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31 août 2008

« Que les Flamands nous lâchent les baskets »

Lors de l'Université d'été organisée par le MR bruxellois, le vice-Premier ministre et président du MR Didier Reynders répond aux dernières déclarations du ministre-président Kris Peeters à Bruxelles.
"Que les Flamands cessent de nous dire comment nous devons gérer Bruxelles. Qu'ils nous lâchent un peu les baskets", a lancé samedi le vice-Premier ministre et président du MR, Didier Reynders, à l'occasion de la première université d'été organisée par le MR Bruxelles. Il répondait ainsi aux dernières déclarations du ministre-président flamand Kris Peeters (CD&V) qui parle dans une interview au Soir de Bruxelles comme d'un "Région spéciale et spécifique".

"Pour nous, Bruxelles est une Région à part entière et pas entièrement à part", a dit M. Reynders. Et d'ajouter: "En tant que confédéraliste, que M. Peeters s'occupe de sa Région et qu'ils laisse aux autres le soin de gérer la leur. Qu'il continue à gérer sa merveilleuse Région mais qu'il cesse de nous dire comment nous devons gérer la nôtre. Qu'il nous lâche un peu les baskets".

M. Reynders a rappelé que son parti était ouvert à la négociation communautaire. "Nous sommes prêts à nous mettre à table mais dans une telle négociation il faut que chacun manifeste du respect pour l'autre", a-t-il ajouté.

Avant lui, la présidente des libéraux bruxellois Françoise Bertieaux avait qualifié les déclarations de M. Peeters de "réductrices". "Pour le dire comme les jeunes, il nous nie", a-t-elle dit.

M. Reynders a aussi été très ferme sur le dossier de l'immigration.

"J'entends certains dire qu'on est proche d'un accord. Ce n'est pas vrai. Il n'y aura pas d'accord si le résultat ne nous convient pas tout à fait et pour cela il faudra accepter de parler de l'immigration économique", a-t-il dit soulignant que sur ce point le MR est "sur la même longueur d'ondes" que l'Open Vld et le CD&V. "En attendant, a-t-il encore ajouté, il est faux de dire que le dossier n'est pas géré. "Il existe une législation qu'on applique et tous les jours il y a des régularisations, des refus et des expulsions".

"La question n'est pas de savoir si on régularise quelqu'un qui monte sur une grue ou quelqu'un dont l'avocat parle tous les jours à la radio ou à la TV. Le vrai débat que nous devons avoir aujourd'hui est celui de l'immigration économique.

Va-t-on continuer à fermer nos frontières à certains européens et veut-on que les Polonais continuent à être obligés de venir travailler chez nous clandestinement ou va-t-on enfin leur permettre de venir officiellement? Pourquoi ne pas ouvrir nos frontières pour les métiers en pénurie et permettre bien sûr à ceux qui sont déjà chez nous et qui peuvent travailler dans ces secteur de rester? ", a encore dit le président.

Le thème de cette première université d'été du MR bruxellois était "les conditions d'une croissance économique à Bruxelles".

"En parlant de la formation, de l'entreprenariat et de l'emploi des jeunes, vous avez remis au centre des préoccupations les vrais défis de l'avenir", a encore dit M. Reynders qui a répété les critiques de son parti à l'égard de la politique en matière d'enseignement et de formation en Communauté française et en Région bruxelloise. "Si l'Orbem avait été efficace on n'aurait pas changé son nom en Actiris", a-t-il dit.

A propos du travail des femmes, il a souligné qu'il fallait certes favoriser l'adéquation entre travail et vie familiale sans toutefois trop négliger le premier élément de cette équation. Pour lui, il faut être attentif à ce point. "Il faut aussi insister sur les contraintes du travail. Il y a une telle accumulation de possibilités de congé que certaines entreprises finissent par hésiter à engager une femme".

30 août 2008

« Bruxelles, Région spéciale et spécifique »

« Peeters rompt le pacte des Belges »

Les propos du ministre-président flamand Kris Peeters faisant de la Région bruxelloise une institution « spéciale » non directement associable au dialogue de communauté à communauté constituent une « rupture du pacte entre les Belges », réagit le ministre-président de la Région-capitale Charles Picqué.


Le ministre-président flamand Kris Peeters a répété samedi dans le quotidien Le Soir qu'il était prêt à représenter la Flandre dans un dialogue de communauté à communauté en vue d'une réforme de l'Etat, rappelant qu'à ses yeux la Région bruxelloise ne pouvait y être directement représentée, car elle constitue une entité « spécifique » voire « spéciale ».
Il s'agit à cet égard d'une « rupture du pacte entre les Belges », a indiqué dimanche le ministre-président bruxellois, Charles Picqué, interrogé par l'agence BELGA.
« Les Bruxellois ont obtenu la reconnaissance de leur Région il y a maintenant vingt ans », a rappelé M. Picqué. « Le fait de ne pas vouloir associer Bruxelles aux discussions sur l'avenir des Belges, c'est faire montre d'un mépris qui devient totalement intolérable », a-t-il ajouté, soulignant que la proposition de M. Peeters visait « la négation d'un million de Belges pourtant intéressés par le sort qu'on entend leur réserver ».
Le ministre-président Picqué a par ailleurs indiqué que la prise de position de son alter ego flamand était aussi intolérable « pour les Flamands de Bruxelles ». Il constate à cet égard que la bonne entente qui caractérise le dialogue entre Wallons et Bruxellois n'est pas de mise entre institutions bruxelloise et flamande. Selon lui, cela s'explique par le fait que « d'un côté, on est traité d'égal à égal, de l'autre, on entend s'occuper des Bruxellois mais sans eux ».

Kris Peeters, Comment voyez-vous Bruxelles ?

A mes yeux, Bruxelles est une Région à la fois spécifique et spéciale, dans le sens positif du terme. Spéciale, parce que c’est la capitale de la Belgique, de la Flandre, de l’Europe. Et spéciale, aussi, parce que c’est une grande ville multiculturelle. J’espère que nous pourrons parler de l’avenir de Bruxelles. Qui peut du reste légitimement dire qu’elle a un problème de financement. Les transferts filent vers la Wallonie en passant au-dessus de la tête de Bruxelles, qui n’a pas son dû.

Bruxelles peut-elle être présente à la table des négociations ?

Nous n’excluons pas Bruxelles du dialogue. Dans l’accord de gouvernement flamand, on précise que la Belgique est constituée de deux entités fédérées, avec une approche spécifique pour Bruxelles et la communauté germanophone. Les francophones disent que Bruxelles est une Région comme la Wallonie ou la Flandre. Je trouve ça un peu étrange, car c’est notre capitale et c’est par définition un statut spécifique. Bruxelles a un potentiel énorme et nous devons l’aider à se développer. Bien sûr, cela concerne les Bruxellois mais aussi les Flamands et Wallons. Parce que c’est notre capitale. Les efforts en matière de financement, nous devons les faire ensemble. Et nous ne pouvons pas, avant même que le dialogue ne soit lancé, apporter une réponse à la question de son statut.


Mais pour les francophones, la présence de Bruxelles à la table, d’entrée de jeu, est essentielle…

Je n’ai pas de problème à impliquer Bruxelles surtout quand on discute de questions bruxelloises. Comme on le fera avec le fédéral. La vraie question, c’est comment et quand. C’est à cela que travaillent les médiateurs. Mais un dialogue de Communauté à Communauté, ça se fait à deux.


Quel statut devrait, selon vous, avoir Bruxelles ?

L’accord du gouvernement flamand précise que Bruxelles doit être une Ville-Région. Je pense que nous avons commis l’erreur, en Flandre, d’avoir des relations difficiles avec Bruxelles, de ne pas y investir assez. Par certaines positions, nous la poussons dans les bras de nos amis wallons. Or, il y a des Flamands qui vivent à Bruxelles. Il faut donc discuter, en toute transparence, dans la confiance, de l’avenir de Bruxelles. Et Bruxelles ne peut pas dire « donnez-nous de l’argent et c’est tout, pour le reste, ne vous mêlez pas de nos affaires ». C’est trop facile et ce n’est pas une attitude très positive.


La crainte du côté francophone, c’est que la Flandre rêve d’une cogestion de Bruxelles par les deux communautés. Fondée ?

Il y a des craintes des deux côtés : en Flandre, on a peur du corridor. On craint que Bruxelles soit annexée par la Wallonie. Pour que le dialogue soit un succès, il faut oublier les peurs et discuter. Pour le reste, je ne vais pas anticiper le débat.

