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28 août 2008

Un enfant sur trois n'écrit pas correctement

Dans une classe de primaire, de six à dix élèves ont des problèmes graphomoteurs. Lorsqu'ils sont graves, ils peuvent conduire à l'échec.

L’écriture est un vecteur vital de communication. Aussi important qu’un sourire. Un enfant qui écrit mal en souffre dans sa vie quotidienne.
Avant, mon fils était un enfant très sociable, drôle et joueur. Maintenant, il éprouve plus de difficultés à nouer contact. Souvent, il ne se sent pas bien et adopte un comportement difficile. Il se plaint plus qu'avant, s'éveille de mauvaise humeur, dit se sentir malheureux et se dispute plus souvent avec ses frères. » Les parents du petit Dries, 9 ans, ont fini par identifier la source du changement de comportement de leur enfant. Dries éprouve des difficultés à écrire correctement. A l'école, il se sent à la traîne, largué, dévalorisé, et son humeur s'en ressent. Il n'a plus confiance en lui.
Son cas n'est pas isolé. A en croire une vaste étude commanditée par le fabricant de matériel scolaire Pelikan, un enfant sur trois souffrirait en Belgique de problèmes d'écriture. L'enquête, menée pendant six mois, a consisté à interroger de façon dynamique des parents, des instituteurs de maternelle et primaire, des thérapeutes et coordinateurs de soins. Elle a pu collecter des informations concernant près de 40.000 enfants des quatre coins du pays. C'est la première du genre. Et selon ses auteurs, il y a de quoi tirer la sonnette d'alarme.
Un enfant sur trois, ce qui veut dire, concrètement, six à dix élèves par classe du primaire, ne parvient donc pas à écrire correctement. Principales difficultés ? Ils adoptent une position tendue ou crispée, tiennent mal leur bic ou leur stylo, produisent des lettres irrégulières, voire illisibles, écrivent lentement ou n'arrivent pas à se concentrer. Certains écrivent même à l'envers : on parle d'écriture spéculaire. Ces problèmes sont graves chez un enfant sur dix, soit deux ou trois élèves par classe, acculés au décrochage pour cause d'écriture déficiente.
Car les conséquences peuvent être lourdes. « L'enfant qui n'est pas à même de produire une écriture lisible voit ses possibilités de communication sérieusement entravées, tant à l'école que dans la vie sociale et, plus tard, en société », estiment les auteurs de l'étude. Thérapeutes et instituteurs confirment : les problèmes graphomoteurs rencontrés par certains enfants ont une influence sur leur développement émotionnel. Ils perdent confiance, leur attitude face au travail et à l'étude s'en ressent, leurs résultats aussi. La démotivation est fréquente, voire le refus d'aller à l'école. Et quand ces enfants passent dans le secondaire où le rythme est plus soutenu, ils ne peuvent pratiquement plus suivre.
Les problèmes sont aussi physiologiques : douleurs à la main, au poignet, à l'épaule, fatigue, déconcentration, troubles du comportement… Pour la graphothérapeute Sylvie Tramasure, 9 % des enfants concernés sont victimes d'un déficit de l'attention (avec ou sans hyperactivité), 8 % sont dyslexiques, 2,5 % dyspraxiques, 1,8 % atteints de troubles neurologiques… et 25 % sont des surdoués qui s'ignorent !
Dans la plupart des cas, les problèmes d'écriture apparaissent tôt, quand les enfants ont entre 4 et 8 ans. Mais l'étude montre qu'ils sont décelés plus tard, parfois trop tard. Et quand ils le sont, parents et instituteurs ne savent ni quoi faire ni à qui s'adresser. « Les professeurs m'avaient informée sur les problèmes d'écriture d'Akira, témoigne cette maman, mais avaient relégué le problème au second plan, disant que ça se rétablirait tout seul, qu'il avait besoin de plus de temps que les autres. Il se plaignait de fatigue et de crampes, son écriture devenait laide. A la longue il ne voulait plus écrire. Il m'a fallu un an pour trouver un thérapeute. Après un mois et demi, Akira écrivait de nouveau avec fluidité ».
La majorité des thérapeutes estiment pourtant que le problème s'aggrave. En cause ? On incrimine volontiers l'ordinateur et le temps de plus en plus limité consacré par les enfants à l'écriture ou aux activités de bricolage susceptibles de les aider à développer leur motricité fine. La plupart des spécialistes s'accordent cependant à considérer que c'est moins une question de quantité, que de qualité. Et ils sont unanimes : la place et l'attention accordées à l'apprentissage de l'écriture ont sérieusement diminué à l'école ces vingt dernières années. Les enseignants ont beau se dire majoritairement attentifs à la question, ils s'avouent peu formés et, surtout, soumis à la pression du temps. La photocopie a supplanté la prise de notes manuscrite. Et le plaisir de la calligraphie soignée a cédé la place à la pression des rythmes d'apprentissage élevés. Attention, danger ?

Le B.A.-BAUne bonne prise en main. Il n'existe qu'une bonne façon de tenir son crayon, bic ou stylo pour écrire : la prise dite « tripode ». L'instrument d'écriture doit reposer sur la première phalange du majeur et être soutenu par la partie latérale du pouce. L'index se dépose ensuite en toute légèreté, un peu recourbé. Une bonne position. La chaise doit être assez proche de la table, les pieds doivent reposer sur le sol et les genoux ne doivent pas être trop hauts. Le dos doit être droit et les épaules légèrement inclinées vers l'avant, pour que la distance entre les yeux et la feuille soit d'environ 30 cm. La feuille doit former un angle de 20º par rapport au bord de la table et être inclinée vers la gauche pour un droitier, vers la droite pour un gaucher.Un bon matériel. Lorsqu'il commence à écrire, l'enfant doit apprendre à gérer son mouvement. Il faut donc opter pour un matériel offrant une certaine résistance : un papier rugueux et des crayons ou pastels. A éviter : le stylo à bille, qui n'offre aucune résistance et empêche l'enfant de sentir ce qu'il écrit.

12 juillet 2008

Nouvelle mouture du décret « Inscriptions »

La commission de l’Education du parlement de la Communauté française a adopté en fin d’après-midi la proposition de décret de la majorité PS-CDH sur les inscriptions dans l’enseignement secondaire et la mixité sociale dans cet enseignement. L’opposition MR a voté contre et Ecolo s’est abstenu.

Ce décret s’inscrit dans le long débat ayant suivi la mise en œuvre du décret de l’ancienne ministre de l’Enseignement obligatoire, Marie Arena, qui avait débouché sur des files de parents désirant inscrire leurs enfants, devant certains établissements secondaires, un phénomène qui avait été largement médiatisé.
La commission de l’Education du parlement de la Communauté française a repris vendredi ses travaux après avoir reçu jeudi en début de soirée l’avis du Conseil d’Etat sur les amendements de la majorité PS-CDH à sa propre proposition de décret, qui doit notamment remédier aux fameuses files mais aussi assurer la mixité sociale dans l’enseignement secondaire.
La proposition de la majorité prévoit aujourd’hui un système tenant compte de certaines priorités (élèves venant d’écoles primaires « adossées », handicapés, élèves placés en institution, etc.) mais permet aussi au chef d’établissement de faire varier la proportion d’élèves selon la commune où ils habitent et de tenir compte d’une proportion (10 % à la prochaine rentrée) d’élèves issus d’écoles primaires socialement défavorisées.
Les ultimes amendements de la majorité déposés jeudi touchent essentiellement à la façon dont les candidats à l’inscription seront retenus lorsqu’il y a plus de demandes que de places libres dans les classes. Le principe du « premier arrivé, premier inscrit » prévu par le décret Arena est remplacé par un système répartissant les places encore libres selon des critères – au choix des chefs d’établissement – basés aléatoirement soit sur les classes d’âge des élèves, soit sur l’ordre alphabétique du nom de famille, soit sur la date de naissance.
Ces trois possibilités ont été finalement retenues après l’avis remis jeudi par le Conseil d’Etat sur la première série d’amendements PS-CDH. Elles doivent permettre d’inscrire la proposition de décret dans le cadre étroit déterminé par la Haute juridiction pour respecter à la fois une certaine autonomie des établissements et le principe constitutionnel d’égalité entre les élèves.
Un amendement prévoit aussi que parents et élèves devront accepter à l’inscription les proportions d’élèves et le critère qui, le cas échéant, permettra de classer les demandes d’inscription.
Jeudi, les membres de la commission ont repris un débat qu’ils mènent en fait depuis de longs mois, autour du décret Arena d’abord, puis des premières corrections apportées par la suite par la majorité après la polémique intervenue autour des files.
L’opposition MR, emmenée par Françoise Bertieaux, a critiqué la complexité du système proposé, qui s’appuie sur plusieurs phases de sélection des candidats et sur un tirage au sort de lettres ou de dates, particulièrement obscur aux yeux des réformateurs, qui revendiquent toujours l’abrogation – mâtinée de mesures d’accompagnement – du décret Arena.
Ecolo s’est montré moins sévère envers le nouveau texte. Yves Reinkin s’est ainsi félicité de voir le principe « premier arrivé, premier servi » abandonné et remplacé par des critères objectifs tels qu’un quota d’élèves issus d’une école primaire socialement défavorisée. Mais il a déploré lui aussi l’extrême complexité du système.
Les travaux de la commission se sont déroulés dans un climat assez serein, contrastant avec la nervosité qui a bien souvent frappé les longues réunions précédentes que la commission a consacrées à ce dossier. Les commissaires doivent encore se revoir samedi après-midi pour l’opération technique de la lecture du rapport, ce qui permettra à la proposition d’arriver dans les délais réglementaires sur le bureau de l’assemblée plénière du parlement, qui doit l’adopter jeudi prochain.

