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12 septembre 2008

Leterme veut poursuivre l'exercice de vérité

L'exercice de vérité sur le budget devra se poursuivre, a commenté vendredi le premier ministre, Yves Leterme, après la publication des prévisions du Bureau du Plan. Il s'est toutefois montré rassurant: la note socio-économique du gouvernement, adoptée en juillet, correspond parfaitement à ce que réclame la situation."Ce sera surtout l'exercice de continuer à voir la vérité", a-t-il dit, ajoutant: "la note socio-économique du gouvernement correspond parfaitement à ce qui est demandé. Elle n'a certainement pas perdu de son actualité". M. Leterme a d'ailleurs rappelé quelques-uns des grands axes de cette note: la diminution des charges, l'activation du marché de l'emploi et la protection sociale.Van Quickenborne pessimisteSur le plan du budget 2008, les dépenses sont sous contrôle, a assuré M. Leterme. Un problème se pose en revanche au niveau des recettes TVA. La consommation a baissé et, actuellement, leur croissance n'est que de 2% au lieu des 6% attendus. Le ministre de l'Entreprise, Vincent Van Quickenborne, a lui affiché un ton un peu plus pessimiste. "Ces chiffres ne sont pas particulièrement bons, même un peu sombres", a-t-il souligné.Pour réaliser des économies et contribuer de la sorte au respect des objectifs budgétaires fixés par le Pacte de stabilité, le ministre libéral a proposé de réduire le nombre de fonctionnaires de 10%. Le premier ministre ne s'est pas prononcé sur cette idée. Il s'est réjoui que les membres du gouvernement fassent des propositions même s'il les juge plus productives quand elles sont formulées au conseil des ministres.Leterme se démarque des critiquesM. Leterme a toutefois tenu à se démarquer des critiques souvent formulées à l'encontre de l'administration. "Je voudrais aussi avoir une appréciation positive des efforts de l'administration. Au niveau fédéral, énormément de choses sont bien faites par les fonctionnaires. Ceci étant dit, il faut à chaque fois réfléchir et voir si les moyens sont bien utilisés pour les tâches qu'ils permettent de remplir", a-t-il dit.Le premier ministre n'exclut d'ailleurs pas que, dans certains départements, le nombre d'agents en vienne même à augmenter, notamment dans tout ce qui touche à la sécurité des citoyens ou aux prisons. Il a aussi rappelé que la fonction publique fédérale ne représentait que 12% de la fonction publique au total, le reste relevant d'autres niveaux de pouvoir.Implication de tous les niveaux de pouvoirInterrogé plus tôt dans la journée, le ministre des Finances, Didier Reynders, a abondé dans le même sens. "Se pencher sur l'appareil public, cela implique tout l'appareil et pas seulement le fédéral. C'est un débat plus large que nous devons mener avec les autres pouvoirs publics", a-t-il fait remarquer. Pour équilibrer son budget, le gouvernement fédéral avait sollicité l'appui des Communautés et Régions en leur demandant de ne pas dépenser une partie des moyens qui leur sont accordés. Les entités francophones ont répondu à l'appel, à l'inverse du gouvernement flamand qui a finalement opposé une réponse négative vu l'absence d'avancée dans la réforme de l'Etat."Suivi de l'accord communautaire"Quelque 360 millions d'euros sont en jeu. Le problème sera discuté avec l'exécutif flamand, a assuré M. Leterme qui reconnaît toutefois que l'engagement flamand était assorti d'une condition liée à l'avancement des dossiers communautaires. Le futur dialogue interinstitutionnel libérera le gouvernement fédéral de la tâche de conduire les négociations communautaires. Il n'en sera toutefois pas absent, a averti M. Leterme. "De toute façon, il y aura un suivi de l'accord communautaire. C'est un volet de l'accord de gouvernement et il doit être exécuté", a-t-il rappelé.

12 juillet 2008

Demotte épingle le ton modéré des discours du 11 juillet

Le ministre-Président wallon et de la Communauté française, Rudy Demotte, s'est réjoui vendredi du ton des discours prononcés à l'occasion du 11 juillet. Il s'est également dit prêt à une coopération plus poussée entre Régions.

Vanderpoorten appelle au dialogue entre Régions

Le ministre-Président wallon et de la Communauté française, Rudy Demotte, s'est réjoui vendredi du ton des discours prononcés à l'occasion du 11 juillet. Il s'est également dit prêt à une coopération plus poussée entre Régions.
"Hier et aujourd'hui, nous avons entendu des discours flamands plus modérés, comme s'il s'agissait d'une réponse aux discours très durs que nous avons pu entendre les semaines et les mois passés", a souligné M. Demotte.
A propos du discours prononcé par la présidente du parlement flamand, le ministre-président s'est montré particulièrement positif: "Il y a là des germes de solution si cette philosophie est aussi partagée par ceux qui sont assis autour de la table de négociation", a-t-il expliqué.
Il se dit prêt à une coopération entre Régions: "Quelle que soit l'évolution institutionnelle, il sera de toute façon plus positif de ne pas se voir uniquement lorsqu'il y a des problèmes", a-t-il dit.
M. Demotte ne souscrit en revanche pas à l'appel à une "révolution copernicienne" lancé par M. Peeters, qui veut faire des entités fédérées le centre de gravité du fédéralisme belge au lieu du pouvoir fédéral. "La vraie révolution, ce serait que les institutions tournent autour des citoyens", a-t-il fait remarquer.

Comment le CD&V met son Premier ministre en joue
Le parti de Leterme menace de quitter le gouvernement faute d'un accord communautaire conséquent. Le poste de Premier ministre tangue méchamment.
Muet comme une carpe. Interrogé à plusieurs reprises, jeudi matin dans le huis clos d'une réunion entre parlementaires CD&V et N-VA, sur l'état d'avancement de la négociation communautaire, le Premier ministre s'est refusé à tout commentaire - prétextant la crainte d'une fuite d'informations hors de la salle. "C'était surréaliste, raconte un participant, il a choisi de se taire mais il n'a rien à raconter : aucun résultat de négociation à présenter." La présidente de parti, Marianne Thyssen, ne s'est guère montrée plus disserte. Et s'est appliquée à rester la plus vague possible dans son exposé. Et, surprise, ce sont des mandataires catalogués "ACW", habituellement modérés sur le plan communautaire, qui sont montés aux barricades devant la cinquantaine de responsables du cartel. "Dans le passé, le parti a payé un prix très lourd pour avoir fait passer l'Etat avant nos intérêts, a notamment lancé l'un d'entre eux à Yves Leterme. Ne serait-il pas temps de faire passer les intérêts du parti en premier lieu ?"
C'est qu'à l'heure de conclure ce round de négociation communautaire, le pessimisme et la panique ont gagné la plupart des cadres du parti du Premier ministre. Un haut-responsable : "En refusant d'avancer, les francophones vont saborder la Belgique fédérale. Si Leterme présente une déclaration communautaire trop légère lundi, le parti ne pourra pas le suivre. On ne restera pas au gouvernement, il faudra se débrouiller sans le CD&V" Allez, encore du bluff ? "Non, c'est très réaliste."
"Pas de sol flamand"
Un autre - considéré comme "modéré" - dit : "Tout le monde au sein du CD&V perçoit bien que nous ne pourrons plus passer en dessous de la latte communautaire. Le deal argent contre compétences, ça, nous aurions pu l'accepter. Nous pouvons l'accepter. Mais on n'échangera pas de morceaux de territoire flamand (dans le cadre de la scission de Bruxelles-Halle-Vilvorde, NdlR) . C'est impossible. Nous ne céderons pas là-dessus."
Lundi soir, une assemblée générale du CD&V, organe hybride entre le Bureau de parti et le Congrès, doit se pencher sur l'acquis communautaire. L'assemblée générale, composée essentiellement de mandataires et de personnes rétribuées par le parti, serait-elle plus facilement "domestiquable" par Yves Leterme que ne le serait un Congrès du CD&V ? A voir.
Un baron : "Une majorité du parti dira non à un texte sans avancées conséquentes. C'est absolument certain." Plutôt que de "descendre" son Premier ministre, le CD&V pourrait emprunter une voie médiane et tenter de repousser d'une semaine, voire davantage, la date de la déclaration communautaire devant le Parlement. "Cela s'annonce difficile pour le parti, constate un membre influent. On va peut-être négocier avec les francophones toute la nuit de lundi à mardi. Alors, comment voulez-vous que le CD&V donne son accord à un texte qui ne sera peut-être pas finalisé ?"
Ajoutez que le "G4", instance informelle où Yves Leterme côtoie la présidente Thyssen, Kris Peeters et Jo Vandeurzen, est, dit-on à bonne source, divisé. Le Premier ministre est prêt à lâcher du lest aux francophones, pas Peeters ni Thyssen. Le ministre-Président flamand refuse de passer à la caisse en juin 2009 pour payer les concessions faites aux francophones par le Premier ministre de son parti. Ajoutez (aussi) que la N-VA a aujourd'hui fait son deuil d'un acccord communautaire ambitieux : les nationalistes flamands guettent la réaction du CD&V. "Nous n'attendons plus rien de cette négociation-là", confirme platement un responsable de la N-VA. Si le parti de Leterme endosse une déclaration communautaire "light", les alliés du CD&V quitteront le cartel. Rappel, une N-VA en roue libre, à la veille d'échéances électorales, fait figure de cauchemar pour le CD&V.

05 juin 2008

Leterme Ier tente le diable et le destin

En quête d'un résultat pour le 15 juillet…
Coup d'envoi des négociations institutionnelles, hier soir au Sénat.
En deux mots…
1. Tout arrive. Un an après les législatives (10 juin 2007), le politique dominant, Yves Leterme, lance les négociations Nord-Sud. Un « premier paquet » de réformes avait été ficelé au début de l'année, qui prévoyait notamment de régionaliser la sécurité routière, et annonçait un « second paquet », plus doté, pour juillet. Nous y voilà. Les présidents francophones ont évoqué tout cela hier, ensemble, avant de se rendre au Sénat.
2. Organisation, composition. Lire Le Soir de mardi : il faut compter avec un groupe central, composé de 16 représentants des partis ; Leterme est le dix-septième homme. Ce groupe est composé comme suit… CD&V/N-VA : Marianne Thyssen, Jo Vandeurzen, Bart De Wever, Herman Van Rompuy ; MR : Didier Reynders, Olivier Maingain, Armand De Decker ; PS : Elio Di Rupo, Philippe Moureaux, Jean-Claude Marcourt ; CDH : Joëlle Milquet, Melchior Wathelet ; VLD : Bart Somers, Patrick Vankrunkelsven ; Ecolo/Groen : Marcel Cheron, Magda Aelvoet. Le SP.A reste au balcon. Les deux ministres des réformes institutionnelles (Reynders et Vandeurzen) piloteront les discussions relatives aux transferts de compétences. Les présidents de la Chambre et du Sénat (Van Rompuy et De Decker), celles ayant trait à BHV. Au centre : Yves Leterme. La réforme de l'Etat sera son œuvre ou sa tombe. Tous ont rendez-vous dans dix jours pour (re)faire le point…
A l'issue de la réunion mardi soir, Joëlle Milquet ne cachait pas son dépit, déplorant, en substance, que les négociations débutent toujours, sans jamais vraiment débuter… « Il faudrait éviter de se noyer dans un verre d'eau ». Olivier Maingain était « sceptique ». Elio Di Rupo prévenait à propos de BHV : la frontière linguistique ne peut devenir une frontière d'Etat.
3. Les chances de réussir. La pièce roule sur la tranche. Selon qu'elle basculera d'un côté ou de l'autre… Pile : un accord intervient, Leterme Ier entre dans l'histoire (la Saga Belgica) comme le gouvernement qui aura propulsé la Belgique dans l'âge post-fédéral. Face : le désaccord, Leterme Ier entre dans l'histoire comme le gouvernement qui liquide l'Etat Belgique ; à tout le moins, celui qui aura échoué à stopper une crise qui mine le pays.
4. Les délais. A Luxembourg hier, en marge de la réunion des ministres européens des Finances, Didier Reynders appelait à s'occuper chez nous des problèmes socio-économiques, jugeant que le 15 juillet n'était pas une date fatidique… Comprendra qui pourra. Car il est convenu en principe qu'Yves Leterme se présentera au parlement le 15 juillet pour y lire une « déclaration » gouvernementale. Même si d'aucuns prétendent que, conscients qu'ils ne pourront pas s'entendre sur une réforme de l'Etat, ni régler BHV, Leterme et son cartel ne font que gagner du temps, en vue d'élections générales en 2009. Pour les plus pessimistes, le gouvernement fédéral ne passera pas l'été. Mais qu'en savent-ils ? Qu'en savons-nous ?

