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15 avril 2008

Un nouveau site internet pour le Forem

Jean-Claude Marcourt, Ministre wallon de l'Economie et de l'Emploi.
Le Forem a procédé lundi au lancement officiel de son nouveau site internet. Il offre à l'utilisateur une refonte complète des informations accessibles tant au demandeur d'emploi qu'aux entreprises.Il comporte également un nouvel outil, unique en Europe, qui dispensera par métier tous les renseignement nécessaires: descriptif, formation à suivre, niveau de salaire, etc. Chaque mois, le site du Forem reçoit 760.000 visites et 3.138.000 offres d'emploi sont consultées, dont 3.061.000 viennent du Forem, 51.000 du VDAB (équivalent flamand du Forem) et 28.000 d'Actiris (équivalent bruxellois du Forem). Le site est accessible à l'adresse suivante: http://www.leforem.be/

Forem : grosse artillerie tirant à blanc

Telle est l'accusation (re) lancée par le MR. L'organisme wallon coûte trois fois plus cher à chaque Wallon que son homologue VDAB à chaque Flamand.
La charge n'est pas neuve, mais se dit étayée par de nouvelles recherches : pour le MR, le Forem est de plus en plus cher alors qu'il est de moins en moins performant. Voilà qui contraste avec d'autres diagnostics plus positifs (dans ses relations avec l'Onem notamment); voici qui augure d'autres polémiques (après celles provoquées par l'audit externe de 2006 et le contrat de gestion)...
En 2008, par habitant de chaque Région, relève d'abord le MR, le Forem coûtera 290 euros, contre 269 à Bruxelles (Actiris et Bruxelles Formation) et 90 en Flandre (VDAB). On compte un collaborateur de service d'emploi pour 902 habitants en Wallonie, contre 1 270 en Flandre, 2 250 en France (ANPE), 4 150 aux Pays-Bas (CWI). Certes, un agent du Forem s'occupe de 59 demandeurs d'emploi, contre 38 au VDAB. Mais pourquoi alors, demande le MR, le budget du Forem est-il trois fois plus élevé par habitant que celui du VDAB ? Et puis, un collaborateur de l'ANPE, lui, s'occupe de 75 demandeurs; ou celui du CWI, de 144. Enfin, le budget du Forem a "explosé", passé (en euros de 2004) de 500 à 900 millions de 1997 à 2008 : près d'un sixième du budget régional.
Seconde partie du diagnostic bleu dont on a pu prendre connaissance : les résultats. Décevants : depuis 11 ans, par-delà certaine opacité (en encadré), le chômage ne diminue pas (15 à 18 pc) et le niveau de demandes d'emploi est stable (17 pc). Il n'y a donc, insiste le MR, "aucune relation de causalité entre le budget du Forem, son efficacité et le taux de chômage"), alors que le PS "réclame toujours plus de moyens".
Mais, répliquera-t-on, les charges du Forem ne sont-elles pas d'office plus lourdes, et ses résultats plus aléatoires, dans un tissu socio-économique plus ingrat ? N'empêche, rétorque la députée Véronique Cornet, "le Forem est une grosse artillerie qui tire à boulets blancs et passe totalement à côté de ses objectifs. On ne veut pas flinguer l'institution, mais souligner le manque de stratégie, d'objectivation, de courage politique". Parmi les problèmes : un quasi-monopole public; un organisme juge et partie des politiques; une commission d'évaluation prévue qui n'existe pas; 435 embauches en 2008 (en plus des 3 800 agents actuels); un "manque de transparence" budgétaire; "la lenteur et la lourdeur" des formations et le "manque criant" de formations qualifiantes; un plan d'accompagnement qui, en dépit de son coût (45 millions en 2008), n'a accru le taux d'insertion des demandeurs que de 0,8 pc et celui de formation de 1,1 pc...
Nous voulons, ajoute la députée, que le gouvernement "se penche sur les structures du Forem, les évalue, établisse une méthode, prenne exemple sur les voisins".

03 mars 2008

Chômage en baisse en Wallonie mais surtout en Flandre

La Wallonie a atteint en février dernier un nouveau niveau plancher de son taux de chômage, selon les statistiques divulguées par le Forem. En février, le taux de chômage est arrivé au seuil des 15 %, contre encore 16,2 % pour le même mois en 2007. Ces chiffres viennent compléter ceux envoyés vendredi par le ministre wallon de l’Emploi, Jean-Claude Marcourt. Dans le même temps, la Flandre a vu son nombre de demandeurs d’emploi diminuer de 11,6 % en février dernier par rapport à février 2007. Il y avait un total de 164.182 demandeurs d’emploi fin février dernier, selon les chiffres publiés par le ministre flamand de l’Emploi Frank Vandenbroucke. Le taux de chômage atteint ainsi en février 5,75 % : 4,97 % chez les hommes et 6,7 % chez les femmes.

08 décembre 2007

L’arrivée massive de chômeurs exclus plombe les caisses des CPAS

Les CPAS wallons sont en colère. Lors de son assemblée générale, ce vendredi à Namur, la Fédération wallonne des CPAS a, d'une part, mis l'accent sur l'absence de gouvernement et, d'autre part, sur le problème de transfert vers le CPAS des personnes qui étaient à charge d'autres régimes de couverture sociale, comme le chômage.
La Fédération a rappelé qu'elle avait, avec ses homologues de Flandre et de Bruxelles, déposé un memorandum au futur gouvernement, comprenant les revendications pour les années 2007-2011.
Les CPAS wallons s'inquiètent de l'absence d'un gouvernement. Ils rappellent que des questions graves, comme par exemple le coût de l'énergie, doivent être rapidement réglées. Ils soulignent également que des arrêtés de subventionnement ne seront pas reconduits au 1er janvier, faute de gouvernement.
7000 nouveaux dossiers pour des chômeurs exclus
Lors de son assemblée, la Fédération a présenté les résultats d'une étude sur les chiffres de l'exclusion du chômage. Il en ressort que, d'ici la fin de l'année, les CPAS auront été chargés d'ouvrir quelque 7000 dossiers de demande de revenu d'intégration pour des personnes exclues temporairement ou définitivement du chômage.
Au total, 46 pc des personnes exclues s'adressent aux CPAS, engendrant ainsi un surcoût de quelque 12 millions d'euros. "Ce sont les localités les moins riches, et par conséquent leurs habitants, qui devront en supporter les conséquences financières", a dénoncé le président de la Fédération, Claude Emonts.
La Fédération regrette que l'ONEM fasse baisser les chiffres du chômage en faisant augmenter le taux de fréquentation des CPAS. "Nous ne pouvons pas admettre qu'une institution comme l'ONEM résolve son problème en le déplaçant ailleurs. Si l'ONEM veut sanctionner, qu'il le fasse mais en prenant les dispositions qui s'imposent", a souligné M. Emonts.
Pour une modification de la législation sur le chômage
Le directeur général de la Fédération, Christophe Ernotte, a pour sa part plaidé en faveur d'une modification de la législation sur le chômage. "Il faudrait que l'ONEM puisse modifier ou élargir son mode de sanction. Actuellement, c'est soit on exclut ou on exclut pas", a-t-il remarqué.
La Fédération a également réclamé une plus grande cohérence entre la politique de l'ONEM et les pratiques du FOREM. Elle rappelle que le FOREM a estimé que le plan d'activation des chômeurs n'était pas efficace en matière de mise à l'emploi et de formation.