30 mai 2008

Le privé investira un milliard pour l'école

Ecoles à rénover : 1 milliard de plus
C'est le privé qui investira le milliard d'euros, dans un horizon de dix ans. La Communauté française rétribuera le privé, sur 27 ans, à hauteur de 1,7 milliard. Un partenariat fort attendu, qui suscite pourtant des réactions mitigées.
C'était un peu l'Arlésienne de la législature communautaire. Or voici que son cadre juridique est sur les rails : le gouvernement de la Communauté française, jeudi, a adopté en première lecture l'avant-projet de décret visant à booster les rénovations et (re)constructions scolaires par des partenariats publics-privés (ou PPP). La première pierre rénovée à cette enseigne devrait être inaugurée vers la mi-2009 (pile pour les élections régionales, que l'on y voit ou non malice...).
1 Le problème. D'une part, un parc immobilier scolaire que l'on sait largement vétuste. D'autre part, des capacités d'endettement réduites à la Communauté française, puisque les critères de Maastricht l'empêchent d'emprunter les sommes nécessaires aux besoins. Mais, dira-t-on, "le refinancement" de 2001 ? Il a permis de parer au plus pressé, mais n'a guère pu enclencher des rénovations lourdes ou constructions neuves. D'où l'idée d'une structure alternative de financement de travaux, accessible aux trois réseaux (ci-dessous), et qui s'ajoutera aux systèmes existants (les fonds classiques, qui dégagent aujourd'hui quelque 100 millions par an).
2 Le système. La Communauté s'engage contractuellement à payer, pendant 27 ans, un montant récurrent à des consortiums de partenaires privés, où se retrouvent obligatoirement et à la fois des opérateurs financiers, de la construction et de la maintenance. En contrepartie, le privé finance les travaux, les exécute, assure l'entretien du bâti pendant les 27 ans en question. Avantages pour la Communauté : elle a l'argent rapidement sans pour autant s'endetter. Avantages pour le privé, outre le rendement de la rétribution : il traite non pas avec une myriade de pouvoirs organisateurs mais avec un interlocuteur qui apporte sa garantie, unique et stable (on veut dire : la stabilité d'un pouvoir public en charge de l'école, quel qu'il soit d'ici à 27 ans ! ). Le partenaire privé n'aura aucun droit réel sur le bâtiment; le pouvoir organisateur n'aura pas la maîtrise de l'ouvrage.
3 Les montants. Pour investir 1 milliard, le privé recevra une rétribution communautaire de 65 millions par an pendant 27 ans, soit quelque 1,75 milliard.
Et d'où viennent ces 65 millions annuels ? En fait, l'apport véritablement neuf du projet porte sur 25 millions/l'an, tirés sur le budget ordinaire de la Communauté (davantage, ce n'était pas possible, sous peine d'excéder les marges). Deuxième source : pour 15 millions, une augmentation du budget des bâtiments scolaires dans le cadre de la St-Boniface. La troisième, à 25 millions, constitue la part des pouvoirs organisateurs sélectionnés, puisque prélevée sur leurs subventions de fonctionnement.
4 Concrètement. Le système est accessible à tous les bâtiments scolaires (primaire, secondaire, supérieur non universitaire, centres PMS, promotion sociale, internats, artistique). Il porte sur des chantiers d'une certaine envergure (750 000 euros au minimum), qu'il s'agisse de rénover, étendre, reconstruire voir construire. L'opération devrait bénéficier à un total d'environ 300 établissements (sur 3 600).
Elle se déroulera en trois phases successives, chacune d'elles reposant sur un consortium choisi après un appel d'offres européen. Le gouvernement Demotte paraît ne pas douter de l'intérêt que manifesteront des partenaires privés.
Après adoption du décret, la première phase doit commencer dans le courant du second semestre. Elle pèsera dans les 300 millions, pour une cinquantaine d'écoles. Cette première sélection (malheur aux recalés...) sera opérée à partir des demandes antérieures pas encore rencontrées; des audits sont actuellement menés au sein des écoles concernées.

INCAPABLE DE FAIRE face au délabrement des bâtiments scolaires, la Communauté française va faire appel au secteur privé. En partenariat.

Un athénée brabançon qui a manqué de chauffage une partie de l'hiver parce que sa chaudière a rendu l'âme. Des classes provisoires en préfabriqué devenues définitives dans une école communale du sud de Bruxelles. Une école incendiée, en Luxembourg, dont les élèves ont été dispersés dans d'autres établissements en attendant un nouveau bâtiment. Ailleurs, des murs en lambeaux, des fenêtres brisées, des charpentes pourries, des plafonds éventrés, des escaliers branlants… Nos écoles attendent parfois jusqu'à 10 ans pour obtenir les crédits (publics) nécessaires à leur rénovation. Cela va bientôt changer.
Incapable de faire face aux demandes, la Communauté française annonce en effet depuis trois ans son intention d'appeler le secteur privé à la rescousse. Bingo ! Le décret est (enfin) prêt. Si le gouvernement l'approuve, comme prévu, ce jeudi matin, il devrait lui permettre de lever jusqu'à 1 milliard d'euros d'argent frais au cours des trois prochaines années pour faire face aux demandes les plus urgentes. Une manne. Grâce à la technique du partenariat public-privé (PPP), qui consiste ici à demander à des partenaires privés de financer et d'assumer la rénovation ou la (re)construction de bâtiments scolaires en échange d'une redevance annuelle. Gonflée d'intérêts substantiels. Les candidats, dit-on, « se bousculent » : banques, entrepreneurs, promoteurs immobiliers…
L'idée avait été lancée par Joëlle Milquet, la présidente du CDH, à la rentrée 2005. Elle s'inspire de ce qui se fait dans d'autres pays et dans d'autres secteurs, déjà, en Belgique. En Wallonie, l'autoroute A8 Tournai-Halle, l'ascenseur de Strépy ou le tunnel sous Cointe ont bénéficié d'un système similaire. En Flandre, ce fut la fermeture du ring d'Anvers, un projet de 3 milliards d'euros, et désormais aussi les écoles. Outre-Manche, où la technique est née, elle a notamment servi au métro de Londres.
Le PPP se justifie pour une raison purement comptable : la capacité d'emprunt des entités fédérées (Communautés et Régions) est limitée par les fameux critères de Maastricht, qui imposent un taux maximum d'endettement aux Etats ayant adopté l'euro. En somme, il s'agit d'une sorte d'emprunt indirect, débudgétisé, censé permettre d'apporter de l'argent frais pour faire face aux demandes les plus urgentes. On estime les besoins en attente à plus de 650 millions d'euros, dont 450 pour le seul réseau de la Communauté, alors que les trois fonds (un par réseau, en gros) qui financent actuellement les bâtiments ou les emprunts liés à l'investissement immobilier scolaire peinent à sortir 100 millions par an. Et de nouveaux besoins émergent à chaque instant.
Le nouveau système ne se substituera pas aux fonds existants, qui continueront à fonctionner en parallèle. En fait, le PPP ne concernera que 10 à 15 % du patrimoine immobilier scolaire et se concentrera sur les plus gros chantiers : constructions nouvelles, démolitions/reconstructions et rénovations lourdes. Tous les réseaux et tous les degrés, y compris le supérieur, pourront en bénéficier. Sauf les universités… et les bâtiments classés.
Pour beaucoup d'écoles, l'urgence s'impose. Et la plupart des intervenants s'accordent au moins sur un point : si le PPP n'est pas la panacée et comporte certains risques qu'il convient de bien identifier (lire par ailleurs), il peut apporter une solution rapide aux cas les plus désespérés. Qui s'en plaindra ?

Pas de transfert de propriété

Après une phase expérimentale théorique pilotée par un consortium de consultants (payés 1,5 million d’euros, dit-on), voici ce que prévoit concrètement, selon nos informations, le décret instituant un financement alternatif des bâtiments scolaires. Dit « Décret PPP ».
1Des lots de 20 écoles. Après avoir dressé la liste de ses besoins urgents et enregistré les demandes des autres réseaux s’ils souhaitent bénéficier du système (ils ne sont pas obligés), la Communauté française les groupera en lots d’une vingtaine d’établissements pour lesquels l’investissement nécessaire atteint au moins 750.000 euros par école et 25 millions au total. Pour chaque lot, elle lancera un appel d’offres auquel pourront répondre des « sociétés de projets » constituées pour l’occasion.
2La rénovation et l’entretien. Ces consortiums, formés par des banques, des promoteurs immobiliers, des entreprises de construction et des investisseurs privés (+ des partenaires publics s’ils restent minoritaires), signeront pour chaque lot un contrat prévoyant la prise en charge et le financement des travaux de rénovation ou de construction ainsi que l’entretien des bâtiments pendant toute la durée du contrat. Ils n’auront aucun droit de propriété et assumeront les risques liés à la construction et à la mise à disposition des bâtiments (retards, etc.). Les pouvoirs organisateurs définiront le cahier des charges (nombre de classes, etc.) et veilleront, le cas échéant, au respect architectural des bâtiments.
3Une redevance annuelle. Les contrats, signés entre 2009 et 2012, auront une durée de vie de 27 ans. Les sociétés de projets percevront chaque année une redevance couvrant le capital investi, les frais d’entretien et un intérêt légèrement supérieur (de 1 % ?) au taux des emprunts d’Etat. La Communauté française pense pouvoir assumer des redevances annuelles de quelque 65 millions d’euros. Cela équivaut, selon ses calculs, à un montant d’investissements total d’environ 1 milliard. Et pourrait concerner entre 10 et 15 % des bâtiments scolaires. Dans le cadre de la phase expérimentale, des projets ont déjà été identifiés comme éligibles pour un budget compris entre 316 et 408 millions d’euros.
4Une clé de répartition. Les trois réseaux d’enseignement seront concernés, mais pas de la même manière. En gros, les fonds existants interviennent actuellement à 100 % pour les bâtiments de la Communauté française et à 60 % pour ceux du réseau officiel subventionné (communes et provinces). Pour le libre, dont les pouvoirs organisateurs sont propriétaires des écoles, ils n’interviennent pas en capital mais garantissent les emprunts et prennent en charge une partie des intérêts. Le PPP prendra en charge 100 % de la redevance pour les bâtiments appartenant à la Communauté, 78,5 % pour ceux du réseau officiel subventionné et 53,5 % pour le libre. Sur les 65 millions de redevance annuelle déjà évoqués, le coût à charge de la Communauté pourrait atteindre jusqu’à 45 millions, selon certains.
5Et les autres bâtiments ? Le PPP sera financé par les fonds des bâtiments existants, dotés par la Communauté. Ceux-ci dépensent actuellement environ 100 millions par an. Un budget supplémentaire de 25 millions d’euros leur sera alloué. Il leur restera donc environ 80 millions pour faire face à toutes les autres demandes qui continueront d’affluer. Le PPP concernant 10 à 15 % des bâtiments, faites le compte : il y aura moins de sous, proportionnellement, pour ceux qui en sont exclus. Ils risquent donc de ne pas voir leurs demandes aboutir plus rapidement. Que du contraire.

21 mai 2008

L'école libre meilleure que l'officielle

Alain Destexhe (MR) a comparé les résultats des élèves du réseau libre à ceux des élèves de l'officiel aux tests internationaux Pisa. Dans toutes les matières, le libre est plus performant. Le sénateur ouvre le débat et en appelle à plus d'autonomie pour tous les réseaux. Vous pourrez chattez avec lui entre 12 et 13 heures.

