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23 avril 2008

Les élus socialistes bruxellois en plein désaccord

La députée fédérale socialiste Karine Lalieux a pris ses distances, dans un texte sur son site internet, avec le vice-président du parti socialiste Philippe Moureaux pour ses attaques "ad hominem" formulées notamment à l'encontre de Frédéric Laloux et ses "méthodes", relate mercredi La Libre Belgique.

"C'est parce que je ne veux plus que les militants, les sympathisants, les 'simples lecteurs' pensent que la seule expression du PS bruxellois vient de son président, Philippe Moureaux. Que tous les mandataires et membres socialistes bruxellois adhèrent à ses propos, ses méthodes, à son discours. Celui qui a eu et qui a toujours une carrure d'homme d'Etat ne doit pas tomber dans les attaques ad hominem et garder sa verve pour défendre les valeurs progressistes", écrit-t-elle, ajoutant être "très loin d'être une proche du vice-président".

Karine Lalieux, par ailleurs échevine à la Ville de Bruxelles, se range dès lors clairement derrière Elio Di Rupo et Charles Picqué, ministre-président de la Région bruxelloise. Elle coupe également court à la rumeur qui la prétendait "déçue" de ne pas avoir été choisie en lieu et place de Frédéric Laloux.

"Je ne nie pas que nous vivons des moments difficiles au sein du parti. Je ne dis pas que tous les choix sont unanimement partagés, mais aujourd'hui, c'est de projets dont nous avons besoin", souligne-t-elle sur son site.

21 avril 2008

Laloux retourne dans sa tanière

Un Namurois succède à un autre Namurois…
Frédéric Laloux a démissionné, Jean-Marc Delizée lui succède comme secrétaire d'Etat à la Lutte contre la pauvreté. Elio Di Rupo assume ses choix. Et se porte candidat à sa succession. Je refuse de participer à la Star Academy de la politique. » Le communiqué – dont la mise en page, jusqu'à la police de caractère, est en tous points identique à celle du boulevard de l'Empereur – tombe samedi, à 15 h 17. Frédéric Laloux n'en peut plus, dit-il, de la pression, il rend son tablier, moins d'un mois après l'avoir enfilé.
Vers midi, le Premier ministre a été averti. Yves Leterme s'entretient avec le Namurois par téléphone. Puis les communiqués tombent. La décision a-t-elle vraiment été prise vendredi soir, par le seul intéressé ? « Oui », jurent, en chœur, Frédéric Laloux et Elio Di Rupo. « La pression devenait insupportable pour lui, souligne le président du PS. Elle l'était déjà le week-end d'avant et ça n'a fait que s'amplifier. Vendredi soir, il a consulté des amis et les responsables namurois. Mais il a agi seul. »
« La décision avait été prise plus tôt, corrige ce ténor socialiste. Il était prévu qu'il démissionne au début de la semaine dernière. Mais la sortie de Moureaux dans Le Soir, mardi, a chamboulé la stratégie : le faire démissionner à ce moment-là, cela devenait impossible. » « Faux », dénonce la porte-parole du PS. Il semble pourtant que l'hypothèse d'une démission avait été étudiée au PS. Pendant les vacances de Pâques, lorsque Laloux faisait déjà la une des médias. « Cela aurait été injuste : rien, dans le dossier, ne le justifiait. »
Puis, la critique s'intensifie : Moureaux sort, la presse entière qui souligne sa piètre prestation à la Chambre, lorsqu'il présente sa note de politique générale et les acteurs de terrain disent avoir perdu toute confiance en lui.
La succession a été vite réglée, Elio Di Rupo ayant choisi de puiser dans le vivier parlementaire, celui-là même qui avait critiqué la désignation de Laloux. Sur ce point, la désignation de Jean-Marc Delizée, qui a prêté serment dimanche à Ciergnon, devrait calmer les esprits.

Le commentaire de Véronique Lamquin

Un coup et un quadruple gâchis

Il est des coups de poker qui s’avèrent de vrais coups de génie. Celui qu’avait cru réussir Elio Di Rupo, le 20 mars, en sortant de son chapeau présidentiel deux surprises du chef, a tourné au gâchis.
Gâchis, d’abord et avant tout, pour le principal intéressé. Propulsé du conseil communal de Namur au conseil des ministres, Frédéric Laloux aura sans doute bien du mal à se relever de pareil échec. En moins d’un mois, le Namurois aura réussi à prêter le flanc à la critique tant sur le fond (avec une note de politique générale pour le moins indigente) que sur la forme (sa communication ambiguë quant à son bureau) et sur les principes (ayant dénoncé l’usage de cartes essence chez un adversaire politique, sans être lui-même totalement transparent sur la question). Le voilà renvoyé sur ses terres avec le sentiment humiliant d’être la risée du Royaume.
Gâchis, aussi, pour la politique en général. Un secrétaire d’Etat acculé à la démission quatre semaines à peine après avoir prêté serment, voilà qui ne fait pas sérieux, surtout pour un gouvernement qu’on soupçonne provisoire et que l’on a attendu neuf mois !
Gâchis, encore, mais là on arrive dans la cuisine interne, pour le Parti socialiste. Qui tente de se relever de son échec électoral de 2007 et d’effacer les affaires, pour faire mentir les sondages… Pas sûr que c’est en occupant la scène médiatique par des erreurs aussi flagrantes de casting, dénoncées depuis l’intérieur du parti, que l’on redresse la barre.
Gâchis toujours, mais cela ne regarde que lui, pour Elio Di Rupo lui-même. Qui a usé et abusé de cette prérogative de président, celle de faire et défaire les ministres. Aujourd’hui, cette technique montre ses limites. Et, n’en déplaise au président du PS, c’est à lui seul qu’incombe l’échec.
Ce quadruple gâchis n’est pas la preuve qu’il est dur d’être « petites gens » en politique. C’est la preuve que la politique est un métier comme les autres. Qui s’apprend pas à pas. Surtout quand on n’a pas un talent incontestable.

Di Rupo tacle Moureaux

Le Montois dénonce l'attitude du Bruxellois : "incompréhensible "
Il y pensait depuis plusieurs jours déjà. Trop de pression. Crainte des conséquences sur ses enfants en bas âge. Sentiment de plomber l'image du gouvernement. Si pas celle de son parti. Et certitude, au fond de lui-même, que, quoi qu'il fasse désormais, il traînerait l'affaire de ses 300 litres d'essence comme d'autres trimbalent l'image de leur douche. Lourde. Et collante. Il s'en explique dans la page suivante.
Samedi midi donc, Frédéric Laloux (PS) a averti Elio Di Rupo de sa décision de remettre son mandat. Il l'avait déjà eu en ligne sur le même sujet quelques jours plus tôt. Le Montois lui avait réaffirmé sa confiance, l'invitant à bien réfléchir avant de prendre une quelconque décision. Elle est tombée quarante-huit heures plus tard.
Les choses, ensuite, n'ont pas traîné. À 11 h 25, ce dimanche, juste avant d'entamer son marathon télévisé, Elio Di Rupo faisait savoir le nom de son successeur par un communiqué du Palais. Plus de recherche d'effet surprise cette fois : il s'agit d'un autre Namurois, Jean-Marc Delizée. Mais surtout d'un parlementaire, à la différence de Frédéric Laloux, ce qui lui avait valu de lourds reproches en interne.
Mais c'est un Namurois, donc. Et pas un Bruxellois, comme l'aurait sans doute espéré le vice-président du PS, Philippe Moureaux, auteur d'une sortie assassine contre Laloux en début de semaine dernière. Une sortie qui visait à forcer la montée au fédéral d'un de ses protégés, Karine Lalieux ou Yvan Mayeur, ce dernier trouvant le secrétariat d'État à la Pauvreté à sa taille. Raté.
Dans l'entretien qu'il nous accorde ce dimanche, Elio Di Rupo justifie son choix. Mais surtout, il riposte sèchement à Philippe Moureaux, dont il juge l'attitude "incompréhensible" .
"Un équilibre à préserverau sein du parti"
"Nous nous en sommes expliqué tous les deux ", complète le Montois. Qui annonce : "Je serai candidat à ma propre succession à la tête du parti en 2011 ", comme pour mieux faire taire ceux qui, déjà, parient sur le départ de la présidence du PS de celui qui vient à peine d'y être réélu en juillet dernier, avec 90 % des voix.
De surcroît, Di Rupo tacle le Bruxellois et ses disciples. "Un parti, c'est un travail d'équipe. J'attends des autres qu'ils clarifient ce qu'ils font au bénéfice des gens qui les ont élus. N'inversons pas les rôles. Ce n'est pas à moi à rendre des comptes. C'est moi qui, aujourd'hui, en demande ..."
Quant au choix d'un Namurois au lieu d'un Bruxellois : "C'était incontournable. Sur nos vingt ministres, il y en a déjà sept qui sont de la capitale fédérale, depuis l'arrivée de Marie Arena. Je ne pouvais pas faire du huit/douze. J'ai donc voulu conserver un équilibre, important au sein du Parti socialiste... "

Elio Di Rupo : « Des gens se sont acharnés sur lui »

Non, il ne regrette rien. En tout cas pas d’avoir nommé Laloux. « Il faut que des petites gens, qui se sont faits tout seuls, puissent accéder aux plus hautes fonctions politiques. » Elio Di Rupo tente de faire oublier un mauvais casting et le malaise qui plane dans ses rangs en reprenant l’offensive. « Je serai candidat, en 2011, à la présidence du PS. »
2011 c’est loin… Mais quand même, un peu de renouvellement ne serait-il pas bienvenu ?
Si c’est pour un mieux, bien sûr ! Mais vous savez, Emile Vandervelde a présidé le parti fort longtemps. Et puis, j’ai été élu par 90 % des militants, c’est ça qui compte. Au PS, ce ne sont plus les barons qui font les présidents !
Digéré, l’échec de 2007, où l’on vous sentait désabusé ?
Pas désabusé, jamais… Tout simplement triste. Mais j’ai assumé.
Les difficultés, les critiques, les mauvais sondages, ça ne vous donne pas envie de raccrocher ?
Au contraire, ça me stimule. Je suis plus décidé que jamais ! Du reste, les sondages… En 2007, ils étaient bons ! Alors peut-être que cette fois, ce sera le contraire. En tout cas, cela montre qu’on doit se serrer les coudes, entre socialistes, et œuvrer en faveur des citoyens.
Vous êtes au gouvernement fédéral… Vous avez une marge de manœuvre suffisante pour imprimer votre marque ?
Nous sommes le seul parti progressiste au pouvoir… Nous assumons nos responsabilités. Nous sommes là pour préserver les allocations familiales, les pensions, les revenus des travailleurs…
Des priorités répétées inlassablement… Pourtant, en interne, on vous reproche de ne pas imprimer une ligne claire au parti.
C’est tout le contraire. Après les élections, nous avons tiré les leçons de l’échec. Nous avons rédigé une note de stratégie. A charge pour chaque fédération de revenir vers nous avec des actions concrètes, de voir comment on peut mettre en exergue des gens de qualité, quelle attitude adopter par rapport à certaines catégories de la population…
L’échec vient de ce que vous vous êtes coupés de certains groupes d’électeurs ?
Nous avons évoqué tout ça longuement en interne. Je ne suis pas là pour le dire publiquement.
Philippe Moureaux a lavé du linge sale dans nos colonnes…
Son attitude est incompréhensible. Il s’en est expliqué. Mais, sur Laloux, ce n’est pas lui qui a créé le climat d’acharnement…
Qui alors ?
Des gens se sont acharnés sur lui.
En ce compris dans vos propres rangs : des parlementaires fédéraux PS ont grincé des dents.
C’est fort possible que certains n’étaient pas heureux. La plupart étaient satisfaits ou neutres.
Les critiques émises à l’égard de Laloux étaient excessives ?
Oui ! Certains devraient faire leur examen de conscience. Que lui reproche-t-on ? Ses litres d’essence ? Le dépassement est minime. Le fait qu’il ne communique pas ? Que dire, alors, d’un Premier ministre quand il confond Marseillaise et Brabançonne ?
Un Namurois succède à un Namurois… Une évidence ?
Ce n’était pas indispensable. Ma stratégie, en mars, a été de donner un poste à Namur… Je suis cohérent avec moi-même. Et puis, dans l’équilibre Wallonie-Bruxelles, je ne pouvais pas nommer un Bruxellois. Le PS a 20 ministres, secrétaires d’Etat et présidents d’assemblée, dont 7 Bruxellois.