26 mai 2008

Di Rupo met la participation du PS en jeu

« Il faut des mesures sociales concrètes au 15 juillet »

LE PRÉSIDENT DU PS ELIO DI RUPO défend la présence de son parti au gouvernement, mais il la remet en jeu : le 15 juillet, tout peut basculer…

« Les gauches en Europe ne sont pas damnées, mais, au contraire, à la veille d’un retour massif. »
ENTRETIEN
Par un samedi à midi baigné d'un soleil doux, au cœur de sa ville, Mons, à l'une de ses tables préférées, italienne, à deux pas de la Grand-Place, Elio Di Rupo n'est pas moins tendu, agacé de la tournure des événements au fédéral, et « furieux », dit-il, de voir « comment on attaque le PS »…
Le super-conseil des ministres de vendredi n'a pas débouché sur des grandes décisions socio-économiques. Que fait le PS dans ce gouvernement ?
Un : ce n'est pas nous qui avons voulu y aller, on nous a appelés. Deux : on – Verhofstadt – nous a appelés après six mois de chaos. En novembre 2007, le pays était dans l'angoisse. Trois : à l'exécutif, on peut faire avancer les choses plus rapidement qu'à partir du Parlement, même si, là, le verbe est plus fort. Enfin, ce gouvernement n'a pas pour unique mission de s'occuper de réformes institutionnelles, mais de réformes sociales. C'est notre exigence.
Le 15 juillet, date à laquelle est attendue la nouvelle « déclaration » gouvernementale d'Yves Leterme, c'est une deadline ?
Un moment extrêmement important. Nous voulons des perspectives concrètes
.
L'idée s'est répandue que le PS « s'accroche » au pouvoir…
C'est vous qui le dites ! Il faut arrêter d'attaquer le PS d'une manière injustifiée. Donnez-moi un exemple ! Qu'est-ce que ça veut dire ? On nous a appelés. Nos ministres travaillent. En quoi s'accrocherait-on ?
Appelés, n'étiez-vous pas en mesure d'imposer plus vite les réformes sociales ?
Nous sommes un des cinq partis de la majorité, et dans l'accord de gouvernement, nous avons inscrit ce que nous avons cru devoir inscrire.
Votre choix de la participation ne fut donc pas une erreur ? Pas de regret ?
Non. Je suis toujours assez estomaqué. Pourquoi ne posez-vous pas la même question aux libéraux ? Au CDH ?
Eux sont sortis des législatives avec une image de gagnants.
L'image, c'est celle qu'ils ont voulu se donner et que vous leur donnez. Si le gouvernement devient une affaire virtuelle, écrivez-le.
Mais il y a l'image d'un gouvernement au centre droit, avec un PS en particip-opposition…
… On n'en est que plus indispensables ! Cette manière de nous harceler sans cesse est insupportable. Alors qu'on fait l'effort de gouverner dans des conditions difficiles, et qu'on n'est pas dans le confort de l'opposition, je sens comme un acharnement.
Pourquoi ?
L'air du temps.
Des critiques viennent de vos propres rangs, de la FGTB, où se loge un électorat de gauche, qui pourrait vous être favorable…
On ne retient qu'une phrase du discours d'Anne Demelenne (secrétaire générale de la FGTB, NDLR) au 1er Mai, parce que cela arrange ceux qui veulent être dans le camp des détracteurs du PS. Alors que ce qu'elle a dit globalement n'a rien à voir avec notre parti. Du reste, que la FGTB porte des jugements critiques sur le PS, cela ne me heurte pas.
Donc vous ne considérez pas que la FGTB vous dit en gros : « Sortez de ce gouvernement. »
Je ne l'ai pas entendu. D'ailleurs, que la FGTB le souhaite ou pas, elle serait encore en droit de souhaiter ce qu'elle veut. Mais ce n'est pas elle qui fait la loi au PS et ce n'est pas le PS qui fait la loi à la FGTB ; fort heureusement.
Leurs critiques sont injustifiées ?
Mais lesquelles ? Sur des points du passé, comme le pacte des générations, la FGTB garde des inquiétudes. On en a discuté.
Ils visent aussi l'activation
des chômeurs de plus de 50 ans, l'introduction prévue de l'épargne-temps.
Ces critiques, on les a entendues, et on a répondu. La plupart des problèmes difficiles, nous les mettons à l'étude à la concertation sociale patrons-syndicats.
Quelles mesures sociales voulez-vous pour le 15 juillet ?
Nous travaillons sur la tarification de l'énergie, pour les personnes en difficulté ; je vois aussi la simplification des plans d'embauche, la hausse des salaires (via les prestations sociales comme par le biais fiscal), y compris du salaire minimum, ou encore le treizième mois pour les allocations familiales. Voilà quelques exemples. Il faut un début d'exécution, des mesures concrètes.
Sinon ?
Cela posera un problème.
C'est quoi « un problème » ?
Il faudrait discuter avec les partenaires. Et à l'intérieur du PS.
De votre participation ?
Du rôle de ce gouvernement…
… Vous n'êtes pas prêt à mettre votre participation en jeu ?
Si ! On pourrait aller jusqu'à mettre en cause notre participation. En congrès du parti.
En tout cas, pour l'institutionnel, c'est mal parti au fédéral. BHV… On peut répondre à la Cour constitutionnelle par d'autres mécanismes que le splitsing. Et si les partis flamands maintiennent leur exigence, de toute façon, la scission ne pourra pas être pure et simple. Les francophones ont des raisons de géostratégie.
« Géostratégie », carrément…
Oui. Voici mon raisonnement… Les francophones autour de Bruxelles ont trois types de droits liés aux personnes : un droit électoral, leur permettant de voter pour des personnalités bruxelloises ; ils peuvent être jugés en français en justice ; enfin, il y a les facilités dans six communes. Ces trois types de droits constituent comme des ponts, qui enjambent la frontière linguistique, signifiant qu'elle n'est pas une frontière d'État. Toute la stratégie des responsables politiques flamands est de faire sauter ces ponts l'un après l'autre, afin d'isoler Bruxelles en Flandre, et d'affirmer la frontière linguistique comme une frontière d'État potentiellement. Ce schéma, nous n'en voulons pas. Il ne passera pas.
Et si la Flandre fait le pas de l'autonomie ?
Alors, notre réponse sera d'unir Bruxelles et la Wallonie. On trouvera bien sûr une solution pour la minorité flamande de Bruxelles, de 100.000 personnes environ. Notre cadre sera celui d'une fédération francophone.
Avez-vous fait votre deuil d'un nouveau compromis à la belge ?
Le pire ne se produit pas nécessairement et le meilleur se fait parfois attendre.
Quand vous parlez de tout cela à Yves Leterme, que dit-il ?
A titre individuel, il est favorable à un compromis raisonnable. Mais il est dans un cartel, le CD&V/N-VA. Où il doit y avoir une discussion pour déterminer ce qu'ils veulent. Les partenaires de gouvernement doivent savoir à quoi s'en tenir, y voir clair dans les prochaines semaines.
Est-ce électoralement risqué pour le PS de rester dans un gouvernement comme celui-ci ?
Vous savez, les prévisions… Sous la législature Verhofstadt, nos ministres avaient accompli un travail remarquable, de l'avis de tous, mais il y a eu les « affaires » de Charleroi : 17 minutes de JT à quelques jours du scrutin, etc. Des choses excessives qui ont eu un dur impact dans l'isoloir.
La « gauche » en Europe ne
connaît-elle pas un problème plus profond, culturel ?
Les gauches ne sont pas damnées, mais à la veille d'un retour massif. Nous entrons dans une phase historique où les pouvoirs publics seront appelés à rejouer un rôle important, et où la question sociale dominera. Cela donne tout leur sens aux partis de gauche, socialistes singulièrement.

Nominations politiques : « Quelle honte, ces attaques ! »
Vous êtes, dites-vous, très énervé de voir le PS accusé ici et là d’être parmi tous « le parti des nominations »…
Car ce qui se dit aujourd’hui est un scandale ! A la Région wallonne, sous le précédent gouvernement, il y avait un ministre de la Fonction publique (Charles Michel, NDLR…) qui voulait lui-même faire la composition des jurys Selor… Nous, nous avons laissé le jury Selor agir absolument. Il est composé de professeurs d’université, de fonctionnaires, avec « des » couleurs politiques pour certains de ceux-ci. Des examens se font à l’aveugle au premier stade de la sélection, c’est-à-dire qu’on ne connaît pas le candidat, on ne sait pas qui il est.
De quoi parle-t-on ? Au fédéral, on a le chef de cabinet du ministre des Finances, devenu notamment directeur de la Banque nationale ; le patron de l’administration des Finances vient lui aussi de l’entourage du ministre des Finances ; idem à la Commission bancaire et financière, à l’Agence des médicaments, j’en passe. Bien. Voilà des libéraux. Et alors ? Vous ne m’avez pas entendu dire que c’était un scandale.
Aujourd’hui, derrière certains articles, on identifie bien quelques personnes qui n’ont pas réussi les examens, éliminées à l’unanimité des membres du jury !
Pour le reste, oui, il y a des socialistes, des gens de gauche, qui ont la carrure de commis de l’Etat, qui ont réussi des examens après avoir travaillé âprement au sein de cabinets ministériels, où ils ont acquis une expertise forte. On salit des gens sérieux, qui ont passé les examens, toutes les procédures, qui ont réussi souvent à l’unanimité des membres du jury !, et qui ont été validés par les parlements ! Alors, ce seraient des voyous ? Les procédures seraient viciées ? Il faut arrêter. Les procédures sont indépendantes !
Vous l’affirmez ?
Comment cela, je l’affirme ? Mais c’est un fait. Renseignez-vous. Ce qui est scandaleux, c’est insinuer le contraire. Toutes ces attaques politiciennes… Quand un libéral dit quelque chose, c’est vrai ?
Ils veulent une commission d’enquête.
Ils feront ce qu’ils voudront.
Certains suivent au CDH…
Joëlle Milquet a la responsabilité de son parti jusqu’à nouvel ordre. Tout cela est honteux. Prenez un examen demain à la RTBF : plusieurs journalistes du Soir réussissent, on va dire que c’est un scandale, qu’il y a manipulation, qu’il y a un problème parce qu’ils viennent du Soir ?

10 mai 2008

Le freezing francophone

Les francophones ont paralysé la proposition de loi flamande sur la scission de BHV via un "conflit d'intérêt". Les discussions communautaires sont arrêtées. Le CDH remet en cause l'échéance de la mi-juillet.


