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08 décembre 2007

Wallons-Flamands : devenir adultes

L'économiste Robert Deschamps étudiait la séparation du pays en 1996 déjà. Il l'affirme : les politiques wallons sont bien assez informés pour prendre leur destin en main. Sans scission.

Robert Deschamps est économiste aux Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix à Namur. La scission du pays, il l'étudiait déjà il y a plus de dix ans sous l'angle économique.
La politique n'est pas votre spécialité. Mais comment réagissez-vous quand des politiques wallons disent qu'ils n'ont pas vu venir le nationalisme flamand (notre précédente édition)?Je ne suis pas politologue, en effet. Mais ça fait quand même pas mal d'années qu'on sait que les Flamands veulent aller vers le confédéralisme. Le Parlement flamand a pris position il y a 8 ans. C'est d'ailleurs une question à laquelle on réfléchit depuis longtemps : en 1996, j'ai participé à un livre édité par le Groupe Coudenberg avec des universitaires francophones et néerlandophones : The Cost of non-Belgium. On y examinait les effets d'une scission du pays sur le bien-être économique. La réflexion reste valable.
On n'entend guère les Wallons réagir avec des analyses économiques, quand les Flamands avancent leurs propres chiffres pour soutenir la thèse d'une réforme institutionnelle. Vous, vous êtes chaque jour en immersion dans ces analyses. L'information ne passe-t-elle pas auprès du monde politique?Je crois au contraire qu'on s'informe bien en Wallonie. Pour ma part, j'analyse les finances des Régions wallonne et bruxelloise, de la Communauté française et de la Cocof. J'entends même des économistes flamands dire que les Wallons sont bien équipés de ce point de vue.
Mais le monde politique s'empare-t-il suffisamment de ces outils?C'est aux politiques qu'il faut poser la question. Moi, je les rencontre et je les informe. Depuis dix ans, les hommes politiques wallons ont voulu y voir plus clair. Ils ont demandé des analyses. Et ils continuent à le faire. C'est important. Ils cherchent donc bien à s'informer.
D'où vient alors le sentiment qu'ils sont moins bien «armés» que les Flamands quand il s'agit d'opposer des arguments chiffrés sur les transferts, notamment?Ce n'est pas une question d'arme. On pourrait essayer de faire la paix, pour changer!
Avec les Flamands?À cet égard-là, on discute beaucoup avec les collègues flamands. En octobre dernier, à sept (quatre économistes flamands et trois francophones), nous avons rédigé une position commune sur la question suivante : quelles pistes peut-on aménager pour aller vers une plus grande efficacité dans le pays, avec plus d'emplois dans les régions et le maintien de la solidarité interpersonnelle?
Alors, comment faire?Nous avons étudié trois points. D'abord, l'organisation des négociations salariales. Ensuite, la politique de l'emploi : la logique est de responsabiliser les régions en coordination avec le fédéral. C'est plus complexe que le système actuel. On passe d'un fédéralisme de consommation (les Régions font ce qu'elles veulent avec les moyens qui leur sont confiés) à un fédéralisme de responsabilisation : les moyens sont transférés aux Régions, on discute des objectifs ensemble et on rend des comptes. C'est comme ça que l'État allemand travaille. Le système est à la fois plus exigeant et plus adulte qu'aujourd'hui.
Et le troisième point de la position commune?Il porte sur la sécurité sociale. On maintient le système de financement fédéral et on responsabilise les acteurs en ce qui concerne les dépenses des pensions, des soins de santé, des allocations familiales, etc. Il y a donc moyen de parvenir à un consensus sur des points aussi délicats que ceux-là.
Une manière de se préparer à une réforme?Il est surtout question de faire en sorte que le système fédéral fonctionne mieux. Comme l'Allemagne est parvenue à le faire, alors que sa situation n'était certainement pas simple non plus.
Les Flamands continuent à reprocher certains transferts aux Wallons...Il y a des transferts entre régions dans tout État fédéral. Je constate que la croissance de la Wallonie est meilleure depuis deux ans. Les transferts ont diminué. Ils servent à ça : aider une région à se dynamiser. Si la Wallonie se dynamise, les transferts seront moins nécessaires.
C'est une question de temps?Non. C'est à nous de décider. C'est aux Wallons à prendre leur destin en main au niveau économique. Et à soigner leur enseignement. À mon sens, c'est le problème numéro 1!
+ Une page spéciale dans Vers l'Avenir, L'Avenir, Le Jour, Le Courrier de ce jeudi 6 décembre.Interview : Pascale SERRET

02 octobre 2007

Belgique-Bruxelles, le vrai défi

Bruxelles constitue le véritable poumon économique du pays.

Elle nécessite cependant une attention particulière si nous ne voulons pas perdre collectivement les bienfaits qui en résultent.

Yvan Huyghebaert et Emmanuel van Innis
Respectivement président de la Chambre de commerce de Bruxelles (CCIB) et président de l'Union des entreprises de Bruxelles (UEB)


Ces dernières semaines, le drapeau national se multiplie sur les façades... dans l'agglomération bruxelloise. C'est comme si l'habitant de Bruxelles sentait instinctivement que ces deux concepts sont étroitement liés et que la prospérité et l'existence de l'une ne vont pas sans l'autre. Bien sûr, ceci est largement exact, mais l'importance que revêt Bruxelles également pour la Flandre et la Wallonie est insuffisamment perçue par l'opinion publique et - nous le craignons - volontairement tue par beaucoup d'hommes politiques.

Belgique et Bruxelles sont indissociablement liés et Bruxelles constitue le principal moteur économique et de création d'emplois du pays. Il faut savoir que la Région de Bruxelles-Capitale génère à elle seule - sans sa périphérie - près de 20 pc du PIB belge, soit deux fois plus que ce que représente sa population; qu'elle procure un emploi à 680000 personnes dont près de 400000 habitants de Flandre ou de Wallonie qui paient néanmoins leurs impôts dans leur lieu de résidence et non pas là où ils travaillent !
Bruxelles - encore plus que la Belgique - constitue le seul "branding" connu internationalement.

Bruxelles est le seul vrai centre international de conférences, de congrès; elle est une ville multiculturelle avec une offre extraordinaire - par rapport à sa population - en matière culturelle et artistique. Au point de vue attractivité, elle se classe à la 5e place en Europe et à la 15e au niveau mondial. Les provinces du Brabant wallon et du Brabant flamand sont dans cet ordre-là les deux provinces les plus riches du royaume et cela ne s'explique que par la proximité de Bruxelles. En voilà un "transfert" dont personne ne parle...

Le bassin économique et social bruxellois dépasse, en effet, de loin les frontières institutionnelles et administratives de la Région Bruxelles-Capitale et comprend de larges pans des deux provinces du Brabant. Ceci est tellement vrai que nos amis flamands du VOKA-VEV (association des entreprises flamandes) nous ont proposé de nous associer à une vaste réflexion concernant l'avenir de cette région économique et sociale à laquelle l'Union wallonne des Entreprises s'est jointe.
Nous ne nions pas que des divergences puissent exister, mais nous avons le sentiment et la conviction que les entreprises - où qu'elles soient situées - désirent avant tout un cadre institutionnel stable et pacifié mais surtout des institutions efficaces qui évitent les conflits d'intérêts dus à une dispersion des pouvoirs et qui stimulent par leur transparence et leur simplicité administrative l'esprit d'entreprendre et la compétitivité. Or, force est de constater - que l'on soit unitariste, fédéraliste ou confédéraliste - que nos institutions ne fonctionnent pas à l'optimal et que ce sont précisément ces dysfonctionnements qui alimentent le rejet de notre cadre fédéral ou le découragement des mieux intentionnés.
Nous sommes donc résolument pour une "réforme globale de l'Etat" et de ces institutions sans a priori ni volonté de démanteler notre pays, mais pour respecter les règles essentielles de la subsidiarité (mettre les compétences là où leur gestion est la plus efficace), de l'homogénéité (éviter autant que faire se peut qu'une même compétence soit dispersée entre différents niveaux de pouvoir) et de la responsabilité (responsabilité parallèle entre dépenses et ressources).
Mais pour arriver à cette "réforme globale", nous ne croyons pas qu'elle puisse aboutir dans la précipitation et l'improvisation. Il faudrait la confier à un "groupe" représentatif de toutes les forces politiques du pays, en n'oubliant pas d'y associer ou de consulter les représentants du monde économique, social, culturel et universitaire. Il y aurait obligation de résultat dans un calendrier prédéfini.
Revenons à titre illustratif à Bruxelles, exemple même de cette dispersion de pouvoirs que nous dénonçons entre fédéral, Communauté, Région et communes. Car si comme énoncé plus haut, Bruxelles constitue le véritable poumon économique du pays et son principal atout international, il n'en est pas moins vrai que la Région de Bruxelles-Capitale nécessite une attention particulière si nous ne voulons pas perdre collectivement les bienfaits qui en résultent.
Il est urgent que le pouvoir régional soit doté de compétences exclusives ou normatives en matière d'infrastructure, d'aménagement du territoire, de fiscalité régionale envers les entreprises et pourquoi pas d'enseignement, de formation professionnelle et de remise au travail des chômeurs.
Par ailleurs, il convient de prévoir une coopération interrégionale renforcée, car la Région de Bruxelles-Capitale ne peut se gérer sans connaître les autres Régions dans des domaines, telles la mobilité, l'accessibilité ou les grandes infrastructures situées hors son territoire. Songeons au RER, au Ring, aux voies de pénétration, aux parkings de dissuasion, etc.
Une même obligation de coopération qui, heureusement, commence à s'instaurer doit exister en matière d'emploi. Il faut encourager, rendre possible et ensuite rendre obligatoire la mobilité professionnelle vers la périphérie. Tout comme il faudrait rendre obligatoire la formation professionnelle et l'apprentissage de nos langues nationales. Enfin, il faut que la Région de Bruxelles soit dotée des moyens financiers adéquats et transparents à l'usage exclusif de son rôle de capitale fédérale et internationale.
Que l'on ne se fasse pas d'illusions, il n'est bon pour personne que la situation actuelle perdure. Nous risquons de perdre notre crédibilité et notre attractivité. Déjà, nous connaissons des entreprises étrangères qui hésitent à venir s'installer chez nous devant la crainte d'instabilité institutionnelle. Heureusement qu'il y a l'euro sans lequel notre devise nationale aurait été mise sous pression.
Pouvons-nous simplement avoir l'aplomb de demander à qui profiterait le séparatisme ? Qui en serait plus prospère ? Quelles en seraient les conséquences et les conditions ? Comment s'y prendra-t-on pour le réaliser ? Quel en sera l'impact au niveau européen et international, où on verra de toute façon cette évolution d'un très mauvais oeil ? Y a-t-il une étude sérieuse sur ce scénario avec toute garantie pour notre niveau de vie et la compétitivité de nos entreprises ?
Est-on devenu fou ? Il y a 4 mois, "Le Soir" et le "Standaard" publiaient un sondage commun d'où il apparaissait que 98 pc des francophones et 92 pc des Flamands s'opposaient au séparatisme ! Quatre mois après, on tente de nous faire croire que près de la moitié des habitants seraient devenus séparatistes ou seraient prêts à y croire. Intox ou émotion ?
Et Bruxelles dans tout ça ? Bien sûr, à très court terme, l'Europe, l'Otan, les entreprises ne la quitteront pas et dans un premier temps, Bruxelles indépendante deviendra peut-être richissime puisque toute personne y travaillant y paiera ses impôts.
"Petits détails" toutefois : que deviendront les administrations fédérales ? Quant aux flamandes, elles partiront sans doute à la vitesse de l'éclair.
Mais à moyen terme ? Ne voit-on pas avec quelle convoitise d'autres pays et villes se profileront pour y voir transférer nombre d'institutions européennes et internationales ? Que fera Bruxelles de ses chômeurs et de tous ces groupes précaires qui y habitent ? Croyons-nous vraiment que nous resterons attractifs pour les groupes internationaux ?
Espérons, en conclusion, que cette crise nous procure un sursaut de réalisme et de réflexion. Ayons l'ambition d'être un modèle pour l'Europe de gestion efficace et pacifique de nos divergences, et non pas de devenir la risée internationale et les membres appauvris de l'Europe.

