocktails Molotov sur la façade d'une institution pour adolescents en difficulté.
Le Procureur du Roi a précisé que les six mineurs d'âge feront l'objet de mesures d'encadrement, décidées par le juge de la jeunesse et qu'ils devront répondre de leurs actes devant le tribunal de la jeunesse. Le majeur, inculpé de tentative d'incendie criminel, comparaîtra quant à lui devant le tribunal correctionnel. Par ailleurs, la ministre de la Justice, Laurette Onkelinx, a annoncé à la RTBF-radio qu'elle avait demandé un rapport sur ce sujet au centre de la polémique.
Le Parquet de Mons a rappelé ce lundi qu'il n'avait été avisé des faits - survenus la nuit du 7 au 8 février - que le 10 février. L'institut médico-pédaogique visé par le jet des cocktails Molotov a averti tardivement la police louviéroise, qui a alors informé les autorités judiciaires.


Ce week-end, le premier substitut du Procureur du Roi de Mons, Dominique Francq, avait nuancé la gravité des faits, qui n'avaient pas suscité une réaction rapide des gestionnaires de l'institution, avait-il fait remarquer. Il avait également fait état de l'absence d'antécédents judiciaires pour les sept auteurs, connus des services de police mais pas de la justice. Je voudrais rappeler à chacun que ce n'est pas parce qu'on ne prive pas quelqu'un de liberté qu'il est impuni, a déclaré Claude Michaux.
Le haut magistrat a insisté sur les règles prévalant d'une part en matière de détention préventive, d'autre part en ce qui concerne le placement de jeunes en institutions publiques de protection de la jeunesse (IPPJ). Nous n'étions pas dans ce cas de figure et ce n'était pas la place des jeunes concernés, a-t-il ajouté. Nous sommes fort heureusement dans un Etat de droit, où la règle, c'est la liberté et je ne suis pas prêt à faire arrêter des gens pour faire plaisir au bourgmestre ou satisfaire des policiers, a conclu le Procureur du Roi.

Les jeunes, suspectés d'avoir lancé mercredi des cocktails Molotov contre un institut médico-pédagogique, ont été relâchés par la justice. Le bourgmestre de La Louvière ne comprend pas…


Le bourgmestre de La Louvière est en colère. Mercredi soir, sept jeunes (dont six mineurs) s'étaient attaqués à une institution pour jeunes présentant des troubles comportementaux. Ils avaient notamment jeté deux cocktails Molotov avant d'être interpellés. Samedi matin, ils sont passés devant le substitut de garde. La juge de la jeunesse a été informée mais n'a pas réagi. Conséquence: personne n'a été privé de liberté.

Une situation que ne comprend pas le bourgmestre. Jacques Gobert respecte la séparation des pouvoirs. Mais le bourgmestre de la Louvière s'exprime ici en tant que responsable de la sécurité sur son territoire, une sécurité qu'il estime ne plus pouvoir entièrement garantir. Il pointe également du doigt un autre problème, celui de la motivation des policiers de terrain qui ont mené l'enquête.

Le chef de corps de la police, Luc Demol, souligne, lui, qu'on n'a pas à donner de leçon aux autorités judicaire mais il insiste: une telle situation risque de provoquer une psychose chez les citoyens. Les jeunes impliqués sont en aveux. Ils n'en seraient pas à leur coup d'essai et terroriseraient depuis des mois un quartier de Houdeng, dans l'entité de La Louvière.

02 janvier 2007

Saddam Hussein "condamné à mort par pendaison"



Qui a volé les derniers instants de Saddam ?

Les autorités irakiennes ont ordonné l'ouverture d'une enquête pour découvrir l'identité de l'auteur d'une vidéo pirate de la pendaison de Saddam Hussein et les responsables de sa diffusion sur internet.
Une enquête a été ouverte pour déterminer qui a tourné, avec son téléphone portable, la vidéo de l'exécution" de l'ancien président irakien, a indiqué une source anonyme.
Les autorités veulent connaître également le nom de celui ou de ceux qui sont responsables de la diffusion de ces images sur internet, a précisé cette source.


Condamné à mort le 5 novembre pour "crime contre l'humanité", l'ex-dictateur a été pendu samedi à l'aube par les autorités irakiennes dans une caserne des renseignements militaires de Khadamiyah, quartier nord et majoritairement chiite de Bagdad.
Une vidéo complète de la pendaison de l'ex-dictateur avait été diffusée dès le lendemain sur internet. De médiocre qualité, ces images révèlent que certains témoins scandaient le nom du chef radical chiite Moqtada Sadr quelques instants avant la mort de Saddam. Plusieurs spectateurs ont également pesté le supplicié à ses derniers instants, alors que des cris de vengeance ont retenti immédiatement après sa mort.
L'enquête ordonnée par le gouvernement doit également déterminer l'identité des auteurs de ces cris, toujours selon la même source.
(D'après AFP)

Saddam Hussein a été pendu à l'aube à Bagdad

Saddam Hussein, condamné pour l'exécution de 148 villageois mais accusé d'avoir provoqué des dizaines de milliers de morts, a été pendu samedi à l'aube, "résolu et courageux" selon un témoin. "Saddam est monté calmement à la potence, il était résolu et courageux", a raconté à la télévision nationale Iraqia le Conseiller à la sécurité nationale, Moaffaq al-Roubaï. L'exécution de l'ancien président irakien, juste avant 06H00 (03H00 GMT), qui n'a pas donné lieu immédiatement à de grandes scènes populaires à Bagdad, a été saluée par le président américain George Bush comme une "étape importante" de l'Irak vers la démocratie. Saddam Hussein "n'a pas essayé de résister, n'a rien demandé. Il tenait un coran dans sa main qu'il a souhaité envoyer à une personne". Il avait "les deux mains attachées quand il a été pendu", a raconté M. Roubaï. Ses dernières paroles, selon un autre témoin, le juge Mounir Haddad, ont été: "J'espère que vous resterez unis et je vous mets en garde: ne faites pas confiance à la coalition iranienne, ces gens sont dangereux". L'ancien président semblait viser la coalition à dominante chiite au pouvoir, que beaucoup de sunnites considèrent comme une émanation de l'influence de l'Iran. Le Premier ministre Nouri al-Maliki, se félicitant de l'"exécution du criminel Saddam", lui a indirectement répondu en lançant un appel à la réconciliation, à l'intention des partisans de l'ancien régime dont "les mains ne sont pas tâchées de sang". La TV d'Etat a annoncé par erreur que les deux co-accusés de Saddam Hussein, son demi-frère Barzan al-Tikriti, ancien chef des services de renseignement, et l'ancien président du tribunal révolutionnaire Awad al-Bandar, lui avaient succédé sur le gibet. En fait leur exécution a été reportée au dernier moment de quelques jours pour mettre mieux en valeur celle de Saddam Hussein, selon M. Roubaï. "Tout a été filmé, depuis la remise de Saddam aux Irakiens jusqu'à la potence", a-t-il ajouté, et la télévision publique diffusera "très prochainement ces images". Toujours selon M. Roubaï, le corps "pourrait être remis à sa famille pour être enterré", alors que les autorités gardaient jusqu'ici le mutisme sur le sort de la dépouille. La nouvelle de l'exécution a été accueillie par une multitude de tirs de joie à Najaf, ville sainte chiite du sud de l'Irak, selon un correspondant de l'AFP. A Bagdad, quelques rafales ont résonné brièvement, également dans les quartiers majoritairement chiite, mais la situation semblait ensuite normale dans la ville. "Je me félicite du fait que Saddam Hussein aitété jugé par un tribunal irakien pour au moins quelques-uns des crimes horribles qu'il a commis à l'encontre du peuple irakien", a déclaré dans un communiqué la ministre des Affaires étrangères Margaret Beckett. Le ministère français des Affaires étrangères a "pris acte" de l'exécution et a appelé les Irakiens à "regarder vers l'avenir et à travailler à la réconciliation et à l'unité nationale". Human Rights Watch a condamné dans une déclaration la pendaison: "Saddam Hussein était responsable de terribles et nombreuses violations des droits de l'homme, mais ces actes, aussi brutaux soient-ils, ne peuvent justifier son exécution, une punition cruelle et inhumaine". Saddam Hussein, qui a dirigé le pays d'une main de fer de 1979 jusqu'à la chute du régime en avril 2003, a été condamné à mort le 5 novembre pour le massacre de 148 villageois chiites de Doujaïl (au nord de Bagdad) tués en représailles après un attentat manqué contre le convoi présidentiel en 1982. Son appel a été rejeté le 26 décembre. Les autorités irakiennes ont voulu l'exécuter avant l'aube, qui marque le début des célébrations de l'Aïd al-Adha, la fête du Sacrifice. Agé de 69 ans, Saddam Hussein avait été arrêté en décembre 2003. Sa mort met fin à toutes les poursuites qui avaient été engagées contre lui, en particulier le procès Anfal, où il était jugé pour génocide contre la population kurde et accusé d'être responsable de la mort de 180.000 personnes en 1987-1988. Il était détenu depuis près de deux ans en un endroit tenu secret, sur une base militaire américaine à Bagdad. Saddam Hussein avait été arrêté le 13 décembre 2003 près de son fief de Tikrit par des soldats américains alors qu'il se terrait au fond d'un trou. Les images de l'homme longtemps le plus craint de l'Irak, l'air hagard, une barbe hirsute et en train de se faire examiner la bouche par un militaire américain, avaient fait le tour du monde.
EN SAVOIR PLUS: La mort de Saddam fêtée à Sadr City
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Verra-t-on un jour l’ancien tyran pendre au bout d’une corde ?


L'audience du Haut tribunal pénal irakien qui doit rendre son verdict dans le procès de Saddam Hussein pour l'exécution de 148 villageois chiites dans les années 1980 s'est ouverte ce dimanche à 11h25 (9h25 HB) dans le secteur fortifié de la zone verte.

L'ancien président Saddam Hussein a été "condamné à mort par pendaison" le dimanche 5 novembre 2006, par le Haut tribunal pénal irakien.
La peine de mort a aussi été prononcée contre un demi-frère de Saddam Hussein, Barzan al-Tikriti, ancien patron des renseignements. L'ancien vice-président, Taha Yassine Ramadan, a été condamné à la prison à vie.

Trois ex-dirigeants du Baas sont également condamnés, dans le cadre général du procès de Saddam Hussein, à 15 ans de prison pour "homicide volontaire".
De son côté, un autre ancien responsable local du parti Baas, Mohammed Azzam al-Ali, a été acquitté.

Saddam Hussein a constamment tenté d'interrompre le juge Raouf Rachid Abdel Rahmane lors de l'énoncé du verdict, en criant "longue vie à l'Irak". Il est apparu visiblement secoué par la condamnation.



Les statuts du tribunal prévoient une procédure automatique d'appel en cas de condamnation à mort, qui pourrait repousser de plusieurs semaines ou plusieurs mois l'exécution du verdict.

Le Haut tribunal pénal a suivi les réquisitions du procureur Jaafar al-Moussaoui, qui avait demandé le 19 juin la peine de mort contre l'ancien homme fort de l'Irak, âgé de 69 ans. Saddam Hussein, qui a dirigé le pays d'une main de fer de 1979 jusqu'à sa chute en avril 2003, et sept anciens responsables de son régime, sont poursuivis pour le massacre de 148 villageois chiites de Doujaïl, tués en représailles après un attentat manqué contre l'ex-président en 1982. (cya)


© BELGA
BAGDAD 05/11 (BELGA/AG)


Vues Belges

La peine de mort adaptée mais inapplicable , d'après le ministre belge des Affaires étrangères Karel De Gucht.

La condamnation à mort de l'ancien dictateur irakien Saddam Hussein semble, en regard des crimes commis, adaptée. Mais l'exécution de la condamnation est inacceptable pour la Belgique, a déclaré dimanche le ministre belge des Affaires étrangères Karel De Gucht. "Etant donné les crimes commis par Saddam Hussein dans les années '80 contre les chiites et les Kurdes, la condamnation la plus lourde semble normale", a dit M. De Gucht. "Je trouverais cependant vraiment inacceptable que la peine de mort soit appliquée. C'est inacceptable d'un point de vue éthique". M. De Gucht espère, par ailleurs, que le dossier toujours en cours contre Saddam Hussein sur la campagne qu'il a menée contre les Kurdes dans les années 80 sera traité.

et l'UE qui est contre la peine de mort...

La présidence finlandaise de l'UE a appelé dimanche dans un communiqué l'Irak à ne pas appliquer la peine de mort, prononcée à l'encontre de l'ancien président irakien Saddam Hussein.

alors que ...

L'ambassadeur américain en Irak, Zalmay Khalilzad, a qualifié d'importante étape pour l'Irak les condamnations prononcées par le Haut tribunal pénal irakien à l'encontre de Saddam Hussein et invité les Irakiens à tourner la page. De son côté, le ministre des Affaires étrangères britannique Margaret Beckett a également salué le verdict et les condamnations prononcées.

L'ONU et Amnesty:

Appel à un moratoire des exécutions

Le haut-commissaire de l'ONU chargées des droits de l'homme, Louise Arbour, a appelé le gouvernement irakien à observer un moratoire de l'exécution du l'ancien président Saddam Hussein et des autres co-accusés condamnés à mort à Bagadad.
L'organisation de défense des droits de l'Homme Amnesty International a déploré la condamnation à la peine de mort prononcée à l'encontre de l'ancien président irakien Saddam Hussein et de plusieurs anciens responsables du pays.

ET VOUS ?