29 octobre 2007

Forem : Marc Dascotte indélicat ?

Forem : un directeur Ecolo indélicat
Marc Dascotte, le directeur de Trace, sa division intérim, a été licencié pour faute grave. Il aurait signé avec un proche une convention de 250 000 € et ce sans contrepartie.
Dur moment hier pour Trace, l'ex-division intérim du Forem, basée à Charleroi. Réunis en conseil d'administration extraordinaire, les administrateurs de la société anonyme de droit privé ont licencié le directeur général, Marc Dascotte, et ce pour faute grave, a appris "La Libre". Il a été remplacé par son adjoint Tindaro Tassone qui assurera... l'intérim. "Le conseil d'administration a souhaité mettre fin au contrat de M. Dascotte pour des raisons qui nous sont propres et que je ne veux pas mettre sur la place publique", nous a confirmé Jean-François Robbe, le président du conseil d'administration que nous avons joint. Mais selon nos infos, le licenciement de M. Dascotte (étiqueté Ecolo), sans préavis et sans indemnités serait motivée par une convention qu'il a signée avec un carrossier et qui ferait partie de ses connaissances.



Pas d'indemnités, ni préavis
Le "contrat" porterait sur un montant d'environ 250 000 €, mais les dirigeants ont été interpellés par le fait que la convention n'ait pas été présentée et discutée au conseil d'administration de Trace. Par ailleurs, elle n'aurait pas donné lieu à la (juste ?) contrepartie qu'on est en droit d'attendre. Certains vont jusqu'à indiquer qu'il aurait commis un "faux technique", dans la mesure où il n'y aurait jamais eu de contrepartie. Les dirigeants de Trace auraient même demandé l'avis d'un cabinet d'avocats avant de prendre la sévère décision à l'égard du directeur de la société, en poste depuis 2000. "Il a agi avec une extrême légèreté et la pratique nous semble contraire à l'éthique", nous a confié un administrateur, sous couvert d'anonymat.
La question est de savoir maintenant si l'attitude du directeur a porté préjudice à Trace, mais elle risque de se retrouver devant la justice, car on nous assure que les deux parties vont entrer dans une procédure contentieuse.
Pour les dirigeants, l'important est d'éviter que l'affaire ne vienne nuire à l'image de la société qui affiche désormais des résultats satisfaisants. Il faut dire que Trace revient de loin, elle a connu un début difficile dans un environnement très concurrentiel. Elle est même passée récemment par un plan qui n'a pas affecté le personnel au niveau des effectifs. Mais il a donné lieu à des mesures de recadrage et de réorientation des options pour contrer l'érosion de sa marge commerciale.
Aujourd'hui, Trace qui emploie environ 150 personnes dans 15 agences et voit ses efforts couronner de succès. Les mois de juillet, août et septembre auraient même été clôturés par des bénéfices. Outre l'activité "intérim", la société est aussi un interlocuteur du fédéral en matière de titres-service, ce qui lui permet de fournir du travail à près de 600 personnes.
Trace, dont les actionnaires sont la Région wallonne (97 pc du capital) et Ethias (3 pc), accorde une attention particulière à l'insertion des personnes handicapées et sous-qualifiées (intérim social). En 2006, elle a proposé plus de 4 millions d'heures de travail à près de 16 000 intérimaires (2 000 ETP) dont 600 à 1 000 personnes proviennent du public précarisé (personnes handicapées ou sous qualifiées).



29/08/07
La société Trace plonge dans le rouge

Les projections pour 2007 annoncent une perte de 778 418 € contre un boni de 708 521 € en 2005.Un plan d'affaires est élaboré pour éviter le crash.


La société anonyme de droit privé Trace, l'ex-division intérim du Forem, traverse une mauvaise passe. Il y a peu, des administrateurs, préoccupés par la situation de l'opérateur d'insertion professionnelle et d'intérim ont tiré la sonnette d'alarme. "Les résultats n'évoluent plus correctement et si on ne prend aucune mesure, Trace ira droit dans le mur", nous a confié un administrateur sous couvert d'anonymat. En réponse, un plan d'affaires de réorientation de la SA a été élaboré. Le document dont nous avons eu connaissance laisse apparaître une dégradation des résultats.

Mauvais choix
Les résultats affichaient une perte de 151 850 euros en 2003. Un an plus tard, l'opérateur clôturait 2004 avec un bénéfice de 208239 €. Mieux encore, il connaissait une année faste en 2005 avec un boni de 708521 €. Mais l'an dernier, comme si les dirigeants avaient lâché la bride et opéré de mauvais choix en terme de clients ou de projets, le bénéfice chutait à 19611 €. Et les projections réalisées en mai laissent entrevoir une perte de 772418 € pour l'exercice 2007. "Nous évoluons dans un secteur hautement concurrentiel, mais il y a deux ans, il y a eu des options commerciales qui n'ont peut-être pas été d'une grande lucidité à long terme", nous a confié Marc Dascotte, le directeur général.

Le plan de réorientation ambitionne d'arriver à l'équilibre en 2007 ou à tout le moins de limiter les dégâts. "Ce n'est pas un plan prévoyant des licenciements, ni des fermetures d'agences, mais il s'agit d'une réorientation de la politique commerciale et économique", dit M. Dascotte. Le plan prévoit que chaque agence sera gérée comme une PME et travaillera sur base d'objectifs. "Il est urgent de se focaliser sur une rationalisation de la ligne de production tant en agences qu'au sein du service commercial", y lit-on. On y précise que "les moyens déjà mis en oeuvre visent notamment une prise de conscience par tous les membres du personnel de l'effort à produire et une implication de tous les départements d'appui (efficacité, synergie, disponibilité)".
Trace, dont les actionnaires sont la Région wallonne (97 pc du capital) et Ethias (3 pc), n'est pas une société d'intérim traditionnelle. Elle accorde une attention particulière à l'insertion des personnes handicapées et sous qualifiées (intérim social). La société dit avoir proposé, en 2006, plus de 4 millions d'heures de travail à environ 15 à 16 000 intérimaires (2 000 ETP) dont 600 à 1 000 personnes proviennent du public précarisé (personnes handicapées ou sous qualifiées).

Chiffre d'affaires en hausse
Mais l'examen de la situation opérationnelle de la société, finalisée au 16 juillet 2007, fait apparaître des manquements dans le fonctionnement des agences Trace. Le constat que présente le plan d'affaires indique : personnel inexpérimenté dans certaines agences, manque de maîtrise des procédures (administration, encodage des prestations), manque d'efficacité dans le traitement des demandes des entreprises et des intérimaires, outils informatiques lacunaires, etc.

