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13 juin 2008

Une alliance nationale pour le climat?

Fin des consultations publiques
Après six semaines, le « Printemps de l'environnement » a clôturé jeudi des discussions marathons entre partenaires sociaux, organisations non gouvernementales et administrations régionales et fédérales. Vers une « alliance » nationale pour le climat ? Au politique de faire germer un patchwork salué et critiqué.

Rideau. Après six semaines de palabres, le « Printemps de l'environnement » a clôturé jeudi des discussions marathons entre partenaires sociaux, organisations non gouvernementales et administrations régionales et fédérales autour des mesures à adopter pour engager le pays sur une voie plus écologique. À charge des responsables politiques fédéraux et régionaux d'arbitrer d'ici le 2 juillet les dizaines de propositions assorties d'un « feu vert » dans les 29 rapports d'ateliers remis au ministre fédéral de l'Environnement, Paul Magnette (PS).
« Loi du silence » oblige, chacun y va de son commentaire sous le manteau : « Il n'y aura rien de révolutionnaire au terme d'un processus brouillon, commente cet environnementaliste. Les points d'accord sont mineurs par rapport à la hauteur des enjeux qui nécessitent une révision fiscale ou des mesures fortes pour limiter l'emprise automobile. »
Ce scepticisme n'est pas partagé par l'ensemble des acteurs, à commencer par les syndicats, qui discernent l'éclosion d'un renouveau du dialogue social : « Les ONG sont impatientes, note ce responsable syndical. Elles ne sont pas habituées à des processus de négociation parfois longs. Des portes sont ouvertes. Il y a unanimité pour dire que les gouvernements doivent mettre le paquet pour isoler les bâtiments du pays via des mécanismes novateurs et des prêts gratuits susceptibles de bénéficier aux revenus modestes. »
Cette volonté de voir naître une « alliance nationale pour le climat et l'emploi », à l'instar du modèle allemand, a été soutenue ce jeudi au terme de l'atelier énergie-climat : « On a fait un boulot titanesque, concède ce « moteur » des discussions. Bien sûr, il n'y aura pas d'accord sur le nucléaire ou sur les voitures de société au terme du Printemps. Mais il y a des dizaines de recommandations pour limiter les émissions de gaz à effet de serre comme la demande d'extension des parcs éoliens offshore. »
Même son de cloche chez ce haut responsable fédéral : « C'est la stratégie des dominos. On avance et chacun se sent lié. Le mérite du Printemps est d'avoir mis des gens qui ne se parlent jamais autour de la même table. On voit mal comment les gouvernements vont pouvoir tourner le dos à certaines mesures… »
Fidèle à la ligne imprimée à ce processus participatif… très opaque, Magnette veut dissiper les nuages qui bouchent encore l'horizon printanier : « La discrétion était importante pour permettre aux parties de s'exprimer librement sans pression des médias. Il ne faut pas placer les attentes là où elles n'étaient pas. Il n'a jamais été question de révolution, mais de mieux faire travailler les institutions en dégageant des mesures ambitieuses qui n'auraient jamais pu l'être sans ce processus. » Lesquelles ? Motus !
Le citoyen : acteur
Le vendredi 20 juin à 17 h 30, se tiendra aux Cours de justice de Mons, une conférence consacrée au développement durable et à la convention d'Aarhus. Principe de la convention : chacun a un intérêt personnel à la sauvegarde de l'environnement. Son pilier, la démocratie participative, pose trois droits fondamentaux envers le citoyen et surtout les associations : droit à l'information, droit de participer à la décision, droit d'accès à la justice. Réservations ce 13 juin : fax, 065/379.310. (Gi. M.)

02 avril 2008

Des voitures de société plus vertes

Depuis ce mardi, une nouvelle législation est en vigueur pour rendre les flottes de voitures de société plus vertes. La déductibilité fiscale des frais ne sera plus forfaitaire mais variera en fonction des émissions CO2 du véhicule.

La Belgique est connue pour son régime fiscal plutôt accommodant pour les voitures de société. C’est cependant de moins en moins vrai pour les véhicules polluants. Depuis ce mardi, une nouvelle législation est entrée en vigueur visant à rendre les flottes plus vertes. La déductibilité fiscale des frais ne sera plus forfaitaire (75 %) mais variera en fonction des émissions CO2 du véhicule. Cette déductibilité pourra grimper jusqu’à 90 % pour les véhicules les moins polluants et tomber à 60 % dans le cas inverse.
La mesure ne fait pas sourire les entreprises car elle signifie une augmentation de leurs coûts. On estime que 73 % des véhicules de sociétés vont glisser dans un régime fiscal plus défavorable. Les autres connaîtront un statu quo tandis qu’une infime partie (1 à 2 %) des véhicules bénéficiera d’un régime plus avantageux.
Faut-il s’attendre dans les semaines à venir à un bouleversement dans la composition des flottes de véhicules ? Non. Tout d’abord parce que les entreprises n’ont pas les mains libres. Elles ont signé des contrats avec les sociétés de leasing (pour 3 – 4 ans) et les résilier coûte de l’argent. Elles devront attendre le terme des contrats pour porter leur choix sur des modèles moins polluants. A noter qu’une société de leasing, ING Car Lease, a proposé à ses clients de résilier anticipativement gratuitement ses contrats pour des voitures tombant dans la catégorie de déductibilité 60 ou 70 %.
Ensuite, les entreprises ont eu largement le temps d’anticiper cette mesure. « Les sociétés ont depuis quelques années déjà des bonnes raisons de faire attention aux coûts liés aux émissions CO2, explique Stéphane Verwilghen, patron de Arval. Il y a bien sûr en tant que tel le coût du carburant qui n’a cessé d’augmenter mais aussi la taxe CO2 entrée en vigueur il y a trois ans. L’impact de la nouvelle mesure fiscale n’est pas très important par rapport à ce qui existait déjà. »
Un problème d’offre
Selon Werner Franck, directeur marketing de KBC Autolease, les nouvelles règles de déductibilité feront augmenter le coût d’une flotte moyenne de 1 à 4 %. Les entreprises s’adaptent. Il confirme que depuis plusieurs mois, elles sont à la recherche de véhicules qui leur coûteront moins cher en termes de fiscalité. « Il y a une tendance au “downsizing”. Les entreprises optent pour des motorisations plus petites et compensent en offrant aux employés plus d’options. Mais le downsizing concerne uniquement les motorisations, pas les modèles ». Toucher au modèle, c’est trop sensible vis-à-vis de l’employé.
Autre tendance : porter son choix sur des voitures bénéficiant des dernières technologies vertes. « Mais à ce niveau, il y a un gros problème d’offre, continue Werner Frank. Actuellement, moins d’un pour cent des modèles disponibles sur le marché peuvent bénéficier de la déductibilité à 90 %. Les constructeurs automobiles font des efforts mais cela prendra des mois et des mois avant qu’il n’y ait une offre suffisamment importante de véhicules moins polluants. »

26 mars 2008

Paul Magnette doute de la sortie du nucléaire

Paul Magnette avait toujours maintenu que lui et son parti, une fois au gouvernement, soutiendraient la fermeture des centrales nucléaires comme cela avait été prévu.
S'il s'avérait que notre pays ne disposait pas de suffisamment d'alternatives énergétiques, l'ouverture des centrales nucléaires pourrait être prolongée de quelques années, estime mercredi le ministre du Climat Paul Magnette (PS), dans les colonnes du Morgen.
Paul Magnette avait toujours maintenu que lui et son parti, une fois au gouvernement, soutiendraient la fermeture des centrales nucléaires comme cela avait été prévu.
Les partenaires de la coalition orange-bleue avaient insisté auprès de Paul Magnette pour accorder un délai à la sortie du nucléaire. Le parti socialiste lui-même semble désormais prêt à une telle hypothèse.
Groen et le sp.a ne veulent pas discuter de cette nouvelle option. Pour les deux partis flamands de l'opposition, ce doute incessant constitue un coup fatal porté aux investissements en matière d'alternatives énergétiques.

