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20 octobre 2007

Le PS tient un congrès

MAJ 20/10/2007

Onkelinx: "Les Flamands ne sont pas de la mérule"

"Je n'aurais tout de même pas traité mon père de champignon"


La ministre sortante de la Justice, Laurette Onkelinx (PS), dément avoir traité les Flamands de mérule. Dans des interviews accordées à plusieurs journaux flamands, elle clarifie ainsi ses déclarations tenues le week-end dernier lors d'un congrès de son parti. Elle précise que le PS n'apportera pas sa collaboration si une majorité des deux-tiers est requise pour une réforme de l'Etat.




Laurette Onkelinx conçoit mal que les Flamands pensent qu'elle aurait pu les comparer à de la mérule. Elle rappelle que son père, Gaston Onkelinx, avait en son temps déménagé du Limbourg vers Liège. "Je n'aurais tout de même pas traité mon père de champignon", ajoute-t-elle. Mme Onkelinx précise qu'elle a voulu décrire la stratégie flamande dans les négociations gouvernementales. Ne parvenant pas à aboutir à une réforme de l'Etat, les Flamands grignotent petit-à-petit l'Etat belge, selon la ministre.

Elle n'exclut pas que le train orange-bleu connaisse encore quelques ratés, "car Bruxelles-Hal-Vilvorde et la réforme de l'Etat ne sont pas encore arrivés sur la table. Pour le reste, je pense que l'orange-bleue parviendra à un accord, notamment sur le plan socio-économique. Mais ce sera un accouchement difficile et le bébé ressemblera quelque peu à un organisme génétiquement modifié".

Dans les quotidiens Het Nieuwsblad et Het Volk, la ministre ajoute que les socialistes francophones n'apporteront pas leurs voix à la majorité des deux-tiers requise pour une réforme de l'Etat. "A moins qu'on envisage un élargissement de Bruxelles. Alors nous acceptons", nuance-t-elle.

Laurette Onkelinx confie enfin être moins convaincue qu'il y a trois ans de la pérennité de la Belgique à long terme. "Je suis moins optimiste qu'avant, j'ai l'impression que cela ne va pas bien se passer", conclut-elle.


"La mérule flamande", selon Onkelinx

On croyait que la déshumanisation de l'autre était l'apanage exclusif des partis totalitaires. Les nazis traitaient les juifs de "cafards" et le Hutu power les Tutsis de "cancrelats". Voici maintenant la "mérule" un terme que, pour qualifier une communauté, on imagine mieux dans la bouche de Hitler que dans celle de madame Onkelinx ... qui devrait s'excuser de toute urgence. Car on veut croire qu'il ne s'agit que d'un très malheureux dérapage.

Pour la première fois depuis 20 ans, les socialistes se préparent à aller dans l'opposition. Mais une opposition sans concession selon Laurette Onkelinx.

Les huiles du Parti Socialistes ont tenu des discours cinglants. Ce dimanche à Liège, le PS a joué sur deux tableaux, voulant montrer qu'il gère bien partout où il est au pouvoir, dans les Régions et Communautés. Il veut aussi montrer, qu'écarté du pouvoir au Fédéral, il se prépare à mener une opposition forte à l'orange-bleue.

Laurette Onkelinx a été très forte à ce propos : « Il est fini le temps du silence ; notre rôle aujourd'hui en tant que première force d'opposition du pays, est de n'avoir aucune complaisance à l'égard de ces 4 partis qui ont pris la Belgique en otage, pour leur petit jeu mesquin. » Elle a qualifié les premiers accords de l’orange-bleue de "ponctuels" et de "réactionnaires".

