Affichage des articles dont le libellé est marché. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est marché. Afficher tous les articles

21 novembre 2007

Gaz-Electricité : des milliers de plaintes, sans suite faute de médiateur

De plus en plus de consommateurs contestent leur facture d'énergie. De plus en plus s’égarent dans les procédures de changement de fournisseur de gaz et d'électricité. Le ministère de l'Economie a déjà reçu cette année 15.000 demandes d'information et 5.000 plaintes. Il les traite de manière globale. Un médiateur pourrait examiner chacun des cas. Or, ce médiateur énergie n'existe toujours pas.
« Le blocage vient du Palais » : telle est la réponse du ministre de l'Energie en Commission de la Chambre à une question d'une députée CD&V. Le Roi n'a pas signé un arrêté qui prévoit la mise en place du médiateur. Pas de commentaires officiels du Palais sur le sujet. Le projet de nommer un médiateur fédéral sur les questions d'énergie remonte au mois de juillet 2003, lorsque la Région flamande a libéralisé les marchés du gaz et de l’électricité. Le gouvernement avait alors réglé les procédures de sélection et de financement du poste.

Quatre ans déjà. Pourquoi ce médiateur n'a-t-il pas été nommé depuis lors ? Réponse du cabinet Verwilghen :
« Il fallait impérativement aboutir à un accord avec les différentes Régions pour élargir la zone d'intervention de ce médiateur fédéral ».

La Région flamande a libéralisé les marchés du gaz et de l'électricité en 2003, les Régions bruxelloise et wallonne en janvier 2007. Dans la foulée de ce changement radical, les consommateurs ont multiplié les demandes d'information et les plaintes.

Des départements du Service public fédéral Economie livrent conseils et informations. Un médiateur indépendant serait utile pour examiner les cas individuellement et négocier directement avec les fournisseurs. Mais sa nomination serait sensible au plan politique. D'où, peut-être, le blocage actuel. En attendant, le ministre de l'Energie a laissé passer quatre années.

28 juin 2007

Bruxelles met son veto à la fusion entre Ryanair et Aer Lingus

Bruxelles met son veto à la fusion entre Ryanair et Aer Lingus

La Commission européenne a interdit mercredi le projet d'acquisition de la compagnie aérienne irlandaise Aer Lingus par sa compatriote à bas coût Ryanair, ce qui constitue son premier veto depuis deux ans et demi. A l'issue d'une enquête approfondie de six mois, la Commission a annoncé dans un communiqué avoir "interdit à Ryanair de prendre le contrôle d'Aer Lingus". Depuis 1990, seules 20 fusions ont été interdites par la Commission sur les 3.000 qu'elle a examinées. La dernière remonte à décembre 2004. Ce veto "était essentiel pour protéger les consommateurs irlandais, qui sont très dépendants du transport aérien, ainsi que les autres consommateurs européens", s'est justifiée la commissaire à la Concurrence Neelie Kroes. "Les monopoles leur sont préjudiciables", a-t-elle rappelé, "car ils restreignent les choix proposés, entraînent une baisse de la qualité et tirent les prix à la hausse. Les compagnies aériennes à bas coûts comme Ryanair ne font pas exception à la règle." Ryanair s'attendait à cette décision. Le 21 décembre, au lendemain de l'annonce de l'ouverture d'une enquête approfondie de la Commission sur son mariage avec Aer Lingus, la compagnie avait retiré son offre publique d'achat hostile sur sa concurrente. Mardi, Michael O'Leary, le bouillant patron de Ryanair, était venu à Bruxelles pour annoncer qu'il ferait appel de la décision de la Commission devant la justice européenne à Luxembourg. La compagnie aérienne irlandaise a confirmé mercredi qu'elle ferait appel de la décision de la Commission européenne. (belga)

17 juin 2007

Electrabel hausse ses prix

Electrabel devrait augmenter fortement ses prix en septembre. Une augmentation sur le gaz pour les clients résidentiels mais également une augmentation sur l'électricité pour les clients industriels.

Source:Info radio - 16 jun 2007 11:20
Electrabel va augmenter ses tarifs en septembre prochain. Le prix du gaz pourrait augmenter jusqu'à 20 % pour les consommateurs. Et Electrabel va aussi augmenter le prix de l'électricité mais là uniquement pour ses clients industriels.

Pour Electrabel, l'augmentation est la conséquence de l'augmentation des prix sur les marchés internationaux. Mais voilà, Test achat estime que c'est faux.

L'organisation de consommateurs y voit plutôt un moyen pour Electrabel de compenser des revenus en baisse après l'hiver clément que nous avons connu. Les indépendants flamands réunis au sein d'Unizo estiment qu'il y a là abus de position dominante de la part d'Electrabel.

Notons enfin que le ministre de l'Energie , Marc Verwilghen, va demander au conseil de la concurrence de mener une enquête sur la hausse des prix annoncée chez Electrabel.

01 juin 2007

Tarifs internet: la Belgique très chère

MAJ 01/06/07


Toujours un fossé IT entre la Flandre et la Wallonie
(Belga) Les entreprises wallonnes sont à la traîne par rapport à leurs homologues des deux autres Régions en matière d'IT, selon une étude MarketCap réalisée en collaboration avec le magazine IT Professional et traitée vendredi dans L'Echo. Selon cette étude, le sud du pays rattrape toutefois son retard petit à petit.
La Wallonie confirme son retard sur les autres Régions en matière d'Information Technology (IT), estimé l'année dernière entre 3 et 5 ans par le bureau d'études MarketCap. Toutefois, la Wallonie rattrape son retard, en ayant notamment modernisé ces dernières années son parc de serveurs plus rapidement que la Flandre et Bruxelles. En ce qui concerne les logiciels, l'écart s'est creusé l'an dernier entre la Wallonie, la Flandre et Bruxelles. Il en va de même pour l'e-commerce qui connaît un recul en Wallonie. (GFR)

Elio Di Rupo positif sur l'avenir de la Wallonie

Elio Di Rupo."Pour Elio Di Rupo, ce 16 mai 2007 est à marquer d'une pierre blanche", selon un communiqué diffusé par le cabinet du ministre-président de la Région wallonne, à propos de la possible remise en route du Haut Fourneau 6."Ce (mercredi) matin, il assistait à l'annonce d'un important investissement de 85 millions d'euros chez Baxter à Lessines, où 150 emplois viendront s'ajouter aux 2.000 existants. Ce midi, ce sont les câblo-opérateurs wallons qui ont décidé d'unir leur destin au sein d'une seule entreprise wallonne. Cette nouvelle entité va permettre aux citoyens de bénéficier des nouveaux services des technologies de l'information. Cet après-midi, c'est l'annonce positive du groupe Mittal qui conforte le renouveau économique que symbolise le Plan Marshall", conclut le communiqué du ministre-président.

Accord signé entre les câblos wallons
16.05.2007

L'accord entre Voo (ALE-Brutélé) et les huit intercommunales de télédistribution concernant la vente du câble wallon a été signé ce mercredi au cabinet du ministre wallon de l'Economie, Jean-Claude Marcourt. Le montant de la transaction n'a pas été précisé mais est de « quelque 500 millions d'euros ». L'accord devra ensuite être soumis aux conseils d'administration et aux assemblées générales de chaque intercommunale, avant d'être soumis au conseil de la concurrence et au contrôle de la tutelle. Des études techniques vont également être réalisées pour établir l'inventaire des infrastructures existantes. Le nouveau groupe, qui couvre l'ensemble de la Wallonie et une partie de Bruxelles, a par ailleurs annoncé qu'il allait entamer des discussions avec Telenet, qui couvre la Flandre, pour établir des partenariats.

L'Internet rapide ralentit en Belgique

Tele2-Versatel et Mobistar se plaignent du peu de concurrence dans l'Internet via le câble et l'ADSL. Ils demandent au régulateur de se montrer plus sévère vis-à-vis de Belgacom.Les deux sociétés ont écrit une lettre au gouvernement.
Johanna de Tessières
La Belgique est en train de perdre sa position de pointe dans le domaine des connexions Internet à haut débit, que ce soit via le câble ou l'ADSL. C'est ce qu'affirment les sociétés Tele2-Versatel et Mobistar, deux des principaux concurrents de Belgacom dans l'ADSL. D'après eux, la Belgique a glissé en un an de la quatrième à la onzième position dans le classement de l'OCDE reprenant les pays ayant la plus forte pénétration de connexions Internet «broadband».
Comment expliquer cette baisse? Selon les deux sociétés, c'est essentiellement lié au cadre régulatoire actuel, qui ne favoriserait pas suffisamment la concurrence sur le marché belge.
Résultat: les prix ne baissent plus depuis des années, et le nombre de nouvelles connexions a tendance à stagner. Tele2-Versatel et Mobistar constatent ainsi que le prix moyen d'une connexion «broadband» en Belgique est encore et toujours de 35,33 € par mois, soit un tarif grosso modo 10 € plus élevé que dans la plupart des pays voisins.
Mieux en France
Et ce n'est pas tout: non seulement les connexions belges coûtent plus cher que dans le reste de l'Europe mais en plus, elles offrent moins de services. En France par exemple, un opérateur comme Free offre l'ADSL (à une vitesse de 24 Mégabits par seconde), la téléphonie fixe illimitée et 200 chaînes de télévision numérique pour 29,95 € par mois.
En Belgique, pour obtenir la même chose (et même un peu moins), il faut débourser 87 € par mois, en additionnant la redevance (17,15 euros), l'abonnement ADSL (39,95 € pour 4 Mégabits par seconde), l'option téléphonie fixe illimitée (19,95 €) et l'abonnement à la télévision numérique (9,95 € pour 60 chaînes).
Bref, pour Tele2-Versatel et Mobistar, il y a un malaise. Alors qu'un conseil des ministres doit aborder ce vendredi la question de l'Internet «broadband», les deux sociétés ont écrit une lettre au gouvernement pour demander que l'IBPT, le régulateur du secteur, se montre plus sévère vis-à-vis de Belgacom.
«Si on veut vraiment faire en sorte que davantage de Belges aient accès à l'Internet, la solution la plus efficace n'est pas d'offrir des connexions à un tarif social comme le fait le programme Internet pour tous, mais c'est plutôt de faire en sorte que les règles du jeu soient les mêmes pour tous les opérateurs actifs sur le marché. Cela entraînerait une baisse des prix et aurait des conséquences positives pour l'ensemble des consommateurs», affirme Grégoire Dallemagne, le patron de la filiale belge de Tele2-Versatel.
Image et dégroupage
C'est essentiellement l'accès des opérateurs alternatifs à l'infrastructure de Belgacom - ce qu'on appelle le dégroupage de la boucle locale - qui pose problème à Tele2-Versatel et à Mobistar. D'après ces derniers, Belgacom facture beaucoup trop cher les lignes «dégroupées», ainsi que le matériel et la main d'oeuvre nécessaire pour tirer des câbles dans ses centraux et les relier aux câbles de ses concurrents.
«Si nous voulons connecter 100000 de nos clients à l'ADSL, cela représente pour nous un investissement de 20 millions d'euros, parmi lesquels 17 millions vont directement à Belgacom en tant que frais d'activation et frais de câblage: c'est beaucoup trop!», s'exclame Grégoire Dallemagne.
D'autant plus, poursuit-il, que Belgacom ne respecte que rarement le délai de livraison de 10 jours. «Dans 65pc des cas, c'est au-delà des dix jours. Avec comme effet vicieux que ce n'est pas l'image de Belgacom qui en souffre auprès des utilisateurs finaux, mais celle de Tele2 et de Versatel».
© La Libre Belgique 2006

