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27 avril 2008

L'ère Close ouvre un nouvel Iris

Philippe Close (PS) est le nouveau président d'Iris. Elu au conseil de mercredi, il se veut déjà rassembleur.

L'échevin du Tourisme et du Personnel ajoute une corde à son arc et devient président

Le nom de Faouzia Hariche avait circulé et celui de Laurette Onkelinx fait débat. Mercredi, lors du conseil d'administration d'Iris, c'est finalement Philippe Close qui a été élu pour succéder à Yvan Mayeur à la tête d'Iris, la faîtière des hôpitaux publics bruxellois. Une mission délicate pour l'échevin du Tourisme et du Personnel de la Ville, président du BITC et… vice-président de la Stib. « J'ai téléphoné à Philippe Moureaux pour être déchargé de la vice-présidence de la Stib », dit-il. Repu ? Pas sûr puisqu'on l'annonce déjà sur les listes régionales en 2009.
Même si Yvan Mayeur avait annoncé qu'il abandonnait la présidence, certains voient dans son départ comme une éviction…
C'est faux. Et l'histoire montrera qu'il avait raison dans ses options stratégiques. Tout le monde n'était pas prêt à les entendre. Le vrai défi, aujourd'hui, alors que la Ville a une stratégie globale qui existe, c'est d'avoir un dialogue avec Iris-Sud. La question est de savoir si on peut encore croire dans un réseau hospitalier commun, ce qui est mon cas, ou si les deux structures doivent évoluer en parallèle.
Le plan Close, c'est donc le plan Mayeur ?
Je ne vais pas me démarquer de ce qui a été longuement discuté avec lui. Je n'ai pas le même style mais, sur le fond, ses plans étaient judicieux. Arrêtons de voir la Ville comme un impérialiste qui veut tout conquérir. Elle a un moteur, mais c'est dans l'intérêt du carrosse qu'on additionne un maximum de chevaux.
Votre mission prioritaire ?
Je me vois dans un rôle de médiateur en mettant mon mandat, qui va jusqu'en 2012, sous le signe du rassemblement. En 1996, le réseau a été créé pour mieux gérer les hôpitaux et éviter qu'ils ne coûtent trop cher aux communes tout en continuant à offrir la meilleure médecine pour tous. Cela reste ma ligne de conduite.
Iris doit-il changer de mode de fonctionnement ?
Iris est devenu une usine à gaz. Les décisions sont prises au niveau de la faîtière qui doit relayer en permanence au niveau des CA locaux. Le CA d'Iris est par ailleurs pléthorique. Du coup, il y a toujours une autre instance où cela se décide. Cela avait du sens quand la structure a été créée, parce qu'il fallait mettre tout le monde autour de la table. On doit simplifier les processus de décision et donner plus de pouvoir aux gestionnaires locaux. Je n'exclus pas non plus d'avoir des administrateurs indépendants dans les CA, qui ont une connaissance de la gestion.
Que pensez-vous des déclarations du ministre Vanhengel (Open-VLD), selon lequel il faut lier la reconstruction de Bordet au projet du Chirec sur Delta ?
Je trouve spécial de lier les deux. Sur des problèmes aussi fondamentaux que la santé publique, on ne joue pas avec des marchandages. Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas étudier le projet du Chirec, mais celui de Bordet doit transcender les clivages politiques. La recherche permettra de soigner les maladies de demain. C'est dans cette optique aussi que la reconstruction de Bordet sur Erasme est capitale.
Rejoignez-vous Yvan Mayeur sur sa critique récurrente à propos du sous-financement des hôpitaux, laquelle « justifierait » un déficit structurel ?
Je rappellerais, d'abord, que les hôpitaux ont une progression hallucinante (NDLR : le chiffre d'affaires est passé de 520 à 640 millions en trois ans). Les pouvoirs publics doivent être cohérents. Cela ne me choque pas qu'on fixe un seuil à un déficit structurel de 10 millions d'euros. Le bilinguisme des hôpitaux coûte entre 4 et 4,5 millions d'euros qui ne sont pas financés par la sécurité sociale. La Région pourrait peut-être l'assumer. Un déficit n'est pas acceptable, mais il faut distinguer ce qui est de la mauvaise gestion de ce qui est de l'investissement pour la population.
Vous étiez au comité stratégique et budgétaire de Brugmann. Vous assumez le déficit ?
J'assume. Il y a eu deux raisons : une baisse de l'activité médicale en même temps qu'un financement pour un plan social, en 2003 et 2004, qui n'a pas été appliqué, ce qui a maintenu artificiellement les comptes à flot.
Quand sera désigné l'administrateur délégué ?
Il devrait être désigné en septembre ou en octobre. Je veux une procédure transparence, même si c'est aux politiques de valider le choix.