Le message d'annulation de la petite sauterie communautaire est tombé sur le coup des 12 h 30. Les experts institutionnels des quatre formations politiques francophones ont reçu, dans leur boîte mail, un message laconique en provenance des services du Premier ministre Yves Leterme : "Annulation de la réunion de ce vendredi après-midi" (en flamand dans le texte). C'est que faute de participants francophones - MR, PS, CDH et Ecolo ont décrété le gel de toute discussion communautaire dans la foulée du "passage en force" flamand à la Chambre - les experts flamands ne pouvaient plus que discuter entre eux de l'avis remis par le Conseil d'Etat sur le "premier paquet" de compétences...
Vendredi, les partis francophones ont lancé une seconde procédure en "conflit d'intérêts", via le Parlement de la Cocof qui s'est prononcé à l'unanimité de ses 62 membres (lire ci-contre), une procédure qui paralyse le parcours législatif de la proposition de loi flamande visant à scinder l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde pour 120 jours. "C'est très symbolique, constate Christos Doulkeridis (Ecolo), le président du parlement francophone bruxellois, que le répit vienne de Bruxelles. On démontre ainsi que Bruxelles n'est pas une source de problèmes mais peut apporter des solutions. Toutefois, poursuit Christos Doulkeridis, il est regrettable que la Cocof - une assemblée qui est souvent méprisée - doive intervenir pour remédier les carences du fédéral. Que ce Premier ministre prenne enfin ses responsabilités !"
La tête au Pérou
Dans l'immédiat, les discussions communautaires sont au point mort - "c'est un peu embêtant", ironise un responsable du cartel CD&V/N-VA, persuadé que les négociations reprendront rapidement. Le Premier ministre, la tête à son prochain voyage pour le Pérou, n'a pas l'air de s'émouvoir, outre mesure de ce "freezing" (mise en mode "pause") francophone. Vendredi matin, lors du Conseil des ministres, Leterme n'a pas soufflé le moindre mot des évènements parlementaires de la veille. "C'était assez étrange, rapporte un participant, on aurait dit qu'il ne s'était absolument rien passé la veille." Un autre : "L'ambiance était relativement bonne."
Reste que les quatre partis francophones doivent (encore) déterminer l'exacte amplitude du gel des discussions communautaires. Le PS exige une "négociation immédiate" sur la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde. "Si l'abcès BHV n'est pas crevé, analyse-t-on au boulevard de l'Empereur, nous ne bougerons plus d'un millimètre. Il n'y aura pas de premier ni de second paquet communautaire." Quant aux libéraux francophones, sans calendrier et propositions concrets sur le communautaire, pas la peine de leur adresser une invitation, insistent-ils. "Le dossier communautaire est au frigo, commente-t-on chez les verts. Mais de là à dire qu'il est au congélateur..." Vendredi matin, la présidente du CDH Joëlle Milquet a, elle, remis en cause l'échéance de la mi-juillet pour la réforme de l'Etat réclamée par le cartel. "Pourquoi se presser quand on prend des coups ?", demande-t-on dans son entourage.
Une enveloppe budgétaire annuelle de 65 millions d'euros a été allouée à la Région bruxelloise dans le cadre de l'accord sur le "premier paquet". Mais cet accord a été déclaré nul par les francophones : "Je ne peux pas imaginer, souligne un responsable flamand , que les francophones vont se passer de ce refinancement..." Chantage, chantage...

02 mai 2008

Le premier paquet de la réforme de l'Etat recalé par le Conseil d'Etat

Il y a deux mois, le groupe des sages s'accordait sur une réforme de l'Etat. Dans ce premier paquet on retrouvait notamment la régionalisation de la sécurité routière. Le Conseil d'Etat vient de se prononcer sur ce texte. Nous nous le sommes procuré en exclusivité et vous allez le voir, le groupe des sages est renvoyé à sa copie. Une nouvelle épine dans le pied d'Yves Leterme…

Source:exclusivité RTBF info JT - 1 mai 2008
VIDEO• La réforme de l'Etat a été recalée au Conseil d'Etat • En direct sur le plateau : J. Montay nous parle de la réforme d'Etat recalée

Une soixantaine de pages qui risquent de peser lourd sur les épaules du gouvernement d'Yves Leterme. Le premier paquet de réforme de l'Etat y est examiné à la loupe et le bulletin est pour le moins mauvais.
La régionalisation de la sécurité routière passe mal. Pour rappel, la réforme permettrait aux régions de fixer leurs propres limites de vitesse mais la répression, elle, serait partagée entre le fédéral et les régions. Compliqué me direz-vous !
C'est exactement l'avis du Conseil d'Etat qui dit ceci :
« Certaines des attributions nouvelles de compétences aux régions et aux communautés conduiront à un éparpillement de ces compétences ».
Un éparpillement qui conduit parfois à l'impasse. Exemple relevé par le Conseil d'Etat: les écoles de conduite à Bruxelles. Après réforme, elles dépendraient d'une législation communautaire. Problème dans la capitale. Impossible de déterminer si une école conduite est flamande ou francophone. Résultat : elles dépendront du fédéral. Bref, de l'ancien régime! Retour à la case départ.
Le serpent communautaire se mord la queue ! Ce qui fait donc dire au Conseil d'Etat « Pareilles répartitions ne contribuent pas à rencontrer l'objectif d'homogénéisation et de cohérence ».
Cohérence et homogénéité: deux valeurs clefs défendues par les partis flamands, deux objectifs qui, selon le Conseil d'Etat, ne sont pas rencontrés. Autre critique: les très nombreuses imprécisions du texte de loi.
« La compétence attribuée à l'autorité fédérale en matière de permis de conduire est formulée en des termes très généraux et imprécis."
Une imprécision, un flou que le Conseil d'Etat dénonce à plusieurs reprises dans son avis.
Vous l'aurez compris: le premier paquet de réformes institutionnelles passe mal alors que le deuxième est à peine négocié. Bref, l'apéritif, comme disaient certains, se montre indigeste alors qu'Yves Leterme pourrait ne plus avoir que six jours pour faire passer le plat de résistance.

17 avril 2008

Les bombes à retardement du gouvernement Leterme

« Définitif », vraiment, ce nouveau gouvernement ? Allons, donc ! Personne n'y croit. Au mieux, on retournera aux urnes fédérales en 2009. Et peut-être même dès cet automne.
Ceux qui sont chargés d'expliquer les termes de l'accord gouvernemental manquent décidément toujours de la rigueur la plus élémentaire. « Cet accord correspond, à concurrence de 99 %, à notre programme », a lâché Joëlle Milquet (CDH) au petit matin du mardi 17 mars, après une nuit de négociations. « Nous sommes satisfaits à 90 % », ont renchéri les libéraux. « 95 % de nos revendications ont été rencontrées », a résumé Elio Di Rupo (PS). Soit les responsables politiques sont fâchés avec les chiffres. Soit leurs programmes se confondent. Soit cet accord n'en est pas un. « Il s'agit tout juste d'un catalogue 3 Suisses », martèle le SP.A, resté dans l'opposition, aux côtés des verts francophones et flamands.
Derrière la glose exagérément optimiste du nouvel attelage Leterme Ier se cachent, en tout cas, bien des non-dits. Les quarante-trois pages du texte signé par les cinq partis de la majorité (PS, MR, Open VLD, CD&V/N-VA, CDH) ressemblent davantage à un missel pour premiers communiants, expurgé des promesses de paradis, qu'à un accord de gouvernement.
Or on sait que les intentions des uns et des autres sont loin d'être angéliques. Les Flamands n'ont pas renoncé à leur ambition d'obtenir une grande réforme de l'Etat. Les libéraux tiennent à leur réforme fiscale. Les socialistes veulent revaloriser les pensions. Comme il leur a été impossible de conclure un accord sur ces points délicats, faute de chiffres fiables relatifs au budget de l'Etat pour 2008, ils ont tout reporté à plus tard. A l'été.
Du coup, le texte comprend beaucoup de blancs lourds de sens. Et nombre de silences menaçants, qui révèlent deux choses. Un : malgré la trêve de façade, le pays reste ingouvernable, car cette majorité est « contrainte » et n'est pas issue, naturellement, des urnes. Deux : avec une économie en panne, des caisses vides, l'absence de consensus sur la réforme d'un modèle social dépassé, l'absence de vision commune sur un avenir commun, la tâche du gouvernement Leterme Ier est vouée à l'échec. Voici les plus grosses bombes qui jalonnent le chemin du Premier ministre.
1. BHV
Sous ces trois syllabes, il y a de la nitroglycérine. La scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde est la revendication, fût-elle éminemment symbolique, de la Flandre, et ce depuis belle lurette. Dans les rangs francophones, on explique perfidement que l'on veut bien en débattre, mais à condition de discuter, conjointement, de l'élargissement de la Région bruxelloise et d'une consultation populaire dans les communes de la périphérie bruxelloise. Deux tabous absolus dans le nord du pays.
Rappelons-le également : les dernières élections communales se sont déroulées en octobre 2006 et, depuis, trois bourgmestres francophones de la périphérie attendent toujours leur nomination officielle. En fait de démocratie, il y a mieux à faire...
Pour faire bref : c'est le dossier le plus explosif du gouvernement Leterme Ier. En cas d'« accident » ou de manipulations incontrôlées, on ne donne pas cher de la peau du pays.
2. La réforme de l'Etat
Ne parlons même plus du « premier paquet », bouclé en février, composé de « zakouski » ou de « réformettes », c'est selon, et qualifié d'« anecdotique » par Didier Reynders lui-même. Le second paquet s'annonce autrement plus indigeste, du moins pour les estomacs francophones. Si l'on s'en tient à l'accord passé entre Flamands et francophones, le gouvernement devrait présenter à la Chambre, avant la mi-juillet, le gros morceau d'une « vraie » réforme de l'Etat.
Celle-ci devrait être approuvée avant les vacances parlementaires du mois d'août. Il reste donc trois mois et demi pour réformer le pays. Au menu ? La régionalisation de la politique de l'emploi, de certains volets des politiques de santé, de la famille, de la fonction publique et de la justice, ainsi que la gestion de la mer du Nord. Toutes des revendications flamandes. A ce stade, seule la réorganisation de la politique menée à l'égard des demandeurs d'emploi est accueillie de façon relativement favorable par les francophones : la situation du marché du travail et les besoins sont, en effet, très différents à Bruxelles, en Wallonie et en Flandre. Tous les autres points, c'est de la dynamite.
3. Circonscription électorale fédérale
Du côté francophone, davantage que le PS, le MR et, surtout, Ecolo insistent sur la nécessité d'instaurer une circonscription électorale fédérale. Dans ce cas, une partie des candidats aux élections devraient faire campagne dans l'ensemble du pays, et non plus exclusivement dans leur communauté linguistique : de quoi retisser quelque peu les mailles du chandail Belgique, espèrent les plus optimistes. En Flandre, Groen ! et le VLD défendront cette position. Le cartel CD&V/N-VA n'en veut pas. Les verts ont pourtant déjà laissé entendre qu'ils ne soutiendraient pas la réforme de l'Etat, s'ils n'obtenaient pas cette fameuse circonscription nationale. Or on aura besoin de leurs voix...
4. La loi de financement
Qui dit réforme de l'Etat dit aussi révision de la loi de financement. Dans les esprits nordistes, en effet, les Régions et les Communautés sont (trop) bien dotées - c'est surtout vrai pour la Flandre, prospère, avec un taux de chômage négligeable -, tandis que les caisses de l'Etat fédéral sont vides. La Flandre essaiera donc d'imposer, à l'avenir, des efforts supplémentaires aux entités fédérées : les éventuels transferts de compétences vers les Régions ne s'accompagneront donc pas nécessairement de transferts financiers. Voilà qui promet bien des remous dans les rangs francophones, en particulier dans ceux du PS et du CDH, au pouvoir dans les entités fédérées (contrairement au MR).
Et puis, il y a Bruxelles : la capitale réclame des moyens financiers à la hauteur de ses nombreuses missions fédérales et internationales. Elle a, jusqu'ici, obtenu théoriquement un rabiot de 65 millions d'euros, soit beaucoup moins qu'espéré. Mais on connaît le peu d'enthousiasme que suscite, chez les responsables politiques flamands, l'idée d'octroyer des moyens supplémentaires à ces « bourgeois francophones bruxellois ».
5. Le budget de l'Etat
La réforme fiscale voulue par les libéraux ? On la chiffrera en juillet prochain, date du contrôle budgétaire. La revalorisation des pensions et des allocations sociales réclamée par les socialistes ? On se penchera sur son coût en juillet également. Le problème, c'est qu'en juillet l'Etat apparaîtra exsangue. Car le budget 2008, voté en février dernier, repose, sinon sur un tissu de mensonges, du moins sur des espoirs parfaitement aléatoires.
Une hausse escomptée des recettes fiscales de 6,75 % grâce à la croissance ? A l'heure où tous les indicateurs économiques plongent dans le rouge, qui y croit sérieusement ? L'obole de 250 millions d'euros réclamée aux producteurs d'électricité ? Ceux-ci ne vont pas se laisser faire si facilement et exigeront, à tout le moins, en compensation, la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires. Là, ce sont les socialistes et les verts qui caleront... plus tard. Car le problème a été confié à des « experts », chargés d'étudier le meilleur équilibre énergétique pour le pays.
Les « effets retour » des intérêts notionnels, ces avantages fiscaux consentis aux entreprises sous le prétexte qu'ils favorisent la création d'emplois ? La preuve qu'ils créent réellement de l'emploi n'a, à ce jour, pas été démontrée. La liste est longue des espoirs naïfs sur lesquels repose la copie budgétaire de l'année en cours. Cette « légèreté » est dangereuse : la saison estivale sera celle de tous les arbitrages. Faute d'argent, il n'y a pas de compromis possible.