Trace exploite 15 agences d'intérim dont 14 en Wallonie et une à Bruxelles. Malgré une dégradation de ses marges, son chiffre d'affaires est en hausse, passant de près de 71 millions d'euros en 2005 à 80,34 millions en 2006. Les dirigeants projettent de réaliser un chiffre d'affaires de près de 83 millions d'euros en 2007.

15 octobre 2007

Forem/VDAB : le jour et la nuit

Vieux stéréotype à la peau dure, le chômeur wallon est paresseux. Soit. Autre caricature, le Flamand est plus travailleur. Re-soit. Mais pourquoi ? Serait-ce dû à une différence génétique ? A une question de culture ? Ou plus « simplement » à une différence d’infrastructure ?


Pour tenter de répondre à cette dernière probabilité, une petite comparaison entre les deux organes régionaux d’aide à l’accès à l’emploi, le VDAB (Vlaamse Dienst voor Arbeidsbemiddeling en Beroepsopleiding, service flamand pour le placement et la formation professionnelle) et le Forem, s’impose. Les résultats sont éloquents.

Forem : 3 x plus cher !

Commençons par le commencement, le budget : le Forem fonctionne avec 900 millions € par an (chiffres 2006). Son homologue de Flandre peut compter sur 467 184 000 € annuels. Si on divise le budget par le nombre d’habitants, ça nous fait 257 €/an par Wallon et… 78 par Flamand ! Paradoxal, non ? Par contre, le nombre de fonctionnaires est sensiblement le même des deux côtés de la frontière (linguistique… pour l’instant…). Le VDAB compte 4231 employés à temps plein (0,07% de la population) pour un peu moins de 4000 côté Forem (0,11%). Alors que les Flamands sont nettement plus nombreux, ces organes qui les représentent peuvent compter sur le même effectif, à peu près… Bizarre, non ? Alors, voici la question à 1000 points : à quoi sert le Forem ? A donner du boulot à près de 4000 personnes (enfin quand on dit « boulot », lisez « place ») ? A occuper quelques dizaines de chômeurs ? A faire des concours de cartes ?

Tihange cherche historien

Le taux de chômage est plus ou moins de 4 % en République, euh pardon, en Région flamande. Il est quasi le triple chez leurs voisins. Mais ce n’est pas une nouvelle… Sur les 173 000 demandeurs d’emploi flamands, plus de la moitié (53%) suivent ou ont suivi une formation organisée par le VDAB. Les Wallons ne sont que 10% sur les 274 000 chômeurs à bénéficier du même soutien… Et encore, qui dit formation ne veut pas dire tremplin vers un emploi, faute de ciblage des profils (nous en parlerons plus bas par rapport aux offres d’emplois)… Parfois, pour ne pas dire souvent, les formations offertes aux Wallons ne sont qu’une manière de les occuper. Ou de se rappeler à eux, quitte à proposer une formation incongrue en regard du profil, du parcours du parasite, euh pardon, du demandeur d’emploi… Exemple ? Un candidat en Histoire a dernièrement reçu une proposition de formation pour devenir… infographiste à la centrale de Tihange ! Et, renseignements pris, ce n’était pas une blague… De pareils cas ne sont malheureusement pas isolés. Certains jeunes, et moins jeunes, sur le marché de l’emploi depuis deux ans, n’ont toujours pas reçus de signes de vie du Forem (à part au moment de l’inscription…).

VDAB : 11 x plus d’offres !

Sans tirer sur l’ambulance, abordons la question des offres d’emploi (car c’est une des missions principales de ces institutions, selon leurs statuts légaux). Là où le VDAB transmet plus d’un million d’offres sur une année (chiffre 2006 : 1 100 000), son pendant francophone et germanophone en est (plus ou moins hein, c’est pas l’armée ici) péniblement à 100 000… Il faut néanmoins relativiser ce chiffre (sinon on va être accusés d’apporter de l’eau au moulin des négociateurs flamingants de l’orange-bleue – qui vire au brun tellement ça fait longtemps qu’elle traîne sur la table). Le VDAB inclut dans ses chiffres flatteurs les offres émanant des agences d’intérim. Ce qui semble logique puisque le public visé s’y retrouve au final. Mais pas pour le Forem, qui veut rester l’interlocuteur unique des entreprises qui passent par lui (et parce que les entreprises wallonnes ne font pas confiance au Forem, alors que les flamandes le font au VDAB)…

Ostende : trois refus = exclusion

Le ciblage est ici encore absent du côté wallon. Au nord du « pays », un système testé entre autres à Ostende a fait ses preuves. Le demandeur d’emploi se voit offrir trois emplois correspondant à son profil. S’il n’y donne pas suite, il doit accepter le suivant, faute de quoi il perd ses allocations… Si on peut s’indigner d’un tel contrôle – la fameuse « chasse aux chômeurs » n’est pas loin – les chiffres montrent que ça marche…

Pourquoi ne pas faire la même chose au Sud ? Pourquoi les bureaux du Forem ne sont-ils accessibles que les matinées alors que les antennes locales du VDAB sont ouvertes toute la journée ? Ah oui, on oubliait les concours de cartes…

Un plan d'action remplit 2.500 jobs critiques
Des plans spéciaux de formation dans dix secteurs professionnels ont permis de trouver assez de candidats pour pourvoir 2.500 emplois vacants qualifiés de critiques en Flandre. C'est le résultat de la première année de mise en oeuvre des conventions sectorielles flamandes. Ces accords sectoriels courent sur deux ans et ont été conclus entre les pouvoirs publics et 24 secteurs d'activité. Ils contiennent des conventions de stage pour les jeunes, ainsi que des conventions de formations et de diversité.

Un an après leur mise en oeuvre, les conventions semblent être un succès dans les dix secteurs où elles ont été appliquées. Pas moins de 1.160 plans d'expérience professionnelle ont été lancés, de même que 516 stages de perfectionnement, 416 lieux de stage supplémentaires ont été trouvés et 480 formations professionnelles ont été menées dans le secteur du transport, avec en ligne de mire la mobilité des jeunes.

Tous ces efforts ont permis de pourvoir 2.500 fonctions en pénurie, allant des comptables et informaticiens aux techniciens et spécialistes du traitement du bois. De plus, 83 entreprises ont conclu un plan de diversité. Le ministre flamand de l'Emploi, Frank Vandenbroucke (sp.a), veut voir ce nombre augmenter, mais insiste sur l'approche constructive des entreprises. (belga)

26 février 2007

Région wallonne

MAJ 26 /02/ 07

Le Hainaut se porte... moins mal

Il s'y crée plus d'entreprises qu'il n'en disparaît. Mais le chômage demeure la plaie provinciale.

O n peut appartenir au même parti et porter un regard différent sur les choses. Gérald Moortgat et Alain Destexhe, tous deux membres du MR, en forment un bel exemple. Le premier nommé, député provincial hainuyer, ne partage pas l'analyse du second, sénateur, sur l'état de la province la plus pauvre du pays. Certes, le Hainaut n'est pas l'Eldorado mais l'exercice statistique auquel se plie annuellement la cellule « stats » de Hainaut Développement (1), laisse entrevoir de très légères améliorations.


