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21 mai 2008

Bellens champion du parachute doré

S'il était contraint de quitter son poste, le patron de Belgacom Didier Bellens recevrait une somme avoisinant les huit millions d'euros, soit trois années de salaire. Un montant qui fait de lui le « champion du parachute doré ».

S'il était contraint de quitter son poste, le patron de Belgacom Didier Bellens recevrait une somme avoisinant les huit millions d'euros, soit trois années de salaire. Un montant qui fait de lui le « champion du parachute doré », écrit mercredi Trends/Tendances sur son site internet.
L'hebdomadaire a épluché les rapports annuels 2007 des entreprises du Bel 20 et il en ressort que Didier Bellens est le mieux loti des patrons de l'indice vedette en matière d'indemnités de licenciement.
De plus, en cas de recours par Belgacom à une clause de non-concurrence, le CEO de l'entreprise de télécommunication pourrait tabler sur une année de salaire supplémentaire, ce qui correspondrait à une somme totale de 10,79 millions d'euros. Cette somme ne tient pas encore compte des options sur actions qui peuvent être exercées au moment du licenciement. Fin 2007, Didier Bellens en possédait 288.000, pour une valeur évaluée par Trends/tendances à quelque 1,7 million d'euros.
Le patron de KBC, André Bergen, aurait quant à lui droit à quatre années de salaires en guise d'indemnités mais le bancassureur n'a pas donné de détails concernant son salaire. Sur base du rapport annuel, l'hebdomadaire évalue son indemnité de licenciement à 2,5 millions d'euros.
En cas de licenciement résultant d'un « change of control », c'est à dire d'une reprise par une autre société, les patrons Pierre-Olivier Beckers (Delhaize), Gilles Samyn (CNP), Axel Miller (Dexia) et Roch Doliveux (UCB) recevraient quant à eux une année supplémentaire de salaire au titre d'indemnité. Pierre-Olivier Beckers se verrait ainsi accordé 7,6 millions d'euros ; contre trois ans de rémunération, ou 5,4 millions d'euros, pour Roch Doliveux.
De son côté, le CEO de Fortis, Jean-Paul Votron, qui a récemment été la cible de critiques quant au montant de son salaire pour l'année 2007, a dû faire des concessions et bénéfice d'une indemnité de licenciement relativement basse. Alors qu'en 2006, il avait encore droit à deux années de salaire, son indemnité de licenciement a été ramenée à une seule année.
De plus, il ne se verrait octroyé que le montant de son salaire fixe.
La semaine dernière, le ministre des Finances Didier Reynders a déclaré à l'agence Belga qu'il préconisait une transparence accrue des grandes entreprises sur la rémunération de leurs dirigeants, soulignant qu'il y a eu en Belgique « des cas d'excès ». Didier Reynders s'est prononcé en faveur de l'adoption, au niveau européen, d'un « code de conduite » en la matière. Si le ministre des Finances estime qu'il n'est pas souhaitable de légiférer sur le niveau des rémunérations, notamment parce qu'elles varient en fonction de la taille des pays, il voit les choses d'un autre oeil en matière de parachutes dorés. « Il n'y a pas beaucoup de sens à bénéficier d'un parachute doré quand on quitte l'entreprise pour mauvaise gestion », a-t-il notamment affirmé.

