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30 avril 2008

Le Groupe Wallonie-Bruxelles 2009 encense Demotte et Piqué

Le Groupe Wallonie-Bruxelles 2009 a accueilli "avec enthousiasme" mardi la proposition des ministres-présidents Rudy Demotte et Charles Picqué d'une Fédération Wallonie-Bruxelles, ont indiqué ces derniers à l'issue de la rencontre.

"Il existe un consensus francophone sur le cadre. Aux Francophones maintenant de le remplir", a estimé M. Demotte, qui ajoute que la proposition a permis de "bouger des pions sur l'échiquier". Pour M. Picqué, elle a le mérite de "dépassionnaliser" le débat intrafrancophone, d'écarter les susceptibilités régionalistes en respectant le sentiment d'appartenance à une communauté, et respecte les Flamands de Bruxelles. Les sous-groupes Wallonie-Bruxelles 2009 disposent désormais d'un "fil rouge venu à son heure" pour approfondir leur travail, a confié le co-président du Groupe Wallonie-Bruxelles, Philippe Busquin. Ces sous-groupes feront un premier rapport pour le 20 mai, avant une synthèse annoncée pour le 16 juin.

26 avril 2008

Les francophones sauveront-ils Leterme ?

Le Premier ministre veut convaincre les francophonesde "geler" la scission de BHV. Les partis francophones refusent et demandent(toujours) une "solution négociée" : est-ce tenable ? La N-VA accentuela pression sur Leterme.


Question : "M. Leterme, comprenez-vous l'inquiétude des francophones alors que des députés de votre parti veulent voter la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde "en force" dès la semaine prochaine ?"
- Réponse : "Je prends acte."
- Question : "Pouvez-vous les rassurer ?"
- Réponse : "Je prends des contacts. Mais le Parlement est souverain pour fixer son ordre du jour. Je vous rappelle l'indépendance des pouvoirs exécutif et législatif."
Cela se passait vendredi matin, à l'issue du Conseil des ministres. Ce samedi, Yves Leterme rencontrera les présidents de trois partis francophones de la majorité (MR, PS, CDH) avec pour objectif de faire diminuer le voltage de la ligne à haute tension BHV. Yves Leterme, qui "a pris acte" de la décision des quatre partis francophones (ajoutez Ecolo aux trois précités) de ne pas activer de nouvelle procédure en "conflit d'intérêt", aimerait les faire revenir sur cette décision. Rappel, déclencher une procédure de "conflit d'intérêt" permet de paralyser le parcours législatif de la proposition de loi flamande de scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde. La décision de porter la proposition de scission à l'ordre du jour de la Chambre sera prise mardi prochain. Et le vote "Flamands contre francophones" aurait théoriquement lieu, dans la foulée, lors de la séance plénière du 8 mai. Ce qui ferait (probablement) tomber le gouvernement Leterme Ier.
"Retenez-moi !"
D'ici mardi, les francophones ne devraient pas bouger d'un iota. Ce qui amuse les libéraux flamands : "Mais que croyait-il, Leterme ?, Que les francophones allaient éternellement le dépanner pour ses "cinq minutes de courage politique" ? C'est très naïf." Au sein de quatre formations politiques francophones la rengaine est (presque) la même. "C'est un peu "retenez-moi où je fais un malheur !" ce que sont occupés de faire les partis flamands , a souligné Didier Reynders (MR) interrogé vendredi matin par un auditeur de "La Première". "Ça n'a pas beaucoup de sens de dire qu'on va vous mettre une gifle, de vous prévenir, et de vous demander de vous protéger..."
Du côté d'Elio Di Rupo, on dit : "Nous ne déclencherons pas de procédure en conflit d'intérêt. Nous aviserons mardi si la scission est effectivement mise à l'ordre du jour du Parlement. On est dans une logique de solution négociée et pas dans une logique de conflit." Au CDH, Joëlle Milquet (lire l'interview en pp. 6-7) dit attendre "un geste" de la part des Flamands : "Mais si les intérêts des francophones sont menacés , souligne-t-elle, il faudra bien déclencher une procédure de conflit d'intérêt." Quant à Ecolo : "Il est hors de question que nous mettions un genou à terre, s'enflamme un responsable du parti. Non, non et non ! Si le CD&V veut faire tomber Leterme, c'est son problème. Mais nous ne participerons pas à une procédure de conflit d'intérêt. Un peu de dignité, SVP !"...
La charnière CD&V/N-VA
Du reste, il apparaît peu probable que le président de la Chambre, Herman Van Rompuy (CD&V), se prête à des manoeuvres de retardement de la mise à l'ordre du jour de la scission. Elu de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde (à Rhode-Saint-Genèse), le président de la Chambre n'a, dit-on au sein du cartel CD&V/N-VA, que peu (ou pas) l'intention d'aider le Premier ministre. La mauvaise relation qu'entretiennent Leterme et Van Rompuy est de notoriété publique : "Quel intérêt aurait-il à se voir pointer du doigt et assimilé à un grand défenseur des francophones ?" , s'interroge-t-on dans la famille politique d'Yves Leterme.
Ainsi le Premier ministre aurait-il sous-estimé l'importance de la défunte charnière N-VA/CD&V incarnée par Bart De Wever et Jo Vandeurzen. Ces deux-là s'entendaient comme larrons en foire - ce qui permit, à plusieurs reprises, au CD&V de "tempérer" l'ardeur communautaire de la N-VA. Aujourd'hui, Bart De Wever est un électron libre, pas ou très peu consulté par Yves Leterme. Ah si !, une consultation intracartel est programmée ce lundi. Pour rire ? C'est que, dès jeudi passé, Bart De Wever a annoncé que les députés N-VA voteraient la scission de BHV si les francophones n'activaient pas une procédure en conflit d'intérêt.
Chaud (show) devant.

