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28 juillet 2008

Un seul point les sépare : la manière de désenclaver Bruxelles

Bruxelles peut/doit-elle s’asseoir à la table des négociations institutionnelles, au même titre que la Flandre et la Wallonie ?
Charles Picqué. Oui. D’abord parce que cela fait partie du contrat fédéral belge. Ensuite parce que ce n’est pas mauvais pour la négociation, vu que Bruxelles est un élément d’apaisement ou fédérateur. Enfin, l’importance de Bruxelles sur le plan économique et international justifie pleinement sa place aux côtés des autres.
Ce n’est pas du nombrilisme, c’est le bon sens. Et la simple reconnaissance d’une situation de fait : la Région bruxelloise existe.
Guy Vanhengel. Bruxelles, c’est la Belgique en miniature. Il faut nous reconnaître, voire s’inspirer du fonctionnement de Bruxelles. Depuis que la Région existe et malgré toutes les tensions communautaires, nous parvenons à maintenir un équilibre. Pourtant, il n’y aurait rien de plus facile que de faire monter la pression communautaire à Bruxelles. Eh bien, avec notre gouvernement, nous sommes parvenus à démontrer qu’il y a moyen de gérer Bruxelles correctement.
Ch. P. Il faut se projeter dans l’avenir. Quelle que soit la configuration institutionnelle de la Belgique de demain ou de ce qu’il en restera, il faudra coopérer. Or, on ne coopérera pas bien s’il n’y a pas un respect mutuel. Ecarter Bruxelles, c’est créer un manque de confiance et mettre en péril la coopération. Par ailleurs, le statut international de Bruxelles ne s’accommodera pas d’une crise dont Bruxelles serait le centre sur fond de nationalisme et d’intolérance belgo-belges.
G. V. C’est aussi une méconnaissance des Bruxellois en tant que tels. Ecarter Bruxelles, c’est mener une négociation de Communauté à Communauté, de Flamands à francophones. C’est progresser vers la sous-nationalité. Et ça, c’est tout le contraire de ce qu’est devenu le Bruxellois.
Une grande partie des ménages bruxellois sont mixtes, avec des composantes du nord et du sud ou de pays lointains. Vouloir imposer un choix aux Bruxellois, celui d’être uniquement flamand ou francophone, c’est contraire à la réalité.
C’est la méconnaissance de l’identité multiple. C’est pousser vers l’identité unique.
Peut-on revendiquer cette identité multiple et être à la fois francophone ou néerlandophone ?
Ch. P. Au début des années 90, quand j’expliquais ma conception de Bruxelles, je parlais de double loyauté : à l’égard de notre Région et de la Communauté dont nous faisons partie. Ce n’est pas contradictoire. On peut vivre avec cette double loyauté.
Une loyauté prime sur l’autre ?
Ch. P. Non.
G. V. Non, non. La bonne gestion politique, c’est de chercher les synergies et non la concurrence entre loyautés. C’est un exercice auquel nous devons nous appliquer chaque jour à Bruxelles.
La réforme de l’Etat va renforcer l’autonomie des entités fédérées, Région ou Communauté. Comment va-t-on procéder à Bruxelles ? Par exemple en matière de soins de santé ?
Ch. P. On ne peut pas créer deux régimes de santé, un francophone et un flamand. Je ne peux pas concevoir que Bruxelles devienne le symbole d’une discrimination entre individus.
Imaginez-vous que nous gérions demain une ville dont certains citoyens auraient plus d’avantages que d’autres ? Bruxelles doit rester le symbole de la solidarité entre personnes. La sous-nationalité renvoie à une conception des rapports sociaux qui est contraire à ce que Bruxelles incarne.
La Flandre accuse les Bruxellois de mal gérer leur ville.
G. V. Je vous défie de trouver, ces dernières années, une déclaration du VLD qui ose dire que Bruxelles est mal gérée. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas moyen de faire mieux. Je pense à la relation entre les communes et la Région. Nous avons calqué le modèle bruxellois sur le modèle de Flandre ou de Wallonie.
Or, nous avons un territoire spécifique, totalement urbanisé, où le transport en commun, l’aménagement du territoire doivent se faire avec une très grande cohérence. Progressivement, en devenant adulte, la Région et les communes doivent pouvoir négocier entre elles une meilleure répartition des tâches. On progresse déjà au niveau de la fiscalité ou du stationnement. Je supporte de moins en moins qu’on nous fasse la leçon de l’extérieur. La mauvaise gestion de Bruxelles, on l’a connue quand elle était gérée par le fédéral. C’est depuis qu’on a pris les choses en main nous-mêmes, qu’on a fait progresser spectaculairement cette ville en 20 ans.
Ch. P. Le procès en mauvaise gestion de Bruxelles n’est étayé par aucun argument, par aucun chiffre. Nous nous trouvions devant trois défis majeurs à la création de la Région, nous les avons relevés. D’abord, l’internationalisation : en 20 ans, Bruxelles a confirmé son statut international. Ensuite, Bruxelles a confirmé son rôle de place économique. Enfin, nous devions lutter contre la dégradation de certains quartiers. C’est en bonne voie, même si le travail n’est pas fini. Le procès fait à Bruxelles est très injuste d’autant que nous avons relevé un quatrième défi : faire fonctionner les institutions bruxelloises malgré leur immense complexité. Bruxelles dérange parce que Bruxelles est la démonstration qu’avec pragmatisme et raison, on peut encore construire des choses ensemble.
Bruxelles peut-elle coopérer avec la Flandre comme elle entend le faire avec la Wallonie ?
Ch. P. La coopération indispensable passe par le respect. En 20 ans, alors qu’on voyait le souhait d’une plus grande coopération entre la Wallonie et Bruxelles, on est resté pour le moins dans l’ambiguïté avec la Flandre. C’est ça qui a amené un rapprochement, sur le plan politique, exclusivement avec la Wallonie.
Certains, en Flandre, considèrent que mettre les trois Régions à table, c’est se retrouver à deux (francophones) contre un. C’est oublier qu’on a inventé un système politique pour que Bruxelles soit bilingue, qu’on a donné du pouvoir aux Flamands, qu’on a un gouvernement paritaire. Dire que c’est deux contre un, ça signifie qu’il y a un présupposé…
G. V… que nous sommes inexistants ! D’ailleurs, la tendance séparatiste nous reproche d’être de mauvais Flamands.
Vous avez l’air d’accord sur tout. Ch. P. Bruxelles a deux problèmes sérieux. Un, le financement. Là, on est d’accord. Deux, la nécessité d’une stratégie transfrontalière avec l’hinterland. Là, on est d’accord sur le principe.
Mais pas sur les modalités…
G.V. Là, ça diverge.
Ch. P. Les réponses peuvent diverger. Je ne vais pas demander à Guy Vanhengel de réclamer l’élargissement jusqu’à Londerzeel. Il y a matière à discuter. Certains parlent élargissement, d’autres parlent communauté urbaine. Nous sommes d’accord sur le fait qu’il faut trouver une formule.
G.V. Il faut progresser sur ce qui est raisonnablement acceptable des deux côtés. Du côté néerlandophone, une extension du territoire est inimaginable. Comme, côté francophone, une simple scission de BHV. Il ne faut pas se focaliser là-dessus mais aller à la recherche des éléments qui peuvent nous rassembler.
Ch. P. C’est le seul point où, à partir d’un même constat, nous avons des réponses différentes. Quand on arrive à la conclusion qu’il n’y a qu’un sujet majeur sur lequel on peut avoir des réponses différentes et nuancées, ce n’est pas énorme…
Si Picqué et Vanhengel représentent Bruxelles dans la négociation, que va dire Bruxelles ?
Ch. P. Il faudra qu’on ait un déjeuner ensemble.

09 juillet 2008

Les finances des communes bruxelloises sous contrôle en 2007 et 2008

La dégradation de la situation financière des communes bruxelloises semble s'être interrompue à partir de 2007, grâce à une évolution positive des recettes et dépenses, a annoncé mercredi le ministre-président bruxellois Charles Picqué.Ce bilan n'a cependant pas eu de répercussion significative sur leurdéficit cumulé des dernières années notamment parce que le gouvernement fédéral tarde à verser à Bruxelles sa part des recettes du précompte immobilier et de l'impôt sur les personnes physiques.Ces retards représentent au total 225 millions d'euros, soit l'équivalent de 85% de la dotation annuelle de la Région bruxelloise aux 19 communes.Pour l'avenir, rien n'est joué: l'inflation va alourdir les charges en personnel (45 pc des dépenses); l'incertitude règne quant aux tauxd'intérêts qui pourraient aggraver sensiblement l'endettement descommunes; le nombre de bénéficiaires d'allocations de CPAS n'a cesséd'augmenter depuis 2000 dans la capitale, a averti Charles Picqué.

13 mai 2008

L’Europe dans les communes à facilités

Un Français et un Serbe mènent l’enquête
Deux Européens dans le chaudron belge
LES ÉMISSAIRES européens rencontrent les bourgmestres francophones « rebelles » et le Flamand Marino Keulen.

Ils ne pèsent pas bien lourd, mais leur irruption dans un paysage politique hérissé de polémiques Nord-Sud ajoute à la dramaturgie politico-médiatique ; et ça compte. Sans préjuger de leurs conclusions (un « avis ») relatives au refus flamand de nommer trois bourgmestres de la périphérie bruxelloise, les émissaires du Congrès des pouvoirs locaux du Conseil de l’Europe irritent au Nord (genre : « Mais de quoi se mêlent-ils ? ») et ravissent au Sud (en substance : « L’Europe vient enquêter pour la cinquième fois, c’est qu’on a raison de se plaindre. »). Pour se forger une opinion, le Français Michel Guégan et le Serbe Dobrica Milovanovic (le Suédois Anders Knape, troisième homme, était absent hier), en mission chez nous pour 48 heures, récoltent les arguments de tous les camps.
1Que font-ils ici ? Rendez-vous le plus attendu mardi : le face-à-face avec les trois bourgmestres « rebelles » de la périphérie bruxelloise : François Van Hoobrouck (Wezembeek), Damien Thiéry (Linkebeek), Arnold d’Oreye de Lantremange (Craainhem), auxquels la tutelle flamande reproche d’avoir adressé aux habitants francophones des convocations électorales en français aux communales d’octobre 2006, ce qui justifie, aux yeux du ministre flamand de l’Intérieur, Marino Keulen, l’interdiction de ceindre l’écharpe mayorale.
Un casse-tête juridique et politique. « Ils connaissent très bien le dossier, mieux que la plupart des politiques chez nous », assure Damien Thiéry à l’issue de l’entrevue avec les émissaires européens, à 19 heures, à Bruxelles. François Van Hoobrouck acquiesce : « Nous avons été entendus, nous sommes confiants. » Les trois francophones rivalisent de bonne foi : « Nous ne sommes guidés par aucune animosité, aucune volonté de provoquer, seulement par le respect de la loi et de la démocratie »… Les délégués français et serbe s’éclipsent sans rien dévoiler de leurs entretiens. Michel Guégan lance juste « Un ministre m’a dit que j’étais comme un journaliste, que je posais toujours les mêmes questions ! ».
Qui ? « Devinez »… Dans la journée, les deux avaient été reçus par Charles Picqué, entouré des chefs de file des commissions communautaires française et flamande de Bruxelles, Benoît Cerexhe et Guy Vanhengel, par Patrick Dewael, ministre fédéral de l’Intérieur, et par l’inflexible Marino Keulen.
Avec lui, ils ont eu « une longue discussion, de près de deux heures », nous précise-t-on. « M. Keulen était agacé, par moments, de devoir “se justifier tout le temps”. » Lui qui ne varie pas : les bourgmestres ont enfreint la loi flamande, ils refusent de l’admettre, ils doivent payer.
2Que représentent-ils exactement ? La mission d’enquête du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe a un poids symbolique. Très relatif… Le Conseil de l’Europe, qui regroupe 47 pays et n’a aucun lien avec l’Union européenne, pèse déjà lui-même très peu dans les affaires du monde. Créé en 1949, il a pour objectif de « favoriser en Europe un espace démocratique et juridique commun ». Son « fond de commerce » est principalement organisé autour de la Convention européenne des droits de l’homme. Mais le Congrès est surtout le lieu de belles paroles, qui doivent faire consensus… En son sein, le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux est une instance mineure. « Avec la mission en Belgique, c’est la première fois qu’elle a une telle visibilité. Mais, politiquement, ce n’est rien », note un observateur. Le Congrès rassemble en deux chambres 636 membres et suppléants, qui disposent d’un mandat électif dans une collectivité locale ou régionale de l’un des 47 pays du Conseil de l’Europe.
Organe purement consultatif, le Congrès se réunit trois fois par an. Ses retrouvailles permettent pour l’essentiel de créer des réseaux de cordialités aux niveaux local et régional. C’est un agréable petit « à-côté »…
L’année dernière, dans son souci de veiller à la bonne application de la Charte européenne de l’autonomie locale – son œuvre de référence –, il avait pris l’initiative d’une autre mission, en Turquie. Il s’agissait de maires kurdes qui avaient été destitués. Cette affaire avait fait l’objet, de la part du fameux Congrès, d’une « recommandation » au Comité des ministres, la plus haute instance du Conseil de l’Europe. On peut raisonnablement penser que ce document n’a pas durablement infléchi la politique européenne à l’égard de la Turquie… Outre la Belgique, la Lettonie fait en ce moment l’objet d’un intérêt particulier du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux. Dans ce pays balte, c’est le sort de la minorité russophone qui fait problème.
Chez nous, après leurs derniers contacts aujourd’hui, les émissaires européens se consacreront à la rédaction de leurs conclusions.