Laloux out, Di Rupo riposte
"Peut-être, pour certains, est-ce plus important d'avoir le bon look pour pouvoir être "un bon secrétaire d'Etat". Ce n'est pas ma vision, et ce ne le sera." Frédéric Laloux est amer au moment de justifier sa démission rendue publique samedi midi.
"Des critiques injustes..."
Un arroseur tant arrosé qu'il s'est noyé

Frédéric Laloux : « Je ne suis pas un clown »
Frédéric Laloux aura été secrétaire d’Etat à la Pauvreté pendant un mois . « Un mois qui va compter dans ma vie et sur lequel je pourrais écrire un livre », nous confie celui qui va retrouver son siège de conseiller communal namurois. En attendant, il revient sur les causes de son départ.
Pourquoi avez-vous décidé de démissionner ?
Je ne suis pas parfait mais je suis honnête. Je n’aime pas le terme de démission. J’ai remis mon mandat. Et je l’ai fait parce que ce que l’on m’a fait subir nuisait à tous ceux que je devais représenter.
Votre président parle d’acharnement à votre égard…
Mais il n’y a pas d’autres termes ! Un journal m’a attaqué en affirmant que je détenais une série de mandats que j’avais pourtant expressément abandonnés. Un autre organe de presse a lancé une opération « Sauvez Laloux » avec rendez-vous sur la place d’Armes de Namur. Je ne suis pas un clown. J’ai eu une réunion vendredi soir avec les instances locales. La personne importe peu. Mais je ne peux accepter n’importe quoi. On me demandait quand tout cela allait s’arrêter. En me visant, on s’attaquait aux gens dont je suis le porte-parole. Cet acharnement à mon égard discréditait, en bout de course, tous ceux que je devais représenter.
On vous reproche de ne pas avoir brillé, lors de la présentation de votre plan, en commission des Affaires sociales…
J’ai été le seul secrétaire d’Etat à avoir bénéficié d’une telle couverture médiatique : la presse ne s’est déplacée en commission des Affaires sociales que pour me mettre à mort. Pourtant, je suis le seul à avoir fourni l’effort de présenter le rapport moitié en néerlandais, moitié en français. Mais on n’est pas venu pour cela.
Une chaîne de télévision vient encore de commettre un amalgame en annonçant que j’avais prêté ma carte d’essence à ma femme. On ne m’a pas contacté, les chiffres livrés étaient erronés, l’information n’a pas été recoupée. Si tout cela, ce n’est pas de l’acharnement… Mais il y a plus.
Au-delà des attaques personnelles, ce climat devenait intenable pour ma famille : mes gosses étaient pris à partie, vilipendés par leurs condisciples, voire par certains professeurs. Ils étaient traqués par des journalistes dont certains les prenaient en photo.
On vous a reproché de ne pas être issu du rang des parlementaires, d’avoir été parachuté.
Voilà dix-sept ans que je fais de la politique. On me connaît à Namur et on fait appel à moi pour figurer en queue de liste à la dernière suppléance, à la place de combat. Cela ne me fait pas peur. Je ne me suis jamais mis sous les feux de la rampe. Quand le PS, qui n’était pas demandeur, a obtenu deux postes de secrétaires d’Etat, il a privilégié deux personnalités de terrain confrontées aux réalités des petites gens. Mais on a voulu me salir. Cela a commencé avec Groen ! qui a réclamé ma démission.
Cette démission risque de mettre un terme à votre carrière politique…
Je n’ai jamais eu de plan de carrière. Ma volonté de travailler est même décuplée par ces événements. A Namur, on va m’accueillir à bras ouverts. Les gens qui me connaissent savent combien le combat que je mène sur le terrain est important pour moi. C’est une vraie vocation.

Jean-Marc Delizée remplace Laloux

Jean-Marc Delizée (PS) a été nommé comme nouveau secrétaire d’Etat à la Lutte contre la pauvreté en remplacement de Frédéric Laloux (PS), a indiqué ce dimanche le Palais dans un communiqué. Le Palais a accepté la démission de M. Laloux.
M. Delizée prêtera serment dimanche entre les mains du roi au château de Ciergnon, en présence du premier ministre. De nombreuses critiques avaient émaillé la désignation comme secrétaire d’Etat de M. Laloux, artisan pâtissier, personnalité peu connue du sérail politique. Ancien échevin de Namur, il a également été rattrapé par une affaire de prétendue utilisation abusive de cartes essence. A l’intérieur du parti socialiste, il a été reproché au président Elio Di Rupo d’avoir quelque peu oublié, dans le choix de certains de ses représentants au gouvernement, de valoriser des parlementaires à l’expérience établie. Ces critiques ont été relayées par le vice-président du parti, Philippe Moureaux, qui a évoqué une erreur de casting. Enfin, le secrétaire d’Etat n’a pas été épargné non plus lors de l’annonce de ses engagements politiques, jugés trop faibles jusqu’au sein de sa propre formation.
Face au flot d’attaques, Frédéric Laloux a annoncé samedi qu’il démissionnerait « pour rester fidèle à ses valeurs et à son engagement politique ». Dans un communiqué, il disait aussi refuser de participer à la « Star academy » de la politique.
« La page est tournée », a indiqué dimanche sur la RTBF le président du PS, Elio Di Rupo, annonçant dans la foulée du Palais le choix de Jean-Marc Delizée pour succéder à Frédéric Laloux. Disant assumer les choix qui ont prêté le flanc à la critique, M. Di Rupo a dit vouloir aller de l’avant pour relever le pouvoir d’achat des gens et pour la stabilisation du pays à laquelle le PS a jusqu’ici contribué.
Le président du PS a cependant condamné « l’acharnement » voire « la chasse à l’homme » qui a visé Frédéric Laloux, quelqu’un « qui s’est fait tout seul ». Il s’est dit étonné du « deux poids deux mesures » consistant à condamner politiquement un homme de terrain de la trempe de M. Laloux bien plus que certains bourgmestres inculpés. « Les petites gens ont droit aussi à se trouver dans un gouvernement », a-t-il dit, relevant notamment que les notes de politique générale d’autres secrétaires d’Etat ne faisant que quelques lignes n’ont pas suscité de commentaire.
Le président Di Rupo a rejeté toute erreur de casting, niant par ailleurs qu’il prenait ses décisions seul. « Je consulte largement. Parmi ces personnes, M. Moureaux fait certainement partie de ceux qui sont consultés le plus souvent », a-t-il dit en substance.
Le PS a proposé dimanche Jean-Marc Delizée comme successeur à Frédéric Laloux. M. Delizée prêtera serment dimanche entre les mains du Roi.
Agé de 48 ans, Jean-Marc Delizée est député de la province de Namur à la Chambre des représentants depuis 1993. Il était un des plus jeunes députés à l’époque. Il est président de la Commission des affaires sociales. Bilingue, il a d’abord acquis un régendat en langues germaniques avant de décrocher un diplôme de licencié en sciences politiques et relations internationales. Il est signataire de plusieurs propositions de loi concernant, entre autres, l’augmentation des pensions, la lutte contre les pièges à l’emploi ou encore la mise en place d’une Stratégie nationale pour l’emploi.
Ancien bourgmestre de Viroinval, il y était jusqu’à ce jour échevin notamment en charge de l’emploi, la formation, les affaires économiques et agricoles, l’enseignement, la culture, l’Etat civil et la population.
Le président du parti socialiste a indiqué ne pas être déstabilisé par les événements des dernières semaines. Il s’est même dit candidat à sa succession en 2011.

Frédéric Laloux démissionne

Le secrétaire d'État à la Lutte contre la pauvreté Frédéric Laloux a décidé de remettre son mandat, « pour rester fidèle à ses valeurs et à son engagement ». Le Premier ministre Yves Leterme a accepté cette démission. Le président du parti socialiste la comprend mais la regrette. « Je refuse de participer à une sorte de Star Academy de la politique . J'ai une autre opinion de la fonction politique que celle qui consiste à critiquer pour le plaisir et sans fondements et attaquer les personnes plutôt que les actions. », explique le secrétaire d'Etat sur son site internet. « C'est pour rester fidèle à mes valeurs et à mon engagement que j'ai décidé de remettre mon poste de secrétaire d'Etat. Car dans les conditions d'animation médiatique et d'exigence de « casting », je ne pense pas sereinement pouvoir assumer une mission que j'estime pourtant essentielle : travailler à réduire les inégalités dans notre pays et lutter contre la pauvreté. », poursuit Frédéric Laloux.
Réagissant à cette démission, le Premier ministre Yves Leterme dit avoir pris acte de cette démission lors d'un entretien avec M. Laloux.
« Le Premier ministre éprouve du respect pour cette décision. Les décisions sont prises pour la succession du secrétaire d'Etat démissionnaire », conclut le bref communiqué d'Yves Leterme.
Elio Di Rupo regrette
Le président du parti socialiste Elio Di Rupo regrette la démission de Frédéric Laloux, mais comprend et respecte ses raisons. Il proposera dans les plus brefs délais le nom du candidat qui pourrait le remplacer, précise-t-il dans un communiqué.
M. Di Rupo juge que « son retrait l'honore » et souhaite que chacun puisse poursuivre son travail, « dans un climat serein et constructif en faveur de nos concitoyens ».

Des réactions sans surprise
Après celles du Premier ministre Yves Leterme et du président du PS Elio Di Rupo, la démission du secrétaire d’État Frédéric Laloux a provoqué quelques réactions dans le monde politique.
Sur les antennes de RTL-TVI, la présidente du CDH Joëlle Milquet a convenu que c’était à M.
Laloux à estimer la nécessité de cette démission et souligné que les circonstances médiatiques étaient devenues difficilement supportables pour lui. Le président du MR Didier Reynders a jugé que la position de M. Laloux devenait intenable, devant des accusations assez graves et Jean-Marc Nollet (Écolo) a dit espérer que le prochain choix sera plus judicieux.
Du côté des partis flamands, la présidente du sp.a Caroline Gennez a estimé que M. Laloux avait pris la seule décision qui s’imposait, un Secrétaire d’État, surtout s’il s’occupe de la lutte contre la pauvreté, devant se trouver au-dessus de tout soupçon.
Quant aux écologistes de Groen !, ils estiment que la démission est l’occasion de mener une politique renforcée de lutte contre la pauvreté.
Les Verts flamands avaient déjà réclamé la démission de M. Laloux lors de l’affaire de la localisation de son cabinet et s’étaient montrés très critiques envers sa déclaration de politique qui manquait, à leurs yeux, de perspectives et d’ambition.

La polémique s’est installée dès le début

Frédéric Laloux a été nommé secrétaire d’État fédéral le 20 mars, alors qu’il était conseiller communal, chef du groupe socialiste à la ville de Namur et attaché au cabinet du ministre wallon Michel Daerden. Rapidement, il a fait l’objet d’attaques concernant l’utilisation d’une carte d’essence de la ville et des mandats publics qu’il aurait continué à détenir irrégulièrement.