La Belgique a beau être le pays avec le plus haut pourcentage de connexion large bande, toujours est-il que le prix de cette connexion reste très élevé par rapport à 7 autres pays européens examinés. Pour les caractéristiques techniques, le résultat est moyen. Même les connexions classiques par ligne téléphonique sont chères en Belgique et ne sont pas proposées sous forme de forfaits meilleurs marchés, contrairement aux autres pays. Il n’existe d’ailleurs presque pas de concurrence sur ce marché technologique de l’avenir. Test Achats exige dès lors une vraie concurrence sur le marché belge. Cela peut être réalisé via un débouclage intensif de la boucle locale et grâce à la mise en place d’un régulateur fort.
Une comparaison internationale …En ce qui concerne la comparaison des connexions large bande, la situation en Belgique a été définie sur base de 3 profils d’utilisation d’Internet. (légère, normale, intensive). Test Achats a comparé les tarifs de ces 3 formules avec les tarifs des formules les plus proches de 7 autres pays. Les caractéristiques techniques qui varient selon le profil sont la vitesse de téléchargement (download), la vitesse d’envoi (upload) et le volume de transfert mensuel. La comparaison a été effectuée sur base de ces caractéristiques techniques concrètes, la consommation réelle et le coût mensuel effectif (abonnement mensuel + coût d’installation/activation amorti sur 36 mois).
Le marché de l’Internet Fin 2004, on comptait 2 033 000 connexions Internet en Belgique. Les connexions large bande (ADSL et câble) en représentaient 80 %, un pourcentage élevé qui place la Belgique en tête du classement européen. Belgacom Skynet est le leader incontesté pour l'ADSL, avec 82 % du marché. Et pour l'abonnement au câble, il faut nécessairement passer par un fournisseur déterminé. Le marché résidentiel comptait 1.651.000 connexions fin 2004 dont 1.264.000 sur le marché « large bande » qui a connu une augmentation de 65% depuis le début 2003.
Connexions par ligne téléphonique: des tarifs belges dissuasifs !Pour les connexions par ligne téléphonique, certains fournisseurs d'accès à l’étranger proposent des formules forfaitaires. Rien de tel en Belgique, où les fournisseurs d'accès appliquent une facturation par minute. Ce système revient nettement plus cher pour un utilisateur moyen (minimum 20 h de surf par mois). Avec sa formule Belgacom.net free, notre opérateur historique occupe même la dernière place du classement: il est presque 3 fois plus cher que la formule (française) la plus avantageuse. Le concurrent belge le meilleur marché (Télé 2) reste encore toujours 138% plus cher que la formule (française) la moins chère. Manifestement, les fournisseurs belges misent beaucoup plus sur les connexions large bande. D'ailleurs, à partir de 30 h de surf par mois, une connexion classique par téléphone revient chez nous plus cher que l'abonnement ADSL standard de Belgacom. Et la formule ADSL light de l'opérateur historique revient déjà moins cher que le dial-up après 22 h de surf par mois. Les tarifs pratiqués chez nous pour les connexions par ligne téléphonique poussent réellement les internautes à opter pour une connexion large bande.
Large bande: cher et de qualité moyenne…La Belgique occupe une très mauvaise place dans le classement international. Pour un profil "light" (vitesse de téléchargement de 512 kbps et transfert de 400 MB par mois), les abonnements light de Belgacom et de Telenet sont deux fois plus chers que l'abonnement (français) le plus avantageux. Seuls les opérateurs historiques en Italie, en Espagne et au Portugal obtiennent une place encore plus mauvaise. Pour une utilisation "normale" (2 048 kbps pour le téléchargement et 10 GB de transfert), notre pays se situe plutôt au milieu du classement, tant au niveau des caractéristiques techniques que du prix. Les leaders belges du marché de l'ADSL et du câble font partie des fournisseurs les plus chers. Belgacom Skynet est 168% plus cher que l’opérateur français le moins cher, Telenet est 198% ou presque 3 fois plus cher que ce même opérateur français. Pour une utilisation normale, le concurrent par cable Brutélé offre une formule qui est « seulement » 2 fois plus cher que la formule française la moins chère. Pour un coût réel de 14,90 à charge de l’utilisateur français, le consommateur belge, client chez Brutele paie 30€, chez Belgacom Skynet, il paie 39,95€ et chez Telenet, il paie 44,45€. Enfin pour une utilisation "intensive" (3052 kbps pour le téléchargement, vitesse d'envoi de 256 kbps contre 128 kbps pour les autres profils, et volume de transfert de 30 GB), les abonnements belges étudiés sont 3 à 4 fois plus chers que la formule française la moins chère.
A quand le débouclage de la boucle locale ? Les formules françaises sont actuellement très développées et bon marché. Le débouclage de la boucle locale (le dernier tronçon de réseau qui reste sous le contrôle de l'ex-opérateur monopolistique) et un régulateur fort dans ce pays y sont pour beaucoup. Le contraste avec la situation belge est très marquant. Depuis l'apparition de l'ADSL dans notre pays, le coût de l'abonnement ADSL de l'opérateur historique n'a diminué qu'une seule fois, en mai 2001. Il n'a plus baissé depuis 2001, malgré la pénétration massive de cette technologie sur notre marché. La Belgique figure en tous cas parmi les pays les plus chers, avec, en outre, des caractéristiques techniques tout sauf exceptionnelles.
Test Achats relance dès lors son appel pour une véritable concurrence sur le marché belge. Celle-ci pourra devenir réalité en favorisant le débouclage effectif de la boucle locale et la mise sur pied d'un de régulateur fort. En assouplissant les règles de l'offre conjointe, la nouvelle loi sur les télécommunications votée en avril dernier, a éliminé un important obstacle à l'offre de formules combinant l’Internet à large bande, la téléphonie fixe, le GSM et, éventuellement, la télévision numérique. Ceci répond à l'une des revendications de Test Achats. A l'exemple de la France, où cette évolution est réalité depuis un certain temps déjà et où le consommateur a désormais le choix entre des offres combinées très avantageuses, ceci devrait ouvrir la porte à une série de nouveaux acteurs sur le marché belge des télécoms. Enfin, Test Achats demande un prix raisonnable pour les connexions classiques par ligne téléphonique, par exemple au moyen d’un package forfaitaire de 10h ou 20h, par mois. De cette manière, on tient compte aussi des consommateurs plus défavorisés, exclus de l’ADSL, pour qui la connexion large bande représente un coût mensuel trop élevé et qui doivent alors se contenter de moins.

TARIFS INTERNET: LA BELGIQUE TRÈS CHÈRE POUR LES CONNEXIONS « LARGE BANDE » ET CLASSIQUES PAR LIGNE TELEPHONIQUE (Test Achats 488, juin 2005)

16 février 2007

Libéralisation : où ça coince

MAJ 16/02/07


Electricité : pétard au parlement wallon
La libéralisation du marché de l'électricité est décidément un thème de combat au parlement wallon. Grogne des consommateurs, inquiétude budgétaire des communes, le terreau est fertile pour des affrontements politiques comme ceux menés une nouvelle fois au Parlement Wallon, mercredi, saisi de 8 interpellations sur la question.

Malgré le choix possible du fournisseur, la baisse des tarifs qu'on liait généralement à la libéralisation est un rêve déjà oublié après 45 jours de marché ouvert à la concurrence ! Pire, certaines régions de Wallonie paient désormais, à consommation inchangée, des factures gonflées de 20 à 30%.

Parallèlement, les communes ont perdu une partie des revenus que leur procuraient les intercommunales d'électricité et ont vu en même temps leur coût électrique enfler jusqu'à mettre en péril certains budgets.
Voilà en résumé les propos entendus tant sur les bancs de l'opposition que sur ceux de la majorité, unis pour dénoncer les effets de la libéralisation. Les députés, pour beaucoup municipalistes, ont donc plaidé pour des diminutions de charge, cherchant des solutions dans les allégements fiscaux ou les économies d'énergie.

Face à ces questionnements convergents, les ministres wallons n'ont pu que compatir et expliquer qu'ils ont hérité d'une situation et de décisions prises à l'Europe ou au Fédéral. Le ministre Antoine insistant pour sa part sur l'impossibilité de fait d'une véritable concurrence alors qu'il n'y a pratiquement qu'un seul producteur d'électricité capable de fournir les différents opérateurs : Electrabel tenant paradoxalement toujours dans sa main un quasi monopole.


La fusion de Nuon et Essent coûtera 1500 emplois
Les deux producteurs d'électricité néerlandais bien présents en Wallonie, Nuon et Essent, se sont mis d'accord pour leur fusion. C'est le "Volkskrant" d'Amsterdam qui l'annonce mercredi matin.


Ce mariage entre Nuon et Essent n'est pas une surprise, il était même envisagé depuis quelques mois, et cela alors que les deux sociétés publiques se sont lancées chacune sur le nouveau marché libéralisé de l'électricité en Wallonie. Cette fusion ne devrait pas avoir de conséquences directes pour les nouveaux clients de ces deux sociétés hollandaises qui n'en feront plus qu' une demain. Par contre il y aura une facture sociale aux Pays-Bas : la fusion entraînera la perte d’au moins 1.500 emplois.

Les conseils des commissaires des deux producteurs d'énergie se sont mis d'accord la semaine dernière sur les modalités de cette fusion qui doit encore être soumise à l'approbation des actionnaires, les provinces et les communes propriétaires. Le nouvel Etat-major et les divisions commerciales seront installées à Amsterdam où se trouve déjà le producteur Nuon. Et c'est à Den Bosch, siège de Essent que seront installés tous les services de vente aux consommateurs. Et pour couronner le tout, c'est le patron de Essent, Michiel Boersma qui sera le premier président du nouveau groupe fusionné qui compte plus de 4 millions de clients et pour un chiffre d'affaires de 11 milliards d'euros aux Pays-Bas.

Cela fait un mois que les marchés bruxellois et wallon du gaz et de l'électricité sont ouverts à la concurrence.
Et cela crée beaucoup de mécontentement. En cause, notamment, les délais d'attente et un service clientèle déficient.

La libéralisation complète du marché du gaz et de l'électricité à Bruxelles et en Wallonie, qui a débuté le 1er janvier 2007, ne fait pas que des heureux. Les raisons du mécontentement sont nombreuses.
Pour le moment, ceux qui veulent faire jouer la concurrence doivent être patients. S'ils ont signé un nouveau contrat en décembre ou début janvier, ils devront attendre le 1er mars pour qu'il s'applique alors que la période normale de mise en oeuvre est d'un mois environ. Ce délai supplémentaire avait été accordé pour permettre à la libéralisation de se mettre en place.
Et on peut penser que même après, le délai d'un mois ne sera pas facile à tenir. Chez un fournisseur comme Essent qui réalise une belle percée en Wallonie, ceux qui ont signé après la mi-janvier, devront sans doute attendre le 1er avril pour obtenir le transfert. "Après, on reviendra à une procédure normale", rassure Annemarie De Vreese, marketing manager chez Essent Belgium.
Le consommateur doit-il dès lors craindre un important manque à gagner ? De façon générale, les tarifs appliqués par les fournisseurs par défaut aux clients "dormants" sont les moins avantageux. Mais, les différences avec les offres concurrentielles varient très fort.
Selon certains experts, à Bruxelles où Lampiris est le seul concurrent à Electrabel, le manque à gagner sur un an de consommation d'électricité s'élève à quelques euros.
En Wallonie, en revanche, le consommateur peut être fortement perdant. Il apparaît que le tarif de Luminus en tant que fournisseur par défaut (dans la région de Liège) est particulièrement peu avantageux.
Deuxième source de mécontentement : des services clientèle déficients. Même une société comme Electrabel a été débordée et a dû renforcer les effectifs de son call center. "Les gens ont été submergés d'informations en une seule fois. Ils se sont inquiétés de ce changement", explique Lut Van de Velde, porte-parole d'Electrabel. Mais, selon elle, c'est en train de se normaliser. Electrabel a conclu un partenariat avec la Poste, qui entrera en vigueur début février. Des nouveaux contrats pourront ainsi être signés dans certains bureaux de poste.
Tracasseries
Une autre difficulté de la libéralisation est le changement d'interlocuteur. L'intercommunale a été remplacée par le fournisseur. Un exemple : "Nous sommes submergés d'envois d'attestations pour le tarif social spécifique", raconte Philippe Massart, porte-parole de Sibelga, le gestionnaire de réseau de distribution à Bruxelles. Autrement dit, les gens n'ont pas compris qu'ils devaient envoyer ce type de document à leur fournisseur et non pas à l'intercommunale. Ils sont aussi, paraît-il, nombreux ceux qui regrettent le temps où ils pouvaient payer en cash leur facture auprès de leur intercommunale.
Les tracasseries liées à un déménagement suscitent également beaucoup d'inquiétudes. D'ailleurs, l'IBGE (Institut Bruxellois pour la Gestion de l'Environnement) est en train de préparer une brochure explicative. Une de plus, diront certains...


