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27 mars 2008

En Belgique, « les politiques ne se supportent plus »

Ministre de l'Emploi durant trois mois, l'ancien patron de la CSC, Josly Piette, tire sa révérence. Son écharpe de bourgmestre l'attend. L'expérience ministérielle était intéressante, dit-il, mais le climat politique est détestable. Interview.

Le Vif/L'Express : Vous êtes content que votre mission prenne fin ? Josly Piette : Oui. Travailler dans de telles conditions est impossible. Les responsables politiques ne se supportent plus : la crise a laissé des traces profondes. Le climat a changé. Or, pour avancer, il faut de la confiance, de la cohésion. Déjà dans une commune comme la mienne, à Bassenge, il serait impossible d'assurer une gestion convenable dans un tel contexte. Alors au niveau fédéral...
Vous n'avez pas été tenté une minute de rempiler ? Je me suis engagé vis-à-vis de ma commune et je respecterai mes engagements. Cela mis à part, rester au gouvernement dans une bonne atmosphère de travail, pourquoi pas, mais comme ça, c'est non.

Quel est votre bilan, après ces trois mois à la tête du ministère de l'Emploi ? On a fait de l'excellent travail. Du consistant. Nous avions une toute petite équipe de sept conseillers, dirigée par Gilbert De Swert, l'ancien chef du service d'études de la CSC, rappelé alors qu'il était parti en prépension. Ces conseillers nous ont été « prêtés » sans hésitation par l'ONEm (Office national de l'emploi), la FEB (Fédération des entreprises de Belgique), les classes moyennes. Nous n'avons pas connu d'accroc. Avec les partenaires sociaux, nous nous sommes engagés à respecter toutes leurs propositions, à condition qu'elles aient fait l'unanimité dans leurs rangs.
Ce n'est pas toujours le cas ? Non. On a connu des ministres de l'Emploi très autoritaires, d'autres incompétents ou obsédés par l'idée d'ajouter leur touche personnelle à tous les projets.
Votre méthode a-t-elle porté ses fruits ? Oui. Les interlocuteurs sociaux se sont sentis responsabilisés et nous avons pu finaliser toute une série de dossiers (présence syndicale dans les PME, titres-services, etc.). Cela prouve que l'on peut faire beaucoup de choses dans un climat de dialogue : nous avons travaillé avec eux dans l'esprit de la concertation sociale, c'est-à-dire en cherchant le consensus. Sinon, que se passerait-il ? Les propositions seraient discutées en conseil ministériel restreint, chacun y mettrait son grain de sel et le texte final ne ressemblerait plus à rien.
En étant du sérail, vous partiez avec un sérieux avantage... On parle le même langage. On se comprend tout de suite.
Comptez-vous briefer le ministre de l'Emploi suivant ? Il faudrait les briefer tous ! Au moins sur la méthode. Les membres du gouvernement ne savent pas ce qu'est la concertation, ni la chance qu'ils ont de l'avoir. Pendant les six mois de crise, les partenaires sociaux ont continué à travailler, sereinement, et ont assuré le calme. Qu'aurait fait le Premier ministre Guy Verhofstadt s'il avait eu, à cette époque-là, une solide crise sociale sur les bras et des manifestations de masse dans les rues ?
Avez-vous eu de mauvaises surprises en passant dans le camp gouvernemental ? Non. Mais il est clair que les membres du gouvernement agissent aussi, et parfois d'abord, en fonction d'enjeux strictement politiques ou de leur propre agenda. Les dossiers eux-mêmes viennent parfois au second plan.