Le remuant sénateur MR Alain Destexhe, dont le parti lui-même a souvent du mal à canaliser le caractère franc-tireur, brise un nouveau tabou. Il s'attaque aux performances des élèves belges, dont il a comparé les résultats aux tests internationaux Pisa, selon qu'ils fréquentent une école du réseau libre (privé) ou officiel (public). Et selon lui, la comparaison donne un net avantage au libre, qui fait mieux dans toutes les matières évaluées, à savoir les mathématiques, la lecture et les sciences.
Pisa, rappelons-le, c'est ce programme qui évalue tous les trois ans depuis 2000 les acquis d'élèves de 15 ans, dans une soixantaine de pays membres de l'OCDE et associés. Le troisième cycle d'évaluation a eu lieu en 2006 et les résultats diffusés l'an dernier. Comme les fois précédentes, les performances des jeunes francophones étaient inférieures à la moyenne européenne, alors que leurs condisciples flamands flirtent avec le haut du classement.
Une analyse plus fine montre cependant, dans toutes les matières, des différences significatives entre les élèves selon le réseau qu'ils fréquentent. L'écart est flagrant en Flandre, moins creusé mais net en Communauté française. Pour permettre les comparaisons internationales, les résultats Pisa s'expriment en scores standardisés par rapport à une moyenne de 500, avec un écart type de 100. En Flandre, l'écart entre le public et le privé va de 52 points en sciences à 59 points en maths. C'est énorme, rapporté à la moyenne. Côté francophone, la différence oscille entre 11,6 (maths) et 19,5 points (lecture). Ce n'est pas rien, surtout si l'on sait que la performance moyenne est inférieure à celle de Flandre (voir tableau ci-dessous).
Une façon de dire tout haut, chiffres à l'appui, ce que certains pensent tout bas : « L'enseignement libre est meilleur que l'officiel ! » Et un pavé dans notre système, dont les eaux étaient restées assez tranquilles depuis la signature du Pacte scolaire en 1958. Les ministres de l'Education qui se sont succédé ces dernières années, de tous bords politiques, se sont toujours gardés de ranimer la flamme de la concurrence entre les réseaux.
Pourtant des comparaisons similaires existaient déjà, même si elles sont restées confidentielles. Parmi les différentes variables étudiées, Pisa classe notamment les répondants selon le réseau public ou privé auquel ils appartiennent. Et les chercheurs de l'Université de Liège chargés de coordonner les enquêtes chez nous le font également. A l'issue des tests de maths en 2003, l'équipe du Pr Dominique Lafontaine avait décelé un écart de 31,5 points entre le score moyen des élèves du libre (516) et de l'officiel (484,5).
Significatif ? Non, selon les spécialistes liégeois. Car la différence disparaît si l'on intègre la variable socioéconomique dans le calcul. Autrement dit, les meilleurs résultats du libre peuvent s'expliquer par le seul fait qu'il recrute des élèves issus de milieux plus favorisés. « Ce n'est pas par hasard s'il y a plus d'établissements en discrimination positive dans l'officiel », lâche un interlocuteur au cabinet du ministre de l'Enseignement Christian Dupont (PS). C'est pour faire évoluer cette situation qu'est né le décret inscriptions, qui entend renforcer la mixité sociale dans les écoles.
Destexhe, lui, balaie ces arguments. « Les profils socioéconomiques des élèves, potentiellement différents selon les réseaux, n'expliquent pas les différences de résultats. » Car si l'on compare les scores des élèves de la catégorie la plus représentée dans l'échantillon, à savoir ceux d'origine belge dont les parents ont un diplôme du secondaire ou du supérieur, l'écart reste important : entre 20 et 27 points en maths, entre 20 et 32 en lecture, 21 à 30 en sciences. En faveur du privé.
D'ailleurs les représentants du libre, qui disposent de leurs propres analyses, ne semblent pas trouver farfelue celle de Destexhe. « Notre réseau scolarise 60 % de la population du secondaire en Communauté française et près de 80 % en Flandre, précise-t-on. Il serait illusoire de penser qu'il ne regroupe que les meilleurs élèves. » D'autres chiffres peuvent accréditer la thèse du meilleur niveau du libre : les taux de redoublement y sont moins élevés que dans le réseau public.
On ne mettra donc pas tout le monde d'accord, qui en doutait ? Reste que les écarts existent. Comment les expliquer ? Pour Alain Destexhe, c'est l'organisation des réseaux qui est en cause. « Historiquement, le libre s'est organisé sur une base décentralisée, avec une grande autonomie des écoles ou des nombreux pouvoirs organisateurs. Alors que l'enseignement officiel, divisé en plusieurs réseaux, est soumis à des règles contraignantes. » Notamment en matière de recrutement des enseignants : l'autonomie du libre est beaucoup plus grande. « Dans le réseau de la Communauté française, où des professeurs attendent parfois 10, 15 ou 20 ans avant d'être nommés, c'est une cellule de 10 personnes au cabinet du ministre qui gère tous les recrutements et affectations, assène le sénateur. Et dans le réseau communal et provincial, politisation et favoritisme jouent un grand rôle. »
Pour Alain Destexhe, au lieu de « soumettre l'enseignement libre à des contraintes croissantes qui grignotent peu à peu son autonomie », il faudrait faire le contraire : accroître celle des athénées publics, « dans l'organisation de l'école et dans le choix des professeurs ». Il propose de mener des expériences-pilotes dans quelques établissements, tout en réalisant une étude poussée sur l'impact de l'autonomie des écoles comme facteur de réussite.
Une idée que le ministre Dupont pourrait ne pas rejeter d'emblée : interrogé mardi sur les (mauvais) résultats des évaluations externes en maths (Le Soir de mardi), il a dit au Parlement ne pas être opposé à l'idée d'une autonomie accrue « si elle est au service d'une plus grande cohérence de notre système éducatif ». Mais sûrement pas au bénéfice de la concurrence entre les réseaux.

19 mai 2008

Evaluations en maths : les carences demeurent

Les évaluations externes en mathématiques en 2e et 5e primaires et en 2e secondaire ont mis en évidence une incapacité du système à résorber les difficultés qui apparaissent à l'issue de la 2e primaire. Le test pour les élèves de 2e primaire

Les évaluations externes en mathématiques en 2e et 5e primaires et en 2e secondaire ont mis en évidence une incapacité du système à résorber les difficultés qui apparaissent à l’issue de la 2e primaire, a indiqué lundi une spécialiste des sciences de l’éducation, Dominique Lafontaine (ULg), à l’occasion de la présentation des résultats de ces évaluations.
Cette deuxième évaluation externe – après celle de l’an dernier qui portait sur la lecture et l’écriture – démontre une situation analogue à la première : des résultats globalement élevés en 2e primaire (60 % de maîtrise des compétences), mais insuffisants en 2e secondaire commune, où à peine un élève sur cinq a fait preuve d’une « bonne maîtrise » des compétences évaluées.
En 5e primaire, ils sont un peu plus d’un élève sur trois (36 %) à être dans ce cas, et près d’un sur huit (13 pc) à peine en 2e secondaire différencié, un taux jugé « particulièrement inquiétant ».
A noter que le seuil de réussite de l’évaluation est relativement élevé puisqu’il a été fixé à 70 % là où, à titre comparatif, celui du Certificat d’étude de base (CEB) est de 50 %. Les épreuves, par ailleurs, sont indépendantes et donc difficilement comparables d’une année à l’autre.
Il n’empêche que l’on constate une proportion « apparemment croissante » d’élèves en difficultés entre la 2e primaire et la 5e, relève Mme Lafontaine. « Il y a une incapacité manifeste du système à résorber les difficultés apparaissant à l’issue de la 2e primaire », souligne-t-elle.
Les résultats de cette évaluation externe 2008 viennent confirmer des carences déjà mises en évidence par plusieurs études internationales.
Mais en mettant ainsi à la disposition des enseignants un « outil scientifique » pour situer les éventuelles faiblesses d’enseignement, les évaluations externes permettent de sortir d’une vision « impressionniste » de la situation, a pour sa part souligné le ministre de l’Enseignement Christian Dupont (PS).
« On n’en sera plus là dans quatre à cinq ans, lorsque l’on aura tenu compte des remarques des évaluations », a-t-il estimé. L’accent, ajoute-t-il, doit être mis plus tôt et davantage sur la remédiation de l’élève ainsi que sur la formation initiale et continue de l’enseignant.
Les évaluations externes ont par ailleurs mis en évidence l’influence du milieu socio-culturel sur les résultats de l’élève : ainsi, les différences en fonction du nombre de livres auxquels l’élève a accès chez lui montent à 13 pc en 5e primaire.
Dans le même ordre d’idées, les écarts entre les classes combinant tous les facteurs dits favorables (ne pas être situé en discrimination positive, avoir peu de redoublants, etc) et celles combinant tous les facteurs « défavorables » vont jusqu’à 19 pc en 5e primaire.
Les résultats des évaluations externes en primaire ont pu être analysés par les enseignants de la 1e à la 6e année au cours d’une journée de formation. Les auteurs des tests, pour leur part, élaborent actuellement des recueils de pistes didactiques au départ des difficultés cernées. Ces recueils seront diffusés dans les écoles dès la rentrée prochaine.
Enfin, l’Institut de la formation en cours de carrière (IFC) et les centres de formation des différents réseaux prendront le relais pour offrir des journées de formation en lien direct avec les résultats.

14 mai 2008

Oui à la carte scolaire !

Le directeur coordinateur de la police fédérale de Bruxelles tire la sonnette d'alarme

Comme directeur coordinateur de la police fédérale dans l'arrondissement judiciaire de Bruxelles, le commissaire divisionnaire Jacques Deveaux tire la sonnette d'alarme. Ses chiffres sur le poids et la progression de la délinquance des mineurs d'âge dans la Région bruxelloise sont arrêtés au 31 décembre 2007. Cette délinquance a progressé de 7 % depuis 2003 (alors qu'elle ne progressait que de 3 % s'agissant de faits commis par les majeurs). En cinq ans, le nombre de faits de délinquance avec auteur mineur d'âge arrêté en région bruxelloise est passé de 5.810 en 2003 à 7.989 en 2007. Pour Deveaux, il y a urgence. Le Directeur Coordinateur de Bruxelles souhaite la mise en place pour chaque élève, d'une carte scolaire, clarifiant notamment les heures de sortie.
Jacques Deveaux se dit alarmé par le poids des moins de 18 ans dans la délinquance violente : viol, vol dans voiture et vol avec violence. En Région bruxelloise en 2007, un viol sur quatre dont l'auteur fut identifié fut commis par un mineur. Selon ses chiffres, l'âge des primodélinquants continue de baisser en Région bruxelloise. La proportion des 12 ans augmente. "Il est nécessaire que la police s'investisse différemment, qu'elle soit plus présente dans les établissements. Un contact préfet/service famille jeunesse est un minimum dans chaque école. Il faut aussi que la police modifie son approche, moins répressive, plus relais. Il me semble nécessaire qu'elle soit informée de l'absentéisme récurrent de certains élèves. De nouveau dans un but répressif : dans un but d'aide."
J. Deveaux est l'initiateur des opérations de police Fipa organisées régulièrement dans le métro, les gares, les shoppings. Le directeur coordinateur met en cause l'organisation interne des services de police. Le plan national de sécurité prévoit qu'au niveau des polices zonales, 10 % de leur capacité doivent être consacrées au judiciaire. Il constate que les polices interprètent cette exigence en intégrant les mineurs d'âge dans les 10 %.
"C'est de la facilité. La vérité, c'est qu'on est loin du compte. Si je prends la police de Bruxelles Capitale Ixelles, sur 2.400, y a-t-il seulement 50 policiers attachés à la Famille-Jeunesse ? Si je prends d'autres polices, j'ose dire qu'on est nulle part. Parfois même à moins d'1 % alors qu'on devrait arriver à au moins 5 %. Et c'est une autre erreur, dans la plupart des polices, de centraliser le service famille-jeunesse dans un commissariat. Selon moi, c'est une nécessité de décentraliser le service en charge des mineurs d'âge de façon à ce qu'il y ait des équipes au moins dans chaque commissariat."
Directeur coordinateur des services de police de l'arrondissement bruxellois, ce policier de 49 ans ne manque pas de projets concrets. Un adolescent à 15 h sur un quai de métro ? Brosse ? Heure de fourche ? Comment savoir ? Où vérifier ? "C'est le type de problème que les policiers rencontrent constamment : faut-il croire l'adolescent ?"
Dès lors, Jacques Deveaux préconise la création, et pourquoi pas dès 2008-2009 ?, d'une carte scolaire individuelle avec identité et photo mentionnant les heures de cours, les fourches, les sorties autorisées, ainsi que le téléphone de contact de la personne de référence dans l'établissement fréquenté.