28 juillet 2008

Un seul point les sépare : la manière de désenclaver Bruxelles

Bruxelles peut/doit-elle s’asseoir à la table des négociations institutionnelles, au même titre que la Flandre et la Wallonie ?
Charles Picqué. Oui. D’abord parce que cela fait partie du contrat fédéral belge. Ensuite parce que ce n’est pas mauvais pour la négociation, vu que Bruxelles est un élément d’apaisement ou fédérateur. Enfin, l’importance de Bruxelles sur le plan économique et international justifie pleinement sa place aux côtés des autres.
Ce n’est pas du nombrilisme, c’est le bon sens. Et la simple reconnaissance d’une situation de fait : la Région bruxelloise existe.
Guy Vanhengel. Bruxelles, c’est la Belgique en miniature. Il faut nous reconnaître, voire s’inspirer du fonctionnement de Bruxelles. Depuis que la Région existe et malgré toutes les tensions communautaires, nous parvenons à maintenir un équilibre. Pourtant, il n’y aurait rien de plus facile que de faire monter la pression communautaire à Bruxelles. Eh bien, avec notre gouvernement, nous sommes parvenus à démontrer qu’il y a moyen de gérer Bruxelles correctement.
Ch. P. Il faut se projeter dans l’avenir. Quelle que soit la configuration institutionnelle de la Belgique de demain ou de ce qu’il en restera, il faudra coopérer. Or, on ne coopérera pas bien s’il n’y a pas un respect mutuel. Ecarter Bruxelles, c’est créer un manque de confiance et mettre en péril la coopération. Par ailleurs, le statut international de Bruxelles ne s’accommodera pas d’une crise dont Bruxelles serait le centre sur fond de nationalisme et d’intolérance belgo-belges.
G. V. C’est aussi une méconnaissance des Bruxellois en tant que tels. Ecarter Bruxelles, c’est mener une négociation de Communauté à Communauté, de Flamands à francophones. C’est progresser vers la sous-nationalité. Et ça, c’est tout le contraire de ce qu’est devenu le Bruxellois.
Une grande partie des ménages bruxellois sont mixtes, avec des composantes du nord et du sud ou de pays lointains. Vouloir imposer un choix aux Bruxellois, celui d’être uniquement flamand ou francophone, c’est contraire à la réalité.
C’est la méconnaissance de l’identité multiple. C’est pousser vers l’identité unique.
Peut-on revendiquer cette identité multiple et être à la fois francophone ou néerlandophone ?
Ch. P. Au début des années 90, quand j’expliquais ma conception de Bruxelles, je parlais de double loyauté : à l’égard de notre Région et de la Communauté dont nous faisons partie. Ce n’est pas contradictoire. On peut vivre avec cette double loyauté.
Une loyauté prime sur l’autre ?
Ch. P. Non.
G. V. Non, non. La bonne gestion politique, c’est de chercher les synergies et non la concurrence entre loyautés. C’est un exercice auquel nous devons nous appliquer chaque jour à Bruxelles.
La réforme de l’Etat va renforcer l’autonomie des entités fédérées, Région ou Communauté. Comment va-t-on procéder à Bruxelles ? Par exemple en matière de soins de santé ?
Ch. P. On ne peut pas créer deux régimes de santé, un francophone et un flamand. Je ne peux pas concevoir que Bruxelles devienne le symbole d’une discrimination entre individus.
Imaginez-vous que nous gérions demain une ville dont certains citoyens auraient plus d’avantages que d’autres ? Bruxelles doit rester le symbole de la solidarité entre personnes. La sous-nationalité renvoie à une conception des rapports sociaux qui est contraire à ce que Bruxelles incarne.
La Flandre accuse les Bruxellois de mal gérer leur ville.
G. V. Je vous défie de trouver, ces dernières années, une déclaration du VLD qui ose dire que Bruxelles est mal gérée. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas moyen de faire mieux. Je pense à la relation entre les communes et la Région. Nous avons calqué le modèle bruxellois sur le modèle de Flandre ou de Wallonie.
Or, nous avons un territoire spécifique, totalement urbanisé, où le transport en commun, l’aménagement du territoire doivent se faire avec une très grande cohérence. Progressivement, en devenant adulte, la Région et les communes doivent pouvoir négocier entre elles une meilleure répartition des tâches. On progresse déjà au niveau de la fiscalité ou du stationnement. Je supporte de moins en moins qu’on nous fasse la leçon de l’extérieur. La mauvaise gestion de Bruxelles, on l’a connue quand elle était gérée par le fédéral. C’est depuis qu’on a pris les choses en main nous-mêmes, qu’on a fait progresser spectaculairement cette ville en 20 ans.
Ch. P. Le procès en mauvaise gestion de Bruxelles n’est étayé par aucun argument, par aucun chiffre. Nous nous trouvions devant trois défis majeurs à la création de la Région, nous les avons relevés. D’abord, l’internationalisation : en 20 ans, Bruxelles a confirmé son statut international. Ensuite, Bruxelles a confirmé son rôle de place économique. Enfin, nous devions lutter contre la dégradation de certains quartiers. C’est en bonne voie, même si le travail n’est pas fini. Le procès fait à Bruxelles est très injuste d’autant que nous avons relevé un quatrième défi : faire fonctionner les institutions bruxelloises malgré leur immense complexité. Bruxelles dérange parce que Bruxelles est la démonstration qu’avec pragmatisme et raison, on peut encore construire des choses ensemble.
Bruxelles peut-elle coopérer avec la Flandre comme elle entend le faire avec la Wallonie ?
Ch. P. La coopération indispensable passe par le respect. En 20 ans, alors qu’on voyait le souhait d’une plus grande coopération entre la Wallonie et Bruxelles, on est resté pour le moins dans l’ambiguïté avec la Flandre. C’est ça qui a amené un rapprochement, sur le plan politique, exclusivement avec la Wallonie.
Certains, en Flandre, considèrent que mettre les trois Régions à table, c’est se retrouver à deux (francophones) contre un. C’est oublier qu’on a inventé un système politique pour que Bruxelles soit bilingue, qu’on a donné du pouvoir aux Flamands, qu’on a un gouvernement paritaire. Dire que c’est deux contre un, ça signifie qu’il y a un présupposé…
G. V… que nous sommes inexistants ! D’ailleurs, la tendance séparatiste nous reproche d’être de mauvais Flamands.
Vous avez l’air d’accord sur tout. Ch. P. Bruxelles a deux problèmes sérieux. Un, le financement. Là, on est d’accord. Deux, la nécessité d’une stratégie transfrontalière avec l’hinterland. Là, on est d’accord sur le principe.
Mais pas sur les modalités…
G.V. Là, ça diverge.
Ch. P. Les réponses peuvent diverger. Je ne vais pas demander à Guy Vanhengel de réclamer l’élargissement jusqu’à Londerzeel. Il y a matière à discuter. Certains parlent élargissement, d’autres parlent communauté urbaine. Nous sommes d’accord sur le fait qu’il faut trouver une formule.
G.V. Il faut progresser sur ce qui est raisonnablement acceptable des deux côtés. Du côté néerlandophone, une extension du territoire est inimaginable. Comme, côté francophone, une simple scission de BHV. Il ne faut pas se focaliser là-dessus mais aller à la recherche des éléments qui peuvent nous rassembler.
Ch. P. C’est le seul point où, à partir d’un même constat, nous avons des réponses différentes. Quand on arrive à la conclusion qu’il n’y a qu’un sujet majeur sur lequel on peut avoir des réponses différentes et nuancées, ce n’est pas énorme…
Si Picqué et Vanhengel représentent Bruxelles dans la négociation, que va dire Bruxelles ?
Ch. P. Il faudra qu’on ait un déjeuner ensemble.

12 juin 2008

La Flandre nie la Région bruxelloise

Les positions sur l'avenir institutionnel du pays commencent à se clarifier. En réponse au projet de fédération Wallonie/Bruxelles, Kris Peeters, le ministre-président flamand ne veut pas d'une Belgique à trois. Il l'a avoué mardi soir, lors d'un débat organisé par « Le Soir » et « De Morgen ». L'intégralité du débat / L'édito de Véronique Lamquin

Flou, l'avenir institutionnel du pays ? Vu du 16, rue de la Loi, l'image est brouillée. Vu de Namur, la perspective s'est éclaircie, avec la fédération Wallonie-Bruxelles basée sur le fait régional. Vu de Flandre, l'horizon s'est soudain éclairci : mardi soir, en plein débat sur Bruxelles, devant 600 personnes conviées par le Soir et le Morgen au Théâtre National, Kris Peeters a joué les diseurs de vérité flamande. Déterminé, le ministre-président flamand CD&V a surpris. Mais a au moins eu un mérite, celui de la clarté.
1Que dit la Flandre ? Kris Peeters était venu, a-t-il avoué, « dire qu'il allait continuer à investir à Bruxelles ». Sous-entendu de l'argent flamand pour une présence flamande. Car de l'argent qui financerait les besoins d'une capitale en termes de mobilité, d'infrastructures, de sécurité, « ce ne serait pas une réponse aux problèmes ». Mais surtout, le Premier flamand a une vision claire du pays, à court terme : une Belgique avec deux entités fédérées. Et Bruxelles ? Kris Peeters lui donne « un statut à part ». « Ce qui revient, au mieux, à un condominium cogéré par les deux autres entités ; au pire à une annexion par la Flandre », décode Rudy Demotte, ministre-président wallon et communautaire (PS).
2Peeters, porte-voix de la Flandre ou franc-tireur isolé ? En janvier, son prédécesseur place des Martyrs, un certain Yves Leterme, lâchait : « Bruxelles est une région qu'il faut respecter, qui a sa particularité, mais qui doit pouvoir discuter d'égal à égal avec les autres Régions. » Et de se dire, dans la foulée, « prêt à faire financer par d'autres des politiques bruxelloises pour l'instant à charge de la capitale ». Le CD&V dont les Dehaene et Vandenbrande (rejoints en cela par un Tobback) cachaient mal leur mépris pour la capitale, avait-il viré de bord ? Premier doute, fin avril, quand Wouter Beke lâche au Soir que non, « la Région bruxelloise n'est pas une région à part entière ». Hier soir, Kris Peeters a dissipé le doute.
Mais au fond, que veulent les Flamands pour cette ville qu'ils ont choisie comme capitale ? La question, sur fond de négociations institutionnelles, sème le trouble dans tous les états-majors. Au CD&V, on précise que la présidente Thyssen préfère ne pas s'exprimer et on renvoie, pour la position officielle du parti, aux propos de Kris Peeters…
Au SP.A et au VLD, on considère que Bruxelles est une affaire… de « Bruxellois » : on y renvoie à des mandataires de la capitale pour exprimer la position officielle du parti. Peur de dévoiler des cartes à l'aube de la grande joute institutionnelle ? Bart Somers et Caroline Gennez filent le sujet respectivement à Sven Gatz et Pascal Smet. Qui, eux, voient un fédéralisme belge à trois pattes. Avec quelques bémols quand même. « Bruxelles a un statut spécifique. Plutôt que de cogestion, je préfère parler de contractualisation avec la Flandre et la Wallonie », explique Pascal Smet qui n'a guère apprécié les propos de Louis Tobback, déchaîné, mardi soir, lors du débat, assénant sans relâche ses attaques sur la « suffisance des Bruxellois » qui pleurent pour un refinancement. « Il s'est exprimé en son nom personnel », précise Smet. Mais d'ajouter que ces propos reflètent sans doute bien ce que beaucoup de Flamands « et sans doute de Wallons » pensent de Bruxelles.
Du côté du VLD, on perçoit aussi Bruxelles comme une « Région à part ». Et on se réfère à la piste lancée par Verhoststadt sur « la communauté urbaine » impliquant le Brabant flamand et wallon. Et son financement ? « Certains Flamands restent toujours dans une logique de refus de transferts financiers en faveur de Bruxelles, regrette Sven Gatz. Pourtant la Région doit, dit-il, pouvoir bénéficier « d'un financement équitable compte tenu des charges de capitale ». Mais à une condition : une centralisation accrue de certaines compétences communales. Comme la police, les CPAS, la mobilité. Même approche au SP.A. « On est pour un refinancement mais on peut économiser par une meilleure organisation, conclut Pascal Smet. Il n'est pas question pour la Flandre de lâcher Bruxelles malgré certains propos caricaturaux. »
3Pourquoi ce grand cri flamand ? En disant qu'il ne veut pas d'une Belgique à trois, Kris Peeters ne dit pas encore quel projet il a pour Bruxlles. Tout au plus laisse-t-il sous-entendre des envies de cogestion de la capitale (sur le thème « C'est notre ville, nous avons le droit de participer à sa gestion »). « J'espère me tromper, décode Charles Picqué. Mais l'une des possibilités, c'est que la Flandre soit dans une stratégie à deux phases : d'abord on démantèle le fédéral. Puis on constate que Bruxelles ne s'en sort plus et n'a d'autre choix que de demander sa mise sous tutelle. » « La grande différence entre le projet de la Flandre et celui que j'ai avec Picqué, souligne Rudy Demotte, c'est que l'un nie la Région bruxelloise et que l'autre l'intègre pleinement. Du reste, la Flandre balance entre deux logiques : territoriale ou communautaire. Alors que nous sommes clairement dans une stratégie territoriale. » Et si, au fond, la Flandre ne savait que faire de cette capitale qu'elle a pourtant choisie ?