Fournisseurs juridiquement à l'abri

En pratique, la libéralisation de l'énergie semble engendrer certains contretemps.Y remédier par la voie juridique ? Difficile.
Conclure un contrat de fourniture d'électricité ou de gaz est une chose. Encore faut-il qu'il entre effectivement en vigueur. Et dans de nombreux cas, il semble que cette entrée en vigueur soit retardée pour diverses raisons (fournisseur submergé de demandes, procédures prenant plus de temps que prévu, etc.). Il y a aussi la situation dérangeante du fournisseur qui, sachant que son client va le quitter, lui applique le tarif le plus élevé possible, comme pour le sanctionner. Que peut faire le consommateur face à ces problèmes ? Tout dépend du cas de figure. Mais dans la plupart des cas, le fournisseur aura pris le soin de se couvrir par le biais de conditions générales où il s'exonère au maximum de sa responsabilité.
1 Retard dans l'entrée en vigueur de la fourniture d'électricité ou de gaz. Depuis l'ouverture du marché de l'énergie à la concurrence, de nouveaux fournisseurs proposent leurs services. Mais ils ont été surpris par l'ampleur de la demande. Résultat : des listes d'attentes et des délais pouvant aller jusqu'à plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Que peut faire le consommateur ? Tout dépend des conditions générales du fournisseur. Chez Essent, par exemple, il est précisé que "la fourniture commence au moment où le fournisseur (Essent, ndlr) figure comme fournisseur sur le point de fourniture (le domicile concerné, ndlr) dans le registre d'accès du gestionnaire de réseau (Elia, ndlr) ". Le problème, c'est qu'en concluant le contrat, le consommateur donne mandat à Essent de mener à bien toutes les démarches pour que cette inscription comme fournisseur devienne effective. Et aucun délai n'est spécifié. Le fournisseur précise tout au plus qu'il est tenu de respecter les délais de résiliation du contrat en vigueur...
En fait, tout dépend du moment où l'entreprise est considérée comme le fournisseur du particulier dans les registres d'Elia. Ainsi, chez Nuon, "sauf stipulation contraire écrite, la fourniture prend cours le premier jour du mois suivant le mois de l'acceptation par le gestionnaire de réseau du changement de fournisseur".
Face à ces délais d'attente, que peut faire le consommateur ? A priori, pas grand-chose. Comme les conditions générales ne prévoient pas une exécution dans un délai minimum, le client n'est susceptible d'agir qu'en cas de durée d'attente manifestement abusive de la part du fournisseur.
2 Sachant qu'un de ses clients a choisi de se fournir en électricité chez un concurrent, un fournisseur profite des délais d'attente pour sanctionner ce client en lui appliquant le tarif le plus élevé. "Le fournisseur d'énergie est en droit d'adapter ses conditions tarifaires, à condition qu'il respecte la procédure prescrite par le contrat de fourniture", nous explique un juriste. "En général, ce contrat prévoit un délai minimum à respecter avant d'appliquer une nouvelle grille tarifaire". Ainsi, le fournisseur "historique" belge, Electrabel, peut, selon ses conditions générales, modifier les prix à condition d'en informer le client au moins deux mois à l'avance. Toutefois, cette information peut se présenter sous des formes diverses, susceptibles de passer inaperçues pour le consommateur. Ainsi, Electrabel se réserve le droit de communiquer de nouveaux tarifs via son magazine "Entreprendre avec Energie", par le biais d'un courrier, d'un e-mail ou encore par une publication sur son site Internet. Si le client ne refuse pas explicitement les nouvelles conditions dans le mois, on considère qu'il les accepte. Que se passe-t-il si le fournisseur applique un nouveau tarif sans passer par la procédure contractuelle prévue ? "Dans ce cas, le client devrait pouvoir obtenir remboursement du montant excédant l'ancien tarif", explique notre interlocuteur. "Mais cela vaut-il la peine d'ester en justice pour une somme très petite ?". D'autant plus que, selon ce juriste, le client risque fort de se voir opposer son paiement comme une preuve de son acceptation du nouveau tarif, acceptation qui couvrirait alors le vice de forme dans la procédure d'information relative à ce tarif...

11 janvier 2007

Auditions chez Brutélé et Belgacom à Charleroi

Dans le cadre des détournements de fonds publics à Charleroi, un dossier annexe, concernant le dernier marché d'installation de la téléphonie fixe à l'administration communale entre les autorités et Brutélé, est actuellement étudié par les enquêteurs.Des auditions ont été menées en novembre et décembre derniers.
Les principales concernent Jean-Michel Adant, directeur général de Brutélé, et celle d'une account manager de Belgacom, en charge des négociations entre l'opérateur historique et la ville de Charleroi. Ce marché serait entaché d'irrégularités.
Au terme d'un appel d'offres, la ville aurait privilégié son intercommunale au détriment de Belgacom, alors que l'offre de cette dernière était plus intéressante financièrement. (belga)

08 janvier 2007

Princier !

Le parquet revient sur le mécanisme de fraude utilisé

Le procureur du roi Erwin Steyls a rappelé ce mercredi le mécanisme de la fraude qui aurait permis de détourner quelque 2,2 millions d'euros au préjudice de la Marine, au cours d'un réquisitoire qui n'aura duré qu'une demi-heure, devant le tribunal correctionnel de Hasselt.

Les préventions sont celles de faux en écriture, usage de faux, détournement de fonds publics et appartenance à une organisation criminelle. "L'enquête a été lancée le 6 janvier 2000, après que Reginal Braet (le chef du service comptabilité de la Marine) a constaté des irrégularités. A la mi-1999, un grand nombre de factures émanant des sociétés LKT et LFE avaient été payées par la Marine, alors que les livraisons ou les prestations n'avaient que partiellement ou pas du tout été effectuées", a rappelé le procureur. "M. Braet a alors ordonné l'ouverture d'une enquête administrative, après quoi le dossier a été envoyé à l'auditorat de l'armée. Comme de nombreux entrepreneurs limbourgeois étaient impliqués, l'enquête a été confiée au parquet de Hasselt, qui a désigné un juge d'instruction", a-t-il poursuivi.

Depuis 1997, il existait, au sein de la Marine, un système consistant à mettre à l'abri des fonds, mis à disposition par l'Etat, pour éviter qu'il ne faille les rembourser. Il s'agissait de budgets de travail, qui devaient revenir à l'Etat s'ils n'avaient pas été dépensés. "En 1998 par exemple, des commandes ont été passées, mais les travaux n'ont été réalisés que l'année suivante. Vers la fin de l'année, des avances été accordées aux prestataires. Les factures étaient introduites auprès de la Marine et payées par celle-ci. Les budgets de travail étaient ainsi dilapidés de manière fictive.

Personne, au sein de la Marine, n'avait de contrôle sur la manière dont le contenu de la tirelire était utilisé", a expliqué le représentant du ministère public. "Une partie de l'argent à servi à des achats pour la Marine, mais le reste a été utilisé à des fins personnelles et a été versé à un certain nombre de sociétés. Noël Vaessen, Johan Claeys et An Vanden Abeele ont signé et tamponné des factures "bon à payer", pour lesquelles seule une partie des prestations avait été réalisée, ou même pas du tout", a-t-il indiqué. Ces trois personnes "ont reçu des dons en nature de Marc Luypaerts (le fondateur des sociétés LKT et LFE, ndlr) pour maintenir le système en place. Au total, un montant d'environ 2,6 millions d'euros (105 millions de francs belges) a été facturé. 500.000 euros (20 millions de francs) ont effectivement servis à la Marine, mais environ 2,2 millions d'euros (85 millions de francs) lui ont été soustraits", a-t-il ajouté. Pour le ministère public, "il n'est plus nécessaire de reconstituer de ce qui a ou non été livré. Les factures étaient libellées de manière très vague. Les fonds ont été détournés au moyen de factures ne dépassant pas 5.000 euros (HTVA), que les prévenus Vaessen, Claeys et Vanden Abeele ont pu signer. Ces libellés vagues étaient un moyen pour empêcher tout contrôle de l'authenticité des documents. Ce moyen a été utilisé délibérément pour commettre une fraude". (belga)

Laurent a livré son témoignage


mardi 09 janvier 2007
Le prince Laurent ne connaissait pas l'origine frauduleuse des fonds qui ont servi à l'aménagement de sa villa, est-il ressorti de son audition par le tribunal correctionnel de Hasselt dans le cadre du procès sur les fraudes à la Marine.


Le témoignage, en personne, d'un prince royal devant un tribunal correctionnel dans une affaire de droit commun est une première dans l'histoire judiciaire belge.
L'audition, faite à la demande de la défense de son ancien conseiller, le colonel Noël Vaessen, a duré une quinzaine de minutes. Le prince a fait le serment de dire la vérité, rien que la vérité et a donné sa déposition en néerlandais. Il a autorisé la présidente, Christine Coopmans, à l'appeler "Monsieur" comme les autres témoins. Selon son ex-conseiller, le prince Laurent était au courant de l'origine frauduleuse des fonds qui ont servi à aménager sa villa Clémentine, à Tervuren, et à équiper sa Fondation pour le bien-être animal.

Le colonel Vaessen a vu lui-même qu'il y avait un problème avec l'ameublement, a répondu le fils cadet du roi à la présidente qui l'interrogeait. A la question de savoir s'il connaissait l'origine frauduleuse de l'argent, il a répondu: Je ne regarde pas dans la comptabilité de la Marine ou d'autres institutions. Je le croyais compétent. Il faisait ce qu'il voulait faire, a-t-il déclaré au sujet du colonel Vaessen.