C’était le 20 mars 2008. Philippe Laloux prêtait serment devant le Roi. Un mois plus tard, il remet son mandat. Belga
Des critiques se sont aussi élevées dans les rangs du PS, où certains ne voyaient pas d’un bon œil la désignation par le président Elio Di Rupo d’un nouvel « inconnu » à un poste ministériel.
Affilié au parti socialiste depuis 1991, sa carrière politique a démarré en 1995, lorsqu’il devient conseiller communal à Namur. De 2001 à 2006, il a été échevin des Sports, de la Logistique et du Centre de secours. Originaire de Jambes où il vit toujours, Frédéric Laloux a une formation d’agent immobilier.
L’attention de la presse est attirée sur M. Laloux dès la déclaration gouvernementale, lorsque les journalistes constatent qu’il est le seul membre du gouvernement absent au moment où M. Leterme entame la lecture de son texte. Une première polémique éclate dès le 29 mars, lorsque le nouveau secrétaire d’État déclare qu’il n’a pas de cabinet et doit travailler dans sa voiture. Il reconnaît ensuite que des locaux lui ont bien été attribués.
Ce sont ensuite des informations de presse faisant état de pleins de carburant abusifs pour sa voiture officielle. Pour ces faits, un dossier le concernant, ainsi que l’échevin Écolo de Namur Arnaud Gavroy, est envoyé au procureur général de Liège et une information judiciaire est ouverte à propos du Secrétaire d’Etat.
Après un appel du président des socialistes bruxellois Philippe Moureaux à renvoyer M. Laloux à Namur, de nouvelles accusations le visent, concernant cette fois une incompatibilité entre ses fonctions ministérielles et des mandats publics.
Frédéric Laloux a rejeté toutes les accusations qui étaient portées contre lui. Mais il a fini par démissionner samedi, dénonçant « mensonges, critiques et amalgames » à son égard, voulant rester fidèle à son engagement et disant ne pas vouloir participer à la « Star Academy » de la politique.

16 avril 2008

Qui veut la peau de Di Rupo au PS ?

Le PS est au bord de la crise de nerfs. Et cela fait plus de deux ans que cela dure, des affaires carolos jusqu'au mauvais résultat de juin 2007. Dans Le Soir de mardi, Philippe Moureaux a demandé à Elio Di Rupo, son président, de se ressaisir. Sa sortie ne fait pas l'unanimité au PS. Mais le malaise est désormais sur la place publique.


De la crise de la carolo aux polémiques autour de Laloux : Dans le jus des « affaires »
Tout commence le 5 septembre 2005, à Charleroi, lorsqu'Olivier Chastel (MR) divulgue l'« affaire » de la Carolo, la gestion désastreuse de la société d'habitations sociales dans la métropole wallonne. Le feu s'étendra à l'ICDI, emportant plus tard le Collège de la ville. Un feuilleton de deux ans, qui plombera le PS aux communales de 2006, puis aux législatives de 2007. Les inculpations déboucheront sur un procès, prévu… au printemps 2009. En pleine campagne des élections régionales ! Un calendrier ravageur.
Aucun rapport entre la Carolo et la polémique autour de Frédéric Laloux (des faits incomparables, sans commune mesure), sinon celui-ci : le PS continue de baigner dans le jus desdites « affaires » aux yeux de l'opinion publique. Ce qui le plombe, alors que sa seule chance de se refaire une santé électorale est précisément de faire la différence, de « tourner la page », comme on tente de convaincre au Boulevard de l'Empereur. La saga hutoise participe à maintenir le PS dans la dépression postélectorale. Quant à la polémique bondissante autour de l'ex-échevin namurois, elle brouille, à ce stade, l'image globale de l'équipe socialiste au gouvernement fédéral (le trio Onkelinx-Arena-Magnette) et parasite les effets positifs du dernier remaniement ministériel, ceux produits par l'opération Demotte à la Région wallonne et à la Communauté française.
Des législatives 2007 aux régionales 2009 : Le traumatisme électoral
Après ses succès aux communales de décembre 2000, aux législatives de mai 2003 et aux régionales de juin 2004 (un scrutin à l'issue duquel il troque son alliance dans les Régions avec le MR pour une autre avec le CDH), le PS a connu deux grosses contre-performances électorales, causes d'un traumatisme profond.
La première : aux communales d'octobre 2006, lorsqu'il essuya des revers à Charleroi (plongé en pleine « affaire » de la Carolo), à Namur (le déclin de Bernard Anselme), et ne parvint pas à hisser Laurette Onkelinx au maïorat à Schaerbeek, où la liste socialiste de la vice-Première réalisa un score nettement supérieur à celui réalisé par le PS six ans plus tôt dans la cité bruxelloise, mais échoua à faire chuter Bernard Clerfayt (MR), vainqueur incontesté, qui restera bourgmestre à la tête d'une coalition avec les écolos d'Isabelle Durant. Une claque – vécue comme telle – pour la socialiste.
Les communales d'octobre 2006 donnent un avant-goût de ce qui se produira quelques mois plus tard, aux législatives de juin 2007 : c'est le fameux « Waterloo » électoral du PS, qui glisse sous la barre des 30 % et se retrouve en Wallonie derrière le MR, lequel opère là un dépassement « historique ».
Un choc dans les rangs socialistes. Le doute s'installe : le PS est-il durablement relégué au second plan ? Le MR est-il parvenu pour longtemps à changer le « centre de gravité politique » au sud du pays, comme Didier Reynders en a l'ambition ? Les régionales de 2009 sont en vue et les sondages réalisés depuis les élections de juin 2007 ne sont guère engageants.
Celui publié vendredi dernier dans Le Soir décèle un PS en chute libre à Bruxelles, et derrière le MR en Wallonie, même si, là, une certaine stabilisation est perceptible dans les intentions de vote – on s'accroche à cette bouée (une lueur ?) au Boulevard de l'Empereur.
Qui peut se consoler de voir le MR reculer lui aussi dans ces mêmes sondages, le parti libéral-réformateur payant sans doute son échec à bâtir l'« Orange bleue » de centre-droit, et à éviter la longue crise politico-communautaire de 2007.
La guerre de succession se profile : Rudy ou Laurette ?
Philippe Moureaux a-t-il voulu précipiter un débat sur la succession à la tête du parti ? L'idée a traversé plus d'un esprit socialiste. « Mais c'est sans doute trop tôt », corrigent plusieurs ténors. Officiellement la présidence n'est pas vacante. Elio Di Rupo a été réélu, en juillet, pour un mandat de quatre ans. Y mettra-t-il fin après le scrutin régional de 2009, comme le prétend avec insistance la rumeur ? Si les résultats sont mauvais, plus que vraisemblablement. S'ils démentent tous les sondages, la question pourrait quand même être posée… Pour succéder au Montois, point de candidats déclarés. Mais deux noms sussurés avec insistance : Onkelinx et Demotte. Lorsqu'elle rêvait encore d'être bourgmestre de Schaerbeek, la première n'avait pas fait mystère de ses intentions d'assortir l'écharpe maïorale à la casquette de présidente de parti en 2009. Depuis, les Schaerbeekois ont imposé un coup de frein aux ambitions communales de la fille spirituelle de Moureaux, mais sans doute pas à ses envies présidentielles. Quant au dauphin de Di Rupo, Demotte, il ne s'est jamais déclaré… Mais n'en pense pas moins ?
La garde rapprochée quitte le boulevard de l'empereur : Le centre d'études décapité ?
Ce n'est pas la cause principale de la crise mais en ces temps troublés, Elio Di Rupo doit, en plus, composer avec le départ de ses proches. C'est Florence Coppenolle, l'attachée de presse, qui a ouvert le bal, au lendemain de la défaite électorale de juin 2007. Très critiquée pour sa gestion médiatique des « affaires », la jeune femme ne quitte pas le Boulevard de l'Empereur mais passe à l'arrière-plan, au poste (moins exposé aux contacts directs avec la presse) de directrice de la communication. En février, le secrétaire général du parti, Jean-Pol Baras, fait ses valises. Direction Paris. Pour occuper le poste, Elio Di Rupo rappelle son éternel bras droit, Gilles Mahieu. Dans les prochaines semaines, c'est Frédéric Delcor qui pourrait remettre les clés de son bureau. Le discret directeur du centre d'études du parti est candidat à la succession d'Ingberg à la tête de l'administration de la Communauté française. S'il décroche le poste – décision attendue prochainement – il devrait quitter d'ici à l'été l'Institut Emile Vandervelde (IEV). Assurément un coup dur pour le président du PS, qui travaille avec Frédéric Delcor depuis… 1995 ! Quel lapin Elio Di Rupo sortira-t-il de son chapeau pour doter l'IEV d'un nouveau patron ? Pas sûr qu'il la joue surprise du chef, sur ce coup-là… Les noms qui circulent sont des valeurs sûres dans les couloirs socialistes : le favori, Renaud Witmeur, proche de Rudy Demotte. Autres noms cités : Olivier Vanderrijst, fidèle chef de cabinet de Laurette Onkelinx, et Anne Poutrain, chef de cabinet du ministre-président wallon.
Les erreurs de casting : Laloux, comme d'autres avant
Pour Philippe Moureaux, Laloux doit s'effacer… Qu'en pense le principal intéressé ? Difficile à dire puisqu'il se tait dans toutes les langues. Tout au plus a-t-on appris ce mardi qu'il avait, d'une part, convié son détracteur à « une rencontre conviviale » et, de l'autre, qu'il préparait activement son passage en commission de la Chambre, où il doit présenter sa note de politique générale.
Reste que, bien avant la polémique sur sa voiture qui lui tenait lieu de bureau ou sur ses dépenses d'essence sur le compte de la ville de Namur, Frédéric Laloux posait problème. Tout comme, d'ailleurs, Julie Fernandez-Fernandez, autre secrétaire d'Etat directement sortie de la discrétion de sa fédération. C'est qu'une fois de plus, Di Rupo avait ménagé le suspense jusqu'au bout. Avec, quelques minutes à peine avant la prestation de serment, des surprises du chef. De celles qui sortent tout droit du Boulevard de l'Empereur, sans d'autre consultation que la garde très rapprochée. Faut-il rappeler qu'en arrivant au palais royal, Laurette Onkelinx salua Laloux comme s'il était un employé de Sa Majesté… Elle ne l'avait jamais vu ! Certes, Elio Di Rupo s'est fait le champion de ces coups de théâtre… Marie Arena, Paul Magnette et Fadila Laanan furent de ceux-là… Le 22 mars dernier, rebelote. Mais, cette fois, la révolte gronde plus fort que d'habitude. Le jour même, les parlementaires fédéraux font part de leur déception : à quoi bon, enragent-ils, travailler dans l'ombre du Parlement, si c'est pour se faire doubler, lorsque la lumière gouvernementale est en vue, par un illustre inconnu ? Karine Lalieux et Yvan Mayeur, proches de Moureaux, sont parmi les plus dépités. Leur déception explique peut-être aussi les propos du chef de la Fédération bruxelloise… Et tant pis pour Frédéric Laloux qui, il est vrai, prête le flanc à la critique avec ses erreurs – comme, d'ailleurs, une certaine Marie Arena l'avait expérimenté, à ses débuts, avec une certaine douche. Dont elle ne s'est jamais vraiment remise. Surtout électoralement.