07 avril 2008

Leterme Ier sans le sou

Marges budgétaires réduites, rentrées fiscales très insuffisantes, pouvoir d'achat attaqué, index en question. La rentrée sera placée sous le signe de l'économique pour le gouvernement Leterme Ier.
Son devoir institutionnel toujours intact (la fameuse « seconde phase » de la réforme de l'Etat), le gouvernement Leterme Ier, constitué à la veille de Pâques, effectue ce lundi sa rentrée tout imprégné d'une autre tâche : soutenir le pouvoir d'achat. Mission délicate pour un exécutif qui dispose de marges budgétaires extrafines (320 millions en tout, pour la hausse des pensions, des allocations familiales, le relèvement de la quotité exemptée d'impôt, la réduction de la facture énergie des ménages), qui plus est sous la menace de prévisions pessimistes en termes de taux de croissance économique : 1,6 % ou 1,7 %, au lieu du 1,9 % prévu. Différence : 250 à 500 millions d'euros. Circonstance aggravante, les recettes fiscales sont mauvaises, plus que d'habitude en début d'année : moins 2,64 % en janvier-février par rapport à 2007. Ajoutez le taux d'inflation. Le contrôle budgétaire de juin sera « problématique ».
Quadrature du cercle : composé de cinq partis, Leterme Ier est menacé de céder au saupoudrage de ses maigres deniers. Dans le Standaard de samedi, Bart Somers, président du VLD, résumait : « Si le gouvernement ne se prononce pas sur un projet, il sera un navire à la dérive. Notre accord de gouvernement est un catalogue Ikea où nous devons choisir quelle chambre à coucher, quel salon, quelle cuisine nous voulons. Il faudra trancher. »
Derrière, le souci pour le pouvoir d'achat grandit, générateur de tensions. En témoignent les échanges ce week-end autour de l'index après que Jean-Claude Trichet, gouverneur de la Banque centrale européenne, eut critiqué le mécanisme en vigueur chez nous et au Luxembourg.
Elio Di Rupo (PS) a dénoncé la « vision ultralibérale » de l'économie. Didier Reynders (MR) a relativisé en rappelant que les produits pétroliers, le tabac et l'alcool n'entrent pas dans l'indice santé. Enfin, Guy Quaden, gouverneur de la Banque nationale, auquel on avait reproché son propos : « 2008 sera l'année de la vérité pour l'index », nous a précisé : « Je ne mets pas en cause notre index. M. Trichet parle de l'indexation générale des salaires, mais chez nous, le système a été réformé : on utilise l'indice santé, duquel on a retiré la plupart des produits pétroliers importés, sauf le mazout de chauffage. De plus, l'indexation est couplée à la norme de compétitivité, négociée tous les deux ans par les patrons et les syndicats. Notre système a bien contenu les prix et les coûts ces quinze dernières années. Voyons quels effets il aura en 2008 dans un contexte plus difficile. Mais je fais confiance aux partenaires sociaux, et je continue à défendre notre système. »

03 avril 2008

Flahaut et le PS placent Leterme sous surveillance

UN « CABINET FANTÔME » au PS passera au scanner notre politique étrangère et de Défense. Premier acte : le sommet de l'Otan qui démarre ce mercredi… Et ceci n'est pas un poisson d'avril.
Entretien avec André Flahaut /
L'EDITO : "Ne pas confondre stratégie de sortie et issue de secours"


A peine né, le « shadow cabinet » du PS, comme nous le décrit André Flahaut, administre à Yves Leterme une sévère piqûre de rappel, à l'avant-veille de la première grande apparition du nouveau chef du gouvernement sur la scène internationale, au Sommet de l'Otan, à Bucarest, ces 3 et 4 avril.
C'est que, explique André Flahaut, « sous Leterme Ier, et déjà sous le gouvernement intérimaire, les relations extérieures et les départements d'autorités sont des fonctions toutes aux mains des néerlandophones et/ou des libéraux ». Ce qui pose problème. Même si, au fond, cela n'a rien de bien scandaleux ou de très étonnant puisque, de l'aveu même de l'ex-ministre de la Défense… « même quand j'étais au gouvernement, l'international n'était pas la première préoccupation de mon parti ».
D'ailleurs, qui, au PS, est à fois élu et compétent à l'international ? Philippe Mahoux, Patrick Moriau, André Flahaut, et c'est tout juste si le boulevard de l'Empereur ose prononcer une évidence : Anne-Marie Lizin.
Un « cabinet fantôme » se rassemblera désormais tous les jeudis matin – en coordination avec le SP.A flamand et le PSE européen. On y passera au scanner les décisions gouvernementales dans les domaines des Affaires étrangères, européennes, de la Coopération, de la Défense. A la manœuvre : André Flahaut, en concertation avec la vice-première Laurette Onkelinx. Au passage, il n'échappera à personne que l'idée même (typiquement d'opposition) de mettre sur pied un cabinet fantôme de la part d'un parti membre de la majorité est un délice.
En l'occurrence, la piqûre de rappel administrée ici à Yves Leterme renvoie à la note relative au Sommet Otan de Bucarest, et remise le 20 mars au Conseil des ministres.
Au chapitre « Afghanistan », pas une seule fois n'est mentionné dans cette note le concept de « stratégie de sortie », pourtant plébiscité le 7 février en commission mixte Chambre-Sénat de la Défense par les parlementaires de tous les partis démocratiques. Le 13 février, quelques jours après un sommet Otan informel à Vilnius, l'importance du concept avait à nouveau été rappelée à M. De Crem, ministre de la Défense, par le parlement. Aucune franche correction de cap n'est visible dans la note du 20 mars, avec laquelle MM. Leterme et De Crem se rendent au sommet de l'Otan : seule la stratégie globale Otan est mentionnée.
Quelle sera la ligne belge à Bucarest ? Le PS craint, dit André Flahaut, une poussée atlantiste, hors sentiers parlementaires et budgétaires.

31 mars 2008

Le CD&V s'en prend aux libéraux

Le CD&V s'en est pris aux libéraux, ce samedi dans la presse flamande. Le parti d'Yves Leterme réagit une nouvelle fois aux propos du président du MR. Didier Reynders avait relativisé l'échéance institutionnelle de la mi-juillet et critiqué l'Open Vld sur l'euthanasie.

"Nous ne nous laisserons plus pourchasser par Didier Reynders", affirme le président du CD&V par intérim, Wouter Beke, samedi dans les colonnes du Standaard. "Il a fait ces derniers mois tant de déclarations qui, quelques jours ou semaines plus tard, ont fondu comme neige au soleil: Yves Leterme ne sera pas Premier ministre, le PS n'ira pas au gouvernement, des compétences supplémentaires pour le MR s'il n'y a pas d'accord, etc.", énumère Wouter Beke, se demandant "ce qu'il est advenu de tout cela".

Le président des chrétiens-démocrates flamands rappelle que le gouvernement dans son ensemble a déposé un projet de loi spéciale au parlement déterminant l'agenda et les sujets à débattre lors des négociations pour une réforme de l'Etat. "Ce qui nous importe le plus, c'est ce qui est écrit. Si Reynders ne respecte pas ça, cela signifie qu'il ne tient pas parole", commente Wouter Beke. Pour le prédécesseur de Wouter Beke à la tête du CD&V, l'actuel secrétaire d'Etat Etienne Schouppe, les propos de Didier Reynders sont "incompréhensibles". Dans le quotidien De Morgen, Etienne Schouppe affirme qu'en rejetant la mi-juillet pour un accord sur une grande réforme de l'Etat, Didier Reynders renforce le "cartel flamand" (le CD&V/N-VA) et affaiblit le gouvernement.

"Il a fait clairement entendre que le cartel était le grand épouvantail des aspirations francophones. Devrions-nous pour cela baisser le rideau ? C'est au contraire une raison de maintenir le cartel aussi solide que possible", commente Etienne Schouppe. Didier Reynders avait indiqué le 23 mars dernier qu'il était prêt à avancer sur de nouvelles discussions institutionnelles d'ici l'été, notamment en termes de régionalisation du marché du travail, "mais que l'on ne remette pas de nouveau sur la table l'exigence d'une grande réforme de l'Etat pour une date précise, car nous avons maintenant trois ans pour travailler".

Les attaques du CD&V contre les libéraux se focalisent sur l'Open Vld lorsqu'il est question des sujets éthiques, et de l'euthanasie en particulier, dont le débat a été ravivé après le décès par euthanasie de l'écrivain Hugo Claus. Wouter Beke se dit insatisfait de la manière dont ce débat est mené. "Un sujet aussi essentiel que la mort de quelqu'un dans une famille, le monde politique ne peut pas tenter d'en tirer profit. Certains en ont abusé pour se positionner", estime-t-il. "L'Open Vld a remis l'euthanasie à l'étalage, alors qu'en soi ce n'était pas utile. Cela nuit à la sérénité", ajoute Wouter Beke.