Un pan de l'Antarctique a commencé à se désintégrer
Au cours des cinquante dernières années, la partie occidentale de la péninsule antarctique a enregistré la plus forte augmentation de température sur le globe.
Un pan de la banquise antarctique équivalent à près de quatre fois la superficie de la ville de Paris a commencé à se désintégrer sous l'effet de la rapidité du réchauffement climatique, a indiqué mardi le Centre national de la neige et de la glace de l'Université du Colorado (NSIDC). Selon des images satellite, cette désintégration porte déjà sur un pan de glace de 414 km2 faisant partie du plateau Wilkins et a commencé le 28 février par le soudain décrochage d'un iceberg de 25,5 km de long sur 2,4 km de large sur le flanc sud-ouest.
Ce mouvement a déclenché la désintégration d'un bloc de 569 km2 du plateau Wilkins, dont 414 km2 ont déjà disparu. Ce plateau, dont la superficie est de 12.950 km2 est actuellement soutenu par une bande étroite de glace de 5,6 km entre deux îles, a expliqué dans un communiqué Ted Scambos, responsable scientifique du NSIDC (National Snow and Ice Data Center).
Il s'agit de la plus grande banquise dans l'Antarctique. "Si les glaces continuent à reculer, cette bande de glace pourrait se désintégrer et nous perdrions alors probablement la moitié de la banquise de cette région au cours des prochaines années", a-t-il déclaré. Au cours des cinquante dernières années, la partie occidentale de la péninsule antarctique a enregistré la plus forte augmentation de température sur le globe avec une hausse de 0,5 degré Celsius tous les dix ans.
"Nous pensons que le plateau Wilkins existe depuis quelques centaines d'années mais l'air chaud et les vagues de l'océan provoquent sa dislocation", a expliqué Ted Scambos, qui a constaté pour la première fois cette désintégration en mars. L'été touchant à sa fin dans l'Antarctique, les scientifiques ne prévoient pas davantage de désintégration du plateau Wilkins dans les prochains mois. "Le spectacle est terminé pour cette saison, mais en janvier prochain nous allons observer attentivement pour voir si le Wilkins va continuer à se disloquer", a ajouté ce scientifique. Ces dernières années, la banquise bordant la péninsule antarctique a connu une dislocation rapide.
En 1995, le plateau Larsen A, long de 75 km et large de 37 km, s'est décroché puis fragmenté en icebergs dans la mer de Weddel. Le 19 mars 2002, un satellite de la Nasa observait l’effondrement de Larsen B, d’une surface de 3850 km2 et 200 mètres de haut qui contenait 720 milliards de tonnes de glace.
La fonte accélérée des glaces de l'Antarctique - plus 13.000 km2 de banquise ont disparu en cinquante ans - pourrait contribuer de façon importante à la montée du niveau des océans. Selon certaines projections au rythme actuel (+3 mm par an de 1996 à 2006), les océans pourraient avoir gagné 1,40 mètre d'ici la fin du siècle.

05 mars 2008

29 entreprises bruxelloises ont reçu un label de gestion verte

L'année 2007 a été fructueuse pour le label "Entreprise éco-dynamique" de la Région-capitale: 29 entreprises ont obtenu ce certificat bruxellois de bonne gestion environnementale octroyé pour trois ans.Parmi celles-ci, Eco-Conseil Entreprises (consultance en environnement), Groupe One (formation et coaching en entrepreneuriat responsable), le département de la Politique Scientifique fédérale et RDC Environnement (bureau de conseil et d'études en environnement) se sont vu décerner les trois étoiles (le maximum) du label. Octroyé pour trois ans, celui-ci a été décerné mardi aux lauréats de 2007 par la ministre bruxelloise de l'Environnement Evelyne Huytebroeck. Il s'agit d'entreprises au sens large, de tous les secteurs (public, privé, non-marchand, quelle que soit leur taille). On y trouve des noms connus tels que le département de la recherche et de la technologie de Solvay, deux sites de la STIB , Vivaqua, Test-achats, l'agence bruxelloise de l'Entreprise, l'Association des Villes et des Communes de la Région de Bruxelles-capitale et certaines administrations communales.La reconnaissance honorifique est exploitée par les candidats à l'effort environnemental, en termes d'image et de marketing. Elle récompense notamment une série d'actions en matière de gestion des déchets, d'économie d'énergie, de gestion des déplacements, ou encore d'utilisation des matières premières. Tout promotionnel qu'il puisse être, ce trophée du mérite écologique favorise une action dans la durée, par le biais des étoiles que les entreprises peuvent ajouter à la première, au fil des ans, et de leur degré de performance environnemental.Leur démarche volontaire en faveur de l'environnement est encadrée par Bruxelles Environnement qui apporte son aide pour planifier les mesures et efforts. Un soutien est fourni dès l'acte de candidature des entreprises à l'éco-label: formations méthodologiques et techniques pour le personnel, mise à disposition de consultants, création d'un réseau d'échanges et d'expériences sur la toile. Au terme de l'année écoulée, 92 entreprises bruxelloises disposent de cette reconnaissance décernée depuis 1999.Pour l'année 2008, la ministre Huytebroeck a proposé au jury de simplifier la procédure de candidature tout en insistant sur l'importance de la gestion de l'énergie et de la mobilité. Après une année 2007 davantage orientée vers le secteur culturel, 2008 sera davantage focalisée sur l'écolabellisation du secteur horeca, a annoncé la ministre. La remise des labels était d'ailleurs organisée à l'hôtel "Le Plaza", un des quatre hôtels bruxellois écolabellisés, qui a participé au récent audit sur les économies d'énergies potentielles dans le secteur hôtelier de la capitale. Cet audit a révélé que moyennant un investissement équivalent à un pc de leur chiffre d'affaires, les hôtels de la capitale peuvent réduire leurs consommations d'électricité et de combustible de 10 et 20 pc. Une telle opération engendrerait une réduction des émissions annuelles de CO2 comparables à celles de près de 20.000 habitants.

24 décembre 2007

La SDRB pose ses briques vertes

Trois projets sur les sites de la SDRB ont été retenus pour leur caractère écologique. Ils recevront à ce titre un subside important de l'IBGE. Sur le site Midi-Suède, un projet ambitieux de trente appartements "passifs" est en cours.
Préserver son portefeuille, tout comme l'environnement : voici le nouveau défi de la SDRB (Société de développement pour la Région de Bruxelles-Capitale) qui, via diverses réalisations, inscrit peu à peu sa patte verte dans notre capitale.
Très récemment, ce sont trois projets qui ont reçu l'aval de Bruxelles Environnement-IBGE et recevront une prime pour leur "exemplarité en matière de performance énergétique et d'éco-construction". Ces trois projets font partie des 39 qui ont eu la chance d'être retenus sur une grosse septantaine de candidatures lancées début septembre. "Un véritable engouement, assure-t-on du côté de Bruxelles Environnement. Cela représente une aide pour 120 à 130 000 m2 de nouveaux édifices pour un budget total alloué de sept millions d'euros."
La SDRB est, elle, convaincue que "ces immeubles représentent l'avenir". "Nous avons relevé le défi et avons présenté deux projets : Midi-Suède et Pavillons Services. Ces deux projets seront subsidiés à concurrence de 278000 euros par Bruxelles Environnement", explique-t-on à l'institution publique pararégionale. A ces deux futurs bâtiments, il faut ajouter le nouveau magasin de ventes privées Caméléon qui se situera sur un terrain de la SDRB, avenue Ariane à Woluwe Saint-Lambert. "Ce bâtiment de près de 13300 m2 sera l'un des premiers magasins durables d'Europe, avec 50 pc de la surface occupée par des espaces verts, y compris sur le toit." Il pourra en outre se passer d'air conditionné au profit d'un système de ventilation et de refroidissement naturel : une première sur le Vieux Continent. (voir LLB 07/12/07).
Sur le site Galilei à Neder-over-Hembeek, un "bâtiment signal" proposera prochainement des services adaptés à la demande des 248 entreprises "logées" par la SDRB. "Nous y proposerons entre autre des infrastructures Horeca et une salle "point presse", explique M. Verbrouck, directeur commercial à l'expansion économique de la SDRB. Nous voulons nous démarquer d'un point de vue écologique et ce lieu sera un excellent moyen de communication afin de promouvoir la construction durable sur nos sites."
Active dans le "passif"
Enfin last but not least, la situation évolue sur le site Midi-Suède, puisque la demande de permis d'urbanisme a été introduite ce 21 décembre. "Nous espérons pouvoir commencer le chantier à l'été 2008", explique Marc Frère, directeur des projets à la rénovation urbaine pour la SDRB. Le plan est ambitieux puisque ce ne sont pas moins de trente nouveaux appartements (sur 3200 m2 ) qui sont prévus dans ce quartier, en pleine quête d'avenir. "Ce sont des habitations moyennes qui seront mises en vente assez rapidement."
Et les futurs acquéreurs peuvent avoir une certitude : ils ne se ruineront pas en frais de chauffage puisque ces appartements sont étiquettés 100 pc "passifs". "Les habitations dites passives assurent une ambiance intérieure confortable, tant en hiver qu'en été. Et cela sans faire appel ni à un système conventionnel de chauffage, ni à un système de conditionnement d'air." La consommation d'énergie y est ainsi quatre fois inférieure à un logement classique. Ce qui permet de faire d'une pierre deux coups : économie d'énergie (et donc financière), tout en préservant l'environnement. La SDRB se veut d'ailleurs de plus en plus active dans le... "passif." "Le coût de ce genre de construction est environ 10pc plus élevé qu'un bâtiment classique, mais cet argent est vite récupéré car les frais de chauffage sont inexistants", reprend Marc Frère. Sauf en cas de "grand froid" (comme actuellement) où un chauffage d'appoint peut être mis en route.
"Ce bâtiment sera une grande première au niveau du logement en Région bruxelloise. La SDRB dans le futur va certainement se tourner vers ce style de projets." Mais il faut préciser que tout édifice ne peut être "passif". "Cela dépend de l'orientation du bâtiment. A Midi-Suède, nous avons une orientation Nord-Sud qui nous le permet, mais cela n'est pas le cas partout", développe M.Frère.
Dans les emplacements où l'exposition ne le permet pas, il est toutefois possible d'investir dans des bâtisses à très basse consommation d'énergie. "C'est devenu une de nos priorités", nous assure-t-on du côté de la SDRB, qui, par ces exemples, veut inciter tous les Bruxellois à poser des briques vertes autour d'eux.