Laloux tire son plan à la Chambre

La lutte contre la pauvreté a suscité un intérêt inhabituel en Commission de la santé de la Chambre. La polémique lancée par les propos du vice-président du PS Philippe Moureaux évoquant une erreur de casting, dans « Le Soir » de mardi, en était certainement la cause principale.
La Commission devait en effet entendre les exposés de la ministre de l'Intégration sociale, Marie Arena, et du Secrétaire d'Etat, sur leur note de politique déposée dans le cadre du budget 2008.
Comme il l'avait annoncé déjà dimanche, M. Laloux a surtout donné le calendrier et la méthode de travail qu'il entend suivre pour l'élaboration d'un plan fédéral de lutte contre la pauvreté. Ce plan sera élaboré en concertation et collaboration avec l'ensemble des départements, chacun dans sa compétence, a dit M. Laloux.
Il y aura d'abord, d'avril à juin, des concertations bilatérales avec les ministres fédéraux qui peuvent contribuer à la lutte contre la pauvreté. Le plan sera présenté au Conseil de ministres au début du mois de juillet. Dans le courant du mois de juillet, il sera présenté à la Conférence interministérielle.
L'opposition s'est montrée très critique à l'égard de « ces quelques pages » (5 au total) qui ne comportent rien de concret. On y trouve un long rappel de la situation sur la base de statistiques européennes, un rappel du bien-fondé de notre système de protection sociale et un calendrier pour l'élaboration d'un plan futur, faisaient remarquer Ecolo et Groen !
Avant le début de la réunion, Mme Arena et M. Laloux ont été interrogés sur la mise en cause de ce dernier.
Mme Arena a souligné qu'il n'y avait « pas de désunion mais des discussions » au sein du parti. Elle a ajouté qu'elle aurait aussi préféré -comme Rudy Demotte- que la discussion ait lieu en interne au parti. Elle a surtout insisté sur sa volonté de travailler dans le cadre de ses compétences. M. Laloux a également dit vouloir travailler pour ceux qui sont déjà dans la pauvreté et pour ceux qui risquent de tomber dans la précarité.

Laloux s'est mis en congé en temps utile
Le secrétaire d'Etat Frédéric Laloux a démissionné et s'est mis en congé en temps utile des divers mandats incompatibles avec ses nouvelles fonctions, a indiqué ce mercredi une porte-parole, contredisant ainsi des informations parues dans le quotidien La Libre Belgique.M. Laloux "a pris ses renseignements sur les incompatibilités liées à sa nouvelle fonction dès son arrivée. Dès qu'il a eu confirmation de certaines incompatibilités, il a démissionné (le 9 avril dernier) de ses mandats de la SWDE et du Port autonome", a-t-elle indiqué.Le secrétaire d'Etat à la Lutte contre la pauvreté a également souhaité se mettre en congé des autres mandats pour lesquels il n'y avait pourtant aucune incompatibilité "afin de se concentrer à 100% à sa mission", a-t-elle précisé.Concernant son mandat d'administrateur à la SWDE, Frédéric Laloux a démissionné par lettre vu l'incompatibilité avec une fonction ministérielle en vertu de la législation wallonne sur le cumul des mandats. Il s'est par ailleurs mis en congé comme membre du Conseil d'exploitation de Meuse amont.Le secrétaire d'Etat a été volontairement démis de sa fonction au Port Autonome de Namur, toujours en raison d'une incompatibilité avec une fonction ministérielle. Enfin, M. Laloux est également "président en congé" de la Joie du Foyer et administrateur en congé au "Foyer Jambois". En ce qui concerne le Tec Namur, également évoqué dans la presse, M. Laloux fait savoir qu'il n'y est plus administrateur depuis juin dernier.

Frédéric Laloux cumule
Laloux ne sera pas soumis à une enquête administrative
Moureaux appelle Di Rupo à renvoyer Laloux
"Je suis un homme intègre", assure Laloux
Leterme maintient sa confiance en Laloux

Un vent de contestation souffle au PS

Fait rare : le vice-président du PS, Philippe Moureaux, critique ouvertement la ligne du président Elio Di Rupo. L'affaire Laloux ravive de vieilles frustrations à l'intérieur du parti socialiste. Le président du PS se mure : pas de commentaire... .

De mémoire de camarades, on n'avait jamais vu cela... C'est la toute première fois que le vice-Président du PS, Philippe Moureaux, décoche des flèches empoisonnées à l'endroit de son président, Elio Di Rupo. Car sous couvert d'une critique à l'égard de Frédéric Laloux, l'ex-échevin de Namur bombardé secrétaire d'Etat à la Pauvreté par la grâce d'Elio Di Rupo, c'est bien le président du PS qui est la principale cible de Philippe Moureaux. En cause : le casting du gouvernement (principalement les secrétaires d'Etats Laloux et Fernandez) et par-delà, le laxisme à l'égard des "déviants". C'est au "Soir" que Moureaux a confié toute son amertume. Décodage.
1 D'où vient ce casting bizarre ? Elio Di Rupo a toujours adoré surprendre la galerie en proposant à la nomination des ministres et secrétaires d'Etat inattendus : Marie Arena, Christiane Vienne, Fadila Laanan, Marc Tarabella, Paul Magnette. Et tout dernièrement, Julie Fernandez Fernandez, échevine à Liège et, bien sûr, Frédéric Laloux, ex-membre du collège échevinal de Namur. Ces deux derniers étaient totalement inconnus au bataillon des "ministrables". C'est précisément pour cela qu'ils ont été choisis, explique-t-on au PS : Elio Di Rupo a voulu démontrer que le PS ne manque pas de talents.
2 Pourquoi Laloux ? Mais ces choix ne passent pas. Et au fil des jours, les choses, plutôt que de s'arranger, s'enveniment. Car si le PS ne manque pas talents, ces deux-là ne sont peut-être pas les mieux lotis. Et s'il fallait vraiment trouver un Namurois capable d'exercer cette fonction, Jean-Charles Luperto, Eliane Tillieux ou Valérie Deom étaient mieux placés. Mais Di Rupo n'a consulté personne à Namur. Bien sûr, Luperto a quelques ennuis depuis qu'au terme d'un collège euphorique, il s'est livré à une mauvaise blague téléphonique aux dépens du bourgmestre de Jemeppe. Mais bon. Entre cette stupidité de collégien et les problèmes de Laloux (surutilisation de sa carte essence) il y avait une hiérarchie des handicaps que le président du PS a niée.
3 Qui s'oppose à Di Rupo ? La liste des gens que le président a frustrés est longue au PS. Et petit à petit, les langues se délient. Anonymement bien sûr. Courageux, mais pas téméraires. N'est pas Moureaux qui veut. Aux commentaires, on devine que l'ère Di Rupo est doucement en train de s'achever. D'ailleurs, à intervalles réguliers, on sent bien que le principal intéressé n'est plus au top de sa forme et de son influence. Depuis 1999, date de son accession à la présidence du PS, il a accumulé les victoires. Sauf en 2007, évidemment, où la success story s'est brutalement achevée. Et Philippe Moureaux a raison de rappeler que l'échec est dû aux affaires plutôt... qu'à la loi sur les armes comme le prétendent les ennemis de la rénovation du PS, ceux qui vivent encore du souvenir des acquis du passé, rêvant des avantages politiques que leur procurait un PS à 44 pc.
Elio Di Rupo apparaît un peu blasé, comme si la popote interne de son parti ne l'amusait plus. Le syndrome "Louis Michel" en quelque sorte. D'ailleurs, il est bien plus aisé d'interroger Di Rupo sur la situation en Chine ou au Chili que sur ses équipes ministérielles. Certains disent qu'il rêve d'un job international. Mais ils ne sont pas légion.
4 Que cherche Philippe Moureaux ? Si, au PS, on pensait que l'ouragan né de la nomination de Frédéric Laloux était passé, Yves Leterme l'ayant accepté dans son équipe après l'avoir auditionné, la sortie de Philippe Moureaux relance le débat interne au PS.
Dès lors, les exégètes de la pensée de Moureaux tentent de comprendre. Pourquoi cette sortie publique, vivement contestée, dans sa forme, par Rudy Demotte, le Premier wallon ? D'abord, parce que, dûment informé du malaise interne, Elio Di Rupo aurait fait la sourde oreille. Plusieurs parlementaires (Mayeur, Eerdekens,...) avaient dit clairement leur dépit. D'autres se demandent si, au crépuscule de sa carrière politique, Philippe Moureaux, piqué au vif par un sondage reléguant le PS à la 3e position, derrière le MR et le CDH, ne cherche pas, en écorchant l'image d'Elio Di Rupo, à lancer l'idée d'un changement de président. Au profit de... sa protégée de toujours, Laurette Onkelinx. Evidemment, les Liégeois, en guerre interne permanente, ne verraient peut-être pas d'un bon oeil l'arrivée de cette Néobruxelloise. Un président bruxellois ? Pas sûr que les Wallons accepteraient cela.
5 Dans quel état est le PS ? Jusqu'ici, la rénovation n'avait pas trop mal progressé, malgré de retentissants ratés. Car dans beaucoup d'endroits, elle demeure superficielle. Et malgré l'optimisme affiché par le boulevard de l'Empereur, il demeure plus d'un hiatus entre le parti et sa base. Dès lors, de multiples zones de contestation apparaissent. Ne parlons pas de ceux qui, à l'approche des élections, espérant négocier une place en vue, ruent dans les brancards : les régionalistes qui menacent toujours de créer un parti dissident ou de rejoindre les rattachistes.
Si la lenteur d'Elio Di Rupo a condamner les agissements déviants est condamnée par Philippe Moureaux et ses amis, certains reprochent aussi au président de ne pas avoir eu le courage de profiter de l'échec électoral cuisant de juin 2007 pour se refaire une santé dans l'opposition, comme André Cools et Guy Spitaels en 1970 et 1980. " On est venu nous chercher" a coutume de dire Elio Di Rupo . "Il fallait refuser ", expliquent ceux qui étaient attirés par une vivifiante opposition.
6 Comment sortir de ce guêpier ? " Elio ne se déjugera pas , juge un baron. La meilleure chose qui puisse arriver, c'est que Laloux se retire. Mais je ne suis pas sûr qu'il en ait les c... "

Politique : Laloux, l'arbre qui cache la foret ?

La désignation de Frédéric Laloux, comme secrétaire d'Etat, est une erreur de casting. Alors que l'on croyait le malaise aplani depuis qu'Yves Leterme lui avait réitéré sa confiance, le choix du namurois est à nouveau remis en cause. Et les critiques émanent, cette fois, de l'intérieur même du parti, et pas d'un second rôle, mais bien du vice-président du PS, Philippe Moureaux; de quoi crisper le Boulevard de l'Empereur …
VIDEO• P. Moureaux critique E. Di Rupo à propos de F. Laloux
Au Parti Socialiste, on s'en tient pour l'instant à un No comment. Dans l'entourage d'Elio Di Rupo on ne cherche d'ailleurs pas à cacher le malaise que suscitent les propos sévères de Philippe Moureaux mardi matin dans "Le Soir". On regrette qu'il ait choisi de s'exprimer dans la presse plutôt que lors des réunions des différentes instances du parti. Donc pas question de déboulonner Fréderic Laloux, le nouveau secrétaire d'Etat à la lutte contre la pauvreté. Un secrétaire d’Etat épinglé pour l'utilisation apparemment excessive d'une carte essence de la ville de Namur, mais dont la défense a convaincu le Premier ministre et qui a produit les pièces attestant de sa bonne foi ; même si une information judiciaire est ouverte sur la base d'articles de presse. Pour le Boulevard de l'Empereur, il faut donc en rester là.

Dans le même temps, la mise en cause de la stratégie présidentielle par le N°2 du parti, dans un contexte post et pré-électoral périlleux pour les socialistes réveille un certain nombre de clivages passés, entre communautaristes et régionalistes, ou encore entre les partisans de la fermeté et les défenseurs de la présomption d'innocence que les affaires de Charleroi avaient opposés, et avant elles les affaires liégeoises. Mais le malaise révèle sans doute aussi un clivage à venir.

Par personnes interposées ,comme pour le cas Laloux, ou par dossier interposé, comme les critiques qui se multiplient dans les rangs même du PS à propos de la lois sur les armes, les tensions internes aux socialistes préfigurent aussi les rivalités qui ne manqueront sans doute pas d'apparaître entre Laurette Onkelinx et Rudy Demotte lorsque viendra le moment de la succession d'Elio Di Rupo.

