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09 mai 2008

Bruxelles aura 375 millions

Beliris finance les grands travaux de la Région bruxelloise

Région bruxelloise. Beliris est adopté. L'Etat fédéral augmente sa dotation à la Région de 15 % sur trois ans. La mobilité est choyée.

Moins une ? Moins deux, plutôt. A deux jours de la chute possible du gouvernement national, Bruxelles vient de se garantir un viatique de trois ans : ce mardi, le gouvernement fédéral a adopté le budget Beliris pour les années 2008-2010. Une somme de 375 millions d'euros (sur trois ans). Selon Laurette Onkelinx, présidente de Beliris depuis 1999, la discussion de l'augmentation des montants, largement supérieure à la hausse des prix, n'a pas fait l'objet de frictions au sein du gouvernement. Beliris est un fonds alloué par l'Etat fédéral qui finance les investissements susceptibles d'améliorer l'image internationale de Bruxelles. La structure, née en 1993, ne concernait au départ que les grandes infrastructures. Aujourd'hui, l'image internationale s'est élargie. Même des projets culturels (d'envergure nationale) sont financés partiellement ou totalement par le fédéral.
« Win-win »
Au début, le budget de Beliris s'élevait à 50 millions d'euros, contre 125 aujourd'hui. Au fil des ans, la structure a rencontré de sérieux problèmes. Le manque de personnel, les lenteurs de fonctionnement (il faut mettre beaucoup de gens autour de la table) et les blocages politiques ont retardé ou plombé de nombreux projets. Actuellement, les sommes antérieures non dépensées (mais budgétées) dépassent les 200 millions. Il n'empêche que l'outil Beliris est indispensable à la santé financière de la Région. Et comme le dit le ministre-président Charles Picqué, Beliris c'est du « win-win » pour le fédéral et la Région : « Les projets financés par Beliris donnent une meilleure image de Bruxelles… et soulagent les finances de la Région. Ces sommes permettent d'octroyer des budgets supplémentaires à d'autres initiatives. »
Autre aspect de Beliris 2008-2010 : son aspect évolutif. L'argent non dépensé est automatiquement reporté. En outre, chaque année, il est possible de faire glisser certains budgets d'un poste en cas de blocage de certains projets. Ce qui offre une plus grande souplesse et donne des coups de pouce salutaires à d'autres projets. Dernier point : le gouvernement a accepté d'octroyer, dans le cadre du premier volet Octopus et en plus de Beliris, une dotation automatique de 35 millions pour la Région et de 30 millions pour la Stib. Il est vrai que 300.000 navetteurs utilisent l'infrastructure bruxelloise.
Impossible ici de reprendre les projets financés par Beliris. Quelques points essentiels, cependant. C'est Beliris qui va alimenter une bonne partie de la politique de mobilité à Bruxelles, avec 200 millions d'euros (sur trois ans). Sont notamment prévues des études (10 millions) relatives à l'extension du métro vers le nord (Schaerbeek) et vers le sud (Uccle, Forest). Autre point capital, les 100 millions pour la mise sur pied du PDI (plan de développement international de Bruxelles), cher à Charles Picqué. Il rend crédible les projets Josaphat ou Delta, par exemple. Enfin, la revitalisation des quartiers pourrait être amplifiée, avec la création de nouveaux contrats de quartier. Les espaces verts (60 millions), la culture (Bozar, la Monnaie) et le patrimoine seront aussi choyés. Enfin, le mont des Arts et ses abords (le projet square) vont faire l'objet de soins particuliers. Il y va de l'image de la capitale.

09 décembre 2006

Le diabolo contre de l'argent fédéral à la Stib

Transports Denis Grimberghs interpelle le gouvernement bruxellois, plutôt favorable au désenclavement de l'aéroport vers Anvers


Actuellement, la ligne ferroviaire Bruxelles-Zaventem est un cul-de-sac. La SNCB a dans ses cartons le projet « Diabolo » (une boucle complète) qui fait le raccord de la ligne avec le réseau vers Louvain, Anvers et pourquoi pas Liège. Le projet est vieux de vingt ans. Mais cette fois, il entre dans sa phase finale puisque la SNCB s'apprête à demander les permis d'urbanisme.
Le diabolo suscite à Bruxelles des réactions en sens divers. S'il fait partie des mesures permettant de désengorger Bruxelles (comme le RER), certains s'en inquiètent, notamment dans les rangs du MR et chez Ecolo, car il permettrait surtout le développement de la périphérie bruxelloise. Diabolique, le diabolo ?

C'est le député CDH Denis Grimberghs, grand spécialiste des questions de mobilité, qui a interpellé hier au Parlement bruxellois Charles Picqué sur les intentions du gouvernement. Si Denis Grimberghs n'est pas opposé au diabolo, il veut des assurances. D'autant que l'on prête à la Région de délivrer les permis en échange d'une intervention de 20 millions d'euros du fédéral dans le capital d'une société à créer, chargée de développer les futurs investissements de la Stib.
« J'espère en tout cas que cette somme ne sera pas prélevée sur le budget de Beliris (de l'argent fédéral dans des projets bruxellois de vocation nationale) », dit le député CHD qui s'inquiète aussi des retards du projet RER. Selon lui, la SNCB ne fait pas preuve d'un enthousiasme démesuré pour le mettre sur les rails. « Il serait bon de profiter de l'occasion pour une négociation globale avec l'Etat fédéral et la SNCB sur les investissements ferroviaires à réaliser à Bruxelles. »
Selon , le sujet est suffisamment important pour lui consacrer une commission du Parlement. « Je veux lever un malentendu. Il n'est pas question que Beliris finance le diabolo. Par contre, nous avons effectivement travaillé, en parallèle, avec le gouvernement fédéral pour qu'il intervienne dans le financement récurrent de la Stib. Il n'y a pas de lien formel entre les deux dossiers, mais nous avons tout intérêt à obtenir cette aide. Les investissements dans le bassin bruxellois ont des retombées positives sur l'activité économique de Bruxelles. » Pour Charles Picqué, cette aide n'implique pas le droit d'ingérence dans les affaires régionales. Il estime enfin que la SNCB joue le jeu pour le RER. Et de rappeler ses investissements dans le terminal ferroviaire du Port en 2008.