Entreprises. En 2004 et 2005 (derniers chiffres disponibles), et pour la première fois depuis très longtemps, on a créé en Hainaut davantage d'entreprises qu'il n'en a disparu. En 2005, 5.792 ont été créées pendant que 5.082 mouraient (+126). L'an passé, le nombre de faillites a diminué de 15 unités (717 au total). Les très petites entreprises (TPE) sont les premières victimes : elles représentent 81 % du total, essentiellement dans les secteurs du commerce, de la construction et de l'horeca.

Croissance. Le produit intérieur brut par habitant croît. Effet de l'Objectif 1 selon M. Moortgat, la progression en Hainaut est plus rapide que pour le sud du pays et le pays dans son ensemble, même s'il subsiste d'importantes disparités entre des régions comme Mouscron (3.000 euros en plus que la moyenne wallonne) et Thuin (inférieur de plus de 8.000 euros). Le Hainaut n'en demeure pas moins le nº1 des provinces wallonnes exportatrices avec 14,29 milliards en 2004 ; leadership forgé surtout dans la chimie, la métallurgie et le commerce.

Emplois. Au 30 juin 2005, les salariés résidant en Hainaut étaient 335.491 (soit 3.771 de plus qu'en 2004) aux trois quarts affectés dans le tertiaire. Ensemble, les arrondissements de Mons et de Charleroi pèsent près de la moitié de l'emploi industriel provincial. Au 31 décembre 2005, les indépendants étaient 79.784, dont 10,31 % dans les exploitations agricoles familiales. On note par ailleurs une augmentation sensible des professions libérales : 16 % en 1990 ; 22,4 % en 2005.
Chômage. Sans surprise, c'est le statu quo. Le taux de chômage hainuyer est de 24,4 %, supérieur aux moyennes wallonne et nationale, avec des pics à 27,5 % et 27,6 % pour Mons et Charleroi. 97.306 chômeurs complets indemnisés (dont 52.286 femmes) étaient recensés au 30 juin 2006. Neuf demandeurs d'emplois hainuyers sur dix n'avaient pas dépassé le stade de l'enseignement secondaire.
Revenus. Le revenu moyen par habitant a progressé en 2004 de plus de 3 %, soit une augmentation conforme aux moyennes wallonne et nationale. Mais avec 11.169,59 euros et surtout, 20.996 euros par déclaration à l'exercice 2004, le Hainaut reste derrière la Wallonie (23.244 euros) et le pays (24.455). Charleroi et Thuin sont les plus pauvres. À l'inverse, Tournai et Ath sont dans, voire légèrement au-dessus de la moyenne régionale.
Niveau de vie. 13.046 permis de bâtir ont été délivrés en Hainaut en 2005 (12.865 en 2004). 554.106 voitures particulières circulent en Hainaut où l'on dénombrait en 2002, 64 salles de cinéma. Leurs 13.939 fauteuils ont été occupés 2.183.598 fois. Par l'un des 1.290.079 habitants de cette province ? Probable.
(1) Infos au 0800-15.500 ou via www.hainaut-developpement.be.

MAJ 12 /02/ 07

"Une tâche colossale en Wallonie"

L'expertise de Michel Quévit, qui planche depuis plus de 30 ans sur le développement territorial."Il est faux de dire que la Wallonie n'a rien fait", dit-il...."mais elle a fait trop peu, pas assez vite, et il y a des choses qu'elle ne fait pas".
LLB
entretien
Mercredi dernier, le jour même où le ministre-Président Di Rupo dressait devant le Parlement wallon un certain état de la Wallonie, l'économiste Michel Quévit mettait la dernière main à une contribution - à paraître dans la revue de la Commission permanente du développement territorial de la Région wallonne - sur la promotion du développement économique... La simultanéité est fortuite, mais saisissante, jusqu'au décalage : là, une recension statistique qui se veut rassurante; ici, une réflexion scientifique qui indique ce qui est à faire. Les explications du professeur émérite de l'UCL, toujours actif dans la consultance régionale.
Le gouvernement wallon a renoué avec des comparaisons à la Flandre. On peut comprendre les raisons politiques. Mais économiquement, est-ce pertinent ?
A la limite, la Flandre n'est pas intéressante. En tant que partenaire éventuel, si, bien sûr. Mais la globalisation et les tensions liées à la compétitivité s'exercent sur tout le territoire européen et au-delà. On présente toujours la Flandre comme une des plus riches d'Europe. C'est faux ! En PIB/habitant, pour une moyenne européenne (à 25) de 100, la Wallonie est à 85 et la Flandre, à 115. Au-delà de 115, il y a peut-être 50 entités : la Lombardie, le Val d'Aoste, la Navarre, l'Ecosse, Brême, la Bavière... J'ai connu le Pays Basque dans l'état de déclin de la Wallonie, il est depuis à une moyenne de 121. De même, Hambourg, à 184 !
Pourquoi, eux, et pas nous ?
La Wallonie est un prototype, qui fut performant, du système ancien. On a produit, on a été attentif aux infrastructures et à la productivité. Mais c'est un peu dépassé. Exemple : dans la province de Milan, 300 000 PME sont aujourd'hui organisées entre elles, en réseau...
C'est vraiment la catastrophe ?
La situation n'est pas catastrophique, mais il y a urgence structurelle à s'ajuster. Prenons les trois paradigmes de la globalisation (ci-dessous). Sous l'angle économique, toutes les provinces wallonnes, sauf le Brabant wallon, affichent depuis 1995 un PIB par habitant en décroissance quasi linéaire et le taux de chômage est parmi les plus élevés de l'Union à 15 - spécialement chez les plus jeunes. Sous l'angle du marché du travail, le taux d'emploi en Wallonie reste très faible, autour de 52 pc - en Suède, en Autriche, on est à 75. Sous l'angle de la société de la connaissance, on est bon dans les investissements en recherche et développement, mais ces dépenses ont un impact très limité sur la valeur ajoutée, l'emploi, les brevets. Notre approche reste linéaire, technologique; or, elle doit devenir circulaire, liée à toute la stratégie des entreprises : gestion, organisation, ouverture, etc. Quant à la formation tout au long de la vie, c'est très inquiétant : 6 pc des Wallons l'ont reçue... contre 51 pc en Finlande. Et je ne parle pas de la Chine, de l'Inde, du Vietnam, où apprendre fait partie de la culture.
Ne sont-ce pas des éléments auxquels on paraît plus attentif depuis une dizaine d'années ?
Il est faux de dire que la Wallonie n'a rien fait. Mais elle a fait trop peu, pas assez vite, et il reste des choses qu'elle ne fait pas. Je pense surtout à l'apprentissage, au développement de la créativité. Le rapport Pisa est inquiétant. La créativité doit être une priorité. Pourquoi a-t-on réduit les cours d'éducation artistique ? Pourquoi, dans les fonds structurels dédiés à la culture, n'a-t-on fait que du bâtiment ?
"Il faut y croire", aviez-vous confié à "La Libre", à la sortie du plan Marshall. Qu'en dites-vous, 18 mois plus tard ?
Qu'il n'est pas suffisant. Il faut aller au-delà, pour mettre des instruments qui permettraient de soutenir l'innovation des entreprises et surtout des PME - ici, on n'a rien fait, hormis des petites aides à la demande. Quant à l'enseignement, revenons-y, non pas uniquement sous l'angle de la connaissance, mais beaucoup plus sous celui de l'apprentissage : donner aux jeunes le goût d'apprendre et le savoir de comment apprendre. On investit dans l'école, mais il faut avoir une vision plus qualitative des politiques que l'on mène. Bref, la tâche est colossale.
Et demande du temps. Ce dont la vie politique a horreur.
En Bretagne, j'ai accompagné 4 plans de "contrat région" de 7 ans, sous plusieurs majorités. Tous les indicateurs étaient rouges; elle arrive à la moyenne européenne de 100 et, selon l'OCDE, c'est une des régions de France où les jeunes sont les mieux formés... La Wallonie doit être consistante dans le temps. Elle ne doit pas être remise en question tous les 4 ou 5 ans. On peut décliner en 3 ans; on ne construit jamais rien à moins de 10 ou 15 ans. Je l'avais déjà dit en 1990; je regrette de devoir le redire en 2007.
Au regard de toutes ces considérations, le discours gouvernemental de la semaine dernière ne vous paraît-il pas puéril ?
Ce qui est intéressant, c'est qu'il se voulait mobilisateur; mais il faut savoir mobiliser aussi sur ce qui est grave... Et puis, il est resté conjoncturel. C'est sa force parce que la conjoncture est positive; mais également sa faiblesse parce que l'on doit faire une analyse structurelle. La Wallonie ne pourra pas se développer si elle ne sait pas se mettre l'Europe et le monde dans la tête. Et cela ne vaut pas que pour le pouvoir politique.