Le CDH vous a-t-il laissé les mains libres ? Les partis, CDH inclus, peuvent avoir des raisonnements théoriques mais à un moment, il faut que cela débouche sur des propositions concrètes. Autrement dit, sur la question des bas salaires, par exemple, je n'ai pas toujours suivi à 100 % les positions CDH. Dans l'esprit, oui, à la lettre, non. Le CDH m'a laissé les mains libres, mais il faut expliquer à ceux qui le composent comment marche un gouvernement. Ce parti n'a plus été au pouvoir au fédéral depuis huit ans : la jeune génération ne sait pas ce que c'est. Les prises de position de ces jeunes sont pures et sincères, certes, mais quand on est dans la négociation, on se heurte à certaines limites. On n'est pas seul au gouvernement. Ce sera intéressant pour le parti de se frotter aux réalités. C'est une belle école de vie.
En travaillant avec Guy Verhofstadt, votre opinion sur lui a-t-elle changé ? Guy Verhofstadt a beaucoup de qualités. Il a nettement évolué au fil des années mais il reste un vrai libéral, hyperkinétique. Quand on l'a compris, on peut travailler avec lui. C'est un meneur, un créatif, il propose toujours des solutions en cas de blocage. Et c'est un véritable animateur d'équipe.
Les conseils des ministres sont-ils parfois drôles ? Non. On n'y trouve aucun humour et personne ne raconte de blagues, même si Verhofstadt parvient à y distiller une certaine chaleur.
En tant que seul CDH au gouvernement, vous est-il arrivé de vous sentir seul ? C'était beaucoup plus confortable d'être seul CDH...
Voulez-vous dire que cela vous a mis en position de force ? Disons que Verhofstadt n'avait pas grand monde à mettre à ma place. J'étais seul et nécessaire. Il savait où étaient mes limites.
Vous occupiez une position un peu atypique : vous n'êtes pas issu du milieu politique et vous n'étiez là que pour trois mois. Oui. D'ailleurs, je n'ai pas subi d'attaques. Je n'ai tiré dans les pattes de personne non plus. Je n'ai pas le langage politique... J'étais attentif à mes propos car je savais qu'à la moindre erreur, on déclencherait le tir aux pigeons ! Quand je n'étais pas d'accord avec la thèse libérale, je le faisais savoir, mais sans viser quelqu'un en particulier. Ce n'est pas l'habitude, dans ce gouvernement, où la déontologie fait cruellement défaut. Il y règne une stratégie de conflits permanents, qui n'est pas saine. Didier Reynders n'est évidemment pas obligé d'aimer le CDH mais il devra quand même travailler avec lui pendant un certain temps. Il ferait bien de le comprendre. Au niveau individuel, les membres du gouvernement sont tous des personnes de grande qualité, y compris Didier Reynders. C'est un homme intelligent, avec qui il y a moyen de discuter. Mais en conseil des ministres, on est tout le temps dans la défiance, on n'est pas là pour construire. Entre partenaires sociaux, on ne se critiquait pas.
L'utilisation des GSM et des blackberrys ne facilite pas les choses... C'est infernal. Les membres du gouvernement passent leur temps rivés à ces appareils. Ils envoient et reçoivent des messages en permanence. ça torpille le climat. Ce n'est pas digne de la gestion d'un pays. Les enjeux économiques et sociaux sont colossaux, nous avons en main l'avenir de dix millions de gens, nous sommes à la limite d'un chambardement institutionnel majeur et certains s'amusent à jouer à ça...
Comment imaginez-vous l'avenir pour le nouveau gouvernement Leterme ? Ça dépendra plus des personnes que du programme. Mais si le climat ne s'améliore pas, je ne vois pas comment ça pourrait bien se passer. Yves Leterme, un homme intelligent qui connaît ses dossiers, va peut-être se révéler dans la fonction. Mais il n'a pas l'expérience d'un contexte politique aussi complexe que celui de la Belgique. Il a certes fait ses preuves en Flandre mais il disposait de moyens financiers et ne devait diriger qu'une seule communauté. Au fédéral, il y a peu d'argent, les conflits communautaires sont latents et il faut tout le temps arbitrer des problèmes sensibles. C'est ce que Guy Verhofstadt a appris à faire, en huit ans.