"Une démarche inélégante" :

Le ministre président wallon et de la Communauté française, Rudy Demotte, juge inélégante la démarche de Philippe Moureaux. Ce genre de débat doit être mené à l'intérieur du parti et non sur la place publique dit encore Rudy Demotte

• Philippe Moureaux secoue le PS
• Malaise au parti socialiste

Laloux cumule et se met en infraction

Le Secrétaire d'Etat ne respecte pas le décret wallon de 2004 sur les mandats d'administrateur public. Il doit quitter la SWDE, les Tec Namur, le Port autonome.
Chacun porte sa croix, mais celle de Frédéric Laloux semble de plus en plus pénible à soulever. Le secrétaire d'Etat socialiste, après s'être fait "descendre" par Philippe Moureaux mardi, peut s'attendre à un comité d'accueil cinq étoiles, ce mercredi à la Chambre, alors qu'il doit présenter une note de politique générale ("La Libre" du 15/04) déjà jugée, ça et là, "évasive"...
Mardi, Frédéric Laloux a donné un coup de téléphone à Philippe Moureaux, et les deux hommes ont convenu de se rencontrer, mais lui a-t-il dit qu'il était en infraction avec un décret wallon de 2004 ? Pas certain... Secrétaire d'Etat, le Namurois est désormais en infraction avec le décret wallon du 12 février 2004 relatif au statut de l'administrateur public. Rappel, ce décret rend incompatible un mandat d'administrateur public avec un poste de secrétaire d'Etat ou de ministre. Or, Frédéric Laloux est administrateur depuis le 30 janvier 2008 de la SWDE (Société wallonne des eaux) et a d'autres mandats au Tec Namur Luxembourg et au Port autonome de Namur où il est administrateur suppléant.
Voici donc Frédéric Laloux en infraction et forcé de choisir rapidement entre son poste gouvernemental et ses mandats wallons...
Pour l'heure, Laloux conserve la confiance du Premier ministre Yves Leterme - qui, lui, se retranche derrière la confiance de Di Rupo à Laloux. Côté régional wallon, alors qu'une enquête administrative est ouverte sur l'échevin actuel (Ecolo) Arnaud Gavroy, rien en vue sur l'ancien échevin (PS) Frédéric Laloux. Y a-t-il donc du "deux poids deux mesures" chez le ministre (PS) de tutelle ? Pour s'en défendre, il suffit à Philippe Courard de rappeler que le code de démocratie locale prévoit la possibilité de procédures disciplinaires à l'égard d'un bourgmestre ou échevin en fonction, pas pour une fonction antérieure ni à l'égard d'un conseiller communal (ce qu'est aujourd'hui M. Laloux). Le député Bernard Wesphael (Ecolo) s'est dit "vraiment scié" par ce qu'il appelle des "arguties juridiques" tandis que, plus sobre, Caroline Cassart (MR) se demandait si ladite législation n'est pas "lacunaire".

"Il s'était mis en congé en temps utile"
Le secrétaire d'Etat à la Lutte contre la pauvreté a également souhaité se mettre en congé des autres mandats.
Le secrétaire d'Etat Frédéric Laloux a démissionné et s'est mis en congé en temps utile des divers mandats incompatibles avec ses nouvelles fonctions, a indiqué mercredi une porte-parole, contredisant ainsi des informations parues dans le quotidien La Libre Belgique.
M. Laloux "a pris ses renseignements sur les incompatibilités liées à sa nouvelle fonction dès son arrivée. Dès qu'il a eu confirmation de certaines incompatibilités, il a démissionné (le 9 avril dernier) de ses mandats de la SWDE et du Port autonome", a-t-elle indiqué jeudi.
Le secrétaire d'Etat à la Lutte contre la pauvreté a également souhaité se mettre en congé des autres mandats pour lesquels il n'y avait pourtant aucune incompatibilité "afin de se concentrer à 100% à sa mission", a-t-elle précisé. Concernant son mandat d'administrateur à la SWDE, Frédéric Laloux a démissionné par lettre vu l'incompatibilité avec une fonction ministérielle en vertu de la législation wallonne sur le cumul des mandats. Il s'est par ailleurs mis en congé comme membre du Conseil d'exploitation de Meuse amont.
Par ailleurs, le secrétaire d'Etat a été volontairement démis de sa fonction au Port Autonome de Namur, toujours en raison d'une incompatibilité avec une fonction ministérielle. Enfin, M. Laloux est également "président en congé" de la Joie du Foyer et administrateur en congé au "Foyer Jambois". En ce qui concerne le Tec Namur, également évoqué dans la presse, M. Laloux fait savoir qu'il n'y est plus administrateur depuis juin dernier.

15 avril 2008

Moureaux à Di Rupo : « Virez Laloux ! »

Le numéro deux du PS veut le départ du secrétaire d'Etat Frédéric Laloux. Et presse Elio Di Rupo de prendre position radicalement sur les agissements déviants.

En répondant aux questions du Soir, Philippe Moureaux espère « provoquer un sursaut » du côté du Boulevard de l'Empereur. Sur un ton ferme et peu diplomatique, le vice-président du PS s'adresse à Elio Di Rupo, son président : « Je l'engage à donner une ligne claire (NDLR : au parti). Qui va nous coûter dans l'immédiat, mais qui nous portera plus loin. Plutôt que de faire des choix frileux qui vont nous couper de toute perspective d'avenir. »
Le Bruxellois estime que « le dernier casting gouvernemental du PS est un échec ». Il demande à son auteur, Elio Di Rupo, de « réparer ses erreurs dans ses choix ». En clair : renvoyer à Namur Frédéric Laloux, le secrétaire d'Etat à la lutte contre la pauvreté empêtré dans une affaire de pleins d'essence.
Philippe Moureaux veut que son président se montre plus sévère avec « les dérives et les pratiques qui sont les nôtres ». C'est le moment, dit-il, d'« indiquer clairement à l'opinion que le parti n'accepte plus ce genre de choses ». Et sans vains regrets : « Que ceux qui ne sont pas d'accord fassent un pas de côté ou aillent voir ailleurs. »

ENTRETIEN
On ne l'a guère entendu ces derniers mois. Celui qui représentait le PS au comité des sages sur la réforme de l'Etat observait une certaine réserve par rapport à l'évolution de la situation politique générale, et celle de son propre parti…
… Ce silence, vous le rompez…
Il me semble que, pour quelqu'un comme moi qui n'a plus aucune ambition personnelle sinon celle de réussir sa retraite, il est nécessaire maintenant, avec prudence, sans casser la porcelaine, d'exprimer ses inquiétudes, ses réserves, parfois ses critiques.
A propos…
Du dernier casting gouvernemental du PS. Un échec. Et c'est triste, car il intervient au moment où l'on aurait besoin de ce genre d'opportunité pour faire avancer le parti. Choisir des extra-parlementaires pour un gouvernement, cela peut se justifier – et ce serait difficile d'ailleurs pour moi de dire le contraire puisque j'étais moi-même un non-élu en 1980 lorsque je suis devenu ministre. Prenez récemment la désignation de Paul Magnette : elle ne me paraît poser aucun problème vu sa situation (son intervention pour faire cesser la querelle carolo en 2006, NDLR) et l'ampleur de la personnalité. Par sa connaissance des dossiers, son expertise, ou sa situation particulière, un extra-parlementaire peut donc apporter quelque chose de fondamental. Mais il n'est pas bon de négliger les parlementaires pour des personnes qui, certes ne sont pas inintéressantes, mais qui ne sont pas du même niveau qu'eux à ce stade. Je n'épiloguerai pas sur le choix de quelqu'un qui souffre d'ailleurs d'avoir été mis en première ligne.
Vous visez Frédéric Laloux…
Peut-être n'aurait-il pas connu certains avatars si on ne l'avait pas imprudemment soumis au feu médiatique et judiciaire.
La présomption d'innocence ?
Mais je ne le condamne pas. Je crois d'ailleurs que si on ne l'avait pas désigné, on aurait beaucoup moins parlé, voire pas du tout, du problème pelliculaire pour lequel il est inquiété, l'utilisation de quelques litres d'essences complémentaires. Mais à partir du moment où on est placé en première ligne, ce genre de choses prend une tout autre tournure.
Conclusion ?
Des erreurs, tout le monde en commet, mais après, il est souhaitable de les réparer. Je parle des choix du président, du casting.
Le secrétaire d'Etat doit donc, selon vous, être remplacé ?
J'ai été assez clair.
Et le casting gouvernemental ?
En le modifiant légèrement, il peut retrouver une pertinence incontestable. Laurette Onkelinx, Marie Arena, Paul Magnette, nos ministres fédéraux, sont des gens de toute première qualité. La jeune secrétaire d'Etat liégeoise ne pose pas de problème majeur. Mais ce qui est terrible, c'est qu'on ne parle pas d'eux mais de la désignation d'un garçon auquel je n'ai aucun reproche particulier à faire, mais qui devient l'image dominante pour l'opinion, alors qu'il y a derrière une belle équipe. C'est injuste. On peut y remédier. C'est la politique. Ce garçon, on l'a exposé. On lui rendrait un service en corrigeant le tir. Cela dit, derrière, je vois un problème plus global…
Vous voulez dire ?
Le choc des dernières élections a été dû essentiellement, pour moi, à ce que l'on a appelé les « affaires », des événements que l'on a d'ailleurs résumés imprudemment et injustement à ceux de Charleroi. Or, je vois qu'au PS, on a tendance à dire aujourd'hui : « Au fond, il ne s'est rien passé de spécial. Circulez y'a rien à voir ». Certains prétendant même que le grand problème pour le PS, ce fut la loi sur les armes !, qui nous aurait fait perdre des dizaines de milliers de voix. Donc : le parti aurait tout bien fait, sauf Laurette Onkelinx, à l'origine de cette loi sous la législature précédente, comme ministre de la Justice. Cette idée est totalement fausse et insupportable. C'est refuser de voir les difficultés en face. Cette loi sur les armes, je ne l'ai jamais trouvée très bien rédigée, j'ai des critiques, mais elle a été approuvée par tous les groupes politiques, dans un sursaut après les événements à Anvers (la fusillade Van Themsche, Ndlr), et considérer qu'une mesure restrictive en matière de port des armes est négative, c'est déjà étonnant en soi ! M. Bush est le grand défenseur du port d'armes aux Etats-Unis… Mais ce qui m'inquiète le plus, c'est la tentative de transférer les responsabilités de la défaite de 2007.
De la part de qui ?
Je constate simplement qu'au Boulevard de l'Empereur, au siège du parti, on a organisé des rencontres dans les fédérations, en cours, à propos de cette loi sur les armes. Une manière de nous exempter de ce qui pour moi est le problème fondamental, celui des comportements d'élus. Si le PS veut s'inscrire dans l'avenir, il doit prendre position radicalement. Il ne faut pas masquer ces réalités, par exemple avec la loi sur les armes. Ce sera dur. On encaissera peut-être des défections en vue de 2009. Mais il faut montrer à l'opinion publique qu'une page est tournée.
Elio Di Rupo appréciera…
J'appelle Elio Di Rupo, qui a fait un travail extraordinaire à la présidence par ailleurs, et qui a une capacité de travail exceptionnelle, je l'engage publiquement à faire ce choix, à donner une ligne claire. Qui va nous coûter dans l'immédiat, mais qui nous portera plus loin. Plutôt que de faire des choix frileux qui vont nous coûter et nous couper de toute perspective d'avenir.
Qui visez-vous ?
Je n'ai aucune animosité contre X, Y ou Z. Franchement, je ne mets en cause personne. Je pense aux dérives et aux pratiques, et aux règles éthiques qui sont les nôtres. Un bourgmestre qui méprise l'opposition (même si ce n'est pas illégal), un élu local qui pratique toujours un clientélisme de bas étage… Il faut indiquer clairement à l'opinion que le parti n'accepte plus ce genre de choses. Et exécuter ce qui a été décidé au PS ces derniers temps : plutôt que de faire le tour des fédérations à propos de la loi sur les armes, le faire pour expliquer et faire passer les éléments éthiques inscrits dans nos statuts et notre programme. Et que ceux qui ne sont pas d'accord fassent un pas de côté ou aillent voir ailleurs !
Ces « pratiques », quelle est leur ampleur au PS ?
Elles ne sont pas du tout majoritaires, mais elles le sont pour les médias, dans l'image qu'ils donnent. Notre mission politique reste entière. Les idées de gauche ont toute leur pertinence, et l'illusion du libéralisme qui allait régler tous les problèmes de la planète est en train de s'estomper. Mais il faut retrouver toute notre pertinence sur les comportements.
Une attaque à Elio Di Rupo ?
Non. J'ai toujours soutenu Elio, je continue à croire qu'il est un homme d'exception, mais après une période de dialogue un peu éteint, je souhaite publiquement lui dire mon inquiétude, et le presser de bien regarder vers l'avenir.
Vous servez vos adversaires en accréditant la thèse que le problème du PS, c'est les affaires…
Mais le problème du PS… c'est les affaires ! Faux en partie, et très exagéré, je l'ai dit, c'est bien de ce problème, pourtant, qu'il faut sortir aujourd'hui. A un an et demi des élections, j'espère provoquer le sursaut qui permettra de dire : le PS ce n'est pas les affaires, c'est le message social et l'action.