L'ancien allié courtisé de l'Occident (30/12/2006)
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Les réactions dans le monde Louis Michel : "Pas une victoire pour la démocratie" Saddam Hussein a été pendu


Du début des années 70 à l'invasion du Koweït, Saddam Hussein fut un allié courtisé et appuyé par les pays occidentaux
BRUXELLES "A l'époque, tout le monde avait d'excellentes relations avec Saddam Hussein", se justifiera le président français Jacques Chirac lorsqu'il sera interrogé, en 2003, sur ses liens avec le dictateur.
Cette époque commence dans les années 70 lors de la montée en puissance de Saddam, alors perçu comme un dirigeant nationaliste et laïque voulant moderniser un pays riche en pétrole.En 1972, l'Irak a conclu un accord de coopération avec l'URSS, mais cherche à diversifier ses approvisionnements et se tourne en particulier vers la France, qui affiche une politique pro-arabe.
En septembre 1975, Saddam Hussein, alors numéro deux du parti baassiste, est reçu avec tous les égards par la France. Un soir, il réserve une attention particulière au Premier ministre Jacques Chirac.Il l'invite à déguster, à son hôtel, du "Masgouf", cette grosse carpe des eaux du Tigre qu'un avion spécial est allé chercher à Bagdad, racontent deux journalistes, Eric Aeschimann et Christophe Boltanski, dans leur essai "Chirac d'Arabie". "Saddam sera le De Gaulle du Moyen Orient", lance M. Chirac à son porte-parole.
L'"idylle" franco-irakienne se traduit par l'accord de la France, puissance atomique, à la livraison du réacteur de recherche nucléaire Osirak, qui sera détruit en 1981 par un raid aérien israélien.La France s'approvisionne en pétrole en Irak et devient un des principaux fournisseurs d'armes -Mirages F1, radars, blindés- du régime. Des réseaux d'influence pro-irakiens durables se forment en France, mêlant hommes d'affaires, industriels de l'armement et politiques.La France n'est pas la seule en Irak: l'Italie, ou l'Allemagne, par exemple, deviennent d'importants fournisseurs, ce qui permettra à ce pays de produire secrètement des armes chimiques.
Ces relations se poursuivent pendant la sanglante guerre (1980/1988) que lance Saddam Hussein contre l'Iran. Le dirigeant irakien fait figure de rempart contre la révolution islamique de l'ayatollah Khomeyni.La France pousse son engagement jusqu'à prêter cinq avions Super-Etendard aux Irakiens.Les relations entre Saddam et les Etats-Unis sont plus ambiguës. Washington se méfie du "raïs". En 1983, le président Ronald Reagan dépêche toutefois un émissaire -Donald Rumsfeld- à Bagdad. Face à la menace de l'Iran, les Etats-Unis ont fait le choix du "moindre mal". Ils rétablissent leurs relations diplomatiques avec Bagdad, fournissent notamment une aide économique, du matériel à usage militaire et des photos satellites à l'Irak.
Washington "se mit alors à considérer la survie de l'Irak comme essentielle au point de fermer les yeux" pendant un moment sur les exactions massives du régime, l'utilisation d'armes chimiques, ses efforts pour obtenir l'arme atomique, a écrit le journaliste américain spécialiste du Moyen-Orient Jonathan Randal dans l'ouvrage collectif "Le livre noir de Saddam". En 1988, à Halabja, 5.000 Kurdes irakiens seront tués lors d'un bombardement à l'arme chimique -un massacre dont Saddam Hussein ne pourra plus répondre.
En 1990, les troupes de Saddam envahissent le petit Etat pétrolier du Koweït. Du jour au lendemain, Saddam Hussein se transforme, pour Washington, en tyran, un "nouvel Hitler". Les autres pays occidentaux se retournent contre leur ancien allié.
Pour Patrick Baudouin, président d'honneur de la Fédération internationale des Ligue des droits de l'Homme (FIDH), "l'exécution hâtive" de Saddam Hussein permet d'éviter un procès global qui aurait pu déboucher sur un "déballage" gênant pour les Etats-Unis et les Européens.

26 décembre 2006

Des nouvelles de nos justiciables ...

MAJ 26/12/2006

La Ville de Charleroi se porte partie civile
La Ville de Charleroi veut obtenir des dédommagements après la gabegie de certains élus. Les affaires se sont accumulées et Charleroi veut laver son linge sale.
L'échevin du Budget et des Finances de Charleroi, Jean-Jacques Viseur, le promet: aucune clémence ne sera accordée à une éventuelle implication d'un nouvel élu.
La Ville de Charleroi va porter plainte contre X et se constituer partie civile entre les mains de la juge d'instruction Baeckeland. C'est ce qui a été décidé lors de la dernière réunion de son conseil communal à propos des différentes dossiers dans lesquels la Ville pourrait avoir subi un préjudice.Récupérer le préjudiceIl s'agit des dossiers relatifs aux marchés publics, à l'ICDI, à "La Carolorégienne", à l'ISPPC (Intercommunale de Santé et de Salubrité publique de Charleroi), au chauffage installé chez l'ex-échevin Despiegeleer à Carcassonne, mais aussi du récent dossier de la location-achat de photocopieuses Xerox. Il s'agit, explique-t-on à Charleroi, de prendre par cette mesure toutes les dispositions conservatoire utiles, qui permettront à la Ville de récupérer les préjudices qu'elle aurait pu subir dans ces différents dossiers et ce, quels que soient les auteurs reconnus des différentes infractions, qu'il s'agisse de politiques ou d'administratifs.
Pacte de majorité
L'échevin du Budget et des Finances de Charleroi, Jean-Jacques Viseur, rappelle que, s'il devait s'avérer qu'un élu sortant de l'ancienne majorité devait être impliqué dans un de ces dossiers, le pacte de majorité prévoit qu'il aurait aussitôt à démissionner de ses fonctions. Une rencontre doit également avoir lieu sous peu entre les autorités communales et le procureur du roi de Charleroi Christian De Valkeneer, afin d'organiser la transmission vers le parquet de Charleroi des informations qui seraient recueillies au sein de l'administration communale. Une circulaire informant les fonctionnaires communaux de leurs obligations à ce propos leur a été récemment transmise, explique encore M. Viseur.
Suspendre les marchés
Une cellule a été mise en place au sein du département communal des Finances afin d'identifier les éventuelles irrégularités qui auraient été commises à l'occasion de la passation de différents marchés publics. Le but, pour la Ville de Charleroi, va maintenant consister à suspendre les marchés en cours avant qu'ils soient exécutés, s'ils présentent des irrégularités; ou encore à en suspendre le paiement, s'ils ont déjà été exécutés.Passation des marchésLes documents relatifs à ces différents marchés seront ensuite transmis au tribunal civil qui, au vu des éléments fournis par la Ville, aura à dire s'il s'agit ou non de marchés irréguliers, et s'ils peuvent être exécutés et/ou payés aux fournisseurs, compte tenu des conditions dans lesquels ils ont été passés. Enfin, explique encore l'échevin Jean-Jacques Viseur, une nouvelle procédure de passation des marchés va être transmise via une circulaire aux fonctionnaires communaux, afin qu'ils s'y tiennent de manière stricte et que les irrégularités constatées ne puissent plus se reproduire, ou qu'on ne puisse plus, en tout cas, invoquer la méconnaissance des législations en la matière. (belga)
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L'affaire du Village n°1 en correctionnelle

La chambre du conseil de Nivelles a rendu une ordonnance renvoyant les six inculpés, dont Jean Wauters, du dossier du Village n°1 Reine Fabiola en correctionnelle. L'instruction de ce dossier de détournement de fonds au préjudice de cette institution pour personnes handicapées située à Braine-l'Alleud, avait débuté en 1996.
Au fil de l'instruction menée par le juge nivellois Marc Cruysmans, six personnes,toutes proches du Village n°1, ont été inculpées: Jean Wauters, ancien président du Village n°1 et par ailleurs président d'honneur du Standard de Liège, son épouse Hélène Schollaert, les anciens directeurs du Village n°1 Maurice Cabo et Ali Baudot, l'ancien comptable de l'institution, Freddy Bronckart ainsi que François Jamotte alias Montagne, chroniqueur culinaire et ancien organisateur des tombola CAPSA au profit des handicapés.
Un système de détournement de fonds aurait été mis en place au détriment de l'institution. Certains héritages destinés aux handicapés ainsi que des sommes issues des tombolas organisées par l'asbl CAPSA au profit du Village n°1 auraient été détournées.

Ces sommes auraient transitées par un compte géré par Jean Wauters, le compte 29, avant d'être, selon les éléments d'enquête, reversés seulement en partie au Village n°1. Certaines personnalités, dont des hommes politiques, pourraient avoir bénéficié de faveurs à partir de ce compte.
Jean Wauters a toujours affirmé avoir agi pour le bien des handicapés sans enrichissement personnel. Les six inculpés n'étaient pas présents lundi pour prendre connaissance de cette ordonnance de renvoi. Le préjudice pour le Village n°1 est estimé à 20 millions d'euros, à quoi s'ajoute 11 millions d'euros réclamé par l'administration fiscale à l'asbl CAPSA en liquidation.

L'affaire Sotegec-Gavroy reportée à la semaine prochaine

Le tribunal civil de Namur a reporté l'affaire opposant le bureau d'études Sotegec au nouvel échevin Ecolo Arnaud Gavroy. L'affaire a été fixée au 19 décembre prochain à midi, afin de laisser le temps aux deux parties de répondre à leurs conclusions respectives sur la recevabilité de l'action.
L'échevin Ecolo est accusé de propos diffamatoires à l'égard de la Sotegec. Me Dermagne, conseil d'Arnaud Gavroy, prétend cependant que la citation n'est pas valable dans ce procès d'exception qui touche à la liberté d'expression.

Le receveur communal de Charleroi à nouveau entendu par la police

Le receveur communal de Charleroi, Pierre Oversteyns, est entendu une nouvelle fois depuis ce matin par les services de la Police fédérale judiciaire de Charleroi, dans le cadre du dossier des marchés publics.
Il n'est entendu par les enquêteurs financiers que sur un aspect de ce dossier et il n'est actuellement pas prévu qu'il soit entendu par la juge d'instruction France Baeckeland. En revanche, il n'est pas prévu que le secrétaire communal Eric Lecomte soit entendu aujourd'hui.
Pierre Oversteyns avait déjà été entendu par la police judiciaire fédérale et par la juge Baeckeland, le 20 octobre dernier, le jour où le bourgmestre de Charleroi, Jacques Van Gompel, avait finalement été inculpé et incarcéré à la prison de Jamioulx. Le secrétaire communal Eric Lecomte a déjà, lui aussi fait l'objet d'une précédente audition par la même juge d'instruction.


Claude Despiegeleer: 22.266 euros pour ses voyages

Les frais de mission à l'étranger de l'ancien échevin de Charleroi, Claude Despiegeleer, ont coûté, en 2005, 22.266 euros à la Ville. En ajoutant les 13.982 euros dépensés par son plus proche collaborateur, le budget total prévu dépasse celui de la Ville de Liège. Selon le chef de Protocole de cette dernière, Jean-Christophe Péterkenne, Liège disposerait d'un budget de 34.722 euros pour couvrir les frais de déplacement et de représentation à l'étranger.

Dossier Demaret: neuf inculpés renvoyés en correctionnelle
vendredi 8 décembre 2006 il y a 2 j.
(Belga) Le parquet de Bruxelles a confirmé vendredi, en début d'après-midi, que, sur les onze inculpés encore à la cause dans le dossier Demaret, neuf devront comparaître devant le tribunal correctionnel de Bruxelles.
© BELGA
L'affaire concernait, au premier chef, Michel Demaret, décédé le 8 novembre 2000, peu après avoir été inculpé de corruption passive, d'abus de confiance, de faux et de blanchiment. Les faits sont relatifs à des chantiers dans le quartier européen de Bruxelles. Des fausses factures seraient apparues, au début des années 90, dans la comptabilité d'une entreprise de construction générale afin de couvrir des paiements illicites dont aurait bénéficié, en bout de course, Michel Demaret (PSC, à l'époque), ancien député bruxellois, mais surtout ex-échevin des Travaux publics puis bourgmestre de la Ville de Bruxelles. Il avait toujours nié. Trois de ses proches ont été néanmoins renvoyés également devant le tribunal correctionnel. Ils devront y répondre du blanchiment de sommes d'argent, ainsi que d'autres -pour plusieurs centaines de milliers d'euros- qui auraient été détectées dans leur patrimoine. (NLE)


Déclaration de culpabilité contre Moriau

Le parquet a requis une simple déclaration de culpabilité contre le député-bourgmestre socialiste Patrick Moriau, poursuivi devant le tribunal correctionnel de Liège pour des faits de faux, d'usage de faux et de blanchiment d'argent. Les faits qui lui sont reprochés concernent "le trésor de guerre", provenant des fonds issus de la corruption du marché public Dassault, placés au Luxembourg et non déclarés dans la compatabilité du PS.

Tous des fraudeurs, clamait Happart du haut de sa tribune.

Un "audit assassin" pour l'ICDI et Lucien Cariat

Un audit réalisé par une société de consultance sur l'ICDI (Intercommunale de Collecte et de Destruction des Immondices) "révèle que l'argent coulait à flots pour arroser les petits copains", affirme le journal 'La Dernière Heure' dans son édition dominicale, mettant en cause l'ex-échevin de Charleroi Lucien Cariat.
Cet argent servait aussi à "financer des voyages à l'utilité douteuse ou diverses associations sportives, à première vue sans grand rapport avec le traitement des déchets", ajoute le quotidien.
Il met en cause M. Cariat, affirmant qu'il "l'a su, approuvé et couvert dans la plus grande opacité administrative puisque la plupart des documents n'étaient pas remplis ou alors tout bonnement falsifiés".
L'audit, réalisé par la société Comase Management Consulting et dont 'La Dernière Heure' a pu prendre connaissance, affirme que "Lucien Cariat a confondu l'objet social de l'ICDI avec son action politique".
"Ces conflits d'intérêt étaient aussi le fait des membres du comité de direction. L'autocratie et le népotisme étaient de mise. Pour beaucoup de cadres, il y avait une incompétence avérée", ajoute le rapport d'audit qui épingle plusieurs exemples d'apparente mauvaise gestion.

Lucien Cariat et les "fantaisistes"R.P.

Il dément tout trésor et toute saisie (titres et argent), mais non sans se contredire...
Du flou dans la communication ? C'est ce que laissent penser les déclarations consécutives à l'annonce, dans "La Libre" du 23/11, du fait qu'une somme supérieure à deux millions d'euros a été saisie (titres et numéraire) dans un coffre utilisé par Lucien Cariat, l'ancien président directeur gérant de l'ICDI (Charleroi). Dans un communiqué transmis vendredi par son défenseur, Me Roland Hougardy, Lucien Cariat fait état à ce sujet de "rumeurs insensées", d'"informations fantaisistes" "la chambre des mises en accusation", rien de moins. Pas de pactole, dit en substance l'intéressé : "Aucun trésor n'a été découvert par qui que ce soit, où que ce soit". Pure "affabulation", donc.
Affabulation ? Comment expliquer alors que, jeudi, Me Hougardy nous disait que la saisie avait été levée (ce qui n'était exact que pour une partie mineure) ? Car enfin, on ne peut lever une saisie qui n'existe pas !
Me Hougardy - qui n'avait initialement pas démenti l'existence de la chose - nous avait du reste déclaré, jeudi aussi, qu'il s'agissait d'un problème "privé", l'expliquant vendredi auprès de nos confrères du "Soir" comme provenant en partie d'un héritage de l'épouse de M. Cariat. Vrai ? La justice le dira (au prime abord, elle a en tout cas cru devoir saisir). Mais comment diable un pactole qui "n'existe pas" peut-il éventuellement être privé ?
Enfin, si l'avocat annonce désormais une plainte de son client pour violation du secret de l'instruction, c'est quand même qu'ils savent bien qu'une instruction concerne ce sujet...
Alors, qui est fantaisiste ?
© La Libre Belgique 2006

Christiane Vienne fait le ménage à l'AWIPH

La ministre wallonne de l'Action Sociale, Christiane Vienne, a annoncé aujourd'hui qu'elle allait réclamer la démission de plusieurs personnes au sein de l'AWIPH (Agence Wallonne pour l'Intégration des Personnes Handicapées) et de son comité de gestion. Quatre dossiers, en plus de celui de Georges Rovillard, ont été communiqués au parquet, a en outre précisé la ministre, qui a clairement déclaré vouloir "mettre de l'ordre à l'AWIPH".
La ministre demande au gouvernement wallon un mandat pour lui permettre de "faire le nettoyage" et "pouvoir mener un audit sur les procédures afin d'aller au cœur des modes de fonctionnement de l'institution pour pouvoir les modifier". Suite à un audit budgétaire réalisé sur l'agence depuis janvier par le comité financier en vue de la signature d'un nouveau contrat de gestion, la ministre a constaté de nouveaux dysfonctionnements dans le mode de gestion de l'AWIPH. "S'il ne s'agit pas toujours d'infractions judiciaires, ils n'en sont pas moins graves", a expliqué la ministre, citant des voyages (par exemple trois semaines à Nice en juillet), l'utilisation abusive de voitures de fonction, le détournement de matériel informatique à des fins privées, etc. Quatre dossiers, outre celui de l'administrateur-délégué suspendu, Georges Rovillard, ont été transmis au parquet. Des démissions vont suivre, a annoncé la ministre. "La majorité des travailleurs de l'AWIPH sont honnêtes et je ne viserai pas tout le monde. Mais là où les faits sont avérés, je demanderai des démissions. Les dysfonctionnements au sein de l'AWIPH ne relèvent pas du seul chef de son administrateur-général, Georges Rovillard et ne sont pas neufs. Ils sont aussi la conséquence du système. C'est l'héritage d'un mode de fonctionnement « à la papa », qui fonctionnait en ronronnant", a commenté Mme Vienne.
L'audit budgétaire, commandé avant l'interpellation de Georges Rovillard, relève 31 "problèmes" et avance 36 recommandations. Celles-ci seront transmises au comité de gestion. Pour la ministre, les principales sont l'informatisation de l'outil, pour éviter que quelques personnes ne disposent seules de tous les éléments et la révision des procédures de contrôle pour les déplacements à l'étranger. "Ce poste ne représente que 0,1 pc du budget de l'AWIPH. Mais vu la situation, il est capital", a souligné la ministre.
L'audit a révélé de grosses lacunes dans les moyens de contrôle. "L'administration avait trop d'autonomie. Un des enjeux du contrat de gestion, qui est une des conséquences de l'audit, est qu'il faut diminuer cette autonomie et revoir à la hausse les moyens de contrôle", a remarqué Christiane Vienne, précisant que "l'époque Rovillard fait partie du passé". "M. Rovillard, suspendu, ne sera pas candidat à un nouveau mandat. Il quittera donc l'agence. D'autres dossiers ont été transmis au parquet et je vais réclamer des démissions. Il est temps maintenant de passer à quelque chose de nouveau, avec de nouvelles personnes", a conclu la ministre.


