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30 mai 2008

Un pas de plus dans les synergies francophones

Le gouvernement de la Communauté française peut désormais inviter des membres de la Cocof et de la Région wallonne à ses réunions.

Benoît Cerexhe, siégera comme ministre associé à la Communauté.Les exécutifs francophones ont franchi vendredi un pas supplémentaire dans leurs synergies. Au cours d'une réunion conjointe, les gouvernements de la Communauté française, de la Région wallonne et de la Commission communautaire française ont convenu que le premier pouvait inviter des membres des deux autres à ses réunions. Il est en outre prévu que le président de la Cocof, Benoît Cerexhe, siégera comme ministre associé à la Communauté. Le 20 mars dernier, M. Demotte (PS), déjà ministre-président wallon, a pris la tête du gouvernement de la Communauté française. Des voix s'étaient néanmoins fait entendre pour garantir une marque bruxelloise plus forte dans l'exécutif communautaire et, dans un souci d'équilibre, plutôt par le biais d'un cdH. La modification intervenue vendredi va dans ce sens. Le règlement de fonctionnement du gouvernement de la Communauté permettra dorénavant d'inviter, lors des réunions de celui-ci, tout membre de l'exécutif wallon et de la Cocof, ou tout membre francophone du gouvernement bruxellois en qualité de ministre associé. Cette invitation sera systématique pour le président de l'exécutif de la Cocof, Benoît Cerexhe (cdH). "Cette table donne l'image d'une partie francophone de Bruxelles et d'une Wallonie affranchies, qui n'ont pas peur de se prendre en main. Nous préfigurons de la sorte une Belgique moderne où chacun joue son rôle avec efficacité", a souligné M. Demotte, à l'issue de la réunion. M. Cerexhe a fait remarquer quant à lui que de nombreux acteurs politiques s'étaient prononcés pour une généralisation du système des doubles casquettes ministérielles, ce qui est le cas de 4 des 7 ministres wallons. "Nous plaidons pour que cette logique soit étendue à l'ensemble des ministres bruxellois. Aujourd'hui, un pas important a été posé dans cette direction", a-t-il expliqué.Du côté Ecolo, la ministre bruxelloise Evelyne Huytebroeck a mis en avant les nombreux gestes et avancées de la coopération entre les Régions ces derniers mois, comparés à l'"ambiance délétère" qui règne en Belgique, et singulièrement au fédéral. M. Demotte a d'ailleurs abondé dans le même sens. "Alors qu'on a le sentiment que le gouvernement fédéral s'enfonce dans le marais de l'indécision, nous faisons le contraire", a-t-il fait remarquer, avant d'ajouter: "Il y a un moral d'acier du côté francophone! ".

Cerexhe, ministre associé à la Communauté française
Le ministre bruxellois de l'Economie, Benoît Cerexhe, siégera dès ce vendredi comme ministre associé au gouvernement de la Communauté française, rapporte Le Soir qui qualifie ce statut de "nouvelle étape dans le rapprochement des institutions francophones".Concrètement, le ministre Cerexhe sera convié aux réunions du gouvernement de la Communauté française pour y porter la voix bruxelloise et défendre les intérêts de la capitale. Il ne participera toutefois pas aux délibérations, n'exercera pas de compétences et ne disposera donc pas d'un cabinet en tant que tel, explique le quotidien. "Ma stratégie, c'est la mise en commun de nos politiques. Et avancer vers la fédération, qui permettra une gestion commune des compétences", avance le ministre-président de la Région wallonne et de la Communauté française, Rudy Demotte.La modification du règlement de fonctionnement du gouvernement communautaire prévoit aussi que le ministre-président puisse inviter tout ministre à assister à une séance. Pour Rudy Demotte, ce mécanisme d'invitation permettra d'associer les deux Régions sans passer par la lourdeur de réunions conjointes.

Le déséquilibre Wallonie-Bruxelles demeure
Le déséquilibre au sein du gouvernement de la Communauté française entre la représentation wallonne et bruxelloise demeure entier, estime le MR après la désignation de Benoît Cerexhe comme ministre associé."Au lieu d'être coiffé d'une double casquette, comme la logique le voudrait, notre pauvre ministre ne disposera que de son petit béret et de son bâton de pélerin pour prêcher la bonne parole bruxelloise au sein d'un gouvernement dans lequel les synergies Wallonie-Communauté française sont profondément imprégnées", ont souligné les députées bruxelloises Françoise Schepmans et Caroline Persoons.A leurs yeux, cette initiative règle seulement un différend de représentation entre le PS et le cdH depuis le remaniement ministériel et l'accession de M. Demotte à la présidence des exécutifs de la Communauté française et de la Région wallonne. Comme ses deux collègues, la chef de groupe à la Communauté française, Françoise Bertieaux, parle d'un "sous-ministre", sans compétence, sans portefeuille, ni droit de participation aux délibérations."Alors que la la Région wallonne compte, depuis le début de la législature, de vrais ministres à double casquette au sein du gouvernement de la Communauté française, Bruxelles n'a droit qu'à un ersatz ministériel", a-t-elle regretté.