Lire aussiLa clé : la globalisation de l'économie


Ce matin, Elio Di Rupo dresse l'état de la Région au parlement.

La Wallonie en soins intensifs

Le patient se porte mieux mais son état général reste préoccupant.
Attention, la Flandre veille, en embuscade.
Une grand-messe. Non, un souffle d'air. Une respiration.
Le très attendu discours sur « L'état de la Wallonie » que prononcera ce mercredi matin Elio Di Rupo devant les députés sera surtout l'occasion, pour le président-ministre-président, de marquer une rupture. D'enterrer définitivement une année 2006 plombée - pour le PS surtout - par les affaires (Charleroi, Namur, logement social, Awiph...).

Et de revenir, in fine, aux fondamentaux : à la politique, au développement wallon et au plan Marshall, véritable colonne vertébrale de la coalition PS-CDH.A n'en pas douter, Di Rupo s'appuiera, dans son discours (une quarantaine de pages annoncées), sur une série de données chiffrées et croisées (statistiques wallonnes, belges, européennes).
Des données choisies, on l'imagine, avec soin (création d'entreprises, volume des investissements, recherche et développement, pôles de compétitivité, fiscalité attrayante...) car permettant de constater que oui, la Wallonie s'est remise en marche, 55 ans (!) après avoir entamé son déclin.Un constat d'autant plus important que la Flandre aura, entre autres choses, les yeux rivés sur le parlement wallon ce mercredi. Et à défaut de pouvoir déjà donner le change, ces « bons résultats » devraient servir, à tout le moins, de caution à une Région wallonne rêvant de montrer qu'elle a changé, qu'elle est en mouvement et que ce dernier est irréversible. Le tout sur fond de négociations communautaires à venir très prochainement.Un discours rassurant, donc - « mais sans cocorico », a précisé Di Rupo, mardi, lors de la présentation des voeux du PS à la presse.

Mobilisateur aussi, car la Wallonie, si elle relève la tête, reste toujours coincée dans le tableau regroupant les plus mauvais élèves européens en termes de développement et de croissance.La marche, on le sait, sera longue, une dizaine d'années, s'accordent à dire les experts de tous bords, qui semblent d'accord pour dire que le plan « Marshall » est ce qui manquait à la Wallonie depuis des lustres.
Union wallonne des entreprises (UWE), syndicats, professeurs d'université, centres de recherches..., tous saluent la dynamique ainsi créée.Tous regrettent aussi, quasi dans le même espace-temps, l'absence de mesures drastiques en matière d'enseignement et de formation, nécessaires pour ne pas dire vitales au redressement wallon. Des matières relevant de la compétence de la Communauté française, trop absente du plan.
Luc Willame, ancien président de l'UWE et de Glaverbel, estime d'ailleurs, et il n'est pas le seul, que « la relation entre la Wallonie et Bruxelles et l'institution de la Communauté française » est un des plus grands problèmes du plan de redressement wallon (1).Ce n'est pas le seul. Dix-huit mois après un baptême très médiatisé, les chaînons manquants apparaissent.« La réforme du marché du travail envisagée dans le cadre fédéral est indispensable, estime Vincent Reuter, administrateur délégué de l'UWE. Les Régions doivent participer à cette réflexion. » Flexibilité, pièges à l'emploi, diminution des charges, pénurie d'emplois, lutte contre le travail au noir, l'UWE n'a aucun tabou.
Les syndicats, eux, réclament davantage de mesures favorisant l'emploi des jeunes. Autre pomme de discorde avec le gouvernement wallon : « Le manque de concertation avec les travailleurs dans les entreprises pour la mise en oeuvre du plan », souligne Jean-Claude Vandermeeren, patron de la FGTB wallonne.

On n'oubliera pas non plus ceci, en écoutant Elio Di Rupo ce matin. Quels que soient les bons résultats engrangés par son gouvernement, la dette de la Wallonie, si elle semble aujourd'hui maîtrisée, reste abyssale : 4,277 milliards d'euros. Dans le même temps, rappelle Serge Kubla, chef de groupe MR, « la Flandre a dégagé en 2006 un boni de 500 millions d'euros ». Elle annonce, en prime, une dette totalement effacée en 2008 et donc de nouveaux moyens dégagés pour de nouvelles politiques.Un différentiel budgétaire entre la Flandre et la Wallonie d'autant plus inquiétant que pour la première fois depuis plusieurs années, les recettes IPP (impôts des personnes physiques) ont diminué, sur un an, de 0,3 % côté wallon. Pas vraiment un bon signe lorsque l'on sait que l'IPP est une des clés de répartition des transferts nord-sud : « Ça nous met en porte-à-faux par rapport aux discussions communautaires à venir », note Marcel Cheron (Ecolo).Cette réalité-là, personne, en Wallonie, ne peut l'ignorer. Car non, vraiment, elle n'est pas une île.(1) « Le plan d'actions prioritaires de la Région wallonne », Bernard Hanin et Jean-Pierre Lemaître, aux Presses universitaires de Louvain.