AWIPH : le Gouvernement wallon pas pressé de savoir

Le Gouvernement wallon avait annoncé la semaine passée que le salaire de Georges Rovillard, l'administrateur général de l'AWIPH, l'Agence wallonne pour l’intégration des personnes handicapées était suspendu. En réalité, il ne l’est pas réellement et le Gouvernement wallon ne semble pas très pressé de voir clair dans le dossier.

Le gouvernement wallon semble ne se hâter que lentement dans le dossier "Georges Rovillard", du nom de l'administrateur général de l'Agence wallonne des personnes handicapées. Celui-ci a été inculpé à la mi-octobre pour détournement par fonctionnaire public, incarcéré d'ailleurs durant quatre semaines à la prison de Jamioulx.

En cause de multiples frais et de nombreux voyages (en Grèce, à Chypre, au Cap vert, au Chili). Des voyages aux liens peu évidents avec les fonctions de Georges Rovillard, par ailleurs bourgmestre sortant de Fontaine l'Evêque. La semaine dernière, le Gouvernement wallon, sans exiger la démission de Georges Rovillard, avait annoncé l'avoir suspendu pour six mois, salaire compris.

Un salaire mensuel à l'AWIPH de l'ordre de 5.000 euros brut. Mais voilà : la Ministre Christiane Vienne reconnaît aujourd'hui que George Rovillard touche en réalité encore plus de 80 % de son salaire, le Code de la Fonction Publique empêchant, dit-elle, une retenue complète. Elle confirme par ailleurs une nouvelle enquête administrative, qui va se pencher sur la pertinence des voyages du patron de l'AWIPH.

Mais le Gouvernement n'entend pas jouer l'urgence, les résultats de l'enquête ne sont attendus que pour février 2007. En outre, la Ministre confirme que la Région wallonne ne s'est pas portée partie civile, comme la possibilité en avait été évoquée, dans le dossier judiciaire. Résultat : la Région n'aura pas accès au dossier. Un peu comme si le Gouvernement préférait ne pas tout savoir...

Lewalle condamné à 4 ans avec sursis


A l'issue de l'audience, le condamné a répété: "je n'ai jamais rien volé. Je n'ai jamais rien détourné".
La cour d'appel de Bruxelles a condamné mardi matin Léon Lewalle à quatre ans de prison avec un sursis pour ce qui excéde la détention préventive déjà accomplie.
L'ancien patron de la Smap (aujourd'hui Ethias) a été acquitté pour un détournement de quelques 25 millions d'euros mais reste coupable pour de nombreux détournements ou dissipations pour un montant équivalent également à quelque 25 millions d'euros.
L'amende est dérisoire, soit 9.915 euros, mais Lewalle se voit confisquer plus de 11 millions d'euros sur son patrimoine personnel.
A l'issue de l'audience, le condamné a répété: "je n'ai jamais rien volé. Je n'ai jamais rien détourné". Son avocat, Me Adrien Masset n'exclut pas un nouveau pourvoi en cassation.


ICDI : phrases assassines (27/11/2006)
Système Cariat : pouvoir absolu, collection d'art de 226.467 €

L'audit contient quelques perles qui ne sont pas en faveur du patron de l'ICDI :
Des rémunérations difficilement explicables ont été attribuées à des personnes dont on ne peut, a posteriori, valider la valeur ajoutée réelle pour l'ICDI. Il y a eu de vraies confusions d'intérêts.
En 2001, un document évoque les délégations qui confirment les pouvoirs, à lui seul attribués, du président et, nouveauté importante : "Monsieur Lucien Cariat est habilité à signer seul les actes bancaires tels que paiement des salaires et traitements" . Ce document n'est, lui, pas signé par les autres membres du comité de direction.
Il faut aussi constater que la longévité de la même personne à la tête de l'intercommunale a sans doute beaucoup contribué à l'estompement progressif de la norme.
Cariat a confondu l'objet social de l'ICDI avec son action politique. Ces conflits d'intérêts étaient aussi le fait des membres du comité de direction.
L'ICDI a acquis au fil des ans une importante collection d'art : peintures, sculptures, tapisseries, statues... pour une somme de 226.467,03 €.
L'audit pointe la vétusté du matériel : une dizaine de camions en réparation, la moitié des conteneurs de stock déclassés... Un nombre important de personnes malades ou blessées : plus de 10 %.
. "De plus, de janvier 2003 à mai 2006, de très nombreux voyages d'une à quatre ou cinq personnes ont eu lieu à Pescara, Pise, Gerone, Belgrade, Turin, Portugal, Irlande... À cela, il faut ajouter un voyage de 10 jours pour 3 personnes en Italie en août ou un voyage à Pescara avec Charleroi-Danse. En Russie, c'est pour un match d'Action 21 que le président est parti avec quatre employés de l'ICDI."
Plus grosse dépense nominale ? Hôtel et souper pour un groupe de personnes (principalement des administrateurs en voyage d'étude en France) pour 6.694,39 euros.
Pour Action 21 et GDL Châtelet, 6 joueurs de football en salle ont été employés temporairement par l'ASBL ADICHAR. Cette aide indirecte peut être chiffrée à 65.032 euros pour 2 ans.
Assurance groupe qui couvre la pension des dirigeants de l'intercommunale. Une seule personne était concernée par ce groupe. L'ancien président. Le contrat a été versé le 1-11-2000 soit 223.104,17 euros.
Certains placements sont au Luxembourg et ne font pas l'objet de retenue de précompte mobilier. Ils ne sont pas déclarés.
V. Li.
© La Dernière Heure 2006



Les millions (saisis) de Lucien Cariat

Lors de perquisitions à l'ICDI, les enquêteurs ont ouvert le coffre du "patron".Il contenait du numéraire et des titres pour au moins 2 millions d'euros, peut-être 2,5.Tout a été saisi. La défense, qui parle de "problème privé", veut lever les saisies.
BELGA
L'instruction de "l'affaire ICDI" a réservé un certain nombre de surprises aux enquêteurs. L'une d'elles, vient-on d'apprendre, découlait de son patrimoine, a priori étonnamment élevé.
Ainsi, un coffre-fort utilisé par Lucien Cariat, dans les locaux de l'intercommunale de traitement des déchets, contenait du numéraire et des titres - qui ont été saisis - pour une valeur importante, avaient découvert ces enquêteurs en perquisition. Avec d'autres éléments patrimoniaux, dont des comptes bancaires (de moindre importance et bloqués), le montant global suspect dépasse assurément les 2 millions d'euros, avons-nous appris de plusieurs sources, et approcherait même plutôt les 2,5 millions.
Plusieurs saisies
Un pactole dont la justice pense qu'il était réservé au seul Cariat et pas du tout à l'ICDI, ce que l'attitude de l'intéressé confirme, comme on va le voir.
Cette découverte a bien entendu suscité plusieurs questions. Dont la principale est : d'où vient cette somme qui, à l'aune de l'enquête indiciaire, ne semble pas avoir pu être proméritée par le seul labeur de M. Cariat, que ce soit à l'intercommunale (laquelle s'est par ailleurs constituée partie civile contre "X", en octobre), à la Ville ou ailleurs ?
Une interrogation qu'il faut sans doute rapprocher des déclarations faites en mai dernier par le procureur du Roi de Charleroi, Christian De Valkeneer. Il avait précisé, peu après la vague de perquisitions, que l'instruction qui venait de s'ouvrir l'était pour abus de bien sociaux, faux et usage ainsi que détournement.
Précisément, peut-on constituer un magot de 2 à 2,5 millions d'euros (pour les seuls biens saisis) sur un salaire de directeur-gérant d'intercommunale, fut-il également président comme M. Cariat l'était avant sa démission de fin mai ?
C'est toute la question, que nous avons d'ailleurs posée mercredi, en lui demandant son opinion sur les saisies et sur la provenance de l'argent, au défenseur de l'intéressé, Me Roland Hougardy.
Il ne souhaitait d'abord "pas s'exprimer là-dessus car ce sont des problèmes tout à fait privés et cela participe du secret de l'instruction". Mais, en réponse à la remarque que l'existence même des saisies tend à montrer qu'il peut s'agir d'argent frauduleux - issu de détournements ? - et indique qu'il existe à tout le moins un gros doute judiciaire à ce sujet, il nous a répondu que "la chambre des mises en accusation a déjà levé les saisies en disant qu'il n'y a aucune raison de saisir même partiellement les biens de M. Cariat".
Ce qui est exact pour les comptes bancaires, de moindre importance disions-nous, mais pas pour les titres et le numéraire (qui sont l'objet de saisies directes ou par équivalence).
Que deviendront-ils ? Pour Me Hougardy, l'affaire est entendue : "Ce n'est qu'une question de temps, car la requête en levée de saisie ne s'est pas faite en même temps". Mais une autre analyse existe. Si Me Hougardy a raison de signaler qu'une demande de libération des titres a été introduite, son sort reste au contraire incertain.
Certes, on observe que les confiscations sont, d'une façon générale mais aussi à Charleroi et Mons, traitées avec moins de frilosité par les tribunaux de première instance (et les chambres du conseil) que par les cours d'appel (et les chambres des mises en accusation).
On le comprend par exemple à lire "La Cellule de traitement des informations financières" (éd. Bruylant, 2003, 326 pp), un livre consacré à cette "Ctif" par son ancien président, Jean Spreutels, et par le vice-président, Philippe de Mûelenaere. Ils y discutent notamment le déficit entre ce que demande la loi, pour les confiscations, et les décisions prises au final - donc par les cours d'appel. Mais les faits montrent en revanche que les confiscations paraissent impératives pour M. Cariat, à Charleroi. Alors, qui aura raison ? On attend de voir ce qu'en dira la cour d'appel.
Mais on attend tout autant que des explications tombent quant à la genèse de ces somptueuses "économies"...
Lire aussi La gestion de l'ICDI : un flou artistique total

23 novembre 2006

Hainaut : Des ouvriers provinciaux déposent plainte

MAJ 23/11/06
Le responsable de la DGAS est mis en disponibilité


Le collège provincial de la province de Hainaut a décidé jeudi de mettre en disponibilité "par mesure d'ordre préventive" le responsable de la Régie des travaux de la Direction générale des affaires sociales.
L'audit sur la Régie des travaux a également été remis jeudi aux chefs de groupe et une commission élargie du conseil provincial se réunira mardi prochain. Les autorités provinciales ont en outre décidé, à l'occasion de cette réunion, de préciser la chronologie des faits et les mesures déjà prises à propos du fonctionnement de la DGAS (Direction générale des affaires sociales) de la province de Hainaut qui a donné lieu lundi à la transmission d'un dossier au parquet par le député provincial Yves Lardinois.
Lundi dernier, Yves Lardinois avait fait le point sur cette situation, évoquant les plaintes du personnel de la Régie des travaux de la DGAS. Ce personnel affirmait avoir été amené à prester pour le compte privé du responsable de cette régie, pendant ses heures de service, et en utilisant des matériaux appartenant à la province de Hainaut. Dès le 26 juin 2003, rappelle ce communiqué, les autorités provinciales ont confié à la Comase, bureau d'études de Charleroi, la réalisation d'un audit sur la DGAS. Les conclusions, remises en avril 2004, soulignaient la nécessité de préciser les missions de cette institution, de réorienter ses modalités de fonctionnement, de redéfinir l'organigramme des responsabilités et d'adapter son cadre.

En juillet 2004, une nouvelle organisation a été mise en place, avec trois pôles distincts, administration générale, politique en faveur de la personne handicapée et action sociale - ainsi qu'un renforcement du management comprenant notamment un renforcement de la coordination avec le Service technique des bâtiments; la rédaction régulière de rapports d'activités et de suivi par la Régie (dès 2005); la mise en place d'un programme informatique de gestion des stocks; le renforcement de l'équipe dirigeante.
A la suite des recommandations de l'audit général, les autorités provinciales ont décidé d'effectuer, en septembre 2004, un audit propre à la Régie des travaux. La réalisation en a été confiée à un expert agréé, en association avec la direction de la DGAS.
Cette mission a été élargie, en janvier 2005, à un audit de sécurité sur les conditions de travail des ouvriers de la Régie. Il en est résulté la décision de construire un nouveau bâtiment destiné à accueillir le personnel dans de meilleures conditions et à rassembler matériel et personnel pour un fonctionnement optimal.
A la suite de son entrée en fonction, le député provincial Yves Lardinois s'est rendu compte de l'existence de certains dysfonctionnements. Le collège provincial a décidé, dès le 14 septembre, d'effectuer une enquête administrative dont la réalisation a été confiée au contrôle de gestion et d'organisation, au receveur provincial et à la DGAS, sous l'égide du greffier provincial. Ses conclusions sont attendues pour la fin de l'année.
C'est au cours de cette enquête, indique encore ce communiqué, qu'Yves Lardinois a appris l'existence d'un audit dont il a pris connaissance le 15 novembre, et qu'il a transmis au Parquet de Charleroi lundi dernier, précise encore ce communiqué de la Direction générale des Affaire sociales de la province de Hainaut.
(D'après Belga)


Affaire troublante à la province du Hainaut


Des ouvriers de la province du Hainaut ont déposé plainte après avoir dû effectuer régulièrement des travaux au domicile privé de certains responsables provinciaux. La facture s'élèverait à des dizaines de milliers d'euros. C'est une information exclusive de RTL TVI.