15 avril 2008

A Jacqmain, on a séché le décret Arena

On ne badine pas avec le décret Arena. Eric Deguide, préfet du lycée Emile Jacqmain, école réputée de la capitale, pourrait bientôt en faire l’amère expérience. A la dernière rentrée scolaire, il a accepté la pré-inscription de 80 élèves en secondaire dans son établissement. Le préfet est donc passé outre ledit décret, qui interdit toute pré-inscription dans les écoles francophones afin de permettre une plus grande justice sociale dans l’accès à l’enseignement.
Cette décision n’a entraîné aucune plainte de parents d’élèves. Reste que la Ville de Bruxelles semble prête à entamer une procédure disciplinaire à l’encontre d’Eric Deguide. Pour faire de ce cas encore unique un exemple ?
Convoqué de façon informelle en décembre dernier par l’échevine de l’Instruction publique, Faouzia Hariche (PS), l’homme n’a pas cherché à nier des faits qu’il semble prêt à assumer, refusant même d’envisager de prendre une prépension comme certains lui auraient soufflé. Résultat, le préfet de l’école Jacqmain vient de recevoir une lettre recommandée de la ville, le convoquant au prochain conseil communal, prévu le 21 avril prochain. Ce qu’il encourt ? Peut-être une rétrogradation. Ce sera aux membres du conseil communal d’en décider.
Le lycée Jacqmain ne fait pas partie de l’enseignement organisé par la Communauté française, même si celle-ci la subventionne, au même titre que l’enseignement libre. « Seul le pouvoir organisateur, en l’occurrence, ici, la Ville de Bruxelles, est en mesure de sanctionner le fautif, explique-t-on au cabinet de Christian Dupont (PS), le ministre de l’Enseignement obligatoire de la Communauté française qui a succédé à Marie Arena, montée au fédéral. Qu’il y ait plainte ou pas ne change rien. Un pouvoir organisateur qui ne prendrait pas de mesures à l’encontre d’un chef d’établissement dépendant de son réseau ne respectant pas un décret, s’exposerait à une suppression de subsides ».
L’échevine, qui se refusait à tout commentaire lundi, met-elle un zèle particulier à faire respecter un décret pris par sa collègue socialiste ? Qu’importe, semble dire un membre du collège de la Ville de Bruxelles, qui a lui-même passé la nuit aux portes d’un établissement du même réseau pour y inscrire son fils : « Je ne suis pas complètement en phase avec le décret Arena, mais l’attitude du préfet de Jacqmain est scandaleuse par rapport à ceux qui ont suivi la règle ».
Une règle que le préfet, lui, risque de se prendre sur les doigts.

29 juin 2007

La présidence d'Iris vacante

MAJ 29/06/07

Faouzia Hariche devrait lui succéder à la tête de la faîtière chapeautant les hôpitaux publics
Mayeur jette un dernier regard à Iris

Sept et demi. C'est, sur dix, la cote que s'attribue Yvan Mayeur, pour ses deux années passées à la tête du réseau Iris (Interhospitalière régionale des infrastructures de soins), qui regroupe les 11 hôpitaux publics bruxellois. Une simple distinction qui cadre mal avec l'ambition du président du CPAS de la Ville de Bruxelles et député fédéral (PS). La voix de ses détracteurs aura, il est vrai, davantage porté que celle de ses thuriféraires. Tour à tour, Jacques Oberwoits, premier président d'Iris et conseiller communal MR à Bruxelles, feu Jacques Simonet ou le bourgmestre d'Etterbeek, Vincent Dewolf (MR), ont réglé leur mire en direction du président d'Iris, stigmatisant son « cumul », son mode de fonctionnement (passage en force, politique du fait accompli...) et, surtout, sa responsabilité dans le déficit abyssal (plus de 23 millions de déficit en 2006). On est, ici, plus près de la cote d'exclusion que des félicitations du jury. Même le ministre-président Charles Picqué (PS) en a remis une couche, parlant d'« absence de projet stratégique clair ».

Prudent sur l'intervention de celui qui est aussi bourgmestre de Saint-Gilles, s'interrogeant seulement à l'époque sur ce que ses propos trahissaient (« de la méconnaissance ou une incompréhension totale des enjeux »), Yvan Mayeur juge les sorties des libéraux, elles, carrément « minables » et surtout déplacées dès lors qu'elles proviennent de membres du CA qui ont « brillé par leur absence » ou voté en faveur de son plan stratégique.