27 septembre 2007

L'éco-construction gagne lentement du terrain en Wallonie

84% des Wallons se disent très satisfaits de la qualité de leur logement, même s'ils estiment (53%) que le coût des habitations est trop élevé. Le Wallon est par ailleurs encore hésitant face à l'éco-construction puisqu'ils ne sont que 25% à investir dans des équipements écologiques, révèle jeudi une enquête réalisée à la demande des quotidiens du groupe Vers l'Avenir.Dans les logements wallons, l'énergie solaire, les pompes à chaleur, les pellets ou les céréales sont très peu employés. Le combustible le plus utilisé par les ménages disposant d'un chauffage central (77% des logements), reste le mazout (57%). Il est suivi du gaz naturel (37,6%) et de l'électricité (5,3%).Par ailleurs, en juin 2004, moins de 10.000 mètres carrés de panneaux solaires avaient été installés en Région wallonne. Trois ans plus tard, près de 50.000 mètres carrés étaient en place. Au total, 7.200 familles sont équipées d'un chauffe-eau solaire. En outre, acheter ou construire une habitation n'est pas une priorité d'investissement pour les Wallons, qui ne sont que 13% à faire cette démarche. Ils sont en revanche 35% à investir pour rénover ou transformer leur logement.

30 juillet 2007

Des réacteurs français vendus à la Chine

La France aurait vendu ses deux réacteurs nucléaires EPR à la Chine pour cinq milliards de dollars (3,66 milliards d’euros), affirme le réseau écologiste français « Sortir du Nucléaire », un chiffre confirmé de source proche du dossier. Le coût du premier EPR qu’Areva construit en Finlande, où le groupe public est maître d’ouvrage et fournisseur, est évalué par les spécialistes à environ 3 milliards d’euros. En Chine, Areva n’est pas maître d’ouvrage mais doit fournir les réacteurs et leur combustible (uranium), ainsi que les services associés, soit toute la chaîne de valorisation du minerai. Cette transaction « est loin d’être la bonne affaire pour la France », qui « vendrait ces deux EPR au prix d’un seul, c’est-à-dire largement à pertes », déplore « Sortir du Nucléaire ».

Enquête sur EON et GDF

La Commission européenne soupçonne les groupes gaziers EON et Gaz de France de s’être partagés les marchés français et allemands, après avoir épinglé la semaine dernière les électriciens EDF et Electrabel. Concrètement, la Commission a ouvert lundi « une procédure formelle » à l’encontre des deux entreprises, l’allemand EON et le français GDF.

03 juillet 2007

Mille tonnes de pétrole par an à St-Ghislain

L e bassin de Mons est une sorte de cuvette où l'eau de ruissellement s'infiltre dans le sous-sol. Et lentement, se réchauffe en profondeur au contact de roches chaudes dans une grande poche qui forme une nappe géothermique. Ce réchauffement s'explique par le principe du gradient thermique : sous terre, la température croît de manière proportionnelle avec l'approfondissement à raison, en moyenne, de trois degrés par 100 mètres de profondeur.

À Saint-Ghislain, depuis plus de vingt ans, l'eau jaillit à 73º à raison d'un débit de 150 m 3 par heure. Elle est pompée à plus de 2 kilomètres sous terre et acheminée à la surface par un conduit en inox de 24,4 centimètres de diamètre.
Dans des échangeurs, sa chaleur est ensuite transférée à de l'eau de ville. Le hall des sports, la piscine, trois écoles, 355 logements de cité, l'hôpital du Grand-Hornu sont chauffés par cette eau captée en sous-sol et injectée dans un réseau urbain de 6 kilomètres de long grâce à deux pompes d'un débit de 130 m 3 par heure. En hiver, lorsque la température extérieure descend sous la barre de 0º, des chaudières au gaz font l'appoint.

Mais rien ne se perd. Après avoir réchauffé les bâtiments, l'eau refroidie à 34º sert encore à chauffer 4.000 m 2 de serres. Et à la sortie des serres, sa température est encore assez élevée (30º) pour être utile à la station d'épuration de Wasmuël où elle contribue à améliorer le processus de fermentation des boues avant d'être rejetée dans la Haine. Son apport calorique facilite la production de biogaz à raison de 3.000 m 3 par jour.
L'énergie géothermique fournie annuellement représente 16.700 MWh. L'économie est estimée à 50.000 giga joules par an. Cela vous parle peu ? C'est l'équivalent de 2,3 millions de m 3 de gaz naturel, de 1.000 tonnes de pétrole ou de la consommation de 300 à 400 logements. Quant à l'économie en termes de rejet de CO2, elle s'élève à 5.400 tonnes par an. Al Gore applaudirait des deux mains...

04 juin 2007

Les changements climatiques, enjeu pour les partis francophones: info ou intox?

En vu des élections fédérales du 10 juin 2007, Greenpeace a établi un mémorandum reprenant huit recommandations concrètes relatives auxchangements climatiques.
Greenpeace veut entamer le dialogue avec tous les partis désireux de s'engager pour la lutte contre les changements climatiques et leur a demandé de faire connaître leur positionen la matière.

http://www.greenpeace.org/belgium/fr/elections07/

03 juin 2007

Ecolo et Groen!

Main dans la main pour sauver le climat

Les partis Ecolo et Groen! se sont engagés dimanche, dans une charte commune en dix points, signée à une semaine du scrutin législatif du 10 juin, à lutter pour la sauvegarde du climat.Les mandataires des deux partis ont souligné le caractère exclusif de cette collaboration entre deux partis du nord et du sud du pays au nom de la solidarité pour l'avenir de la planète. Rédigée en néerlandais et en français, la charte reprend les principaux points des plans d'Ecolo et de Groen! pour sauver le climat, dont l'organisation d'états généraux.Réforme"Il faut dire aux citoyens flamands, et Vera Dua le sait, qu'il y a une autre Wallonie et une autre Région bruxelloise que celles que nous donne à voir l'actualité. Il y a bien plus de citoyens attachés au véritable progrès social, qui ne se cramponnent pas au clientélisme ou à l'individualisme comme seul choix politique", a dit la secrétaire fédérale d'Ecolo Isabelle Durant, appelant à "une vraie réforme écologique de l'Etat".LibreLa présidente de Groen!, Vera Dua, a rappelé que pour les Verts, les élections du 10 juin seront "très cruciales", le défi étant le retour de parlementaires Groen! au fédéral. Ecolo tenait dimanche à l'abbaye de Forest, en Région bruxelloise, son dernier meeting de campagne avant les élections.Dans sa volonté de mettre fin à certaines rumeurs selon lesquelles les écologistes se seraient rapprochés du Mouvement réformateur après l'échec des convergences de gauche, le secrétariat fédéral du parti a tenu dimanche à tordre le cou à "deux canards boiteux", un "canard bleu" et un "canard rouge". Ecolo ira "les mains libres" aux élections, a répété Jean-Michel Javaux, secrétaire fédéral du parti. Quant à la présidente du cdH, Joëlle Milquet, elle avait annoncé une tornade éthique en matière de gouvernance. "Jusqu'ici, nous n'avons vu qu'un très petit ventilateur en panne", a dit Jean-Michel Javaux.