Cette pratique existerait depuis longtemps à la Direction générale des Affaires
sociales (DGAS) de la province du Hainaut et serait devenue quasi quotidienne
depuis l'arrivée du nouveau responsable de la régie des travaux.

Les ouvriers ont accepté de réaliser ces travaux par crainte de perdre leur emploi, mais leur mission d'entretien des bâtiments n'est dès lors plus assurée correctement.
C'est pourquoi ils ont décidé de dénoncer les faits collectivement. Selon certains travailleurs, qui se sont exprimés sous couvert de l'anonymat, les travaux étaient effectués avec le matériel provincial, pendant les heures de travail: peinture, menuiserie, électricité ou encore la remise à neuf d'un tracteur.




"Une enquête administrative est en cours pour déterminer précisément s'il y a eu des malversations, si des choses incorrectes ont eu lieu", a indiqué pour sa part la directrice-coordinatrice de la DGAS, Chantal Vandermeiren. Par ailleurs, le mari de cette dernière serait le nouveau fournisseur des vêtements de travail. Des accessoires qui auparavant étaient commandés auprès d'un atelier protégé.

Nouveau rapport sur des dysfonctionnements
lundi 20.11.2006, 13:40 Le député provincial PS Yves Lardinois a remis au parquet de Charleroi un rapport interne faisant état de dysfonctionnements au sein de la Régie des travaux de la Direction générale des affaires sociales de la Province.
Ce rapport a été réalisé par la Province en mai 2005 à l'initiative de son prédécesseur Jean-Pierre De Clercq.
Son contenu n'a été découvert que la semaine dernière par les responsables politiques provinciaux. Elles concerneraient, a expliqué Yves Lardinois, d'éventuels travaux effectués chez des tiers par du personnel provincial, et/ou la mise à disposition de matériaux divers, appartenant à la Province.







Des ouvriers de la province du Hainaut ont déposé plainte après avoir dû effectuer régulièrement des travaux au domicile privé de certains responsables provinciaux. La facture s'élèverait à des dizaines de milliers d'euros.
Des ouvriers de la province du Hainaut ont déposé plainte après avoir dû effectuer régulièrement des travaux au domicile privé de certains responsables provinciaux, a indiqué dimanche soir RTL-TVI dans son journal télévisé.
La facture s'élèverait à des dizaines de milliers d'euros. Cette pratique existerait depuis longtemps à la Direction générale des Affaires sociales (DGAS) de la province du Hainaut et serait devenue quasi quotidienne depuis l'arrivée du nouveau responsable de la régie des travaux.

Les ouvriers ont accepté de réaliser ces travaux par crainte de perdre leur emploi, mais leur mission d'entretien des bâtiments n'est dès lors plus assurée correctement. C'est pourquoi ils ont décidé de dénoncer les faits collectivement.
Selon certains travailleurs, qui se sont exprimés dans le reportage de la chaîne privée sous couvert de l'anonymat, les travaux étaient effectués avec le matériel provincial, pendant les heures de travail: peinture, menuiserie, électricité ou encore la remise à neuf d'un tracteur.
Une enquête administrative est en cours pour déterminer précisément s'il y a eu des malversations, si des choses incorrectes ont eu lieu, a indiqué pour sa part la directrice-coordinatrice de la DGAS, Chantal Vandermeiren.

Par ailleurs, le mari de cette dernière serait le nouveau fournisseur des vêtements de travail. Des accessoires qui auparavant étaient commandés auprès d'un atelier protégé.


DH, du 20/11/06=

Ouvriers détournés dans le Hainaut ? (20/11/2006)

Tandis que certains travailleurs déposent plainte, l'audit 2004 sera transmis aujourd'hui au parquet

Un nouveau scandale politico-judiciaire est-il en train d'éclater ? Des ouvriers de la province de Hainaut se sont en tout cas rendus chez la juge d'instruction France Baeckeland, affirmant avoir dû travailler pour de hauts responsables provinciaux. C'est notamment le service des bâtiments qui serait concerné.
Une poignée d'employés affirment en effet avoir effectué des travaux à titre personnel pour certains de leurs supérieurs hiérarchiques.

Un bâtiment, installé sur l'avenue Meurée à Marcinelle, pose ainsi question : loué depuis 1998 par la province de Hainaut, celui-ci abrite un centre PMS de la D.G.A.S., direction générale des Affaires sociales. Or, cet édifice appartient au mari de Chantal Vandermeiren, qui est justement la directrice-coordinatrice de la D.G.A.S. Selon RTL-TVi, qui a dévoilé l'information hier soir, des travaux ont été effectués dans ce bâtiment par des ouvriers de la province, avec des matériaux payés par l'organisme locataire et pendant les heures de travail.
Question : ont-ils été réalisés pour la D.G.A.S., dans l'optique de l'amélioration des conditions de travail ? Ou au profit de Mme Vandermeiren qui voit ainsi la valeur de son bien augmenter sensiblement ? Selon la directrice-coordinatrice, tout est parfaitement réglementaire.

Mais un autre problème se pose. En 2004, un audit a été réalisé sur la province de Hainaut et ses institutions. Or, le nouveau député permanent Yves Lardinois, qui a remplacé Jean-Pierre De Clercq suite à son inculpation suivie de sa démission, n'en a eu connaissance que jeudi dernier.
Or, il semblerait que Chantal Vandermeiren l'avait en sa possession depuis plusieurs mois. Simple distraction ? Possible, mais certains n'hésitent pas à se poser la question.
Quoi qu'il en soit, on ignore encore ce que cette enquête interne contient. Le socialiste Yves Lardinois étudie actuellement ces documents et devrait communiquer ce lundi. Il a par ailleurs reçu un coup de fil du procureur du Roi de Charleroi qui lui a demandé de lui confier aujour-d'hui même ce rapport d'audit. Le parquet a déjà ouvert une enquête.
F. D.
© La Dernière Heure 2006

On se drogue à bon marché en Belgique

La Belgique est le pays européen où la cocaïne et l'héroïne sont les moins chères, selon l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies. A l'échelle européenne, le prix des drogues a chuté dans l'Union européenne au cours des dernières années.
La cocaïne se vend en moyenne à 40,8 euros en Belgique, soit nettement moins cher que dans les autres pays européens, où le gramme peut atteindre plus de 100 euros.
L'héroïne blanche est également peu coûteuse en Belgique, où le gramme s'acquiert pour 31 euros en moyenne, bien en deça des cinq autres pays de l'UE pour lesquels cette donnée est disponible.

De manière générale, la Belgique, où sont produites d'importantes quantités de drogues synthétiques, est un pays où les drogues sont relativement bon marché.
Le prix des drogues illicites en vente en Europe a chuté au cours des cinq dernières années et est probablement plus bas que jamais.
"Le prix des drogues illicites en vente dans les rues d'Europe a chuté ces cinq dernières années et les drogues sont à présent probablement meilleur marché en Europe qu'elles ne l'ont jamais été", selon le rapport 2006 de l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) portant sur des données provenant des 25 Etats membres de l'Union européenne, de la Norvège, de la Bulgarie, de la Roumanie et de la Turquie.

Jusqu'à 50%
L'analyse des tendances des prix à la revente des drogues en Europe sur cinq années (1999-2004) à laquelle s'est livré l'Observatoire montre un recul des prix moyens dans la plupart des pays et pour la plupart des substances, de parfois près de 50%. Dans l'ensemble des pays étudiés, les prix moyens (corrigés en fonction de l'inflation) ont chuté pour la résine de cannabis (-19%), l'herbe de cannabis (-12%), la cocaïne (-22%) et l'héroïne brune (-45%), ainsi que pour les amphétamines (-20%) et l'ecstasy (-47%). "Ainsi l'ecstasy et la cocaïne sont aujourd'hui meilleur marché dans certains pays qu'à la fin des années 1980 et au début des années 1990", estime l'agence européenne, soulignant que les prix des drogues sont influencés notamment par les fluctuations de l'offre, le degré de pureté, le type de produit et le volume acheté.
Pas nécessairement plus de consommateurs

Cette première analyse ne nous a pas permis de mettre en évidence des liens directs entre le recul des prix et les saisies de drogues ou entre les prix et les niveaux de consommation, explique Paul Griffith, l'un des chercheurs de l'observatoire qui souhaite dans l'année à venir approfondir ces données afin "de parvenir à comprendre les dynamiques du marché".
Si la tendance générale des prix est à la baisse, le rapport présenté jeudi devant le Parlement européen, relève des variations considérables selon les pays. Ainsi les prix pratiqués dans la plupart des pays pour la résine de cannabis varient généralement entre 5 et 10 euros le gramme, mais on relève des prix allant de 2,3 euros le gramme au Portugal à plus de 12 euros le gramme en Norvège. Pour la cocaïne, on passe de 41 euros le gramme en Belgique à plus de 100 euros le gramme à Chypre, en Roumanie et en Norvège. De même, les prix observés pour un comprimé d'ecstasy atteignent à peine 3 euros en Lituanie et en Pologne, mais varient entre 15 et 25 euros en Grèce et en Italie.

Les prix de la forme la plus courante d'héroïne - l'héroïne brune d'Asie du Sud-ouest - varient aussi sensiblement, de 12 euros le gramme en Turquie à 141 euros le gramme en Suède. Les prix ne constituent que l'un des facteurs influençant la décision des personnes à prendre de la drogue (...) mais la baisse du prix des drogues en Europe doit rester un sujet de préoccupation, explique Marcel Reimen. Si cette baisse signifie que ceux qui ont tendance à consommer des drogues en consommeront davantage, le coût final de la consommation de drogue du point de vue des soins de santé et des dommages à nos communautés sera probablement considérable.
(D'après AFP)

Nouveau dossier explosif à Charleroi

La Justice soupçonne d'ingénieux détournements de fonds mis en place à l'époque
où Van Cau était bourgmestre.
Le dossier "Econoler" de la juge Baekeland est considéré comme majeur. Les patrons de l'entreprise nient toute fraude.

Econoler s'estime victime

La société Econoler, au centre d'un dossier judiciaire à Charleroi révélé par Le Soir, estime que sa mise en cause dans la presse nuit gravement à son image et étudie les recours envisageables.
Des responsables d'Econoler ont été entendus récemment par la justice carolorégienne à propos de son système de tiers investisseur et des contrats passés depuis 20 ans avec la Ville de Charleroi, selon Le Soir (voir l'article lié). La justice disposerait d'indices selon lesquels les remboursements auraient été effectués de manière irrégulière. Econoler n'aurait pas fourni de prestations mais bien reçu les versements correspondant aux remboursements dus pour les investissements initiaux.
Dans un communiqué, Econoler se présente en victime dans cette affaire. Elle a chargé Me Jean-Philippe Mayence de défendre ses intérêts et étudie les recours envisageables, estimant que son image a été gravement mise en cause auprès de ses clients. "Ces derniers jours, Econoler a fait procéder à une vérification complète de ses comptes; aucun élément n'accréditant la thèse du Soir n'a été relevé", affirme la société canadienne dans un communiqué.

La Ville de Charleroi s'est toujours acquittée vis-à-vis d'Econoler du paiement de ses dettes, dans le respect des accords contractuels, affirme la société.
Econoler dit aussi agir en toute transparence: "le système du tiers investisseur, basé sur le livre ouvert complet envers la Ville de Charleroi, permet à toute personne de la Ville de savoir à tout moment quelle est la situation financière des projets, que ce soit dans la phase de réalisation ou de remboursement. Toute l'information est donc disponible à tout moment pour tout le monde", affirme Econoler, qui ajoute que ses comptes sont vérifiés et certifiés chaque année par une société d'audit internationale.


Pas de répit pour la Justice carolo. Cette fois, le dossier porte le doux nom de code d'« Econoler ». Des documents comptables saisis lors de récentes perquisitions auraient mis la puce à l'oreille des enquêteurs. Qualifiée d'« explosive », l'affaire masquerait un ingénieux mécanisme de détournements de fonds touchant directement les caisses de la Ville.

Tout commence dans les années 80. Jean-Claude Van Cauwenberghe est encore bourgmestre. La Ville signe un contrat avec Econoler, une société canadienne spécialisée dans les économies d'énergie. Son business : financer les investissements nécessaires pour réduire la facture énergétique (double vitrage, chaudière...) et se rembourser en encaissant les économies réalisées. Jusque-là, rien d'illégal. Sauf que, selon les indices en possession de la Justice, les remboursements auraient été effectués de manière irrégulière. L'argent dû aurait suivi des voies détournées. A-t-il garni quelques poches privées ? C'est tout le sens de l'enquête en cours.

Entendus, les dirigeants d'Econoler nient farouchement. Van Cau, lui, renvoie la patate chaude à l'ex-échevin Despiegeleer, qui aurait pris cela en charge.
De son côté, la juge Baekeland décèle, grâce à ce dossier, la possibilité d'interroger pour la première fois l'ex-bourgmestre de Charleroi. Et de faire le lien entre les affaires de marchés truqués qui ont secoué la Ville.

Econoler, mode d'emploi

E n pratique, comment fonctionne le concept Econoler ? « Lorsqu'une ville veut faire appel à une société de tiers investisseur, elle doit passer par un appel d'offres. Nous venons d'en gagner un à Seraing et un à Gembloux, explique l'administrateur délégué d'Econoler, Christophe Gilain. Je ne sais pas si, à l'époque en 86-87, la Ville de Charleroi a dû passer par là : je n'y étais pas. » Malgré plusieurs demandes de notre part, les archives d'Econoler n'ont pas permis d'en retrouver trace.
« Concrètement, nous rendons une pré-étude à risques à la Ville, poursuit l'administrateur, en lui expliquant qu'en investissant, par exemple, 100 euros, elle en fera 15 en économies d'énergie par an. Si le collège accepte notre proposition, nous commençons une étude. Ensuite, nous nous représentons avec des données chiffrées très précises en termes d'investissements et d'économies devant le collège. S'il approuve le programme, le travail commence. »

Ce travail, c'est aussi par un appel d'offres qu'il débute. « Nous exposons nos besoins à des sociétés. Que nous connaissons ou que la Ville connaît. Nous présentons un comparatif de leurs offres au collège qui choisit la société qui exécutera les travaux », poursuit Christophe Gilain.Vient alors la phase d'exécution. « Nous passons commande du matériel nécessaire aux travaux. Nous en surveillons la réalisation, que nous finançons intégralement. En outre, nous donnons au client la garantie d'un budget qui ne sera pas dépassé. Et, dans le cas de la Ville de Charleroi, nous avons assuré que, s'ils n'avaient pas récupéré leur investissement dans les sept ans, ils ne devaient plus rien nous rembourser. »
Ce remboursement, Econoler le récupère sur les économies d'énergie. « Chaque mois, nous surveillons la consommation énergétique de nos clients ; ils nous paient en fonction de leurs économies. Chaque mois, le solde qu'ils nous doivent diminue. Si le projet se rembourse plus vite que le plan préétabli, le contrat se termine. »

22 novembre 2006

Un secteur bancaire moscovite sanglant

Konstantin Mechtcheriakov, co-propriétaire et vice-président de la banque Spetssetstroïbank, a été atteint mortellement d'une balle dans le dos, puis, lorsqu'il a été à terre, d'une autre dans la tête hier soir à Moscou. Selon la porte-parole du parquet de Moscou, l'enquête examine toutes les hypothèses possibles y compris celles liées aux activités professionnelles de la victime. Deux autres meurtres de responsables du secteur bancaire ont été commis ces dernières semaines à Moscou.