21 octobre 2007

25 millions pour économiser l'énergie dans les écoles

Le ministre wallon de l'énergie, André Antoine, a détaillé ce vendredi dans une école de Genappe (Brabant wallon) les mesures adoptées hier/jeudi par le gouvernement wallon en matière d'économie d'énergie dans les écoles. De nouvelles aides pour un total de 25 millions d'euros seront octroyées dans le cadre du plan UREBA +, pour les investissements économiseurs d'énergie des établissements scolaires, tous réseaux confondus. Jusqu'à 75% du coût des travaux pourront être couverts par la Région wallonne.Les travaux susceptibles de faire l'objet de cette subvention sont l'achat et l'installation de matériaux ou d'équipements visant à l'amélioration de la performance énergétique des bâtiments, notamment l'isolation thermique des parois du bâtiment (y compris les châssis et le vitrage), l'amélioration et le remplacement des systèmes de chauffage ainsi que des installations d'éclairage. Les dossiers pourront être rentrés par les écoles elles-mêmes ou par les communes.Le taux de subvention est fixé à 75% du montant des coûts éligibles, lesquels doivent au minimum atteindre un montant de 25.000 euros par demandeur.

Pour arriver à ce montant, une commune peut constituer un dossier qui concernera plusieurs écoles situées sur son territoire, quel que soit le réseau d'enseignement. Les subventions ne pourront toutefois pas dépasser un plafond de 500.000 euros pour chaque dossier.L'appel à projet est lancé depuis jeudi par le Gouvernement wallon -les circulaires sont en préparation- et le dépôt des demandes se fera au plus tard le 15 janvier 2008. Un comité technique d'accompagnement sélectionnera les dossiers sur base de leur qualité et de leur intérêt sur le plan énergétique et environnemental (émissions de CO2). Son avis sera rendu pour le 15 mai 2008 au plus tard, et la décision du Gouvernement wallon interviendra dans le mois qui suit la remise d'avis par le comité d'accompagnement. (belga)

09 mars 2007

Exclus du système par dizaines

MAJ 09/03/07

Les jeunes non qualifiés seront accompagnés

Le gouvernement wallon a chargé le Forem de proposer immédiatement un accompagnement individualisé à tout jeune de moins de 25 ans qui quitte l'enseignement secondaire sans avoir obtenu un diplôme. La Wallonie compte quelque 50.000 demandeurs d'emploi âgés de moins de 25 ans, dont 60% n'ont pas terminé leurs études secondaires. Presque systématiquement, ces jeunes peu qualifiés se retrouvent au chômage et risquent d'y rester longtemps avant de trouver un premier emploi, a expliqué le ministre wallon de l'Emploi, Jean-Claude Marcourt. Pour enrayer cette spirale, le gouvernement a supprimé le délai de 6 mois entre l'inscription de ces jeunes au Forem et leur première convocation par celui-ci. Dès qu'ils s'inscriront, ils se verront proposer un "contrat crédit insertion".


Un conseiller du Forem fera avec eux un bilan personnel et professionnel pour leur construire un programme qui leur est propre. Idéalement, vu les difficultés qui ont été les leurs à l'école, il s'agirait d'alterner entre un emploi et des formations. Si le jeune concerné refuse de s'inscrire dans un tel programme, il risque d'être sanctionné en vertu de la convention qui lie l'Onem et le Forem pour l'accompagnement des chômeurs.

L'OCDE, vient de publier un rapport très critique sur le chômage des jeunes.

La Belgique ne ferait pas assez d'efforts pour aider les jeunes à trouver un emploi. En conséquence, l'OCDE propose quelques recettes spectaculaires Le taux de chômage des 15-24 ans tourne autour de 20% dans notre pays. Sans surprise il s'agit surtout de jeunes peu voire pas qualifiés. Ou alors de jeunes dont les qualifications ne correspondent pas aux besoins des entreprises. Pour l'OCDE, L'organisation de coopération et de développement économique, il faut améliorer les performances de l'enseignement et l'offre de formations. Mais il faudrait également aller plus loin, rendre le marché du travail encore plus flexible. L’OCDE suggère que la Belgique change radicalement le système des allocations d'attente. En pratique, cela reviendrait à les supprimer. Pour le ministre de l'emploi Peter Vanvelthoven, c'est non. Autre constat de l'OCDE, les jeunes restent trop souvent bloqués dans des contrats précaires. Alors pour faciliter la transition vers des contrats à durée indéterminée, l'OCDE propose une sorte de contrat intermédiaire. Plus de protection que dans les contrats précaires, mais moins de protection que dans les contrats à durée indéterminée. Mais là encore, pour les autorités belges, c'est non.

Les élèves issus de l'immigration plus faibles

Les performances scolaires des élèves issus de l'immigration sont toujours plus faibles que celles des Belges de souche, même si on isole le facteur socio-économique, la langue parlée à la maison et le type d'enseignement suivi.
Voilà ce qui ressort-il d'une étude de l'ULB rendue publique jeudi à Bruxelles par la Fondation Roi Baudouin. Ces résultats approfondissent, pour la Belgique, les résultats d'une enquête internationale PISA de l'OCDE, sortie en mai dernier.
Lorsqu'on examine les scores moyens en mathématiques dans les deux Communautés, on constate dans les deux cas des écarts importants entre élèves autochtones et élèves issus de l'immigration. Il existe également des différences entre élèves de la deuxième génération et les nouveaux arrivants.


En Communauté française, 17% des élèves autochtones ont un niveau très faible en maths. Ils sont 36% chez les élèves de la deuxième génération. Quant aux nouveaux arrivants, la moitié d'entre eux rencontrent de sérieux problèmes en mathématiques.
En Flandre, les pourcentages sont respectivement de 7%, 42% et 29%. En outre, les immigrés arrivés en Belgique avant l'âge de 6 ans obtiennent un meilleur niveau que ceux arrivés plus âgés. Les facteurs d'explication de ces chiffres sont multiples. Les élèves qui parlent le français ou le néerlandais à la maison ont de meilleurs résultats que ceux qui y parlent une autre langue.
Pourtant, même quand les immigrés parlent la même langue que les autochtones à la maison, ils ont toujours des scores plus faibles que les seconds. Par ailleurs, les écarts entre autochtones et immigrés persistent dans toutes les filières d'enseignement (général, technique et professionnel).
Enfin, plus l'élève est issu d'une famille avec un statut socioéconomique élevé, plus il aura des scores élevés en maths. Ainsi, les enfants d'employés, avec ou sans lien avec l'histoire migratoire, ont des scores plus élevés en maths que les enfants d'ouvriers. L'étude conclut dès lors que la langue et la position socioéconomique des parents n'expliquent qu'une partie des différences entre autochtones et immigrés.
Il existe bel et bien une "problématique spécifique" en ce qui concerne les élèves issus de l'immigration. Les établissements scolaires jouent un rôle. La réussite des élèves dépend aussi de l'école, a souligné Andrea Rea, chargé de cours à l'ULB. La Fondation pointe du doigt, par exemple, le manque d'interaction entre parents d'immigrés et professeurs. Elle prône notamment une meilleure connaissance du système scolaire pour les parents par, entre autres, la lecture du journal de classe et des contacts avec les professeurs.
La Belgique a encore beaucoup d'efforts à faire en ce qui concerne la démocratisation de son enseignement qui ne sert actuellement plus suffisamment d'ascenseur social, conclut l'étude. Les auteurs invitent les décideurs politiques et les acteurs de l'éducation à une mobilisation et à une réflexion urgente sans tabous. Il faut développer des stratégies visant à améliorer le niveau des maths à l'école et visant à allier le principe de l'égalité et celui de la liberté de choisir son établissement, estime M. Rea.
La Fondation Roi Baudouin lancera fin mars un appel à projets axé sur le tutorat d'étudiants. Il s'agit d'initiatives au travers desquelles des étudiants de l'enseignement supérieur aident d'autres jeunes (notamment des jeunes issus de l'immigration) de l'enseignement secondaire à réussir leurs études.
L'étude "Performances des élèves issus de l'immigration en Belgique selon l'étude PISA", est consultable sur l'internet (http://www.kbs-frb.be/). L'échantillon était composé de 5.000 élèves en Communauté flamande et 3.000 en Communauté française, âgés de 15 ans et issus de 277 écoles belges.
(D'après Belga)

