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23 mars 2008

Trop de francophones pour le CD&V

La composition du nouveau gouvernement Leterme Ier, et surtout le nombre des francophones dans celui-ci, laisse un goût très amer au CD&V. "C'était vraisemblablement le prix qu'il fallait payer pour avoir le poste de Premier ministre", dit samedi le député Roel Deysen dans plusieurs quotidiens flamands.

Lorsqu'Etienne Schouppe et Jo Vandeurzen ont expliqué jeudi la répartition des postes, ils ont été à peine applaudis. "Les critiques étaient si intenses et longues que nous ne sommes même pas arrivés au contenu de l'accord gouvernemental", dit l'ancien ministre CD&V Tony Van Parys.
Il précise que "nous serons loyal jusqu'au 15 juillet. Ce sera le test ultime. Mais pour la majorité d'entre nous - pas seulement les membres de la N-VA, également la majorité des membres du CD&V - il est déjà certain que cela n'ira pas. La Belgique a un problème structurel. Il n'est plus possible de trouver un accord dans ce pays. C'est la vérité".

"Monsieur le premier ministre, vous inquiétez les francophones"
Le cdH s'est également prononcé sur la déclaration du gouvernement dans une intervention précédant celle de M. De Wever. Le député Christian Brotcorne, désigné officiellement ce samedi comme chef de groupe du cdH en remplacement de Joëlle Milquet (devenue ministre), a défendu les points du programme de son parti repris dans l'accord de gouvernement et notamment ceux qui ont trait à la politique de soutien aux familles. Il a appelé le premier ministre Yves Leterme à gagner l'estime des Francophones.Réticences"Vous savez, monsieur le premier ministre, que vos compatriotes francophones ont encore certaines réticences à votre égard. Vous les inquiétez. Il vous appartient maintenant de gagner leur estime et de les rassurer. Le meilleur moyen d'y arriver, c'est bien sûr de réussir votre projet, dans l'équilibre et le respect de tous", a-t-il dit.


La N-VA accorde sa confiance "provisoire"
La N-VA donnera la confiance au gouvernement à l'exception de son président qui s'abstiendra, a confirmé ce samedi Bart De Wever dans son intervention sur la déclaration du gouvernement."Donner une chance"M. De Wever a justifié l'attitude de son parti en indiquant qu'à ce stade "rien encore n'est perdu" et qu'il faut "donner une chance à ce gouvernement". Le président de la N-VA a parlé de "confiance provisoire".Fidélité à l'électeur"Le compteur communautaire est positif à ce stade", a indiqué Bart De Wever, qui a évoqué le vote en Commission de la Chambre de la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde et la conclusion d'un premier paquet de réforme de l'Etat. "En juillet, on saura enfin", a poursuivi le président de la N-VA, annonçant que son parti se voudra "constructif" mais aussi "fidèle à l'électeur". Bart De Wever a également indiqué qu'il continuait à oeuvrer avec son partenaire de cartel, le CD&V, "pour plus de Flandre".

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14 septembre 2007

Reynders relance le débat institutionnel

95 jours sans gouvernement.
A la veille des Fêtes de Wallonie, le président du MR, Didier Reynders, a lancé un nouvel appel aux autres formations politiques francophones pour simplifier les institutions francophones. Il attend leur réaction et, en fonction de celle-ci, il pourrait réunir une nouvelle fois les présidents des partis francophones.

L'organisation de l'espace intrafrancophone qui repose sur une Région wallonne, une Communauté française et une Commission communautaire française est trop compliquée, estime M. Reynders. Selon lui, le moment est opportun pour lancer le débat: le dossier a été remis par le MR et le cdH au formateur lors des négociations à Val Duchesse et aux autres présidents des partis francophones lors de leur réunion du 21 août.
"Nous devons oser aborder le débat francophone. Le rendez-vous n'est pas seulement avec la Flandre mais aussi avec nous-même. Comment va-t-on faire mieux fonctionner les outils? On est face à un choix: quelles que soient les position adoptées par le passé, il faut que l'on revoie l'organisation francophone", a souligné M. Reynders.


Pour le président du MR, une réforme peut intervenir après les élections régionales de 2009 mais il faut s'accorder avant. "Je n'imagine pas que l'on aille aux élections régionales sans que l'on ait un accord entre francophones pour réorganiser les institutions francophones, même si on le fait après les élections", a-t-il expliqué.
Pour y parvenir, M. Reynders préconise un gouvernement et un parlement commun -qui ne nécessitent pas de discussion avec la Flandre-, et peut-être dans un second temps un budget commun. D'après lui, les Flamands eux-mêmes sont partisans d'une telle réforme.