19 novembre 2006

Perquisitions : Lucien Cariat se défend

L'ancien échevin Lucien Cariat
réagit après les perquisitions qui ont été menées vendredi au Centre de Délassement de Marcinelle, dont il est le président. Plusieurs ASBL de la ville auraient opéré entre elles des transferts de personnel. Ce qui est tout à fait contraire aux lois sociales. Apparemment Lucien Cariat ne savait pas que c'était illégal…

Depuis sa sortie de prison, Lucien Cariat a repris la présidence de deux asbl. Le CSD, Centre de Délassement de Marcinelle et Pro Cultura. Deux ASBL auxquelles l'auditorat du travail s'intéresse. Les perquisitions menées vendredi au centre de Marcinelle ont fait apparaître des irrégularités : en effet une trentaine de travailleurs de ProCultura ont été "prêtés" au centre de délassement. Un véritable méli-mélo administratif totalement interdit.

La mise à disposition de travailleurs, c'est tout simplement faire travailler des employés, dans une autre société que celle qui les a embauchés. Ce système permet au passage de récolter des subsides de la Région Wallonne. alors que l'employeur réel n'y aurait pas droit. Il y a donc détournement. Une rencontre entre le 1er substitut et Lucien Cariat a cependant débouché vendredi en fin de journée sur une mise à plat des irrégularités. La trentaine de travailleurs "prêtés" par ProCultura, se verra proposer dès début de la semaine prochaine un contrat à durée indéterminé par le Centre de Délassement. Il n’y aura donc de casse sociale. Ce qui n'exclut pas des poursuites judiciaires et des amendes…

Lucien Cariat se défend :

Lucien Cariat dit qu’il ignorait l’illégalité de cette pratique . Pourtant, ce glissement de personnel n'est pas qu'anecdotique. Il peut entraîner un détournement de subventions. Or, curieusement, la Région Wallonne qui contrôle ces ASBL chaque année n'aurait rien remarqué depuis près de 20 ans. Mieux : il semblerait que toutes les asbl de la Ville de Charleroi soient dans la même illégalité. Elles devraient être régularisées en début de semaine prochaine avec l'Auditeur du travail.

18 novembre 2006

Cherche magistrats désespérément …

Cherche magistrats désespérément …


La Belgique manque de magistrats de parquet. Une quarantaine de postes sont actuellement vacants dans les différents arrondissements judiciaires du pays. C'est à Bruxelles que le problème est le plus aigu. Il manque 19 personnes sur un cadre total de 87 magistrats. Les exigences linguistiques propres à la capitale expliquent au moins en partie le problème

Le problème du manque de magistrats au Parquet de Bruxelles, n'est pas neuf ; on peut même le qualifier de chronique. Sur les 87 places au cadre, 19 sont actuellement vacantes. Sur ces 19 postes à pourvoir, 17 sont réservés à des magistrats francophones bilingues, une place revient à un Francophone unilingue et la dernière est dévolue à un magistrat néerlandophone unilingue. Une bonne partie du problème réside dans cette obligation de bilinguisme propre à la capitale.

Les bilingues sont une denrée rare surtout dans les rangs francophones. Décidée sous le précédent Gouvernement fédéral, la mise en place d'un examen linguistique simplifié, a permis d'augmenter le taux de réussite. Mais cette mesure est loin d'avoir tout réglé. Le Parquet de Bruxelles souffre d'un autre handicap, sa réputation de grosse machine où le travail est davantage spécialisé que dans les Parquets de Province. Le sous-effectif chronique entraîne en outre un surcroît de travail et le chef de corps actuel ne fait pas l'unanimité au sein de ses troupes.

Bref, les candidats ne se bousculent pas pour un ensemble de raisons par ailleurs, bien connues. L'arrivée le 1er avril prochain d'un nouveau chef de corps, inversera peut-être la tendance.

17 novembre 2006

Un nom prédestiné

Christian Perpète, 41 ans, détenu à Verviers, déjà condamné pour 60 vols, 7 tentatives de vol, plusieurs incendies volontaires à 42 mois ferme, et surtout à 6 ans pour... un assassinat correctionnalisé. Rien que cela.


''Le Don Corleone du cannabis'' (17/11/2006)

L'avocate a ainsi lu une lettre de Dubois adressée à son fils où il
lui conseille de devenir gigolo "pour utiliser au mieux ce que la nature nous a donné d'essentiel : un cerveau et un morceau de chair de 20 cm" .


Assises de Bruxelles : l'un des accusés voulait que son fils soit gigolo...

Hier, les avocats des parties civiles ont poursuivi leurs plaidoiries, avec toujours autant de tranchant et de persuasion. Après Me de Cléty mercredi, c'était au tour de Me Abdelhadi Amrani, ce jeudi, de prendre le relais. À propos du troisième accusé, considéré comme le commanditaire du crime, l'avocat a déclaré : "C'est le Don Corleone du cannabis, le Pablo Escobar du shit" . On sait que l'assassinat résulte d'un règlement de comptes et que Nour Eddine Dyani est un grand parrain des trafics de haschisch entre le Maroc et l'Europe.
Me Marie-Jeanne Kayijuka a ensuite plaidé, dénonçant la perversité du premier accusé, Michel Dubois, suspecté d'être l'auteur du coup de feu unique qui a ôté la vie à Boulaich. L'avocate a ainsi lu une lettre de Dubois adressée à son fils où il lui conseille de devenir gigolo "pour utiliser au mieux ce que la nature nous a donné d'essentiel : un cerveau et un morceau de chair de 20 cm" .
On sait que Dubois a avancé comme alibi qu'il organisait une partouze dans un hôtel liégeois pour se disculper du crime. Ensuite, c'était au tour de Me Jean-Paul Dumont de prendre la parole pour la famille de la victime. Non sans afficher des portraits géants de la victime sur son pupitre, face aux jurés. "Mohamed Boulaich a eu le malheur de vouloir arrêter ses activités de trafiquant. Et ça, dans le milieu, cela ne se fait pas. C'est pour cette raison que Dyani a commandité son crime."
Ensuite, durant toute l'après-midi, pendant près de quatre heures, l'avocat général Bernard Dauchot a prononcé son réquisitoire. Après avoir salué le courage et le travail du juge d'instruction Frédéric Lugentz, l'avocat général a estimé que les trois accusés devaient être reconnus coupables d'assassinat. La veille de sa mort, la victime avait confié qu'elle avait des problèmes avec Dyani...
Et on sait que Perpète et Dyani soutiennent qu'ils se sont parlés au téléphone la veille du crime, le jour du crime et le lendemain du crime, pour négocier des ventes de poteries, de tables et de carrelages. "Sept appels pour un total de 4 minutes et 1 seconde ! C'est une négociation qui a été rondement menée !" , a conclu l'avocat général Bernard Dauchot.

Philippe Boudart
© La Dernière Heure 2006

16 novembre 2006

Affaire Cools : Castellino sera rejugé aux assises

Quinze jours de "procès-bis" sans doute en mars 2007.


Mercredi 7 janvier 2004. La cour d'assises de Liège acquitte Mauro De Santis et Silvio De Benedictis, pour l'assassinat du ministre d'Etat socialiste André Cools et pour la tentative d'assassinat contre sa compagne, Marie-Hélène Joiret, survenus le 18 juillet 1991 à Liège. Elle condamne en revanche Richard Taxquet, Pino Di Mauro, Joachino Contrino, Carlo Todarello, Cosimo Solazzo et Domenico "Mimo" Castellino à des peines de 5 à 20 ans de réclusion.

Mais les deux derniers, en fuite, étaient ainsi condamnés par défaut (à 20 ans chacun). Nul doute, disait-on déjà alors, que s'ils étaient interceptés, ils feraient opposition. Eh bien, c'est ce qui s'est produit, sans surprise, mercredi à la cour d'assises de Liège, présidée par le même Luc Lambrecht qui avait déjà conduit le premier procès à son terme. C'est que Castellino avait été arrêté le 26 mars 2006 à Rosenheim (Allemagne), à la faveur d'un contrôle routier. Et qu'il avait d'emblée annoncé vouloir faire opposition, au moment de son extradition, le 2 juin dernier.
La cour d'assises a donc rouvert le dossier pour examiner la recevabilité de cette opposition. Il faut par exemple voir où se situe, dans le cas d'espèce, la limite entre la signification du jugement et sa connaissance, Castellino ayant lui commenté, dans l'intervalle auprès de certains médias, ledit jugement dont il avait parfaitement connaissance.

Toutefois, le doute paraît faible : la défense comme le parquet général, représenté par Marianne Lejeune, et les parties civiles, représentées par Mes Jean-Louis Berwart et Georges Dehousse, estiment qu'elle est effectivement recevable. S'il reste à la cour d'en décider vraiment (l'arrêt est annoncé pour le 30 novembre), il est donc fort vraisemblable qu'elle sera dite telle.
Le conseil de Castellino, Raphaël D'Amico, a par ailleurs expliqué mercredi à l'agence Belga pourquoi, selon lui, son client ne s'était pas présenté au jury populaire : "D'une part, il avait des craintes, d'autre part, il n'avait pas réceptionné en temps opportun le document valant convocation". Des craintes qui découlent des explications détaillées qu'il avait données aux enquêteurs sur ses complices.

Exacte ou non, cette explication sera en tout cas étoffée au "procès-bis", indique l'avocat. Quant à de nouvelles révélations, annoncées par certains, on attendra le mois de mars 2007, moment où le procès sera sans doute fixé, pour voir s'il y en aura et de quelle valeur. Castellino, qui sera rejugé seul, peut cependant appeler des témoins, même nouveaux.
© La Libre Belgique 2006

Procès Cools

Le procès des assassins de l’ancien ministre André Cools a débuté le 17 octobre dernier devant la Cour d’assises de Liège. Ce procès s’annonce long et compliqué. Retour sur dix ans d’enquête à rebondissements...

18 juillet 1991, 07h25: des coups de feu claquent sur le parking d’un immeuble à Cointe, près de Liège. Un homme est tué sur le coup. Une incroyable affaire politique et judiciaire vient de commencer. En effet, la victime n’est pas n’importe qui. Il s’agit d’André Cools. Cet homme de 63 ans était ministre d’Etat, ancien ministre, patron du Parti socialiste (PS) liégeois et ancien président du même parti.

En dix ans d’enquête, des centaines de témoins ont été auditionnés et des tueurs ont été arrêtés. Aujourd’hui, il n’y a qu’une seule certitude: les auteurs du meurtre sont connus. Il s’agit de deux Tunisiens qui ont été condamnés à vingt ans de prison par la justice de leur pays. Ces tueurs pourraient être amenés en Belgique pour témoigner au procès. Mais il n’y a rien à attendre de ce qu’ils diront: après leur arrestation, ils n’ont pas pu donner d’informations sur ceux qui ont commandé cet assassinat ou sur les mobiles du crime. D’ailleurs, ces tueurs croyaient abattre un trafiquant de drogue gênant pour d’autres filières de drogue.
La cour d'assises de Liège devra juger une affaire pleine de rebondissements

Deux pistes, et la “guerre des juges”

Après l’assassinat, la juge d’instruction Véronique Ancia est chargée de l’enquête. Le 26 juillet 1991, une lettre anonyme lui parvient. Ce document met en cause Alain Van der Biest qui était alors ministre wallon des Affaires intérieures. Huit mois plus tard, Carlo Todarello, un truand italien, fait des déclarations. Il accuse Alain Van der Biest ainsi que son secrétaire particulier, Richard Taxquet. Pour Todarello, ce sont eux qui ont commandité le meurtre. Par ailleurs, il prétend aussi que Guy Mathot est impliqué dans cette affaire. Cet homme de pouvoir du Parti socialiste n’était pas du tout apprécié d’André Cools.

A Liège, la juge et les enquêteurs se méfient des accusations de Todarello. Pourquoi? Dans le même temps, cet homme est aussi inculpé par le juge Connerotte dans un dossier de titres volés. Or, toutes les personnes proches d’Alain Van der Biest citées dans l’affaire Cools se retrouvent dans ce dossier. Le juge Connerotte est donc persuadé que cette affaire de titres volés est à l’origine de l’assassinat de l’ancien ministre. Par contre, à Liège, on préfère s’intéresser aux intérêts financiers du PS. C’est ainsi que la juge Ancia mettra à jour les affaires SMAP et Agusta. La première concerne des détournements de fonds dans cette grande compagnie d’assurance. Tandis que la seconde se rapporte à des commissions versées au PS par ce constructeur italien d’hélicoptères pour décrocher une commande de l’armée belge. Depuis, les affaires SMAP et Agusta ont été jugées. Elles n’ont pas permis d’établir de lien avec le meurtre d’André Cools.
Par ailleurs, la juge Ancia a aussi enquêté sur les relations entre les dirigeants du PS ainsi que sur les pratiques financières du parti. Le 1er juin 1994, la Cour de cassation dessaisit le juge Connerotte et transfère son dossier à la juge Ancia. Depuis, l’affaire des titres volés a aussi été jugée. Presque tous les inculpés du procès Cools qui étaient concernés ont été condamnés. Mais là non plus, le lien avec l’affaire Cools n’a pas pu être prouvé.

Témoin anonyme

En juin 1996, un nouveau rebondissement très important intervient. Un homme se présente aux enquêteurs. Il affirme qu’il sait tout ou presque sur l’assassinat d’André Cools. Cependant, il veut rester anonyme et exige de l’argent. Il obtiendra 8 millions de francs et l’anonymat garanti. Ses révélations confirment la piste d’Alain Van der Biest et de ses proches. Elles permettent de retrouver les armes, les caches des tueurs, les personnes qui ont engagé les tueurs... Ce témoin accuse Pino Di Mauro, Carlo Todarello, Cosimo Solazzo, Richard Taxquet, Alain Van der Biest et Guy Mathot d’être les organisateurs de l’assassinat. Aujourd’hui, les quatre premières personnes citées par cette personne anonyme se retrouvent sur le banc des accusés. Quatre autres hommes sont aussi inculpés: Silvio De Benedictis, Domenico Castellino, Mauro De Santis et Luigi Contrino.

Le procès qui vient de s’ouvrir à Liège va-t-il permettre de répondre à la question suivante: qui a commandité l’assassinat d’André Cools et pourquoi? Rien n’est moins sûr... D’autant plus qu’un seul inculpé sur huit est passé aux aveux. Il s’agit de Domenico Castellino. Les autres nient leur rôle dans ce crime. Et puis, surtout, il y a un grand absent: Alain Van der Biest, qui s’est suicidé en 2002...
Marc Vandermeir

Domenico Castellino a été arrêté en mars en Allemagne.

Le sort de Domenico «Mimo» Castellino avait été scellé le 7 janvier 2004 par les jurés de Liège, dans l'«affaire Cools», du nom du ministre d'Etat socialiste lâchement abattu le 18 juillet 1991.
Castellino avait été condamné à 20 ans de réclusion criminelle pour avoir activement participé au complot. Mais il l'avait été par défaut, car il avait pris la fuite avant les assises. Depuis, il était sous le coup d'un mandat d'arrêt international.