La vice-Première ministre sortante a dénoncé les conséquences sociales de ce qui se négociait au sein de l'Orange bleue. Elle a également mis en garde contre les « concessions » faites aux partis flamands sur le plan institutionnel, soulignant que l'élargissement de Bruxelles était pour le PS « la plus importante » des revendications.
« Car si nous, francophones, Wallons et Bruxellois, voulons prendre notre destin en main, en être maîtres, que ce soit dans une Belgique qui persiste, ce que nous espérons évidemment, ou dans une autre configuration nationale, il faut que la Wallonie et Bruxelles forment un ensemble indissociable. Sur le plan économique. Sur le plan culturel. Mais aussi sur le plan territorial », a dit Laurette Onkelinx.
La chef de file du PS à la Chambre a épinglé dimanche l'ensemble des partis de l'orange bleue, le CDH, partenaire des socialistes dans les Régions et Communauté, n'étant pas épargné. C'est le « Tom-pouce écrasé par Goliath », a-t-elle dit.

Les socialistes belges francophones attisent la haine ethnique

Incroyable dérapage de Laurette Onkelinx, l’encore actuelle ministre de la Justice du Royaume : dans un discours prononcé dimanche, lors du congrès du PS, elle a stigmatisé la « mérule flamande » (la mérule est un champignon mortel pour les maisons) qui « est en train de travailler l’État fédéral et cela avec la complicité des francophones assis aujourd’hui autour de la table des négociations (les libéraux du MR et le centre du CDH, NDA). Il ne faut pas être naïfs. Les Flamands savent ce qu’ils veulent et plus rien ne les arrêtera. Ce qui se passe aujourd’hui est bien plus grave et bien plus inquiétant qu’une discussion institutionnelle ».Sur le constat, il n’y a rien à dire. Mais il y a les mots, des mots que l’on s’attend plutôt à trouver dans la bouche de l’extrême droite, pas de la gauche. Comment peut-on oser parler de « mérule flamande » ? Imaginez un instant que l’on remplace le mot « flamand » par « juif ». Vous y êtes ? Et confondre certains partis politiques flamands avec les « Flamands » en général est un glissement sémantique tout aussi grave. C’est un appel à la haine pure et simple. Et après cela, certains politiques belges osent accuser la presse internationale d’exagérer la gravité de la crise que traverse ce pays (127 jours sans majorité de gouvernement).
Précision: le discours, dont le verbatim a été rapporté par le journal Le Soir d'aujourd'hui, est le discours qui a été distribué à la presse par le PS. Mais, comme certains d'entre vous me l'ont fait remarquer, le mot "flamande" n'est pas repris sur le site d'Onkelinx. Curieux. J'ai donc appelé le journaliste qui a rédigé cet article, David Coppi, qui confirme bien que le mot n'a pas été prononcé à la tribune : "j'ai appelé Laurette Onkelinx pour savoir ce qui s'était passé. Elle m'a dit qu'au dernier moment elle avait omis ce mot à la tribune, car "peut-être que la première version pouvait être erronément interprétée comme une provocation contre tous les Flamands"". "Peut-être"? Sur le fond, cela ne change pas grand chose: le discours a été préparé à froid, ruminé avant d'être distribué à la presse. Le mal est fait. Onkelinx a fait un acte manqué en cassant elle-même le off...

Le PS sur la route de la radical-opposition

Laurette Onkelinx et la « mérule » flamande
Nous épinglions lundi le discours de Laurette Onkelinx au congrès du PS à Liège, et sa « mérule flamande », en train de « travailler l’Etat fédéral ». Cette formule figure dans son discours imprimé, livré à la presse. Mais à la tribune, la socialiste a réduit son propos : « La mérule est en train de travailler l’Etat fédéral ». La phrase amoindrie est aussi celle reprise sur son site internet. Nuance, donc. Même si l’écrit reste vrai. Contactée hier, Onkelinx explique qu’elle a modifié son discours à l’oral comme elle le fait naturellement sur d’autres points. Elle convient que « peut-être la première version pouvait être interprétée erronément comme une provocation contre tous les Flamands ». Elle maintient son raisonnement : « La stratégie politique flamande est en cause. J’avais parlé pour Leterme de la stratégie de la taupe. Il y a maintenant un travail plus sournois encore. Je pense à l’idée du “comité des sages” sur la réforme de l’Etat, à celle d’une réforme phasée, etc. Les francophones sont amenés à faire de petites concessions qui hypothèquent nos positions pour l’avenir, quand s’ouvrira la grande négociation avec la Flandre. D’où la mérule, champignon qui ronge les maisons. » Et la « cuillerée de sucre » évoquée par Bart De Wever (Le Soir d’hier), s’agissant du compromis BHV que les francophones devraient avaler : « Ça, c’est le mépris absolu ! » En fait de « dérapage », on retiendra celui du sénateur Alain Destexhe qui, sur son blog hier, pointant la socialiste et sa « mérule », a osé le lien avec… les nazis et leurs « cafards de juifs ». On vous passe le puissant raisonnement.