26 mars 2008

Patrick Dewael reprend le cabinet de Guy Verhofstadt

Pour la première fois, Patrick Dewael va véritablement prendre les fonctions de vice-Premier.
Le cabinet de Guy Verhofstadt n'a pas beaucoup de soucis à se faire pour son avenir. De nombreux collaborateurs de l'ex-Premier ministre vont en effet déménager vers l'autre coin de la rue de Loi qui abrite la cellule politique du vice-Premier Patrick Dewael, en charge de l'Intérieur, rapporte mercredi De Morgen.

Pour la première fois, Patrick Dewael va véritablement prendre les fonctions de vice-Premier étant donné qu'il n'aura plus Guy Verhofstadt au-dessus de lui, écrit De Morgen. L'homme qui devrait l'aider dans cette tâche est Hedwig De Koker. M. De Koker est un des rares à ne pas être arrivé avec Guy Verhofstadt. Jusqu'ici, il avait été secrétaire de groupe à la Chambre et trésorier du parti. Il exercera encore cette fonction pendant un temps avant d'être remplacé par Marc Vanleeuw, jusqu'alors conseiller de Guy Verhofstadt.

Annemie Turtelboom, qui a reçu le portefeuille de la Politique de migration et d'asile, sera probablement assistée d'Eugène Dimmock, également conseiller de Guy Verhofstadt. Le conseiller à la sécurité de l'ancien Premier ministre, Brice De Ruyver, devrait lui se voir octroyer un poste dans une université et le conseiller diplomatique Didier Vanderhasselt ira temporairement au cabinet de Karel De Gucht. Le porte-parole Koert De Beuf devient directeur du centre d'études du parti et le chef de cabinet Wouter Gabriëls se dirigera vraisemblablement vers le secteur privé.

24 mars 2008

"La confiance, ça se mérite"

"Nous ne pourrons pas tout faire, et certainement pas tout en même temps. Quoi qu'il en soit: nous écrivons solidarité avec une majuscule."