Les mois puis les années n'ont pas usé la ténacité du parquet général de Liège: de relance en relance, singulièrement vers l'Italie, où il s'était caché à l'origine, et plus encore vers l'Allemagne, où il avait famille et amis, l'action judiciaire a abouti dimanche à Rosenheim, à 70 km de Munich, comme l'a confirmé lundi l'avocat général Marianne Lejeune.

Des traces de Castellino y avaient été relevées grâce à des indications de la justice liégeoise. Elles ont permis à la police des autoroutes de mettre la main sur le fuyard, sans doute alors qu'il se rendait chez l'une de ses soeurs qui résident Outre-Rhin.

Mme Lejeune dispose désormais de 40 jours pour réclamer l'extradition de Castellino. Lequel pourrait, en fonction d'une durée peu prévisible de la procédure, ne pas être de retour en Belgique avant septembre. C'est qu'il faut traduire en allemand une bonne part des dossiers où le malfrat a été condamné, afin de justifier cette extradition. Il y en a trois: hormis l'affaire Cools, Castellino a été condamné en 1996 à 18 mois avec sursis pour trafic de fausse monnaie et, en 2001, à un an ferme pour non présentation d'enfants.

Ensuite, l'intéressé fera opposition à sa condamnation pour l'affaire Cools, a indiqué son avocat Me Raphaël D'Amico. Il n'a rien à y perdre: si la loi de révision des assises de 2000 ne le prévoit pas expressément, une disposition usuelle veut qu'on ne condamne pas plus sévèrement en opposition. Si celle-ci ne vise que le plan pénal, Castellino sera seul à comparaître. Sinon, les parties civiles (la famille et l'ancienne compagne d'André Cools) pourront être présentes à la cause. Mais les cinq autres condamnés, non. Fiction? Si, à cette occasion, des éléments véritablement neufs apparaissaient, on pourrait cependant, qui sait?, y trouver motif à révision du procès tout entier.

Reste qu'un autre condamné est toujours en fuite: Cosimo Solazzo, qui avait également écopé de 20 ans. Il est aussi dans le collimateur...
© La Libre Belgique 2006


Affaire Cools: un sourire carnassier (16/10/2003)


André Cools avait une grande gueule et le coeur sur la main

Rusé, madré, capable des pires invectives et des attentions les plus délicates, vindicatif ou charmeur, jouant habilement selon les circonstances de l'un ou l'autre registre, André Cools savait aussi être tout cela à la fois.
S'il dénonçait avec la dernière virulence l'Etat-CVP (Leo Tindemans n'a rien oublié), il reconnaissait qu'il devait beaucoup à Gaston Eyskens:

«C'est lui qui m'a appris mon job de ministre».

A Louvain, en décembre '87 à l'enterrement du vieux leader social-chrétien flamand, il tenait un cordon du poêle. Il était le seul à porter des lunettes solaires. Il était rentré aux petites heures après une soirée copieusement arrosée à l'Irish coffee.
Fédéralisme, réformes de structures: c'était son credo lors de son entrée en politique. Avec trois autres rebelles, il subira le joug du parti qui leur reproche leur adhésion au Mouvement populaire wallon. Vingt ans plus tard, il présidera le Conseil régional wallon...
C'était au début des années '70. Quelques mois auparavant, il avait pris la coprésidence du PSB, Karel Van Miert était son alter ego, côté flamand.

Ce dimanche soir d'élections législatives et provinciales, il le passait à son bureau du quatrième étage du boulevard de l'Empereur. C'est là qu'au fur et à mesure de leur arrivée, il disséquait les résultats avant de rejoindre les studios de télévision où il donnerait ses premiers commentaires et affronterait ses adversaires politiques.

Cigarette au bec, moustache en bataille, café noir et boîte de pastilles Rennie à portée de la main (il aimait le café fort, mais cela lui donnait des brûlures d'estomac), il avait un oeil sur les résultats qui s'affichaient sur la télé, écoutait d'une oreille les chiffres qui tombaient à la radio et répondait continuellement à un téléphone qui n'arrêtait pas de sonner.

En raccrochant, il eut un véritable sourire de carnassier. Marcel Remacle, le président de la fédération luxembourgeoise, venait de lui annoncer que les socialistes seraient à même de mettre en place une large coalition permettant de laisser le PSC sur la touche. Il fallait pour cela intégrer le Rassemblement wallon qu'il ne portait pas dans son coeur.

Jubilatoire: «Prends-les avec. Tu te rends compte, bouter les calotins hors de la députation permanente où ils sont depuis 1830. Marcel, tu signes l'accord au plus vite et tu me rappelles. Je veux que ce soit fait aujourd'hui.»
Ce qui ne l'empêcha pas, l'instant suivant, d'admonester rudement et de renvoyer brutalement un vieux cacique, le sénateur Edmond Machtens, qui s'était imprudemment introduit dans l'antre du quatrième étage et dont les résultats électoraux peu glorieux dans son fief de Molenbeek avaient suscité une colère luciférienne.

Quelques années plus tard, à Liège, une réunion d'appareil plus mouvementée encore que d'habitude avait vu le Maître de Flémalle tancer vertement son pourtant ami, Gilbert Mottard. Le bon Gilbert avait tout le mal du monde à se remettre de cette attrapade qu'à ses yeux rien ne justifiait. Plus tard dans la soirée, alors que les esprits étaient apparemment apaisés, Mottard, penaud, tirait la gueule. «Allez, Gilbert», lui dit Cools en lui proposant de boire un verre, «si je t'engueule de temps en temps, c'est parce que je t'aime bien.» Et Mottard de répondre:
«Il y a des jours où j'aimerais que tu m'aimes un peu moins!»


A la Maison du Peuple de Flémalle, où il disait avoir été conçu, il les connaissait tous, ceux qui venaient solliciter une intervention (emploi, pension, habitations sociales,...), les appelait par leur prénom. Les p'tits, il les évoquait avec tendresse, mais n'hésitait pas à les rudoyer et houspiller, en employant un patois dur et parfois cru, pour être sûr de se faire comprendre.
Le peuple, c'était chez lui, c'était son monde à lui.



«Sauvegarder sa mémoire»

Jean-Luc Dessy, l'avocat d'Alain Van der Biest sera très attentif au procès

Depuis le début des ennuis judiciaires d'Alain Van der Biest, Me Jean-Luc Dessy s'est trouvé à ses côtés. Il a évidemment une lecture différente du dossier que celle des parties civiles.
Me Dessy, dans quel état psychologique vous trouvez-vous à l'aube du procès?
«Je ressens une certaine frustration. Puisqu'Alain Van der Biest et moi aurions pu profiter de ce procès pour publiquement défendre son innocence. Mais c'est le destin! Je me demande toujours comment nous n'avons pas vu venir cet acte désespéré.»
Un an et demi après son suicide, vous comprenez son geste?
En tout cas, je le savais usé par la procédure judiciaire. En plus, sa deuxième arrestation lui avait fait très mal. C'était vraiment un coup de bambou imprévisible à 1.000% et cela l'avait bouleversé. En plus, être associé aux autres inculpés, comparaître à côté d'eux aux assises lui était insupportable. Ajoutez à cela le décès de sa maman et vous vous retrouvez avec quelqu'un d'ébranlé.»
Assisterez-vous au procès?
«Juridiquement, je n'y ai plus ma place, du moins en tant qu'avocat d'un accusé. Mais j'y serai, du moins en partie, ne fut-ce que pour réagir à d'éventuels dérapages.»
Attendez-vous des révélations?
«Non, je connais bien le dossier et dès le départ, on l'a orienté vers Van der Biest. Mais la fourchette n'était peut-être pas assez large et je ne vois pas pourquoi on irait voir ailleurs maintenant. Mais, je ne dis pas qu'il y a des commanditaires. Il n'y a aucun élément probant ni à l'encontre de Van der Biest, ni à l'encontre de quelqu'un d'autre.»
Alain Van der Biest a donc tout dit?
«Absolument tout ce qu'il savait en tout cas! En plus on a fait des perquisitions partout où il avait des intérêts. On en a fait avant et après son décès. On n'a jamais rien trouvé!"
Vous êtes donc toujours aussi sûr de son innocence?
«Oui, sans le moindre doute! Il n'y a aucune preuve, aucun témoin fiable. Certains l'ont accusé, puis se sont rétractés. On n'a jamais trouvé quelqu'un d'indépendant qui l'accusait.»
Est-ce important de connaître l'identité du témoin anonyme?
«C'est capital! Lorsque je relis les 15 points de sa déclaration, il me semble capital de savoir dans quel contexte, il a agi et pourquoi. Il cite Van der Biest, Di Mauro, Mathot, Taxquet, Solazzo, Todaro, "Spitz". Il ne cite par contre jamais Castellino ni Contrino, alors qu'il connaît leur rôle. Pourquoi?
Betty Van der Biest n'assistera pas au procès, vous la comprenez?
«Parfaitement, elle n'arrive pas à faire son deuil. Cela va mieux, mais physiquement et moralement, elle est incapable de supporter cela. Elle ne saurait pas revivre sans lui des événements judiciaires de cet ordre. En tout cas, elle m'a donné mandat pour sauvegarder la mémoire d'Alain Van der Biest."

14 novembre 2006

Immo-Congo: Van Cau a bloqué le dossier

Centre Wallonie-Bruxelles à Kinshasa:

le ministre-président a bel et bien favorisé son ami Lebrun. Le CGRI confirme avoir agi sur injonction.
J usqu'ici, Jean-Claude Van Cauwenberghe s'est toujours défendu d'avoir imposé, en avril 2004, la présence de son ami Daniel Lebrun et de sa société Capamar à Robert Marlier, administrateur délégué d'Intelligence et Communication (IC), société ayant emporté le marché de la location-achat du bâtiment devant servir de lieu d'accueil à la délégation Wallonie-Bruxelles à Kinshasa.

« Personne ne lui a tordu le bras pour qu'il s'associe »
Or, il apparaît clairement que c'est bien l'ancien ministre-président wallon qui a bloqué le dossier pour faire en sorte que CongoWallonInvest, candidat évincé, se retrouve finalement partenaire à 50 % d'Immo-Congo.

« Dès la décision de la Communauté française le 21 avril, il y a eu
injonction du cabinet Van Cauwenberghe d'intégrer la société CongoWallonInvest
dans le marché
», confirme-t-on au CGRI (Commissariat général aux relations internationales).

Voilà sans doute ce qui explique pourquoi, malgré l'urgence invoquée par Van Cau, le point n'avait pas été inscrit à l'ordre du jour du gouvernement wallon du 22 avril (il ne le sera que le 29).
Que s'est-il passé dans ce laps de temps ? Une série de réunions ont eu lieu pour faire aboutir le partenariat entre IC et Capamar et mettre sur pied Immo-Congo. Les agendas des acteurs du dossier sont formels.

En voici qqesdétails.

22 avril. Contacté par Van Cau la veille, Hervé Hasquin, ministre-président de la Communauté française, réunit à 17 h à son cabinet Jacques Dewit, directeur du service « délégations à l'étranger » du CGRI, et Valéry Zuinen, représentant le cabinet Van Cau. Le message provenant de Namur est clair : il faut remettre Robert Marlier et Daniel Lebrun autour de la table, Van Cau l'exige.

26 et 28 avril. Deux réunions en intercabinets ont lieu au CGRI, qui gère les aspects techniques du dossier. Il faut aller vite pour sceller le partenariat entre Marlier et Lebrun. La raison ? Le gouvernement wallon se réunit le 29. Si le point n'est pas inscrit à l'ordre du jour, il peut encore passer de manière moins officielle, « en communication ». Robert Marlier donne son accord et perd du même coup 50 % d'un juteux dossier (270.000 euros de loyers annuels pendant 20 ans et une dernière tranche de maximum 200.000 euros à la fin du bail).

29 avril. Van Cau, prévenu de l'accord et du fait que Lebrun, candidat évincé revient dans le circuit à des conditions idéales (la moitié des parts d'Immo-Congo), fait passer le dossier d'attribution du marché à IC (en communication au point 113 !). « Il a donc fait passer une décision en sachant qu'il allait devoir la changer », note cet ancien chef de cabinet du gouvernement arc-en-ciel (PS-MR-Ecolo). Ce qu'il fera le 10 mai en attribuant le marché à Immo-Congo.

Plus de détails:


Immo Congo est une longue histoire MAJ 14/11/2006

Immo Congo, médiatiquement connu depuis peu, est un dossier ancien. Rétroactes des éléments connus à ce jour.
1985. Région wallonne et Communauté française louent un premier bâtiment à Kinshasa abritant la Délégation du Centre Wallonie-Bruxelles, sorte d'ambassade commune à leurs deux entités.
Mai 2003. Le bâtiment est racheté par un diamantaire libanais pour 1 million d'euros. Le CGRI avait fait une offre, mais pas assez élevée.
Juin 2003. Le diamantaire libanais fait savoir au CGRI que si Région et Communauté veulent continuer à louer, le loyer sera triplé. Le bail actuel prend fin le 31 décembre 2003. Des experts partent chercher un nouveau bâtiment. En vain.
Septembre 2003. Deuxième mission d'experts, dont deux architectes, pour chercher un nouveau local. Huit sont visités. Un se dégage : le bâtiment Gennaro, que les experts préconisent.
Novembre 2003. Le bâtiment actuel est limite insalubre : un membre du personnel est victime d'une importante électrocution.
Décembre 2003. Toujours pas d'autre local. Le Libanais accorde un rabiot de 4 mois, moyennant déjà une hausse du loyer. Au 1er mai, il faut être parti. L'affaire est urgente.
Le 17 décembre, premier examen du dossier Gennaro au gouvernement de la Communauté française. Point reporté : le dossier est incomplet.
Janvier 2004. La même décision de report est prise les 14, 21 et 28 janvier.
Février 2004.
Le 4 février, décision de report sine die, pour cause de risque financier trop élevé pour la Communauté.
8 mars 2004. L'Inspection des finances remet un avis défavorable sur le financement proposé pour l'acquisition du bâtiment Gennaro.
9 avril 2004. Deuxième avis de l'Inspection des Finances. Trois entreprises ont remis des offres pour acquérir le bâtiment Gennaro puis le relouer aux gouvernements. L'une d'elles, filiale de la SRIW qui aurait permis de financer l'opération avec des deniers publics, n'a finalement pas rentré d'offre chiffrée. L'offre d'Intelligence et Communication (IC) paraît la plus intéressante, mais elle reste "fort chère".
6 avril 2004. Nouvelle offre d'IC, qui revoit sa demande à la baisse.
21 avril 2004. Le dossier revient au gouvernement de la Communauté. Hasquin, avant d'entrer en séance, reçoit un coup de fil de Van Cau. En vain : son équipe attribue le marché à IC, l'offre la plus intéressante au mètre carré.
22 avril 2004. Le gouvernement wallon n'avalise pas le même choix.
29 avril 2004. Le gouvernement wallon attribue à son tour le marché à IC. Robert Marlier, son administrateur-délégué, affirme aujourd'hui avoir reçu des pressions dans l'intervalle : s'il n'acceptait pas de partager le gâteau avec la société perdante, celle du réviseur Lebrun proche de Van Cau, les Wallons n'auraient jamais validé son offre, dit-il.
10 mai 2004. Marlier écrit au patron du CGRI, Philippe Suinen, faisant référence à une réunion tenue le jour même. Il "confirme " sa volonté de confier le marché à une nouvelle société à créer, Immo Congo. Il s'agit d'une association entre IC et une boîte familiale de M. Lebrun.
12 mai 2004. Saisie du problème, la Communauté française accepte de transférer le marché. Hasquin et Nollet jurent qu'ils ne savaient pas, alors, qu'Immo Congo récupérait, en fait, le perdant. Hasquin jure aussi n'avoir aucun lien avec IC.
13 mai 2004. Le gouvernement wallon de Jean-Claude Van Cauwenberghe en fait de même.
18 mai 2004. Élections régionales.
Juillet 2004. Passation des clés entre Hervé Hasquin (MR) et Marie-Dominique Simonet (CDH). Hasquin, averti par un article d'un journal satirique d'un problème possible, le signale à son successeur.
Janvier 2005. Simonet se rend à Kinshasa et analyse un projet de construction d'une salle de spectacle à côté du bâtiment existant.
Courant 2005. Réunions pour faire baisser le prix de la construction de cette salle, bien trop élevé.
Décembre 2005. Joëlle Milquet se rend à Kinshasa. En rentrant, le 20, elle interpelle sa ministre par écrit sur le coût des travaux du bâtiment lui-même. Le champ s'élargit. Simonet lance une enquête interne. Des experts relisent le contrat de base, et lui signalent de possibles anomalies.
2 juin 2006. Simonet transmet les pièces en sa possession au parquet de Charleroi. Aucune plainte n'est déposée. Une information judiciaire est ouverte. Des auditions ont lieu.
Novembre 2006. L'affaire est officiellement mise à l'instruction par le parquet de Charleroi.
Christian Carpentier
© La Dernière Heure 2006



« Van Cau incarne la vieille garde insupportable »



Marc Uyttendaele, d'où vient l'idée de ce livre sur les affaires politico-judiciaires du pays (1) ?