14 mai 2008

La pression monte sur le salaire des patrons

Les gouvernements de la zone euro se voient aujourd'hui contraints à monter au créneau sur ce sujet s'ils veulent que leurs appels répétés à la modération salariale en direction des Européens aient une quelconque chance d'être entendus.
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La polémique enfle en Europe autour du montant des rémunérations des dirigeants d'entreprise, poussant les gouvernements à envisager une action concertée pour les encadrer, au moment où les salariés voient, eux, leur pouvoir d'achat rogné par l'inflation élevée.
Dans une sortie inhabituellement dure, le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, a qualifié de "proprement scandaleux" les "dérapages" de certains salaires de patrons, à l'issue d'une réunion mardi soir avec ses collègues à Bruxelles. Parlant d'un véritable "fléau social", il a annoncé que les pays européens examineraient des mesures à prendre "pour lutter contre ces excès". En tête de liste: une taxation des primes de départ versées sous différentes formes aux dirigeants, telles que les "golden parachute" (parachute doré). En règle générale, ces primes sont aujourd'hui faiblement ou pas imposées du tout.
Il y a quatre ans, la Commission européenne avait lancé une première initiative sur ce terrain, restée toutefois largement sans effet.
A ce jour, seuls quelques pays de la zone euro ont pris des mesures fiscales en ce sens. Il s'agit en particulier des Pays-Bas, dont le gouvernement veut taxer les parachutes dorés à hauteur de 30% pour les personnes dont le salaire annuel dépasse les 500.000 euros, à condition que la prime soit supérieure au salaire annuel. Un projet en ce sens a été transmis mardi à la chambre basse du parlement, où il devrait être adopté sans difficulté, compte tenu de la controverse que le sujet suscite dans ce pays.
En France, les députés ont aussi adopté à l'automne 2007 des mesures pour encadrer les parachutés dorés en plafonnant à un million d'euros les avantages fiscaux accordés aux entreprises, déductibles du bénéfice imposable. De même, la législation sur les stock options a été durcie. Le chef de l'Etat Nicolas Sarkozy réclame de manière récurrente une moralisation du capitalisme et a dans le passé fustigé les parachutes dorés accordés aux chefs d'entreprise non performants.
"Ce que nous combattons, c'est l'obscurité dans laquelle parfois ces rémunérations sont consenties. Nous souhaitons que se pratique dans nos pays la transparence, pour que les acteurs prennent leurs responsabilités", a souligné mercredi à Bruxelles la ministre française de l'Economie Christine Lagarde. C'est sans doute en Allemagne que la polémique est la plus intense. Le président Horst Köhler a reproché aux patrons de mettre en danger la "cohésion sociale" en s'accordant des rémunérations faramineuses.
Les salaires du directoire du groupe Daimler, par exemple, ont bondi de plus de 45% l'an dernier, année pourtant du divorce entre le constructeur automobile allemand et l'américain Chrysler. Dans le même temps, le pouvoir d'achat des salariés allemands s'est érodé de 3,7% depuis 2003 du fait de l'inflation et de la faible progression des salaires, selon une récente étude. Le ressentiment des salariés est d'autant plus grand dans ce pays que la classe moyenne s'atrophie et que les chefs d'entreprises rejettent l'instauration d'un salaire minimum national.
Les gouvernements de la zone euro se voient aujourd'hui contraints à monter au créneau sur ce sujet s'ils veulent que leurs appels répétés à la modération salariale en direction des Européens -pour éviter d'alimenter encore plus l'inflation- aient une quelconque chance d'être entendus. "Nous courons le risque de ne plus être compris par nos concitoyens", a reconnu M. Juncker.

05 avril 2008

Reynders répond à Trichet

L'indice santé est utilisé notamment pour calculer les indexations des salaires.
Le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, avait réitéré vendredi son opposition au mécanisme d'indexation automatique, en marge d'une réunion informelle des grands argentiers des 27 en Slovénie. Un tel système est à ses yeux inacceptable dans une union monétaire telle que la zone euro. M. Trichet s'est également référé à la gestion du choc pétrolier de 1973 et 1974, où les salaires ont été augmentés pour compenser l'inflation, provoquant selon lui une perte de compétitivité des entreprises et une hausse du chômage.
Le ministre belge des Finances plaide plutôt pour l'intégration de l'indexation des salaires dans les accords interprofessionnels "All-In". "Les travailleurs sont avant tout intéressés par leurs revenus réels", estime M. Reynders. Les ministres des Finances des Vingt-sept sont par ailleurs convenus à Brdo de discuter en mai prochain d'un rapport de la Commission européenne sur la relation entre entre dépenses sociales et politique fiscale dans les différents Etats membres. "Cela nous donnera une vision plus claire sur l'efficacité sociale des Etats membres", espère M. Reynders.

Ce rapport se veut une réponse au défi du vieillissement et explore la manière dont des marges budgétaires pourront être dégagées pour y faire face. Interrogé enfin samedi sur la polémique autour des rémunérations des grands patrons, M. Reynders a estimé que cette question revenait en premier lieu aux actionnaires des entreprises concernées. Il s'est toutefois montré plus circonspect sur la pratique de joindre à ces gros salaires une substantielle prime de départ, appelée "parachute doré".

Reynders veut aider les faibles revenus
Le ministre des Finances, Didier Reynders, a plaidé vendredi à Brdo (Slovénie) pour un aménagement de la politique budgétaire européenne, en sorte de permettre aux gouvernements de compenser les pertes de pouvoir d'achat des personnes les plus démunies."La négociation interprofessionnelle de 2008 sera pour la Belgique un rendez-vous extrêmement important", a-t-il assuré. A l'instar de ses collègues européens, M. Reynders a exclu d'assouplir la lutte contre l'inflation, mais il entend néanmoins agir pour rendre du pouvoir d'achat aux ménages à faibles revenus, notamment parce qu'une baisse des prix des matières premières et de l'énergie est peu probable à court terme, a-t-il dit.Pour le ministre des Finances, la ponction de l'Etat sur les plus bas salaires doit être réduite afin d'augmenter le salaire net. Les entreprises devraient également bénéficier de cette réduction du coût salarial, en sorte de doper leur compétitivité.M. Reynders a précisé ne pas plaider pour un affaiblissement de la discipline budgétaire en Europe. "Je vise le moyen-terme. Il y a là besoin d'une politique responsable", a-t-il dit. Il a néanmoins continué de réclamer un meilleur équilibre entre lutte contre l'inflation et politique budgétaire, qui doit permettre d'éviter selon lui l'émergence d'une période de stag-flation.