17 août 2007

Journées noires pour les Bourses

Vendredi noir pour les Bourses asiatiques

MAJ 17 août 2007

Les Bourses d’Asie ont connu vendredi une nouvelle journée noire liée à la crise des prêts hypothécaires à risque aux Etats-Unis (« subprime ») et marquée par la dégringolade de Tokyo, tandis que les places européennes, hésitantes à l’ouverture, repassaient dans le vert.

Après avoir dévissé jeudi, les places financières européennes semblaient soutenues par la performance meilleure que prévu de Wall Street jeudi soir qui s’est stabilisé in extremis, après avoir évolué en forte baisse durant presque toute la séance. L’indice Dow Jones a terminé sur une baisse de 0,12 %.

Vers 08H10 GMT, la Bourse de Londres gagnait 0,98 % à 5.916,50 points. Elle avait perdu 4,10 % la veille. La Bourse de Paris était en hausse de 0,68 % à 5,301,05 points. Le CAC 40 avait terminé pour la troisième fois consécutive en baisse jeudi, abandonnant 3,26 % à 5.265,47 points.

A Francfort, le Dax s’établissait à 7.280,10 points, en hausse de 0,14 %. Jusqu’alors relativement épargnée par la crise du crédit, il avait clôturé à 7.270,07 points jeudi en forte baisse de 2,36 %.

Dans le reste de l’Europe, les Bourses relevaient également la tête : +1,25 % pour le Bel-20 à Bruxelles, +0,96 % pour l’indice S&P/Mib à Milan, +0,82 % pour l’AEX à Amsterdam, +0,70 % pour l’Ibex à Madrid, +0,48 % à Stockholm et +0,16 % pour le SMI à la Bourse suisse.

Forte baisse à Tokyo

En revanche, l’Asie connaissait un vendredi noir. La Bourse de Tokyo, deuxième place financière mondiale, a enregistré sa plus forte baisse vendredi depuis avril 2000 en plongeant de 5,42 %. Le Nikkei a terminé à 15.273,68 points, son plus bas niveau depuis le 7 août 2006, la remontée en flèche du yen paniquant le marché.

L’indice avait déjà perdu 1,99 % jeudi et 2,19 % mercredi. Depuis le début de la tourmente boursière mondiale le 10 août, il a cédé 11,05 %.

La crise des « subprimes » pousse les investisseurs japonais à rapatrier au plus vite leurs avoirs placés aux Etats-Unis et dans d’autres pays à taux d’intérêt élevés, afin de se mettre à l’abri du risque, ce qui a brusquement renforcé la devise nippone par rapport aux autres monnaies.

La plupart des autres places asiatiques ont chuté à l’instar de Tokyo, malgré des démarrages en hausse, liés à des achats opportunistes. Séoul, la place d’Asie la plus meurtrie jeudi (-6,93 %), a de nouveau fortement chuté en clôture (-3,19 %) après avoir hésité en début de journée.

A Hong Kong, l’indice Hang Seng a terminé en baisse de 1,4 % après avoir chuté de 6 % en séance, reculant temporairement sous les 20.000 points.

Relativement épargné jusqu’ici, Shanghaï a tourné le dos à ses records en série pour chuter à nouveau, plombé par la déroute en séance de Hong Kong. L’indice composite a reculé de 2,28 % à 4.656,57 points.

Après un début prometteur, Manille a également replongé dans le rouge et terminé à son plus bas niveau depuis le 27 décembre, abandonnant 1,97 %. Taïpeh a terminé en baisse de 1,35 % à son plus bas niveau sur trois mois.

Même scénario à Singapour où l’indice Straits Times s’effondrait de 4,99 % en début d’après-midi après un bref passage dans le vert et à Kuala Lumpur, où l’indice a plongé brièvement de plus de 5 % avant de limiter ses pertes.

Les courtiers ont vécu une séance un peu moins infernale à Sydney, où l’indice général a terminé en baisse de 0,73 %.

Bombay était en net recul de 3,06 % à la mi-séance, tandis que Jakarta était fermée pour cause de jour férié. Les analystes n’entrevoient toujours pas la fin du krach boursier, craignant que nombre de banques ne dissimulent en ce moment de graves problèmes de recouvrement liés à la crise des « subprimes ».

« Il est difficile de croire qu’il ne reste pas des cadavres dans les placards. Les problèmes sortent au grand jour seulement quand les banques le veulent bien », a commenté Eric Betts, stratège chez Nomura Securities à Sydney.

Les banques centrales du Japon et d’Australie sont à nouveau intervenues vendredi sur le marché monétaire, injectant des liquidités pour répondre à un regain de la demande d’argent frais de la part des banques.

La Banque du Japon (BoJ) a déversé 1.200 milliards de yens (8 milliards d’euros) dans le système financier, et la banque de réserve d’Australie (RBA) 3,87 milliards de dollars australiens (2,25 milliards d’euros).

01 juin 2007

Tarifs internet: la Belgique très chère

MAJ 01/06/07


Toujours un fossé IT entre la Flandre et la Wallonie
(Belga) Les entreprises wallonnes sont à la traîne par rapport à leurs homologues des deux autres Régions en matière d'IT, selon une étude MarketCap réalisée en collaboration avec le magazine IT Professional et traitée vendredi dans L'Echo. Selon cette étude, le sud du pays rattrape toutefois son retard petit à petit.
La Wallonie confirme son retard sur les autres Régions en matière d'Information Technology (IT), estimé l'année dernière entre 3 et 5 ans par le bureau d'études MarketCap. Toutefois, la Wallonie rattrape son retard, en ayant notamment modernisé ces dernières années son parc de serveurs plus rapidement que la Flandre et Bruxelles. En ce qui concerne les logiciels, l'écart s'est creusé l'an dernier entre la Wallonie, la Flandre et Bruxelles. Il en va de même pour l'e-commerce qui connaît un recul en Wallonie. (GFR)

Elio Di Rupo positif sur l'avenir de la Wallonie

Elio Di Rupo."Pour Elio Di Rupo, ce 16 mai 2007 est à marquer d'une pierre blanche", selon un communiqué diffusé par le cabinet du ministre-président de la Région wallonne, à propos de la possible remise en route du Haut Fourneau 6."Ce (mercredi) matin, il assistait à l'annonce d'un important investissement de 85 millions d'euros chez Baxter à Lessines, où 150 emplois viendront s'ajouter aux 2.000 existants. Ce midi, ce sont les câblo-opérateurs wallons qui ont décidé d'unir leur destin au sein d'une seule entreprise wallonne. Cette nouvelle entité va permettre aux citoyens de bénéficier des nouveaux services des technologies de l'information. Cet après-midi, c'est l'annonce positive du groupe Mittal qui conforte le renouveau économique que symbolise le Plan Marshall", conclut le communiqué du ministre-président.

Accord signé entre les câblos wallons
16.05.2007

L'accord entre Voo (ALE-Brutélé) et les huit intercommunales de télédistribution concernant la vente du câble wallon a été signé ce mercredi au cabinet du ministre wallon de l'Economie, Jean-Claude Marcourt. Le montant de la transaction n'a pas été précisé mais est de « quelque 500 millions d'euros ». L'accord devra ensuite être soumis aux conseils d'administration et aux assemblées générales de chaque intercommunale, avant d'être soumis au conseil de la concurrence et au contrôle de la tutelle. Des études techniques vont également être réalisées pour établir l'inventaire des infrastructures existantes. Le nouveau groupe, qui couvre l'ensemble de la Wallonie et une partie de Bruxelles, a par ailleurs annoncé qu'il allait entamer des discussions avec Telenet, qui couvre la Flandre, pour établir des partenariats.

L'Internet rapide ralentit en Belgique

Tele2-Versatel et Mobistar se plaignent du peu de concurrence dans l'Internet via le câble et l'ADSL. Ils demandent au régulateur de se montrer plus sévère vis-à-vis de Belgacom.Les deux sociétés ont écrit une lettre au gouvernement.
Johanna de Tessières
La Belgique est en train de perdre sa position de pointe dans le domaine des connexions Internet à haut débit, que ce soit via le câble ou l'ADSL. C'est ce qu'affirment les sociétés Tele2-Versatel et Mobistar, deux des principaux concurrents de Belgacom dans l'ADSL. D'après eux, la Belgique a glissé en un an de la quatrième à la onzième position dans le classement de l'OCDE reprenant les pays ayant la plus forte pénétration de connexions Internet «broadband».
Comment expliquer cette baisse? Selon les deux sociétés, c'est essentiellement lié au cadre régulatoire actuel, qui ne favoriserait pas suffisamment la concurrence sur le marché belge.
Résultat: les prix ne baissent plus depuis des années, et le nombre de nouvelles connexions a tendance à stagner. Tele2-Versatel et Mobistar constatent ainsi que le prix moyen d'une connexion «broadband» en Belgique est encore et toujours de 35,33 € par mois, soit un tarif grosso modo 10 € plus élevé que dans la plupart des pays voisins.
Mieux en France
Et ce n'est pas tout: non seulement les connexions belges coûtent plus cher que dans le reste de l'Europe mais en plus, elles offrent moins de services. En France par exemple, un opérateur comme Free offre l'ADSL (à une vitesse de 24 Mégabits par seconde), la téléphonie fixe illimitée et 200 chaînes de télévision numérique pour 29,95 € par mois.
En Belgique, pour obtenir la même chose (et même un peu moins), il faut débourser 87 € par mois, en additionnant la redevance (17,15 euros), l'abonnement ADSL (39,95 € pour 4 Mégabits par seconde), l'option téléphonie fixe illimitée (19,95 €) et l'abonnement à la télévision numérique (9,95 € pour 60 chaînes).
Bref, pour Tele2-Versatel et Mobistar, il y a un malaise. Alors qu'un conseil des ministres doit aborder ce vendredi la question de l'Internet «broadband», les deux sociétés ont écrit une lettre au gouvernement pour demander que l'IBPT, le régulateur du secteur, se montre plus sévère vis-à-vis de Belgacom.
«Si on veut vraiment faire en sorte que davantage de Belges aient accès à l'Internet, la solution la plus efficace n'est pas d'offrir des connexions à un tarif social comme le fait le programme Internet pour tous, mais c'est plutôt de faire en sorte que les règles du jeu soient les mêmes pour tous les opérateurs actifs sur le marché. Cela entraînerait une baisse des prix et aurait des conséquences positives pour l'ensemble des consommateurs», affirme Grégoire Dallemagne, le patron de la filiale belge de Tele2-Versatel.
Image et dégroupage
C'est essentiellement l'accès des opérateurs alternatifs à l'infrastructure de Belgacom - ce qu'on appelle le dégroupage de la boucle locale - qui pose problème à Tele2-Versatel et à Mobistar. D'après ces derniers, Belgacom facture beaucoup trop cher les lignes «dégroupées», ainsi que le matériel et la main d'oeuvre nécessaire pour tirer des câbles dans ses centraux et les relier aux câbles de ses concurrents.
«Si nous voulons connecter 100000 de nos clients à l'ADSL, cela représente pour nous un investissement de 20 millions d'euros, parmi lesquels 17 millions vont directement à Belgacom en tant que frais d'activation et frais de câblage: c'est beaucoup trop!», s'exclame Grégoire Dallemagne.
D'autant plus, poursuit-il, que Belgacom ne respecte que rarement le délai de livraison de 10 jours. «Dans 65pc des cas, c'est au-delà des dix jours. Avec comme effet vicieux que ce n'est pas l'image de Belgacom qui en souffre auprès des utilisateurs finaux, mais celle de Tele2 et de Versatel».
© La Libre Belgique 2006