C'était une relation de confiance, a-t-il ajouté à propos de sa relation avec son conseiller. Il ne m'a jamais dit explicitement que les frais étaient supportés par la Marine. Je ne peux pas dire beaucoup de choses à ce propos, a-t-il encore dit.
La présidente a posé plusieurs questions au prince, sur base des listes de questions qui lui avaient été transmises par écrit par les parties. Elle lui avait auparavant rappelé qu'il n'était pas obligé de témoigner contre lui-même ou de faire des déclarations qui pourraient l'exposer à des poursuites.
Le prince a confirmé que M. Vaessen avait sponsorisé son dispensaire pour animaux, à Bruxelles, par des livraisons en nature. Mais selon le prince Laurent, l'ex-colonel ne lui serait plus venu en aide après 1999, lorsque sa mission auprès de lui a pris fin. En outre, aucuns travaux n'ont été exécutés chez lui à partir de cette date, a-t-il assuré. Je confirme mes déclarations (recueillies lundi par la police fédérale de Hasselt; NDLR). Toutes les réponses à vos questions s'y trouvent. Je ne peux pas ajouter grand chose de plus, a fait remarquer le prince à la présidente, renvoyant régulièrement au contenu de sa déposition écrite en guise de réponse.
Avant de libérer le prince, la présidente l'a remercié pour son témoignage serein. Le tribunal apprécie que vous soyez venu, lui a dit Mme Coopmans. Geen probleem ("Pas de problème"), a répondu le prince Laurent. Il a quitté le Palais de Justice de Hasselt entouré d'une foule de journalistes et de curieux. L'audience a ensuite été suspendue, à 14h08. Elle devait reprendre vers 15 heures.
La défense de Noël Vaessen, l'ancien conseiller du prince Laurent, est très satisfaite du témoignage du prince à l'audience de mardi, au tribunal correctionnel de Hasselt où se tient le procès de fraude présumée à la Marine.
Le prince a indiqué à la présidente Christine Coopmans qu'il avait répondu à toutes les questions dans ses déclarations à la police. Le prince a maintenant affirmé clairement que Noël Vaessen, à partir de début 1999, n'était plus son conseiller et qu'il n'avait donc plus eu de contact avec lui. Nous allons intégrer son témoignage dans notre défense, a expliqué l'avocat de Noël Vaessen, Me Tom Van Maldergem.
Le tribunal s'enquiert du système de facturation
Trois témoins qui ont comparu à la suite du prince Laurent, lundi après-midi au procès des fraudes à la Marine, ont été invités à éclairer le tribunal correctionnel de Hasselt sur le fonctionnement du système de facturation au sein de la Marine. Il s'agit de l'amiral Michel Hellemans (55 ans), du commandant Reginald Braet (59 ans) et de Jean-Pierre Coucke (56 ans).
A l'époque des faits, l'amiral Hellemans dirigeait le service comptabilité de la Marine. Le commandant retraité Braet était le chef de ce service et le sous-directeur de M. Hellemans. M. Coucke se trouvait à la tête de la division Administration et Contrôle budgétaire.
La présidente du tribunal, Christine Coopmans, a interrogé les trois hommes sur les procédures en vigueur au sein de l'armée, et plus particulièrement de la Marine, en matière de paiement de factures. Elle a cherché à savoir aussi qui était habilité à signer les factures et quels étaient les liens entre le service comptabilité et la centrale d'achats de l'armée, où a été affecté le colonel Noël Vaessen à partir de 1999.
Le commandant Braet a expliqué qu'il était habituel, à l'armée, de payer en décembre des factures se rapportant à des livraisons qui ne seraient effectuées que plus tard. En décembre, les livreurs ont tellement de travail qu'il ne peuvent pas suivre, a-t-il déclaré.C'est lui qui, pour la première fois, en janvier 2000, a constaté des irrégularités dans certaines factures qui avaient été signées par M. Vaessen, alors que ce dernier n'exerçait aucune compétence au sein du service comptabilité. En janvier, j'ai commencé à faire des recherches. J'ai trouvé des factures que je n'avais jamais vues auparavant, et qui avaient toutes été émises par la même société, a raconté l'officier à la retraite. Quand j'ai demandé à M. Vaessen de s'expliquer, il m'a fourni une explication philosophique et m'a dit que des travaux devaient être réalisés chez le prince Laurent, a-t-il ajouté.
Jean-Pierre Coucke, qui exerçait alors un contrôle sur les dossiers de dépenses, a indiqué que toutes les factures signées par Noël Vaessen pour le service qui l'employait atterrissaient ensuite immanquablement au service comptabilité. En principe, il est donc possible que ce service ait traité des factures signées par M. Vaessen, selon le témoin. Au sein de la centrale des achats, le colonel Vaessen était responsable des achats de grands matériels, comme les bateaux.
De son côté, M. Coucke a dit ignorer l'existence d'un système par lequel les factures auraient été payées à l'avance. Il revenait au service qui avait passé une commande de contrôler si la livraison avait effectivement été effectuée, a-t-il indiqué.
Quel était alors le problème avec les factures qui ont fait l'objet de l'enquête? , a interrogé la présidente. Une même société avait adressé des factures pour plusieurs millions de francs belges, a répondu M. Coucke. Chacune de ces factures ne dépassait pas 200.000 francs, somme au-delà de laquelle un appel d'offres public doit être organisé. La loi sur les marchés publics aurait donc été contournée par le saucissonnage des factures. En outre, les factures ne se rapportaient pas à des livraisons ou des prestations réelles, a encore dit le témoin.
A Hasselt, il semble bien que l'annonce de la venue du Prince Laurent au procès ait attiré la foule. Quelque 200 personnes, des curieux comme des cameramans et des photographes, se sont rassemblées sur la Lombaardstraat. La police a d'ailleurs fermé la rue au trafic. Une classe d'enfants s'est même postée devant l'entrée du tribunal, certains d'entre eux munis de petits drapeaux belges.
Quelques royalistes ont cherché à s'introduire avec des photographes de presse pour pouvoir prendre des photos du Prince Laurent. Une fois celui-ci à l'intérieur, la presse a reçu cinq minutes pour prendre les photos avant que les caméras de télévision ne se voient accorder le même délai.
(Avec Frédéric Delepierre et Martine Dubuisson, envoyés spéciaux à Hasselt, Belga et AFP)

Zoom sur les 11 suspects

Procès "fraudes à la Marine": pour comprendre qui est qui dans cette affaire.

Outre la présence éventuelle du prince Laurent comme témoin à la barre prévue pour ce mardi si la présidente Christine Coopmans le juge nécessaire, retour sur les 11 suspects dans cette affaire de fraudes à la Marine. Affaire dont le procès débute ce lundi devant la 18e chambre du tribunal correctionnel d'Hasselt.
Les 11 officiers de la Marine et entrepreneurs sont poursuivis pour faux en écriture, association de malfaiteurs, détournement de fonds, corruption et escroquerie. Pas moins de 2 millions d'euros ont ainsi été détournés en fausses factures adressées à la Marine.
À commencer par Marc Luypaerts. L'ancien officier de la Marine et à la tête de l'entreprise spécialisée en électronique, LKT, est poursuivi pour avoir adressé des factures à la Marine pour un montant total de 1,9 million d'euros. 500.000 euros ont effectivement servi à la Marine. À 51 ans, le militaire et ex-entrepreneur est actuellement en congé maladie. Il vit aux Pays-Bas.
Noël Vaessen. L'ancien conseiller du prince Laurent était responsable du service d'achat de matériel à la Marine. C'est lui également qui signait les fausses factures. Il est aussi poursuivi pour avoir facturé 180.000 euros à la Marine. Montant qui a servi à restaurer sa ferme. À 55 ans, il est actuellement en congé maladie et réside à Ixelles.
Johan Claeys. Le capitaine est lui aussi poursuivi pour avoir signé de fausses factures. À 46 ans, il réside actuellement à Meise.
Lutgard Kleutghen. Elle n'est autre que l'épouse de Marc Luypaerts. La cuisinière est poursuivie pour avoir notamment été complice de l'entrepreneur. Elle gérait avec lui l'entreprise LKT.
Frank Alders. Commerçant indépendant, il est poursuivi pour avoir adressé une série de fausses factures à la Marine.
Rudi Theunis. À 46 ans, l'informaticien de Hasselt a lui aussi adressé de fausses factures à la Marine.
Anne Vanden Abeele. Secrétaire au sein de la Marine et originaire de Gand, elle est poursuivie pour avoir mis des cachets et ainsi approuvé les fausses factures.
Joseph Cuyvers. Indépendant, il a établi toute une série de fausses factures qu'il a envoyées à la Marine.
Hendrik Hendrickx, entrepreneur dans le domaine du jardinage et originaire de Lommel; Samuel Laga, 43 ans, architecte d'intérieur résidant aux Pays-Bas, et Jakobus Lukkesen, 69 ans, dans le secteur de la grande distribution, sont tous les trois également poursuivis pour avoir établi de fausses factures.


Le carrousel de la Marine

Ce lundi s'ouvre à Hasselt le procès des fraudes à la Marine. Une "affaire Luypaerts et Vaessen" dont d'aucuns ont fait "l'affaire Laurent".L'on saura ce lundi si le Prince sera appelé à témoigner dès demain.
BauweraertsC'est le 6 janvier 2000 que le pot aux roses était découvert à l'occasion d'une enquête interne au sein du service de facturations de la Marine : de très fortes présomptions de fraude émergèrent très vite d'un paquet de factures de dernière minute.
Le montage sautait aux yeux : plutôt que de rendre aux caisses de l'Etat des budgets annuels non encore imputés comme la loi recommande de le faire, des membres liés à ce service les avaient répartis en biens et services, de manière très "créative", à destination non pas de la plus petite composante de l'armée, mais plutôt de certains membres ou ex-membres de la "maison" et, selon ces bénéficiaires, aussi du prince Laurent de Belgique.
En soi, la pratique des dépenses de "queues de budget" ne serait pas exceptionnelle à l'armée - a fortiori dans la Force Navale - comme elle ne le serait pas davantage dans d'autres institutions publiques, même si l'on ne dispose pas de données étayées à cet effet : aucun établissement public n'aime voir son budget amputé l'année suivante et l'on ne dépense donc pas nécessairement à bon escient les fonds encore en caisse en effectuant moult commandes. Pour en revenir aux pratiques frauduleuses constatées à la Marine, il faut rappeler dès ce stade comment le prince Laurent s'est retrouvé dans ce dossier. Il se fait qu'un des responsables du service d'achat n'était autre que le colonel Noël Vaessen, qui fut son conseiller de 1993 à fin 1998 et qui vécut de près son installation à la Villa Clémentine à Tervuren - propriété qui avait été proposée par la Donation royale comme lieu de résidence princière.
Aux côtés de Vaessen, le capitaine Johan Claeys - présenté comme un compagnon d'études du Prince, ce qui ne signifie évidemment pas encore qu'ils étaient des amis, ni même des intimes... - et une secrétaire An(drea) Vanden Abeele.
Sur une période de 4 ans
Face à eux ou plutôt à leurs côtés, un couple (aujourd'hui séparé) d'entrepreneurs d'Eksel (Limbourg) - dont l'époux était aussi à la Marine - et une série de petites entreprises ou commerçants impliqués dans un carrousel qui ne datait pas de la seule année précédente. En effet, l'on trouva des factures qui remontaient aux trois années précédentes.
Les enquêteurs en ont dénombré quelque 418 pour un montant exact de 2 232 021,13 €. Une bonne moitié de cette somme a pu être identifiée, avec notamment des travaux et la fourniture de biens chez les militaires ou ex-militaires ou encore dans la villa du Prince voire au siège social de la Fondation Prince Laurent ainsi que dans ses dispensaires de Bruxelles (la place du Jeu de Balle) ou de Liège.
Selon le colonel Vaessen, non seulement le Prince mais aussi la hiérarchie de la Marine étaient au courant mais cette dernière l'a toujours contesté alors que Laurent de Belgique s'est tu dans toutes les langues nationales. Normal : le parquet a considéré qu'il n'était pas concerné et c'est aussi la raison pour laquelle il n'a jamais été entendu.
Un des enjeux du procès, pour les inculpés, est de savoir si le Prince connaissait ou non l'origine frauduleuse des fonds mais ce n'est là qu'un volet du dossier : via les officiers précités et un ex-sous-officier de Marine, Marc Luypaerts, des factures furent encore établies sans jamais donner lieu à des prestations pour la Marine.
Deux firmes s'y sont taillé la part du lion, appartenant à Marc Luypaerts et à Lutgarde Kleutghen qui était alors son épouse : LKT Light Solutions, spécialisée dans l'installation d'éclairages y apparaît à 150 reprises pour une somme de 817 500 €; la société LFE Tapijten faisait mieux encore avec 169 factures pour un montant global de 900 000 €.
Selon le dossier, l'ex-sous-officier a également fait tourner dans la combine une poignée d'entreprises limbourgeoises aux raisons sociales et aux objectifs bien éclectiques. On y trouve un autre entrepreneur général mais aussi une société spécialisée dans la vente d'ordinateurs, une petite entreprise vendeuse de hi-fi et de matériel électro, une quincaillerie et même une firme spécialisée dans la réparation d'accessoires automobiles. A des degrés divers, leurs responsables sont inculpés de détournements de fonds, de faux et usage de faux, d'escroquerie, de corruption, d'association de malfaiteurs. Ces derniers ont également permis à Marc Luypaerts d'empocher en passant des commissions allant jusqu'à 30 pc.
Loin de l'administration
Un constat : pratiquement toutes les factures étaient en dessous de 5 000 euros, TVA incluse. Logique : au service d'achats de l'armée, Noël Vaessen et Johan Claeys avaient toute latitude pour signer des factures dont le montant maximum y était légèrement inférieur. Pas besoin de passer par les filtres de l'administration... Si ce lundi, les débats de la 18e chambre correctionnelle d'Hasselt concernent 12 inculpés, il ressort de l'instruction que ce sont surtout le colonel Vaessen et Marc Luypaerts qui se seraient enrichis au détriment de l'Etat. Pour le premier, à travers la rénovation d'une ferme à Sourbrodt; pour le second via les fausses factures qui ont permis de transférer 322 000 € pour un hôtel qu'il avait acquis en Tchéquie. Ce n'est pas un hasard si lesdits inculpés sont sortis de l'ombre à quelques semaines et quelques jours du procès de Hasselt.
Un constat : l'affaire entre au prétoire pratiquement sept ans après avoir été dévoilée. Un long, un très long délai qui s'explique, sans doute, par le fait que l'affaire impliquait directement des militaires et indirectement le fils cadet du Roi. Le chef d'état-major général de l'époque, Willy Herteleer, avait déposé plainte auprès de l'auditorat militaire et une commission d'enquête avait débroussaillé le terrain. Mais lorsque celle-ci s'aperçut en cours de route que le dossier concernait majoritairement des civils, il fut envisagé de le faire traiter par la justice civile. Lorsqu'il était apparu que plusieurs entrepreneurs limbourgeois étaient directement concernés, l'auditorat militaire décida de transférer le dossier au parquet de Hasselt. Ce dernier l'instruisit jusqu'à son terme en étroite coopération avec la police fédérale et le Service central pour la lutte contre la corruption, le successeur de feu le Comité supérieur de contrôle.
Un dossier de longue haleine qui va enfin connaître son dénouement. De manière très médiatique pour les raisons que l'on sait...