"Ecolo ne roule pour aucun parti"

Les écologistes tenaient leur dernier congrès ce dimanche à Forest. L'occasion de mettre en avant leurs convergences avec Groen ! les écologistes du nord du pays. L'occasion aussi de rappeler leur indépendance par rapport aux grands partis. Dans une campagne stratégique, Ecolo tient à se démarquer autant du PS que du MR….

Le PS a été la cible du congrès écologiste de Mons, il y a un mois, cette fois-ci à Forest, Ecolo rétablit l'équilibre. Le parti vert s'affirme indépendant. Non, les Verts et le MR ne font pas rimer leur stratégie et leur programme. "Nous nous serions affranchis de la tutelle des Socialistes pour nous jeter dans les bras des Libéraux, tempête Jean Michel Javeau, secrétaire fédéral "Mais à qui profite donc le crime de cette rumeur ? Parce que si besoin en était de le préciser, je vous rappelle que nous arrivons aux élections les mains libres, ancrés dans notre projet progressiste mais tout à fait indépendants des multinationales politiques des autres partis".

Le PS n'a pas de leçon à donner sur le social, le CDH n'en n'a pas sur l'éthique politique. Et Isabelle Durant est sur la même ligne et la secrétaire fédérale dénonce, la drague éhontée du MR : "c'est une stratégie savamment construite par certains pour évidemment démontrer que les Ecologistes après avoir été les soutiens du PS, sont maintenant devenus les grands amis des Libéraux. C'est une stratégie complètement inventée et qui vise avant tout pour le MR à voir un coup plus loin, l'effet sur sa place à lui. Donc nous ne sommes évidemment pas dupes, pas dupes de cette drague éhontée"

Ecolo prend du recul dans le match entre Socialistes et Libéraux et se réserve un avenir assez ouvert après le 10 Juin.

22 mai 2007

Le PS apporte son soutien au pacte écologique

MAJ 22/05/2007

Le PS souscrit à 32 des 36 mesures contenues dans le Pacte écologique belge

Il n'en rejette aucune mais émet des réserves sur l'application des 4 autres qui tiennent à sa conception de l'écologie sociale.Au cours d'une conférence de presse organisée à l'avant-veille du débat qui réunira les 4 partis francophones sur le thème, les socialistes ont rappelé leurs propositions en matière environnementale. Ils ont notamment appelé à une "alliance belge pour l'emploi et l'environnement" grâce à l'amélioration de la performance énergétique des bâtiments.Pour soutenir cette alliance, le PS veut porter à un milliard d'euros le montant disponible dans le Fonds de démantèlement des centrales nucléaires. Cette somme serait affectée à des prêts accordés aux particuliers pour des travaux d'économie d'énergie et la mise en oeuvre de tiers investisseurs. Le PS veut également instaurer un prélèvement compensatoire sur les bénéfices des centrales nucléaires déjà amorties. Il escompte une recette de 430 millions d'euros.Quant à l'énergie nucléaire elle-même, le PS a réaffirmé son attachement à la loi de sortie de 2003. Il a contesté l'argument du cdH qui conditionne l'application de la loi à l'élaboration de solutions de rechange crédibles."Ce raisonnement est erroné car c'est la sortie du nucélaire qui incitera à investir. L'incertitue qui pèse actuellement sur cette sortie pèse sur le développement des énergies alternatives", a souligné la vice-première ministre Laurette Onkelinx. Les socialistes francophones ont également plaidé pour une gestion responsable de la mobilité qui passe, selon eux, par une réforme du système fiscal des voitures de société. Ils veulent pénaliser les véhicules qui polluent beaucoup et revoir la déductibilité fiscale actuelle des entreprises pour les achats de carburant, en particulier par le biais des cartes-essence. Ils proposent aussi de tripler les taxes sur les 4X4 à usage non professionnel et souhaient étendre les systèmes de gratuité pour les trajets en train entre le domicile et le lieu de travail.Parmi les propositions du Pacte écologique, le PS craint les conséquences sociales de quatre d'entre elles, comme une taxe CO2 généralisée ou une liaison du précompte immobilier au niveau d'isolation des bâtiments."On risque de payer moins cher pour une villa 4 façades que pour une petite maison ouvrière", a mis en garde le sénateur Jean Cornil. Mme Onkelinx a quant à elle rappelé le principe de bases des socialistes en la matière: il doit exister pour chacun une réelle solution de rechange au comportement que l'on entend modifier par la fiscalité.L'ex-échevin Ecolo passé au PS, Henri Simons, se montre en tout cas confiant sur la combativité de sa nouvelle famille pour la défense de l'environnement."Je sens aujourd'hui un PS réellement motivé par le défi écologique et qui pèsera de tout son poids lors des discussions gouvernementales", a-t-il expliqué.

12 mai 2007

Electrabel, une vérité qui dérange

Si l'on en croit du moins ses messages publicitaires, le principal producteur belge d'électricité semble soudain vouloir agir en faveur de l'environnement. On est évidemment loin de la réalité...
Alexis Haulot
Electrabel lance cette semaine une nouvelle offensive de charme. Avec le "soutien vert d'Electrabel", un grand hebdo télé offre gratuitement une copie du film "An Inconvenient Truth" ("Une vérité qui dérange"), un film qui a largement contribué à sensibiliser l'opinion publique belge à la problématique des changements climatiques. Le sponsor de ce sympathique cadeau n'est autre qu'Electrabel ! Si nous étions un mois plus tôt, on aurait pu croire en un poisson d'avril. Mais non ! Le principal producteur belge d'électricité semble soudain vouloir agir en faveur de l'environnement, si l'on en croit du moins ses messages publicitaires.
Si l'on regarde de plus près la réalité du marché belge de l'énergie, on se rend compte qu'Electrabel ne doit sa position de force qu'à ses centrales alimentées au charbon et au nucléaire, particulièrement peu respectueuses de l'environnement. Environ un dixième de l'électricité belge provient de centrales au charbon et plus de la moitié est produite à partir du nucléaire. Toutes ces centrales sont aux mains d'Electrabel. Le charbon est la source d'énergie la plus polluante : il émet deux fois plus de CO2 que le gaz et contribue donc largement au réchauffement de la Terre. Le nucléaire quant à lui est source de dangers (accidents...) et de problèmes environnementaux pour lesquels il n'existe tout simplement pas de solution à ce jour, comme les déchets radioactifs.
Dans le Benelux, les énergies renouvelables représentaient à peine 1,1 pc de la production d'Electrabel en 2005 et en Belgique, le courant vert d'Electrabel provient essentiellement de la biomasse. En Flandre, cette dernière est tout simplement brûlée dans des centrales fonctionnant essentiellement au charbon... Il n'empêche, la Flandre octroie des certificats verts pour cette forme de biomasse ! Le courant vert d'Electrabel ne provient donc pas tant du soleil ou du vent, mais bien de déchets (noyaux d'olives, marc de café, boue) qui sont co-brûlés avec le charbon. Ce courant "vert" permet donc en fait de prolonger la durée de vie des centrales au charbon en Belgique.
En Wallonie, la co-combustion (biomasse dans les centrales au charbon) n'est heureusement pas reconnue comme étant une source de courant vert. C'est pourquoi Electrabel a transformé sa centrale au charbon aux Awirs en une véritable centrale de biomasse. Mais ici aussi nous sommes en droit de nous poser des questions. Les centrales au charbon vieillissantes ont un rendement faible d'environ 36 pc, ce qui fait que presque deux tiers de la précieuse biomasse sont perdus sous forme de chaleur via la cheminée. Il serait beaucoup plus logique de brûler la biomasse dans des installations de cogénération efficaces, qui produisent et utilisent à la fois chaleur et électricité. Le rendement y est d'ailleurs beaucoup plus élevé et atteint 85 à 90 pc.
La principale motivation d'Electrabel pour la (co)-combustion de biomasse est purement d'ordre financier, à savoir l'obtention de certificats verts pour la production d'électricité "verte". Mais produire du courant vert dans des installations amorties de longue date a un effet contre-productif sur le marché des renouvelables : cela décourage la construction de nouvelles centrales électriques à rendement élevé, fonctionnant exclusivement sur base de sources d'énergies renouvelables. Le gaspillage d'énergie et la production d'électricité polluante sont donc les vrais visages d'Electrabel.
Entre-temps, Electrabel fait d'énormes profits et abuse de sa position dominante sur le marché belge pour bloquer les investissements dans les énergies renouvelables. Tant les centrales au charbon que les unités nucléaires permettent aujourd'hui une production d'électricité à bas prix, ces centrales ayant été amorties de manière anticipée, avant la libéralisation du marché. Pendant des années, le consommateur a payé trop pour son électricité et aujourd'hui que le marché est libéralisé, il est difficile pour les nouveaux producteurs d'électricité de rivaliser avec une électricité produite à bas prix dans les centrales d'Electrabel.
Electrabel n'a donc clairement pas fait le choix d'orienter sa production d'électricité vers plus de durabilité. Une véritable occasion manquée donc ! Parallèlement, elle fait tout son possible pour se donner une image verte via ses messages publicitaires et le sponsoring. En tant qu'acteur important sur le marché de l'énergie, Electrabel porte clairement une lourde responsabilité dans le réchauffement de la Terre. Si elle veut agir, elle doit commencer aujourd'hui à remplacer ses centrales alimentées au charbon et au nucléaire par des centrales efficaces fonctionnant sur base d'énergies renouvelables. En y associant les économies d'énergie, les renouvelables peuvent contribuer dans une large mesure à la production d'énergie. C'est sur le terrain, et non sur la pochette d'un DVD, qu'Electrabel doit prouver qu'elle veut véritablement s'engager sur la voie d'une production d'énergie plus durable. Que tous ceux qui ont reçu gratuitement le DVD profitent pleinement du film qui en vaut vraiment la peine. Mais surtout, qu'ils n'hésitent pas à agir pour contrer le réchauffement de la terre : pourquoi ne pas choisir dès aujourd'hui un fournisseur de courant véritablement vert ?