La Wallonie se porte mieux, constate le ministre-président wallon, Elio Di Rupo. Le redressement économique est à l’oeuvre et il faut l’accélérer, a-t-il indiqué ce mercredi devant le Parlement wallon à l’occasion de son discours sur l’état de la Wallonie. M. Di Rupo a avancé divers chiffres à l’appui de sa thèse. En 2006, la croissance wallonne a égalé celle de la zone euro (soit 2,6%). En 2005, 435 entreprises se sont installées en Wallonie contre 31 en Flandre et 5 à Bruxelles. Les exportations wallonne ont crû de 9,4% entre 1996 et 2005, contre une moyenne européenne de 6,6% et 7,8% en Flandre.
Les jours de grève ne sont pas plus nombreux qu’en Flandre. Certes, le nord du pays affiche un avantage salarial par unité produite de 3% mais, dans les secteurs porteurs d’avenir, la Wallonie est plus compétitive: en recherche et développement, l’avantage est de 17,1%; de 14,6% dans le domaine de l’informatique; de 10,1% dans les industries plastiques... Le ministre-président a également insisté sur les priorités que le gouvernement avaient faites siennes pour créer de l’activité économique et de l’emploi. En 2007, la Région consacrera € 259 millions à la recherche scientifique, soit € 75,92 par habitant contre € 71,58 en Région flamande.

En 2007, elle consacrera également € 258 millions à la formation, soit € 66,35 par habitant contre € 32,2 en Flandre. Le gouvernement wallon veut permettre à la Wallonie de renouer dans un délai raisonnable avec la prospérité et, «oserais-je le dire, la grandeur», a souligné M. Di Rupo qui a clos son intervention par un appel à aimer la Wallonie. «Certains se complairont à analyser la Wallonie par le petit bout de la lorgnette et c’est leur responsabilité. Mais la Wallonie mérite de l’empathie. Je voudrais entendre certains dire du bien de la Wallonie, aimer la Wallonie. C’est de nous que dépend la victoire. Nous devons avoir de la fierté de ce que nous sommes, de ce que nous serons et de ce que nous voulons», a-t-il lancé.Un débat a suivi le discours d’Elio Di Rupo et les réactions ne se sont pas faites attendre.

Pas de débat télévisé sur «l’état de la région» sur les télés locales

La Fédération des Télés locales Wallonie-Bruxelles a décidé de ne pas retransmettre le débat qui aura lieu aujourd’hui au parlement wallon sur l’état de la Wallonie. Pour elle, la retransmission ne permettait pas d’avoir toutes les garanties quant au maintien du «cordon sanitaire». Le décret sur les télévisions locales prévoit que les informations qu’elles diffusent excluent les «courants d’idées non démocratiques».




«Dans le cas présent, nous n’avions pu fixer aucune modalité qui permette de ne
pas diffuser les interventions d’un parlementaire d’extrême droite»
, a affirmé hier Suzy Collard, directrice de la fédération.
Une somme de € 12.000 devait être versée par les autorités wallonnes pour assurer le direct, ce qui avait suscité des critiques de l’opposition MR pour qui «cet argent pouvait être utilisé à d’autres fins».

La nouvelle charge d'Alain Destexhe contre "l'Etat wallon PS"
Le sénateur libéral Alain Destexhe persiste et signe. Deux ans après avoir dénoncé les politiques économiques menées en Wallonie il remet aujourd'hui le couvert. Pour lui la Wallonie est toujours à la traîne, malgré de gros moyens publics engagés, notamment dans le Hainaut. Alain Destexhe plus que jamais dans le rôle qu'il s'est choisi, taille une fois de plus un costume à la Région wallonne. Les chiffres qu'il aligne sont bien là : une bonne croissance mais pas de recul du chômage. Le poids du secteur public toujours plus lourd que dans les régions voisines. Un Hainaut toujours en retard malgré 4 milliards d'Euros d'investissements dans le cadre des fonds structurels européens. Le Hainaut, cible principale cette fois du Sénateur MR, manque de stratégie, manque de coordination, dit-il, mais ce sont des défauts précisément reconnus par le Gouvernement wallon au moment où celui-ci lance une nouvelle méthode pour engager la dernière tranche de fonds européens, celle qui court de 2007 à 2012. Car côté piste, paradoxalement, Alain Destexhe rejoint souvent le Gouvernement wallon lui-même, développer l'activité économique, travailler sur la formation, inciter à l'initiative, améliorer la gouvernance. Des objectifs fréquemment martelés par le Gouvernement lui-même mais gare aux intentions sans effet, dit Alain Destexhe qui réclame impatiemment plus d'effets visibles sur le terrain. Marcourt réplique : Les déclarations d'Alain Destexhe ont été précédées d'une carte blanche sur le même thème dans la presse quotidienne de ce mardi. Et Jean-Claude Marcourt, ministre wallon de l'Emploi a immédiatement contesté les propos. "Réduire le chômage de 5.000 unités entre décembre 2005 et décembre 2006, c’est encourageant mais c’est insatisfaisant parce qu'il reste beaucoup trop de personnes sans emploi" reconnaît le ministre . "C'est d'ailleurs pour ça poursuit il que le Plan Marshal veut aussi induire une modification de comportement et de mentalité, augmenter l'esprit d'entreprendre, faire en sorte que il y ait une plus grande contractualisation des demandeurs d'emploi avec le FOREM pour mieux les accompagner". Faut-il comme le suggère le sénateur MR s’inspirer des expériences menées à l'étranger pour enrayer les chiffres du chômage, pour le ministre wallon ce serait détricoter notre système de sécurité sociale. VIDEO• Alain Destexhe présente son nouveau livre


Faire du neuf avec... des nouveaux


Gage de changement ou écran de fumée, les allées et venues à l'Awiph ou à la SWL ?
Au moins dans les dates, il y a plus d'une accointance entre la situation à l'Agence wallonne pour l'intégration des personnes handicapées et à la Société wallonne du logement. C'est à 24 heures d'intervalle, début décembre, que tout le conseil d'administration de la SWL et que le trio de tête de son équivalent à l'Awiph (le comité de gestion) avaient été - comment dire, finalement ? - remerciés; c'est le même jour, ce jeudi, que leurs remplaçants ont donc été installés à la première et désignés à la seconde. Simultanéité significative à plus d'un titre.
Quel problème ? Il est impalpable mais réel; et vaste : par-delà nos deux organismes.

On s'interrogea jadis, ailleurs qu'à la Région wallonne, à propos de la Sabena comme d'ABX (filiale de la SNCB) ou de la RMBI (filiale de la RTBF); on le redit pour l'Awiph, pour la SWL, mais aussi pour combien de sociétés de logement social, pour telle ou telle intercommunale (l'ICDI !), voire pour telle situation locale où le conseil communal pourrait leur être assimilé : qu'avaient fait les administrateurs publics; qu'auraient-ils pu ou dû savoir d'imprudences de gestion conduisant jusqu'à des naufrages, d'anomalies pouvant aller jusqu'à relever du code pénal ?