MAJ 28/02/07

Adopté à l'aube, majorité contre opposition

C'est à 7h30 mercredi matin, après plus de 18 heures de débat, que le parlement de la Communauté française a adopté majorité contre opposition -49 PS et cdH pour, 22 MR et Ecolo contre- le projet de décret visant à réguler les inscriptions et les changements d'écoles dans l'enseignement obligatoire.
Avant les votes, les députés MR ont encore volontairement prolongé la séance à l'occasion de la discussion des articles du projet. Willy Borsus, Jean-Paul Wahl et Jean-Luc Crucke ont ainsi tenté sans succès, pendant plus de deux heures, de persuader leurs collègues de la majorité de la pertinence de leurs près de 80 amendements, souvent répétitifs ou d'ordre sémantique.
Tous les amendements du MR ont été rejetés en bloc par la majorité et le parlement a aussi repoussé les deux propositions de résolution d'Ecolo et du MR déposées en début de séance mardi matin, demandant de suspendre le vote du décret. En raison de l'heure tardive de la fin de la réunion, les réunions de Commissions des Finances, de l'Enseignement supérieur, de la Santé, de la Coopération avec les Régions et de l'Education, prévues mercredi, ont été reportées. Seule celle de la Commission de l'Audiovisuel est maintenue, à 14 heures 30.
Jusqu'au bout de la nuit
Ce n'est que peu après trois heures du matin mercredi que la ministre de l'Enseignement obligatoire Marie Arena a pu répondre aux 24 intervenants, à l'issue d'un débat de plus de 12 heures sur le projet de décret "inscriptions". Elle a longuement détaillé les dispositions de son texte, fréquemment interrompue par l'opposition. Le brouhaha s'est quelque peu calmé après quelques rappels à l'ordre du président Jean-François Istasse.
Répondant aux préoccupations de Francis Delperée à propos des places de secondaire "réservées" pour les élèves ayant suivi les primaires dans le même établissement, elle a indiqué que sur 50.000 parents, 1.500 seulement font le choix sur la longue durée de 12 ans, la grande majorité choisissant 6 ans.
Elle a également précisé que pour les études concernées par le décret, le taux de mobilité (pourcentage d'élèves qui changent d'école) tourne autour de 7%.
A ceux qui lui faisaient reproche d'agir par idéologie ou dogmatisme, elle a rétorqué que "si c'est une idéologie qui permet à chacun de nos jeunes d'avoir accès aux compétences, il s'agit alors d'une nécessité, d'un impératif".
Tout au long de la soirée et de la nuit, presque tous les membres du groupe MR étaient montés longuement à la tribune pour reprendre des critiques déjà exprimées auparavant et dénoncer les motivations idéologiques du PS.
Les propos ont souvent pris un tour polémique, provoquant de vives réactions sur les bancs de la majorité PS-cdH. Ces longues interventions sont aussi parfois sorties du cadre strict du décret en discussion, pour évoquer une série de dossiers touchant à l'enseignement. Elles ont même débouché à l'une ou l'autre occasion sur des débats moins tendus, relatifs à l'âge de l'obligation et de l'inscription scolaires par exemple.
Le ton est particulièrement monté et le débat est devenu vraiment houleux quand Richard Miller (MR) s'en est pris à Francis Delperée (cdH), lui reprochant d'utiliser un savoir que les autres députés n'ont pas pour faire la leçon à tout le monde. Mais il a aussi accusé le PS de "grignoter petit à petit les libertés citoyennes" et le cdH de sacrifier ses valeurs pour préserver sa présence dans la majorité.
Après une nouvelle interruption de séance après la réponse de Mme Arena, les groupes ont entamé les répliques à partir de 4 heures 20. Les parlementaires vont ensuite débattre de la septantaine d'amendements finalement déposés par le MR.



L'école est très inégalitaire

Il reste encore pas mal de pain sur la planche, en Communauté française

L'enseignement obligatoire, source de remise à égalité entre toutes les couches sociales de la population, vous voulez rire ?
C'est le triste constat que pose, en filigrane, le recueil de statistiques officielles dévoilé lundi par Marie Arena (PS). Des chiffres qui existaient, en fait, déjà, mais de façon souvent très dispersée. Le grand mérite, ici, est de les regrouper en un seul fascicule.
La ministre francophone de l'Éducation le reconnaît : il reste "un travail colossal à réaliser " en matière d'égalisation sociale. Elle espère l'avoir déjà solidement entamé avec les mesures de son contrat pour l'école, qui commence à déboucher sur des réformes.
En attendant, plusieurs des données interpellent, dans ce premier document essentiellement basé sur l'année scolaire 2004-2005. Même si d'autres, à l'inverse, ont plutôt tendance à rassurer, notamment en terme de pénurie des profs.
Mixité sociale. Plus on monte dans le degré d'enseignement, plus on rencontre des jeunes de familles favorisées. Les autres, à l'inverse, stagnent dans le bas de l'échelle, et la plupart ne s'en sortent jamais. Les écoles ghettos et les filières professionnelles réservées aux plus démunis restent donc un problème criant. C'est le gros point noir des statistiques dévoilées.
Redoublement. C'est en première et deuxième primaire que l'hécatombe est le plus conséquent (6,3 % et 6,4 % d'échecs). En secondaire, c'est la troisième année la plus difficile, avec 19 % de redoublants, devant la cinquième et ses 16,7 %, soit deux années de choix d'orientation. Mais ici, de fortes différences apparaissent selon les années de référence. Et les récentes normes de non-redoublement ne facilitent guère les comparaisons pertinentes.
De plus en plus de femmes
Âge. 98 % des élèves sont inscrits en maternelle dès l'âge de 3 ans.
Accès au supérieur. Plus d'un jeune sur deux (54 %) poursuit un parcours au-delà du secondaire : 21 % vont à l'université, 6 % dans le supérieur non-universitaire de type long et 27 % dans le type court.
Diplômes. Un Belge sur deux dispose d'un diplôme de fin d'études secondaires, un sur cinq du supérieur.
Enseignants. Les filières de formation semblent retrouver la cote. Mais le principal constat des tableaux demeure de très fortes baisses successives (28 % en 4 ans !) dans la seconde moitié des années 90, soit au moment des grandes grèves et de la dévalorisation de l'image des profs.
Féminisation. La féminisation du corps enseignant demeure galopante : les femmes sont plus que jamais majoritaires, tant dans le fondamental (85 %) que dans le secondaire ordinaire (59,5 %) ou spécialisé (65,1 %). Et ces hausses sont constantes, avec un gain d'environ 5 % en treize ans dans chaque catégorie.
Avenir. L'étude statistique sera envoyée aux écoles cette semaine. Elle sera également mise en ligne (www.enseignement.be). Et on la mettra à jour chaque année avec, l'an prochain, une analyse plus fouillée sur les parcours scolaires des jeunes.

© La Dernière Heure 2007

La Commission pour le droit à la scolarité se penche sur les exclusions pour troubles du comportement. Elle nous livre ses premiers constats.
Le sujet est plus que délicat et personne n'a manifestement envie qu'il soit mis au jour. Une Commission pour le droit à la scolarisation des enfants et adolescents a néanmoins vu le jour en novembre 2005 dans la plus grande discrétion. Une initiative du délégué général aux droits de l'enfant dont il nous a semblé intéressant de dresser un premier bilan.
"Pour le droit à la scolarisation" ? L'intitulé interloque. La scolarité est effectivement bien plus qu'un droit dont, compte tenu de l'obligation scolaire, on peut s'étonner qu'il soit question de le violer...
Alors de quoi parle-t-on ? D'enfants déclarés non scolarisables et/ou refusés ou exclus, sous des prétextes vraiment pas clairs. Et, malheureusement, le phénomène n'est pas rare. Le seul chiffre qui circule est 1 400. Il correspond à peine aux dossiers d'exclusion déclarés pour le seul niveau secondaire du réseau "Communauté française" qui représente une minorité d'élèves. Les autres réseaux (les écoles libres et communales) ne publient pas ce genre de données. Peu importe, serait-on d'ailleurs tenté de dire. Car, selon nos informations, de nombreuses exclusions ne sont pas traitées dans les formes. Elles font soit l'objet d'un courrier aux parents pour leur signaler que leur enfant n'est plus le bienvenu. Soit l'objet d'un simple coup de téléphone.
Les dossiers de jeunes exclus s'accumulent en ce moment sur les bureaux des membres de la jeune Commission, seuls témoins possibles, en l'absence de relevé systématique, de l'ampleur du problème. Vu l'immensité du chantier, la Commission a d'ailleurs décidé de restreindre son champ de travail à l'analyse des causes d'exclusion en rapport avec les troubles du comportement, tant dans l'enseignement ordinaire que dans l'enseignement spécialisé.
"Comme il n'existe aucune statistique valable, notre premier but est de dresser un état des lieux", explique la présidente de la Commission, Anne de Kerkhove, qui insiste pour continuer à travailler dans la plus grande discrétion mais accepte néanmoins de nous communiquer ses premiers constats.
La notion de troubles du comportement est variable. Elle change en fonction du seuil de tolérance de l'adulte qui peut, lui aussi, varier en fonction des circonstances au fil de l'année. Ce côté subjectif doit être corrigé. Une des idées est donc d'établir des critères scientifiques qui permettraient de savoir plus clairement de quoi on parle.
Les exclusions pour troubles du comportement affectent en particulier les élèves de l'enseignement spécialisé. Le problème existe aussi dans l'enseignement ordinaire mais, dans le spécialisé, les conséquences sont plus vite lourdes en raison du manque de places disponibles.
Un seul exemple : il n'existe, à Bruxelles, qu'une seule école "de type 3" (troubles du comportement et caractériels). Quand un jeune en est exclu, il est forcément orienté vers la Wallonie. D'où de lourds problèmes de transport. Dans ce cas, il atterrit le plus souvent en institut résidentiel. Pour ne pas quitter Bruxelles, la seule orientation possible est le secteur psychiatrique. Une orientation suivie par certains.
Ces exclusions concernent toujours des familles démunies. Il faut insister sur la fragilité du public concerné.
Les motifs d'exclusion ne sont pas toujours clairs. La Commission ne fait que commencer son relevé. Elle épingle plusieurs causes concrètes d'exclusion. Celles-ci vont de la violence verbale ou physique à l'absentéisme en passant par des cas d'énurésie ou de poux à répétition. Mais le trouble du comportement est plus flou. Or, le droit à la scolarité représente le droit de pouvoir "rester dans le train". Les causes d'exclusion doivent donc explicitement être mentionnées. Ce qui n'arrive que trop rarement.
Le temps pour réaffecter un élève exclu est trop long. Quand les écoles procèdent "dans les règles" (dossier complété envoyé à l'Administration puis transféré à la commission zonale de réaffectation), il faut minimum deux mois pour qu'un élève exclu retrouve une école qui l'accepte.
Mais, nous précise-t-on, ce délai de deux mois ne concerne qu'une minorité des cas. Pour les autres, il faut bien plus. L'on comprend dès lors que, souvent, exclusion rime avec redoublement, l'élève étant incapable de combler un retard de plusieurs mois.
Affronter le problème des "non-scolarisés". Toute une catégorie d'enfants est exclue formellement de l'école, sans que ce ne soit contesté par personne. A une époque, ils étaient déclarés "non éducables". On est passé à "non scolarisables" puis, aujourd'hui, à "non scolarisés".
Derrière une étiquette de plus en plus lisse, se cache un gros problème de procédure. Rien ne définit, en effet, les éléments qui doivent être réunis pour qu'un enfant soit mis dans cette catégorie. Ce qui laisse la porte ouverte à tous les abus...
Et celui des exclus... sans être renvoyés. Comment avoir une prise sur ce genre de situation ? Il s'agit d'enfants dont leurs écoles ne veulent plus mais qui ne prennent pas la peine de les renvoyer officiellement. Ils ne peuvent donc plus aller en classe. Mais ne peuvent pas non plus se réinscrire ailleurs !
Identifier et dévoiler les situations positives. Car il y en a. Certaines écoles, certains acteurs, certaines familles mettent tout en oeuvre pour épauler un jeune en difficulté. Leur démarche doit être partagée.
Développer un axe de prévention. Qui passera certainement par un important volet de formation des enseignants.
Formuler des recommandations. Quand les critères d'exclusion auront été relevés et que les ressources disponibles auront été inventoriées, la Commission formulera une série de recommandations au délégué général aux droits de l'enfant, Claude Lelièvre, qui les transmettra au politique.
© La Libre Belgique 2006


Ecartés, ils se retrouvent... à la maison !