23 avril 2007

Une prime pour passer au passif

Quand le système de chauffage conventionnel devient superflu...


Imaginez votre facture de gaz et d'électricité réduite à peau de chagrin, le tout sans grelotter sous une couverture ni briser la glace pour votre toilette quotidienne.
Faire du bien à l'environnement tout en économisant votre portefeuille, tel est le credo de la maison passive. « Né en Allemagne dans les années 90, ce concept entraîne une consommation quatre fois inférieure à celle d'une habitation standard récente et dix fois inférieure à celle d'une maison ancienne », indique Evelyne Huytebroeck (Écolo), ministre bruxelloise de l'Énergie et de l'Environnement. « Il préserve aussi une ambiance intérieure confortable toute au long de l'année. »

La recette : une enveloppe sans faille. « Le principe, explique Bernard Deprez de la plateforme Maison passive, est d'utiliser l'énergie ambiante sans faire tourner de moteur ou brûler du combustible ». Un objectif qui passe par la chasse aux déperditions de chaleur. Ventilation à double flux (l'air entrant est préchauffé par l'air sortant), étanchéité et isolation sont au menu. « On récupère également la chaleur interne, explique la ministre, celle produite par les équipements : télé, ordinateurs... Ou par l'humain, nous sommes alors nos propres radiateurs ! »
Première belge, la Région bruxelloise offre désormais une prime de 100 euros/m 2 pour tout logement neuf atteignant le standard passif. « Une prime qui couvre la quasi-totalité du surcoût par rapport à une construction classique », se réjouit Evelyne Huytebroeck.
Pour la rénovation aussi
Largement urbanisée, Bruxelles ne croule plus vraiment sous les espaces à bâtir. La Région n'a donc pas oublié les propriétaires de maisons et appartements déjà construits. Ceux-ci bénéficient d'une prime à la rénovation. D'un montant équivalent à celle du neuf, elle vise toutefois un autre standard : celui de basse énergie, une structure existante ne permettant pas ou très difficilement d'atteindre les normes du passif.
Le niveau de performance à atteindre est alors de 60kwh/m2/an (15 pour le passif). Pour vous aider dans vos démarches administratives, un expert sera mis à la disposition par la Région bruxelloise.
Infos : 02-775.78.02. ou www.bruxellesenvironnement.be

04 avril 2007

Apple n'est pas assez vert

La pomme n'est pas assez verte au goût de Greenpeace. Apple arrive en dernière position du classement des fabricants d'électronique réalisé par l'organisation écologiste.
Greenpeace a classé 14 compagnies de téléphones mobiles et d'ordinateurs en fonction de leurs efforts pour limiter l'utilisation de produits chimiques dangereux et pour recycler les appareils cassés ou obsolètes.
En tête de cette liste verte, le manufacturier chinois Lenovo détrône la firme finlandaise Nokia, reléguée à la deuxième place.

Suivent Sony Ericsson, Dell, Samsung, Motorola, Fujitsu-Siemens, Hewlett Packard, Acer, Toshiba, Sony, LG.Electronics, Panasonic et -lanterne rouge- Apple.
Lenovo est le premier géant de l'électronique à donner la possibilité à tous ses clients de rendre leur ordinateur hors d'usage pour qu'il soit recyclé, a justifié Greenpeace.
Apple, en revanche, continue à utiliser des éléments chimiques nocifs pour l'environnement, selon l'organisation écologiste. "Nous ne sommes pas d'accord avec le classement de Greenpeace et avec les critères retenus", a déclaré Sheryl Seitz, porte-parole d'Apple.
Selon elle, la firme à la pomme a contribué à "restreindre et interdire des substances toxiques comme le mercure, le cadmium et le chrome hexavalent, ainsi que de nombreux ignifugeants bromés".
(d'après AP)

22 mars 2007

Une nouvelle gestion des déchets wallons

Le Parlement wallon a approuvé, majorité contre opposition, les décrets mettant en oeuvre la stratégie wallonne de gestion des déchets pour les vingt années à venir. Objectif: la réduction par 4 du volume des déchets mis en décharge. Quelque 400 millions seront investis dans ce plan.
Ces décrets s'articulent autour de plusieurs axes, a rappelé le ministre Lutgen: priorité à l'environnement avec la limitation du "tout au trou" et l'objectif de réduire par 4 le volume des déchets mis en décharge, à l'emploi avec la création de 375 emplois via le plan d'investissements, et à l'équité entre les citoyens.
Le plan prévoit des investissements à hauteur de plus de 400 millions d'euros centrés notamment sur la biométhanisation, le compostage, les centres de tri, les plates-formes multimodales ou la création de 28 parcs à conteneurs et la modernisation de 83 autres.


Le décret prévoit aussi l'application du coût-vérité. "Les citoyens qui adoptent des comportements responsables et qui produisent moins de déchets paieront moins qu'à l'heure actuelle", a remarqué le ministre Lutgen.
Le MR et les Ecolos ont voté contre les décrets. Ils estiment que ceux-ci, qui prévoient la taxe sur la mise en décharge, vont pénaliser le citoyen.
Le MR a comparé les situations dans différentes intercommunales. Ainsi, à Namur, où la production moyenne de déchets par habitant est de 163 kilos, mais où les déchets sont mis en décharge, la facture supplémentaire sera de 1,480 million d'euros en 2008. Dans la région de Charleroi, où les déchets sont incinérés, la facture sera de 255.000 euros malgré une production moyenne par habitant de 206 kilos de déchets.
(D'après Belga)

19 mars 2007

Kir et Huytebroeck : le froid

07/03/07
Des certificats verts pour l'incinérateur ? Oui, dit Kir. Non, dit Huytebroeck. Y a-t-il un pilote ?, se demande Gosuin.