07 avril 2008

Le dossier Gavroy-Laloux chez le PG

Le parquet de Dinant envoie son dossier "cartes essence" au parquet général de Liège.
L'arroseur arrosé ? On sait que le conseiller communal namurois Arnaud Gavroy (Ecolo) fut mis en cause pour utilisation abusive d'une carte d'essence par Frédéric Laloux (PS), avant que celui-ci subisse une accusation similaire. L'affaire pourrait rebondir encore...
Samedi, "La Dernière Heure" indiquait qu'une délibération du collège du 14 janvier 2003 attestait que, à l'initiative de l'ex-échevin de la Logistique (soit M. Laloux), il avait été décidé que trois véhicules avec chauffeur étaient mis à disposition du collège (donc aussi de M. Laloux). Par ailleurs, le journal rapportait des dépassements de prise de carburant (en théorie limitée à 2 000 litres/an). Les explications servies par M. Laloux ("extrêmement choqué" d'avoir au passage été traité de menteur) quant à sa carte essence en sortent donc brouillées.
Eh bien, le nouveau secrétaire d'Etat fédéral à la Pauvreté va pouvoir s'expliquer. Car le procureur du Roi de Dinant, Bernard Claude, avait ouvert un dossier pour M. Gavroy avant d'en faire autant pour M. Laloux. C'est que le parquet doit poursuivre les faits éventuellement délictueux (faux, détournement) portés à sa connaissance, comme nous l'a confirmé samedi le procureur général de Liège, Cédric Visart de Bocarmé. Qui précise que la qualité ministérielle de M. Laloux fait que le dossier vient tout juste d'être transmis par Dinant à la cour d'appel de Liège.
"Les secrétaires d'Etat sont, au plan judiciaire, assimilés aux ministres", nous dit M. Visart, qui explique qu'il fallait "d'autant plus suivre les deux pans du dossier que le second avait d'abord été l'accusateur du premier". Vers un procès en cour d'appel ? C'est trop tôt pour le dire : "Il faut voir le dossier, mener enquête et décider s'il est opportun de poursuivre, car ce n'est pas obligatoire".

05 avril 2008

Laloux se dit choqué des accusations de mensonge

Le nouveau secrétaire d'Etat fédéral à la Pauvreté et conseiller communal de l'opposition PS à Namur, Frédéric Laloux, s'est dit "extrêmement choqué qu'on l'accuse d'avoir menti" à propos de son recours au système d'utilisation de carburants de mise à Namur. Il a annoncé qu'il ferait publier un droit de réponse.
La défense de l'actuel secrétaire d'Etat qui affirmait n'avoir pas utilisé de manière abusive le système carburant de la ville de Namur lorsqu'il était échevin sous l'ancienne législature, n'est pas conforme à la vérité, a affirmé samedi La Dernière Heure. Selon le quotidien, M. Laloux a affirmé, dans un communiqué, que, n'ayant pas la faculté d'utiliser des véhicules de la ville pour ses déplacements dans Namur, il utilisait son véhicule privé. Or, dixit le journal, une délibération du collège du 14 janvier 2003 atteste qu'à l'initiative de l'échevin de la Logistique (à savoir M. Laloux), il a été décidé que trois véhicules avec chauffeur seraient mis à disposition du collège. Selon le secrétaire d'Etat, le collège avait décidé de lui accorder un débit maximal de 2.000 litres par an au moyen de sa carte d'essence. Pourtant, relève La DH, des documents du collège montrent qu'il a dépassé ce débit maximal par deux fois, en 2002 et en 2005, sans rembourser ces dépassements.
De plus, certains pleins ont été effectués avec la même carte d'essence à quelques heures d'écart seulement, voire à une demi-heure d'intervalle. "C'est avec stupéfaction que j'ai découvert l'article qui prétend de manière éhontée que j'aurais menti quant à l'utilisation de voitures de la ville de Namur. Je suis choqué et blessé par ces propos et je demanderai la publication d'un droit de réponse pour que mon honneur soit rétabli", a souligné Frédéric Laloux, samedi après-midi.
Selon lui, la réponse qu'il a apportée en début de semaine à des premières informations "inexactes" parues dans la presse "ne laissait plus planer aucun doute quant à mon honnêteté et ne permettait aucun amalgame avec l'affaire Gavroy (utilisation de la carte d'essence de la ville par l'épouse de ce dernier à des fins privés). "En ce qui concerne le nombre de litres de carburant, une demande de relevé exact pour les 6 années a été faite mardi à la ville. Je ne l'ai toujours pas reçu... Je m'étonne dès lors qu'on puisse m'attaquer avec tant de virulence sur des documents que la ville ne m'a pas transmis. Je vous propose d'analyser la situation pour chaque année de mon mandat et non pas d'isoler 2 exercices.
Signalant qu'aucun remboursement ne lui a jamais été demandé par le receveur communal, auquel cas il y aurait procédé, Frédéric Laloux s'est "étonné sincèrement qu'on puisse me traiter de 'menteur' sans même prendre la peine de vérifier auprès de moi ce qui apparaît comme des rumeurs colportées par des personnes désireuses de nuire à mon honneur. ...Je suis surtout connu pour ma capacité de proximité et d'écoute. J'ai certainement des défauts. Mais je suis un homme honnête et je m'étonne que mon intégrité soit attaquée sans nuance et vérification sur base de rumeurs mensongères", a-t-il encore tenu à préciser.

Frédéric Laloux a menti

Voitures de fonction : la défense du secrétaire d'État n'est pas conforme à la vérité

Frédéric Laloux, qui a attaqué l'échevin Écolo Arnaud Gavroy à propos de ses consommations d'essence, a-t-il utilisé de manière abusive le système carburant de la ville de Namur, lorsqu'il était échevin sous l'ancienne législature ? L'actuel secrétaire d'État à la Pauvreté et conseiller communal de l'opposition PS à Namur, s'en défendait il y a quelques jours via un communiqué. "Les conditions d'utilisation de véhicules étaient différentes sous l'ancien collège que celles en vigueur actuellement. Ainsi, je n'avais pas la faculté d'utiliser de véhicules de la ville pour mes déplacements dans Namur. C'est mon véhicule privé qui était utilisé." Or, une délibération du collège du 14 janvier 2003 atteste qu'à l'initiative de l'échevin de la Logistique (autrement dit Frédéric Laloux), il est décidé que trois véhicules - une Opel Zaphira, une Nissan Primera et une Audi A6 - seront mis à disposition du collège, avec chauffeur. Comment l'ex-échevin de la Logistique, responsable de la flotte des véhicules communaux, peut-il avoir oublié ce fait ? À moins qu'il ne s'agisse d'un pieux mensonge ? Et ce n'est pas tout. "Pour dédommager ces déplacements avec mon véhicule privé, la décision du collège était que je dispose d'une carte essence. La décision du collège était d'autoriser un débit maximal de 2.000 litres par an", assurait encore le conseiller.
Or, il est avéré par des documents du collège que M. Laloux a dépassé ce débit maximal par deux fois en 2002 (2.239 litres) et en 2005 (2.154) sans rembourser ces dépassements. "Cette carte était valide pour tous types de carburants. Pourquoi tous les carburants ? Tout simplement parce que cette carte servait à effectuer les déplacements dans le cadre des activités de la ville, quel que soit le véhicule : un deux-roues, une voiture ou un utilitaire. J'ai bien entendu en six ans utilisé des véhicules différents." Sauf que des pleins sont faits avec la même carte d'essence à quelques heures d'écart seulement, des pleins diesel et essence à un jour d'intervalle. Sans parler de pleins réalisés à une demi-heure d'intervalle avec la même carte d'essence.
Contrairement à ce qu'on pourrait penser, ce n'est pas Bernard Claude, le procureur du Roi de Namur, qui est compétent dans ce dossier. En effet, comme il l'explique d'ailleurs, l'éventuelle suite judiciaire de cette affaire va dépendre du procureur général de Liège étant donné que Frédéric Laloux est désormais secrétaire d'État. C'est dès lors en toute logique que Bernard Claude a fait parvenir au procureur général les pièces en sa possession relatives à Frédéric Laloux. Au procureur général de décider vers quelle voie se diriger.

03 avril 2008

Si tu veux être ministre, ne sois pas parlementaire !

Leçon de Van Cau et morale de l'histoire
Jean-Claude Van Cauwenberghe s'émeut de la désignation surprise de Julie Fernandez Fernandez et Frédéric Laloux dans le gouvernement Leterme Ier. Et dénonce la nomination de non-parlementaires dans les exécutifs.