Un débat organisé par Le Soir et De Morgen
Trois ténors pour un débat explosif sur Bruxelles

UNE SALLE pleine à craquer, pour débattre de l'avenir de la capitale. Le public a lui aussi donné de la voix. Un débat tendu organisé mardi soir au théâtre National à Bruxelles par "Le Soir" et "De Morgen".Picqué, Demotte, Tobback et les spectateurs: les vidéos du débat.

Les Flamands la trouvent mal gérée, les francophones la disent sous-financée. Mais au fond, quel avenir pour Bruxelles ? Pour y répondre, dans la salle du Théâtre National, 600 personnes (réunies, hier soir, à l'invitation du Soir et du Morgen) et, sur scène, des ténors des 2 communautés (Demotte, Peeters) ; le gouvernement bruxellois est bien représenté (Picqué, Demotte, Vanhengel).
Sur les planches, la tension est palpable. Louis Tobback chauffe la salle, égrène ses slogans acerbes. Kris Peeters martèle la position du CD&V : pas question de lâcher Bruxelles, mais pas question non plus de lui conférer un statut digne de ce nom. Les francophones écoutent, sidérés. Tendu, le débat aura donc eu ce mérite de faire tomber les masques flamands. La salle, elle, réagit. Applaudit, murmure, s'inquiète. Qu'en retenir ? C'est ce que nous avons demandé à trois participants. Avant. Et après.

« On oublie toujours Bruxelles »

Avant : « J’espère qu’on parlera du futur de notre superbe ville. Le problème, en Belgique, c’est que l’on retrouve des extrémistes dans les deux camps et qu’on oublie toujours Bruxelles. C’est frustrant pour les Bruxellois.
Ce qui m’énerve, c’est que Wallons et Flamands prennent avec eux leurs tartines et ne participent pas vraiment à la vie de la capitale. Je m’interroge aussi sur le futur institutionnel de Bruxelles. Et sur l’avenir de la ville en termes d’urbanisme. Quelqu’un a-t-il une vision architecturale de la ville ? »
Après : « On a entendu des pistes déjà évoquées mille fois. La seule chose nouvelle dont j’ai entendu parler c’est l’euro-métropole comme elle existe à Lille. Je suis un peu déçu que l’on n’ait pas abordé la problématique de l’architecture mais je m’en doutais un peu.
J’ai à nouveau eu l’impression d’entendre des navetteurs qui ne connaissent pas beaucoup Bruxelles et ne l’apprécient guère. Même chose pour Kris Peeters (ministre-président flamand) qui ne semble pas avoir compris les frustrations des Bruxellois. Contrairement à ceux qui connaissent vraiment Bruxelles comme Vanhengel et Picqué. »

04 juin 2008

Pas de néerlandais, pas de crèche !

C’est une situation ubuesque. A Bruxelles, un couple hispano-britannique habitant la capitale ne peut inscrire son jeune fils de 16 mois dans une crèche flamande, faute de déclaration sur l'honneur que le néerlandais est la langue utilisée à la maison. Il a porté plainte pour discrimination auprès de la Commission européenne.
Le couple s'est heurté "aux caprices d'une administration appelée à interpréter le fameux décret du 28 juin 2002 sur l'égalité des chances dans l'enseignement", note le journal Le Soir.
Tous les documents du jeune enfant, qui comprend l'espagnol, l'anglais et le néerlandais, étaient rédigés dans la langue de Vondel: acte de naissance, inscription dans la commune et carte d'identité. "Mieux: il ne comprend pas un phonème francophone", ironise le quotidien.
Mais, faute de déclaration sur l'honneur que le néerlandais est la langue utilisée à la maison, l'inscription ne peut être effective.
Le couple a déposé plainte pour discrimination, le 7 mai dernier, auprès de la Commission européenne.

09 mai 2008

Bruxelles aura 375 millions

Beliris finance les grands travaux de la Région bruxelloise

Région bruxelloise. Beliris est adopté. L'Etat fédéral augmente sa dotation à la Région de 15 % sur trois ans. La mobilité est choyée.

Moins une ? Moins deux, plutôt. A deux jours de la chute possible du gouvernement national, Bruxelles vient de se garantir un viatique de trois ans : ce mardi, le gouvernement fédéral a adopté le budget Beliris pour les années 2008-2010. Une somme de 375 millions d'euros (sur trois ans). Selon Laurette Onkelinx, présidente de Beliris depuis 1999, la discussion de l'augmentation des montants, largement supérieure à la hausse des prix, n'a pas fait l'objet de frictions au sein du gouvernement. Beliris est un fonds alloué par l'Etat fédéral qui finance les investissements susceptibles d'améliorer l'image internationale de Bruxelles. La structure, née en 1993, ne concernait au départ que les grandes infrastructures. Aujourd'hui, l'image internationale s'est élargie. Même des projets culturels (d'envergure nationale) sont financés partiellement ou totalement par le fédéral.
« Win-win »
Au début, le budget de Beliris s'élevait à 50 millions d'euros, contre 125 aujourd'hui. Au fil des ans, la structure a rencontré de sérieux problèmes. Le manque de personnel, les lenteurs de fonctionnement (il faut mettre beaucoup de gens autour de la table) et les blocages politiques ont retardé ou plombé de nombreux projets. Actuellement, les sommes antérieures non dépensées (mais budgétées) dépassent les 200 millions. Il n'empêche que l'outil Beliris est indispensable à la santé financière de la Région. Et comme le dit le ministre-président Charles Picqué, Beliris c'est du « win-win » pour le fédéral et la Région : « Les projets financés par Beliris donnent une meilleure image de Bruxelles… et soulagent les finances de la Région. Ces sommes permettent d'octroyer des budgets supplémentaires à d'autres initiatives. »
Autre aspect de Beliris 2008-2010 : son aspect évolutif. L'argent non dépensé est automatiquement reporté. En outre, chaque année, il est possible de faire glisser certains budgets d'un poste en cas de blocage de certains projets. Ce qui offre une plus grande souplesse et donne des coups de pouce salutaires à d'autres projets. Dernier point : le gouvernement a accepté d'octroyer, dans le cadre du premier volet Octopus et en plus de Beliris, une dotation automatique de 35 millions pour la Région et de 30 millions pour la Stib. Il est vrai que 300.000 navetteurs utilisent l'infrastructure bruxelloise.
Impossible ici de reprendre les projets financés par Beliris. Quelques points essentiels, cependant. C'est Beliris qui va alimenter une bonne partie de la politique de mobilité à Bruxelles, avec 200 millions d'euros (sur trois ans). Sont notamment prévues des études (10 millions) relatives à l'extension du métro vers le nord (Schaerbeek) et vers le sud (Uccle, Forest). Autre point capital, les 100 millions pour la mise sur pied du PDI (plan de développement international de Bruxelles), cher à Charles Picqué. Il rend crédible les projets Josaphat ou Delta, par exemple. Enfin, la revitalisation des quartiers pourrait être amplifiée, avec la création de nouveaux contrats de quartier. Les espaces verts (60 millions), la culture (Bozar, la Monnaie) et le patrimoine seront aussi choyés. Enfin, le mont des Arts et ses abords (le projet square) vont faire l'objet de soins particuliers. Il y va de l'image de la capitale.

28 avril 2008

Les Flamands boudent Bruxelles malgré les primes

Les entreprises et les institutions publiques souscrivent de plus en plus aux primes pour attirer des employés vers Bruxelles, avec pour exemple le plus parlant les primes pour le personnel de la commission communautaire flamande.En pratique, ces primes d'encouragement semblent avoir peu d'effets: il y a eu à peine 9 primes au déménagement payées ces trois dernières années à des fonctionnaires flamands, écrivent lundi les journaux De Standaard, Het Volk et Het Nieuwsblad.Un fonctionnaire qui démménage à Bruxelles reçoit une prime nette de 2.480 euros. Il reçoit ensuite annuellement une prime communale pour les fonctionnaires qui vivent à Bruxelles. L'année dernière, seuls 256 des 2.000 fonctionnaires ont reçu une telle prime. Tous les autres vivent en dehors de Bruxelles. La police paye également des primes pour Bruxelles. L'allocation Région Bruxelles Capitale s'élève déjà, après un an, à 669,32 euros nets par an.Peu de candidatsLes postes vacants sont malgré tout difficilement pourvus. Des entreprises privées, comme des banques, font également appel aux primes bruxelloises. "Nous éprouvons des difficultés à trouver des collaborateurs qui souhaitent venir travailler à Bruxelles. Nous proposons une prime de 140 euros bruts par mois. Cela couvre les connaissances linguistiques spécifiques nécessaires et les problématiques de mobilité", indique-t-on du côté de KBC.Le ministre flamand de l'Education Frank Vandenbroucke lance également ce genre de primes. Pour endiguer leur retour vers la Flandre -la moitié d'entre eux ne tient pas plus de cinq ans- les enseignants qui donnent des cours à Bruxelles pendant 3 ans recevront d'ici peu 40 euros nets par mois.