Le CD&V rappelle sérieusement Reynders à l'ordre
Les chrétiens-démocrates flamands resserrent les rangs contre le MR et l'Open VLD.
On a beau être en pleine trêve pascale, cela n'empêche nullement l'envoi de scuds verbaux bien sentis entre les tout frais émoulus alliés du gouvernement Leterme Ier.
L'on pensait que le CD & V dans la joie de la Fête de la Résurrection en resterait provisoirement à sa première réaction négative contre le vice-Premier ministre Reynders qui avait laissé entendre qu'il ne fallait pas de grande réforme de l'Etat pour le 15 juillet.
Il n'en est rien : dans des interviews au "Standaard" et au "Morgen", le président ff Wouter Beke et l'ex-président Etienne Schouppe - qui s'est mué en secrétaire d'Etat à la Mobilité - en ont remis chacun une sérieuse couche.
Wouter Beke a ainsi laissé entendre que "(son) parti ne se laisserait plus pourchasser par Didier Reynders", raillant au passage une série de prises de position antérieures du président du MR "comme son diktat contre Yves Leterme au 16, rue de la Loi, sa volonté de ne pas associer le PS au gouvernement ou encore les musculations libérales face à la faiblesse des compétences octroyées au MR".Le président intérimaire des chrétiens-démocrates a aussi rappelé que tout le gouvernement, donc aussi le MR, avait bel et bien déposé un projet de loi spéciale à propos de la réforme de l'Etat.
"Nous, a précisé Wouter Beke, ce qui nous importe le plus, c'est ce qui est écrit. Si Reynders ne respecte pas cela, c'est qu'il ne tient pas sa parole"...
L'Open VLD ne suit pas le MR
Etienne Schouppe n'est pas plus tendre pour le vice-Premier ministre : "Il fait clairement entendre que le cartel est le grand épouvantail des aspirations francophones. Pourquoi devrions nous adopter dès lors un profil bas ? Au contraire, c'est une excellente raison de resserrer encore les rangs avec la N-VA".
A remarquer dans ce contexte aussi, une prise de position de Bart Tommelein (Open VLD) au "Zevende dag" (VRT) : tout en affirmant ne pas vouloir se distancier de Didier Reynders, l'élu libéral flamand a dit que "si l'accord gouvernemental prévoit une réforme de l'Etat pour la mi-juillet, le gouvernement devra s'y tenir" .
Ambiance, ambiance encore : on relèvera que les figures de proue du CD & V ne sont pas prêtes à faire des concessions à l'Open VLD sur le plan éthique. La relance du dossier de l'euthanasie en vue de l'élargir aux mineurs et aux personnes démentes se heurtera à un "no pasaran" chrétien-démocrate. Pour Etienne Schouppe, il n'est pas question de "laisser aux hommes politiques le choix de décider de la vie et de la mort des citoyens"...
Enfin, dans la foulée de ses déclarations antérieures, le ministre-Président flamand Kris Peeters (CD & V) a plaidé avec vigueur pour une régionalisation du marché de l'emploi. Avec aussi la possibilité de régionaliser une prime pour encourager l'activation des chômeurs.

26 mars 2008

Patrick Dewael reprend le cabinet de Guy Verhofstadt

Pour la première fois, Patrick Dewael va véritablement prendre les fonctions de vice-Premier.
Le cabinet de Guy Verhofstadt n'a pas beaucoup de soucis à se faire pour son avenir. De nombreux collaborateurs de l'ex-Premier ministre vont en effet déménager vers l'autre coin de la rue de Loi qui abrite la cellule politique du vice-Premier Patrick Dewael, en charge de l'Intérieur, rapporte mercredi De Morgen.

Pour la première fois, Patrick Dewael va véritablement prendre les fonctions de vice-Premier étant donné qu'il n'aura plus Guy Verhofstadt au-dessus de lui, écrit De Morgen. L'homme qui devrait l'aider dans cette tâche est Hedwig De Koker. M. De Koker est un des rares à ne pas être arrivé avec Guy Verhofstadt. Jusqu'ici, il avait été secrétaire de groupe à la Chambre et trésorier du parti. Il exercera encore cette fonction pendant un temps avant d'être remplacé par Marc Vanleeuw, jusqu'alors conseiller de Guy Verhofstadt.

Annemie Turtelboom, qui a reçu le portefeuille de la Politique de migration et d'asile, sera probablement assistée d'Eugène Dimmock, également conseiller de Guy Verhofstadt. Le conseiller à la sécurité de l'ancien Premier ministre, Brice De Ruyver, devrait lui se voir octroyer un poste dans une université et le conseiller diplomatique Didier Vanderhasselt ira temporairement au cabinet de Karel De Gucht. Le porte-parole Koert De Beuf devient directeur du centre d'études du parti et le chef de cabinet Wouter Gabriëls se dirigera vraisemblablement vers le secteur privé.

24 mars 2008

Arena déplacée pour éviter la claque

Demotte coiffera donc désormais deux casquettes : celle de ministre-président de la Région wallonne (qu'il portait déjà) et celle de ministre-président de la Communauté française. L'idée : resserrer les liens entre les deux institutions.
On notera que, depuis 2004 (le dernier scrutin régional), quatre ministres de la Communauté (Arena, Simonet, Tarabella et Daerden) sont (… était, en ce qui concerne Arena) aussi membres de l'exécutif régional. Avec Demotte, le PS aura voulu un geste plus visible encore. Effet de ceci : débarquée de la ministre-présidence, Arena (qui avait aussi l'Education) ne pouvait redevenir simple ministre dans un exécutif qu'elle présidait – cela aurait relevé de l'humiliation. Elle file donc au fédéral pour être remplacée par Christian Dupont à l'école.

Un mot sur Dupont : ministre fédéral depuis 2004, il s'était fait les dents à la Communauté. Ministre de la Fonction publique de 2003 à 2004, il géra les dossiers statut du directeur et l'accord salarial des profs – deux occasions de révéler un homme rigoureux et très au fait de ses dossiers. Les syndicats ont adoré cet homme-là. Un mot sur Arena : fût-il rendu obligatoire par l'arrivée de Demotte, son retour au fédéral (elle y a été ministre de 2003 à 2004) sonne comme un échec.
En dépit d'un gros boulot à l'enseignement (le contrat pour l'école, ce n'est pas mince !), elle est allée de gaffe (la rénovation du cabinet) en polémiques (latin, décret inscription). On lui reconnaîtra une certaine audace et une belle détermination, notamment à lutter contre l'hétérogénéité du parc scolaire. Avec prudent-Dupont à l'enseignement, le PS se promet à des relations plus détendues avec le monde scolaire.

« Le 15 juillet ne doit pas être un ultimatum »

Le parti du premier ministre Yves Leterme (CD&V) ne doit pas remettre sur la table l’exigence d’une grande réforme de l’Etat pour la mi-juillet, a indiqué le président du MR Didier Reynders au cours de l’émission Mise au point (RTBF) ce dimanche. La N-VA se déclare fâchée.

La N-VA s'est dite fâchée des propos du vice-premier ministre Didier Reynders (MR) qui a invité dimanche le CD&V à ne pas remettre sur la table l'exigence d'une grande réforme de l'Etat pour la mi-juillet, a rapporté lundi la VRT.

La N-VA, dont le président Bart De Wever s'est abstenu lors du vote de confiance au gouvernement Leterme afin de donner le signal qu'un accord sur une réforme de l'Etat d'envergure doit être obtenu pour le 15 juillet, juge que le MR est "de mauvaise volonté" et "de mauvaise foi".

M. Reynders avait déclaré dimanche qu'en matière de réforme de l'Etat, "nous avons maintenant trois ans pour travailler", même s'il se dit prêt à avancer sur de nouvelles discussions institutionnelles d'ici l'été. Il avait par ailleurs invité le parti du premier ministre, le CD&V, à "ne pas remettre de nouveau sur la table l'exigence d'une grande réforme de l'Etat pour une date précise".

Selon Bart De Wever, les francophones "jouent depuis des mois un petit jeu destiné à troubler les Flamands et tout reporter".

Affirmant que les francophones "ont signé noir sur blanc un accord pour régler les affaires pour juillet", Bart De Wever dit déplorer qu'ils "commencent à mettre cela en doute dès le lendemain de la déclaration de gouvernement".

Le président des nationalistes flamands affirme qu'il veut cependant donner une chance au gouvernement, "en l'absence d'alternative". Il est clair, ajoute-t-il, qu'il s'agit d'une provocation destinée à tenter de briser le cartel CD&V-/N-VA.

Le CD&V, et plus encore son partenaire de cartel la N-VA, ont fait de la date du 15 juillet un rendez-vous ultimatum pour un deuxième paquet « substantiel » de réformes institutionnelles.

Début mars, le président du PS Elio Di Rupo avait également rejeté la date du 15 juillet comme ultimatum.

Les francophones discuteront institutions après 2009
Les francophones devront discuter de l’avenir de leurs institutions après les régionales de 2009, pour aller dans le sens d’un gouvernement regroupant les ministres wallons et les ministres francophones du gouvernement bruxellois, a indiqué ce dimanche sur le plateau de Mise au point (RTBF) le président du MR Didier Reynders, rejoint par le président du PS Elio Di Rupo. Interrogé sur la double casquette qu’a coiffée vendredi Rudy Demotte (PS), désormais à la tête des gouvernements de la Région wallonne et de la Communauté française, Didier Reynders a salué le fait que l’on tente de rapprocher les deux entités. Il a préconisé d’aller vers un gouvernement regroupant tous les ministres du gouvernement wallon et les ministres francophones du gouvernement bruxellois. Selon lui, les présidents des quatre principaux partis francophones devront débattre après les élections régionales de 2009 de « la manière dont on envisage cette organisation » francophone. Rejetant l’idée d’une fusion pure et simple, il a souligné l’importance de la place des ministres régionaux bruxellois, absents actuellement du gouvernement de la Communauté française. Le président du PS a vu dans les propos de M. Reynders « une avancée dans le sens de ce que souhaitent notamment les socialistes ». Cette perspective d’un gouvernement réunissant les ministres wallons et les ministres francophones bruxellois, que M. Di Rupo a lui-même défendue, a aussi le mérite de « préserver nos institutions », a-t-il relevé. « On a fait un pas », a-t-il commenté. En septembre dernier, alors qu’il avait lancé un appel pour « simplifier les institutions francophones », M. Reynders avait dit ne pas imaginer que l’on aille aux élections régionales sans un accord entre francophones pour réorganiser les institutions francophones, même si cela se fait après les élections. Il avait alors préconisé un gouvernement et un parlement communs. La présidente du cdH, Joëlle Milquet, d’accord elle aussi pour « que l’on aille plus loin », a pour sa part indiqué que les humanistes feraient des propositions d’ici une semaine ou deux pour associer plus largement les entités francophones. Jean-Michel Javaux (Ecolo) a de son côté reconnu que l’évolution actuelle allait dans la bonne direction, mais il a regretté que l’on ait touché aux entités fédérées à un an des régionales, ce qui risque selon lui de mener à une certaine déstabilisation. Il s’est par ailleurs une nouvelle fois interrogé sur l’intérêt du Groupe Wallonie-Bruxelles.

"La confiance, ça se mérite"

"Nous ne pourrons pas tout faire, et certainement pas tout en même temps. Quoi qu'il en soit: nous écrivons solidarité avec une majuscule."