Dans la déclaration qu'il a lue jeudi devant la Chambre, le premier ministre Yves Leterme a insisté sur le fait que le nouveau gouvernement refusera l'aventure budgétaire. Il a aussi souligné que le pays et ses habitants peuvent espérer un avenir prospère à condition d'accepter le changement. Malgré une croissance ralentie et un creux budgétaire, le gouvernement entend malgré tout écrire solidarité avec une majuscule, a dit M. Leterme qui a par ailleurs parcouru l'accord intervenu dans la nuit lundi à mardi.
Il a rappelé que de longues négociations avaient eu lieu depuis le 10 juin. "Ces derniers mois n'ont pas été perdus. Ils ont en effet clairement démontré qu'il est nécessaire de parvenir à un nouvel équilibre entre les Communautés, les Régions et l'Etat fédéral. Il est clairement démontré qu'une nouvelle réforme de l'Etat est nécessaire", a-t-il dit ajoutant qu'après le premier paquet, le gouvernement "entend continuer cet important travail" et déposera d'ici mi-juillet un deuxième projet de loi spéciale. "C'est ainsi que nous travaillerons pas à pas, à la nécessaire réforme de notre pays".
Il a souligné les grands axes de cet accord, commençant chaque fois l'énumération en disant: "Nous voulons être un gouvernement qui renforce le pouvoir d'achat", "qui rémunère ceux qui entreprennent et qui travaillent", "qui donne aux demandeurs d'emploi de meilleures chances d'arriver sur le marché du travail et qui les pousse à les saisir", ... "La confiance ne peut se proclamer, elle doit se mériter. C'est la raison pour laquelle le gouvernement entend renforcer la confiance des citoyens dans la politique. Non pas par de beaux discours et de vaines promesses, mais par des programmes réalisables et des actes identifiables. Voilà ce que les citoyens, les entreprises, les associations attendent de nous", a-t-il souligné. Et de rappeler que ce gouvernement démarre sans avoir le vent d'une forte croissance économique dans le dos et qu'en plus le pays se trouve dans un creux budgétaire. "Nous ne pourrons pas tout faire, et certainement pas tout en même temps. Quoi qu'il en soit: nous écrivons solidarité avec une majuscule. La voie que nous voulons suivre est la voie qui mène à l'assainissement des finances publiques, au renforcement de notre modèle socio-économique et à l'investissement dans le futur".
Yves Leterme a encore souligné que "la Belgique est et reste un pays où il fait bon vivre et qui possède bien des choses donc nous pouvons être fiers". "Un pays qui peut se tourner vers un passé et espérer un avenir prospère, si du moins, il est prêt au changement. Il incombe à la politique de mettre les choses en mouvement et d'indiquer la direction du changement".
En conclusion, il a insisté sur le fait que les diverses mesures prévues par l'accord seront concrétisées au cours des prochains mois et des budgets de 2009 et des années suivantes. "Nous le ferons avec la prudence nécessaire pour éviter les risques budgétaires".
L'hémicycle de la Chambre était rempli jeudi pour entendre la lecture par le nouveau premier ministre Yves Leterme de la déclaration gouvernementale.
De Wever, inquietLe fait que le gouvernement Leterme compte plus de membres francophones que de membres flamands inquiète aussi le président de la N-VA Bart De Wever. "Pour la première fois depuis 35 ans, le gouvernement compte plus d'excellences francophones que flamandes. Je ne pensais pas que cela soit encore possible au 21e siècle", a-t-il déclaré dans les couloirs du parlement. Et le fait que davantage de députés francophones soutiennent le gouvernement ne change rien à ses yeux. Etant donné lea démographie, la parité devrait déjà satisfaire les Francophones, estime-t-il.
Les nombreux ministres et secrétaires d'Etat occupaient les bancs réservés au gouvernement. Ils sont toutefois trop nombreux pour les places disponibles. Il avait donc fallu ajouter des chaises pour permettre à chacun de trouver une place. On remarquait l'absence d'un des nouveaux Secrétaires d'Etat, le PS Fédéric Laloux. Selon le parti, ce dernier aurait été bloqué dans les embouteillages....