17 avril 2008

Les bombes à retardement du gouvernement Leterme

« Définitif », vraiment, ce nouveau gouvernement ? Allons, donc ! Personne n'y croit. Au mieux, on retournera aux urnes fédérales en 2009. Et peut-être même dès cet automne.
Ceux qui sont chargés d'expliquer les termes de l'accord gouvernemental manquent décidément toujours de la rigueur la plus élémentaire. « Cet accord correspond, à concurrence de 99 %, à notre programme », a lâché Joëlle Milquet (CDH) au petit matin du mardi 17 mars, après une nuit de négociations. « Nous sommes satisfaits à 90 % », ont renchéri les libéraux. « 95 % de nos revendications ont été rencontrées », a résumé Elio Di Rupo (PS). Soit les responsables politiques sont fâchés avec les chiffres. Soit leurs programmes se confondent. Soit cet accord n'en est pas un. « Il s'agit tout juste d'un catalogue 3 Suisses », martèle le SP.A, resté dans l'opposition, aux côtés des verts francophones et flamands.
Derrière la glose exagérément optimiste du nouvel attelage Leterme Ier se cachent, en tout cas, bien des non-dits. Les quarante-trois pages du texte signé par les cinq partis de la majorité (PS, MR, Open VLD, CD&V/N-VA, CDH) ressemblent davantage à un missel pour premiers communiants, expurgé des promesses de paradis, qu'à un accord de gouvernement.
Or on sait que les intentions des uns et des autres sont loin d'être angéliques. Les Flamands n'ont pas renoncé à leur ambition d'obtenir une grande réforme de l'Etat. Les libéraux tiennent à leur réforme fiscale. Les socialistes veulent revaloriser les pensions. Comme il leur a été impossible de conclure un accord sur ces points délicats, faute de chiffres fiables relatifs au budget de l'Etat pour 2008, ils ont tout reporté à plus tard. A l'été.
Du coup, le texte comprend beaucoup de blancs lourds de sens. Et nombre de silences menaçants, qui révèlent deux choses. Un : malgré la trêve de façade, le pays reste ingouvernable, car cette majorité est « contrainte » et n'est pas issue, naturellement, des urnes. Deux : avec une économie en panne, des caisses vides, l'absence de consensus sur la réforme d'un modèle social dépassé, l'absence de vision commune sur un avenir commun, la tâche du gouvernement Leterme Ier est vouée à l'échec. Voici les plus grosses bombes qui jalonnent le chemin du Premier ministre.
1. BHV
Sous ces trois syllabes, il y a de la nitroglycérine. La scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde est la revendication, fût-elle éminemment symbolique, de la Flandre, et ce depuis belle lurette. Dans les rangs francophones, on explique perfidement que l'on veut bien en débattre, mais à condition de discuter, conjointement, de l'élargissement de la Région bruxelloise et d'une consultation populaire dans les communes de la périphérie bruxelloise. Deux tabous absolus dans le nord du pays.
Rappelons-le également : les dernières élections communales se sont déroulées en octobre 2006 et, depuis, trois bourgmestres francophones de la périphérie attendent toujours leur nomination officielle. En fait de démocratie, il y a mieux à faire...
Pour faire bref : c'est le dossier le plus explosif du gouvernement Leterme Ier. En cas d'« accident » ou de manipulations incontrôlées, on ne donne pas cher de la peau du pays.
2. La réforme de l'Etat
Ne parlons même plus du « premier paquet », bouclé en février, composé de « zakouski » ou de « réformettes », c'est selon, et qualifié d'« anecdotique » par Didier Reynders lui-même. Le second paquet s'annonce autrement plus indigeste, du moins pour les estomacs francophones. Si l'on s'en tient à l'accord passé entre Flamands et francophones, le gouvernement devrait présenter à la Chambre, avant la mi-juillet, le gros morceau d'une « vraie » réforme de l'Etat.
Celle-ci devrait être approuvée avant les vacances parlementaires du mois d'août. Il reste donc trois mois et demi pour réformer le pays. Au menu ? La régionalisation de la politique de l'emploi, de certains volets des politiques de santé, de la famille, de la fonction publique et de la justice, ainsi que la gestion de la mer du Nord. Toutes des revendications flamandes. A ce stade, seule la réorganisation de la politique menée à l'égard des demandeurs d'emploi est accueillie de façon relativement favorable par les francophones : la situation du marché du travail et les besoins sont, en effet, très différents à Bruxelles, en Wallonie et en Flandre. Tous les autres points, c'est de la dynamite.
3. Circonscription électorale fédérale
Du côté francophone, davantage que le PS, le MR et, surtout, Ecolo insistent sur la nécessité d'instaurer une circonscription électorale fédérale. Dans ce cas, une partie des candidats aux élections devraient faire campagne dans l'ensemble du pays, et non plus exclusivement dans leur communauté linguistique : de quoi retisser quelque peu les mailles du chandail Belgique, espèrent les plus optimistes. En Flandre, Groen ! et le VLD défendront cette position. Le cartel CD&V/N-VA n'en veut pas. Les verts ont pourtant déjà laissé entendre qu'ils ne soutiendraient pas la réforme de l'Etat, s'ils n'obtenaient pas cette fameuse circonscription nationale. Or on aura besoin de leurs voix...
4. La loi de financement
Qui dit réforme de l'Etat dit aussi révision de la loi de financement. Dans les esprits nordistes, en effet, les Régions et les Communautés sont (trop) bien dotées - c'est surtout vrai pour la Flandre, prospère, avec un taux de chômage négligeable -, tandis que les caisses de l'Etat fédéral sont vides. La Flandre essaiera donc d'imposer, à l'avenir, des efforts supplémentaires aux entités fédérées : les éventuels transferts de compétences vers les Régions ne s'accompagneront donc pas nécessairement de transferts financiers. Voilà qui promet bien des remous dans les rangs francophones, en particulier dans ceux du PS et du CDH, au pouvoir dans les entités fédérées (contrairement au MR).
Et puis, il y a Bruxelles : la capitale réclame des moyens financiers à la hauteur de ses nombreuses missions fédérales et internationales. Elle a, jusqu'ici, obtenu théoriquement un rabiot de 65 millions d'euros, soit beaucoup moins qu'espéré. Mais on connaît le peu d'enthousiasme que suscite, chez les responsables politiques flamands, l'idée d'octroyer des moyens supplémentaires à ces « bourgeois francophones bruxellois ».
5. Le budget de l'Etat
La réforme fiscale voulue par les libéraux ? On la chiffrera en juillet prochain, date du contrôle budgétaire. La revalorisation des pensions et des allocations sociales réclamée par les socialistes ? On se penchera sur son coût en juillet également. Le problème, c'est qu'en juillet l'Etat apparaîtra exsangue. Car le budget 2008, voté en février dernier, repose, sinon sur un tissu de mensonges, du moins sur des espoirs parfaitement aléatoires.
Une hausse escomptée des recettes fiscales de 6,75 % grâce à la croissance ? A l'heure où tous les indicateurs économiques plongent dans le rouge, qui y croit sérieusement ? L'obole de 250 millions d'euros réclamée aux producteurs d'électricité ? Ceux-ci ne vont pas se laisser faire si facilement et exigeront, à tout le moins, en compensation, la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires. Là, ce sont les socialistes et les verts qui caleront... plus tard. Car le problème a été confié à des « experts », chargés d'étudier le meilleur équilibre énergétique pour le pays.
Les « effets retour » des intérêts notionnels, ces avantages fiscaux consentis aux entreprises sous le prétexte qu'ils favorisent la création d'emplois ? La preuve qu'ils créent réellement de l'emploi n'a, à ce jour, pas été démontrée. La liste est longue des espoirs naïfs sur lesquels repose la copie budgétaire de l'année en cours. Cette « légèreté » est dangereuse : la saison estivale sera celle de tous les arbitrages. Faute d'argent, il n'y a pas de compromis possible.

05 mars 2008

"L'Etat ne se sucre pas sur les recettes immobilières"

Il est faux de dire que la création d'une administration fiscale bruxelloise permettrait de récupérer 115 millions d'euros de recettes immobilières que l'Etat fédéral tarderait à verser aux communes bruxelloises, a affirmé mercredi un des chefs de file du MR au parlement bruxelloise, Didier Gosuin.Cette information erronée a pourtant été utilisée à plusieurs reprises au cours des derniers mois, notamment dans des documents officiels tels que la note bruxelloise remise aux négociateurs de l'Octopus, a-t-il déploré.
Selon Didier Gosuin, ce montant de 115 millions d'euros est constitué des sommes totales encore dues par les redevables et non par l'Etat fédéral, au 31 décembre 2005. Une partie de ce montant a été payé au cours du premier semestre 2006. Didier Gosuin n'en demeure pas moins partisan de la régionalisation de la perception du précompte immobilier dans la capitale car elle permettrait d'adapter la taxation immobilière à la réalité bruxelloise.

16 février 2008

Bruxelles a encore gagné 15.000 habitants

Dix-huit des dix-neuf communes de la Région bruxelloise ont vu leur population augmenter en 2007, à l'exception de Forest. C'est ce qu'annonce samedi La Capitale.
En 2007, la population bruxelloise a augmenté de 15.000 habitants, chiffre approximatif en raison de l'incertitude liée à deux communes, Bruxelles-ville qui ne dispose pas encore de données définitives et Forest, dont les chiffres, à la baisse, pourraient être liés à un problème technique, indique La Capitale. Le journal affirme que la population bruxelloise frise maintenant le million 50.000 habitants. Parmi les éléments notables, Anderlecht a dépassé pour la première fois les 100.000 habitants, rejoignant dans ce club restreint Bruxelles-ville et Schaerbeek. La progression la plus spectaculaire de l'année a été enregistrée à Molenbeek, avec une augmentation de la population de 3.033 personnes.

06 novembre 2007

Les habitants des communes à facilités veulent rejoindre Bruxelles

Plus de la moitié des habitants (54%) des communes à facilités souhaitent être attachés à la Région bruxelloise, selon un sondage réalisé pour la RTBF et la VRT qui révèle également que plus d'un Flamand sur deux est favorable au maintien des facilités à condition que sa commune reste en Flandre.