Analyse
Plusieurs déclarations témoignent d’une radicalisation du discours du PS, qui se fait dur, polémique. Il y eut, dimanche, au Palais des congrès à Liège, la « mérule » (« flamande » ?… lire notre encadré) de Laurette Onkelinx. Comme ses « quatre petits accords ponctuels et réactionnaires » engrangés par l’Orange bleue. Ou encore, « le MR qui a hissé la méchanceté au rang de raison d’Etat ».
Avant cela, jeudi dernier la vice-Première (en affaires courantes) et le président du PS, réagissant à l’accord sur l’asile et l’immigration entre libéraux et chrétiens-démocrates, avaient stigmatisé l’idée d’une « immigration choisie » en des termes ambigus, qui semblaient pouvoir dresser les travailleurs nationaux contre les immigrés : on n’était pas loin du fameux « plombier polonais » qui avait défrayé la chronique en France. Le PS prépopuliste ? Ils ont rectifié depuis. Dimanche, Laurette Onkelinx précisait sa pensée : « On va chercher la main-d’œuvre qualifiée dans le sud alors que pour son développement, le sud en a besoin justement. De plus, parallèlement, on fait pression à la baisse sur les conditions de travail ici, en ouvrant ce type de frontières. »

Comment expliquer cette radicalisation du discours ?1C’était écrit. Le Waterloo du 10 juin, où le MR est passé devant le PS en Wallonie – traumatisant – a été vécu principalement comme l’effet d’une longue « agression » de la part du parti de Didier Reynders, qui aurait instrumentalisé les « affaires » à des fins politiques.

Les interrogations subsistent sur la gestion de cette période au boulevard de l’Empereur, mais cette thèse de l’agression MR domine, de loin. Et entraîne la riposte : feu sur les libéraux, feu sur un gouvernement dont Reynders, dès le 11 juin, a voulu, publiquement d’ailleurs, qu’il soit celui marquant l’éviction des socialistes. Dans ces conditions…

Le PS a un boulevard, a priori : alliant MR, VLD et le cartel CD&V/N-VA, l’Orange bleue penche structurellement à droite. En sus, on est convaincu au PS que le « retour » de l’ex-CVP va s’accompagner d’une campagne silencieuse mais tous azimuts pour reconquérir l’appareil d’Etat et ses places d’influence. La menace serait telle (flamande, de surcroît) que l’opposition sans concessions est un devoir.

2. L’offre et la demande. Réélu en juillet dernier à la tête du PS, Elio Di Rupo est revenu de sa tournée des fédérations convaincu qu’il y avait une « demande » de radicalité « à la base ». Donc, il « offre ».

En plus, il y est poussé par Laurette Onkelinx.
La future cheffe de file PS au Parlement, privée de portefeuille ministériel à l’avenir, doit « exister » politiquement, et se glisse d’autant plus aisément dans son rôle de première opposante qu’elle n’a cessé, même au pouvoir pendant huit ans, de se montrer dure au combat. Voir la fameuse « alliance contre nature » avec les libéraux. Ajoutez que Laurette Onkelinx, c’est l’école Moureaux, qui ne renie pas la rhétorique marxiste, et se veut antagoniste. Le fameux : « Reynders, le ministre des rupins »… On en passe.
Et on ne paie rien pour attendre : le PS dans l’opposition ne lésinera pas.