Réactions de l'opposition flamandeParmi les réactions à la déclaration du premier ministre Yves Leterme, celle de Jean-Marie Dedecker, qui estime qu'elle contient une série de promesses dont le coût n'est pas calculé. La déclaration a l'allure d'un "sermon de sous-pasteur", a-t-il dit, comparant lui aussi le gouvernement de 15 ministres et 7 Secrétaires d'Etat à une armée mexicaine. Pour les écologistes flamands, la déclaration manque de flamme et les ministres n'avaient d'ailleurs pas l'air très attentifs pendant sa lecture. Selon Groen!, il s'agissait d'une longue liste de revendications de tous les partis de la majorité, sans qu'aucun choix soit fait. Alors que le premier ministre annonce que le budget est très important, cette compétence est confiée à un Secrétaire d'Etat et non à un ministre, a encore relevé la députée Meyrem Almaçi. Quant à Spirit, il dénonce un déséquilibre communautaire, avec cinq Secrétaires d'Etat Francophones pour deux Flamands et s'étonne que la N-VA accepte une telle situation.
On notera encore que dans sa déclaration, Yves Leterme a rendu hommage à son prédécesseur Guy Verhofstadt et à l'ex-ministre cdH Josly Piette. Avant que le premier ministre monte à la tribune, un groupe de femmes du CD&V a déployé une banderole pour demander plus de femmes dans le gouvernement. Au grand embarras des huissiers, elles ont agi depuis la tribune du Sénat et il y avait parmi elles plusieurs mandataires ce qui ne permet pas une action aussi radicale que lorsque les protestataires agissent depuis la tribune du public. Les femmes CD&V ont finalement replié d'elles-mêmes leur banderole.
Un nouveau gouvernement est né
Comme prévu, le Roi a reçu en audience, jeudi matin, au Château de Laeken, le premier ministre Guy Verhofstadt qui lui a présenté sa démission. Celle-ci a été acceptée par le souverain. Sur la proposition de Guy Verhofstadt, le Roi a nommé Yves Leterme premier ministre, indique un communiqué du Palais.
L'équipe Leterme 1er compte sept femmes: six ministres et une secrétaire d'Etat. Trois femmes sont PS. Les quatre autres formations du nouveau gouvernement ont chacun une femme dans le gouvernement. Sur les quinze ministres du gouvernement, on compte donc sept femmes dont deux vice-premières, la PS Laurette Onkelinx et la cdH Joëlle Milquet. Le gouvernement compte encore quatre ministres, Sabine Laruelle (MR), Marie Arena (PS), Inge Vervote (CD&V) et Annemie Turtelboom (Open Vld) ainsi qu'une secrétaire d'Etat Julie Fernandez-Fernandez (PS).
Passation de pouvoir
Yves Leterme a pris possession du 16 Rue de la Loi jeudi en début d'après-midi. Premier ministre fraîchement nommé, il a repris le flambeau à Guy Verhofstadt, qui occupait les lieux depuis 1999. Cette transmission des clés du cabinet du premier ministre aurait dû avoir lieu depuis plusieurs mois mais la longueur des négociations et l'échec de l'orange bleue ont différé l'événement de 10 mois. C'est devant un mur de caméras et d'appareils photographiques que l'événement a eu lieu. Le sortant libéral a félicité son successeur et lui a souhaité beaucoup de succès.
"C'est une fonction passionnante. J'ai toujours aimé remplir cette tâche. J'ai toujours été fier d'être premier ministre de ce pays fantastique", a dit Guy Verhofstadt. Le nouvel arrivant a remercié son prédécesseur des efforts qu'il a faits ces derniers mois. "Nous avons été des adversaires pendant des années mais il y a toujours eu un espace pour se rencontrer", a-t-il dit. "Je suis certain que nous nous retrouverons, en Belgique ou en politique", a-t-il ajouté.
Guy Verhofstadt a une nouvelle fois remercié, après le cadeau de départ qu'il a reçu de ses collègues. Il s'agit d'une carte datant de 1613 représentant l'Europe de 1595 réalisée par Mercator.