Pour comprendre : Jean-Claude Van Cauwenberghe ne rate pas une occasion pour quereller Elio Di Rupo, jugé responsable de son départ précipité de l'Elysette à la fin 2005, dans la tourmente carolo. Le récent remaniement ministériel dans les rangs socialistes pour la formation de Leterme Ier, opéré par son président de parti, lui a ouvert une opportunité. La désignation surprise aux secrétariats d'Etat à la personne handicapée et à la lutte contre la pauvreté de deux trentenaires « inconnus », Julie Fernandez Fernandez et Frédéric Laloux (échevine à Liège, et ex-échevin à Namur, tout de même, donc élus dans leur ville) a provoqué quelques grognements dans le groupe parlementaire fédéral (« Quelle expérience politique ont-ils ? Et nous dans tout ça ? »), et les débuts chahutés du second (séquence télévisée sur la vraie-fausse attribution d'un cabinet à son nom, polémiques sur l'utilisation de sa carte de carburant de la Ville) ont achevé de faire des gorges chaudes.
Tradition
Voilà pour le contexte dans lequel Van Cau a signé, avec le député liégeois Charles Janssens, jeudi dans Le Soir, une carte blanche mi-doctrine mi-vitriol qui dénonce ce qu'il désigne comme une tendance lourde à hisser dans les exécutifs des non-parlementaires, parfois des non-élus, sans légitimité électorale, et intitulée : « Si tu veux être ministre, camarade, ne sois pas parlementaire ! ».
Ecorchant son président de parti et sa bête noire désormais, Paul Magnette, le très remarqué politologue de l'ULB propulsé l'an dernier au gouvernement wallon, puis au fédéral, après avoir éteint le feu carolo comme envoyé express du Boulevard de l'Empereur, l'ex-grand patron de la métropole wallonne s'interroge sur le sort de nos démocraties représentatives.
Vincent de Coorebyter (directeur du Crisp) recadre le débat : « N'oublions pas qu'un gouvernement n'est pas un parlement. J'attire l'attention sur la distinction en démocratie entre l'exécutif et le législatif, qui lui seul est composé d'élus, et dont l'objet est notamment de contrôler l'exécutif, ouvert à tous. Cela étant, il est vrai que la tradition chez nous veut que des parlementaires deviennent ministres, et Van Cau a raison de noter qu'elle a été égratignée ces dernières année. » Quoique très relativement, à ce stade. Côté non élus, Paul Magnette et, en 2001, Marie Arena, ont surgi au PS ; Jean-Claude Marcourt aussi (il était chef de cabinet). La nomination à Namur de Philippe Courard avait fait sensation en 2004, mais lui était mayeur, à Hotton. Bref, le phénomène est limité. La grande majorité des ministres sont issus d'assemblées parlementaires, les exceptions émanant, évidemment, de tous les partis. On pense, entre autres, à Marie-Dominique Simonet, Catherine Fonck, Benoît Lutgen, Josly Piette (CDH), Sabine Laruelle (MR), Kris Peeters (CD&V), Inge Vervotte (VLD)…
« Attention, en France, ils ont promu des Kouchner, Laporte, Tapie, Amara… On est donc allé chercher des non-élus parfois pour leur expertise, certes, mais encore pour leur côté symbolique, pour frapper l'opinion. Ce n'est pas le cas en Belgique. On prend des « vedettes » sur les listes électorales, pas dans les exécutifs, où les compétences importent en priorité ». Ou, parfois, la jeunesse. La nouveauté. Pour de mauvaises ou de bonnes raisons : créer l'événement médiatiquement, court-circuiter les structures internes, provoquer épisodiquement un renouvellement des cadres et des élites.
Fondé partiellement seulement, fleurant fort la polémique interne, l'appel de Van Cau à une reparlementarisation de la fonction ministérielle a donc surtout le mérite de bien signaler ceci, à propos de notre démocratie représentative : quelque chose ne tourne pas rond.

Gravir les échelons du parti ? Le contre-exemple carolo

Il fut un temps où le cursus normal d’un homme ou d’une femme politique impliquait un solide enracinement dans le terreau militant et un passage par l’école de la démocratie locale », écrivaient jeudi dans nos colonnes Charles Janssens et Jean-Claude Van Cauwenberghe. Le tandem socialiste voyait dans ce modèle l’incarnation de « l’éthique socialiste du mérite », à des années-lumière des pratiques de leur président Pygmalion.
On serait tenté d’applaudir, s’il n’y avait… l’exemple carolo. À Charleroi, le fonctionnement de l’USC sous Jean-Claude Van Cauwenberghe n’est pas étranger aux « affaires » qui ont secoué la Ville, depuis 2005. Le PS comptait presque autant de sections (16) qu’il y avait d’anciennes communes (15) et de postes au sein du collège (11 et la présidence du CPAS). En majorité absolue, celui qui voulait briguer un échevinat – l’échevin sortant ou le « leader de section » (nom donné au principal conseiller communal socialiste d’une section ne disposant pas d’un échevinat) – se devait de maîtriser troupes et débats au sein de sa section. Un découpage géographique inspiré par une volonté de proximité mais qui a vite tourné à la féodalité : aucun dossier ne pouvait se concrétiser sans l’aval de l’homme fort du coin. De même, le patron d’une section se devait d’écarter les trublions susceptibles de contester son autorité. On imagine volontiers le sort réservé à un Magnette ou à une Arena s’ils avaient dû effectuer ce cursus honorum du parti avant d’émerger…
Cette logique de pouvoir, appliquée à l’échelon supérieur (contrôler une majorité de section pour contrôler l’USC) a conduit le PS carolo, sous l’ère Van Cau, à privilégier la fidélité à la compétence, chacun bâtissant sa popularité électorale au départ de sa visibilité politique et sociale. Certains camarades ont ainsi pu accéder à des fonctions parce que, maître dans leur fief et dévoué à leur leader, ils s’étaient rendus incontournables. Au point de se croire tout permis.

Jean-Claude Van Cauwenberghe attaque Di Rupo : une nouvelle règle s’impose au PS pour devenir ministre : n’être ni député fédéral ou régional, ni sénateur.
De renouvellement de gouvernement en renouvellement de gouvernement, au niveau fédéral comme au niveau des entités fédérées, une nouvelle règle s’impose au PS pour devenir ministre : n’être ni député fédéral ou régional, ni sénateur.
Il fut un temps où le cursus normal d’un homme ou d’une femme politique impliquait un solide enracinement dans le terreau militant et un passage par l’école de la démocratie locale. Fort de combats électoraux remportés et d’une expérience de gestionnaire communal ou provincial, il se présentait alors aux élections régionales ou fédérales. S’il était élu député ou sénateur et confirmait cette légitimité populaire par des capacités politiques, il devenait alors naturellement ministrable.
Quoi de plus logique et rationnel que de confier les responsabilités exécutives du niveau supérieur à des élus du peuple que leur travail, leurs compétences, leur popularité avaient distingué aux yeux du président du parti. C’est en effet à ce dernier que la tradition confie la charge de constituer « ses » équipes ministérielles sur la base d’équilibres subtils entre fédérations, sexe et expérience.
Ne soyons pas hypocrites, ce type de désignation « discrétionnaire » a toujours entraîné son lot de désillusions, de frustrations voire de rancœurs chez les parlementaires oubliés par « le fait du Prince », mais cela sans pour autant pousser à remettre en cause la légitimité de telles désignations.
Il pouvait même y avoir exceptionnellement – ce que la loi permet – la désignation d’un extraparlementaire, « oiseau rare » que des compétences particulières et une expérience reconnue pouvaient appeler à une responsabilité ministérielle « spécialisée ». Là aussi, derrière les déceptions humainement compréhensibles, personne n’y a jamais trouvé à redire.
Aujourd’hui, ce qui était l’exception tend à devenir la règle. Au point qu’il ne fait pas bon être parlementaire si l’on nourrit la légitime ambition de devenir un jour ministre.
Croire que cette pratique présidentielle est appréciée par les militants serait se bercer d’illusions. Ne parlons même pas du petit monde des parlementaires qui n’a pas de mots assez durs pour critiquer, publiquement parfois, en sourdine souvent, cette dérive qui néglige ces « harkis » qui assument les combats électoraux.
Questionné sur ce phénomène nouveau qui fait adouber un futur ministre par le seul président du parti sans passer par la légitimation préalable de l’électeur, Paul Magnette, spécialiste de cette question en sa double qualité de politologue et de bénéficiaire du système, déclarait que « cela donnait un peu d’air… et apportait un regard nouveau à la fonction ministérielle ». Les parlementaires apprécieront, qui sentent le renfermé des couloirs d’assemblée et dont le regard est fermé par les coups reçus sur le ring des combats électoraux qu’ils ont dû assumer pour leurs idées et leur parti.
Cela étant, il convient encore d’établir une distinction ténue entre un mandataire local désigné ministre et celui qui n’a jamais vu un électeur ni de près ni de loin. Sur l’échelle de Richter de « l’illégitimité », la fracture politique n’est pas de même amplitude.
Pourquoi cette mode nouvelle et critiquable est-elle devenue la règle, s’interrogent nombre de militants et de mandataires socialistes, ne faisant en cela qu’amplifier une interrogation citoyenne ? Quelles en sont les motivations ? Plusieurs explications peuvent être avancées séparément ou cumulativement.
D’abord, probablement la volonté d’un président d’apparaître comme celui qui décide seul, sans contrainte, c’est-à-dire sans devoir s’embarrasser des succès électoraux des candidats ministrables.
Sans doute aussi cette obsession médiatique permanente qui conduit à vouloir toujours étonner et à réserver systématiquement aux médias ce que la presse qualifie de « surprise du chef ».
Certainement aussi cette arrière-pensée selon laquelle, pour bien tenir ses troupes parlementaires en main, il n’est pas inutile de leur démontrer par l’absurde que ce ne sont pas eux qui peuvent s’imposer au président, mais bien l’inverse. Sans parler du lien de dépendance qui se crée immanquablement entre le ministre privilégié et « son » président-créateur !
L’effet pervers immédiat de ce « système » est que les ministres non parlementaires n’auront plus de repos tant qu’ils ne le seront pas devenus. Ils n’auront plus qu’une obsession, compréhensible, celle de conquérir la légitimité électorale qui leur fait défaut.
Très bien… si ce n’est qu’ils le feront sur un pied d’inégalité médiatique avec leurs collègues/concurrents parlementaires restés dans le rang de leur fédération et dont – c’est le comble – on raillera la propension à serrer des mains et à fréquenter assidûment les manifestations « boudin-compote ».
Sans porter de jugement de valeur sur les personnes concernées, la question que l’on peut légitimement se poser est de savoir si cette option correspond bien à l’éthique socialiste du mérite, à la nécessaire transparence, au concept du travail politique récompensé ou, plus fondamentalement, aux exigences citoyennes de notre temps. Qu’on ne vienne surtout pas répondre par une dialectique fallacieuse que les sondages cautionnent ce type de méthode… Ce serait un peu vite oublier que, parfois, les électeurs ne se privent pas de la rejeter avec fracas… !
Au-delà de ces péripéties, la surenchère partisane étant ce qu’elle est, lorsque des règles communes ne sont pas imposées à tous, ne faut-il pas, aujourd’hui, s’interroger sur la nécessité de légiférer en la matière ?
En effet, dans le cadre actuel poussé à son paroxysme, on pourrait imaginer un gouvernement sans parlementaire, ce qui confirmerait, dans le meilleur des cas, une approche purement médiatico-technocratique et, dans le pire, une sélection exclusivement basée sur le « copinage ».
Face à ce qu’il faut bien appeler une dérive, on entend de plus en plus évoquer l’idée selon laquelle la Constitution, la loi ou le décret devrait exiger qu’on soit parlementaire pour devenir ministre ou, de façon moins radicale, que soit limitée la proportion d’extraparlementaires dans les gouvernements. On évoque également la nécessité d’imposer à un candidat à une élection parlementaire de siéger obligatoirement dans l’assemblée pour laquelle il a sollicité et reçu la confiance de l’électeur. Dans la foulée, on pourrait lui imposer de ne pouvoir siéger qu’au gouvernement issu de ce niveau de pouvoir. Plus besoin alors de disserter à l’envi sur les mérites respectifs du couplage et du découplage des élections fédérales et régionales : si chacun de ces deux niveaux essentiels dispose de son personnel politique « spécialisé », les « jeux de chaises musicales » ne sont plus à craindre, sans pour autant sacrifier l’intérêt de scrutins distincts, centrés sur les différentes problématiques.
Faire confiance à un homme ou une femme politique et lui conférer un « mandat » pour qu’il nous représente dans telle assemblée ne doit pas exposer l’électeur à découvrir, après coup, les résultats parfois étonnants de sa transhumance politique.
Plus les règles et les pratiques d’une démocratie représentative seront saines, logiques, compréhensibles et transparentes, plus le citoyen pourra adhérer sans retenue ni réserve aux institutions politiques, qu’elles soient fédérales et régionales. Moins elles le seront et plus le fossé entre l’opinion publique et la classe politique continuera à se creuser.
Un retour à des principes sains et normaux quant au choix des ministres est inscrit dans les astres. Inéluctable car allant dans le sens de l’objectivité et de la rationalité qui sont désormais réclamées du politique et qui sont de ces nouvelles exigences citoyennes marquées souvent au coin du bon sens.

