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09 mai 2008

Elio Di Rupo: l'interview coup de gueule

Le président du PS en a marre de l' « antisocialisme primaire ». Michel Nihoul vient de sortir un bouquin, lâche Di Rupo au moment de l'interview, se précipitant sur les gazettes du jour. « Que lis-je dans la presse ? Serge Kubla (NDLR : député et ancien ministre MR) est cité comme participant à des partouzes. Et ça, vous allez en faire un titre ? »
Apparemment, le président Di Rupo supporte mal le regard piquant des médias sur les petites déviances du PS. Il aimerait qu'on en fasse autant avec ses adversaires politiques. Nous n'avons pas que des défauts. « Allez voir ailleurs !» Interview coup de gueule dans Le Vif/L'Express de demain, et petite mise en bouche dès maintenant...
Sale temps pour le PS. L'affaire « Laloux » - la nomination de ce secrétaire d'Etat qui a déjà démissionné - a provoqué moqueries et critiques internes. Vous vous sentez affaibli ? Pas du tout. Avec cette « affaire », comme vous dites, on a dépassé le stade du raisonnable. Cela fait trois ans que cela dure. Le PS, toujours le PS : il n'y a qu'à nous qu'on cherche des poux ! Il règne un antisocialisme primaire. Nous n'avons pas que des défauts. J'aimerais qu'on soit équitable. Et qu'on s'intéresse avec autant de ferveur aux défauts des autres.
Vous criez au complot ? La presse s'acharne ? Non, je ne dis pas ça. Il y a un climat général anti-PS. C'est dans l'air du temps. Nous parlons des choses essentielles - des revenus et du coût de la vie - et nous sommes freinés par tel ou tel dossier qui ne le mérite pas.
Mais les critiques concernent certaines baronnies socialistes où les leçons des affaires n'ont pas été tirées. Pas vraiment votre action dans les différents gouvernements... Vous trouvez, vous ? Que l'on s'acharne sur certains, je n'ai pas de difficultés avec ça. La justice doit faire son travail (il ne donne pas de noms). Mais, pour tous les autres, il faut respecter la présomption d'innocence. A Liège, Mons ou dans d'autres villes, nos résultats sont bons. Nous ne sommes pas globalement plus médiocres ou moins généreux que les autres.
Des critiques proviennent du cœur même du PS. Philippe Moureaux, votre vice-président, estime que vous avez manqué de fermeté avec les affairistes ou les bourgmestres autoritaires... Philippe Moureaux est un des 82.000 militants du PS. Son attitude a été condamnée par la quasi-totalité des membres du parti. La page est tournée. Cette affaire est classée. Sur les raisons de l'échec électoral de 2007, tout a été dit au sein du parti. Et Philippe Moureaux est un de ceux qui a eu le plus souvent la parole.
Vous serez candidat à la présidence du parti, même si le PS perd les élections de 2009 ? Oui. La responsabilité d'un succès comme d'un échec est toujours largement partagée. J'avais amené le PS à des sommets rarement connus. Je veux poursuivre le travail d'une vie, après des moments plus difficiles. Mieux expliquer nos propositions. Rappeler que nous sommes le parti qui a stabilisé le pays durant vingt ans, par exemple.

Di Rupo sort du bois et riposte à l'affront

Des camarades de parti ont osé qualifier d'erreur de casting le choix de Frédéric Laloux au gouvernement. Pour prix de leur forfaiture, ils risquent de devoir encore subir Di Rupo à la présidence du PS après 2011...
Ceux qui espéraient le voir gentiment s'éclipser et faire place nette à la tête du PS en seront pour leurs frais. C'est fort mal connaître Elio Di Rupo que de l'imaginer reconnaître l'erreur d'avoir sorti de l'anonymat Frédéric Laloux pour en faire un éphémère Secrétaire d'Etat.
Le président du PS a au contraire saisi l'occasion pour affirmer son intention de rempiler à la fonction en... 2011. Le message est clair, et à usage avant tout interne au PS: on ne met pas impunément en doute les capacités d'Elio Di Rupo à gérer le parti socialiste et à le sortir de la mauvaise passe qu'il traverse depuis sa dégelée électorale de juin 2007. Ceux qui se hasardent à remettre en question la ligne présidentielle ne peuvent être, aux yeux du patron du boulevard de l'Empereur, au mieux que des envieux, au pire des traîtres.
En choisissant la voie des médias pour sonner la charge contre Frédéric Laloux, le bruxellois Philippe Moureaux, numéro deux du PS, pouvait-il réellement attendre un électrochoc à la tête du PS ? En étalant ainsi au grand jour l'impuissance d'Elio Di Rupo à rénover le parti en profondeur et à tourner une bonne fois pour toute la page des « affaires » qui lui collent aux basques, le chef de file des socialistes bruxellois n'a fait que précipiter l'ouverture de la guerre de succession à la tête du PS. En cela, le mentor de Laurette Onkelinx, l'actuelle ministre des Affaires sociales dont les ambitions présidentielles ne sont plus un mystère, aura peut-être atteint en partie son but : obliger Elio Rupo à sortir du bois.
A trois ans de l'élection présidentielle, les couteaux sont déjà tirés au sein d'un PS qui devra avant cela affronter le cap crucial des élections régionales de 2009.