Dans la déclaration qu'il a lue jeudi devant la Chambre, le premier ministre Yves Leterme a insisté sur le fait que le nouveau gouvernement refusera l'aventure budgétaire. Il a aussi souligné que le pays et ses habitants peuvent espérer un avenir prospère à condition d'accepter le changement. Malgré une croissance ralentie et un creux budgétaire, le gouvernement entend malgré tout écrire solidarité avec une majuscule, a dit M. Leterme qui a par ailleurs parcouru l'accord intervenu dans la nuit lundi à mardi.
Il a rappelé que de longues négociations avaient eu lieu depuis le 10 juin. "Ces derniers mois n'ont pas été perdus. Ils ont en effet clairement démontré qu'il est nécessaire de parvenir à un nouvel équilibre entre les Communautés, les Régions et l'Etat fédéral. Il est clairement démontré qu'une nouvelle réforme de l'Etat est nécessaire", a-t-il dit ajoutant qu'après le premier paquet, le gouvernement "entend continuer cet important travail" et déposera d'ici mi-juillet un deuxième projet de loi spéciale. "C'est ainsi que nous travaillerons pas à pas, à la nécessaire réforme de notre pays".
Il a souligné les grands axes de cet accord, commençant chaque fois l'énumération en disant: "Nous voulons être un gouvernement qui renforce le pouvoir d'achat", "qui rémunère ceux qui entreprennent et qui travaillent", "qui donne aux demandeurs d'emploi de meilleures chances d'arriver sur le marché du travail et qui les pousse à les saisir", ... "La confiance ne peut se proclamer, elle doit se mériter. C'est la raison pour laquelle le gouvernement entend renforcer la confiance des citoyens dans la politique. Non pas par de beaux discours et de vaines promesses, mais par des programmes réalisables et des actes identifiables. Voilà ce que les citoyens, les entreprises, les associations attendent de nous", a-t-il souligné. Et de rappeler que ce gouvernement démarre sans avoir le vent d'une forte croissance économique dans le dos et qu'en plus le pays se trouve dans un creux budgétaire. "Nous ne pourrons pas tout faire, et certainement pas tout en même temps. Quoi qu'il en soit: nous écrivons solidarité avec une majuscule. La voie que nous voulons suivre est la voie qui mène à l'assainissement des finances publiques, au renforcement de notre modèle socio-économique et à l'investissement dans le futur".
Yves Leterme a encore souligné que "la Belgique est et reste un pays où il fait bon vivre et qui possède bien des choses donc nous pouvons être fiers". "Un pays qui peut se tourner vers un passé et espérer un avenir prospère, si du moins, il est prêt au changement. Il incombe à la politique de mettre les choses en mouvement et d'indiquer la direction du changement".
En conclusion, il a insisté sur le fait que les diverses mesures prévues par l'accord seront concrétisées au cours des prochains mois et des budgets de 2009 et des années suivantes. "Nous le ferons avec la prudence nécessaire pour éviter les risques budgétaires".
L'hémicycle de la Chambre était rempli jeudi pour entendre la lecture par le nouveau premier ministre Yves Leterme de la déclaration gouvernementale.
De Wever, inquietLe fait que le gouvernement Leterme compte plus de membres francophones que de membres flamands inquiète aussi le président de la N-VA Bart De Wever. "Pour la première fois depuis 35 ans, le gouvernement compte plus d'excellences francophones que flamandes. Je ne pensais pas que cela soit encore possible au 21e siècle", a-t-il déclaré dans les couloirs du parlement. Et le fait que davantage de députés francophones soutiennent le gouvernement ne change rien à ses yeux. Etant donné lea démographie, la parité devrait déjà satisfaire les Francophones, estime-t-il.
Les nombreux ministres et secrétaires d'Etat occupaient les bancs réservés au gouvernement. Ils sont toutefois trop nombreux pour les places disponibles. Il avait donc fallu ajouter des chaises pour permettre à chacun de trouver une place. On remarquait l'absence d'un des nouveaux Secrétaires d'Etat, le PS Fédéric Laloux. Selon le parti, ce dernier aurait été bloqué dans les embouteillages....
Réactions de l'opposition flamandeParmi les réactions à la déclaration du premier ministre Yves Leterme, celle de Jean-Marie Dedecker, qui estime qu'elle contient une série de promesses dont le coût n'est pas calculé. La déclaration a l'allure d'un "sermon de sous-pasteur", a-t-il dit, comparant lui aussi le gouvernement de 15 ministres et 7 Secrétaires d'Etat à une armée mexicaine. Pour les écologistes flamands, la déclaration manque de flamme et les ministres n'avaient d'ailleurs pas l'air très attentifs pendant sa lecture. Selon Groen!, il s'agissait d'une longue liste de revendications de tous les partis de la majorité, sans qu'aucun choix soit fait. Alors que le premier ministre annonce que le budget est très important, cette compétence est confiée à un Secrétaire d'Etat et non à un ministre, a encore relevé la députée Meyrem Almaçi. Quant à Spirit, il dénonce un déséquilibre communautaire, avec cinq Secrétaires d'Etat Francophones pour deux Flamands et s'étonne que la N-VA accepte une telle situation.
On notera encore que dans sa déclaration, Yves Leterme a rendu hommage à son prédécesseur Guy Verhofstadt et à l'ex-ministre cdH Josly Piette. Avant que le premier ministre monte à la tribune, un groupe de femmes du CD&V a déployé une banderole pour demander plus de femmes dans le gouvernement. Au grand embarras des huissiers, elles ont agi depuis la tribune du Sénat et il y avait parmi elles plusieurs mandataires ce qui ne permet pas une action aussi radicale que lorsque les protestataires agissent depuis la tribune du public. Les femmes CD&V ont finalement replié d'elles-mêmes leur banderole.
Un nouveau gouvernement est né
Comme prévu, le Roi a reçu en audience, jeudi matin, au Château de Laeken, le premier ministre Guy Verhofstadt qui lui a présenté sa démission. Celle-ci a été acceptée par le souverain. Sur la proposition de Guy Verhofstadt, le Roi a nommé Yves Leterme premier ministre, indique un communiqué du Palais.
L'équipe Leterme 1er compte sept femmes: six ministres et une secrétaire d'Etat. Trois femmes sont PS. Les quatre autres formations du nouveau gouvernement ont chacun une femme dans le gouvernement. Sur les quinze ministres du gouvernement, on compte donc sept femmes dont deux vice-premières, la PS Laurette Onkelinx et la cdH Joëlle Milquet. Le gouvernement compte encore quatre ministres, Sabine Laruelle (MR), Marie Arena (PS), Inge Vervote (CD&V) et Annemie Turtelboom (Open Vld) ainsi qu'une secrétaire d'Etat Julie Fernandez-Fernandez (PS).
Passation de pouvoir
Yves Leterme a pris possession du 16 Rue de la Loi jeudi en début d'après-midi. Premier ministre fraîchement nommé, il a repris le flambeau à Guy Verhofstadt, qui occupait les lieux depuis 1999. Cette transmission des clés du cabinet du premier ministre aurait dû avoir lieu depuis plusieurs mois mais la longueur des négociations et l'échec de l'orange bleue ont différé l'événement de 10 mois. C'est devant un mur de caméras et d'appareils photographiques que l'événement a eu lieu. Le sortant libéral a félicité son successeur et lui a souhaité beaucoup de succès.
"C'est une fonction passionnante. J'ai toujours aimé remplir cette tâche. J'ai toujours été fier d'être premier ministre de ce pays fantastique", a dit Guy Verhofstadt. Le nouvel arrivant a remercié son prédécesseur des efforts qu'il a faits ces derniers mois. "Nous avons été des adversaires pendant des années mais il y a toujours eu un espace pour se rencontrer", a-t-il dit. "Je suis certain que nous nous retrouverons, en Belgique ou en politique", a-t-il ajouté.
Guy Verhofstadt a une nouvelle fois remercié, après le cadeau de départ qu'il a reçu de ses collègues. Il s'agit d'une carte datant de 1613 représentant l'Europe de 1595 réalisée par Mercator.

Les parcours de nos ministres Qui fait quoi? le nouveau gouvernement en images La double casquette de Demotte fait débat Ecolo regrette la pauvreté de la déclaration Verhofstadt en images

Bernard Clerfayt oublié sur la photo officielle

Le nouveau secrétaire d'Etat adjoint aux Finances Bernard Clerfayt (FDF) n'était pas présent jeudi pour la photo officielle de la nouvelle équipe du gouvernement Leterme Ier sur les marches du Parlement fédéral, car il n'avait tout simplement pas été prévenu, indique vendredi le quotidien La DH.
Bernard Clerfayt est non seulement le seul secrétaire d'Etat à ne pas avoir reçu d'attribution fixe - même si l'on sait qu'il s'occupera de la fiscalité verte - mais en plus on a oublié de l'avertir qu'il devait être présent jeudi, vers 14h15, devant le Parlement fédéral à l'occasion de la photo de groupe.Selon le journal, ni M. Clerfayt ni son entourage n'ont été prévenus de cette séance photo. Le premier coup de fil du MR n'est parvenu que vers 14h50.
Le secrétaire d'Etat francophone apparaît toutefois bien sur la photo réalisée un peu plus tard au Château de Laeken. Pour La DH, ces éléments semblent suspects, alors qu'au MR on plaide la bonne foi.

23 mars 2008

Rudy Demotte, "un gadget marketing"

Le ministre-président wallon Rudy Demotte, a été désigné par le PS à la tête de la Communauté française comme un "gadget de marketing", dépourvu de compétences. Pour rétablir le lien avec les francophones de Bruxelles, c'est par contre une nouvelle occasion manquée, ont martelé vendredi Françoise Bertieaux, présidente des libéraux bruxellois, et Françoise Schepmans, chef du groupe MR au parlement bruxellois.A leurs yeux, on a renforcé, au cours des dernières années, les synergies entre la Wallonie et la Communauté via notamment le plan Marshall, par exemple en réservant 8.000 bourses d'immersion linguistique pour les jeunes wallons, mais ces synergies sont absentes avec les bruxellois. Pourtant, a souligné Françoise Bertieaux au cours d'une conférence de presse, 35% des jeunes adultes bruxellois sont au chômage, notamment en raison de déficits en matière de formation et de connaissance des langues. Pour établir un lien avec les francophones de Bruxelles, il eut fallu faire monter le ministre bruxellois de l'Economie et de l'Emploi Benoît Cerexhe (cdH), qui préside par ailleurs la Commission Communautaire française de Bruxelles, ont insisté les familles libérales. Mais le cdH ne s'est pas non plus empressé de le revendiquer. D'après Mmes Bertieaux et Schepmans, au-delà des répercussions de cette situation sur la formation dans la capitale, la position de Bxl dans les discussions institutionnelles ne sortira pas renforcée de ce choix de la majorité rouge romaine.

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"Un seul secrétaire d'Etat suffisait"

Pour le président du PS, Elio Di Rupo, le gouvernement pouvait être limité à 14 ministres et un seul secrétaire d'Etat pour le CDH. "Mais d'autres, dit-il, ont défendu d'autres raisonnements."