Par ailleurs, trois personnes interrogées sur cinq souhaitent la suppression de la circulaire Peeters. Sur les 600 habitants des communes à facilités interrogés entre le 26 et le 31 octobre dernier par téléphone, 68% étaient francophones et 28% néerlandophones. Un tiers des sondés (36%) souhaite rester attaché à la Flandre. C'est largement le cas parmi les Flamands qui à 85% défendent ce point de vue. Les francophones prônent le rattachement à Bruxelles à 68%. C'est le cas des habitants de Crainhem (64%) et de Wezembeek (63%) mais pas de ceux de Wemmel dont 57% choisissent la Flandre et 36% Bruxelles.Maintien des facilitésPlus de la moitié des sondés (57%) souhaitent le maintien des facilités si leur commune reste en Flandre. C'est le cas de 60% des Francophones et de 49% des Flamands. 11% sont pour la suppression des facilités; 40% d'entre eux sont Flamands et 2% Francophones. 30% des personnes interrogées se déclarent favorables à une extension des facilités (36% sont Francophones et 8% Flamands). C'est à Crainhem que l'on trouve le plus grand nombre de partisans d'une extension des facilités (38%). Les habitants de Wemmel sont les plus farouches opposants aux facilités, 24% souhaitant leur suppression.En cas d'extension des facilités, 89% des sondés souhaitent qu'elle permette l'organisation de campagne de prévention en matière de santé, visant par exemple à éviter le cancer du sein; 87% souhaitent pouvoir regarder Télé-Bruxelles; 82% est d'avis que la Communauté française doit pouvoir organiser l'enseignement dans les communes à facilités qui, selon 74% devraient disposer d'un centre culturel. Par ailleurs, selon 72% des sondés, on devrait pouvoir parler le français lors des séances du conseil communal. 89% des Francophones sont de cet avis tandis que 80% des Flamands estiment toujours tabou l'usage du français. Enfin, 61% souhaitent la suppression de la circulaire Peeters: il s'agit de 74% de Francophones et de 28% de Flamands.

EN SAVOIR PLUS: Une communauté urbaine bruxelloise à l'image de Lille?

28 octobre 2007

Les bonnes vieilles recettes de l’oncle Charles

Nouvelles démolitions en cours au quartier du Midi. La société anonyme Bruxelles-Midi, créée en 1992 par Charles Picqué pour “revitaliser” le quartier Midi et y capter les plus-values immobilières, n’a pas perdu ses bonnes manières. Sous-financée dès sa constitution, Bruxelles-Midi a toujours utilisé des procédés douteux pour faire partir les habitants et racheter les maisons sans devoir trop mettre la main au portefeuille. Comment s’y prendre? C’est très simple. Il suffit d’appliquer ce refrain bien connu: “secouez le cocotier, il finiront bien par tomber”…

(suite)

18 octobre 2007

Le Plan de développement international de Bruxelles

Picqué veut garder Bruxelles au top

L’avenir de Bruxelles, de l’Etat et des Régions passera par la capacité de la capitale à rester dans le haut du tableau des villes à l’échelle internationale.

Le gouvernement bruxellois propose de l’équiper de nouvelles infrastructures dans le cadre d’un Plan de Développement International, a déclaré mercredi le ministre-président bruxellois Charles Picqué. Celui-ci prévoit notamment la réalisation d’un nouveau stade de football, a priori plutôt à Schaerbeek qu’au Heysel, sur lequel Charles Picqué verrait plutôt sortir de terre un centre de congrès, une salle de spectacle de 12.000 à 15.000 places, et un nouveau pôle commercial.

Il faut travailler en fonction d’événements phares, a-t-il notamment dit. L’un d’eux pourrait être l’organisation de la coupe du monde de football en 2018. Ces nouveaux équipements seraient financés en faisant appel à l’Etat fédéral, mais surtout, au secteur privé.

Le Plan de développement international de Bruxelles - Shéma de base
http://www.quartier-midi.be/wp-images/PDI.pdf
offre quelques chiffres clés qui résument synthétiquement le bilan économique et social de la Région bruxelloise.

Population :
La population de Bruxelles est de 1.018.804 personnes en 2006. Entre 2000 et 2006 elle a cru de 6,20%. Le taux de croissance de la population à Bruxelles est significativement plus élevé que celui enregistré au nord (2,33%) et au sud du pays (2,23%).

Produit Intérieur Brut :
Si Bruxelles représentait 9,58% de la population totale de la Belgique en 2003, elle affichait une participation au PIB national de 19,17% en 2003. Le niveau de participation de Bruxelles au PIB national témoigne de son rôle de poumon économique du pays.

Revenus :
Le revenu imposable moyen des personnes physiques à Bruxelles est inférieur à la moyenne
belge. La différence entre le revenu moyen par habitant à Bruxelles et la moyenne nationale s’est accrue avec le temps. En 2005, le revenu moyen à Bruxelles était de 14,47% inférieur à la moyenne nationale.

Emploi :
Avec 676.590 emplois et 363.999 navetteurs, Bruxelles est le premier bassin d’emploi du pays et profite aux Régions, qui perçoivent leurs recettes fiscales sur le lieu de domicile.

Marché du travail :
Bruxelles présente un taux d’emploi et un taux d’activité inférieurs à la moyenne nationale et un
taux de chômage beaucoup plus élevé que le reste du pays. A Bruxelles, le taux de chômage
des moins de 25 ans était de presque 36% en 2006.

Qualifications :
La population occupée de 15 ans et plus a un niveau d’éducation plus élevé à Bruxelles que
dans les deux autres régions (28% ont un niveau universitaire à Bruxelles contre 10% en Flandre et 12% en Wallonie). Si Bruxelles témoigne d’une population disposant d’un diplôme universitaire très importante au regard de ses voisins, elle comporte également la part la plus élevée des très peu qualifiés (11 % ont un niveau d’études primaire ou pas de diplôme contre 8% en Flandre et 9% en Wallonie).

Picqué avance un vaste plan pour garder Bruxelles au top international
17 oct
L'avenir de Bruxelles, de l'Etat et des Régions passera par la capacité de la capitale à rester dans le haut du tableau des villes à l'échelle internationale. Le gouvernement bruxellois propose de l'équiper de nouvelles infrastructures dans le cadre d'un Plan de Développement International, a déclaré mercredi le ministre-président bruxellois Charles Picqué.
A l'occasion de la rentrée du parlement bruxellois, Charles Picqué a fait un état des lieux de ce Plan pas encore opérationnel. Celui-ci prévoit notamment la réalisation d'un nouveau stade de football, a priori plutôt à Schaerbeek-formation qu'au Heysel, sur lequel Charles Picqué verrait plutôt sortir de terre un centre de congrès, une salle de spectacle de 12.000 à 15.000 places, et un nouveau pôle commercial. Il faut travailler en fonction d'événements phares, a-t-il notamment dit. L'un d'eux pourrait-être l'organisation de la coupe du monde de football en 2018. Ces nouveaux équipements seraient financés en faisant appel à l'Etat fédéral, mais surtout, au secteur privé.

Picqué avance un vaste plan pour garder Bxl au top international

Le gouvernement bruxellois propose d'équiper la région bruxelloise de nouvelles infrastructures dans le cadre d'un Plan de Développement International, a affirmé mercredi le ministre-président bruxellois Charles Picqué. le but est d'aider la capitale belge à se maintenir dans le haut du tableau des villes à l'échelle international.

Selon Charles Picqué, ce plan comportera notamment un volet important consacré à de nouvelles infrastructures à créer dans les années à venir pour y améliorer la qualité de vie dans la capitale: un stade multifonctions que Charles Picqué verrait a priori plutôt à Schaerbeek-Formation que sur le plateau du Heysel, un centre de congrès, une salle de spectacle de 12.000 à 15.000 places, un pôle commercial d'envergure au nord de Bruxelles, plutôt sur le plateau du Heysel, une Maison de l'Europe dans le quartier européen, etc... Comme celles-ci, une série de nouvelles implantations de bureaux, de logement et d'activités économiques devront être aménagées parmi les dix zones considérées comme stratégiques pour l'avenir de Bruxelles: le quartier européen, le Mont des arts et le Pentagone, le plateau du Heysel, le Midi, Tour et Taxis, l'ex-Cité administrative et plusieurs sites ferroviaires (Josaphat, Delta, gares de l'Ouest, et de Schaerbeek-formation).

Bruxelles lance un plan capitale

17 octobre 2007
Charles Picqué a présenté son projet de développement international. Valoriser l'image de Bruxelles, y développer les infrastructures : la Région bruxelloise veut assumer son statut de multicapitale. En voici les quelques pistes concrètes.

Les plus: le texte intégral de la déclaration de politique générale (PDF)

Bruxelles veut rester dans le peloton de tête des grandes villes. Elle veut aussi tenir son rang de Ville-Région, de capitale fédérale, de capitale de l'Europe et de siège d'institutions internationales. Elle veut attirer, séduire, réveiller son ambition. Pour favoriser ce rayonnement, le ministre-président Charles Picqué (PS) a présenté, lors de la rentrée du Parlement régional, un Plan de développement international (PDI) qui « se veut un signal clair vers le monde économique et la société civile ».
Solennel, le chef du gouvernement a évoqué le « climat d'incertitude politique » pour mieux rappeler que Bruxelles est « un moteur pour l'économie et l'emploi de toute la Belgique », qui a plus que jamais « besoin d'un soutien financier important du fédéral ». Car il en faudra, des sous, pour concrétiser un plan qui est encore loin d'être opérationnel


Ce PDI s'articule sur plusieurs axes et se concentre sur dix zones stratégiques. De nouvelles infrastructures et équipements devraient y voir le jour pour combler les besoins dans le domaine des congrès, du commerce, de la culture, des expositions et du sport. Quelques pistes concrètes.
Quartier européen. Pour valoriser ses atouts de capitale de l'Union, Bruxelles devrait se doter d'une symbolique « Maison de l'Europe », ouverte à tous, et dont les modalités de financement doivent être débattues avec l'État fédéral et les institutions européennes.
Plateau du Heysel. S'y concentreraient un centre de congrès de 3.000 places sur une surface de 50.000 m2 (dont un lieu d'exposition de 15.000 m2), mais aussi une salle de spectacle de 15.000 places ainsi qu'un grand pôle commercial appelé à desservir tout le nord de Bruxelles. Un second centre commercial de moindre envergure est envisagé dans la zone. Tout ces projets hypothèquent l'avenir du stade Roi-Baudouin : « Le stade engendre des nuisances pour les riverains et d'autres fonctions sont envisagées sur le site, argumente Charles Picqué, lui donnant une densité d'activité importante avec des risques de saturation ». Et d'ajouter que « la rénovation du stade existant aurait un coût identique à la construction d'un nouveau stade ailleurs ».
Schaerbeek-Formation. Nous y voilà. Si rien n'est décidé, le PDI penche nettement pour l'implantation du futur stade sur ce site. Le gouvernement bruxellois a d'ailleurs décidé de lancer un schéma directeur pour en analyser la faisabilité technique. Avantage, selon Charles Picqué : « Un projet suprarégional serait l'occasion de solliciter le pouvoir fédéral pour qu'il active la valorisation des terrains en conformité avec les souhaits régionaux. » Ce stade multifonctionnel devrait être prêt pour accueillir une éventuelle Coupe du monde de foot en 2018. Le site devrait être réaménagé dans sa globalité et accueillir du logement ainsi qu'un espace vert. Des terrains pourraient être mis à disposition du Port de Bruxelles pour y développer des activités logistiques. Enfin, le gouvernement souhaite y installer le musée national des Chemins de Fer.
Mont des Arts. Un pôle d'accueil touristico-culturel doit être inauguré en 2008 place Royale, Le quartier accueillera aussi prochainement le musée Magritte et se profiler davantage encore comme le haut lieu bruxellois de la culture.
Quartier du Midi. Porte d'entrée dans la ville en provenance de Paris et de Londres, il est dédié aux affaires, avec la priorité aux infrastructures de bureau.
Josaphat. Connecté au futur réseau RER, le site est dévolu aux activités économiques et d'affaires. Schaerbeek et Evere ont fait le choix d'y accueillir le nouveau pôle de la Commission européenne. La Région soutient les deux communes, mais, admet Picqué, « la Commission n'a pas encore manifesté son intérêt ».
Divers projets sont par ailleurs avancés pour les sites de Tour et Taxis (activités diversifiées), la Cité administrative (horeca, logement, bureau), la gare de l'Ouest (pôle multimodal) et Delta (parking, halte RER )
Restera à financer le tout. Un chef de projet va être engagé pour analyser des offres de partenariat issues du secteur privé qui, selon Charles Picqué, devrait couvrir l'essentiel des sommes faramineuses qui devront être engagées. Une aide massive de l'État fédéral n'en sera pas moins requise pour faire aboutir ce Plan de développement international. Et là...