Les parcours de nos ministres Qui fait quoi? le nouveau gouvernement en images La double casquette de Demotte fait débat Ecolo regrette la pauvreté de la déclaration Verhofstadt en images

05 mars 2008

Yves Leterme reprend les commandes

L'ambiance est-elle toujours au beau fixe après les propos tenus la semaine dernière par le président du MR?Les présidents des cinq partis de l'actuelle coalition se retrouveront demain mercredi midi autour du futur probable premier ministre Yves Leterme (CD&V). Ils devraient se mettre d'accord sur la composition du gouvernement qui succédera à l'équipe intérimaire qui gère actuellement le pays, et régler quelques autres points.Le vice-premier ministre MR Didier Reynders, chargé lors de la mise sur pied du gouvernement intérimaire de piloter les discussions pour l'élaboration du programme socio-économique du gouvernement définitif, a reçu lundi les présidents du sp.a, de Groen! et d'Ecolo pour voir avec eux s'ils étaient prêts à entrer dans le gouvernement et à quelles conditions. Après la rencontre, les trois présidents ont souligné qu'il appartenait d'abord à la majorité actuelle de déterminer sa position. Ce devrait être chose faite demain mercredi. Ce mardi, Yves Leterme a d'abord rencontré le président de la N-VA Bart De Wever. Le partenaire de cartel du CD&V a confirmé lundi matin qu'il n'entrera pas dans le gouvernement définitif et qu'il compte s'abstenir lors du vote de confiance fin mars au parlement. De part et d'autre, on se refusait à tout commentaire à l'issue de la réunion. M. Leterme a aussi rencontré les présidents du PS Elio Di Rupo et du cdH Joëlle Milquet. Il avait déjeuné lundi midi avec Didier Reynders (MR) et l'actuel premier ministre Guy Verhofstadt (Open Vld). Mercredi, il réunira les cinq présidents mercredi à 12 heures 30 à son cabinet. Le but de la réunion est d'abord de décider s'il y a un accord pour élargir l'actuelle pentapartite réunissant CD&V, MR, PS, Open Vld et cdH ce qui semble peu probable même si certains partis comme le PS restent favorables à une coalition la plus large possible. Les cinq présidents devraient aussi aborder quelques autres points. La date du 20 mars, fixée par Guy Verhofstadt pour mettre fin au gouvernement provisoire, approche dangereusement et sur le plan socio-économique on n'est encore nulle part. RéconciliationPendant les deux semaines d'absence d'Yves Leterme, sous la houlette du premier ministre Guy Verhofstadt, le gouvernement provisoire a engrangé deux avancées importantes : un accord institutionnel sur un premier paquet de réforme et le budget 2008. Yves Leterme a repris ses activités politiques lundi. Il a déjà eu une première rencontre avec Guy Verhofstadt et Didier Reynders lundi. Le but de celle-ci était sans doute de relancer la négociation pour la mise en place du futur gouvernement mais aussi de recoller la porcelaine un peu cassée entre Didier Reynders et Yves Leterme après les déclarations la semaine dernière du président du MR. Yves Leterme devrait maintenant prendre en main les discussions pour la formation de son gouvernement qui doit succéder à celui présidé par M. Verhofstadt.Le 19 février, alors qu'Yves Leterme était hospitalisé, le premier ministre Guy Verhofstadt a indiqué qu'en accord avec les présidents des cinq partis de la coalition actuelle il avait convenu que les grandes lignes de l'accord de gouvernement du nouveau premier ministre seront inclus, en ce qui concerne le volet réforme de l'Etat, dans l'exposé des motifs de la proposition de loi de réforme déposée au Sénat. Quant à la première partie du volet socio-économique de l'accord de gouvernement il sera inclus dans l'exposé des motifs de la loi-programme.InquiétudesLundi, après sa rencontre avec les présidents des partis de l'opposition, Didier Reynders a noté : "dans les prochaines semaines, Guy Verhofstadt, Yves Leterme et moi-même allons beaucoup nous voir. Je ferai tout pour que la négociation réussisse". Une chose est certaine, le temps presse et dans certains partis on commence à s'inquiéter. Le 20 mars Yves Leterme devrait devenir premier ministre mais de quel gouvernement et avec quel programme, cela reste toujours la grande question. La défection de la N-VA pourrait avoir pour conséquence que le MR demande une nouvelle répartition des postes afin d'obtenir plus de compétences dans le nouveau gouvernement. On constate aussi dans certains partis que le MR a quasi lancé sa campagne électorale pour 2009 samedi dernier.

Lire aussi:Gennez plaide pour un gouvernement sans les libéraux
Lire aussi:Vers un élargissement de la majorité?

21 décembre 2007

A Pâques ou à la Trinité ?

Guy Verhofstadt réaffirme avec force qu'il quittera ses fonctions de Premier ministre le 23 mars 2008. Histoire de forcer un accord institutionnel avant Pâques. Il propose un "Pacte pour un Etat fédéral renouvelé". Le CD & V n'apprécie pas. Déjà !
Cent nonante-quatre jours de crise : cette fois, plus de doute. Les journaux et les télévisions arrêteront le compteur de la crise ce vendredi. Il n'y aura pas de 195e jour de crise. C'est aujourd'hui, en effet, à dix heures du matin, que le gouvernement de Guy Verhofstadt ira prêter serment entre les mains du roi Albert II, au Palais de Laeken.