10 mai 2008

Le freezing francophone

Les francophones ont paralysé la proposition de loi flamande sur la scission de BHV via un "conflit d'intérêt". Les discussions communautaires sont arrêtées. Le CDH remet en cause l'échéance de la mi-juillet.


Le message d'annulation de la petite sauterie communautaire est tombé sur le coup des 12 h 30. Les experts institutionnels des quatre formations politiques francophones ont reçu, dans leur boîte mail, un message laconique en provenance des services du Premier ministre Yves Leterme : "Annulation de la réunion de ce vendredi après-midi" (en flamand dans le texte). C'est que faute de participants francophones - MR, PS, CDH et Ecolo ont décrété le gel de toute discussion communautaire dans la foulée du "passage en force" flamand à la Chambre - les experts flamands ne pouvaient plus que discuter entre eux de l'avis remis par le Conseil d'Etat sur le "premier paquet" de compétences...
Vendredi, les partis francophones ont lancé une seconde procédure en "conflit d'intérêts", via le Parlement de la Cocof qui s'est prononcé à l'unanimité de ses 62 membres (lire ci-contre), une procédure qui paralyse le parcours législatif de la proposition de loi flamande visant à scinder l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde pour 120 jours. "C'est très symbolique, constate Christos Doulkeridis (Ecolo), le président du parlement francophone bruxellois, que le répit vienne de Bruxelles. On démontre ainsi que Bruxelles n'est pas une source de problèmes mais peut apporter des solutions. Toutefois, poursuit Christos Doulkeridis, il est regrettable que la Cocof - une assemblée qui est souvent méprisée - doive intervenir pour remédier les carences du fédéral. Que ce Premier ministre prenne enfin ses responsabilités !"
La tête au Pérou
Dans l'immédiat, les discussions communautaires sont au point mort - "c'est un peu embêtant", ironise un responsable du cartel CD&V/N-VA, persuadé que les négociations reprendront rapidement. Le Premier ministre, la tête à son prochain voyage pour le Pérou, n'a pas l'air de s'émouvoir, outre mesure de ce "freezing" (mise en mode "pause") francophone. Vendredi matin, lors du Conseil des ministres, Leterme n'a pas soufflé le moindre mot des évènements parlementaires de la veille. "C'était assez étrange, rapporte un participant, on aurait dit qu'il ne s'était absolument rien passé la veille." Un autre : "L'ambiance était relativement bonne."
Reste que les quatre partis francophones doivent (encore) déterminer l'exacte amplitude du gel des discussions communautaires. Le PS exige une "négociation immédiate" sur la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde. "Si l'abcès BHV n'est pas crevé, analyse-t-on au boulevard de l'Empereur, nous ne bougerons plus d'un millimètre. Il n'y aura pas de premier ni de second paquet communautaire." Quant aux libéraux francophones, sans calendrier et propositions concrets sur le communautaire, pas la peine de leur adresser une invitation, insistent-ils. "Le dossier communautaire est au frigo, commente-t-on chez les verts. Mais de là à dire qu'il est au congélateur..." Vendredi matin, la présidente du CDH Joëlle Milquet a, elle, remis en cause l'échéance de la mi-juillet pour la réforme de l'Etat réclamée par le cartel. "Pourquoi se presser quand on prend des coups ?", demande-t-on dans son entourage.
Une enveloppe budgétaire annuelle de 65 millions d'euros a été allouée à la Région bruxelloise dans le cadre de l'accord sur le "premier paquet". Mais cet accord a été déclaré nul par les francophones : "Je ne peux pas imaginer, souligne un responsable flamand , que les francophones vont se passer de ce refinancement..." Chantage, chantage...

09 mai 2008

Conflit d'intérêt à contre coeur

Les chefs des groupe démocratiques n'ont pas caché qu'il activaient cette procédure à contre coeur, parce qu'il y va des intérêts des francophones de la périphérie et de leur lien avec ceux de la capitale, et qu'ils veulent que la concertation reprenne le dessus pour éviter le pire.