Je viens de lire l'article dans Le Soir. Elle risque d'avaler de travers... Tant mieux. »
Surprise dès potron-minet, mardi, pour la ministre de l'Environnement et de l'Énergie lorsque ce SMS atterrit sur son portable. Un sentiment sans doute partagé par l'auteur du texto, rien moins que le secrétaire d'État à la Propreté Emir Kir (PS). « Voilà ce qui arrive quand on se trompe de destinataire, » sourit, sportive, Evelyne Huytebroeck (Écolo) qui a elle aussi joué du portable. « Si j'avais eu un espoir que tu veuilles résoudre les choses... Pas super-correct. »
Un incident plutôt cocasse, certes, mais révélateur du froid qui règne aujourd'hui entre le socialiste et l'écolo pourtant partenaires au sein du gouvernement bruxellois. Si le SMS fait suite à une bataille sur l'octroi de certificats verts à l'incinérateur (lire ci-dessous), certains se demandent si Emir Kir n'a pas carrément décidé de balayer devant la porte de sa collègue de l'Environnement.
En février dernier, il déposait une note sur la table du gouvernement à propos de la gestion des déchets en Région bruxelloise. Chiffres à l'appui (bien que datant de 2002), la note du cabinet Kir attire notamment l'attention sur l'augmentation annoncée des besoins d'élimination des déchets. Et ce dès janvier 2008, date à laquelle la législation wallonne interdira progressivement la mise en décharge des ordures ménagères et les encombrants ménagers non broyés. Un facteur suprarégional qui n'aurait rien d'anodin puisque, toujours selon les chiffres avancés par Emir Kir, 120.000 tonnes de déchets bruxellois sont concernées. Dès cette année, c'est aussi un souci financier qui se profile puisqu'un décret fiscal wallon prévoit l'augmentation des tarifs. Une hausse qui tournerait autour des 7 millions d'euros. De l'analyse, le cabinet passe à l'action et offre ses services au gouvernement pour développer une stratégie de gestion durable des déchets bruxellois. Et propose de lui soumettre une proposition en ce sens pour le mois de juin.
Un quatrième four ?
Après la lecture de cette note, que nous lui avons soumise, Didier Gosuin (FDF) estime qu'il n'y a plus de pilote dans la politique des déchets. L'ancien ministre de l'Environnement parle de querelle de compétences menant tout droit à l'immobilisme. « Depuis combien de temps n'a-t-on plus mené une campagne de sensibilisation, au tri par exemple ? » Didier Gosuin souligne aussi et surtout que le plan déchets est du ressort de l'IBGE (et donc de la ministre de l'Environnement). Et qu'il arrive à échéance à la fin de cette année. « Cela veut-il dire qu'il n'y a rien sur la table ? Ou alors que les services d'Huytebroeck travaillent sans parler à ceux d'Emir Kir ? »
Réponse de la ministre de l'Environnement : bilan et études sont en cours. Et si, d'aventure, un accord n'était pas trouvé au gouvernement avant fin 2007 ? « Le plan actuel continuerait à prévaloir. »
Dernière inquiétude, et non des moindres, la note alarmiste d'Emir Kir ne serait-elle pas, même si l'intéressé s'en défend, un plaidoyer pour l'ouverture d'un quatrième four à l'incinérateur ? « On peut à tout le moins se poser la question, conclut un Didier Gosuin, qui prévient : on ne s'est pas battu durant dix ans contre l'incinérateur de Drogenbos pour en arriver là aujourd'hui ! »

16 mars 2007

Pic de pollution: 43 panneaux de sensibilisation en Wallonie

La aura rapidement recours au parc de 43 panneaux lumineux à messages variables pour informer les automobilistes des circonstances défavorables pour l'environnement et les inciter à réduire leur vitesse de 30 km/h sur l'ensemble du réseau autoroutier.
Cette mesure fait partie des 82 mesures adoptées jeudi par le gouvernement wallon dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique. "Le but est d'abord d'informer pour ne pas prendre au dépourvu les conducteurs. Nous optons pour la sensibilisation et non pour l'application de sanctions à l'aveugle", précise Gaëtan Frippiat, porte-parole de Benoît Lutgen. Ces panneaux lumineux sont au nombre de 43 et sont disséminés sur l'ensemble du réseau autoroutier wallon.
Le gouvernement wallon a en outre décidé de mettre en place un groupe de travail dont la tâche sera de déterminer un "canevas de réactions" à adopter en cas de situation d'urgence telle que celle-ci, a affirmé de son côté la porte-parole de Michel Daerden, ministre wallon du Budget.

09 mars 2007

20% de réduction d'émissions de CO2 d'ici 2020

Les dirigeants des 27 ont adopté ce midi un objectif contraignant de développement des énergies renouvelables pour qu'elles couvrent 20% de la consommation énergétique de l'UE d'ici 2020, afin de limiter le réchauffement climatique, selon des sources européennes.

Les Etats membres, réunis en sommet à Bruxelles, peinaient encore jeudi soir à trouver un compromis sur ce point, le plus controversé du premier "plan énergétique" d'envergure de l'UE, qui se fixe pour objectif contraignant global de réduire ses émissions de gaz à effet de serre d'au moins 20% d'ici 2020 et d'accroître l'indépendance énergétique des 27.

Mais la présidence allemande a présenté vendredi un nouveau projet de texte qui a permis de rallier tous les dirigeants des 27. "Répartition juste et adéquate"Pour lever les réserves de certains Etats, le nouveau texte souligne que les objectifs nationaux qui seront définis pour respecter cet objectif moyen de 20% "seront élaborés avec la pleine implication des Etats membres, en prenant soin de procéder à une répartition juste et adéquate", en tenant compte de leur recours actuel aux renouvelables, de leur "palette énergétique" et de leur potentiel respectif, a indiqué l'une des sources.

Pour lever les réserves françaises, le texte souligne aussi que les 27 prennent acte de l'évaluation de la Commission sur "la contribution de l'énergie nucléaire dans le cadre de préoccupations grandissantes sur la sécurité des approvisionnements d'énergie et de la réduction des émissions de CO2". Energie nucléaireUne première version mentionnait de manière plus laconique "la contribution de l'énergie nucléaire". Le texte rappelle par ailleurs "qu'il appartient à chacun des Etats membres de décider s'il aura ou non recours à l'énergie nucléaire", une précision fondamentale pour des pays comme l'Autriche et l'Irlande qui refusent cette source d'énergie. Avant que l'accord soit trouvé, la chancelière allemande Angela Merkel avait estimé que l'UE aurait en l'approuvant "une position d'avant-garde mondiale en matière de politique énergétique".

7SUR7 TV: Environnement: l'UE fait preuve de volonté politique
EN SAVOIR PLUS: Les 27 peinent à s'accorder sur les énergies renouvelables

05 mars 2007

Comment les Belges épuisent la planète

Actions concrètes du MR en faveur du développement durable

Comme les autres partis, le MR a consacré aujourd'hui son bureau au développement durable et aux actions concrètes menées au niveau communal.
Outre la mise en évidence de certaines initiatives prises dans des communes où le MR est au pouvoir, le parti veut aussi que ses mandataires s'engagent en signant une charte qui prévoit notamment l'obligation pour les communes de tenir une "comptabilité énergétique" et de mettre en place un guichet unique où les citoyens redevront toutes les informations sur diverses possibilités et les avantages dont ils peuvent bénéficier lors de certains travaux.
"A la différence des autres formations, nous ne nous contentons pas de lancer des idées, mais nous nous basons sur des actions menées par des communes où le MR est au pouvoir", a commenté le président Didier Reynders. Le MR met en évidence certaines initiatives qui ont été prises comme à Sprimont où le bourgmestre MR a lancé un programme de valorisation énergétique du lisier pour chauffer les bâtiments publics ou celle de Rochefort où un autre bourgmestre MR a opté pour l'installation de panneaux solaires lors de la construction d'une nouvelle maison de repos.


Une ordonnance qui touche la construction et la rénovation
Le bâti au régime énergétique


Dès 2008, un conseiller en performance énergétique suivra l'évolution des chantiers, de la conception à l'élaboration.

T ransformer Bruxelles en une ville efficiente sur le plan énergétique prendra plusieurs décennies, indique la ministre Evelyne Huytebroeck (Ecolo). Nous avons le devoir de commencer dès à présent. Trop de temps a déjà été perdu. Le temps des discours est révolu ! Il faut des actes individuels et collectifs. »