21 avril 2008

Vanhengel et Smet, « Flamands de service »

Le député flamand Eric Van Rompuy (CD&V) a qualifié sur son site les ministres bruxellois Guy Vanhengel (Open VLD) et Pascal Smet (SP.A) de « plus faibles représentants flamands dans le gouvernement bruxellois depuis vingt ans » et de « Flamands de service » (en français dans le texte).
Il réagissait ainsi aux réactions "plutôt positives" selon lui de ces deux ministres bruxellois flamands à la proposition des ministres-présidents Rudy Demotte (Région wallonne et Communauté française) et Charles Picqué (Région bruxelloise) de créer une institution francophone gérant les matières communautaires avec un ancrage régional prononcé.
"Que ce plan ne souffle mot du sort des Flamands de Bruxelles ne semble pas les affecter. Nous sommes-nous battus pendant des décennies en faveur de garanties constitutionnelles dans les institutions bruxelloises pour les voir maintenant s'évaporer dans Wallo-Brux? ", lance Eric Van Rompuy.
Le député régional considère ce projet comme une mainmise francophone sur Bruxelles et l'antichambre du séparatisme. Il signifie à ses yeux pour Bruxelles la fin de son statut de capitale des deux communautés.
A l'exception de ceux du CD&V, les chefs de file des formations démocratiques flamandes de l'échiquier politique bruxellois avaient réagi plutôt positivement, jeudi, à la prise de position commune des ministres-présidents wallon et bruxellois au sujet de l'avenir des institutions francophones du pays.

16 novembre 2007

Les francophones demandent des engagements

159 jours sans gouvernement. Afin de restaurer la confiance entre les communautés, les présidents des 4 partis francophones demandent aux partis flamands de s'engager à trouver des solution négociées dans le dossier de Bruxelles-Hal-Vilvorde et à éviter toute prise de décision d'une communauté qui en exclut une autre, ont-ils fait savoir vendredi à l'issue de leur réunion.

Reynders se veut rassurant sur l’économie du pays
vendredi 16.11.2007, 19:12Le ministre sortant des Finances Didier Reynders s’est voulu rassurant sur la santé de l’économie belge, malgré la crise que vit le pays. « Nous pensons nous situer autour de l’équilibre budgétaire », a expliqué Didier Reynders lors d’une conférence de presse, afin de « rassurer les voisins qui pourraient être inquiets ». Le ministre libéral des Finances sortant, qui gère les « affaires courantes » en l’absence de nouveau gouvernement et qui souhaite rempiler pour quatre ans, a précisé qu’il misait sur un petit déficit de « 0,2 % » du Produit Intérieur Brut (PIB) en 2007. En l’absence de projet de budget complet pour l’année 2008, que seul le futur gouvernement pourra établir, l’équipe sortante a pris des « mesures très restrictives » pour limiter le niveau des dépenses à celui de 2007, a-t-il ajouté.

Milquet ira à la manif de dimanche, Reynders pas
La présidente du CDH Joëlle Milquet et une délégation de son parti participeront dimanche à la marche organisée pour l’unité nationale de la Belgique, a fait savoir la présidente vendredi dans un communiqué. Pour sa part, le président du MR a indiqué qu’il n’y participerait pas. Didier Reynders estime inopportun d’aller manifester pour s’envoyer un message à soi-même et pense que les hommes politiques qui manifestent pour s’envoyer des messages troublent la relation entre la population et le monde politique.