Depuis des années, en donnant cours à l'ULB, je pose à mes étudiants la question du jour. J'essaye de trouver quelque chose qui a, de près ou de loin, rapport avec l'actualité politique et qui soit en lien avec le cours de droit constitutionnel.

Quand a éclaté l'affaire DHL, cela a donné lieu à plein de réflexions et je me suis livré à une sorte d'analyse institutionnelle de l'actualité. J'ai fait tout un cours là-dessus. J'en ai parlé à ma complice, Anne Feyt, et on s'est dit : est-ce qu'on n'essayerait pas de faire ce qui n'existe pas actuellement. Quelque chose entre la presse quotidienne et les articles de droit. D'où le premier livre, l'année dernière, et le deuxième, qui sort ces jours-ci.

L'idée est d'arriver, à terme, à ce qu'il y ait une sorte de mémoire historique de l'actualité politique.



Le fait d'avoir un pied dans la maison Onkelinx ne vous dérange pas, vous ne vous sentez pas entravé ?
Non. De plus, cette année-ci, on a confié à quelqu'un d'autre (Sabine Malengreau) la rédaction du chapitre sur l'évasion d'Erdal (NDLR: la porte-parole du groupe terroriste DHKP-C qui avait embarrassé le gouvernement). Mais je n'imagine pas qu'on ne parle pas d'Hoxha (autre dossier chaud pour le gouvernement) l'année prochaine. Je n'ai ni la prétention de faire un travail scientifique ni l'envie de cacher qui je suis, je ne l'ai jamais fait et je ne le ferai jamais. En même temps j'ai, dans le rapport avec mon miroir, une exigence d'honnêteté intellectuelle. On est tous subjectifs, personne n'y échappe. Mais j'ai deux lignes de conduite radicales. Un : si je ne me sens pas libre je n'écris pas, éventuellement je ne parlerai pas d'un truc si j'ai le sentiment que je ne le ferais pas de manière honnête. Deux : je ne commente que ce qui a été précédemment rapporté par la presse écrite. L'année dernière j'ai retranché une anecdote que je croyais avoir lue dans un article de Francis Van de Woestyne et en fait c'est Laurette qui me l'avait dit. C'était que, dans l'affaire BHV, lors des heures d'attente à Lembeek, chacun écoutait des CD sur son ordinateur portable. C'était gag de le mettre mais en le relisant j'ai eu un doute, j'ai vérifié, et ce n'était pas paru dans la presse. Je ne veux pas utiliser Laurette comme une source d'information. Le principe est de donner aux lecteurs des éléments de compréhension du système, de parler des coulisses du 16 rue de la Loi, de parler de l'actualité politique, mais ce n'est pas sur base de témoignages ou d'indiscrétions que l'on travaille. Parce que là ça deviendrait suspect. Si je me base sur une vision des choses, sur un partenaire, à ce moment-là il faudrait aller voir les autres Mais ça, c'est plus un boulot de journaliste. Donc je me base uniquement sur ce que je trouve dans la presse écrite.
Eventuellement vous ne traiterez pas certaines affaires. Le non dit est aussi une prise de position. Pourquoi, par exemple, n'y a-t-il pas un chapitre sur le cas Kimyongür ? Parce que c'est trop embarrassant pour le gouvernement ?
Non, pas du tout. C'est parce que je m'arrête, dans la collecte des faits, aux grandes vacances, je travaille en années politiques, j'écris les textes en juillet. Une affaire comme Kimyongür, ou comme Hoxha, je les traiterai l'année prochaine. Avec Hoxha on est vraiment dans le judiciaire, le politique et le médiatique. Il n'y a aucune raison de ne pas le traiter. Ce que je vais aussi engranger pour l'année prochaine ce sont les déclarations de Leterme à Libé, ce sont sans doute les communales, peut-être Kimyongür. Intuitivement, je n'ai pas vraiment accroché à cette dernière histoire. Peut-être qu'il y a un effet d'autocensure, je n'en sais rien, mais je ne dis pas non plus que je ne le traiterai pas. Le lien avec Laurette n'a jamais été un frein. Je n'ai pas été aimable l'année dernière avec Lizin, ni avec le PS de Charleroi cette année.
Vous n'avez pas pu introduire l'arrestation de Van Gompel ; ça aurait changé quelque chose ?
Non je n'ai pas pu l'introduire et c'est dommage, mais ça ne change rien à mon analyse. Je n'ai pas beaucoup parlé de Van Gompel parce que je ne parvenais pas à le cadrer comme l'homme par qui le miracle allait arriver. Et je n'avais pas d'éléments, à l'époque, pour dire qu'il était impliqué pénalement. Mais j'ai dit : ce sera la fin d'une génération, celle des De Clercq, des Van Cauwenberghe. J'avais mis Van Gompel aussi dans cette liste, puis je l'ai retiré. Parce que je me suis dit : c'est peut-être injuste parce que finalement Gorbatchev il a aussi existé. Et Van Gompel, c'était peut-être -mais je n'y croyais qu'à moitié- le Gorbatchev du PS de Charleroi. Aujourd'hui, on a bien compris que ce n'est pas le cas. Pour moi, De Clercq et Van Cau incarnaient totalement cette vieille garde insupportable.
Vous êtes également l'avocat de nombreux socialistes en fonction et là non plus, pas de problèmes pour parler du PS de Charleroi ou d'Anselme à Namur ?
Je ne parlerai jamais de dossiers que je traite personnellement en tant qu'avocat, ce serait moralement inadmissible et déontologiquement insupportable. Je tiens à être libre de mes thèses. Mais il est vrai que je n'ai jamais caché mes sympathies, mes appartenances, mes connivences. Mais si je n'ai pas fait de politique c'est parce que je me sens insoluble dans un groupe quel qu'il soit. C'est en même temps un défaut et une qualité, je n'en suis pas particulièrement fier. En tout cas, il y a quelque chose qui est merveilleux et extraordinaire entre Laurette et moi, c'est que elle c'est elle et moi c'est moi.
Il n'y a quand même pas un mur entre vous qui arrête vos discussions ? Par exemple, a-t-elle lu le livre avant sa sortie ?
Non, il n'y a pas de mur. Et elle n'a pas voulu lire le livre.
Et quand elle prépare un projet qui concerne la justice, vous en parlez ?
Je ne dis pas qu'elle ne m'en parle pas, ce serait faux-cul, ce serait mentir. Finalement on en parle infiniment moins que ce que d'aucuns pourraient croire compte tenu de nos profils respectifs. Il est clair que quand elle traverse des périodes dures comme ça a été le cas, là évidemment, je suis son mec et je souffre comme elle. On ne peut pas sourire quand on voit la personne que l'on aime servir de punching-ball, c'est insupportable. Là, il y a un vrai dialogue entre nous. Sur le fond, pas. Avec le regard à la fois partial et distant que je peux avoir, je crois que c'est certainement le ministre de la Justice le plus compétent que l'on ait connu depuis extrêmement longtemps. En même temps, elle n'a pas donné de grands coups de pieds dans la fourmilière, ce que moi, praticien et marginal, j'aurais souhaité qu'elle fasse. Donc, je ne m'en mêle pas. Moi je soutiens depuis toujours, et cela ne fait pas partie de ses projets, qu'il faudrait un médiateur de justice, totalement indépendant du pouvoir judiciaire et du barreau, qui réceptionne les plaintes, qui ait un pouvoir d'investigation, et qui puisse simplement publier un rapport public avec des noms. On est très loin de ça actuellement.
Le Conseil supérieur de la justice n'a pas rempli ce rôle ?
Non, le Conseil supérieur est un peu un agglomérat de lobbies. Il a ses qualités et c'est malgré tout un mieux, un petit mieux. Autre exemple, moi si j'avais été ministre de la Justice, la première chose que j'aurais fait c'est de descendre le ministère public, actuellement perché sur son estrade, sur le plancher des vaches. En définitive, il y a plein de choses qui relèvent de sa sensibilité à elle et dont je ne me mêle pas. On a une vie qui est extrêmement belle, on a une chance terrible. En tout cas, moi je me sens ravi de vivre avec elle et elle dira ce qu'elle a à en dire là-dessus, mais c'est vraiment privé. Ce que l'on partage c'est vraiment de la vie privée même s'il est vrai que l'on se raconte des trucs professionnels. Dire que l'on ne se parle pas serait mentir. Mais la paroi, elle existe réellement aussi, dans le fait que moi je n'aurais pas supporté être – il y a peut-être un orgueil démesuré là-dedans- une ombre, une sorte de père Joseph. Si je vais à son cabinet trois fois par an en rentrant à la maison c'est beaucoup. Mais je n'interviens en rien. C'est un choix effectué dès le début par hygiène mentale aussi. Ce n'est pas vis-à-vis des autres mais pour nous-mêmes. Dès les premiers jours où l'on a vécu ensemble, il est clair aussi qu'elle ne me demandait aucune sorte d'autocensure.
En tant qu'avocat, vous avez probablement été touché par la nouvelle loi sur les techniques particulières d'enquête ?
C'est clair que sur ce point je ne partage pas du tout la conception qui est la sienne. Dans une Belgique où on combat le terrorisme, où on est en guerre, autant canaliser cela de manière radicale sur le terrorisme, ce qui n'est pas le cas ici. Moi je vois les dossiers, la manière dont travaille le parquet, je vois comment on applique les méthodes particulières de recherche. Je vois comment cela peut servir à faire basculer certains sous un qualificatif de grand criminel alors qu'il ne s'agit que de petits truands qu'on finit par transformer en grands criminels alors qu'ils ne sont que des petits cons qui jouent avec des armes dangereuses. L'avocat que je suis est en rupture totale par rapport à ce système. Je peux être l'homme le plus amoureux de la terre, mais je suis fondamentalement un contre pouvoir. Je n'aime pas le pouvoir. J'ai aussi une attirance pour le pouvoir. Mais je fais le métier qui est le plus beau du monde parce qu'il aide des gens seuls contre des pouvoirs, qu'ils soient judiciaires ou politiques.
Vous intervenez souvent pour des personnes qui sont au pouvoir ou pour des institutions publiques ?
Cela fait partie de la formidable contradiction qui, je crois, n'est qu'apparente. Défendre l'Etat, dans le sens le plus noble du terme, en tant qu'avocat libre est un vrai motif de fierté. Et souvent, quand on voit comment fonctionne le monde judiciaire, je perçois de plus en plus son poujadisme et son anti-politisme. Ma démarche reste dès lors très cohérente par rapport à tout le reste. L'image du politique aux yeux du judiciaire est celui d'un marginal, d'un petit délinquant. J'ai encore eu le cas il n'y a pas longtemps. Le juge m'a dit : « un politicien qui fait un droit de réponse, mais enfin » Quel mépris !
Pour revenir au livre, dans l'analyse du cas Monin vous avez été très gentil avec le monde judiciaire ?
Je dis que Monin (NDLR : un juge en guerre contre d'autres juges) a tout faux et je crois que Francis (NDLR : son adversaire, président du tribunal de Dinant) a trois-quarts faux. Au départ je suis rentré dans cette affaire avec la conviction intime et profonde que Monin était un chevalier blanc. Puis j'ai lu, j'ai analysé et changé d'avis. Quant aux autres, je les connais pour avoir plaidé devant eux. Ce sont d'abord des paillasses d'envergure en terme de paresse. Au bout du compte, mon avis est que Monin est le mauvais cheval pour faire la révolution, révolution certainement nécessaire. Ce qui est dérangeant c'est qu'on attaque Monin sur la lenteur de ses décisions de justice alors que l'on pourrait attaquer un pourcentage non négligeable de magistrats sur ce point. Monin, on l'a sanctionné indirectement pour autre chose. Mais je peux comprendre qu'on le sanctionne. Ce qui est étrange dans le chef de Francis c'est qu'il ne réagisse pas par rapport aux accusations portées contre lui. Je n'ai pas vu un démenti. Quant à l'influence de la loge sur une décision judiciaire, je m'en fous. Je suis moi-même maçon et je n'ai aucun doute sur le fait que c'est une société humaine, comme n'importe quelle autre, avec des gens biens et pas biens, parmi lesquels il doit y avoir des dérapages, tout comme il y a des gens fabuleux là-dedans. L'accusation d'étouffer des affaires, si c'est vrai c'est extrêmement grave, mais il faut pouvoir le prouver. En tout cas, il y a quelque chose qui reste extrêmement brumeux dans cette affaire. Que Monin ait posé de bonnes questions, je suis prêt à l'admettre, mais il n'a pas apporté de bonnes réponses. C'est ça qui me laisse perplexe.
Vous expliquez aussi que ce qui se passe à Charleroi, ce n'est pas la même chose qu'à Namur ?
C'est vrai qu'il ne s'agit pas de la même configuration. A Charleroi, c'est un système qui fonctionnait comme ça depuis des décennies. Ce qui m'a frappé, c'est la difficulté pour un parti de mettre de l'ordre lui-même dans ses structures. Bien sûr qu'on dit des choses, qu'il y a quelque chose qui flotte, mais aussi longtemps qu'il n'y a pas une instruction judiciaire, on n'a pas les preuves, donc ça devient très difficile de mettre le fer dans la plaie. Surtout qu'il y a un pouvoir qui est extrêmement fort. Comme dans toute baronnie enracinée dans le temps, je me dis qu'il y a quand même quelque chose d'inquiétant pour le démocrate que je suis dans la mesure où on ne peut pas dire qu'il y a eu un désaveu maximal de l'électorat. Les rénovateurs ne font pas des cartons en voix. L'électorat ne rejette pas clairement les gens qui ont incarné cette ville et un système complètement dévoyé. Pourtant, il y a une seule chose à faire, c'est qu'ils foutent le camp. Courard est très magistral quand il dit très platement les choses que beaucoup de gens de gauche pensent. A Namur, ce sont des problèmes personnels, de manque de délicatesse, mais ça reste très circonstancié. Ce n'est pas un système qui est en cause.
C'est une analyse de juriste ou politique, voire de militant politique ?
Je ne suis pas un militant. Je suis passionné de politique, je suis avocat et c'est mon regard. Je n'ai pas la prétention de dire la vérité. J'essaye de retracer les faits de la manière la plus objective qui soit, de la manière la plus neutre en m'inspirant de ce que j'ai lu dans la presse. Puis j'en livre une analyse en donnant des éléments de droit qui sont des clés. Enfin, c'est vrai, je dis ce que j'en pense. Et ça reste à discuter. Je n'ai pas la prétention de dire ce qu'il faut en penser, c'est juste un regard. L'intérêt d'un regard c'est qu'il en provoque d'autres. Le cas Wilmots, selon moi, c'est la dualité et l'hypocrisie d'un discours. Un homme se dit je vais dans le système (NDLR : en entrant au Sénat), je dis que je vais le changer, de manière grotesque parce que je vais là où je n'ai pas les moyens de faire ce que je dis que je vais faire, je constate que je ne peux rien faire, donc je me retire. Et je ne me retire pas entièrement parce que je ne voudrais pas que mon parti perde un siège au Sénat. On pourrait aussi ne pas être d'accord avec cette vision et dire que Wilmots est un honnête homme perdu dans un panier de crabes, ce que je ne crois pas. Au moins, le débat est ouvert.
Et si Wilmots avait défendu un siège PS, vous l'auriez traité de la même manière ?
C'eut été la même chose, évidemment. Ce lien avec le PS, je le traînerai toute ma vie comme un boulet et je l'assume, mais je n'ai pas changé de conception. Je suis un compagnon de route du PS depuis longtemps. J'avais ma carte et je ne payais pas mes cotisations parce qu'on ne me les demandait pas. Ce qui est conforme finalement à ma sensibilité. Je suis proche de ce parti, je suis un compagnon de route de ce parti. Il y a aussi des côtés qui me révulsent profondément dans ce parti, il y a des gens pour qui j'ai un immense respect indépendamment de ma vie privée, et je trouve qu'il a une place importante à jouer dans le respect de certaines valeurs qui sont les miennes. Mais je ne suis marié à personne sur le plan politique. Ce que je dis là, je pouvais le dire il y a dix ans quand je ne connaissais pas Laurette. Alors, ou bien je me taisais en disant : ma vie privée est une muselière, ou bien j'acceptais de parler en acceptant aussi le soupçon. Mais en même temps, le problème se pose aussi sur le plan professionnel. Le parquet de Liège a essayé de m'empêcher d'intervenir dans un dossier au prétexte que ma femme est ministre de la Justice. Incroyable. En fait ici, elle n'a rien lu de ce livre. Cela fait partie de ma vie à moi.
Propos recueillis par