Réactions du PS, d'Ecolo et du cdH à la déclaration du MR
Le PS et Ecolo n'ont pas embrayé jeudi à l'appel lancé par le président du MR, Didier Reynders, à propos d'une rationalisation des institutions francophones.Selon les socialistes, M. Reynders cherche à allumer des contre-feux pour faire oublier l'échec des "non négociations" fédérales. Pour le PS, il importe d'abord d'avancer et de travailler, et non d'importer les problèmes institutionnels dans les Régions et les Communautés.Ecolo se dit en revanche ouvert au dialogue mais il juge le moment de lancer le débat entre francophones inopportun alors que l'on est en pleine discussion communautaire.Le cdH rappelle quant à lui que son programme aborde la rationalisation des institutions francophones. Il ajoute qu'il a d'ailleurs joint le geste à la parole lors de la formation des gouvernements de la Communauté française et de la Région wallonne. Ceux-ci comportent des ministres à double casquette, ce qui n'était pas le cas sous la précédente législature, soulignent les centristes. (belga)

10 septembre 2007

Scission ou non ?

Un scénario plausible, la disparition de la Belgique ? En prélude au "Mise au point" (RTBF) de dimanche remettant sur son métier la bonne [?] question, Marie-Claire Houard elle-même en convient : "Plus j'y pense, moins j'y crois". C'est elle qui, en "simple citoyenne", a lancé une pétition pour l'unité qui dépasse à ce jour les 82500 signatures...

Pour la plupart des signatures francophones, c'est vrai. Il faut dire que le site a été lancé en français. Et ensuite "mal traduit en néerlandais", enchaîne Mathias Storme, politologue à la KUL dont on sait l'engagement flamand pointu. Il y trouve de quoi fourbir sa grande théorie : "Vous ne parlez pas de la Belgique, mais d'un Etat francophone où on peut rester unilingue, sans respecter les frontières linguistiques, sans réelle réciprocité. Dans ce sens-là, ce sont les francophones qui sont des séparatistes".
Mais ces sondages récents qui témoigneraient d'une radicalisation de l'opinion flamande ? Confirmation précieuse : il n'y a pas d'unanimité néerlandophone. Sven Gatz (Open VLD) : "Cette radicalisation est conjoncturelle. Gardons notre sang-froid. L'indépendance, pour quoi faire ? C'est un leurre, un discours romantique. Moi, je suis fédéraliste". À l'inverse, Jean-Marie Dedecker (parti éponyme) : "On n'a pas besoin de sondages. Vous n'avez pas encore compris ? Il n'y a qu'à voir les résultats des élections : les belgicistes (Open VLD et SP.A) ont perdu. Moi, je dis : la Belgique si possible; pas de Belgique si nécessaire. Et je ne comprends pas les francophones qui sont le seul peuple au monde à avoir peur de sa propre autonomie". Nous n'avons pas peur, le coupe son presque homonyme (MR) Armand De Dedecker (les accointances, décidément, s'arrêtent là). "Si les médias flamands expliquaient les conséquences d'une scission, les citoyens comprendraient qu'elle est un suicide collectif et les sondages seraient tout autres".
Plusieurs francophones abondent, et listent les multiples problèmes qui seraient à résoudre : délimitation des frontières, identification des collectivités, statut de Bruxelles, répartition de la dette, complications pour les entreprises, reconnaissance internationale, protection des minorités, armée, justice, fiscalité perçue au "pays" du travail, etc.
Clarifier l'agenda nordiste
Serait-ce si évident, pourquoi cela coince-t-il tant ? Au moins deux explications sont apportées sur le plateau. Un : "Le CD & V, rappelle Armand De Decker, a amené une N-VA qui en tame cette négociation comme étant l'avant-dernière avant la liquidation de l'Etat belge". Haut fonctionnaire flamand atypique, Rudy Aernoudt prolonge, avec le sens de la formule que l'on a appris à lui connaître : "Si la N-VA ne s'intéresse qu'à la Flandre, qu'elle ne s'intéresse pas à des négociations belges ! Quand on ne croit pas en Dieu, il ne faut pas vouloir devenir pape". Deux, poursuit De Decker (on parle bien d'Armand, le président du Sénat) : "S'il y a un agenda caché flamand, ça peut durer des mois. S'il y a un projet pour la Belgique, on peut vite avancer dans les négociations".
En constitutionnaliste (Saint-Louis), Hugues Dumont renchérit et résume : "Il y a beaucoup d'ambiguïtés en Flandre. Une partie de l'opinion, qui monte en puissance, est favorable à la souveraineté. Une autre partie est constituée de fédéralistes loyaux qui veulent réformer le fédéralisme. Nous devons exiger une clarification des objectifs flamands finaux. Tant que ce n'est pas le cas, je comprends que les négociateurs francophones ne veuillent pas faire des concessions".