La fine équipe (au PS, les 3 ministres seront finalement Laurette Onkelinx, Christian Dupont et Paul Magnette qui quittera la Région wallonne pour prendre en charge l'Environnement et la Consommation) reviendra ensuite au Parlement, pour une photo, sans le Roi cette fois. Suivra le premier Conseil des ministres du gouvernement Verhofstadt III dans la toute nouvelle salle du "16" rue de la Loi qui aurait dû être inaugurée il y a quelques semaines déjà. Une inauguration que, par décence, Guy Verhofstadt a reculée. Le Premier ministre ira ensuite lire la déclaration gouvernementale à la Chambre puis au Sénat. Le débat aura lieu dimanche matin à la Chambre et le vote définitif est attendu dimanche vers 16 heures. Au Sénat, il est possible que le débat ait lieu le lundi 24, à quelques heures du réveillon.
Le programme du gouvernement sera en fait assez succinct : il tiendra en dix points (voir ci-dessous).
Que le combat commence...
Les choses sérieuses commenceront donc en janvier. Le gouvernement Verhofstadt III (le p'tit troisième comme l'appelle la presse flamande) aura deux tâches principales : lancer la réforme de l'Etat dans le but d'arriver à un accord sur les contours de celle-ci avant Pâques et définir un ensemble de mesures socio-économiques.
C'est bien Yves Leterme, futur vice-Premier ministre et ministre des Réformes institutionnelles qui présidera le groupe de 12, chargé de négocier la réforme de l'Etat (voir page suivante). Mais c'est bien Guy Verhofstadt qui, dès le lancement des travaux, début janvier, alimentera la réflexion institutionnelle avec une note personnelle intitulée "Pacte pour un Etat fédéral renouvelé". Son but, en déposant cette note, est de lancer le combat car, depuis 6 mois, sur le ring institutionnel, les boxeurs n'ont fait que s'observer, sans jamais s'affronter. Il ne faudra pas attendre janvier : le CD & V a déjà incendié l'initiative de Guy Verhofstadt.
Que contiendra le document du Premier ministre, document qu'il glissera dans le rapport sur sa mission de formation qu'il confiera au Roi dans quelques jours ? Il y a presque un an, lors du discours aux Corps Constitués, il avait esquissé les contours d'une "Fédération de Belgique" qui, grâce aux réformes négociées, devrait remédier aux failles du système actuel comme l'éparpillement des compétences. À l'époque, il avait également souligné la nécessité, pour les entités fédérées, d'être responsables financièrement de leur politique et l'urgence de trouver un règlement négocier à la question de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Son credo était et est toujours : ni séparatisme ni immobilisme.
Mais pourquoi diable Guy Verhofstadt a-t-il choisi le 23 mars 2008 pour faire mourir le gouvernement intérimaire ? "Parce que ce seront les vacances de Pâques"...
Il faudrait donc ignorer les commentaires de ceux qui voient "Numero Uno" s'incruster au "16", rue de la Loi.. Vendredi après-midi, lors d'une rencontre informelle avec les journalistes politiques, Guy Verhofstadt n'a laissé aucune place au doute : quoi qu'il arrive, il partira le 23 mars 2008 et laissera le fauteuil au leader naturel du plus grand parti flamand, Yves Leterme. Une manière, sans doute, de mettre la pression sur les épaules de son successeur.
L'Europe, l'Europe, l'Europe
Il faudra donc s'habituer à ne plus voir, au "16" la silhouette un peu voûtée de ce passionné de tout... Que fera-t-il alors ? Il sera toujours sénateur. Mais il a déjà une autre idée, européenne évidemment. Il souhaite parcourir l'Europe, des Balkans à l'Ecosse et de la pointe de la Scandinavie à l'Espagne à la recherche de la vraie multiculturalité européenne. Car il en est persuadé : le côté cosmopolite de l'Europe est malheureusement en recul. Avant, dans certains villages des Balkans, explique-t-il, il y avait un vrai métissage : on trouvait encore des villages où l'on parlait jusqu'à 8 langues.
On s'éloigne, on s'éloigne, direz-vous. Si peu. Car l'homogénéisation linguistique, certains en rêvent aussi pour la Belgique.