La Belgique a beau être le pays avec le plus haut pourcentage de connexion large bande, toujours est-il que le prix de cette connexion reste très élevé par rapport à 7 autres pays européens examinés. Pour les caractéristiques techniques, le résultat est moyen. Même les connexions classiques par ligne téléphonique sont chères en Belgique et ne sont pas proposées sous forme de forfaits meilleurs marchés, contrairement aux autres pays. Il n’existe d’ailleurs presque pas de concurrence sur ce marché technologique de l’avenir. Test Achats exige dès lors une vraie concurrence sur le marché belge. Cela peut être réalisé via un débouclage intensif de la boucle locale et grâce à la mise en place d’un régulateur fort.
Une comparaison internationale …En ce qui concerne la comparaison des connexions large bande, la situation en Belgique a été définie sur base de 3 profils d’utilisation d’Internet. (légère, normale, intensive). Test Achats a comparé les tarifs de ces 3 formules avec les tarifs des formules les plus proches de 7 autres pays. Les caractéristiques techniques qui varient selon le profil sont la vitesse de téléchargement (download), la vitesse d’envoi (upload) et le volume de transfert mensuel. La comparaison a été effectuée sur base de ces caractéristiques techniques concrètes, la consommation réelle et le coût mensuel effectif (abonnement mensuel + coût d’installation/activation amorti sur 36 mois).
Le marché de l’Internet Fin 2004, on comptait 2 033 000 connexions Internet en Belgique. Les connexions large bande (ADSL et câble) en représentaient 80 %, un pourcentage élevé qui place la Belgique en tête du classement européen. Belgacom Skynet est le leader incontesté pour l'ADSL, avec 82 % du marché. Et pour l'abonnement au câble, il faut nécessairement passer par un fournisseur déterminé. Le marché résidentiel comptait 1.651.000 connexions fin 2004 dont 1.264.000 sur le marché « large bande » qui a connu une augmentation de 65% depuis le début 2003.
Connexions par ligne téléphonique: des tarifs belges dissuasifs !Pour les connexions par ligne téléphonique, certains fournisseurs d'accès à l’étranger proposent des formules forfaitaires. Rien de tel en Belgique, où les fournisseurs d'accès appliquent une facturation par minute. Ce système revient nettement plus cher pour un utilisateur moyen (minimum 20 h de surf par mois). Avec sa formule Belgacom.net free, notre opérateur historique occupe même la dernière place du classement: il est presque 3 fois plus cher que la formule (française) la plus avantageuse. Le concurrent belge le meilleur marché (Télé 2) reste encore toujours 138% plus cher que la formule (française) la moins chère. Manifestement, les fournisseurs belges misent beaucoup plus sur les connexions large bande. D'ailleurs, à partir de 30 h de surf par mois, une connexion classique par téléphone revient chez nous plus cher que l'abonnement ADSL standard de Belgacom. Et la formule ADSL light de l'opérateur historique revient déjà moins cher que le dial-up après 22 h de surf par mois. Les tarifs pratiqués chez nous pour les connexions par ligne téléphonique poussent réellement les internautes à opter pour une connexion large bande.
Large bande: cher et de qualité moyenne…La Belgique occupe une très mauvaise place dans le classement international. Pour un profil "light" (vitesse de téléchargement de 512 kbps et transfert de 400 MB par mois), les abonnements light de Belgacom et de Telenet sont deux fois plus chers que l'abonnement (français) le plus avantageux. Seuls les opérateurs historiques en Italie, en Espagne et au Portugal obtiennent une place encore plus mauvaise. Pour une utilisation "normale" (2 048 kbps pour le téléchargement et 10 GB de transfert), notre pays se situe plutôt au milieu du classement, tant au niveau des caractéristiques techniques que du prix. Les leaders belges du marché de l'ADSL et du câble font partie des fournisseurs les plus chers. Belgacom Skynet est 168% plus cher que l’opérateur français le moins cher, Telenet est 198% ou presque 3 fois plus cher que ce même opérateur français. Pour une utilisation normale, le concurrent par cable Brutélé offre une formule qui est « seulement » 2 fois plus cher que la formule française la moins chère. Pour un coût réel de 14,90 à charge de l’utilisateur français, le consommateur belge, client chez Brutele paie 30€, chez Belgacom Skynet, il paie 39,95€ et chez Telenet, il paie 44,45€. Enfin pour une utilisation "intensive" (3052 kbps pour le téléchargement, vitesse d'envoi de 256 kbps contre 128 kbps pour les autres profils, et volume de transfert de 30 GB), les abonnements belges étudiés sont 3 à 4 fois plus chers que la formule française la moins chère.
A quand le débouclage de la boucle locale ? Les formules françaises sont actuellement très développées et bon marché. Le débouclage de la boucle locale (le dernier tronçon de réseau qui reste sous le contrôle de l'ex-opérateur monopolistique) et un régulateur fort dans ce pays y sont pour beaucoup. Le contraste avec la situation belge est très marquant. Depuis l'apparition de l'ADSL dans notre pays, le coût de l'abonnement ADSL de l'opérateur historique n'a diminué qu'une seule fois, en mai 2001. Il n'a plus baissé depuis 2001, malgré la pénétration massive de cette technologie sur notre marché. La Belgique figure en tous cas parmi les pays les plus chers, avec, en outre, des caractéristiques techniques tout sauf exceptionnelles.
Test Achats relance dès lors son appel pour une véritable concurrence sur le marché belge. Celle-ci pourra devenir réalité en favorisant le débouclage effectif de la boucle locale et la mise sur pied d'un de régulateur fort. En assouplissant les règles de l'offre conjointe, la nouvelle loi sur les télécommunications votée en avril dernier, a éliminé un important obstacle à l'offre de formules combinant l’Internet à large bande, la téléphonie fixe, le GSM et, éventuellement, la télévision numérique. Ceci répond à l'une des revendications de Test Achats. A l'exemple de la France, où cette évolution est réalité depuis un certain temps déjà et où le consommateur a désormais le choix entre des offres combinées très avantageuses, ceci devrait ouvrir la porte à une série de nouveaux acteurs sur le marché belge des télécoms. Enfin, Test Achats demande un prix raisonnable pour les connexions classiques par ligne téléphonique, par exemple au moyen d’un package forfaitaire de 10h ou 20h, par mois. De cette manière, on tient compte aussi des consommateurs plus défavorisés, exclus de l’ADSL, pour qui la connexion large bande représente un coût mensuel trop élevé et qui doivent alors se contenter de moins.

TARIFS INTERNET: LA BELGIQUE TRÈS CHÈRE POUR LES CONNEXIONS « LARGE BANDE » ET CLASSIQUES PAR LIGNE TELEPHONIQUE (Test Achats 488, juin 2005)

30 mai 2007

Fonds structurels

La programmation 2007-2013 des fonds structurels européens consacrera plus de 2,6 milliards d'euros (aides régionales incluses) au développement de la Wallonie : 1,5 milliard d'euros pour le Hainaut au travers de l'Objectif Convergence ; 1,1 milliard pour le reste de la Wallonie au travers de l'Objectif Compétitivité régionale et Emploi.
Axes prioritaires. Le Gouvernement wallon a adopté 4 axes prioritaires sur lesquels il entend concentrer les moyens européens.
Axe 1. 845 millions d'euros seront consacrés à la création d'entreprises et d'emplois (540,7 millions pour Convergence ; 304,4 millions pour Compétitivité).
Axe 2. 723,6 millions d'euros (379,9 Convergence ; 343,7 Compétitivité) iront au développement du capital humain, des connaissances, des savoir-faire et de la recherche.
Axe 3. Un budget total de 277,1 millions d'euros (129,4 Convergence ; 147,7 Compétitivité) sera dédié à l'inclusion sociale.
Axe 4. Le développement territorial équilibré et durable recevra, lui, un budget de 741,8 millions d'euros (430 Convergence ; 311,8 Compétitivité).
Étapes. L'appel à projets a été lancé le 22 mai. Les projets doivent être soumis à la Région pour le 30 septembre. Les premiers dossiers pourraient être sélectionnés pour la fin 2007.
Sélection. Tous les projets seront analysés par une task force composée, entre autres, d'experts des administrations, d'universités et du monde de l'entreprise.
Infos. www.europe.wallonie.be/

Namur revendique sa part

Economie Fonds structurels européens. Si la capitale wallonne n'est pas éligible prioritairement, elle compte bien avoir une partie du gâteau européen.

Cinq fois. Depuis le début de l'année, la députée régionale Anne Barzin (MR), par ailleurs échevine des finances à Namur, a questionné cinq fois le gouvernement à propos des zones éligibles aux fonds structurels européens en séance du parlement. Un nombre d'interpellations qui traduit l'inquiétude de la capitale wallonne, et plus largement de la province, de ne recevoir que les miettes de cette manne européenne.
Où est le problème ? Tout d'abord, une partie de ces fonds est entièrement dédicacée au Hainaut (1,5 milliard sur 2,6 milliards d'euros). Le solde (1,1 milliard), lui, étant accessible au reste de la Wallonie. Selon le principe de concentration des aides, il devrait être principalement dédicacé au pôle urbain Liège-Verviers (bassin Meuse-Vesdre) ; puis aux zones rurales (qui ont déjà bénéficié des aides structurelles pour la période 2000-2006, soit les arrondissements de Dinant/Philippeville pour la province de Namur) et à Sambreville, qui a réussi à se glisser dans ces « zones prioritaires » à coups d'arguments socio-économiques. Et de lobbying.
Voilà donc pourquoi Namur craint de rester sur le carreau. Ces zones n'ont pas été choisies au hasard, a répondu récemment le ministre-président de la Région wallonne, Elio Di Rupo (PS), à la députée réformatrice : « Elles s'inscrivent dans une philosophie de stratégie de redéveloppement qui consiste à d'abord enlever tous les chancres pour refaire vivre les centres urbains et, ensuite, par rayonnement, avoir un développement plus généralisé. »
« Il n'y a pas d'exclusion »
Cela veut-il dire que les projets initiés dans d'autres lieux ne pourraient être retenus ? « Non, a-t-il souligné. Pour être clair, le fait de se trouver dans ces zones de concentration permet qu'à qualité égale, un projet soit favorisé par rapport à un autre. Il n'y a donc pas d'exclusion. » Pas de grande empathie non plus. « Nous ne nous contenterons pas, une fois de plus, d'un Soyez contents, nous vous avons rénové des immeubles, vous êtes capitale wallonne, etc. », prévient le député bourgmestre de Namur, Jacques Étienne (CDH). « Namur se situe clairement sur un axe de développement économique - le long de la nationale 4 - identifié dans le SDER (Schéma de développement de l'espace régional). Son développement est aussi lié à l'évolution européenne des universités où l'axe UCL, Gembloux et FUNDP aura un rôle à jouer ».
Et de poursuivre : « Par nature, nous ne sommes plus exclus des zones éligibles même si nous ne sommes pas dans les zones prioritaires. La seule certitude, c'est que si nous ne faisons rien, nous n'aurons rien. »
Partant de ce principe, la majorité namuroise (CDH-Écolo-MR) a pris les devants. C'est ainsi que la Ville prépare des dossiers en matière de redynamisation urbaine. On parle de la mise en valeur du quartier de Saint-Servais.
Pour le développement territorial et économique, une meilleure signalisation dans et autour de Namur est aussi envisagée. Au niveau du tourisme, le développement de la citadelle avec, pourquoi pas, l'idée de relancer un téléphérique, est également au programme. « Nous ne faisons pas tout cela pour le plaisir d'avoir des fonds européens, souligne le bourgmestre de Namur, mais parce que ces projets s'inscrivent dans notre projet global de développement. »