Précisément, quant à l'Awiph, on a été interpellé sur la capacité de surveillance de son administrateur-général, mâtinée de quelques comportements personnels sujets à perplexité; et s'agissant de la SWL, organisme-coupole des 74 sociétés locales, les administrateurs ont dû payer une attention que l'on put, au fil des scandales mis au jour, ressentir trop peu soutenue ou abusivement tardive au délabrement de nombreuses situations, sur fond de relations cycliquement orageuses avec le ministre de tutelle, le CDH André Antoine.

Quelle solution ? Changez ! Mais c'est plus facile à dire qu'à faire, ne serait-ce qu'au regard des procédures en vigueur.

Si, politiquement, le ministre Antoine n'a rien à voir avec sa collègue en charge de l'Awiph, la PS Christiane Vienne, il est tout de même frappant que l'un comme l'autre n'ont pu ou voulu justifier les départs par des comportements fautifs.
Pas besoin de le redire pour l'Awiph, dont les partants "démissionnent" la tête haute, jusqu'au camouflet pour Mme Vienne.
Quant à la SWL, il est patent que M. Antoine n'ait guère reproché davantage que son manque de proactivité au conseil, plaidant pour le reste le souci de coller au renouveau entrepris. Dès lors, l'histoire ne s'arrête pas là.

1° Proportionnelle oblige, non plus d'après les élections de 1999 mais celles de 2003, le nouveau conseil de la SWL est à majorité PS (7 PS, 4 MR, 2 CDH) - ce qui est logique mais paradoxal sinon troublant, à se souvenir de l'implication de mandarins socialistes dans les "affaires" du logement social.

2° Près de la moitié de ses membres sont rentrants après avoir été "sortis".

3° Des "vrais" sortis étudient la possibilité de recours contre la décision de révocation (dont l'ex-président, Ecolo)...
De quoi remettre en cause les décisions ? Pas forcément. De quoi s'en féliciter ? Non plus. C'est que, décidément, les tornades plus ou moins éthiques ne se décrètent ni ne s'improvisent.
© La Libre Belgique 2007

Mise en place du nouveau conseil d'administration de la SWL
Le vice-premier ministre du Gouvernement wallon en charge notamment du Logement, André Antoine, a mis en place ce jeudi à Charleroi le nouveau conseil d'administration de la SWL (Société wallonne du Logement), après le départ des précédents administrateurs.

Le nouveau président en sera André De Herde, professeur au Département architecture de l'Université catholique de Louvain et également ingénieur architecte. André De Herde est actuellement membre du Conseil national de l'Ordre des Architectes de Belgique. Le vice-président sera Bernard Lux, professeur ordinaire à la Faculté Warocqué des Sciences économiques et recteur président de l'Université de Mons Hainaut depuis 2001.Parmi les 13 administrateurs mis en place ce jeudi, 8 sont des nouveaux venus. La répartition des représentations politiques au sein du nouveau conseil d'administration laisse apparaître que 7 d'entre eux sont PS, pour quatre MR et deux cdH, a précisé le ministre Antoine.
Appelé à commenter ce nouveau conseil d'administration, André Antoine a insisté sur la nécessité de tourner la page après les événements survenus ces derniers mois dans le secteur des logements publics.

Christiane Vienne sous les feux de l'oppositon


La ministre wallonne des Affaires sociales, Christiane Vienne, n'a guère fourni d'explication sur la désignation de la nouvelle direction du comité de gestion de l'Agence Wallonne pour l'Intégration des Personnes Handicapées. Elle a dit toutefois ne rien regretter de ses décisions pourtant controversées.
On en est arrivé aujourd'hui à un stade où chacun a pu se faire sa propre opinion. J'ai pu me faire la mienne et le gouvernement m'a suivi. Aujourd'hui, les personnes ont été remplacées et un manager de crise a été nommé. Je n'ai rien à regretter ni à confirmer. Nous avons maintenant une instance renouvelée prête à fonctionner", a-t-elle répondu en Commission du parlement wallon aux interpellations de Willy Borsus (MR), Véronique Bidoul (MR) et Monika Dethier (Ecolo).
L'opposition n'a pas caché sa déception. Le 6 décembre, sur proposition de la ministre, le gouvernement a décidé de remplacer le président et les vice-présidents de l'AWIPH. Ils avaient, selon lui, failli dans leur mission de surveillance de l'administrateur-général Georges Rovillard. Dans la résolution qu'elle a adoptée en conclusion de ses auditions, la Commission des Affaires sociales a pourtant considéré qu'aucun manquement ne pouvait leur être reproché.

"A ce stade-ci, vous pourriez au moins dire si vous confirmez ou vous retirez vos propos. Quand on est mis en cause, on a droit à ça", a souligné M. Borsus. La députée écologiste s'est montrée plus directe: "vous êtes encore une fois à côté de la plaque", a lancé Mme Dethier.
Outre les dirigeants du comité de gestion, le gouvernement a remplacé les commissaires du gouvernement à l'AWIPH. Ceux-ci reprendront l'enquête administrative qu'avaient commencé leur prédécesseur à propos des agissements de l'administrateur-général aujourd'hui suspendu. Sur la base des conclusions de cette enquête, le gouvernement décidera s'il intente une action disciplinaire contre l'intéressé.



« Le dernier pays de l'Est »...