Depuis la création de la commission, les témoignages s'accumulent sur les bureaux de ses membres. De nombreux cas ne sont pas traités dans les formes !
Cédric a treize ans. Handicapé mental moyen, il bénéficie de capacités d'apprentissage certaines. Il suit sa scolarité dans la seule école de Bruxelles accessible à son "type" de pathologie quand, du jour au lendemain, celle-ci avertit sa maman qui l'élève seule qu'il n'est plus souhaitable que Cédric revienne en classe. Problème : aucun autre établissement ne propose ce type de prise en charge. Cédric est donc orienté vers le Brabant wallon. Vu l'éloignement, il faut opter pour un internat. Or, l'enfant supporte mal d'être éloigné de sa maman. Malheureux, il se fait encore plus remarquer. A tel point que cette école-là aussi, refuse désormais de l'accueillir. Résultat : Cédric n'est plus scolarisé depuis deux mois. Depuis un mois il est même tous les jours... à la maison. Dans aucun des deux cas, la procédure d'exclusion n'a été respectée. Il n'y a donc pas eu d'intervention de la commission zonale en principe chargée de trouver un établissement aux élèves exclus.
Mathias a... 3 ans. Il est en 1re maternelle lorsque son école avertit ses parents qu'elle ne désire plus s'occuper de lui. Ses troubles du comportement ont fait l'objet d'une pétition signée par les parents des autres élèves. L'école a suivi. Une rapide enquête sur les causes précises du renvoi de Mathias fait apparaître qu'il... renversait de l'eau dans son potage. Heureusement, il a fallu moins de deux mois pour "recaser" le petit. Qui a commencé sa nouvelle scolarité avec un passif déjà bien plus lourd que lui... Mathias est toujours dans l'enseignement ordinaire. Mais il l'a échappé belle. Il faut effectivement savoir que des écoles spécialisées de type 3 (troubles du comportement et caractériels) accueillent des enfants de maternelles depuis 20 ans.
Luc a 15 ans. Scolarisé dans le type 8 (troubles instrumentaux : dyslexie, aphasie...) en primaire, il a été "balancé" en type 3 (troubles du comportement et caractériels) dans le secondaire, car le type 8 n'existe simplement plus à ce niveau. L'occasion de rappeler que l'idée était de faire de ce type 8 primaire un accueil spécialisé provisoire pour réintégrer les enfants dans l'ordinaire, ce qui n'arrive pratiquement jamais. Comme on peut l'imaginer, Luc ne s'est pas intégré du tout. Il a été exclu. Ses parents cherchent une éventuelle institution Awiph pour le prendre en charge. Faute de quoi ils le feront admettre en psychiatrie. Jusqu'à ce que ces services-là dont telle n'est pas vraiment la mission le renvoient à leur tour...
Pablo a 13 ans. Sa famille traverse de graves problèmes. Le milieu familial étant défaillant, il est pris en charge par un service de protection judiciaire mais va à l'école avec des copains de son âge et s'en tire plutôt bien. Jusqu'au jour où son père met fin à ses jours. Peu après, Pablo "pète un plomb" dans sa classe. Il est décidé de le confier à un hôpital psychiatrique, le temps qu'il se remette. Trois mois plus tard, il pense revenir dans sa classe, mais on lui ferme la porte. Le prétexte ? Il a fait de l'hôpital psychiatrique. Seulement rien n'est stipulé officiellement. Pablo est toujours inscrit dans l'école. Dans le contexte familial qui est le sien, la seule option possible est une structure Awiph résidentielle. Pablo sera donc déscolarisé.
Tous ces cas sont malheureusement réels. Les noms ont néanmoins été modifiés. Merci à Carine Verstraeten des services du Délégué général aux droits de l'enfant de nous avoir ouvert quelques-uns de ses dossiers.
© La Libre Belgique 2006

Un urgent besoin de transparence !

Anne De Kerkhove dirige la jeune Commission. Qui fait face à une tâche immense...
Exclusions pour troubles du comportement : on assiste d'après ce que vous dites à une épidémie. Mais que recouvre l'expression "troubles du comportement" ?
C'est précisément ce que nous voulons définir, car ce n'est pas précis à ce stade-ci. Les critères d'exclusion pour troubles du comportement sont individuels, mais il faut absolument arriver à les objectiver.
Une série de problèmes sont également liés aux refus d'inscription. Comptez-vous les aborder ?
Oui. Il faut savoir que les services de l'Obligation scolaire de la Communauté française ne s'occupent pas de vérifier si tous les mineurs sont effectivement inscrits dans une école. Ils travaillent beaucoup, mais manquent de moyens et de personnel. Il faudrait pourtant pouvoir dépister les non-inscrits le plus tôt possible. Que fera-t-on quand on se retrouvera face à des situations d'enfants de dix ou douze ans qui ne sont jamais allés à l'école ?
Pour revenir à l'exclusion, avez-vous l'impression que le nombre de cas réels est beaucoup plus important que le nombre d'exclusions déclarées ?
En marge des exclusions pures et dures, nous rencontrons, en effet, également des situations d'enfants qui ne peuvent plus aller à l'école et ne sont pourtant pas exclus formellement. Et puis, il y a tous ceux qui pourraient être tous les jours dans leur classe mais qui, pourtant, n'y vont pas. C'est la question de l'absentéisme scolaire. Et l'on retombe sur les problèmes de manque de contrôle. A ce propos, il ne faut pas négliger les cas de "phobies scolaires" qui sont en augmentation. En aucun cas, ces enfants ne nécessitent un passage vers l'enseignement spécialisé, mais ils pourraient espérer une meilleure exploitation des ressources du terrain.
La tâche semble énorme. Comment comptez-vous avancer ?
Nous sommes occupés à contacter tout le monde : la direction générale de l'enseignement, les centres psycho-médico-sociaux, les associations de parents, les services Droit des jeunes, les services du Médiateur de la Communauté française, les directions d'écoles, les juges de la jeunesse, les services de contrôle scolaire, les commissions zonales d'inscription, l'Awiph... Nous avons besoin d'écouter tout le monde. Nous remercions d'ailleurs tous les intervenants pour leur précieuse collaboration. Il faut arriver à ce qu'une école considère qu'elle a quelque chose à gagner (dans tous les sens du terme) en gardant un enfant à problème. Et cela, on en est très loin !
Pourquoi est-ce tellement important ?
Nous savons tous que la prévention de la délinquance des jeunes passe, d'abord, par la lutte contre l'inadaptation scolaire et, ensuite, par le droit à la scolarisation des jeunes qui présentent des troubles du comportement.
© La Libre Belgique 2006

19 février 2007

Révolte contre l'inscription régulée

Inscriptions : les directeurs se rebiffent

Les directeurs de l'enseignement secondaire libre écrivent aux parlementaires francophones. Objectif : amender le décret "Inscriptions" ou postposer le vote en séance plénière. Pour mieux aider les élèves en difficulté dans le 1er degré.


Le contrat pour l'école peut-il s'encombrer de contradictions ? Pour les directeurs de l'enseignement secondaire catholique, la réponse tombe sous le sens, raison pour laquelle ils ne baissent pas les bras et poursuivent leur combat contre le décret "Inscriptions" voté la semaine dernière en commission de l'Education du Parlement de la Communauté française.
"Faiblesse de l'encadrement"
Alors que le texte doit passer le cap de la séance plénière à la fin du mois, l'Association des directeurs de l'enseignement secondaire libre de Bruxelles et du Brabant wallon (Adibra) a pris sa plus belle plume pour écrire une lettre ouverte adressée ce jeudi 15 février à l'ensemble des parlementaires amenés à se prononcer sur le texte, probablement le 27 février prochain.
"La Libre" a reçu copie de la missive, qui bénéficie du soutien des autres régionales de directeurs.
"Le futur dispositif de différenciation des parcours possibles au premier degré du secondaire (qui en est au stade d'avant-projet, "La Libre" des 3 et 4 février) veut promouvoir des plans individuels d'apprentissage et des parcours différenciés adaptés au besoin des élèves, entame Thierry Antoine, président de l'Adibra, par ailleurs directeur du collège technique Saint-Jean à Wavre.
Or, dans le même temps, on débat au Parlement de l'interdiction du changement d'école au cours de ce même degré. Ces deux mesures se télescopent, car il est impensable, au vu de la faiblesse de l'encadrement octroyé aux écoles, que chacune d'elles, et à elle seule, puisse proposer des menus de cours variés aux élèves qui en ont besoin."

"Mobilité = efficacité"
La chose est par contre possible si l'on considère les établissements d'une même zone : "On peut présenter un tel panel de parcours différents au sein d'une même région par un ensemble d'écoles qui s'y trouvent. Permettre cette mobilité des élèves contribuerait donc plutôt à l'efficacité du dispositif de différenciation. Mais le gouvernement, au contraire, imposera demain à chaque élève de rester pendant toute la durée de son premier degré dans le même établissement, sauf dérogation."
Et les chefs d'établissement de demander aux élus "dès lors de ne pas inclure le premier degré du secondaire dans l'interdiction de changer d'école, pour les mêmes raisons qui font que le reste du secondaire ne s'y trouve pas : la mobilité est nécessaire pour assurer à chaque élève de trouver le parcours qui lui convient le mieux."
André Cobbaert, président de la Fédération des associations des directeurs de l'enseignement catholique (Feadi), abonde dans le sens de ses collègues brabançons et bruxellois : "Le décret ne résout pas le problème essentiel, qui est l'aide aux élèves en difficulté. Demain, celui qui n'obtiendra pas son certificat d'études de base (CEB) au terme des primaires ira dans l'enseignement différencié. Mais celui qui l'aura obtenu avec difficultés ne pourra plus y aller (NdlR : il sera d'office versé en première année commune). Quels seront les moyens d'aider cet élève ?"
"Saucissonnage"
Si la Feadi approuve les objectifs d'efficacité et d'équité poursuivis par la ministre Arena (PS), elle déplore le saucissonnage des mesures. "On a plein de décrets (standardisation du CEB, réforme du 1er degré, inscriptions), avec des dates d'entrée en vigueur différentes. Où est la cohérence ?"
La solution, alors ? "Postposer le vote du projet de décret sur les inscriptions afin de voir comment va évoluer l'avant-projet de décret sur le 1er degré différencié."
Pour une meilleure harmonie entre ces deux mesures intimement liées.
© La Libre Belgique 2007

Ecole A la rentrée 2008, les listes d'inscription clandestines seront interdites

Message intéressant sur un débat de la libre :
"
Nouveau réglement d'inscription dans les écoles: une mauvaise bonne idée ?
Un projet de décret sur les inscriptions dans les écoles a été voté cette nuit. Il soulève une broncha dans les rangs de l'opposition. Marie Arena ne comprend pas cette levée de boucliers. Le projet, outre la prise en compte (pour l'encadrement et la dotation) des élèves exclus d'une école, dans l'établissement qui les accueille, repose essentiellement sur deux mesures. 1. L'inscription dans l'ordre des demandes. A partir d'une certaine date, les parents pourront inscrire leurs enfants dans l'école secondaire de leur choix, pour le 1er degré. Lorsque l'école atteint sa capacité d'accueil maximale, elle place les "retardataires" sur une liste d'attente, dans laquelle on viendra puiser en cas de désistement parmi les inscrits. Le fait d'avoir un frère ou une soeur dans la même école permet néanmoins de passer outre ce règlement. 2. L'interdiction, pour un élève, de changer d'école en cours de cycle, durant les maternelles, les primaires, et le premier cycle du secondaire. Quand on est dans une école, on doit donc y rester au moins deux ans. "

d’un certain alain.deplaen@scarlet.be, que je ne connais pas.