Les 4 présidents ont également réaffirmé leur solidarité à l'égard des bourgmestres de la périphérie et une solution à leur cas devra faire partie de toute décision relative à la périphérie bruxelloise, ont-ils ajouté.
Les partis francophones vont par ailleurs poursuivre leur concertation pour préparer la définition de positions communes relatives aux débats communautaires.
La finalité de ce dialogue, aux yeux de M. Reynders, est de tenter de faire fonctionner et évoluer la Belgique fédérale. Il s’agit de la meilleure façon de ne pas entrer dans un scénario confédéral, a-t-il laissé entendre.
« Je l’ai déjà rappelé du côté francophone : si on veut une Belgique fédérale, il faut accepter que cette Belgique évolue mais dans un dialogue où chacun se respecte », a-t-il souligné.
M. Reynders relève à cet égard que les attitudes prises et les actes posés en Flandre depuis un peu plus d’une semaine n’ont guère contribué à l’apaisement nécessaire pour reprendre le dialogue.
« Les décisions et attitudes prises il y a un peu plus d’une semaine ne vont pas dans le sens que nous attendions. Nous espérons qu’à travers la rencontre des Francophones, on pourra reprendre la voie du dialogue mais il doit aussi y avoir la volonté de la part des partis flamands d’aller dans la même direction », a-t-il expliqué.
Pour entrer dans une négociation institutionnelle, le FDF -l’une des composantes du MR- a posé comme condition la résolution du problème qui se pose avec les trois bourgmestres dont la nomination a été refusée. M.
Reynders se montre quant à lui plus prudent : « nous souhaitons un dialogue ouvert avec tous ces points sur la table », a-t-il dit.
Le président du MR se montre également peu bavard sur le formateur Yves Leterme. Il constate qu’il bénéficie du soutien de la famille composée du CD&V/N-VA et du cdH et que le roi l’a désigné pour occuper cette fonction et l’y a maintenu.
« Je constate qu’il y a une famille politique qui souhaite qu’il soit en charge de cette responsabilité et que le roi l’y a nommé et maintenu. Je ne regrette jamais les choix du roi, en tout cas pas devant vous », a-t-il déclaré aux journalistes.
Quant à savoir s’il croit toujours à la réussite de l’orange bleue, le président du MR ne s’est pas montré plus loquace. « Ce n’est pas mon style de croire ou pas. J’essaie de mettre sur pied un gouvernement », a-t-il commenté.
La réunion des partis francophones aura lieu au parlement de la Communauté française. Si M. Reynders a attendu vendredi pour l’organiser, c’est en raison des tensions qui agitaient, d’après lui, la scène politique au sud du pays.

Coup de gueule de Milquet
La présidente du CDH, Joëlle Milquet, n’avait pas l’air d’excellente humeur quand elle est arrivée ce vendredi après-midi à la réunion des présidents de partis francophones. Elle ne l’a pas nommé mais elle n’a guère apprécié les propos tenus par le président du MR, Didier Reynders, à propos du CDH.
« Quand on lance une invitation, que l’on s’assure de jouer la cohésion et pas la division. Ce n’est pas vraiment ce que j’ai vu ce matin », a-t-elle déclaré.
Dans un entretien accordé à la presse, M. Reynders s’en est pris au soutien qu’apporte, selon lui le CDH, au formateur Yves Leterme, rendant de ce fait impossible la désignation d’un premier ministre francophone.
Mme Milquet n’a pas bien pris non plus la demande formulée par le FDF à la bourgmestre de Rhode-Saint-Genèse, Myriam Delacroix (CDH), de ne pas accepter sa nomination par le ministre flamand des Affaires intérieures, Marino Keulen.

« La solidarité des Francophones doit s’exercer à l’égard du ministre flamand, libéral, et non contre leur collègue francophone. On ne peut pas parler de déni de démocratie d’un côté et, de l’autre côté, demander un déni de démocratie », a-t-elle expliqué.
(d’après Belga)

06 novembre 2007

Les habitants des communes à facilités veulent rejoindre Bruxelles

Plus de la moitié des habitants (54%) des communes à facilités souhaitent être attachés à la Région bruxelloise, selon un sondage réalisé pour la RTBF et la VRT qui révèle également que plus d'un Flamand sur deux est favorable au maintien des facilités à condition que sa commune reste en Flandre.