Laurent entendu : comment et jusqu'où ?

Il doit parler mais ne risque pas grand-chose. A moins qu'une autre procédure...
entretien
Laurent de Belgique, appelé à la barre et témoin "ordinaire" ? Nous avons demandé au pénaliste bruxellois Pierre Chomé de baliser la piste.
Pourquoi Laurent n'a-t-il pas été entendu au préalable ?
C'est le juge d'instruction qui choisit qui il entend. Mais son choix peut être sanctionné par les parties au procès. Le parquet peut, au terme de l'instruction, dire au juge : "Vous avez oublié d'entendre un témoin clé". De plus, la loi Franchimont donne des leviers à ces parties, qui peuvent dire : "Je veux être confronté à Untel, je veux qu'il soit entendu..." Elles peuvent déposer une requête et aller en appel, en cas de refus. La chambre du conseil elle-même peut toujours déclarer qu'elle ne saurait statuer sur les renvois en correctionnelle sans un témoignage important. En retournant le dossier au parquet...
Mais je trouve un peu facile que des parties tirent tous azimuts à l'approche du procès, alors qu'elles avaient des moyens de tout corriger bien avant et que rien n'a été fait. De surcroît, dire, comme cela fut fait, que le juge d'instruction aurait fait taire une de ces parties surprend. Si cela avait été vrai, quelle belle opportunité pour cette partie de faire aussitôt remarquer que ses droits de défense étaient violés, récusation à la clé. Or ces armes n'ont jamais été utilisées et je pense que c'est parce qu'il n'y avait simplement pas nécessité.
Pourquoi a-t-il finalement été appelé à la barre ?
C'est le droit de toutes les parties de citer un témoin. Mais il faut toujours se demander pourquoi, en stratégie. Et là, pour vous dire mon sentiment, c'est un classique dans la bête délinquance : on veut charger un tiers pour estomper sa propre responsabilité.
Ce témoignage peut-il susciter une remise du procès ?
Qu'un témoin soit cité n'est pas une raison particulière de remettre un procès. Le juge statuera simplement sur la nécessité de son audition. Même si je le regrette, la jurisprudence admet en effet que le juge estime qu'il n'est pas utile à la manifestation de la vérité d'entendre un témoin dûment cité.
Peut-il se taire ?
Non. Il doit venir, si le juge le décide. Le refus de témoignage est passible de poursuites. Et le témoin sous serment doit dire la vérité, toute la vérité. Problème connu : il peut le faire au risque de s'incriminer lui-même et de vicier ainsi toute poursuite ultérieure contre lui. Car, précisément, nul ne peut être forcé à s'incriminer lui-même - c'est un problème récurrent des commissions d'enquête parlementaires. Néanmoins, un compromis est possible : entendre le témoin hors serment, à titre de renseignement. Ce qui suppose l'accord des parties, qui ne peuvent ensuite revenir là-dessus.
De toute façon et comme toute personne dans sa situation, Laurent aura plutôt intérêt à dissiper un maximum des reproches qu'on formulerait contre lui.
Risque-t-il une condamnation ? De la prison ?
Non. La cour juge seulement ce qu'on lui donne à juger, soit les faits et les prévenus, ce que le Prince n'est pas. Si des éléments apparaissaient faisant penser à sa mise en cause, le procureur du Roi, qui conserve l'opportunité des poursuites, pourrait initier de nouvelles actions. Mais elles seraient tout à fait séparées, avec une levée préalable d'immunité au Sénat. Le cas échéant, à supposer même qu'il soit un jour dit coupable, on parlerait au pire à mon sens non de prison, mais de peine avec sursis. Il n'a pas de casier... Mais pour en arriver là, il faudrait encore que soient démontrés des actes de corréité dans son chef, en incitant, en participant, en aidant à falsifier une facture ou un bon de commande. Ce dont il ne semble pas être question.
La donation royale, propriétaire de la "Villa Clémentine", peut-elle être inquiétée ?
Pas en procédure pénale. La responsabilité pénale, pour la personnalité juridique des sociétés, est limitée au domaine privé. Tout ce qui est public ne peut être poursuivi. C'est prévu pour éviter les paralysies. Il faut une permanence des structures publiques.

Trop seul sur une mer souvent agitée

Savait, savait pas ? La balle est désormais dans le camp du Prince.
Retour sur 15 ans qui ont propulsé Laurent de Belgique sur l'avant-scène médiatique.

ECLAIRAGE
Le prince Laurent, c'est un gars de la Marine... Le "chouchou", la mascotte royale dans la "grande muette". Pour ceux qui en doutent, il fallait voir comment le fils cadet du Roi se sentait "chez lui", il y a quelques semaines lors de l'inauguration officielle de l'exposition sur les 175 ans de la Marine (qui se poursuivra jusqu'à la fin mai) au musée royal de l'Armée, au Cinquantenaire.
Loin de se lasser de serrer des mains à des gradés d'hier ou d'aujourd'hui, le Prince a longuement écouté ses interlocuteurs après avoir souligné déjà combien il appréciait la mise en perspective de l'expo.
Normal : c'est "son" arme... Le Prince y a suivi son instruction militaire et est capitaine de vaisseau depuis le 26 juin 2004. Et il a toujours marqué un vif intérêt pour la plus petite composante de nos forces armées.
C'est donc tout naturellement qu'à l'inverse, la Force Navale a suivi sa progression sur la scène publique. Rien d'étonnant non plus que le Palais ait nommé des marins pour l'épauler dans ses activités publiques.
Après avoir eu dans son sillage le colonel Vaessen qui se retrouve dans le collimateur, le Prince peut se reposer aujourd'hui sur le colonel Georges Vanlerberghe qui le suit toujours à distance avec un regard très paternel. A distance ? Le Prince est très attaché à sa relative liberté d'action. Au sens propre : il n'aime guère être suivi par la sécurité du Palais. Il estime aussi pouvoir user d'une certaine liberté d'expression, ce qui lui a parfois joué des tours.
Cet individualisme a-t-il permis à d'aucuns de "l'instrumentaliser" à son insu dans le cadre du dossier de Hasselt ? Toujours est-il qu'il a toujours apprécié d'être soutenu par la Marine et qu'il lui voue une admiration qui aurait pu se muer en abus de confiance. Sans nous relier ici au procès, on ne peut comprendre le contexte sans se rappeler que Laurent de Belgique n'est sorti de la discrétion qui l'entourait - trop à ses yeux... - qu'après l'accession au trône de son père. Et surtout qu'il s'est affirmé à travers des activités plus "visibles" que celles octroyées sous le règne de Baudouin. Il avait trouvé une oreille favorable notamment auprès de Fons Verplaetse, alors gouverneur de la Banque nationale qui fut l'un des initiateurs de l'Institut pour la gestion durable des ressources naturelles.
A l'époque, le gouvernement rouge-romain dirigé par Jean-Luc Dehaene mit sur les rails, dans une étonnante discrétion, cet outil à gérer par les trois Régions. Le Prince en devint le président et fit montre d'un réel intérêt pour la protection de l'environnement. Normal, arguent ses adversaires : il entendait surtout recevoir lui aussi des fonds publics. Le raisonnement ne tenait pourtant pas la route à l'époque : des enfants royaux, seul le prince Philippe, héritier du trône en avait une et sa soeur Astrid n'obtint la sienne qu'en 1999. C'est alors qu'il apparut que le prince Laurent n'était pas traité sur le même pied.
Avec le recul, c'est dès août 1993 qu'on aurait dû y songer. L'on aurait évité bien des frustrations et des incidents. Reste à dire que le Prince a souvent dû naviguer à vue dans une mer où des requins peu scrupuleux guettaient les occasions, moins de le servir, que de se servir. Avec un entourage mieux choisi dans la société civile et prêt à l'encadrer, ses initiatives eussent été peut-être mieux reconnues.

Laurent, bouclier pour la Justice?

dimanche 07/01/07
Le prince peut être entendu comme témoin à Hasselt, mais rien ne l'oblige à venir témoigner. Par ailleurs, le colonel Vaessen accuse la Justice d'avoir utilisé Laurent comme bouclier pour masquer le fonds de l'affaire qui toucherait des personnalités à un autre niveau de pouvoir.


Tout s'est emballé : vendredi, Laurette Onkelinx, ministre de la Justice, prenait un arrêté royal rendant cette audition possible. Peu de temps après, le Roi, Albert II, père de Laurent, signait l'arrêté, permettant ainsi à la juge Christine Coopmans, présidente du tribunal correctionnel de Hasselt, de citer comme témoin le prince, durant le procès qui s'ouvre ce lundi 8 janvier.
A dire vrai, Laurette Onkelinx réagissait (aussi) à la requête de la défense du colonel Noël Vaessen, le principal prévenu du procès et l'ancien conseiller de Laurent. C'est lui qui demande que le prince soit entendu. Vaessen prétend mordicus que le fils cadet du Roi était au courant de l'utilisation d'une partie des sommes détournées à la marine : l'aménagement de sa résidence, la villa Clémentine.

Par son arrêté royal, ce vendredi, Laurette Onkelinx a éliminé les derniers doutes sur « une protection politique » du prince. D'autant que le Premier ministre, Guy Verhofstadt, demande, lui, que toutes les dotations royales soient désormais contrôlées par la Cour des comptes. Et que son propre parti, le VLD, réclame une Commission d'enquête parlementaire sur les revenus financiers du prince Laurent avant 2001 - et l'instauration d'une dotation royale à son bénéfice.
Albert II a sans doute signé, vendredi, en fin de matinée, l'arrêté royal le plus émotionnel depuis son accession au trône. Il autorise, au terme des articles 510 et suivants du Code d'instruction criminelle, la comparution éventuelle de son fils cadet, Laurent, comme témoin devant la 18 e chambre du tribunal correctionnel de Hasselt qui entamera, ce lundi 8 janvier, l'examen d'une vaste affaire de détournements de fonds (2,2 millions d'euros) commis au sein de la marine. Ces malversations auraient notamment servi à aménager la villa « Clémentine » du prince Laurent et à équiper les dispensaires de sa Fondation pour le bien-être animal, le tout pour un total de 175.000 euros.
Après avoir envisagé la comparution du prince comme témoin devant le tribunal correctionnel de Hasselt, la défense du capitaine de vaisseau (colonel) Noël Vaessen, conseiller de Laurent de 1993 à 1999 et principal suspect dans ce dossier de fraudes, avait indiqué avoir renoncé à cette requête, ainsi que nous l'avait indiqué son avocat principal M e Tom Van Malderghem. Elle s'est finalement ravisée ce jeudi 4 janvier. Les avocats de l'ex-officier de marine ont en effet déposé auprès de la ministre de la Justice, Laurette Onkelinx, une demande fondée sur l'article 510 du Code d'instruction criminelle visant à permettre la citation comme témoin au procès du prince Laurent. La ministre, qui a précisé vendredi n'avoir « pas à connaître du fond de l'affaire, ni à se prononcer sur le caractère opportun de pareille audition », a soumis (après en avoir conféré avec le Premier ministre, Guy Verhofstadt), comme le veut cette procédure rare, un projet d'arrêté royal « spécial » (qui ne sera pas publié au Moniteur, en ce qu'il ne serait pas « d'intérêt public ») que le « Roi a signé immédiatement », a précisé le cabinet Onkelinx. A quelques jours de son discours de Nouvel An dans lequel il exprimait que « personne n'est au-dessus des lois », le Roi a mis en adéquation ses actes et ses propos, largement approuvés par le gouvernement qui avait déjà fait montre de sa détermination à identifier tous les bénéficiaires d'une fraude au détriment des caisses de l'Etat.
Dès vendredi après-midi, un huissier de justice a signifié au prince sa signification à comparaître lundi à Hasselt. Mais il n'en résulte aucune obligation contraignante. Laurent pourrait tout aussi bien attendre (ce qui est probable) une convocation en bonne et due forme du tribunal, si celui-ci estime que sa déposition orale est « utile à la manifestation de la vérité ». La présidente décidera, mais la défense des inculpés n'a jamais fait valoir en cinq années d'instruction, pas plus que le parquet ou le juge d'instruction, l'impérieuse nécessité de faire témoigner le prince.
Un coup de bluff de dernière minute de Vaessen (soupçonné d'avoir détourné à son profit 185.000 euros) et sa défense ? A trois jours de l'ouverture du procès, la manoeuvre semble en tout cas procéder d'une distraction procédurière. Selon des sources proches du tribunal, cette demande tardive et la ratification de l'arrêté royal risquent en tout cas de provoquer dès lundi le report du procès, le tribunal devant statuer sur l'utilité de cette demande. Le parquet d'Hasselt s'y opposera. Surtout, la jurisprudence relative à l'application de l'article 510 du Code d'instruction criminelle relatif à l'audition des « personnes de sang royal » est quasiment vierge, ce qui devrait commander au tribunal la plus extrême prudence pour ne pas donner à la défense des instruments de nullité des poursuites.
L'article 510 trouve son origine dans le Code de 1808 (antérieur à la création de la Belgique et qui concernait donc la famille impériale). Modifié en 1967, il prévoit que « les princes ou princesses du sang royal ne pourront jamais être cités comme témoins, même pour les débats qui ont lieu en présence du jury, si ce n'est dans le cas où le Roi, sur la demande d'une partie et le rapport du ministre de la Justice, aurait, par un arrêté spécial, autorisé cette comparution ».
L'article 511 prévoit en outre une déposition écrite des enfants du Roi à recevoir entre les mains d'un premier président de cour d'appel, la comparution personnelle n'étant éventuellement autorisée par un arrêté que devant la cour d'assises où la procédure est orale. Un vrai casse-tête pour les juges de Hasselt.