Un but louable, un resultat

La qualité de l'enseignement en Belgique francophone est depuis plusieurs années en dessous de ce que les moyens accordés devraient permettre. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est une récente étude européenne. En même temps, les résultats de l'enseignement néerlandophone sont très bons.

En quoi ce décret va-t-il changer les choses ?

1/ Les inscriptions selon la règle de "premier arrivé premier servi" ? Cette règle est déjà d'application en Flandre (le GOK decreet). Et n'a pas modifié l'équilibre sociologique des écoles. Par contre, il y a effectivement de longues files la nuit (si pas les jours !) qui précède la date critique (le 1er février).
On ne sélectionne plus les élèves selon un entretien, mais selon la motivation des parents.
Le résultat est le même : les parents les plus motivés sont majoritairement ceux qui attribuent la plus haute valeur à l'enseignement, parce qu'ils ont eu un enseignement de qualité eux-mêmes.
Résultat : idem qu'aujourd'hui, mais beaucoup de nuits de sommeil en moins.

2/ L'interdiction de changer en cours de cycle ? Ca part d'une bonne intention : assurer une continuité dans l'enseignement. Mais tous les parents savent que changer d'école n'est pas une décision légère : si changement il y a, c'est qu'il y a de bonnes raisons. Ces raisons existeront toujours après le décret, les exceptions seront légion ! Résultat : même chose qu'aujourd'hui, paperasserie en plus.

En bref, c'est un décret typiquement socialiste : un but louable (supprimer les écoles ghettos), de la paperasserie et des règles en plus, mais aucune amélioration sur le terrain, au contraire.
Et un bonus : limiter la liberté de l'enseignement libre, qui mérite de moins en moins cette appellation.
Un détail : sauf changement du passé, le MR était majoritaire avec le PS pour l'enseignement francophone avant cette législature. Et l'esprit était le même.

A-t-on oublié l'"école de la réussite" ?

Si on commençait, comme en Flandre, par supprimer le rénové pour ne plus éparpiller les moyens ? Et qu'on continuait en instaurant un "bac" extérieur, permettant une évaluation externe des élèves (le professeur est alors valorisé par la réussite de ses élèves, pas par les échecs) - et des écoles, entraînant une saine émulation de celles-ci, ainsi qu'une radiographie de celles qui ont besoin de plus de soutien, voire de dirigisme.

La ministre Arena veut lutter contre les ghettos en mélangeant les élèves. Des parents refusent que l'on écorne la liberté de choix.

Est-ce une vague de parents attachés aux libertés qui se lève ou les soubresauts protectionnistes de partisans des « écoles-sanctuaires » ? Depuis quelques jours, les pétitions se multiplient contre le texte soumis au vote ce mercredi en commission de l'Education de la Communauté française. Ce texte ne fait pourtant qu'appliquer, avec deux ans de retard, la neuvième priorité du Contrat pour l'école, lancé par la ministre de l'enseignement obligatoire début 2005.
De quoi s'agit-il ? D'instaurer une procédure stricte d'inscription, style guichet boucherie du supermarché : premier inscrit, premier servi. Terminée, la passerelle royale entre école primaire et secondaire du même pouvoir organisateur. Terminées, les listes d'inscriptions clôturées deux ans à l'avance afin de se retrouver « entre soi ». Terminées surtout les mesures dilatoires pour une direction face à un dossier d'élève « qui ne convient pas », en vue de décourager les parents d'inscrire. La ministre Arena y ajoute une disposition qui limite le « shopping scolaire » entre écoles et qui empêche, sauf motif légitime (lire ci-contre), de zapper d'une école à l'autre à l'intérieur d'un cycle.

Pour briser les ghettos
Pourquoi procéder ainsi ? Pour le gouvernement, il s'agit de lutter contre les écoles ghettos. Ghetto doré pour élèves nés coiffés ou ghetto pourri pour élèves en marge sociale ou culturelle. « Limiter le rôle de l'école à une vie en communauté où des semblables se retrouvent entre eux appauvrit le rôle de l'école dans le renforcement de la cohésion sociale », argumente la ministre. Qui, via les mécanismes de discrimination positive, dope déjà les écoles en quartiers difficiles de moyens supplémentaires. Et fait réaliser une étude universitaire qui pourrait lier strictement l'encadrement des classes et l'origine socio-économique des élèves. Les deux mesures qui sont examinées aujourd'hui font partie de ce dispositif global.
Mais, quoique annoncées dans leur principe depuis belle lurette, elles sont aujourd'hui l'objet d'attaques en règles de plusieurs pétitions et de l'opposition MR. Pourquoi ? Certains parents estiment en effet que cette disposition entrave le libre choix des parents en matière d'enseignement, garanti par la Constitution. Ils estiment aussi que briser le lien entre école primaire et secondaire décourage les parents de s'intégrer dans le Conseil de participation de l'école. « Nous préconisons une approche personnalisée des familles et des candidats élèves pour améliorer la relation entre école et parents. Avec ce texte, les directions ne pourront plus rencontrer personnellement les futurs élèves et leurs familles pour mieux les sensibiliser aux enjeux de la scolarité ». L'imprécision laissée dans le texte actuel par rapport à la procédure qui sera appliquée (les parents camperont-ils devant l'école, devront-ils se soumettre à un tirage au sort, quelle date sera choisie) laisse évidemment un boulevard aux phantasmes et à la suspicion. Et alimente la colère de Françoise Bertieaux, chef de groupe MR : « Ce n'est pas en niant la liberté des parents que l'on va lutter contre les ghettos scolaires, mais plutôt en menant une politique positive qui rénove les bâtiments, assure la sécurité dans les locaux, encourage et défend les équipes
pédagogiques. Or, que voyons-nous ? Aucune mesure claire n'est prise contre la violence, les partenariats privé-public sur la rénovation des locaux n'en sont nulle part. La ministre Arena démontre qu'elle ne connaît pas l'école. Si des parents veulent changer leur enfant d'école, ce peut être pour une bonne raison. Que l'on permette une consultation PMS, tout en laissant aux parents la décision finale, mais que l'on n'impose pas la mixité sociale par un décret dirigiste. »

Le choix de l'école en question

C'est ce mercredi que la commission de l'Education de la Communauté française se penche sur un avant-projet de décret de Marie Arena sur l'inscription des élèves dans les écoles. Des associations de parents s'inquiètent.
Si l'Union Francophone des Associations de Parents de l'Enseignement Catholique (UFAPEC) se réjouit de la clarification apportée au texte quant à la priorité à accorder à l'inscription des élèves qui ont déjà un frère ou une soeur dans l'école, elle estime que la disposition concernant le changement d'école doit être modifiée.
Elle interdit aux élèves de primaire de changer d'école en cours de cycle et au cours du premier degré du secondaire, regrette l'Union, estimant qu'il faut laisser la liberté aux parents de décider d'un éventuel changement. Malgré les nombreuses dérogations possibles, la procédure qui concerne l'élève en situation de danger psychologique ou pédagogique doit être assouplie, indique l'UFAPEC dans un communiqué.


Par ailleurs, une "Association de parents luttant contre l'échec scolaire et l'abandon scolaire" a fait parvenir au parlement de la Communauté une pétition demandant aux députés de ne pas voter cet article ayant trait au changement d'école.
Maria Arena étonnée
Pour sa part, la ministre de l'Enseignement obligatoire Marie Arena se dit étonnée de ces réactions, soulignant que son décret donne des droits supplémentaires aux parents, plutôt qu'il n'en retire.
Ainsi, l'interdiction de changer d'école, qui vise surtout le 1er degré du secondaire, vise notamment à obliger les établissements concernés à organiser dans leurs murs des classes d'enseignement complémentaire, afin que les élèves en difficultés ne doivent pas changer d'établissement, a souligné mardi Mme Arena en marge des débats du parlement.
En outre, la possibilité de changer d'école après concertation avec la direction et dans l'intérêt de l'enfant est maintenue, a-t- elle souligné. Le texte de l'avant-projet, inspiré de la priorité 9 du Contrat pour l'école "non au ghetto", prévoit aussi de lutter contre les listes d'attente pour l'inscription dans le secondaire. Les établissements ne pourront plus réserver des places pour les élèves issus de leur section primaire: ils devront inscrire dans un registre la date de chaque demande d'inscription et le motif éventuel du refus.
Cette mesure aussi élargit le droit des parents puisqu'il permet à ceux dont les enfants fréquentent une école communale sans section secondaire de ne pas être confrontés à un refus dans une école secondaire qui réserve l'accès aux élèves de sa propre section primaire, a encore fait remarquer Marie Arena. Le seul motif de refus acceptable est celui du manque de place, a ajouté la ministre de l'Enseignement obligatoire.
(D'après Belga)

Réguler les inscriptions scolaires pour réduire les ségrégations : oui, mais comment ?

mercredi 07 février 2007
La ministre-présidente de la Communauté française présente aujourd'hui à la commission éducation du Parlement un projet de décret sur les inscriptions. Son objectif : accroître la mixité sociale au sein des écoles, notamment par un meilleur contrôle du respect de la date d'inscription. Ce faisant, elle fait le choix d'une des trois options analysées dans le rapport interuniversitaire sur les bassins scolaires.
La première, qualifiée d'affectation contrainte (un système du type « carte scolaire » à la française), a été écartée car elle ne respecte pas le libre choix et présente de nombreux autres inconvénients. Entre les deux autres options, la Ministre a opté pour un « cadrage » de la liberté de choix, alors que nous avions préconisé un traitement collectif des préférences. L'objet de cette carte blanche est de repositionner ces deux options, dans l'espoir d'alimenter le débat.