JEAN-PIERRE BORLOO


(1) « Quand politique et droit s'emmêlent », Marc Uyttendaele et Anne Feyt, Ed. Luc Pire, 2006.

Marc Uyttendaele, les affaires, ses amours

Droit et politique font-ils bon ménage ? Un livre pour en parler. Nous vous livrons ci-dessous la version longue de l'interview de Marc Uyttendaele au "Soir".
J e ne suis pas un militant. Je suis passionné de politique, je suis avocat et c'est mon regard. » Alors qu'il présente son livre Quand politique et droit s'emmêlent - dont Le Soir publie aujourd'hui quelques bonnes feuilles -, Marc Uyttendaele clame son indépendance dans l'entretien qu'il nous a accordé.
Indépendance vis-à-vis de Laurette Onkelinx, son épouse : « Elle, c'est elle, et moi, c'est moi ». Indépendance à l'égard du PS : « Je ne suis marié à personne sur le plan politique ». Indépendance d'esprit, tout simplement : « Si je n'ai pas fait de politique, c'est parce que je me sens insoluble dans un groupe, quel qu'il soit ». Uyttendaele livre donc son regard. Sur la monarchie, Charleroi et ses affaires, Marc Wilmots, la Constitution wallonne... Fort et forcément ambigu à la fois.


Après La Carolo, Immo Congo: Van Cau out?


Ambiance surréaliste à Charleroi. Van Cau reste omniprésent. Rares sont ceux qui croient que cela durera. Surtout après la nouvelle affaire Immo Congo, qui le fragilise un peu plus encore. Pourtant, tout le monde fait semblant. Refus de tirer sur une ambulance ? Peur, plutôt, de déplaire à un homme qui, même un genou à terre, continue à faire feu sur quiconque brise l’omerta. Personne ne possède de recette magique pour sortir Charleroi du marasme.

Une seule certitude est partagée par pratiquement tous les interlocuteurs, dans tous les milieux : rien de sérieux ne sera possible aussi longtemps que Jean-Claude Van Cauwenberghe restera le patron du socialisme carolo. Tant que celui-ci fera de l’ombre aux rénovateurs de son parti – et à ses partenaires du MR et du CDH – Charleroi continuera à souffrir. De son image de marque désastreuse. De réformes appliquées à contrecoeur. D’un climat malsain, dominé par la peur. Une peur qui explique l’étrange mutisme actuel.

Depuis les élections du 8 octobre, plus personne dans le monde politique carolo – hormis l’opposition Ecolo – ne formule la moindre critique à l’égard de Jean-Claude Van Cauwenberghe. Publiquement s’entend. Car, en off, rares sont ceux qui le jugent encore apte politiquement à diriger le premier parti de la ville. Mais tout le monde se tait. Au PS, les rénovateurs disent vouloir serrer les rangs. Ils font même semblant de récuser le clivage rénovateurs-conservateurs.
« Aujourd’hui, cette différenciation n’a plus lieu d’être. Nous faisons
partie d’une même équipe socialiste, déterminée et motivée »,
explique Eric Massin, futur échevin, catalogué « rénovateur ». Diplomatiquement, et quel que soit son véritable sentiment personnel, on voit mal celui qui est aussi l’actuel président de la fédération socialiste de Charleroi, tirer à boulets rouges sur Van Cau.
« Je comprends Eric, commente un élu hennuyer non carolo, mais là, il fait de l’excès de zèle. Rien ne l’obligeait à nier ce clivage anciens-modernes, qui existe plus que jamais ». Et d’ajouter : « Au moment où le ministre Courard, et aussi, dans une certaine mesure, le Boulevard de l’Empereur, pressent Van Cau à faire un pas de côté, ce n’est pas le moment de dire ‘Van Cau-rénovateurs, même
combat’… Surtout quand on n’en pense pas un mot ! ».
Intimidation permanenteComment expliquer cette attitude prudentissime des socialistes carolos les plus critiques par rapport à un Van Cau qui a tout de même perdu de sa superbe ?
« La raison, c’est que son pouvoir de nuisance demeure important, analyse un membre du PS local. Son système, c’est l’intimidation permanente. Il possède un réseau de fidèles qui fonctionne efficacement. Ils exercent les pressions qu’il
faut, là où il faut. Si un élu s’écarte si peu que ce soit de la ligne Van Cau, il est directement rappelé à l’ordre, notamment par de nombreux coups de fil ».
Un élu socialiste confirme, toujours en prenant garde de ne pas être cité nommément :
« Je n’ai jamais été un rebelle. Mais il m’est arrivé de poser des questions sur certains dossiers. J’ai vite compris que c’était déplacé. On m’a demandé quelle mouche m’avait piqué. A quel parti j’appartenais pour me comporter ainsi.
Après deux engueulades de ce type, vous n’osez plus rien dire. Et vous la fermez, quoi qu’il arrive ».
Une seule élue est passée outre aux intimidations, la députée wallonne Ingrid Colicis.
« Elle en paie aujourd’hui le prix, souligne notre interlocuteur. Elle est la bête noire de Jean-Pierre De Clercq, qui l’injurie chaque fois qu’il en a l’occasion, et de Jean-Claude Van Cauwenberghe, qui a mis son veto absolu à sa nomination à un poste d’échevine. Ils vont continuer à tout faire pour la casser. Et, croyez-moi, personne ne volera à son secours. De peur de prendre des coups !».
Un audit ravageur ?Au MR et au CDH, la prudence est également de mise. Pas question de prendre de haut le nouveau partenaire. D’autant que Charleroi vit une sorte d’entracte. Chacun attend la mise en place du nouveau collège. Comme dans toutes les autres villes ? Pas vraiment, car à Charleroi ce nouveau collège, qui ne sera plus monocolore, sera l’équivalent d’un passage de l’ancien au nouveau régime. Chacun attend aussi les résultats de l’audit des services de la ville. « Certaines découvertes assez effarantes ne sont pas à exclure », glisse un proche du pouvoir. Le passif de Van Gompel & Co à la tête de la Ville pourrait donc être encore plus lourd que prévu. Van Cau, leur mentor, ne modifiera sans doute pas sa ligne de défense : n’exerçant plus de responsabilité à la Charleroi depuis onze ans et demi, il n’était au courant de rien. Quoi qu’il en soit, un audit ravageur confirmerait le naufrage de ses hommes de confiance. Et le fragiliserait encore davantage. A ce moment, socialistes rénovateurs et partenaires de la majorité accentueront-ils la pression sur Van Cau pour qu’il se mette sur la touche à Charleroi ? D’aucuns le pensent. Sans nouveau météorite politique, ce n’est pas certain, tant reste omniprésente la peur de déplaire à un homme qui, même un genou à terre, continue à faire feu sur quiconque brise l’omerta. Outre le cas d’Ingrid Colicis, celui de Marielle Floriduz est tout aussi éloquent. La conseillère communale et ex-leader (écartée par la famille De Clercq) de la section de Goutroux, est désormais interdite de présence aux réunions socialistes par Van Cau en personne. Une version déroutante de la rénovation made in Charleroi…Les « hasards » d’Immo Congo

Quelle météorite politique pourrait faire tomber Van Cau ? La chute de Van Cau ! Tout Charleroi ne pense qu’à ça depuis belle lurette. « Politiquement, en toute logique, il devrait déjà être au tapis depuis un certain temps, sourit un camarade. Mais il est sans doute trop malin pour avoir commis des actes pénalement condamnables. Ceux qui tablent là-dessus vont un peu vite en besogne. Il est douteux qu’il n’ait pas profité du système qu’il a lui-même inspiré. Mais il a agi moins bêtement que ses sous-fifres qui n’ont pas pris de précaution pour installer une chaudière dans la maison de campagne de Despiegeleer, aux frais de la Ville ».
La météorite politique qui pourrait changer la donne sera-t-elle l’affaire dite Immo Congo, récemment mise à l’instruction ? A ce stade, rien n’est moins sûr. Même si une accumulation de « hasards » braquent une fois de plus les projecteurs sur Van Cau et son entourage.

L’affaire – en fait, une opération immobilière douteuse qui semble avoir coûté cher à la Région wallonne et à la Communauté française - remonte à début 2004. La délégation Wallonie-Bruxelles à Kinshasa doit trouver d’urgence une nouvelle implantation. Un appel d’offres est lancé auprès de sociétés immobilières belges, remporté par Intelligence et Communication (IC), une société bruxelloise. D’après Hervé Hasquin, président du Gouvernement de la Communauté française à l’époque, Jean-Claude Van Cauwenberghe, à l’époque ministre-président wallon, aurait tenté in extremis, cinq minutes avant la réunion du Gouvernement, de faire reporter la décision. En pure perte, le marché est attribué à IC.
Par la suite, le Gouvernement de la Région wallonne avalise également. Mais quelque temps plus tard, la société évincée, Congo Walloninvest, réussira à rentrer dans le jeu par la bande. Les deux gouvernements acceptent en effet qu’une nouvelle société, Immo Congo, créée…deux jours auparavant, se sibstitue à IC. La moitié des actions de cette nouvelle société sont détenues par IC et l’autre moitié par la société Caparmar, elle-même actionnaire pour moitié de Congo Walloninvest, la société initialement évincée. Les trois sociétés, Immo Congo, Caparmar et Congo Walloninvest sont gérées par Sabine Gaucquier, épouse de Daniel Lebrun, un réviseur d’entreprises très proche de Van Cau (en fait, « son » financier, qui a révisé les comptes de Charleroi pendant plusieurs années, sans jamais rien remarquer d’anormal)! Simples coïncidences ? Ce sera à la justice de trancher.
Mais politiquement, une fois de plus, le dossier est gênant pour Van Cau. Pas seulement parce qu’il est suspecté – et rien d’autre à ce stade – d’avoir manœuvré dans les coulisses pour avantager des membres de son entourage. Mais aussi parce qu’une fois de plus, il ne s’est pas comporté en homme de gauche soucieux de rigueur dans sa gestion de l’argent public. « L’argent des travailleurs, Van Cau s’en soucie peu, grince un socialiste critique. Sa culture de la majorité absolue à Charleroi lui fait penser que ce qui est bon pour le chef du parti majoritaire est bon pour le peuple. Et il a tout naturellement importé ses méthodes à la Région wallonne ».
Peu rigoureux, Van Cau ? La question est posée (elle s’adresse aussi au libéral Hervé Hasquin, à l’époque patron de la Communauté française) puisqu’au bout du compte, Région wallonne et Communauté française paient mensuellement près d’un million d’anciens francs belges (270.000 euros par an) la location du bâtiment occupé dans la capitale kinoise par la délégation Wallonie-Bruxelles. Le dossier avait pourtant reçu un avis défavorable de l’Inspection des Finances. Un conseiller financier indépendant, sollicité de la Région wallonne, avait fixé à 180.000 euros maximum le montant acceptable du loyer annuel, étant donné les prix du marché. Van Cau est passé outre, de même qu’Hasquin. Autre constat qui pose question : le bail, d’une durée de 20 ans, impose à la Région wallonne et à la Communauté française de payer la location pendant ces 20 années, quoi qu’il arrive au bâtiment : un incendie, une mise à sac, voire une expulsion, pas à exclure dans cette contrée pour le moins instable politiquement. Est-ce vraiment cela, gérer l’argent public en bon père de famille ? Mais aussi, cela pose la question de la validité du marché attribué initialement à IC par le Gouvernement d’Hervé Hasquin, puisque le contrat devait déjà être déséquilibré dès ce moment-là... Van Cau n’est donc sans doute pas le seul à pouvoir être blâmé dans cette affaire.

Van Cau out : fantasmes et réalitéAprès cette nouvelle affaire, l’ex-ministre président wallon va-t-il trébucher pour de bon ? Van Cau out ? Plus que jamais, tout Charleroi ne pense qu’à ça. Sauf coup de théâtre judiciaire – en clair une inculpation, nécessitant une levée d’immunité parlementaire – la mise à l’écart politique de Van Cau n’est sans doute pas pour demain. « Aussi longtemps que les camarades de Charleroi se laisseront intimider par Jean-Claude Van Cauwenberghe, je crains fort qu’il s’accroche dans les allées du pouvoir et que rien ne change en profondeur, analyse un élu socialiste. Je n’ai pas de conseil à leur donner, si n’est : ‘Montrez lui que vous n’avez pas peur !’. C’est la seule façon de changer la vie, à Charleroi ».