Entretien
C'est un Elio Di Rupo fatigué par une nouvelle nuit de négociation, mais manifestement satisfait qui répond aux questions de "La Libre". Entretien.
Vous avez donné à Rudy Demotte le rôle de présider à la fois le gouvernement wallon et celui de la Communauté française. Vous faites ce que les libéraux n'ont pas pu faire ?
L'opportunité se présentait de démontrer concrètement le désir du PS de faire en sorte que les solidarités entre Bruxelles et la Wallonie soient les plus effectives. Le débat sur la tuyauterie institutionnelle ne menait nulle part. Il y a un fait régional wallon de plus en plus affirmé. Il y a un fait régional bruxellois de plus en plus marqué. Et il y a une unité de langue entre les francophones, qu'il fallait consolider.
Pourquoi pas une fusion entre la Communauté et la Région comme en Flandre ?
Comment vous allez faire ? La Région flamande compte 6 millions d'habitants et la Communauté flamande, à peine 100 000 de plus. C'est-à-dire, un soixantième de plus. Tout naturellement, les Flamands ont fait de la Région et de la Communauté une seule institution.
Il en va tout autrement pour les Bruxellois et des Wallons. Les francophones de Bruxelles sont 900 000 et les francophones de Wallonie, 3,2 millions. Le rapport est de 1 à 3. On n'est pas dans le même ordre de grandeur qu'en Flandre. Mais on peut manifester la solidarité entre francophones d'une autre façon. Par exemple en installant la même personne à la tête du gouvernement wallon et du gouvernement de la Communauté française. Cette personne, qui par ailleurs s'est engagé à rencontrer tous les 15 jours les ministres francophones du gouvernement régional bruxellois, pourra établir un lien direct entre les francophones sur tous les autres plans que ceux de l'enseignement et la culture. Je pense aux politiques économiques notamment.
C'est une étape ? Ira-t-on plus loin ?
On verra après 2009. Mais on peut encore faire évoluer le modèle.
Est-ce que cela modifie le cahier de charge de la commission Wallonie-Bruxelles ?
Non. La commission Wallonie-Bruxelles doit continuer dans sa mission première. Dans chacune des matières décentralisées, elle doit chercher de meilleures cohérences. Ce travail-là doit de toute façon être fait.
Ne faut-il pas voir, dans la nomination de Rudy Demotte, une claque à l'égard de Marie Arena ?
Non. Dès lors que la décision de mettre un président commun à la Région wallonne et à la Communauté française était prise et que ce président commun serait Rudy Demotte, il m'est apparu difficile de maintenir Marie Arena comme ministre fonctionnelle dans un gouvernement dont elle avait assuré la présidence. Il me paraissait plus normal de lui demander d'assumer des responsabilités importantes au gouvernement fédéral : les Pensions, l'Intégration sociale, la Politique des grandes villes. Des claques pareilles, il y en a beaucoup qui aimeraient en recevoir.
En lisant le programme du gouvernement, on a été étonné par son imprécision et l'absence d'estimations budgétaires. Il paraît très light par rapport à ce qu'on a connu précédemment...
C'est un programme différent. Mais le moment est aussi différent, les personnes autour de la table sont différentes. A chaque époque son leader et son style. En réalité, tout a été chiffré.
Pourquoi cela ne se trouve pas dans l'accord ?
Par honnêteté. Si, pour diverses raisons, les moyens devaient manquer, si on n'a seulement 20 là où on avait dit qu'il en fallait 50, qu'est-ce qu'on fait ?
On ne sait quand même pas si on fera plus de social ou plus de fiscal...
On fera un équilibre entre les différentes matières, cela ne fait aucun doute.
Mais peut-on dire quels outils fiscaux seront utilisés ?
Ceux qui sont dans la déclaration.
Vous, vous voulez essentiellement soulager les petits et moyens revenus. Le MR veut alléger tous les revenus...
Ce sont des racontars. Bien entendu, on ne doit pas me demander de soutenir les 10 pc de plus riches. Mais si on utilise l'un des instruments évoqués dans l'accord de gouvernement, il est évident que tout le
monde aura un avantage. Mais cet avantage sera dégressif. Ce sont les bas et moyens revenus qui seront les plus favorisés.
Pour vous, un revenu moyen, c'est quoi ?
Il faut voir au cas par cas. Pour moi, on discute de salaires normaux. Pour la grande majorité des gens, cela va de 1200 euros à 3000 ou 4000 euros nets/mois.
Est-ce que l'absence du SP.A dans le gouvernement ne va pas vous affaiblir ?
A maintes reprises, j'ai sollicité le SP.A. Mais il y a eu, du côté néerlandophone, des attitudes qui n'ont pas permis de retrouver la même configuration sur le banc francophone et sur le banc flamand du gouvernement. Sur le plan socio-économique, on partage les mêmes idéaux que les socialistes flamands. Le PS essaiera de les faire avancer dans la majorité et le SP.A, depuis l'opposition.
Didier Reynders prétend que c'est le CDH qui est venu vous chercher...
C'est contraire à la vérité. Nous étions convaincus que l'orange bleue se ferait. Durant les trois mois qui ont précédé le second échec d'Yves Leterme, je ne suis même pas parvenu à avoir un contact téléphonique avec Mme Milquet. Or je devais parler avec elle de questions relatives à la gestion des Communautés et aux Régions. Elle était à 100 pc dans l'orange bleue.
D'ici le 15 juillet, les partis devront négocier un nouveau "paquet" institutionnel. Certains plaident pour l'instauration d'une circonscription électorale unique. Vous n'avez pas l'air d'en être partisan...
Je ne rejette pas l'idée a priori. Mais il faut bien examiner la question. Comment on va dépasser les contingences politiques ? Les personnes qui seront élues sur la base d'une circonscription fédérale appartiennent à un parti. Elles vont participer à un groupe politique au Parlement....
La Flandre réclame ce second paquet avec insistance. Allez-vous accepter une nouvelle réforme de l'Etat ?
Nous avons joué le jeu pour un premier paquet. Les quatre partis francophones ont dit qu'ils étaient prêts à discuter d'un second. On le fera. Mais avec la volonté d'aboutir à un résultat à l'avantage de tous les Belges. Si tout le monde y met du sien, il peut en sortir quelque chose.
Le 15 juillet, on doit pouvoir s'attendre à la chute de ce gouvernement ?
Je ne le souhaite pas. Il y a des synergies qui permettraient au gouvernement d'aller jusqu'au bout de la législature.
Vingt-deux membres du gouvernement. C'est beaucoup quand même.
Moi, je trouvais qu'on pouvait rester à quatorze ministres, avec un secrétaire d'Etat pour le CDH. Non parce que j'aurais des affinités pour le CDH, mais parce que ce serait l'application stricte de la clé D'Hondt. D'autres ont défendu d'autres raisonnements. Après de multiples tours de table, on est arrivé à la solution que vous connaissez.
On a quand même l'impression que ce grand nombre résulte d'une bagarre entre partis francophones, non ?
Pas du tout. Le résultat est l'application de la clé D'Hondt compte tenu d'un certain nombre d'exigences.
Yves Leterme a-t-il les capacités de conduire ce gouvernement ?
Je ne le connaissais pas bien. Je l'ai vu travailler. Je trouve qu'il a beaucoup de résistance et une capacité d'écoute. Il est arrivé à un résultat, avec une configuration qui n'était pas aisée.
Le PS est dans la majorité depuis 1992. N'aurait-il pas eu besoin d'une cure d'opposition pour se réformer ?
On peut très bien assurer des responsabilités et se régénérer. Il y a des gens de grande qualité qui durent. Voyez Michel Drucker...
Vous êtes un peu le Michel Drucker de la politique...
On peut être jeune et avoir un comportement de vieux, être vieux et avoir des idées jeunes. Il y a des moments où tout va mal. Et le téléphone est froid comme un glaçon dans un frigo. Il y en a d'autres où les choses se remettent en activité et le téléphone brûle comme un réchaud sur un gaz.
Le vôtre ?
Pour l'instant, il chauffe, mais je l'ai connu gelé.
Votre avenir, à vous ?
Il sera ce que les citoyens en feront...
Karel De Gucht s'en ira à la Commission en 2009 : on aura besoin d'un ministre des Affaires étrangères...
Il en faudra un, oui. Mais nous n'en avons pas parlé... Pour le moment, je poursuis le travail interne. Puis, je me préparerai à l'élection de 2009.
Votre ambition est de redevenir la première force politique en Wallonie et à Bruxelles ?
On fera du mieux que l'on peut...
Une crise à peine finie, une campagne électorale se profile...
Dans mon esprit, il faut travailler d'arrache pied pendant un an encore à tous les niveau de pouvoir.
L'Octopus n'a-t-il pas prévu de regrouper les scrutins ?
Normalement, le gouvernement fédéral est en place jusque 2011. On devrait aller jusque-là. L'idée de regrouper à terme, ce n'est pas une mauvaise idée. Mais dans les démocraties modernes, il n'est pas anormal que l'on vote tous les 18 mois ou tous les deux ans. Voyez aux Etats-Unis : on vote tous les deux ans et la campagne présidentielle dure plus de 18 mois. Les Américains se plaignent-ils ? Moi, je suis hyperlégaliste. Il arrivera un moment où les deux agendas de 4 ans et de 5 ans concorderont. Voyons alors. Si un accident se produit, ce que je ne souhaite pas, on pourra jumeler.

Le bateau ivre d'Yves Leterme

Un gouvernement pléthorique : 15 ministres et 7 secrétaires d'Etat. Certains ont des compétences encore mal définies.
analyse
Evidemment, la photo de famille fait un peu sourire. Le gouvernement compte 22 membres : 15 ministres et 7 secrétaires d'Etat. On n'a jamais vu une telle inflation de secrétaires d'Etat depuis que le nombre de ministres est légalement limité à 15. Encore heureux qu'on ait échappé aux commissaires du gouvernement. Chacun se rejette la responsabilité, même si tous les regards se portent d'emblée vers le MR dont le président exigeait deux postes de secrétaires d'Etat. L'un va à Oliver Chastel, dont la charge ministérielle paraît bien mince : préparer la présidence européenne de... 2010. Et l'autre est pour Bernard Clerfayt, dont les compétences ne sont pas définies : il est adjoint au ministre des Finances. Point. On lui trouvera bien un job : répondre aux questions parlementaires.
Le budget sans ministre
En appliquant la clé D'Hondt, celle qui répartit les influences, si on accorde deux secrétaires d'Etat au MR, on arrive à sept secrétaires d'Etat au total.
Melchior Wathelet (CDH) sera secrétaire d'Etat au Budget et à la Famille. Jamais la responsabilité du Budget n'a été confiée à un secrétaire d'Etat. D'ordinaire, c'était soit un ministre "à part entière", soit, le plus souvent, des vice-Premiers qui disposaient de la compétence (comme l'on été les Verhofstadt, Van Rompuy, Vande Lanotte, Vanden Bossche). Bien sûr, cela fait dire aux humanistes qu'ils ont en fait deux ministres. Mais ce département, en cette période de difficultés budgétaires, aurait bien mérité un ministre à part entière. Et l'on peut se demander quelle sera la force et l'autorité d'un secrétaire d'Etat lorsqu'il devra imposer une discipline budgétaire à un ministre un peu trop dépensier. De plus, selon une correction apportée hier fin d'après midi par le Palais royal, Melchior Wathelet sera structurellement rattaché à deux patrons : Yves Leterme pour le Budget et Joëlle Milquet pour la Famille. Il aura donc un beau-père et une belle-mère.
Au PS, si le coup de maître d'Elio Di Rupo concernant le cumul de Rudy Demotte (Régions et Communauté) est salué, on s'étonne du choix des secrétaires d'Etat socialistes : cela ressemble un peu à du Vogelpik. A moins que ces parachutages ne répondent surtout à la volonté de ne pas choisir d'autres candidats (Luperto à Namur et Christie Morealle à Liège).
"Weg promotie..."
Quant à Etienne Schouppe, le président du CD&V, sa nomination peut surprendre pour un homme fraîchement installé. En fait, il s'agit, comme disent les Flamands, d'une "weg promotie" : on le nomme là pour s'en débarrasser. Car les quelques semaines qu'il a passées à la tête du parti ont démontré son manque de fiabilité. La menace de faire tomber le gouvernement si le "deuxième paquet" institutionnel n'est pas assez lourd... c'est une belle idée à lui.
Concluons par quelques chiffres. Le gouvernement sera donc composé de 12 francophones et de 10 néerlandophones. Les partis flamands (CD&V et VLD) reçoivent, chacun, plus de ministres puisqu'ils ne sont que deux à se partager les 7 ministres (plus le Premier). Et le paradoxe veut que le VLD, grand perdant des élections (18 élus à la Chambre) dispose de 4 ministres et pourrait obtenir, en 2009, le poste de commissaire européen aujourd'hui détenu par Louis Michel. Le CDH, avec 10 élus, n'a qu'un ministre et un secrétaire d'Etat.
L'équipe d'Yves Leterme est très féminine : sur 22 membres du gouvernement, 7 sont des femmes. La délégation la plus féminine est celle du PS avec Laurette Onkelinx, Marie Arena et Julie Fernandez.
Le doyen de l'équipe est Etienne Schouppe (65 ans). La benjamine est la ministre de la Fonction publique, Inge Vervotte (30 ans). Le gros de la troupe se situe plutôt dans la tranche des quadras.