20 décembre 2007

L’union CD&V/NVA, VLD, MR, PS, CDH difficile à vivre

Pas de cadeaux pour Verhofstadt III

CONFLITS ET POLÉMIQUES traversent la toute nouvelle coalition pentapartite. Pendant que Verhofstadt prépare son entrée au Parlement.

Le gouvernement bientôt, mais pas la paix. On ne sort pas indemne d’une mêlée de six mois. Alors ? Alors, avez-vous entendu Didier Reynders mercredi matin, interviewé à la RTBF-radio ? Pour la première prestation d’un nouveau « premier » vice-Premier ministre, on se croyait presque en campagne électorale. La résolution de la crise ? Lui et Guy Verhofstadt en sont les artisans, entendez la famille libérale, qui a réglé l’affaire en quinze jours après que la chrétienne-démocrate, et ses explorateurs-démineurs-formateurs, eut plongé le pays dans le noir près de 200 jours. Les difficultés ces dernières 48 heures ? Certains réclamaient des mandats, il fallait régler ça… Au CDH, on s’étrangle. Au PS aussi.
Et puis il y a cette thèse qui a la cote chez les libéraux, celle du « cartel PS-CDH », voire d’un « préaccord électoral » (lire en page 6), qui explique l’échec de l’Orange bleue… Une thèse potentiellement dévastatrice pour les relations entre partenaires.
En quelque sorte, Didier Reynders dit la vérité de cette coalition pentapartite asymétrique, disparate, conflictuelle dans tous les sens ; une coalition de Noël, toute boules et guirlandes. Sans programme au départ, et intérimaire. Mais aussi une coalition conçue aux forceps. De secours. Presque de salut national après les déchirures que l’on a connues. Mais qui a tout à prouver. À commencer par sa capacité à dépasser les dissensions entre gens qui se toisent, parfois jusqu’à la détestation. Certains disent : « fédérer les partenaires », « apaiser », « tourner la page », « pas de rancœur », « rétablir la confiance »… On verra.
Il n’y a pas que les francophones, d’ailleurs. Qui peut croire qu’au Nord, un Guy Verhofstadt et un Yves Leterme puissent être à l’unisson ? Qu’ils partent à l’aventure en bons copains ? Il nous revient ceci : le CD&V, et Yves Leterme en particulier, s’attribue l’idée d’avoir proposé Josly Piette comme ministre CDH, un nom qui a fait consensus directement, même en pleine bisbrouille autour du CDH et du veto MR à son encontre. Eh bien non : Guy Verhofstadt a eu l’idée. Lui s’est souvenu du syndicaliste fréquenté durant la négociation pour le pacte des générations. Et le formateur-Premier ministre n’a pas du tout apprécié de voir le chrétien-démocrate tirer la couverture à lui. L’épisode le montre : c’est tendu. Fragile.
Alors, Guy Verhofstadt accélère. Surtout, ne pas s’égarer. Rester concentré. Hier, il a fait défiler un à un au « Seize » les présidents des partis de la majorité en leur soumettant son brouillon de discours de politique générale, qu’il prononcera vendredi au Parlement, au nom de son Verhofstadt III, cela avant de réclamer la confiance à la Chambre dimanche.
Un discours en une dizaine de points (Le Soir de lundi) : réaliser un budget 2008 en équilibre ; assurer la liaison des allocations sociales au bien-être ; baisser les impôts sur les bas et les moyens revenus ; agir sur les prix de l’énergie pour les citoyens ; soutenir les entreprises ; prolonger le pacte des générations ; conforter les soins de santé ; relever les pensions ; assumer les engagements écologiques de Kyoto ; développer une politique de mobilité… Un programme d’urgence.
Rien à voir avec les groupes de travail sur le socio-économique et sur l’institutionnel, coachés par Didier Reynders et Yves Leterme, qui verront le jour en janvier, et annonceront le gouvernement définitif, du 23 mars 2008, lorsque Guy Verhofstadt et Verhofstadt III céderont le témoin à Yves Leterme et Leterme Ier. Et que viendra le temps de la réforme de l’Etat. Ne l’oublions pas.