12 mai 2007

Electrabel, une vérité qui dérange

Si l'on en croit du moins ses messages publicitaires, le principal producteur belge d'électricité semble soudain vouloir agir en faveur de l'environnement. On est évidemment loin de la réalité...
Alexis Haulot
Electrabel lance cette semaine une nouvelle offensive de charme. Avec le "soutien vert d'Electrabel", un grand hebdo télé offre gratuitement une copie du film "An Inconvenient Truth" ("Une vérité qui dérange"), un film qui a largement contribué à sensibiliser l'opinion publique belge à la problématique des changements climatiques. Le sponsor de ce sympathique cadeau n'est autre qu'Electrabel ! Si nous étions un mois plus tôt, on aurait pu croire en un poisson d'avril. Mais non ! Le principal producteur belge d'électricité semble soudain vouloir agir en faveur de l'environnement, si l'on en croit du moins ses messages publicitaires.
Si l'on regarde de plus près la réalité du marché belge de l'énergie, on se rend compte qu'Electrabel ne doit sa position de force qu'à ses centrales alimentées au charbon et au nucléaire, particulièrement peu respectueuses de l'environnement. Environ un dixième de l'électricité belge provient de centrales au charbon et plus de la moitié est produite à partir du nucléaire. Toutes ces centrales sont aux mains d'Electrabel. Le charbon est la source d'énergie la plus polluante : il émet deux fois plus de CO2 que le gaz et contribue donc largement au réchauffement de la Terre. Le nucléaire quant à lui est source de dangers (accidents...) et de problèmes environnementaux pour lesquels il n'existe tout simplement pas de solution à ce jour, comme les déchets radioactifs.
Dans le Benelux, les énergies renouvelables représentaient à peine 1,1 pc de la production d'Electrabel en 2005 et en Belgique, le courant vert d'Electrabel provient essentiellement de la biomasse. En Flandre, cette dernière est tout simplement brûlée dans des centrales fonctionnant essentiellement au charbon... Il n'empêche, la Flandre octroie des certificats verts pour cette forme de biomasse ! Le courant vert d'Electrabel ne provient donc pas tant du soleil ou du vent, mais bien de déchets (noyaux d'olives, marc de café, boue) qui sont co-brûlés avec le charbon. Ce courant "vert" permet donc en fait de prolonger la durée de vie des centrales au charbon en Belgique.
En Wallonie, la co-combustion (biomasse dans les centrales au charbon) n'est heureusement pas reconnue comme étant une source de courant vert. C'est pourquoi Electrabel a transformé sa centrale au charbon aux Awirs en une véritable centrale de biomasse. Mais ici aussi nous sommes en droit de nous poser des questions. Les centrales au charbon vieillissantes ont un rendement faible d'environ 36 pc, ce qui fait que presque deux tiers de la précieuse biomasse sont perdus sous forme de chaleur via la cheminée. Il serait beaucoup plus logique de brûler la biomasse dans des installations de cogénération efficaces, qui produisent et utilisent à la fois chaleur et électricité. Le rendement y est d'ailleurs beaucoup plus élevé et atteint 85 à 90 pc.
La principale motivation d'Electrabel pour la (co)-combustion de biomasse est purement d'ordre financier, à savoir l'obtention de certificats verts pour la production d'électricité "verte". Mais produire du courant vert dans des installations amorties de longue date a un effet contre-productif sur le marché des renouvelables : cela décourage la construction de nouvelles centrales électriques à rendement élevé, fonctionnant exclusivement sur base de sources d'énergies renouvelables. Le gaspillage d'énergie et la production d'électricité polluante sont donc les vrais visages d'Electrabel.
Entre-temps, Electrabel fait d'énormes profits et abuse de sa position dominante sur le marché belge pour bloquer les investissements dans les énergies renouvelables. Tant les centrales au charbon que les unités nucléaires permettent aujourd'hui une production d'électricité à bas prix, ces centrales ayant été amorties de manière anticipée, avant la libéralisation du marché. Pendant des années, le consommateur a payé trop pour son électricité et aujourd'hui que le marché est libéralisé, il est difficile pour les nouveaux producteurs d'électricité de rivaliser avec une électricité produite à bas prix dans les centrales d'Electrabel.
Electrabel n'a donc clairement pas fait le choix d'orienter sa production d'électricité vers plus de durabilité. Une véritable occasion manquée donc ! Parallèlement, elle fait tout son possible pour se donner une image verte via ses messages publicitaires et le sponsoring. En tant qu'acteur important sur le marché de l'énergie, Electrabel porte clairement une lourde responsabilité dans le réchauffement de la Terre. Si elle veut agir, elle doit commencer aujourd'hui à remplacer ses centrales alimentées au charbon et au nucléaire par des centrales efficaces fonctionnant sur base d'énergies renouvelables. En y associant les économies d'énergie, les renouvelables peuvent contribuer dans une large mesure à la production d'énergie. C'est sur le terrain, et non sur la pochette d'un DVD, qu'Electrabel doit prouver qu'elle veut véritablement s'engager sur la voie d'une production d'énergie plus durable. Que tous ceux qui ont reçu gratuitement le DVD profitent pleinement du film qui en vaut vraiment la peine. Mais surtout, qu'ils n'hésitent pas à agir pour contrer le réchauffement de la terre : pourquoi ne pas choisir dès aujourd'hui un fournisseur de courant véritablement vert ?

04 mai 2007

Parachutes dorés

Le ferment du poujadisme

Albert Frère 5,54 millions, Jean-Paul Votron (Fortis) 4,47 millions, Carlos Brito (InBev) 3,94 millions : les euros tombent dru et, face à ces déluges dorés qui chaque année gagnent en intensité, même les cadres finissent par se sentir prolétarisés. Que dire alors du travailleur de base qui doit trimer durant plusieurs siècles avant d'accumuler pareils montants et peut-être se souvient que Henry Ford jugeait «immoral» un patron qui gagne 40 fois plus que ses ouvriers ?
Certes, en regard du salaire d'un patron de Novartis (21 millions) ou de Nestlé (14 millions), nos «riches» restent «pauvres», mais il est des gourmandises qui ne passent pas. Antoine Zacharias, flamboyant PDG du groupe français Vinci, cumulait à lui seul, selon les calculs de notre confrère L'Expansion, «le quart des plus-values sur stock-options de tous les PDG du CAC 40», soit quelque 170 millions d'euros de gains potentiels en cinq ans. Même la patronne du MEDEF s'en est sentie «écoeurée».
Logique : l'histoire enseigne en effet que nombre de conflits puisent leur origine dans une trop grande inégalité, réelle ou ressentie. Et, prudent, un libéral pur jus comme Karel De Gucht est dans notre pays parti en croisade contre les rémunérations excessives afin «d'éviter qu'elles n'alimentent les courants populistes».
Difficile, certes, d'expliquer au bon peuple qu'il doit se serrer la ceinture alors qu'à l'étage supérieur, tout se débride et que, pour la première fois dans notre histoire, l'ensemble des salaires est inférieur à la somme du bénéfice des entreprises et des revenus des indépendants. Qu'il se sente, dans ces conditions, exclu de la croissance et manifeste sa grogne en «votant mal», quoi de plus normal ?
Comment se sortir de pareille situation ? En attaquent le problème par les deux bouts. Nos travailleurs coûtent cher mais, pris en étau entre une fiscalité hallucinante et des charges sociales abracadabrantes, ne gagnent pas assez. Une réforme fiscale est néanmoins intervenue. Mais même ainsi, nous restons solides premiers au hit-parade européen du malheur fiscal.
Et si diverses mesures ont été prises en faveur des revenus les plus bas, rien n'a été fait pour apaiser la frustration des classes moyennes qui, à tort ou à raison, se sentent injustement sacrifiées. A la fin des années 1980, le gouvernement danois a remplacé quasi toutes les cotisations patronales par une augmentation de trois points de la TVA. Depuis, les entreprises y sont compétitives et le taux de chômage peu élevé.
L'Allemagne vient d'emprunter partiellement la même voie en compensant par une hausse d'un point de TVA une baisse d'un tiers des cotisations d'assurance-chômage, et la France envisage de faire de la TVA «la pierre angulaire de la politique destinée à redonner de la compétitivité à son économie». La mesure est simple et peut, chez nous, être mise immédiatement en pratique dans la mesure où l'Europe n'impose aucun taux maximal. Reste l'obstacle idéologique : taxer le produit plutôt que la production n'est paraît-il «pas social».
A l'autre bout, comment justifier la démesure de certains salaires ? Par le talent ? Son impact est indéniable mais moins important qu'on ne l'imagine. Le PDG de la première entreprise américaine gagne nettement plus que celui de la 250e en termes de capitalisation boursière.
Une étude aussi mathématique qu'iconoclaste («Why has CEO pay increased so much ?») estime toutefois que, si l'on remplaçait le premier par le second, la valeur de l'entreprise ne s'en trouverait affectée que de 0,016 % !
En l'absence de critères objectifs, pourquoi ne pas laisser décider le propriétaire, c'est-à-dire l'actionnaire ? Les Etats-Unis sont en train de mitonner une loi qui permet aux actionnaires de voter les rémunérations des cadres et dirigeants. A titre consultatif, certes, mais passer outre implique le risque de ne pas être reconduit comme administrateur.
La démocratie économique en quelque sorte, facilitée par le vote à distance, banal depuis des décennies aux Etats-Unis où il a même enfanté une activité nouvelle : les «proxy sollicitation firms» qui se chargent, pour le compte des entreprises, de récolter les voix des actionnaires. Aux Pays-Bas, tout actionnaire d'une société cotée peut, depuis cette année, voter via l'Internet. Démocratique et rentable : les économies réalisées sont en effet estimées à 70 millions d'euros.
Dans notre pays, une proposition analogue vient d'être déposée sur le bureau du sénat par deux élus du VLD. Peut-être serait-il urgent de l'examiner ?