L'échec de la réforme institutionnelle
Son principal échec, reconnaît-il cependant, reste la réforme des statuts d'Iris en vue d'une évolution institutionnelle. Elle supposait une gestion plus transversale pour l'ensemble des hôpitaux, avec un management commun et une responsabilisation des pôles ; un modèle, explique Yvan Mayeur, adopté à Anvers et Gand, mais qui n'a pas été validé par Iris-Sud et la Région.
Selon lui, la Région est ainsi passée à côté d'une possibilité d'utiliser une entreprise publique comme outil de redéploiement économique. Le même raisonnement prévaut en ce qui concerne l'avenir du New Bordet, dont l'objectif consiste à rassembler les soins oncologiques sur le site d'Erasme. À cet égard, Yvan Mayeur déplore les « atermoiements » du collège de la commission communautaire commune (CCC), et plus particulièrement de deux de ses ministres, Benoît Cerexhe (CDH) et Guy Vanhengel (VLD), « au départ enthousiastes pour le projet » mais qui ont ensuite « évoqué plein de choses pour retarder le dossier ».
Revenant sur le déficit d'Iris, il rappelle qu'il est en grande partie la conséquence du déficit de 9 millions d'euros enregistré par l'hôpital Brugmann, dont il assume politiquement la responsabilité. « Mais je n'accepte pas qu'on dise que je suis le responsable direct de la situation à Brugmann. Iris, explique-t-il, ne dirige pas directement les hôpitaux, ils font leur propre budget et on intervient a posteriori ».
Parmi ses réussites, Yvan Mayeur pointe notamment la mise en oeuvre des éléments aboutis du plan stratégique médical, avec le très important accord Erasme-ULB. À son successeur, sans doute l'échevine de la Ville de Bruxelles et actuelle présidente du CHU Saint-Pierre, Faouzia Hariche (PS), Yvan Mayeur proposera de créer une coordination bruxelloise des hôpitaux publics et universitaires de Bruxelles (HP-UB), comme c'est déjà le cas pour Iris-Sud, pour faire « au niveau des hôpitaux de Bruxelles, ce qu'on n'a pas pu faire au niveau de tout Iris ».

26/06/07

La structure faîtière des hôpitaux publics bruxellois va devoir se trouver un nouveau patron.

Il l'annonçait dans Le Soir voici plusieurs semaines déjà. Il l'a confirmé dans la DH de mercredi : Yvan Mayeur (PS) ne rempilera pas à la tête d'Iris, la structure faîtière des hôpitaux publics bruxellois. Mais il tient à apporter un correctif : « Je ne démissionne pas. Je termine mon mandat le 4 juillet et je ne suis pas candidat à ma succession. »
Depuis plusieurs mois, le président d'Iris était placé sous le feu de la critique, venue de son camp (Charles Picqué) comme de l'opposition libérale (feu Jacques Simonet ou Vincent De Wolf) : déficit abyssal (au moins 15 millions d'euros), passage en force, politique du fait accompli, rien ne lui a été épargné par ses détracteurs.

Aujourd'hui, Yvan Mayeur ne veut pas relancer la polémique. Il constate simplement que « sur mon plan stratégique qui conduisait à un Iris intégré, il y a eu plusieurs votes à l'unanimité. Les bourgmestres se sont réveillés et ont dit qu'ils n'en voulaient pas ». Le président ne cache pas sa déception et estime que c'est « une erreur sur le plan de la gestion. Le contenu de l'Iris nouveau sera différent. Ce ne sera plus qu'une coordination, présage-t-il. Mais soit, on ne peut pas aller contre la volonté des gens. Je suis moi-même fort attaché à l'autonomie communale, ça ne sert à rien d'avoir raison tout seul ».
La Région prend acte
Les propos d'Yvan Mayeur dans la DH étaient plus durs : « Je n'ai plus envie de me battre contre des bourgmestres qui défendent chacun leur hôpital », y est-il retranscrit. Le bourgmestre d'Etterbeek Vincent De Wolf a immédiatement réagi, expliquant le retrait d'Yvan Mayeur par d'autres motifs : un, le cumul de mandats incompatible avec les nouvelles normes d'éthique politiques dictées par son propre parti (présidence d'Iris, du CPAS de Bruxelles et siège au Parlement) ; deux, l'absence de concertation avec les autorités locales et la Région bruxelloise, qui exerce la tutelle sur Iris.
Au cabinet du ministre-président Charles Picqué, on « prend acte » de la décision d'Yvan Mayeur, sans davantage de commentaires. Précisons par ailleurs que les commissions mixtes social-santé qui doivent faire le point sur la gestion d'Iris n'ont toujours pas été convoquées par le Parlement. Elles ne devraient pas l'être avant la rentrée, quand les ministres concernés auront ficelé leurs propositions pour remettre financièrement à flot le réseau hospitalier public.
Quant à la succession d'Yvan Mayeur à la présidence d'Iris, elle n'est pas encore tranchée. Trois candidats seraient sur les rangs. La tradition veut, mais ce n'est pas statutairement obligatoire, que le poste revienne à un représentant de la Ville de Bruxelles. La rumeur colporte le nom de Philippe Close (PS). Réponse début juillet.