Trois représentants du Conseil de l’Europe ont entamé ce mardi matin une série de consultations pour s’informer de la situation à la suite de la non-nomination des trois bourgmestres des communes à facilités de Linkebeek, Crainhem et Wezembeek-Oppem par le ministre flamand des Affaires intérieures.

Leur premier rendez-vous était fixé au cabinet du ministre-président de la Région bruxelloise Charles Picqué qu’ils ont rencontré durant près de deux heures, aux côtés des ministres bruxellois flamand Guy Vanhengel (Open Vld) et francophone Benoît Cerexhe (CDH). Ceux-ci président les commissions communautaires flamande et française de Bruxelles.
À sa sortie du cabinet de Charles Picqué, la délégation du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe, composée de Michel Guégan (chef de délégation – France), Dobrica Milovanovic (Serbie) et Anders Knape (Suède), vice-président du Congrès, s’est refusée à tout commentaire.
Les ministres bruxellois francophones et flamands ont quant à eux souligné qu’ils étaient les seuls représentants des deux principales communautés du pays à rencontrer la délégation du Conseil de l’Europe ensemble.
Selon eux, cela s’est fait dans un « face à face amical » au cours duquel chacun a pu exprimer son point de vue.
Le ministre-président Charles Picqué a affirmé qu’il serait « illusoire de croire que le problème de la nomination des bourgmestres de la périphérie peut-être désaccouplé des autres problèmes institutionnels ».
Guy Vanhengel a estimé qu’un bourgmestre ne pouvait être nommé lorsque son acte de candidature faisait l’objet d’un rapport négatif de la part du gouverneur de la province.
« À Bruxelles, nous avons toujours surmonté les moments de petite tension entre nous. Si nous étions responsables en périphérie, je suis presque sûr que nous aurions trouvé une solution », a-t-il ajouté.
Benoît Cerexhe a souligné quant à lui que des bourgmestres élus démocratiquement devaient être élus.
La délégation du Conseil de l’Europe s’est ensuite rendue chez le ministre fédéral de l’Intérieur, Patrick Dewael.
En fin d’après-midi, elle écoutera les trois bourgmestres privés de nomination.
Auparavant, elle aura rencontré le ministre des Affaires intérieures flamandes Marino Keulen qui a refusé de nommer les trois bourgmestres parce qu’ils n’ont, selon lui, pas respecté la législation linguistique en envoyant des convocations électorales spontanément en français.
Le ministre a souligné mardi qu’il n’avait pas de préjugé à l’égard des francophones.
« Les trois bourgmestres concernés n’ont pas été nommés car ils ont pris l’option du conflit permanent. Ils disent qu’ils ne reconnaîtront jamais l’autorité flamande et l’un d’entre eux, M. Van Hoobrouck, évoque même ’un état de guerre’. J’ai toujours été fort patient, il a fallu longtemps avant que je dise que j’en avais ras-le-bol ».
Marino Keulen a par ailleurs jugé que le dossier de la nomination des bourgmestres n’était pas politique mais juridique.
« Un bourgmestre peut être à 1000 % en désaccord avec moi, mais il doit appliquer les lois et les décrets sur son territoire. En outre, il exerce une partie des compétences de l’état telles que la sécurité et la police.
C’est pour cela que l’autorité supérieure se prononce sur sa nomination », a-t-il encore dit.
Le ministre flamand s’est enfin interrogé sur l’opportunité du passage des délégués européens chez le ministre-président bruxellois Charles Picqué. « Nous avons pu obtenir que le ministre Guy Vanhengel puisse prendre part à l’entretien, a-t-il précisé.

Les bourgmestres se disent confiants

Après avoir été entendus pendant plus d’une heure trente, les trois bourgmestres de communes à facilités de la périphérie bruxelloise ont dit faire confiance à la démarche des représentants du Conseil de l’Europe venus consulter tous azimuts sur les raisons de leur non-nomination par le ministre flamand des Affaires intérieures.

A l’issue de cet entretien, ils ont dit faire confiance dans la démarche de ces représentants du « Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe ».
Le ministre des Affaires intérieures flamandes entendu auparavant, s’est quant à lui demandé s’il avait pu convaincre cette même délégation.
« Nous sommes confiants. Nous avons été écoutés dans un climat serein et très constructif par des membres du Conseil qui connaissent leur dossier impeccablement », a affirmé le bourgmestre de la commune de Wezembeek-Oppem, entouré de ses collègues de Crainhem, Arnold d’Oreye et de Linkebeek, Damien Thiéry.
Les nombreuses questions qui leur ont été posées ont notamment porté sur les raisons de l’envoi de convocations électorales en français et en néerlandais, ainsi que sur la légalité ou nom de l’usage du français par les conseillers communaux des communes à facilités, a-t-il dit.
François Van Hoobrouck a rappelé que les bourgmestres des communes à facilités n’avaient pas eux-mêmes attiré l’attention du Conseil de l’Europe sur leur situation. Le bourgmestre de Linkebeek, Damien Thiéry a déclaré quant à lui que « certains politiciens belges ne connaissent pas le dossier aussi bien que les deux délégués du Conseil de l’Europe ». Il a souligné que lui et ses collègues demandaient « le respect de la démocratie et de la loi en toute civilité ».
Comme à l’issue de leurs autres entretiens du jour, les délégués du Conseil, le Français Michel Guégan, chef de délégation, et le Serbe Dobrica Milovanovic se sont refusés à tout commentaire, au terme de leur première journée d’information.
Contrairement à ce que donnait à penser la présentation de leur programme de travail, le vice-président du Congrès, Anders Knape (Suède), n’a pu faire le déplacement en Belgique pour des raisons d’agenda.
Keulen : « un échange intensif »
De son côté, le ministre des Affaires Intérieures flamandes Marino Keulen qui les avait reçus plus tôt dans l’après-midi, a parlé d’un « échange intensif ». Il s’est demandé s’il avait pu convaincre la délégation. D’après lui, une série d’images concernant les autorités flamandes sont bien ancrées dans les esprits et « révoltantes ».
Il a par ailleurs dit percevoir dans la démarche des bourgmestres un agenda électoral caché. « Ils ont voulu faire un pied de nez à la Flandre et ont parié sur le fait que leur affaire serait réglée durant la formation du gouvernement », a-t-il commenté.
Marino Keulen s’est par ailleurs interrogé sur l’opportunité pour la délégation du Conseil de l’Europe de s’être rendue chez le ministre-président bruxellois Charles Picqué.
Avant le ministre fédéral de l’Intérieur Patrick Dewael, celui-ci a en effet reçu la délégation, entouré des ministres bruxellois francophone, Benoît Cerexhe, et flamand, Guy Vanhengel.
« C’est sans doute la reconnaissance de la Région bruxelloise par l’instance européenne qui lui est insupportable », a répliqué Charles Picqué à l’adresse de Marino Keulen. Le ministre-président bruxellois a souligné que lors de leur passage par la Région bruxelloise, les délégués du Conseil de l’Europe avaient été « confrontés à un point de vue équilibré et sans guérilla de mandataires francophones et flamands ».
Mercredi, la délégation du Conseil de l’Europe rencontrera le ministre-président de la Communauté germanophone Karl-Heinz Lambertz ; des représentants de l’Union des Villes et communes de Flandre ; Marleen Vanderpoorten, présidente du parlement flamand, ainsi que des représentants de l’Union des Francophones de la périphérie. Elle fera le point sur leur mission, devant la presse, à 16h30.

Vaudeville belge pour public serbo-breton

Mardi, les inspecteurs du Conseil de l'Europe ont assisté à une 1re passe d'armes communautaire au cabinet Picqué. Les bourgmestres de la périphérie bruxelloise sont au coeur de leur "tournée". Qui s'achève aujourd'hui.
La journée du mardi, pour les deux Sherlock Holmes délégués par le Conseil de l'Europe, a commencé sur le ton de l'humour (belge). "J'ai dit au Serbe quand il est parti : "Ne vous en faites pas, hein ! En Belgique, on crie beaucoup, on s'excite, mais on est toujours pas prêts de voir une guerre civile"... Dobrica Milovanovic, le "Serbe", n'a, paraît-il, que modérément apprécié le trait d'humour du ministre bruxellois Vanhengel (VLD). Cela se passait au sortir d'une réunion de deux heures, mardi matin, au cabinet du ministre-Président Charles Picqué (PS).
Pour leur entrée en matière, les inspecteurs - un Français, un Serbe - du Conseil de l'Europe chargés d'enquêter sur la non-nomination de trois bourgmestres en périphérie bruxelloise ont été plongés jusqu'au cou dans le belgo-belge. Benoît Cerexhe (CDH) faisait face à Guy Vanhegel (VLD) pour le seul duel direct auquel les inspecteurs auront droit durant leur courte mission (deux journées) en Belgique.
- "J'ai exposé l'argumentaire francophone", raconte Benoît Cerexhe. D'abord, sur l'envoi des convocations électorales en français dans les communes de Linkebeek, Wezembeek-Oppem et Crainhem. Et, ensuite, sur l'utilisation du français dans les Conseils communaux de ces trois communes à facilités de la périphérie bruxelloise. "J'ai fait remarquer que Keulen n'avait même pas pris la peine d'auditionner les trois bourgmestres !"
- "Mais il y avait un rapport très clair du gouverneur du Brabant flamand !, enrage Vanhengel (en français dans le texte, le Serbe a un traducteur). Keulen n'avait pas besoin de les entendre !"
- Cerexhe intervient : "C'est du deux poids deux mesures, ça ! Quand les maïeurs flamands n'organisent pas les élections parce que BHV n'est pas scindé, on ne leur tape pas sur les doigts mais quand ce sont des francophones..."
- Là, "Guégan (le Breton, NdlR), a eu la question qui tue, rapporte Vanhengel. "Est-ce que, oui ou non, les francophones ont demandé à recevoir des convocations électorales en français ?" Non, évidemment", siffle le Flamand.
- "On n'est pas d'accord de toute façon", termine Cerexhe. Vanhengel : "On a une profonde divergence sur le fond".
Puis, les inspecteurs Guégan et Milovanovic s'en sont allés trouver Marino Keulen, le libéral en charge des Affaires intérieures à la Région flamande. Lui a enfoncé le clou juridique devant ses deux interlocuteurs européens. Il a relaté le fonctionnement législatif belgo-flamand. Et en quoi la tutelle régionale sur les communes était incontournable. Tout y est passé. Histoire de prouver que la Région flamande est droite dans ses bottes à l'heure de ne pas nommer les trois maïeurs.
Last but not least, la première journée de la tournée belge des inspecteurs s'est achevée par une entrevue avec les trois bourgmestres Damien Thiéry, François Van Hoobrouck et Arnold d'Oreye. "La discussion a été amicale, souligne Damien Thiéry. Ils ont surtout voulu s'informer par rapport à ce que Keulen avait mis en avant plus tôt dans la journée. Ils ont bien compris certains "deux poids deux mesures", et ont de toute façon une excellente connaissance technique du dossier", conclut le bourgmestre de Linkebeek.
Allez, du calme. "De quoi parle-t-on finalement ?, temporise Guy Vanhengel . D'un Breton et d'un Serbe qui viennent s'informer sur la situation politique belge. Et avec aucune sanction de quelque nature que ce soit à la clé. Du calme." Le rapport du "Français" et du "Serbe" est attendu à la fin du mois de mai. Du calme.