Johnny Thijs a reçu quelque 100.000 euros de plus en 2006

L'administrateur-délégué de La Poste, Johnny Thijs, a, semble-t-il, réalisé du bon boulot au cours de l'année 2006. En guise de récompense, son salaire est passé en un an de 800.000 € à 900.000 € brut (si l'on en croit le rapport annuel 2006 de l'entreprise publique, diffusé hier sur son site Internet), et ce, alors que Johnny Thijs nous avait confié au début de l'année que son salaire serait moins important.
Avec quelque 0,9 million d'euros - le rapport ne donne pas plus de détails -, Johnny Thijs reste le second patron d'une entreprise publique belge le mieux payé après Didier Bellens, le boss de Belgacom, qui a reçu aux environs de 1,4 million d'euros brut en 2006. Par ailleurs, Johnny Thijs a obtenu 174 options au cours de l'année écoulée.
Pour ce qui est de son staff, c'est-à-dire du comité de direction de La Poste qui compte six personnes, c'est un montant global de 2,8 millions qui lui a été attribué, contre 3 millions au terme de l'année 2005.
Enfin, le conseil d'administration, qui regroupe les représentants des actionnaires à savoir l'État fédéral, d'un côté, La Poste danoise et CVC, de l'autre, les rémunérations pour 2006 ont été les suivantes : 29.747 euros brut pour la présidente Martine Durez et 14.875 euros à se partager entre les autres administrateurs, au nombre de neuf.
Ces rémunérations ainsi que l'ensemble des résultats annuels 2006 ont été approuvés hier par le conseil d'administration de La Poste. Le chiffre d'affaires consolidé de l'entreprise est en progression de 5 % rapportant 2.230,5 millions d'euros, par rapport aux 2.123,7 millions d'euros de 2005. Les résultats opérationnels progressent également, atteignant 135,9 millions d'euros alors que 2005 s'était soldé par une perte de 18,6 millions. Par contre, en termes de bénéfice après impôts, La Poste passe de 154,6 millions à 96,1 millions, cette baisse étant due à l'obligation pour La Poste de s'acquitter désormais de l'impôt des sociétés.
Le rapport précise en revanche d'autres données plus positives comme la satisfaction du personnel qui, alors que des grèves se multiplient, s'établit à 73 % (67 % en 2005) et celle de la clientèle qui s'améliorerait de 4 points (de 78 à 82 %).
K. F.
© La Dernière Heure 2007

Les Belges plus riches et plus endettés

Fin de l'année 2006, le patrimoine financier des Belges s'élevait à 792,7 milliards d'euros. Déduction faite de leurs engagements (crédits hypothécaires et autres crédits), la richesse nette des Belges se montait à 643,4 milliards d'euros.
Selon la Banque Nationale de Belgique, le quatrième trimestre de 2006 a vu les actifs financiers croître de 7,5 milliards par rapport au trimestre précédent. Par rapport à 2005, la richesse des Belges s'est toutefois tassée. Fin 2005, leur patrimoine net s'élevait encore à 653,5 milliards d'euros. Mais ils étaient alors moins endettés qu'aujourd'hui, 136 milliards en 2005 contre 149,3 milliards un an plus tard.
Deux différences notables peuvent être observées entre 2005 et 2006. D'une part, le niveau des montants déposés sur des comptes à vue et à terme a considérablement fondu, passant de 81,9 à 66,7 milliards d'euros. D'autre part, les titres à revenus fixes font de moins en moins recette. Une à retrouver dans les colonnes de L'Echo, De Tijd et De Morg

25 avril 2007

Le nord bénéficie aussi des transferts

Une étude inédite menée par l'ULB révèle la réalité des transferts entre la Flandre et la Wallonie: le Nord aussi en bénéficie, révèle La Libre Belgique mercredi. En vérité ces transferts concernent essentiellement six arrondissements: les trois plus riches et les trois plus pauvres.Cette étude, menée par le professeur Henri Capron, professeur d'Economie à l'ULB, paraîtra sous peu dans le livre "Réformer sans tabous". Elle se penche sur les transferts interrégionaux entre la Flandre et les deux autres régions du pays.

Pour Henri Capron,

"la réalité des transferts Nord/Sud ne peut être niée".
Mais lorsqu'on observe au niveau sous-régional, on s'aperçoit que ces transferts concernent un nombre limité d'arrondissements, et que parmi les bénéficiaires, il y a des arrondissements flamands.Les arrondissements de Charleroi, Liège et Mons concentrent à eux seuls 53,5% des transferts.
Parmi les arrondissements qui bénéficient de la solidarité nationale, on trouve également ceux d'Ypres, Ostende, Dixmude, Maaseik, Tongres, Furnes, Roulers, Courtrai, Eeklo, Hasselt et Tielt, représentant cependant au total seulement 14,1% du montant des transferts.Par ailleurs, plus de la moitié du financement de la solidarité nationale est supporté par trois arrondissements: Hal-Vilvorde, Louvain et Brabant wallon. Parmi les autres distributeurs, on retrouve également ceux de Namur et de Waremme. (belga)

24 avril 2007

Une cellule d'experts pour relever la Wallonie

Le ministre-président wallon, Elio Di Rupo, a lancé à Liège un appel à la mobilisation des acteurs pour participer à la relance économique de la Wallonie via des actions concrètes.Pour différentes raisons, la Wallonie est considérée comme une région composée de personnes qui ne sont pas capables d'assurer le redéploiement économique, cela depuis plusieurs décennies. Il faut agir; mais le politique ne peut pas tout. Il peut créer des synergies mais il faut que tous les acteurs de la société wallonne y contribuent, a-t-il déclaré lors de la désignation de Vincent Becker à la tête du Conseil Economique et Social de la Région Wallonne (CESRW) ce lundi après-midi à Liège.
Concrètement, Elio Di Rupo a proposé la mise en place d'une cellule composée d'experts du gouvernement wallon et du CESRW chargée d'établir, lors d'une réunion bimestrielle, le Top 5 des projets issus de différentes organisations et de les analyser, de manière concrète, pour apporter une réponse rapide aux problèmes.
Ainsi par exemple, si on évoque une pénurie de bouchers, on avance d'emblée des propositions pour y remédier, a-t-il expliqué.
Dans son premier discours, le nouveau président du Conseil, Marc Becker, a lui aussi remarqué que le CESRW devait d'avantage se positionner comme force de proposition, en "jouant un rôle plus important en tant qu'acteur d'initiatives". Il a ainsi proposé la création d'une "cellule prospective économique et sociale wallonne".
Il a profité de son premier discours pour dénoncer "l'insuffisance du cadre du Conseil" et a demandé une "adaptation au rôle qu'on veut lui voir jouer". Le ministre Di Rupo a répondu qu'il n'y aurait pas de renforcement du cadre et a plaidé pour une "réorganisation intelligente".
Le hennuyer Marc Becker, secrétaire national de la CSC, succède à Vincent Reuter à la présidence du CESRW. Il a été désigné pour deux ans. La présidence du Conseil est assurée en alternance par un représentant du monde patronal et un représentant du monde syndical.
(D'après Belga)

22 avril 2007

L'AWEX continue sur sa lancée

Depuis 3 à 4 ans, lorsque l'Agence Wallonne à l'Exportation tire le bilan de ses activités, c'est la plupart du temps pour annoncer une progression de ses résultats. Le relevé des 9 premiers mois de 2006 va une nouvelle fois dans le même sens avec des progressions records.

22 avr 2007 15:01
29 milliards 385 millions d'euros récoltés sur les 9 premiers mois de 2006. C'est effectivement un record. Et cette progression n'est pas épisodique. Elle touche le long terme : 10% d'augmentation par an depuis 10 ans. C'est mieux que l'Europe des 15 qui s'arrête à 7,1%.

Bien sûr, on ne peut jamais oublier que lorsque la base, la ligne de départ est assez basse, les progressions sont toujours flatteuses. Il n'en reste pas moins que la continuité des performances révèle des dispositions très encourageantes. La Wallonie en a certainement besoin pour restaurer la confiance dans ses capacités. D'autant que, pour une région petite, une bonne part des revenus est recueillie d'abord sur les marchés étrangers.

Où ces marchés sont-ils conquis ? Assez logiquement dans la proximité : 80% des rentrées proviennent toujours de l'Europe des 15 dopée par une reprise économique bien perceptible. Mais ces derniers temps - et 2006 ne fait pas exception - on assiste à une plus grande diversification des marchés. L'extra européen aura crû en 2006 de près de 23% surtout sur les marchés du Proche et Moyen Orient, sur l'Amérique du Nord ainsi qu'en Europe centrale et orientale.

A noter que selon l'AWEX 1,2 milliards d'euros d'investissements étrangers ont été enregistrés en Wallonie. Des investissements qui ont contribué à la création d'un peu moins de 1900 emplois.

21 avril 2007

Des millions d'euros d'aide publique qui n'ont rien changé…

Opel Anvers a reçu plus de 25 millions d'euros d'aide publique ces dernières années. C'est ce qu'a déclaré Fientje Moerman, la ministre de l'Economie au Nord du Pays. Des aides qui s'ajoutent aux nombreuses réductions de charges dont a profité le secteur de l'automobile. Des aides et des réductions qui ne parviennent pas à enrayer le déclin de l'industrie automobile au nord du pays.

Des 30.000 emplois en 1994 il n'en restera fin 2007 que la moitié. Quelque 16.000 postes si l'on décompte les réductions annoncées chez Opel et VW. Un déclin que le gouvernement fédéral a pourtant tenté d'enrayer en aidant le secteur. Mais les aides directes étant interdites par les autorités européennes de la concurrence, le gouvernement a soutenu toutes les entreprises qui recourent au travail en équipe. Une réduction de charges qui atteint 10,7% et qui coûte près de 300 millions d'euros par an.

Une réduction qui n'a pas suffit à Opel qui a, en plus, reçu des aides du gouvernement flamand. Fientje Moerman la ministre de l'Economie au Nord du Pays a fait ses comptes. GM Anvers a reçu une aide de quelque 2,18 millions d’euros pour la formation de son personnel et quelque 25 millions d’aides publiques, versés entre 95 et 2007.

Des formations et un centre de recherche spécialisé, la Flandre à fait beaucoup pour sauvegarder son industrie automobile. Volvo a même créé de l'emploi à Gand. Un contre-exemple, malgré les aides tous les autres constructeurs ont supprimé de l'emploi depuis 15 ans.