02 avril 2008

Frédéric Laloux bien dans ses « pompes »

Le secrétaire d’État fait parler de lui. A Namur, on s’interroge sur l’utilisation de la carte de carburant de la Ville par un ex-échevin.

Quand on grimpe à une échelle, on vérifie que l’on n’a pas de trou au pantalon. Il semblerait que le chef de l’opposition namuroise et secrétaire d’État, Frédéric Laloux (PS), aurait mieux fait de suivre cet adage avant de s’interroger sur la manière dont le premier échevin de Namur, Arnaud Gavroy (Écolo), utilisait sa carte essence « Ville ».
Premier constat, Laloux aurait consommé 2.154 litres en 2005 – il était échevin – alors qu’il n’avait droit qu’à 2.000 litres. Autre constat, il aurait, lui aussi, le « don d’ubiquité ». Comme Arnaud Gavroy, il aurait utilisé sa carte essence alors qu’il siégeait au collège, indiquait Vers l’Avenir dans son édition de mardi. Mieux, il lui est aussi arrivé de faire deux pleins le même jour avec deux carburants (!) différents.
Actuellement en formation intensive en néerlandais, Frédéric Laloux a fait savoir que « contrairement à ce qui a été constaté pour M. Gavroy, jamais mon épouse ou un proche n’a effectué des pleins sur le compte de la Ville pour des déplacements familiaux ou privés ». Et d’expliquer que les pleins relevés pendant des collèges étaient « effectués par un collaborateur ».
Pourquoi différents types de carburant ? « En 6 ans, j’ai bien entendu utilisé des véhicules différents dans le cadre des missions pour la Ville ». Quant au dépassement de 154 litres constaté en 2005, Frédéric Laloux a demandé un rapport complet sur sa consommation sur les 6 années de législature (2000-2006).
Le secrétaire d’Etat ajoute : « La question qui s’est posée par rapport à M. Gavroy n’est pas qu’il ait bénéficié d’une carte essence ou d’un véhicule de fonction, ce qui, je le rappelle, n’était pas mon cas à l’époque. Ce qui lui a été reproché et qu’il a d’ailleurs admis, c’est d’avoir fait bénéficier des tiers de la carte d’essence de la ville ». Ce qui a valu à ce dernier l’ouverture d’une enquête administrative et d’une information judiciaire.
Laloux va-t-il subir le même sort ? « C’est à la Ville de Namur de juger s’il y a préjudice ou pas et de décider ou non d’introduire un recours », dit-on au cabinet de Philippe Courard (PS). Démarche que Jacques Etienne (CDH), député-bourgmestre, « n’envisage pas ». Reste à voir quelle sera l’attitude du Parquet.

31 mars 2008

Frédéric Laloux a trouvé un toit

Rassurons les pauvres. « Leur » secrétaire d’Etat, le socialiste namurois Frédéric Laloux, n’est pas une éminence sans abri.
Dans un reportage diffusé par le journal télévisé de la RTBF, jeudi dernier, le secrétaire d’Etat à la lutte contre la pauvreté apparaissait cependant dans sa voiture de fonction, affirmant : « Mon bureau à quatre roues ». Ajoutant « pour recevoir des gens, c’est étroit » et exhibant un papier à lettres dépourvu d’adresse.
Le reportage a suscité des réactions contrastées. A la Chancellerie, on s’étonne : une réunion a fixé les détails logistiques de l’installation de tous les secrétaires d’Etat. Ce qui fait dire aux verts flamands que Laloux a menti.
Loin d’être un « sans cabinet fixe », il savait qu’il s’installerait à portée de voix de sa ministre de tutelle, Marie Arena (PS), près de la gare du Midi à Bruxelles. Et Groen de demander la démission du nouveau venu.
Celui-ci se mord manifestement les lèvres de s’être prêté au sujet de la télévision publique. « Je n’avais pas de bureau physique, mais je connaissais mon implantation. Je plaisantais, moi… Bien entendu, je ne reçois pas les gens dans ma voiture ! J’ai travaillé dans les locaux de Marie Arena, à Namur et au Parlement. Le papier à lettres ? Je me le suis fait avec mes propres deniers, rapidement, avant de connaître l’adresse de mon cabinet. Maintenant, c’est chose faite. »
L’installation du cabinet du secrétaire d’Etat à la lutte contre la pauvreté est une opération un peu plus compliquée que prévu. Si l’on veut, comme c’est le projet « pour réaliser des économies d’échelle », le localiser à proximité de sa ministre de tutelle, il faut éjecter des lieux qu’ils occupent un certain nombre de fonctionnaires… Une opération qu’il est difficile de faire à la hussarde, d’autant plus que ce sont les vacances.
« Mardi, ce sera chose faite », dit-on chez Arena. Entre-temps, Laloux, qui va mettre la semaine à profit pour s’immerger dans la langue néerlandaise, médite déjà sur l’intérêt d’apparaître (pour un oui ou pour un non) dans la petite lucarne et les risques de s’y coincer les doigts.

Groen ! réclame la démission de Frédéric Laloux
Le secrétaire d’État à la lutte contre la pauvreté, Frédéric Laloux (PS), dont les écologistes flamands de Groen ! ont réclamé dimanche la démission, dénonce des « attaques déplacées » concernant les suites d’un reportage télévisé sur l’attribution ou non d’un cabinet à son nom.

Le député Wouter De Vriendt (Groen !) réclame la démission du secrétaire d’État, coupable à ses yeux d’avoir menti sur le fait qu’il disposait ou non d’un cabinet. Il renvoie à un reportage récent de la RTBF, où M. Laloux était filmé dans sa voiture de fonction, présentée comme son bureau dans l’attente d’un cabinet.
« Je n’ai pas dit que je ne disposais pas d’une implantation, mais bien que je n’avais pas encore de bureau », a précisé Frédéric Laloux à l’agence Belga.
Le nouveau secrétaire d’État a la volonté d’installer son cabinet dans le même bâtiment que celui de Marie Arena (PS), ministre de l’Intégration sociale et des Pensions, afin de réaliser des économies d’échelle dans la gestion des cabinets. Le problème de locaux, qui est géré actuellement avec la Régie des bâtiments, sera réglé dans le courant de la semaine prochaine, précise-t-il.
Selon lui, le reportage télévisé le montrant travaillant dans sa voiture de fonction se voulait « léger » et n’a donc pas dévoilé tous les éléments qu’il avait apportés au journaliste. Ce dernier a « quelque peu ironisé » sur la situation, a commenté Frédéric Laloux. « On ne peut pas m’attribuer la teneur de ce reportage », estime le secrétaire d’État, qui n’accepte pas d’être attaqué sur des « éléments partiels ». Il juge en outre « déplacé de monter en épingle » un état de fait qui répond dans son chef à un souci d’économies d’échelle.
Frédéric Laloux dément par ailleurs avoir indiqué dans un sujet radio qu’il avait fait ses déclarations par solidarité avec les sans-abri, ainsi que le rapportaient samedi les journaux du groupe Corelio. Parlant de « cynisme », le député Wouter De Vriendt (Groen !) a pointé du doigt « son mépris pour les plus faibles de notre pays, dont il doit justement tenter d’améliorer la situation. S’il n’éprouve lui-même aucune honte, alors c’est au premier ministre Yves Leterme qu’il revient de le rappeler à l’ordre et de réclamer sa démission », lance Wouter De Vriendt.

Frédéric Laloux ne démissionnera pas
Groen ! veut la tête du secrétaire d'Etat namurois Frédéric Laloux. Du danger de se laisser embarquer sur la voie glissante du "pipole"...

Le tout frais émoulu secrétaire d'Etat à la Lutte contre la pauvreté Frédéric Laloux qui avait raté, malgré lui, la déclaration gouvernementale au Parlement, le 20 mars, réfléchira sans doute deux fois avant de recevoir de nouveau une équipe de télévision. Surtout si elle est placée sous la direction de Christophe Deborsu...
Pour ceux qui auraient loupé le sujet, on précisera que dans le JT de jeudi, notre remuant confrère qui n'est jamais en manque d'un sujet qui frappe -ah, la Marseillaise d'Yves Leterme...- avait suivi la nouvelle excellence socialiste dans un mini-trip au Parlement, question de lui dénicher un local en attendant de pouvoir disposer de bureaux en bonne et due forme. A en croire la séquence, Frédéric Laloux n'avait toujours pas de bureau pour travailler et dut se résoudre à travailler dans sa voiture de fonction.
Samedi, dans la presse flamande, le secrétaire d'Etat reconnaissait toutefois qu'on lui avait bien attribué des locaux. Et pour se justifier, il tira à boulets rouges sur le messager, en l'occurrence, le journaliste de la RTBF, accusé d'avoir forcé la réalité pour les besoins de sa séquence. L'explication de Frédéric Laloux n'a pas convaincu, loin s'en faut, le député écologiste flamand Wouter De Vriendt. Pour l'élu de Groen !, "l'homme politique namurois ne manque pas de cynisme. Il savait très bien qu'il disposerait bientôt d'un cabinet mais dans ce cas, la séquence télévisuelle perdait non seulement de son sel mais même tout intérêt". Pire, pour De Vriendt, "Frédéric Laloux a menti". Et d'estimer que "s'il n'éprouve lui-même aucune honte, il revient au Premier ministre Yves Leterme de le rappeler à l'ordre et de réclamer sa démission". L'ire du député vert flamand a aussi été nourrie par le fait que M. Laloux aurait parlé de "solidarité avec les sans-papiers".
Le Secrétaire d'Etat a cependant démenti l'avoir dit à la radio. Frédéric Laloux confirme qu'il n'assume pas la teneur de la séquence télé et précise qu'il est prévu qu'il s'installe dans le même bâtiment que la ministre de l'Intégration sociale, Marie Arena "afin de réaliser des économies d'échelle". Il n'est donc pas question de démissionner !

Le CD&V rappelle sérieusement Reynders à l'ordre

24 mars 2008

Au PS, les parlementaires voient d'un œil jaloux les nouveaux

Plus d'un socialiste avait parié son nœud pap' que le patron, une fois de plus, allait sortir des « coups » de son chapeau. Banco !
Les deux secrétariats d'État dévolus au Boulevard de l'Empereur sont attribués… à d'illustres inconnus ou presque. Certes, l'une, Julie Fernandez, était jusqu'ici échevine à Liège ; l'autre, Frédéric Laloux, conseiller communal à Namur. Certains se plaisaient d'ailleurs à raconter que Laurette Onkelinx, arrivant au Palais en même temps que le Namurois, le prit… pour un employé de Sa Majesté.

Plus sérieusement, cette nouvelle surprise du chef n'a pas fait que des heureux… La preuve par ces bruits de couloir, jeudi après-midi, à la Chambre. Ponctués, en fin de séance, par une réunion de groupe à laquelle assistait Elio Di Rupo. Le ton, confirme plus d'un participant, est légèrement monté.
« Est-ce que c'est comme ça qu'on récompense le travail des parlementaires, légitimement élus ? » « Comment peut-on aller chercher la confiance des électeurs, sur le terrain, quand ils voient que, dans les faits, le parti ne nous fait pas confiance ? »

Séance catharsis pour les déçus et leurs solidaires compagnons de travées ? A la présidence, on avait prévu le coup. Et l'on tente de limiter les dégâts. Ce qui n'est finalement pas si dur, à un an des élections régionales. Car celles et ceux qui affichent (anonymement) leur déception sont aussi de futur(e)s candidat(e)s. Qui tiennent à se garantir une place en vue sur la liste. Ce qui ne va pas sans susciter d'ores et déjà quelques grincements de dents, à Bruxelles, où les places éligibles s'annoncent chères pour les Onkelinx, Arena, Mayeur et Lalieux.