Charles Picqué expose ce que sera Bruxelles demain
8/10/07

Le ministre-président de la Région Bruxelles-Capitale, Charles Picqué, commente lundi dans Le Soir le Plan de développement international (PDI) de Bruxelles qu'il présentera le 17 octobre prochain au parlement. Le quotidien dévoile les grandes lignes des chantiers prioritaires pour la capitale et trace l'avenir international de Bruxelles.
Priorité à l’Europe et … à la vie nocturne
Le PDI de Bruxelles est tout d'abord basé sur l'Europe, souligne Charles Picqué qui parle de "Brussels the Human Face of Europe" et du périmètre européen ainsi que du développement du plan directeur du quartier européen. Le plan fixe des objectifs à 5 ou 10 ans et prévoit de développer "Bruxelles, ville de congrès" et notamment le nouveau Palais des Congrès. Il est aussi question de développer un environnement amélioré, de grands événements et une vie nocturne plus affirmée.
Le plan énumère de grands chantiers prioritaires. Outre une cité de l'Europe et le développement du quartier européen, le plan prévoit la construction d'équipements, comme une salle de 15.000 places pour les concerts et une salle de 2.000 places pour les événements culturels de haut niveau ainsi qu'un centre commercial sur le plateau du Heysel. L'aménagement cohérent du centre-ville, en mettant l'accent sur le tourisme, figure aussi dans le PDI. Simplification administrative, coopération sur la zone métropolitaine (35 communes) et développement territorial avec d'autres zones prioritaires figurent encore au PDI, révèle Le Soir.

Charles Picqué lance le PDI, le Plan de développement international de Bruxelles !

Le Ministre-Président bruxellois a fait sa rentrée le 6 septembre dernier et a présenté à son équipe gouvernementale la note d'orientation concernant le Plan de Développement International de Bruxelles qu'il a préparée.
Le PDI est un nouvel outil de gouvernance qui, après le Plan Régional de Développement et le Contrat pour l'Economie et l'Emploi, doit permettre l'encadrement et la promotion du caractère international de Bruxelles.
Il s'agira, tout d'abord, de développer des pôles régionaux basés sur des équipements de destination d'envergure internationale dont les éléments clés seraient:

Bruxelles - Capitale de l’Europe
le centre ville de Bruxelles - Cœur de l’attractivité du territoire régional et de son hinterland
Bruxelles - Ville de Congrès
Bruxelles - Ville d’événements culturels et sportifs
Bruxelles - Centre décisionnel de l’Europe
le Heysel - Pôle loisirs et congrès du 21ème siècle
le Midi - Pôle business du futur

A l'instar des autres grandes villes, un plan de marketing de ville cohérent est indispensable pour Bruxelles. Il se réalisera au travers d'une identité bruxelloise, de l'incarnation de l’Europe, de la politique d’image de Bruxelles et enfin, de la valorisation du potentiel touristique et culturel existant.
La troisième direction est la promotion d'équipements dits de confort, au travers de la mobilité, de la qualité de la vie, de la qualité de l'environnement et du développement durable et du développement territorial et de la lutte contre la dualisation.
Enfin, ce plan nécessite l'organisation d'une meilleur gouvernance entre tous les niveaux de pouvoir : avec l'Europe, les communes, le fédéral et les entités fédérées.
Ce programme doit être avant tout celui de l'ensemble des Bruxellois, tant des entreprises que des habitants.
Il fera l'objet d'une large concertation avec l'ensemble des acteurs concernés, qui débutera dans les prochaines semaines.

04 octobre 2007

Iris : le gouvernement bruxellois se positionne

Le nouveau conseil d'administration d'Iris sera installé ce mercredi, sous les yeux plus qu'attentifs du gouvernement bruxellois. Il vient d'adopter une note d'orientation qui définit la ligne à suivre pour l'avenir de la structure inter-hospitalière. Une façon de mettre un terme aux luttes d'influence politiques dont Iris fait les frais….

C'est à partir de données financières objectives que Charles Picqué a rédigé sa note d'orientation. Les comptes d'Iris sont dans le rouge, on le sait, particulièrement l'hôpital Brugmann. Mais plutôt que de parler de déficit, Charles Picqué met en avant la lourdeur des coûts structurels auxquels IRIS doit faire face pour assumer son rôle de service public. Il souligne aussi que , toujours hormis Brugmann, un léger redressement de la situation s'amorce. Ce qui n'empêche pas le ministre président de donner des directives précises pour que les charges à payer par les communes pour combler le déficit des hôpitaux ne soient pas asphyxiantes.

Le but fixé est s'atteindre en 2012 l'équilibre des résultats d'exploitation, c'est à dire ceux sur lesquels les directions d'hôpitaux peuvent agir. La note contient donc des devoirs : l'obligation pour IRIS d'élaborer un plan budgétaire 2008-2010, la mise en place de mécanismes de contrôle budgétaire, et la poursuite de deux des grandes réalisations d'Yvan Mayeur : l'accord cadre avec l'ULB et le plan de redéploiement des soins.

Enfin, le gouvernement bruxellois souhaite que le recrutement d'administrateurs délégués et directeurs d'hôpitaux se fasse de façon plus transparente, autrement dit qu'elle ne serve plus de prétexte au parachutage politique.

12 septembre 2007

La ville de Bruxelles mal gérée selon le MR

lundi 10.09.2007
« L’actuelle majorité (PS-cdH) de la Ville de Bruxelles mène celle-ci à la cessation de paiement en raison de sa gestion « catastrophique, irresponsable et incompétente », a affirmé l’opposition MR, à l’occasion de la rentrée du conseil communal. Sans que ce soit a priori de son ressort, le collège échevinal continue par ailleurs à transférer d’importants moyens financiers dans des projets culturels, malgré la perspective d’une reprise en main de ses finances par la Région, dès 2008, a également souligné le groupe MR.

La majorité bruxelloise dépensière et incompétente, accuse le MR
L'actuelle majorité (PS-cdH) de la Ville de Bruxelles mène celle-ci à la cessation de paiement en raison de sa gestion "catastrophique, irresponsable et incompétente", a affirmé lundi l'opposition MR, à l'occasion de la rentrée du conseil communal.DéficitLe Mouvement Réformateur a cité en exemple les quelque 732.000 euros de déficit des comptes 2006 des "Cuisines bruxelloises", l'asbl qui gère les repas des écoles de la Ville et des hôpitaux publics. Ce bilan s'affiche deux ans à peine après la création de cette association "pilotée à vue par une direction socialiste incompétente", a commenté le conseiller libéral Jacques Oberwoits.Selon Carine Vyghen, le collège échevinal continue par ailleurs à transférer des centaines de milliers d'euros à des asbl et nouveaux projets culturels sans trop compter. L'ex-échevine socialiste a notamment cité l'octroi d'un subside de 110.000 euros pour le Bal populaire à l'occasion de la Fête nationale et le double pour un projet de salles de cinéma sur une péniche.Sport et enseignementDans le domaine du sport, Alain Nimegeers a pointé du doigt un montant de 275.000 euros injecté à fonds perdus dans le club de basket Atomia Bruxelles qui n'a pu être sauvé, affichant 800.000 euros de déficit. Pendant ce temps, le réseau scolaire riche de 110 établissements scolaires s'est retrouvé, à la rentrée, sans directeur général, sans inspecteur du secondaire et sans inspecteur pour le maternel, un poste qui a tout simplement été supprimé, a quant à elle affirmé Marion Lemesre.Parmi d'autres critiques, le groupe MR a également reproché à la majorité de vouloir porter la Ville garante du remboursement de 3,3 millions d'euros de crédits pour l'asbl GIAL en charge de l'informatique. Ce dossier figurait à l'ordre du jour du conseil communal, lundi en fin de journée. L'échevine socialiste Karin Lalieux a répliqué que ce type d'intervention était monnaie courante. Cela permet aux asbl de négocier, dans un souci de saine gestion, des emprunts à des taux plus intéressants avec les banques.GIALPour les reste, Karin Lalieux a rejeté l'argument de l'irresponsabilité à propos de la décision de racheter le bâtiment occupé par GIAL. Selon elle, l'asbl en charge de l'informatique occupe jusqu'à présent l'immeuble situé boulevard Jacqmain dans le cadre d'un coûteux leasing mis en place il y a dix ans, sous la férule de l'échevin libéral Claude Michel.Toujours d'après Karin Lalieux, les instances de GIAL ne se sont jamais autant réunies qu'au cours des derniers mois. La situation financière de l'asbl est suivie à la loupe une fois par trimestre. Réuni lundi, le Conseil d'administration où siège un membre de l'opposition a ainsi constaté que l'asbl était actuellement légèrement en boni par rapport aux prévisions budgétaires, a-t-elle encore insisté.