09 mai 2008

Ce 8 mai n'est pas celui qui lui plaît

Elle critique sur la fête de l'Iris et les 19 ans de la Région

La secrétaire d'État CD&V , Brigitte Grouwels souhaite une réforme des institutions bruxelloises. Pour éviter, dit-elle, la paralysie.
La Région Bruxelloise fête ses 19 ans, ce jeudi. Mais Brigitte Grouwels garde ses cotillons bien au fond d'une boîte. La secrétaire d'État CD&V, en charge du Port de Bruxelles et de la Fonction publique, estime que le fonctionnement de la Région bruxelloise est aujourd'hui obsolète au regard des défis qu'elle doit aborder, que ce soit en matière d'emploi, d'aménagement du territoire, de mobilité, de logement ou de sécurité.
« Bruxelles n'est pas moins dynamique qu'il y a vingt ans, juge-t-elle, mais les instruments dont elle dispose pour poursuivre cette évolution n'ont pas évolué. »
Selon elle, « ce ne sont pas ceux qui œuvrent pour une réforme de l'Etat qui compliquent l'appréhension des défis socio-économiques », mais, au contraire, « ceux qui tentent de s'opposer à toute réforme de l'Etat qui nous paralysent économiquement ». Au passage, elle décoche une flèche au ministre-président Charles Picqué (PS), dont le récent appel conjoint avec le ministre-président wallon Rudy Demotte (PS) pour créer une fédération Wallonie Bruxelles, « sans les Flamands », revient à « nier la réalité de Bruxelles comme capitale du pays ». Et de proposer un train de réformes dont Bruxelles « a besoin pour son avenir ».
Briser l'inertie des communes. La première réforme « nécessaire » doit permettre d'aboutir à une répartition « plus efficace » des compétences entre la Région et les pouvoirs locaux (communes, CPAS…), estime Brigitte Grouwels. Elle propose notamment : une zone de police unique et une politique régionale en matière de mobilité. Ce ne seraient là que quelques exemples de rationalisation « indispensables » au bon fonctionnement de la Région et des communes. « Dans le cadre de la réforme de l'État, c'est le type de questions qui devraient arriver sur la table. »
Une Communauté d'intérêts à Bruxelles. Il est urgent que Bruxelles renforce sa collaboration avec les deux Régions, juge Brigitte Grouwels. « Les aspirations annexionnistes et autres réflexes bruxello-wallons doivent faire place à ce que l'ensemble du monde économique belge et bruxellois demande depuis des années, plaide-t-elle : le développement d'une communauté d'intérêts socio-économiques reliant Bruxelles à son hinterland flamand et wallon. » Dans le même ordre d'idées, Brigitte Grouwels estime que la Région bruxelloise doit disposer des instruments nécessaires pour répondre à ses défis socio-économiques. Cela suppose des compétences et des moyens propres mais aussi des liens de collaboration et des mécanismes de solidarité avec le Fédéral.
Des communautés volontaristes. La secrétaire d'État appelle à une plus grande contribution financière des deux grandes communautés, afin, notamment, de pouvoir aborder le problème de la qualité de l'enseignement et des formations professionnelles. Et de lancer un appel à la Flandre pour qu'« elle témoigne d'avantage d'émotion positive. La Flandre doit apprendre à aimer Bruxelles. »

La commune et la Région attaquées en justice

Les plaies du Midi se referment mal

Nouveau soubresaut de quinze années de mauvaise gestion de la SA « Bruxelles-Midi ».
Comme un boulet. La rénovation du quartier du Midi, à Saint-Gilles, est bien difficile à porter. Elle se traîne. Alors que les projets éclosent et laissent enfin entrevoir le renouveau du quartier, les erreurs et atermoiements du passé éclaboussent le présent. Dernier avatar, révélé par l'hebdomadaire Trends-Tendances : 11 propriétaires du quartier Midi (sur les 22 restants) attaquent en justice la commune de Saint-Gilles et la Région de Bruxelles-Capitale. Ils vivent depuis plus de seize ans sous la menace d'une expropriation en extrême urgence et demandent réparation pour les dommages subis.
En 1992, la Région de Charles Picqué et la commune de Saint-Gilles ont lancé la rénovation complète du quartier du Midi, dans le sillage du TGV. Projet porteur. Les autorités publiques ne voulaient pas laisser la bride sur le cou du privé. Ils créèrent un outil public, la .S.A. Bruxelles-Midi, dont la principale mission était le rachat des maisons par expropriations et mise au pas du privé afin d'éviter les dérives constatées dans le quartier Nord.
Hélas, aux yeux des petits propriétaires du quartier, les promoteurs privés aux dents longues ne furent que roupie de sansonnet face à la « rapacité de Bruxelles-Midi ». Le problème ? Le sous-financement flagrant de Bruxelles-Midi, alors que les prix de l'immobilier explosaient. Résultat ? Des tentatives d'expropriations, des achats au rabais dans un climat exécrable. Des propriétaires ont vécu ce climat d'insécurité mentale pendant quinze ans, à la merci d'une « décision immanente » qui ne venait pas. Face à cette insécurité, ils n'ont plus investi, n'ont plus géré leurs biens.
Voici deux ans, le juge de paix de Saint-Gilles a donné raison à un propriétaire en colère. Evénement déclencheur d'une prise de conscience dans le quartier, encadré par l'ASBL Quartier Midi. Cette fois, annonce l'association, ce sont vingt-cinq habitants (dont 11 propriétaires) du quartier Midi qui ont introduit une procédure en dommages et intérêts devant le tribunal de première instance de Bruxelles.
Les plaignants réclament des indemnités pour troubles de jouissance, chômage locatif et dommage moral. La procédure est en cours depuis quelques mois et l'affaire sera plaidée fin 2008. Le jugement devrait être prononcé en décembre.
Des cas classiques selon l'association : « Menacés depuis 1992 d'une expropriation en extrême urgence, ils vivent depuis lors dans des conditions de précarité et d'incertitude et dans un environnement de plus en plus dégradé et dangereux, tandis que leur bien se dévalue. Les autorités ne leur ont jamais communiqué le moindre planning, si ce n'est d'innombrables effets d'annonce et arrêtés annonçant perpétuellement l'urgence et l'imminence de la chose ».

30 avril 2008

Le Groupe Wallonie-Bruxelles 2009 encense Demotte et Piqué

Le Groupe Wallonie-Bruxelles 2009 a accueilli "avec enthousiasme" mardi la proposition des ministres-présidents Rudy Demotte et Charles Picqué d'une Fédération Wallonie-Bruxelles, ont indiqué ces derniers à l'issue de la rencontre.

"Il existe un consensus francophone sur le cadre. Aux Francophones maintenant de le remplir", a estimé M. Demotte, qui ajoute que la proposition a permis de "bouger des pions sur l'échiquier". Pour M. Picqué, elle a le mérite de "dépassionnaliser" le débat intrafrancophone, d'écarter les susceptibilités régionalistes en respectant le sentiment d'appartenance à une communauté, et respecte les Flamands de Bruxelles. Les sous-groupes Wallonie-Bruxelles 2009 disposent désormais d'un "fil rouge venu à son heure" pour approfondir leur travail, a confié le co-président du Groupe Wallonie-Bruxelles, Philippe Busquin. Ces sous-groupes feront un premier rapport pour le 20 mai, avant une synthèse annoncée pour le 16 juin.

21 avril 2008

Vanhengel et Smet, « Flamands de service »

Le député flamand Eric Van Rompuy (CD&V) a qualifié sur son site les ministres bruxellois Guy Vanhengel (Open VLD) et Pascal Smet (SP.A) de « plus faibles représentants flamands dans le gouvernement bruxellois depuis vingt ans » et de « Flamands de service » (en français dans le texte).
Il réagissait ainsi aux réactions "plutôt positives" selon lui de ces deux ministres bruxellois flamands à la proposition des ministres-présidents Rudy Demotte (Région wallonne et Communauté française) et Charles Picqué (Région bruxelloise) de créer une institution francophone gérant les matières communautaires avec un ancrage régional prononcé.
"Que ce plan ne souffle mot du sort des Flamands de Bruxelles ne semble pas les affecter. Nous sommes-nous battus pendant des décennies en faveur de garanties constitutionnelles dans les institutions bruxelloises pour les voir maintenant s'évaporer dans Wallo-Brux? ", lance Eric Van Rompuy.
Le député régional considère ce projet comme une mainmise francophone sur Bruxelles et l'antichambre du séparatisme. Il signifie à ses yeux pour Bruxelles la fin de son statut de capitale des deux communautés.
A l'exception de ceux du CD&V, les chefs de file des formations démocratiques flamandes de l'échiquier politique bruxellois avaient réagi plutôt positivement, jeudi, à la prise de position commune des ministres-présidents wallon et bruxellois au sujet de l'avenir des institutions francophones du pays.

17 avril 2008

Les Régions avant la Communauté

Le fait régional doit primer. C'est ce que proposent de concert Rudy Demotte et Charles Picqué dans un pleine page du journal Le Soir. C'est une prise de position importante pour l'avenir institutionnel des francophones…


A quoi ressembleront les institutions francophones à l'avenir. Deux options sont possibles. Soit une Communauté française qui absorbe les Régions wallonne et bruxelloise, un peu sur modèle de la Région-communauté flamande. Pour y faire face aussi. Soit deux Régions wallonne et bruxelloise autonome où la Communauté française ne serait plus qu'un trait d'union.

Une Belgique qui s'appuie sur trois Régions. C'est ce deuxième modèle que défendent aujourd'hui le ministre-Président bruxellois Charles Picqué et le ministre-Président wallon Rudy Demotte, devenu depuis peu aussi ministre-Président de la Communauté française. C'est sans doute un signe avant coureur.

La question d’une Communauté française au service des Régions a été évoquée mercredi au Parlement wallon, dans un relatif consensus des quatre partis démocratiques. Rudy Demotte a plaidé devant les députés pour un gouvernement communautaire composé exclusivement de ministres régionaux wallons et bruxellois. La proposition Picqué-Demotte est officiellement destinée au groupe Wallonie-Bruxelles mais elle risque bien de reléguer les travaux de ce groupe au second plan

28 octobre 2007

Les bonnes vieilles recettes de l’oncle Charles

Nouvelles démolitions en cours au quartier du Midi. La société anonyme Bruxelles-Midi, créée en 1992 par Charles Picqué pour “revitaliser” le quartier Midi et y capter les plus-values immobilières, n’a pas perdu ses bonnes manières. Sous-financée dès sa constitution, Bruxelles-Midi a toujours utilisé des procédés douteux pour faire partir les habitants et racheter les maisons sans devoir trop mettre la main au portefeuille. Comment s’y prendre? C’est très simple. Il suffit d’appliquer ce refrain bien connu: “secouez le cocotier, il finiront bien par tomber”…

(suite)

20 octobre 2007

Le PS tient un congrès

MAJ 20/10/2007

Onkelinx: "Les Flamands ne sont pas de la mérule"

"Je n'aurais tout de même pas traité mon père de champignon"


La ministre sortante de la Justice, Laurette Onkelinx (PS), dément avoir traité les Flamands de mérule. Dans des interviews accordées à plusieurs journaux flamands, elle clarifie ainsi ses déclarations tenues le week-end dernier lors d'un congrès de son parti. Elle précise que le PS n'apportera pas sa collaboration si une majorité des deux-tiers est requise pour une réforme de l'Etat.




Laurette Onkelinx conçoit mal que les Flamands pensent qu'elle aurait pu les comparer à de la mérule. Elle rappelle que son père, Gaston Onkelinx, avait en son temps déménagé du Limbourg vers Liège. "Je n'aurais tout de même pas traité mon père de champignon", ajoute-t-elle. Mme Onkelinx précise qu'elle a voulu décrire la stratégie flamande dans les négociations gouvernementales. Ne parvenant pas à aboutir à une réforme de l'Etat, les Flamands grignotent petit-à-petit l'Etat belge, selon la ministre.