ARTICLES• Anvers perd l'Astra et 1400 emplois• Anvers, victime de la surproduction

18 avril 2007

Les statistiques du chômage retouchées en Wallonie

18/04/07

La justice enquête sur 4.000 faux chômeurs

La justice bruxelloise enquête sur trois filières de faux chômeurs, dont l'une aurait permis à plusieurs milliers de particuliers de bénéficier, en région bruxelloise, d'allocations auxquelles ils n'avaient pas droit, rapporte aujourd'hui La Dernière Heure.ComplicitésL'auditorat du travail, qui estime à 4.000 les personnes concernées, a demandé à l'Onem de procéder à l'audition de 400 d'entre elles. En outre, à la suite d'informations dénonçant d'éventuelles complicités en milieu judiciaire, le juge d'instruction en charge du dossier, Frédéric Lugentz, a fait perquisitionner, jeudi dernier, le greffe du tribunal du commerce de Bruxelles. Millions d'eurosLa fraude porterait sur plusieurs millions d'euros et durait depuis des années. Selon l'auditorat, il s'agit d'un dossier d'escroquerie, faux et usage de faux, blanchiment, abus et détournement de biens sociaux, et association de malfaiteurs. (belga)

EN SAVOIR PLUS: Le chômage a baissé de 5,6% en région bruxelloise

17/04/07

Un clown pour aider certains chômeurs en Wallonie

Marie Arena.La ministre wallonne de la Formation, Marie Arena, a pris mardi la défense d'une initiative menée par la Maison de l'Emploi de Philippeville, qui recourt aux services d'un clown pour aider certains chômeurs. Elle a également dénoncé l'attitude du MR qui, selon elle, caricature l'action menée par le Forem.Le 31 mars dernier, le quotidien La Nouvelle Gazette a fait état des services rendus par Clément Triboulet, clown professionnel, pour aider des chômeurs à retrouver un emploi. En Commission du parlement wallon, le chef de groupe MR s'est insurgé contre l'image que l'on donnait ainsi de la lutte contre le chômage en Wallonie."C'est une réponse quasi surréaliste. Aujourd'hui, le Forem ne sait-il rien faire d'autre que mettre un clown au milieu des chômeurs pendant quelques jours? L'image que l'on véhicule de la sorte est-elle celle que l'on est en droit d'attendre? ", s'est-il demandé.La ministre a rappelé que l'initiative avait été approuvée par le comité subrégional compétent, dans lequel siègent des patrons et des représentants syndicaux. Elle vise à reconstruire la confiance en soi qu'ont parfois perdue des demandeurs d'emploi devenus incapables de se présenter devant un employeur."Il y a des personnes qui sont dans une situation psychologique où il faut reconstruire la confiance en soi. Si une méthode fonctionne avec un aspect ludique, pourquoi pas? ", a-t-elle souligné. A ce jour, 47 personnes y ont participé. Parmi elles, 4 ont retrouvé un emploi et 20 se sont inscrites dans une filière de formation.L'intervention de M. Kubla a particulièrement énervé la ministre. "Le côté réducteur de votre question me fait bondir", a-t-elle lancé, rappelant que le Forem assurait la formation de 18.000 personnes grâce aux centres de compétence. "Aujourd'hui, il y a des publics qui n'ont pas accès psychologiquement aux centres de compétence. On doit pouvoir utiliser toutes les démarches créatives pour faire tomber les masques", a-t-elle ajouté.

Le gouvernement wallon a décidé de modifier fondamentalement la présentation des statistiques du chômage et de la demande d'emploi en Région wallonne. Désormais, trois indicateurs devront être pris en compte.Le premier indicateur est le taux de chômage du BIT (Bureau international du Travail), qui est le seul élément de comparaison au niveau international. Le deuxième indicateur est le nombre de chômeurs ONEm, et le troisième concerne les demandeurs d'emplois enregistrés par le Forem. Ces trois indicateurs permettent d'avancer trois taux de chômage différents.Selon le BIT, le taux de chômage en Région wallonne est ainsi de 11,3%. Pour l'ONEM, il est de 13,7%, cet indicateur reprenant les chômeurs demandeurs d'emplois inoccupés, soit 207.924 personnes (chiffres de mars 2007). Pour le Forem enfin, il est de 17,5%, les chiffres du service régional de l'emploi et de la formation répertoriant le nombre de personnes disponibles sur le marché du travail, à savoir 258.013 personnes.Le nombre de demandeurs d'emplois demandeurs d'allocations est de 211.783 (mars 2007). Le nombre de jeunes en stage d'attente est de 20.328 (mars 2007). Pour arriver au chiffre de 258.013, il est nécessaire d'ajouter les travailleurs à temps partiel involontaires, demandeurs d'indemnités et les inoccupés inscrits librement (catégorie dans laquelle on retrouve les étudiants).Entre janvier 2006 et janvier 2007, on enregistre une baisse de 3,7%. C'est dans la catégorie des 30-40 ans que la baisse la plus forte est constatée (-14,7%). Chez les chômeurs privés d'emploi depuis moins de 6 mois, on annonce une baisse de 8%. Par contre, on constate une légère hausse chez les chômeurs de moins de 25 ans. "Il y a des difficultés au niveau de cette catégorie. Nous allons mener des actions pour les moins de 25 ans qui arrivent sur le marché du travail. Les secteurs les plus porteurs sont actuellement la construction et la mécanique", a expliqué mardi le ministre wallon de l'Emploi, Jean-Claude Marcourt.Dans cette optique de clarification des chiffres, le FOREM publiera chaque mois un document intitulé "Situation du marché de l'emploi: statistiques mensuelles". En parallèle, la publication "Marché de l'emploi: chiffres et commentaires" reprendra les chiffres-clés du mois et des analyses plus complètes. Les deux publications sont disponibles sur le site: www.leforem.be/informer/info/observatoire_publications.htm

16 avril 2007

Bruxelles, la vraie capitale wallonne

Deux professeurs de l'UCL étudient le dessous des cartes

Le renouveau wallon ne tient qu'à deux villes non wallonnes : Luxembourg et Bruxelles.

Allô, Namur? Les deux métropoles rayonnent et redonnent du tonus à une Région malade. Certains indicateurs virent enfin au vert.
C ela fait des mois que nous hésitions à publier ces cartes. Elles brisent bien des clichés. Nous estimons que le moment est venu de le faire. Le débat est nourri par votre face-à-face Nord-Sud ou par les émissions de la RTBF. » Isabelle Thomas est géographe. Jacques Thisse est économiste. Tous deux sont professeurs à l'UCL. « Nos disciplines sont complémentaires, expliquent-ils. Nous avons commencé à croiser les données pour évaluer l'état de santé de la Belgique. Et ce que nous avons constaté nous a surpris à plus d'un titre. »
Le fruit de leurs recherches figure dans une petite vingtaine de cartes colorées déclinant des paramètres allant du prix des terrains à la densité de la population en passant par le niveau de formation, l'âge ou le revenu moyen. « Nous avons pris en compte une dimension territoriale plus fine que celle des trois Régions. L'histoire est plus subtile que ces rapports communautaires auxquels on a trop tendance à se référer. » Résultat ? Un pavé dans la mare, à même d'interpeller le monde politique en cette période préélectorale. « Nous ne roulons pour aucun parti, insistent les auteurs. Nous avons l'impression de faire de la géopolitique, mais ce sont purement des constats objectifs. » Et lesquels...

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Bruxelles, centre névralgique du pays et... capitale économique de la Wallonie. Point de départ de la réflexion : « La concentration géographique du capital humain et des activités à haute valeur ajoutée au sein des grandes villes est une tendance lourde des économies développées ». Un constat posé dans bien des pays au niveau international. Et en Belgique, seule Bruxelles peut prétendre à un rayonnement digne d'une métropole. L'essentiel de l'économie tourne autour de la capitale. La ville représente près de 20 % de l'activité économique du pays.
C'est elle qui résiste le mieux à la détérioration relative connue par les trois régions belges face aux autres pays européens entre 1995 et 2003. Un regard plus affiné permet de constater que les deux Brabant, singulièrement le Wallon mais aussi le Flamand, font presque aussi bien que la capitale. « Du point de vue économique et démographique, la Belgique ressemble très fort à une économie monocentrique », disent les deux professeurs. Avec un effet de tache d'huile important au départ de Bruxelles, tant en terme d'évolution démographique que de prix de l'immobilier, d'offres de travail ou de revenu médian, tout simplement.

« Bruxelles est devenue la capitale économique de la Wallonie, qui manque d'une armature urbaine, n'hésitent pas à dire Isabelle Thomas et Jacques Thisse.
Ce constat, les Wallons doivent l'accepter. »

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L'axe wallon de demain se trouve entre Bruxelles et Luxembourg. Le paysage belge est globalement bien comme on l'imagine : les taux de chômage sont moins élevés au Nord, là où le prix du terrain à bâtir est fort élevé en raison de sa rareté et de la richesse de la population. Evidemment : la Flandre reste dominante au fil des critères, avec de sérieuses nuances internes toutefois. Mais si l'on va au-delà de ce constat, si l'on regarde des paramètres en évolution, une autre réalité apparaît. Et non des moindres : le renouveau francophone - voire belge, au vu des perspectives démographiques et spatiales au Nord - devrait venir d'un axe compris entre deux villes « européennes », Bruxelles et Luxembourg. Un axe relié par autoroute, mais interrompu par la frontière naturelle des Ardennes et l'absence d'une cité relais digne de ce nom à cet endroit. Les faits ? « Nous avons été nous-mêmes surpris, en calculant l'évolution démographique sur quinze ans, du rayonnement de Bruxelles et de Luxembourg », soulignent les professeurs. Il en va de même pour le pourcentage de jeunes et pour la formation. Une pépite d'avenir. Précision utile : « L'essai ne pourra toutefois être transformé qu'avec un enseignement de qualité. » L'existence
de cet axe de renouveau est confirmée par les évolutions du revenu médian sur une période de dix ans. Et par la hausse du prix de vente des maisons. « Une évolution légèrement positive est également perceptible à Liège, où l'axe commence à faire sentir ses effets, sans doute aussi grâce l'influence des pays voisins, complètent les chercheurs. En revanche, le Hainaut va toujours mal. Tous nos indicateurs sont négatifs. »

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Un trop grand saupoudrage au sud du pays. Politiquement, estiment les deux chercheurs, « on peut penser que l'éclatement de la Belgique, s'il devait avoir lieu, ressemblerait beaucoup à un jeu à somme négative où tous les joueurs seraient perdants ». Essentiellement en raison de l'importance de Bruxelles. Les conclusions de leurs travaux jettent aussi et surtout une pierre dans le jardin du monde politique francophone. Verdict : « Le saupoudrage, une mauvaise habitude wallonne. »

Explication : « La tendance à la métropolisation et la faiblesse de l'armature urbaine wallonne ont un corollaire immédiat : il est impératif de favoriser les pôles urbains offrant le potentiel de développement le plus élevé. Dès lors, une bonne gouvernance aurait voulu que les pouvoirs publics wallons participent à un renforcement de cette armature. Or, la Région wallonne a suivi pour elle-même la politique opposée en choisissant de déconcentrer ses différentes instances entre plusieurs villes. » Avec quelques griffes à la clé contre le « sous-régionalisme » et le risque de repli sur soi.