"Le Prince a été utilisé"L'ancien conseiller du prince Laurent, le colonel Noël Vaessen, accuse la Justice, dans un entretien diffusé samedi midi par le JT d'RTL-TVI, d'avoir utilisé le prince Laurent comme bouclier pour masquer le fonds de l'affaire de fraudes à la Marine qui toucherait des personnalités à un autre niveau de pouvoir. Le procureur du Roi a utilisé un membre de la famille royale pour couvrir des opérations frauduleuses qui ont eu lieu à des niveaux supérieurs de l'Etat, a notamment déclaré Noël Vaessen. Selon RTL-TVI, l'ancien conseiller du prince Laurent estime que le procureur du Roi avait élaboré un plan destiné à protéger le Prince, l'armée, le cabinet du ministre de la défense et un membre du comité P.(D'après Belga)

Un inculpé dans la fraude au budget de la Marine est un ami de Laurent

Johan Claeys (45 ans), de Meise, qui comparaît dès le lundi 8 janvier à Hasselt dans l'affaire de fraude au budget de la Marine, a été un condisciple du Prince Laurent, révèle l'hebdomadaire Le Soir Magazine. AmisL'hebdo publie des copies de pièces du procès-verbal de synthèse du dossier d'instruction, dans lequel il apparaît noir sur blanc que le capitaine Claeys travaillait au service facturation de la Marine et qu'il était un condisciple du prince Laurent.
Le dossier concerne le détournement de 2,2 millions d'euros au moyen de fausses factures en 1998 et 1999. Une partie de l'argent (147.313 euros) a été utilisée pour des travaux d'embellissement de la Villa Clémentine à Tervuren, la maison du prince. L'un des prévenus principaux est Noël Vaessen (55 ans), un capitaine de la Marine à la retraite et ancien conseiller personnel du prince. Selon le magazine, Claeys et Vaessen sont responsables de l'investissement dans la Villa Clémentine.

Marine
Le duo assure que les deux patrons de la Marine, les amiraux Herteleer et Verhulst, étaient au courant, mais ceux-ci nient. Au même service facturation, on retrouve également l'employée An Vanden Abeele, 52 ans, de Deinze.Marc Luypaerts, 50 ans, originaire de Hoensbroek en Limbourg néerlandais, est un militaire à la retraite et un ami de Johan Claeys. Il était sous-officier à la Marine et a créé les deux entreprises LFE Tapis et LKT Light Solutions, au nom de sa compagne de l'époque Lutgardis Kleutghen (50 ans), de Peer.

Factures
Ces sociétés délivraient des biens et services. Des centaines de factures pour un montant total de 1,8 millions d'euros ont été envoyées à la force navale, où Johan Claeys les déclarait alors comme "prêtes à payer". Marc Luypaerts prélevait également 30% de commission sur les factures d'une demi-douzaine de ses sous-traitants. Des factures qui étaient elles aussi envoyées à la Marine.
La Fondation prince Laurent et deux cliniques pour animaux à Bruxelles et Liège ont reçu via les entreprises de Luypaerts et de ses sous-traitants 37.286 euros sous forme de sponsoring, de matériel informatique, de tables d'opération pour animaux et de matériel de bureau.

29 novembre 2006

Audit externe sur la ville de Charleroi

Ecolo veut le départ des échevins impliqués

la suite de la publication de l'audit de la Région wallonne sur la gestion de la ville de Charleroi, les écologistes carolos réclament le départ des actuels échevins concernés par le dossier. Pour Ecolo "les seuls responsables de cette situation sont ceux qui l'ont créée et l'ont entretenue en toute connaissance de cause, à Charleroi et ailleurs, et en l'occurrence très clairement la majorité socialiste depuis belle lurette et les membres du Collège communal sortant ces dernières années".

Un best-of de la mal gouvernance

Les principaux membres du gouvernement wallon se sont penchés mardi à Namur sur ce rapport réalisé par les consultants de Ernst & Young. Le texte épingle manquements, dysfonctionnements, défaut d'organisation et de contrôle. Mais la synthèse de 78 pages remise par Gérard Delvaux, le coordinateur du travail, ne révèle pas vraiment de faits nouveaux. Mais il contient des recommandations.


AUDIO Invite Matin Premiere 29/11/2006-Philippe Courard


Charleroi : l'opposition ne décolère pas
Les propos du ministre wallon de l'Intérieur mercredi matin sur les antennes de la Première, ont suscité le tollé de l'opposition à Charleroi. Philippe Courard, commentant les conclusions de l'audit sur la ville de Charleroi estimait que l'opposition n'avait pas fait son travail à l'époque….


Olivier Chastel, le chef du groupe MR au conseil communal et futur premier échevin, ne décolère pas. Pour lui les propos du ministre Courard sont tout simplement "inadmissibles, c’est de la malhonnêteté intellectuelle". Philippe Fontaine dit-il "a interpellé le ministre Courard au parlement sur les voitures sponsorisées, sur les super conseillers à chaque fois la réponse était la même : Je mène une enquête je vous tiens au courant" . Mais ajoute encore le MR, "pas le moindre résultat de la moindre enquête". Et Olivier Chastel de conclure : "‘j’ose dire qu’il (Ph Courard) a couvert ses amis jusqu’à aujourd’hui".

Olivier Chastel voit rouge

Olivier Chastel, le futur premier échevin MR de Charleroi jusqu'ici dans l'opposition, a réagi très vivement aux propos tenus par le ministre Philippe Courard sur les ondes de la RTBF. Il a parlé de la "malhonnêteté intellectuelle" du ministre de l'Intérieur wallon, quand celui-ci a pointé du doigt une "faute politique" dans le chef de l'opposition au Conseil communal, responsable à ses yeux de n'avoir "pas fait son boulot" de contrôle démocratique.
Olivier Chastel a tenu à recadrer le débat, rappelant que la veille, à l'Elysette, l'audit externe de la ville de Charleroi avait mis en lumière des "faiblesses, des erreurs, des dysfonctionnements".
"En nous recevant à huis clos juste avant cette présentation officielle, Elio Di Rupo nous avait demandés d'être le plus constructifs possible, et je l'ai été, en ne soulignant pas les erreurs du passé, mais bien les recommandations pour l'avenir. Je constate que ce matin, Philippe Courard n'a pas eu la même attitude", a déclaré Olivier Chastel.

Il a rappelé les nombreux manquements soulignés par l'audit: achats scindés, modifications budgétaires multiples, faiblesses informatiques, cycle d'achat mal organisé, frais de véhicules, de voyages, de carburant, régie foncière sans aucun inventaire, budgets affectés d'un poste à l'autre, sinon d'un département vers l'autre, etc...
Répliquant encore aux propos de Philippe Courard, il a affirmé que la tutelle n'a jamais fonctionné, n'a jamais appelé aucun dossier, a été totalement inefficace et incompétente. Selon lui, Philippe Courard aurait dû s'inquiéter, ne serait-ce qu'à constater l'ampleur médiatique que prenaient les affaires à Charleroi, et il ne l'a pas fait.
Le Conseiller communal a aussi rappelé la quantité d'interpellations et de questions de l'opposition -particulièrement le MR- à l'adresse de la majorité absolue PS sortante.
M. Courard a également été questionné par les parlementaires MR Philippe Fontaine et Véronique Cornet à plusieurs reprises sur des problèmes de la ville de Charleroi. Mais il s'est contenté de leur répondre qu'il diligentait une enquête, sans qu'on en ait jamais le résultat, a encore lancé M. Chastel.
"A la place de Monsieur Courard, je me cacherais à Hotton", a conclu Olivier Chastel, non sans rappeler que le ministre avait, selon lui, établi un cahier des charges sur mesure pour favoriser la salle du WEX à Marche, afin que s'y tienne le salon des mandataires.
(D'après Belga)

Luc Parmentier, d'Ecolo, rappelle lui que son groupe a déposé de multiples recours, aussi bien auprès du socialiste Philippe Courad que du libéral Charles Michel. Il rappelle notamment la plainte déposée par la chef de groupe de l'époque Cécile Olivier au sujet des super conseillers. Une plainte au sujet de laquelle selon lui, Jacques Van Gompel aurait dit à Cécile Olivier "tu n’auras jamais de réponse, Jean-Claude a fait le nécessaire".

Au CDH, Véronique Salvi rappelle les conditions de travail difficiles de l'opposition, dans une ville gérée depuis 30 ans par une majorité absolue…..


L'audit omet certains pans de la gestion carolo : il n'émet, par exemple, pas d'opinion sur les informations financières. Mais Gérard Delvaux laisse entendre que s'il avait dû le faire, il aurait sans doute décrit le Golgotha des finances publiques. Qu'y a-t-il donc dans ce document ? Essentiellement une analyse du respect des règles comptables et de marchés publics. Et, à côté, des recommandations. Difficile de faire mieux en 27 jours calendrier. Utilisation de véhicules de fonction à des fins privées, voyages à l'étranger pas toujours justifiés, saucissonnage des marchés… de sérieuses dérives dans la gestion de la ville de Charleroi durant les années 2005 et 2006, années sur lesquelles portait l'audit. Mais aucune responsabilité n'est pointée. Ni politique, ni administrative. C'est, explique Elio Di Rupo, le rôle de la justice. Pas d'avantage de recommandations bouleversantes : l'administration ne sait comment procéder : elle a besoin d'un manuel. Ce n'est pas correct qu'une seule personne commande, contrôle et paie les achats : il doit y en avoir 3. Les frais remboursés sont peu justifiés : il faudra des justificatifs.

Si tout n'est pas de ce tonneau, beaucoup de préceptes enfoncent toutefois des portes ouvertes. On notera donc plutôt les réactions du gouvernement : il est décidé à renforcer sa tutelle sur les marchés publics ou les entités para locales. Il va aussi créer un service de conseil et une équipe d'auditeurs pour les communes qui le souhaitent. Mais surtout, finalement, cet audit aura d'abord joué son rôle de catharsis, de lavage public et en partie purificatoire des fautes commises à Charleroi.

Un inventaire des anomalies carolos

Publication de l'audit externe sur la ville de Charleroi. Même limitée dans le temps (2004 à 2006) et l'espace, l'évaluation est édifiante. A la Justice de suivre pour le passé, et au politique de réformer pour le futur...