Elle n'exclut pas que le train orange-bleu connaisse encore quelques ratés, "car Bruxelles-Hal-Vilvorde et la réforme de l'Etat ne sont pas encore arrivés sur la table. Pour le reste, je pense que l'orange-bleue parviendra à un accord, notamment sur le plan socio-économique. Mais ce sera un accouchement difficile et le bébé ressemblera quelque peu à un organisme génétiquement modifié".

Dans les quotidiens Het Nieuwsblad et Het Volk, la ministre ajoute que les socialistes francophones n'apporteront pas leurs voix à la majorité des deux-tiers requise pour une réforme de l'Etat. "A moins qu'on envisage un élargissement de Bruxelles. Alors nous acceptons", nuance-t-elle.

Laurette Onkelinx confie enfin être moins convaincue qu'il y a trois ans de la pérennité de la Belgique à long terme. "Je suis moins optimiste qu'avant, j'ai l'impression que cela ne va pas bien se passer", conclut-elle.


"La mérule flamande", selon Onkelinx

On croyait que la déshumanisation de l'autre était l'apanage exclusif des partis totalitaires. Les nazis traitaient les juifs de "cafards" et le Hutu power les Tutsis de "cancrelats". Voici maintenant la "mérule" un terme que, pour qualifier une communauté, on imagine mieux dans la bouche de Hitler que dans celle de madame Onkelinx ... qui devrait s'excuser de toute urgence. Car on veut croire qu'il ne s'agit que d'un très malheureux dérapage.

Pour la première fois depuis 20 ans, les socialistes se préparent à aller dans l'opposition. Mais une opposition sans concession selon Laurette Onkelinx.

Les huiles du Parti Socialistes ont tenu des discours cinglants. Ce dimanche à Liège, le PS a joué sur deux tableaux, voulant montrer qu'il gère bien partout où il est au pouvoir, dans les Régions et Communautés. Il veut aussi montrer, qu'écarté du pouvoir au Fédéral, il se prépare à mener une opposition forte à l'orange-bleue.

Laurette Onkelinx a été très forte à ce propos : « Il est fini le temps du silence ; notre rôle aujourd'hui en tant que première force d'opposition du pays, est de n'avoir aucune complaisance à l'égard de ces 4 partis qui ont pris la Belgique en otage, pour leur petit jeu mesquin. » Elle a qualifié les premiers accords de l’orange-bleue de "ponctuels" et de "réactionnaires".

La vice-Première ministre sortante a dénoncé les conséquences sociales de ce qui se négociait au sein de l'Orange bleue. Elle a également mis en garde contre les « concessions » faites aux partis flamands sur le plan institutionnel, soulignant que l'élargissement de Bruxelles était pour le PS « la plus importante » des revendications.
« Car si nous, francophones, Wallons et Bruxellois, voulons prendre notre destin en main, en être maîtres, que ce soit dans une Belgique qui persiste, ce que nous espérons évidemment, ou dans une autre configuration nationale, il faut que la Wallonie et Bruxelles forment un ensemble indissociable. Sur le plan économique. Sur le plan culturel. Mais aussi sur le plan territorial », a dit Laurette Onkelinx.
La chef de file du PS à la Chambre a épinglé dimanche l'ensemble des partis de l'orange bleue, le CDH, partenaire des socialistes dans les Régions et Communauté, n'étant pas épargné. C'est le « Tom-pouce écrasé par Goliath », a-t-elle dit.

Les socialistes belges francophones attisent la haine ethnique

Incroyable dérapage de Laurette Onkelinx, l’encore actuelle ministre de la Justice du Royaume : dans un discours prononcé dimanche, lors du congrès du PS, elle a stigmatisé la « mérule flamande » (la mérule est un champignon mortel pour les maisons) qui « est en train de travailler l’État fédéral et cela avec la complicité des francophones assis aujourd’hui autour de la table des négociations (les libéraux du MR et le centre du CDH, NDA). Il ne faut pas être naïfs. Les Flamands savent ce qu’ils veulent et plus rien ne les arrêtera. Ce qui se passe aujourd’hui est bien plus grave et bien plus inquiétant qu’une discussion institutionnelle ».Sur le constat, il n’y a rien à dire. Mais il y a les mots, des mots que l’on s’attend plutôt à trouver dans la bouche de l’extrême droite, pas de la gauche. Comment peut-on oser parler de « mérule flamande » ? Imaginez un instant que l’on remplace le mot « flamand » par « juif ». Vous y êtes ? Et confondre certains partis politiques flamands avec les « Flamands » en général est un glissement sémantique tout aussi grave. C’est un appel à la haine pure et simple. Et après cela, certains politiques belges osent accuser la presse internationale d’exagérer la gravité de la crise que traverse ce pays (127 jours sans majorité de gouvernement).
Précision: le discours, dont le verbatim a été rapporté par le journal Le Soir d'aujourd'hui, est le discours qui a été distribué à la presse par le PS. Mais, comme certains d'entre vous me l'ont fait remarquer, le mot "flamande" n'est pas repris sur le site d'Onkelinx. Curieux. J'ai donc appelé le journaliste qui a rédigé cet article, David Coppi, qui confirme bien que le mot n'a pas été prononcé à la tribune : "j'ai appelé Laurette Onkelinx pour savoir ce qui s'était passé. Elle m'a dit qu'au dernier moment elle avait omis ce mot à la tribune, car "peut-être que la première version pouvait être erronément interprétée comme une provocation contre tous les Flamands"". "Peut-être"? Sur le fond, cela ne change pas grand chose: le discours a été préparé à froid, ruminé avant d'être distribué à la presse. Le mal est fait. Onkelinx a fait un acte manqué en cassant elle-même le off...

Le PS sur la route de la radical-opposition

Laurette Onkelinx et la « mérule » flamande
Nous épinglions lundi le discours de Laurette Onkelinx au congrès du PS à Liège, et sa « mérule flamande », en train de « travailler l’Etat fédéral ». Cette formule figure dans son discours imprimé, livré à la presse. Mais à la tribune, la socialiste a réduit son propos : « La mérule est en train de travailler l’Etat fédéral ». La phrase amoindrie est aussi celle reprise sur son site internet. Nuance, donc. Même si l’écrit reste vrai. Contactée hier, Onkelinx explique qu’elle a modifié son discours à l’oral comme elle le fait naturellement sur d’autres points. Elle convient que « peut-être la première version pouvait être interprétée erronément comme une provocation contre tous les Flamands ». Elle maintient son raisonnement : « La stratégie politique flamande est en cause. J’avais parlé pour Leterme de la stratégie de la taupe. Il y a maintenant un travail plus sournois encore. Je pense à l’idée du “comité des sages” sur la réforme de l’Etat, à celle d’une réforme phasée, etc. Les francophones sont amenés à faire de petites concessions qui hypothèquent nos positions pour l’avenir, quand s’ouvrira la grande négociation avec la Flandre. D’où la mérule, champignon qui ronge les maisons. » Et la « cuillerée de sucre » évoquée par Bart De Wever (Le Soir d’hier), s’agissant du compromis BHV que les francophones devraient avaler : « Ça, c’est le mépris absolu ! » En fait de « dérapage », on retiendra celui du sénateur Alain Destexhe qui, sur son blog hier, pointant la socialiste et sa « mérule », a osé le lien avec… les nazis et leurs « cafards de juifs ». On vous passe le puissant raisonnement.


Analyse
Plusieurs déclarations témoignent d’une radicalisation du discours du PS, qui se fait dur, polémique. Il y eut, dimanche, au Palais des congrès à Liège, la « mérule » (« flamande » ?… lire notre encadré) de Laurette Onkelinx. Comme ses « quatre petits accords ponctuels et réactionnaires » engrangés par l’Orange bleue. Ou encore, « le MR qui a hissé la méchanceté au rang de raison d’Etat ».
Avant cela, jeudi dernier la vice-Première (en affaires courantes) et le président du PS, réagissant à l’accord sur l’asile et l’immigration entre libéraux et chrétiens-démocrates, avaient stigmatisé l’idée d’une « immigration choisie » en des termes ambigus, qui semblaient pouvoir dresser les travailleurs nationaux contre les immigrés : on n’était pas loin du fameux « plombier polonais » qui avait défrayé la chronique en France. Le PS prépopuliste ? Ils ont rectifié depuis. Dimanche, Laurette Onkelinx précisait sa pensée : « On va chercher la main-d’œuvre qualifiée dans le sud alors que pour son développement, le sud en a besoin justement. De plus, parallèlement, on fait pression à la baisse sur les conditions de travail ici, en ouvrant ce type de frontières. »

Comment expliquer cette radicalisation du discours ?1C’était écrit. Le Waterloo du 10 juin, où le MR est passé devant le PS en Wallonie – traumatisant – a été vécu principalement comme l’effet d’une longue « agression » de la part du parti de Didier Reynders, qui aurait instrumentalisé les « affaires » à des fins politiques.

Les interrogations subsistent sur la gestion de cette période au boulevard de l’Empereur, mais cette thèse de l’agression MR domine, de loin. Et entraîne la riposte : feu sur les libéraux, feu sur un gouvernement dont Reynders, dès le 11 juin, a voulu, publiquement d’ailleurs, qu’il soit celui marquant l’éviction des socialistes. Dans ces conditions…

Le PS a un boulevard, a priori : alliant MR, VLD et le cartel CD&V/N-VA, l’Orange bleue penche structurellement à droite. En sus, on est convaincu au PS que le « retour » de l’ex-CVP va s’accompagner d’une campagne silencieuse mais tous azimuts pour reconquérir l’appareil d’Etat et ses places d’influence. La menace serait telle (flamande, de surcroît) que l’opposition sans concessions est un devoir.

2. L’offre et la demande. Réélu en juillet dernier à la tête du PS, Elio Di Rupo est revenu de sa tournée des fédérations convaincu qu’il y avait une « demande » de radicalité « à la base ». Donc, il « offre ».

En plus, il y est poussé par Laurette Onkelinx.
La future cheffe de file PS au Parlement, privée de portefeuille ministériel à l’avenir, doit « exister » politiquement, et se glisse d’autant plus aisément dans son rôle de première opposante qu’elle n’a cessé, même au pouvoir pendant huit ans, de se montrer dure au combat. Voir la fameuse « alliance contre nature » avec les libéraux. Ajoutez que Laurette Onkelinx, c’est l’école Moureaux, qui ne renie pas la rhétorique marxiste, et se veut antagoniste. Le fameux : « Reynders, le ministre des rupins »… On en passe.
Et on ne paie rien pour attendre : le PS dans l’opposition ne lésinera pas.

3. Le grand écart. Un boulevard devant lui, le PS n’a pas pour autant la tâche simple : après vingt ans au gouvernement fédéral, et toujours à la tête des exécutifs régionaux et communautaire, comment faire en sorte qu’un discours d’opposition pur, dur, ancré à gauche toute, soit parfaitement crédible ?
Un exercice d’équilibriste. Sur le fil. Au PS, ils croient pouvoir négocier cette difficulté au pas de charge.

4. La gauche européenne. Le PS est le seul parmi les partis socialistes ou sociaux-démocrates en Europe à se positionner de la sorte. En Allemagne, en Italie, en France, le discours radical est endossé par des partis situés à sa gauche : Die Linke, Rifondazione, Besancenot… Voir l’élection de Walter Veltroni dimanche à la tête de la gauche italienne modérée et du nouveau « Parti démocrate », un leader qui exalte le modèle suédois et le… kennedysme.
Aux flancs du PS, Ecolo tient en partie le rôle de substitut « à gauche ». Mais en partie seulement. Le PS occupe seul l’essentiel du terrain. Alors, à gauche toute ? En inadéquation avec la praxis ?
Dans une interview au Soir le 12 juin 2006, Vincent De Corebyter, directeur du Crisp, estimait que pour le PS, « il s’agit moins d’évoluer que d’assumer et de théoriser le fait qu’on a évolué, et d’en tirer une ligne mobilisatrice »… Autrement dit : le PS s’est social-démocratisé, mais ne le dit pas, ou ne sait pas comment l’exprimer sans avoir l’air de larguer les amarres vers des terres trop inconnues, celles d’une « troisième voie » largement inexplorée, du ségolénisme centriste, du veltronisme kennedyen, tous balbutiant.