3. Le grand écart. Un boulevard devant lui, le PS n’a pas pour autant la tâche simple : après vingt ans au gouvernement fédéral, et toujours à la tête des exécutifs régionaux et communautaire, comment faire en sorte qu’un discours d’opposition pur, dur, ancré à gauche toute, soit parfaitement crédible ?
Un exercice d’équilibriste. Sur le fil. Au PS, ils croient pouvoir négocier cette difficulté au pas de charge.

4. La gauche européenne. Le PS est le seul parmi les partis socialistes ou sociaux-démocrates en Europe à se positionner de la sorte. En Allemagne, en Italie, en France, le discours radical est endossé par des partis situés à sa gauche : Die Linke, Rifondazione, Besancenot… Voir l’élection de Walter Veltroni dimanche à la tête de la gauche italienne modérée et du nouveau « Parti démocrate », un leader qui exalte le modèle suédois et le… kennedysme.
Aux flancs du PS, Ecolo tient en partie le rôle de substitut « à gauche ». Mais en partie seulement. Le PS occupe seul l’essentiel du terrain. Alors, à gauche toute ? En inadéquation avec la praxis ?
Dans une interview au Soir le 12 juin 2006, Vincent De Corebyter, directeur du Crisp, estimait que pour le PS, « il s’agit moins d’évoluer que d’assumer et de théoriser le fait qu’on a évolué, et d’en tirer une ligne mobilisatrice »… Autrement dit : le PS s’est social-démocratisé, mais ne le dit pas, ou ne sait pas comment l’exprimer sans avoir l’air de larguer les amarres vers des terres trop inconnues, celles d’une « troisième voie » largement inexplorée, du ségolénisme centriste, du veltronisme kennedyen, tous balbutiant.


Le PS cinglant sur les négociateurs de l'orange bleue

La chef de file du PS au fédéral, Laurette Onkelinx, a fustigé dimanche l'attitude des partenaires de la future orange bleue et ses accords "ponctuels" et "réactionnaires". Le PS organisait dimanche à Liège son congrès de rentrée. "Concessions aux flamands"La vice-première ministre sortante a dénoncé les conséquences sociales de ce qui se négociait au sein de l'orange bleue. Elle a également mis en garde contre les "concessions" faites aux partis flamands sur le plan institutionnel, soulignant que l'élargissement de Bruxelles était pour le PS "la plus importante" des revendications. "Car si nous, Francophones, Wallons et Bruxellois, voulons prendre notre destin en mains, en être maîtres, que ce soit dans une Belgique qui persiste, ce que nous espérons évidemment, ou dans une autre configuration nationale, il faut que la Wallonie et Bruxelles forment un ensemble indissociable. Sur le plan économique.


Sur le plan culturel.
Mais aussi sur le plan territorial", a dit Laurette Onkelinx. Bruxelles-WallonieBHV a occupé une place centrale dans ce congrès de rentrée. Le président du PS, Elio Di Rupo, a mis en garde les partis flamands qui, en voulant supprimer BHV, veulent remettre en cause un des piliers de l'équilibre entre deux grandes communautés du pays. Le danger, a-t-il dit, est de voir, sur le plan territorial, les 900.000 Francophones de Bruxelles se transformer en une minorité parmi les 6,1 millions de Flamands, soit moins de 15%. "Rattachée territorialement à la Wallonie, la Région de Bruxelles-capitale permettrait aux Francophones bruxellois alliés aux Wallons de constituer une communauté francophone représentant plus de 40% de la population belge", a-t-il ajouté en substance.