Par ailleurs, trois personnes interrogées sur cinq souhaitent la suppression de la circulaire Peeters. Sur les 600 habitants des communes à facilités interrogés entre le 26 et le 31 octobre dernier par téléphone, 68% étaient francophones et 28% néerlandophones. Un tiers des sondés (36%) souhaite rester attaché à la Flandre. C'est largement le cas parmi les Flamands qui à 85% défendent ce point de vue. Les francophones prônent le rattachement à Bruxelles à 68%. C'est le cas des habitants de Crainhem (64%) et de Wezembeek (63%) mais pas de ceux de Wemmel dont 57% choisissent la Flandre et 36% Bruxelles.Maintien des facilitésPlus de la moitié des sondés (57%) souhaitent le maintien des facilités si leur commune reste en Flandre. C'est le cas de 60% des Francophones et de 49% des Flamands. 11% sont pour la suppression des facilités; 40% d'entre eux sont Flamands et 2% Francophones. 30% des personnes interrogées se déclarent favorables à une extension des facilités (36% sont Francophones et 8% Flamands). C'est à Crainhem que l'on trouve le plus grand nombre de partisans d'une extension des facilités (38%). Les habitants de Wemmel sont les plus farouches opposants aux facilités, 24% souhaitant leur suppression.En cas d'extension des facilités, 89% des sondés souhaitent qu'elle permette l'organisation de campagne de prévention en matière de santé, visant par exemple à éviter le cancer du sein; 87% souhaitent pouvoir regarder Télé-Bruxelles; 82% est d'avis que la Communauté française doit pouvoir organiser l'enseignement dans les communes à facilités qui, selon 74% devraient disposer d'un centre culturel. Par ailleurs, selon 72% des sondés, on devrait pouvoir parler le français lors des séances du conseil communal. 89% des Francophones sont de cet avis tandis que 80% des Flamands estiment toujours tabou l'usage du français. Enfin, 61% souhaitent la suppression de la circulaire Peeters: il s'agit de 74% de Francophones et de 28% de Flamands.

EN SAVOIR PLUS: Une communauté urbaine bruxelloise à l'image de Lille?

11 octobre 2007

Comment les francophones ont claqué la porte

La pression des partis flamands a provoqué un gros incident à la Chambre, mercredi. Et les francophones ont quitté la commission « BHV ». Un Nouveau coup dur pour le formateur Yves Leterme ?

Cela avait pourtant bien commencé. Moins de caméras et de photographes que les semaines précédentes. La séance de la commission de l'Intérieur de la Chambre s'annonçait plus sereine et sans grande surprise. On allait poursuivre la discussion générale sur les propositions flamandes visant à scinder BHV. Mais pas voter – c'est ce qui avait été décidé par la Conférence des présidents – ni même finaliser la discussion article par article. C'était en tout cas le « deal » convenu entre partis de l'Orange bleue.