Comme annoncé, le parlement des députés bruxellois francophones a ouvert vendredi matin sa séance plénière ordinaire par un débat sur la motion en conflit d'intérêt que la commission communautaire française devrait adopter sans encombre en fin de matinée pour bloquer la proposition de la loi sur la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde.
Les chefs des groupe démocratiques n'ont pas caché qu'il activaient cette procédure à contre coeur, parce qu'il y va des intérêts des francophones de la périphérie et de leur lien avec ceux de la capitale, et qu'ils veulent que la concertation reprenne le dessus pour éviter le pire. Mais ils ont jugé le processus le vote d'une communauté contre l'autre, particulièrement "grave".
Les députés ont adopté la proposition de motion en conflit d'intérêts à l'unanimité des 62 membres présents. Le texte sera transmis à la Chambre et au Comité de concertation réunissant les représentants du gouvernement fédéral et des entités fédérées.
"Voilà des années que les partis flamands chauffent à blanc l'opinion publique flamande contre les Wallons, contre les Bruxellois et contre la Belgique. Aujourd'hui, ils ne contrôlent plus la machine et nous demandent de suspendre une procédure par le vote d'une motion en conflit d'intérêt. Il faut que cela cesse", a ainsi averti Anne-Sylvie Mouzon (PS).
Pour Milquet, il n'est plus question du 15 juillet
Les partis francophones souhaitent à présent uniquement régler la question de Bruxelles-Hal-Vilvorde dans le cadre d'un grand accord communautaire. Pour Joëlle Milquet, présidente du cdH, le 15 juillet n'est déjà plus une date limite envisageable, rapporte vendredi la rédaction de la VRT.
Pour Mme Milquet, cette échéance pouvait seulement valoir en cas d'une solution concertée sur BHV. "Pourquoi devrions-nous dès lors régler les autres affaires avant cette date?", a-t-elle demandé.



La loi du plus fort pour la mise à l'agenda Edito: La très grande faute d'Yves Leterme Sire, il n'y a plus de Premier ministre

12 octobre 2007

La Cocof appelle les Wallons à l'aide

On a trop traîné à créer des synergies entre Bruxellois francophones et Wallons.C'est Evelyne Huytebroeck qui le dit. Et confirme la détresse de la Cocof.

entretien
Lors de la rentrée parlementaire, Marie Arena (PS), la ministre-Présidente de la Communauté française, exhortait les francophones à réfléchir à leur destin. Elle annonçait, dans la foulée, la mise sur pied prochaine d'une commission mixte chargée de coordonner le travail.
Evelyne Huytebroeck est aujourd'hui la seule ministre Ecolo en fonction. Elle est directement concernée par le débat puisqu'elle a en charge l'Environnement dans le gouvernement bruxellois et la politique des handicapés dans le collège de la Commission communautaire française (Cocof).
Cela vous inspire quoi, cette commission ?
En soi, cet appel à la solidarité francophone est une bonne chose. C'est légitime et nécessaire. Ce qui m'énerve un peu, c'est que cela fait 3 ans que je réclame davantage de synergies concrètes entre les entités francophones et que j'ai l'impression de crier dans le désert. C'est très bien de vouloir définir un destin commun. Mais on devrait déjà avoir un présent commun. Il y a deux raisons à cela : améliorer la gouvernance et, aussi, assurer une certaine solidarité budgétaire.
J'ai rédigé un jour une note qui avançait des pistes concrètes. Ni Christiane Vienne (ex-ministre wallonne de la santé) ni Marie Arena n'ont voulu l'inscrire à l'ordre du jour d'une réunion commune que devait tenir le gouvernement wallon, le gouvernement de la Communauté française et le collège de la Cocof. Je n'ai toujours pas compris pourquoi.
Quelles pistes concrètes avanciez-vous ?
Il y a notamment toute la question des places dans les institutions pour personnes handicapées. On est clairement confronté à un manque de places. Or, aujourd'hui, il y a comme une frontière invisible : les Bruxellois ont beaucoup de mal à trouver une place en Wallonie et les Wallons à aller à Bruxelles. Chacun défend son budget dans un contexte de rareté des ressources. Une gestion globalisée permettrait sans doute de lever certaines barrières.
Autre idée : pourquoi ne pas créer une structure commune pour l'enfance en difficulté ? Cette problématique touche à la fois à l'enseignement, l'enfance handicapée et l'aide à la jeunesse. On se trouve souvent à cheval sur plusieurs frontières.
N'y a-t-il aujourd'hui aucun lieu pour discuter de synergies entre Wallons et Bruxellois ?
En 1993, lorsque certaines matières sociales, comme la politique des handicapés ont été transférées à la Cocof et à la Région wallonne, il avait été prévu de mettre sur pied un "comité francophone de coordination des politiques d'aide aux personnes et de santé". Ce comité ne s'est jamais réuni. J'ai demandé plusieurs fois pour le mettre sur pied. On vient seulement de désigner les membres. Mais il n'y a toujours pas eu de réunion. Je ne sais pas non plus pourquoi. C'est dommage : on a perdu du temps.
Ne serait-il pas plus facile de rapatrier la politique des personnes handicapées en un seul lieu, à la Communauté française ?
Ce n'est pas en faisant des changements institutionnels qu'on réglera les choses. La compétence est mieux exercée depuis 1993 quand la Cocof en a hérité. Les institutions fonctionnent mieux parce qu'on prend mieux en compte la spécificité bruxelloise. Notre problème aujourd'hui, c'est l'argent. La Cocof est exsangue.
Il y a une spécificité bruxelloise dans la politique des handicapés ?
Il y a des situations particulières. Nous avons par exemple beaucoup moins de terrains où bâtir des institutions et le prix de l'immobilier est très élevé.
Si vous demandez davantage de synergies entre entités francophones, c'est aussi pour sortir du carcan budgétaire ?
Pour avoir des synergies, il faut des solidarités. Cela signifie que l'on doit porter secours aux institutions confrontées à d'énormes difficultés financières. C'est le cas de la Cocof. Nous nous sommes montrés solidaires avec la Communauté française pendant de longues années. Les compétences qui ont été transférées en 1993 à la Cocof n'ont en effet pas été accompagnées de la totalité des budgets qui y étaient consacrés. C'était une façon de refinancer la Communauté française. A l'époque, cela représentait, par an, un écart de 35 millions d'euros (actualisés). Mais quand la roue tourne, qu'une autre entité est en difficulté, il est normal qu'elle puisse bénéficier de l'aide de celle qu'elle a aidée avant.
Que demandez-vous : que la Communauté française paye à nouveau la totalité du budget ?
Il y a d'autres possibilités. On peut revoir la clé de répartition des budgets entre Cocof et Région wallonne. En 1993, on a fixé une clé de 23 pc-77 pc. Il faudrait avoir une clé de 25 pc-75 pc.