La pauvreté s’étend à Bruxelles
lundi 10.09.2007
La pauvreté continue de s’étendre au sein de la population des 19 communes de la capitale. À la ville de Bruxelles, plus de 10 % des 146.000 habitants bénéficiaient ainsi d’une aide sociale, au terme de l’année 2006, ressort-il de l’analyse des comptes du CPAS de la Ville de Bruxelles présentée par son président, Yvan Mayeur. Sur un total quelque 15.600 personnes bénéficiant d’une aide, on constate un accroissement sensible des demandes d’intervention pour les soins de santé et en particulier pour l’achat de médicaments. Sont en hausse également, les demandes d’intervention dans la facture d’énergie et dans les garanties locatives. Pour Yvan Mayeur, il n’y a pas d’autre alternative que celle d’accentuer les efforts de réinsertion sur le marché du travail, un dossier pour le futur gouvernement fédéral.

Un Bruxellois sur dix a besoin du CPAS

Bruxelles. Le président du CPAS Yvan Mayeur analyse les comptes du budget 2006
Le président du CPAS de la Ville de Bruxelles, Yvan Mayeur (PS), a présenté son analyse des comptes de l'année 2006 du budget du CPAS de la Ville de Bruxelles. Premier constat : plus de 10 % des 146.000 habitants ont bénéficié, l'an dernier, d'une aide sociale. Un pourcentage qui corrobore les chiffres des autres CPAS des communes de la Région bruxelloises qui, dans leur écrasante majorité, ont vu le nombre de personnes titulaires du revenu d'intégration ou équivalent augmenter ces dernières années. La pauvreté continue de s'étendre au sein de la population de la Région bruxelloise.
Conséquence, pour la Ville de Bruxelles : les finances du CPAS ont dérapé à concurrence de 3,2 millions d'euros que n'ont pu compenser les mesures internes. Il reste donc un trou financier d'1,6 million d'euros à éponger.


Les comptes 2006 laissent notamment apparaître une augmentation sensible des demandes d'intervention pour les soins de santé et en particulier pour l'achat de médicaments, tout comme les demandes d'intervention dans la facture d'énergie et dans les garanties locatives.
Pour Yvan Mayeur, il n'y a pas d'alternative : il faut accentuer les efforts de réinsertion sur le marché du travail ; un dossier qu'il entend déposer sur la table du futur gouvernement fédéral.
Lançant une pierre du jardin du ministre de l'Économie et de l'Emploi, Benoît Cerexhe (CDH), il propose que soit réalisée une analyse régulière des besoins sur le marché du travail, tout en menant en parallèle des actions de formation adaptées aux besoins.
Le président du CPAS plaide également pour que l'on donne la possibilité aux ASBL et aux services publics de réaliser des engagements stables plutôt que de privilégier les emplois précaires, comme les « article 60 ».
Pour la Ville de Bruxelles, il lui semble notamment « souhaitable d'informer les entreprises et sociétés présentes sur le territoire de la commune du potentiel humain, demandeur d'un emploi stable ».

07 septembre 2007

Picqué critiqué pour sa demande de refinancement de Bxl

Picqué invite l'opposition MR à faire front pour Bruxelles

Le ministre-président bruxellois s'est dit étonné, vendredi, des critiques formulées à son égard par la présidente du MR bruxellois. Il a invité le Mouvement Réformateur à faire front pour défendre Bruxelles dans le cadre des négociations au niveau fédéral.La présidente du MR bruxellois, Françoise Bertieaux, lui avait notamment reproché, plus tôt dans la journée, de demander un refinancement de Bruxelles au moment où des discussions institutionnelles devraient avoir lieu. Jeudi, Charles Picqué avait affirmé que Bruxelles devait obtenir des moyens supplémentaires pour assurer sa vocation internationale au profit de tout le pays. Une négociation institutionnelle qui déboucherait sur la scission de l'arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde devrait également aboutir à l'élargissement de la Région bruxelloise et à une meilleure gestion de son hinterland économique, avait-il ajouté. Vendredi, répondant aux critiques du Mouvement Réformateur, Charles Picqué a jugé incompréhensible que le MR bruxellois ne fasse pas mieux entendre la voix de Bruxelles dans les négociations de l'orange bleue.Charles Picqué s'est par ailleurs dit très inquiet d'entendre le MR plaider pour une fusion de la Communauté française et de la Région wallonne qui aurait, selon lui, pour conséquence d'isoler totalement Bruxelles au sein de la Région flamande.

La présidente du MR bruxellois, Françoise Bertieaux, estime qu'il est totalement inopportun de demander un refinancement de Bruxelles au moment où des discussions institutionnelles devraient avoir lieu. Elle se dit choquée par les propos du ministre-président bruxellois Charles Picqué, qui a plaidé jeudi pour le refinancement de la Région de Bruxelles-Capitale. La Secrétaire d'Etat bruxelloise flamande Brigitte Grouwels (CD&V) et la députée bruxelloise flamande Marie-Paule Quix (Spirit) critiquent également les propos de M. Picqué.AutonomieAlors que les Francophones mettent sur la table la demande d'autonomie constitutive pour la Région de Bruxelles-Capitale, il est aberrant de placer celle-ci dans le rôle de quémandeuse, la sébile tendue vers le fédéral, affirme Mme Bertieaux dans un communiqué. Lorsqu'on entend les propos tenus par Charles Picqué, on peut se demander si une fois encore, le parti socialiste n'est pas prêt à accepter une diminution de l'autonomie de Bruxelles pour obtenir des moyens complémentaires, dit-elle.Hôpitaux publicsEt Mme Bertieaux d'affirmer que le ministre-président ferait mieux de s'occuper du déficit des hôpitaux publics bruxellois plutôt que d'affaiblir la position de Bruxelles. "Si Iris était mieux géré, peut-être pourrions-nous consacrer les moyens qui sont investis dans ce gouffre à millions à des politiques de développement de Bruxelles", lance-t-elle. Pour la Secrétaire d'Etat Brigitte Grouwels, l'attitude de M. Picqué est schizophrène. Elle reproche aussi au ministre-président de présenter le point de vue de son parti comme étant celui de l'ensemble du gouvernement bruxellois.FlandreMme Grouwels l'accuse notamment "d'exiger de façon agressive l'annexion d'une partie de la Flandre à Bruxelles" devant la presse, après avoir plaidé et oeuvré, à l'intérieur même du gouvernement bruxellois, pour la collaboration avec la Flandre et la Wallonie. Libre à M. Picqué de plaider pour l'extension de Bruxelles en tant que représentant du PS mais pas comme chef de file d'un gouvernement au sein duquel les points de vue sont loin d'être unanimes à ce propos, dit-elle.BHVLa députée bruxelloise flamande Marie-Paule Quix est allée dans le même sens, reprochant à Charles Picqué de s'être départi de la neutralité qu'il devrait respecter en tant que ministre-président du gouvernement bruxellois. Celui-ci avait affirmé jeudi dans les quotidiens La Libre Belgique et L'Echo que Bruxelles doit obtenir des moyens supplémentaires pour assurer sa vocation internationale. Une négociation institutionnelle qui déboucherait sur la scission de l'arrondissement Bruxelles-Hal Vilvorde devrait également aboutir à l'élargissement de la Région bruxelloise et à une meilleure gestion de son hinterland économique, avait-il ajouté. (belga)

06 septembre 2007

La Commission, rue de la Loi

La Commission sur le site Josaphat ?

mercredi 12 septembre 2007
Immobilier. Où l'Europe grandira-t-elle ? Avec Delta, le site de la gare ferroviaire de Schaerbeek semble le mieux placé pour accueillir les extensions futures de la Commission Européenne.
Séminaire De Hemptinne, ce mardi matin à Bruxelles. S'y est rassemblé l'essentiel (350 personnes) du petit monde immobilier bruxellois qui a débattu de l'avenir urbanistique de la capitale. Invité vedette, le ministre-président Charles Picqué. Il a précisé le projet de redéploiement rue de la Loi de la Commission à Bruxelles. « Redéploiement (voir Le Soir du 6 septembre), insiste-il, qui ne remet pas en cause les extensions futures de l'Union. »
Plusieurs sites sont d'ailleurs à l'étude. Charles Picqué a admis que les sites de Josaphat (Schaerbeek-Evere) et Delta (Auderghem) avaient la cote. De deux, celui de Josaphat semble le plus adéquat (ce qui ne veut pas dire qu'il sera choisi par la Commission). Situé entre les boulevards Wahis et Léopold III, le site ferroviaire développe 25 hectares dont 16,5 en zone d'intérêt régional (ZIR). La proximité des Institutions UE et un site relativement vierge plaident en sa faveur. En outre, son PPAS est dans sa dernière ligne droite, a confirmé Cécile Jodogne (MR), échevine de l'Urbanisme de Schaerbeek. Il privilégie la version « tertiaire », un potentiel de près de 100.000 m2. A cela s'ajoute une bonne desserte en transports : halte RER et ligne de tram.

Le terrain, propriété de la SNCB, ne fait pas l'objet d'un schéma directeur mais son avenir est précisé dans l'arrêté ZIR. Le site a fait l'objet de deux études : l'une par la SNCB (Clerbeaux-Pineau) et l'autre par la Région (Cerau). Les deux communes ont désigné le bureau Clerbeaux pour dessiner le PPAS qui serait finalisé cet hiver. Outre les bureaux, il prévoit 180.000 m2 de logements (fonction la plus importante) dont le village durable cher à Isabelle Durant. Enfin, le PPAS prévoit 35.000 m2 d'équipements collectifs. De quoi accueillir une école européenne, une école communale et une crèche.

Kallas et Picqué construiront l'Europe ensemble. Un concours d'architectes pour redessiner le périmètre. On y mettra 230.000 m2 de bureaux en plus.
Après deux ans et demi de travail, la Commission européenne dévoile ses ambitions urbanistiques sur Bruxelles. Hier, lors d'une conférence de presse commune, Siim Kallas, le vice-président de la Commission chargé de la politique immobilière, et Charles Picqué, ministre-président de la Région, ont présenté le futur des implantations européennes dans la capitale. Il n'est pas anodin : au sein du quartier Schuman, se dessinera un périmètre où se concentreront les bâtiments de la Commission. Elle y disposera de 400.000 m2, soit 230.000 de plus qu'aujourd'hui.
Il a fallu 20 ans pour que la Région bruxelloise et la Commission parlent et surtout agissent de concert. Siim Kallas compte même renforcer la collaboration avec la Région. Il annonce une stratégie en trois points. D'abord la création d'un périmètre pour les bâtiments de la Commission. Loin, très loin d'être négligeable. Rappelons que sur le 1,5 million de mètres carrés de bureaux européens (soit 45 immeubles dispersés dans Bruxelles), 800.000 abritent des fonctionnaires de la Commission. « Ce n'est pas une gestion saine », estime Kallas.