Par Henri Goldman
Cet article est paru dans le numéro de Politique daté d'octobre 2005.
Ca fait pourtant des années qu’on en parle. Mais il y un monde entre une promesse, même solennelle, rénovation et cette rénovation elle-même. Le PS pris dans une contradiction dont il ne sortira pas facilement. Et sûrement pas tout seul.
La boutade fait toujours son effet : depuis la chute du mur de Berlin, la Wallonie serait le dernier pays de l’Est en Europe. Évidemment, personne n’y croit vraiment. On n’a toujours pas trouvé de Goulag en Ardenne. Et le droit de grève est effectivement exercé dans nos contrées, contrairement, par exemple, à la Chine « socialiste », ce nouvel eldorado où se précipitent désormais tous les investisseurs qui connaissent les bienfaits pour leurs dividendes d’une paix sociale main-tenue à coups de trique.
Mais soit, faisons l’exercice, puisque les dernières péripéties nous y invitent. Ainsi, en URSS — comme en Wallonie ? —, un parti politique détenait depuis des temps immémoriaux tous les leviers du pouvoir, du local au central, sans que personne ne soit en situation de le lui contester. Ce pouvoir s’exerçait au nom des travailleurs, mais — comme en Wallonie ? — ceux qui en avaient la charge « se servaient sur la bête » en confondant les deniers publics avec les leurs propres. Et pendant ce temps, faute de tout contrôle indépendant — comme en Wallonie ? — la société s’enfonçait dans le déclin sous le poids de l’incompétence et du parasitisme. Ce qui n’empêchait pas le parti au pouvoir de dénoncer l’antisocialisme primaire de quiconque émettrait des doutes sur le système dans sa globalité, tout en sacrifiant périodiquement — comme en Wallonie ? — les têtes de quelques personnages imprudents. Puis, un homme est arrivé qui allait rompre avec le passé. On parla — comme en Wallonie ? — de « glasnost » (transparence) et de « perestroïka » (rénovation). Dans la société et dans le parti.
Ici s’arrête la comparaison. En URSS, il était déjà trop tard. Le système était incapable de se rénover de l’intérieur. Il s’effondra, et le bébé fut emporté avec l’eau du bain, comme toujours quand on a trop attendu pour faire le ménage. Est-ce trop tard en Wallonie ? Pour établir un diagnostic, faisons un nouveau détour par l’URSS dont Léon Trotsky, sociologue à ses heures, décrivit les trois stades de la dégénérescence bureaucratique. Premier stade : les chefs bolcheviks se contentent de satisfactions impalpables, tels que l’incomparable privilège de travailler au service d’une cause librement choisie et le bonheur de pouvoir influencer le cours des événements. Deuxième stade : ils commencent à goûter aux avantages matériels et immatériels dérivés, tels les voitures, voyages et maisons « de fonction », telle aussi l’ivresse du pouvoir et de l’ascendant qu’il donne sur les êtres et les choses. Troisième stade : le maintien coûte que coûte de ces avantages devient le seul mobile de leur action, et ils ne sont plus du tout dupes de la logomachie communiste à laquelle ils sont toujours contraints d’avoir recours — ce qui explique d’ailleurs la facilité avec laquelle certains d’entre eux se sont reconvertis en capitalistes.
En Wallonie, chacun appréciera si on se trouve, selon les lieux, plus près du troisième stade que du premier. Mais il ne sera sûrement pas suffisant d’écarter les « brebis galeuses » et les « parvenus », ni de rédiger des codes éthiques. C’est tout un système de pouvoir qui doit être transformé. Avant qu’il n’implose — comme en URSS ? — en faisant le lit de la réaction libérale.
En maître des cérémonies, Elio Di Rupo s’est donné deux objectifs qui se révèlent contradictoires s’ils doivent être poursuivis simultanément : rénover le PS et consolider sa présence au pouvoir. Or, tant qu’il fait gagner son parti, l’Empereur du Boulevard entraîne dans son sillage des « barons » qui lui ont prêté juste ce qu’il faut d’allégeance et dont les réseaux de terrain restent intacts, comme le montre le retour triomphal de Van Cau sur ses terres. Tant qu’un parti gagne, tout le monde gagne en même temps, et il n’y a aucune raison impérative de rénover. En fait, toute l’histoire politique des démocraties montre que les partis ne se rénovent qu’en vue de surmonter une défaite. Seule la défaite déstabilise les responsables en place, cristallise sur leur tête les mécontentements, les oblige à rendre des comptes et donne l’opportunité à des femmes et à des hommes nouveaux de leur disputer la primauté. C’est précisément une des vertus de l’alternance en politique : le pouvoir use et l’opposition régénère, et ce va-et-vient assure la mise à jour globale et permanente de l’offre politique et du personnel chargé le cas échéant de la mettre en œuvre. Faute de cette « opposition régénératrice » dont une des fonctions est de sélectionner à partir du terrain les leaders de demain, Elio Di Rupo est contraint de faire monter au forceps une génération avant qu’elle n’ait achevé de faire ses preuves et dont la promotion tient plus à la faveur présidentielle qu’à des mérites éprouvés et reconnus au-delà du cénacle. L’ambition de l’homme de Mons inspire le respect bien au-delà de son propre camp, mais il ne dispose pas des moyens humains de cette ambition. Sur la ligne du temps, le despotisme éclairé est un progrès manifeste par rapport à la féodalité. Mais il ne fait pas l’économie de la révolution qui lui succèdera.
Or, le système politique belge, faiblement polarisé entre droite et gauche, ne favorise pas exactement l’alternance. Ou plus exactement celle-ci n’est que partielle et ne concerne pas le parti dominant qui reste le pivot inamovible de toutes les coalitions. Après leur dégelée de 1999, les sociaux-chrétiens ont dû se refaire une santé dans l’opposition. Cet exil fédéral leur fait en ce moment le plus grand bien et leur permet de rajeunir radicalement cadres, image et message. Au contraire, les conditions dans lesquelles la rénovation du PS est conduite par son président lui interdisent de mener à fond la bataille contre l’« ancien PS » au nom du nouveau. Il en est réduit à attendre la révélation de pratiques délictueuses pour réaliser quelques frappes chirurgicales tonitruantes. Quant à s’en prendre à l’ensemble d’un système d’appropriation du pouvoir, cela reviendrait à scier la branche sur laquelle, au fil des décennies, tout le PS s’est assis. Il y a des remèdes de cheval qui sont capables de tuer le malade.
Aujourd’hui, les socialistes sont au pouvoir à tous les niveaux, et chacun sait qu’ils le resteront encore demain dans tous les cas de figure. Ce maintien dispose en ce moment d’un excellent alibi : la bataille de la sécu. Tant que celle-ci n’est pas gagnée, tant que son financement solidaire n’est pas consolidé, il serait irresponsable de déserter. Le même raisonnement peut être tenu pour le redressement de la Wallonie. Et, de fait, il est rare qu’un parti quitte le pouvoir s’il n’y est pas contraint par la sanction des urnes.
Est- il possible de dénouer la contradiction, c’est-à-dire d’approfondir la rénovation sans quitter forcément le pouvoir ? Suggérons une piste. Le PS d’Elio Di Rupo est peut-être le parti socialiste le plus à gauche d’Europe, il n’est sûrement pas le plus créatif. Le culte du chef qui prévaut désormais comme une marque quasi obligatoire de soutien à son entreprise a débouché sur la généralisation d’une nouvelle langue de bois qui n’est pas plus digeste que l’ancienne et dont les derniers promus ne sont pas les plus avares.
Le salut viendra de l’extérieur, c’est-à-dire de la société. Rénover un parti — et, au-delà de lui, la Région qu’il domine — implique de libérer l’imagination et de stimuler la critique et les forces de proposition. Il ne s’agit pas de repasser les plats de feu les Ateliers du progrès dans une optique de récupération instrumentale. Mais de créer un climat où des idées neuves pourront être mises en débat sans se demander si telle proposition un peu iconoclaste ne risque pas de déplaire à tel ou tel. Et, notamment, il serait bon que la nouvelle génération socialiste s’y engage sans avoir peur de son ombre. On peut penser tout le mal qu’on veut d’un Alain Destexhe et de ses manières de dynamiteur thatchérien, mais il était stupide de réagir à son dernier pamphlet 1 en se drapant dans une dignité outragée, surtout si c’était pour reprendre une partie de son inspiration dans un plan Marshall aux accents forts libéraux. Quand la pensée libre se stérilise à gauche, la voie est largement ouverte de l’autre côté. Comme en URSS ?
Henri Goldman
Achevé d’écrire le 10 octobre 2005.