cdH épinglé aussi

Dans un discours aux accents musclés, la chef de file du PS à la Chambre, Laurette Onkelinx, a épinglé l'ensemble des partis de l'orange bleue, le cdH, partenaire des socialistes dans les Régions et Communauté, n'étant pas épargné. C'est le "Tom Pouce écrasé par Goliath", a-t-elle dit. "Immigration choisie"Laurette Onkelinx a une nouvelle fois dénoncé la teneur de l'accord orange bleu sur l'immigration "choisie" qui, selon elle, va accroître les inégalités nord-sud. "Par contre, pour les vrais malheureux, on durcit les conditions du regroupement familial et de l'obtention de la nationalité". Cette semaine, le cdH a expliqué le contenu de l'accord à des institutionnels et à des ONG. "Ce ne sont pas les séances laborieuses d'explication du texte devant les ONG qui changeront quoi que ce soit: la gauche, l'humanisme y ont perdu dans cette galère", a asséné Mme Onkelinx. Soins de santéLa vice-première est également revenue sur le "clash" intervenu vendredi au sein du gouvernement sortant relatif à la détermination du budget 2008 pour les soins de santé. "Les libéraux, nous confondant sans doute avec leurs futurs partenaires, ont essayé de nous faire dire qu'augmenter le budget des soins de santé de 4,5% était un luxe, et qu'il fallait donc le diminuer. Pour eux, de nouvelles politiques en matière de soins de santé ne sont pas absolument nécessaires", a-t-elle souligné. "Mais des moyens nouveaux, est-ce un luxe pour celui qui a le malheur de souffrir d'un cancer, et qui voit les médicaments innovants hors de prix", s'est notamment interrogée la future chef de groupe à la Chambre. Le président du PS, Elio Di Rupo a pour sa part mis en évidence "le risque que font courir les libéraux de ne pas permettre la conclusion de la convention médico-mut" et dès lors de déréguler les honoraires des médecins. L'Absym a par ailleurs dénoncé cette semaine les mauvaises perspectives budgétaires qui s'annoncent et qui risquent de mettre en péril leurs revendications en termes d'honoraires. Le syndicat a menacé de faire reporter sur le patient le coût des augmentation tarifaires. "Sarko-show"Pour le président du parti socialiste, l'orange bleue semble suivre la voie tracée par le "Sarko-show" en France. "Revigoré", le PS a évoqué dimanche le prochain rendez-vous électoral de 2009. Le parti socialiste a appelé dimanche tous ceux qui se revendiquent de la gauche à devenir des "artisans du progrès". L'opération courra à partir de janvier et jusqu'en 2009 et même au-delà, a dit Elio Di Rupo. Van Cau absentA l'issue du Congrès, le PS a tenu dimanche un Bureau à Liège. A l'ordre du jour notamment, l'attitude du parti sur l'actualité institutionnelle et les négociations au fédéral ainsi que le pacte associatif en Communauté française. Jean-Claude Van Cauwenberghe n'était pas présent à Liège dimanche. Le député wallon, qui ne figure pas parmi les représentants proposés par la tutelle socialiste à Charleroi, ne siégera plus au Bureau. (belga)

Picqué : de graves tensions autour de BHV

Le ministre-président bruxellois, Charles Picqué, a indiqué dimanche lors d’un congrès du PS à Liège que la scission pure et simple de l’arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde aboutirait à de graves tensions dans le pays.
« Les rapports de force seront alors tellement déséquilibrés que cela amènera des tensions graves et inéluctables », a-t-il dit.

Charles Picqué a mis en garde ceux qui entendraient « se soumettre à des diktats sur la rupture de BHV (…), plier face aux De Wever, Dewinter et Dedecker ». Ceux-là « mettront une pierre de plus sur le mur qui enferme Bruxelles », a-t-il dit.

Le PS fustige les "réactionnaires" de l'orange bleue

Laurette Onkelinx dénonce les conséquences sociales de ce qui se négocie.