Le PS cinglant sur les négociateurs de l'orange bleue

La chef de file du PS au fédéral, Laurette Onkelinx, a fustigé dimanche l'attitude des partenaires de la future orange bleue et ses accords "ponctuels" et "réactionnaires". Le PS organisait dimanche à Liège son congrès de rentrée. "Concessions aux flamands"La vice-première ministre sortante a dénoncé les conséquences sociales de ce qui se négociait au sein de l'orange bleue. Elle a également mis en garde contre les "concessions" faites aux partis flamands sur le plan institutionnel, soulignant que l'élargissement de Bruxelles était pour le PS "la plus importante" des revendications. "Car si nous, Francophones, Wallons et Bruxellois, voulons prendre notre destin en mains, en être maîtres, que ce soit dans une Belgique qui persiste, ce que nous espérons évidemment, ou dans une autre configuration nationale, il faut que la Wallonie et Bruxelles forment un ensemble indissociable. Sur le plan économique.


Sur le plan culturel.
Mais aussi sur le plan territorial", a dit Laurette Onkelinx. Bruxelles-WallonieBHV a occupé une place centrale dans ce congrès de rentrée. Le président du PS, Elio Di Rupo, a mis en garde les partis flamands qui, en voulant supprimer BHV, veulent remettre en cause un des piliers de l'équilibre entre deux grandes communautés du pays. Le danger, a-t-il dit, est de voir, sur le plan territorial, les 900.000 Francophones de Bruxelles se transformer en une minorité parmi les 6,1 millions de Flamands, soit moins de 15%. "Rattachée territorialement à la Wallonie, la Région de Bruxelles-capitale permettrait aux Francophones bruxellois alliés aux Wallons de constituer une communauté francophone représentant plus de 40% de la population belge", a-t-il ajouté en substance.

cdH épinglé aussi

Dans un discours aux accents musclés, la chef de file du PS à la Chambre, Laurette Onkelinx, a épinglé l'ensemble des partis de l'orange bleue, le cdH, partenaire des socialistes dans les Régions et Communauté, n'étant pas épargné. C'est le "Tom Pouce écrasé par Goliath", a-t-elle dit. "Immigration choisie"Laurette Onkelinx a une nouvelle fois dénoncé la teneur de l'accord orange bleu sur l'immigration "choisie" qui, selon elle, va accroître les inégalités nord-sud. "Par contre, pour les vrais malheureux, on durcit les conditions du regroupement familial et de l'obtention de la nationalité". Cette semaine, le cdH a expliqué le contenu de l'accord à des institutionnels et à des ONG. "Ce ne sont pas les séances laborieuses d'explication du texte devant les ONG qui changeront quoi que ce soit: la gauche, l'humanisme y ont perdu dans cette galère", a asséné Mme Onkelinx. Soins de santéLa vice-première est également revenue sur le "clash" intervenu vendredi au sein du gouvernement sortant relatif à la détermination du budget 2008 pour les soins de santé. "Les libéraux, nous confondant sans doute avec leurs futurs partenaires, ont essayé de nous faire dire qu'augmenter le budget des soins de santé de 4,5% était un luxe, et qu'il fallait donc le diminuer. Pour eux, de nouvelles politiques en matière de soins de santé ne sont pas absolument nécessaires", a-t-elle souligné. "Mais des moyens nouveaux, est-ce un luxe pour celui qui a le malheur de souffrir d'un cancer, et qui voit les médicaments innovants hors de prix", s'est notamment interrogée la future chef de groupe à la Chambre. Le président du PS, Elio Di Rupo a pour sa part mis en évidence "le risque que font courir les libéraux de ne pas permettre la conclusion de la convention médico-mut" et dès lors de déréguler les honoraires des médecins. L'Absym a par ailleurs dénoncé cette semaine les mauvaises perspectives budgétaires qui s'annoncent et qui risquent de mettre en péril leurs revendications en termes d'honoraires. Le syndicat a menacé de faire reporter sur le patient le coût des augmentation tarifaires. "Sarko-show"Pour le président du parti socialiste, l'orange bleue semble suivre la voie tracée par le "Sarko-show" en France. "Revigoré", le PS a évoqué dimanche le prochain rendez-vous électoral de 2009. Le parti socialiste a appelé dimanche tous ceux qui se revendiquent de la gauche à devenir des "artisans du progrès". L'opération courra à partir de janvier et jusqu'en 2009 et même au-delà, a dit Elio Di Rupo. Van Cau absentA l'issue du Congrès, le PS a tenu dimanche un Bureau à Liège. A l'ordre du jour notamment, l'attitude du parti sur l'actualité institutionnelle et les négociations au fédéral ainsi que le pacte associatif en Communauté française. Jean-Claude Van Cauwenberghe n'était pas présent à Liège dimanche. Le député wallon, qui ne figure pas parmi les représentants proposés par la tutelle socialiste à Charleroi, ne siégera plus au Bureau. (belga)

Picqué : de graves tensions autour de BHV

Le ministre-président bruxellois, Charles Picqué, a indiqué dimanche lors d’un congrès du PS à Liège que la scission pure et simple de l’arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde aboutirait à de graves tensions dans le pays.
« Les rapports de force seront alors tellement déséquilibrés que cela amènera des tensions graves et inéluctables », a-t-il dit.

Charles Picqué a mis en garde ceux qui entendraient « se soumettre à des diktats sur la rupture de BHV (…), plier face aux De Wever, Dewinter et Dedecker ». Ceux-là « mettront une pierre de plus sur le mur qui enferme Bruxelles », a-t-il dit.

Le PS fustige les "réactionnaires" de l'orange bleue

Laurette Onkelinx dénonce les conséquences sociales de ce qui se négocie.

Les rôles avaient bien été répartis, dimanche, sur les bords de Meuse à Liège, là où le PS tenait son congrès : à Laurette Onkelinx, la future chef de l'opposition au gouvernement Leterme-Reynders, l'honneur de descendre, au bazooka, les maigres résultats engendrés par l'orange bleue. A Elio Di Rupo le soin de jeter les bases d'une réflexion en profondeur sur le Parti socialiste, une remise en question à laquelle le PS voudrait associer l'ensemble des forces progressistes.
Lutte des classes
Dans un discours très "lutte des classes", la chef de file du PS au fédéral, Laurette Onkelinx, a fustigé l'attitude des partenaires de la future orange bleue et ses accords ponctuels jugés "réactionnaires". La vice-Première ministre sortante a dénoncé les conséquences sociales de ce qui se négociait au sein de l'orange bleue. Elle a épinglé l'ensemble des partis de l'orange bleue, y compris le CDH, partenaire des socialistes dans les régions et Communauté. Pour elle, le parti de Joëlle Milquet n'est que le "Tom-pouce écrasé par Goliath". Ainsi, Laurette Onkelinx a-t-elle vertement dénoncé la teneur de l'accord orange bleue sur l'immigration "choisie" qui, selon elle, va accroître les inégalités Nord-Sud. "Par contre, pour les vrais malheureux, on durcit les conditions du regroupement familial et de l'obtention de la nationalité." Visant directement la présidente du CDH, Joëlle Milquet, qui avait organisé, vendredi dernier, un petit-déjeuner d'information à destination des responsables d'associations, elle a ironisé : "Ce ne sont pas les séances laborieuses d'explication devant les ONG qui changeront quoi que ce soit : la gauche, l'humanisme y ont perdu dans cette galère."
Laurette Onkelinx est également revenue sur le "clash" intervenu vendredi au sein du gouvernement sortant relatif à la détermination du budget 2008 pour les soins de santé. "Les libéraux, nous confondant sans doute avec leurs futurs partenaires, ont essayé de nous faire dire qu'augmenter le budget des soins de santé de 4,5 pc était un luxe, et qu'il fallait donc le diminuer. Pour eux, de nouvelles politiques en matière de soins de santé ne sont pas absolument nécessaires, a-t-elle souligné. Mais des moyens nouveaux, est-ce un luxe pour celui qui a le malheur de souffrir d'un cancer, et qui voit les médicaments innovants hors de prix ?", s'est interrogée la future chef de groupe à la Chambre.
Elle a également mis en garde contre les "concessions" faites aux partis flamands sur le plan institutionnel, soulignant que l'élargissement de Bruxelles était pour le PS "la plus importante des revendications. Car si nous, francophones, Wallons et Bruxellois, voulons prendre notre destin en main, en être maîtres, que ce soit dans une Belgique qui persiste, ce que nous espérons évidemment, ou dans une autre configuration nationale, il faut que la Wallonie et Bruxelles forment un ensemble indissociable. Sur le plan économique. Sur le plan culturel. Mais aussi sur le plan territorial", a dit Laurette Onkelinx.

Artisans du progrès
Se disant "revigoré", le PS a appelé tous ceux qui se revendiquent de la gauche à devenir des "artisans du progrès" et à proposer au PS des idées, des réflexions, des démarches politiques qui, une fois synthétisées par le PS, serviront de nouvelle ligne de conduite pour 2009 et les années suivantes. Le président, Elio Di Rupo, a lancé un appel "à toutes celles et tous ceux qui veulent faire bouger les choses".

Tirant profit des critiques qui lui reprochaient d'être trop influencé par "l es technocrates du boulevard de l'Empereur", Elio Di Rupo a souhaité que le parti se ressource et soit davantage sur le terrain, à l'écoute des citoyens, aux côtés des gens. "Je ne veux plus, a-t-il dit, d'une organisation pensée à partir du boulevard de l'Empereur, je veux partir de vos envies, de vos expériences, de vos préoccupations."

18 octobre 2007

Le Plan de développement international de Bruxelles

Picqué veut garder Bruxelles au top

L’avenir de Bruxelles, de l’Etat et des Régions passera par la capacité de la capitale à rester dans le haut du tableau des villes à l’échelle internationale.

Le gouvernement bruxellois propose de l’équiper de nouvelles infrastructures dans le cadre d’un Plan de Développement International, a déclaré mercredi le ministre-président bruxellois Charles Picqué. Celui-ci prévoit notamment la réalisation d’un nouveau stade de football, a priori plutôt à Schaerbeek qu’au Heysel, sur lequel Charles Picqué verrait plutôt sortir de terre un centre de congrès, une salle de spectacle de 12.000 à 15.000 places, et un nouveau pôle commercial.

Il faut travailler en fonction d’événements phares, a-t-il notamment dit. L’un d’eux pourrait être l’organisation de la coupe du monde de football en 2018. Ces nouveaux équipements seraient financés en faisant appel à l’Etat fédéral, mais surtout, au secteur privé.

Le Plan de développement international de Bruxelles - Shéma de base
http://www.quartier-midi.be/wp-images/PDI.pdf
offre quelques chiffres clés qui résument synthétiquement le bilan économique et social de la Région bruxelloise.

Population :
La population de Bruxelles est de 1.018.804 personnes en 2006. Entre 2000 et 2006 elle a cru de 6,20%. Le taux de croissance de la population à Bruxelles est significativement plus élevé que celui enregistré au nord (2,33%) et au sud du pays (2,23%).

Produit Intérieur Brut :
Si Bruxelles représentait 9,58% de la population totale de la Belgique en 2003, elle affichait une participation au PIB national de 19,17% en 2003. Le niveau de participation de Bruxelles au PIB national témoigne de son rôle de poumon économique du pays.

Revenus :
Le revenu imposable moyen des personnes physiques à Bruxelles est inférieur à la moyenne
belge. La différence entre le revenu moyen par habitant à Bruxelles et la moyenne nationale s’est accrue avec le temps. En 2005, le revenu moyen à Bruxelles était de 14,47% inférieur à la moyenne nationale.

Emploi :
Avec 676.590 emplois et 363.999 navetteurs, Bruxelles est le premier bassin d’emploi du pays et profite aux Régions, qui perçoivent leurs recettes fiscales sur le lieu de domicile.

Marché du travail :
Bruxelles présente un taux d’emploi et un taux d’activité inférieurs à la moyenne nationale et un
taux de chômage beaucoup plus élevé que le reste du pays. A Bruxelles, le taux de chômage
des moins de 25 ans était de presque 36% en 2006.

Qualifications :
La population occupée de 15 ans et plus a un niveau d’éducation plus élevé à Bruxelles que
dans les deux autres régions (28% ont un niveau universitaire à Bruxelles contre 10% en Flandre et 12% en Wallonie). Si Bruxelles témoigne d’une population disposant d’un diplôme universitaire très importante au regard de ses voisins, elle comporte également la part la plus élevée des très peu qualifiés (11 % ont un niveau d’études primaire ou pas de diplôme contre 8% en Flandre et 9% en Wallonie).