D'où viennent les problèmes financiers ?
C'est mécanique. La hausse des dépenses sociales à Bruxelles est supérieure à celle de nos dotations. Nos recettes sont simplement indexées. Et les besoins sociaux en forte croissance. On ne peut pas continuer à laisser cette institution aller dans le mur.



Création de la première cellule de tourisme d'affaires wallonne


Benoît Lutgen, ministre wallon du Tourisme et René Collin, député provincial en charge du Tourisme en province de Luxembourg, ont décidé de mettre en place la première cellule de tourisme d'affaires wallonne, baptisée "Convention Bureau Ardenne Meetings & Incentives". "Nous avons voulu saisir une opportunité. Le tourisme d'affaire se développe fortement. Les entreprises organisent de plus en plus d'événements, de réunions. Ce tourisme apporte une occupation plus importante, en semaine, des acteurs touristiques. Il permet aussi une redynamisation des secteurs hôtelier, d'hébergement et d'activités", a précise René Collin, président de la FTLB (Fédération touristique du Luxembourg belge) à l'origine de cette initiative.L'objectif de cette cellule, active depuis le 1er octobre, est multiple. Il s'agit de structurer l'offre et fédérer les acteurs du tourisme d'affaires et du tourisme en général. Favoriser les collaborations entre les différents services et infrastructures situés en province de Luxembourg. Assurer un suivi personnalisé de toute demande d'opérateurs en les orientant vers d'autres prestataires de services correspondant à leurs exigences. Organiser des visites d'hôtels et d'infrastructures afin d'optimiser les connaissances des acteurs en la matière. Établir un recensement des opérateurs en vue de la création d'un site internet professionnel et dynamique. Cette initiative est un projet pilote en matière de tourisme d'affaire. La cellule est gérée par une collaboratrice, et se situe dans les bureaux de la FTLB à La Roche-en-Ardenne.Le "Convention Bureau Ardenne Meetings & Incentives" se positionne en véritable interface, neutre et professionnel entre le secteur de type tourisme d'affaires et les sociétés, groupes, belges et étrangers, en quête d'informations pour l'organisation de leurs événements, séminaires, etc. En phase avec la nouvelle politique touristique wallonne centrée sur un tourisme de qualité, le "Convention Bureau Ardenne Meetings & Incentives" entend mettre en ¿uvre des synergies privé - public, en étroite collaboration avec le Convention Bureau Wallonie/Bruxelles et le club Mice wallon (club de promotion centré sur le tourisme d'affaires). (belga)