14 h 15. Première surprise pour les francophones : le président de la Commission, Pieter De Crem (CD&V), annonce que l'examen article par article de la proposition retenue (celle du CD&V) est au programme de l'après-midi. Il ajoute que, dans un geste de conciliation, il va joindre à la discussion la proposition de loi CDH visant à revenir aux anciens arrondissements électoraux, comme alternative à la scission de BHV. Elle a été prise en considération la veille à la Chambre et l'urgence a été décidée. Magnanime, De Crem accepte même d'intégrer la proposition PS. Mais pas celle du MR (sur la consultation populaire des communes concernées) car la Chambre ne l'a pas prise en considération et le règlement, c'est le règlement. Le MR s'énerve, insiste pour qu'on examine aussi sa proposition. « Vous ne gagnerez pas de temps en l'ignorant, lance François-Xavier de Donnea, puisque nous l'introduirons sous forme d'amendement. »
Hans Bonte (SP.A) s'impatiente aussi. Comme chaque fois, il estime qu'on ne va pas assez vite. La commission ne pourrait-elle pas se réunir demain et voter ?
Mais le premier assaut vient du PS Yvan Mayeur. « On fait du théâtre, lance le député PS à Pieter De Crem. On attend un accord du gouvernement et pendant ce temps, vous nous empêchez de voter. Parce que si on devait voter, Leterme ne sera pas Premier ministre. Il n'y aura pas de gouvernement orange bleu. On perd son temps. Nous demandons d'arrêter ces travaux parlementaires qui n'en sont pas. »
Jean-Marc Nollet (Écolo) intervient pour la première fois et renchérit. « Le carnaval, c'est en février. Il est temps que les masques tombent. Dites-nous quel est l'accord sur le calendrier que vous avez conclu au sein de l'Orange bleue. »
15 heures. De Crem fait voter la commission. Faut-il suspendre les travaux ? Sans surprise les Flamands votent contre (10 voix), les francophones (MR, PS, CDH) pour (6). Tinne Van der Straeten (groupe Ecolo-Groen) s'abstient. Mais c'est un vote demandé par le Vlaams Belang qui va mettre le feu aux poudres. Le VB demande qu'on termine ce mercredi le débat général et la discussion sur tous les articles des propositions BHV. Et De Crem fait voter. Flamands contre francophones, évidemment. « Les partis flamands nous mettent la pression », clame Olivier Maingain. Et le député MR d'apostropher le président : « Assumez vos responsabilités ! Vous êtes du parti dont est issu le formateur. Et vous avez fait droit à la demande d'un parti fasciste ! Je demande aux francophones de ne pas jouer dans cette mauvaise pièce. » Maingain sort, suivi immédiatement par les députés PS. Après quelques secondes d'hésitation, le MR et le CDH emboîtent le pas, ainsi que Jean-Marc Nollet. La députée Groen reste. « Miserie, miserie ! », marmonne De Crem dans son micro resté ouvert.
15 h 20. Après un bref moment de flottement, Pieter De Crem constate que « la commission est en nombre pour se réunir » mais qu'il va suspendre la séance jusqu'à 16 heures. Après, « on discutera les articles ». Le VB et le SP.A râlent. Pourquoi suspendre ? « Vous n'avez aucun courage politique », lui lance le SP.A.
Dans les couloirs de la commission, les députés MR et CDH croisent Daniel Bacquelaine qui s'apprêtait à rejoindre la commission. « C'est fini », lui lance l'un d'eux. Le chef de groupe MR est médusé, incrédule. Le désarroi des députés « orange bleu » est manifeste. Face aux journalistes, chacun s'explique. « Ce qui se passe témoigne d'un manque de respect élémentaire de la communauté francophone », explique Thierry Giet. « On veut un débat serein », affirme Melchior Wathelet (CDH). Les députés francophones se rassemblent dans une salle de la Chambre. Tous ensemble d'abord, entre partenaires de l'Orange bleue ensuite (lire ci-après).
16 h 10. Les députés flamands rentrent. De Crem explique que les francophones vont revenir. Il demande qu'on les attende. Josy Arens (CDH) est déjà assis mais quand les caméras se tournent vers lui, il reçoit l'injonction discrète de sortir. Il faut que les bancs francophones soient vides.
16 h 30. Seuls les chefs de groupe CDH et MR, Melchior Wathelet et Daniel Bacquelaine, reviennent en commission. Ils expliquent qu'ils vont déposer des amendements aux propositions BHV. Mais que ces amendements déconstruisent totalement la proposition sur la scission de BHV. Ils demandent l'avis du Conseil d'État sur la légalité de leurs amendements.
Pour toute réponse, De Crem leur lit le règlement de la Chambre. Il va transmettre la demande d'avis au président de la Chambre (Herman Van Rompuy). Mais cette demande n'interrompt pas l'examen de la proposition de loi visée. En clair : on continue. Bacquelaine insiste : « Ces amendements modifient totalement les articles discutés. Il est indispensable de suspendre l'examen du texte en attendant l'avis du Conseil d'État. » Il menace : « Si ce n'est pas le cas, nous ne pourrons plus participer à cette discussion. » Melchior Wathelet fait de même. Mais les membres CD&V et VLD de la Commission restent intransigeants : le règlement, c'est le règlement. De Crem tranche : le débat sur BHV va se poursuivre. C'est une nouvelle gifle pour les deux partis francophones. Les deux chefs de groupe sortent. Melchior Wathelet dissimule difficilement sa colère : « Il faut se faire respecter. On ne peut pas accepter cette manière de travailler. » Daniel Bacquelaine voit dans la démarche flamande une forme d'intimidation des francophones mais rassure : sans avis du Conseil d'État, pas de vote.
17 h 15. Le débat se poursuit entre seuls députés flamands. Une heure plus tard, la discussion des articles est terminée et la séance est levée. Herman Van Rompuy est prié de demander au Conseil d'État un avis en urgence sur les amendements francophones. Toute la question est de savoir quand il le fera. Et si son agenda est le même que celui de Pieter De Crem.