L'édito de Michel Konen
Demotte à la Communauté. Et Rudy à la Région
Rudy Demotte restera dans l'histoire politique comme le premier ministre-Président à la fois wallon et francophone. Le premier et peut-être pas le dernier. C'est à voir...
éclairage
Avec son art consommé de la surprise, et une propension singulière à provoquer des chambardements allant au-delà des nécessités immédiates, Elio Di Rupo a de nouveau fait fort jeudi, transformant l'accouchement aux forceps de Leterme Ier en refonte en profondeur du gouvernement de la Communauté française.
On ne pense même pas tant au retour au fédéral de Marie Arena, qu'il sera difficile de ne pas prendre au moins partiellement pour un désaveu à retardement (en encadré), ou à celui à la Communauté de Christian Dupont. Le président du PS a surtout donné un aspect inédit autant qu'inattendu au sommet, en confiant la présidence de l'exécutif à celui qui occupe déjà la même fonction, depuis juillet, au gouvernement de la Région wallonne. A tout prendre, ce cumul de Rudy Demotte, même si la législature des pouvoirs fédérés est à une année de son terme, pourrait s'avérer plus "révolutionnaire" que la composition (sur laquelle on n'a pas fini de jaser) du nouveau gouvernement fédéral (sur lequel on n'a pas fini de soupirer).
La double casquette n'est pas neuve. Dans l'histoire toujours - inévitablement - laborieuse des articulations intrafrancophones Communauté/Régions, ces ministres à la fois francophones et wallons ou bruxellois participent de la panoplie des mécanismes qui tentent de les huiler (politiques "croisées", rachats d'infrastructures, fusion des relations internationales, intégration des trésoreries, etc.). Participent, cycliquement : on les a créés en 1995-99, avant de les juger impraticables; on les a supprimés courant 1999-2004, avant de les estimer indispensables; on en a recréé depuis 2004, hors Bruxellois, et les avis sont mitigés.
Mais jamais une double casquette n'avait coiffé un ministre-Président. Pourtant, il en a déjà été question. Le CDH en fit même un point de programme électoral, en 2004. Pas le PS. Car ce cumul est d'une autre nature que celui de compétences où les synergies paraissent aller de soi (comme aujourd'hui, les Relations internationales, Recherche, Finances ou Sports). Au poste à la fois le plus élevé et le plus politique des exécutifs, ce ne sont plus des matières mais des institutions que l'on intègre. Voire que l'on paraîtrait tendre à fusionner.
Pourquoi alors le PS s'y ouvre-t-il aujourd'hui ? Parce que les futurs enjeux Nord-Sud rendent souhaitable, à l'égard de la Flandre, une simplification des interlocuteurs. Et parce que, bon gré mal gré, la réflexion entre seuls francophones a dû reprendre, notamment en groupe "Wallonie-Bruxelles" par lui initié.
De cette réflexion, le cumul de Rudy Demotte, doublé de contacts fréquents avec les ministres francophones du gouvernement bruxellois, apparaît comme une balise. Celle d'une intégration plus prononcée entre institutions, ou de la limite au-delà de laquelle les socialistes n'iront pas ? On penche pour la seconde hypothèse : "On ne bouge pas aux institutions", insiste M. Di Rupo; "Nous démontrons qu'il ne faut pas attendre que le groupe Wallonie-Bruxelles accouche d'une résolution pour prendre l'initiative", prolonge M. Demotte. Comme pour déjà éconduire, le cas échéant, des demandes d'aller institutionnellement au-delà. Aller, par exemple, vers quelque "Autorité Wallonie-Bruxelles" : un ministre-Président identique revient à confirmer que deux exécutifs restent distincts. Quitte à "pouvoir aller plus loin" dans les solidarités, ajoute M. Di Rupo.
Quant à prolonger ce cumul au-delà de la mi-2009, la désignation d'hier fera figure de test. Pas seulement pour le PS : un MR à la barre pourrait-il faire moins que reconduire la modalité, sous peine de paraître reculer sur la cohérence d'un espace francophone dont il se fait le héraut ?
En attendant, même si l'on n'y voit pas un scénario d'anticipation d'une fusion (d'ailleurs irréaliste au sens flamand du terme), la ministre-présidence commune ne manquera pas de hérisser les sensibilités plus régionalistes. Alors même qu'elles reprenaient quelque vigueur. Piquant : pas plus tard que mercredi au Parlement wallon, l'appelé Rudy Demotte y était allé d'accents régionaux que l'on ne lui connaissait pas encore. "Vous devenez plus régionaliste que moi. C'est un bonheur", lui avait servi Van Cau...

La NV-A trouve l'interview de Leterme "curieuse"

La N-VA a qualifié de "curieuse" l'interview du premier ministre Yves Leterme parue samedi dans les journaux du groupe Concentra. Le timing est également étrange, réagit le parti samedi. La N-VA votera quand même samedi comme prévu la confiance au gouvernement Leterme Ier.
Dans l'interview visée, le premier ministre affirme notamment le refus du gouvernement de se laisser "prendre en otage" par la N-VA en juillet. "Je trouve dommage qu'on mette parfois trop l'accent sur des symboles. Je vote pour le rationnel. C'est pourquoi je dis clairement: si la N-VA trouve pour de mauvaises raisons en juillet que la réforme de l'Etat n'est pas suffisante, nous prendrons nos responsabilités", indique Yves Leterme dans cette interview.
Le partenaire de cartel du CD&V affirme cependant qu'il votera la confiance au gouvernement Leterme Ier, à l'exception du président de la N-VA Bart De Wever, qui s'abstiendra comme annoncé. "Changer de vote aujourd'hui signifierait que nous faisons effectivement du chantage. Nous ne changerons pas d'avis toutes les cinq minutes", indiquait-on samedi à la N-VA.
Les nationalistes flamands soulignent que le CD&V a dit clairement mercredi au congrès du parti que le 15 juillet constituait une date-butoir pour la réforme de l'Etat. Le chef de groupe CD&V Servais Verherstraeten l'a répété samedi à la Chambre. "Nous avons choisi de former un cartel commun. Chaque parti fera une évaluation par rapport au programme de cartel. Mais les grandes lignes sont claires. Un bon accord sur la réforme de l'Etat le 15 juillet est une condition cruciale pour continuer. Nous nous tiendrons à cette attitude", indique-t-on encore à la N-VA.

Trop de francophones pour le CD&V

La composition du nouveau gouvernement Leterme Ier, et surtout le nombre des francophones dans celui-ci, laisse un goût très amer au CD&V. "C'était vraisemblablement le prix qu'il fallait payer pour avoir le poste de Premier ministre", dit samedi le député Roel Deysen dans plusieurs quotidiens flamands.

Lorsqu'Etienne Schouppe et Jo Vandeurzen ont expliqué jeudi la répartition des postes, ils ont été à peine applaudis. "Les critiques étaient si intenses et longues que nous ne sommes même pas arrivés au contenu de l'accord gouvernemental", dit l'ancien ministre CD&V Tony Van Parys.
Il précise que "nous serons loyal jusqu'au 15 juillet. Ce sera le test ultime. Mais pour la majorité d'entre nous - pas seulement les membres de la N-VA, également la majorité des membres du CD&V - il est déjà certain que cela n'ira pas. La Belgique a un problème structurel. Il n'est plus possible de trouver un accord dans ce pays. C'est la vérité".

"Monsieur le premier ministre, vous inquiétez les francophones"
Le cdH s'est également prononcé sur la déclaration du gouvernement dans une intervention précédant celle de M. De Wever. Le député Christian Brotcorne, désigné officiellement ce samedi comme chef de groupe du cdH en remplacement de Joëlle Milquet (devenue ministre), a défendu les points du programme de son parti repris dans l'accord de gouvernement et notamment ceux qui ont trait à la politique de soutien aux familles. Il a appelé le premier ministre Yves Leterme à gagner l'estime des Francophones.Réticences"Vous savez, monsieur le premier ministre, que vos compatriotes francophones ont encore certaines réticences à votre égard. Vous les inquiétez. Il vous appartient maintenant de gagner leur estime et de les rassurer. Le meilleur moyen d'y arriver, c'est bien sûr de réussir votre projet, dans l'équilibre et le respect de tous", a-t-il dit.


La N-VA accorde sa confiance "provisoire"
La N-VA donnera la confiance au gouvernement à l'exception de son président qui s'abstiendra, a confirmé ce samedi Bart De Wever dans son intervention sur la déclaration du gouvernement."Donner une chance"M. De Wever a justifié l'attitude de son parti en indiquant qu'à ce stade "rien encore n'est perdu" et qu'il faut "donner une chance à ce gouvernement". Le président de la N-VA a parlé de "confiance provisoire".Fidélité à l'électeur"Le compteur communautaire est positif à ce stade", a indiqué Bart De Wever, qui a évoqué le vote en Commission de la Chambre de la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde et la conclusion d'un premier paquet de réforme de l'Etat. "En juillet, on saura enfin", a poursuivi le président de la N-VA, annonçant que son parti se voudra "constructif" mais aussi "fidèle à l'électeur". Bart De Wever a également indiqué qu'il continuait à oeuvrer avec son partenaire de cartel, le CD&V, "pour plus de Flandre".

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22 mars 2008

Leterme 1er a la confiance de la Chambre

Avec 97 « oui », 48 « non » et une abstention (NVA), le gouvernement de coalition d’Yves Leterme, formé cette semaine après plus de neuf mois de crise politique, a obtenu ce samedi soir le soutien d’une majorité de députés lors d’un vote de confiance à la Chambre des représentants.
Sans surprise, et après huit heures de débats sans passion, la confiance a été accordée par les députés des cinq formations qui constituent la coalition entrée en fonction jeudi : les partis libéraux et chrétiens-démocrates, tant flamands que francophones, et les socialistes francophones.
Le Vlaams Belang, le parti flamand d’extrême droite, les socialistes flamands et les écologistes du nord et du sud du pays n’ont pas soutenu le nouveau gouvernement.
Yves Leterme, 47 ans, qui succède au libéral flamand Guy Verhofstadt pour un mandat qui doit en principe s’achever en 2011, a obtenu la confiance de 97 députés, pour 48 votes négatifs et une abstention.
L’ensemble de la classe politique belge, y compris dans la majorité, souligne toutefois que le nouveau gouvernement connaîtra sa première et très dangereuse épreuve dès juillet.
Car si l’arrivée du gouvernement met formellement fin à la longue crise qui a ébranlé le pays après les élections législatives du 10 juin 2007, il ne règle en rien les problèmes de fond entre les néerlandophones, partisans d’une réforme de l’État pour une plus grande autonomie pour la Flandre, et les francophones qui y sont opposés.
Le propre parti de M. Leterme, le CDV, a prévenu que si la Flandre, la région néerlandophone du nord de la Belgique, n’avait pas obtenu d’ici au 15 juillet de nouvelles compétences, il lui retirerait son soutien.
« Cette échéance sera respectée », a assuré samedi M. Leterme à la Chambre.
Pour autant, la négociation de cette réforme de l’État promet d’être ardue, les francophones restant très réticents à « régionaliser » certaines compétences actuellement dans le giron de l’État fédéral.
« Pas question de toucher au cœur de la Sécu, au droit du travail, à la concertation sociale… », a affirmé dans la presse de samedi la vice-Premier ministre francophone et ministre de l’Emploi, Joëlle Milquet.
« Je crains un chaos institutionnel gravissime » si le gouvernement devait chuter en juillet, a ajouté Joëlle Milquet, baptisée « Madame Non » en Flandre durant les négociations de 2007.
« C’est la première fois que l’existence même de l’État est sur la table aussi brutalement, que l’option d’une séparation est aussi réelle », soulignait-elle également.
Abstention de la NVA
Preuve que le scepticisme est également grand parmi les partis flamands, Bart De Wever, le président de la Nouvelle alliance flamande (NVA), formation pourtant alliée au CDV d’Yves Leterme, s’est abstenu lors du vote de confiance.
« Il n’y a pas de garantie qu’on va avoir une réforme de l’État avant l’été », a justifié M. De Wever.
Dans un entretien à un autre quotidien francophone, La Libre Belgique, publié samedi, Yves Leterme tente de rassurer : « Il ne s’agit pas de démanteler l’État belge mais de bien faire évoluer les institutions au bénéfice du citoyen ».
Alors que, selon un sondage, 90 % des francophones, soit 40 % de la population, ne lui font pas confiance, le jugeant trop proche des thèses de la Flandre, Yves Leterme répète la même phrase depuis quelques jours : « J’essayerai d’être un bon Premier ministre pour tous les Belges ».