Les rôles avaient bien été répartis, dimanche, sur les bords de Meuse à Liège, là où le PS tenait son congrès : à Laurette Onkelinx, la future chef de l'opposition au gouvernement Leterme-Reynders, l'honneur de descendre, au bazooka, les maigres résultats engendrés par l'orange bleue. A Elio Di Rupo le soin de jeter les bases d'une réflexion en profondeur sur le Parti socialiste, une remise en question à laquelle le PS voudrait associer l'ensemble des forces progressistes.
Lutte des classes
Dans un discours très "lutte des classes", la chef de file du PS au fédéral, Laurette Onkelinx, a fustigé l'attitude des partenaires de la future orange bleue et ses accords ponctuels jugés "réactionnaires". La vice-Première ministre sortante a dénoncé les conséquences sociales de ce qui se négociait au sein de l'orange bleue. Elle a épinglé l'ensemble des partis de l'orange bleue, y compris le CDH, partenaire des socialistes dans les régions et Communauté. Pour elle, le parti de Joëlle Milquet n'est que le "Tom-pouce écrasé par Goliath". Ainsi, Laurette Onkelinx a-t-elle vertement dénoncé la teneur de l'accord orange bleue sur l'immigration "choisie" qui, selon elle, va accroître les inégalités Nord-Sud. "Par contre, pour les vrais malheureux, on durcit les conditions du regroupement familial et de l'obtention de la nationalité." Visant directement la présidente du CDH, Joëlle Milquet, qui avait organisé, vendredi dernier, un petit-déjeuner d'information à destination des responsables d'associations, elle a ironisé : "Ce ne sont pas les séances laborieuses d'explication devant les ONG qui changeront quoi que ce soit : la gauche, l'humanisme y ont perdu dans cette galère."
Laurette Onkelinx est également revenue sur le "clash" intervenu vendredi au sein du gouvernement sortant relatif à la détermination du budget 2008 pour les soins de santé. "Les libéraux, nous confondant sans doute avec leurs futurs partenaires, ont essayé de nous faire dire qu'augmenter le budget des soins de santé de 4,5 pc était un luxe, et qu'il fallait donc le diminuer. Pour eux, de nouvelles politiques en matière de soins de santé ne sont pas absolument nécessaires, a-t-elle souligné. Mais des moyens nouveaux, est-ce un luxe pour celui qui a le malheur de souffrir d'un cancer, et qui voit les médicaments innovants hors de prix ?", s'est interrogée la future chef de groupe à la Chambre.
Elle a également mis en garde contre les "concessions" faites aux partis flamands sur le plan institutionnel, soulignant que l'élargissement de Bruxelles était pour le PS "la plus importante des revendications. Car si nous, francophones, Wallons et Bruxellois, voulons prendre notre destin en main, en être maîtres, que ce soit dans une Belgique qui persiste, ce que nous espérons évidemment, ou dans une autre configuration nationale, il faut que la Wallonie et Bruxelles forment un ensemble indissociable. Sur le plan économique. Sur le plan culturel. Mais aussi sur le plan territorial", a dit Laurette Onkelinx.

Artisans du progrès
Se disant "revigoré", le PS a appelé tous ceux qui se revendiquent de la gauche à devenir des "artisans du progrès" et à proposer au PS des idées, des réflexions, des démarches politiques qui, une fois synthétisées par le PS, serviront de nouvelle ligne de conduite pour 2009 et les années suivantes. Le président, Elio Di Rupo, a lancé un appel "à toutes celles et tous ceux qui veulent faire bouger les choses".

Tirant profit des critiques qui lui reprochaient d'être trop influencé par "l es technocrates du boulevard de l'Empereur", Elio Di Rupo a souhaité que le parti se ressource et soit davantage sur le terrain, à l'écoute des citoyens, aux côtés des gens. "Je ne veux plus, a-t-il dit, d'une organisation pensée à partir du boulevard de l'Empereur, je veux partir de vos envies, de vos expériences, de vos préoccupations."