On savait la rigueur du délai. Un mois, pour décortiquer la gestion de Charleroi, laissé à des consultants (Ernst & Young) et à quelques autres experts, c'était très court. Confirmation à la remise, mardi, de l'audit. Son coordinateur "délégué spécial", Gérard Delvaux, président de l'Institut des experts comptables, en convient : "Nous ne pouvions parcourir toute la situation". Quant aux strates visitées, l'audit est truffé de réserves "vu le délai imparti". N'empêche, on en restera là (en encadré). Car il y a déjà de quoi dire et faire.
Qu'en dire ? Voici "un inventaire des anomalies", résume M. Delvaux. Même si, à première lecture rapide, on peut penser avec le ministre-Président Di Rupo qu'il n'y a plus ici "de fait saillant, de chose que l'on n'aurait pas encore entendue". Ou, avec Gérard Delvaux, qu'il n'y aurait pas "matière à d'autres poursuites". Pourtant, un exemplaire sera remis au procureur du Roi de Charleroi, celui-ci complété de tous les noms cités.

Qu'en faire ? Le délégué spécial : "Il faut tourner la page des dérives et aller de l'avant". Aussi chaque constat est-il assorti de recommandations, qui devraient accaparer le nouveau collège tripartite (ci-contre). En attendant, le rapport de synthèse (79 pages, sans les annexes) déborde de dysfonctionnements.
De manière générale, les auditeurs parlent de contrôle lacunaire ou inexistant, d'informatique insuffisante, d'inventaire du patrimoine inexistant, d'absence de définition claire des missions de chacun, etc. Plus précisément, on épinglera quatre domaines.
Les régies. D'une part, la Régie foncière n'a plus soumis de comptes annuels au conseil communal depuis... 2001; or elle a contracté des dettes importantes pour financer des investissements non identifiés "qui semblent sortir de son périmètre d'action". D'autre part, la Régie autonome, qui gère les parkings de la ville, ne lui a versé des dividendes qu'une fois en 2004, malgré un chiffre d'affaires élevé, alors qu'elle s'octroie à elle-même un "subside" par écriture comptable "peu orthodoxe".
Les crédits réservés, à savoir sans imputation précise. En principe, ils ne sont pas autorisés. C'est par faveur de la députation permanente hennuyère que Charleroi peut en user. Or, "au fil du temps, ils ont acquis une réelle dérive" jusqu'à atteindre 1,7 million d'euros en 2005 (sur un budget communal de 500 millions). "Les risques sont considérables", poursuit l'audit, puisque les contrôles sont (encore) plus limités au nom de l'urgence - abusivement - invoquée pour les justifier. Il faut les supprimer.
Les ressources humaines. Risque de voir les (16) véhicules de fonction utilisés à des fins privées; gros frais de restaurants et de déplacement pris en charge par la ville parfois sans notes de frais; voyages à l'étranger (Turquie, Italie, Seychelles, etc.) "qui suscitent des interrogations"; parc automobile (362 véhicules) trop élevé, pas toujours identifié, dont l'usage privatif "n'est généralement pas sanctionné"...
. Outre "le manque de véritables com pétences", le nombre de petits marchés passés sans publicité (sous 67 000 euros) ou sur simple facture (sous 5 500 euros), si proches des seuils, identiques, passés par série, fréquemment attribués aux mêmes, est si important que l'on peut "présumer une pratique délibérée, dans certains services, de scission artificielle des marchés". La loi du silence s'y ajouterait-elle ? L'audit s'étonne du nombre peu élevé de plaintes des soumissionnaires évincés, puis relève qu'à leur très grande majorité, les décisions du conseil relatives aux marchés sont prises à l'unanimité et sans demande d'explications... Cerise sur le gâteau : "L'exercice de la tutelle est totalement inexistant".
© La Libre Belgique 2006

Craintes confirmées. MR et CDH préparent la réplique

Chastel confirme sa demande d'un contrôle permanent. Viseur va rapidement mettre fin au laisser-aller.
C onfirmation de ce que nous avons craint, et nécessité de réagir vite" : c'est ainsi que se résument les réactions d'Olivier Chastel (MR) et Jean-Jacques Viseur (CDH), les deux futurs partenaires du PS dans la majorité à installer le 4 décembre prochain. Pour le leader du MR et futur premier échevin de la nouvelle majorité tripartite, "c'est bien ce qu'on imaginait et ce qu'on redoutait" , qu'a révélé le rapport d'audit de la Ville. Et pour demain ? "Cela prouve qu'il faut une gestion centralisée", insiste Olivier Chastel, quand il constate que l'audit relève des bons de commande parfois établis à 5 499 euros hors TVA, juste en dessous du plancher légal qui nécessite des appels d'offres. "Cela prouve qu'il faut dorénavant un contrôle interne permanent, la mise en place d'un audit interne tous les six mois, avec des coups de sonde, pour lesquels la Région va nous aider." Plus généralement, note Olivier Chastel, "nous devons nous appuyer sur les trente recommandations de cet audit, pour qu'on puisse mettre en oeuvre la manière dont Charleroi a réagi, après la catastrophe" .
Même avis du côté de Jean-Jacques Viseur (CDH), futur échevin en charge des Finances et du Budget : "Il faut mettre en place des garde-fous, trouver le personnel indispensable, et les moyens techniques, notamment informatiques, puisqu'il est apparu que, de ce côté, la Ville était totalement déficiente. Nous allons devoir implanter des modes de gestion semblables à ceux de Gand et d'Anvers".
Comment réagir sur le terrain, une fois la nouvelle majorité installée ? "Dès le 5 décembre" , martèle Jean-Jacques Viseur. "Il va falloir réduire à 1 000 euros les marchés à négocier, avec des contrôles s'il s'agit des mêmes fournisseurs. On va aussi analyser les contrats en cours, les casser ou les renégocier, comme celui d'Econoler. On va faire l'inventaire du patrimoine mobilier et immobilier, savoir qui occupe quoi et à quel titre, savoir où est le charroi. Il y aura dans les huit jours une circulaire qui mettra fin au laisser-aller. On examinera les comptes de la Régie autonome, de la Régie foncière sans bilan depuis 2001. Je veux présenter le compte communal 2006 en février et le budget 2007 dès mars. Dans les six mois de l'installation du nouveau conseil, tout devrait être mis en place."
© La Libre Belgique 2006

Fin d'audit, tout débute(P. P.)

En décidant, le 24 octobre, de commander un audit externe sur Charleroi, valant pour 2005 et 2006, le gouvernement wallon n'avait pas écarté l'idée d'étendre ensuite l'investigation sur les années antérieures. Mais non, on en restera là. C'est que les auditeurs ont eux-mêmes plongé dans le millésime 2004; c'est que la Justice a saisi bien des documents sur divers exercices; c'est que, ajoute-t-on officiellement, on ne pourrait plus apprendre grand-chose de neuf.
En somme, au secours !, c'en est assez. Pour faire quoi ?
1° Par-delà Charleroi, deux initiatives nouvelles ont été annoncées mardi : d'une part la création d'un Service de conseil à l'administration régionale des pouvoirs locaux, spécialisé dans les marchés publics, que toute commune pourra consulter; d'autre part la création d'un pool d'auditeurs internes - que l'on annonce objectivement sélectionnés - qui seront mis à la disposition de grandes communes durant deux ans, de manière à anticiper sur le futur Office d'inspection/Cour des comptes des pouvoirs locaux.
2° Celui-ci, ou celle-ci, sera instauré(e) par le futur décret "gouvernance locale", dont le ministre Courard promet le dépôt en janvier. Il s'enrichira d'un nouveau chapitre, sur le renforcement des mécanismes de tutelle que la dernière révision décrétale en 1999 avait (abusivement ?) allégés.
3° Une circulaire à l'attention de toutes les communes devrait relayer diverses recommandations de l'audit carolo, dans le registre informatique notamment.
© La Libre Belgique 2006

Courard stigmatise un contrôle défaillant de l'opposition

Philippe Courard annonce pour janvier prochain le dépôt de son projet de décret pour renforcer les contrôles internes et externes de la gouvernance publique.
Le ministre wallon des Affaires intérieures, Philippe Courard (PS), a, entre autres responsabilités dans les affaires qui secouent la Ville de Charleroi, pointé du doigt une "faute politique" dans le chef de l'opposition au conseil communal, responsable à ses yeux de n'avoir "pas fait son boulot" de contrôle démocratique, a-t-il affirmé mercredi sur les ondes de La Première (RTBF).
"Bien entendu, il y a une responsabilité du collège des échevins, mais aussi du conseil communal. On ne va quand même pas me faire croire qu'un conseiller communal de l'opposition ne pose pas de questions, ne sait pas déceler, sans avoir même reçu ce rapport, qu'il y a toute une série de dysfonctionnements qui apparaissent au vu et au su de tout le monde", a-t-il indiqué.
Pour lui, le fait que la Régie foncière ne rendait plus de rapports depuis 2001 aurait dû être soulevé par l'opposition MR-cdH-Ecolo. "On n'a pas posé de question, je n'ai jamais reçu en deux ans, et mon prédécesseur Charles Michel en quatre ans, de plainte de qui que ce soit", a-t-il souligné, parlant de "déficit global de tout le monde".
Par ailleurs, Philippe Courard annonce pour janvier prochain le dépôt de son projet de décret pour renforcer les contrôles internes et externes de la gouvernance publique.

Le rapport, d'une centaine de pages, épingle la "mal-gouvernance"

Un catalogue de la mauvaise gestion des deniers publics à Charleroi. L'audit wallon est sans pitié pour les socialistes carolos. Le comité d'audit a tenu à assortir son rapport de recommandations. La nouvelle majorité les appliquera.