Petit rappel : à Bruxelles, 70 % des émissions de gaz à effet de serre (CO2) sont dues à la consommation énergétique des bâtiments (tertiaire et résidentiel). La Belgique et sa capitale végètent en fin de peloton européen des bâtiments les plus mal isolés. Ainsi, sur les quelque 478.000 logements, le double vitrage est inexistant dans 40 % des cas, même topo et même pire pour l'isolation des toitures (absente dans 69 % des cas), des conduites isolées (74 %) et des murs (85 %).
Un constat peu flatteur que le gouvernement bruxellois souhaite aujourd'hui améliorer. Tel est en tout cas l'objet de l'ordonnance sur la performance énergétique des bâtiments qui vient de passer en troisième lecture au gouvernement et devrait entrer en vigueur début 2008.
« Avec cet outil, se réjouit la ministre bruxelloise de l'Energie, la boucle est bouclée. Après la sensibilisation (défi énergie...), les incitants (primes) et les services (facilitateur...), il nous restait l'aspect réglementaire et obligatoire. »
Le texte de l'ordonnance s'inscrit dans le cadre d'une directive européenne et concerne tant les dossiers de construction que de rénovation soumis à permis d'urbanisme.
Concrètement, il prévoit notamment la nomination d'un conseiller en performance énergétique. « Et ce dès la conception du projet afin d'obliger les architectes et les investisseurs à se montrer attentifs à la problématique. » Le conseiller sera chargé de suivre l'exécution du chantier mais aussi, en bout de course, de déterminer si les exigences ont été atteintes.
A Bruxelles, l'ordonnance devrait concerner 440 bâtiments (à bâtir) et un peu plus de 1.200 rénovations par an. Soit entre 600.000 et 650.000 m 2 .
Consommation
réduite de 30 %
Une attention particulière portée à la performance énergétique qui ne serait pas synonyme de surcoût... Bien au contraire. « Une étude que nous avons commandée (KUL-3E) démontre qu'il est tout à fait possible, en modifiant les pratiques actuelles de conception d'un bâtiment, de réduire la consommation énergétique d'un bâtiment de 30 %, quasiment sans surcoût, assure Evelyne Huytebroeck. Il existe en effet aujourd'hui toute une batterie de techniques qui ont fait leurs preuves. »
Une ministre qui rappelle enfin que chacun peut également décider de franchir un pas supplémentaire en optant pour une maison passive, sept fois moins énergivore que sa consoeur « traditionnelle ». Et pour laquelle une prime de 100 euros/m 2 a été introduite en janvier dernier.


Deux textes « durables » pour une Constitution

Voici les deux projets de texte visant à introduire le développement durable dans la Constitution (art. 7 bis). Ils seront débattus à la Chambre mardi prochain. Le 1 er texte a fait l'objet d'une majorité au Sénat en juillet dernier.


1. Projet Cornil. « Dans l'exercice de leurs compétences respectives, l'Etat fédéral, les Communautés et les Régions poursuivent les objectifs d'un développement durable, dans ses dimensions économique et environnementale, en tenant compte de la solidarité entre les générations. »
2. Projet Ecolo : « Par l'exercice de leurs compétences, les pouvoirs publics mènent, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des frontières nationales, une politique fondée sur le développement durable, à savoir un développement qui répond aux besoins du présent dans ses dimensions sociales, économique et environnementale, sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs.
A cette fin, les pouvoirs publics doivent, par l'exercice de leurs compétences, tendre vers l'équilibre entre la consommation de ressources sur une période (...) et le remplacement de ces ressources sur la même période.
L'Etat fédéral, les Communautés et les Régions mettent en place, chacun en ce qui les concerne, (...), les dispositifs requis afin d'assurer la conformité de la politique publique avec le développement durable (...). »
La dette écologique de notre pays ne cesse de croître. Nous dévorons 300 fois ce que le pays produit.


L es hommes pillent leur planète. A ce sinistre jeu, les Belges sont des « champions » : la dette écologique de chaque habitant du pays équivaut à neuf terrains de foot. Employons une autre image : si tous les humains pompaient les ressources de la planète comme nous le faisons, trois Terres seraient nécessaires pour nous permettre de mener ce train de vie.
L'impression d'insupportable gaspillage est encore accrue par les nouveaux éléments que Le Soir fournit aujourd'hui.
A la demande d'Ecolo, le Réseau mondial pour l'empreinte écologique a calculé l'évolution sur une quarantaine d'années des « recettes écologiques » et des « dépenses écologiques » pour la Belgique et le Grand-Duché.
Les premières ont diminué de 24 %. Pendant ce temps, les secondes sont passées de 3,4 à 5,6 hectares par habitant en raison essentiellement de la consommation d'énergie. Confirmation : les Belges sont gourmands : ils « dévorent » 300 fois la taille de leur pays.

Les « recettes et dépenses » environnementales des Belges sont chiffrées
Les Belges dévorent 300 fois ce que la Belgique produit

Les chiffres de notre dette écologique : augmentation de près de 50 % en quarante ans.


N euf terrains de foot ! Il ne faut pas être fan du ballon pour se figurer la taille de la « dette écologique » de chaque Belge. En revanche, il est sans doute moins aisé de se familiariser avec cette notion de passif environnemental, chiffrée aujourd'hui par le Réseau mondial pour l'empreinte écologique (GFN, pour Global Footprint Network), à la demande d'Ecolo.
Ce n'est plus un mystère : si chaque être humain consommait les ressources comme un Belge, trois Terres seraient nécessaires pour assurer ce train de vie. En d'autres termes, l'Occident ne vit plus grâce aux intérêts de la nature, mais en rognant son capital. Et chez nous ? Jusqu'à présent, les perspectives mondiales établies par le GFN pour le compte du WWF, le World Wide Fund for Nature (Fonds mondial pour la Nature), n'avaient pas détaillé, secteur par secteur, l'évolution des « recettes » (biocapacité) et des « dépenses » (empreinte écologique). C'est chose faite pour la Belgique et le Grand-Duché de Luxembourg, considérés comme une seule entité statistique par le GFN (1).
Comme le détaille l'infographie ci-dessous, notre capacité biologique s'est réduite de 24 % en quarante ans, passant de 1,6 à 1,2 hectare par habitant. « Davantage de routes, de bâtiments, d'infrastructures ont réduit d'autant le territoire et une partie du patrimoine environnemental, concède Geoffroy De Schutter, chef de projet au WWF.

Il ne faut pas s'arrêter sur le détail des chiffres, mais considérer l'écart qui se creuse entre notre biocapacité et la consommation des ressources. Même si ces données datent de 2003, rien ne permet de penser qu'il y a aujourd'hui une diminution de notre dette écologique. »
En termes de tendance, l'empreinte écologique de la Belgique a enflé dans des proportions dignes du déficit cumulé de nos finances publiques. Alors qu'elle était de 3,4 hectares par habitant en 1960, notre « trace » se chiffre aujourd'hui à 5,6 hectares. C'est net : la consommation vorace des énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz), incriminée dans le réchauffement climatique, représente la progression la plus importante. Transports, consommation de produits manufacturés à l'étranger, chauffage... les Belges et les Luxembourgeois caracolent au top du classement des émissions de CO2 produites par habitant en Europe.
Au bout du compte, l'écart entre nos recettes et nos dépenses environnementales n'a cessé de se creuser. « Il y a 40 ans, le déficit était de 2,2 hectares par habitant, note le rapport. Aujourd'hui, il est de 4,3 hectares par habitant. » Soit plus de 300 fois la taille de notre pays.

Fatalisme ? L'Allemagne est parvenue tour à tour à réduire son empreinte écologique et à améliorer sa biocapacité propre ces dernières années.
« Il faut demeurer prudent avec l'interprétation de ces chiffres, nuance Walter Hecq, professeur en économie de l'environnement, à l'ULB. Dans les calculs, des erreurs méthodologiques peuvent apparaître. De même, les paramètres retenus par le GFN sont parfois réducteurs. On prend en compte la population et le nombre d'hectares pour assurer la satisfaction de besoins de base, c'est-à-dire la capacité écologiquement productive. Mais il n'y a pas que l'homme là-dedans. On ne tient pas compte de l'impact sur les écosystèmes et leur altération parfois irréversible... »
Bref, le modèle serait... trop conservateur. Et pour cause, les données utilisées par le GFN, issues des Nations unies, sont parfois incomplètes. On s'étonnera par exemple de voir le couvert forestier légèrement diminuer alors que les tendances générales observées dans les pays du Nord sont à l'augmentation.
« Ce travail plus fin sur les chiffres doit se faire au départ de chaque pays, relève Geoffroy De Schutter. La Suisse a par exemple décidé d'aller plus loin à ce niveau en s'inspirant du modèle de l'empreinte écologique... »
Et chez nous ? Hormis l'évolution des émissions de CO2, il n'existe pas de baromètre public lié à notre impact global sur la biosphère. A ce sujet, on constatera benoîtement que c'est une Organisation non-gouvernementale basée en Californie qui nous éclaire sur la situation de notre pays. Rien d'étonnant à cela si l'on sait qu'une seule personne est affectée aux thématiques environnementales dans la division statistique du ministère de l'Economie. Un progrès, si l'on ose dire. Ces six derniers mois, plus aucun statisticien ne s'occupait de ce problème. Un problème, vraiment ?
(1) http://www.footprintnetwork.org/

La Suisse en exemple, pas en modèle

D ans sa Constitution fédérale, la Suisse affirme, depuis 2000 que « la Confédération favorise la prospérité commune, le développement durable, la cohésion interne et la diversité culturelle du pays. Elle s'engage en faveur de la conservation durable des ressources naturelles et en faveur d'un ordre international juste et pacifique ». Et « la Confédération et les cantons oeuvrent à l'établissement d'un équilibre durable entre la nature, en particulier sa capacité de renouvellement, et son utilisation par l'être humain ».