Au bout de leur chemin, Isabelle Thomas et Jacques Thisse plaident dans un premier temps pour « un grand pôle scientifique au niveau wallon », qui regrouperait l'ULB, l'UCL, les Facultés agronomiques de Gembloux et les Facultés Notre-Dame de la Paix à Namur. Histoire de doper l'axe Bruxelles-Luxembourg. Mais aussi pour un partenariat plus large - et mieux assumé - entre Bruxelles et la Wallonie. « Le processus pourrait être initié, disent-ils, par la fusion de fait des exécutifs de la Région wallonne et de la Communauté française, dont le siège serait, dans toute la mesure du possible, situé à Bruxelles. On formerait ainsi un binôme institutionnel mieux en adéquation avec la réalité démographique et économique. »

Déséquilibres Flandre-Wallonie

Georges Wanet, Chargé de cours à la faculté des sciences sociales, politiques et économiques de l'ULB et administrateur de sociétés.
L'évolution de la Wallonie a aussi eu lieu dans d'autres bassins industriels d'Europe. Ce que l'on peut reprocher à la Wallonie est la lenteur de son redressement, lorsqu'on la compare à des régions comme la Ruhr ou le Pays de Galles. Ce qui manque donc, pour clarifier le débat politique, est la systématisation d'outils d'évaluation des politiques mises en oeuvre pour juger du caractère durable du redéveloppement de la Wallonie. Pour apporter des éléments d'évaluation et de débat sur ces questions qui s'avèrent conflictuelles, l'élaboration d'une série d'indicateurs mettant en cohérence les dimensions économique, sociale et financière devrait être une des premières priorités du futur gouvernement. Il n'y a pas d'étude officielle sur les transferts entre les régions et les études disponibles divergent quant aux montants. Selon les auteurs du manifeste "in de Warande", 8,1 milliards d'euros vont annuellement de la Flandre à la Wallonie et 2,1 autres milliards vers Bruxelles (1). Selon le Centre de recherche sur l'économie wallonne de l'université de Namur, les transferts seraient de 5,3 milliards d'euros en faveur de la Wallonie (2). Le service d'études de la KBC parle, lui, de 5 milliards d'euros (3). Les transferts existent donc bien.
Pour apporter des éléments d'évaluation incontestables sur ce thème, il serait hautement souhaitable qu'une des premières actions du futur gouvernement soit l'élaboration d'une série d'indicateurs ("balanced scorecards") mettant en cohérence les dimensions économique, sociale et financière des transferts entre les régions. En effet, les études mentionnées, même si elles s'appuient sur de nombreuses données de types différents, ne font essentiellement état que des indicateurs financiers. Elles donnent donc une vision réductrice de la situation, comme c'est le cas lorsqu'on évalue les performances d'une entreprise en ne regardant que ses performances financières et en ne tenant pas compte des compétences des employés, de la fidélité du client, de la rotation de personnel,... Pour palier cette insuffisance, le concept de "balanced scorecard", développé par Kaplan et Norton, est considéré comme la référence en matière de pilotage d'entreprise. Celui-ci assemble les indicateurs financiers et non financiers donnant une image claire de la conduite de la société. La "balanced scorecard" considère la performance de la société sous différents angles qui répondent aux préoccupations des différents "stakeholders" : clients, actionnaires, employés et autorités publiques. Elle contient des indicateurs de résultat qui déterminent si un objectif a été atteint et des indicateurs stratégiques qui peuvent indiquer le résultat futur. A l'origine, en 1992, cette approche multidimensionnelle de mesures de performance a été créée pour le monde de l'entreprise. Cependant, rien n'empêche de l'adapter à d'autres organisations; en particulier à l'Etat ! Le texte qui suit esquisse, dans ses grandes lignes, une méthodologie qui pourrait être utilisée. Un premier travail consisterait à s'interroger sur le type d'indicateurs, leur nombre, une définition précise par indicateur et la manière de les mesurer. D'expérience, c'est la tâche la plus délicate, car leur élaboration doit satisfaire à des exigences en partie contradictoires : exigences de cohérence et de pertinence tout en préservant une certaine simplicité de compréhension et d'usage et la possibilité de réutiliser ces indicateurs dans d'autres contextes. La cohérence des indicateurs nécessite de prendre en compte les impacts du fonctionnement de l'Etat. Ces indicateurs doivent aussi être simples. En effet, dans un domaine où chaque citoyen est impliqué, il apparaît essentiel de les associer le plus possible aux prises de décision en matière de politique de transfert entre les régions. Enfin, les indicateurs doivent, sans trop de difficultés, être reproductibles. Il est important de noter que cette méthode doit être consensuelle et que les variables découlent naturellement de la stratégie de l'Etat et, donc, du gouvernement. Ce peut être le point d'achoppement ! La deuxième étape serait d'analyser la faisabilité de tels indicateurs à partir des diverses données statistiques disponibles en Belgique. Pour toutes les données non directement disponibles, il faudra déterminer comment les mesurer, développer les méthodologies et allouer les moyens pour le faire. Enfin, il faudrait construire et mettre en place une organisation et développer les systèmes et les outils informatiques qui permettront de la supporter. Le premier travail, l'élaboration d'une série d'indicateurs mettant en cohérence les dimensions économique, sociale et financière des transferts Flandre-Wallonie, devrait donc être une des premières priorités du futur gouvernement. Il pourrait prendre plusieurs semaines. S'il s'avérait fructueux, la mise en place des deux autres étapes pourrait se faire en deux temps : développement rapide de solutions "artisanales" permettant de premières mesures des indicateurs, certains d'entre eux étant collectés de manière manuelle. Informatisation de l'approche pour une production automatisée et systématique. Une telle approche aurait, au moins, le mérite de dédramatiser cette question. Elle obligerait à une certaine transparence que d'aucuns pourraient voir d'un mauvais oeil !
(1) Manifest voor een zelfstandig Vlaanderen in Europa, édité par Denkgroep In de Warande, rue Zinner, 1, 1000 Bruxelles, 252 p.
(2) Trends-Tendances, 31/8/2006
(3) "Financiële transfers tussen de Belgische gewesten. Actualisering en vooruitblik", Economisch Financiële Berichten, revue mensuelle, KBC, 55e année, no 10, 17 novembre 2000, p. 1-13.

12 avril 2007

L'Etat a payé près de 3,5 millions d'euros d'intérêts de retard en 2006

L'autorité fédérale a payé l'année dernière 3,488 millions d'euros d'intérêts de retard. Le montant s'élevait à 2,437 millions d'euros pour le seul département de la Défense, suivi de la Régie des bâtiments (423.255 euros) et du département de l'Intérieur (253.830 euro).
Ces données ont été fournies, mercredi, en Commission du Budget de la Chambre, par la ministre du Budget Freya Van den Bossche.

En 2005, les intérêts de retard s'étaient élevés à 2,983 millions d'euros. Pour le département de la Défense, les intérêts de retard sont passés de 1,320 millions d'euros en 2005 à 2,437 millions d'euros en 2006. Par rapport à 2005, le montant pour la Régie des bâtiments et pour le département de l'Intérieur ont été réduits de moitié en 2006. (belga)

Les managers sont surtout des Flamands

Sur 377 managers recensés dans 43 grandes entreprises de Belgique, 205 sont Flamands, 107 francophones et 63 non-Belges, selon une enquête exclusive réalisée par Le Soir, dans le cadre de sa collaboration avec De Standaard.Si les Flamands sont plus nombreux dans les comités de direction des grandes entreprises, leur domination est patente dans des secteurs comme la chimie, le transport et les télécoms. Les francophones sont quant à eux majoritaires dans les grandes sociétés de construction.Dans certains secteurs, comme la pharmacie, les groupes linguistiques sont plus ou moins équilibrés, selon l'enquête des deux quotidiens publiée jeudi. Un autre phénomène intéressant relevé par l'enquête est la présence de non-Belges dans les sphères dirigeantes.C'est même parfois le cas dans des sociétés traditionnellement considérées comme particulièrement Belges. C'est le cas notamment chez UCB qui ne compte qu'un Belge -un Flamand - au comité de direction, les cinq autres membres étant étrangers, indiquent encore Le Soir et De Standaard. (belga)

10 avril 2007

Le Fonds de fermeture des entreprises s'élargit

Les travailleurs des PME comprenant de 5 à 9 travailleurs peuvent depuis le 1er avril avoir accès au Fonds de fermeture des entreprises. Les travailleurs des ASBL aussi mais à partir du mois d'octobre prochain.
C'est une extension importante de la couverture offerte par le Fonds de fermeture des entreprises. Depuis le premier juillet 2005, la couverture s'était déjà étendue aux travailleurs des PME comprenant de 10 à 19 travailleurs. Depuis le premier avril, c'est aussi le cas pour les salariés des PME comprenant de 5 à 9 travailleurs ; 200.000 personnes supplémentaires qui se voient ainsi mieux protégées en cas de faillite.

Mais surtout, à partir d'octobre prochain, la couverture va aussi s'étendre aux travailleurs du non marchand. Les salariés des ASBL pourront eux aussi prétendre à une intervention du Fonds de fermeture en cas de liquidation de leur ASBL si leur employeur fait défaut et ne paye pas les indemnités contractuelles.

Ceci concerne quelque 450.000 salariés du non marchand. Les employeurs que sont les ASBL vont être invités dans les semaines qui viennent à payer leurs cotisations au fonds de fermeture.

27 mars 2007

L'arrondissement belge le plus riche est... Arlon

Lasne et le Brabant wallon restent la commune et la province les plus riches du pays, selon les statistiques fiscales, tandis que l'arrondissement le plus riche est celui... d'Arlon.

L'analyse des déclarations fiscales par l'Institut national de statistique montre que la commune, l'arrondissement et la province les plus riches sont tous localisés dans le sud du pays. Lasne, Arlon et le Brabant wallon enregistrent respectivement 40.949, 29.933 et 28.981 euros par déclaration fiscale en chiffres nets, les dépenses déductibles ayant déjà été enlevées.

Pauvre Hainaut
La déclaration moyenne reste toutefois plus élevée en Flandre (25.163 euros) mais les revenus à Namur et en province du Luxembourg sont supérieurs à ceux du Limbourg et de la Flandre occidentale, elle-même talonnée par Liège.
Les chiffres wallons sont en fait plombés par les piètres résultats du Hainaut, de loin la province avec les revenus les plus bas. Sept des dix communes les plus pauvres du pays y sont localisées. Les statistiques confirment encore de fortes inégalités. Ainsi alors qu'ils ne représentent que 2,5% des contribuables, les 4.520 citoyens du Brabant wallon qui déclarent plus de 100.000 euros de revenus nets concernent, à eux seuls, plus de 15% des revenus. Par ailleurs, si à Knokke le revenu moyen est de 30.000 euros, il n'est que de 19.854 euros à Blankenberge. (belga)

22 mars 2007

Les factures d’énergie en chute libre

MAJ 22/03/07

Pourquoi la hausse du baril est une chance pour bouger notre monde


La fin du pétrole n'est pas pour demain. Mais la fin du pétrole bon marché est avérée. Le baril à trois cents dollars n'est plus un mythe. Experts, banquiers, militants, militaires, planchent déjà sur ce futur possible, pour ne pas dire proche.La difficulté croissante à étancher la soif planétaire en pétrole est chaque jour plus évidente.
Le Nord pompe à tour de bras depuis près de cent cinquante ans, et le Sud aspire logiquement à le rejoindre. La consommation mondiale, les formidables tensions géopolitiques, tirent le prix du baril vers le haut dans une spirale infernale. Cette situation provoque des raisonnements en noir et blanc. Les optimistes parient que la technologie, l'argent dégagé par un pétrole cher, doperont l'exploration et la découverte de nouveaux gisements.
Les autres voient le compte à rebours déjà enclenché, le monde consommant presque autant en vingt ans qu'il ne l'a fait depuis la construction du premier derrick : technologie ou pas, d'ici deux décennies, peut-être même une seule, l'or noir aura quasiment disparu.
Et bien avant cela la carte politique du monde risque d'être profondément bouleversée, car les pays assoiffés d'or noir n'assistent pas les bras ballants au désastre annoncé.