On n'y apprend rien de neuf mais cet audit a le mérite de mettre noir sur blanc, par quelqu'un d'extérieur à la Ville, tout ce qu'on a entendu ou lu jusqu'à présent », résume Olivier Chastel (MR). Un constat que ne partagera sans doute pas le citoyen carolo, moins au fait des « affaires » de la Ville.
Quel est le constat posé par le comité d'audit présidé par Gérard Delvaux, qui a travaillé un mois durant sur la gestion 2004 (année de « référence »), 2005 et 2006 de la Ville de Charleroi ?
Globalement, un catalogue de mauvaises pratiques. « Un environnement de contrôle insuffisant, voire inexistant, énumère le président de l'Institut des experts comptables. Les manuels de procédures n'existent pas ; le contrôle a posteriori des opérations est inexistant ; au niveau du cycle des achats, une confusion des rôles entre la personne qui commande, celle qui contrôle et celle qui paie ; des frais de voyages et de réception pris en charge sans justificatif (lire par ailleurs) ; un manque de contrôle flagrant sur ce qui était fait des budgets... »
Particulièrement épinglées par ce rapport, la régie foncière et la régie communale autonome dont la liberté d'action avait viré à l'absence de contrôle par le conseil communal. Les crédits réservés sont également montrés du doigt : ces montants qui doivent être utilisés en cas d'urgence, étaient affectés sans imputation précise. Et de manière abusive. En 2005, ils atteignaient 1,7714 million d'euros. Avantage : ils nécessitaient l'aval du collège là où un investissement normal impliquait l'accord du conseil communal. « Cet article de crédits réservés (dits d'urgence) mériterait un examen plus approfondi », préconise le rapport.
De ce point, on passe logiquement à celui des marchés publics. Gérard Delvaux observe : « Beaucoup de marchés ont été scindés pour arriver à un montant inférieur à 5.500 euros, afin d'éviter une procédure lourde ». D'éviter aussi appels d'offres et mise en concurrence des entreprises. « Ce sont toujours les mêmes fournisseurs qui sont retenus », poursuit-il, déplorant l'absence de contrôle en la matière.
Elio Di Rupo résume le rapport d'audit comme ceci : « On constate une attitude empirique qui se situe loin des règles légales. Gérard Delvaux, malgré les réserves que lui impose sa mission, se montre plus clair : « Si nous devions attester ces comptes, nous prononcerions un refus ».
Ce constat est assorti de recommandations. Comme : grouper certains marchés (fournitures, mazout, etc.) ou mettre en concurrence les fournisseurs, même pour les marchés inférieurs à 5.500 euros. D'autres recommandations figurent déjà dans le Livre blanc sur la bonne gouvernance adopté par les partis démocratiques carolos en septembre : la mise en place d'un comité d'audit interne à la Ville, chargé de vérifier les opérations financières.
« Le gouvernement wallon, à la lumière du travail des auditeurs, va prendre plusieurs mesures, annonce Elio Di Rupo. Nous allons mettre sur pied une équipe de contrôleurs pour réaliser des audits externes des grandes villes et, au sein de la tutelle, nous allons élargir la cellule des marchés publics pour lui confier une mission de conseil. Enfin, nous imposerons, au moment du vote du budget communal, de présenter les budgets des entités appartenant au périmètre de consolidation de la ville. » Visées : les ASBL et les régies communales, dont les comptes devraient être certifiés. Par ailleurs, les communes wallonnes seront invitées à mettre en place de nouveaux modes informatiques de gestion comptable, à réaliser un inventaire complet de leur patrimoine et de leur parc automobile, à mettre à plat un organigramme et à se doter d'un livre de procédures.
Dans le même temps, tout le monde s'accorde à le dire, il faudra accentuer la formation des mandataires publics.
Bref, contrôle interne et externe sont les piliers des recommandations émises par les experts.
L'audit qui va être transmis au procureur du Roi de Charleroi, doit « redonner espoir aux gens » (dixit Di Rupo) et aux 3.700 fonctionnaires qui travaillent à la Ville. « Le nouveau collège suivra à la lettre ces recommandations », promet Léon Casaert (PS), bourgmestre dès lundi. Avec un écho chez Jean-Jacques Viseur (CDH) : « Nous avons l'occasion de réaliser une modification profonde de la gouvernance dans une grande ville. Nous allons faire passer Charleroi de la rubrique des faits divers à celle des faits exemplaires. »
Ce rapport consacre aussi la faillite de la tutelle régionale. « Elle doit exercer un plus grand contrôle sur ce qui est fait », estime Gérard Delvaux. « Les contrôles n'étaient pas systématisés ; ils devront l'être », admet Elio Di Rupo. Philippe Courard, ministre de tutelle des pouvoirs locaux, justifie la myopie de ses services par les limites fixées dans le décret de 1999 : ils n'intervenaient qu'en cas de plainte d'un acteur local. Il annonce un nouveau décret pour janvier, élargissant les moyens de la tutelle, en lui conférant une capacité de contrôle.
Pour les fautes individuelles, la Région s'en remet à la Justice.
Et la responsabilité politique de ce dysfonctionnement de masse ? « Il y a, certainement, une responsabilité d'organisation », constate Gérard Delvaux. Mais pas question de pointer un coupable.

Courard stigmatise un contrôle défaillant de l'oppositionLe ministre wallon des Affaires intérieures, Philippe Courard (PS), a, entre autres responsabilités dans les affaires qui secouent la Ville de Charleroi, pointé du doigt une faute politique dans le chef de l'opposition au conseil communal, responsable à ses yeux de n'avoir pas fait son boulot de contrôle démocratique, a-t-il affirmé mercredi sur les ondes de La Première (RTBF). Bien entendu, il y a une responsabilité du collège des échevins, mais aussi du conseil communal. On ne va quand même pas me faire croire qu'un conseiller communal de l'opposition ne pose pas de questions, ne sait pas déceler, sans avoir même reçu ce rapport, qu'il y a toute une série de dysfonctionnements qui apparaissent au vu et au su de tout le monde, a-t-il indiqué. Pour lui, le fait que la Régie foncière ne rendait plus de rapports depuis 2001 aurait dû être soulevé par l'opposition MR-cdH-Ecolo. On n'a pas posé de question, je n'ai jamais reçu en deux ans, et mon prédécesseur Charles Michel en quatre ans, de plainte de qui que ce soit, a-t-il souligné, parlant de déficit global de tout le monde. (d'après Belga)

28 novembre 2006

La surpêche

La fin des poissons (28/11/2006)
Le thon va disparaître de la Méditerranée. Et 30 % des espèces sont déjà menacées sur le globe


Les organisations écologistes Greenpeace et WWF dénoncent cette semaine l'accord international sur la pêche au thon estimant qu'il signe "l'arrêt de mort" de ce poisson en Méditerranée.
Les autorités de la pêche ont accepté un quota de captures de thons rouges de 29.500 tonnes en 2007, soit le double de ce qu'avait recommandé un comité scientifique. Pour Greenpeace, cet accord signe" l'arrêt de mort du thon rouge de Méditerranée". L'organisation écologiste avait mené une campagne musclée sur ce thème, notamment en emmenant son Rainbow Warrior dans le port de Marseille.
Le plan de pêche prévoit bien une réduction graduelle des possibilités de capture de 32.000 tonnes par an actuellement à 25.500 tonnes en 2010. Il prévoit aussi une extension importante des périodes de fermeture de la pêche au thon. Mais ces mesures sont insuffisantes, rétorquent les écologistes. Au Japon, l'accord est aussi critiqué, car il va entraîner une hausse du prix des sushis et autres sashimis...
Plus largement, si rien n'est fait, la pollution et la surpêche pourraient faire disparaître la quasi-totalité des espèces de poissons et crustacés des océans d'ici 2048, selon une étude publiée récemment dans la revue américaine Science. Pour réaliser cette étude, les chercheurs ont fait la synthèse de données couvrant 1.000 ans d'histoire marine, 32 expériences scientifiques, des études effectuées dans 48 domaines marins protégés et des statistiques des Nations unies sur la pêche de 1950 à 2003. "À ce stade, 29 % des espèces de poissons et crustacés se sont effondrées, c'est-à-dire que les prises de pêche les concernant ont diminué de 90 %. C'est une tendance très claire et elle accélère", estime l'un des chercheurs, dont les conclusions sont sans appel :" Si la tendance se poursuit à long terme, toutes les espèces de poissons et crustacés, selon les projections, auront disparu d'ici 2048".
Solutions ? La création de nouvelles réserves marines, une meilleure gestion des pêches et des contrôles accrus en matière de pollution.
B. F.
© La Dernière Heure 2006

24 novembre 2006

Libéralisation : la patience s'impose !

En Wallonie, la libéralisation du marché de l'énergie fait un tabac.

A Bruxelles, c'est le fiasco à cause du manque de concurrents.Dans les deux cas, le client doit être patient.Et le manque à gagner varie d'une personne à l'autre.
Beaucoup d'informations ont circulé ces dernières semaines à propos de la libéralisation complète du marché de l'énergie à Bruxelles et en Wallonie qui entrera en vigueur au 1er janvier 2007. A un peu plus d'un mois de cette échéance, refaisons le point.

1 Tout est-il fin prêt pour la libéralisation ?
A Bruxelles, l'ordonnance qui doit organiser la libéralisation n'a toujours pas été votée (lire interview). Ce retard explique en partie la forte réticence des principaux concurrents d'Electrabel à se lancer dans la bagarre. A l'heure actuelle, moins de 20 ménages, explique Philippe Massart, porte-parole de Sibelga, ont demandé de changer de fournisseur par rapport au fournisseur par défaut, qui est Electrabel Customer Solutions (ECS).
En Wallonie où les textes ont été votés depuis longtemps, en revanche, la concurrence fait rage. Au moins 50 000 ménages ont signé un contrat. L'engouement est tel que les principaux concurrents d'Electrabel n'arrivent pas à suivre la demande. Nuon a annoncé qu'il postpose la date de fourniture au 1er mars. En attendant, c'est le fournisseur par défaut qui alimentera le client. Chez Essent, seuls les contrats conclus jusqu'au 20 novembre pourront être applicables dès le 1er janvier 2007.

2 Les clients qui n'ont pas signé de contrat sont-ils perdants ?
Celui qui ne signe pas de nouveau contrat est d'office alimenté par le fournisseur par défaut. Dans ce cas-là, les tarifs sont moins intéressants. Mais le manque à gagner varie d'un cas à l'autre.
A Bruxelles où le choix est, on l'a dit, quasi inexistant, celui qui signe un contrat avec ECS obtiendra une réduction de 2 pc sur le prix de l'énergie par rapport au contrat par défaut.
En Wallonie, il y a trois fournisseurs par défaut (Luminus dans la Région de Liège, Essent à Wavre et ECS partout ailleurs). Luminus est le plus cher, ECS est dans la moyenne et Essent le meilleur marché.
D'après Francis Ghigny, le directeur général de la Cwape (régulateur wallon), le gain moyen pour un ménage qui choisit la meilleure offre tourne autour de 50 euros par an pour la facture de gaz ou d'électricité.
Comme dorénavant, la facture est la somme des différents coûts (énergie, transport et distribution), celui qui se retrouvera dans un coin très reculé du pays risque de payer plus cher son énergie, quel que soit le fournisseur. En revanche, celui qui habite dans une grande agglomération devrait bénéficier d'une baisse des tarifs de transport et de distribution. Pour se faire une idée précise, le mieux est de faire appel au simulateur de la Cwape (www.cwape.be).

3 Y aura-t-il un jour de la concurrence à Bruxelles ?
Logiquement, quand l'ordonnance sur la libéralisation entrera en vigueur, tous les fournisseurs agréés seront obligés de faire une offre. Mais rien ne dit qu'ils feront une offre plus attrayante que celle d'Electrabel. De fait, on voit que Nuon et Essent, les principaux outsiders, sont déjà dépassés par le nombre élevé de Wallons désireux de changer de fournisseur. De plus, ils sont aussi limités par la production disponible.

Huytebroeck : "Je n'ai jamais été inflexible"
entretien ariane van caloen

La ministre bruxelloise de l'Energie estime que les conditions sont réunies pour avoir un marché concurrentiel.
Evelyne Huytebroeck, ministre (Ecolo) de l'Environnement et de l'Energie à la Région bruxelloise, défend son projet d'ordonnance qui doit organiser la libéralisation du marché bruxellois de l'énergie.
L'ordonnance sera-t-elle votée à temps ?
J'espère terminer les discussions en Commission mardi prochain et obtenir le vote le 8 décembre.
Ne vous y êtes-vous pas prise trop tard ?
Je suis arrivée au cabinet en 2004. Les discussions ont commencé en mars 2005. Pendant un an et demi, on a rencontré tous les acteurs. On était prêt pour Pâques 2006. Le texte a été déposé en juin au Conseil d'Etat.
La pression est forte pour changer le texte, notamment des fournisseurs qui le jugent trop contraignant. Pourquoi avoir été inflexible ?
Je n'ai jamais été inflexible. Au contraire, j'ai eu une attitude de dialogue. Le fournisseur Lampiris ne voit aucun problème avec l'ordonnance. Dans ce genre de projet, il y a toujours des critiques.
La libéralisation n'est pas un processus facile car il faut instaurer un équilibre subtil entre les intérêts des consommateurs et une concurrence loyale. J'ai essayé de trouver une solution qui ne pénalise pas les fournisseurs tout en conservant le droit à l'énergie pour tous. Il fallait mettre des verrous sociaux.
Le mécanisme prévu n'est pas particulièrement lourd. Il est faux de dire qu'à cause de la durée des contrats (3 ans), les fournisseurs risquent d'être bloqués pendant 3 ans avec des gens qui ne paient pas. Le mauvais payeur ne sera pas impuni.
En attendant, il n'y a que deux fournisseurs actuellement actifs à Bruxelles, Electrabel et Lampiris. La concurrence n'est pas là.
J'aimerais bien sûr qu'ils soient plus nombreux. Je signale qu'une fois l'ordonnance adoptée, toute société agréée sera obligée de faire une offre. Pas question de refuser des clients.
Aucun fournisseur ne m'a écrit pour un retrait de licence. J'ai juste reçu une lettre de la Febeg (NdlR : Fédération des entreprises belges gazières et électriques) pour faire part de ses griefs.
L'absence actuelle de concurrence ne risque-t-elle pas d'encourager la hausse des prix ? Que pouvez-vous faire pour l'empêcher ?
C'est le ministre fédéral qui est compétent pour le contrôle sur les prix. Toutefois, je demanderai au gouvernement bruxellois de saisir le comité de concertation pour avoir le principe d'une tarification solidaire et progressive. L'objectif est d'avoir un prix maximum pour les premiers Wh pour les ménages.