D'autres articles postulent que toute décision politique doit favoriser le développement durable, qu'il s'agisse d'aménagement du territoire, d'environnement, d'eau, des forêts, de protection de la nature et du patrimoine, de pêche et de chasse, de politique énergétique, de politique agricole, de planification du budget, de sécurité... La Suisse rappelle ainsi la définition même de développement durable : « Un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la possibilité, pour les générations à venir, de pouvoir répondre à leurs propres besoins. »
En 2002, le Conseil fédéral a ainsi élaboré une « Stratégie pour le développement durable », qui devra être renouvelée fin 2007.

Le Comité interdépartemental pour le développement durable lui a présenté un rapport sur l'état de la stratégie, le 17 janvier dernier. Il constate que « les effets des mesures d'économie d'énergie et d'une meilleure efficacité écologique sont compensés par une augmentation de la consommation, de sorte que la consommation des ressources et les atteintes à l'environnement n'ont pas diminué ». Mais que « compte tenu des enjeux nationaux et internationaux, il est recommandé de renouveler la stratégie comme prévu ». En surmontant les obstacles actuels : « Manque de volonté politique, conflits d'objectifs et caractère non contraignant des mesures. »

« Un vrai gendarme écologique »

L e développement durable prépare sa joyeuse entrée dans la Constitution. Mardi prochain, la Chambre se penchera sur le projet de Jean Cornil (PS) adopté au Sénat en juillet dernier. Révolutionnaire ? Pour le député Ecolo Jean-Marc Nollet, on demeure dans le « slogan ».


Vous lancez un appel aux partis démocratiques afin d'amender ce projet. Pourquoi ?
La philosophie du « texte Cornil » est de travailler le développement durable en complément des autres politiques. Notre projet est d'amener le développement durable au coeur de la conception de toute politique. Alors que le texte adopté au Sénat est symbolique, notre objectif est concret. En précisant qu'il convient de « tendre vers l'équilibre » entre la consommation des ressources et leur remplacement sur une même période, on introduit une notion juridique. Il y aurait un devoir de résultat pour les pouvoirs publics et une possibilité de recours en justice pour les associations.
Pourquoi la majorité accepterait-elle subitement de modifier ce qui fait consensus ?
Le contexte a changé. Le rapport Stern sur le coût du réchauffement, l'origine humaine établie de façon indiscutable par le Giec, le film d'Al Gore ou le pacte écologique de Nicolas Hulot... Beaucoup de choses se sont passées entre l'adoption du texte en juillet et aujourd'hui. Et ces événements justifient que la Belgique ne soit pas en retrait. L'Argentine, le Portugal, la Suisse ou l'Afrique du Sud ont inscrit de manière plus volontariste le développement durable dans leur Constitution. La proposition actuelle est au mieux une déclaration d'intention et au pire un alibi de façade.
Pourquoi s'accrocher à ce point ? La Constitution ne réglera jamais cette question...
Elle rendra les choses possibles. La Cour des comptes a établi en 2006 que la plupart des mesures prévues afin d'assurer la mise en oeuvre du développement durable sont demeurées au stade des intentions. C'est pourquoi il est capital que le prochain gouvernement crée une inspection du développement durable (IDD).
Le gouvernement fédéral vient d'adopter une grille d'évaluation de ses politiques à ce niveau...
Le gouvernement ne doit pas rendre des comptes de cette manière alors que l'IDD serait au développement durable ce que l'Inspection des finances est au budget. Soit, un vrai gendarme écologique. Aucune décision publique ne pourrait plus être prise sans avoir étudié son impact sur la biosphère. On s'est attaqué à la fin des années quatre-vingt à la dette budgétaire, à la fin des années nonante à la dette sociale. Il est urgent de s'attaquer à la dette environnementale. C'est une question de solidarité entre les générations et entre le Nord et le Sud.
Elio Di Rupo, patron du PS, dit qu'il y a trois formes d'écologie : fiscale, idéologique et humaine... Vous êtes de quel côté ?
Pour moi, il y a deux formes d'écologie. Celle des plateaux de télévision et celle de l'action. Il faut sortir des slogans. Guy Verhofstadt a annoncé un Kyoto plus et dans les faits, c'est Kyoto moins puisqu'il tente de négocier avec l'Europe l'augmentation des quotas d'émission de l'industrie.

19 février 2007

Coupure générale pour soulager la Terre

La Belgique aurait la capacité de fermer ses réacteurs nucléaires

La Belgique dispose d'une capacité de remplacement suffisante pour fermer les plus anciens de ses réacteurs nucléaires, a affirmé ce lundi l'association Greenpeace, qui a dressé un inventaire des projets liés à la production d'électricité. Selon Greenpeace, 156 projets ont été lancés entre 2003 et 2006, pour une production totale de 10.387 GWh d'électricité par an."A titre de comparaison, les trois plus anciens réacteurs de Belgique contribuent à la production annuelle d'environ 14.000 GWh", note Wendel Trio de Greenpeace. En outre, le lancement de 96 projets est prévu dans les quatre prochaines années, pour une production annuelle estimée à 26.602 GWh. "Malgré les incertitudes, la capacité de remplacement est disponible. Si la loi sur la sortie du nucléaire est confirmée, la Belgique pourra bel et bien fermer ses trois plus anciens réacteurs et se débarrasser des plus polluantes de ses centrales au charbon et ce, avant 2015 au plus tard", insiste l'organisation de défense de l'environnement. (belga)


Ce soir, entre 19h55 et 20 heures, éteignez tout. C'est pour faire souffler la planète et sen-si-bi-li-ser.
Utiliser des ampoules à basse consommation, mettre un couvercle sur sa casserole, éteindre les lumières lorsque l'on sort d'une pièce, ne pas laisser les appareils en veilleuse... Voilà quelques gestes simples pour économiser de l'énergie. Simples et courants.

Il est vous est demandé un geste tout aussi simple, mais exceptionnel : éteindre toutes les lumières et tous les appareils électriques entre 19 h 55 et 20 heures. Soit cinq minutes, au cours desquelles une bonne partie de la Belgique se retrouverait dans le noir. L'événement, baptisé « Cinq minutes de répit pour la planète », est coordonné en Belgique par Inter-Environnement Wallonie (IEW), fédération d'associations de protection de l'environnement.

Selon Pierre Titeux, son attaché de presse, ces 300 secondes « symbolisent un geste simple pour remédier au réchauffement climatique. » L'appel, citoyen, est parti de France et en particulier de l'Association des Amis de la Terre. Chez nous, « on a assisté à une véritable web-mobilisation. L'IEW ne fait qu'encadrer cette démarche », insiste Pierre Titeux.
La date du 1 er février n'a pas été choisie au hasard : c'est en pleine Semaine européenne de l'énergie durable, et c'est pile le jour où le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) doit rendre, à Paris, son rapport sur le réchauffement climatique.

« Les Belges ne sont pas assez sensibilisés aux questions d'économie d'énergie.
Il y a de plus en plus de campagnes de sensibilisation, mais ce n'est pas assez, ajoute le représentant de l'IEW. Le but de ces cinq minutes est de prendre le public à bras-le-corps : cinq minutes, ce n'est qu'un geste parmi tant d'autres. Les politiques doivent faire preuve de courage face à un problème qui concerne le long terme. Cinq minutes de répit pour la planète est un appel de phares lancé vers les hommes politiques », sourit-il. Certains politiques se sont d'ailleurs déjà engagés à soutenir l'opération, comme Benoît Lutgen, ministre wallon de l'Environnement, tout comme Evelyne Huytebroeck, son alter ego en Région bruxelloise (lire dessous). « Les villes de Namur et d'Anvers invitent également leurs habitants à éteindre leurs lumières pendant cinq minutes jeudi soir », assure IEW.
La fédération s'annonce prête à soutenir d'éventuels nouveaux mouvements de lutte contre le gaspillage d'énergies. Objectif : « Faire de ces questions un véritable enjeu des élections fédérales de juin prochain », un peu sur le modèle de l'impact que pourra avoir le « pacte écologique » de Nicolas Hulot sur les présidentielles françaises.
Un sommet de l'ONU ?
Le directeur du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), Achim Steiner, a demandé hier au secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, de réunir en urgence (cette année) un sommet mondial sur le changement climatique. Le patron de l'ONU s'y serait montré favorable, selon des sources diplomatiques. (ap)