Dans le système de traitement collectif des préférences, appliqué notamment en Angleterre et en Espagne, la première étape consiste à déterminer le nombre de places disponibles dans chaque école et aussi les critères destinés à départager les demandes quand celles-ci sont supérieures au nombre de places disponibles. Dans un second temps, les familles envoient à une instance régionale la liste des établissements qui ont leur préférence.
Ensuite, les critères de priorité sont appliqués dans chaque école où le nombre de demandes excède le nombre de places. Il existe de nombreuses variantes de cette option, qui, nous le soulignons, n'enfreint nullement la liberté de choix. En effet, rien n'empêche une famille de choisir une école en dehors de son bassin de résidence ; de même, aucune famille ne peut se voir imposer une école non choisie par elle.
La Ministre, quant à elle, se propose d'agir par le biais de règles et de contrôles. Elle envisage aussi de faire varier davantage qu'aujourd'hui les subventions en fonction de l'origine sociale des élèves, dans le but d'inciter les écoles aujourd'hui sélectives à ouvrir leurs portes. Cette technique ne pourrait sans doute avoir d'impact réel que si le différentiel de subvention était fort. Or, le risque est grand de ne pouvoir mettre en oeuvre qu'un différentiel de faible ampleur, insuffisant pour convaincre les opposants à une école plus égalitaire de favoriser l'hétérogénéité.
À nos yeux, un système de traitement collectif des préférences est susceptible d'augmenter davantage les chances qu'ont les familles et les élèves aujourd'hui illégalement « filtrés » d'accéder à l'école de leur choix.
Deux raisons principales à cela. D'abord, le lieu d'inscription n'est plus l'école mais un lieu neutre. Outre le moindre risque de contournement des règles, un tel système a l'avantage de mieux protéger les familles défavorisées des pressions dissuasives qu'exercent nombre d'écoles, sous couvert de bons conseils.
La seconde raison a trait aux critères de priorité. Dans l'option de la Ministre, le seul critère pris en considération, en dehors de la présence de frères et soeurs dans l'école, est la date d'inscription. Ce critère avantage les familles les plus favorisées et les mieux informées, même si on recule la date à partir de laquelle les inscriptions peuvent être enregistrées. Le risque est grand de voir des parents camper littéralement devant les portes des écoles les plus sélectives.
Au contraire, dans l'option que nous privilégions, il est possible d'insérer certains critères égalisant les chances qu'ont les familles de concrétiser leurs préférences, c'est-à-dire d'exercer réellement leur liberté de choix. L'un de ces critères consiste à répartir les élèves ayant demandé l'inscription en trois ou quatre groupes en fonction d'une évaluation de leurs acquis ou du diplôme des parents. Pour refléter l'hétérogénéité des demandes, on inscrit ensuite une même proportion d'élèves de chacun de ces groupes. Des recherches anglaises montrent qu'un tel dispositif favorise une plus grande mixité sociale.
Un tel système ne révolutionnerait pas du jour au lendemain la distribution des élèves entre les écoles car nombre de familles continueraient à craindre d'aller frapper à la porte d'écoles élitistes, et celles-ci garderaient le pouvoir de les décourager lors de contacts informatifs. Mais l'effet pourrait être non négligeable dans les régions où de nombreuses écoles fort demandées sont actuellement en mesure d'effectuer un tri.
Un tel système introduirait une dynamique de changement progressif. Ce changement devrait être piloté, car certaines familles favorisées, rétives à une plus grande mixité de leur école, feraient entendre leur voix, au contraire des familles aujourd'hui rejetées, qui restent silencieuses car plus dépourvues. Les acteurs éducatifs devraient donc entrer dans une dynamique de responsabilité collective à l'égard des élèves les plus fragiles et des écoles en difficulté.
La publication simultanée du projet de décret sur les inscriptions et du rapport sur les bassins scolaires permet d'ouvrir un débat sur la question délicate de la régulation des inscriptions.
Vu la complexité de la question traitée et son caractère éminemment politique, nous ne pouvons prétendre à un argument d'autorité scientifique, mais nous insistons pour que soit ouvert un débat approfondi sur les alternatives proposées.
Bernard Delvaux (UCL), Marc Demeuse (UMH), Vincent Dupriez (UCL), Annick Fagnant (ULg), Christophe Guisset (ULB), Dominique Lafontaine (ULg), Pierre Marissal (ULB) et Christian Maroy (UCL) , Auteurs du Rapport interuniversitaire sur les bassins scolaires (1)
(1) http://www.contrateducation.be/

Le CJEF dénonce l’«émocratie»BRUXELLES «Emocratie», criminalisation du décrochage scolaire et récupération, tels sont les qualificatifs peu flatteurs utilisés par le Conseil de la Jeunesse d’Expression Française (CJEF) pour dénoncer la politique actuelle du gouvernement envers la jeunesse. Le CJEF se déclare «outré» par les commentaires qui ont suivi l’opération menée par les forces de police dans les transports en commun mardi dernier et qui laisseraient entendre que le décrochage scolaire se situe sur le terrain de la criminalité. Il critique également la «récupération de la démarche des amis de Joe Van Holsbeeck», soulignant que le premier ministre semble s’être contenté de passer en revue des mesures sécuritaires prises par son gouvernement.
www.cjef.be

Mise en garde contre un ouvrage créationniste

D'inspiration musulmane, il est d'un nouveau type. Les directions d'école averties.
Le ministère français de l'Education a mis en garde les chefs des établissements scolaires sur l'envoi de milliers d'exemplaires d'un livre d'inspiration musulmane réfutant la théorie de l'évolution.
Ce luxueux ouvrage de 770 pages intitulé "L'Atlas de la création" a été expédié il y a une dizaine de jours de Turquie et d'Allemagne dans des écoles, lycées et universités français. "Il ne correspond pas au contenu des programmes établis par le ministère. Le cabinet du ministre a contacté les recteurs pour les alerter sur ce livre en leur demandant d'être particulièrement vigilants", a déclaré vendredi une porte-parole du ministère. "Nous n'avons pas à interdire un livre. Il arrive fréquemment que les établissements reçoivent des publications. Quand ces publications ne correspondent absolument pas au programme, les chefs d'établissement décident eux-mêmes de ne pas les mettre à la disposition des élèves", a-t-elle ajouté.
Le nombre d'ouvrages envoyés en France n'a pu être exactement recensé mais les exemplaires se comptent "par milliers" et le ministère ignore si des envois ont été effectués dans d'autres pays. Dans "Le Figaro" du 2 février, le biologiste Hervé Le Guyader estime qu'il s'agit d'une "nouvelle forme de créationnisme, bien plus insidieuse que celle, d'inspiration chrétienne, qui sévit en Amérique du Nord". L'ouvrage, écrit sous le pseudonyme de Harun Yahya, ne s'inspire en effet pas de la Genèse et admet que la Terre a bel et bien 4,6 milliards d'années, souligne-t-il. En revanche, il publie des photos de spécimens de poissons, de hyènes, d'étoiles de mer ou de feuilles d'arbres vieux de plusieurs dizaines de millions d'années et les compare à des photos de leurs descendants actuels pour montrer qu'ils se ressemblent. Et donc, que ces êtres vivants "n'ont pas subi d'évolution et qu'ils furent bien créés". L'auteur, qui cite abondamment le coran, conclut que la création "est un fait" et prophétise "la fin du matérialisme".
Selon lui, les théories de Charles Darwin seraient "la réelle source du terrorisme", car le darwinisme "est la seule philosophie qui valorise et donc encourage le conflit". Le ministère de l'Education souligne que la décision d'alerter les chefs d'établissement ne répond à aucune considération religieuse. (Reuters)

L'Enseignement non-universitaire sur la voie de la démocratisation

Le rapport introduit par Marie-Dominique Simonet établit le coût précis des frais demandés aux étudiants dans les 29 Hautes Ecoles et les 17 Ecoles Supérieures des Arts en 2006-2007.
La ministre responsable de l'enseignement supérieur en Communauté française, Marie-Dominique Simonet, a présenté ce lundi le rapport que lui a transmis le président du Collège des Commissaires du gouvernement relatif au coût des études dans l'enseignement supérieur non universitaire. Pour Mme Simonet il s'agit de la première étape d'une démocratisation du coût dans l'enseignement supérieur non universitaire. Réclamer sous certaines conditionsCe rapport établit le coût précis des frais demandés aux étudiants dans les 29 Hautes Ecoles et les 17 Ecoles Supérieures des Arts en 2006-2007 suite à l'entrée en vigueur des décrets relatifs aux droits et aux frais perçus dans l'enseignement supérieur non universitaire.

Ces décrets autorisent les Hautes Ecoles et les Ecoles Supérieures des Arts à réclamer aux étudiants certains frais moyennant des conditions strictes, dont leur appréciation au coût réel. Ils ont été approuvés par le Parlement de la Communauté française en juillet 2005 et 2006 suite au jugement prononcé par le tribunal de Namur en février 2005 qui constatait l'absence de base légale pour percevoir des droits d'inscription complémentaires.

Respect de la transparence
Le rapport conclut tout d'abord que la législation et la concertation prévue par celle-ci sont respectés. Il ajouté que les plafonds (778 euros maximum pour les étudiants non boursiers et 105 euros maximum pour les étudiants boursiers) et des dispositions transitoires sont également respectés. Ces dernières prévoient en effet que les établissements qui réclament un coût des études (minerval + frais + droits complémentaires en phase d'extinction) supérieur au plafond disposent d'un délai de 5 ans à partir de la rentrée académique 2007-2008 pour ramener ce coût global sous les plafonds légaux.
Le rapport conclut également au respect de la transparence des montants réclamés aux étudiants et à l'objectivité des montants réclamés aux étudiants. Coût inférieurDans une majorité d'établissements, soit 26 Hautes Ecoles et Ecoles Supérieures des Arts, le coût des études est inférieur ou égal à celui de l'année précédente dans toutes les sections d'enseignement. Dans un certain nombre de cas, l'augmentation du coût des études est dûe à l'obligation pour les établissements de mentionner dans le règlement des études des frais qui auparavant étaient réclamés en cours d'année académique sans information préalable, souligne le rapport. C'est notamment le cas dans plusieurs sections à La Cambre.Délai de 5 ansPour les étudiants non boursiers, dans 32 établissements sur 46, le coût des études est inférieur ou égal au plafond de 778 euros fixé par le Gouvernement.

Pour les étudiants boursiers, dans 20 établissements sur 46, le coût des études est inférieur ou égal au plafond de 105 euros fixé par le décret. Les autres établissements disposent d'un délai de 5 ans pour ramener le coût des études sous le plafond légal. C'est le cas à l'EPHEC en comptabilité où un étudiant boursier paie aujourd'hui 458,79 euros. A partir de 2007-2008, ce montant diminuera de 70 euros par an pour s'élever à 105 euros maximum dans 5 ans.Vide juridiqueLe coût des études dans l'enseignement supérieur non universitaire est engagé résolument dans un processus de démocratisation où l'information des étudiants, la transparence et l'objectivité des montants réclamés remplacent des années d'opacité et de vide juridique, souligne la ministre. La nouvelle législation mise en place par le gouvernement permettra dès 2007-2008 de confirmer l'évolution à la baisse des frais réclamés aux étudiants ou leur stabilisation aux niveaux actuels, ajoute-t-elle. (belga)