Picqué avance un vaste plan pour garder Bruxelles au top international
17 oct
L'avenir de Bruxelles, de l'Etat et des Régions passera par la capacité de la capitale à rester dans le haut du tableau des villes à l'échelle internationale. Le gouvernement bruxellois propose de l'équiper de nouvelles infrastructures dans le cadre d'un Plan de Développement International, a déclaré mercredi le ministre-président bruxellois Charles Picqué.
A l'occasion de la rentrée du parlement bruxellois, Charles Picqué a fait un état des lieux de ce Plan pas encore opérationnel. Celui-ci prévoit notamment la réalisation d'un nouveau stade de football, a priori plutôt à Schaerbeek-formation qu'au Heysel, sur lequel Charles Picqué verrait plutôt sortir de terre un centre de congrès, une salle de spectacle de 12.000 à 15.000 places, et un nouveau pôle commercial. Il faut travailler en fonction d'événements phares, a-t-il notamment dit. L'un d'eux pourrait-être l'organisation de la coupe du monde de football en 2018. Ces nouveaux équipements seraient financés en faisant appel à l'Etat fédéral, mais surtout, au secteur privé.

Picqué avance un vaste plan pour garder Bxl au top international

Le gouvernement bruxellois propose d'équiper la région bruxelloise de nouvelles infrastructures dans le cadre d'un Plan de Développement International, a affirmé mercredi le ministre-président bruxellois Charles Picqué. le but est d'aider la capitale belge à se maintenir dans le haut du tableau des villes à l'échelle international.

Selon Charles Picqué, ce plan comportera notamment un volet important consacré à de nouvelles infrastructures à créer dans les années à venir pour y améliorer la qualité de vie dans la capitale: un stade multifonctions que Charles Picqué verrait a priori plutôt à Schaerbeek-Formation que sur le plateau du Heysel, un centre de congrès, une salle de spectacle de 12.000 à 15.000 places, un pôle commercial d'envergure au nord de Bruxelles, plutôt sur le plateau du Heysel, une Maison de l'Europe dans le quartier européen, etc... Comme celles-ci, une série de nouvelles implantations de bureaux, de logement et d'activités économiques devront être aménagées parmi les dix zones considérées comme stratégiques pour l'avenir de Bruxelles: le quartier européen, le Mont des arts et le Pentagone, le plateau du Heysel, le Midi, Tour et Taxis, l'ex-Cité administrative et plusieurs sites ferroviaires (Josaphat, Delta, gares de l'Ouest, et de Schaerbeek-formation).

Bruxelles lance un plan capitale

17 octobre 2007
Charles Picqué a présenté son projet de développement international. Valoriser l'image de Bruxelles, y développer les infrastructures : la Région bruxelloise veut assumer son statut de multicapitale. En voici les quelques pistes concrètes.

Les plus: le texte intégral de la déclaration de politique générale (PDF)

Bruxelles veut rester dans le peloton de tête des grandes villes. Elle veut aussi tenir son rang de Ville-Région, de capitale fédérale, de capitale de l'Europe et de siège d'institutions internationales. Elle veut attirer, séduire, réveiller son ambition. Pour favoriser ce rayonnement, le ministre-président Charles Picqué (PS) a présenté, lors de la rentrée du Parlement régional, un Plan de développement international (PDI) qui « se veut un signal clair vers le monde économique et la société civile ».
Solennel, le chef du gouvernement a évoqué le « climat d'incertitude politique » pour mieux rappeler que Bruxelles est « un moteur pour l'économie et l'emploi de toute la Belgique », qui a plus que jamais « besoin d'un soutien financier important du fédéral ». Car il en faudra, des sous, pour concrétiser un plan qui est encore loin d'être opérationnel


Ce PDI s'articule sur plusieurs axes et se concentre sur dix zones stratégiques. De nouvelles infrastructures et équipements devraient y voir le jour pour combler les besoins dans le domaine des congrès, du commerce, de la culture, des expositions et du sport. Quelques pistes concrètes.
Quartier européen. Pour valoriser ses atouts de capitale de l'Union, Bruxelles devrait se doter d'une symbolique « Maison de l'Europe », ouverte à tous, et dont les modalités de financement doivent être débattues avec l'État fédéral et les institutions européennes.
Plateau du Heysel. S'y concentreraient un centre de congrès de 3.000 places sur une surface de 50.000 m2 (dont un lieu d'exposition de 15.000 m2), mais aussi une salle de spectacle de 15.000 places ainsi qu'un grand pôle commercial appelé à desservir tout le nord de Bruxelles. Un second centre commercial de moindre envergure est envisagé dans la zone. Tout ces projets hypothèquent l'avenir du stade Roi-Baudouin : « Le stade engendre des nuisances pour les riverains et d'autres fonctions sont envisagées sur le site, argumente Charles Picqué, lui donnant une densité d'activité importante avec des risques de saturation ». Et d'ajouter que « la rénovation du stade existant aurait un coût identique à la construction d'un nouveau stade ailleurs ».
Schaerbeek-Formation. Nous y voilà. Si rien n'est décidé, le PDI penche nettement pour l'implantation du futur stade sur ce site. Le gouvernement bruxellois a d'ailleurs décidé de lancer un schéma directeur pour en analyser la faisabilité technique. Avantage, selon Charles Picqué : « Un projet suprarégional serait l'occasion de solliciter le pouvoir fédéral pour qu'il active la valorisation des terrains en conformité avec les souhaits régionaux. » Ce stade multifonctionnel devrait être prêt pour accueillir une éventuelle Coupe du monde de foot en 2018. Le site devrait être réaménagé dans sa globalité et accueillir du logement ainsi qu'un espace vert. Des terrains pourraient être mis à disposition du Port de Bruxelles pour y développer des activités logistiques. Enfin, le gouvernement souhaite y installer le musée national des Chemins de Fer.
Mont des Arts. Un pôle d'accueil touristico-culturel doit être inauguré en 2008 place Royale, Le quartier accueillera aussi prochainement le musée Magritte et se profiler davantage encore comme le haut lieu bruxellois de la culture.
Quartier du Midi. Porte d'entrée dans la ville en provenance de Paris et de Londres, il est dédié aux affaires, avec la priorité aux infrastructures de bureau.
Josaphat. Connecté au futur réseau RER, le site est dévolu aux activités économiques et d'affaires. Schaerbeek et Evere ont fait le choix d'y accueillir le nouveau pôle de la Commission européenne. La Région soutient les deux communes, mais, admet Picqué, « la Commission n'a pas encore manifesté son intérêt ».
Divers projets sont par ailleurs avancés pour les sites de Tour et Taxis (activités diversifiées), la Cité administrative (horeca, logement, bureau), la gare de l'Ouest (pôle multimodal) et Delta (parking, halte RER )
Restera à financer le tout. Un chef de projet va être engagé pour analyser des offres de partenariat issues du secteur privé qui, selon Charles Picqué, devrait couvrir l'essentiel des sommes faramineuses qui devront être engagées. Une aide massive de l'État fédéral n'en sera pas moins requise pour faire aboutir ce Plan de développement international. Et là...


Charles Picqué expose ce que sera Bruxelles demain
8/10/07

Le ministre-président de la Région Bruxelles-Capitale, Charles Picqué, commente lundi dans Le Soir le Plan de développement international (PDI) de Bruxelles qu'il présentera le 17 octobre prochain au parlement. Le quotidien dévoile les grandes lignes des chantiers prioritaires pour la capitale et trace l'avenir international de Bruxelles.
Priorité à l’Europe et … à la vie nocturne
Le PDI de Bruxelles est tout d'abord basé sur l'Europe, souligne Charles Picqué qui parle de "Brussels the Human Face of Europe" et du périmètre européen ainsi que du développement du plan directeur du quartier européen. Le plan fixe des objectifs à 5 ou 10 ans et prévoit de développer "Bruxelles, ville de congrès" et notamment le nouveau Palais des Congrès. Il est aussi question de développer un environnement amélioré, de grands événements et une vie nocturne plus affirmée.
Le plan énumère de grands chantiers prioritaires. Outre une cité de l'Europe et le développement du quartier européen, le plan prévoit la construction d'équipements, comme une salle de 15.000 places pour les concerts et une salle de 2.000 places pour les événements culturels de haut niveau ainsi qu'un centre commercial sur le plateau du Heysel. L'aménagement cohérent du centre-ville, en mettant l'accent sur le tourisme, figure aussi dans le PDI. Simplification administrative, coopération sur la zone métropolitaine (35 communes) et développement territorial avec d'autres zones prioritaires figurent encore au PDI, révèle Le Soir.

Charles Picqué lance le PDI, le Plan de développement international de Bruxelles !

Le Ministre-Président bruxellois a fait sa rentrée le 6 septembre dernier et a présenté à son équipe gouvernementale la note d'orientation concernant le Plan de Développement International de Bruxelles qu'il a préparée.
Le PDI est un nouvel outil de gouvernance qui, après le Plan Régional de Développement et le Contrat pour l'Economie et l'Emploi, doit permettre l'encadrement et la promotion du caractère international de Bruxelles.
Il s'agira, tout d'abord, de développer des pôles régionaux basés sur des équipements de destination d'envergure internationale dont les éléments clés seraient:

Bruxelles - Capitale de l’Europe
le centre ville de Bruxelles - Cœur de l’attractivité du territoire régional et de son hinterland
Bruxelles - Ville de Congrès
Bruxelles - Ville d’événements culturels et sportifs
Bruxelles - Centre décisionnel de l’Europe
le Heysel - Pôle loisirs et congrès du 21ème siècle
le Midi - Pôle business du futur

A l'instar des autres grandes villes, un plan de marketing de ville cohérent est indispensable pour Bruxelles. Il se réalisera au travers d'une identité bruxelloise, de l'incarnation de l’Europe, de la politique d’image de Bruxelles et enfin, de la valorisation du potentiel touristique et culturel existant.
La troisième direction est la promotion d'équipements dits de confort, au travers de la mobilité, de la qualité de la vie, de la qualité de l'environnement et du développement durable et du développement territorial et de la lutte contre la dualisation.
Enfin, ce plan nécessite l'organisation d'une meilleur gouvernance entre tous les niveaux de pouvoir : avec l'Europe, les communes, le fédéral et les entités fédérées.
Ce programme doit être avant tout celui de l'ensemble des Bruxellois, tant des entreprises que des habitants.
Il fera l'objet d'une large concertation avec l'ensemble des acteurs concernés, qui débutera dans les prochaines semaines.

07 octobre 2007

La polémique sur les droits d'enregistrement chauffe le PS

Polémique concernant le remboursement des droits d'enregistrement perçus lors de l'achat ou de la vente d'une maison. La presse flamande évoquait jeudi matin des retards allant jusqu'à 2 ans. Le ministère des Finances promet de faire mieux. Mais le PS, qui se prépare à sa cure d'opposition, tire déjà à boulets rouges sur le ministre de tutelle….

Source:Info-radio - 4 oct 2007 17:20
Jeudi matin, c'est la presse flamande, "Standaard", "Het volk" et "Nieuwsblad" qui ouvraient le feu. Cela fait plusieurs années que les droits d'enregistrement sont transférables, autrement dit lors de l'achat ou de la vente d'une maison, un particulier peut en obtenir le remboursement auprès du ministère des Finances. Sauf que le nombre de dossiers en dix ans a quadruplé.

Pointés du doigt : le manque de personnel ou de matériel informatique adéquat. Résultat : certains contribuables attendent jusqu'à 2 ans pour recevoir leur argent. Et la Fédération royale des notaires belges conseille a ses clients d'envoyer un huissier au ministère pour réclamer le montant dû, qui s'élève souvent à 10.000 euros ou plus.
Ce retard reconnu par les Finances qui insistent sur la complexité des dossiers et promettent à présent d'envoyer,"des instructions à ses bureaux d'enregistrement afin que le "délai raisonnable" pour le traitement soit réduit à 6 mois.