Nous réagirons.
Aujourd'hui ?
Demain?
Une seule certitude, ce sera sans doute tard, et notre inertie risque fort de gripper les rouages d'une mondialisation triomphante. Sans même parler des autres conséquences de cette fringale d'or noir ­ pollution, réchauffement du climat, montée des océans ­ considérées en général comme quantité négligeable. Qui se soucie des populations les plus vulnérables, de celles qui, par centaines de millions, seront les premières victimes d'un pétrole toujours plus cher, qu'elles ne pourront plus s'offrir ?
Qui, hormis les scientifiques, économistes, anthropologues, écologues, agronomes, physiciens de l'atmosphère et ONG, s'inquiète de la facture des coûts externes engendrés par une planète shootée au pétrole ? Pas les politiques. Pourtant, dès la conférence de Stockholm en 1972, l'environnement s'est invité dans les débats, et les Etats ont été confrontés à la réalité de leur interdépendance planétaire.

Certes, en 1992, la conférence des Nations unies sur l'environnement et le développement de Rio de Janeiro a débouché sur nombre de conventions d'importance majeure, sur le climat par exemple, ou encore la biodiversité. Enfin, le sommet de Johannesburg en 2002 a tenté de considérer le développement social comme la clé de voûte du développement durable. Mais tout cela avec les résultats qu'on sait : trois fois rien. La prise de conscience est réelle, mais les actes tardent. Et le pétrole n'en finit pas de s'envoler sans autre conséquence que de durcir la vie quotidienne.

Et si, pourtant, ce baril hors de prix avait des vertus ? Aujourd'hui, personne ou presque ne se soucie de consommer mieux, c'est-à-dire de consommer moins de ressources et surtout d'énergie. En dépit d'un engouement sans précédent, les énergies «propres», sans hydrocarbures ni déchets à long terme, ne pèseront au mieux que 2 % de la consommation mondiale en 2030. Même l'atome n'y pourra rien. Pourtant, la Chine, l'Inde, l'Europe, n'en finissent pas de planter des moulins à vent ; le Brésil fait tout pour sucrer ses moteurs et ceux du reste du monde ; et les adeptes du diesel à huile découvrent des qualités à la friture.Un pétrole cher, c'est l'assurance que les milliers de projets, d'expériences du moins consommer, ou du consommer autrement, ne seront plus de simples gouttes d'eau réservées à quelques bobos. La plupart des idées qui germent ici et là n'attendent plus qu'un petit coup de pouce et beaucoup de pédagogie : est-il normal que l'Autriche affiche trois fois plus de chauffe-eau solaires que la France ? Est-il raisonnable d'utiliser des hordes de camions quand le rail a prouvé depuis longtemps son efficacité ?

Est-il judicieux que les ingrédients d'un simple pot de yaourt parcourent plusieurs milliers de kilomètres avant d'atterrir sur nos tables ? Est-il légitime de dégrader les côtes chiliennes en quelques années pour assouvir l'appétit de saumon des Européens?Le choc pétrolier dont nous vivons les prémices exige des politiques ambitieuses, pour forcer les uns, et accompagner les autres. Mais on ne les voit se dessiner ni en France ni en Europe ni ailleurs. La cure de désintoxication au pétrole aujourd'hui, la panne sèche demain, seront d'autant plus violentes que les responsables politiques auront gardé leurs oeillères. Pourtant, le développement durable, trop souvent considéré à tort comme un simple thème en vogue, ambitionne d'instaurer un état universel de bien-être en «écologisant», en humanisant l'économie. Chacun, politiques en tête, récite sans se tromper la définition du développement durable : «Un type de développement qui permet de satisfaire les besoins des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs.» Mais voilà, chacun voit la durabilité à sa porte. Si nous ne faisons rien, demain, le baril sera à prix d'or quand le sevrage sera impossible et le climat en surchauffe. Alors aujourd'hui, ce pétrole déjà cher est l'occasion ou jamais de changer notre monde. Vive le pétrole cher, donc!

Vous l'aurez constaté, le soleil est à nouveau bien de la partie ce jeudi. Cet hiver est le plus doux de l'histoire statistique de notre pays. Et ce temps clément a des conséquences notamment sur le porte-monnaie des ménages.

Le bonheur des uns fait une fois de plus le malheur des autres. Les commandes sont en baisse tout comme les factures dans le secteur énergétique. Selon la Brafco, la Fédération belge des négociants en combustibles et carburants, les livreurs de mazout ont vu leurs ventes chuter de 20 à 30 % selon les régions, jusqu'à 50 % dans le Borinage, par rapport à une saison classique.

Une catastrophe pour certains qui, mis au chômage technique, ont toujours une série de frais fixes - camions, stockage et autres - à payer. De l'autre côté de la citerne, il y a le consommateur. Pour une famille classique, un ménage moyen qui consomme 3.000 litres de gasoil par an, l'économie réalisée serait de 400 voire 500 euros.

Même constat chez les distributeurs de gaz, 20 % de diminution des fournitures chez Distrigaz. Et une économie de 165 euros sur l'année. Une note qui s'allège aussi pour l'électricité. Mais une tendance s'amorce aussi côté consommateurs: demander à faire baisser les factures intermédiaires de leur fournisseur d'énergie, à savoir le forfait mensuel, la provision demandée par le fournisseur, forfait versé au fil du temps donc avant la régularisation finale annuelle.

Electrabel est ainsi assaillie de demandes. Mais ne rêvez pas, Electrabel reste inflexible, justifiant son calcul de consommation sur base annuelle pour éviter une mauvaise surprise, une facture trop salée en fin d'exercice si, par exemple, à un hiver trop doux, succédait un été plus pourri et frisquet que la normale. Pas question donc maintenant de réduire les factures intermédiaires.

21 mars 2007

Le numéro 1 de Total

Le patron de Total en garde à vue

Le patron du groupe pétrolier français Total, Christophe de Margerie, était toujours en garde à vue mercredi vers 19H00 à Paris sur commission rogatoire du juge Philippe Courroye dans une affaire de corruption concernant un marché gazier en Iran.
Le patron du premier groupe français en terme de chiffre d'affaires et de capitalisation boursière pourrait passer la nuit dans les locaux de la police financière, rue du Château des Rentiers à Paris (13e arrondissement), selon une source proche du dossier.
L'information de la convocation de M. de Margerie a été révélée mercredi matin par le quotidien régional l'Est Républicain.

Selon des sources proches du dossier, les policiers financiers doivent interroger le haut-dirigeant sur le contrat signé en 1997 par Total avec la société pétrolière nationale iranienne NIOC pour l'exploitation d'un champ gazier appelé South Pars.
Deux autres responsables de Total, premier groupe français en terme de chiffre d'affaires et de capitalisation boursière, devaient également être entendus par les enquêteurs mercredi: le directeur financier Robert Castaigne et le patron de la filière gaz Philippe Boisseau.
Cette enquête avait été ouverte en décembre et avait été confiée aux juges Philippe Courroye et Xavière Simeoni.
Dans cette affaire, des fonds, dont la trace a été retrouvée en Suisse, auraient été versés de façon illicite par des dirigeants du pétrolier français à des décideurs iraniens, entre 1996 et 2003, en vue de s'assurer l'obtention du marché gazier iranien. Près de 100 millions de francs suisses (60 millions d'euros) auraient transité sur deux comptes, selon la même source. Une partie de ces fonds, 9,5 millions d'euros, a été bloquée par les autorités helvétiques.
M. de Margerie était directeur Moyen-Orient à l'époque des faits.
Parallèlement, une information judiciaire a été ouverte début février pour "blanchiment" à la suite d'une enquête préliminaire ouverte le 8 janvier sur des soupçons de "corruption d'agents publics étrangers" dans l'exploitation et la commercialisation du pétrole au Cameroun.
Les investigations avaient été lancées, dans cette affaire pouvant viser potentiellement Total, à la suite d'une dénonciation en novembre 2006 de Tracfin, la cellule antiblanchiment du ministère de l'Economie et des Finances.
Les enquêteurs n'interrogeront pas M. de Margerie sur ce sujet, selon une source proche du dossier. A ce jour, ils disposent uniquement de soupçons sur des mouvements de fonds suspects sur le compte d'un fonctionnaire camerounais en France.
M. de Margerie et plusieurs autres dirigeants ou anciens dirigeants du groupe sont déjà mis en examen pour "complicité d'abus de biens sociaux et complicité de corruption d'agents publics étrangers" dans l'affaire "pétrole contre nourriture" également instruite par M. Courroye.
Des flux financiers issus du groupe pétrolier auraient été destinés à favoriser l'obtention de pétrole en Irak.
Dans ce dossier, le magistrat a découvert en 2005 que des Français étaient susceptibles d'avoir touché des commissions dans le cadre de violations de l'embargo onusien sur le pétrole imposé à l'Irak entre 1996 et 2003.
Le groupe Total a confirmé mercredi la convocation de M. de Margerie et de ses deux autres cadres, affirmant notamment que le groupe est "confiant dans le fait que la justice établira l'absence d'infraction".
Le juge Courroye, pour sa part, a été nommé cette semaine procureur de Nanterre, mais peut continuer d'instruire tant que son installation solennelle n'a pas eu lieu devant la juridiction des Hauts-de-Seine.
(D'après AFP)

Le directeur général du groupe pétrolier français Total, Christophe de Margerie, est convoqué mercredi à la brigade financière dans le cadre d'une affaire concernant des soupçons de corruption en Iran et au Cameroun, selon une source proche du dossier, confirmant une information de l'Est Républicain. Selon cette source, M. de Margerie sera interrogé par les policiers, qui agissent sur commission rogatoire du juge Philippe Courroye, dans le cadre d'une affaire de corruption visant à obtenir un marché gazier en Iran.

Versements illicites
Selon la même source, il serait entendu sous le régime de la garde à vue. Cette enquête avait été ouverte en décembre et avait été confiée aux juges Courroye et Xavière Simeoni. Elle concerne un contrat signé en 1997 par Total avec la société pétrolière nationale iranienne NIOC pour l'exploitation d'un champ gazier appelé South Pars. Dans cette affaire, des fonds retrouvés en Suisse auraient été versés par des dirigeants du pétrolier français de façon illicite entre 1996 et 2003, en vue de s'assurer l'obtention du marché gazier iranien.

Cameroun
Selon l'Est Républicain, les policiers devraient également interroger M. de Margerie sur une autre affaire de corruption concernant les activités de Total au Cameroun. Le parquet de Paris avait ouvert le 8 janvier une enquête préliminaire sur des soupçons de "corruption d'agents publics étrangers", dans l'exploitation et la commercialisation du pétrole camerounais. Les investigations avaient été lancées à la suite d'une dénonciation en novembre 2006 de Tracfin, la cellule antiblanchiment du ministère de l'Economie et des finances.

Abus de biens sociaux
Toujours selon le journal nancéien, outre M. de Margerie, plusieurs autres haut-responsables du groupe sont convoqués: le directeur financier Robert Castaigne, le directeur des ressources humaines, Jean-Jacques Guilbaud, le patron de la filière gaz Philippe Boisseau et le responsable d'une société de trading Patrick Rambeau. Par ailleurs, Total et certains de ses dirigeants sont déjà la cible depuis 2002 d'une affaire d'"abus de biens sociaux" également instruite par M. Courroye."Pétrole contre nourriture"Des flux financiers issus du groupe pétrolier auraient été destinés à favoriser l'obtention de marchés à l'étranger et en particulier en Irak. Dans ce dossier, élargi à des faits de "corruption", le magistrat a mis au jour en 2005 l'affaire "pétrole contre nourriture" en France, dans laquelle il a découvert que des Français étaient susceptibles d'avoir touché des commissions dans le cadre de violations de l'embargo onusien sur le pétrole imposé à l'Irak, entre 1996 et 2003.