Ces bâtiments seront regroupés dans le périmètre (notre infographie). « Ce regroupement, précise le vice-président, ne signifie pas que l'Europe renonce à terme à créer des pôles supplémentaires. Les bâtiments seront à la fois esthétiquement réussis et symboliques. En tout cas, ils feront systématiquement l'objet de concours internationaux d'architecture. La Commission sera aussi soucieuse des deniers des citoyens. Si la Commission poursuivra sa politique d'achat de bâtiments, elle négociera les meilleurs prix. »
Siim Kallas garantit enfin que ce développement se fera sous le signe de la mixité : le logement aura sa place dans le quartier européen. De même, les bâtiments de la Commission ne seront pas des ghettos. Au rez, les nouveaux immeubles abriteront des commerces, si c'est conciliable avec l'impératif de la sécurité. La tour Madou répond déjà à ce nouveau concept de mixité.
Après Siim Kallas, Charles Picqué a rappelé le chemin parcouru en vingt ans : « Il fut un temps où des groupes privés discutaient de l'implantation des bâtiments européens sans en référer à la Région. » Ce travail commun, le ministre-président entend le répéter avec le Conseil des ministres et le Parlement européen. « Mais travailler d'abord avec la Commission tombait sous le sens. Il y avait urgence. En outre, la Commission pèse bien plus lourd à Bruxelles (elle représente plus de la moitié des bureaux) que les autres instances européennes. »
Concrètement, les futurs bâtiments de la Commission seront des entités de plus de 50.000 m2 (soit une des deux tours Belgacom, pour donner un ordre de grandeur), et ils disposeront d'excellentes connexions avec les transports en commun. Le périmètre, dit de restructuration, s'intégrera dans le tissu urbain et sera conforme au schéma directeur, pratiquement achevé.
Ce périmètre, structuré par la rue de la Loi, contient déjà une forte concentration de bâtiments de la Commission : 170.000 m2 sur les 490.000 construits. On ajoutera 230.000 m2 neufs (l'équivalent de cinq tours Belgacom) pour la Commission et 110.000 m2 de logements sont prévus le long des rues Lalaing, Orban et Guimard.
Cela donne un PS (densité de construction par rapport à la superficie) de huit, contre quatre actuellement. Un tel PS implique une augmentation des gabarits. Charles Picqué rassure : « On ne construira pas des gratte-ciel à Bruxelles. Si les bâtiments seront plus hauts, ils devront s'intégrer dans le tissu urbain. » Quant aux 230.000 m2 quittés par la Commission, ils seront reconvertis en logements (30 %) pour 70.000 m2. Seront également créées une école européenne (25.000 m2) ainsi qu'une nouvelle crèche de 5.000 m2.
Quand ? Un concours international d'urbanisme et d'architecture sera lancé. Il conceptualisera le périmètre. La désignation du lauréat est attendue pour 2009. Le projet retenu formera la base de la confection d'un PPAS (2011), outil fondamental qui permettra les expropriations. Charles Picqué estime que ce plan peut redévelopper de façon harmonieuse les implantations communautaires et éviter le piège du ghetto administratif.

Picqué veut élargir et refinancer Bruxelles

Charles Picqué: "On veut nous faire passer pour des nains alors que Bruxelles est indispensable au pays".
Dans un entretien accordé à La Libre Belgique et à L'Echo, le ministre-président de la Région Bruxelles-Capitale affirme jeudi que Bruxelles doit obtenir des moyens supplémentaires pour assurer sa vocation internationale qui profite d'ailleurs à la Flandre et à la Wallonie, souligne-t-il. Une négociation institutionnelle doit également aboutir à l'élargissement de la Région bruxelloise et à une meilleure gestion de son hinterland économique. "En contrepartie de la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde il y a deux minima", selon Charles Picqué.

Il faut d'abord "des garanties pour les droits des francophones de la périphérie" et aussi "l'élargissement de la Région bruxelloise, associé à des garanties permettant son bonfonctionnement. Ce qui implique son refinancement. C'est le prix à payer par les Flamands".Pour le ministre-président bruxellois, "BHV représente le dernier espace institutionnel qui relie encore Bruxelles à son hinterland qui relie Bruxelles à la Wallonie. Si BHV disparaît, on est à coup sûr dans le scénario d'un enclavement historique et irréversible de Bruxelles en Flandre", estime Charles Picqué. Le ministre-président affirme encore: "on veut nous faire passer pour des nains alors que Bruxelles est indispensable au pays". Il considère qu'"on ne ne peut pas rater le train des réformes" et affirme qu'il "faut objectiver la pérennité régionale, un financement plus adéquat et une cohérence au développement de Bruxelles et de son hinterland". Le ministre-président bruxellois pense qu'"il y a encore des gens raisonnables qui comprennent l'importance stratégique de Bruxelles en Flandre et en Wallonie". (belga)

04 août 2007

Les francophones de Bruxelles se fâchent

Jean-Luc Dehaene estime que Bruxelles ne mérite pas un statut de Région à part entière. Les réactions des politiques francophones de la capitale ne se sont pas fait attendre.

Ce n'est pas le fédéralisme de papa, c'est celui de bon-papa. » Benoît Cerexhe, ministre bruxellois (CDH) de l'Economie, a avalé son café de travers, vendredi, en lisant la critique historique de Jean-Luc Dehaene. L'ancien Premier ministre CVP y réinterprétait les difficultés communautaires actuelles à l'aune d'erreurs francophones passées Et plaidait pour une cogestion de Bruxelles, incapable, disait-il, de s'assumer seule. Il n'en fallait pas plus pour faire sortir de leurs gonds les francophones de la capitale. A commencer, donc, par Benoît Cerexhe, président du collège de la Commission communautaire française. Qui lit en filigrane des propos de Dehaene une « vision archaïque » de Bruxelles. Et souligne que 235.000 citoyens flamands travaillent en territoire bruxellois.
Charles Picqué, ministre-président bruxellois (PS), est aussi monté au créneau. « Je suis étonné par ces propos, dans le chef de quelqu'un qui a pourtant le sens de l'Etat. » Celui que Jean-Luc Dehaene qualifie d'« homme en fin de carrière » déplore le ralliement du bulldozer aux « thèses saugrenues visant à faire de Bruxelles une entité gérée par la Flandre et la Wallonie ». « La cogestion, c'est un vieux rêve de certains, au Nord du pays. Qui nous ressortent que si on veut un refinancement, on doit renoncer à notre statut. Et si on refuse ça, alors, on ne peut rien recevoir. »

Un moteur, pas un fardeau
Or, pour Charles Picqué, les besoins financiers de Bruxelles viennent essentiellement de son statut de capitale belge et européenne. Et d'ajouter que « la Région bruxelloise ne coûte pas d'argent à la Belgique. Bien au contraire, elle en est un moteur économique ». Le ministre-président conclut par une mise en garde à destination des francophones « Entrer dans une stratégie de cogestion équivaudrait à faire de la ville un appendice flamand. Pour des raisons géographiques et éventuellement financières, si, d'aventure, la Région wallonne s'avérait incapable d'assumer les besoins de la capitale. »
Olivier Maingain, président du FDF et négociateur MR à Val Duchesse, ne mâche pas non plus ses mots. « Nous avons de quoi répondre à ceux qui veulent le confédéralisme. Et c'est peut-être ce qui a changé, depuis l'ère Dehaene, c'est que les francophones ne céderont pas au CD&V. Nous sommes déterminés, ce que le Nord a peut-être sous-estimé. »
Gérard Deprez, président du MCC et vieux compagnon de route de Jean-Luc Dehaene, voit dans la sortie belgicainement incorrecte « un geste de loyauté par rapport à son parti, le CD&V ». Et se réconcilier avec Yves Leterme, au lendemain d'une mission de médiation avortée en grande partie, dit-on, pour incompatibilité d'humeur notoire entre les deux hommes ? Gérard Deprez n'est pas loin de le penser.

26 juin 2007

Non à toute cogestion à Bruxelles, dit l'ARAU

Toute forme de cogestion de la Région de Bruxelles-Capitale par l'État fédéral et/ou par les Communautés et/ou par les Régions doit être catégoriquement rejetée, affirme l'Atelier de Recherche et d'Action Urbaines (ARAU), dans un mémorandum adressé à l'informateur.
L'association qui milite depuis 40 ans pour une gestion plus démocratique et participative du développement de Bruxelles s'en réfère aux dommages subis par la capitale, du fait de sa gestion à distance par l'Etat, jusqu'à l'avènement de la Région bruxelloise en 1989.
Pour elle, le statut actuel de la Région-capitale ne peut qu'être renforcé vers une plus grande prise de responsabilité des habitants, de leurs associations et de leurs mandataires, face aux défis principaux qu'elle doit rencontrer pour digérer les changements économiques et sociaux et son internationalisation.
Le mémorandum de l'ARAU aborde plusieurs moyens pour renforcer le statut de Bruxelles. L'association demande notamment qu'une partie de l'Impôt sur les Personnes Physiques soit perçue sur le lieu de travail, Bruxelles générant 600.000 emplois profitant majoritairement à des habitants des deux autres Régions.
Les fonctionnaires internationaux habitant la capitale devraient aussi payer un Impôt ou à tout le moins participer à un fonds de solidarité au profit de Bruxelles.
L'Atelier veut aussi que le parlement régional puisse donner son feu vert au contenu annuel de l'accord de coopération Beliris liant Bruxelles à l'Etat fédéral pour permettre à celle-ci d'assumer son rôle de capitale nationale et internationale.
En matière de gouvernance et de démocratie, hormis l'interdiction du cumul de mandats communaux avec celui de député régional, l'ARAU demande des initiatives pour favoriser la participation des personnes d'origine étrangère à la vie politique et la participation des citoyens à l'élaboration de budgets.
Dans le domaine de la mobilité, l'Etat fédéral doit s'engager résolument dans une politique de fiscalité verte.
Pour le logement, en crise dans la capitale, l'association considère comme prioritaire l'augmentation significative du nombre de logements publics. Cela doit passer par une intervention du fédéral via la politique des grandes villes.
La rénovation urbaine doit être encouragée sur le plan fiscal via une liaison de la déduction des frais réels d'entretien à la taxation des revenus sur les biens immobiliers.
Sur le plan international, l'Etat belge ne peut plus être l'acteur principal de l'implantation des bâtiments des institutions européennes à Bruxelles, a encore dit l'ARAU.