Jetant de l'huile sur le feu, le PS, dans la majorité actuelle et dans une probable situation d'opposition ensuite, le PS évoque par voie de communiqué un retard inadmissible, un nouvel exemple de mauvaise gestion du département des Finances, de déficit d'organisation, de "mal gouvernance", et d'enfoncer le clou : l'affaire des 800 millions € disparus dans la nature - en raison d'une erreur dans l'estimation de l'enrôlement de l'impôt des personnes physiques - n'est pas un cas isolé. Un PS remonté qui interpellera donc le ministre Didier Reynders dès la rentrée parlementaire.

Charles Picqué dénonce la gestion de Didier Reynders

Charles Picqué a attribué la responsabilité politique du dossier des recettes immobilières au ministre fédéral des Finances Didier Reynders

"Depuis des années, de nombreuses lacunes ont été dénoncées, démontrant la mauvaise gestion du département des finances", a-t-il commenté.

Les recettes qui ont échappé par millions aux communes bruxelloises en matière de précompte immobilier au cours des dernières années sont la conséquence de "manquements inacceptables" de l'administration fédérale des finances et de son ministre de tutelle Didier Reynders (MR), a accusé ce jeudi le ministre-président bruxellois Charles Picqué (PS). Celui-ci commentait ainsi le constat dressé hier/mercredi par le bourgmestre MR-FDF d'Auderghem Didier Gosuin."En tant que bourgmestre de la commune d'Auderghem, Didier Gosuin connaît mieux que quiconque les manquements inacceptables de l'administration fédérale des finances et de Didier Reynders, son ministre de tutelle depuis 8 ans, dans ce dossier", a dit ce jeudi le ministre-président bruxellois.

Selon Didier Gosuin, les communes bruxelloises se sont privées de dizaines de millions d'euros de recettes de taxes immobilières au cours des dernières années, faute d'avoir transmis les données relatives à l'évolution du parc d'immeubles de leur territoire à l'administration du cadastre. D'après le député-bourgmestre d'Auderghem, le problème provient du fait que le fédéral effectue le calcul du revenu cadastral pour le compte de la Région, qui ne dispose pas de l'administration nécessaire. C'est également l'administration fédérale qui tient à jour la base de données relative à l'identité des propriétaires et à leur patrimoine immobilier. Faute de bénéficier des recettes, et faute de moyen, elle n'est pas encline à effectuer des contrôles, avait-il affirmé en substance mercredi.Charles Picqué s'est pour sa part "réjoui du fait que Didier Gosuin partage le diagnostic qu'il a posé depuis près de 4 ans sur la problématique du précompte immobilier". Mais il a attribué la responsabilité politique de cette situation au ministre fédéral des Finances Didier Reynders. "Depuis des années, de nombreuses lacunes ont été dénoncées, démontrant la mauvaise gestion du département des finances", a-t-il commenté.Selon lui, on observe ainsi une stagnation anormale du rendement moyen par habitant du précompte immobilier depuis 2004. Cette situation est due au fait que la perception du précompte immobilier par l'administration fédérale des finances au profit des communes est totalement déficiente.A titre d'exemple, a poursuivi Charles Picqué, les propriétaires d'immeubles neufs doivent parfois attendre 4 à 5 ans pour recevoir leur avertissement-extrait de rôle. Selon le ministre-président bruxellois, l'administration fédérale des Finances connaît en outre des retards de paiement inacceptable. Au 31 décembre 2005, elle devait encore près de 115 millions d'euros aux communes bruxelloises, soit l'équivalent de près du triple de leur déficit.Charles Picqué a précisé qu'il avait interpellé le ministre fédéral des Finances à plusieurs reprises sur cette situation problématique, au comité de concertation réunissant les représentants de l'Etat fédéral et des Régions. Face aux carences du département fédéral des finances, le gouvernement bruxellois étudie l'opportunité d'organiser la perception du précompte immobilier par la Région, a-t-il enfin rappelé. (belga)

04 octobre 2007

Iris : le gouvernement bruxellois se positionne

Le nouveau conseil d'administration d'Iris sera installé ce mercredi, sous les yeux plus qu'attentifs du gouvernement bruxellois. Il vient d'adopter une note d'orientation qui définit la ligne à suivre pour l'avenir de la structure inter-hospitalière. Une façon de mettre un terme aux luttes d'influence politiques dont Iris fait les frais….

C'est à partir de données financières objectives que Charles Picqué a rédigé sa note d'orientation. Les comptes d'Iris sont dans le rouge, on le sait, particulièrement l'hôpital Brugmann. Mais plutôt que de parler de déficit, Charles Picqué met en avant la lourdeur des coûts structurels auxquels IRIS doit faire face pour assumer son rôle de service public. Il souligne aussi que , toujours hormis Brugmann, un léger redressement de la situation s'amorce. Ce qui n'empêche pas le ministre président de donner des directives précises pour que les charges à payer par les communes pour combler le déficit des hôpitaux ne soient pas asphyxiantes.

Le but fixé est s'atteindre en 2012 l'équilibre des résultats d'exploitation, c'est à dire ceux sur lesquels les directions d'hôpitaux peuvent agir. La note contient donc des devoirs : l'obligation pour IRIS d'élaborer un plan budgétaire 2008-2010, la mise en place de mécanismes de contrôle budgétaire, et la poursuite de deux des grandes réalisations d'Yvan Mayeur : l'accord cadre avec l'ULB et le plan de redéploiement des soins.

Enfin, le gouvernement bruxellois souhaite que le recrutement d'administrateurs délégués et directeurs d'hôpitaux se fasse de façon plus transparente, autrement dit qu'elle ne serve plus de prétexte au parachutage politique.

26 septembre 2007

La Fête de la Communauté française rassemblera les chefs de file des Régions

La ministre-présidente de la Communauté française Marie Arena a invité les chefs des gouvernements wallon Rudy Demotte, bruxellois Charles Picqué et du Collège de la Cocof de Bruxelles, Benoît Cerexhe, à prendre la parole jeudi matin à l'Hôtel de ville de Bruxelles, à l'occasion de la cérémonie marquant la Fête de la Communauté française.Cette initiative fait écho à la création d'une Commission rassemblant monde politique et forces vives wallonnes et bruxelloises afin de définir un projet d'avenir commun francophone, a-t-elle précisé. Le ministre-président flamand Kris Peeters devrait aussi être présent.Traditionnellement, seuls le président du parlement de la Communauté, le ministre président du gouvernement de la Communauté et le bourgmestre de Bruxelles prenaient la parole lors de cette cérémonie oficielle. (belga)

07 septembre 2007

Picqué critiqué pour sa demande de refinancement de Bxl

Picqué invite l'opposition MR à faire front pour Bruxelles

Le ministre-président bruxellois s'est dit étonné, vendredi, des critiques formulées à son égard par la présidente du MR bruxellois. Il a invité le Mouvement Réformateur à faire front pour défendre Bruxelles dans le cadre des négociations au niveau fédéral.La présidente du MR bruxellois, Françoise Bertieaux, lui avait notamment reproché, plus tôt dans la journée, de demander un refinancement de Bruxelles au moment où des discussions institutionnelles devraient avoir lieu. Jeudi, Charles Picqué avait affirmé que Bruxelles devait obtenir des moyens supplémentaires pour assurer sa vocation internationale au profit de tout le pays. Une négociation institutionnelle qui déboucherait sur la scission de l'arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde devrait également aboutir à l'élargissement de la Région bruxelloise et à une meilleure gestion de son hinterland économique, avait-il ajouté. Vendredi, répondant aux critiques du Mouvement Réformateur, Charles Picqué a jugé incompréhensible que le MR bruxellois ne fasse pas mieux entendre la voix de Bruxelles dans les négociations de l'orange bleue.Charles Picqué s'est par ailleurs dit très inquiet d'entendre le MR plaider pour une fusion de la Communauté française et de la Région wallonne qui aurait, selon lui, pour conséquence d'isoler totalement Bruxelles au sein de la Région flamande.

La présidente du MR bruxellois, Françoise Bertieaux, estime qu'il est totalement inopportun de demander un refinancement de Bruxelles au moment où des discussions institutionnelles devraient avoir lieu. Elle se dit choquée par les propos du ministre-président bruxellois Charles Picqué, qui a plaidé jeudi pour le refinancement de la Région de Bruxelles-Capitale. La Secrétaire d'Etat bruxelloise flamande Brigitte Grouwels (CD&V) et la députée bruxelloise flamande Marie-Paule Quix (Spirit) critiquent également les propos de M. Picqué.AutonomieAlors que les Francophones mettent sur la table la demande d'autonomie constitutive pour la Région de Bruxelles-Capitale, il est aberrant de placer celle-ci dans le rôle de quémandeuse, la sébile tendue vers le fédéral, affirme Mme Bertieaux dans un communiqué. Lorsqu'on entend les propos tenus par Charles Picqué, on peut se demander si une fois encore, le parti socialiste n'est pas prêt à accepter une diminution de l'autonomie de Bruxelles pour obtenir des moyens complémentaires, dit-elle.Hôpitaux publicsEt Mme Bertieaux d'affirmer que le ministre-président ferait mieux de s'occuper du déficit des hôpitaux publics bruxellois plutôt que d'affaiblir la position de Bruxelles. "Si Iris était mieux géré, peut-être pourrions-nous consacrer les moyens qui sont investis dans ce gouffre à millions à des politiques de développement de Bruxelles", lance-t-elle. Pour la Secrétaire d'Etat Brigitte Grouwels, l'attitude de M. Picqué est schizophrène. Elle reproche aussi au ministre-président de présenter le point de vue de son parti comme étant celui de l'ensemble du gouvernement bruxellois.FlandreMme Grouwels l'accuse notamment "d'exiger de façon agressive l'annexion d'une partie de la Flandre à Bruxelles" devant la presse, après avoir plaidé et oeuvré, à l'intérieur même du gouvernement bruxellois, pour la collaboration avec la Flandre et la Wallonie. Libre à M. Picqué de plaider pour l'extension de Bruxelles en tant que représentant du PS mais pas comme chef de file d'un gouvernement au sein duquel les points de vue sont loin d'être unanimes à ce propos, dit-elle.BHVLa députée bruxelloise flamande Marie-Paule Quix est allée dans le même sens, reprochant à Charles Picqué de s'être départi de la neutralité qu'il devrait respecter en tant que ministre-président du gouvernement bruxellois. Celui-ci avait affirmé jeudi dans les quotidiens La Libre Belgique et L'Echo que Bruxelles doit obtenir des moyens supplémentaires pour assurer sa vocation internationale. Une négociation institutionnelle qui déboucherait sur la scission de l'arrondissement Bruxelles-Hal Vilvorde devrait également aboutir à l'élargissement de la Région bruxelloise et à une meilleure gestion de son hinterland économique, avait-il ajouté. (belga)

06 septembre 2007

La Commission, rue de la Loi

La Commission sur le site Josaphat ?

mercredi 12 septembre 2007
Immobilier. Où l'Europe grandira-t-elle ? Avec Delta, le site de la gare ferroviaire de Schaerbeek semble le mieux placé pour accueillir les extensions futures de la Commission Européenne.
Séminaire De Hemptinne, ce mardi matin à Bruxelles. S'y est rassemblé l'essentiel (350 personnes) du petit monde immobilier bruxellois qui a débattu de l'avenir urbanistique de la capitale. Invité vedette, le ministre-président Charles Picqué. Il a précisé le projet de redéploiement rue de la Loi de la Commission à Bruxelles. « Redéploiement (voir Le Soir du 6 septembre), insiste-il, qui ne remet pas en cause les extensions futures de l'Union. »
Plusieurs sites sont d'ailleurs à l'étude. Charles Picqué a admis que les sites de Josaphat (Schaerbeek-Evere) et Delta (Auderghem) avaient la cote. De deux, celui de Josaphat semble le plus adéquat (ce qui ne veut pas dire qu'il sera choisi par la Commission). Situé entre les boulevards Wahis et Léopold III, le site ferroviaire développe 25 hectares dont 16,5 en zone d'intérêt régional (ZIR). La proximité des Institutions UE et un site relativement vierge plaident en sa faveur. En outre, son PPAS est dans sa dernière ligne droite, a confirmé Cécile Jodogne (MR), échevine de l'Urbanisme de Schaerbeek. Il privilégie la version « tertiaire », un potentiel de près de 100.000 m2. A cela s'ajoute une bonne desserte en transports : halte RER et ligne de tram.

Le terrain, propriété de la SNCB, ne fait pas l'objet d'un schéma directeur mais son avenir est précisé dans l'arrêté ZIR. Le site a fait l'objet de deux études : l'une par la SNCB (Clerbeaux-Pineau) et l'autre par la Région (Cerau). Les deux communes ont désigné le bureau Clerbeaux pour dessiner le PPAS qui serait finalisé cet hiver. Outre les bureaux, il prévoit 180.000 m2 de logements (fonction la plus importante) dont le village durable cher à Isabelle Durant. Enfin, le PPAS prévoit 35.000 m2 d'équipements collectifs. De quoi accueillir une école européenne, une école communale et une crèche.

Kallas et Picqué construiront l'Europe ensemble. Un concours d'architectes pour redessiner le périmètre. On y mettra 230.000 m2 de bureaux en plus.
Après deux ans et demi de travail, la Commission européenne dévoile ses ambitions urbanistiques sur Bruxelles. Hier, lors d'une conférence de presse commune, Siim Kallas, le vice-président de la Commission chargé de la politique immobilière, et Charles Picqué, ministre-président de la Région, ont présenté le futur des implantations européennes dans la capitale. Il n'est pas anodin : au sein du quartier Schuman, se dessinera un périmètre où se concentreront les bâtiments de la Commission. Elle y disposera de 400.000 m2, soit 230.000 de plus qu'aujourd'hui.
Il a fallu 20 ans pour que la Région bruxelloise et la Commission parlent et surtout agissent de concert. Siim Kallas compte même renforcer la collaboration avec la Région. Il annonce une stratégie en trois points. D'abord la création d'un périmètre pour les bâtiments de la Commission. Loin, très loin d'être négligeable. Rappelons que sur le 1,5 million de mètres carrés de bureaux européens (soit 45 immeubles dispersés dans Bruxelles), 800.000 abritent des fonctionnaires de la Commission. « Ce n'est pas une gestion saine », estime Kallas.

Ces bâtiments seront regroupés dans le périmètre (notre infographie). « Ce regroupement, précise le vice-président, ne signifie pas que l'Europe renonce à terme à créer des pôles supplémentaires. Les bâtiments seront à la fois esthétiquement réussis et symboliques. En tout cas, ils feront systématiquement l'objet de concours internationaux d'architecture. La Commission sera aussi soucieuse des deniers des citoyens. Si la Commission poursuivra sa politique d'achat de bâtiments, elle négociera les meilleurs prix. »
Siim Kallas garantit enfin que ce développement se fera sous le signe de la mixité : le logement aura sa place dans le quartier européen. De même, les bâtiments de la Commission ne seront pas des ghettos. Au rez, les nouveaux immeubles abriteront des commerces, si c'est conciliable avec l'impératif de la sécurité. La tour Madou répond déjà à ce nouveau concept de mixité.
Après Siim Kallas, Charles Picqué a rappelé le chemin parcouru en vingt ans : « Il fut un temps où des groupes privés discutaient de l'implantation des bâtiments européens sans en référer à la Région. » Ce travail commun, le ministre-président entend le répéter avec le Conseil des ministres et le Parlement européen. « Mais travailler d'abord avec la Commission tombait sous le sens. Il y avait urgence. En outre, la Commission pèse bien plus lourd à Bruxelles (elle représente plus de la moitié des bureaux) que les autres instances européennes. »
Concrètement, les futurs bâtiments de la Commission seront des entités de plus de 50.000 m2 (soit une des deux tours Belgacom, pour donner un ordre de grandeur), et ils disposeront d'excellentes connexions avec les transports en commun. Le périmètre, dit de restructuration, s'intégrera dans le tissu urbain et sera conforme au schéma directeur, pratiquement achevé.
Ce périmètre, structuré par la rue de la Loi, contient déjà une forte concentration de bâtiments de la Commission : 170.000 m2 sur les 490.000 construits. On ajoutera 230.000 m2 neufs (l'équivalent de cinq tours Belgacom) pour la Commission et 110.000 m2 de logements sont prévus le long des rues Lalaing, Orban et Guimard.
Cela donne un PS (densité de construction par rapport à la superficie) de huit, contre quatre actuellement. Un tel PS implique une augmentation des gabarits. Charles Picqué rassure : « On ne construira pas des gratte-ciel à Bruxelles. Si les bâtiments seront plus hauts, ils devront s'intégrer dans le tissu urbain. » Quant aux 230.000 m2 quittés par la Commission, ils seront reconvertis en logements (30 %) pour 70.000 m2. Seront également créées une école européenne (25.000 m2) ainsi qu'une nouvelle crèche de 5.000 m2.
Quand ? Un concours international d'urbanisme et d'architecture sera lancé. Il conceptualisera le périmètre. La désignation du lauréat est attendue pour 2009. Le projet retenu formera la base de la confection d'un PPAS (2011), outil fondamental qui permettra les expropriations. Charles Picqué estime que ce plan peut redévelopper de façon harmonieuse les implantations communautaires et éviter le piège du ghetto administratif.

Picqué veut élargir et refinancer Bruxelles

Charles Picqué: "On veut nous faire passer pour des nains alors que Bruxelles est indispensable au pays".
Dans un entretien accordé à La Libre Belgique et à L'Echo, le ministre-président de la Région Bruxelles-Capitale affirme jeudi que Bruxelles doit obtenir des moyens supplémentaires pour assurer sa vocation internationale qui profite d'ailleurs à la Flandre et à la Wallonie, souligne-t-il. Une négociation institutionnelle doit également aboutir à l'élargissement de la Région bruxelloise et à une meilleure gestion de son hinterland économique. "En contrepartie de la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde il y a deux minima", selon Charles Picqué.

Il faut d'abord "des garanties pour les droits des francophones de la périphérie" et aussi "l'élargissement de la Région bruxelloise, associé à des garanties permettant son bonfonctionnement. Ce qui implique son refinancement. C'est le prix à payer par les Flamands".Pour le ministre-président bruxellois, "BHV représente le dernier espace institutionnel qui relie encore Bruxelles à son hinterland qui relie Bruxelles à la Wallonie. Si BHV disparaît, on est à coup sûr dans le scénario d'un enclavement historique et irréversible de Bruxelles en Flandre", estime Charles Picqué. Le ministre-président affirme encore: "on veut nous faire passer pour des nains alors que Bruxelles est indispensable au pays". Il considère qu'"on ne ne peut pas rater le train des réformes" et affirme qu'il "faut objectiver la pérennité régionale, un financement plus adéquat et une cohérence au développement de Bruxelles et de son hinterland". Le ministre-président bruxellois pense qu'"il y a encore des gens raisonnables qui comprennent l'importance stratégique de Bruxelles en Flandre et en Wallonie". (belga)

28 avril 2007

Charles Picqué sonne l'alarme

entretien du 28 avril 2007
Picqué veut une négociation sur Bruxelles, sur deux choses : plus de moyens, et l'élargissement au-delà des 19 communes.


Rue Ducale, dans son fief de ministre-président, Charles Picqué (PS), s'attend, dit-il, à de dures attaques contre Bruxelles. Il prépare les prochaines négociations institutionnelles. Il nous dévoile sa stratégie. Candidat aux législatives (à la Chambre), il lance, du même coup, sa campagne.


Vous êtes candidat aux élections du 10 juin, ce n'était pas prévu.
En étant candidat en fin de liste, sans vouloir siéger, je montre, s'il le fallait, que je serai à la table des négociations ensuite.
Quoi, l'heure est grave ?
Je pensais que le thème de la régionalisation de la sécu et des soins de santé serait le pivot de la négociation institutionnelle. Mais je me rends compte que pour certains Flamands, ceux tentés par le démantèlement du pays, il est difficile d'arriver à cela sans régler, avant, le cas de Bruxelles. Qui reste l'obstacle, « la » pesanteur. Neutraliser Bruxelles, l'ancrage belge, c'est permettre de repartir dans un scénario de rupture à deux.
Vous n'exagérez pas un peu ?
La cogestion de Bruxelles, sa mise sous tutelle sont les thèmes qui reviennent au Nord. Il y a, dans la presse, des attaques incendiaires, qui confinent à l'insulte. Les Bruxellois sont qualifiés de « nains », d'inconscients...
Par une minorité...
Holà ! Tous les dossiers montrent bien quelle influence ont ces gens dans les appareils des partis flamands, via la N-VA dans le cartel avec le CD&V, ou Spirit, au SP.A. Elle est déterminante, par exemple, par rapport aux vols de nuit : si on ne règle pas le problème, c'est uniquement par leur faute. Ils veulent déstabiliser la troisième Région, pour créer les conditions d'une fracture du pays.
Mais qui défend ça au Nord ?
Je n'hallucine pas. Des journalistes, éditorialistes, des politiques... Une des mauvaises surprises de ces dernières années, c'est de voir une partie du patronat rallier les aventuriers institutionnels. Leur leitmotiv à tous : « Les Bruxellois ne sont pas capables de gérer Bruxelles... »
Selon Leterme, Bruxelles est mal géré.
C'est une donnée nouvelle, en tout cas dans son intensité : la désinformation, dans certains médias et chez certains politiques. Comment vous dire ma consternation et mon écoeurement ! Le chômage ? Bruxelles produit plus d'emplois que la Flandre, et en offre un gros paquet à ses navetteurs. En outre, comme les autres grandes villes, Bruxelles est le point d'entrée de flux migratoires, c'est une des explications de la sous-qualification d'une partie de la main-d'oeuvre. Tous les classements internationaux, en termes de taux d'emploi, de coût et de qualité de la vie, de contribution au PIB national, etc., nous situent en très bonne position.
Autre angle d'attaque : la mauvaise gouvernance. Trop de communes, d'élus, d'institutions...
Intox. Ou grossissement considérable des problèmes. Coût des communes ? Egal à celui des villes flamandes et wallonnes. Nombre d'élus ? Il y a plus de mandataires par tête d'habitant en Flandre qu'à Bruxelles. Complexité des institutions ? Elle a été exigée par les Flamands, pour des raisons d'équilibre dans la représentation politique.
Yves Leterme reste un « homme dangereux » ?
Il se livre à une démonstration purement dirigée par ses objectifs politiques. Dans ses rêves : mettre la Région sous tutelle, ou réduire ses pouvoirs, pour en faire une coquille vide... Et avec ça, ils font croire que nous ne voulons aucune simplification. Un exemple... Je dis : régionalisons le Selor, pour plus d'efficacité dans les examens linguistiques et de recrutement au service des Bruxellois francophones et flamands. Le veulent-ils ? Que les Flamands de Flandre fassent confiance aux Flamands de Bruxelles, avec lesquels on a démontré pouvoir travailler à un destin commun.
Mais s'ils veulent vraiment réformer le modèle bruxellois, alors ?
Je ne concéderai rien sur l'existence de la Région. Et j'irai à la table de négociations avec deux demandes. La première : renforcer les moyens octroyés à Bruxelles pour optimaliser son rôle international, et de plaque tournante économique pour le pays tout entier.
Plus de moyens, par quel biais ?
Je ne veux pas des techniques du type « effet retour », du type : récupérer une partie de l'impôt des sociétés, ou de notre contribution au PIB. On prêterait le flanc à des critiques sur la solidarité, les transferts. Je veux une dotation correctrice de la loi de financement, et avec préaffectation : l'on définirait à l'avance les domaines qui en bénéficieraient. D'une part : investir dans les équipements, infrastructures, la mobilité, pour assumer notre rôle international. Deux : lancer un programme concerté avec les deux Communautés sur l'éducation et la formation, afin de relever le niveau de qualification des populations, via l'octroi de moyens aux écoles, techniques notamment, ou encore la promotion du multilinguisme. Par cette « préaffectation », nous montrons que les moyens supplémentaires affectés à Bruxelles profiteront à toute l'économie du pays.
Deuxième exigence ?
La taille du bassin économique bruxellois est un problème. Notre stratégie de développement doit englober un territoire plus large que les dix-neuf communes.
Les Flamands disent non.
Je suis pétrifié quand j'entends certains comparer l'élargissement à l'Anschluss ! Alors que, simplement, c'est la meilleure façon d'optimaliser l'effet de levier économique de Bruxelles en faveur de tout le pays, et des deux autres Régions, dont la Flandre !
De toute façon, il y aura une discussion sur Bruxelles, même si elle devait être déconnectée des négociations qui auront lieu juste après le 10 juin. Cette négociation est nécessaire. Bruxelles a besoin de moyens, et de s'élargir. J'irai avec mes deux demandes.